Il devrait y avoir 5 listes en lice pour conquérir la mairie de Schiltigheim pour deux ans. « Nouveau cap pour Schilick » se place à gauche de l’échiquier, entre les Insoumis et les écologistes.
Face au clash Kutner/Ball certains rêvaient d’un grand arc allant du centre-gauche à l’aile la plus radicale. Raté. Sauf surprise, il y aura 5 listes aux élections municipales anticipées à Schiltigheim en avril (voir tous nos articles). Au centre, « En Marche » a reculé, pris de court et
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L’ex-premier ministre japonais Naoto Kan était à Strasbourg mercredi 14 mars. L’homme politique était au pouvoir lors de l’accident nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011. Depuis, il soutient une transition vers les énergies renouvelables. Naoto Kan a encouragé les militants anti-nucléaire à redoubler d’efforts pour fermer la centrale de Fessenheim.
« Il faut fermer au plus vite les centrales nucléaires. » Naoto Kan, ancien premier ministre japonais, est catégorique. Mercredi 14 mars, à l’hôtel de ville de Strasbourg, les opposants à la centrale de Fessenheim sont ravis. Ils applaudissent. Cette conférence les revigore : le 12 mars, l’Autorité de sûreté nucléaire a autorisé le redémarrage du deuxième réacteur de la centrale nucléaire alsacienne. Il était à l’arrêt depuis juin 2016.
Devant une cinquantaine de militants écologistes et d’élus strasbourgeois, l’ex-chef de l’État japonais a expliqué son revirement sur le nucléaire. Le 11 mars 2011, il doit gérer la catastrophe de Fukushima. Par la suite, des simulations lui apprennent que l’orientation des vents a joué en sa faveur lors de l’accident. Une météo différente aurait conduit à l’évacuation de la capitale japonaise et de toute la population dans un rayon de 200 kilomètres autour de la centrale.
« Les énergies renouvelables peuvent remplacer le nucléaire »
Naoto Kan a appelé à une transition rapide vers les énergies renouvelables. « Elles sont bien moins coûteuses que la production d’une centrale nouvelle génération comme celle de Flammanville », a-t-il affirmé. Puis l’ancien premier ministre a conseillé les opposants au nucléaire :
« Il faut parler des énergies renouvelables et démontrer qu’elles peuvent complètement remplacer le nucléaire. Vous pouvez donner l’exemple des pays voisins de la France comme l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark. Au Danemark, 60% de l’électricité est produite grâce aux énergies renouvelables. Donc pourquoi pas en France? [où le nucléaire représente 72% de la production d’électricité, ndlr] »
Naoto Kan a ensuite terminé sa tournée française au Parlement européen de Strasbourg. Mardi 13 mars, il était invité à l’Assemblée Nationale par le groupe de la France Insoumise. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon organise jusqu’au 18 mars une consultation sur la sortie du nucléaire.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Comme souvent, la Ville de Strasbourg a profité du salon de l’immobilier à Cannes pour présenter les nouveautés de son futur quartier d’affaires Archipel (l’an dernier, c’était son nouveau petit nom et son logo), situé au Wacken. En 2018, place à la tranche 5 de la première phase. Ce lot comporte un hôtel (170 chambres), une résidence hôtelière (80 chambres) 4 étoiles tous deux opérés par Marriott, ainsi que deux bâtiments de bureaux (8 700 m² au total).
Un des immeubles de bureaux remplacera l’entrée du parc des expositions et du théâtre du Maillon, en conservant en partie la façade historique place Adrien Zeller. Dans la partie hôtelière, avec visiblement de grandes baies vitrées à son sommet, un parking public en étages sera intégré (350 places).
Lancement de la phase 2
Ces bâtiments ont été dessinés par les cabinets King Kong atelier d’architecture (Bordeaux) et drlwarchitectes (Mulhouse), sous l’égide des opérateurs Demathieu & Bard Immobilier et Adim Est.
De l’autre côté, du boulevard de Dresde, la deuxième phase, de taille comparable remplacera les actuels halls vétustes du parc des expositions, amené à être transféré de l’autre côté du Palais de la Musique et des Congrès (PMC).
Des mètres carrés pour les institutions européennes
De l’autre côté du quartier, il reste aussi 30 000 m² réservés aux institutions européennes dans l’espoir de pérenniser le siège du Parlement européen à Strasbourg
Photo : Public Domain Dedication CC0 1.0 / Visualhunt
L’Eurométropole de Strasbourg met en place un dispositif pour prévenir les habitants individuellement en cas de pic de pollution de l’air. Une inscription sur internet permet à chacun d’être prévenu par mail, SMS, ou appel vocal.
L’Eurométropole a conçu un système pour prévenir les habitants lors de périodes critiques de pollution de l’air, et/ou de mise en place de la circulation différenciée. La veille de chaque pic de pollution, ceux qui le souhaitent seront prévenus par mail, SMS ou appel vocal.
Un deuxième message sera envoyé à la fin du pic de la pollution mesurée (microparticules, dioxyde de carbone et ozone) ou du dispositif de circulation différenciée.
Inscription en ligne
Les strasbourgeois qui veulent être mis au courant de ces alertes doivent simplement s’inscrire sur le site strasbourg.eu. Après la validation de l’inscription, celle-ci deviendra effective dans un délai de deux semaines.
Lors d’un pic de pollution, des réductions de prix sont instaurées sur tous les réseaux de transports en communs ainsi que sur les locations de vélos à la journée. Un « ticket pollution » permet de voyager en illimité pour 1,70 euros (2€ si acheté à la montée dans le bus).
Depuis novembre, la circulation différenciée, à l’aide des vignettes Crit’air, est déclenchée à partir du troisième ou quatrième jour de pollution d’affilée. Pour l’hiver 2017-2018, aucun pic n’a été assez long pour y avoir recours. Au niveau national, des médecins plaident pour que ce soient les nanoparticules (dîtes « ultrafines »), plus petites, qui soient mesurées.
Strasbourg se trouve dans une plaine entre deux chaînes montagneuses, et est exposée à des vents modérés. Cette situation géographique induit une stagnation de l’air et une exposition importante aux risques de pollution atmosphérique.
Élise, la collégienne de Hautepierre, a fait ses preuves lors du premier tour du concours d’éloquence organisé par l’association D-Clic. Mardi à 9 heures, elle avait rendez-vous à l’école régionale des avocats avec un jury de quatre personnes. Grâce à son travail de préparation assidu, Élise est invitée à se rendre le 20 mars au lycée Le Corbusier. Cette fois, elle donnera son discours dans un amphithéâtre.
8h30, à Strasbourg. Élise, collégienne du quartier de Hautepierre, ouvre la grande porte en bois de l’école régionale des avocats du Grand Est. L’adolescente de 14 ans monte les escaliers de grès. Son discours tient sur deux feuilles. Elle les tient fermement dans ses mains moites.
Sur celle de droite, le henné s’estompe. L’heure du premier tour du concours d’éloquence approche. Avec Jawad, un ami du collège Érasme, Élise quitte la salle d’attente. Lui doit soutenir que l’être-humain ne deviendra pas esclave de la technologie. Elle doit affirmer que nous sommes libres de faire nos propres choix.
Élise Nguyen face au jury du concours d’éloquence Ogma. Il est composé de Romain Place, doctorant en droit public, Pierre Fritsch, organisateur du concours d’éloquence Oratio, Léa Spiess, doctorante en droit public et Eva Courgey, comédienne. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Une brève panique, puis Élise se reprend
Dans la salle de classe aux murs blancs, le président du jury explique le déroulé de la demi-heure à venir. Élise peut discourir de cinq à sept minutes. Elle devra ensuite répondre à des questions sur sa plaidoirie. « Si vous êtes prête, vous pouvez y aller », conclut Romain Place, doctorant en droit public.
Élise se lance. Elle connait son texte sur le bout des doigts. Ce matin encore, elle a répété ce discours plusieurs fois. Au début de sa plaidoirie, la collégienne de 14 ans peine à prendre de l’assurance. Quelques mots écorchés, un débit un peu rapide puis le trou de mémoire. Une brève panique apparaît sur le visage de l’adolescente. Elle regarde sa feuille, inspire longuement et reprend.
Le conseil d’Élise : oser
Vendredi 8 mars, l’élève avait déjà un texte bien ficelé. Depuis, elle a encore ajouté plusieurs paragraphes, plus personnels. Vers la fin de son discours, Élise témoigne :
« Aujourd’hui vous vous direz : comment une jeune fille de quatorze ans pourrait donner des leçons sur le choix d’une vie, sur l’avenir ? Eh bien, figurez-vous que c’est à cet âge-là même que l’on nous demande ce que nous voulons faire plus tard, ou encore vers quelles études nous voulons nous diriger. […] Alors le conseil que je peux vous donner, c’est d’oser. Oser sans penser à la réaction d’autrui. »
Devant un jury placide, Élise ne s’est pas démontée. (vidéo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Le jury pose ensuite une dizaine de questions à la candidate. « Comment faites-vous si vos parents n’écoutent pas vos arguments et s’opposent à votre projet ? » Élise répète la fin de chaque question pour se donner le temps de réfléchir. Elle tient ferme son idée :
« Dans ce cas, il existe des associations ou des personnes qui viennent en aide aux enfants en conflit avec leurs parents. C’est tout à fait possible de prendre son avenir en main, même quand on est seul. »
Élise passe le premier tour
En sortant de la salle, Élise est soulagée. Elle retrouve le surveillant du collège Érasme, qui l’a accompagnée jusqu’ici. La collégienne pense déjà à la suite de sa journée. Il faut quitter ce bâtiment qu’elle trouve « grandiose », pour retourner voir ses amies au collège. A midi, elle racontera cette matinée pendant le déjeuner avec sa mère.
Vers 18 heures, la collégienne reçoit un appel de l’association D-Clic. Elle sort à peine d’une session des « Cordées de la réussite », un dispositif qui favorise l’accès de tous les élèves aux études supérieures. L’adolescente en profite pour « prendre de l’avance en maths » grâce à des étudiants en chimie. Au téléphone, Élise apprend qu’elle est retenue pour le deuxième tour du concours.
Cette fois, l’adolescente aura sept jours pour préparer son discours ; contre dix pour la première étape. Dans un amphithéâtre du lycée Corbusier, elle devra soutenir que la timidité est une qualité. Sa réaction : « Ça va me demander beaucoup plus de réflexion, parce que justement je pense le contraire. Mais je pense que je vais y arriver. »
Les deuxième et troisième tours du concours d’éloquence auront lieu le 20 mars et le 12 avril. Rue89 Strasbourg couvrira chaque étape que passera Elise. Prochain épisode de cette série : mercredi 21 mars.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Le gouvernement semble lentement changer de ton sur le sort des trois antennes locales de Fip, à Bordeaux, Nantes et Strasbourg. Le sénateur Guy-Dominique Kennel (LR) a obtenu une réponse de la ministre de la Culture à sa question du 30 novembre 2017. Comme la plupart des élus bas-rhinois, de gauche ou de droite, il avait demandé aux décideurs de « reconsidérer » la fermeture des stations locales.
Dans sa réponse, Françoise Nyssen dit vouloir porter « un nouveau projet » pour la radio musicale. Et ça tombe bien, la « nouvelle ambition culturelle ne se traduit pas par . . .
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Deux projets de recherche en sénologie (médecine du sein) ont été lancés au CHU de Strasbourg, en collaboration avec la société de conseil en traitement de données « Quantmetry ». Avec l’appui de cette technologie, les médecins espèrent pouvoir mieux cerner les possibilités d’apparition du cancer du sein et ses complications.
Les Echos ont publié un article sur les travaux du Dr Carole Mathelin, professeure en gynécologie au CHU de Strasbourg. Elle a amorcé en 2015 deux projets de recherches en sénologie (médecine du sein) qui exploitent les possibilités du traitement de données. La chercheuse a pu concevoir ces études intitulées « Lymphometry » et « Senometry » grâce à un partenariat mis en place avec Quantmetry. Celui-ci a été créé suite à une rencontre réalisée au cours du Hacking Health Camp à Strasbourg en 2015, une rencontre entre professionnels de la santé et sociétés spécialisées dans l’innovation technologique.
Quantmetry, est une entreprise de conseil et d’accompagnement spécialisé dans la mise en place d’applications liées à la technologie du traitement de données. Cette société collabore habituellement avec des entreprises du CAC 40 mais le traitement rapide et automatisé d’un grand nombre de données peut aussi trouver des applications pour la recherche médicale.
17 000 dossiers strasbourgeois anonymisés
Le projet « Senometry » consiste en l’exploitation de 17 000 dossiers strasbourgeois anonymisés, d’après Les Échos. Des dizaines de milliers de données médicales, y compris des images, sont analysées par des algorithmes afin de mettre en évidence des éléments susceptibles d’être liés au cancer du sein. Des relations entre le diabète de type II ou l’hyperthyroïdie et cette maladie ont déjà été établies. Une dizaine de publications scientifiques sont à attribuer à ce projet et les découvertes réalisées grâce à celui-ci sont loin d’être épuisées d’après Carole Mathelin.
Lymphometry
« Lymphometry », la deuxième recherche dotée de la « technologie digitale » menée au CHU de Hautepierre est réalisée grâce à un manchon connecté. Celui-ci sert à comprendre l’apparition d’un lymphoedème (gonflement du bras), qui intervient parfois suite à l’ablation des ganglions axillaires situés au niveau des aisselles. Afin qu’ils ne soient pas atteints par la maladie, ces ganglions sont régulièrement enlevés au cours de traitements du cancer du sein.
D’après l’article des Échos, le manchon connecté permet de mesurer le tour de bras des patientes afin de suivre précisément l’apparition du lymphoedème. Grâce à des applications, ces femmes peuvent aussi renseigner leurs activités, pour identifier des conduites à risques qui tendent à provoquer cette complication. Quantmetry a reçu deux prix, le « Trophée de l’innovation » et le « Grand prix de la simulation » pour la conception du manchon connecté.
Les tickets sans contact débarquent sur le réseau de la CTS à Strasbourg. Ils cohabiteront un peu plus de trois mois avec les tickets papier, avant une généralisation le 15 juillet. La tarification est semblable à celle des tickets papier actuels… qui a augmenté en avril.
À partir de lundi 19 mars, les billets sans contact vont cohabiter quelques mois avec les billets en papier sur le réseau de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Passé le 15 juillet, il faudra acheter un ticket cartonné rechargeable, même pour un trajet unique.
1,80€ le premier, 1,70€ le rechargement
Plus de points de vente
D’ici l’été, la CTS compte passer de 28 à 90 points de vente de billets. Cela concerne surtout les communes en dehors de Strasbourg, où il n’y a plus de station de tram où charger facilement ses Badgeo et billets sans contact. La CTS veut faire en sorte que les usagers ne soient pas obligés d’acheter des tickets à bord des bus, plus chers, et donc de créer une inégalité dans l’Eurométropole. À cette offre, s’ajoute tous les distributeurs automatiques du Crédit mutuel, où l’on peut acheter et recharger ses différentes cartes sans frais.
Concrètement, le premier billet sans contact (BSC) à l’unité coûtera 1,80€, comme un ticket papier, dont l’augmentation a été votée fin avril. Pour les rechargements suivants, le ticket à l’unité passe à 1,70€, comme pour les tickets dématérialisés actuels (cartes Badgeo personnelle, « Multi » c’est-à-dire utilisable par plusieurs personnes, ou sur certains smartphones compatibles NFC).
L’objectif est que même les voyageurs très ponctuels gardent ce ticket dans leur portefeuille ou que les visiteurs l’utilisent pendant tout leur séjour strasbourgeois. Le BSC peut héberger tous les titres (aller simple, carnet de 10, ticket « trio », tarif réduit, etc) sauf le carnet de 30. Ces tickets ont une durée de vie illimitée, tant que le morceau de carton est en état. Si l’on voyage à plusieurs, il faut que chaque passager ait sa carte (sauf pour les tickets trio).
Des billets papier à échanger
Pour ceux qui ont des stocks de tickets en papier dans leurs tiroirs, c’est le moment de les échanger. L’agence CTS place Saint-Pierre-Le-Vieux les accepte jusqu’au 31 décembre 2018. À bord des bus, le « ticket secours » à 2 euros sera remplacé par ce même billet sans contact réutilisable, toujours au prix de 2€, à partir de mi-avril.
Pour les voyageurs occasionnels, il est aussi possible d’acheter des tickets à l’unité pour 1,70€ sur les smartphones Androïd. Pour le moment, il ne s’agit que de certaines marques et opérateurs. Les téléphones Apple rejoindront le dispositif (uniquement pour des « départs immédiats » et non pour les stocker à l’avance comme sous Androïd). En mars, le lancement était annoncé pour le mois de mai, mais début juillet elle n’était toujours pas disponible…
Sur les tickets sans contact, l’achat initial sera imprimé sur l’espace en blanc. Le ticket est ensuite rechargé à l’infini (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Nouveaux validateurs
Sur les arrêts de tram et de BHNS, 550 nouveaux validateurs vont ainsi remplacer les anciens systèmes mécaniques. Au lancement, seules 10 stations seront équipées d’un distributeur qui permet d’acheter des BSC, avant que les nouveaux appareils soient déployés au rythme de 10 par semaine. Les bus seront aussi munis de deux validateurs jusqu’au 1er juillet.
Pour le président de la CTS, le premier adjoint au maire Alain Fontanel (LREM), ce changement qui s’est déjà opéré dans plusieurs villes françaises répond à un triple enjeu :
« D’un point de vue environemental, 13 millions de tickets sont encore imprimés, ce qui représente 110 arbres coupés et des hectolitres d’encre, sur le ticket comme pour la validation. Il y a aussi une question de fluidité, notamment dans les bus. Enfin, il y a l’obsolescence du matériel avec parfois des entreprises d’entretien qui n’existent plus.
Même si les nouveaux tickets sont plus grands et contiennent aussi de l’encre pour leur impression, l’objectif est une évolution des comportements :
« Selon une projection interne, trois rechargements par ticket peuvent éviter la coupe de 77 arbres. »
La CTS assure que ces tickets ne peuvent pas être démagnétisés comme ceux de la RATP à Paris au contact des cartes bancaires et des téléphones portables. Lors de l’achat, le chargement initial (aller simple, aller retour, etc.) sera imprimé sur le ticket.
10 millions d’euros
Le déploiement des nouveaux validateurs coûte 10 millions d’euros pour la CTS. Mais l’émission des billets sans contact représente aussi une économie d’entretien, d’encre, de papier et de rechargement des bornes pour la compagnie.
À partir du 15 mars, Strasbourg ouvre les portes de ses musées, galeries d’art et médiathèques à l’occasion des « Rencontres de l’illustration ». Une multitude d’événements, entre expositions, rencontres avec des artistes et ateliers de création, permettra à petits et grands de se familiariser avec le monde de l’illustration.
Oubliée la grisaille : Strasbourg se parera de couleurs à l’occasion de la troisième édition des « Rencontres de l’illustration », du 15 au 25 mars 2018. Cette série d’une trentaine d’événements fête l’illustration et le dessin et se prolongera jusqu’au printemps dans différents lieux en ville (médiathèques, cinémas, Musée historique par exemple) avec des expositions, des rencontres avec des artistes, ou encore des ateliers pour apprendre à manier soi-même le crayon et le pinceau.
À l’occasion de la première journée, le 15 mars, un « parcours d’ouverture » sera proposé à partir de 18 heures, du Musée Tomi Ungerer au Shadok, en passant par le Musée historique.
Double exposition à la Médiathèque André Malraux
La médiathèque André Malraux accueillera deux expositions, du 15 mars au 12 mai. La première, intitulée « Rita Marshall, dompteuse de lions », permettra de découvrir le travail de cette directrice artistique américaine, qui travaille depuis une trentaine d’années avec l’éditeur spécialisé dans les ouvrages pour jeunesse The Creative Company.
L’exposition « Rita Marshall, dompteuse de lions » est présentée à partir du 15 mars dans la salle d’exposition de la médiathèque Malraux. Elle mettra en lumière l’un des plus prestigieux éditeurs de livres pour enfants, The Creative Company. (Photo EB – Rue89 Strasbourg)
La deuxième exposition, « Les maîtres de l’imaginaire » est organisée par la fondation suisse du même nom. Celle-ci, créée en 2017 par l’artiste Étienne Delessert (par ailleurs époux de Rita Marshall) et la Haute École Pédagogique de Lausanne, mettra en valeur ses nouvelles acquisitions, d’artistes illustrateurs venus du monde entier.
Élise Canaple, co-commissaire de l’exposition pour le Centre de l’illustration de la Médiathèque André Malraux, insiste sur l’aspect inédit de ces deux expositions, qui prolongent les « Rencontres de l’illustration » :
« On présentera plus de 200 œuvres, et une vingtaine d’artistes différents. Certains n’ont jamais été exposés en France, voire même en Europe ! C’est un événement d’une ampleur inédite pour le Centre de l’illustration et la Médiathèque. Nous attendons près de 5 000 visiteurs sur les trois mois que dureront l’exposition. »
La plupart des événements proposés lors de ces « Rencontres de l’illustration » sont gratuits et accessibles à la fois aux enfants et aux adultes.
Mardi 13 mars, Elise Nguyen passera le premier tour du concours d’éloquence Ogma. La collégienne de Hautepierre devra répondre à la question « Sommes-nous destinés à faire nos choix ? » Son discours est déjà prêt : la jeune fille y fait l’éloge de la liberté individuelle. Grâce à ce texte, elle espère aussi inciter ses amies à « ne pas se laisser marcher dessus ». Première épisode avec Elise, que Rue89 Strasbourg suivra pendant cette compétition oratoire à trois tours.
À quelques jours du concours d’éloquence Ogma, Elise Nguyen, 14 ans, n’est pas stressée. L’élève du collège Erasme à Hautepierre est aussi confiante que sa mère, Sandrine Grasser, est fière. Mardi 13 mars, l’adolescente fera face à un jury composé d’avocats, d’étudiants en droit et d’une metteuse en scène strasbourgeoise. Le président de l’association D-Clic, à l’origine de cet événement, évaluera aussi le discours de la jeune fille. Lors du premier tour de la compétition, 20 collégiens des quartiers prioritaires de la ville (QPV) se succéderont pour démontrer leurs talents oratoires.
De gauche à droite : Camille Timmerman, chargée de mission pour l’association D-clic, Elise Nguyen et sa mère, Sandrine Grasser. (Photo GK/ Rue 89 Strasbourg/ cc)
La collégienne et Najat Vallaud-Belkacem
Encouragée par sa professeure de français, Elise s’est lancée dans l’aventure. Cet enthousiasme n’est pas nouveau chez l’adolescente. En juin 2016, elle rencontrait Najat Vallaud Belkacem. L’ex-ministre de l’éducation s’était rendue au collège Erasme de Hautepierre pour observer le dispositif des « cordées de la réussite ». Il permet d’accompagner les élèves des réseaux d’éducation prioritaire. Aujourd’hui, Elise fait aussi partie d’un programme de Sciences-Po Strasbourg. Avec neuf autres camarades du collège Erasme, elle présentera bientôt un exposé sur l’Union Européenne face à des enseignants de l’Institut d’Etudes Politiques et d’autres personnalités.
Dans sa main gauche, couverte d’un fin tatouage au henné, Elise tient le texte qu’elle lira face au jury. La question imposée lui convient parfaitement : « Sommes-nous destinés à faire nos choix ? » La collégienne au regard plein d’assurance pense que oui. Son discours est une ode à la liberté individuelle et à la prise de risque :
« Trop peu nombreux sont ceux qui osent se démarquer des autres, qui assument leurs choix, ou encore qui osent dévier le chemin qui leur est tracé. […] Je peux vous assurer que beaucoup de personnes prendraient le chemin de la sûreté. Mais nous, nous allons oser. Oser nous diriger vers le chemin qui nous intrigue, et pas seulement suivre les autres. Nous allons être la personne, la seule et l’unique, à choisir ce que nous voulons réellement. »
« Je prends la parole pour qu’elles osent aussi le faire »
En cours de français, sa matière préférée, Elise a trouvé une figure inspirante pour rédiger son texte : Antigone, qui enterre son frère malgré l’interdiction du roi de la cité. La collégienne explique son admiration pour le personnage de Sophocle :
« C’est une jeune fille qui décide de faire ses propres choix. Je trouve qu’elle est grave courageuse. Antigone ose et elle n’a pas peur du regard des autres. »
Elise souhaite aussi transmettre cette indépendance à ses amies. La jeune fille se rêve pédopsychiatre plus tard. Son objectif : aider les autres. Un but qu’elle poursuit aussi à travers sa participation au concours d’éloquence :
« Dans mon cercle d’amies, certaines filles manquent de confiance en elles. Elles se laissent marcher sur les pieds. Je pense qu’elles ne devraient pas avoir peur qu’un garçon soit « mieux » qu’une fille. C’est aussi pour ça que j’essaye de prendre la parole. Pour leur montrer qu’on peut s’exprimer et qu’elles osent aussi le faire. »
Sa personnalité préférée : Michelle Obama
Interrogée sur sa personnalité préférée, Elise répond sans hésitation : Michelle Obama. Le sourire aux lèvres, elle explique son admiration pour l’ancienne première dame des Etats-Unis :
« C’est une femme hyper inspirante. Elle ose. En fait, c’est toute sa prestance et sa façon de s’exprimer, de donner des conseils aux gens. Je pense que c’est une des meilleures femmes de nos jours. »
L’association D’Clic a organisé une journée de préparation pour les futurs orateurs. Avec des élèves de la faculté de droit de Strasbourg, les collégiens ont appris à défendre un sujet, à oser s’exprimer en public. « Un avocat nous a aussi envoyé des conseils, ajoute Elise, sinon on aurait été complètement hors-sujet. » En plus, la collégienne a regardé « plein de vidéos sur Youtube » pour observer « comment se tenir, comment susciter des émotions dans le public et captiver son attention. »
Les deuxième et troisième tours du concours d’éloquence auront lieu le 20 mars et le 12 avril. Rue89 Strasbourg couvrira chaque étape que passera Elise. Prochain épisode de cette série : mercredi 14 mars.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Une société de production strasbourgeoise a organisé le tournage du dernier clip du chanteur Médine. Une mission sensible pour Alpaga Films : le rap s’intitule « Bataclan » et le rappeur est connu pour ses textes au vitriol. Il a fallu tourner toute une journée dans la salle de concert parisienne. Et toute l’équipe sait que l’artiste est attendu au tournant par ses nombreux détracteurs. La vidéo a été publiée lundi 12 mars.
« Tourner au Bataclan, au début c’est bizarre, forcément. » Yves Brua est producteur et associé de la société Alpaga Films. La maison de production strasbourgeoise a été chargée de tourner le dernier clip du rappeur Médine. De l’artiste au lieu de tournage, tous les ingrédients sont réunis pour déchaîner les passions. En janvier 2015, le chanteur avait suscité la polémique en publiant « Don’t Laïk », quelques jours avant les attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo.
« Je porte la barbe j’suis de mauvais poil
Porte le voile t’es dans de beaux draps
Crucifions les laïcards comme à Golgotha
Le polygame vaut bien mieux que l’ami Strauss-Kahn »
Le tournage du dernier clip de Médine a eu lieu le 28 février au Bataclan. Nombreux étaient les techniciens alsaciens dans la salle de concert. Le résultat est disponible sur Youtube depuis le lundi 12 mars.
Yves Brua est producteur-associé chez Alpaga Films. Il a participé au dernier clip de Médine en tant que premier assistant du réalisateur Florin DeFrance (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
« On en avait marre des choses lisses »
Tourner un clip au Bataclan pour un rappeur controversé : l’offre du label havrais Din Records a plu à la société de production strasbourgeoise. Elle s’inscrit dans le virage qu’a pris Alpaga Films, comme l’explique Yves Brua :
« Ça fait un moment qu’on ne travaille plus avec les institutions. On en avait marre de faire des choses lisses. On a le luxe de pouvoir respecter une certaine éthique dans les projets que l’on accepte. Je suis graphiste intermittent chez ARTE. Je ne gagne donc pas tout mon salaire avec Alpaga Films. Et d’autres techniciens sont dans la même situation que moi. Avec Médine, on a un projet excitant et une éthique que l’on approuve. Dans « Bataclan », Médine chante tout simplement son rêve de rappeur : celui de se produire dans cette salle mythique. »
Le 28 février, dans une salle de concert vide, la vidéo est tournée entre 10 heures et 19 heures. Yves Brua se souvient :
« Après les attentats, j’avais réussi à éviter les images des chaînes d’info en continu. Mais en préparant le clip de Médine, je suis tombé sur les photos de l’AFP qui ont fuité. En arrivant devant le Bataclan pour le tournage, ces images me sont revenues. Pareil quand on est monté sur les balcons de la salle et qu’on regardait la fosse en bas… »
« Don’t laïk » : le rap polémique en 2015
Coiffé d’une casquette américaine noire, Yves Brua n’en est pas à son premier clip pour un groupe de rap. Il a déjà réalisé deux clips pour le rappeur Wilfried Barray, alias Brav. En travaillant pour Médine, Alpaga Films accède à une aura médiatique bien supérieure. Avec « Bataclan », les figurants s’appellent Orelsan et Youssoupha. Et le lieu de tournage suscite forcément la curiosité du grand public. L’équipe s’est donc préparée à une potentielle polémique autour du clip :
« On sait qu’Alain Finkielkraut et d’autres hommes politiques de droite vont se jeter sur l’occasion pour critiquer une nouvelle fois Médine. Du coup, toutes les personnes impliquées dans le tournage du clip ont été briefées sur les réponses à donner aux médias. »
Yves Brua discute avec le rappeur Médine pendant le tournage du clip de « Bataclan » (Photo Vincent Filou / Document Remis)
Médine aime susciter le débat par la provocation. Accusé par le philosophe Alain Finkielkraut de faire l’apologie d’Al Qaïda dans son morceau « 11 septembre », il lui répond dans « Speaker Corner » en 2015 :
« Ici République et Nation c’est que des stations de métro
Encore une phrase qui devrait remplir la gueule de Finkielkraut«
Un rap de Médine dans un livre d’Histoire
Le producteur strasbourgeois n’a pas une confiance aveugle dans le rappeur controversé. Il s’est penché sur ses textes et a changé d’avis sur l’artiste sulfureux :
« Il y a dix ans, quand j’ai écouté les albums « 11 septembre » et « Jihad, le plus grand combat est contre soi-même », j’ai trouvé que Médine faisait trop dans la provoc’. Puis je me suis renseigné. J’ai lu son bouquin écrit avec Pascal Bonniface, « Don’t Panik ». Quand tu écoutes bien Médine, quand tu te renseignes, tu te rends compte que ses positions fortes sont toujours argumentées. Il y a même des extraits de son rap « 17 octobre » dans un livre d’Histoire pour les élèves en terminale ES. »
Yves Brua attend maintenant les réactions sur les réseaux sociaux. La veille de la publication, il scrutait les commentaires sur le compte Instagram de Médine. L’objectif d’Alpaga Films : atteindre un million de vues en une semaine. Le producteur strasbourgeois espère convaincre le rappeur de réitérer cette collaboration…
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
La famille Letzgus, propriétaire du Vox, s’est décidée à communiquer sur son projet de cinéma place des Halles, à Strasbourg. Car pour ses promoteurs, ce nouveau complexe est incompatible avec le projet des cinémas MK2 et des cinémas Star au sein de la friche Fischer à Schiltigheim. La famille Letzgus rappelle son antériorité mais le projet de MK2 est déjà sur la table de l’aménageur public.
La famille Letzgus, propriétaire des cinémas Vox à Strasbourg, et Le Trèfle à Dorlisheim, a dévoilé en fin de semaine dernière son ambition de créer un nouveau complexe cinématographique, sur l’actuelle gare routière, derrière le centre commercial Place des Halles. Le projet, finalisé en juin 2017, prévoit dix salles et 1 236 fauteuils dans un bâtiment qui accompagnerait la réhabilitation de la façade arrière du centre commerciale et de cette entrée de ville, un projet déjà évoqué sur Rue89 Strasbourg.
Le projet de cinéma des Halles vu de l’arrière du centre commercial. (Doc remis)
Ce complexe ne constituerait pas un nouveau cinéma au centre de Strasbourg, insiste Eva Letzgus, directrice générale adjointe de LM Finance, la holding de la famille Letzgus, mais plutôt le transfert des activités du Vox, qui ne compte que six salles et dont l’infrastructure serait devenue « obsolète » pour les exigences actuelles du public et des films.
Avec ses écrans géants et ses salles en largeur, le nouveau complexe permettrait de prolonger la durée de vie des films à l’affiche. Sa programmation plus large s’ouvrirait notamment au cinéma étranger au-delà des seuls films américains. Il proposerait les films à la fois en versions françaises et en versions originales, pour s’adapter au public strasbourgeois étudiant et européen. Sa politique d’animation maintiendrait la ligne de celle du Vox, grand public, mais serait « plus ambitieuse. » Autre ambition exprimée par les porteurs du projet, le nouveau cinéma renouerait avec des avant-premières en présence des équipes des films.
Selon Eva Letzgus, ce nouveau complexe ne serait pas un danger pour les cinémas Star, car sa programmation n’irait pas sur les films Art et Essai.
Le Vox reconverti
Quant au cinéma Vox, il serait en quelque sorte reconverti. Quand la famille Letzgus a racheté les bâtiments du Vox à la Ville de Strasbourg en 2010, elle avait dû s’engager à maintenir l’usage du lieu comme cinéma pendant 15 ans. Aujourd’hui, dans ses négociations avec la Ville, la collectivité exigerait simplement qu’elle maintienne au Vox l’exploitation d’au moins une salle de cinéma.
Dans le projet de transfert actuel, cette contrainte se traduit par le maintien d’une salle à usage de projection, dédiée à la présentation de « contenus événementiels » tels que de l’opéra et des cérémonies célébrant le cinéma (Césars, festival de Cannes…). Un compromis acceptable selon Eva Letzgus, puisque « l’activité de cinéma au centre-ville est conservée » avec ce nouveau complexe des Halles.
Le complexe des Halles doit agrandir le centre commercial et accompagner la rénovation du quartier (doc remis)
La reconversion du reste du bâtiment historique fait l’objet d’une réflexion avec les commerçants du centre-ville pour des missions d’animation. L’accueil d’un café-bar est envisagé et la famille Letzgus s’attend à être contactée par de grandes enseignes. Des escape games éphémères sur le thème du cinéma et une collaboration avec VR Portal pour des ateliers de réalité virtuelle sont aussi dans les cartons.
Mais ce projet, qui avait fuité dans la presse dès février, sans que la famille Letzgus ne s’exprime elle-même, contrarie les plans de Jean-Marie Kutner. Le maire sortant de Schiltigheim, candidat à sa réélection, a annoncé la reconversion de la brasserie Fischer en cinéma MK2, là aussi un vaste complexe cinématographique mené en association avec les cinémas Star de Strasbourg, via leur directeur Stéphane Libs.
Le 3 mars, Jean-Marie Kutner s’en est directement pris à Roland Ries, maire de Strasbourg, dans les DNA, dénonçant la déstabilisation politique que l’accord de principe de Roland Ries au projet de cinéma des Halles constituait, alors qu’il se trouve en pleine campagne électorale à Schiltigheim.
Esquisse du projet des Halles, vue depuis le boulevard de Sébastopol (doc remis)
Les Stars et Vox en concurrence pour les Halles au départ
Mais d’après Eva Letzgus, le cinéma des Halles n’est pas du tout un contre-projet sorti des cartons pour faire concurrence à celui de MK2, il est en fait antérieur à celui de MK2. En réflexion depuis 2015 en étroite collaboration avec la Ville, les plans ont dû être repris 7 fois avant d’être finalement validés par la Ville en juin 2017. Au départ, le groupe Hammerson, ex-propriétaire du centre commercial des Halles, avait passé un appel d’offres pour un complexe cinématographique avec le soutien de la Ville.
Les deux cinémas indépendants du centre-ville de Strasbourg, les cinémas Star dirigés par Stéphane Libs, avaient alors postulé pour y déménager mais c’est le Vox qui a remporté le marché. Ce n’est qu’après cette décision du centre-commercial que les cinémas Star se sont associés au groupe MK2 pour le projet à Schiltigheim. Le changement de propriétaire du centre commercial des Halles a ensuite nécessité un temps supplémentaire pour un protocole d’accord en 2017.
Les changements d’analyse de Roland Ries
Roland Ries s’est d’abord laissé convaincre par le directeur du groupe MK2 que les deux projets pouvaient coexister, s’exprimant dans un communiqué en réponse à Jean Kutner le 3 mars :
« Inquiet en effet de l’avenir de l’offre de cinéma en centre-ville, j’ai souhaité d’une part avoir des assurances sur la pérennité des cinémas Stars, et d’autre part, pouvoir disposer d’une offre alternative au Vox dont le futur n’est pas assuré. J’ai donc rencontré Nathanaël Karmitz, le dirigeant du groupe de cinémas MK2, (…) je lui ai fait part de mes inquiétudes, qu’il a parfaitement comprises et partagées, et nous nous sommes mis d’accord sur une position claire qui conforte le projet de Schiltigheim, tout en prenant un engagement en faveur de la pérennisation des deux cinémas Star. M. Karmitz est un grand professionnel du cinéma; je me félicite de sa venue dans la métropole, comme de sa vision sur l’offre cinématographique qui participe de la vie de la cité et singulièrement, de son point de vue, de l’attractivité des centres ville. Il m’a lui-même dit sans hésitation qu’il était favorable à ce schéma, qui passe par la création d’un complexe de cinémas à Schiltigheim et d’un complexe aux Halles. »
Mais la famille Letzgus ne l’entend pas ainsi. Puisque le projet de Schiltigheim est déjà déposé à la commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), seule habilitée à autoriser de tels chantiers, le projet des Halles ne peut plus attendre. Pour elle, la CDAC doit étudier les deux projets en même temps et faire un choix car, selon la famille Letzgus, il n’y a pas assez de cinéphiles dans l’agglomération pour les deux multiplexes.
La famille Letzgus a rencontré Roland Ries le 5 mars, étude à l’appui, pour lui démontrer que les deux cinémas en projet ne peuvent pas être économiquement viables en se partageant un marché de 220 000 nouvelles entrées par an. Selon Eva Letzgus, ces arguments auraient convaincu Roland Ries que les projets ne peuvent pas coexister.
Une première décision le 6 avril
La validation du projet de MK2 signerait l’arrêt de mort du projet des Halles prévient Eva Letzgus :
« Si nous passons en commission département d’aménagement cinématographique (CDAC) après le projet de MK2, nous n’aurons pas son autorisation. »
La famille Letzgus attend encore l’accord de Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, pour déposer son dossier. L’Eurométropole est en effet propriétaire du terrain de la gare routière sur lequel est prévue la construction du cinéma. Pour la famille Letzgus, ce délai est incompréhensible :
« La question du déplacement de la gare routière n’est aucunement concomitante au projet de cinéma, puisqu’elle est déjà soulevée en 2012 dans le Livre blanc du réaménagement du quartier des Halles ! »
Mais une étrange partie de poker entre Strasbourg et ses communes périphériques se déroule (lire l’analyse, édition abonnés). La famille Letzgus espère donc que la publicité donnée à son projet poussera les élus à apposer les signatures manquantes, afin qu’il puisse être soumis à la CDAC en même temps que celui de MK2 et des cinémas Star. Le temps presse puisque la prochaine commission départementale d’aménagement cinématographique, prévue pour le 6 avril, devrait en effet statuer sur le projet de Schiltigheim.
Après l’annonce de deux projets de multiplexes cinématographiques à Strasbourg et à Schiltigheim, les décisions les concernant devraient marquer les relations entre la ville-centre et ses communes voisines.
La question du prochain cinéma (ou des cinémas) à Strasbourg et ses proches environs risque de faire date. Car les cartes sont aussi entre les mains de l’Eurométropole, la somme de Strasbourg et de ses 32 communes voisines. Rappelons que depuis 2014, cette intercommunalité est dirigée par une coalition d’élus strasbourgeois « En Marche », socialistes et écologistes, avec les maires des alentours, souvent . . .
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Longtemps, le carnaval de Strasbourg a été un prétexte à la satire. Sa refonte, l’an dernier, a entraîné la disparition de ses « guignols » pour en faire un événement plus familial. Les amateurs du genre se consoleront avec les cabarets satiriques… Et le dessin de presse.
Jeudi 15 mars, un bond dans le temps est prévu au Mudd Club à Strasbourg. V.90 et Jean-Jacques Maiden passent les tubes des années 1990 sous speed. Et célébreront la sortie d’un clip qui plaira aux nostalgiques.
V.90 ne tient pas son nom par hasard. Ce groupe, composé de quatre strasbourgeois nostalgiques, a fait de la musique des années 1990 son fonds de commerce répertoire. Mais pas n’importe quelle musique. Celle qu’on qualifierait normalement de « guilty pleasure ». Ces petits plaisirs coupables qu’on adore écouter avec un brin de nostalgie et beaucoup d’énergie, pour se rappeler sa jeunesse en chantant à tue-tête. Spice Girls, Gala, Backstreet Boys, VengaBoys… la crème des compils Star Club de l’époque se retrouve sur les setlists de V.90.
Bach Street Back – V.90
Mais si ce sont bien de reprises dont on parle, il ne faut pas voir V.90 comme un simple jukebox vivant. Car leurs titres sont d’abord passés à la moulinette du punk. Un punk tendance ensoleillé, qui aurait grandi dans une culture skate, là encore très The Offspring des 90s. Rythmes accélérés, verve efficace et force vive, « Vladisluv », la version revisitée de « What Is Love » d’Haddaway, est d’ailleurs l’exemple type de ce dont est capable le groupe.
Un concert qui va faire « Boom boom boom boom »
Sur scène, le tout est servi avec une bonne dose de second degré et d’autodérision, sans prise de tête mais surtout avec beaucoup d’énergie. Ils vont jusqu’à porter les symboles vestimentaires de l’époque : baggy, chemise grunge, salopette… Et n’hésitent pas à tout donner de l’imagerie de cette décennie dans leurs clips. Les posters de boys bands ornent les murs de leur chambre, la console vintage est branchée sur la télé à tube cathodique, et d’autres nombreux clins d’œil sont à retrouver dans les décors de chaque vidéo.
Bach Street Back – V.90
Et c’est pour présenter leur tout nouveau clip, justement, que le groupe organise une release party au Mudd Club ce jeudi 15 mars, au son de « Boom Boom Boom Boom ». Cette vidéo sera précédée d’un concert de Jean-Jacques Maiden, qui eux sont spécialisés dans les chansons de Goldman sur des mélodies d’Iron Maiden. Puis suivi du concert des V.90 et d’un DJ set spécial 90s vs Jean-Jacques Goldman. Un mélange du pire qui risque bien de donner le meilleur !
À mi-parcours de notre défi « Sans objet sans déchet », notre petite famille brûle de partager les premiers enseignements de cette expérience ! Vous êtes des dizaines a avoir assisté à nos apéros et conférences, près de 400 à suivre nos aventures sur notre blog et plusieurs milliers à vous intéresser à ces questions chaque mois sur Rue89 Strasbourg. Outre les chaussettes trouées et les sous qui s’accumulent à la banque, voici donc ce qu’on peut déjà vous dire après 6 mois de #SOSD.
Souvenez-vous de notre étonnant défi : un an sans acheter aucun objet, ni générer aucun déchet ! Après 6 mois à ce régime, les difficultés rencontrées et les bénéfices engrangés par notre famille de deux adultes et deux enfants sont de divers ordres. J’évoquerai rapidement la question de l’alimentation (ce qu’on continue à acheter), que j’ai déjà développée dans ces pages, puis celle du non-achat de biens divers (vêtements, jouets, éléments pour la maison…), pour enfin vous faire part de nos mises en perspective, nécessaires quand on s’engage dans une telle démarche de longue haleine, qui bouscule et modifie nos habitudes en profondeur.
En 6 mois, 6,5% de la production de déchets par an et par habitant
Poubellomètre de notre famille SOSD à mi-parcours de notre défi annuel (Crédit SOSD)
Avant cela, un premier constat : en 6 mois, chaque membre de notre famille a généré moins de 6,5% des déchets que produit un habitant de l’Eurométropole chaque année ! Chez nous, chaque individu a produit en une demi-année 30 kilos de déchets, recyclés à 100% et collectés soit dans la benne à verre du quartier, soit en bio-déchets qui maturent actuellement dans notre compost, soit dans la poubelle jaune, direction l’usine de recyclage.
Notre poubelle bleue (déchets non recyclables) est restée, reste et restera à zéro, puisque les déchets non-recyclables que nous produisons, hérités bien souvent de notre vie antérieure, sont toujours stockés sous notre évier dans nos petites poubelles résiduelles individuelles (photos ci-dessous). Si nous restons sur cette tendance, nous produirons en tout et pour tout, à quatre, une vingtaine de litres de déchets résiduels sur un an ! Heureux et fiers, nous sommes.
Six mois de poubelles – Marc et Marie, les adultes SOSD (Photo MH / SOSD)
Six mois de poubelles – Alice et Simon, les enfants SOSD (Photo SOSD)
Mettre l’alimentation au centre des dépenses quotidiennes
Mais le vrai bonus de notre démarche, c’est qu’elle permet de mettre l’alimentation au centre des dépenses (budget) et des achats (acte concret d’acheter) du ménage au quotidien. Notre budget alimentation et le temps passé à faire les courses prennent donc une place prépondérante, à la hauteur de l’importance que représente l’acte de se nourrir pour notre santé autant que pour notre environnement. Concrètement, l’alimentation est notre second poste budgétaire après le logement (crédit, assurances, charges et impôts) et avant les frais de transports, de loisirs ou de formation.
Néanmoins, les questions de temps passé, de budget engagé et de lieux d’approvisionnement alimentaire reviennent souvent dans nos conférences ou en commentaires sur internet. Outre les réponses que nous avons pu apporter sur notre blog ou sur Rue89 Strasbourg, nous tenons à répéter cette idée, qui sonne juste pour nous : alléger notre empreinte écologique et améliorer notre qualité de vie passent, à notre avis, par le fait de consacrer une part certaine de notre temps à nous approvisionner en aliments bio, locaux, bruts et de saison, à cuisiner et à prendre nos repas en famille. Rue89 Strasbourg consacre d’ailleurs son prochain Apéro des possibles à ce sujet, lundi soir.
Chez nous, l’alimentation représente en moyenne deux heures de courses par semaine, sur deux à trois moments différents, une heure de cuisine par jour divisée en trois repas, 1h30 à table, à raison de 30 minutes par repas environ. (Je ne comptabilise pas la vaisselle à la main, mais je pourrais, hé hé…)
Ce choix nous apporte du plaisir et une immense satisfaction, il nous permet de passer des moments simples et joyeux ensemble, à faire le marché, cuisiner, goûter de nouveaux plats, prendre soin de nos proches, donner du plaisir à nos amis. Notre démarche est concrète, mais aussi politique et engagée, à la fois individuelle et à portée collective, espérons-nous.
Vêtements, jouets, accessoires pour la maison : accepter ses vrais besoins
Si l’on sort de la cuisine et que l’on songe aux autres achats (que l’on ne fait plus), il faut bien se rendre compte que, adeptes du désencombrement et du minimalisme, nous n’avons pas, chez nous, des montagnes de vêtements peu portés, de livres pas encore lus, de la vaisselle fine pour les grandes occasions ou des réserves diverses en jouets, bibelots, décos ou linge en tous genres, qui patienteraient gentiment à la cave ou dans des placards, pour le jour où l’on aurait une petite envie de changement, du monde à la maison ou un truc qui casse.
Et c’est tant mieux, parce que l’on sent d’autant plus facilement où ça coince et quand est-ce que ça passe comme dans du beurre, où sont nos « vrais » besoins, ceux sur lesquels faire l’impasse nous coûterait (honnêtement, je n’ai pas d’exemple, je pense que nous avons tout ce qui nous est réellement nécessaire actuellement) et ce qui pourrait améliorer notre confort, mais dont on se passe très bien.
Concernant les « produits » culturels, pas de souci, les médiathèques sont des puits sans fond, qui nous contentent entièrement. A la cuisine, certains ustensiles me seraient utiles, mais je détourne ou fait l’impasse sur certaines recettes. Côté papeterie, un beau cahier pour faire mon bullet journal me tente ? Ce sera pour l’année prochaine. Pour le moment, un vieux cahier fait très bien l’affaire. Terminons les stocks de stylos ou de laine, c’est bon de repartir à zéro de temps en temps.
Niveau fringues, l’affaire n’est pas toujours aisée, notamment pour Marc qui tourne avec très peu de vêtements et s’est fait son petit coup de « costard blues », avant de se reprendre, optimiste et sincère. Certes, quelques paires de chaussettes sont mortes, des pulls reprisés et des vêtements d’enfants trop justes aux manches, mais notre stock nous permet encore d’avoir des sous-vêtements propres tous les matins.
Eviter l’effet rebond
C’est vrai, nous nous lassons parfois de remettre pour la 67ème fois, d’affilée ou presque, le même pull et la même paire de jeans, mais ces sentiments sont vite surmontés : nous n’avons qu’une paire de pieds et qu’une paire de fesses, pas besoin d’avoir 36 choix en matière de godasses ou de pantalons… Un constat permis aussi par notre déconnexion des boutiques, de la pub et des magazines. De tout cela, j’avoue ne me sentir personnellement que partiellement libérée, sachant que l’effet rebond sera à surveiller et une stratégie à mettre en place en août, avant la fin du défi…
Les enfants, eux, ont adoré leur Noël de cadeaux-expériences, ils ont été fiers de donner leurs bons cadeaux aux restaurants (sushis pour Alice, burgers pour Simon) et attendent avec impatience leur virée à Europa Park, attraction phare de leur hotte du père Noël. Ils reçoivent régulièrement des livres et quelques gadgets chez leur papa, qui n’a pas changé ses habitudes, et apprécient globalement le fait de redécouvrir les jouets de leurs chambres, de mixer les univers Lego et Playmobil, de s’amuser avec leurs figurines animalières ou de jouer aux déguisements, plutôt que d’ouvrir de nouvelles boîtes de jeux tous les quatre matins.
Les objets qui lâchent ou qui manquent
Plus difficile, quand on est un peu perfectionniste, les objets qui lâchent, comme cette tisanière, que nous utilisons cassée, ces chaussons troués super moches que je vais me traîner encore quelques mois, les lampes de chevet qu’on bouge dans la maison en fonction des besoins parce qu’il nous en manque deux pour être au poil, les étagères ou meubles de cuisine qu’il faudrait installer pour être tout à fait à l’aise dans cet appartement que nous habitons depuis moins d’un an. Des détails.
Et puis, il y a les compensations parfois nécessaires aux frustrations de la vie, que d’aucuns comblent à leur façon, par le shopping, l’alcool ou la junk food, le tabac, les conquêtes… Alors que nous nous coupons de ces différentes sources potentielles de distraction, de « remplissage » des manques, nous sommes parfois confrontés à nous-mêmes, à nos résistances, au sens même de notre existence.
C’est pour cette raison que ces défis que l’on se fixe, qui ne nous apparaissent pas toujours aussi sexy qu’on le voudrait, ne vont pas sans une bonne dose de réflexion sur soi-même et de développement personnel. Comprendre ce que l’on cherche à combler par tel ou tel comportement est l’étape nécessaire après la fabrication de son déodorant ou la découverte des meilleures boutiques de vrac.
Néanmoins, ce serait mentir que de ne pas reconnaître que fabriquer nos propres produits (efficaces) ou chiner parfois quelques livres d’occasion pour mes cours (permis dans la charte !) sont des occupations qui me procurent du plaisir et éloignent parfois le spectre de la question : « Et si on faisait tout ça pour rien ? » Ou, de sa copine : « Notre démarche individuelle est complètement anecdotique : pourquoi se fait-on autant ch*** alors qu’autour de nous, les gens balancent deux sacs de 50 litres par semaine et que notre collectivité veut faire de Strasbourg la capitale de l’incinération des déchets du Grand Est ? » Pourquoi tant d’efforts ? me dis-je parfois en passant devant cette jolie doudoune en solde, par temps de grand froid…
Les réponses à ces questions, bien sûr, viennent dans la foulée : parce qu’il est important, enrichissant, précieux pour nous de dépasser nos conditionnements, de questionner nos comportements, de vivre toujours plus en cohérence avec nos idées écologistes et humanistes. Parce que, de plus en plus fréquemment, vous nous confiez que nous sommes une source d’inspiration pour vous, que vous avez changé telle ou telle habitude qui vous pesait, que vous nous remerciez. Des mots qui nous font du bien. Alors, même si c’est avant tout pour nos pommes que nous persévérons, votre soutien nous motive, rallume notre petite flamme du partage quand elle tend à s’éteindre. Pour cela, merci, vraiment.