Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Au collège : « moi je suis un Arabe, alors j’ai pas le droit de bien travailler »

Au collège : « moi je suis un Arabe, alors j’ai pas le droit de bien travailler »

Enseignante dans un collège d’un quartier de Strasbourg, habituée aux zones de friction de la République, elle a pourtant été choquée de constater qu’un de ses élèves déploie des trésors d’imagination pour éviter d’apparaître comme trop bon élève. Parce qu’il est « arabe ».

« – Vous comprenez Madame, pour les élèves du collège, il y a deux groupes : les « Arabes » et les « Français ». Et moi là, bah c’est compliqué.

– Vous êtes tous nés en France pour la plupart. Tu sais que ça n’a aucun sens, ces deux groupes… De qui me parles-tu là ?

– Mais non Madame, vous comprenez pas. Disons que pour vous, ce serait équivalent aux « racailles » et à ceux qui « veulent travailler ».

– Mais toi, tu veux travailler.

– Oui mais moi, je suis considéré comme un Arabe. Alors j’ai pas le droit de trop bien travailler, sinon je risque de me faire frapper. »

Cette conversation, elle me met un coup au cœur.

Quand un très bon élève m’expose par le menu toutes les stratégies incroyables qu’il met en place au quotidien pour se soustraire à la violence de ses camarades qui, eux, ne se sentent pas assez français pour s’investir dans leur scolarité, j’en reste sans voix.

Il lui faut trouver une excuse plausible pour s’asseoir à côté d’une élève au niveau correct (« j’ai oublié mes lunettes, c’est la seule place qu’il reste à l’avant »). Il doit perturber le cours pour s’assurer que le prof le placera ensuite au bon endroit, pensant le punir, tout en maintenant son image auprès des autres. Il se bat une fois de temps en temps dans la cour de récré, mais va s’excuser rapidement quand les regards sont tournés ailleurs. Il avoue rater volontairement un devoir pour ne pas avoir une trop bonne note, mais prend soin d’en choisir un dont le coefficient ne sera pas trop important, parce qu’il faut tout de même qu’il fasse attention à ses parents et à son orientation…

Une note près du collège de la Robertsau (Photo François Schnell / FlickR / cc)
Une note près du collège de la Robertsau (Photo François Schnell / FlickR / cc)

« Ne vous inquiétez pas Madame, je gère »

Ses parents, d’ailleurs, tiennent à ce que lui et son frère aient une scolarité exemplaire. Compliqué de jouer sur les deux tableaux. Être dans la dissimulation et le calcul permanents, c’est fatigant. Je n’ose imaginer les ressources qu’il emploie à ce calcul, alors qu’il pourrait les utiliser à tellement meilleur escient.

Quand il me dit avoir peur, mais « ne vous inquiétez pas Madame, je gère », et termine en m’avouant avoir hâte d’arriver au lycée général, « parce que ce sera différent », ça me rend folle. De colère, de tristesse, d’indignation. Comment imaginer que dans un collège où tout le monde est tellement vigilant, où tout est fait pour que les élèves se découvrent, se respectent et se dépassent, on puisse passer à côté de ce genre de choses ?

Mes amis ne comprennent pas. Pour eux, c’était déjà comme ça avant, ce n’est pas étonnant. Oui, effectivement, c’était déjà mal vu d’être le bon élève de service. Mais la distinction se faisait-elle déjà tellement sur les origines ? Le mal-être de ces élèves tyrans était-il déjà à mettre sur le dos des communautés mises à l’écart par la France ?

Rares sont les profs encore révoltés

Mes collègues, eux, sont partagés. Certains jouent les autruches. Peut-on leur en vouloir de ne plus avoir l’énergie de s’indigner ? D’autres sont résignés depuis bien longtemps, et préfèrent donner la priorité à leur vie personnelle. Quelques rares continuent à se révolter, à lutter, à tenter de faire bouger les lignes. Mais ils sont en minorité. Ce ne sont pas eux qu’on écoute, ce ne sont pas eux les représentants du métier. Ils sont trop occupés à tenter de gérer ce qu’il se passe dans une classe, sur le terrain. Avec si peu de moyens…

Cet élève-là, qui lutte si dur, est sous le joug d’un autre élève « arabe ». Qui lui aussi, pourrait être un bon élève, si tant était qu’il se mettait à travailler un peu. Qu’est-ce qui, aujourd’hui, l’a amené, lui, un « arabe » à se dire « je ne dois pas être bon élève, je dois agir comme une « racaille » » ? Qu’est-ce qui le pousse à intimider tous ses autres camarades pour qu’ils fassent de même, au point d’user de violence verbale et physique ? Qu’est-ce qui, en 2017, empêche l’école de protéger tous ces enfants-là ?

J’ai grandi dans une ZEP de l’agglomération de Strasbourg. J’ai toujours enseigné en APV, RAR ou REP, que ce soit en Alsace ou dans le fameux 9-3. J’ai été prof en lycée général, technologique, professionnel, en post-bac aussi et maintenant dans un collège de quartier. Alors l’éducation prioritaire et la mixité des publics qui vont avec, je pensais connaître un peu. Mais malgré ça, l’étonnement toujours. L’indignation, et la désillusion, de plus en plus. Celle de ne pas trouver de réponse à toutes ses questions. Ou plutôt celle d’avoir les réponses, mais de savoir qu’elles ne seront pas mises en œuvre.

Les ZEP, un miroir grossissant de la société

Parce que j’ai toujours vu les élèves d’éducation prioritaire comme un miroir grossissant de la société, je m’inquiète aujourd’hui plus que jamais. En tant que prof, la carte mentale est plutôt à la mode. On écrit le sujet d’étude au milieu d’une feuille et on y accroche tous les mots clés associés. Et si je devais faire la carte mentale de ce problème, je vois déjà une bonne liste de mots à raccrocher : parents, cités, chômage, racisme, déterminisme social, pauvreté, injustice… Démission. Abandon.

Vivre ensemble. Tiens, celui-là aussi, je le mettrais. En rouge, barré, avec un gros sigle attention à côté. Parce qu’on n’y arrive pas. Parce que même les plus jeunes n’y arrivent pas. Ils ne vivent pas ensemble, ne croient pas en la réussite, n’espèrent rien, ni de l’école, ni des adultes.

Vivre ensemble… Une expression utilisée si souvent dans un pays qui n’est même plus capable d’en assurer la réalité pour ses jeunes générations, au sein même de ses institutions publiques. L’éducation, la police… Et après ?

#éducation prioritaire

À partir d’avril, la TNT allemande inaccessible aux télévisions des Alsaciens

À partir d’avril, la TNT allemande inaccessible aux télévisions des Alsaciens

À partir du 29 mars, la diffusion numérique des chaînes de télévision allemandes utilisera une nouvelle norme, compatible avec la définition ultra HD. Problème : elle est incompatible avec la plupart des téléviseurs vendus en France.

Alors que les chaînes allemandes sont encore très populaires chez les Alsaciens, le 29 mars l’émetteur des chaînes de télévisions allemandes de Baden-Baden va les diffuser sur le réseau numérique hertzien via la norme HEVC (High Efficiency Video Coding), aussi appelée DVB-T2 compatible H265 pour les spécialistes.

Mais derrière ce vocable technique se cache un problème pour les Alsaciens. La France est passée à la Télévision Numérique Terrestre HD en 2016, en utilisant la norme Mpeg-4. Il ne sera donc plus possible à partir du 1er avril 2017 de capter les ZDF ou ARD via l’antenne extérieure.

A partir du 29 mars 2017, pourrez-vous encore regarder « Heute » sur votre télé en France ? (capture d’écran)

Un raté du dialogue franco-allemand

C’est pourtant en 2015 que l’Allemagne a choisi la norme de Ultra HD, et à l’époque on savait déjà qu’elle serait incompatible avec les téléviseurs TNT vendus en France (voir cet article de France Bleu Lorraine : l’est de la France privée des chaînes publiques allemandes en 2017).

Dans une lettre, le président du Conseil départemental du Haut-Rhin et député Éric Straumann (LR) avait alerté le gouvernement en avril 2015 :

« Les téléspectateurs français seraient dès lors contraints d’acquérir un décodeur spécifique pour visionner les chaines allemandes. Mme la ministre peut-elle confirmer cette information ? Des solutions techniques sont-elles envisagées pour permettre la réception des chaînes allemandes en France malgré ce changement de standard de réception ? »

Hélas, il n’a pas été possible d’accorder les fréquences et les normes entre les deux rives du Rhin. Résultat : les Alsaciens qui captent les chaînes allemandes via la TNT hertzienne devront s’équiper d’un boitier spécifique s’ils veulent continuer à regarder « Immer wieder sonntags » les dimanches.

Consultant spécialiste de l’audiovisuel, Emmanuel Heyd explique au micro de France Bleu Alsace qu’il a appris l’allemand en suivant les chaînes d’outre-Rhin pendant son enfance :

Les écrans haut de gamme parfois compatibles

Pour Claude Sandrin , spécialiste du matériel audio-visuel à la Robertsau, les grands écrans récents peuvent parfois intégrer la norme utilisée en Allemagne :

Autres solutions : passer par le câble ou le satellite

Trois solutions s’offrent aux téléspectateurs qui souhaitent continuer à regarder les chaînes allemandes après le 29 mars 2017 :

    Via la box de l’opérateur Internet (Free, Orange, SFR…). C’est à l’opérateur d’assurer la continuité du service mais les chaînes allemandes sont souvent proposées dans des bouquets optionnels payants et pas toujours complets. De 6,99€ par mois chez Free à 9€ chez Orange par exemple. Via le satellite. En se branchant via une parabole sur le satellite ASTRA ou EutelSat, certains abonnements permettent de capter les chaînes allemandes. Si vous disposez déjà d’un système satellite qui les diffuse, il n’y a aucun changement à prévoir. Acheter un décodeur à la norme DVBT2. Attention à bien vérifier qu’il est à la bonne norme (Ultra HD et compatible avec le codec H265), comme celui du fabricant alsacien CGV. Mais il faut envisager un budget entre 50 et 100€ en fonction des modèles et des fonctions.

    Un décodeur à la norme DVBT2

Les offres des opérateurs français

Les offres payantes des FAI Français
    Chez Free : 9 chaînes pour 6,99€ / mois Chez SFR : 10 chaînes pour 8,90€ / mois. C’est l’un des bouquets les plus complets, avec 10 chaînes dont SWR et ZDF. Chez Orange : 10 chaines. D’abord 1€ les deux premiers mois puis 9€ par mois, sans engagement. Inclus ZDF et ARD. Chez Bouygues Télécom : 4 chaines pour 8,90€ / mois.

Le Stück a fini de « fondre »

Le Stück a fini de « fondre »

La monnaie locale complémentaire de Strasbourg, le Stück, ne perd plus 2% de sa valeur si elle n’est pas dépensée. Le concept de « fonte », jugée trop complexe, a été abandonné par l’association.

L’association Le Stück, qui édite la monnaie locale complémentaire de Strasbourg, indique qu’elle a mis fin au dispositif de fonte sur les billets. Ce système dépréciait la monnaie, de 2% tous les 9 mois, si elle ne circulait pas. Mais elle était complexe à mettre en oeuvre, guère rémunératrice pour l’association et provoquait un frein à l’emploi pour certaines personnes.

En conséquence, l’association a décidé d’y mettre fin lors de sa dernière assemblée générale, après une année de test. Conséquence : tous les billets de stück restent valables à leur valeur initiale, quelque soit leur date d’achat.

Dans le monde plus de 5 000 monnaies alternatives circulent dont une trentaine en France (doc remis)
Dans le monde plus de 5 000 monnaies alternatives circulent dont une trentaine en France (doc remis)

Trop compliqué, trop cher

Dans un article publié sur le blog de l’association, les promoteurs de la monnaie locale précisent leur choix :

« La fonte est un dispositif que nous souhaitions expérimenter et qui visait à accélérer la vitesse de circulation de la monnaie, à décourager la thésaurisation, et à servir une mission d’éducation populaire en posant la question de la valeur et du sens de l’argent dans notre société. Ces objectifs ont été partiellement atteints, mais au prix d’un investissement très important en énergie et en coût de la part de l’association. Il nous semble aujourd’hui plus important de concentrer l’ensemble de nos moyens sur le développement et la diffusion de la monnaie auprès du public le plus large possible. »

L’objectif de l’association désormais est de développer le réseau de « partenaires », ces quelques 200 commerçants et artisans qui acceptent d’être payés en stücks. Selon l’association, « les premiers circuits de circulation de la monnaie apparaissent, 20 % des professionnels du réseau ont trouvé de nouveaux partenaires commerciaux. »

Lancée en octobre 2015, l’association compte aujourd’hui plus de 65 000  stücks en circulation à Strasbourg, pour 1 500 utilisateurs. Prochain défi : le numérique, avec une application pour trouver les entreprises participantes, voire payer avec le téléphone…

Le Strasbourgeois Gérard Muller, aveugle, à l’assaut du lac Baïkal par -30°C

Le Strasbourgeois Gérard Muller, aveugle, à l’assaut du lac Baïkal par -30°C

Aventurier aveugle, l’ancien pharmacien strasbourgeois Gérard Muller part traverser le lac Baïkal en Sibérie. L’expédition est à la recherche d’un financement participatif pour tourner le film de cette traversée.

Ancien pharmacien à Strasbourg, Gérard Muller a perdu la vue à 50 ans, en raison d’une maladie génétique appelée rétinite pigmentaire. Aventurier, cet handicap ne l’a pas empêché de continuer à accumuler les exploits sportifs : un petit Londres-Pékin en tandem, 1 700 km vers Saint-Jacques de Compostelle, seul et à pied, uniquement guidé par un guidage par GPS… Et vendredi 24 février, il va s’envoler vers la Sibérie pour traverser, avec un groupe d’aveugles et de malentendants, les 80 km du lac Baïkal, gelé. Par moins 30°C.

Le voyage sur le lac Baïkal doit permettre de changer le regard sur le handicap (Photo Chris Marquardt / FlickR / cc)
Le voyage sur le lac Baïkal doit permettre de changer le regard sur le handicap (Photo Chris Marquardt / FlickR / cc)

Bon, rassurons-nous, ils seront quand même accompagnés par des professionnels dont… Pierre Muller, fils du précédent, médecin urgentiste et guide de haute montagne. Il sera le chef d’expédition de ce projet, lancé par l’association Vue (d’) ensembleYvoir et le Somewhere Club.

Gérard Muller à l'entraînement avant le Paris - Pékin en 2006 (doc remis)
Gérard Muller à l’entraînement avant le Paris – Pékin en 2006 (doc remis)

180 000€ de budget, 20 000 demandés aux internautes

L’objectif de cette expédition est de changer le regard sur le handicap, seulement 5% des aveugles s’aventurent hors de chez eux. Mais pour populariser cette aventure, les participants sont encore à la recherche d’une partie du financement pour tourner le film : le budget de ce tournage de l’extrême est évalué à 180 000€. Les organisateurs espèrent obtenir 20 000€ de la part des internautes, la moitié a déjà été trouvée à l’heure de publier ces lignes. Les dons allant à une association reconnue d’utilité publique, ils sont déductibles fiscalement.

C’est l’agence strasbourgeoise 2 Caps Productions qui s’est portée volontaire pour réaliser ce film, déjà soutenu par l’un des plus grands festivals du film d’aventures de France : le Grand Bivouac. Le tournage a déjà débuté fin 2016, avec le grand reporter Olivier Weber comme réalisateur.

 

Strasbourg a soutenu les manifestants contre le CETA en leur laissant deux gymnases

Strasbourg a soutenu les manifestants contre le CETA en leur laissant deux gymnases

Pour la première fois, la municipalité de Strasbourg a accompagné matériellement les organisateurs d’une manifestation européenne qui s’est tenue dans la ville.

La Ville de Strasbourg a mis à disposition deux gymnases pour loger des manifestants venus de France ou d’ailleurs en Europe pour protester contre le traité de libre-échange avec le Canada, le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) mercredi 15 février. Leur capacité était d’environ 250 places à eux deux, même s’ils n’ont pas été pleins mardi soir selon un organisateur. Il s’agit d’un gymnase au Heyritz et d’un autre à la Musau.

Une demande des Amis de la terre

En mettant à disposition ces locaux, la municipalité de Strasbourg a accédé à une demande de l’association Les Amis de la Terre, membre du collectif STOP Tafta, qui milite aussi contre le CETA. Cette organisation écologiste a déjà participé à plusieurs reprises à des travaux sur l’évasion fiscale avec Chantal Cutajar au sein de la plateforme « Paradis Fiscaux et judiciaires » dont l’Observatoire citoyen pour la transparence financière internationale de l’universitaire strasbourgeoise fait partie. L’association a sollicité l’adjointe à la démocratie locale Chantal Cutajar (non-encartée, apparentée PS).

Ce soutien matériel peut étonner. À titre personnel ou de sénateur, le maire Roland Ries (PS) a toujours fait valoir ses convictions européennes, il a rarement impliqué sa collectivité dans les débats politiques du moment, en dehors des questions sur le siège du Parlement. Encore moins pour une manifestation qui va contre l’avis du Parlement européen, qui a adopté mercredi le texte par 408 voix contre 254.

Le maire ne s’était pas non plus exprimé sur le projet de traité avec les États-Unis (TTIP ou TAFTA), pourtant plus contesté, mais qui semble au point mort depuis que des fuites ont révélé son contenu au grand public. La contestation contre le traité ACTA (qui avait obtenu un vote défavorable au Parlement en 2012) n’avait pas non plus été particulièrement soutenue par la Ville de Strasbourg.

Une manif soutenue logisitiquement par la municipalité, une première ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Un avis et tout s’enchaîne

Selon la municipalité, c’est un avis intitulé « Ne sacrifions pas les Droits de l’Homme aux intérêts commerciaux » de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme du 16 décembre 2016 qui justifie cette position nouvelle.

Pour Chantal Cutajar, qui à titre personnel a déjà dénoncé dans le CETA « un outil de contournement de la régulation et une arme de destruction massive des États de droit », il ne faut pas y voir un engagement sur le fond :

« Ce n’est pas une prise de position de la municipalité pour ou contre le CETA, mais contre la manière dont la débat a été mené. Personne ou presque ne sait ce qu’est le CETA. Or quand des décisions sont prises au nom des citoyens, elles doivent faire l’objet d’une information. Tout le monde a le droit de dire qu’il est pour ou contre le CETA et les mobilisations sont plus habituelles à Bruxelles qu’à Strasbourg. »

Quant au gymnases, « on a considéré que c’était utile et juste, » avance l’adjointe au maire. Mais dans les services de la Ville ou parmi les élus de la municipalité, certains s’interrogent si la situation pourrait créer un précédent et qu’à chaque manifestation d’envergure, les organisateurs demandent un point de chute. « Tout le monde peut faire des demandes et on étudiera à nouveau si c’est utile et juste », répond Chantal Cutajar.

Un débat lundi

Lundi 13 février, la municipalité avait également organisé un débat sur le CETA au centre administratif, avec Samuel Leré, chargé de projets Climat-Energie à la Fondation Nicolas Hulot et rapporteur de l’avis au sein de la Commission nationale consultative des droits de l’homme et Thomas Borrell de l’association Les Amis de la Terre France. Il était animé par Chantal Cutajar.

Le texte voté sera appliqué en partie dans les pays membres, mais il doit être ratifié par les Parlements nationaux (et certaines régions de plusieurs pays).

#ceta

Jean-Luc Mélenchon propose d’être le candidat d’une alliance à gauche

Jean-Luc Mélenchon propose d’être le candidat d’une alliance à gauche

Lors de son meeting à Strasbourg, Jean-Luc Mélenchon a tendu la main à Benoit Hamon et Yannick Jadot, mais pense être le seul à pouvoir porter une candidature unique après une alliance.

En meeting à Strasbourg, Jean-Luc Mélenchon s’est enfin exprimé sur l’idée d’une candidature unique entre Benoit Hamon (vainqueur de la primaire du PS) et Yannick Jadot (vainqueur de celle d’Europe Écologie Les Verts). Pour beaucoup, cette alliance est vue comme la seule manière d’avoir un candidat à gauche au second tour de l’élection présidentielle française.

Après son programme et son passage télévisé

En appelant à la « responsabilité », Jean-Luc Mélenchon s’est dit ouvert à la discussion, mais à partir de la semaine prochaine. Dimanche 19 février, il présentera son programme chiffré sur sa chaîne du site de vidéos Youtube pendant 5 heures, puis il sera invité de « L’émission politique » de France 2 le jeudi. Soucieux de maîtriser le calendrier, il propose donc une rencontre le vendredi, le samedi ou le dimanche, entre le 24 et le 26 février.

Mais surtout autre condition de taille, il souhaite être le candidat pour porter cette alliance. « Il nous faut une garantie », a conclut le candidat de la France insoumise. « Je suis prêt à faire confiance une nouvelle fois. Mais on ne me refera pas le coup du discours du Bourget », avait-il expliqué quelques minutes plus tôt. En 2012, le candidat de ce qu’on appelait le Front de gauche avait soutenu François Hollande entre les deux tours sans condition.

Il a justifié sa position, entres autres, par les errements du PS qui s’est abstenu lorsque les communistes avaient proposé un référendum en France sur le traité avec le Canada, le CETA voté ce jour par le Parlement européen, le thème principal de son discours. Dans ces conditions, les deux autres candidats accepteront-ils l’entrevue ? Réponse dans les prochains jours.

Discours sur le CETA

Jean-Luc Mélenchon a commencé par un premier petit discours dehors, comme il en a désormais l’habitude.  Environ 1 000 à 2 000 personnes n’ont pas pu rentrer. Cette entrée en matière était plutôt porté sur sa vision de la police dans la société suite à l’affaire du jeune Théo. La salle du Palais de la Musique et des Congrès (environ 2 000 places) était pleine et d’autres spectateurs ont été mis dans d’autres salles, devant des écrans.

Jean-Luc Mélenchon a débuté son meeting dehors pour ceux qui n’ont pas pu rentrer (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

À l’intérieur, l’eurodéputé surtout est revenu sur le vote favorable au CETA par le Parlement européen. Il a détaillé en quoi il estime que la manière dont ses règles s’appliquent bafoue sa conception de la démocratie (une partie du Traité doit s’appliquer avant même d’être voté dans les pays) et en quoi il craint une dégradation des normes et des lois européennes, que les entreprises pourront désormais attaquer dans un tribunal privé spécial. « Vous mangerez du Munster canadien », a-t-il notamment lancé à la foule.

Des discussions sur le CETA avec les autres parlementaires, Jean-Luc Mélenchon en retient un mot d’ordre pour à ses soutiens pour la suite :

« Il ne faut pas que vous sortiez convaincus au point de ne pas convaincre les autres. »

Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas exprimé sur le régime concordataire d’Alsace-Moselle. Il souhaite en abolir les aspects religieux, mais étendre les vertus sociales au reste de la France.

Revivre la soirée sur Twitter


Revoir le meeting en vidéo

Entre 700 et 1000 personnes contre l’accord transatlantique CETA mercredi à Strasbourg

Entre 700 et 1000 personnes contre l’accord transatlantique CETA mercredi à Strasbourg

Un millier de personnes, 700 seulement selon la police, ont protesté contre la signature, mercredi par le Parlement européen, du traité de libre-échange entre la France et le Canada (CETA). Certains se sont rassemblés place Kléber, d’autres ont réalisé des happenings devant l’hémicycle européen.

Entre 700 et 1 000 personnes se sont retrouvées mercredi à Strasbourg pour protester contre l’approbation, par le Parlement européen, du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le CETA. Cet accord prévoit un abaissement des barrières douanières et une harmonisation des législations entre l’Europe et le Canada. Il sera effectif dès le mois avril, avant même d’être ratifié par les parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne.

Pour une partie de la gauche et certaines organisations écologistes cependant, cet accord menace l’environnement, car il permet de commercialiser en Europe des produits qui n’ont pas été produits avec des normes environnementales aussi strictes qu’en Europe.

Devant le Conseil de l’Europe (Photos JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Les eurodéputés ne se sont cependant guère laissés émouvoir par les manifestants. Peu après midi, l’accord commercial a été approuvé par 408 voix contre 254.

Un petit millier de personnes a fait le voyage de la place Kléber vers le Parlement européen.
Plusieurs manifestants sont venus de pays européens, comme la Hollande, la Belgique…
Des ONG ont installé un Cheval de Troie devant le Parlement, indiquant que l’accord commercial menacerait les équilibres européens en faveur du Canada et des Etats-Unis.
Le slogan le plus populaire de cette manifestation : « CETA, c’est assez ! » (bis)
Pour Greenpeace, opposé au CETA, il n’y a pas de bonne manifestation sans Zodiac.
Pour Greenpeace, l’accord commercial est « toxique » pour la planète.
Le cortège est passé par les places de la République et de l’Université avant de prendre l’allée de la Robertsau et l’avenue de l’Europe pour atteindre le Parlement européen.
La manifestation contre le traité s’est déroulée dans le calme.
#Canada

Jean-Luc Mélenchon toujours contre le Concordat d’Alsace-Moselle

Jean-Luc Mélenchon toujours contre le Concordat d’Alsace-Moselle

Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle en meeting mercredi 15 février à Strasbourg, répetera-t-il à cette occasion qu’il souhaite l’abolition du Concordat, toujours en vigueur en Alsace et en Moselle ? Sous ce vocable, rappelle Libération, il s’agit d’un ensemble de textes régissant les rapports entre l’État et l’Église, rédigés au XIXe siècle mais toujours en vigueur dans les trois départements de l’Est, qui étaient allemands au moment où la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État a été votée en France.

Jean-Luc Mélenchon à en juin 2013 (Photo Pierre Sélim / FlickR / cc)
Jean-Luc Mélenchon à en juin 2013 (Photo Pierre Sélim / FlickR / cc)

« Non au Concordat et aux régimes dérogatoires »

Or, Jean-Luc Mélenchon souhaite une « République vraiment laïque », telle qu’il la décrit dans son programme « Avenir en commun« . Dans son volet sur les religions, Jean-Luc Mélenchon met comme première mesure la fin du « Concordat et des régimes dérogatoires ». Voilà qui est clair. Le programme précise :

« Nous étendrons le bénéfice de l’application de la loi de 1905 à tout le territoire de la République, en abrogeant le concordat d’Alsace-Moselle et le statut scolaire particulier et les divers statuts spécifiques en vigueur dans les Outremer. Les acquis sociaux supplémentaires inclus dans le Concordat (droit local) seront dans les faits généralisés par l’application des autres mesures sociales du programme l’Avenir en commun. »

Comme Libération le rappelle, le candidat de La France Insoumise s’était déjà prononcé contre le Concordat lorsqu’il s’était présenté en 2012. Or si cette mesure peut faire sourire en France de l’intérieur, de nombreux Alsaciens y sont attachés, souvent parce qu’ils intègrent dans le même vocable tout le droit local d’Alsace-Moselle, comme la meilleure couverture santé, les jours chômés spécifiques ou les ouvertures dominicales.

L’article de Libération, justement, retrace l’historique du Concordat et détaille ses effets dans le financement des cultes catholique, protestant, et juif.

Des offres à plus de 100 millions d’euros ont été déclinées pour la Maison de l’Alsace à Paris

Des offres à plus de 100 millions d’euros ont été déclinées pour la Maison de l’Alsace à Paris

La Maison de l’Alsace à Paris intéressaient des investisseurs chinois et qataris. Des offres à 180 millions ont été proposées aux départements alsaciens, qui se seraient bien laissés tentés si le symbole n’avait pas été aussi fort.

Quelques mois après la vente avortée de la Maison de l’Alsace à Paris sur les Champs-Élysées, les langues se délient. Fin 2015, les conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, co-propriétaires, avaient publié une annonce immobilière pour évaluer le prix de ce joyau alsacien.

Les deux collectivités ont reçu plusieurs offres, supérieures à 100 millions d’euros. L’une d’elles s’élevait même à 180 millions d’euros, en provenance d’un groupe chinois, bien que des doutes pouvaient s’exprimer sur sa fiabilité. Dans les négociations, les options chinoises et qataries ont été exclues. Une autre, par un groupe américain plus crédible, a atteint les 120 millions d’euros. Lorsque l’option de vendre a finalement été exclue par les Départements, le président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry avait évoqué des offres jusqu’à 100 millions d’euros.

Mais tous comptes faits, même à 120 millions d’euros, une fois déduite des taxes et de l’argent provisionné pour les conflits judiciaires encore en cours, il ne serait resté que 45 millions d’euros pour chaque Département. Le budget du Bas-Rhin oscille autour de 1,1 milliard d’euros.

Au début, la vente sérieusement envisagée

Les deux départements ont finalement choisi de louer le site pour trois ans à un groupement d’entreprises, mené par l’entrepreneur à succès dans les shows aquatiques, Dominique Fohrmals. Il s’agit pour le moment d’un salon d’affaires entre entreprises privées.

Mais à l’origine, les deux présidents étaient plutôt favorables à une vente. La société d’économie mixte en place, financée par les deux administrations, n’avait pas trouvé son modèle économique et restait déficitaire.

Cependant, au-delà des aspects financiers, la vente d’un « joyau » si bien situé participait à la construction des discours sur « l’affaiblissement de l’Alsace. » Or, la renaissance d’un projet politique alsacien est un credo qu’ont repris à leur compte les deux présidents Les Républicains, Éric Straumann et Frédéric Bierry, pour exister dans les batailles politiques entre institutions.

Depuis Strasbourg, Michel Varton, dirige Portes Ouvertes, pour la liberté religieuse

Depuis Strasbourg, Michel Varton, dirige Portes Ouvertes, pour la liberté religieuse

63 ans, cheveux grisonnants, lunettes rectangulaires et vêtements sobres… à première vue un Strasbourgeois quelconque. Mais depuis son bureau d’Ostwald, Michel Varton aide les Chrétiens persécutés à travers le monde via Portes Ouvertes France. Une organisation non-gouvernementale (ONG) pilotée depuis l’Alsace.

Ostwald, au sud de Strasbourg. Une bâtisse moderne, plusieurs bureaux en open space, des ordinateurs, des plantes vertes et des dossiers qui s’accumulent sur les bureaux… À première vue, une PME ordinaire avec ses 25 salariés. Mais à y regarder de plus près, le quotidien est peu banal. Ces Alsaciens viennent en aide aux Chrétiens persécutés à travers le monde. Ils sont employés par l’ONG Portes Ouvertes France, association de droit local d’Alsace-Moselle.

Michel Varton occupe le poste de directeur depuis 1985, soit la moitié de sa vie consacrée à la cause. Et il ne faiblit pas :

« En tant qu’association, on intervient d’abord sur le terrain. Dans le pays, on va travailler avec l’église locale et les Chrétiens pour essayer de comprendre quelle est la situation et on va identifier des moyens pour les aider. Un peu partout, on chasse les Chrétiens, on les attaque et ils ne savent pas comment se défendre. »

L’ONG les informe sur leurs droits et sur les conduites à adopter en cas de violences. « Qu’est ce qui va se passer si vous êtes mis en prison ? Comment réagir si on vient chez vous pour mettre le feu à l’église ? » Souvent, la persécution entraîne la pauvreté. Les solutions peuvent être humanitaires ou éducatives. En 2016, 673 Pakistanais ont accédé à un début d’éducation.

Michel Varton n’est pas de ces directeurs qui exigent de leurs attachés de presse des discours pré-mâchés. Il connaît ses dossiers sur le bout des doigts. Ainsi, il relate cette grand-mère indienne de 55 ans déshabillée en public et battue à mort, avant d’être brûlée. Il ne sombre pas dans le pathos. Les intimidations et les violences existent. Selon Portes Ouvertes, 215 millions de personnes seraient concernées en 2017. Chaque année, l’ONG participe à la publication d’un Index mondial de persécution des chrétiens.

Chaque interview est l’occasion de dénoncer la persécution. (Photo Portes Ouvertes)

Portes Ouvertes France fonctionne exclusivement grâce aux donateurs – 12 000 selon le dernier comptage -. Cinq millions d’euros ont été collectés en 2016. Michel Varton n’est pas seulement le directeur, il incarne l’ONG au niveau national. Si le quotidien s’apparente à celui d’un chef d’entreprise, il a bien conscience des responsabilités qui lui incombent :

« Notre premier souci : ce sont les chrétiens persécutés. On est leur lien avec le monde extérieur. Ils sont notre priorité. »

De York à Strasbourg

Rien ne le prédestinait à cette carrière. Originaire de York, une ville au nord de l’Angleterre, Michel Varton étudie la biochimie à Manchester avant d’embrasser une carrière dans le marketing. Sa ferveur va le précipiter jusqu’à Strasbourg.

Issu d’une famille anglicane, il fréquente l’Église avant de s’en éloigner à l’adolescence. Il se souvient avoir croisé un pasteur et l’avoir écouter prêcher. Être chrétien ne se limiterait pas à aller à la messe le dimanche matin ? Soit. Le jeune Michel a d’autres préoccupations. Jusqu’à ce déclic :



Il se convertit et devient protestant évangélique. L’homme, plutôt rationnel, évoque une rencontre mystique :



À l’université, il commence à lire la Bible et rencontre d’autres chrétiens. Les étudiants se retrouvent dans les pubs pour échanger à propos de leur foi. Lui, veut partager son expérience avec un maximum de jeunes. Un de ses amis lui parle de Strasbourg. Les églises évangéliques y sont moins nombreuses qu’en Angleterre. Michel Varton a déjà démarré dans la vie active mais son désir de venir en aide est plus fort. Il décide de franchir le cap… et la Manche.

Vendeur de légumes à Strasbourg

1980, le voilà installé à Strasbourg. La journée, il travaille comme vendeur en fruits et légumes. Il n’aime pas ce métier mais c’est le prix à payer pour vivre en France. Il se fait très vite des amis et anime des réunions durant lesquelles il explique la Bible et son engagement religieux. Il avoue une faiblesse pour le pays que sa famille, francophile, lui a fait découvrir très tôt.

En 1983, Michel Varton se retrouve sans emploi. L’association, déjà basée à Strasbourg, cherche son nouveau représentant régional. Un « RR » dans le jargon, mais ce poste ne l’enchante guère. Il n’est pas missionnaire, n’a jamais entendu parler de l’église persécutée, et ce qui l’intéresse, c’est de parler de sa rencontre avec Dieu. Il finit par se laisser convaincre car il adhère aux méthodes de travail de l’association. Il visite des églises et projette des films pour tenir les fidèles informés de la situation derrière le rideau de fer. Six mois plus tard, il effectue son premier voyage en Roumanie :

« Je découvrais des personnes très pauvres, sans ressources. C’était une autre planète, rien n’avait avancé dans leur pays mais certains avaient un courage énorme et allaient à l’encontre de tout ce qu’on leur disait pour organiser leurs églises, faire des réunions, fédérer, au risque d’aller en prison. Dans la voiture, je priais pour que le douanier soit aveugle car on passait des Bibles en douce ! »

Michel Varton encourage ses salariés à voyager, au moins une fois par an, avec l’ONG, pour rester connectés avec les populations qu’ils défendent.

Tous les salariés sont chrétiens. (Photo ML / Rue89 Strasbourg / cc)

Caution crédibilité ou phare contre l’obscurantisme ?

Côté pile, il mène une vie paisible à Strasbourg. Marié et père de deux enfants, il aime l’opéra et fréquente les librairies du centre-ville. Côté face, il part sur le terrain. En 2016 : le Nigéria, l’Indonésie, la Centrafrique, la Syrie et la Libye. Les voyages ne sont pas systématiques. Européen est parfois trop voyant. Pour exercer la fonction, de bonnes connaissances en géopolitique sont également nécessaires. Cela tombe bien, il se passionne pour l’histoire et la géographie. Vie privée et vie professionnelle s’entremêlent constamment.

En Afghanistan, aux côtés des Chrétiens persécutés. (Photo Portes Ouvertes)

Le Strasbourgeois est très régulièrement sur le devant de la scène, sollicité par de nombreux médias nationaux (Arte, TF1, France 24, etc.) ou invité à commenter l’actualité, comme lors de l’assassinat du Père Jacques Hamel. Michel Varton s’exprime toujours avec prudence :

« Si les informations qu’on donne sont erronées, les premières victimes seront les Chrétiens persécutés. Ce que nous disons doit être justifié et vérifiable. »

Avec lui, pas de phrases choc. Rares sont ses prises de position, excepté ce parallèle entre l’ouvrage de Boualem Sansal, 2084, et la Corée du Nord sur son compte Twitter. Avec les violences notamment au Moyen-Orient, la persécution des Chrétiens est désormais un sujet médiatique. De personnalité lucide et pragmatique, il assure ne pas recevoir d’appels du pied d’élus. Porte Ouvertes France est une association apolitique. Toutefois, il se félicite de chaque nouvelle parution dans Libération :

« La persécution a toujours existé mais elle est devenue plus médiatique. La situation dans le monde fait qu’il y a une écoute qu’il n’y avait pas il y a 20 ans. En Occident, on peut agir : chaque article de journal permet de faire pression. »

Michel Varton intervient régulièrement dans la sphère publique. Ses prises de parole devant l’Assemblée Nationale ou le Sénat permettent d’informer les élus mais aussi d’alerter l’opinion. L’Index de persécution des chrétiens, actualisé chaque année, permet d’établir les tendances à venir ou d’analyser les chiffres. Les extrémistes hindous menacent tandis que la persécution baisse en Irak, mais parce que les Chrétiens ont fui le pays.

18 janvier 2017 au Parlement Européen à Strasbourg, devant une trentaine d’eurodéputés. (Photo Portes Ouvertes France)

Laïcisme contre laïcité

Quand son agenda lui permet, il visite aussi les églises de France et de Wallonie, comme du temps où il était « RR ». Le reste du temps, se borne à écrire les éditos du magazine de l’association édité à 23 000 exemplaires. Une parution mensuelle qui mobilise deux à sept membres de son équipe et vient en complément des chroniques radio et vidéo. Informer est la première action de cette ONG.

Michel Varton dénonce au quotidien la montée du nationalisme et l’extrémisme religieux. En France, il observe comment les choses évoluent :

« Le danger est qu’on repousse la religion jusque dans les sphères privées. Ce n’est pas évident avec l’arrivée de l’Islam en France. Nous défendons les Chrétiens persécutés, mais on défend le fait que chacun peut exprimer sa foi, ici en France et ailleurs ! »

À ce qu’il appelle le laïcisme, il oppose le principe de laïcité. Convaincu que la séparation entre les Églises et l’État est une bonne manière de vivre ensemble, il cite ce passage biblique : « Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Le « ticket pollution » de la CTS va repasser à 1,70 euros jeudi, sauf dans les bus

Le « ticket pollution » de la CTS va repasser à 1,70 euros jeudi, sauf dans les bus

L’Alsace connait un nouvel épisode de pollution aux particules fines (PM10). Comme ce niveau intermédiaire (entre 50 et 80 microgrammes par mètre cube) perdure, on parle d’une situation de « persistance » et certaines mesures sont déclenchées, comme la vitesse abaissée, l’interdiction de brûlages et les transports moins chers. Elle sont sensées limiter les dégats, même si leur effet est presque nul, puisque la pollution continue d’augmenter.

Les élus strasbourgeois ont d’ailleurs annoncé leur intention d’utiliser les vignettes Crit’Air à partir de l’automne pour interdire les véhicules les plus polluants de certaines artères de l’Eurométropole.

Un bug informatique

Parmi ces mesures, le « ticket pollution » permet de voyager en illimité dans les transports en commun de la CTS les jours de pollution. Lundi, il a subitement augmenté à 2 euros, alors qu’il était de 1,70 euros en janvier, le prix d’un ticket simple en papier en temps normal (et 1,60 euros pour les tickets sur une Badgéo ou un téléphone).

La faute à un bug informatique, selon nos confrères de 20 Minutes Strasbourg. Le quotidien gratuit annonce que la situation sera rétablie et le ticket retrouvera son prix « normal » de 1,70 euros à partir de jeudi 16 février si la procédure d’alerte à la pollution est maintenue. Une situation probable selon les prévisions d’Atmo Grand Est.

Peu d’effets

Contactée, la CTS qui n’a pas encore communiqué sur le sujet sur son site confirme le changement de prix, sauf dans les bus où le ticket restera à 2 euros, comme le nouveau « ticket secours » depuis le 1er février.

Lors de la conférence de presse de lundi, les élus Strasbourgeois ont indiqué que le nombre de tickets pollution achetés lors des pics n’était pas vraiment plus élevé que celui des tickets simples les autres jours, sans donner un décompte précis, si ce n’est la somme sur laquelle il faut indemniser la CTS, environ 20 000 euros pas jour.

Ce constat ne les incite pas à mettre en place les transports gratuits ces jours-là, une demande répétée de la droite strasbourgeoise. Maigre consolation, cette compensation sera de fait un peu moins élevée pour les trois jours de « bug ».

Lire l’article complet sur 20minutes.fr/strasbourg

Contre la pollution, Strasbourg va passer aux vignettes Crit’Air vers l’automne

Contre la pollution, Strasbourg va passer aux vignettes Crit’Air vers l’automne

Après Paris, Grenoble, Lille ou Lyon, Strasbourg se décide à utiliser les vignettes Crit’Air pour limiter la pollution en provenance des véhicules.

Alors qu’un nouveau pic de pollution s’installe en Alsace, Strasbourg va faire un pas supplémentaire pour limiter les émissions polluantes des véhicules. Lors d’une conférence de presse, les élus strasbourgeois ont annoncé qu’une étude allait être commandée sur la mise en place des vignettes Crit’Air pour les véhicules dans l’Eurométropole à partir de l’automne.

Ces vignettes permettent de classer les véhicules (de 0 à 5) selon le niveau de pollution de leur moteur et donc de restreindre l’accès de certaines zones de circulation aux plus polluants. Les débats strasbourgeois portent sur le périmètre qui sera retenu, mais aussi la période. Doivent-elles servir tout au long de l’année comme à Paris ou seulement lors des pics de pollution comme à Grenoble ou Lyon ?

Des incitations au niveau des prix du stationnement peuvent aussi être envisagées. Et reste à définir jusqu’à quel niveau, qui correspond à des normes européennes, on interdit ou non l’accès.

Notons que le système de notation est assez généreux puisque la plupart des véhicules diesel sont en catégorie 3, et part d’un principe que les tests n’ont jamais été falsifiés.

Le système de classification Crit’Air (document ministère)

Pas de circulation alternée

En avril 2015, les élus strasbourgeois avaient dit qu’ils demanderaient la circulation alternée suite à un appel d’une centaine de médecins. Mais finalement la mesure n’a jamais été mise en place et est jugée d’une certaine manière « injuste », puisque des véhicules électriques avec une plaque paire peuvent rester au garage (ou inversement selon les jours), tandis que des véhicules très polluants sont autorisés.

Les vignettes, qui permettent de mieux cibler les émissions de particules (PM10 ; PM 2,5) et de dioxyde d’azote (NOx), sont a priori plus efficaces. Mais elles font aussi débat, car se sont souvent les ménages les plus modestes, qui ont un véhicule ancien et donc plus polluant, qui seraient impactés. Pour l’instant, il n’y a pas de mesure spécifique d’accompagnement, bien que la prime à l’achat d’un véhicule électrique (jusqu’à 10 000 euros si l’on se sépare d’un vieux diesel) existe toujours.

L’annonce de ce jour doit permettre d’anticiper a minima la mise en place de la mesure. Strasbourg rejoint donc les communes de Paris, Grenoble Lyon et bientôt Lille dans l’utilisation des vignettes.

Pour Robert Herrmann (PS), président de l’Eurmétropole c’est l’effet « maillage » de ces villes qui peut avoir le plus d’impact sur le parc automobile :

« On doit forcer les entreprises à construire des camions moins polluants. Plus on sera de villes à adopter les vignettes Crit’Air, plus ce sera simple. »

Les infos pratiques en vidéo


Attention aux arnaques

Les vignettes Crit’air peuvent être commandées sur le site du ministère www.certificat-air.gouv.fr pour 4,18 euros. Attention, d’autres sites proposent ces vignettes plus chères et en demandant davantage d’informations personnelles.

Le préfet du Bas-Rhin et du Grand Est Stéphane Fratacci a aussi promis plus de contrôles sur la route du Rhin où, en théorie, le trafic de transit est interdit pour les poids-lourds. Lors d’un contrôle surprise un matin de décembre, l’avenue était pratiquement vidée de ses camions une heure après les premières opérations.

Agir sur les mesures de fond

Les mesures d’urgence peuvent atténuer les pics, mais c’est surtout sur la pollution de fond qu’il est possible d’agir. La Région Grand Est n’a par exemple aucune mesure d’urgence (contrairement à la préfecture qui baisse les vitesses et interdits certains brûlages ou le Département qui rend ses autocars gratuits), mais son action notamment sur l’abonnement CTS, qui permet de monter sans surcoût dans le trains TER entre les gares de l’Eurométropole depuis décembre a été saluée par le maire Roland Ries ou Robert Herrmann.

Le prochain projet de la nouvelle Région est de reprendre les portiques écotaxe et de mettre en place une taxe transit expérimentale pour les poids-lourds, sur le modèle allemand, comme cela était prévu en Alsace initialement dans la loi.

Pour les élus, les efforts doivent aussi cibler les bâtiments, dont le chauffage est également responsable d’une grande partie des émissions polluantes. Une meilleure isolation ou un équipement comme la chaufferie biomasse Wacken sont sensés être une partie de la réponse.

L’Eurométropole peut bénéficier de crédits du Ministère de l’Écologie pour mettre en place 13 mesures (livraison propre, aire de services pour les vélos, expérimenter l’agro-écologie, etc) dans le cadre de l’appel à projet « villes respirables » remporté à l’automne 2015. L’utilisation des vignettes serait un premier pas.

 

Grâce à la pluie, fin des mesures contre la pollution aux particules vendredi

Grâce à la pluie, fin des mesures contre la pollution aux particules vendredi

Strasbourg et l’Alsace connaissent un nouvel épisode de pollution aux particules PM10, avec la baisse des vitesses sur les routes et des prix des transports qu’elle entraîne. Les mesures d’urgence ont été déclenchées lundi le jour où l’Eurométropole a indiqué son intention d’instaurer les vignettes Crit’Air. Elles sont maintenues jusqu’à jeudi 16 février, avant de s’arrêter car il devrait pleuvoir.

Les PM10 sont de retour. Ces microparticules nocives pour la santé sont concentrées à plus de 50 µg/m³ (microgrammes par mètre cube) selon Atmo Grand Est, la structure chargée de veiller à la qualité de l’air.

L’association relève qu’il s’agit d’une pollution issue de chauffage et/ou de moteurs de véhicules. L’air carboné se trouve alors piégé dans une couche d’air réduite par de légères inversions de températures la nuit.

Fin du pic vendredi grâce à la pluie

Comme lundi 13 février était le troisième jour de suite où ce seuil dit « d’information » est dépassé, les mesures d’alerte ont été déclenchées selon le critère de « persistance ». Ces mesures ont été reconduites, jusqu’à jeudi 16 février inclus. Malgré les mesures, la pollution a augmenté au début. Près de l’A35, la concentration de PM10 a même atteint les 100 µg/m³ ce mardi 14 février.

Mais ouf, il devrait pleuvoir dans la nuit de jeudi à vendredi et donc les mesures ne sont plus reconduites selon un communiqué d’Atmo Grand Est.

Autocars gratuits, CTS et Velhop moins cher

Comme d’habitude, les autocars du Réseau 67 sont gratuits et les vélos Velhop peuvent être loués pour 3 euros la journée, contre 6 euros normalement. Sur l’ensemble des routes, la vitesse maximale autorisée pour tous les véhicules est abaissée de 20 km/h sans descendre en dessous de 70 km/h. Les combustions de déchets verts, sous-produits agricoles ou de bois en chauffage d’appoint sont interdits.

Le ticket « pic de pollution » qui permet de voyager en illimité pour la journée sur le réseau bus et tram de la CTS est à 1,70€, sauf s’il est acheté à bord des bus, où il coûte alors 2€ (après un petit couac les premiers jours)

Une station de mesure mobile de l’ASPA, devenue Atmo Grand Est (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Par ailleurs, l’Atmo Grand Est recommande aux personnes sensibles (femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires,personnes asthmatiques) ou vulnérables à la pollution (par exemple: personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux) de ne pas pratiquer d’activité physique intense.

De manière générale, il est conseillé d’éviter les grands axes de circulation. Le département du Haut-Rhin, qui connait peu ou prou les mêmes niveaux de pollution, est également concerné par ces mesures. Elles sont levées également vendredi

De nouvelles mesures pour bientôt ?

Ces mesures sont reconduites tant que la pollution reste au seuil « d’information ». Compte tenu des conditions météorologiques, Atmo Grand Est anticipe que cet épisode dure plusieurs jours.

Hasard du calendrier, ce lundi 13 février, le préfet du Bas-Rhin Stéphane Fratacci, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS), le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) et le vice-président en charge de la qualité de l’air, Alain Jund (EELV) ont annoncé que l’Eurométropole allait avoir recours aux vignettes Crit’Air à partir de l’automne pour interdire l’accès à certaines zones aux véhicules les plus anciens et polluants. Mais les secteurs concernés restent en débat, tout comme si cette utilisation se limitera aux pics ou sera permanente comme à Paris.

Lors du pic du mois de janvier, seule la pluie avait réussi à disperser la pollution après 10 jours. Une situation qui avait fait dire au tandem strasbourgeois qu’il faut revoir les mesures d’urgence actuelles, jugées inefficaces.

Sur le long terme, on remarque néanmoins une légère baisse des polluants réglementés et mesurés avec fiabilité (PM10 ; NOx). Une tendance encourageante que ce début d’année pourrait contrecarrer. Preuve qu’en l’état, l’air alsacien est trop dépendant de la météo pour être sain ou non, sans même compter les polluants sur laquelle les mesures ne sont qu’expérimentales, telles les nanoparticules.

L’Université réfléchit à ouvrir d’autres bibliothèques le dimanche… d’ici deux ans

L’Université réfléchit à ouvrir d’autres bibliothèques le dimanche… d’ici deux ans

Face au succès de l’ouverture dominicale de la bibliothèque nationale universitaire (BNU), l’Université de Strasbourg prévoit d’imiter ce mouvement pour certains de ses établissements, dont le futur bâtiment Studium prévu pour la rentrée 2019.

Les dimanches après-midi, peu avant 14h, de nombreux étudiants se pressent devant la Bibliothèque nationale universitaire (BNU), place de la République à Strasbourg, surtout en période d’examens. Il est fréquent que certains ne trouvent pas de place. La BNU est la seule bibliothèque, universitaire ou municipale, ouverte à Strasbourg le dimanche, depuis sa longue rénovation de 2010 à fin 2014.

Questionné lors d’un déjeuner au club de la presse de Strasbourg lundi 6 fervrier, le nouveau président de l’Université de Strasbourg (Unistra), Michel Deneken, se dit favorable à d’autres ouvertures :

« Plus les horaires d’ouvertures sont grandes, plus la réussite universitaire est forte. C’est une statistique qui est peu mise en avant. Par le passé, nous avons étendu les horaires au Pôle européen de gestion et d’économie (PEGE) et ouvert la bibliothèque de médecine et de pharmacie le samedi. « 

Mais pour cela, il va falloir être patient. Il faudra attendre, a priori, environ deux ans et demi :

« On y verra plus clair dans deux ans avec l’ouverture du Studium, qui remplace la bibliothèque Blaise Pascal, boulevard de la Victoire, laquelle vient d’être fermée pour être démolie (ses fonds sont transférés à la bibliothèque de la fac de droit U2/U3, ndlr). »

Le Studium, prévu pour la rentrée 2019(architecte Jean-Pierre Lott)

Le Studium est un grand projet du « Plan Campus » de 6 630 m² , 37 salles et  995 places, financé majoritairement par l’État (22 millions d’euros), mais aussi le Conseil départemental du Bas-Rhin (5 millions d’euros), la Région Grand Est et l’Eurométropole (1,5 million d’euros chacun).

Selon Michel Deneken, la réflexion de l’Unistra sur ces ouvertures vaut aussi pour les ouvertures pendant les vacances scolaires, où les bibliothèques universitaires fonctionnent en horaires réduits, voire sont complètement fermées.

Une ouverture dominicale de la BNU d’État, cofinancée par l’Université

La BNU est la propriété de l’État, qui en gère aussi le fonctionnement, mais l’Université de Strasbourg participe au financement de la nouvelle ouverture dominicale, grâce à une partie de l’argent obtenu par les Initiatives d’Excellence (Idex), à hauteur de 45 000 euros sur les 200 000 nécessaires par an. « Nous avions le choix entre ouvrir davantage les soirs ou les dimanches, ce que nous avons testé », se rappelle Michel Deneken, qui était alors premier vice-président. Il souhaite désormais « renforcer ce partenariat. »

La Bibliothèque universitaire est le seul établissement strasbourgeois ouvert le dimanche. (photo Marie Marty / Rue89 Strasbourg)

Les médiathèques de la Ville, réflexions entamées il y a un an

La loi Macron permet aux mairies d’ouvrir ses médiathèques le dimanche. Mais cette loi ne s’applique pas en Alsace et en Moselle, régit par le droit local. La municipalité strasbourgeoise avait néanmoins lancé une réflexion sur cette possibilité, à l’aide d’un questionnaire en ligne. Un an après, elle n’a pas encore exprimé quelles suites elle souhaitait donner à cette consultation. Lors des vacances universitaires, une partie des étudiants de la région en profitent.

Hopeless Jack en concert à l’anniversaire de Stef, le plus underground des Strasbourgeois

Hopeless Jack en concert à l’anniversaire de Stef, le plus underground des Strasbourgeois

Permettez moi de vous présenter Stef, perceur, DJ Captain’Acab et organisateur de nombreux événements. Une personnalité incontournable dans l’univers underground strasbourgeois qui, pour ses 40 ans, fait venir pour la première fois en France le duo de dirty blues Hopeless Jack. Un concert intimiste, à l’Elastic, pour seulement 50 privilégiés.

A-t-on encore besoin de présenter Stef, figure phare de l’underground strasbourgeois depuis près de 20 ans ? DJ connu sous le nom de Captain’Acab, perceur respecté chez Derm Hospice, il est également programmateur et organisateur de bon nombre de belles soirées bien rock’n’roll à Strasbourg et de nombreuses expos, par exemple chez Jeanette et les Cycleux ou au Grincheux, sans oublier, évidemment, la convention Tattoo World Strasbourg !

Je suis habituée à le croiser depuis mes 18 ans. À l’époque, tout juste débarquée du petit village paumé d’Alsace profonde où j’ai grandi, je le trouvais impressionnant, sans même le connaître, mais simplement par son look et son charisme. Aujourd’hui que je le connais un peu mieux, et son univers, je ne le trouve que plus impressionnant, ce grand monsieur de l’underground alsacien. Il se donne à fond pour faire bouger cette ville, par la musique, par le tatouage, par les soirées et les événements multiples.

Pour ses 40 berges, il se paie un groupe de blues

À l’occasion de ses 40 ans, Stef fait venir pour la première fois en France Hopeless Jack, un duo américain qui évolue entre la soul, le blues et le garage, pour un concert sexy et dirty. Ça se passe le dimanche 12 mars à l’Elastic Bar. Il n’y a que 50 places disponibles, qu’il est encore possible de réserver auprès chez Lucky Electric (9 rue des Pucelles, Strasbourg). Une soirée pas comme les autres, qui promet d’être inoubliable, avec que du beau monde en plus…

Pour ce concert, et son anniversaire, Stef a accepté de répondre à quelques unes de mes questions.

Pourquoi avoir choisi ce groupe pour ton anniversaire ?

« Quand on est programmateur, organisateur, on travaille toute l’année avec des tourneurs ou manageurs qui nous proposent des tas de groupes. Hopeless Jack m’a été proposé, j’ai été agréablement surpris et n’ai pu résister à les inviter. »

Est-ce que tu les as déjà vu en concert ?

« Mis à part les vidéos sur Youtube, non, je ne les ai jamais vus mais j’ai vraiment hâte ! C’est leur premier concert en France, et peut-être même leur premier en Europe. »

Qu’est-ce que tu aimes chez eux ?

« J’adore leur puissance, leur fraîcheur et leurs racines musicales tirées du Blues, du Garage avec une touche très sauvage mais aussi très actuelle. »

Stef Acab
Captain’Acab aux manettes (Photo Djeb Touch-arts)

Est-ce que tu vas mixer le soir de ton anniversaire pour continuer la soirée après le concert ?

« Je ne mixerai pas ce soir-là mais l’ambiance musicale sera assurée avec une sélection de tout ce que j’aime depuis longtemps ! Et la musique tournera toute la soirée pour les motivés du bulbe ! »

L’idée d’un apéro, un dimanche, en petit comité, est assez fun. Mais pourquoi ?

« Un dimanche à 18h30 parce que ni les vieux copains ni la plupart des gens d’ailleurs ne se bougeraient plus tard puisqu’ils bossent le lendemain. En plus un apéro-concert est toujours plus convivial. Il n’y aura effectivement que 50 places pour le public mais j’ai aussi ma propre liste d’invités, le bar risque donc d’être bien plein ce soir-là ! Je fête mes 40 ans de vie, mes 25 ans d’activiste underground. Ce n’est pas rien quand même. »

L’Élastic Bar, une étoile de l’underground dans les années 90

Pourquoi L’Elastic Bar ?

« C’est un peu le premier bar que je fréquentais dans les années 90 et aussi l’endroit où j’ai commencé à mixer il y a 20 ans maintenant…Ce bar a été un endroit vraiment très réputé à l’époque dans tout l’hexagone ! C’était un peu le rendez-vous de tous les groupes, des fans de Hardcore, Punk, Métal, Fusion, Hip-Hop en after de La Laiterie … C’était aussi l’endroit où pas mal de DJs strasbourgeois ont fait leurs débuts et certains d’entre eux ont fait une longue route depuis à l’international. Ça c’est tassé au début des années 2000 avec un changement de patron, moins porté sur l’underground que son prédécesseur. »

Il les porte pas bien ses 40 piges ? (Photo Laurent Khram Longvixay)
Il les porte pas bien ses 40 piges ? (Photo Laurent Khram Longvixay)

Dans la présentation de l’événement, tu parles d’un « nouvel Elastric », tu peux m’en dire plus ?

« Oui, un nouvel Elastic, on parle peut être même d’un revival underground. La nouvelle équipe en place à l’air d’être très motivée et la mayonnaise commence à monter à nouveau avec pleins de programmations annoncées sur les trois prochains mois. J’espère qu’il redeviendra ce lieu incontournable qu’il était il y a 20 ans. »

Ça te fait quoi de fêter cet anniversaire ?

« Euh… Je ne vais pas dire que ça ne  fait rien puisque c’est 40 ans quand même et avec le temps, on fatigue mais la motivation est encore bien là, la fête aussi ! »

« Le capitalisme est passé par là »

Comment le monde de la musique underground à Strasbourg a beaucoup évolué depuis tout ce temps ?

« L’univers underground évolue sans cesse en bien, en mal, malgré les réseaux sociaux qui bloquent un peu les gens chez eux et les rendent un peu moins solidaires des scènes dites « locales ou underground ». Malgré la difficulté à faire bouger les masses, le positif est qu’il reste encore heureusement des petites choses, des groupes, des musiciens motivés mais surtout un public fidèle, conscient que tout risque de disparaître si l’on ne soutient pas cette scène.

Le négatif est que le public se tourne de plus en plus vers les salles officielles, où la sélection musicale est très commerciale, sans réelle initiative. En gros les gens pensent que si tu payes 20 ou 30 euros ta place, t’es certain d’en avoir pour ton argent… Ça réfléchit comme un actionnaire et non plus comme un activiste d’un genre. Le libéralisme, le capitalisme, est aussi passé par là et détruit aussi peu à peu la véritable scène underground. »

De prochains événements à annoncer ?

« Je ne serai pas étonné si un Tattoo World Strasbourg était annoncé en octobre… »

Un rassemblement « Justice pour Théo » samedi après-midi

Un rassemblement « Justice pour Théo » samedi après-midi

Le collectif du 19 mars appelle à un rassemblement en solidarité avec Théo, ce samedi 11 février à 15h, place Kléber. Cet habitant de 22 ans d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, a subi des insultes racistes et un viol. À l’issue d’un contrôle d’identité qui a dégénéré, un policier lui a introduit sa matraque télescopique dans l’anus et provoqué des saignements.

Une vidéo atteste de l’agression et l’auteur a reconnu les faits, bien qu’il plaide « un accident ». Ses trois collègues sont aussi mis en examen, pour violences en réunion. Depuis, réactions politiques et protestations violentes à Aulnay-sous-Bois s’enchainent. Depuis sa chambre d’hôpital, Théo a lancé un appel au calme.

Des rassemblements dans plusieurs villes

Le collectif du 19 mars milite pour une grande manifestation pour exiger « Justice et dignité » pour les familles qui ont perdu des proches, qui ont été au contact des forces de l’ordre. Des rassemblements se sont tenus dans plusieurs villes.

Ce ne sera pas la seule manifestation à Strasbourg samedi. Le matin, se tiendra à Strasbourg la marche annuelle des Kurdes, de la gare à la Meinau. Environ 20 000 personnes sont attendues