Une dizaine d’artistes ont été sélectionnés pour occuper les ateliers du Bastion XIV, derrière la gare à Strasbourg. Il s’agit de la 15ème génération d’artistes qui occupe ce lieu.
Sur la trentaine de dossiers proposés au jury de la Ville de Strasbourg, dix nouveaux artistes ont été sélectionnés en novembre 2016 pour rejoindre les couloirs sombres du Bastion XIV, des ateliers aménagés derrière la gare centrale de Strasbourg, rue du Rempart. Ils emménagent depuis le mois d’avril. Ils sont sculpteurs, dessinateurs, peintres ou scénographes, un quart d’entre eux sont issus de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR), mais aussi d’autres écoles d’art en France ou autodidactes.
Emilie Picard vient de Marseille. Peintre, elle a voulu tester l’Est de la France, plus ouvert à ce domaine selon elle :
« Il y a plus de facilités ici que dans le sud, pour les artistes illustrateurs ou peintres, comme moi. Les propositions sont plus nombreuses, le territoire est plus dynamique. Et j’ai toujours eu une attirance plus grande pour les peintres du nord de l’Europe que du sud. »
Axel Gouala, sculpteur et dessinateur, fait partie de la dizaine d’artistes qui emménage au Bastion XIV (Photo RG / Rue89 Strasbourg)
Répartis dans les ateliers par binômes
Pendant deux ans, les artistes sont répartis dans les 24 ateliers du Bastion XIV, et sont systématiquement installés par binôme dans ces ateliers de 50 à 70 m2. Les services de la Ville se chargent eux-mêmes de la répartition, en cherchant à associer des univers ou des techniques relativement proches. À ce jour, 42 artistes occupent les 2 000 m2 de l’imposant bâtiment construit par l’armée du Kaiser Guillaume II rue du Rempart.
Pour les petits nouveaux du Bastion, le fait d’être en colocation et au contact d’autres artistes est stimulant. Clémentine Cluzeaud, scénographe, n’aime pas travailler seule :
« C’est peut-être parce que je viens de l’univers du théâtre… Mais je trouve qu’on a plus à s’apporter en travaillant à plusieurs. Je ne travaille quasiment jamais seule. J’ai fait et je fais encore plusieurs projets avec d’autres artistes du Bastion, de la HEAR, où j’ai fait mes études, et d’ailleurs. »
Les ateliers du Bastion XIV sont loués aux artistes pour 50 euros par mois (Photo RG / Rue89 Strasbourg)
Les ateliers sont loués pour 50 euros par mois
Les artistes ne payent que 50 euros par mois de location, essentiellement pour amortir les charges. Au terme des deux ans, les artistes repassent devant un jury s’ils désirent rester deux ans de plus au Bastion XIV. La reconduite du bail n’est cependant possible qu’une seule fois.
Du 26 juin au 22 août, l’hôtel du Département du Bas-Rhin à Strasbourg accueille l’exposition « Du Haut Koenigsbourg à la Terre du Milieu ». À cette occasion, tout un mini-festival autour des monuments médiévaux de la région et du Seigneur des Anneaux s’installe à Strasbourg et en Alsace.
Affiche de l’exposition « Du Haut Koenigsbourg à la Terre du Milieu »
Et si l’oeil de Sauron s’était posé sur Strasbourg ? Une exposition, une rétrospective et des soirées découvertes autour du Seigneur des Anneaux sont programmés durant le mois d’août à Strasbourg. Le Conseil départemental du Bas-Rhin héberge l’exposition, pour rappeler que l’architecture du château du Haut-Koenigsbourg, que la collectivité gère depuis 10 ans, a inspiré le directeur artistique des films produits à partir de la saga d’héroïc-fantasy culte de J.R.R. Tolkien.
Au départ, ce sont Greg et Lucas, deux Strasbourgeois, passionnés des aventures de Frodon. Le premier est collectionneur de figurines très détaillées, le second est photographe. Ensemble, leur truc est de mixer des personnages de la Terre du Milieu dans des paysages alsaciens.
Lucas Cournut, alias Kenevra, pas trop impressionné par Sauron (doc remis / Facebook)Le château du Bernstein est-il en plein milieu du Mordor ou toujours à Dambach-la-Ville ? (doc remis / Facebook)
Il y a six mois, les deux compères proposent aux collectivités locales de subventionner une exposition sur ce principe et surprise, le Conseil départemental du Bas-Rhin accepte. La collectivité cherchait justement le meilleur moyen de célébrer le dixième anniversaire de sa gestion du château du Haut-Koenigsbourg, comme l’explique Greg :
« Tout s’est fait très vite… Nous avions déjà les figurines et la plupart les clichés. De son côté, le Département expose pour la première fois en dehors du château des objets anciens du Haut-Koenigsbourg. Et pour le film d’annonce, nous avons utilisé nos propres costumes, que nous avons trouvé dans des friperies. »
Le directeur artistique de la trilogie, passé par Strasbourg
John Howe, le directeur artistique des films de la trilogie du Seigneur des Anneaux, a été élève des Arts-Déco de Strasbourg en 1977. Passionné par le Moyen-Âge, il a particulièrement été impressionné par la Cathédrale et le château du Haut-Koenigsbourg.
Dans les films, plusieurs éléments sont issus ou inspirés de la forteresse alsacienne et se retrouvent dans l’exposition : des éléments d’armures des XVème et XVIIème siécles, un fauteuil du XVIIIème siècle qu’on retrouve dans au moment du serment de la Communauté de l’anneau, ainsi que des éléments de vie quotidienne qui ont inspiré l’ameublement des hobbits. Des détails architecturaux du Haut-Koenigsbourg se retrouvent dans la forteresse de Minas Tirith, surtout vue dans le troisième épisode, le Retour du Roi.
En outre, les visiteurs de l’exposition pourront découvrir et contempler une reproduction de l’anneau unique, du gantelet de Sauron et des figurines de différentes tailles des personnages des films, des bustes, des casques, etc. Une centaine de pièces sont exposées.
Exposition du 22 juin au 26 août. Entrée libre de 10h à 18h
« Vous ne passerez pas ! Hopla »
Pour faire la promotion de l’exposition, Greg et Lucas se sont associés avec Beuleup Prod et Yip Jump pour produire une bande annonce de deux minutes (voir ci-dessus). Greg détaille l’aventure de cette grosse production :
« Pour l’anecdote, cette vidéo a été réalisée avec zéro budget. Adrien et Lesley de la Beuleup Prod nous ont aidé car eux aussi sont passionnés par cet univers. Les costumes ont été achetés chez Emmaüs, le cheval a été prêté par un ami… On a voulu combiner l’humour alsacien, le Haut-Koenigsbourg et l’univers de Tolkien en moins de deux minutes. Ce qui nous a manqué, c’est un peu plus de temps et d’argent. »
Alerte, Sauron débarque au Star Saint-Exupéry ! (Montage Kenevra / doc remis)
Une grande partie de mes journées est passée derrière un ordinateur ou derrière un appareil photo. J’adore capter les émotions, les moments de vie. Fan de magnesium sous la forme tablette de chocolat , de PS4 le week-end et de cuisine pour combler les heures le dimanche matin.
Avec l’un des concours les plus sélectifs des grandes écoles de théâtre, les bancs de l’École du Théâtre National de Strasbourg accueillent depuis 1968 les comédiens, les régisseurs, les scénographes, les costumiers, les metteurs en scène et les dramaturges de demain. Reportage.
Il est 9h dans les ateliers de l’école du Théâtre National de Strasbourg (TNS), rue Schertz à Strasbourg et déjà Édith, Simon, Vincent, Germain et Enzo, élèves régisseurs de première année, réfléchissent au fonctionnement d’un rideau polichinelle. Sous l’oeil bienveillant de Bernard Saam qui encadre le module « montage et construction », ils tentent de comprendre comment faire fonctionner ce rideau de théâtre qui s’enroule et se déroule sur lui-même de haut en bas. Le responsable de la formation fait souvent revenir ses élèves vers des techniques traditionnelles :
« En première année, on leur donne les outils pour qu’ils puissent se débrouiller par eux-même par la suite. Quand ils arrivent, le concours en poche, ils ont déjà une certaine connaissance soit en lumière, soit en vidéo, soit en construction, notre rôle c’est de les former à tous ces métiers et faire d’eux des régisseurs complets qui se spécialiseront plus tard. »
Aux ateliers de construction passent les élèves régisseurs, mais aussi les élèves scénographes. Pendant que les première année réfléchissent au meilleur moyen de faire fonctionner leur rideau, trois élèves de troisième année passent par l’atelier récupérer quelques outils pour le spectacle sur lequel ils sont actuellement entrain de travailler, 1993 de Julien Gosselin. Emma, élève de troisième année en scénographie, pense que faire de la scénographie pour le théâtre est un luxe :
« Dans les arts appliqués, on travaille seuls et avec un public pas toujours vraiment présent, dans une exposition le spectateur peut juste traverser le lieu et passer à côté de la démarche artistique. Le luxe que permet le théâtre, c’est d’exposer pendant une durée où on prend le spectateur par tous les sens, vraiment. »
Après le plan et la maquette, la réalisation du rideau polichinelle (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
Après presque une heure et demie penchés sur le plan, les élèves déplacent plan et maquette et se rendent dans un grand hangar où est entreposé l’histoire du TNS et de son école, des décennies de décors, des chaises poussiéreuses, des plaques de bois et de métal, des banc fabriqués pour un décor par des élèves passés par l’école il y a plus de 10 ans, un vieux buste de femme, etc.
Au bout du hangar, en dessous d’un grand échafaudage de chantier, les élèves roulent et déroulent un tissu de presque quatre mètres de hauteur sur une perche elle-même longue de plusieurs mètres.
Bernard Saam veuille toujours au strict respect des consignes de sécurité, surtout sous l’échaffaudage (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
Germain enroule plus vite qu’Enzo
Germain enroule plus vite qu’Enzo, ce qui provoque une légère asymétrie qu’ils tentent de corriger en ré-enroulant le tissu. Même si ce n’est qu’un exercice, tous semblent très soucieux de le faire correctement, comme si le système allait être posé sur scène dans la soirée.
Les gants fixés à la poche arrière du jean et tout en continuant d’enrouler le tissu, les élèves discutent des décors qu’ils ont apprécié récemment. Il est notamment question du décor de Farewell Empire, une pièce montée par leurs aînés de troisième année et présentée au public strasbourgeois dans le cadre de l’Autre Saison, la saison parallèle et gratuite du TNS.
Il est 11h et Lisa rejoint à peine ses camarades, « elle était à son cours de musique » explique Bernard Saam. À l’école du TNS et peu importe la section, tous peuvent suivre des cours pour apprendre ou perfectionner leur pratique d’un instrument. D’ailleurs, les spectacles sont aussi l’occasion pour eux de jouer devant un public.
Il est midi et sur le parvis du TNS, place de la République, à côté de la terrasse pleine à craquer, de petits groupes sont assis sur les escaliers menant à l’entrée du théâtre. Les étudiants de troisième année attendent patiemment, profitant du soleil avant une après-midi sous les seules lumières des projecteurs, le début des répétitions de leur spectacle de fin d’année : 1993, un texte de Aurélien Bellanger mis en scène par Julien Gosselin.
« Tout le monde prend un ordinateurs, tout le monde sur le drive, allez on se dépêche » répète Julien Gosselin au micro. Il est 14h, dans la salle Gignoux et à la demande du metteur en scène, les comédiens se rejoignent sur scène, un ordinateur devant les yeux afin de découvrir le nouveau texte. Après avoir participé à la journée de répétition, l’auteur le re-écrit pendant la nuit, le lendemain les élèves le redécouvrent toujours neuf et doivent vite s’y adapter. Pendant ce temps, Sarah, élève régisseuse, passe et vérifie que les micros de chacun sont bien fixés.
L’auteur présent pendant les répétitions peut aussi être source de conseil pour les élèves (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
« S’il le faut il n’y aura rien de tout ça dans la version finale »
« C’est vraiment des tentatives, on essaye mais s’il le faut il n’y aura rien de tout ça dans la version finale » explique Julien Gosselin. Tout évolue au fil de la lecture, de l’identité des personnages à l’accent que donnera Hélène au sien.
Sur scène, l’auteur, les douze élèves comédiens, le metteur en scène et les deux élèves de la section mise en scène de première année, ses assistants, écoutent la nouvelle monture du texte, l’essayent et l’amendent. Eddy et Ferdinand, élèves en mise en scène, assis parmis les élèves acteurs, ont pour rôle d’assister et de conseiller Julien Gosselin dans sa mise en scène, un rôle pas toujours facile avoue Ferdinand :
« Par promotion, on est que deux dans cette section, c’est un peu compliqué pour nous parce qu’en première année on observe plus qu’autre chose et quand on arrive en deuxième année on doit diriger des groupes d’acteurs et gérer des projets, il n’y a pas d’entre deux. En première année, on assiste les metteurs en scène qui interviennent dans l’école, on aide aussi ceux de la promotion antérieur dans leurs créations mais on n’a nos propres projets qu’à partir de la seconde année. La vraie question et ce qui est compliqué dans notre section c’est de savoir, de manière plus générale, comment on forme un metteur en scène. »
Salma, élève en scénographie-costume, observe la lecture où tous les acteurs sont déjà en tenue (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
Moins d’une heure après le début de la lecture, il est temps de passer au jeu. Perchés en haut d’une estrade installée dans le haut de la salle, les élèves régisseurs ne chôment pas. Sarah vérifie le son, demande à tous les comédiens de parler pour qu’elle puisse gérer le volume de chaque micro. Tour à tour, Jori et Valentin descendent sur scène pour filmer pendant que Camille gère la projection de ces images en direct sur l’écran surplombant la scène.
Hugo, lui, pianote sur sa MPC, une boite rythmique programmée, qui lui permet de composer la musique à partir de sons pré-enregistrés. Aujourd’hui, bien que ce ne soit pas son rôle, il s’occupe de toute la partie musicale. Pourtant, la main sur sa MPC et la bouche au micro, le jeune élève en Régie-Création semblerait avoir fait ça toute sa vie.
De plus en plus, la vidéo en direct s’immisce dans le théâtre contemporain et cette création ne fera pas exception (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
« Articule plus Yannick, on comprend rien »
Il est 15 heures, dans la salle Gignoux, ou plutôt dans le salon de jeunes européens en pleine fête où il est en fait, approximativement, une heure du matin. Affalé sur le canapé et les cheveux en bataille, le grand Yannick, élève de troisième année dans la section Jeu, joue le bellâtre. Il doit draguer ostensiblement Pauline, crier pour que, bien qu’elle soit collée à lui, elle puisse l’entendre à travers la musique assourdissante, tout ça dans un anglais à l’accent parfois approximatif et avec un texte qui venait tout juste d’être partiellement modifié. A plusieurs reprises le metteur en scène le reprend alors, « articule plus Yannick, on comprend rien, n’avale pas les consonnes. »
Yannick, Pauline et Hélène, trois élèves sortants, encore étudiants pour quelques semaines (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
Cette pièce de fin d’année, comme le clou du spectacle, met en pratique les techniques théâtrales assimilées pendant tout le cursus. Pour les élèves comédiens, souvent mis sur le devant de la scène, la seconde et la dernière année sont particulièrement rythmées comme l’expliquent Marianne et Quentin :
« En section Jeu on est douze élèves, six filles et six garçons. Notre année est rythmée par des stages avec des intervenants sur des périodes de cinq semaines à peu près. L’intervenant peut être un metteur en scène, un comédien, on a même eu un stage de danse et c’est l’artiste intervenant qui choisit ce qu’il fait avec nous et les horaires. Finalement, c’est toujours assez professionnel ce qu’on fait, on produit beaucoup et on n’a pas beaucoup de cours de techniques théâtrales avec du placement de voix et de la respiration, c’est dommage. »
« En fin de cursus, on monte nos propres spectacles qu’on montre au public dans le cadre de l’Autre Saison. Cependant, ce dont l’École n’a pas toujours conscience, c’est que nous on se sent vraiment au travail quand on monte un spectacle, on prend beaucoup en compte le spectateur. On ne fait pas un rendu d’atelier, on fait un vrai spectacle, on joue vraiment. Ça ne laisse pas toujours assez d’espace pour se louper, pour tenter des choses comme dans un laboratoire. »
« Costume historique », un thème imposé
Au même moment, au premier étage, au bout du couloir à droite, plusieurs petites mains s’affairent et vont valser les aiguilles. Dans un mois sera organisé un défilé interne à l’école sur le thème de la première ascension de l’Everest avec la responsable de l’atelier couture, Élisabeth Kinderstuth et le directeur de la section, Pierre Albert. En première année, section scénographie-costume, Clémence assemble un pantalon pour ce défilé dans le cadre de son module « costume historique » :
« C’est un des seuls travaux imposés, le reste du temps on essaye d’acquérir le bagage le plus solide possible pour la deuxième et la troisième année avec différents intervenants . Dans notre travail, on porte une attention toute particulière à réaliser des pièces vraiment faites pour le théâtre, ce ne sont pas de simples habits et on doit toujours garder en tête que des comédiens les porteront sur scène. D’ailleurs, déjà dès la première année, on essaye nos costumes sur les élèves comédiens.”
Clémence prépare son module en même temps un projet fictif sur une pièce de Wajdi Mouawad, un rythme pas toujours évident (photo KZ / Rue89 Strasbourg)
« Improvisation désir » dans les étages
À 16 heures, deux étages plus haut, dans une des salles de travail du théâtre, la piste sonore du film Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant joue à fond. Le petit groupe de 5 élèves de la première année de la section Jeu s’essayent tous à « l’improvisation désir », un exercice durant lequel deux élèves se dépouillent puis se regardent intensément dans les yeux le temps qu’il faudra pour créer un lien fort, un désir, un bouillonnement jusqu’à l’insupportable et alors ils auront le droit à une étreinte.
Assise par terre, Véronique Nordey, comédienne intervenante à l’école, regarde avec attention les réactions de Romain et Yannis. D’abord, les deux jeunes hommes cherchent la bonne distance, respirent profondément entre deux roulades pour se détendre, puis la musique commence, ils lèvent la tête et se regardent. Ils se regardent vraiment, et au bout de quelques minutes, les mains se tendent, les muscles se crispent. Yannis respire avec difficulté et Romain tente de retenir ses larmes, les mouvements de la symphonie de Michael Nyman amplifient la puissance de l’exercice et c’est finalement au bout de la onzième minute que, n’en pouvant plus, les deux jeunes hommes se jettent dans les bras l’un de l’autre.
Véronique Nordey ne lâche pas des yeux ses élèves et veille à ce que tous respirent correctement pendant cet exercice éprouvant (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
« Si on n’a pas un plaisir intense à construire tout ça, ça devient sec »
Après une étreinte de quelques minutes, ils s’assoient en face du reste du groupe et livrent leurs ressentis. Pour Romain, cet exercice ressemblait à une histoire d’amour en accéléré avec toutes ses phases, « on se rencontre, on appréhende l’autre, on s’ouvre, on s’aime, puis vient la violence et la fin. » Yannis, encore secoué, explique comment il ré-utilisera ce sentiment là dans son jeu :
« Quand je devrai désirer sur scène, je me remémorerai ce moment particulièrement intense. C’est beaucoup plus facile de venir piocher dans des sentiments que tu as déjà vécu. »
Au bout du couloir, l’autre groupe des élèves comédiens de première année travaillent sur un texte de Marie NDiaye avec Christian Colin.
Sur le côté, proche de la régie, Romain perché sur ses hauts talons grignote quelque gâteaux en observant Mélody s’époumoner sur scène dans sa longue robe fleurie. Elle joue le rôle d’une mère qui meurt de soif et quémande de l’argent à sa belle-fille. Christian Colin la reprend plusieurs fois en lui demandant de ne pas devenir « trop explicative » :
« Joue vraiment, parle toi à toi et pas à elle, il faut que tu sentes que c’est plus organique […]. Si on n’a pas un plaisir intense à construire tout ça, ça devient sec. »
Des bouquins sur la tête et la tête en l’air, la belle fille explique attendre le 14 Juillet et ses feux d’artifice avec impatience (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
« On sait bien qu’on est dans une bulle »
Sa belle fille, incarnée par Daphné, candide et bien intentionnée, pose des gobelets vides et des livres sur la table. La jeune comédienne doit, non seulement bien interpréter son texte, mais c’est aussi pour elle un vrai exercice d’équilibriste étant donné que les livres qu’elle dispose sur la table sont sur sa tête.
Des cours à demi-groupes avec des intervenants de prestige, les élèves du TNS évoluent dans une bulle protectrice et en ont tout à fait conscience comme le soulève Ferdinand, élève metteur en scène-dramaturge de première année :
« Dans les conservatoires il y a vraiment l’aspect scolaire où il n’y a que des étudiants et des intervenants qui passent. Être élève au TNS, c’est différent, il y a toujours un spectacle en production, la plupart de nos intervenants produisent en même temps, il y a toujours des comédiens dans les couloirs, des régisseurs ou du public, on est baignés dans l’univers d’un théâtre qui vit. Après, on n’oublie pas qu’on est dans un des plus grands théâtres de France, c’est à dire que la probabilité que moi, en tant que metteur en scène, je présente plus tard une de mes productions ici elle est quasi nulle et j’en suis conscient. Quand on est dans l’école, on est dans une bulle super protégée et on jouit de moyens extraordinaires parce qu’on est dans un théâtre national mais la réalité du monde du travail elle n’a rien avoir et on le sait, on s’y prépare. »
La journée se finira à 19h pour certains, à 22h pour d’autres, à l’école du TNS les horaires importent peu, on a fini quand on est arrivé au bout.
Quentin, élève de troisième année en Jeu, conclut en expliquant que ce qui importe à l’école, c’est avant tout la cohésion des élèves au sein des promotions :
« Une fois j’ai demandé à Stanislas (Nordey, le directeur du TNS) à quoi servait son école et il m’a répondu “à rencontrer des gens”. Et finalement c’est vrai, on rencontre tous les artistes qui viennent intervenir à l’école mais surtout on rencontre des jeunes de notre âge qui viennent de partout et qui veulent aller dans la même direction que nous et ce qui est beau c’est comment on envisage le futur ensemble quand on est dans ces murs. On apprend beaucoup les uns des autres, on se nourrit et on dialogue avec tous les corps de métiers du théâtre, c’est à ça que sert l’école du TNS. »
Samedi 10 juin, la Fédération des Labels d’Alsace (Fédélab) organise sa première fête du disque aux Kawati Studios à Strasbourg, en marge du festival Contre-temps. Concerts, bourse aux disques et foodtruck… L’occasion de valoriser la musique indépendante en associant l’utile à l’agréable.
La musique se divise en deux mondes parallèles : les majors, et les autres. Les indépendants. Ceux qui, actuellement, font vraiment le boulot. Ils découvrent, ils aident, ils accompagnent, ils développent, ils valorisent. Bref, ce sont eux qui garantissent aux amoureux de la musique, choix et diversité musicale. En Alsace, ces acteurs indépendants de la filière des musiques actuelles se sont regroupés en une fédération, la Fédélab. Depuis fin 2013, une dizaine de labels (Hell Prod, collectif KIM, #14 records, October Tone Records, AROS Prod, etc) partagent les savoirs, les savoirs-faire, les réseaux. Ils savent que c’est la clé de la survie de ces « petites mains » qui œuvrent sans relâche pour les artistes. Et organisent samedi 10 juin leur première Fête du Disque.
Allan Ros est en tournée après la livraison de son premier album (Photo Valéry K / Facebook)
Bourse aux disques des labels
Ces labels et les artistes défendus ne seraient rien sans public. Un public pour écouter les artistes, un public pour acheter des disques, un public pour soutenir et faire vivre toute la filière. C’est là donc qu’intervient la Fête du Disque, initiative de la Fédélab en parallèle de Contre-temps, pour provoquer la rencontre. Le lieu? Kawati studios. Sur le chemin des Deux-Rives, l’endroit étonne. Une cour au calme et des studios d’enregistrement pour les groupes du coin garantissent habituellement les meilleurs conditions pour les répétitions et les enregistrements des artistes.
Samedi, la cour sera investie, dès 15h, par une trentaine d’exposants pour une bourse aux disques. Labels, disquaires et distributeurs indépendants seront là pour vous présenter toutes les sorties de leurs artistes (et plus) disponibles à la vente. De quoi fouiner dans les bacs à disques avec plaisir, et dénicher quelques découvertes intéressantes. De quoi profiter aussi de la présence des mieux placés pour conseiller et orienter les choix selon les goûts.
Marathon concerts dans les studios
Du côté des studios, les concerts iront bon train, avec un planning dense et riche de sets totalement gratuits. 13 groupes représenteront 8 structures et se produiront de 15h30 à plus de 23h. Bien sûr, seront présents des groupes bien connus du circuit strasbourgeois, comme Joy & Glory et Petseleh pour le collectif KIM, ou Thomas Schoeffler Jr pour Hell Prod. Mais à leurs côtés, on conseille aussi d’aller écouter des artistes comme Martin Rahin, parisien à l’écriture ciselée pour des pépites en français. Ou encore Undervoid, qui clotûrera la soirée avec son rock dans la droite lignée de Noir Désir, en plus énervé.
Et puisque le programme court sur une bonne partie de la journée, la Fédélab a aussi prévu la présence d’un foodtruck ainsi qu’un DJ set pour les temps creux. Un joli programme pour passer son week-end en musique et soutenir la musique indépendante en Alsace, dans toute sa richesse.
Un deuxième quartier de Strasbourg bientôt classé au patrimoine mondial de l’Unesco ? Le comité de sélection se réunira début juillet. Il rendra sa décision concernant la Neustadt, la « nouvelle ville » construite par les Allemands à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Fin mai, le Conseil international des monuments et des sites a rendu un avis favorable.
Les 8 et 9 juillet, le comité de l’Unesco étudiera les candidatures d’intégration au Patrimoine Mondial lors du 41ème comité de l’institution internationale, à Cracovie en Pologne. Parmi 35 dossiers du monde entier, les 21 membres du jury (voir les pays représentés ici) passeront au crible celui de Strasbourg, qui prépare le dossier de la Neustadt depuis cinq ans.
À Strasbourg, la Grande-île a déjà intégré le patrimoine mondial depuis 1988. Alain Fontanel (PS), premier adjoint au maire, chargé de la culture et du patrimoine, est confiant sur cette extension du périmètre, même si tout n’est pas joué :
« Le Conseil international des monuments et des sites (Icomos) a rendu un avis favorable, ce qui est bon signe. Sur les 35 dossiers, seulement 15 ont eu reçu un avis positif. Cependant, l’Icomos est un avis consultatif et le Comité de l’Unesco n’est pas une chambre d’enregistrement, il y aura débat entre ses membres et ce n’est pas gagné d’avance. »
Le quartier de la Neustadt pourrait bientôt rejoindre la vieille ville dans le patrimoine mondial de l’UNESCO (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Le soutien des habitants est toujours nécessaire
L’adhésion des habitants fait partie des critères de sélection. Ainsi, la municipalité doit mobiliser autour de la candidature. Alain Fontanel explique :
« L’inscription du quartier au patrimoine mondial aura des conséquences pour les habitants, par exemple sur les conditions de rénovation des bâtiments et des immeubles. »
Le mois de juin sera rythmé par des événements autour de la candidature : un « objet géant » place du Château, une exposition de photographies place Kléber (les deux places sont en dehors du périmètre), la parution d’un livre de photos ou des déambulations sonores dans le quartier, etc. Une série de 314 spots publicitaires sera aussi diffusée sur France Info.
La Neustadt est l’ancienne ville impériale au nord du centre-ville, construite par les allemands de 1870 à 1918 et qui comprend la place de la République et l’Université.
La place de la République, l’ancienne Kaiserplatz, est un lieu symbolique de la Neustadt allemande à Strasbourg (Photo Edwin Lee / Flickr /cc)
En cas de labellisation, une fête
En cas de labellisation, une grande fête est prévue le 12 juillet dans le quartier. Si le dossier est rejeté, la ville tentera à nouveau l’expérience en affinant son dossier. Alain Fontanel précise :
« Des bâtiments de l’architecte Le Corbusier ont été ajoutés à la liste du patrimoine mondial l’an dernier, c’était la troisième ou quatrième fois que le dossier était présenté. C’est la première fois que la Neustadt est présentée au comité, un refus ne serait pas du tout définitif. »
Symbole et retombées touristiques
Pour Alain Fontanel, la reconnaissance de ce quartier est importante symboliquement, à l’heure où l’Europe est remise en question :
« Strasbourg doit se montrer comme la capitale européenne, et cette extension permettrait de réconcilier la ville avec ses deux identités, française et allemande. Après l’extension du tram vers l’Allemagne, c’est une suite logique. »
L’objectif de toute cette longue procédure est de créer des retombées financières grâce au tourisme :
« Cela permettra aussi aux guides touristiques d’être plus fournis et ainsi d’attirer vers ce quartier de la ville, comme cela a été le cas pour la vieille ville médiévale. »
Si le dossier est accepté, la superficie de Strasbourg inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco passera de 84 à 183 hectares.
Qui pour succéder à André Schneider comme député de la troisième circonscription du Bas-Rhin ? Le député de droite du nord de Strasbourg et des communes alentours passe la main après quatre mandats.
Le nord de Strasbourg et ses communes voisines auront un nouveau député en juin. Après quatre mandats, André Schneider (Les Républicains) arrête là. La question est maintenant à qui va profiter le renouvellement ? La circonscription est disputée par 15 candidats.
La circonscription 3 du Bas-Rhin englobe les quartiers Cronenbourg, Tivoli et Robertsau de Strasbourg, ainsi que les communes de Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim, Souffelweyersheim et Reichstett. Sur un tel territoire, vaste et hétérogène, il est quasi-impossible pour un candidat d’être implanté partout.
À droite et au PS, des implantations locales partielles
La circonscription 3 du Bas-Rhin (en bleu) englobe des quartiers cossus, défavorisés et des communes périphériques de Strasbourg
À droite, c’est Georges Schuler, maire de Reichstett, qui a été désigné pour « Les Républicains ». Il fait partie des rares élus de droite à être restés dans l’opposition au sein du conseil des 28 communes de l’Eurométropole de Strasbourg. Élu multi-casquettes, il est aussi conseiller régional et secrétaire départemental de « Les Républicains » du Bas-Rhin. Pour se mettre en conformité avec la loi, il a indiqué qu’il démissionnerait du conseil régional s’il est élu, pour rester conseiller municipal « simple » à Reichstett.
Ancien parachutiste, devenu prof, il se dit prêt à voter les lois sur la moralisation de la vie politique et de réforme du Code du travail, mais pas la hausse de la CSG. Le journal Le Parisien lui a consacré un article et une vidéo dans le cadre d’une série sur le quotidien des candidats de terrain.
S’il est connu dans sa commune tout au nord de la circonscription où il devrait faire de bons scores, il l’est moins à Strasbourg, bien que la Robertsau vote d’habitude à droite. Représentant d’une droite plutôt traditionnelle, il devra convaincre les habitants des communes de Hoenheim et de Schiltigheim où l’UDI est bien implantée. Ces électeurs de centre-droit pourraient être tentés par l’expérience « En Marche ».
Côté PS, Serge Oehler, « Monsieur Sports » à Strasbourg depuis 2008 et adjoint des quartiers de Hautepierre et Cronenbourg représente le parti à la rose. Son profil est l’exact inverse de celui de Georges Schuler, c’est-à-dire de bons réseaux à Cronenbourg, mais il arpente moins souvent la Robertsau ou les communes du nord de l’Eurométropole. Néanmoins, son père, Jean Oehler, fut député de 1981 à 1993. « En campagne, il arrive qu’on me prenne pour lui, mon père rajeunit de 20 ans », s’amuse le candidat qui suit les traces paternelles pour étendre son ancrage.
Il arbore des tracts violets, sans mention du Parti socialiste. « Ceux qui remarquent ça n’ont pas trouvé d’autres critiques », se justifie-t-il. « Mon appartenance au PS est connue, j’ai parrainé Benoît Hamon, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde ici ». Il faut dire que ses positionnements politiques nationaux sur les frondeurs, sur Emmanuel Macron, sur François Hollande, etc. sont quasi-inconnus.
À l’instar de cette campagne, il cultive depuis toujours l’image d’un homme de terrain, « un mec des quartiers, qui n’est pas enseignant, avocat ou médecin comme la plupart des candidats », lui qui travaille dans le marketing. Dans cette logique, il fait campagne sur des domaines peu politisés qu’il décrit lui-même comme « atypiques » : le sport, la culture et la petite enfance :
« Ce sont des domaines essentiels dans lesquelles les communes agissent alors qu’elles ne sont pas obligées. Je veux les y obliger. Si on supprime la taxe d’habitation [ndlr, comme le prévoit Emmanuel Macron, ndlr], l’État ne financera plus que les villes sur leurs obligations. C’est ce qui se passe au Département, qui se limite à ses obligations depuis qu’il ne dispose plus de la taxe professionnelle. Je ne dis pas que la taxe d’habitation est un bon impôt, mais il faudrait repenser la fiscalité en globalité. Toutes les lois partent d’un bon sentiment, c’est aux applications qu’il faut être attentif. Je ne suis pas fan des discours et je m’attache plutôt aux résultats. Si les textes du gouvernement œuvrent pour le vivre-ensemble, je les voterai, si ce n’est pas le cas, j’essayerai de les modifier ou je ne les voterai pas. »
Un prof pour En Marche
Les couleurs de La République En Marche seront défendues par Bruno Studer. Professeur d’Histoire-Géographie en Zone d’Education prioritaire (ZEP) au lycée de Cronenbourg et « marcheur » de la première heure, il est vite devenu « Monsieur En Marche » dans le Bas-Rhin. Il a plusieurs fois représenté le mouvement dans les médias. Notons qu’au scrutin présidentiel, En Marche a enregistré de meilleurs scores à la Robertsau que dans d’autres quartiers traditionnellement à droite, comme ceux de l’Orangerie et du Conseil des XV (circonscription 1).
Contrairement aux candidats PS et LR, Bruno Studer nationalise davantage la campagne en abordant le programme du président. Il insiste sur les volets de l’Éducation nationale qu’il connait bien par son métier. « Elle doit être une grande cause nationale et pas juste une réforme. » Emmanuel Macron souhaite notamment doubler le nombre d’enseignants en ZEP. Parmi ses autres chevaux de bataille, l’environnement, la culture et l’Europe :
« Il faut défendre le Parlement européen, mais aussi imaginer à plus long terme une fusion de la Cour européenne des droits de l’Homme et de la Cour de justice de l’Union européenne qui pourrait se faire à Strasbourg, grâce au Conseil de l’Europe. »
Sur un plan plus personnel, il promet d’être « un député à plein temps », une autre manière de se démarquer de ses deux rivaux et d’autres candidats strasbourgeois. S’il n’a pas pris de disponibilité pour sa campagne, il prévoit de s’en servir s’il est élu.
Ce positionnement centriste et une possible »prime au vainqueur » de l’élection présidentielle pourraient lui permettre d’obtenir un bon score, même s’il ne dispose pas de l’implantation qui devrait permettre à certains de ses rivaux de cartonner dans leurs bastions.
Le PS local a parfois parlé de candidatures de droite déguisées en évoquant des candidats « En Marche » à Strasbourg. Lui a milité à l’UDI et sa suppléante, Axelle Benamran, fut candidate UMP par le passé. « Nous ne renions pas nos engagements. J’ai été deux ans à l’UDI et je suis parti car je pensais qu’on pouvait parfois s’allier au centre-gauche et pas systématiquement avec la droite. Ma suppléante a aussi quitté son parti quand il est allé trop à droite », répond-il.
Le scrutin est ouvert dans la troisième circonscription du Bas-Rhin, ici une vue de Schiltigheim (Photo Dee Light / FlickR / cc)
La gauche éclatée mais avec un fort potentiel
Quant à la gauche, l’offre est, comme souvent, multiple. En avril, Jean-Luc Mélenchon est arrivé deuxième avec 21% des voix dans ce secteur. La France Insoumise est même arrivé en tête dans les communes de Schiltigheim et Bischheim. La jeune Floriane Dupré, 26 ans, sera l’un des nombreux nouveaux visages que présente le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, lui-même candidat à Marseille.
Comme beaucoup de candidats de la France Insoumise dans le Bas-Rhin, elle porte avant tout les alternatives écologiques du programme de l’Avenir en commun, plus que les thèses anticapitalistes. Elle travaille dans une association environnementale qui promeut la création de haie végétale et milite à Stop Fessenheim. Elle se positionne également contre le Grand Contournement ouest (GCO).
Sur son créneau, il y aura aussi Antoine Splet, déjà candidat à Strasbourg-sud en 2012. Il a lancé sa campagne au mois de mars et tente de donner un nouveau visage au Parti communiste, plus jeune et plus écologiste. L’ancrage historique et local du Parti communiste en plus, la dynamique autour du mouvement de Jean-Luc Mélenchon en moins. Le candidat avait appelé à un débat sur les questions économiques, car il estime que plusieurs candidats (de Georges Schuler à Serge Oehler) sont en phase avec les grandes orientations d’Emmanuel Macron.
Côté EELV, deux jeunes novices comme sur la plupart des circonscriptions du Bas-Rhin, sont envoyés à la bataille, Christelle Syllas et son suppléant Hugo Cordier. Les membres plus en vue de Schilick Ecologie, opposition virulente à Schiltigheim autour de Danielle Dambach, Andrée Buchmann ouPatrick Maciejewski, ne se sont pas frottés à ce scrutin où il sera difficile de se faire une place. De peur de se griller pour de futures échéances municipales en 2020 ?
La présidente pour Unser Land et le FN sur les thèmes nationaux
Le choix est inverse pour Unser Land, où la présidente du parti Andrée Munchenbach est également opposante active à la mairie de Schiltigheim depuis son départ du groupe UDI avec lequel elle a été élue en 2014. Si ses meilleurs scores potentiels sont à la campagne, Unser Land a tout intérêt à récolter le plus de voix possibles où que ce soit et continuer ses percées lors des élections locales.
Côté Front national (quatrième avec 16% des voix lors du scrutin présidentiel), la stratégie est de laisser le parti piloter et nationaliser la campagne. La candidate à Strasbourg-nord, Diana Garnier-Lang, est peu connue. Le parti fait valoir qu’un député est avant tout là pour voter des lois nationales, pas d’être un « super conseiller départemental ». Notons que sur cette circonscription, le FN aura un candidat sur sa droite. Xavier Codderens représente l’Union des Patriotes, qui rassemble des dissidents du FN davantage sur la ligne « Jean-Marie » que « Marine ». Il avait été candidat FN en 2007 à Strasbourg-sud.
Jeu ouvert, sans vraie dynamique locale
La circonscription se retrouve donc avec une demi-douzaine de candidats qui peuvent espérer dépasser les 10 à 15% des suffrage et donc s’approcher du second tour. L’enjeu sera de rassembler pour passer un cap et se situer autour des 20%, afin de virer dans les deux premiers. Et si la participation est forte, une triangulaire, voire une quadrangulaire, n’est pas à exclure.
Difficile de dégager des enjeux locaux, en dehors de ceux propres à chaque quartier ou chaque commune dans cette campagne. Mi-mai, un rassemblement pour la préservation du parc de l’Aar à Schiltigheim (voir nos articles) a par exemple vu défiler les candidats communistes, écologistes, insoumis et régionalistes.
Même s’il s’agit d’un sujet local (le maire a d’ailleurs demandé un classement en zone naturelle après les premiers soubresauts en mars et l’a fait savoir à la veille du rassemblement), ces participants en ont profité pour proposer des déclinaisons de lois qui permettraient de protéger des espaces naturels.
Dans un autre registre, les associations robertsauviennes questionnent les candidats sur le sort du foyer Saint-Louis ou celui du Port aux pétroles.
De vendredi 2 ainsi au samedi 3 juin, le département du Bas-Rhin est placé en vigilance jaune par Météo France, à cause de violents orages et de fortes pluies, voire de la grêle, attendus.
Des violents orages et des fortes pluies, voire de la grêle, sont attendus ce vendredi 2 juin dans l’après-midi et samedi 3 juin dans le Bas-Rhin.
MétéoFrance a placé le département en vigilance jaune.
Des orages sont attendus dans le Bas-Rhin les après-midis de vendredi et de samedi (Photo Greg Hewgill/Flickr/CC)
Des dégâts importants localement suite aux orages et pluies importantes
Les services de l’État mettent en garde contre les conséquences possibles de ces conditions météorologiques : les risques d’inondations dans les caves et sous-sols et les incendies en lisière de bois principalement, suite à des impacts de foudre. Ils craignent également des dégâts importants sur les habitations légères.
Il est donc déconseillé en cas d’orage de s’abriter sous un arbre, d’éviter les balades en forêts et en montagne (si l’envie vous en prenait) et d’utiliser les appareils électriques. En cas de pluies diluviennes, il faut éviter les sous-sols et caves, qui peuvent être inondés très rapidement, et d’emprunter en voiture un chemin inondé.
En raison de deux préavis de grève, la restauration scolaire ne sera assurée dans aucune école de Strasbourg mardi 6 juin. L’accueil périscolaire sera également affecté. Les syndicats des agents de la Ville de Strasbourg, à l’origine de la grève, protestent contre la dégradation des conditions de travail.
Mardi 6 juin, aucune école de Strasbourg ne proposera de restauration scolaire aux enfants. Deux intersyndicales (CGT, CFDT, CFTC, CGC d’un côté et FO, SUD, Unsa de l’autre) des agents de la Ville de Strasbourg ont déposé chacune un préavis de grève ce jour là pour protester contre « la dégradation des conditions de travail » au sein de la collectivité.
Contrairement aux habitudes, la Ville de Strasbourg précise qu’aucun repas froid ne sera distribué aux enfants mardi midi. Cependant, l’accueil périscolaire du matin et du soir devrait être assuré. D’autres services de la collectivité pourraient être fermés ou réduits mais la Ville n’est pas encore en mesure de détailler lesquels.
Mardi 6 juin, tous les restaurants scolaires de Strasbourg seront fermés (Photo Bread for the World / FlickR / CC)
« Dialogue inexistant entre les élus et les agents »
Les syndicats appellent les 7 000 agents de la Ville de Strasbourg et de l’Eurométropole à ne pas venir travailler mardi pour protester contre un « dialogue social inexistant. » Depuis 2014, les négociations entre les salariés des collectivités et les élus patinent selon les syndicats.
En 2014, l’exécutif avait annoncé la suppression de 800 postes, progressivement jusqu’à 2020, au profit d’externalisations. Pour les syndicats, cette politique se répercute sur le quotidien des agents et sur la qualité du service rendu au public. Ils demandent l’arrêt de ces externalisations.
Les syndicats s’insurgent aussi contre la non-revalorisation des chèques vacances des employés, qui avait pourtant été promise, et du régime indemnitaire des fonctionnaires.
Conseiller départemental depuis 1998, député entre 2007 et 2012 et élu au conseil municipal de Strasbourg, Jean-Philippe Maurer avait d’abord été investi par « Les Républicains » en 2016 pour représenter son parti aux élections législatives de juin 2017.
Mais entre temps, il y a eu un accord national avec l’UDI et c’est son ancienne binôme aux départementales de mars 2015, Pascale Jurdant-Pfeiffer qui a été désignée pour représenter les deux formations dans la 2e circonscription du Bas-Rhin, Strasbourg-sud et Illkirch-Graffenstaden.
Jean-Philippe Maurer . . .
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Elias Suvento et Jean-Baptiste Flieller, deux lycéens du Gymnase Sturm à Strasbourg, ont remporté le 3ème prix du concours de l’International science and engineering fair (ISEF), organisé à Los Angeles du 14 au 19 mai et financé par Intel. Ils avaient créé dans un geyser de 6 mètres de haut dans leur jardin.
Du 14 au 19 mai, Elias Suvento et Jean-Baptiste Flieller, en Terminale Scientifique au Gymnase Sturm à Strasbourg, ont participé au plus grand concours interlycée scientifique du monde : l’International science and engineering fair (ISEF), qui avait lieu à Los Angeles et regroupait plus de 1 600 participants. Ils ont remporté le 3ème prix de la catégorie géoscience. Ils y ont présenté leur expérience : un geyser de six mètres de haut, fabriqué dans leur jardin à l’aide d’une cocotte minute.
Jean-Baptiste Flieller (à gauche) et Elias Suvento ont remporté le troisième prix du plus grand concours interlycée (doc remis)
Inspirés par une vidéo sur l’Islande et ses geysers
En 2015, pour leur Travaux Pratiques Encadrés, les deux lycéens, alors en Première Scientifique au Gymnase Sturm, ont eu l’idée de travailler sur le geyser après avoir vu une vidéo sur l’Islande. Dans le cadre de ces travaux, les lycéens doivent travailler sur un projet joignant deux matières différentes, ils ont donc choisi la chimie et la science de la Terre.
Encouragés par leur professeur Franck Lohner, ils ont fabriqué un geyser dans leur jardin, à l’aide d’une cocotte minute et de beaucoup de patience. De mètre en mètre, les deux lycéens sont parvenus à hisser leur eau chaude jusqu’à six mètres de haut (voir la photo ci-dessous). Leur professeur leur a conseillé par la suite de présenter leur expérience aux Olympiades de chimie, un concours interlycées. Ils ont remporté la première place et ont été sélectionnés pour être les uniques représentants de la France au prix de l’International science and engineering fair (ISEF).
L’installation nécessaire à la fabrication du geyser, dans un jardin près de l’Orangerie. (doc remis)
L’occasion de rejoindre les meilleures classes préparatoires
Le 14 mai, avec deux de leurs professeurs, ils ont rejoint Los Angeles en Californie, voyage et hébergement aux frais de l’ISEF, sponsorisé par Intel. Du 14 au 19 mai, les deux lycéens ont présenté leur expérience devant des juges et des collégiens américains. Ils ont également pu rencontrer des scientifiques de renommée internationale. En recevant le 3ème prix, ils ont également remporté une bourse de 1 250 euros et surtout une expérience très positive pour leurs ambitions futures.
Ils comptent en effet rejoindre une des prestigieuses classes préparatoires scientifiques parisiennes, pour se diriger ensuite vers la recherche ou l’ingénierie. Mais avant cela, Elias Suvento et Jean-Baptiste Flieller doivent passer le bac. Les deux lycéens ont donc dû rapidement se remettre de leurs aventures pour se plonger dans leurs révisions.
Devenu payant depuis avril, le parking à vélos Sainte-Aurélie près de la gare à Strasbourg semble satisfaire les usagers en quête d’un emplacement sécurisé. Pour le blogueur strasbourgeois Gregory Delattre, cette fin de gratuité montre la différence qu’il y a entre Strasbourg et d’autres grandes villes pro-vélo.
Depuis le mois de mai, les cyclistes strasbourgeois, en quête d’un arceau libre ou d’un emplacement près de la gare, n’ont plus accès au vélo-parc Sainte-Aurélie gratuitement. Doté désormais d’une porte d’entrée magnétique et de caméras de surveillance, le lieu n’est accessible qu’aux abonnés.
300 000 euros investis par Strasbourg
Géré par Strasbourg Mobilités, le parking a été réaménagé et agrandi à 750 places afin de répondre à la demande croissante de cyclistes se plaignant du manque d’emplacements sûrs aux abords de la gare. Ce projet, dont le coût est estimé à 300 000 euros, a été porté par l’adjoint au maire de Strasbourg Jean-Baptiste Gernet (PS), en charge des mobilités alternatives :
« C’est important pour nous de proposer une diversification de l’offre de stationnement. Dans les vélo-parkings près de la gare, beaucoup d’usagers ont généralement des bons vélos car ils font souvent des trajets de plus de dix kilomètres par jour pour venir. Ils préfèrent des emplacements sécurisés où ils sont sur de retrouver leur deux-roues. Et grâce à un système de badge, il n’y a plus ce phénomène de vélos épaves qui traînent pendant des semaines, voire des mois au même emplacement. »
Le vélo-parc Sainte-Aurélie est désormais réservé aux abonnés (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
40€ par an, un tarif jugé « symbolique » par la Ville
Pour garer un vélo, l’usager doit débourser 40 euros par an, ou 34 euros à condition d’être déjà titulaire d’un abonnement de transports en commun. Les résidents de l’Eurometropole de Strasbourg n’ont pas à payer avant avril 2018, car ils bénéficient d’une première année d’abonnement gratuite. Mais pour certains habitués du vélo-parc, cette irruption d’un abonnement pour un lieu qui était gratuit est une régression. Ils ont lancé une pétition pour réclamer un retour à la gratuité du vélo-parc.
Des accusations de mercantilisme que Jean-Baptiste Gernet n’estime pas fondées :
« Le parking fermé rassure certains usagers qui ont fait de mauvaises expériences, en laissant leur vélo dans l’ancien parking qui était ouvert en permanence. Le service est encore largement subventionné. Il faudrait que les gens payent 4 fois plus cher pour que la Ville puisse rentrer dans ses frais. Il n y a vraiment aucune rentabilité pour nous. Et puis ce tarif représente aux alentours de 3 euros par mois. C’est vraiment un prix plus symbolique d’autre chose… »
Cette tarification ne semble en effet pas entraver l’usage du vélo-parc puisque, d’après les chiffres de la CTS , déjà 360 abonnés ont souscrit un abonnement, en un mois. Le dispositif payant ne scandalise pas non plus les membres de l’association des cyclistes de Strasbourg, Cadr 67.
Fabien Masson, président de l’association, résume :
« Payer 3 euros par mois pour laisser son vélo dans un endroit où il n’y a aucun risque de se le faire piquer, ça ne me semble pas être exagéré. Mais pour l’instant, la Ville ne semble pas avoir des tarifs bien définis. Donc, on attend de voir leur prochaine décision. »
Un badge permet de réserver l’entrée aux abonnés (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Vision différente dans les capitales du nord de l’Europe
Spécialiste des mobilités douces et blogueur sur I-bike-strasbourg, Gregory Delattre se réjouit de voir de nouvelles infrastructures plus spacieuses aux abords de la gare pour les vélos. Mais il souligne que cette tarification n’est pas forcément évidente, au vu de ce qu’il a pu observer dans d’autres grandes villes du nord de l’Europe où la pratique du vélo est très développée, telle que Amsterdam et Copenhague :
« Il y a deux philosophies distinctes en Europe, en terme de coûts à imputer à la collectivité quand il s’agit d’infrastructures réservées au vélo. Dans les grandes villes du nord, vous ne trouverez que très rarement un parking à vélo payant. Généralement, comme dans le centre d’Amsterdam et près de la gare, il y a une présence humaine dans les parkings à vélo. Le vigile vous donne un ticket de stationnement de 48h, qui est gratuit. Si vous dépassez ce délai, vous risquez d’avoir une amende, mais dans l’ensemble, les collectivités ne font pas payer aux usagers l’emplacement d’une place de vélo. L’autre approche (plus rentable), c’est celle que j ‘ai pu observer dans des villes comme à Bâle ou à Berne. Dans ces villes, les vélos parcs sont généralement payants, mais sont bien plus sophistiqués et mieux entretenus. On y trouve des locaux de réparation ou de location, des stations de pompages, des casiers, des toilettes,etc.. . Et il semble que ces dispositifs plaisent, puisque ces parkings sont toujours remplis. À Strasbourg, la municipalité semble avoir plutôt opté pour ce modèle- là.
Le vélo a longtemps été perçu comme un moyen de transport très économique. Mais avec l’entretien régulier nécessaire et de nouveaux coûts comme les vélo-parcs, le budget mensuel des cyclistes continue de grimper. Il sera intéressant de regarder si l’addition de ces coûts freine la pratique du vélo à Strasbourg où si au contraire, elle témoigne d’une maturité de ce mode de déplacement comme première solution quotidienne.
Alors, pour ou contre le parking payant des vélos ?
Avec une vingtaine d’ateliers prônant le « faire soi-même », le festival Selbst Gemacht, ayant d’habitude lieu en octobre, est organisé cette année les 3 et 4 juin. Avec la fermeture prochaine de la Semencerie, ancien hangar du quartier Gare à Strasbourg, il n’y a aucune certitude quant à la reconduite de l’événement l’année prochaine.
Depuis sa création, le festival Selbst Gemacht est devenu une des plus grosses manifestations organisées par les artistes de la Semencerie, dans le quartier Gare à Strasbourg. Samedi 3 et dimanche 4 juin de 10h à 18h30, une vingtaine d’ateliers sont organisés pour apprendre à faire, à réparer ou à recycler des objets du quotidien. Les organisateurs voient ce festival comme l’occasion d’échanger des connaissances et de revenir à des savoirs-faire en perdition.
« On n’était même pas sûrs que la Semencerie reste ouverte jusqu’à l’automne, on a donc choisi d’avancer le festival au premier week-end de juin. On ne sait toujours pas quand elle va fermer. »
Le festival Selbst Gemacht en 2016 (Photo La Semencerie)
Sans l’infrastructure de la Semencerie, la reprise du festival est compromise
Quant à l’année prochaine, c’est le gros point d’interrogation :
« On ne s’est pas encore trop posé la question pour le moment. Mais c’est sûr que sans l’infrastructure offerte par la Semencerie, les ateliers et les outils disponibles, ce serait difficile de proposer le festival. Il faudrait le même type de local et le même genre d’infrastructures sinon Selbst Gemacht ne pourra pas reprendre. Le déménagement des artistes à la Coop n’est pas encore certain. »
Une vingtaine d’ateliers est proposée, allant de la réparation d’outils informatiques à l’initiation à la couture (Photo La Semencerie)
Au programme : fabrication de hamacs en macramé et porte-clés en chambre à air
Cette année encore, le programme est fourni. L’événement a pour vocation de développer le savoir-faire, la réparation des objets du quotidien et le recyclage. Une vingtaine d’ateliers sont proposés du samedi matin 10h au dimanche soir 18h30, allant de la découverte des herbes longeant les autoroutes, dimanche matin à 10h, à la fabrication de portes clés avec une chambre à air, samedi à 10h et à 14h.
Programme complet de Selbst Gemacht 2017. Cliquez sur l’image pour voir en grand (doc remis)
Pour les plus patients, l’équipe propose la fabrication de hamac en macramé, utile pour l’été qui arrive, samedi après-midi de 14h à 18h30. Le dimanche, des ateliers de brassage de bière sont organisés, mais aussi des initiations à la couture, de 14h à 16h, ou encore un atelier pour transformer n’importe quel objet du quotidien en instrument de musique, de 10h à 12h.
Le festival propose aussi des repas végétariens et vegans midi et soir. En continu, une friperie est une nouvelle fois installée, l’occasion de donner une nouvelle vie à de vieux vêtements.
Certains ateliers ont un nombre de places limité, il est donc préférable de s’inscrire par e-mail auprès de l’organisateur de l’atelier. Le prix est laissé libre, et permet de financer le matériel et les repas nécessaires à l’organisation du festival.
Contestant la destruction du Foyer Saint-Louis, une bâtisse dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg, un collectif a initié une démarche auprès de la Direction des affaires culturelles du Grand Est pour tenter d’obtenir son classement à l’inventaire des monuments historiques.
La paroisse catholique Saint-Louis voudrait vendre son ancien foyer, au centre de la Robertsau à Strasbourg, à un promoteur, lequel envisage d’y construire des logements. La municipalité n’a rien contre mais un collectif de riverains, « Un coeur pour la Robertsau », milite ardemment contre cette opération immobilière et a déposé plusieurs recours contre la vente, devant le tribunal administratif de Strasbourg.
Mais récemment, l’association a appris que la direction régionale des affaires culturelles (Drac) du Grand Est instruisait sa demande de protection du foyer Saint-Louis au titre des monuments historiques.
Extrait de la réponse de la Drac au collectif « Un coeur pour la Robertsau » (doc remis)
Une victoire, au moins symbolique
Pour le collectif « un Cœur pour la Robertsau », que la Drac accepte d’étudier leur demande est déjà une victoire, alors que l’association de riverains opposés à la vente vient de déposer un nouveau recours, cette fois pour contester le permis de construire de la « Maison des scouts » qui serait construit avec l’argent de la vente.
La façade du Foyer Saint-Louis (Photo Archiwiki)
Dans un communiqué, le collectif pointe « l’incohérence » de la municipalité :
« Une campagne photographique est programmée, pour documenter les multiples intérêts architecturaux et patrimoniaux du foyer et de ses salles, notamment la grande salle monumentale. Le foyer Saint-Louis a été construit par les architectes de la Neustadt, il est le fruit du travail des générations précédentes, qui nous ont légué ainsi tout leur savoir-faire. Alors que la Ville de Strasbourg est engagée pour faire de la Neustadt un élément du patrimoine de l’Humanité, elle laisse détruire l’un de ses vestiges. »
Le Foyer Saint-Louis a été construit en 1910, par Eugène Sigrist. Il est resté un bâtiment de la paroisse catholique jusqu’à aujourd’hui.
Aller plus loin
Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur le Foyer Saint-Louis
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
à son corps défendant (Copyright Universal Pictures International France)
Sauf quelques rares occasions, le cinéma d’horreur parvient encore à se frayer un chemin dans nos salles obscures. Et parfois, par chance, le film rencontre un double succès, public et critique. C’est le cas de Get out, premier long-métrage signé Jordan Peele, qui a l’immense mérite de se montrer aussi stimulant qu’effrayant.
Chris, photographe afro-américain, accompagne sa petite amie pour un week-end en famille. La famille en question, il faut le préciser, est blanche, aisée, de prime abord sympathique, peut-être un peu trop. Et lorsqu’il apprend que sa nouvelle belle-mère est experte en hypnose, Chris en vient à s’interroger sur ce personnel de couleur, mutique et apathique, qui déambule dans la demeure.
L’équilibre du genre
Il est surprenant de constater que Get Out est un premier film, de surcroît signé par un auteur très éloigné du domaine de l’horreur. Produit par la compagnie de Jason Blum, nouvelle figure de proue de tous les succès récents du cinéma de genre, le film fonctionne comme un habile divertissement, qui saurait jongler entre une certaine légèreté (pour ne pas s’aliéner le grand public) et une peur insidieuse, sans effets ostentatoires, sans tapage ni fracas.
Copyright Universal Pictures International France
Get out a le mérite de se reposer sur une histoire originale et de faire la part belle à ses comédiens. Les membres de la famille diabolique sont terrifiants parce que séduisants. L’équation s’applique au puant mais charismatique frangin, mais surtout au père, amical jusqu’à la nausée. Daniel Kaluuya est la grande révélation du film. Son expressivité, tout au long du calvaire de Chris, restera dans toutes les mémoires. Son visage, figé d’effroi et porté sur l’affiche, deviendra d’ailleurs l’image symbole de l’œuvre.
Cette précision dans l’écriture, dans le choix des interprètes, cette manière d’assumer le Grand-Guignol et l’excès sont de grands arguments en faveur du film. Mais ils seraient insuffisants à faire de Get out un remarquable standard du genre.
Copyright Universal Pictures International France
La tentation politique
Le cinéma d’horreur a cette faculté exceptionnelle à saisir le pouls d’une époque, à mettre en exergue les failles d’une société. Jason Blum, producteur avisé, semble donc vouloir perpétuer une tradition initiée par les Tobe Hooper et autres John Carpenter en jetant à l’écran les angoisses d’un peuple. Sa saga American Nightmare posait les bases d’un désir politique. En mettant le pied à l’étrier à Jordan Peele pour son premier film, il offre une tribune à une minorité angoissée par la montée de l’intolérance au sein de la société américaine.
Get out prend d’évidence le cinéma d’épouvante à revers. Dans une majorité d’œuvre du genre, c’est l’establishment qui est en péril. La jeunesse dorée de l’Amérique triomphante, les archétypes WASP sont persécutés. Ici, les gens de couleurs redeviennent victimes. Les anciens opprimés sont à nouveau sous le joug d’une classe dominante radicalisée, rassurée de ses excès, confortée dans son impunité.
L’œuvre parvient sur les écrans une année charnière de l’Histoire politique américaine. Le fait n’est pas anodin et les cinéphiles ne manqueront pas de célébrer cet étrange timing.
Préparez vous à vivre intensément le calvaire de Chris. (vidéo Universal Pictures / YouTube)
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Zoom sur la circonscription « Strasbourg campagne » qui englobe le sud de l’agglomération et à l’ouest le Kochersberg. L’arrivée d’En Marche et la réalisation imminente mais contestée du Grand Contournement ouest (GCO) vient rebattre les cartes d’un territoire jusqu’ici toujours à droite. Pour autant le vote anti-GCO aura du mal à trouver son candidat.
L’UDR, le RPR, l’UDF, l’UMP, « Les Républicains »… Les partis de droite se sont succédés mais ils ont toujours contrôlé la quatrième circonscription du Bas-Rhin depuis le début de la Ve République. Yves Bur, actuel maire de Lingolsheim, a été élu quatre fois depuis 1997 dans ce périmètre qui va de Plobsheim au sud au jusqu’à Truchtersheim dans le Kochersberg à l’ouest.
La circonscription 4 englobe le sud et l’ouest de Strasbourg (carte Wikipedia)
Pour sa première candidature en 2012, Sophie Rohfritsch, maire de Lampertheim, a pris sa suite et l’avait emporté assez largement au second tour (65%) face au PS, malgré le contexte de « vague rose » après l’élection de François Hollande.
En 2017, Marcheurs et GCO dans le Kochersberg
Bref, la circonscription de « Strasbourg campagne » n’a d’habitude pas de quoi susciter un grand enthousiasme des candidats et des observateurs. Mais cette année, ça pourrait changer. Emmanuel Macron, fondateur de « En Marche » et désormais président de la République, était arrivé tout proche de François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle (25,17% contre 25,46%) sur ce territoire.
Et au niveau local, la circonscription est sur le point d’être traversée par le Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles). Ce projet d’autoroute payante de 24 kilomètres doit devenir un nouvel axe routier européen nord-sud , en particulier pour les poids-lourds. Les derniers travaux préparatoires sont prévus pour l’automne, avant les chantiers de gros oeuvre à l’hiver.
Un candidat porté par les anti-GCO, tentative avortée
L’occasion de proposer une candidature anti-GCO et d’envoyer un message clair dans les urnes ? « On y a pensé mais dans ces temps complexes , on avait peur d’être inaudibles sur cette seule question », déclare Maurice Wintz, vice-président d’Alsace Nature et opposant au GCO.
Plusieurs propositions avaient été formulées, mais parmi les blocages, les maires des communes sans étiquette, à sensibilité de droite ou du centre, n’avaient pas envie de se retrouver derrière une candidature soutenue par Europe Écologie Les Verts (EELV) ou d’autres formations marquées politiquement à gauche.
Maire de Kolbsheim et opposant de premier plan, Dany Karcher reconnait que dans ce contexte, un faible score aurait été un mauvais signal :
« Les législatives sont avant tout une élection nationale. Le GCO est un sujet parmi d’autres et si on avait notre propre candidat qui aurait fait un mauvais score on aurait dit “vous voyez, c’est de la connerie, c’est contre-productif d’être contre le GCO”. »
En 2012, Luc Huber, maire de Pfettisheim et pilier du collectif « GCO Non Merci » était le candidat EELV et incarnait en quelque sorte l’opposition au projet. Il avait fait 4,70%. Le contexte était différent puisque le projet était en passe d’être abandonné, finalement reporté, suite à la victoire de François Hollande et l’accord EELV-PS.
Un première sortie est prévu après 3 kilomètres (gratuits) en venant du sud. L’aire de service (7 hectares) devrait être ajoutée à cet endroit (capture d’écran Alsace 20)
Sophie Rohfritsch, confrontée à son bilan
Les opposants, par l’intermédiaire de l’ADEVIE (Association pour la défense de l’environnement et de la qualité de vie – Secteur Dingsheim, Griesheim-sur-Souffel, Pfulgriesheim) interpellent tous les candidats sur le sujet. La première réponse est fournie par Sophie Rohfritsch :
« Ma position n’a pas varié. Le GCO est un projet pertinent au départ s’il s’accompagne d’infrastructures complémentaires comme la Voie de liaison intercommunale ouest (VLIO) ou la requalification de l’A35. Or, elles ne font plus partie d’un traitement prioritaire. »
Ainsi la députée sortante s’engage à ce que le dossier soit « rediscuté » si elle est réélue. En 2012, elle avait plaidé auprès du gouvernement pour sa relance. »C’est fou ce qu’on arrive à faire dire à des candidats en campagne », s’étonne Dany Karcher, qui estime que la députée a pourtant peu parlé de ses doutes pendant les 5 années de son mandat à l’Assemblée nationale, ni à l’Eurométropole où elle représente sa commune au sein de la majorité.
Soutien de François Fillon jusqu’au bout, Sophie Rohfritsch se présente avant tout comme une élue de terrain et prête à gouverner avec « En Marche », sur la base d’une coalition comme en Allemagne, au lendemain des législatives. Le sujet du GCO est absent de ses documents de campagne et la position du parti « Les Républicains » est favorable au projet.
Non-engagée sur le GCO, la députée sortante Sophie Rohfritsch a-t-elle du soucis à se faire ?
La candidate En Marche opposée ne fera pas de promesses « électoralistes »
Côté « En Marche », Emmanuel Macron ne s’est jamais prononcé sur le sujet, pas plus que son mouvement au niveau local. Habitante de Truchtersheim et nouvelle en politique, Martine Wonner, 53 ans, fait notamment campagne sur le renouvellement en politique et le besoin d’une « majorité claire au nouveau président », dont « d’autres candidats se revendiquent désormais. »
Sur le GCO, elle se dit opposée, mais ne tiendra pas « de discours électoraliste » :
« Je ne vais pas faire croire qu’à moi toute seule je le ferai annuler. Le projet est très avancé, mais je m’engage à l’examiner avec objectivité, avec la préservation de nos terres et du territoire en ligne de mire. Il faudra que les collectivités locales acceptent d’en discuter. Le GCO ne règle en rien le problème des habitants enclavés du Kochersberg. Je défends plutôt l’écotaxe, le Transport en site propre (TSPO) vers Strasbourg, le développement de pistes cyclables en site propre ou la VLIO, très attendue dans les communes. Je porterai ce dossier, plus que la députée sortante. Parfois, des électeurs que je rencontre me disent que c’est Yves Bur leur député. »
Elle estime que la nomination de Nicolas Hulot en tant que ministre de la transition écologique est « un signal fort » et que l’on pourrait s’inspirer localement de la médiation prônée pour le cas de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.
Martine Wonner fait aussi campagne sur la santé, domaine dans lequel elle a exercé, notamment en temps que directrice du Samu social de Paris. « Même si le Kochersberg n’est pas un désert médical, il faut anticiper le départ à la retraite de 50% des praticiens et développer la couverture à travers les maisons de santé et une augmentation raisonnée du numerus clausus ».
Martine Wonner En Marche et opposée au GCO, ne promettra son arrêt pur et simple
Finalement, ces deux candidates sont en phase avec la revendication actuelle du collectif contre le GCO, à savoir « un moratoire » pour réétudier la question et tester certaines de ses propositions alternatives comme le ferroutage, le transport fluvial, de meilleurs transports en commun ou la relance de l’écotaxe.
Accord PS et PRG pour un candidat favorable au GCO
Dans le paysage éclaté d’opposants au GCO, on relève une exception notable, le candidat du parti radical de gauche (PRG). Ironie du sort, il s’appelle Thibaut… Vinci, comme la société exécutante du GCO. Sur ses affiches, le jeune homme de 30 ans arbore la mention « majorité présidentielle ». « Deux nouveaux ministres, dont celui de l’Agriculture, sont membres du PRG » se justifie-t-il.
Il estime que le GCO est un projet « utile et désormais lancé » :
« Il fallait le faire depuis longtemps. Mon seul souhait, ce serait de faire payer moins cher à ceux qui sont obligés de le prendre tous les jours, peut-être sous la forme d’un abonnement et faire payer surtout les camions. Le contribuable paie déjà avec les aménagements autour du projet. Je prends l’autoroute tous les jours, je ne peux pas me permettre de payer 5 à 10 euros par passage comme annoncé. Je trouve que les autres candidats ne sont pas clairs sur ce sujet. »
Thibaut Vinci habite Strasbourg mais a grandi et vécu une vingtaine d’années à Blaesheim, au sud de la circonscription. Il veut se poser « en intermédiaire » entre les différents pouvoirs (État et locaux), ainsi qu’en « défenseur des langues régionales. »
Seul candidat ouvertement pro-GCO Thibaut Vinci (PRG-PS) a plusieurs fois été interpellé sur ses affiches « majorité présidentielle » (photo Facebook)
Il est soutenu par le PS dans le cadre d’un accord national. Le choix de cette circonscription peut interroger dans la mesure où la position officielle du PS du Bas-Rhin est toujours issue d’une motion d’opposition au GCO. Mais la conversion des dirigeants socialistes les plus haut placés à Strasbourg, le maire Roland Ries et le président de l’Eurométropole Robert Herrmann, a eu pour effet d’atténuer sévèrement l’opposition de la fédération socialiste du Bas-Rhin.
« Lorsque nous avons entamé les discussions avec le PS, on nous a dit d’emblée qu’elle était réservée pour un accord avec le PRG. Peut-être n’avaient-ils aucun candidat pour s’opposer au GCO », regrette Patricia Guéguen, secrétaire régionale d’EELV, en pointe dans l’opposition au GCO.
Dans la circonscription du GCO, EELV parti en pointe dans l’opposition au projet a envoyé NAthalie Palmier, une strasbourgeoise dont c’est la première candidature (Photo Twitter)
Son parti a investi à la dernière minute Nathalie Palmier, strasbourgeoise de 25 ans qui vient de terminer ses études. Récente en politique, elle est moins connue que d’autres écologistes strasbourgeois, qui auraient bénéficié de davantage de notoriété dans cette circonscription.
Myriade d’oppositions
Parmi les autres formations opposées au GCO, on peut citer le Parti communiste, Unser Land ou le Front national, tous ont exprimé leur opposition, du moins dans la version actuelle du projet, à savoir avec un péage. Mais il ne s’agira par forcément de leurs thèmes de campagne principaux, souvent nationaux, comme la défense des services publics (pour le PC), l’immigration et une défiance vis-à-vis de l’Union européenne, sans qu’il soit clair désormais s’il faut sortir des traités et de l’euro (pour le FN).
Unser Land fait campagne sur l’identité régionale, pour la décentralisation et le retour d’une région administrative limitée aux contours de l’Alsace. Le parti régionaliste a quelque peu intensifié ses prises de position contre le GCO, au nom de l’écologie et de la démocratie directe.
Enfin, les Insoumis espèrent partir avec une longueur d’avance sur d’autres formations opposées, en espérant capitaliser sur les 13,3% de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle. Le Parti de gauche, devenu la France Insoumise, est aussi opposé depuis plusieurs années. Il sera représenté Albert Schwartz ancien syndicaliste à Octapharma et désormais retraité, qui a rejoint le Parti de gauche en 2014.
Habitant de Lingolsheim, il portera le programme national de l’Avenir en commun (plus de tranches d’impôts, une VIè République, lutte contre l’évasion fiscale, un plan de relance de 100 milliards d’euros, etc) « qui n’a pas varié depuis l’élection » :
« Je n’avais pas d’engagement politique avant car je ne mélangeais pas cela avec mon engagement syndical. Les aspects écologiques m’ont intéressé et c’était tout un pan du programme de Jean-Luc Mélenchon avec des efforts pour sortir des énergies fossiles. Le GCO est un exemple local des projets que l’on veut arrêter. On va le payer trois fois : par les très bonnes terres agricoles que l’on va perdre, par le péage et en cas de non-rentabilité, par de l’argent public. »
Le candidat relève que sur cette circonscription, il faut aussi s’adresser à des quartiers populaires de Lingolsheim ou d’Ostwald où « il existe encore beaucoup de misère urbaine. Il y a neuf millions de pauvres, dans les villes et les campagnes, même dans le Kochersberg. »
Non-marquée politiquement, se présentant comme « ni de droite, ni de gauche« , Michèle Trémolières, du mouvement écologiste indépendant (MEI) est aussi opposée au GCO.
Calendrier serré après les élections
Passée les élections législatives, le collectif GCO Non Merci a prévu d’interpeller le ministre de la transition énergétique, Nicolas Hulot, dont la nomination suscite un peu d’espoir chez les opposants. Le calendrier sera serré. La crainte des opposants est que les travaux soient engagés le plus vite possible, et qu’il sera alors facile d’expliquer qu’il s’agit d’un projet lancé, sur lequel il n’est plus possible de rouvrir le débat. Même si localement, tous les candidats ou presque s’y engagent… Sur ce sujet majeur, il sera en tout cas difficile de tirer une conclusion claire du vote des 11 et 18 juin.
Les 15 candidats
Les Républicains : Sophie Rohfritsch
La République en Marche : Martine Wonner
Parti radical de gauche : Thibaut Vinci
Front national : Thibault Manteaux
France insoumise : Albert Schwartz
Europe Écologie : Les Verts : Nathalie Palmier
Parti communiste : Yasmina Chadli
Unser Land : Morgane Keck
Debout la France : Éric Mouy
Lutte ouvrière : Maud Baud Berthier
Union populaire républicaine : Alexandra Brasleret
Alsace d’Abord : Jacques Cordonnier
Mouvement écologiste indépendant : Michèle Trémolières
Sans étiquette : Matthieu Le Tallec
Sans étiquette : Patrick Arbogast
Deux nouvelles écoles proposant des pédagogies alternatives s’installent dans le quartier du Neudorf à Strasbourg. Les deux écoles accueilleront assez d’élèves pour être rentables dès la rentrée.
Les écoles alternatives à l’Éducation nationale fleurissent. Deux nouveaux établissements ouvriront en septembre dans le quartier du Neudorf à Strasbourg. À l’école Grandir Vert Demain, rue Saint-Aloise, trois enseignants accueilleront une vingtaine d’enfants de 3 à 11 ans. L’école Novagora, située avenue du Rhin, peut accueillir jusqu’à 50 enfants de 3 à 20 ans, accompagnés par cinq encadrants. Les écoles ont obtenu suffisamment d’inscriptions d’élèves pour être viables dès la rentrée.
« L’école traditionnelle peine à évoluer »
Grandir Vert Demain propose des méthodes d’enseignement à la croisée de plusieurs pédagogies. L’enfant est plus actif que dans l’enseignement traditionnel. Pour Tiphaine Linder, future directrice de l’école, ce succès est tant dû aux méthodes d’enseignement appliquées qu’aux effectifs des classes dans les écoles publiques :
« Le quartier est en pleine expansion et en plein embourgeoisement. Les parents ne veulent pas laisser leurs enfants dans des classes de 30 élèves. Ils viennent au Neudorf pour avoir une maison avec un jardin, ils recherchent une vie plus simple, d’où le succès des écoles alternatives. »
L’équipe à l’initiative de l’école Grandir Vert Demain. A gauche, la future directrice, Tiphaine Linder (doc remis / Grandir Vert Demain)
Pour l’école Novagora et sa future directrice Cindy Kaercher, cet engouement est dû à plusieurs facteurs :
« Les écoles alternatives ont toutes de longues listes d’attente. Cette demande de la part des familles est le fait de plusieurs facteurs : une école publique qui peine à évoluer avec son temps, et un regard sur l’enfant qui change. De plus en plus de personnes prennent conscience que l’enfant est une personne à part entière, et doit donc être considérée comme telle, et sont de ce fait à la recherche de lieux où leur individualité sera respectée. »
Financements coopératifs et participatifs
Novagora et Grandir Vert Demain ont respectivement besoin de 40 000 euros et de 22 000 euros pour se lancer. Pour cela, elles ont demandé un prêt à Alsace Active et à la NEF de 30 000 et 20 000 euros. Novagora a également lancé une campagne de financement participatif sur internet, Grandir Vert Demain fera de même prochainement.
L’école démocratique Novagora ouvre en Septembre et accueillera les enfants de 3 à 20 ans (doc remis / Novagora)
Selon Cindy Kaercher, à l’initiative du projet de l’école démocratique Novagora :
« Les parents qui s’intéressent aux écoles alternatives ont différents profils, mais ils tous ont entamé une réflexion sur les modes d’enseignement. Cette réflexion a été déclenchée soit par leur propre expérience ou par celle de leur enfant, qui ne trouve pas sa place dans le système scolaire public. Les écoles démocratiques sont les alternatives qui se rapprochent le plus de l’enseignement à domicile. Plusieurs de nos futurs membres ne sont actuellement pas scolarisés. »
Même constat à Grandir Vert Demain :
« Les familles viennent de milieux très divers, nous avons des enfants de cadres, mais aussi des professionnels de la métallurgie. Mais tous les parents ont un regard sur l’enseignement qui a évolué. Les familles envisagent parfois l’école à domicile, et voit dans l’école alternative une solution liant la souplesse de l’école à la maison et une socialisation plus importante de l’enfant. »
Des frais de scolarité de 200 à 400€ par mois
Ces écoles sont privées et hors contrat, c’est-à-dire qu’elles sont indépendantes de l’Education Nationale. Leur fonctionnement repose entièrement sur les frais d’inscription payés par les parents. Il y a donc forcément une sélection, en fonction des moyens financiers dont disposent les familles. Les frais de scolarités à l’école Novagora sont de 250€ par mois :
« Nous n’avons pas le choix, il faut bien le personnel, les locaux et tout une série d’autres frais… Cependant, dans l’avenir, nous aimerions trouver des mécènes et proposer des bourses scolaires aux familles en proie à des difficultés financières mais dont les enfants pourraient bénéficier de nos enseignements et de nos méthodes. »
Grandir Vert Demain a, quant à elle, choisi des tarifs échelonnés selon les revenus des familles. Grâce au soutien de nombreux bénévoles, elle s’enorgueillit d’être la moins chère des écoles alternatives de Strasbourg avec des frais de scolarité de 230 euros à 400 euros par mois, de septembre à juin, cantine bio et périscolaire compris. Tiphaine Linder précise :
« Cette tarification solidaire ne couvre qu’une partie de nos frais de fonctionnement. Pour pouvoir la proposer, nous ouvrons hors temps scolaires des ateliers hebdomadaires de pratiques culturelles et artistiques pour enfants et adultes (techniques de dessin et peinture, argile, création de cosmétiques naturels, pratique de langues étrangères, chorale…). »
Les locaux de Novagora, que le financement participatif permettra d’aménager (doc remis / Novagora)
Deux pédagogies qui attirent pour des raisons différentes
L’équipe de l’école de Novagora a choisi la pédagogie dite « démocratique » : une relation égale entre enfants et adultes, pas d’emploi du temps ni de véritable programme, l’enfant est considéré comme étant assez autonome pour faire ses propres choix. Les enfants ont une place dans les décisions prises par l’école concernant le règlement, la cantine ou même l’embauche de personnel supplémentaire. Si elle est ouverte aux enfants de 3 à 20 ans, les huit enfants inscrits cette année ont entre 4 ans et 13 ans, et viennent de Strasbourg et du Bas-Rhin.
Selon Cindy Kaercher, les parents viennent à l’école démocratique pour cette relation spéciale à l’enfant :
« Il s’agit de revoir notre rapport à l’âge, et à la relation adulte-enfant. Nous sortons du schéma où l’adulte sait mieux que l’enfant lui-même ce qui est bon pour lui et décide à sa place, pour aller vers des rapports d’égal à égal, où chacun, quel que soit son âge, est à la fois co-créateur et co-responsable de son école. Ni adulte tout puissant, ni enfant-roi. »
L’école Grandir Vert Demain associe différentes pédagogies éducatives en fonction des situations (doc remis / Grandir Vert Demain)
Grandir Vert Demain propose une pédagogie soutenue par des applications concrètes et l’éducation à la nature. On apprend les mathématiques, l’histoire ou le français en même temps que l’on jardine ou cuisine. Les méthodes d’enseignement sont au croisement de plusieurs pédagogies, selon les situations : Freinet, Montessori ou Steiner. Pour Tiphaine Linder, le fait que sa pédagogie soit plus proche de l’enseignement classique est une chance :
« Nous veillons à l’acquisition des compétences requises par l’Education nationale, pour qu’un éventuel retour à l’école publique puisse s’effectuer simplement. »
Cette école accueille les enfants de 3 à 11 ans et propose 20 places. Une douzaine d’enfants sont aujourd’hui préinscrits, âgés de 3 à 9 ans, avec davantage d’enfants en bas âge. L’école pense déjà à déménager et à s’agrandir, pour accueillir davantage d’enfants et disposer de son propre jardin.