Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

GCO : nouveau face-à-face autour de travaux préparatoires, côté champs

GCO : nouveau face-à-face autour de travaux préparatoires, côté champs

Quelques dizaines d’opposants au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg ont afflué autour de travaux préparatoires ce lundi 26 mars. Deux forages se situaient de part et d’autre d’un grand champ. Reportage en vidéo autour d’une mobilisation presque ordinaire.

Mobilisation express. Les opposants au Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg ont reçu un nouveau message d’alerte en provenance de la Zone à défendre (Zad) du moulin à Kolbsheim ce lundi 26 mars. Les cloches du village ont à nouveau sonné. L’un des forages géotechniques se situait en lisière d’un verger en amont, ce qui a un temps dérouté les vigies qui habitent sur place. Ils craignaient des déracinements, comme il y en a eu en février.

Les quelques ouvriers de la société Fondasol ont mis en place des grillages autour de l’espace qu’ils devaient analyser sous le regard de plusieurs dizaines d’opposants, restés à distance. Mais cette machine n’a jamais été mise en route. La faute à une panne ont expliqué les ouvriers aux opposants. Ils n’ont pas souhaité s’exprimer auprès de la presse. Toutes ces péripéties se sont déroulées sous le regard des gendarmes et d’un huissier. Une pelleteuse, une benne et des camionnettes ont rebroussé chemin.

Un autre sondage au même moment

Mais pendant ce temps, un forage a démarré quelques centaines de mètres plus haut. Le temps de l’apercevoir et de remonter le champ, les grillages étaient posées et la foreuse en route. On y recroise Les gendarmes qui étaient en contrebas quelques minutes plus tôt. Une dizaine d’opposants ont suivi le mouvement.

Tentative de début de forage à Kolbsheim encadré par les gendarmes (Photo Thibault Vetter)

Pas d’opposition physique

Les opposants choisissent de ne pas s’interposer physiquement sur ce type de travaux préparatoires, dont les effets ne sont pas irréversibles. Début mars, deux militants s’étaient enchaînés sous une foreuse et ont été interpellés une fois les machines reparties. Ils seront jugés au tribunal correctionnel de Strasbourg en mai pour « opposition par la violence ou voies de faits à l’exécution de travaux publics ou d’utilité publique ».

Du côté d’Arcos, la filiale de Vinci, on confirme les infos recueillies sur le terrain. Ces travaux préparatoires sur « une zone avec un important déblai » sont autorisés dans les champs jusqu’au 1er avril selon un arrêté préfectoral dérogatoire du 24 janvier 2017 sur les zones « espèces protégées » comme c’était le cas ici. On confirme également que la machine a eu « du mal à démarrer » ce matin.

Une pelleteuse et une benne ont rebroussé chemin (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Dans ce cas, il serait logique qu’une équipe revienne au même endroit dans les tous prochains jours. Sur place, les gendarmes ont confirmé ne pas avoir eu à s’interposer face à l’attitude calme de la trentaine d’opposants.

Quartier Laiterie, un « conseil citoyen » fantôme qui ne dérange pas la Ville

Quartier Laiterie, un « conseil citoyen » fantôme qui ne dérange pas la Ville

L’État demande qu’un « conseil citoyen » accompagne l’élaboration, la mise en oeuvre et l’évaluation du contrat de ville dans tous les « quartiers prioritaires de la politique de la ville » (QPV). Mais au quartier Laiterie, deux ans après son lancement, le conseil citoyen ne fonctionne pas et la collectivité s’en passe.

La loi Lamy de 2014 oblige les collectivités à associer un conseil citoyen à la réflexion sur la rénovation de tout quartier prioritaire de la politique de la Ville (QPV). L’idée est d’associer les habitants aux décisions qui vont les concerner directement, puisqu’elles vont changer leur environnement. L’Eurométropole de Strasbourg (EMS), qui compte 13 QPV, n’échappe pas à cette règle. Mais à y regarder de plus près, l’EMS ne la respecte pas partout. Au quartier Laiterie, le conseil citoyen est « en sommeil » depuis plus d’un an. Ville et Eurométropole y avancent sans lui.

Le conseil citoyen du quartier Laiterie a été inauguré en avril 2016, en présence de Mathieu Cahn, vice-président de l’EMS en charge de la politique de la Ville et de la sous-préfète de Strasbourg d’alors, à la résidence des Arts, rue du Hohwald. Le principe retenu est le même qu’ailleurs à Strasbourg, le conseil citoyen est une émanation du conseil de quartier, instance de démocratie participative instituée par la municipalité à la taille bien plus large. L’idée est de ne pas faire de doublons avec ce qui existe déjà.

Très rares habitants du QPV

Gabriel Goubet, habitant du quartier, se souvient de la première réunion du conseil citoyen, après laquelle il a « décroché » :

« C’était ubuesque. Comme les organisateurs n’arrivaient pas à remplir la réunion, ils étaient allés chercher des gens qui ne vivaient même pas dans la zone. Ça ne rimait à rien. Les discussions n’ont même pas donné lieu à des votes à mains levées. On nous a expliqué qu’on ferait des réunions pour aller présenter les résultats dans d’autres réunions… Le tiers des présents étaient là pour des revendications très concrètes du quotidien, un autre tiers parce qu’ils connaissaient des gens de la Ville et gonflaient les chiffres et puis le dernier tiers, c’était des gens éduqués et de bonne volonté qui voyaient bien que c’était du flan institutionnel. »

Pierre Schweitzer, habitant du centre-ville et membre du conseil de quartier, se souvient aussi que dès le départ « les objectifs posés étaient très abstraits ». De mois en mois entre avril et août 2016, il a vu le conseil se vider :

« Les habitants du QPV, on les a vus très rarement. Ils venaient avec de vrais soucis du quotidien pas très entendus et qui ne rentraient pas dans le cadre prévu pour ce type de réunion. On perdait trois personnes à chaque réunion, jusqu’à ce qu’on se retrouve à 3 lors de la dernière. Et alors l’animatrice a proposé d’arrêter. »

Le conseil citoyen est vide... mais ça dérange qui ? (Photo Rémi Lanvin / FlickR / cc)
Le conseil citoyen est vide… mais ça dérange qui ? (Photo Rémi Lanvin / FlickR / cc)

Fin sans explication

Aucun des participants initiaux n’a pour autant reçu d’explication officielle sur la fin de ce conseil que la Ville dit être « en sommeil ». Pour Loubna (le prénom a été changé pour garder son anonymat), habitante du QPV, et mère d’enfants qui y sont scolarisés, ces réunions n’étaient pas très utiles :

« C’était du blabla pour rien. J’ai donné mes idées, parlé de l’insécurité pour nos enfants, de la mauvaise fréquentation des parcs. Je me suis exprimée comme j’ai pu. J’avais espéré que la Mairie réagisse. Mais rien ne s’est passé. Il n’y a eu aucun suivi de nos longs débats. « 

Paul Meyer, l’adjoint du quartier Centre-Gare dont fait partie l’îlot Laiterie, regrette cet échec :

« Légalement, je n’ai aucun lien avec ce conseil citoyen. J’ai demandé à Mathieu Cahn et à Chantal Cutajar de me rendre des comptes sur ce qui en ressortait mais je n’en ai pas eu. Face aux difficultés du conseil citoyen, j’en ai été réduit à recruter moi-même des gens pour y aller. Ceux que j’ai convaincus ne sont pas restés. Ils m’ont dit s’y être sentis infantilisés, et intimidés par la présence d’habitants qui n’habitent pas le QPV et qui venaient importer des débats plus politiques. L’idée de l’Etat, c’est de créer des conseils citoyens spécifiques pour les QPV parce que sociologiquement les habitants de ces quartiers populaires sont moins représentés dans les instances de concertation. Sauf que là, on a dit à tout le monde de venir. Même avec la meilleure volonté du monde, quand des gens qui ont les codes de la prise de parole en public sont là, ça écrase la parole des autres et ça prend leur place. C’est ce que les habitants du QPV qui ont participé ne supportaient plus. Sans couper les ponts avec les conseils de quartier, j’avais proposé que les membres non habitants du QPV ne viennent qu’une fois sur deux, ou qu’à une partie du temps de réunion. Mais ça n’a pas été suivi. Le mélange, ça s’organise. Quand on vient des quartiers populaires, on a des aspirations très concrètes. Ce n’est pas crédible de parler de grands projets quand les petits soucis du quotidien ne sont pas réglés, comme la réparation des serrures de son immeuble par exemple. »

Mathieu Cahn pour une formule plus souple

Pour Mathieu Cahn, les formes de consultation des habitants exigées par l’Etat ne sont pas adaptées partout et devraient être plus souples :

« Pour ma part, je trouvais que ce n’était pas une excellente idée d’installer des conseils citoyens dans tous les QPV. L’îlot Laiterie notamment n’a pas de frontières urbaines avec le reste du quartier gare. Il y a quelques problématiques spécifiques mais surtout beaucoup d’autres qui dépassent le seul périmètre du QPV. L’arrivée du tram, par exemple, relève du conseil de quartier. La difficulté est que le conseil citoyen a été vampirisé par le conseil de quartier, quel est le sens d’avoir deux démarches ? A d’autres endroits, c’est l’inverse. A la Meinau par exemple, le conseil de quartier est vampirisé par le conseil citoyen. C’est un problème de faire coexister ces deux instances. C’est toute la difficulté d’appliquer des règles standards à des quartiers qui ne sont pas standards. Mais la représentation des habitants ne passent pas uniquement par un conseil citoyen. Le quartier Laiterie a un tissu associatif dense qui représente les habitants aussi. L’objectif, c’est d’associer les habitants. Il y a le formalisme et l’objectif. C’est pourquoi je plaide face à l’Etat pour des formats plus souples de conseils citoyens à partir du moment où les objectifs sont atteints avec des moyens adaptés à la réalité des territoires. »

Des listes différentes pour la Ville et la préfecture

Depuis le départ, Ville et préfecture n’ont pas la même liste de membres du conseil citoyen du QPV Laiterie, l’Etat n’ayant pas validé celle de la Ville. Mathieu Cahn explique qu’il ne s’agirait que d’une différence « formelle » entre l’arrêté préfectoral qui désigne les membres de ce conseil et une réalité pratique qui inclut d’autres membres du conseil de quartier qui n’habitent pas le QPV et ne peuvent donc figurer dans la liste officielle. La préfecture, dans la grande tradition des réponses claires de l’administration, se borne à indique que sa liste est « en cours d’actualisation en lien avec la Ville et l’EMS ».

Mais en attendant que Ville et Etat se mettent d’accord sur les objectifs et la légitimité d’un conseil citoyen qui pourrait fonctionner, le contrat de Ville avance sans lui. Ainsi, aucun habitant n’a jamais assisté aux comités de suivi des projets du QPV Laiterie, alors que la loi prévoit que le conseil citoyen doit y être représenté. La préfecture rappelle pourtant :

« L’objectif [des conseils citoyens] est de rendre les habitants acteurs dans les territoires aux côtés de l’Etat et des collectivités et les associer à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des contrats de ville. »

Malgré cette difficile concertation, trois chantiers ont été réalisés dans l’îlot Laiterie au titre du contrat de Ville : le déplacement d’une aire de jeu de la rue des Rremparts à la rue de Rothau, le revêtement neuf du city stade, et l’installation d’un point d’eau dans le jardin partagé du quartier.

Paul Meyer reste enthousiaste

Quant à Paul Meyer, il a pris d’autres voies pour consulter les habitants de l’îlot Laiterie sur l’utilisation des crédits de droit commun qu’il réserve pour la rénovation du quartier.

« Le conseil citoyen laisse un constat d’échec mais nous l’avons contourné de manière très heureuse. Avec l’équipe de proximité, on s’est munis de paper boards et on a fait les sorties d’écoles, les sorties de supermarché, les pieds d’immeubles pendant deux mois pour entendre ceux qui ont beaucoup de choses à dire hors des cadres. Cette opération de concertation de terrain a débouché sur une réunion au Molodoï pendant six heures pour toucher le plus de monde possible. On y a présenté les grandes orientations de la rénovation et on va continuer avec la même méthodologie pour déterminer les détails d’aménagement rue par rue. L’idée est d’être dans le concret et dans le précis. Voilà l’expérience de démocratie participative que nous menons en lieu et place de ce que devrait apporter un conseil citoyen si Chantal Cutajar [adjointe au maire en charge de la démocratie locale] et Mathieu Cahn l’avaient fait fonctionner. »

Un enthousiasme qui contraste cependant avec la faible participation à la réunion au Molodoï, que Rue89 Strasbourg avait pu constater.

Mathieu Cahn indique qu’une réunion publique sera organisée en avril pour informer les habitants sur les instances existantes et présenter les projets issus de la politique de la Ville, mais aussi de la rénovation issue des crédits de droits communs (circulation, stationnement…). Quant au prochain comité de pilotage élargi du contrat de Ville, dont la date n’est pas encore connue mais approche, il risque de se faire une fois de plus sans représentants du comité citoyen du quartier Laiterie.

Démocratie locale : les dossiers évoluent ailleurs que dans les instances prévues

Démocratie locale : les dossiers évoluent ailleurs que dans les instances prévues

La démocratie locale fait parfois évoluer les projets à Strasbourg, mais rarement via des instances mises en place par les décideurs, qui se retrouvent alors juge et partie.

Le conseil citoyen de la gare ne fonctionne plus, deux ans à peine après son installation. Cela ne veut pas dire que cette instance, mise en place par la loi pour tous les quartiers prioritaires de la ville (QPV), ne fonctionne nulle part.

Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€.

Contribuez à consolider un média indépendant à Strasbourg, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

L’office de tourisme de Strasbourg épinglé pour sa gestion financière

L’office de tourisme de Strasbourg épinglé pour sa gestion financière

Le rapport commandé par l’Eurométropole égratine l’Office de tourisme de Strasbourg. En plus d’un retard sur le numérique, on y apprend que ses investissements laissent à désirer. L’exemple le plus criant : 75 000 euros ont été déboursés pour exporter le Marché de Noël à New York, sans que le projet n’ait été concrétisé.

 
Dessin de Piet.

Contrat triennal : le Département du Bas-Rhin va tripler sa participation

Contrat triennal : le Département du Bas-Rhin va tripler sa participation

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Gagnez vos places pour « Après l’ombre », et un débat sur la réinsertion

Gagnez vos places pour « Après l’ombre », et un débat sur la réinsertion

Les cinémas Star et Rue89 Strasbourg organisent mercredi 28 mars une soirée autour de la détention longue et de la réinsertion, avec la projection du film « Après l’ombre » suivie d’une rencontre avec des professionnels de l’administration pénitentiaire et de l’Éducation nationale.

Dans le cadre des soirées « ciné-club », les cinémas Star et Rue89 Strasbourg s’associent pour proposer la projection du documentaire « Après l’ombre », mercredi 28 mars à 20h15 au cinéma Star. La projection sera suivie d’une rencontre avec des professionnels de la réinsertion et de l’Éducation nationale en milieu pénitentiaire.

Le pitch

Une longue peine, comment ça se raconte ? C’est étrange ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps. Ainsi s’exprime Didier Ruiz lorsqu’il entreprend la mise en scène de son dernier spectacle monté avec d’anciens détenus de longue peine. Dans le temps suspendu des répétitions on voit se transformer tous ces hommes – le metteur en scène y compris. Le film raconte la prison, la façon dont elle grave dans les chairs des marques indélébiles et invisibles. Il saisit le travail rigoureux d’un metteur en scène avec ces comédiens « extraordinaires ». Et surtout il raconte un voyage, celui qui va permettre à cette parole inconcevable de jaillir de l’ombre pour traverser les murs.

La soirée

Après la projection, nos invités répondront à vos questions sur la détention et la réinsertion :
    Cathy Christophe, directrice de la Maison d’arrêt de Strasbourg, Laurent Blanchard, responsable de l’enseignement à la Maison d’arrêt de Strasbourg, Alexandre Pierre, directeur du Service pénitentiaire d’insertion et de probation de la Maison d’arrêt de Strasbourg.

Le concours

Rue89 Strasbourg et les cinémas Star vous proposent de gagner 10 invitations pour deux personnes pour cette soirée. Et sinon, les personnes se réclamant de Rue89 Strasbourg pourront bénéficier d’un tarif à 5€ la place.

Le Département du Bas-Rhin au secours d’une partie des contrats aidés

Le Département du Bas-Rhin au secours d’une partie des contrats aidés

Qui a dit que les contrats aidés étaient une politique de gauche ? La majorité de droite au conseil département du Bas-Rhin va débloquer plusieurs millions d’euros pour atténuer les effets de leur diminution. Dans département, le nombre de contrats – fixé par la Préfecture – va ainsi passer de 3 946 à 2 391 entre 2017 et 2018.
D’ailleurs, il ne faut plus parler de contrats aidés, mais de Pec (pour

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Au salon de la restauration Egast, fesses, talons et résilles pour vendre de l’alcool

Au salon de la restauration Egast, fesses, talons et résilles pour vendre de l’alcool

Faut-il forcément des filles dénudées pour vendre quoi que ce soit ? Une vidéo d’un défilé érotique sur un stand d’alcool au salon Egast a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux. Le défilé ne devrait plus être proposé lors de la prochaine édition.

« Chez Dickely, on sait s’amuser. » C’est le message qu’a reçu une jeune fille de 21 ans, avec en vidéo un défilé de jeunes femmes en talons et tenues déshabillées (voir ci-dessous). Nouveaux modèles de lingerie, salon érotique ? Non, la vidéo a été prise au salon… des professionnels de la restauration, Egast, qui s’est tenu à Strasbourg du 18 au 21 mars.

Quand est-ce que l’on s’arrête ?

Un brin décontenancée, la jeune fille s’en émeut auprès de Charlotte Reinhart, qui était aussi présente au salon. Directrice d’une entreprise qui met en relation les cuisiniers et pâtissiers avec leurs clients, Tokenstock, Charlotte Reinhart décide de publier la vidéo sur Facebook en dénonçant le recours au « sexe pour vendre de l’alcool » et en ajoutant le mot-clé #balanceTesPorcs. Effet immédiat, la vidéo a provoqué de nombreux commentaires indignés. Elle explique :
« En tant que cheffe d’entreprise dans les métiers de bouche, je me bats pour que l’on soit considérées pour nos compétences et pas des « fesses-sur-pattes », ce qui est parfois le cas. C’était une animation de quelques minutes, vers 19h30-20h, mais cela reste un stand où des particuliers peuvent se rendre et/ou des professionnels viennent en famille. Je ne publie pas cette vidéo pour taper sur cette société, mais pour qu’on s’interroge sur quand est-ce que l’on s’arrête. On est sur un salon professionnel, pas au salon de l’érotisme. »
En fait, ça pourrait s’arrêter dès la prochaine édition. Directeur de Strasbourg Événement, société organisatrice du salon, Stéphane Hertzog, a d’abord commenté :
« Ce n’est pas Strasbourg Événement qui a organisé ce défilé. Mais vous savez, Egast, c’est 24 000 m² et 300 exposants. On ne peut pas savoir tout ce que font ou ont prévu d’organiser nos clients. Tant que ce n’est pas interdit par la loi, que les personnes sont déclarées… Et puis Dickely vend de l’alcool, ils voulaient peut-être rappeler le monde de la nuit. »
Mais il a reçu un appel de la Ville de Strasbourg, actionnaire principal de Strasbourg Événement, lui demandant d’écrire à la société Dickely à Sélestat afin que cesse ce type de défilé. Car parmi les commentaires indignés, il y a celui d’Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg :
« Ce défilé était totalement déplacé et inacceptable. J’ai saisi Strasbourg Événement, avec ma collègue Nawel Rafik-Elmrini (également adjointe au maire et présidente de la société, ndlr) pour que toutes les vérifications soient faites et qu’un tel événement, contraire aux valeurs du salon, ne se reproduise plus. Si l’entreprise Dickely est bien responsable de ce défilé, ils recevront une lettre de Strasbourg Événement leur demandant de ne pas le reproduire. »
Contactée, la société Dickely n’était pas en mesure de confirmer que ce défilé s’est bien tenu sur son stand et n’a pas souhaité apporter de commentaires.

« Bétonisation », densification… Le conseil de l’Eurométropole amende son plan d’urbanisme contesté

« Bétonisation », densification… Le conseil de l’Eurométropole amende son plan d’urbanisme contesté

Le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg du vendredi 23 mars va se pencher sur la première révision du Plan local d’urbanisme, qui a déjà provoqué pas mal de débats. Le mot-valise « bétonisation » sera forcément prononcé. À suivre en direct à partir de 9h.

Depuis sa dernière réunion en décembre, le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg (qui réunit les maires des 33 communes de l’agglomération) a perdu un groupe, mais en a gagné un. Abdelkarim Ramdane a quitté le groupe d’Europe Écologie Les Verts (EELV) pour La Coopérative ce qui fait disparaître EELV, sous le seuil obligatoire de 5 élus (Rue89 Strasbourg s’interrogeait sur cette possibilité dès juin). Un groupe « En Marche » s’est également formé et ne réunit à ce stade que des Strasbourgeois.

Ces équilibres vont encore bouger d’ici la prochaine réunion en avril car les élections anticipées à Schiltigheim (7 conseillers sur 100) vont un peu rebattre les cartes. Ce sera par exemple la dernière séance de l’ex-maire de Schiltigheim (2008-2014) Raphaël Nisand (PS passé chez LREM) qui ne se représente pas.

Urbanisme et déplacements

Concernant le débat du jour, il est à prévoir que la plupart des groupes s’expriment sur la révision du Plan local d’urbanisme (PLU). Elle concerne 74 emplacements dans 18 communes et l’intégration de cinq nouvelles communes mais ne remet pas en cause le rythme de 3 000 nouveaux logements par an voté fin 2016. Les premiers quartiers issus de cette politique amorcée dès le mandat précédent étant sortis de terre, ces débats sur la « bétonisation » deviennent plus concrets.

La délibération porte plus précisément sur le projet d’aménagement et le développement durable (PADD), un des documents légaux obligatoire. C’est l’occasion pour la plupart des groupes d’exprimer leur vision à court terme mais surtout à moyen terme de la ville, qui sait, peut-être dans la perspective d’échéances électorales futures.

Plusieurs Schilikois demandent d’ailleurs que cette délibération soit ajournée car la révision numéro 1 concerne entres autres la Cité du brasseur, où le débat sur les projets immobiliers sont intenses. Certains prévoient même de manifester devant le centre administratif avant la séance. Ils aimeraient que ce soit l’équipe élue mi-avril qui puisse décider de l’avenir et non celle qui reste en place malgré l’explosion de la majorité. Les élus métropolitains entendront-ils cette demande ?

Le quartier Danube entre l’Esplanade et Neudorf, symbole de la densification strasbourgeoise (Photo Pascal Bastien)

Des doutes chez « En Marche » ?

La révision du PLU a déjà soulevé de longs échanges lors du conseil municipal de Strasbourg lundi. À ce sujet, l’adjointe au maire en charge de la nature en ville Christel Kohler (LREM) a exprimé « un point de vigilance » pour « ne pas supprimer de espaces de nature en ville ». Une réserve, certes nuancée, sur la politique d’urbanisme que les marcheurs strasbourgeois n’avaient jamais exprimée jusque-là. La densification a toujours été présentée comme un rempart à « l’étalement urbain ».

L’Eurométropole a lancé en février un long « Grenelle » des mobilités jusqu’à l’automne pour faire le point sur ses politiques de transports. Là aussi, ce débat est l’occasion rêvée pour passer des revendications, notamment pour les maires de la deuxième couronne.

Des échanges à suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 9h.

La police évacue les étudiants et lycéens du Palais universitaire

La police évacue les étudiants et lycéens du Palais universitaire

Jeudi vers 20h30, la police a évacué le Palais universitaire de Strasbourg. Il était occupé depuis le matin par des lycéens et des étudiants en opposition à la réforme du bac et à la sélection à l’Université.

Environ 200 lycéens et étudiants avaient voté jeudi en assemblée générale une occupation illimitée du Palais universitaire de Strasbourg. L’objectif était d’y tenir des ateliers d’information dès le vendredi sur la réforme du bac et sur la sélection à l’Université.

Vers 20h30, après 20 minutes d’intervention, la police a contrarié ces plans et évacué le Palais universitaire dans un calme relatif, à l’aide de quelques effusions de gaz lacrymogènes. Barricadés, les étudiants se sont rassemblés dans le centre du bâtiment, avant de partir de leur propre chef, sous les applaudissements d’autres étudiants à la sortie.

Le Palais universitaire reste fermé jusqu’à lundi. Les cours sont annulés.

Vue de l’intérieur

Aux Deux-Rives, la plus haute tour en bois de France à 3 500 euros le mètre-carré

Aux Deux-Rives, la plus haute tour en bois de France à 3 500 euros le mètre-carré

Le chantier de la plus haute tour en bois de France est en cours à Strasbourg, dans le quartier des Deux-Rives. Bouygues Immobilier, le promoteur de ce projet, annonce que la tour « Sensation » sera livrée début 2019. La majorité des appartements, 80%, sont déjà vendus pour environ 3 500 euros le mètre-carré.

À Strasbourg, le plus haut ouvrage totalement en bois de France est en cours de construction, dans le quartier du Port-du-Rhin. Les agences françaises « ASP Architecture » et « Koz architectes » réalisent la conception. Les planchers, les façades, ainsi que les noyaux d’ascenseurs et d’escaliers sont composés à 100% de bois. L’édifice abritera 146 logements dans un bâtiment qui sera composé d’une base dont s’élèvent trois tours. La plus haute atteindra 37 mètres de haut avec 11 étages.

Selon Christophe Ouhayoun, architecte en charge du projet, 80% de ces appartements sont déjà vendus. Les futurs propriétaires pourront s’installer début 2019. Les prix moyen des logements est de 3 500 euros par mètre-carré. À Strasbourg, le prix moyen au mètre-carré s’établit à 2 666 euros.

Bouygues immobilier, le promoteur du projet, a bénéficié de 2,7 millions d’euros de subventions de la part de l’État pour financer cet édifice, qui coûtera environ 3,7 millions d’euros. En proportions, c’est 20% de plus qu’un bâtiment classique. D’après l’architecte principal, les vertus écologiques de l’édifice, notamment en termes d’isolation, permettront d’économiser de l’énergie pour le chauffage et d’atteindre des coûts à long terme bien moins importants que ceux d’un immeuble traditionnel.

Un chauffage à 15 kWh/m² et peu d’émissions de solvants par les peintures

La structure sera faite en panneaux lamellés croisés, c’est-à-dire des planches de bois collées ensemble. Ce bois provient de forêts autrichiennes. Il constitue un isolant très efficace, qui limitera la consommation d’énergie pour le chauffage à 15 kWh/m². C’est six fois moins que la moyenne en France, qui est de 100 kWh/m².

Les concepteurs ont accordé de l’importance à la qualité de l’air dans les appartements. Les matériaux qui composent les peintures murales ou les faux plafonds sont responsables de peu d’émissions de solvants. La pollution de l’air d’intérieur par les moisissures ou les polluants chimiques est qualifié de « problème de santé publique » d’après l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail).

Une présentation du chantier a eu lieu ce mercredi 21 mars. Roland Ries (PS), maire de Strasbourg et Robert Herrmann (PS), président de l’Eurométropole étaient présents pour saluer la qualité écologique du projet.

Pour Roland Ries, cette construction intervient dans le contexte de « la création d’un espace économique fort », le quartier des Deux-Rives :

« Nous voulons créer une ville transfrontalière avec Kehl, en urbanisant tous les terrains entre Strasbourg et le Rhin. Cette zone constitue un laboratoire de la construction en Europe. Elle accueillera 50 000 nouveaux habitants d’ici 20 ans. L’expansion de Strasbourg doit se faire du côté Est, plutôt qu’à l’Ouest, pour ne pas grignoter plus de terrain vers le Kochersberg. »

Et puis à l’ouest, il faut aussi laisser de la place pour une nouvelle autoroute, le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg.

#éco-construction#îlot bois

Des lycéens, accompagnés d’étudiants occupent le Palais universitaire de Strasbourg

Des lycéens, accompagnés d’étudiants occupent le Palais universitaire de Strasbourg

Ce mercredi 22 mars, une soixantaine de lycéens et étudiants ont investi le Palais Universitaire de Strasbourg vers 10h. Ils contestent la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur.

Les lycéens et étudiants sont restés discrets sur l’organisation de leur opération depuis deux semaines. Ce mercredi 22 mars, des lycéens en provenance de Marie Curie sont arrivés au Palais Universitaire. Ils ont réquisitionné dans le calme l’amphithéâtre 1.

Une opération menée en toute discrétion…

Les principales revendications des lycéens et des étudiants concernent la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur. Dans l’amphithéâtre, la soixantaine de lycéens et étudiants ont échangé sur l’organisation et l’occupation durant cette journée. Un exercice parfois difficile comme le souligne Léo, étudiant au lycée Marie Curie. Les prochains objectifs seront de continuer ce débat hors du Palais Universitaire, afin de poursuivre le « combat » dans leurs établissements respectifs.

L’après-midi, certains sont restés occuper les lieux, tandis que d’autres ont rejoint la manifestation en défense du service public place Kléber. En fin de journée, des étudiants étaient toujours sur place.

Peu après 20h, les policiers ont fait évacuer les lieux.

Plus de 3 500 personnes manifestent « en défense du service public »

Plus de 3 500 personnes manifestent « en défense du service public »

Environ 3 500 personnes se sont déplacées pour participer au premier cortège à Strasbourg en « défense du service public » jeudi 22 mars, à l’appel des syndicats de la fonction publique et de la SNCF. Retrouvez en vidéo les ambiances au sein du cortège.

Malgré le froid et un peu de neige, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées vers 14h jeudi 22 mars place Kléber à Strasbourg pour manifester contre les projets du gouvernement ciblant la SNCF et la Fonction publique.

La Préfecture estime à 3 500 personnes le nombre de manifestants. Sur place, les syndicats locaux avaient un décompte similaire, « entre 3000 et 4000 personnes ». La CGT revendique même jusqu’à 5 000 manifestants.

Hausse de la fréquentation

La participation est donc plus forte par rapport aux derniers défilés strasbourgeois lors de ce quinquennat. La plupart rassemblaient entre mille et deux mille personnes dans les rues de la capitale alsacienne. Une partie des manifestants, notamment les cheminots, avait pourtant choisi de se rendre à Paris pour cette mobilisation nationale.

Tous les syndicats ont appelé à la grève pour cette journée de mobilisation, qui doit servir de test dans le bras de fer qui va opposer les syndicats au gouvernement, notamment tout au long d’un projet de réforme de la SNCF et de la fonction publique.

Le cortège a défilé avec différents corps de métiers dans les rues du centre-ville strasbourgeois, sans heurts. Nous avons pu parler à des postiers, professeurs, cheminots, syndicalistes, surveillants pénitentiaire, gestionnaires de forêts, étudiants et retraités. À partir d’avril, les employés de la SNCF prévoient notamment une 36 jours de grève étalés sur trois mois.

Reportages en direct dans la manifestation

Élise : « Quand tu viens d’un collège REP+, tu dois redoubler d’efforts »

Élise : « Quand tu viens d’un collège REP+, tu dois redoubler d’efforts »

Élise Nguyen fait partie des deux élèves qualifiés pour la finale du concours d’éloquence. Mardi 20 mars, elle a conquis le jury réuni au lycée Le Corbusier. Sa réussite, in extremis, confirme la collégienne dans son état d’esprit : pour sortir du quartier et entrer dans un « bon » lycée, il faut travailler d’arrache-pied.

« Elle va en finale, mais c’était très chaud. » Le 20 mars, à 20h30, l’association D-Clic envoie les résultats du deuxième tour du concours d’éloquence. Élise Nguyen, la collégienne du quartier de Hautepierre que les lecteurs de Rue89 Strasbourg ont découvert mardi 13 mars (voir ci-contre), fait partie des deux finalistes.

Le matin même, Élise et sept autres candidats déclamaient leur discours dans un amphithéâtre du lycée Le Corbusier d’Illkirch-Graffenstaden. Face à la collégienne du quartier de Hautepierre, le jury était composé de doctorants et d’un étudiant en droit, d’une avocate et de la directrice adjointe du centre de formation des apprentis Le Corbusier.

Un état d’esprit quotidien

Il est 9h30 lorsqu’Élise est appelée pour entamer sa plaidoirie. Elle se lève, son discours de deux pages à la main, et descend les marches de l’amphithéâtre. La collégienne porte une robe noire impeccable. Les rayons du soleil inonde la salle à travers une baie vitrée de plusieurs mètres de haut. Élise est plus confiante que la semaine dernière. Ses mains tremblent moins qu’au premier tour. Son discours est assuré. Elle fixe le jury.

Pour ce deuxième tour du concours d’éloquence, la jeune fille de Hautepierre applique tous les conseils des jurés : ne pas parler trop vite, bien respirer, rester à l’aise. Elle a travaillé près de deux heures chaque jour depuis la semaine dernière. Chez Élise, cette application est un état d’esprit quotidien. L’élève vient d’un établissement classé REP+. Pour le ministère de l’Éducation nationale, elle vit dans un « quartier […] connaissant les plus grandes concentrations de difficultés sociales ayant des incidences fortes sur la réussite scolaire. »

Elise Nguyen face au jury de la demi-finale du concours d’éloquence. (Photo GK / Rue89 Strasbourg/ cc)

« Venir de REP+, c’est un mauvais point »

Élise est consciente des stéréotypes qui entourent son milieu de vie. Elle se bat contre ces idées reçues :

« Dans mon collège REP+, les gens ne remarquent pas que les élèves sont intelligents. Souvent, on ne les laisse pas parler et démontrer leurs capacités. Je sais que je dois plus m’accrocher que les collégiens d’autres établissements pour réussir. Pour aller aux Pontonniers (un lycée du centre-ville de Strasbourg, ndlr) par exemple, venir de REP+ c’est un mauvais point. Alors pour y arriver, je redouble d’efforts, au niveau de mes notes comme au niveau de mon comportement. »

La collégienne ressent une grande reconnaissance à l’égard de son établissement. Les enseignants font preuve de bienveillance. La jeune fille apprécie :

« Les professeurs du collège Erasme demandent souvent aux élèves comment vont leur grand frère ou leur grande soeur. Il y en a qui ont réussi. Certains ont étudié le droit, d’autres ont fait médecine. Il y a même le banquier de ma mère qui vient d’Erasme ! J’aimerais bien que mes anciens profs me citent en exemple lorsque mes petits frères seront au collège. »

Sa mère a hésité entre public et privé

La collégienne se souvient de cette période en CM2, où ses parents ont dû choisir son futur collège. Sa mère, Sandrine Grasser, a hésité à envoyer Élise dans le privé. « Elle avait peur qu’on se laisse entraîner par les groupes qui traînent devant le collège toute la journée », explique la jeune fille.

Les amis de Sandrine l’ont dissuadé de recourir aux collèges privés : « Les professeurs sont très bien au collège Érasme », ont-ils assuré. Camille Timmerman, chargée de mission de l’association D-Clic, confirme l’implication de l’établissement dans la réussite de ses élèves :

« Le collège Érasme est un partenaire de l’association depuis le début. Et ils sont très impliqués dans de nombreux autres dispositifs, comme les cordées de la réussite ou les concours organisés par Sciences Po Strasbourg. Au concours d’éloquence, un surveillant a accompagné les élèves d’Erasme pour chaque tour. »

Le 12 avril, Élise passera la finale du concours d’éloquence. Elle prendra la forme d’une « battle » lors de laquelle les deux finalistes s’opposeront sur un même sujet, encore secret. Le tout se déroulera au centre culturel Marcel Marceau, au Neudorf. La finale d’un concours de création d’entreprises se tiendra en parallèle. L’association D-Clic espère ainsi attirer entre « 150 et 200 personnes ». Peu importe l’issue de la finale, nul doute que les professeurs du collège Erasme se souviendront d’Elise quand son petit frère sera collégien.

Au Shadok, l’expérience des films en réalité virtuelle scrutée de près

Au Shadok, l’expérience des films en réalité virtuelle scrutée de près

Au Shadok, une campagne de projection de films en réalité virtuelle est organisée en 2018. Le Festival Européen du Film Fantastique et Seppia interactive collaborent pour proposer aux Strasbourgeois de s’immerger dans des courts métrages pensés pour la réalité virtuelle… et d’étudier leurs réactions.

Des projections de cinéma en réalité virtuelle (VR) seront proposées au Shadok tout au long de l’année 2018. La première des 6 soirées programmées a eu lieu mardi 20 mars, avec trois séances de cinéma tournés et pensés pour la VR.

Avec des lunettes et un casque audio en guise d’écran et de système sonore et des sièges qui tournent à 360 degrés, c’est un cinéma d’un nouveau genre que les spectateurs découvrent : l’espace visuel est complètement occupé par le film, le regard peut se poser à différents endroits, ce qui permet une immersion inégalée dans l’univers du film.

Tout le matériel installé au Shadok, vingt postes de visionnage, est financé par la Région Grand-Est. La Ville de Strasbourg met les locaux à disposition.

Casque réalité virtuelle
Développer les usages de la réalité virtuelle, un des projets accompagnés par le Shadok (Photo Nan Palmero / VisualHunt / CC)

« On a joué à guichet fermé » s’exclame Daniel Cohen, directeur artistique du Festival européen du film fantastique, association co-organisatrice du projet avec Seppia interactive. Les 60 places mises en vente pour la soirée ont toutes trouvées preneur :

« Tout le monde avait l’air satisfait. Le but était aussi de faire vivre une expérience collective, à l’instar du cinéma traditionnel. On veut casser cette image du spectateur qui vit une expérience complètement individuelle. »

Les films en réalité virtuelle sont réalisés spécialement pour l’expérience immersive. Au Shadok, pour cette première soirée, des films d’illustration étaient au programme : Sea prayer, récit de la mort tragique d’un enfant migrant pendant sa traversée de la Méditerranée ou encore ISawtheFuture, immersion dans l’esprit d’un futurologue. Mais les techniques de réalisation pour ce type de cinéma sont variées, et la prise de vue réelle est aussi une possibilité.

Une expérience pour analyser la viabilité de ce type de diffusion du cinéma VR

Cédric Bonin, cogérant de la société de production Seppia interactive, s’intéresse aux réactions des spectateurs :

« Nous produisons des films en réalité virtuelle. Beaucoup nous demandent où il est possible de les visionner. À Strasbourg, le Festival Européen du Film Fantastique était quasiment la seule possibilité d’assister à des séances de cinéma VR. Cette campagne de projection est une expérience de diffusion d’oeuvres de ce type. Des films réalisés dans le monde entier seront diffusés pour montrer au public que cela existe, et pour l’habituer à cette démarche. On se pose pleins de questions… Est-ce qu’il est possible de créer un modèle semblable au cinéma traditionnel ? Combien les spectateurs sont ils prêts à payer pour une séance ? »

En outre, le bureau d’économie théorique et appliquée, unité de recherche de l’université de Strasbourg, réalise une étude sur cette campagne. Des questionnaires pour les spectateurs sont réalisés, pour analyser le profil des individus présents. Il s’agit surtout d’établir si un modèle de large diffusion de cinéma VR peut se développer.

Prochaine séance le 17 avril.

#Cédric Bonin#Seppia

Les associations qui perdent des recours face à l’Eurométropole ne seront plus graciées

Les associations qui perdent des recours face à l’Eurométropole ne seront plus graciées

Urbanisme, transport, habitat, énergie… Les décisions de L’Eurométropole sont fréquemment attaquées en Justice, devant le tribunal administratif. À l’été 2017, l’association Zona a ainsi perdu son recours en appel contre la chaufferie biomasse du Wacken. Elle ne s’est pas pourvue en Cassation.
L’association créée en 1986 dénonce, parfois avec virulence, un grignotage progressif de la ceinture verte autour de Strasbourg . . .

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous