Dans le cadre du 70ème anniversaire de Batorama, des milliers de canards en plastique feront la course sur l’Ill à Strasbourg. La « Duck Race » organisée au profit de l’association Rêves se tiendra samedi 27 mai et ralliera le pont Saint-Martin au pont Saint-Guillaume à partir de 17h15.
Bientôt une horde de petits canards en plastique peupleront, le temps d’une course, les eaux de l’Ill à Strasbourg. Batorama, qui propose des visites de Strasbourg en péniches de croisière, fêtera son 70e anniversaire samedi 27 mai. À cette occasion, une gigantesque « Duck Race » est organisée, la première à Strasbourg.
Une course de canards en plastique à Timisoara (Photo Evol.ro / FlickR / cc)
3€ le canard, dont 1,5€ pour l’association Rêves
Chaque participant pourra adopter un canard en plastique pour 3 euros, les 200 premiers canards arrivés permettront à leurs parrains de recevoir des lots. La moitié de la recette de ces adoptions, soit 1,5 euro par canard, sera reversé à Rêves. Cette association reconnue d’intérêt général oeuvre à réaliser les souhaits des enfants atteints par de graves maladies. Malgré sa présence sur tout le territoire avec plus de 37 délégations départementales, sa nouvelle antenne ouverte il y a deux ans dans le Bas-Rhin peine à se faire connaître.
Les canards peuvent être « adoptés » toute la semaine, aux heures d’ouverture de la boutique Batorama, place de la Cathédrale à Strasbourg. Par ailleurs, les membres de l’association tiendront un stand dans le « village des partenaires », place du Vieux-Marché-Aux-Poissons, de 14h à 20h pour sensibiliser les Strasbourgeois à leur cause.
Batorama assure que les canards en plastique, insubmersibles, seront tous récupérés après l’événement et recyclés, grâce à la mise en place de deux barrages flottants à l’issue de la course. Des kayakistes iront par ailleurs chercher les canards qui resteraient bloqués sur le trajet.
La French Tech Alsace, une démarche qui doit favoriser le développement des start-ups dans la région, continue sa mue vers la maturité, après un démarrage quelque peu chaotique. Un comité de pilotage restreint doit plancher sur quatre thématiques prioritaires.
Nommé en mars, le nouveau directeur de la French Tech Alsace, Guillaume Hert, vient de boucler une nouvelle phase de la transformation de ce réseau dédié aux start-ups : il a mis en place un comité de pilotage de 14 membres, dont 9 issus des entreprises. Auparavant, ce comité était . . .
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Les supporters du Racing Club de Strasbourg, les vrais de vrais, ont accompagné leur club fétiche un peu partout en France. Retour sur les deux derniers déplacements, à Lens puis à Niort, où l’on comprend la différence qui existe entre un stade qui a accueilli un club de Ligue 1 et un stade qui n’en a jamais vu.
La dernière ligne droite de la saison du Racing Club de Strasbourg a proposé deux rencontres à l’extérieur : la première à Lens, bastion du football populaire en déshérence, le second à mille kilomètres de Strasbourg, à Niort, cité davantage connue pour ses assurances que pour son club de foot.
Décalé au lundi soir au mépris du bon sens, à la sortie d’un week-end prolongé, le rendez-vous lensois était attendu depuis plusieurs mois. La prévente organisée à la Meinau a rencontré un franc succès, l’occasion d’écouler près de 1 300 billets en deux heures. Une nuée de véhicules allait escorter la dizaine de cars affrétés, pour l’un des déplacements les plus massifs jamais enregistré autour du Racing, hors derby ou finale de coupe.
Quatre tribunes d’une verticalité saisissante
Le stade Bollaert-Delelis a revêtu ses habits de gala : 38 033 spectateurs bariolés en différentes nuances de sang et d’or, près à s’enflammer mais n’en menant pas large au vu du classement. Vestige de l’ancrage ouvrier du RCL, la tribune Marek rassemble les supporters les plus fervents là où d’autres clubs y caseraient plutôt leurs abonnés premium.
Au-delà de son équipe souffreteuse depuis une dizaine d’années − date de sa descente conjointe avec le RC Strasbourg −, le Racing Club de Lens vaut surtout pour sa majestueuse enceinte. Quatre tribunes indépendantes, d’une verticalité saisissante, permettant une visibilité optimale. Le parcage visiteur épouse logiquement le même axe, de la pelouse au toit.
Adieu Félix
La partie est âprement disputée, Lens faisant étalage d’une belle maîtrise technique jusqu’à la surface de réparation, mais se mettant à trembler dans les vingt derniers mètres. Strasbourg demeure fidèle à son jeu direct, physique, s’efforçant de maîtriser le temps. Dans les tribunes, l’atmosphère orgiaque est bien au rendez-vous, encore décuplée pour célébrer les deux buts.
1-1, on se quitte bons amis, Artésiens sous le coup d’une deuxième gueule de bois après celle de la veille et Alsaciens convaincus d’avoir fait un pas de plus vers la montée. Après une demi-heure de rétention dans le stade désert, les fans bleus et blancs sont encore rassemblés trente minutes supplémentaires devant la lourde porte séparant l’entrée visiteurs des coquets corons voisins. Il est temps pour les 1 800 supporters de se séparer, de prendre la route de l’Alsace que les premiers rallieront vers 4 heures du matin, alors que les derniers ne sortiront du car que le lendemain à midi…
René-Gaillard, le prototype du stade « plat »
À nous deux, mon Gaillard !
À peine le temps de récupérer des émotions lensoises qu’un contingent dix fois moins nombreux s’attaque à un nouveau déplacement, cette fois vers Niort. Une poignée de voitures immatriculées 67 (ou 68) et deux cars rejoignent les expatriés de l’Ouest de la France.
Au stade Bollaert, trois fois rénové depuis 1984, succède à Niort l’archétype du stade obsolète : tribunes en tubulaire, piste d’athlétisme, parking grillagé à la hâte. Un paysage familier pour un public ayant suivi son équipe jusqu’au plus obscur chef-lieu de canton meurthe-et-mosellan. Une enceinte analogue à celles d’Epinal ou Belfort, où le Racing décrocha ses précédentes montées.
Sympathique club de deuxième division, les Chamois niortais ont profité de l’occasion pour convier à René-Gaillard la meilleure équipe de leur histoire, championne de D2 en 1986-87 : on y retrouvait entre autres le gardien Merelle, la paire défensive Steck-Boucher et surtout Abedi Pelé, l’un des meilleurs footballeurs africains du siècle.
La visibilité s’avère comme prévu exécrable depuis la tribune préfabriquée dévolue aux Alsaciens. Ainsi peu d’entre nous comprirent immédiatement que l’arbitre avait accordé un penalty à Strasbourg, faute de distinguer les lignes et les autres surfaces. On voyait mieux les anciennes gloires niortaises durant leur tour d’honneur, c’est dire.
Adieu les pistes d’athlétisme ?
Le temps d’encaisser deux buts gaguesques, un Racing sous courant alternatif arrache le match nul sur une situation guère plus limpide (retourné de Bahoken dévié par un Niortais, prenant le gardien à contre-pied). Les informations en provenance des autres terrains rendent la situation on ne peut plus claire : un succès devant Bourg-en-Bresse enverra Strasbourg en première division. Tout autre résultat fragilisera singulièrement les chances du RCS.
Dans une Meinau qu’on espère incandescente nonobstant la pluie, les larmes couleront forcément vendredi sous les coups de 22h30. Nous saurons alors si nous pourrons délaisser, au moins une saison durant, les stades champêtres à piste d’athlétisme. Si nous pourrons être surpassés par les supporters locaux du point de vue de l’ambiance, à Nantes ou Saint-Etienne par exemple. Si nous pourrons continuer à découvrir de nouvelles enceintes, qui auront cette fois accueilli l’Euro 2016 et non le dernier cross UNSS. Si nous pourrons, en somme, substituer Lens à Niort.
Supporter du Racing depuis 1997, j’ai suivi l’essentiel des désillusions vécues par le club depuis cette date, tout en manquant l’essentiel des événements heureux. D’ailleurs, ça commence tout doucement à changer.
Photo : doc remis Eurométropole de Strasbourg / Elyxandro Cegarra
La fête du parc Schulmeister, samedi 20 mai à la Meinau à Strasbourg, s’enrichit d’offres culturelles, avec des concerts et des spectacles jusqu’à 21 heures. Des services de restauration ouvrent dès midi jusqu’à 18 heures.
Organisée samedi 20 mai, la fête du parc Schulmeister à Strasbourg – Meinau s’étoffe. Les horaires ont été étendus, la fête débutera dès 12 heures pour se finir vers… 21 heures. Du coup, plus d’animations culturelles seront proposées aux visiteurs, ainsi que des services de restauration.
Mathieu Cahn, adjoint au maire en charge du quartier de la Meinau, explique :
« C’était en effet une proposition qui ressortait des années antérieures. Les gens voulaient pouvoir pique niquer dans le parc, avant de commencer les activités, mais aussi avoir accès à des spectacles. »
Au cours de l’après-midi, plusieurs spectacles de danse sont proposés (Photo Elyxandro Cegarra / EMS)
De 14 heures à 18 heures, des activités ludiques et en plein-air sont proposées comme les années précédentes : speed-ball, badminton, football… Des ateliers plus artistiques sont aussi mis en place : la création d’un film d’animation, hip-hop à 16h45 au CSC de Meinau, ou fabrication de bijoux.
À partir de 18 heures, ces activités laissent place à un programme plus culturel. En collaboration avec diverses associations culturelles de la ville, comme l’espace Django Reinhardt ou Pôle Sud, des spectacles de danse contemporaine sont proposés à 19h et 19h20, ainsi qu’un concert de salsa à 20h.
Une fête plus éco-responsable.
Cette année, une charte a été mise en place, rédigée avec les associations partenaires et les services de la Ville. La volonté : développer la dimension éco-responsable de la fête, avec l’utilisation obligatoire de vaisselle réutilisable, au détriment des assiettes et couverts en plastique. Mathieu Cahn déclare :
« C’est un objectif de tous les événements culturels de la ville. En tant qu’adjoint de quartier, c’est normal que je le développe lors des événements organisés dans mon secteur. »
Des jeux, des activités ludiques ou artistiques sont organisés le samedi 20 mai au parc Schulmeister (Photo Elyxandro Cegarra / EMS)
Cette charte a aussi pour but d’impliquer davantage les associations participant à la journée :
« La fête ne doit pas devenir une opération mercantile pour les associations. Certaines venaient et repartaient une fois leur objectif mené. Bien sûr, ça peut être l’occasion pour les associations de gagner un peu d’argent, mais l’objectif principal doit rester l’animation des activités et de l’après-midi. La charte est d’ailleurs autant une volonté de la Ville que des associations. »
À l’avenir, la fête du parc de Schulmeister doit continuer sous cette forme :
« Le quartier de la Meinau n’avait plus de sa fête de quartier, et ça manquait aux habitants. La fête du parc regroupe plusieurs quartiers et est à chaque fois une réussite. Il n’y a aucune raison pour qu’elle disparaisse l’année prochaine. »
Comme d’autres villes, Strasbourg compte de nombreuses oeuvres de street art. Voici une carte les répertoriant, ainsi qu’une sélection de quelques incontournables, pour transformer la ville en galerie à ciel ouvert.
Alors que les beaux jours reviennent, voici une sélection de cinq oeuvres de street art, à découvrir en se baladant dans les rues du centre-ville de Strasbourg.
1/ Monsieur Chat
On commence à proximité de l’arrêt de tram du Vieux-Marché-aux-Vins, devant l’épicerie Le chat de l’île. Pour la petite histoire, cette épicerie a été rebaptisée ainsi depuis que Monsieur Chat a laissé une trace de son passage. Si Strasbourg compte une oeuvre de l’un des graffeurs les plus connus de France, on le doit, en effet, à Elise Calande, la propriétaire de cette épicerie :
« Une année, Monsieur Chat avait peint ce mur, sans autorisation, à la hâte. Un voisin s’est plaint auprès des services de la Ville, qui l’ont effacé. Quelques mois plus tard, près du musée d’art moderne, j’ai reconnu Monsieur Chat. Il était en train de graffer. Je me suis approchée de lui, je voulais lui demander s’il voulait bien revenir graffer sur notre mur. Mais lorsqu’il m’a entendu arriver, il est parti en courant, il pensait que c’était la police. »
Finalement, Elise Calande a réussi à le rattraper et Monsieur Chat, Thoma Vuille de son vrai nom, a accepté. Depuis, l’épicerie a réalisé des travaux pour protéger le mur, support de l’oeuvre, dans une vitrine. Il faut dire que certaines oeuvres de Monsieur Chat sont estimées à plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros…
Monsieur Chat a laissé une trace de son passage à Strasbourg, à la demande de la propriétaire de l’épicerie Le chat de l’Ile. (Document remis / cc)
2/ Star-Wars et Coluche, par Dan 23
Dan 23, Daniel Bussière de son vrai nom, est sans-doute le street artiste qui compte le plus grand nombre de créations dans le centre-ville. Ainsi, il estime avoir peint 200 à 300 graffitis, dont environ 50 sont encore visibles. Ci-dessous, voici deux oeuvres de cet artiste auquel Rue89 Strasbourg avait consacré un portrait en 2013. La première se situe place de la Gare, la seconde se situe quai Charles Altorffer.
Repeindre des transformateurs électriques du centre-ville, l’une des marques de fabrique de Dan 23. (Photo RB / Rue89 Strasbourg / cc)
Une série de graffitis de Dan 23 s’intitule : « Ces Héros. » Une manière pour le street artiste de mettre en lumière des hommes et des femmes qui luttent pour le bien commun. (Photo RB / Rue89 Strasbourg / cc)
Dan 23, qui s’est mis au street art au début des années 2000, explique pourquoi il aime cette pratique :
« J’aime travailler sur des supports différents, et notamment très grands. Et faire du street art permet d’offrir ses peintures à un maximum de personnes. C’est une manière de démocratiser l’art. La plupart du temps, les gens ne vont pas dans les musées ni dans les galeries. En étant visible dans le centre-ville, je reçois de plus en plus de retours, et ce sont toujours des retours positifs. Par ailleurs, cela m’apporte des retombées énormes en termes de communication, et parfois des commandes de fresques. »
Mais si Dan23 peut aujourd’hui peindre relativement tranquillement, il n’en a pas toujours été ainsi :
« Le street art est arrivé en France au début des années 2000 mais il commence à être vraiment reconnu depuis 2010. A une époque, la municipalité de Strasbourg a eu une politique extrêmement répressive, en effaçant de nombreux graffitis et en verbalisant leurs auteurs. C’est pour cela que la plupart ont arrêté de peindre dans le centre-ville. Pénalement, comme je peignais uniquement sur des murs dégradés, et des choses figuratives, je ne craignais pas grand-chose. Parfois, la police m’arrêtait mais je n’avais pas d’amende. Et début 2016, cette politique a changé. Depuis, j’ai une autorisation pour repeindre les transformateurs électriques et la Ville me propose parfois, comme pour d’autres street artistes, certains murs à peindre. »
3/ « Histoires à coucher dehors », de Charles Levalet
Toujours dans le quartier gare, une façade permet de découvrir une oeuvre de Charles Levalet, commandée par l’hôtel Graffalgar.
Comme souvent, ce street artiste parisien, qui utilise du papier-collé, joue avec les éléments d’architecture entourant ses créations. Ainsi, il a imaginé des personnages en train de dormir, avec leurs bagages, pour la façade de cet hôtel. Ses créations de street art, à retrouver sur son site internet, soulignent souvent, de manière poétique, l’absurdité de situations du quotidien. Elles rappellent parfois celles de Banksy, figure emblématique du street art. Dernier élément à savoir sur Charles Levalet : cet enseignant agrégé d’arts plastiques le jour, street artiste la nuit, a étudié… à Strasbourg.
Histoires à coucher dehors, de Charles Levalet. (Photo RB / Rue89 Strasbourg / cc)
4/ Les formes abstraites de Pro 176
La création qui suit, rue de la Course, tout près de l’hôtel Graffalgar, n’est sans-doute pas la mieux mise en valeur. Et pourtant, son auteur, Pro 176, fait partie des graffeurs les plus reconnus de France. Certaines de ses oeuvres sont exposées dans des galeries très prisées, comme la galerie Bartoux, sur les Champs-Elysées à Paris.
« Lors de sa venue à Strasbourg, à l’occasion d’un événement de graff, j’ai insisté pour qu’il puisse laisser une trace de son passage et j’ai obtenu une autorisation au dernier moment. C’est comme un cadeau qu’il nous a fait. Je crois que les gens ne se rendent pas compte de sa valeur. Si je ne lui avais pas demandé de peindre ce mur, ses conditions n’auraient pas été les mêmes… Il fait partie du Top 10 des graffeurs français les plus reconnus ! Dans ses graffs, il y a quelque-chose de très futuriste, avec une influence des bandes-dessinées Marvel. Pour ses oeuvres en extérieur, il travaille aussi le lettrage. Mais pour ses oeuvres en galerie, il travaille le côté abstrait, pictural. Sur sa création strasbourgeoise, il n’y pas de personnages ni de lettres, c’est plutôt une forme abstraite, qui se rapproche de celle de ses tableaux pour des galeries. »
Cette création est signée Pro 176, qui fait partie du Top 10 des graffeurs français les plus reconnus. (Photo RB / Rue89 Strasbourg / cc)
Une oeuvre signée Jaek el diablo, dans le quartier gare à Strasbourg. (Photo RB / Rue89 Strasbourg / cc)
Raphael Ananou, qui s’est mis au graff au début des années 1990, comme la majorité de la seconde génération de graffeurs strasbourgeois, souligne la particularité de cette pratique par rapport au street art :
« La difficulté quand on peint à la bombe, c’est qu’on n’a pas de contact avec le support sur lequel on travaille. On a donc moins de stabilité, il faut apprendre à gérer sa gestuelle. C’est un peu instinctif. Souvent aussi, on peint sur un format plus grand. Et quand on peint sans autorisation, il faut être capable de graffer vite, en faisant abstraction de la pression. Le street art n’est pas forcément du graff. Cela peut être de de la peinture au pinceau, de l’illustration. Ces dernières années, le street art touche de plus en plus les gens. Parfois, le street art est même récupéré pour en faire du business. Mais il ne faut pas oublier que les graffeurs ont été les précurseurs du street art. Ce sont eux qui ont ouvert la voie à la démocratisation de l’art, en exposant leurs créations à un maximum de monde, dans la rue, dans le métro… »
5/ L’univers tropical de Missy
Toujours dans le quartier gare, au croisement de la rue de Molsheim et de la rue Sainte-Marguerite, l’oeuvre de street art qui suit est l’une des seules de Missy dans le centre-ville de Strasbourg. Habituellement, cette graphiste-illustratrice, Lisa Discala de son vrai nom, privilégie d’autres lieux :
« J’ai réalisé cette création dans le cadre du Off de Noël organisé par la Ville de Strasbourg. D’habitude, pour peindre en extérieur, je ne vais pas dans le centre-ville, mais plutôt au Port du Rhin, dans des lieux plus cachés. Le port du Rhin est un coin avec pas mal de spots de graff. J’y passe souvent en été, en soirée après mon travail, ou le week-end. Ces spots me permettent de faire ce que je préfère : créer des fresques plus travaillées, sur des murs plus grands, avec d’autres artistes. Peindre sur un grand mur, dans une friche industrielle, je trouve que cela dégage une certaine poésie. Et c’est plus tranquille que dans le centre-ville. »
Un des seules créations de Missy visibles dans le centre-ville de Strasbourg. Pour en découvrir d’autres, il faut se rendre au port du Rhin. (Photo RB / Rue89 Strasbourg / cc)
En revanche, cette création du centre-ville est assez représentative de son style :
« Je représente souvent des oiseaux, dans un univers tropical et exotique. Quand je reçois des retours, ils sont la plupart du temps positifs. Je pense que la vision du grand public sur le street art a évolué. Il y a quelques années, c’était vu comme quelque-chose dégradant l’espace public. Désormais, le grand public apprécie le street art, quand c’est bien fait. Quand c’est du graff vandale, évidemment, les gens n’apprécient pas. D’un côté, je comprends ce point de vue. D’un autre côté, le graff vandale fait aussi partie du street art. En tout cas, quand on a un mur à sa disposition, en prenant le temps, cela rend quelque-chose de joli et le public s’en rend bien compte.
À Strasbourg, le street art s’est bien développé, sous l’impulsion notamment de galeries spécialisées comme le Graffalgar ou la Popartiserie. Régulièrement, je participe à des évènements et des expositions. De même, il m’arrive de réaliser des fresques pour des particuliers. Mais je ne souhaiterais pas créer uniquement des oeuvres de commande. Je préfère continuer mon métier de graphiste-illustratrice pour, en parallèle, pouvoir aussi créer pour moi, sans rien devoir à personne. »
Le début de la campagne pour l’élection législative dans la 1ère circonscriotion du Bas-Rhin, la seule circonscription 100% strasbourgeoise, s’est résumée à beaucoup d’intrigues côté gauche ou au centre.
Interrogations à gauche, calme à droite
Le positionnement « socialiste dans la majorité présidentielle » (qui a intrigué des médias nationaux), du député sortant Eric Elkouby, le suspense autour de l’identité du candidat « En Marche »,
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Parmi les 16 000 noms radiés des listes électorales de Strasbourg, certains citoyens habitent toujours Strasbourg. Sous certaines conditions, ils peuvent voter aux élections législatives à venir. Rue89 Strasbourg propose un guide recensant la procédure à suivre selon les cas.
De nombreux électeurs n’ont découvert que devant le bureau de vote qu’ils n’étaient plus sur les listes électorales Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Ces personnes radiées se sont, pour la plupart, senties privées leur droit de vote. Pour certains, les déménagements sont anciens et ils ont pu voter de nombreuses fois dans leur ancien bureau de vote. Après avoir créé une page sur Facebook, ils ont saisi la justice.
Et un arrêt de la Cour de cassation a rappelé aux tribunaux d’instance qu’ils devaient s’intéresser à toutes les situations des personnes radiées. Sous certaines conditions, il est possible pour les personnes radiées de voter aux élections législatives des 11 et 18 juin. Rue89 Strasbourg se transforme en guide juridique et retrace la procédure.
À l’été 2016, Strasbourg avait renoué avec la tradition les joutes nautiques, sur les quais sud, le temps de deux week-ends. En 2017, cette animation estivale sera régulière et trouvera ses quartiers du côté de la Presqu’île Malraux.
Trois compétitions sont prévues : une régionale, une nationale et une européenne, aux mois de juin, juillet et août. Entre ces trois temps forts, des animations hebdomadaires en semaine ou le week-end sont également prévues.
L’idée est de . . .
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Qui pour briguer les 15 mandats de députés en Alsace ? Avant de voter aux élections législatives les 11 et 18 juin, voici la liste des candidats, par circonscription, pour s’y retrouver.
Le pari d’En Marche
L’enjeu principal de ces élections législatives est la constitution d’une majorité parlementaire pour le nouveau président de la République, Emmanuel Macron (En marche), et son Premier ministre Edouard Philippe (Les Républicains) pour gouverner… ou cohabiter. Devront-ils trouver des alliances avec la droite, avec la gauche, à l’instar des coalitions allemandes, ou auront-t-il une majorité absolue de députés « La République en Marche » ?
Notons que la sociologie électorale et les résultats du premier tour ne font pas de l’Alsace la terre électorale la plus fertile pour En Marche. En outre, la plupart des candidats « En Marche » sont peu, voire pas habitués aux joutes électorales locales. Ils devront se faire connaître, avant de convaincre, en tout juste quatre semaines.
Les circonscriptions autour des villes semblent néanmoins plus favorables (les trois à Strasbourg, à degré moindre les deux à Mulhouse, voire celles de Sélestat, Colmar ou la périphérie ouest de Strasbourg), par rapport à celles plus rurales, où le Front national a progressé lors des derniers scrutins.
En 2012, 13 circonscriptions à droite, 2 au PS
En 2012, 13 circonscriptions alsaciennes ont été remportées par des candidats de la droite ou du centre. Neuf d’entre eux se représentent en 2017, toujours au nom de la droite et du centre. Mais dans deux circonscriptions, des candidats UDI et LR s’opposent : Pascale Jurdant-Pfeiffer (UDI) et Jean-Philippe Maurer (LR) se présentent dans la deuxième du Bas-Rhin, au sud de Strasbourg. La circonscription n’est pourtant pas connue pour être un bastion de la droite, puisqu’en 2012, c’est le socialiste Philippe Bies qui l’avait remportée sur Jean-Philippe Maurer.
Dans la neuvième circonscription également, qui va de La Wantzenau à Haguenau, nettement plus favorable à la droite, Vanessa Wagner (UDI) a été investie face à Étienne Wolff (LR).
Divisions à gauche
À gauche, l’offre est en revanche multiple. Le Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts, la France insoumise et le Parti communiste présentent des candidats partout ou presque, soit au moins quatre candidats pour se partager l’électorat à gauche de « En Marche »…
D’autres partis ou mouvements moins connus (100% citoyens, Lutte ouvrière, l’UPR ou même le parti antispeciste, etc) présentent des candidats partout. Le financement public des partis est décidé uniquement lors de ces élections et chaque voix peut rapporter environ 1,60€, ce qui pousse aux candidatures multiples. Sur l’Alsace, on compte une vingtaine « d’étiquettes » différentes.
L’atypique mouvement « Ma Voix » et ses candidats tirés au sort est présent sur une seule circonscription, celle de Strasbourg centre. La candidate, Agnès Lopez, vit en Île-de-France et risque d’avoir du mal à faire campagne.
Il sera également intéressant de suivre les résultats du nouveau parti régionaliste Unser Land, qui avait dépassé les 10% en Alsace aux élections régionales de 2015.
Le dépôt des candidatures est clos depuis le vendredi 19 mai. Au total, il y aura 133 candidats pour le Bas-Rhin et 91 dans le Haut-Rhin.
Le nouveau collectif pour la sauvegarde du parc de l’Aar organise un rassemblement mercredi soir pour signifier son attachement à ce parc de Schiltigheim qui va connaitre des changements avec la transformation du restaurant Francesca en KFC.
À Schiltigheim, chaque construction ou presque déchaîne désormais les passions. Parmi les dossiers chauds, celui du Francesca, vendue à l’enseigne américaine de poulet frit KFC à côté du McDonald à l’entrée de la ville, au parc de l’Aar.
Ce qui est décidé, ce qui ne l’est pas
Quelques espaces autour (15,55 ares), côté parc de l’Aar, vont être remplacés par un nouveau parking de 24 places. Le détail est expliqué sur la carte en bas de l’article. Un autre projet à court terme est évoqué, mais pas validé, celui de la construction d’un pont pour voitures, vers les bureaux du Crédit mutuel. Voilà pour ce qui est officiel.
Projet de pont pour voitures à l’arrière du Crédit mutuel au Wacken (document Rue89 Strasbourg)
À plus long terme, l’essor du secteur fait craindre que le seul parc schilickois ouvert à toute heure soit remis en cause. Entre l’île aux sports, la construction d’un parking en étages à côté de la piscine du Wacken et surtout le développement du futur quartier d’affaires, Archipel, au Wacken, ces terrains vont être soumis à une forte pression foncière.
Un terrain désormais classé constructible
Lors du vote du Plan local d’urbanisme (PLU) pour les 28 communes de l’Eurométropole fin 2016, le classement du parc est passé de « zone naturelle » (N) à UE, c’est-à-dire constructible en tant qu’équipement d’intérêt collectif, sans limite de hauteur. Exception faite pour les jardins au milieu du parc.
Dans le même document, il est indiqué que les installations sportives proximité (stade de l’Aar et du Canal du Sporting Schilitgheim) pourraient être étendues. Mais il ne s’agit que d’un projet pour le mandat actuel. En revanche, les élections municipales de 2020 pourront rebattre les cartes.
Au bord de la rivière l’Aar, le parc éponyme propose une grande pelouse, une butte et des installations de jeux pour enfants et sportives (photo collectif Touche pas à mon parc de l’Aar)
Un rassemblement pour « envoyer un message »
Mieux vaut donc envoyer des messages le plus tôt possible aux élus et urbanistes qui réfléchissent à l’avenir de la ville d’ici 5 à 10 ans. C’est en ce sens qu’un collectif (encore un !) pour la défense du parc le long de la rivière de l’Aar s’est formé.
Il organise un rassemblement ce mercredi 17 mai à partir de 18h jusqu’à 21h autour d’un apéritif où chacun ramène quelque chose. Sa demande principale est que le parc soit de nouveau classé en zone naturelle, comme c’est le cas pour d’autres parcs à Strasbourg, comme les Contades, l’Orangerie ou celui de la Citadelle.
Etat des lieux
De passage pour la session parlementaire, le député européen écologiste José Bové sera présent à ce rassemblement. Un parc qu’il connaît bien, car il a l’habitude de séjourner à Schiltigheim et de parfois traverser le parc pour se rendre au Parlement.
Le sujet sera par ailleurs abordé par le maire Jean-Marie Kutner (UDI) lors du conseil municipal de Schiltigheim, ce mardi 16 mai, à partir de 16h.
Y aller
Pic-nique pour la défense du parc de l’Aar, mercredi 17 mai au parc de l’Aar, à Schiltigeim de 18 à 21h. Repas tiré du sac.
Bruno Teboul est philosophe. Et en tant que pionnier de l’Internet, il plaide pour que les innovations technologiques s’accompagnent d’autres valeurs que celles de la Silicon Valley. Il sera jeudi soir au Shadok pour une rencontre-débat « Tous connectés et après », avec Grégoire Leclerc, président de l’Obervatoire de l’uberisation, en partenariat avec Rue89 Strasbourg.
Invité jeudi 18 mai au Shadok à Strasbourg, Bruno Teboul, philosophe, auteur de « Robotariat, critique de l’automatisation de la société », chercheur en données, alerte sur les risques que poserait une société dépendante des algorithmes et des robots.
Rue89 Strasbourg : les évolutions technologies sont généralement vues comme des sources de progrès. En quoi elles vous dérangent ?
Bruno Teboul : « je ne suis pas technophobe ! Bien au contraire, j’apprécie les technologies numériques, je les utilise et je conseille les grandes entreprises face aux mutations qu’elles génèrent. Elles ont permis un accès sans précédent au savoir, elles ont dépolarisé le monde. Mais je ne suis pas non plus un techno-béat. Contrairement aux gourous de la Silicon Valley, je ne crois pas que tous les problèmes du monde peuvent se régler à coups d’applications et d’algorithmes. Tous les grands décideurs qui s’immiscent dans nos vies aujourd’hui, via nos téléphones, sont des libertariens. Ils ont une vision de la société qu’il faut au moins connaître, sinon combattre.
Leurs solutions conviennent peut-être aux États-Unis, mais elles sont dangereuses pour l’Europe, où s’est construit une culture d’entraide et de solidarité. Prenons Uber par exemple, qu’est-ce que cette entreprise a apporté comme valeur en Europe ? Rien du tout, Uber horizontalise tout mais elle ne contribue ni au développement des transports ni aux coûts sociaux. »
Bruno Teboul aimerait qu’une réponse sociétale se constitue face au modèle de la Silicon Valley (doc remis / Keyrus)
Faut-il alors refuser les technologies et leurs solutions ?
« C’est une partie du problème : il n’existe pas d’alternative. Mais ça va se construire, quelque chose va émerger, autour des valeurs de partage et de la coopération. Jusqu’alors, il était compliqué de critiquer les technologies sans passer pour un illuminé ou un conspirationniste. Dans le mouvement des start-ups, seul le discours « à la cool » était audible, tout écart était immédiatement taxé de conservatisme.
Aujourd’hui, on voit bien que ces technologies détruisent parfois plus qu’elles ne créent et qu’on ne peut pas tous se transformer en esclaves des applications… Donc avec quelques uns, comme Bernard Stiegler, Ariel Kyrou, nous avons fondé un « Institut de la contre-culture numérique », pas pour refuser le numérique mais pour y associer des valeurs qui nous semblent essentielles. Nous proposons des solutions, nous sommes optimistes et combatifs. La parution de plusieurs de nos tribunes dans de grands médias sont nos premières victoires. »
Est-ce que vous constatez des prises de conscience dans le monde politique ?
« Hélas, à part quelques propositions dans le programme présidentiel de Benoit Hamon, aucun candidat n’a posé pendant la campagne comme question centrale les enjeux du passage d’une économie post-industrielle à une économie uberisée… Or il faudra bien que l’État s’empare de ces dossiers car les innovations à venir, l’automatisation, la robotisation, les algorithmes vont détruire plus d’emplois qu’ils ne vont en créer. C’est pourquoi nous parlons de « disruption destructrice » pour évoquer les enjeux du numérique aujourd’hui.
Dans cet univers où toute la valeur est captée par les fournisseurs services, comment allons-nous maintenir nos services publics si plus personne ne paie de taxes ? Quant aux millions d’emplois robotisés, qui ne concernent pas seulement les cols bleus mais tout autant les chirurgiens ou les assureurs, qu’allons-nous faire de tous ces gens ? Il y a de vraies questions à se poser, en terme de société, d’urgence. »
« Construire un modèle incluant la solidarité »
Entretien avec Bruno Teboul pour Vox Populi (vidéo Arte)
Le Racing Club de Strasbourg est aux portes de la Ligue 1. Le club, avec le soutien des collectivités publiques, planche sur un agrandissement du stade de la Meinau. Il compte ajouter 1 000 à 4 000 places, mais surtout plus de loges pour générer des revenus supplémentaires.
Quelques informations avaient filtré en fin de semaine dernière, le Racing club de Strasbourg cherche à rénover et agrandir son stade. Ce besoin est d’autant plus pressant que le club de football pourrait remonter en Ligue 1, après 9 ans d’absence dès vendredi, dernier match de la saison.
C’est en sens que le club a lancé une étude, confié à Cat-Events, dont les conclusions sont attendues fin juin.
Retransmission au Zénith du dernier match
Pour les supporters qui n’ont pas trouvé de place pour le dernier match, décisif, de la saison face à Bourg-en-Bresse, le Zénith propose une retransmission sur écran géant. Le classement est très serré et seule une victoire assure la qualification en Ligue 1. En cas de match nul ou de défaite, il faudra compter sur des faux pas des concurrents directs
Les inscriptions, gratuites, ouvrent mercredi à 12h. Le Zénith peut accueillir environ 10 000 spectateurs.
Les collectivités vont participer à son financement (162 000 euros au total), à hauteur de deux tiers du montant, soit 36 000 euros pour la Ville de Strasbourg et autant pour l’Eurométropole et la Région Grand Est. « Nous sommes partenaires, mais pas porteur du projet », précise le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS).
En prenant exemple sur le projet d’Arena de la SIG, il souhaite avec ses adjoints que les clubs professionnels soient davantage impliqués dans le financement et la conception de leurs infrastructures. Même si pour le Racing, il n’exclue pas une participation de la Ville.
30 à 33 000 places
Concernant l’extension elle-même, le club compte passer de 29 064 places (dont 23 064 assises, notons que le kop où le public regarde tout le match debout est comptabilisé comme section assise) à une jauge de 30 000 à 33 000 places, toutes assises. Parmi elles, 3 000 personnes seraient installées dans des loges et des salons (contre 368 aujourd’hui), qui génèrent le plus de revenus pour un club.
Les hypothèses de travail seraient notamment de rajouter des sièges à la place des tribunes populaires, debout, et des loges par-dessus la tribune sud (derrière les bancs, à droite sur la photo). D’autres améliorations, notamment en terme de connectivité ou d’aménagement des abords du stade sont envisagées.
Si la structure est en bon état, ce qui plaide pour une rénovation plutôt qu’une reconstruction, « ce stade est dépassé pour un certain nombre de points », estime Roland Ries.
Bientôt quelques places en plus à la Meinau ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Un agrandissement peu ambitieux ?
Des débats sur le futur nombre de places sont à prévoir. Dans l’opposition, Jean-Philippe Vetter (LR) « se réjouit » du projet, mais garde néanmoins des « interrogations sur la taille. » Se basant sur « les retours de supporters qui n’ont pas trouvé pas de place pour vendredi », il pense que nombre d’affiches de Ligue 1 pourraient drainer plus de spectateurs que 30 000, compte tenu de l’engouement actuel autour des bleus et blancs.
Dans la majorité, on tempère les ardeurs, d’une part en expliquant que c’est le club qui décide et que lors des dernières saisons en Ligue 1 ou en hiver cette année, le stade était loin d’être plein. L’objectif est d’éviter « un effet stade vide » certains soirs.
Le sujet sera en débat au conseil municipal du lundi 29 mai. Quoiqu’il en soit, Ligue 1 ou Ligue 2, le Racing jouera dans un stade identique en début de saison prochaine.
Depuis deux ans, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) transfèrent progressivement les missions de nettoyage des chambres à une entreprise privée. Mais pour les syndicats, les chambres et les sanitaires sont moins propres qu’avant et une écoute des patients ainsi qu’un suivi hors médical ne sont plus assurés.
Nettoyage des chambres à l’Hôpital : Strasbourg passe bientôt au tout privé
Bientôt la fin des agents de service hospitaliers (ASH) à Strasbourg ? Ils sont encore 900, employés pour s’occuper du nettoyage des chambres, de l’entretien des locaux et de la distribution des repas dans certains services. Ils pourraient à terme être totalement remplacés par des employés d’un prestataire privé.
Elles étaient près de 1 000 ASH, mais depuis deux ans, c’est l’entreprise privée GSF qui s’occupe de ces missions de nettoyage à l’hôpital. Cela a commencé dans les bureaux, puis dans les services de gynéco-obstétrique et de pédiatrie, où 80 CDD n’ont pas été renouvelés.
Un remplacement en marche
Amélie (le prénom a été changé) travaille dans le département de gynéco-obstétrique du CHU de Hautepierre, où la privatisation a démarré. Elle fait partie des 8 agents qui ont été gardés sur les 36 d’origine. ASH aux HUS depuis près de 30 ans, elle ne cherche pas à édulcorer la situation pour expliquer comment le personnel a vécu l’annonce de l’externalisation :
« Ça a été le choc total, du jour au lendemain. On a été mis devant le fait accompli, alors qu’on fait partie d’une famille.. Les gens n’étaient pas bien. »
De son côté, la direction des HUS assure que le processus est partiel et échelonné, comme l’explique Marie Muller, chargée « accompagnement et projet social » aux ressources humaines :
« Ce n’est qu’une externalisation d’une partie des missions et cela se fait secteur par secteur. Cela a commencé par les parties communes, les bureaux etc, puis les services de gynéco et de pédiatrie ».
Elle explique que l’externalisation la plus récente a eu lieu à l’automne dans la Médicale B du Nouvel Hôpital Civil (NHC), où on retrouve des services de médecine interne et d’endocrinologie.
À terme, tous les départements concernés
Pour les syndicats, la dynamique n’est plus si partielle que ça. Ce qui inquiète Emilie Cantau, secrétaire adjointe CFDT, syndicat majoritaire des HUS :
« Pour l’instant, les secteurs « sensibles » comme le bloc opératoire devraient garder leurs ASH, et, au pavillon gériatrie de la Robertsau, on a aussi négocié pour qu’elles ne soient pas externalisées, car elles distribuent les repas. Mais l’externalisation est prévue pour tout ce qui n’est pas réanimation, psychiatrie ou médecine chirurgicale… »
Au syndicat SUD, Sandrine Cnockaert assure que d’ici un an, tout le nettoyage sera privatisé et les ASH actuelles auront disparu :
« La direction est au taquet sur l’externalisation, ils ont non seulement affirmé fin mars qu’ils ont décidé de continuer, mais même d’avancer le processus : des postes qui devaient être externalisés en 2018 vont l’être à partir de maintenant. L’idée est que fin 2018, tout soit effectué par le prestataire privé. On nous a dit qu’il resterait entre 400 et 500 ASH, c’est-à-dire seulement les titulaires de la fonction publique, qui seront repositionnées sur des travaux de blanchisserie, de manutention… »
L’hôpital public à la diète
Dès les premières externalisations, l’intersyndicale s’était vue expliquer que l’objectif de la direction des hôpitaux de Strasbourg était de réaliser 2 millions d’euros d’économies par an. Aujourd’hui, l‘administration des HUS nuance et explique qu’il s’agit d’un élément parmi une stratégie plus large, comme le dit Marie Muller :
« Il y a une tendance de fond à l’externalisation dans les hôpitaux universitaires. Mais l’hôpital n‘est pas une entreprise privée, il ne s’agit pas de faire des économies à tout prix. C’est une façon de dégager une manne d’investissement pour des projets futurs. »
Cela s’inscrit quand même dans des plans d’économies répétés depuis quelques années, comme le plan 2015-2017 devant économiser 50 milliards d’euros. L’hôpital public doit se serrer la ceinture, et c’est, entre autres, la masse salariale qui est visée.
Dernièrement, le nettoyage a été externalisé à la « Médicale B » au Nouvel Hôpital Civil (Ph1oto wikimedia commons/ cc)
Moins de personnel… et de problèmes ?
Les syndicats considèrent, eux, que la direction veut se défausser de la gestion du personnel. En externalisant peu à peu, ils n’auraient plus besoin de s’occuper, entre autres, d’un absentéisme qui touche particulièrement les ASH. Christian Prud’homme, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière (FO) aux HUS, trouve que cet argument a bon dos :
« C’est vrai qu’environ 12% des agents sont concernés par un absentéisme régulier. Mais là ce sont des économies de bouts de chandelles. Nous pensons que la direction aurait pu optimiser ces postes, trouver d’autres solutions, rendre le travail plus attrayant. »
Pour Amélie, c’est un vrai problème qui devrait être pris en compte dans la réflexion autour de l’absentéisme, plutôt que d’être balayé d’un coup d’externalisation :
« On fait un travail très physique, pour certaines depuis plus de 20 ans… Certaines d’entre nous ont eu des déchirures d’épaules. Imaginez nettoyer votre douche 25 fois par jour. On peut comprendre pourquoi il y a des absences. »
« On perd vraiment en qualité »
D’après Christian Prud’homme, ces changements sous considérations économiques se sont faits au détriment de la qualité du service. Selon lui, les chambres sont moins propres pour les patients :
« On a demandé des compte-rendus pour les services externalisés, mais cela reste assez opaque. Donc on a fait notre propre enquête. C’était catastrophique, il y avait de la poussière dans les chambres… Les salariés extérieurs ne sont pas suffisamment formés à l’ensemble des protocoles de nettoyage des chambres, de l’environnement et du matériel. Les chambres souvent ne sont pas faites à temps pour recevoir les nouvelles admissions. La plupart de ces employés ne sont pas vaccinés alors que c’est une obligation pour pouvoir travailler dans les HUS. »
Amélie raconte la dégradation de la propreté dans les bureaux et espaces communs :
« Les WC étaient tellement sales que les gens demandaient s’il y en avait d’autres ailleurs. Et dans les chambres, ils ne nettoient que le fond de la douche, pas les parois, ni le siphon, etc. »
Du côté de GSF, on veut bien entendre la critique, mais on nuance. Patrick Chatelux, directeur général de la filiale GSF Saturne, qui assure les externalisations aux HUS, affirme que le travail de ses employés ne va qu’en s’améliorant :
« Je peux comprendre qu’il y ait des remarques et des déceptions, mais il faut laisser du temps au temps. Le démarrage a été difficile car on ne succède pas à des années d’expérience en claquant des doigts. Mais aujourd’hui, deux ans après le démarrage au CMCO, il y a une satisfaction de la part de la direction des HUS. »
Il concède que, pour les autre services, cela n’était pas parfait au début, mais défend la qualité des prestations de GSF :
« À Hautepierre, le démarrage a été compliqué, mais aujourd’hui on constate que ça fonctionne. Au centre-ville (au NHC, ndlr), on est encore dans la phase de début, mais on engage les moyens pour s’améliorer. On a eu des bons retours, le matériel a été reconnu comme performant, nos chariots sont bien plus performants que les précédents. Les cadres hygiénistes le constatent. »
Un cahier des charges insuffisant ?
L’administration aussi se veut rassurante et selon elle, la qualité de l’accueil n’est pas altérée par les externalisations. Le bio-nettoyage, essentiel dans un milieu où les infections ne doivent avoir aucune chance, est « irréprochable dans les HUS », selon Marie Muller :
« Le prestataire nous est lié par un cahier des charges pour que les standards d’hygiène soient identiques. En plus, on a créé une équipe de contrôleurs qualité, six personnes de l’hôpital qui vérifient quotidiennement que cela se passe comme il faut. »
Sauf que d’après le syndicat SUD, cela ne se passe pas si bien, car un nouvel appel d’offres a été lancé en février, pour assurer un respect plus strict des conditions de nettoyage :
« On était au terme des trois ans visés par le premier appel d’offres, et la direction générale a alors dit : “on a revu notre copie avec GSF au niveau de l’entretien”. La direction veut plus de qualité, donc c’est bien que quelque chose n’allait pas. Et ils ont d’ailleurs dit qu’il y aurait de la formation des agents. Mais ça fait deux ans que ça dure et toujours rien. »
Pour Patrick Chatelux, cela prouve au contraire la confiance des HUS :
« Nous avons été reconduits au mois de mars. Le nouveau cahier des charges formalise juste mieux les contrôles. D’ailleurs, notre travail est contrôlé tous les jours par des contrôleurs mis en place par les HUS. Et tous les mois, un bilan est fait lors d’une réunion avec la Direction. Nous travaillons en étroite collaboration avec les HUS, cela marche bien ».
Amélie est sceptique sur une éventuelle amélioration :
« À mon avis, ça ne va rien changer. On voit bien que les nouvelles jeunes femmes bossent dans la précarité, elles sont tout le temps en train de courir. Elles n’ont pas le matériel qu’il faut, et quand on les voit nettoyer, on voit bien que ce n’est pas du tout comme on nous a appris à nettoyer. On n’est même pas sûr qu’elles n’utilisent pas les mêmes lavettes pour les toilettes et les tablettes. »
Les syndicats dénoncent des chambres moins propres dans les HUS (Photo Randalfino / FlickR / cc)
L’entreprise affirme pourtant former ses employés de manière adéquate :
« Quand on a commencé ce n’était que du nouveau personnel. Et il fallait bien commencer le travail. Mais on a recruté une experte santé pour assurer la formation des employés, quelqu’un du milieu pour faire bien les choses. »
« On connaissait nos malades »
Surtout, des patients habitués à voir les mêmes agents, à nouer parfois une relation avec eux, doivent maintenant s’adapter à recevoir des personnes différentes tous les jours. Le syndicat FO précise que certaines ASH avaient acquis des connaissances liées aux pathologies traitées dans leur service, des régimes spécifiques, un relationnel et un discours avec le patient approprié et propre au travail en milieu médical.
C’est un volet important de la fonction qui disparaît, d’après Amélie, d’autant que les nouveaux employés ne font pas partie de l’hôpital et font l’objet d’un turn-over important :
« Nous les ASH, on passait peut-être un peu plus de temps dans les chambres que le reste du personnel. On rapportait à l’équipe ce que les malades ne leur disaient pas. On les connaissait. Les nouveaux agents n’ont pas le temps de voir tout ça ».
À GSF, on balaie l’argument du turn-over par des chiffres, avancés par Patrick Chatelux :
« On nous parle de turn-over, mais au moins on a un taux d’absentéisme bien moindre que le personnel interne : entre 7 et 9%, contre près de 40%. »
Des jobs précaires à l’hôpital
Pour Emilie Cantau de la CFDT, le transfert d’emplois publics vers de nouveaux jobs précaires va générer des problèmes et de nouvelles dépenses. Pour Amélie, on ne devrait même pas comparer :
« On ne critique pas ces nouveaux agents de nettoyage… Mais les ASH passaient 15 minutes à deux dans chaque chambre. Les nouveaux sont seuls et n’ont à peine que quelques minutes… Comment peuvent-ils prétendre faire le même travail ? »
Personnel en tension et processus brouillon
L’inquiétude grandit au sein des ASH, qui sentent bien qu’un tel plan d’externalisation sonne le glas de leur fonction, à plus ou moins brève échéance. Du coup, les agents sont ballottés entre les possibilités de reconversion, selon qu’elles aient été embauchées comme fonctionnaires, ou contractuelles. Dans le pire des cas, elles sont licenciées, comme l’explique Christian Prud’homme :
« Il y a deux ans, 127 postes d’ASH ont été externalisés, dont 80 CDD n’ont pas été reconduits. »
De son côté, Marie Muller assure que l’administration des ressources humaines travaille avec les syndicats et les agents pour trouver la meilleure des solutions :
« Les agents titulaires de la fonction publique ont trouvé un autre poste. On a effectué un suivi personnalisé, chaque agent a été vu deux fois. Les personnes voulant rester dans le même métier ont été placées sur des postes vacants dans d’autres services. Parmi les autres, certaines voulaient devenir aide-soignantes, et nous avons pris en charge la formation. »
Système D et bricolage de personnel
Vu de l’intérieur, le processus a été violent. Amélie rapporte du stress, une ambiance exécrable et une grande incertitude parmi les ASH :
« Il y a eu des tensions entre nous, et une grande souffrance. On se demandait qui vont-ils garder, qui va partir ? »
Pour sa part, l’administration l’a gardée… mais lui a demandé de former les nouvelles équipes issues du privé, qui ont remplacé ses collègues :
« J’ai moi-même dû être formée sur leurs produits, leur matériel, qui étaient différents des nôtres. Et puis, j’ai dû leur expliquer tout ce qu’il fallait faire, le nettoyage de la chambre, du sol, de la salle de bain, les toilettes, la douche… »
Une question d’argent et de temps
Depuis l’externalisation de son service, Amélie n’est techniquement plus ASH mais agente logistique. Elle explique qu’avec cette nouvelle division, plusieurs tâches restent en suspens :
« Maintenant, les prestataires font le ménage et nous on s’occupe du repas. Très bien mais avant, on s’occupait de l’état général de la chambre aussi. Les fleurs par exemple, qui s’en occupe ? L’entreprise ne le fait pas, personne ne se sent concerné et elles pourrissent dans les chambres. Il y a d’autres choses : un pot d’urine peut rester 2-3 jours dans la chambre, si personne ne remarque qu’il est là. »
Pour elle, l’avenir de sa fonction et de l’hôpital public est sans appel :
« Les gens ne voudront plus venir ici. Ceux qui ont de l’argent iront de plus en plus dans le privé, où ils auront un meilleur service, et les autres devront se contenter de ce qu’on a ici. »
Jeudi 18 mai, c’est sur la scène de l’espace Django Reinhardt que les Strasbourgeois auront le privilège de voir Omara Moctar, alias Bombino, jouer de la guitare avec son groupe. Entre rock, blues et reggae, cette musique touarègue est à découvrir absolument.
Omara Moctar est nigérien et touareg. Son histoire est passionnante, tellement qu’elle a fait l’objet d’un documentaire (Agadez, the Music and the Rebellion, Ron Wyman). C’est qu’un touareg obligé de fuir la rébellion à 10 ans, réfugié en Algérie jusqu’à son retour quelques années plus tard et devenu guitariste de génie, ça a de quoi intéresser.
Encore plus quand on sait qu’il a dû fuir une nouvelle rébellion en 2009, époque où deux des membres de son groupe Bombino sont capturés et exécutés, et où toute guitare est interdite par le gouvernement. Lorsqu’il rentre à nouveau à Agadez en 2010, il devient le symbole de tout un peuple, à travers un concert exceptionnel au pied de la grande mosquée.
Et c’est là que la musique de Bombino va, enfin, dépasser les frontières.
Timtar – Piste audio officielle (vidéo Youtube)
Le rêve américain
Convaincu d’enregistrer ses titres comme il se doit, il sort l’album Agadez en 2011. Enregistré dans le Massachussetts, l’album tombe dans les oreilles de Dan Auerbach (The Back Keys), qui l’invite dans son studio de Nashville pour produire Nomad, l’opus suivant. L’année dernière, c’est Azel qui enchante le public, enregistré à Woodstock. Des albums réalisés en Amérique, donc, patrie des influences de Bombino.
Imuhar – version acoustique pour ONE’s Agit8 campaign. (vidéo Youtube)
Inspiré par les Américains Jimi Hendrix ou John Lee Hooker, tout autant que par Dire Straits ou Bob Marley, la musique de Bombino puise ses racines dans un rock brut et un blues implacable. A ceci près que si la base peut paraître classique, le résultat ne l’est absolument pas. Aussi lumineux que le soleil saharien, chaque titre est porté par cette touche sableuse qui en fait toute l’originalité. Un grain de voix chaleureux, une guitare hypnotique, et toujours cette invitation à la danse, au partage, à la communion.
Du bonheur en scène
Mais s’il y a bien un endroit où écouter Bombino, c’est sur scène. Transformant toutes ses performances en moment de transe heureuse, Bombino allume dans le sillage de ses concerts un sentiment d’espoir inconditionnel, et un sourire permanent sur les visages. Le touareg n’a qu’une ambition : faire danser les gens au son de sa guitare. Gageons qu’il y parviendra jeudi soir, sur la scène de l’espace Django.
Nous connaissions déjà les candidats LR et PS pour les législatives à Strasbourg, « La République En Marche » a présenté cette semaine ses candidats. Républicains comme socialistes semblent pour l’instant prêts à négocier une coalition avec les futurs élus du parti d’Emmanuel Macron.
Depuis vendredi 12 mai, une partie de la rue de la Division Leclerc est devenue une « vélorue ». Sur 300 mètres, les voitures n’ont plus le droit de doubler les vélos qui peuvent circuler au milieu de la voie. Une mesure qui vise à supprimer à terme la voie cyclable sur le trottoir piéton.
Strasbourg imite les villes d’Europe du nord pour favoriser la pratique du vélo en ville. C’est en ce sens que le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS) inaugurait vendredi 12 mai la première « vélorue » de France. Le concept existe déjà en Allemagne, en Suisse, au Danemark ou encore en Autriche.
Sur environ 300 mètres dans la rue de la Division-Leclerc, entre l’arrêt de tram de Grand’rue et le pont Nicolas, les vélos deviennent prioritaires sur les voitures. Ces dernières n’ont plus le droit de les doubler, ou même en théorie de klaxonner. Reste à savoir comment une telle disposition sera vraiment appliquée. Même les élus ne savaient pas exactement comment les forces de l’ordre peuvent s’y prendre, ni le montant d’une telle amende.
Deux autres axes à l’essai cet automne
Le but recherché : améliorer la cohabitation entre cyclistes et automobilistes, mais aussi celle des cyclistes et des piétons, qui partageaient le trottoir de l’autre côté des rails du tram. Par les peintures au sol, les vélos sont encouragés à se placer au milieu de la voie, et non plus à serrer sur la droite afin de laisser passer les voitures.
Sur 300 mètres, les vélos peuvent circuler au milieu de la chaussée sans se faire doubler par les voitures. (Photo RG / Rue89 Strasbourg)
Deux autres rues doivent être modifiées de la même manière en octobre : la rue du Faubourg-de-Saverne et le quai Brulig. Des caméras ont été placées en haut du tronçon pour étudier le comportement des cyclistes. Si l’expérience est réussie, elle pourrait être étendue à d’autres voies.
Des rues choisies selon l’usage des cyclistes
Selon Roland Ries, la rue de la division Leclerc a été choisie en prenant en compte les usages des cyclistes :
« On a constaté que beaucoup de cyclistes utilisaient la voie des voitures (plutôt que le trottoir où des vélos ont été peints ndlr) pour circuler, on a donc décidé de régulariser la pratique. »
Il faudra aussi que les automobilistes acceptent parfois d’adapter leur vitesse, et de rester derrière les vélos. Mais le maire de Strasbourg est convaincu du civisme des conducteurs :
« Le tronçon est de toute façon en zone 30, or un vélo ne roule pas beaucoup moins vite, surtout en descente. Le système a déjà fait ses preuves en Allemagne et au Danemark. On a réussi à instaurer la piste cyclable en double sens, le tourner à droite aux feux rouges, donc pourquoi pas la vélorue ? »
Un clip pour promouvoir la vélorue (vidéo Strasbourg.eu / Dailymotion)
Pour remonter en vélo dans l’autre sens, ce sera toujours le trottoir
La voie cyclable sur le trottoir, de l’autre côté des rails de tram de la rue de la Division-Leclerc, ne sera utilisée que pour remonter la rue. Une utilisation des trottoirs par les vélos qui agace l’association Piétons 67, qui avait obtenu que les pistes cyclables ne soient plus tracées sur les espaces réservés aux piétons. Interrogé sur cette question, Roland Ries n’avait pas de solution à proposer lors de la présentation de la vélorue pour la voie montante mais son adjoint aux mobilités, Jean-Baptiste Gernet (PS), a précisé plus tard :
« La voie cyclable sera conservée sur le trottoir pour les cyclistes remontant la rue de la Division-Leclerc. Cette voie n’est pas concernée par la décision du tribunal administratif, étant donné que l’espace réservé au piéton sous les arcades est supérieur à 1m40. »
Après plusieurs mesures anti-cyclistes…
Cet aménagement est une bonne nouvelle pour les cyclistes après plusieurs mesures qui leur sont plutôt défavorables.
Avant, on ne comptabilisait les accidents que lorsqu’il y avait hospitalisation de la victime. Depuis le 1er janvier 2016, est compté comme « accident » tout contact qui entraîne le déplacement des forces de secours, qu’il y ait hospitalisation de la victime ou pas, relève l’association de cyclistes CADR 67. Ce qui explique une augmentation similaire chez les voitures (+32 %).
Quant aux infractions (+40%), des délits ont été créés par rapport au début de l’expérimentation comme celle du port d’écouteurs (30% des PV en 2016) comme l’expliquent très en détail les DNA. Dans tous ces savants calculs, la hausse du nombre de cyclistes n’est guère prise en compte. En revanche, le fait de rouler sur un trottoir n’a jamais été sanctionné en 2014, 2015 ou 2016. Dans ces conditions, difficile de voir autre chose qu’une mesure qui vise à augmenter les rentrées d’argent.
Arceaux déplacés, parking payant
Par ailleurs, les arceaux place de la Cathédrale et de la place Kléber ont aussi été redéployés à d’autres endroits, notamment sur des places de stationnement, un peu plus en périphérie de ces deux places centrales.
Enfin, la mise en place d’un abonnement payant (40 euros par an) pour accéder parking à vélo surveillé et équipé à Sainte-Aurélie à côté de la gare occasionne aussi des débats.