L’auteur de l’attaque au couteau à Paris a étudié au lycée Marie-Curie à Strasbourg. Ses anciens camarades sont sous le choc. Khamzat Azimov ne présentait pas de signes inquiétants contrairement à son ami interpellé.
« Après le bac, Khamzat voulait faire médecine. Il voulait sauver des vies. » Après le bac, Pierre [tous les prénoms ont été modifiés, ndlr] n’a pas revu son ancien camarade depuis qu’il l’avait fréquenté au lycée Marie-Curie, dans le quartier de l’Esplanade à Strasbourg. Quelques SMS avaient été échangés depuis juin 2016. Rien d’anormal ne transparaissait dans les textos. Puis l’étudiant strasbourgeois a appris la nouvelle dans la soirée du samedi 12 mai : l’auteur de l’attaque au couteau à Paris qui a fait un mort et plusieurs blessés, c’est Khamzat Azimov. « J’ai honte de le dire, mais c’était un ami », dit-il la gorge nouée.
Trois ans avec Khamzat Azimov
Pendant trois ans, plusieurs élèves de l’établissement strasbourgeois ont côtoyé Khamzat Azimov. Ils ont étudié dans la même classe, en section ES (économique et social), mangé à la même table à la cantine ou discuté ensemble dans la cour de l’établissement. Depuis samedi soir, ils se disent tour à tour, « choqués », « abasourdis » ou « dans l’incompréhension la plus totale. »
Ils sont près d’une dizaine à échanger leur ressenti sur une liste Twitter constituée le soir de l’attaque. Sous le nom de la conversation de groupe, « Cellule de crise psychologique », les anciens camarades de Khamzat font part de leur désarroi : « J’ai tellement de peine », « c’est pas une mauvaise personne… » et puis une proposition se fait jour : « Jte (sic) jure faut parler aux médias, leur raconter tout ça. Ils le font passer pour un monstre alors qu’il a été manipulé. »
Un élève « discret , travailleur et respectueux »
Les témoins décrivent une personne discrète mais attentionnée. Frédéric, ancien professeur du jeune d’origine tchétchène, parle d’un élève « respectueux et travailleur. » À ses camarades de classe, Khamzat parlait beaucoup de sa petite sœur : « La petite était en primaire quand nous étions au lycée. Il nous montrait souvent des photos d’elle. C’était son bijou. » Un garçon hors de tout soupçon, selon tous les témoignages. Il était quand même inscrit au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) mais considéré comme une « menace faible », selon Le Parisien. Près de 20 000 personnes sont inscrites dans le FSPRT, dont environ 12 000 sont fichées S, notamment pour islamisme radical.
Les craintes publiques concernaient plutôt son ami très proche, prénommé Hakim. Anna explique :
« Khamzat n’était pas très pratiquant au lycée. Il mangeait avec nous à la cantine [où la viande n’était pas halal, ndlr] alors qu’Hakim était très attaché à sa foi. Je sais qu’il voulait partir en Syrie pendant un petit moment, en terminale. C’était des rumeurs. Tout le lycée était au courant. Après il s’est calmé et il a dit qu’il avait retrouvé la raison. À la fin, on se moquait de lui en disant qu’il allait partir en Syrie. »
« Le cas de Hakim était plus préoccupant »
L’ancien professeur de Khamzat et d’Hakim confirme ces propos :
« Pour Hakim, on avait noté un discours religieux qui s’était renforcé. Son cas était bien plus préoccupant [que celui de Khamzat, ndlr] car il avait d’importantes difficultés scolaires. Les deux derniers mois avant le bac, Hakim ne venait plus en cours. Il n’a pas eu son diplôme. »
Dans l’après-midi du dimanche 13 mai, Hakim, résident de l’Esplanade a été placé en garde à vue. Le domicile de ses parents a été perquisitionné à Strasbourg. Lundi, l’homme d’origine tchétchène a été transféré à Paris au siège de la Direction générale des services intérieures (DGSI).
Selon Frédéric, seul le cas de Hakim a fait l’objet d’une alerte auprès du rectorat de l’Académie de Strasbourg. L’élève avait éveillé les soupçons suite à un exposé sur les relations homme-femme. « Tout était analysé à travers le prisme religieux », se souvient le professeur. Puis il y a eu ce jour où l’ami de Khamzat a « pété un cable », d’après les dires de ses camarades : sans raison, à la fin du cours, il jette sa table et deux chaises contre le mur. « On a tous eu un peu peur de lui demander pourquoi il avait fait ça, confie un ancien camarade, donc on n’a jamais su… »
Depuis le bac, plus de nouvelle
Les routes des élèves du lycée Marie-Curie se séparent après le bac en juin 2016. L’un se souvient avoir croisé Hakim. Il a alors changé de trottoir. Depuis l’épisode de la table jetée contre le mur, l’étudiant préférait ignorer son ancien camarade. Une autre Strasbourgeoise se rappelle que l’ami de Khamzat faisait semblant de ne pas la voir. Peu nombreux sont ceux qui ont aperçu Khamzat après le bac.
Sophie connaît l’auteur de l’attentat du 12 mai depuis le collège. Dans l’amphithéâtre de la faculté de médecine de Strasbourg, elle a parfois pris place à côté de Khamzat. Elle échangeait peu avec le jeune homme :
« À la fac, il était seul. Je ne l’ai jamais vu communiquer avec quelqu’un. On se disait bonjour de loin. Par manque de place dans l’amphi, on s’est assis ensemble quelques fois. Je l’ai toujours trouvé calme, vraiment, je pensais que c’était quelqu’un d’introverti. Vers novembre 2016, je ne l’ai plus vu du tout à la fac. »
« On n’arrive pas à réaliser »
Récemment, la famille de Khamzat s’était installée en région parisienne. Aucun de ses anciens camarades n’était au courant du déménagement. C’est à ce moment là qu’ils ont perdu contact avec lui. Ils ont encore du mal à prendre conscience de cet événement : « À la télé, on a vu des photos de notre ami mort. On n’arrive pas à réaliser. »
Les jeunes Strasbourgeois veulent apporter leur façon de voir le jeune homme. Ils ne reconnaissent pas le Khamzat des médias : « Ce n’est pas lui qui a fait ça. On lui a lavé le cerveau… »
Un autre ami, plus proche, se met à douter : « Maintenant je me demande : est-ce qu’ils cachaient bien leur jeu ? Est-ce qu’ils pensaient qu’il y avait une suspicion du lycée à leur égard ? Ces liens, je les fais maintenant seulement… »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Aux portes de Strasbourg, la forêt du Neuhof est un immense repère de sangliers. Et dans cette réserve naturelle, leur chasse est interdite. La Ville tente malgré tout de réguler leur population car ils provoquent de nombreux dégâts sur les cultures alentours. Dégâts que le Fonds d’indemnisation dédié refuse désormais de continuer à assumer.
Ils sont quatre agriculteurs autour et dans la réserve naturelle du Neuhof, au sud de Strasbourg. Quatre agriculteurs qui se demandent chaque matin dans quel état vont-ils retrouver leurs plantations. Parmi eux, il y a Nicolas Wack :
« J’ai 4,5 hectares à l’intérieur de la réserve naturelle. En 2016, les sangliers ont tout ravagé. Ça représentait un peu plus de 10% de l’exploitation. Je n’ai rien pu récolter, j’ai perdu plusieurs milliers d’euros. »
En 2017, il y en a eu pour 17 000 euros de dégâts sur l’ensemble des exploitations. Nicolas Burgmann, agriculteur à la Ganzau, a perdu trois hectares l’année dernière :
« En rentrant de vacances, mon champs de maïs était complètement retourné. On a dû ressemer, tout recommencer à zéro. »
Des parcelles agricoles sont louées en plein Strasbourg
La faute de la réserve naturelle ?
En 2012, l’État a classé la forêt du Neuhof comme réserve naturelle. La chasse y a été interdite. Donc, d’après certains agriculteurs, c’est une aubaine pour les sangliers de proliférer en toute tranquillité. Pourtant quand on se penche sur les statistiques des dégâts de sangliers, on se rend compte qu’ils fluctuent beaucoup d’une année à l’autre. Le lien avec la création de la réserve naturelle n’est pas évident.
Que l’existence de la réserve naturelle soit responsable ou non, le problème des dégâts est cependant bien réel. La préfecture du Bas-Rhin a organisé quatre battues entre 2013 et 2016, qui consistent à abattre un maximum de bêtes en allant à plusieurs chasseurs dans la forêt en même temps. L’opération est menée par le lieutenant de louveterie et son équipe, qui travaillent pour l’État. Mais ces battues sont très lourdes à organiser dans la réserve du Neuhof. Il faut boucler plus de 900 hectares de forêt dans lesquels se promènent 200 000 personnes par an. Les habitations qui sont juste au bord de la forêt représentent un risque supplémentaire.
Les sangliers ne peuvent plus être chassés dans la forêt du Neuhof depuis 2013 (Photo Philippe Rouzet / FlickR / cc)
Il fallait donc trouver une solution moins compliquée et moins dangereuse. En 2015, la préfecture et la ville de Strasbourg ont installé des pièges dans la forêt. Il s’agit de cages dans lesquelles les sangliers sont appâtés par de la nourriture. Une fois capturés, les animaux sont tués par le lieutenant de louveterie.
Outre la manière employée, certains agriculteurs dénoncent le fait que la population de sangliers était mieux contenue quand la chasse était autorisée avant 2012. Qui de mieux placé pour vérifier cette information que la personne qui chassait dans la forêt du Neuhof avant la réserve naturelle ? Il était seul à le faire car la forêt était un seul et unique lot de chasse. Donc la personne qui le louait en avait l’exclusivité. Cette personne s’appelle Antoine Martin :
« Les meilleures années, j’arrivais à chasser environ 70 sangliers. Donc j’étais bien en-dessous de ce que la ville arrive aujourd’hui à faire avec ses pièges. »
D’ailleurs d’autres agriculteurs concèdent que le problème existait bien avant la réserve naturelle. Mais dans ses pièges, la Ville attrape surtout des marcassins, plus naïfs et plus petits pour rentrer dans les cages. Du coup, les sangliers en âge de se reproduire courent toujours, dénoncent certains agriculteurs.
Plus personne ne veut payer les dégâts
En règle générale, quand les agriculteurs sont victimes des sangliers, ils sont dédommagés par le Fids 67 (Fonds d’indemnisation des dégâts de sangliers du Bas-Rhin). Ce fonds est alimenté par les cotisations de tous les chasseurs du département. Mais dans le cas de la réserve naturelle du Neuhof, le Fids 67 ne veut plus payer, comme l’explique son directeur Pascal Perrotey :
« Pourquoi est-ce qu’on continuerait de payer alors que les chasseurs ne peuvent pas chasser dans la réserve pour prévenir les dégâts ? »
Le Fids 67 demande à… Michel Wack de payer, lui qui a le lot de chasse autour de la réserve. Le fonds estime que Michel Wack a mal rempli son rôle en laissant sortir trop facilement les sangliers de la réserve. Une attitude qui passe mal au près de l’intéressé :
« L’année dernière j’ai passé 450 heures à chasser de nuit pour tirer les sangliers qui sortaient de la réserve et s’attaquaient aux champs. Je ne peux pas faire plus. »
Du coup Michel Wack demande à son tour aux communes de Strasbourg et d’Illkirch-Graffenstaden de payer les dégâts puisque ce sont bien les pouvoirs publics qui ont créé la réserve naturelle qui l’empêche de chasser à l’intérieur de la forêt. Mais ces pouvoirs publics se dédouanent également en rappelant qu’ils attrapent plus de sangliers que quand la chasse était autorisée (voir chiffres ci-dessus).
Les champs de maïs sont de vrais garde-manger pour les sangliers. (doc remis)
Protéger les cultures avec des barrières ?
En 2016, les agriculteurs ont demandé au conseil consultatif de la réserve de mettre du grillage rigide autour des champs. Ce comité rassemble, entre autres, des représentants des communes, de la préfecture, des associations de chasse, d’agriculteurs et de protection de l’environnement. La proposition des agriculteurs n’a pas été retenue car, d’après une majorité de personnes au comité, le grillage aurait entravé le mouvement des animaux dans la réserve naturelle.
S’il n’est pas possible de mettre des barrières autour des parcelles à l’intérieur de la forêt, le Fids 67 en installe déjà des kilomètres pour protéger les terres au bord de la réserve. Mais il n’y en a pas partout, la zone protégée du Neuhof totalisant plus de 900 hectares. Et là encore, le Fids 67 refuse de payer pour l’entretien des grillages endommagés par les animaux ou les promeneurs.
Il y a quelques années, la Ville de Strasbourg avait mis à disposition des agriculteurs des clôtures électriques. Le but était d’empêcher les sangliers de passer tout en laissant la possibilité aux plus petits animaux de circuler en dessous. Mais ces clôtures doivent être inspectées quotidiennement. Dès que de l’herbe les touche, elles perdent en efficacité. Certaines se retrouvent aussi couchées par des promeneurs ou des sangliers qui se prennent dedans. Un entretien que les agriculteurs ne sont pas prêts à assumer.
Strasbourg et Illkirch-Graffenstaden bientôt obligées de réagir
Vendredi 18 mai, tous les acteurs de cet épineux dossier se réunissent pour essayer de trouver une solution. Michel Wack, qui chasse autour de la réserve, menace de raccrocher son fusil :
« Le Fids 67 me reproche de ne pas tirer assez de sangliers qui sortent de la forêt. Mais si je ne chasse plus du tout, c’est bien plus de 17 000 euros de dégâts qu’ils auront l’année prochaine. »
À la mairie d’Illkirch-Graffenstaden, l’adjoint à l’écologie Richard Hamm, prend la menace très au sérieux :
« Si Michel Wack s’en va, aucun chasseur n’acceptera de reprendre le lot de chasse, car tout le monde sait à quel point la situation est compliquée autour de la réserve. »
S’il n’y a plus de chasseur autour de la forêt du Neuhof, les communes d’Illkirch-Graffenstaden et de Strasbourg seront contraintes d’en assumer les conséquences en matière de dégâts causés par les sangliers. Elles n’auront sans doute pas d’autre choix que de protéger toutes les cultures par des barrières qu’elles devront entretenir.
En revanche, reste la question des parcelles au cœur de la forêt. Le comité consultatif de la réserve ne semble pas prêt à y installer des barrières. En attendant, les agriculteurs tentent de s’adapter. Certains ont remplacé le maïs par du soja qui attire nettement mois les sangliers. Rendez-vous à la fin de l’été, après les récoltes, pour faire les comptes.
Le collectif « Justice pour Naomi », formé par des proches de Naomi Musenga, la jeune femme décédée après avoir été raillée par une opératrice du Samu, organise une marche blanche en sa mémoire mercredi 16 mai à partir de 17h30 à Strasbourg. Le cortège partira de la place Kléber pour se rendre jusqu’à la place du Maréchal-De-Lattre-De-Tassigny (place de la Bourse).
Ce collectif a l’assentiment de la famille Musenga, qui cherche à obtenir des réponses suite au décès brutal de Naomi le 29 décembre 2017. Elle n’avait alors que 22 ans. L’autopsie, réalisée près de cinq jours après son décès, n’a pas été en mesure de déterminer les causes du décès de la jeune fille.
Alors qu’une pétition en ligne a réuni plus de 220 000 signatures pour que les opératrices qui ont reçu l’appel de Naomi soient sévèrement sanctionnées et que des appels malveillants sont reçus par les opérateurs du Samu du Bas-Rhin, la famille Musenga appelle au calme et souhaite que cette marche blanche soit silencieuse.
"On veut seulement honorer sa mémoire", les frères de Naomi Musenga appellent au calme pic.twitter.com/d9zvoXIPCF
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Le Molodoï Prison Blues devient Groove vendredi 18 mai. Une soirée pour danser, mais aussi pour évoquer l’univers carcéral, grâce à l’action de l’association Genepi.
L’antenne strasbourgeoise de l’association Genepi (Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées) organise depuis maintenant 5 ans une soirée annuelle au Molodoï. L’objectif : mieux faire connaître le milieu carcéral aux citoyens et provoquer la réflexion autour des conditions de détention des prisonniers. Cellule fictive, expositions photo, témoignages, reconstitutions… Le tout sera à découvrir accompagné de musique puisque, comme le relève l’association, « la musique rassemble les cœurs et les corps. »
Après 5 éditions sous le signe du blues, le Molodoï Prison Blues se transforme en Molodoï Prison Groove. Si des artistes comme Dirty Deep, Thomas Schoeffler Jr. ou Bad Juice étaient présents dans les premières éditions, la soirée avait déjà élargit ses horizons musicaux dans le passé, notamment l’an dernier avec du rap, et de l’électro. Ce vendredi donc, le changement sera totalement assumé, avec la présence d’un line-up 100% dansant.
W.A.R.S – Dudes Of Groove Society (Réal. : Alexis Bambi & Lucas Stoll)
Entre Dudes Of Groove Society (D.O.G.S) et Monkey Inc., le funk prendra possession du Molodoï, puisque les deux groupes en ont fait leur influence principale. Les premiers, fans d’arcades et de comics, plongés dans un univers fun qui se traduit par des têtes de chiens dans leurs clips, n’hésitent pas à mélanger le funk au hip hop et à l’électro type Daft Punk. Les seconds brassent aussi largement puisqu’ils se revendiquent d’influences variées, du rock au jazz.
La danse jusqu’au bout de la nuit
Claire Faravarjoo, seule caution électro-pop de la soirée, débutera la soirée. De retour du Printemps de Bourges, où elle concourait pour les Inouis, et après sa première Laiterie avec le groupe Brigitte, elle continuera de défendre son EP « Minuit », et son tout nouveau titre « Bombarde ». Pour ceux qui n’ont toujours pas pu découvrir tout cela en live, ce sera le moment d’user ses baskets sur le sol du Molodoï, au son de cette voix unique.
Bombarde – Claire Faravarjoo (vidéo #14 Records)
Leopard DaVinci clôturera la soirée par un set électro dans la veine funk qu’on lui connaît. Avec ses tables de mix, son clavier-guitare et ses samples imparables, le DJ (membre également de The Fat Badgers ou Albinoid Sound System) présentera son nouveau set au Molodoï. Là encore, une occasion imparable d’enflammer le dancefloor, jusqu’au bout de la nuit.
Alors que 24 œuvres d’art consacrées à l’industrie ont été exposées dans le centre de Strasbourg. Piet, dans sa grande fascination pour l’art contemporain, a invité d’autres acteurs pour proposer quelques œuvres qui ne verront jamais le jour.
Du 14 au 17 mai au Maillon, Claude Degliame interprète Aglaé, une prostituée septuagénaire, que la comédienne et le metteur en scène Jean-Michel Rabeux ont rencontrée à Marseille. Sur scène, elle raconte son parcours avec franc-parler, humour et liberté. Aglaé est de celles qui diffèrent. Et cette différence en fait un personnage de théâtre.
Vêtue d’une nuisette, une femme déambule entre les spectateurs : il s’agit d’Aglaé, personnage éponyme de la dernière pièce de Jean-Michel Rabeux. Elle nous reçoit comme chez elle et revient pendant une heure sur son parcours, qu’elle livre aux spectateurs dans une atmosphère intimiste. À 72 ans, Aglaé est selon ses mots « une vieille pute ». Et fière de l’être car comme elle le déclare « c’est un métier comme un autre ». Ses premières expériences remontent à ses douze ans, avec les copains de son frère. Elle a poursuivi cette activité entre HLM et beaux quartiers, de Sarcelles – où elle est née – à Marseille.
Aglaé, une vieille pute, selon ses mots (vidéo Maillon)
« Retranscrire ses paroles sans la trahir »
Bien qu’il s’agisse d’un nom d’emprunt, les paroles sont celles de la « vraie » Aglaé, que Jean-Michel Rabeux, avec Claude Degliame, a rencontrée à Marseille. Ce dernier explique :
« Elle a exigé l’anonymat, mais pas pour les raisons qu’on supposerait. Son métier elle en est fière. Elle est fière de sa vie. Elle n’a rien à cacher, sauf à une personne, son fils, qui est peut-être sa fille, parce qu’apparemment elle brouille quelques pistes. »
Ce témoignage authentique part donc d’une rencontre, fortuite, d’une relation d’hôpital qui a amené le metteur en scène à s’entretenir avec cette femme durant six heures. Il a enregistré ses propos puis a retravaillé le texte, changé quelques liaisons, coupé certains passages trop « hard », et l’a adapté à une mise en scène d’une heure. Mais l’esprit, les mots, demeurent ceux d’Aglaé. La forme est d’ailleurs plutôt celle d’un témoignage.
Entre anecdotes drôles et crues, Aglaé nous parle du monde mais aussi de sa vie, de sa relation avec son fils et de ses petits enfants qu’elle n’a jamais voulu rencontrer. Elle s’imagine une scène : « Vous me voyez, moi, en famille ? « – Elle fait quoi mémé ? – Mémé elle suce des bites ! ». Elle se confie également sur le temps qui passe : « Ça me plaît de plaire, pas de les faire bander, ça c’est facile. De plaire encore à mon âge. » Aglaé se fiche de ce que la société pense d’elle et c’est ce qui la rend à la fois libre et scandaleuse.
Les spectateurs assistent à la représentation assis sur des tabourets dans une ambiance « bar-cabaret » (Photo: Alain Richard).
À la recherche du contact avec le public
Le dispositif scénique et la mise en scène créent une ambiance de complicité. Le public est fragmenté et la frontière entre scène et public est éclatée. Jean-Michel Rabeux précise :
« Il n’y a pas de plateau. Il y a un « à-plat » qui mélange l’actrice et les spectateurs. Claude est au milieu des gens, elle se déplace debout au milieu d’eux assis. C’est la « langue parlée » qui nous a amenés à tenter cette extrême proximité. (…) Nous recherchons le contact physique le plus direct possible avec les spectateurs. »
Claude Degliame se déplace, frôle quelques spectateurs, offre un verre à un membre du public… Comme le rappelle l’actrice « on parle d’une chose ensemble ». L’agencement met tout le monde est en position de spectateur et d’être regardé, Aglaé et ceux qui sont venus l’écouter forment une « humanité commune », selon les mots du metteur en scène.
Aglaé s’adresse aux spectateurs cneveux ébouriffés, nuisette en satin et lunettes fantaisie (Photo: Alain Richard).
« Elles en connaissent un rayon sur l’humanité »
Si le personnaged’Aglaé est une prostituée, on n’entre pas dans le débat sur la prostitution. Ce qui intéresse le metteur en scène c’est elle en tant qu’humain, bien que son métier ait façonné sa connaissance et son regard sur l’Homme. Le spectacle porte sa parole, une parole transgressive qui peut être dérangeante et avec laquelle on peut être en désaccord :
« Nous ne sommes pas d’accord avec tout ce que dit Aglaé, loin de là, mais c’est peut-être ce désaccord qui nous a fait tenter le plateau. Elle sait des choses que nous ne savons pas, elle les sait avec son corps, c’est, à bien des égards, difficile de se mettre à sa place. C’est pourtant exactement ce que Claude Degliame va faire, tenter de faire, se mettre à sa place, prendre sa place, pour vous faire ressentir ce que nous avons, par elle, ressenti. »
Le témoignage d’Aglaé peut être aussi brusque qu’empreint de délicatesse et d’intelligence. Sa voix est incarnée par la comédienne Claude Degliame, dont l’interprétation a été fortement saluée, et qui rend un bel hommage à la liberté et au charme de cette « grande Dame ».
Trois joueurs de l’équipe de football de Benfeld ont été insultés et agressés violemment, dimanche 6 mai, alors qu’ils disputaient un match à Mackenheim, dans le centre de l’Alsace. L’un d’eux a perdu connaissance sous les coups. Une enquête est en cours.
Que s’est-il passé dimanche 6 mai sur le terrain de foot de Mackenheim, en centre-Alsace ? Selon plusieurs témoignages, quelques minutes avant la mi-temps du match contre l’AS Benfeld, plusieurs personnes dont des joueurs de Mackenheim, se sont ruées sur les quatre joueurs noirs de l’équipe de Benfeld pour les frapper. L’un d’entre eux, Kerfalla Sissoko, a perdu connaissance sous la violence des coups portés. Il souffre d’une fracture de la mâchoire et aux côtés. Un autre joueur a eu la lèvre coupée et un troisième des contusions.
Il faisait beau et peut-être trop chaud ce jour là. Quoiqu’il en soit, la rencontre a débuté à 16h et immédiatement, des insultes racistes ont été entendues en provenance des bancs de Mackenheim. Kerfalla Sissoko, 24 ans, tourneur-fraiseur originaire de Guinée et en France depuis 4 ans, préfère les ignorer :
« On me disait “sale nègre”, “retourne dans la brousse d’où tu viens”, ce genre de choses… Et puis les joueurs de Mackenheim donnaient des coups, n’étaient pas très réglo. Mais bon, c’est parfois comme ça le foot. On se disait, ils sont dominés, ils sont énervés, c’est ainsi. Je m’en suis ouvert à l’arbitre, j’ai signalé qu’il y avait des enfants que ce n’était pas un exemple pour eux de nous parler ainsi. Ça se voyait qu’ils n’étaient pas là pour le foot. Bon… le match a continué puis un peu avant la mi-temps, un de mes équipiers est frappé. Il tombe au sol et je vois un joueur de Mackenheim lui marcher dessus. Je l’arrête et appelle l’arbitre. Et là, le gardien de leur équipe me frappe. Je reçois plusieurs coups, j’ai juste le temps de voir quelqu’un arriver avec un couteau avant de m’évanouir. »
Quatre joueurs de l’AS Benfeld sont noirs Photo : doc remis / Facebook
« Des gens sont sortis du public pour se ruer sur les joueurs noirs »
La suite, c’est Jean-Michel Dietrich, président de l’AS Benfeld, qui la raconte :
« Je sentais mes joueurs nerveux, tendus… Je ne comprenais pas pourquoi jusqu’à ce que j’entende les insultes racistes. Il y a 4 joueurs d’origine africaine dans mon équipe. Et là j’ai compris. Puis une faute a été sifflée et il y a eu une bousculade entre les joueurs. Très vite, des gens sont sortis du public pour se ruer sur les joueurs noirs de notre équipe. Ils étaient comme fous. Le temps que je me rende sur le terrain pour les séparer, beaucoup de coups avaient été échangés déjà. J’ai vu Karfalla en sang, sur le sol et qui était en train de s’étouffer. J’ai eu très peur pour lui mais pour moi aussi, parce que j’ai vu des gens sortir des couteaux. Quand on vient à un match avec un couteau, c’est pas pour jouer au foot ! »
Moudi Laouali, 28 ans, né au Niger, est le joueur qui a été mis à terre en premier, il raconte :
« Un peu avant la mi-temps, on me donne un coup sur le genou. Je suis poussé à terre et là, un joueur de Mackenheim me marche sur la cheville, très violemment. Puis tout s’est enchaîné très vite, je n’ai jamais vu un tel déchaînement de violence, on aurait dit qu’ils n’attendaient que ça ! J’ai vu un couteau, j’ai vraiment cru que j’allais y rester. J’ai vu mon coach qui me criait de revenir vers lui et j’y suis allé aussi vite que j’ai pu avec mon pied douloureux… »
Le match est arrêté par l’arbitre. L’équipe de Benfeld appelle les secours et la gendarmerie, qui arrive sur place environ 15 minutes après les faits. Kerfalla Sissoko est emmené aux urgences à l’hôpital de Sélestat. Il y restera jusqu’à 2h du matin, faute d’être en capacité de tenir debout comme il le raconte :
« Je me suis réveillé dans le camion des pompiers, j’avais très mal à la tête. À l’hôpital, je ne pouvais pas me lever, dès que j’essayais, ma tête tournait et je tombais aussitôt. Ils m’ont prescrit un arrêt de travail d’une semaine, qui sera peut-être prolongé lundi après ma visite devant le chirurgien. »
Kerfalla Sissoko a eu la machoire brisée et a failli s’étouffer sur le terrain Photo : doc remis
Les trois joueurs noirs blessés de l’équipe de Benfeld ont porté plainte dès le lundi à la gendarmerie de Marckolsheim pour coups et blessures et insultes à caractère racistes. Ils n’ont cependant pas subi d’examens médicaux spécifiques pour leur procédure. Une enquête est en cours mais aucune personne n’a encore été entendue par les gendarmes.
Jean-Michel Dietrich a publié un article sur Facebook, dans lequel il met en cause l’AS Mackenheim dans la gestion de ces événements :
« Personne de l’équipe à domicile ne nous a aidés, il a fallu que ce soit nous qui appelions les secours. Ils rejettent la faute sur nous en disant que nous les avons provoqués ! Ce serait une première étant donné que nous sommes la meilleure équipe du championnat en termes de fair-play. À ce jour, le président du club de Mackenheim n’a pris aucune nouvelle de nos joueurs blessés. Je suis très déçu par son attitude, c’est pour ça que j’ai publié sur Facebook le rapport que j’ai envoyé à la Ligue. »
L’AS Mackenheim dément
Du côté de l’AS Mackenheim, on se défend de toute attitude raciste. Le club a publié un démenti succinct sur sa page Facebook, indiquant condamner « ces actes de violence malgré le fait que nos joueurs ne soient pas les seuls coupables (sic). » Pascal Jehl était dans les gradins de Mackenheim dimanche. Il raconte :
« Un joueur de Benfeld était “chaud”, ça commençait à énerver tout le monde. Mais je n’ai pas entendu d’insultes racistes. Chez nous aussi il y a un joueur noir et d’autres issus de diverses origines étrangères… Dès que la bagarre a éclaté, nous sommes allés sur le terrain pour séparer les joueurs. C’était assez confus très vite mais bon, les bagarres, ça arrive entre joueurs… À ma connaissance, personne issu du public ne s’est battu. Depuis 30 ans que le club existe, nous n’avons jamais eu d’affaires comme celle-là. »
Le président de l’AS Mackenheim, Philippe Jehl, n’a pas retourné nos appels. De son côté, la Ligue d’Alsace de football amateur (LAFA) se refuse à tout commentaire avant lundi, date à laquelle un bureau du comité directeur de la LAFA doit se réunir pour traiter ces faits « à la lumière des différents rapports en sa possession, » selon son directeur Christophe Carbiener.
Ce samedi 12 mai, c’est la fête au parc Schulmeister ou parc de la Meinau pour les habitués, de Strasbourg. Concerts, danses, activités sportives et ateliers citoyens, une sorte de fête de quartier qui invite les habitants de la Meinau et du Neuhof à profiter du printemps ensemble.
Situé rue du Rhin-Tortu, le parc Schulmeister fait la jonction entre les quartiers de la Meinau et du Neuhof au sud-ouest de Strasbourg. Depuis sa rénovation en 2011, les habitants à proximité se retrouvent chaque année pour une après-midi festive et profiter des 7 hectares de terrain et de son plan d’eau. Des animations sont prévues de 13h à 20h ainsi qu’une buvette et une petite restauration.
L’événement est organisé par la Ville de Strasbourg, en partenariat avec plusieurs acteurs locaux comme l’Espace Django, le centre sportif de la Meinau mais aussi de nombreuses écoles des deux quartiers. Chaque année, environ 3 000 personnes participent à ce mix de fête populaire et de quartier.
Chaque année, la fête du Parc Schulmeister attire environ 3 000 personnes (Photo Philippe Stirnweiss / Ville de Strasbourg)
Des acteurs culturels locaux
Comme chaque année, ce sont principalement des intervenants et des artistes locaux qui animerons l’après-midi. Une scène sera mise en place pour l’occasion et les participants pourront ainsi assister à plusieurs représentations. Les Chorales des écoles de la Meinau et de l’orchestre de musiques actuelles de Pole-Sud chanteront notamment à 16h30. La chorégraphe Amala Dianor présentera une pièce aux influences hip-hop et l’événement se conclura avec la musique des Balkans du groupe Flying Orkestar.
Football, tournoi de baby-foot, tir de précision, mini golf, jeu de piste et même du hockey sur gazon, de nombreux jeux d’extérieur seront accessibles pour jouer entre amis ou en famille.
Plusieurs stands citoyens autour de l’écologie seront installés pour informer et conseiller, avec des ateliers de création de produits cosmétiques, de produits d’entretien naturels et de sensibilisation au tri.
Le programme complet
– 13h30-13h45 : Chant et guitare sèche avec Oasis de la rencontre
– 14h-14h15 : Danse et chant par l’association culturelle Enjeu
– 14h30-14h45 : Chant et saz par le centre culturel des Alévis de Strasbourg
– 15h-15h15 : Danses mauriciennes par Ambiance mauricienne
– 15h30-16h : Chorales CHAM et OMAPS des écoles de la Meinau / Orchestre de musiques actuelles de Pole-Sud
– 16h15-16h30 : Prise de parole d’Annick Neff et Mathieu Cahn, adjoints au maire
– 16h40-17h : Danse Hip-hop par le CSC Meinau
– 17h10-17h30 : Rap / Hip-hop par la Compagnie Mémoires vives / Les sons d’la rue
– 17h40-18h : Orchestre par l’école de musique du CSC Neuhof et du Collège du Stockfeld
– 18h15-18h45 : Amala DIANOR « Pas seulement » (danse hip-hop)
– 19h-20h : Flying Orkestar (musique des Balkans)
Y aller
La fête du parc Schulmeister, samedi 12 mai de 13h30 à 22h, rue du Rhin-Tortu à Strasbourg-Meinau, bus ligne n°57/67 – arrêt Louis Loucheur.
À l’école Saint-Thomas, au centre de Strasbourg, beaucoup trop d’enseignants ont été absents cette année et surtout, beaucoup n’ont pas été remplacés selon un collectif de parents d’élèves. Ils ont protesté contre ces absences à répétition qui pénalisent leurs enfants vendredi matin devant l’école.
Les absences non remplacées sont devenues quotidiennes (doc remis)
Ainsi, Juliette, mère d’un élève de l’école Saint-Thomas et membre du collectif des parents en colère, déplore :
« Ces non remplacements ont un impact sur le fonctionnement de l’ensemble de l’établissement primaire, avec pour conséquences un nombre démesuré d’enfants par classe suite aux répartitions et l’annulation de sorties à la piscine ou aux olympiades, sans parler de l’impact prévisible sur les apprentissages. Ainsi mardi 13 avril, 4 enseignants étaient absents et n’ont pas été remplacés, ce qui a eu pour conséquence la présence de 50 enfants en classe ! Un parent a même dû rester en classe afin de soutenir un enseignant. »
Le rectorat semble dans l’incapacité de répondre à ces pénuries d’enseignants récurrentes. Les parents de Saint-Thomas déplorent des réponses évasives et vagues de l’administration à leurs questionnements. Ils demandent une entrevue avec l’inspection académique pour assurer une « rentrée plus sereine, c’est à dire normale » en septembre 2018.
Punkroutine Fest II commence ce vendredi. Au programme : des concerts, des jeux, des ateliers et des repas vegan. L’occasion parfaite pour découvrir cette asso dynamique et engagée.
Punkroutine est une association très active à Strasbourg. Elle organise un festival pour la deuxième fois. De vendredi 11 à dimanche 13 mai, elle propose des moments intenses et très variés, à son image. Tu veux apprendre la boxe, jouer à des jeux de société, exploser ta voix lors d’un karaoké, écouter du punk hardcore ou du folk ? Viens faire un tour au Molodoï ! Ce sera aussi l’occasion pour parler des problématiques sociales qui te tiennent à cœur si t’en as envie, ou pour découvrir celles de l’asso. Bref, un beau moment à passer avec des gens biens et de la bonne musique !
Salut ! Est-ce que vous pouvez présenter Punkroutine ?
« L’association Punkroutine a été créée en 2011 par le rapprochement de personnes jouant dans des groupes de punk et de hardcore qui voulaient au départ simplement organiser des concerts. On a une structure associative pour pouvoir s’organiser, mais on se voit plus comme un collectif. On devait être sept ou huit au départ, on est plus d’une quinzaine maintenant. Tout le monde n’a pas le même degré d’implication mais on est une belle équipe !
Nos objectifs ont évolué puisqu’au delà des concerts, c’est notre vision, notre positionnement politique et critique de la société qu’on a également envie de partager. Il n’est pas rare qu’on ajoute autour du concert, une projection, un débat sur des actualités politiques, ou tout simplement sur des sujets qu’on souhaite inclusifs car nous sommes pour la lutte contre toutes les oppressions. »
Le flyer de Punkroutine Fest II
C’est déjà la deuxième édition de Punkroutine Fest ! Comment était la première ?
« Le premier Punkroutine Fest était, comme celui à venir, organisé sur trois jours. Le succès fut au-delà de toute espérance, au point que nous avons dû faire des courses supplémentaires le lendemain du premier soir pour être sûr d’avoir suffisamment de boissons ! Après le festival, nous avons réalisé un petit trombinoscope de nos têtes ravagées par la fatigue … On peut dire que le nom de l’asso a pris tout son sens ces jours-là. »
Est-ce que vous pouvez me dire quelques mots sur les groupes qui joueront au festival ? Ce sont des potes à vous ?
« La plupart des groupes sont en effet des copains/copines qu’on a déjà fait jouer ces dernières années et qu’on avait envie de faire participer à cet événement un peu plus spécial qu’un simple concert. Contrairement à la première édition, l’affiche est un peu plus variée ! On passe du punk rock un peu mélo avec Heavy Heart ou les Smudjas au post hardcore de Birds in Row en passant par du punk hardcore bien fast de Kids Insane ou du post rock avec Bien à toi.
Et on en profite également pour faire jouer des groupes locaux ! Comme les plus ou moins récents Call It A Day et Kelly Slaughter. On fait aussi jouer les Strasbourgeois de Contwig pour qu’ils nous présentent leur nouvel album. Et on finit le dimanche après-midi sur un petit concert de folk pour accompagner le brunch !
The Smudjas, du « punk rock un peu mélo » (vidéo Youtube)
.J’ai vu que vous allez mélanger concerts, ateliers, jeux, …. Je trouve l’idée super ! Vous pouvez m’en dire un peu plus ?
« On a envie de faire plein d’activités variées pour dépasser l’aspect purement musical du week-end. On a donc un apéro blind test le vendredi, qui ne sera pas uniquement punk sinon c’est pas drôle, et un karaoké en soirée pour finir en beauté !
Le samedi, des potes animent deux ateliers : un atelier graff pour apprendre à utiliser ses bombes de peintures à bon escient et en faire des trucs jolis ou au moins intelligibles et un cours de boxe animé par le club qui se réunit déjà au Molodoï tous les lundi.
Quant au dimanche, c’est grand brunch vegan pour se remettre de ses émotions avec un concert folk à la clé. Et pour celles et ceux qui ne pensent qu’à la bouffe, les frites, burgers et gyros seront assurés par nos copains et copines du Domino’s Bar à Lemberg ! »
Birds in a Row, du post punk hardcore ! Attention les watts. (vidéo YouTube)
Quel est l’objectif principal de ce festival ?
« On a toujours essayé de faire que Punkroutine ne soit pas qu’une asso de concerts. D’une part parce qu’au-delà de la musique, on a un certain nombre d’intérêts en commun qu’on aime bien partager entre nous et on a envie de le faire partager au public qui vient à nos soirées, que ce soit autour du véganisme, des jeux de société ou du dancefloor. D’autre part parce que ce qui nous réunit dans la scène punk, c’est aussi une vision politique et éthique de cette dernière et de nos engagements dans les pratiques DIY (do it yourself).
C’est bien pourquoi, quand l’occasion se présentait, on a souvent fait venir des intervenants pour parler et débattre de problématiques sociales qui pouvaient nous tenir à cœur (antiracisme, féminisme, soutien aux migrants…). Il s’agit plutôt de trouver un sens à l’aspect festif de l’événement, de passer par la musique pour potentiellement faire découvrir plein de choses aux personnes qui viennent et surtout de rappeler que « l’esprit punk », si tant est qu’il en existe un, c’est plus que des guitares fortes et de la bière, c’est avant tout une prise de position critique et contestataire. »
Y aller
Punkroutine Fest II, vendredi 11 mai à partir de 18h, samedi 12 mai à partir de 16h, dimanche 13 mai à partir de midi, au Molodoï, rue du Ban-de-la-Roche à Strasbourg. Voir sur Facebook.
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
L’hôtel-restaurant Graffalgar a installé le premier « frigo solidaire » de Strasbourg, un endroit pour laisser de la nourriture à destination des plus démunis, le plus simplement possible. Le système existe à Londres, Berlin et Paris.
L’idée des « frigos solidaires » et de permettre à ceux qui ont trop de nourriture de la laisser à destination de ceux qui n’en ont pas assez, et ainsi d’éviter le gaspillage. Le principe est simple : une personne peut déposer des fruits, des yaourts ou des légumes dans un frigo toujours disponible, en indiquant la date limite de validité dans un registre. Quelqu’un dans le besoin peut simplement se servir dans le frigo, sans avoir à justifier de quoi que ce soit.
Un premier frigo solidaire est installé vendredi 11 mai à Strasbourg, par l’hôtel-restaurant Graffalgar qui va le rendre disponible rue Déserte. Un collectif s’est formé pour porter le projet, réunir les 1 300€ nécessaires à l’achat d’un frigo professionnel et à son coffrage. L’entretien et le suivi des aliments est assuré par l’équipe du Graffalgar (voir la vidéo ci-dessus).
Le premier frigo solidaire de France a été installé à Paris, par un restaurant appelé la Cantine du 18 tenu par Dounia Mebtoul et sa mère. Elle explique comment lui est venue l’idée d’importer ce concept en France :
« Les premiers frigos solidaires que j’ai vus, c’était à Londres et à Berlin. Je me suis renseignée et j’ai appris qu’il n’existait pas de frigos solidaires en France. J’en ai parlé à ma mère et elle a tout de suite été super emballée par l’idée. En juin, on a installé dans la rue le premier frigo solidaire de France avec l’aide d’une mutuelle et de deux youtubeurs, Natoo et Baptiste Lorber. On s’apprête à fêter le premier anniversaire de ce frigo, qui n’a jamais été dégradé depuis son installation alors qu’il reste accessible la nuit. »
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Des frigos partout !
Pour Dounia Mebtoul, d’autres frigos solidaires ont vocation à essaimer un peu partout en France :
« Dans la restauration, il y a beaucoup de gaspillages. Alors on a créé une association et un mode d’emploi pour que chacun puisse installer un frigo solidaire très simplement, chez un commerçant, un restaurateur ou un épicier. L’idée étant que les commerçants du coin y laissent leurs invendus. Dans le nôtre, on compte environ 60 bénéficiaires par jour pour 40 donateurs. On regarde tous les matins s’il y a des denrées à jeter, parce qu’elles auraient dépassé la date limite de consommation, mais ce n’est jamais le cas. »
Selon la restauratrice, c’est la simplicité du système qui est garante du succès :
« Le fait que ce frigo soit tout le temps accessible et sans avoir à justifier de quoi que ce soit est essentiel pour les bénéficiaires, qui peuvent être des retraités à faibles revenus, des étudiants, des familles nombreuses ou des personnes sans-abris. L’autre aspect aussi, c’est que lorsqu’on s’approche du frigo, il n’est pas évident de savoir si c’est pour donner ou prendre… Il y a un aspect d’égalité de traitement qui fonctionne. »
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Soirée d’inauguration du frigo solidaire, vendredi 11 mai à partir de 19h, Graffalgar, rue Déserte à Strasbourg – Gare.
La famille de Naomi a commencé par remercier « la presse et les réseaux sociaux, » car l’indignation collective qui a suivie a été « comme une main tendue ». « Avant la médiatisation, on se demandait si nous étions les seuls à être étonnés par la réponse du Samu, étonnés qu’une jeune fille de 22 ans puisse mourir chez elle sans que ça n’émeuve personne parmi les médecins, » a expliqué le père de la jeune femme.
Pour la famille de Naomi, il reste encore trop de questions sans réponse. Bablyne Musenga les énumère :
« Qui sont ces dames qui se moquent de ma fille ? On parle souvent de la deuxième mais la première ne transmets pas correctement l’appel non plus et on ne nous dit rien. Après la mort de Naomi, on n’a vu qu’un seul médecin, qui n’a pas été en mesure de nous dire ce qu’il s’était passé. Nous étions sensés accepter cela… On nous dit c’est comme ça et puis voilà. »
Deux mois pour les résultats de l’autopsie
Pour ces parents, cette absence de réponse de l’institution est tout aussi blâmable que la désinvolture de l’opératrice du Samu. « On a l’impression qu’on s’est moqué de ma fille, puis qu’on s’est moqué de nous » proteste Polycarpe Musenga.
Rien que pour recevoir les résultats de l’autopsie, la famille a dû attendre deux mois. Réalisée cinq jours après le décès, elle ne fournit aucune explication sur les causes qui ont provoqué la mort de Naomi. Elle se contente de constater « des défaillances multiviscérales, » sans en préciser l’origine.
Revoir l’intégralité de la conférence de presse de la famille Musenga (vidéo Rue89 Strasbourg)
La famille de Naomi remarque que les Hôpitaux universitaires semblent s’intéresser à ce décès depuis qu’elle a été médiatisée et souhaitent désormais que « justice soit faite. » Leurs avocats ont annoncé la veille qu’ils déposeraient une plainte, afin qu’une information judiciaire soit ordonnée (voir notre interview). Une enquête préliminaire a déjà été ouverte par le parquet de Strasbourg, ainsi que deux enquêtes administratives, l’une à l’hôpital de Strasbourg et l’une par l’Inspection générale des affaires sociales.
La direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg prévoit de communiquer les conclusions de leur enquête à la famille le 23 mai. Une marche blanche doit être être organisée mercredi 16 mai à Strasbourg pour rendre hommage à Naomi. Organisée par un collectif, cette manifestation a le soutien de la famille. « Il y a énormément de gens qui nous envoient des messages de soutien », explique Louange Musanga, « ça nous permet de rester debout ».
En attendant les débuts des travaux et ses occupants définitifs, le bâtiment central de la Manufacture des Tabacs, dans le quartier de la Krutenau à Strasbourg, est transformé en bar de nuit éphémère. Concerts, expositions, DJs… et des transats.
En septembre, la Société d’équipement de la région de Strasbourg (Sers) dévoilait les différents projets de réhabilitation prévus pour la Manufacture des tabacs, cet immense ensemble industriel du quartier de la Krutenau à Strasbourg. Franck Meunier, P-DG du groupe FHB, avait candidaté dans le cadre de cet appel à projets afin d’être le futur exploitant de l’un des bâtiments mais n’avait pas été retenu. Il a alors décidé de proposer à la Ville de Strasbourg, d’occuper les lieux de façon temporaire, avant le début des travaux qui doivent débuter en janvier et l’arrivée des nouveaux occupants. Cette fois-ci, le projet fut accepté et c’est ainsi que « la Manufakture » est née. Elle prendra place dans la bâtisse centrale de l’ancienne fabrique de cigares.
Espace intérieur de la Manufakture (Photo CA/ Rue89 Strasbourg)
Selon Franck Meunier, c’est l’occasion de faire une sorte de « dé-pendaison de crémaillère », pour que les Strasbourgeois puissent déjà découvrir les lieux. Dans les prochaines semaines, on trouvera à l’avant du site, un espace de communication pour montrer aux visiteurs les transformations à venir.
Un lieu de vie nocturne : visite guidée
La Manufakture a donc une durée de vie limitée de cinq mois, jusqu’à fin septembre. Bien peu de Strasbourgeois soupçonnent ce qui se cache derrière les hauts murs de brique de grès rose du quartier de la Krutenau. Pourtant, la Manufacture des Tabacs offre un espace d’une ampleur impressionnante : 20 000 m² de surface sur tout le site et près de 2 000 m² pour la Manufakture uniquement. Ce café éphémère peut accueillir jusqu’à 850 personnes !
Après avoir passé les portes et le sas d’accueil, on découvre une première grande salle destinée à une ambiance Rythm n’Blues avec un grand bar, une scène, un coin pour DJ et un espace de danse. En enfilade, on accède à une nouvelle salle consacrée elle, à l’électro et aux années 80. La programmation devrait être communiquée tous les 15 jours, mais quelques artistes sont déjà programmés comme Stan Smith, DaFunk ou DJ Q.
L’espace intérieur de la Manufakture – ça reste sobre (Photo CA/ Rue89 Strasbourg)
Question décoration, l’équipe a choisi de s’accorder avec le passé industriel du bâtiment, avec des matériaux de récupération ou qui pourront être utilisés par les prochains occupants.
Les deux salles donnent accès à une vaste « plage » extérieure. Un bar de plus, beaucoup de sable… et des transats !
À l’extérieur de la Manufakture, du sable… et des transats ! (Photo CA/ Rue89 Strasbourg)
Une galerie d’art et des foods trucks
Après avec traversé le lieu, une entrée via l’espace extérieur permet d’accéder à la galerie d’art éphémère, « la Manufaktory ». Celle-ci ouvre jeudi 17 mai avec une première exposition intitulée « Le crépuscule est grandiose » qui présentera plusieurs artistes locaux et internationaux. La seconde exposition débutera avec la soirée de lancement du festival Contre-Temps et sera entièrement consacrée à l’artiste peintre américaine Ellen Rutt. La galerie sera ouverte de 17h à 23h et l’entrée sera libre.
4-5 food trucks seront stationnés à l’extérieur du bâtiment. Des burgers, des hot-dog, des tartes flambées, des salades (Hopla food ou encore le camion À Mi-Chemin) pourront être consommés une bonne partie de la nuit, il y aura également un petit stand de pâtisserie.
À noter : les organisateurs en profitent pour tester un système de paiement sans argent liquide. Une carte Manufakture servira à régler les consommation et pourra être rechargée via une application mobile.
Un espace en constante transformation
Le lieu est destiné à évoluer pendant ses cinq mois d’existence avec une nouvelle déco et des ambiances différentes. Un vidéo projecteur ainsi que quelques télévisions permettront de suivre les matchs en période de Coupe du monde et ceux du Racing. La Manufakture devrait fermer vers 4h du matin, mais l’horaire de fermeture pourrait être retardé en fonction de l’affluence. Selon le gérant, il s’agit d’un lieu ouvert aux Strasbourgeois, qui s’adaptera à la demande et non l’inverse.
Le bar de nuit est ouvert les jeudi, vendredi, samedi et les veilles de jours fériés à partir de 17h. L’entrée est libre jusqu’à 22h, 10€ ensuite.
Y aller
La Manufakture, 7a rue de la Krutenau à Strasbourg. Ouverture de 17h à 4h, les jeudis, vendredis et samedis. Page Facebook
Médecin urgentiste et élu à la Ville et à l’Eurométropole de Strasbourg, Syamak Agha Babaei réagit à l’affaire Naomi, cette jeune strasbourgeoise décédée suite à une prise en charge tardive par le Samu. S’il juge « en rien acceptable » l’attitude des deux opératrices, il estime que les souffrances des patientes et patients sont aussi « un miroir » de celles des soignants, conséquence du manque de moyens dans les hôpitaux publics.
En lisant les derniers jours les réactions au sujet du décès de la jeune Naomi, j’ai décidé d’écrire ces lignes. D’abord, on ne peut ressentir qu’une peine profonde pour la famille de Naomi. Ensuite que les propos entendus sur les bandes son, y compris hors contexte, ne sont en rien acceptables et s’opposent à l’attitude éthique des soignantes et des soignants.
L’enquête devra éclaircir les conditions exactes de ce drame.
Trois fois plus d’appels
Making Of
Syamak Agha Babaei a posté ce texte sur son compte Facebook. Nous reproduisons une version légèrement étoffée ici, avec son accord. L’accroche et les intertitres sont de la rédaction.
Si rien dans les propos tenus n’est excusable, il faut comprendre pourquoi une telle situation a pu se produire. Donner plus de moyens médicaux à la régulation des centres 15 est une première piste.
Il faut également souligner le travail formidable fait par les équipes du Samu 67 tous les jours. Elles et ils sauvent ou contribuent à sauver des vies. Et ce dans une pression tous les jours croissante. Les appels au Centre 15 ont été multipliés par trois ces 20 dernières années, et les recours aux urgences ne cessent d’augmenter pour atteindre 20 millions par an sans que les moyens suivent.
Syamak Agha Babaei a pas mal d’idées pour Strasbourg à l’avenir mais veut en parler avec les habitants (Photo Pierre France / Rue89 Strasbourg)
Maltraitance des soignants et des patients
Au Samu et aux urgences de Strasbourg, nous avons connu un hiver rude, ou centre d’appel et les services d’urgences ont été « submergés ». Les personnels ont à plusieurs reprises alerté sur la situation intenable et les risques pour les soins de qualité.
Un « No bed challenge » a même fait le classement des services d’urgences où les patients passaient la nuit voire plus dans les couloirs en attente d’un service d’hospitalisation. Ces attentes interminables et les services engorgés amène parfois à des situations éthiquement discutables. Presqu’un jour sur deux un patient meurt en fin de vie dans nos services, alors que nous ne sommes ni un service de soins palliatifs ni toutes et tous formé.e.s. Parfois ces situations dégénèrent en violence verbale ou physique et l’intégrité des soignant.e.s peut être en jeu.
Je l’ai souvent dit : la maltraitance des soignants se conjugue avec la maltraitance des patients et c’est une maltraitance institutionnelle qu’aucun pouvoir politique n’a combattu.
Tout en menant notre de travail de soin, il faut rester bienveillant, communiquer de manière apaisée, même en cas de violence, savoir accompagner une fin de vie, mais aussi répondre aux appels incessants, accepter toutes les patientes et tous les patients relevant du service et libérer des brancards pour les nouvelles admissions. Parfois, au lieu de soigner, nous devenons des managers de flux.
« Le problème ne vient pas des patients »
Le décès de Naomi dans les circonstances décrites nous amènent, soignantes et soignants, à nous interroger sur notre pratique quotidienne et sur les souffrances de nos patientes et patients en miroir des nôtres.
De ce drame nous devons retenir l’absolue nécessité d’un travail éthique au sein de nos hôpitaux, d’améliorer les conditions de travail des soignant.e.s et permettre un véritable accueil de qualité.
Cela ne se fera pas à moyens constants ou dans une logique d’économies telle que nous le vivons aujourd’hui.
Enfin il faudra en finir avec un impensé des pouvoirs publics : le problème ne vient pas des patient.e.s qui engorgent les urgences. Le problème vient de l’absence de moyens humains et de lits d’accueil.
Vidéo – Les avocats de la famille de Naomi vont déposer une demande d’information auprès du tribunal de grande instance, afin de se porter partie civile et d’obtenir plus d’éléments sur la raison de sa non-prise en charge immédiate par le Samu.
Avec sa collègue Nicole Radius, Me Aachour suit la famille de Naomi depuis le 3 mai, c’est-à-dire suite à la rencontre entre la famille et le directeur des hôpitaux universitaires, Christophe Gautier.
La plainte complétée
Il estime la réaction du procureur, qui lance à son tour une enquête, adaptée mais veut aller plus loin. Avec son homologue, il déposera une demande une « d’ouverture d’information » vendredi (jeudi 10 mai étant férié). Celle-ci a pour but de permettre à un juge d’instruction de se saisir de l’enquête. La famille pourra aussi se constituer partie civile et avoir accès au dossier d’enquête.
L’avocat a encore beaucoup de questions (à voir dans la vidéo en tête de cet article), après avoir entendu l’enregistrement transmis par l’hôpital à la famille début mai, plus de quatre mois après les faits. La première d’entres elles :
« La famille ne sait toujours pas de quoi elle est morte »
D’autres portent sur le délai de la prise en charge et la possibilité de sauver la vie de Noémie. Concernant l’éventuelle responsabilité des hôpitaux universitaires de Strasbourg, l’avocat estime, entres autres, que l’opératrice en cause fait « partie d’une chaîne » et que toute la responsabilité ne peut lui incomber. Les pompiers indiquent de leur côté avoir « respecté » leur procédure.
La famille doit s’exprimer devant la presse ce jeudi 10 mai.