Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

À un forum de recrutement de la SNCF : une réforme ? Quelle réforme ?

À un forum de recrutement de la SNCF : une réforme ? Quelle réforme ?

Un forum de recrutement s’est tenu en gare de Strasbourg, mardi 20 mars. SNCF-Réseau cherche à embaucher des aiguilleurs du rail et des techniciens de signalisation… Des cheminots. Mais les recruteurs de la SNCF n’évoque guère les changements qui pourraient changer l’attractivité de ces métiers. L’idée qu’un emploi à la SNCF est un emploi à vie est encore bien ancrée.

Sur le quai numéro 1 de la gare de Strasbourg, deux publics se croisent ce mardi 20 mars. En fin de matinée, le TGV en provenance de Paris vient d’ouvrir ses portes. Des gens pressés en sortent. Plus loin, là où les « grands voyageurs » ne passent pas, se tient un forum de recrutement. Des chercheurs d’emploi s’y rendent, CV à la main. Une dizaine de recruteurs se trouvent dans la salle. Ils sont plus nombreux que les candidats.

Kévin cherche la « sécurité de l’emploi »

Kévin, 25 ans, veut travailler à la SNCF. Il vient de déposer sa candidature pour devenir technicien de la voie ferrée. Son BTS Bâtiment fait partie des qualifications recherchées. Et le jeune a de l’expérience. Pendant deux ans, il a travaillé en tant que conducteur de travaux… jusqu’à la faillite de l’entreprise. Sans emploi, il explique sa démarche auprès de l’entreprise ferroviaire :

« A l’heure actuelle, j’ai envie de stabilité. Je veux entrer dans une boîte et être sûr de pouvoir garder mon travail. Avec la SNCF, en plus, je peux monter en grade dans l’entreprise. Je suis prêt à travailler de nuit, et le salaire, entre 1 500 et 2 000 euros, n’est pas ce qui m’intéresse le plus. C’est la sécurité de l’emploi qui compte pour moi. »

Kévin, 25 ans, cherche à la SNCF un « emploi stable » (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Le jeune candidat sait que le statut de cheminot pourrait bientôt disparaître. Car le Premier ministre Edouard Philippe a été clair sur le sujet lors d’un discours tenu le 26 février :

« Aux nouvelles générations, aux apprentis, à tous ceux qui veulent s’engager dans la SNCF, nous disons qu’ils bénéficieront des conditions de travail de tous les Français, celles du Code du travail. A l’avenir, à une date qui sera soumise à la concertation, il n’y aura plus de recrutement au statut. »

Des recrutements difficiles

Inquiétée par la présence non-annoncée d’un journaliste, l’équipe de la communication de la SNCF se met en branle. Le directeur territorial adjoint de la SNCF-Réseau Grand Est déboule. Il est bientôt suivi de la directrice de la communication. Christophe Chartrain explique les difficultés liées au recrutement :

« Nous recherchons des profils techniques pour des postes à responsabilité. Les candidats doivent être aptes à assurer des missions de sécurité. Les techniciens de voie ou les aiguilleurs, par exemple, doivent faire preuve d’une vigilance de tous les instants. Et puis il y a les contraintes liées au travail de nuit… »

Christophe Chartrain, directeur territorial adjoint de la SNCF-Réseau Grand Est : « Je ne pense pas que l’attractivité de SNCF-Réseau soit liée au statut de cheminot. »

L’objectif actuel de SNCF-Réseau : recruter 60 personnes dans toute la région Grand Est. Mais Christophe Chartrain observe une baisse des candidatures dans son secteur. « Nous sommes confiants, nous allons y arriver », affirme le responsable. La réforme en cours de la SNCF, qui pourrait supprimer le statut de cheminot, ne l’inquiète pas :

« Je ne pense pas que l’attractivité de SNCF-Réseau soit liée au statut des cheminots. La preuve : nous embauchons d’ores et déjà des personnes en tant que contractuels. C’est une obligation lorsque les candidats ont plus de trente ans. Et ils sont nombreux. »

« Moins de CV cette année »

Au fond de la salle, devant un kakémono plein de logos SNCF-Réseau, Roger Rodriguez accueille les candidats au poste d’aiguilleur et de technicien supérieur de la voie ferrée. Depuis septembre 2017, il sait qu’il doit pourvoir 48 postes. Aujourd’hui, il reste 22 candidats à sélectionner. L’homme de 56 ans, cheveux gris et chemise noire, admet « avoir reçu moins de CV cette année ». Ancien aiguilleur, puis technicien supérieur, il connait les contraintes du poste :

« On travaille en trois tranches de huit heures, donc parfois de nuit. Et puis 65% des aiguilleurs travaillent seuls. Ça ne convient pas forcément à tout le monde. Ce qui rebute aussi, c’est la mobilité imposée. Suite à leurs formations, les candidats peuvent avoir un poste éloigné de leur domicile. »

La réforme ? « ce n’est pas le sujet »

Pendant ses échanges avec les candidats, la réforme du statut des cheminots n’est pas évoquée une seule fois. « Ce n’est pas le sujet aujourd’hui », approuve un chargé de communication, qui accompagne chacune des interviews. Côté comm’ et côté ressources humaines, le refrain est le même : « On ne sait pas encore exactement en quoi consiste la réforme ». Alors en attendant, on continue de recruter, comme si de rien n’était.

Casquette américaine sur la tête, Jérôme est sur le point de quitter la salle. Cet ancien soudeur de 32 ans espère intégrer la SNCF. Pourquoi ?

« Ici, il y a une grosse protection de l’emploi. À la SNCF, t’as un vrai CDI grâce au statut [un emploi garanti à vie, ndlr]. Ce n’est pas la même chose que dans les autres entreprises. Avec mes anciens collègues, j’ai vu à quel point on peut être rapidement viré. »

Mais pour Jérôme, la réforme ne changera rien. Âgé de plus de trente ans, il sera recruté comme agent contractuel, donc non-cheminot. Les recruteurs ont omis d’en informer le candidat.

Stationnement : la recette progresse de 10% mais reste inconnue

Stationnement : la recette progresse de 10% mais reste inconnue

Strasbourg se félicite d’avoir concédé la collecte et la surveillance du stationnement en voirie à Indigo. Lors d’un « point d’étape », la Ville a indiqué que 89% des locations de places étaient dûment payées depuis la réforme, contre 77% auparavant. Mais Streeteo, la filiale d’Indigo en charge de ces missions, peine à recruter des agents : sur les 21 promis, seuls 9 sont assermentés.

En février, les nouveaux agents en charge de contrôler le stationnement à Strasbourg ont vérifié 46 424 véhicules garés sur la voie publique à Strasbourg. Sur ces contrôles, 5 437 véhicules étaient en défaut de paiement et ont donc reçu l’un de ces fameux « forfait post-stationnement » (FPS) à 35€. Sur ces amendes d’un nouveau genre, seules 65 (1,29%) ont été contestées. Ces chiffres sont issus de Streeteo, une filiale d’Indigo, l’entreprise délégataire de la collecte et de la gestion du stationnement en ville à Strasbourg depuis janvier.

Pour la Ville de Strasbourg, la précision de ces chiffres montre bien que la concession du stationnement permet aux collectivités de bien mieux connaître l’usage qui est fait de leurs places de parking. Mais il y a encore des « marges de progression » comme disent pudiquement les experts. Par exemple, Streeteo semble incapable de communiquer le montant du chiffre d’affaires généré par le stationnement en voirie sur un mois… La Ville est dans la même incapacité… Tout juste assure-t-on que les recettes ont progressé de 10%.

« C’est trop tôt, » indique Pernelle Richardot, adjointe au maire de Strasbourg (PS), en charge du stationnement. Mardi lors d’un point d’étape avec les dirigeants de Streeteo et d’Indigo, elle précise :

« Depuis que nous avons mis en place ce dispositif, on constate que le taux de paiement du stationnement progresse, de 77% à 89%, et donc la rotation des places s’améliore. Des gens m’appellent pour me signaler qu’ils peuvent enfin se garer à Strasbourg ! Il est clair que les personnes qui doivent passer leur journée à Strasbourg doivent changer leurs habitudes et utiliser l’un des moyens à leur disposition, comme les parkings-relais, plutôt que les places en voirie. »

Carte des zones tarifaires à Strasbourg : 7 710 places en zone verte, 5 627 places en zone orange et 1 025 places en zone rouge. (doc Ville de Strasbourg)

La moitié des agents pas encore assermentés

Pernelle Richardot tient à rappeler que les prix des tickets n’ont pas changé, sauf au-delà de deux heures en zone rouge, trois heures en zone orange. En outre, la situation à Strasbourg n’a donc rien à voir, promis juré, avec celle de Paris où des agents de Streeteo ont été pris en train de contrôler les véhicules alors qu’ils n’étaient pas assermentés, ce qui est interdit, voire carrément d’envoyer des FPS depuis des numéros de plaques d’immatriculations récupérées automatiquement… Non, à Strasbourg, tout est sous contrôle assure Pernelle Richardot :

« Nous avons avec Indigo une relation franche et directe, tous les mois nous faisons un point et nous vérifions que le travail des agents correspond bien au cadre de la délégation de service public. Je rappelle que, contrairement à Paris, nous n’avons pas fixé de prime d’objectifs à Streeteo. Quant aux FPS, s’ils sont encaissés par Streeteo, leur produit va dans les caisses de l’État. »

Selon Pernelle Richardot, les tarifs du stationnement en voirie n'ont pas augmenté. Mais beaucoup d'usagers ont le sentiment inverse... (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Selon Pernelle Richardot, les tarifs du stationnement en voirie n’ont pas augmenté. Mais beaucoup d’usagers ont le sentiment inverse… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Reste que la situation de Streeteo à Strasbourg est encore quelque peu précaire. Outre les démissions en série parmi les premiers recrutements, dont les DNA s’étaient fait l’écho, l’entreprise n’est toujours pas en mesure d’atteindre le nombre de 21 agents en service, qu’elle avait promis dans sa candidature à la délégation. Selon Paul Coiffard, directeur général de Streeteo, l’équipe actuelle est composée de 19 personnes, dont deux chefs d’équipe. Mais parmi eux, seuls 9 agents sont assermentés, c’est à dire en mesure de contrôler le stationnement et d’éditer les FPS éventuellement. Les 10 autres ne peuvent que regarder ce que font leurs collègues, en attendant de passer devant le tribunal d’instance.

Streeteo estime que ses employés peuvent contrôler 40 à 60 véhicules par heure.


C’est peu pour contrôler les quelques 14 000 places en voirie de Strasbourg, d’autant que les agents doivent passer deux fois par jour en zone rouge, 1,5 fois en zone orange et une en zone verte. Heureusement pour eux, les agents sont aidés par deux véhicules dotés de caméras, qui permettent de lire et de répertorier les plaques d’immatriculation (LAPI : lecture assistée des plaques d’immatriculation) des véhicules garés sur la voie publique. Ces voitures LAPI ne sont pour l’instant pas utilisées pour le contrôle du stationnement, c’est interdit assure Paul Coiffard. Les informations collectées ne servent qu’à « produire de la donnée » sur l’occupation du domaine concédé, à des fins statistiques pour Streeteo et l’observatoire du stationnement de la Ville de Strasbourg.

Quant aux 35 agents de sécurité de la voie publique (ASVP), ils n’ont pas disparu ! Ils ont été redéployés autour des écoles pour sécuriser les accès et assurent toujours le contrôle des terrasses.

Au NHC, « des urgences vitales ne sont pas traitées avant plusieurs heures »

Au NHC, « des urgences vitales ne sont pas traitées avant plusieurs heures »

Une manifestation devant le Nouvel hôpital civil de Strasbourg a eu lieu mardi 20 mars pour réclamer de meilleures conditions d’accueil et de travail dans les services d’urgences. Plusieurs syndicats réclament plus de lits de médecine et de gériatrie et des renforts en personnels, afin de limiter le temps d’attente et améliorer la prise en charge.

Devant les urgences du Nouvel hôpital civil de Strasbourg (NHC), une centaine de salariés manifestent. Médecins, aides-soignants, infirmiers et syndicalistes se relaient jusque dans l’après-midi. Ici, comme dans la plupart des établissements publics de santé de France, les urgences sont saturées. C’est l’objet de la manifestation de ce mardi 20 mars.

Ce rassemblement a pour objet les conditions de travail dans les services d’urgences : baisse des effectifs et du nombre de lits. Parallèlement à cela, de plus en plus de personnes vont aux urgences car les médecins libéraux sont de moins en moins nombreux et se rendent moins souvent à domicile. Des patients qui pourraient être traités chez eux se voient dans l’obligation d’aller aux urgences.

Des urgences vitales mal traitées

Devant l’entrée des urgences, Jean-Baptiste Dewier, infirmier, explique que des personnes peuvent parfois rester plus de 50h sur des brancards, en attendant des lits. Les premiers soins mettent aussi trop de temps à arriver :

« À Reims ou à Rennes, des attentes trop longues ont débouchées sur la mort de patients. À Strasbourg cela aurait déjà pu arriver. Certains patients sont traités avec très peu de dignité, ils attendent dans les couloirs avec des collations rudimentaires… »

Plusieurs médecins présents sur place s’accordent à dire qu’aux urgences, le travail est souvent bâclé par manque de temps. L’une d’entre eux témoigne :

« Avec le vieillissement de la population, on a de plus en plus de cas polypathologiques (plusieurs pathologies en même temps), et ceux-ci ne sont pas bien traités, parfois avec beaucoup de retard et peu d’attention comme nous sommes saturés. L’état de certaines personnes se dégrade entre l’arrivée aux urgences et une vraie prise en charge. Nous avons besoin de plus de moyens humains et matériels. On en arrive à des situations où des personnes qui présentent des urgences vitales ne sont pas traitées avant plusieurs heures. C’est inadmissible, on parle de la santé ! »

Jean-Claude Matry, président du syndicat de la CFTC des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg regrette qu’il arrive parfois que jusqu’à « huit camions de pompiers » attendent devant les urgences avant que leur patient soit pris en charge. Tout ce contexte amène selon lui, à détruire l’image des professionnels de santé :

« Des personnes qui rêvaient de sauver des vies se voient dans une situation où ils ne croient plus du tout en ça. »

Des revendications pour plus de lits et de personnel

Les syndicats de Forces Ouvrières et de la CFTC devant le service d’urgences.

Christian Prud’homme, secrétaire régional de Force Ouvrière pour le secteur de la santé expose trois revendications principales pour améliorer cette situation :

« Il faut des lits supplémentaires en médecine et en gériatrie pour pallier au manque actuel.

Nous avons aussi besoin d’un recrutement en personnel infirmier pour répartir le travail qui repose actuellement sur trop peu de personnes, qui sont fatiguées physiquement et émotionnellement.

Enfin, des médecins supplémentaires amélioreraient aussi la situation. Ils sont les seuls à avoir le droit de prendre des décisions en amont du travail de tout le personnel paramédical. Cela permettrait d’être plus réactifs dans des situations d’urgences qui réclament de la rapidité d’exécution. »

D’après Christophe Gautier, le directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg, des mesures d’adaptation sont en cours de réalisation :

« Treize nouveaux postes ont été débloqués sur les 15 derniers jours. Des lits et des postes supplémentaires seront encore accordés dans de brefs délais. La direction de l’hôpital fait tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer la situation. »

Christian Prud’Homme estime que la direction de l’hôpital fait “ce qu’elle peut avec ce qu’elle a”.

Paradoxalement, des lits de chirurgie sont mis en place plus facilement. Selon les manifestants, ils sont facturés plus chers que les lits de gériatrie par exemple. « Pour réduire leur déficit, les hôpitaux publiques privilégient ce type de démarches, qui ne vont pas dans le sens des vrais besoins sanitaires actuels », poursuit Christian Prud’Homme. Une médecin présente à côté s’exclame qu’un changement global est « absolument nécessaire ». Nationalement, l’objectif des syndicats est maintenant d’obtenir une réunion au ministère de la Santé pour demander plus de moyens pour les urgences et la gériatrie.

À la Petite-France, des riverains contre les barbecues et djembés la nuit

À la Petite-France, des riverains contre les barbecues et djembés la nuit

Un nouveau collectif de riverains contre les nuisances nocturnes est en formation du côté du quartier de la Petite-France, dans le centre-ville de Strasbourg.

Les habitants du quai Finkwiller et de la Petite-France ont reçu un courrier inhabituel dans leurs boîtes aux lettres en cette mi-mars. La feuille simple appelle à contacter la police municipale pour signaler les « débordements et nuisances nocturnes » dans le but qu’un maximum d’appels « soient comptabilisés ».

Et surtout, elle vise à constituer un collectif de riverains localisé dans ce secteur. « Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids », fait savoir le texte. Le collectif garantit l’anonymat à ceux qui souhaitent rejoindre sa cause. La liste de nuisances constatées est longue : bruit, incivilités, saletés, tags, vomis urine et même… barbecues et djembés (l’été).

Notons que Paris a ainsi vu des associations similaires se multiplier. Leur objet se limite à quelques rues des quartiers animés (le réseau « Vivre Paris » fédère 19 associations) nous avait raconté « le maire de la nuit de Paris » lorsque nous l’avions rencontré en 2015.

Un nouveau collectif de riverains contre les nuisances nocturnes en formation (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Un ballon d’essai

Derrière ce collectif naissant, un numéro de portable. Celui d’Olivier Chalvignac, un Strasbourgeois qui a déjà traité de ces sujets par le passé au sein de « l’Association pour le respect des riverains des établissements de nuit » (Arren). Ce sont les alertes de son locataire qui habite le secteur et d’autres voisins qui lui ont fait prendre cette nouvelle initiative :

« Depuis cet été, on remarque des dégradations dans ce secteur, notamment autour de la boîte de nuit le Next, l’ancien Vog, qui a changé de nom. La clientèle est devenue plus jeune et ne respecte rien. Je ne revendique rien dans ce collectif, mais j’ai un peu d’expérience car j’avais suivi l’élaboration de la charte de la nuit. Au début, il n’y avait que les commerçants et la municipalité qui souhaitent développer l’activité nocturne et on avait pu intégrer le point de vue des habitants. Mais on se demande s’il y a vraiment des PV pour tapage nocturne qui sont adressés à des personnes dans les rues. Les riverains du secteur Finkwiller manquent d’expérience et ont parfois peur de donner leur nom. Selon comment ça se passe, on verra les démarches que l’on peut entreprendre. »

L’épineuse question de la vie nocturne avait beaucoup agité l’actualité strasbourgeoise en 2014. Le débat s’était cristallisé autour des vidéos de fêtards et de dégradations tournées par Calme Gutenberg.

Concernant cette association de riverains en colère, Olivier Chalvignac estime qu’elle « fait du bon boulot » mais se retrouve « souvent dénigrée ». Néanmoins, ce nouveau collectif ne vise pas à être présent sur les réseaux sociaux ce qui pourrait l’éloigner de certaines polémiques numériques. Du côté de la Ville de Strasbourg, une campagne anti-bruit dans les établissement serait en cours de préparation.

#quai Finkwiller

Manifestation « en défense du secteur public » dans le centre-ville jeudi

Manifestation « en défense du secteur public » dans le centre-ville jeudi

L’ensemble des syndicats appelle à une grève générale des services du secteur public ce jeudi 22 mars. Plus de 140 manifestations sont prévues en France, dont l’une à partir de 14h à Strasbourg.

L’ensemble des syndicats CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires et CNT ont uni leurs revendications pour une grande journée de mobilisation pour l’ensemble du service public, à l’instar du 10 octobre. À Strasbourg, le départ de la manifestation est prévu à 14h place Kléber. Le parcours se concentre sur les grands axes piétons du centre-ville de Strasbourg (voir le plan ci dessous).

Les annonces faites en février par le gouvernement concernant les réformes de la fonction publique dans un vaste programme appelé « Action Publique 2022 » constituent le thème principal de cette journée de mobilisation. Dans le viseur des représentants du personnel : le gel du point d’indice, le jour de carence rétabli, la hausse de la CSG mal compensée et des suppressions de postes.

Le cortège de la manifestation du 16 novembre 2017 rue du Vieux-Marché-aux-Vins. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Au-delà de ces mesures, d’autres sujets attisent la colère des manifestants. La baisse du pouvoir d’achat, la question du financement des EHPAD, les retraites et la réforme de la SNCF figurent parmi les points de désaccord.

Le parcours de la manifestation

Des services publics très perturbés

    pas de cantines à Strasbourg. – Conséquence de la grève du jeudi 22 mars : tous les restaurants scolaires de la Ville de Strasbourg seront fermés. Lors d’un pointage jeudi matin, la Ville de Strasbourg dénombre 772 agents grévistes (11% de l’effectif). Les mairies de quartier Koenigshoffen, Elsau et Port du Rhin sont fermées. La piscine du Wacken est fermée. Accueils enfants et périscolaires perturbés. – Les Halte-Garderie Indre, Wacken, Flandre, les jardins d’enfants Tuilerie et Fritz, le Lieu Accueil Parents Enfants du Neudorf sont fermés. À la Maison de l’Enfance Wasselonne, 3 unités sur 5 sont fermées, la halte-garderie est ouverte. À la Maison Parents Enfants Montagne Verte, 2 unités sur 3 sont fermées. Les musées des Arts déco, celui de l’Illustration (Tomi Ungerer), et le musée archéologique sont fermés. Médiathèques. – Les médiathèques de la Meinau, Pourtalès, Neudorf et Olympe de Gouges sont fermées ; la grande médiathèque Ouest est partiellement fermée. des professeurs en grève. – Selon un pointage de l’Académie de Strasbourg, 9,3% des professeurs seront en grève dans le Bas-Rhin, 9,7% dans le Haut-Rhin. trafic CTS normal. – Le mouvement social n’a pas été rejoint par les syndicats de la Compagnie des transports strasbourgeois. Le trafic des bus et tramways à Strasbourg devrait être normal. trafic SNCF très perturbé. – La SNCF prévoit de n’assurer que 2 TGV sur 5 (et seulement 1 TGV sur 4 sur l’axe Strasbourg – Paris), 1 TER sur 4 dans la journée de jeudi. Sur les filiales : trafic normal sur Alleo mais seulement 3 trains sur 5 vers la Belgique avec Lyria. Aucune circulation des trains Ouigo.
Le détail de la circulation SNCF prévisible jeudi 22 mars en Alsace (doc remis)

La Région Grand Est a mis en place un système d’accueil en télétravail. Une carte recense les lieux en capacité d’accueillir des personnes qui souhaiteraient éviter de prendre les transports en commun jeudi. La plupart de ces lieux offrent l’accès à leurs services gratuitement pendant les jours de grève.

Vers un groupe de travail sur l’avenir de l’office de tourisme

Vers un groupe de travail sur l’avenir de l’office de tourisme

Les éléments du rapport d’audit commandé par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg sur la gestion de l’Office de tourisme de Strasbourg (OTSR – voir notre article) font des remous chez ses principaux financeurs.
À la lecture de ces pages, le président Robert Herrmann (PS) et le vice-président Yves Bur, maire de Lingolsheim et figure majeure de la coalition droite-gauche, constatent « une gestion chaotique, du moins non-satisfaisante » de l’association. Ainsi, ils . . .

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Jeudi soir au Shadok : et si la blockchain pouvait sauver Internet ?

Jeudi soir au Shadok : et si la blockchain pouvait sauver Internet ?

On entend beaucoup parler de la « blockchain. » Cette technologie sécurisant les échanges va s’inviter dans notre quotidien, il est donc urgent et important de la comprendre. Ça tombe bien : deux experts de la blockchain sont invités par le Shadok et Rue89 Strasbourg jeudi dans le cadre des rencontres « Tous connectés et demain ? »

Est-ce qu’on va pouvoir sauver Internet avec la blockchain ? La question est d’importance car oui, l’Internet est en danger. De plus en plus contrôlé par des acteurs supra-nationaux qui imposent leurs écosystèmes (citons Google, Facebook, Apple…), l’Internet des origines, libre, partagé et ouvert, semble chaque jour céder du terrain. En cause : la sécurité des systèmes et des échanges. Et c’est justement la promesse de la blockchain : un moyen de sécuriser les données, les échanges, et attention : sans tiers de confiance. Grâce à un système de preuve, infalsifiable car vérifiée et stockée par des milliers d’utilisateurs.

De l’internet des objets à l’internet des humains

Pour Primavera de Filippi, chercheure au CNRS, le principal apport de la blockchain va permettre de passer de l’Internet des objets à l’Internet des humains :
« Il nous est encore très difficile de collaborer à grande échelle sans passer par un opérateur de confiance. C’est pour ça qu’on se retrouve avec de nouveaux intermédiaires, Facebook, Uber, AirBnb, qui s’approprient la valeur créée par la collaboration de millions de personnes. La blockchain permet à des personnes de collaborer sans intermédiaire de manière décentralisée et globale. Comme il n’y a plus d’intermédiaire, la valeur créée peut être distribuée de manière beaucoup plus équitable entre tous ceux qui ont participé à la création de cette valeur. On se dirige alors vers une société axée sur des valeurs de partage, de coopération et de désintermédiation. »
Rue89 Strasbourg : Timothée Brugière, vous êtes issu d’un laboratoire de physique du CNRS pour développer une solution sécurisant la chaîne logistique, grâce à la blockchain. Pourquoi avoir fait ce choix ? Timothée Brugière : Nous avons fondé la société Transchain, à Strasbourg, parce qu’il nous semblait que la technologie blockchain était particulièrement bien adaptée pour certifier toutes les informations attachées à une livraison. C’est pourquoi depuis un an, nous développons notre propre blockchain, qui sera partagée et publique. Ce qu’on vendra, ce sera des jetons d’accès à cette blockchain. Actuellement, assurer un suivi d’un colis de bout en bout coûte 6 à 8€. Avec la blockchain, nous prévoyons de faire tomber ce coût à moins d’un euro.
Timothée Brugière, responsable recherche et développement de Transchain (doc remis)
Mais comment ? Je ne vais pas vous dévoiler tous nos secrets de fabrication. Mais disons que la blockchain est une technologie décentralisée, les calculs et le stockage sont répartis entre tous les utilisateurs. Autrement dit, nos clients seront aussi dépositaires de la blockchain qu’ils utiliseront. Autre avantage, la technologie permettra une traçabilité bien plus efficace des colis. Vous vous souvenez qu’il avait fallu 15 jours pour retracer les oeufs contaminés au fipronil ? Eh bien avec la blockchain, il sera très simple de retrouver par où est passé chaque oeuf, depuis la ferme jusqu’à l’usine ou l’épicerie, et immédiatement. En outre, il est tout à fait envisageable de penser des « clés » spéciales pour que les agences sanitaires aient accès aux informations rapidement…

« La blockchain réconcilie les échanges numériques avec la réalité »

Peut-on vraiment avoir confiance en une technologie où tout le monde a accès aux informations ? Alors dans la blockchain, on ne parle pas de confiance mais de preuve. La blockchain certifie que des informations sont correctes, réelles, non altérées ni copiées. Et ce qui le certifie, c’est justement les « validateurs », qui stockent des copies de la blockchain un peu partout. Autrement dit, si vous l’altérez, elle n’est plus conforme et elle est rejetée. Il est extrêmement difficile, voire impossible, de modifier toutes les copies du registre qui existent en même temps. C’est ce qui sécurise les informations. Reste que ces informations, si elles circulent librement, sont cryptées. Pour y accéder, il faut fournir les bonnes clés de décryptage. Que peut-on attendre de la blockchain comme avancées sociales ? Par nature, la blockchain permet de créer des « sociétés autonomes. » C’est à dire qu’on peut coder des « lois » et instaurer un système d’échanges sécurisé, on peut l’utiliser pour quantifier des biens mais aussi des votes par exemple. Donc la blockchain réconcilie les échanges numériques, rapides et quasiment gratuits, avec la réalité, vérifiable et mesurable. C’est une surcouche d’Internet, la technologie qui va s’intercaler partout, avec l’Internet des objets et l’intelligence artificielle. Il est à espérer que la blockchain permette de résoudre les questions d’identité sur Internet par exemple. Elle pourra aussi permettre à l’Internet non marchand de créer un écosystème sécurisé et certifié. Est-ce qu’on n’en fait pas un peu trop avec la blockchain ? C’est sûr que c’est un peu le buzzword du moment… Pour l’instant, la blockchain a surtout été utilisée dans les marchés financiers et sa première application, la monnaie virtuelle Bitcoin, a déjà 10 ans. Mais elle montre ses limites : les volumes de calculs nécessaires pour sécuriser les échanges engloutissent l’énergie nécessaire pour éclairer le Portugal par exemple… Il est évident qu’on ne peut pas continuer comme ça. La blockchain doit encore évoluer pour consommer moins de ressources, d’énergie et de mégaoctets. Mais dans deux ans, je suis persuadé que tout le monde aura eu à interférer avec une blockchain dans sa vie de tous les jours, consciemment ou non.

Largesses financières et retard numérique à l’Office de tourisme de Strasbourg

Largesses financières et retard numérique à l’Office de tourisme de Strasbourg

Finances fragiles, retard dans l’utilisation des outils numériques, manque de suivi des dispositifs mis en place et dépenses non-justifiées… Le rapport du cabinet Deloitte n’épargne pas l’Office du Tourisme de Strasbourg et sa région. Une synthèse du diagnostic, commandé par l’Eurométropole et la Ville de Strasbourg, a été présentée vendredi 17 mars. Rue89 Strasbourg a pu consulter le document dans son intégralité.

Un audit de l’Office de tourisme de Strasbourg et sa région (OTSR) avait été commandé par l’Eurométropole et la Ville de Strasbourg. Les grandes lignes du document ont été présentées lors d’une conférence de presse, vendredi 16 mars. L’audit énumère les critiques classiques de la gestion d’une institution : situation financière très fragile, appel insuffisant aux outils numériques et manque d’observation des dispositifs mis en place… Les dernières pages du document, que nous avons pu consulter en intégralité, révèlent des dépenses peu fondées, voire pas du tout : la rémunération d’un président d’association à but non-lucratif telle que l’Office du Tourisme, des voyages à l’étranger ou encore des remboursements de repas non documentés.

La viabilité de l’OTSR « en danger »

Les bénéfices de l’Office du tourisme strasbourgeois sont en chute libre. Entre 2014 et 2016, ils sont passés de 73 000 à 28 000 euros. Le rapport précise : le résultat financier reste positif grâce à des recettes exceptionnelles, comme la « cession en 2016 d’une partie des titres de « Strasbourg Evénements » détenus par l’Office du Tourisme. »

La valeur des ventes (Strasbourg Pass, visites guidées) a baissé de 10% entre 2014 et 2016. Les subventions ont diminué dans cette même période. Depuis mars 2015, le Bas-Rhin ne verse par exemple plus les 40 000 euros par an à l’institution strasbourgeoise. En 2016, la Chambre du Commerce et de l’Industrie a baissé sa subvention à 20 000 euros en 2016, contre 50 000 euros en 2014. Et seuls 10 000 euros ont été sollicités pour 2018. Pour les analystes, l’autonomie financière de l’OTSR est « en danger »

Un retard sur le numérique

L’office du tourisme est en retard sur l’utilisation des outils numériques dans l’accueil et l’information du public. Les auteurs du rapport accusent :

« Les outils déployés restent traditionnels : accueil au comptoir, éditions papiers. Les outils numériques (Internet de séjour, tablettes en accès libre…) ne sont encore que peu développés ou depuis peu de temps. »

L’architecture du site internet de l’office de tourisme est aussi à revoir. De même que l’utilisation des réseaux sociaux. La page Facebook de l’OTSR possède 15 044 mentions « j’aime », contre 153 000 pour la page de l’office du tourisme lyonnais ou 104 830 pour l’interface montpelliéraine. Le développement d’une stratégie numérique était pourtant présenté comme l’un des axes de travail lors du vote de la subvention annuelle (510 000 euros) par la Ville de Strasbourg début 2017.

Une des causes de ce retard sur le numérique se trouve dans l’organigramme de l’office du tourisme strasbourgeois : aucune personne compétente pour le numérique n’y apparaît.

Strasbourg Mon Amour remis en cause

Autre point négatif mis en avant par le rapport : les politiques de l’Office de Tourisme strasbourgeois ne sont pas assez analysées a posteriori. L’efficacité des actions de promotion, comme les marchés de Noël à l’étranger et Strasbourg Mon Amour, n’est pas étudiée. « L’objectif premier, générer des retombées médias n’est pas chiffré en termes de contrepartie publicitaire », estiment les analystes.

Ce manque de suivi des résultats concerne aussi les subventions publiques. Les aides de la Ville et de l’Eurométropole, près de deux millions d’euros sur un budget total d’un peu plus de trois millions, « ne sont pas spécifiquement fléchées, ce qui permettrait un contrôle plus fin des réalisations et l’ajustement du budget ».

Des problèmes de gouvernance

De même, la pertinence du dispositif Strasbourg mon Amour est remis en cause. En 2016, l’événement a enregistré une perte de 189 000 euros pour l’Office de Tourisme. L’export de Strasbourg mon Amour au Japon génère aussi un déficit. Le cabinet Deloitte se félicite de l’arrêt de l’opération :

« Au 30 juin 2017, le résultat d’exploitation redevient positif notamment du fait de l’arrêt de « Strasbourg Mon Amour Japon » (gain de 80 000 euros de charges). »

Selon le cabinet Deloitte, les acteurs du tourisme sont trop nombreux pour le territoire bas-rhinois. Entre l’Agence d’attractivité de l’Alsace, Strasbourg Evénements (congrès et expostions), l’Agence de développement du tourisme, le Convention bureau (tourisme d’affaires) et la Direction du Développement Economique et de l’Attractivité de l’Eurométropole, y a-t-il une « stratégie partagée ? », interroge poliment le rapport.

La rémunération fluctuante du président

Le rapport s’attarde aussi sur le président de l’Office de Tourisme, Jean-Jacques Gsell (passé du PS à LREM). Sa double casquette de président de l’Office du Tourisme et de conseiller municipal peut donner lieu à des conflits d’intérêts. En conseil d’administration défend il les intérêts de la municipalité ou de l’association ?

Surtout, en février 2015, le conseil d’administration décide de lui octroyer une rémunération nette mensuelle de 2 800 euros. La somme est l’équivalent de la rémunération d’un conseiller départemental, mandat qu’il arrête à ce moment-là, en ne se représentant pas. En un vote, son salaire est triplé, il était jusqu’alors d’environ 870 euros, soit les trois quarts du SMIC.

Interrogé sur ce point en conseil municipal le 23 janvier 2017, l’adjoint au maire en charge du tourisme Paul Meyer (La Coopérative) avait pourtant répondu que le président de l’Office du Tourisme ne percevait aucune rémunération.

Le 3 octobre 2017, l’indemnité du président est réduite à 1 400 euros nets mensuel. Elle fait suite à une demande envoyée à l’administration fiscale sur « la rémunération du président d’une association à but non lucratif dans le cadre de l’exception légale en faveur des grandes associations. » La Direction générale des Finances Publiques (DGFIP) avait répondu en ces termes :

« Une association peut sous certaines conditions rémunérer ses dirigeants :

    Si la rémunération n’excède pas les 3/4 du SMIC, Si la rémunération est supérieure à la tolérance précitée, le nombre de dirigeants pouvant être rémunérés est limité en fonction du montant et de la nature des ressources de l’organisme, En tout état de cause, les rémunérations versées ne doivent pas présenter un caractère excessif. »

Selon le cabinet Deloitte, l’Office du Tourisme de Strasbourg ne respecte pas toutes les conditions pour pouvoir rémunérer son dirigeant. En cause : les rémunérations versées à chaque dirigeant ne figurent pas dans l’annexe aux comptes de l’organisme. Mais Jean-Jacques Gsell peut être rassuré, même si son indemnité dépasse encore les trois quarts du SMIC, le rapport conclut ainsi :

« D’un point de vue légal, la DRFIP conclut que la rémunération versée n’est pas de nature à faire perdre à l’association le caractère désintéressée de sa gestion. »

Sur la rémunération du directeur de l’Office, de 117 500 euros brut par an, le cabinet estime qu’elle « n’appelle pas de commentaire particulier de notre part ».

Remboursements non-documentés, frais sans justificatifs

Entre 2014 et 2016, les analystes ont aussi trouvé « des frais de déplacement réglés par la carte bancaire de l’association et ce sans justificatifs fournis ». La pratique se retrouve dans les restaurants, où des « factures émises en déplacement se voient annoter manuellement des pourboires qui génèrent des remboursements non réellement documentés. » Le cabinet Deloitte préconise donc de « mettre en place un contrôle interne plus pertinent sur ce sujet ».

Les frais de déplacement pour la tentative de marché de Noël à New York sont pointés du doigt à plusieurs reprises. En 2014, 37 000 euros ont été déboursés pour le voyage transatlantique. Les auteurs de l’audit font remarquer que l’opération est « non réalisée à ce jour ». En 2014, 75 000 euros ont été dépensés en tout pour l’export du marché de Noël dans la Big Apple. Mais aucun chalet n’y a été installé.

Une nouvelle école à Kœnigshoffen, mais il en faudra d’autres…

Une nouvelle école à Kœnigshoffen, mais il en faudra d’autres…

Le conseil municipal de lundi 19 mars va décider de la construction d’une nouvelle école à Kœnigshoffen, symbole du besoin grandissant de classes à l’ouest de Strasbourg. La Ville va aussi brader des terrains pour que le Parlement européen s’agrandisse. L’opposition sortira-t-elle de sa léthargie patente pour réveiller les débats ? À suivre à partir de 15h, en direct et avec nos commentaires.


Après avoir fait preuve d’une apathie sans précédent en février (à peine une heure sur les délibérations), l’opposition parviendra-t-elle à réveiller le conseil municipal de Strasbourg de lundi 19 mars ? Elle pourrait à nouveau se faire discrète, d’autant que l’ordre du jour se concentre à nouveau sur des sujets plutôt techniques et peu stratégiques.

L’une des sommes les plus importantes concerne la création d’une nouvelle école rue Jean Mentelin dans le parc naturel urbain de Kœnigshoffen, à l’ouest. Ce groupe scolaire de 3 470 m² compterait 8 salles de maternelles et 10 d’élémentaires, avec des locaux communs. Les travaux sont prévus entre 2020 et 2022 pour un coût total de 16 millions d’euros.

Besoin de 100 classes en 4 ans

Cette construction est une réponse à la forte pression sur les écoles. Entre le dédoublement des CP et CE1 dans les quartiers dits Rep et Rep+ (ex-Zep) et l’augmentation de la population suite à la densification de la métropole, environ 100 classes sont nécessaires à Strasbourg d’ici 2021.

À cette nécessité démographique, s’ajoute un choix politique de faire de plus petites écoles, explique l’adjointe au maire à l’Éducation, Françoise Buffet (divers gauche) :

« Les écoles de 25-30 classes ne sont pas idéales. Elles peuvent concentrer près de 1 000 élèves, ce qui rend difficile le lien social alors qu’un enfant peut y passer près de 10 ans, de la maternelle au CM2. Une école comme le Stoskopf compte 33 classes aujourd’hui, il y a un besoin de mieux les répartir. »

Après le dédoublement des CP des Rep+ à la rentrée 2017, les élèves bénéficieront du même dispositif en CE1 pour 2018. Si tout se passe comme prévu, ce sera au tour des CP des classes en Rep en 2019 et enfin les CE1 de Rep en 2020.

Une difficulté mais une bonne réforme

Sur ce point, le maire Roland Ries (PS mais plus trop) convient que ce dédoublement « pose une difficulté » pour sa municipalité, qui doit trouver des locaux. Mais cet ancien enseignant juge la mesure positive pour l’éducation des enfants.

Parmi les futures constructions d’écoles à Strasbourg, on compte celle du quartier Danube, trois dans les Deux-Rives, une à la Meinau près du stade et des agrandissements multiples (ou des classes de Rep et Rep+ séparées en deux).

Hasard du calendrier, au même moment et non loin du centre administratif, une manifestation de parents d’élèves se tiendra rue du Jura à l’Esplanade. Ces derniers veulent « exiger du rectorat qu’il réponde aux absences non-remplacées ». En effet, au-delà des constructions, se pose la question du nombre d’enseignants pour y assurer des cours.

Strasbourg a besoin de 100 classes en 4 ans. (Photo Cécile Mootz / Rue89 Strasbourg / cc)

Des terrains bradés pour 1 euro au Parlement

Également à l’ordre du jour, la municipalité va brader des espaces publics pour faciliter le vaste projet de sécurisation du Parlement européen (dont Rue89 Strasbourg vous avait déjà parlé en octobre). Il s’agit d’emprises place des Glycines et sur le parvis (rue Lucien Fèbvre).

Ces terrains sont estimés à 435 000 euros par les Domaines de France mais la Ville de Strasbourg souhaite les vendre à l’euro symbolique, fidèle à sa ligne de conduite qui consiste à exiger le moins possible de l’institution européenne, ce qui se prononce « participer au rayonnement des institutions européennes et au maintien des institutions européennes sur le territoire » en langage politique.

C’est aussi ce projet de sécurisation qui va conduire à la fermeture, a minima lors des sessions parlementaires, des berges prisées des cyclistes et piétons.

Des achats plus éthiques ?

Si l’opposition est inspirée, elle pourrait s’engouffrer dans le futur « schéma des achats socialement et écologiquement responsables » (SPASER). Une occasion de questionner en quoi cette obligation change des règles actuelles.

Lorsqu’il a fallu sélectionner une société pour déléguer la question des amendes de stationnement (les nouveaux FPS), sujet de prédilection de l’opposition, c’est la société avec les charges sociales les moins élevées qui a remporté le jury, comme l’ont révélé les DNA.

Le mois de février a été suivi par des démissions en cascade. Un point d’étape est justement prévu dans la semaine. Certes la question est un peu différente, puisqu’il s’agit d’une délégation, et non d’un achat. Mais le principe est semblable.

Interpellation sur l’Esplanade

Autre délibération, symbolique mais novatrice, confier au laboratoire InSitu Lab du lycée du Corbusier l’aménagement des panneaux et itinéraires dans le futur parc naturel urbain nord (Robertsau-Wacken et Conseil des XV). Il s’agit d’une expérimentation que la mairie pourra suivre ou non. Et d’une subvention éducative de 2 500 euros. « Nous ne nous appuyons pas assez sur nos écoles et universités », estime Roland Ries.

Une dernière interpellation concernera le quartier de l’Esplanade à ne pas « laisser tomber ». L’élu d’opposition Bornia Tarall propose de réunir les forces vives du quartier, se faisant l’écho de faits divers, trafics et délabrement partiel.

À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.

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Schlouk Mapéro jeudi : une « happy hour »… toute la soirée

Schlouk Mapéro jeudi : une « happy hour »… toute la soirée

Le jeudi 22 mars aura lieu le premier « Schlouk Mapéro ». Dans huit bars strasbourgeois, l’happy hour durera jusqu’au bout de la soirée… à condition de s’être préalablement inscrit via l’application Schlouk Map pour téléphones portables.

Une « happy hour » qui dure toute la nuit, « qui n’a jamais rêvé de ça ? » s’exclame Jules Lagadic, développeur et serial entrepreneur strasbourgeois. Son dernier projet : jeudi 22 mars, des réductions de prix seront appliquées aux tarifs habituels et jusqu’à la fermeture dans huit bars strasbourgeois, une bonne incitation pour fêter la sortie de l’hiver. Mais attention, avant de se lancer dans cette soirée, il faut d’abord acquérir le « Schlouk Pass » : 5 euros, à acheter via le site ou l’application « Schlouk Map ».

Une application qui référence tous les bars

Schlouk Map est une application qui permet à ses utilisateurs de trouver facilement les bars environnants, grâce à une géolocalisation. Les prix, les réductions comme les « happy hours » et des avis sur les bars sont également référencés.

Jules Lagadic explique que « l’objectif de l’application et des Schlouk Mapéros, c’est aussi de faire découvrir des bars indépendants, des endroits sympas à Strasbourg, parce qu’il y en a beaucoup ! » Les bars partenaires sont sélectionnés par les administrateurs de l’application.

Les écrans de Schlouk Map (doc remis)

Cette start-up strasbourgeoise, portée par 4 personnes, a fêté son deuxième anniversaire le 1er mars. La jeune société cherche à étendre ses activités dans d’autres villes françaises et compte bien sur ces apéros d’un nouveau genre pour se faire connaître.

À Strasbourg, mondialisation de l’écologie politique !

À Strasbourg, mondialisation de l’écologie politique !

Le pragmatisme a fait reculer le ministre de l’Environnement, Nicolas Hulot, sur la réduction de la part du nucléaire à 50% d’ici 2025 en France. Lui, c’est le aussi pragmatisme qui l’a rendu antinucléaire. En visite à Strasbourg, Naoto Kan a encouragé la fermeture de la centrale de Fessenheim. Ancien Premier ministre du Japon, il a dû faire face en 2011 à la catastrophe de Fukushima.

Dessin de Piet.

 

 

#Naoto Kan

Coquillages, angelots, dorures… L’édition 2018 du Giboul’Off sera Rococo !

Coquillages, angelots, dorures… L’édition 2018 du Giboul’Off sera Rococo !

De jeudi 22 mars jusqu’au samedi 24 mars, le Collectif Off fêtera la marionnette (entre autres !) au festival Giboul’Off dans une ambiance déjantée avec pour thème pour cette année le Rococo. On vous donne un aperçu de l’édition 2018.

Pour la 14e année, la bande du Collectif Off s’installera dans et devant le Molodoï pour proposer trois jours de spectacle vivant, mais aussi de festivités, de rigolades et de belles surprises. Le festival, créé au départ principalement par des marionnettistes, s’ouvre également à d’autres disciplines, notamment un certain nombre de concerts et d’animations.

L’esprit du Giboul’Off, c’est de soutenir l’émergence et la diffusion de nouvelles créations, en valorisant le réseau local dans une atmosphère facétieuse, comme l’expliquent les membres du Collectif Off. Ainsi Zoé Bouchicot, qui travaille sur la scénographie depuis deux ans :

« Déjà c’est savoir faire des choses ensemble collectivement, c’est aussi un certain esprit de déconnade, on est pas mal des potes, on est pas là pour se prendre trop au sérieux, on est là pour se faire plaisir et se marrer. C’est aussi chaque année des défis dingues, on met beaucoup d’énergie dans ce festival pour que ce soit chouette. On y passe énormément de temps mais on a envie de relever les défis qu’on s’est donnés et de faire quelque chose de grandiose, on n’a pas envie de faire les choses à moitié. »

Pour Sébastien Greder, un des organisateurs du festival :

« C’est un esprit multi-facettes à tous les niveaux, tout le monde a fait un peu de tout avec chacun ses préférences, un esprit DIY (do it yourserlf) dans la veine de la Semencerie, et bien sûr un esprit déconne dans un cadre et une gestion qui tend à être “pro”. »

« Le Rococo c’est le kitsch du XVIIIe siècle »

Tous les ans, le Giboul’Off plonge ses spectateurs dans une ambiance différente en métamorphosant l’intérieur et l’extérieur du Molodoï. Sébastien précise :

« Le thème pose l’ambiance du cadre du festival ; il permet de “théatraliser” l’événement et que le public entre dans un spectacle avant même de s’asseoir face à une scène. »

Après le thème du Péplum en 2016 et celui de 20 mille lieues sous les mers en 2017 arrive celui du Rococo, ou la naissance du trop, avec son lot de fioritures, de dorures, de couleurs… Pour Zoé Bouchicot, « c’est le kitsch du XVIIIe siècle » avant d’ajouter « quand il y en a trop, il n’y en a encore pas assez ! ». Marie Hattermann est marionnettiste et comédienne, elle participe également au festival depuis 5 ans. Le Rococo l’inspire :

« Un pied de nez au cérémonial solennel et rigoureux du Versailles du XVIIIe, c’est avant tout le plaisir raffiné des sens visant à faire de l’existence une continuelle satisfaction esthétique… Alors, vous imaginez, le Giboul’Off qui fait son propre rococo ? »

L’affiche de l’édition 2018, signée Thérèse Partiot et Gauthier Mesnil-Blanc, donne le ton !

Un petit avant goût des décors…

Tandis que Giboul’Off investira le Molodoï à partir de jeudi, à quelques mètres les décors prennent peu à peu forme dans les locaux de la Semencerie. Commencée il y a trois semaines, la scénographie regorge d’éléments kitsch récupérés, peinturlurés, sculptés, etc. par des membres du Collectif Off mais aussi des stagiaires ou bénévoles venus aider l’équipe. Cette année, la scénographie est prise en main par Zoé Bouchicot, elle explique:

« Pour les décors on utilise pas mal la récup’, entre autres des matériaux reçus à la Semencerie tout au long de l’année, mais aussi en discutant avec les gens ou en rencontrant des entreprises, on récupère des chutes, des invendus, etc. Cette année par exemple, on a pu avoir du polystyrène, ou un coquillage qui avait servi de décor, je crois, à l’opéra. Tous les ans, on est aidés par des bénévoles, cette année l’équipe est assez fixe, ce qui permet de bosser efficacement et aussi de mieux se connaître. »

Zoé Bouchicot pendant la confection des décors passe-tête (Photo: Julien Martin).

L’équipe scénographie s’attelle à tous types de confections : décors passe-tête inspirés du peintre Fragonard, rénovation d’un coquillage géant, sculpture d’un chapiteau ou d’un atlante dans un bloc de polystyrène, peinture de colonnes, etc. De quoi s’immerger dans l’ambiance kitsch et libertine du Rococo ! Pour le moment Zoé dévoile quelques éléments du décor :

« Les deux scènes seront décorées avec des colonnes surmontées de chapiteaux ou d’atlantes (cariatides masculins), il y aura des frises avec des motifs dorés, beaucoup de tissus à motifs, de drapés, de petites colonettes avec des angelots, des miroirs, des poupées, des fleurs… »

Deux atlantes sculptés dans des blocs de polystyrène (Photo: Julien Martin).

De belles rencontres artistiques

Qu’en est-il de la programmation des spectacles ? Pour son organisation, Sébastien Greder explique:

« On part sur un lot de spectacles que chaque membre a vu lors d’autres manifestations (Chalons, Aurillac, Charleville Mézière, Mima…), on profite de notre réseau local, national et international au travers d’actions auxquelles on participe également (Bateau des fous). Cette année par exemple, on aura un jeudi soir bien local avec des premières créations ; le samedi après-midi il y aura un spectacle sur le handicap (scolaire et jeune public) suite à une rencontre à Charleville Mézières, et la présence de notre invité espagnol Javier Aranda Gracia qui vient de recevoir un prix national en Espagne les trois soirs. »

Une programmation variée avec des propositions originales, comme le théâtre de chaussure de la Cie Les enfants sauvages qui propose un biopic décalé retraçant la vie d’Arthur Rimbaud. Amateur ou curieux du théâtre d’objet ? Il sera possible d’apprécier la Cie Bardaf et le Collectif CALM qui présenteront respectivement un spectacle sur l’apprentissage de la cuisine (Les Mains à la pâte) et les confidences d’une femme-enfant (Poser ses pieds sur un petit tapis).

À noter également, la présence de la Cie Sans faire de bruit, et son Spectacle clandestin, qui questionnent la forme théâtrale dans son rapport au spectateur. La Cie Valkyrira quant à elle offrira avec La Casserole un spectacle dès 6 ans sur la thématique du handicap et du regard des autres. Shérazade et compagnie, eux, nous transporteront aux côtés d’Ida, enfermée depuis 79 ans dans une maison avec La fille en papier.

La Casserole de la Cie Valkyrira « Anatole traîne toujours derrière lui sa petite casserole. Elle lui est tombée dessus, un jour, on ne sais pas très bien pourquoi. A cause de cette petite casserole, Anatole n’est pas tout à fait comme les autres… »

À ne pas manquer, le marionnettiste Javier Aranda, qui a reçu la mention spéciale du Festival International de Théâtre et Danse de Huesca pour son spectacle Paria, sera présent les trois jours du festival. Marie Hattermann déclare à ce sujet :

« Cette année nous avons le plaisir d’accueillir un virtuose espagnol, Javier Aranda Gracia, qui nous propose Vida et Paria, deux de ses spectacles solo. Niveau manipulation et jolies trouvailles, la barre est haute… Et pour le reste, venez donc apprécier par vous même, puisque chaque jour est différent… »

L’artiste Javier Aranda manipule les marionnettes du spectacle Paria.

Autour des spectacles, le Giboul’Off propose aussi des stands et animations variés, parmi lesquels Sébastien Greder cite entre autres :

« Un spectacle extérieur en caravane, une boum pour les enfants le samedi à 16h, autobox de l’enfer le même jour, le spectacle intimiste de Nadège Hélouin, une petite restauration et la célèbre friterie du Progrès le samedi! »

Et des concerts !

Enfin, qui dit Giboul’Off dit concerts. La marionnette se fête en musique, et cette édition ne dérogera pas à la règle, avec notamment les Jeanines, duo formé par Marie Hattermann et Pauline Vernier, et leurs chansons improvisées sur les mélodies du musicien Cristián Vergara Aguilar. Un mélange entre Brigitte et Dalida.

Le duo glamour et décalé des Jeanines (Photo: Nguyen Anza).

Il sera possible de faire la java sur la musique de la fanfare balkanique strasbourgeoise Duna Orkestar le samedi soir, venir rendre hommage à Johnny avec les Co Smet, et pour les fin de soirées, profiter des DJ sets de DJ Croquette, DJ Cuivre et Sangria et DJ Gazoline !

« L’Arrosoir », un jardin partagé et convivial à Strasbourg cherche son financement

« L’Arrosoir », un jardin partagé et convivial à Strasbourg cherche son financement

« L’Arrosoir » est un jardin partagé en plein coeur du Neudorf à Strasbourg. Il sera inauguré le 22 avril et cherche à boucler le financement d’une serre, voire d’une terrasse couverte… Culture du houblon, ateliers de jardinage, fêtes de quartier… Ce jardin veut permettre aux voisins de se rencontrer, les pouces dans la terre ou non.

Un nouveau jardin partagé est en train de germer à Strasbourg – Neudorf. Le 22 avril, « L’arrosoir » sera inauguré par les associations « Akpé » et « Collectif Permis de Planter » à l’occasion des 48h de l’agriculture urbaine, événement national visant à promouvoir l’agriculture dans la ville. Chacun pourra y venir pour jardiner ou simplement s’asseoir. Les créateurs du projet imaginent un endroit où l’on se rencontre et où l’on organise des fêtes, pour développer la convivialité dans le quartier… Le ton est donné.

C’est notamment grâce à un financement participatif que ce site pourra voir le jour. Le premier pallier, fixé à 3 000 euros, servira à soutenir la création d’une serre. Plus de 50% des objectifs de cette quête auprès des Strasbourgeois étaient atteints le 14 mars. Les contributeurs ont jusqu’au 30 mars pour faire leurs dons via la plateforme KissKissBankBank. Si le deuxième pallier fixé à 5 000 euros est atteint, une terrasse couverte ainsi qu’une houblonnière pourront être financées. Et si les dons atteignent un montant de 7 000 euros, des toilettes sèches, un espace détente, des nichoirs à insectes et du mobilier intérieur pourront être installés.

Illustration du projet de jardin participatif à Neudorf. (doc remis)

Une pépinière et de la culture de houblon

« L’arrosoir » aura notamment pour rôle d’être une pépinière : des jeunes plants et des plantes comestibles y seront produits avec des techniques semblables à la permaculture (associations de végétaux, mimétisme des écosystèmes naturelles, etc.). Les écoles, les jardins partagés et les balconnières des habitants du quartier pourront ensuite accueillir ces plantes.

Plusieurs variétés de houblon seront plantées. Les habitants du quartier pourront apprendre à travailler cette culture emblématique de l’Alsace. Les nombreuses micro-brasseries strasbourgeoises pourront être approvisionnées en houblon biologique et issu de l’agriculture urbaine grâce à ce jardin.

Illustration du projet de jardin participatif à Neudorf. (doc remis)

Deux associations et la Ville de Strasbourg à l’origine du projet

L’Arrosoir sera créé sur ce qui est actuellement une friche, au croisement des rues de Soultzmatt et Saint-Erhart. La Ville, propriétaire des lieux, met à disposition ce terrain. En plus de cela, le service Espace Verts fournit gratuitement du matériel pour la fabrication du jardin partagé. Celui-ci est conçu pour être démontable et déplaçable à un autre endroit, au cas où la Ville décide d’un autre projet pour cet emplacement.

Martin Guillaumé, représentant légal, « parce qu’il en fallait un… », explique que toutes les décisions sont prises en commun : « C’est encore plus horizontal qu’horizontal. On décide de tout à travers l’échange. Quand il y aura plus de membres, on organisera des réunions, mais ça sera toujours pareil. ». Nicolas, l’architecte du projet, explique que les voisins directs accueillent bien l’idée. L’association « L’Arrosoir », qui a été créée le 13 mars, est composée à 70% d’habitants de Neudorf.

L’association « Akpé », à l’origine de ce jardin partagé d’un nouveau genre, est un collectif de jeunes architectes de l’INSA. Ceux-ci ont notamment participé à l’élaboration de la Maison citoyenne de Neudorf et de la rue piétonne du Jeu-Des-Enfants. Leur philosophie est de créer des lieux de vie durables et participatifs pour que les citoyens puissent s’approprier leur environnement direct.

De son côté, le « Collectif Permis de Planter » rassemble des associations et des citoyens de Strasbourg ayant pour objectif de promouvoir l’agriculture urbaine. Ils constituent un appui pour la création de nombreux jardins partagés. Pour ce collectif, garder les mains dans la terre permet aux citadins de ne pas couper leur liens avec la nature.

#association Akpé#Collectif Permis de Planter#jardin L'Arrosoir

La relève du rock britannique à Django vendredi avec The Jacques

La relève du rock britannique à Django vendredi avec The Jacques

À l’espace Django vendredi soir, deux groupes viennent raviver l’esprit rock’n’roll britannique à Strasbourg. Les suivis et prometteurs The Jacques, accompagnés des alsaciens Kamarad, promettent une soirée pleine de riffs et d’énergie brute.

On ne sait pas vraiment ce qu’il se passe à Bristol. On ne comprend pas pourquoi cette ville dégage une telle énergie niveau musique. Tant de groupes en sont sortis que l’annonce même de ce nom semble être gage de qualité. Qu’y donne-t-on à manger et à écouter aux enfants de là-bas ? C’est une question qu’on peut se poser quand on voit la précocité de The Jacques. Ce groupe de deux fois deux frères, formé en 2014, avec un chanteur à l’époque âgé d’à peine 15 ans, est devenu très vite LE groupe à suivre dans la relève du rock britannique.

Les enfants cachés de The Libertines

Il a suffi d’un concert à Hyde Park en ouverture de The Libertines pour attirer tous les regards de la presse. Avec deux EPs et une poignée de singles seulement, ils maintiennent ce statut depuis. Et surtout font revivre les heures de gloire de l’indie rock des années 90, mélangé à un soupçon de britpop qui transpire de la voix de Fin O’Brien. La nonchalance des Gallagher et d’un Doherty plane, l’énergie des Babyshambles ou Dirty Pretty Things rôde, et musicalement, autant être honnêtes, ils ne révolutionnent pas le genre.

Mais c’est sur scène qu’ils séduisent. Affublé souvent d’un costume rose et d’une verve affûtée, le leader est sur son terrain de jeu quand il éructe dans son micro pendant que les autres musiciens font danser et sauter le public. Les Transmusicales leur ont fait confiance dès 2016, vite suivis par Rock En Seine ou La Foire aux Vins de Colmar l’an dernier. Il seront vendredi 23 mars à l’espace Django pour électriser les Strasbourgeois.

Une première partie à ne pas manquer

En première partie, un autre groupe rock dont la musique est directement inspirée des britanniques. Mais c’est plutôt du côté du punk et de Manchester qu’il faut chercher les racines du son de Kamarad. Attention, qu’on ne s’y trompe pas, le quatuor est pourtant bel et bien alsacien, mais n’aura rien à envier à la tête d’affiche niveau énergie et frénésie.

Strasbourg à nouveau au top d’un classement des villes cyclables

Strasbourg à nouveau au top d’un classement des villes cyclables

Selon le premier baromètre de la Fédération française des usagers de la bicyclette, Strasbourg est la métropole la plus favorable à la pratique du vélo en France. Tour d’horizon des motifs de satisfaction des cyclistes strasbourgeois. Schiltigheim en revanche fait figure de mauvais élève.

Strasbourg, un paradis pour les cyclistes ? Le résultat du dernier baromètre de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) est sans appel : Strasbourg est la seule métropole française considérée comme « favorable » à la pratique du vélo. Nantes et Bordeaux, respectivement deuxième et troisième du classement, ne jouent pas dans la même catégorie niveau pédalage, respectivement jugées « plutôt favorables » et « moyennement favorables. »

Ce classement est le fruit d’un questionnaire en ligne diffusé auprès des cyclistes français entre septembre et novembre 2017. Plus de 113 000 personnes ont répondu à 26 questions comme : « À quelle fréquence circulez-vous à vélo? », « Les itinéraires cyclables sont-ils convenablement entretenus ? » ou encore « Faut-il en priorité abaisser la vitesse motorisée ou créer des infrastructures dédiées ? » Les réponses allaient de 1 (négatif) à 6 (positif). La FUB a ensuite attribué une note sur 6 à chaque ville. À Strasbourg, 2 542 personnes se sont exprimées et la capitale européenne a obtenu la note de 4,10 sur 6.

Cliquez sur l’image pour accéder aux données complètes.

Trois villes bas-rhinoises sur le podium

Selon la FUB, les cyclistes français s’intéressent avant tout à la continuité du réseau cyclable. Ils demandent ensuite des « itinéraires vélo rapides et directs » et des pistes cyclables bien entretenues. Les deux derniers critères les plus cités concernent la qualité des stationnements vélo et la limitation du trafic motorisé en ville. Sur tous ces points, Strasbourg figure en première place du baromètre.

Le classement ne concerne pas seulement les métropoles. Les villes ont été classées en cinq catégories selon leur nombre d’habitants. En Alsace, on trouve ainsi Sélestat à la troisième place du podium des agglomérations de moins de 20 000 habitants. Illkrich-Graffenstaden est la reine du vélo pour les communes de 20 à 50 000 habitants. Ses résultats sont assez proches de Strasbourg. Seules la location et la réparation des vélos est jugée moins efficace qu’à Strasbourg.

A Strasbourg, les cyclistes sont mieux lotis que dans les autres métropoles françaises. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Les pistes d’amélioration à Strasbourg

Strasbourg ne peut cependant pas se reposer sur ses lauriers. La moitié des cyclistes sondés décrient la sécurité aux intersections. 60% d’entre eux sont mécontents des solutions alternatives proposées en cas de travaux. Les vols de vélos sont aussi pointés du doigt par près de neuf personnes sur dix. 63% des Strasbourgeois interrogés subissent le stationnement de véhicules sur les itinéraires.

Schiltigheim : le mauvais élève

Schiltigheim est le mauvais élève du Bas-Rhin. Elle est considérée par la FUB comme « plutôt défavorable » à la bicyclette. 253 Schillikois ont répondu au sondage et pour 88% d’entre eux, la sécurité des cyclistes est mauvaise, voire très mauvaise (50%) sur les grands axes. Plus de 9 sondés sur 10 estiment que la sécurité des enfants et des personnes âgées doit être améliorée.

Dans cette commune voisine de Strasbourg, les participants au baromètre sont remontés contre leur municipalité. Pour 93% des sondés, Schiltigheim est peu, voire pas du tout, à l’écoute des cyclistes. Plus de huit sondés sur dix estiment que la ville fait peu, voire pas du tout d’efforts pour les usagers du vélo.  Lorsqu’on demande aux Schilikois de résumer les conditions de circulation dans leur ville, trois quarts estiment qu’elles sont mauvaises. Pour obtenir de meilleures notes, la mairie schilikoise n’aura qu’à copier sur sa voisine. Prochain contrôle : fin 2019.

#capitale du vélo

Schiltigheim : les animateurs d’un des deux comités « En Marche » s’allient avec Christian Ball

Schiltigheim : les animateurs d’un des deux comités « En Marche » s’allient avec Christian Ball

La position de spectateur de « La République en Marche » pour les élections municipales anticipées à Schiltigheim ne convient pas à tous ses adhérents. Rue89 Strasbourg vous avait expliqué les différentes lignes et les enjeux nationaux comme strasbourgeois pour « En Marche ».
Ainsi, les trois co-animateurs du comité « LaREM Schiltgheim », fondé en juin 2017 en plus d’Eurométropole-Nord (rebaptisé « Schiltigheim et environs »), ont décidé d’apporter leur soutien à la . . .

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