Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

À la rencontre des objets du cinéma de science-fiction au Vitra Design Museum

À la rencontre des objets du cinéma de science-fiction au Vitra Design Museum
Vue de l’exposition « Science Fiction Design: From Space Age to Metaverse »

Près de Bâle, une exposition au Vitra Design Museum propose de rencontrer des objets du cinéma de science-fiction jusqu’au 10 mai 2026. Science Fiction Design : From Space Age to Metaverse est composée de 37 œuvres : mobiliers, photographies, magazines et vidéos.

Le Vitra Museum permet de se familiariser avec des objets de design. Disposés sur des étagères en plexiglass à trois niveaux, des objets issus du cinéma de science-fiction – chaises ou tables et fauteuils, ou encore livres et jouets – sont proposés au regard du spectateur. Ils sont visibles sous tous les angles. Là où le flux cinématographique limite leur observation, le dispositif d’exposition invite les spectateurs à suspendre le temps et à observer librement les objets.

Les formes arrondies et lisses qui s’offrent au regard du spectateur appartiennent à l’esthétique du Space Age, mouvement de design né dans les années 1960, marqué de par son contexte géopolitique (développement de l’arme atomique et nucléaire), dont il tient l’inspiration pour l’élaboration de ces formes. À l’inverse, des formes plus anguleuses sont également présentes dans l’exposition, rompant avec l’esthétique du Space Age, pour un design plus pragmatique.

La science-fiction comme (dé-)calque de l’état du monde

L’exposition débute avec les ouvrages littéraires et cinématographiques qui ont marqué le genre de la science-fiction depuis ses débuts, avec Frankenstein, écrit par Mary Shelley en 1818, les écrits de Jules Verne, avec les prouesses technologiques, le cinéma de Georges Méliès dont Voyage dans la Lune, réalisé en 1902.

L’articulation des différentes pièces s’effectue selon les diverses thématiques soulevées dans les films de science-fiction : le colonialisme, l’utilisation du nucléaire, le rêve de vivre ensemble dans un monde futuriste, la guerre, l’arrivée de l’intelligence artificielle, etc. Ce sont les conflits qui ont existé par le passé qui ont inspiré de nombreux designers dans la quête d’un mobilier plus pratique, plus ergonomique et plus simple. 

Depuis les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune en 1969, l’être humain se met à fantasmer un futur dans les airs, avec des voitures à ailerons et des cités spatiales autarciques. Ainsi, les designers et les architectes se mettent à réinventer le monde : grâce au développement des matières plastiques, ils se prêtent au jeu de proposer du mobilier, toujours plus étonnant par ses formes, ses couleurs et ses textures.

Verner Panton, Fantasy Landscape, 1970.Photo : Jade Guéro / Rue89 Strasbourg

Verner Panton par exemple casse les lois de la physique en jouant sur l’horizontalité, la verticalité, le sol et les murs. La chaise qui est tout aussi bien une table dans son travail intitulé Fantasy Landscape (1970), un cocon haut en couleurs dans lequel on peut se lover dans n’importe quelle position. Olivier Mourgue, quant à lui, propose son modèle de chaises Djinn en 1968 dans le film 2001, l’Odyssée de l’espace, réalisé par Stanley Kubrick, qui a été séduit par leurs formes rondes, souples et colorées.

Scorpion Computer Cockpit, 2020Photo : Jade Guéro / Rue89 Strasbourg

Les designers cherchent à produire ce qui n’existe pas encore : on aperçoit dans la salle d’exposition une robe interactive et numérique (Anouk Wipprecht, Audi A 4 Dress Collection, 2015), un fauteuil de gaming immersif aux allures de scorpion (Scorpion Computer Cockpit, 2020). De quoi s’imaginer comme Neo, le héros principal de Matrix.

#Weil am Rhein

À Molsheim, Safran attaque deux syndicalistes CGT pour un tract jugé diffamatoire

À Molsheim, Safran attaque deux syndicalistes CGT pour un tract jugé diffamatoire
Le façade de Safran Landing Systems à Molsheim.

Début janvier, la direction de Safran Landing Systems Molsheim a déposé une plainte pour diffamation à l’encontre de deux élus CGT de l’entreprise suite à la diffusion d’un tract. La CGT dénonce une « atteinte à la liberté syndicale ».

Attaqués en justice pour un tract syndical. C’est la situation à laquelle font face deux représentants syndicaux de la CGT Safran Landing System (SLS) à Molsheim. Début janvier, le directeur de Safran Molsheim, soutenu par la direction du groupe, a porté plainte pour diffamation concernant un tract diffusé en novembre 2025.

Ce tract diffusé le 13 novembre rendait compte de l’audience d’un ancien délégué CFDT, condamné en décembre 2025 pour détournement de fonds. Des membres de la CGT s’étaient rendus à cette audience et avaient retranscrit, dans le tract, la défense de l’accusé, qui mettait en cause la direction. Le document contenait en outre des caricatures qui auraient attiré les foudres de la direction et plus particulièrement du directeur du site. 

La CGT, de son côté, dénonce dans une lettre ouverte au directeur : « Un élu ou militant CGT qui distribue un tract n’agit jamais à titre personnel, mais en tant que représentant de l’organisation syndicale. (…) Ces poursuites sont injustifiées, disproportionnées et attentatoires aux libertés syndicales. »

Des propos qui mettent en cause la direction

Lors de cette audience, l’ancien délégué CFDT de Safran a évoqué qu’il n’était pas seul à avoir bénéficié du détournement de fonds, affirmant que le comité social et économique de l’entreprise et son directeur étaient au courant. Une déclaration reprise par la CGT pour son tract.

Jean-François Bequet, coordinateur syndical CGT Safran, évoque un droit à l’information du public :

« On a simplement repris les propos du prévenu. Donc on parle de faits relatés dans une audience publique. S’il y a diffamation, c’est de la part du prévenu. »

Suite à la diffusion du tract, la direction générale de Safran  a demandé au syndicat de retirer le tract des réseaux sociaux. La CGT s’est exécutée, non pas par « reconnaissance de faute » mais « dans un esprit d’apaisement » affirme Jean-François Bequet le 24 novembre 2025 

Une atteinte à la liberté syndicale 

Mais l’entreprise et le directeur ont porté plainte malgré ce retrait, pour la diffusion du tract dans l’entreprise et par courriel. Pour les représentants syndicaux sur place, c’est aussi la douche froide. Stéphane Schiffmann, délégué syndical local et central, dénonce :

« Nous sommes choqués par la procédure qui a été individualisée. C’est comme si on attaquait le postier pour un article qui ne nous plairait pas dans un journal qu’il nous livre. C’est de l’intimidation. »

Une situation qui impacte fortement les représentants syndicaux visés par la plainte. L’un d’entre eux déclare :

« Je trouve ça désolant et ça me touche profondément. Ça me fait réfléchir. Depuis que je suis au courant de cette plainte, j’y pense beaucoup. Je le ressens vraiment comme une attaque personnelle. »

Sollicitée, la direction de Safran n’a pas souhaité s’exprimer sur cette plainte.

#Safran Landing Systems

La qualité de deux cliniques de Schiltigheim jugée « insuffisante » par la Haute autorité de santé

La qualité de deux cliniques de Schiltigheim jugée « insuffisante » par la Haute autorité de santé
L’entrée de la clinique de l’Ill à Schiltigheim.

Selon un rapport de septembre 2024 de la Haute autorité de santé (HAS), les cliniques du Ried et de l’Ill à Schiltigheim offrent « une qualité de soins insuffisante ».

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#clinique de l'Ill#clinique du Ried

À Wissembourg, la maternité de l’hôpital menacée de fermeture

À Wissembourg, la maternité de l’hôpital menacée de fermeture
Les naissances sont en baisse constante à la maternité du centre hospitalier de Wissembourg. La fermeture de l’établissement est à craindre.

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La CMA conforte Jean-Luc Hoffmann au poste de président

La CMA conforte Jean-Luc Hoffmann au poste de président
Jean-Luc Hoffmann reste président de la Chambre de métiers d’Alsace.

Après un vote de confiance le 13 janvier, la Chambre de métiers d’Alsace (CMA) a témoigné un large soutien à son président Jean-Luc Hoffmann. Le gérant de deux boucheries à Haguenau est visé par une plainte pour des faits de violence et de harcèlement sur des apprentis.

C’est un soutien exprimé avec peu de réserve. Le 13 janvier, « les élus de la Chambre de métiers d’Alsace ont donné un vote de confiance favorable à Jean‐Luc Hoffmann, confirmant la poursuite de son mandat de président, indique un communiqué de l’institution. Selon les informations des Dernières Nouvelles d’Alsace, Jean-Luc Hoffmann a obtenu le soutien des trois quarts des élus de la CMA, déclarant :

« Face à vous, je souhaite exprimer mes regrets sincères pour l’impact que la situation récente a pu avoir sur la Chambre de métiers d’Alsace, ses élus, ses collaborateurs et ses partenaires. Je fais face aux procédures en cours avec transparence et responsabilité, et mon énergie est désormais tournée vers l’avenir. »

Vote à bulletin secret

Un mois après nos révélations sur la sanction administrative du président, « ce vote, organisé à bulletin secret, a permis à chacun de s’exprimer librement », assure un communiqué de la Chambre des métiers. Pour rappel, Jean-Luc Hoffmann, gérant de deux boucheries à Haguenau, est visé par une plainte pour harcèlement et violences de la part d’un ancien apprenti. Le 6 octobre 2025, les contrats de ses quatre apprentis ont été rompus, la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) lui interdisant le recrutement de nouveaux apprentis pour cinq ans.

Dans le communiqué, il appuie :

« La formation des jeunes — parfois très tôt et parfois dans des situations de grande fragilité sociale — est devenue plus exigeante pour les entreprises artisanales, et impose de mieux concilier exigence professionnelle, sécurité des équipes et accompagnement humain. »

Ce soutien de l’institution intervient alors que plusieurs responsables syndicaux et institutionnels avaient appelé la CMA à réagir. Dans un courrier adressé à Jean-Luc Hoffmann, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian, avait notamment souhaité connaître «  les mesures envisagées pour garantir la continuité, la crédibilité et la sérénité de l’action de la CMA avant que la justice ne se prononce sur le fond. »

Pression des agriculteurs sur le Parlement européen contre l’accord UE-Mercosur mardi 20 et mercredi 21 janvier

Pression des agriculteurs sur le Parlement européen contre l’accord UE-Mercosur mardi 20 et mercredi 21 janvier
La FNSEA et les JA devant le Parlement européen le 12 mars 2024.

Mardi 20 janvier, à Strasbourg, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs iront jusqu’au Parlement européen pour protester contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, désormais approuvé par une majorité d’États-membres.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit se rendre au Paraguay samedi 17 janvier pour signer cet accord commercial contesté par les agriculteurs français. Et la colère ne faiblit pas. Le 20 janvier, la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes Agriculteurs (JA) promettent « une grosse mobilisation », selon Yohann Lecoustey, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin. « Elle sera soutenue par la Copa-Cogeca [un lobby représentant les intérêts des agriculteurs européens] et des syndicats de toute l’Europe seront présents », ajoute-t-il.

Tracteurs par centaines

Plusieurs cortèges défileront, à commencer par les tracteurs qui occuperont le trafic routier mardi matin sur les principaux axes vers Strasbourg. « L’objectif, c’est que les tracteurs se mettent en place vers 8h30 puis défilent entre 11h et midi à Strasbourg. Dans le Bas-Rhin, on attend entre 400 et 500 véhicules, auxquels s’ajouteront 200 à 300 arrivant du Haut-Rhin. On aura aussi quelques Lorrains qui seront là », estime Laurent Fischer, secrétaire général de la FDSEA 67.

Selon lui, des perturbations sont à prévoir sur la N1083 de Sélestat à Fegersheim au sud, sur la A4 à partir de Brumath au nord, sur la A35 dans les environs de Strasbourg, et sur la N4 depuis Wasselonne et Marmoutier. À l’arrivée au Parlement européen, prévue vers 12h30, les tracteurs veulent stationner au milieu des boulevards qui entourent le bâtiment Louise Weiss.

Des délégations de chaque pays européen

Des délégations venues d’autres départements français doivent se déplacer en bus jusqu’à Strasbourg. Sans oublier « trois grosses délégations, respectivement d’agriculteurs italiens, belges et polonais, et un petit groupe de quasiment chaque pays européen ». Les bus seront garés rue Jacques-Kablé.

Les responsables syndicaux souhaitent réunir tout le monde devant l’institution pour le vote quotidien de la session plénière, qui débute à midi. Laurent Fischer rappelle l’effet politique attendu :

« Nous on veut que la saisine soit prise par le Parlement européen pour bloquer tout le processus pendant les 18 mois qui viennent. On ira jusqu’au bout de ce qu’on peut faire. Sinon, on fera le tour dans les supermarchés pour voir s’il y a des produits qui viennent d’Amérique du Sud. Mais ça, c’est la prochaine étape. »

Vote des députés le 21 janvier

Les agriculteurs prévoient de rester devant le Parlement européen le lendemain, mercredi 21 janvier, alors que les députés européens trancheront effectivement sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). L’objectif d’une telle procédure serait de vérifier que l’accord est compatible avec les traités européens. Surtout, un recours auprès de la CJUE interromprait le vote du texte par le Parlement européen, le temps de son examen par les juges. La durée moyenne des procédures de la CJUE s’élevait à près de 18 mois en 2024.

Côté français, l’Assemblée nationale a rejeté, mercredi 14 janvier, les deux motions de censure déposées respectivement par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Les deux groupes parlementaires souhaitaient rebondir sur le dépit du milieu agricole français. Mais ni les groupes du « socle commun », ni le Parti socialiste, n’ont pris part au vote. Une motion de censure doit recueillir 289 votes pour être adoptée.

L’agitation politique a repris dès le vendredi 9 janvier au niveau national, après qu’une majorité d’États-membres ont donné leur accord à la Commission européenne pour la signature du traité. L’opposition de la Pologne, l’Autriche, la Hongrie, l’Irlande, et la France, n’ont pas suffi à réunir une minorité de blocage.

Les militants d’Extinction Rebellion condamnés à des amendes pour un tag contre Stocamine

Les militants d’Extinction Rebellion condamnés à des amendes pour un tag contre Stocamine
Au mois de juin 2025, le tribunal administratif de Strasbourg validait l’enfouissement définitif des déchets toxiques de Stocamine.

Jeudi 15 janvier, le tribunal judiciaire de Saverne a condamné les huit militant·es d’Extinction Rebellion à payer 400 euros d’amende chacun. Les activistes écologistes étaient poursuivis pour deux tags, l’un dénonçant Stocamine et l’autre la pollution de l’air.

Que risque-t-on à dénoncer la pollution de l’eau et de l’air en taguant un pont ? Jeudi 15 janvier, le président du tribunal correctionnel de Saverne a tranché. Peu après neuf heures, Thomas Lamorelle a prononcé le délibéré pour les huit militants et militantes d’Extinction Rebellion. Ces derniers étaient poursuivis pour deux tags, dont un dénonçant l’enfouissement de 42 000 tonnes de déchets toxiques à Stocamine (lire nos enquêtes), l’ancienne mine de potasse située en dessous de la nappe phréatique d’Alsace à Wittelsheim (Haut-Rhin).

Le président du tribunal a commencé par prononcer la nullité de la garde à vue des activistes écologistes. Il a ensuite relaxé les militant·es pour le tag sur la pollution de l’air à Mundolsheim. Les prévenus ont été déclarés coupables pour l’inscription concernant Stocamine sur le pont autoroutier de Dorlisheim. Ils ont été condamnés à payer chacun 400 euros d’amende pour « dégradation en réunion ayant provoqué un dommage léger » et pour avoir « réalisé des inscriptions ayant provoqué un dommage léger ». La peine est assortie d’une dispense d’inscription au bulletin numéro 2 du casier judicaire.

Les auteurs du tag voulaient écrire « Stocamine contamine ».Photo : Document remis

Des faits requalifiés

Lors de l’audience le lundi 22 décembre, la procureure Constance Champrenault avait requis trois mois de prison avec sursis pour les activistes. Elle avait estimé que les dégradations commises à travers le tag étaient substantielles et non « légères », comme l’avaient considéré les gendarmes au moment de l’interpellation.

Les avocats de la défense avaient alors soutenu la nullité de la procédure, dénonçant une répression « disproportionnée », des placements « abusifs » en garde à vue et la fouille « irrégulière » du véhicule d’un des prévenus.

Dans son délibéré, le tribunal a finalement requalifié l’infraction « au regard notamment de l’absence d’atteinte à l’usage de l’ouvrage, du coût limité de la remise en état et de l’absence de trouble avéré à l’ordre public ». Des faits passibles d’une peine contraventionnelle et non d’une peine de prison.

« Nous espérions la relaxe »

Au sortir de la salle d’audience, les activistes annoncent d’une même voix leur intention de faire appel, déterminés à porter leur combat jusqu’aux plus hautes instances nationales et européennes :

« Nous espérions la relaxe, car nous considérons que notre action est juste. Nous voulons faire reconnaître la nécessité de s’exprimer face à l’urgence environnementale et climatique. Nous irons jusqu’à la Cour de cassation et la Cour européenne des droits de l’Homme si nécessaire, parce qu’il faut faire avancer la jurisprudence. »

Dans un communiqué de presse, le tribunal a indiqué avoir « pris en compte que les faits s’inscrivaient dans un contexte d’expression d’opinions relatives à un sujet d’intérêt général mais a jugé que cette circonstance ne faisait pas obstacle à une déclaration de culpabilité, dès lors que les modalités de l’action avaient présenté des risques pour la sécurité des personnes et des usagers de la voie publique et que d’autres moyens d’expression existaient ».

La Région Grand Est supprime 829 places en formation infirmière pour la rentrée 2026

La Région Grand Est supprime 829 places en formation infirmière pour la rentrée 2026
La région Grand Est prévoit de supprimer plus de 800 places dans les formations infirmières.

Faute de financements de l’État, la Région Grand Est diminue le nombre de places disponibles dans les formations d’infirmières. Une décision qui risque de renforcer le manque de personnel soignant dans des établissements déjà sous tension.

Les établissements de santé ont-ils assez d’infirmiers et infirmières ? Pas vraiment. Mais peu importe. Mardi 13 janvier, la Région Grand Est a annoncé aux directions des Instituts de formations sanitaires (IFSI) une baisse des quotas d’infirmiers et infirmières formées. Au nom d’un « principe de prudence » face aux financements incertains de l’État, la Région Grand Est a décidé de revenir aux quotas de 2019. Pour la délégation du Grand Est de la Fédération hospitalière de France, cela revient à la suppression de 829 places à la rentrée 2026.

Difficultés de recrutement à venir

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Samedi 17 janvier, rassemblement « pour soutenir la révolution en cours » en Iran

Samedi 17 janvier, rassemblement « pour soutenir la révolution en cours » en Iran
Manifestation de soutien au mouvement « Femmes Vie Liberté » en octobre 2022 à Strasbourg.

Les collectifs Femme, Vie, Liberté et Non à la peine de mort en Iran appellent à un rassemblement à Strasbourg en soutien aux manifestations en Iran. Ils seront notamment rejoints par le PCF, Extinction rébellion et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples.

« Pour soutenir la révolution en cours, pour dire ni mollahs ni chah et pour dire non à l’impérialisme en Iran », plusieurs collectifs strasbourgeois appellent à se rassembler samedi 17 janvier à 15h, place Kléber à Strasbourg. Le rassemblement sera suivi d’un cortège.

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation populaire, nourrie par l’aggravation des difficultés économiques et par une crise de légitimité au sein de la République islamique. La révolte éclate trois ans et demi après le mouvement Femmes, vie, liberté, déclenché à la suite de l’assassinat de Mahsa Amini. L’étudiante de 22 ans avait été arrêtée par la police des mœurs iranienne pour une violation supposée du port du voile obligatoire.

Répression sanglante

Selon l’organisation de ​défense ‌des droits humains Human Rights Activists News Agency (HRANA), la répression du mouvement populaire iranien a fait près de 2 500 morts dans le pays. Cette répression sanglante pourrait s’accentuer avec une première exécution d’un manifestant interpellé et condamné par le pouvoir judiciaire.

À Strasbourg, les rassemblements de soutien à la contestation populaire ont pris plusieurs formes. Deux manifestations ont eu lieu samedi 10 janvier, l’une place du Corbeau, s’opposant à un retour régime impérial, l’autre place Kléber, en soutien à l’héritier du shah d’Iran. Samedi 17 janvier, les collectifs Femme, Vie, Liberté et Non à la peine de mort en Iran entendent également dénoncer l’interventionnisme états-unien.

Marche pour « l’indépendance et la dignité » du Racing dimanche 18 janvier

Marche pour « l’indépendance et la dignité » du Racing dimanche 18 janvier

Des associations de supporters appellent à marcher pour l’indépendance du Racing club de Strasbourg dimanche 18 janvier. Ce rendez-vous est fixé après le transfert soudain de l’entraîneur du Racing à Chelsea, club appartenant au même consortium d’investisseurs.

« Quand je parle à des supporters qui ne sont pas spécialement contre la multipropriété, ils sont souvent quand même très déçus ou choqués par cet événement. » Alexandre, membre de la Fédération des supporters du Racing club de Strasbourg, voit dans le départ précipité de l’entraîneur Liam Rosenior vers Chelsea, « la droite ligne de la politique des actionnaires ». Depuis 2023, le Racing fait partie d’une multipropriété appartenant au consortium d’investisseurs BlueCo, dont le club le plus important est Chelsea.

« On est une équipe B, on est traité comme une équipe B », constate simplement Alexandre. Une situation inacceptable pour quatre associations de supporters, dont celles qui animent la célèbre tribune ouest du stade de la Meinau : les UB90, le Kop Ciel et Blanc, la Pariser Section et la Fédération des supporters du Racing club de Strasbourg. Elles donnent rendez-vous « à tous ceux qui sont attachés à l’indépendance du Racing » dimanche 18 janvier à 13h, au local de la Fédération des supporters, au 1 rue du maréchal Lefebvre. Une marche partira à 13h30 pour rejoindre le stade de la Meinau, avant le match contre Metz.

Alexandre, porte-parole de la Fédération des supporters.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Lutte commune pour de nombreux supporters

« On apprécie les bons résultats et le fait de jouer la coupe d’Europe bien sûr, mais le plus important pour nous, c’est que notre club s’inscrive dans une communauté, en lien avec ses supporters », explique Alexandre :

« Si ce n’était que les résultats qui comptent, on n’aurait pas été là à l’époque où le Racing est descendu en CFA 2 (cinquième division, NDLR). Il ne peut pas devenir une équipe B utilisée par un autre club, ce n’est pas possible. Cette marche, c’est pour l’indépendance et la dignité du Racing. Et nous voulons l’ouvrir à celles et ceux qui n’adhèrent pas à 100% à notre discours contre la multipropriété dans le football, mais qui ont été choqués par le départ de Liam Rosenior. »

Les supporters visiteurs déploient souvent des banderoles contre la multipropriété lorsqu’ils viennent au stade de la Meinau. C’était le cas des Nantais en 2023.Photo : Document remis

Les quatre organisations à l’origine de l’appel, comme de nombreuses associations de supporters en Europe, dénoncent régulièrement la multipropriété, perçue comme une nouvelle dérive du foot business.

Prison avec sursis et relaxe pour des éducateurs accusés de violences sur mineurs dans les Vosges

Prison avec sursis et relaxe pour des éducateurs accusés de violences sur mineurs dans les Vosges
Le Centre éducatif renforcé du Climont est géré par l’Arsea. Il accueille huit mineurs, placés sous mandat judiciaire, pour des séjours « de rupture » de plusieurs mois

Après plus de cinq ans d’enquête, le tribunal de Colmar a rendu son délibéré dans l’affaire des violences commises contre des jeunes hébergés en centres éducatifs renforcés. Deux éducateurs ont été condamnés à huit et six mois de prison avec sursis, un troisième a été relaxé. 

C’est un délibéré qui laisse « un goût d’inachevé », pour reprendre les mots prononcés par le procureur de la République de Colmar lors du procès, le 25 novembre 2025. Un procès qui était pourtant censé clore cinq années d’enquête sur des violences commises sur mineurs, dans deux centres éducatifs renforcés (CER) des Vosges, gérés par la gigantesque association régionale Arsea. 

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Catherine Trautmann veut « garantir des droits essentiels » aux Strasbourgeois

Catherine Trautmann veut « garantir des droits essentiels » aux Strasbourgeois
Catherine Trautmann a présenté aux journalistes le troisième volet de son projet de campagne.

Catherine Trautmann a dévoilé mardi 13 janvier le troisième volet de son projet politique, consacré au coût de la vie et à la défense des « droits essentiels » des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises. La candidate socialiste espère capitaliser sur le mécontentement créé par la politique sur le stationnement des écologistes.

Elle est installée dans l’intimité du bar musical Les Savons d’Hélène, au centre de Strasbourg, sur une longue table noire proche du comptoir. À 74 ans, l’ancienne maire de Strasbourg, et actuelle conseillère municipale d’opposition, se présente à nouveau aux élections municipales. Après l’annonce de sa candidature, de premières annonces sur la participation citoyenne, puis sur la sécurité, elle a présenté mardi 13 janvier le volet social de son programme.

Catherine Trautmann n’a pas besoin de mise en scène. Elle compte sur son aplomb habituel, emploie un ton grave, maîtrisé pour faire passer ses messages. « Les Strasbourgeois ont constaté le délitement et le déclassement de la ville », rapporte-t-elle en introduction, comme une évidence.

Pour « redonner à la ville son attractivité », la candidate socialiste entend revenir sur une partie des politiques menées par Jeanne Barseghian, la maire sortante (Les Écologistes) de Strasbourg et candidate à sa réélection. Ses premières cibles : le prix et les contraintes de stationnement. « Beaucoup de gens ne viennent plus en centre-ville car garer sa voiture est devenu trop cher », assure-t-elle. Mais dans ses propositions, elle ne mentionne aucun changement de tarif dans les zones payantes. C’est le prix de l’abonnement résident qui serait revu à la baisse.

Tarifications solidaires et encadrement des loyers

Anticipant les critiques, Catherine Trautmann assure que ses propositions ne visent pas à promouvoir un retour de l’automobile en centre-ville. Mais selon elle, « chaque nouvelle contrainte doit s’accompagner d’une mesure compensatoire ». Des mesures dont elle n’a pas dévoilé précisément les contours… Si ce n’est une baisse modeste du prix du ticket Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) ou la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Ce dernier point « a été chiffré à 6 millions d’euros, que nous pourrions intégrer dans le budget de fonctionnement. Pour cela, je compte sur le désendettement de la CTS », déclare celle qui souhaiterait réaliser un audit des finances de la Ville dès son élection. Reste que, pour l’heure, le ton est surtout à la réhabilitation de places de stationnement supprimées durant le mandat écologiste et au développement des places « violettes », celles qui coûtent deux euros pour une heure et demie.

Impossible pour la candidate socialiste de ne pas mentionner le prix du logement, un sujet de premier ordre à Strasbourg. Elle souhaite y répondre par l’encadrement des loyers, une mesure qu’elle avait déjà proposée en 2022 lors d’un conseil métropolitain :

« Nous avions proposé d’entrer dans l’expérimentation qui avait été suivie par plusieurs villes de France. Je constate aujourd’hui que c’est une proposition qui figure dans celles de la maire sortante, alors qu’elle n’avait pas été soutenue par les écologistes à l’époque. »

Si elle est élue, la candidate socialiste projette d’entamer deux grandes réflexions autour du logement et des mobilités sous la forme de conférences citoyennes.

Rassemblement contre l’expulsion d’une famille en plein hiver mercredi 14 janvier

Rassemblement contre l’expulsion d’une famille en plein hiver mercredi 14 janvier
Le collectif DAL 67 appelle à un rassemblement mercredi 14 janvier 2026.

Contre l’expulsion d’une famille de quatre enfants, le comité droit au logement du Bas-Rhin appelle à un rassemblement, mercredi 14 janvier à 10h, devant un centre d’accueil de demandeurs d’asile à Cronenbourg.

Pas de trêve hivernale pour les demandeurs d’asile. En France, en 2026, il reste possible d’expulser des personnes de leur logement en plein hiver. C’est le cas pour une famille avec quatre enfants, originaire d’Afghanistan, sur le point d’être mise à la rue à Strasbourg. Elle est hébergée dans un centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) du Foyer Notre-Dame. La mère est enceinte de 8 mois. Le comité du droit au logement du Bas-Rhin (DAL 67) appelle à un rassemblement contre cette expulsion mercredi 14 janvier à 10h, devant le CADA les Cèdres situé au 5 rue Jacob Meyer à Cronenbourg.

Une situation que Sylwan, membre du DAL 67, dénonce :

« On a été informés en urgence de cette situation. La famille a reçu la mise en demeure de la préfecture le 6 janvier et peut être expulsée à tout moment. Ces personnes risquent de se retrouver à la rue, parce que les services d’hébergement d’urgence sont tous saturés à Strasbourg. »

Expulsion en pleine trêve hivernale

La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, empêche les expulsions de locataires. Mais cette famille afghane fait face à la dureté du traitement des réfugiés. Elle a obtenu l’asile et doit donc théoriquement quitter le centre d’accueil pour demandeurs d’asile, avec une proposition de relogement par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

Dans le cas de cette famille, l’OFII a proposé un relogement à Saint-Louis, alors même que les enfants sont scolarisés à Strasbourg et que les parents y travaillent. C’est à cause de ce refus que la famille risque l’expulsion sans relogement. « Les échanges entre la famille et le CADA ont été profondément bureaucratiques. Les arguments de la famille n’ont pas du tout été entendus et la procédure d’expulsion s’applique sans discussion », poursuit Sylwan. 

Contacté, le Foyer Notre-Dame n’a pas donné suite à notre sollicitation.

À Strasbourg, la justice condamne la société Sappe à verser 150 000 euros

À Strasbourg, la justice condamne la société Sappe à verser 150 000 euros
Des poussières de coke de pétrole et d’extraits de vinasse s’échappent du site de l’entreprise Sappe.

Une entreprise du Port du Rhin a été condamnée le 12 janvier pour avoir exploité une installation classée pour la protection de l’environnement sans autorisation. Elle écope de près de 150 000 euros d’amendes et d’une interdiction d’exploiter durant un an.

« Mon client est celui qui a investi le plus pour prévenir ce type de désagréments. » L’avocat de la Société anti-pollution et protection de l’environnement (Sappe) aura tout tenté, lors de l’audience du 11 décembre 2025 au tribunal judiciaire de Strasbourg. Cette entreprise du port du Rhin stockait notamment du coke de pétrole et de l’extrait de vinasse, deux substances dangereuses pour la santé.

Les arguments de la défense n’ont pas convaincu les juges. Dans son délibéré rendu le 12 janvier, le tribunal a déclaré Sappe coupable des délits d’exploitation et de poursuite d’une activité industrielle classée pour la protection de l’environnement (ICPE) sans autorisation.

Deux délits et une kyrielle de contraventions

Pour ces deux délits, l’entreprise est condamnée à une amende de 120 000 euros, contre les 200 000 euros initialement requis par la procureure Priscille Cazaux. Cette condamnation, contre laquelle la Sappe peut faire appel, s’accompagne d’une interdiction d’exercer une activité de tri, de transit, ou de regroupement de déchets pendant un an.

En mars 2024, comme l’avait révélé Rue89 Strasbourg, le parquet avait saisi la juge des libertés, qui avait suspendu l’activité de stockage de coke de pétrole de la société Sappe. La juge avait ordonné « la suspension immédiate des activités de la société Sappe relatives au coke de pétrole et à l’extrait de vinasse, pour une durée maximale de 10 mois », dans l’attente de l’obtention d’une autorisation environnementale pour son activité.

La société écope de plusieurs autres contraventions en lien avec son exploitation, allant de 1 500 euros pour ne pas avoir transmis à la Dreal son rapport sur la qualité de l’air, à 5 000 euros pour ne pas avoir suffisamment entretenu les abords de son site.

La société Bio Brasseurs, qui s’était portée partie civile a obtenu la reconnaissance de son préjudice moral. À ce titre, la Sappe est également condamnée au versement d’un euro symbolique et au paiement des 7 230 euros de frais de justice de Bio Brasseurs.

« Signal envoyé aux installations »

« Cette décision est un bon signal envoyé aux installations classées pour la protection de l’environnement », se réjouit Me François Zind, l’avocat de la société Bio Brasseurs. L’entreprise, qui produit du Kombucha au Port du Rhin, avait saisi le parquet de Strasbourg pour les émissions de poussières de son voisin. « On ne peut pas habiter à côté d’une zone industrielle. Moi, je n’habiterais pas là », avait rétorqué Lucien Modery, gérant de l’exploitation qui comparaissait le 11 décembre au tribunal de Strasbourg.

Cette décision du tribunal de Strasbourg intervient dans un contexte de renforcement du droit pénal environnemental, note l’avocat de Bio Brasseurs. Une directive de l’Union européenne a ainsi élargi les atteintes à l’environnement et renforcé les sanctions liées à la délinquance environnementale. Comme les autres États membres, la France a jusqu’au 21 mai 2026 pour transposer la directive dans son droit national.

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À Munchhouse, l’usine de méthanisation décriée ne verra pas le jour

À Munchhouse, l’usine de méthanisation décriée ne verra pas le jour
Après cinq années de contentieux juridiques, le projet de méthanisation de Munchhouse a été abandonné.

Les agriculteurs à l’origine du projet de méthanisation à Munchhouse ont renoncé à la construction du méthaniseur. Après cinq années de mobilisation citoyenne et de procédures juridiques, ses détracteurs expriment leur soulagement.

Clap de fin pour le projet de méthanisation de Munchhouse, près de Mulhouse. Les trois agriculteurs de la SAS Kaligaz ont finalement renoncé à leur projet. « Dès l’origine, notre association a alerté sur les risques environnementaux majeurs que faisait peser ce projet, ainsi que sur ses nombreuses fragilités juridiques et territoriales », rappelle Alsace Nature, dans un communiqué du 9 janvier.

Risques de pollution

Connue pour la perméabilité de ses sols, composés de graviers transportés par le Rhin, la Hardt agricole est fortement exposée aux risques de pollution. En juin 2010, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse avait ainsi observé « une dégradation significative de la qualité de l’eau à cause de la méthanisation dans la zone où l’agglomération de Metz prélève l’eau potable ».

Le projet d’usine porté par la société Kaligaz se situait à quelques centaines de mètres du point de captage d’eau potable alimentant les communes de Munchhouse, mais aussi Hirtzfelden, Roggenhouse et Rustenhart. Le syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable (SIAEP) de Munchhouse et environs avait intenté plusieurs recours contre le permis de construire de l’usine. Au nom de la protection de la nappe phréatique, l’association locale de défense de l’environnement Hardt Environnement, soutenue par Alsace Nature, s’était également opposée au projet.

« Voir ce projet abandonné, je ne peux que m’en réjouir », appuie Anne Freyburger, la présidente du syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable (SIAEP) de Munchhouse et environs :

« Ce que je craignais par-dessus tout, c’est que les agriculteurs n’avaient pas prévu d’assurance en cas de pollution du milieu. Mais le projet était trop petit et n’avait pas été classé comme un projet industriel. Heureusement qu’ils ont renoncé. »

Espèces protégées

Photo de la Laineuse du Prunellier à Sundhoffen en octobre 2021.Photo : Thomas Lux / Association Imago

Prévue sur le site Natura 2000 de la « zone agricole de la Hardt », la future usine devait s’implanter sur le lieu de vie et de reproduction de la Laineuse du prunellier, un papillon de nuit protégé. « C’est au nom des espèces protégées qu’on avait attaqué, indique François Zind, l’avocat d’Alsace Nature. Une plainte, classée sans suite, avait été déposée dans ce cadre pour destruction d’habitat. »

Après avoir « dépensé beaucoup d’énergie en cinq ans » sur ce dossier, Me François Zind, se dit « satisfait du résultat », notamment au regard « de la dissymétrie entre les associations déposant les recours et les porteurs de projets de méthanisation ».