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Les Ateliers Ouverts, toujours fragiles mais toujours foisonnants

Les Ateliers Ouverts, toujours fragiles mais toujours foisonnants

Pas moins de 439 artistes accueilleront les visiteurs dans leurs quelque 150 ateliers les 21, 22 et 28, 29 mai lors des Ateliers Ouverts, à Strasbourg et en Alsace. Voici un petit guide.

La 17ème édition des Ateliers Ouverts aura lieu les week-ends des 21, 22 et 28, 29 mai, à Strasbourg et en Alsace. Ces portes ouvertes d’ateliers d’artistes alsaciens permettent de les rencontrer et de découvrir leurs travaux. L’an dernier, plus de 25 000 visiteurs s’étaient déplacés.

L’ensemble des artistes choisis sont issus d’une sélection réalisée par le comité de direction d’Accélérateur de particules qui organise les Ateliers Ouverts. Sophie Kauffenstein, directrice de l’organisation explique :

« Nous sélectionnons uniquement des artistes plasticiens. Notre but est de refléter l’ensemble de la scène artistique et de rendre visibles ces artistes. Nous tentons de mettre en lumière différentes techniques de pratiquer l’art. »

Cela fait deux ans que les Ateliers Ouverts tirent la sonnette d’alarme quant à leur financement. Cette année le budget a été réduit à 70 000€ (contre 82 000€ en 2015) et l’organisation menée par Sophie Kauffenstein compte toujours beaucoup sur les subventions publiques. Cependant, deux semaines avant le lancement de la manifestation, la Direction Régionale des Affaires Culturelles, le Département du Bas-Rhin et la Ville de Mulhouse n’ont toujours pas répondu à la demande de subvention… Un manque qui pourrait mettre en péril l’édition future des Ateliers Ouverts :

« Pour réduire les coûts, nous invitons par exemple les artistes à s’inscrire en ligne sur la plate-forme qui nous sert depuis quelques années. Nous privilégions également l’auto-financement, pour la soirée de vernissage au Bastion 14, c’est les recettes du bar qui permettront à la soirée d’exister. »

Une bonne grosse fête et des rencontres professionnelles

Pour caractériser la manifestation cette année, Sophie Kauffenstein affirme :

« Nous avons voulu mettre l’accent sur deux choses. Tout d’abord une partie plus pro qui comprend rencontres professionnelles entre un acteur du monde de l’art et un artiste ainsi qu’un séminaire portant sur les ateliers collectifs. La deuxième chose que l’on a voulu privilégier, c’est la fête. Cette fois, ça passe par davantage de dispositifs mis en place, par exemple lors de la soirée de vernissage au Bastion 14. »

L’organisation compte beaucoup sur le site internet des Ateliers Ouverts pour guider le public mais également pour apporter un coup de pouce aux artistes. Le but de cet annuaire de la scène artistique alsacienne est précis :

« Nous souhaitons rendre ces données pérennes et les croiser avec celles des années qui arrivent. L’objectif est que les artistes et les professionnels de l’art puissent se servir de l’ensemble des données enregistrées dans ce répertoire également en dehors des Ateliers Ouverts. »

3 performances, 3 concerts et 5 foodtrucks pour le vernissage au Bastion 14

Plus de 2 500 personnes sont attendues dans la soirée de vendredi 20 mai pour le vernissage, au Bastion 14, rue du Rempart à Strasbourg. Ce lieu étant rarement ouvert au public le reste de l’année, c’est l’occasion de venir découvrir les 25 ateliers et les démonstrations en direct des 50 artistes qui les animent.

Vernissage au Bastion 14 des Ateliers Ouverts en 2010 (Photo Sarah Dinckel / ateliersouverts.net)
Vernissage au Bastion 14 des Ateliers Ouverts en 2010 (Photo Sarah Dinckel / ateliersouverts.net)

Trois performances dans le cadre du festival Inact sont prévues :

    « What we do with us » de Saskia Edens et Jérôme Karsenti qui traiteront la magie des métamorphoses « Lucidum Tapétum » de Anne Zimmermann qui tentera un retournement des normes « Méta-situation » de Marion Bouture et Arthur Poutignat qui exploreront les mémoires et les attitudes qui émaillent la vie des œuvres d’art

Côté musique, c’est la fédération Hiéro qui assure le show avec la venue de trois artistes :

    Le Renard et sa no wave dissonante et bruitiste Stearica avec son math rock venu d’Italie Moldav, un dj et sound designer de musique électronique

Pour l’alimentation, cinq foodtrucks seront installés dans l’espace extérieur :

    Hopla Food propose burgers alsaciens, hot dog maison et nuggets de poulet fermier Olivier Meyer propose des parts de pizza et des glaces au miel maison PUR’Truck propose des entrées, plats et desserts venus de différents continents Tartes flambées Gallman (pas la peine de préciser leur spécialité) Gaufres belges une fois propose de traditionnelles gaufres liégeoises caramélisées, à la fois croustillantes et fondantes

Animaillons ! Le studio d’animation où l’on se fait des films

Julie-Anne Weber, cinéaste d’animation, a choisi le thème du voyage onirique pour faire découvrir son travail aux visiteurs. Elle est installée 28 rue du Maréchal Lefebvre au Colod’art, pôle d’activités artistiques.

En plus d’exposer ses œuvres et de projeter ses films, la cinéaste propose une initiation à son art par la création de deux films d’animations avec le public, l’un portant sur “une destination de rêve” et l’autre sur “l’émotion du voyage” (un par week-end). Cela se déroule en deux étapes.

La première consiste à enregistrer le son, à travers de petites interviews proposées aux visiteurs où ils seront interrogés sur leurs envies de voyage et leur conception du lieu idéal. Pour la deuxième étape, le public est invité à créer les images à partir de décors et de personnages fabriqués au préalable par l’artiste.

Animaillons ! offre aux visiteurs la possibilité de découvrir leur premier film dans le cadre d’un finissage, rythmé par le duo basse/batterie Beerbong, le vendredi 29 mai à 18h (le second film sera publié sur la page Viméo d’Animaillons !).

Des démonstrations des artistes invités Anne Huber-Weber, graveuse, et Vaelyane, illustratrice, seront également à découvrir.

Toujours au Colod’art, 28 rue du Maréchal Lefebvre : l’Atelier Nab, Patrick Bastardoz et Audren Bisset.

« Un moment de rencontre et de partage » pour Barbara Leboeuf

Cela fait 10 ans que Barbara Leboeuf, céramiste et plasticienne, ouvre son atelier au public dans le cadre des Ateliers Ouverts. Pour elle, cet évènement est l’occasion de passer un moment agréable :

« C’est un moment de rencontre et de partage. Cela permet de faire découvrir mon travail à de nouvelles personnes, mais également d’échanger avec les fidèles qui reviennent chaque année. »

À ses yeux, les Ateliers Ouverts sont l’occasion de faire franchir la porte aux curieux qui, en temps normal, n’osent pas forcément entrer dans l’atelier pour voir ce qu’il s’y passe.

« Je peux montrer mon book aux personnes qui passent, c’est un moment privilégié pour mettre en avant mon travail. C’est l’occasion de se faire des contacts et de séduire de nouveaux clients par le biais de mes créations. »

Barbara Leboeuf a choisi d’accompagner la visite de son atelier avec un peu de musique, du synthétiseur modulaire (une démo dans le cadre du Synth Fest 2014).

Découvrez l'atelier de Barbara Leboeuf, 13 rue Saint Hélène (Photo J.B. Dorner / ateliersouverts.net)
Découvrez l’atelier de Barbara Leboeuf, 13 rue Saint Hélène (Photo J.B. Dorner / ateliersouverts.net)

Pour découvrir son travail, rendez-vous 13 rue Sainte Hélène à Strasbourg ou sur le site de l’artiste.

Expos, concerts, animations : « Voix Publiques » investit Hautepierre

Expos, concerts, animations : « Voix Publiques » investit Hautepierre

La deuxième édition du festival « Voix Publiques » investit Hautepierre, sa place André Maurois et son théâtre, du 19 au 21 mai, de midi à minuit. Autour du slogan « Faisons place à l’espace commun! », l’association Horizome et de nombreux partenaires et acteurs locaux proposent aux grands et aux petits des actions culturelles et artistiques, gratuites et souvent en extérieur.

Entre dynamiques participatives et questionnements de l’espace urbain, le festival « Voix Publiques » reflète, construit, imagine, commente ce qu’est Hautepierre aujourd’hui, et ce que ce quartier de l’ouest de Strasbourg sera peut-être demain. Le programme complet est disponible sur le site d’Horizome.

Le programme de "Voix Publiques" et les cartes postales "Bons baisers de Hautepierre", à découvrir sur place! (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Le programme de « Voix Publiques » et les cartes postales « Bons baisers de Hautepierre », à découvrir sur place (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

Pour faire découvrir ce que ce festival propose, Rue89 Strasbourg a rencontré deux employées d’Horizome, Mélanie Fresard, responsable administrative, et Bernadette Nguyen, coordinatrice de projets, qui a rejoint le collectif il y a 6 mois.

Rue89 Strasbourg : D’où est venue l’idée du Festival « Voix Publiques »?

Mélanie Fresard (MF) : Depuis 2009 l’association menait chaque année ce qu’on appelle un « temps fort ». Mais nous nous sommes rendus compte cette appellation « temps fort » ne parlait pas à grand monde. « Voix Publiques » vient du fait que nous menons des actions dans l’espace public, afin d’apporter des outils et d’échanger avec les habitants pour qu’ils puissent s’exprimer, porter leur parole et participer aux activités du quartier.

La première édition, en 2014, était une sorte de « préfiguration » de ce que nous faisons aujourd’hui. L’idée est aussi de présenter le travail des artistes en résidence dans le quartier. Cette année nous avons souhaité un festival vraiment représentatif de l’activité d’Horizome, c’est à dire un « connecteur » entre les différents partenaires actifs sur le quartier, tout en questionnant l’appropriation de l’espace public. Nous avons invité tous les partenaires à réaliser ce festival ensemble : nous coordonnons les actions dans leur globalité, mais le festival est une action commune.

Bernadette Nguyen (BN) : Tous les partenaires n’ont pas pu se joindre à l’édition de cette année, par manque de temps, mais ils seront présents l’année prochaine. C’est le cas par exemple pour les Percussions de Strasbourg.

Rue89 Strasbourg : Quels ont été les retours des habitants du quartier sur ce que vous avez fait précédemment?

MF : Souvent les moments de festival sont une occasion, pour les habitants, de découvrir Horizome. C’est un peu bizarre, mais nous ne sommes pas encore très identifiés, même si les aménagements participatifs que nous avons faits dans la Maille Eléonore, comme ils sont visibles et permanents, aident à nous faire connaître. Nous avons de plus en plus de gens qui viennent nous voir à l’association, qui nous demandent des conseils pour monter leurs projets.

BN : Je peux donner un exemple de projet que Horizome a soutenu : Abdelkader [Sidi Ali Cherif], qui habite Hautepierre, voulait monter un projet de court-métrage qui s’appelait initialement Un pas vers l’autre. Son projet s’appelle aujourd’hui Voix de Hautepierre et sera présenté pendant le festival. Ce sont des récoltes de témoignages dans le quartier de Hautepierre, auprès des jeunes. Ce n’est pas évident, il faut vivre le quartier, le connaître, pour pouvoir faire cette démarche.

Rue89 Strasbourg : L’Agence nationale de psychanalyse urbaine (ANPU) va installer des divans et récolter des « portraits chinois » du quartier pendant le festival. Qu’allez-vous en faire ensuite ?

BN : La Ville de Strasbourg nous a contacté pour mener une résidence artistique sur le quartier de Hautepierre. Lorsque nous les avons rencontrés, nous leur avons parlé des « Ateliers populaires d’urbanisme » (APU) menés par Yann Coiffier, qui fait partie de l’association et de notre travail avec l’ANPU. Il y aura donc une première phase de récolte pendant le festival, pour ensuite organiser une phase de restitution entre octobre et la fin de l’année. Le format est encore en discussion : grands affichages dans l’espace public, édition…

MF : Le tout était aussi en lien avec le programme FIP : fabriquer – inventer – partager, qui avait commencé avec la résidence de Marcelli [Antùnez Roca] à Hautepierre. C’est un programme mené avec le Shadok et AV Lab, qui a duré 2 ans et qui se termine en juin. Il y a aussi un atelier radio qui s’est développé autour de ça : nous souhaitons le garder, c’est la radio de l’APU. Cette radio va devenir un outil phare de la résidence, en lien avec l’ANPU.

Rue89 Strasbourg : Comment est-ce qu’on peut participer aux Ateliers populaires d’urbanisme ? Et pourquoi ?

BN : Nous allons mettre en place une communication avec un groupe Facebook. Il y a aussi un répondeur téléphonique en lien avec la radio, à travers lequel on peut nous contacter, ainsi qu’une adresse mail. Pourquoi participer ? Parce que cela parle de la vie du quartier, du quotidien, de ce qui se passe autour de nous. On voit les gens faire des travaux, les choses qui changent, on aimerait bien savoir pourquoi et si on a le pouvoir ou non d’agir dessus.

MF : La deuxième phase de rénovation va commencer sur les Mailles Brigitte et Eléonore. Il s’agit donc à la fois de témoigner de ce qui s’est fait dans les Mailles rénovées et de participer à ce qui va se faire, puisque cela se fait en lien avec la direction de proximité de la Ville.

La joyeuse équipe du festival "Voix Publiques" vous attends (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
La joyeuse équipe du festival « Voix Publiques » (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

Rue89 Strasbourg : Les nouvelles technologies jouent un rôle important et transversal dans le festival. Est-ce essentiel quand on se préoccupe de rénovation urbaine ?

MF : Je ne sais pas si c’est indispensable, mais nous à Horizome on travaille beaucoup avec le numérique. Créer des outils cela permet de témoigner, par exemple simplement avec un téléphone et un répondeur. Il y a aussi, dans le cadre du FIP, un atelier de jeux vidéos 3D qui a lieu tous les jeudi soir au Ricochet, mené par Grégoire Zabé et Matar Niang. Les jeunes créent un jeu vidéo en 3D qui se passe dans la Maille Karine. C’est une façon, pour les gens, de pouvoir créer « leur » maille, cela peut donner des idées, des façons de réfléchir autrement. Le numérique n’est pas indispensable mais les outils créés permettent de donner une autre façon de voir, de donner aux gens qui ne sont pas à l’aise avec la parole la possibilité de s’exprimer autrement.

BN : Pédagogiquement, c’est génial, ce sont des jeunes de 8 à 14 ans qui sont très autonomes. Moi quand je ne sais pas faire quelque chose je vais voir Grégoire, alors que le petit à côté de moi, quand il a un doute, il sort son téléphone portable et il se trouve un tuto.

MF : Il y a aussi quelque chose de moins frontal, comme avec le SONar, la cabine mobile de captation sonore. On est ensemble autour de cet objet bizarre, on échange, on questionne, cela créée un partage d’expérience.

Rue89 Strasbourg : Y-a-t-il des habitants du quartier qui viennent vous assister en tant que bénévoles pour le festival?

MF : Alors nous avons surtout une super bénévole, c’est Marguerite, qui est arrivée lors de la première édition de « Voix Publiques » en 2014 et depuis elle ne quitte plus Horizome. Elle vient nous voir, elle fait des gâteaux, elle bricole. C’est très important, et on sent que, au-delà de l’aide qu’elle nous apporte, ça lui fait du bien à elle aussi. Elle découvre des choses nouvelles, et elle l’exprime.

BN : Nous avons aussi une équipe de choc avec des étudiants du diplôme supérieur d’Arts Appliqués du Lycée Le Corbusier. Ils sont un peu sur les mêmes thématiques et la même philosophie que Horizome.

MF : Au-delà du festival, parfois c’est le simple fait d’être dans l’espace public qui génère des choses. Peut-être que demain, quand on va monter la scénographie place Maurois, les gens vont venir nous donner un coup de main spontanément. ça marche beaucoup comme ça.

Et l'équipe de Table et Culture vous attends aussi! (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
L’équipe de Table et Culture est aussi mobilisée (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

Rue89 Strasbourg : Qu’est-ce que les présences artistiques apportent dans un festival comme celui-là ?

MF : C’est comme les outils numériques, cela apporte une autre dimension. La créativité amène quelque chose qui peut être léger, moins frontal, plus ludique. Venir tester des nouvelles choses, ça intrigue les gens, ça génère de la curiosité. C’est aussi donner accès à l’art à des gens qui n’ont pas forcément ce réflexe. C’est une autre démarche : on attire pas le public vers d’autres endroits, on se pose là pour aller vers eux.

BN : Ce sont les habitants qu’on retrouve sur les photos des expositions, ou en silhouettes. Il y a plusieurs expositions sur les festival, comme le projet « Ici-Correspondances » de la Compagnie 12:21 qui a travaillé avec plusieurs groupes de Hautepierre.

MF : Il y a aussi l’atelier que mène la compagnie de danse SomeBody tous les jeudis matin au CSC Le Galet en lien avec le centre médico-social. Cet atelier se passe sur le plateau de théâtre, dans la yourte du spectacle des Migrateurs. Le but de cet atelier est de travailler sur l’éveil du corps via des gestes de danse très lents, mais aussi sur la façon d’occuper des espaces, de se les approprier.

Rue89 Strasbourg : Dans le festival, tout est ouvert à tout le monde et gratuit?

BN : La plupart des événements du festival sont gratuits, par contre il faut réserver pour manger à midi chez Table et Culture. Le spectacle Un soir chez Boris des Migrateurs est aussi sur réservation. Pour les enfants et leurs parents, il y a les animations de rue du CSC du Galet, les expositions, toutes les activités…

MF : A noter que l’atelier de la compagnie SomeBody est réservé aux femmes.

Un festival fait en commun

Comme le précise l’entretien, le collectif Horizome se place en coordinateur, en « connecteur » de cet événement, qui regroupe des acteurs sociaux et culturels du quartier : citons donc pêle-mêle les Migrateurs, le centre social et culturel Le Galet, Table et Culture, les Jeunes Équipes d’Éducation Populaire (JEEP), l’Agence nationale de psychanalyse urbaine (ANPU), la compagnie 12:21, la compagnie SomeBody, Hautepierre sur les Tréteaux, 3 mothersfilms, l’AFEV, Femmes d’ici et d’ailleurs, le collectif Entropie, la Direction Territoire Cronenbourg Hautepierre Poteries Hohberg.

Tribune : Julien Ratcliffe « Sur la Loi travail, la majorité populaire doit être entendue ! »

Tribune : Julien Ratcliffe « Sur la Loi travail, la majorité populaire doit être entendue ! »

Candidat du parti communiste français à l’élection législative partielle de Strasbourg, Julien Ratcliffe explique dans une tribune son opposition à la Loi travail. Le gouvernement a du mettre sa démission dans la balance pour faire adopter le texte, via l’article 49-3 de la Constitution. S’il était élu député, Julien Ratcliffe voterait une motion de censure, même si elle venait de la droite.

Depuis près de trois mois, une large mobilisation populaire s’est développée partout en France contre le projet de loi « travail », porté par la ministre Myriam El-Khomri (PS). Cette loi de régression sociale, à laquelle s’opposent largement la jeunesse et les travailleurs, rejetée par plus de 70% des Français, est sans conteste le sujet politique majeur de ce printemps 2016.

Avec le PCF, avec le Front de Gauche, avec toutes celles et ceux qui souffrent déjà de la précarité et de l’austérité salariale, je considère qu’elle est totalement inacceptable. En facilitant les licenciements, en dérégulant le temps de travail, en faisant primer les accords d’entreprise sur la loi, elle constitue une attaque extrêmement violente contre les droits de tous les salariés.

Le peuple se sent trahi

Et l’expérience le démontre, ce type de loi ne créé aucun emploi. Ainsi, depuis plus de 30 ans, la droite a fragilisé le droit du travail, remis en cause différentes conquêtes sociales et facilité les licenciements. Résultat : toujours plus de chômage, de précarité et de souffrance sociale.
Il est inacceptable qu’un gouvernement se réclamant de gauche, soutenu par le PS, continue cette destruction massive.

Partout la colère gronde, dans les entreprises comme dans les services publics. Partout le peuple se sent trahi par un pouvoir qu’il n’a pas élu pour faire ça. Partout le désespoir se répand face à la casse générale des droits des salariés, des chômeurs, des étudiants et des familles.

La loi travail ne figurait pas de la programme de François Hollande

Et quelle est la réponse du gouvernement ? Le passage en force ! Ce projet de loi ne figurait pourtant pas dans le programme du candidat Hollande. Et l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution, qui bâillonne le débat parlementaire, est inadmissible. D’ailleurs, le Président Hollande et le Premier ministre Valls se sont bien reniés, eux qui dénonçaient la droite lorsqu’elle utilisait cette même pratique.

Je condamne ce déni de démocratie et la brutalité affichée par le gouvernement.

Voter une motion de censure, d’où qu’elle vienne

Pourtant, de nombreux députés de gauche ont eux choisi de respecter la volonté populaire, en s’opposant à ce texte. Ils ont porté l’ambition d’une motion de censure de gauche, qui était proche d’aboutir, réunissant 56 députés sur 58 nécessaires. Cela démontre que face aux politiques libérales et antisociales, une alternative à gauche est possible ! Les députés communistes et Front de Gauche ont décidé d’être cohérents jusqu’au bout, en votant la seule motion de censure finalement déposée, en l’occurrence par la droite.

Julien Ratcliffe, candidat du Parti communiste à l'élection législative partielle à Strasbourg (doc. remis)
Julien Ratcliffe, candidat du Parti communiste à l’élection législative partielle à Strasbourg (doc. remis)

En aucun cas bien sûr nous n’approuvons les positions de ce camp, qui prépare lui aussi de graves régressions pour le droit du travail. L’article 49-3 engage la responsabilité du gouvernement, en lien avec un texte précis. Il s’agissait donc bien ici de rejeter la loi El Khomri, et de censurer un gouvernement qui ne dispose aujourd’hui ni de majorité parlementaire, ni de majorité populaire.

Continuer à manifester

Le vote de la censure par les députés communistes et Front de Gauche, seul groupe à avoir rassemblé toutes ses voix face au coup de force gouvernemental, est un acte de résistance courageux, et pleinement cohérent. Candidat communiste, membre du Front de Gauche, je fonde tout mon engagement citoyen sur cette même conception de l’honnêteté politique, aux côtés des travailleurs et de toutes celles et ceux qui se trouvent confrontés à l’injustice sociale.

À présent, le gouvernement doit cesser de s’entêter, et retirer immédiatement ce projet de loi. Il serait d’ailleurs bien mal inspiré de croire que la bataille est finie.Le texte reviendra à l’Assemblée nationale en seconde lecture dans quelques semaines. Avec le PCF, j’appelle l’ensemble des députés qui veulent respecter le sens de leur mandat à rejoindre la censure, jusqu’à son adoption.

J’appelle également chacune et chacun à se joindre à la censure populaire qui émerge par l’intermédiaire du mouvement social. Celle-ci passera par une amplification de la mobilisation, dans tous les secteurs d’activité. Elle nécessite également un sursaut dans les urnes, dès ce dimanche à Strasbourg, et en 2017 bien sûr.

Construire une alternative

Il appartient au peuple français de construire une alternative réellement de gauche, pour retrouver le chemin du progrès et de la justice sociale. Il est temps de sanctionner ce gouvernement, mais aussi de dire non à la droite, qui souhaite aller encore plus loin dans la casse sociale, et non au projet réactionnaire et de rejet de l’autre porté par le FN.

Opposons-leur un véritable projet politique de gauche, avec le partage du travail, la hausse de nos salaires enfin, et un accès à l’emploi pour tous. Les moyens existent pour que le peuple français retrouve enfin espoir en la démocratie.

Julien Ratcliffe,
Candidat présenté par le PCF, membre du Front de Gauche

Gagnez des places pour « Contre pouvoirs » au cinéma Star St-Ex

Gagnez des places pour « Contre pouvoirs » au cinéma Star St-Ex

En partenariat avec les cinémas Star, Rue89 Strasbourg vous propose de gagner 30 invitations pour deux personnes afin d’assister à la projection du film « Contre-pouvoirs » de Malek Bensmaïl, le jeudi 26 mai à 20h au cinéma Star Saint-Exupéry.

Après vingt années d’existence et de combats pour la presse indépendante algérienne, Malek Bensmaïl pose sa caméra au sein de la rédaction du célèbre quotidien El Watan, nécessaire contre-pouvoir à une démocratie vacillante, à l’heure où Bouteflika s’apprête à briguer un quatrième mandat. Une rencontre avec celles et ceux qui font le journal, leurs doutes, leurs contradictions, leur souci permanent de faire, chaque jour, un journal libre et indépendant. Une réflexion sur le travail et la pensée journalistique.

Cette soirée est organisée en partenariat avec le Club de la presse, l’association des étudiants en journalisme (ADEJ) et Amnesty International.

Bande-annonce

Rencontre avec Karim Amellal

La séance sera suivie d’une rencontre avec Karim Amellal, co-fondateur du 1er média vidéo participatif algérien Chouf-Chouf et auteur de l’essai « Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités ».

Jeu-concours

Le concours est clos

#Karim Amellal

Plus d’une centaine de policiers contre « la haine anti-flics » à Strasbourg

Plus d’une centaine de policiers contre « la haine anti-flics » à Strasbourg

À l’appel d’un mouvement national, plus d’une centaine de policiers se sont rassemblés mercredi midi devant l’Hôtel de police de Strasbourg pour dénoncer la « haine anti-flics ». Comme leurs collègues du reste de la France, les policiers dénoncent un climat de plus en plus tendu dans les manifestations contre la « loi travail ». Plus de 350 policiers ont été blessés lors d’échauffourées en marge de ces manifestations.

Lancé par le syndicat Alliance, majoritaire dans la police, le mouvement de protestation a été rejoint par les autres syndicats de gardiens de la paix, Unsa-Police et SGP Police (FO) ainsi que par le SCSI, un syndicat des officiers et des commissaires de la police nationale. Le collectif « urgence notre police assassine » avait également appelé à une contre-manifestation. À Strasbourg, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées place de la Bourse, tenues à distance par des policiers en tenue cette fois.

Malgré une trentaine d’enquêtes de la « police des polices » (IGPN) portant sur des violences policières ouvertes en France, et les critiques de plusieurs responsables politiques de gauche et syndicaux sur la gestion du maintien de l’ordre, les policiers réfutent toute banalisation de la violence dans leurs rangs. Pour Peggy Roths-Entz, secrétaire zonale-Est du SCSI, la police a su évoluer dans sa gestion du maintien de l’ordre :

« Quand on voit sur des vidéos des policiers qui frappent, ça provoque toujours une interrogation du public. Mais on se focalise là-dessus et pas sur la vaste majorité de policiers qui protègent les citoyens et les biens matériels contre les bandes de casseurs avec un grand professionnalisme. Il peut y avoir des dérapages, c’est sûr. Il y a la fatigue, les personnels sont éprouvés, la pression… Mais les policiers ne sont pas là pour réprimer ceux qui n’ont rien fait. »

A l'appel d'Alliance, rejoint par d'autres syndicats, une centaine de policiers se sont retrouvés devant l'hôtel de police de Strasbourg pour protester contre la "haine anti-flics" (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
A l’appel d’Alliance, rejoint par d’autres syndicats, une centaine de policiers se sont retrouvés devant l’hôtel de police de Strasbourg pour protester contre la « haine anti-flics » (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

« Les cortèges confiés aux casseurs »

Marc Jahan, secrétaire départemental SGP Police, revient sur les incidents qui ont émaillé une manifestation contre la « loi travail » en avril, place Kléber à Strasbourg :

« On voit des manifestants qui profitent qu’un policier chute pour lui asséner un coup de pied ou un coup de poing avant de s’éloigner. Il y a quelques années, on n’aurait jamais vu ça… Oui le climat entre policiers et manifestants s’est tendu, mais quand on voit que les têtes de cortèges sont confiées à des casseurs, on se doit de réagir. »

Fabrice Petter, délégué syndical Unsa-Police au sein de la CRS 37 de Strasbourg, pointe le manque d’équipement :

« Pourquoi n’utilise-t-on plus les canons à eaux, qui permettent de maintenir à distance des groupes violents ? Ils le font bien en Allemagne, où ils ont en plus affaire à des bandes moins violentes. On voit bien les casseurs qui arrivent dans les manifestations casqués, avec des protections, le visage masqué… Ce n’est pas pour protester. Il faudrait agir en amont contre ces personnes. »

Selon les policiers présents, la vaste majorité des policiers font preuve de sang-froid et de professionnalisme durant les échauffourées urbaines. Reste que les stratégies policières sont souvent incomprises par les manifestants eux-mêmes, par exemple lorsque des policiers en civil s’infiltrent dans les cortèges pour du renseignement et se retrouvent accusés d’avoir provoqué des violences. De son côté, l’IGPN a mis en place un observatoire des violences policières.

Législative partielle : pourquoi l’UDI est à fond

Législative partielle : pourquoi l’UDI est à fond

Une campagne discrète pour des enjeux nationaux quasi-inexistants se termine à l’occasion de l’élection législative partielle à Strasbourg. Mais il y a un parti qui joue gros et a beaucoup investi dans cette élection, c’est l’UDI. La formation compte refaire de l’Alsace une terre centriste et changer le rapport de force avec « Les Républicains ».

Que se passe-t-il à l’Union des démocrates indépendants (UDI) ? Le parti centriste investit sur la campagne de la législative partielle de Strasbourg des 22 et 29 mai comme s’il jouait sa (sur)vie : une campagne commencée il y a neuf semaines, une foule de militants sur les marchés, sept tracts différents, deux locaux de campagnes, un grand meeting au Ciarus (plus de 150 personnes) avec la venue du président du parti, Jean-Christophe Lagarde…

Jusqu’ici, le parti de centre-droit fondé en 2012 était plutôt habitué à des campagnes discrètes et des alliances au premier ou au second tour avec l’UMP, devenu « Les Républicains ». Cette fois-ci, l’UDI affirme ses ambitions et investit environ 30 000 euros, soit très proche du plafond de dépenses remboursées (33 708 euros) si 5% des voix sont obtenues. Une grande partie de cet argent vient de la structure nationale, qui a fait de cette élection partielle comme celle de l’Ain un enjeu stratégique.

 

Un grand meeting au Ciarus avec toutes les têtes de l'UDI locale et même nationale comme Laurent Hénart et JC Lagarde (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Un grand meeting au Ciarus avec toutes les têtes de l’UDI locale et même nationale comme Laurent Hénart et JC Lagarde (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Laurent Py, nouvelle tête

Il est vrai que son candidat Laurent Py n’est pas un visage connu de la politique strasbourgeoise. L’ingénieur de 38 ans a participé à plusieurs campagnes de l’UDI comme militant, mais c’est sa première en tant que candidat :

« Avec ce qui s’est passé en 2015, les attentats et la montée du FN, je me suis dit qu’il fallait qu’on s’engage tous. J’avais déjà des engagements associatifs comme à Strasbourg Respire et l’association des parents d’élèves des établissements à vocation internationale de Strasbourg (Apelvis), mais il fallait aller plus loin et l’UDI a bien voulu me donner une chance. »

Pour les membres de l’UDI, ce manque de notoriété serait justement sa force. Conscient de la déception généralisée dans les partis de gouvernement, sans pour autant que les solutions du Front National séduisent ces insatisfaits, le parti centriste veut être celui du « renouvellement ». Au niveau local, François Loos (62 ans), bon connaisseur des dossiers mais piètre communicant se met en retrait. Il a notamment rejoint la présidence du syndicat des brasseurs de France.

Laurent Py, 38 ans, un nouvelle figure dans la politique strasbourgeoise (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Laurent Py, 38 ans, un nouvelle figure dans la politique strasbourgeoise (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

L’Alsace, une ancienne terre centriste

Alors que l’Alsace était une terre centriste, « elle ne compte aucun député UDI sur ses 9 représentants (7 de LR et 2 PS avant la démission d’Armand Jung ndlr) » se désole Jean-Christophe Lagarde lors de sa visite. Le sénateur Claude Kern et président de la section bas-rhinoise est le seul parlementaire alsacien de la formation. Lors de la création de l’UMP en 2002, les poids lourds alsaciens de l’UDF avaient tous rejoint le parti créé par Jacques Chirac et Alain Juppé, puis dirigé par Nicolas Sarkozy. Et peu ont fait le chemin inverse lorsque Jean-Louis Borloo s’est distancié de la droite en 2012.

Après une vague d’adhésions en 2015, l’UDI compte environ 400 militants dans le Bas-Rhin. Certes, on est loin de « Les Républicains » et ses 3 000 et quelques adhérents, mais selon les comptes, ce total dépasserait celui du PS.

Un accord aux régionales pas apprécié de tous

Autre explication de cette mise à distance de l’allié traditionnel, l’accord aux régionales qui à laissé des traces chez plusieurs membres du parti. Six des neufs candidats sur la liste bas-rhinoise ont pris leur carte quelques jours avant le dépôt de la liste pour respecter les quotas des accords nationaux. Bien que Claude Kern indique que « les partenariats passés ne sont pas à remettre en cause » et que la raison de cette candidature autonome est que le parti « pense avoir un bon candidat », il affirme néanmoins dans son discours lors du meeting du 12 mai « l’UDI n’est le vassal de personne ».

Lors d’un entretien à Rue89 Strasbourg, Philippe Richert avait évoqué le sujet :

« Dès le début, j’avais dit mon intention de former une liste avec l’UDI et Modem. Pour moi, il est normal que la droite et le centre travaillent ensemble, ils ont peu de différences. Ce qui compte, c’est d’avoir une équipe soudée. Après qui a sa carte depuis quand, ce n’est pas très important. Il y a toujours des déçus après ces moments de tension. »

Visite de Jean-Christophe Lagarde à l’Elsau

Pour la visite du président du parti Jean-Christophe Lagarde à Strasbourg, Laurent Py a choisi de lui montrer le quartier de l’Elsau, moins médiatique que les quartiers sensibles de Neuhof ou Hautepierre, le secteur isolé décroche socialement.

Le rendez-vous était donné aux abords de la prison et devant le supermarché Leclerc qui n’a toujours par rouvert malgré des promesses à répétition de l’adjoint de quartier Éric Elkouby (PS)… lui-même candidat à cette élection. Maire de la commune défavorisée de Bobigny en région parisienne, Jean-Christophe Lagarde a dit aux habitants « on n’investit pas dans les quartiers qui ne votent pas » pour les encourager à se porter sur son candidat plutôt que vers l’abstention.

Jean-Christophe Lagarde (à gauche) aux côtés du candidat Laurent Py (à droite) a rencontré des habitants de l'Elsau (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Jean-Christophe Lagarde (à gauche) aux côtés du candidat Laurent Py (à droite) a rencontré des habitants de l’Elsau (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

La droite et l’UDI quelle différence ?

Pour convaincre les électeurs, l’UDI doit se démarquer de l’image de faire-valoir de la droite. Laurent Burckel, premier vice-président de l’UDI et conseiller régional du Grand Est (l’UDI s’est alliée aux listes conduites par Philippe Richert en 2010 puis en 2015 dès le premier tour), détaille les différences :

« Lorsqu’on a un projet commun on peut se rassembler. C’était assez simple à la Région, ce n’était pas le cas ici. L’élection est plus ouverte, le profil des électeurs est différent et il y a une volonté de sortir du trio PS-LR-FN. Par rapport à la droite, l’UDI a une façon différente d’approcher la vie publique. On demande plus d’intégration au niveau européen, une économie plus solidaire et davantage au service de l’Homme, ainsi qu’une vision plus ouverte sur la famille. »

Contre le cumul des mandats

Lors de son discours au Ciarus, Laurent Py a un peu détaillé le type de député qu’il serait :

« Plutôt que de légiférer en permanence, sachons simplifier et surtout accompagner : les demandeurs d’emploi, les petites entreprises, les créateurs d’emploi, les jeunes. Et enfin appliquons les lois qui existent et contrôlons leur respect. »

Le candidat a aussi adressé un clin d’œil à ses trois adversaires FN, PS et LR, qui ont tous au moins un mandat :

« Non, les Strasbourgeois ne veulent pas d’un candidat qui cumule les mandats et les fonctions, qu’il soit soit de droite de gauche ou du front. Ils refusent ceux qui multiplient les promesses non-tenues, les candidatures à répétition et perdantes, ceux qui proposent toujours les mêmes recettes. Ils ne veulent pas de candidats qui se battent pour d’autres élections que cette législative. »

Limite de l’exercice, le président du parti Jean-Christophe Lagarde cumule lui-même les mandats de député et maire de Bobigny, ce qui n’est pas apprécié de tous.

Comme suppléante, Laurent Py a choisi Audrey Rozenhaft, jamais encartée. « C’est surtout la personnalité de Laurent Py, qui est un ami, qui m’a convaincue à m’engager quand il m’a proposé. Je me reconnais dans ce qu’il veut faire pour accompagner les jeunes, l’emploi et le non-cumul », dit cette commerciale d’une compagnie aérienne.

À droite, des différences moins affirmées

À droite, on goûte peu à cette émancipation. Catalogué très à droite du parti – il avait par exemple manifesté contre le mariage pour les personnes homosexuelles – le candidat de « Les Républicains » Jean-Emmanuel Robert a pris comme suppléante Maritchu Rall, justement membre de l’UDI et sous le coup d’une exclusion pour ce geste.

Jean-Emmanuel Robert et sa suppléante Maritchu Rall, investis par Les Républicains du Bas-Rhin : "Cette élection est gagnable" (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Jean-Emmanuel Robert et sa suppléante Maritchu Rall, investis par « Les Républicains » du Bas-Rhin : « Cette élection est gagnable » (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Lors d’un point presse, le candidat et sa suppléante n’ont pas vraiment souhaité répondre à la question des différences avec le binôme UDI :

« Est-ce qu’il y a vraiment des électeurs qui hésitent entre eux et nous ? On ne fait pas une introspection des électeurs. On évite de regarder de côté. » répond Jean-Emmanuel Robert.

Sa suppléante ajoute :

« Jean-Emmanuel Robert avait une volonté d’union, mais ça n’a pas été possible. Sa démarche me paraissait intéressante. L’UDI a fait des scores faibles aux municipales. La politique passe au second plan. »

Des différences, on en trouve tout de même dans sa profession de foi : il n’y a par exemple pas de référence à l’Europe. Sans surprise il dit vouloir s’opposer à la politique de François Hollande et de Manuel Valls, lutter contre le chômage, la maîtrise des impôts, pour plus de sécurité, même si les marges de manœuvre d’un député d’opposition – qui plus est pour un an – sont assez réduites sur ces points.

« Préparer l’alternance »

Mais comme à l’UDI, une victoire permettrait de « préparer l’alternance ». Un candidat vainqueur a toutes ses chances d’être réinvesti en 2017. Autre proposition qui détonne : se battre pour une collectivité unique d’Alsace (fusion des deux départements de la région comme en Corse), proposition d’Éric Straumann député (LR) et président du Haut-Rhin, le soir-même des régionales.

Si d’aventure l’UDI devait se trouver au second tour à leur place, le tandem LR assure qu’il le soutiendra pour que « l’union de la droite et du centre l’emporte ». Une position rare, car souvent les candidats – non sans langue de bois – ne répondent pas à ces questions, en disant se concentrer sur le premier tour. À l’UDI d’ailleurs, pas d’expression du parti ou du candidat à ce sujet.

2017 dépend en partie du résultat

Troisième groupe de l’assemblée nationale avec 29 députés, pourquoi la direction nationale investit tant l’élection strasbourgeoise ? Un député de plus ou de moins ne changera pas la puissance du parti d’opposition qui a voté la motion de censure du gouvernement avec la droite. Mais Jean-Claude Lagarde a motivé ses troupes :

« À Paris, on pense cette élection favorable au PS. Elle sera commentée si on les fait mentir. »

La stratégie de 2017 découlera, entres autres, du résultat de Strasbourg et de celui dans l’Ain. L’UDI a décidé de ne pas s’associer à la primaire de la droite de novembre 2016 pour l’élection présidentielle de 2017. Mais il cherchera a passer un accord de programme avec le vainqueur. Les convergences seraient plus faciles avec Alain Juppé que Nicolas Sarkozy.

Si les négociations n’aboutissent pas, l’UDI n’exclue pas de présenter un candidat à la présidentielle puis d’autres aux législatives, ce qui risquerait d’affaiblir la droite. Mais d’ici là, beaucoup de choses peuvent changer. La démarche « de gauche et de droite » du ministre de l’Économie Emmanuel Macron (PS) avec son nouveau mouvement « En Marche » ne laisse par exemple pas insensible dans les rangs centristes.

Jean-Marie Kutner, maire UDI de Schiligheim "ni de droite, ni de gauche, nous sommes une troisième voie au FN" (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Jean-Marie Kutner, maire UDI de Schiligheim « ni de droite, ni de gauche, nous sommes une troisième voie au FN » (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

« À 15 à 17%, on a une raison d’exister »

Sans se projeter aussi loin, le vice-président de l’UDI du Bas-Rhin et maire de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner avance des objectifs chiffrés :

« Il faut pouvoir se compter. Si on fait 15 à 17%, c’est qu’on a une raison d’exister. Si on fait 3%, il faudra se poser des questions. C’est une élection sans conséquences politiques, donc l’occasion pour les électeurs de s’exprimer sans risque. »

Une claque à 3% semble peu probable si l’on se base sur les derniers scores de l’UDI dans la circonscription. En 2014, ils étaient de 7,60% aux municipales et de 12,5% aux européennes (en liste commune avec le Modem), bien que le parti soit à chaque fois arrivé cinquième, derrière les écologistes et le FN. En 2015, l’UDI était alliée à l’UMP/Les Républicains aux régionales, départementales, comme à la dernière élection législative en 2012.

#Laurent Py

La complémentaire santé d’entreprise sera généralisée en Alsace-Moselle

La complémentaire santé d’entreprise sera généralisée en Alsace-Moselle

Un décret paru au Journal officiel le 15 mai confirme la mise en place d’une complémentaire santé d’entreprise obligatoire en Alsace-Moselle. Financée a minima à 50% par l’employeur, elle portera sur la part de soins non-prise en charge par le régime local. Cette mesure concerne 15% des salariés.

Tous les salariés des entreprises d’Alsace-Moselle vont désormais bénéficier d’une complémentaire santé privée additionnelle. En France, cette disposition est en place depuis le 1er janvier 2016. Mais la situation avec le régime local d’assurance a nécessité un décret spécifique, qui entrera en vigueur le 1er juillet.

Un changement pour 15% des salariés

Les employeurs ont jusqu’à cette date pour souscrire à la mutuelle de leur choix. Ils doivent s’acquitter au minimum de la moitié du prix, mais peuvent prendre en charge la totalité. Cela ne concerne que 15% des salariés d’Alsace-Moselle, le reste étant déjà couverts par une complémentaire d’entreprise.

Au niveau national, cette mesure a été critiquée car le salarié ne peut pas choisir la mutuelle, et pourrait dans certains cas, être moins bien couvert. Mais pour d’autres, il s’agit d’une avancée sociale.


Comment marche le régime local ?

Le régime local permet une meilleur couverture des frais de santé. Vu comme une « complémentaire obligatoire », il prend en charge 20% des frais de santé en plus que la part de l’assurance maladie (70% du tarif de base de la sécurité sociale), soit une couverture totale à 90% pour une consultation chez un médecin généraliste. Les taux de remboursement évoluent selon l’acte médical. De plus, le régime local bénéficie à tous ou presque : chômeurs de longue durée, enfants, étudiants, stagiaires, employeurs, invalides et leurs ayants-droits en plus. Seuls les bénéficiaires de la couverture médicale universelle (CMU) et de l’allocation d’adulte handicapé en sont exclus.

Mais ce différentiel n’est financé que par les salariés, les chômeurs et les retraités (sauf les plus modestes dans les deux derniers cas) qui paient 1,5% de cotisation supplémentaire. À salaire brut équivalent, les alsaco-mosellans gagnent moins en salaire net que leurs compatriotes.

La nouvelle complémentaire d’entreprise couvrira la différence entre ce que couvre le régime local (90%) et un remboursement à 100% des soins. Vue qu’elle porte sur une part plus petite des frais de santé, le tarif sera plus bas qu’ailleurs en France, à l’instar des mutuelles étudiantes ou personnelles. La cotisation au régime local ne change pas.

Le nouvel hôpital civil, une bonne opération qui a apporté plus d'activité aux HUS et libérer des actifs immobiliers (Photo Claude Truong-Ngoc)
Le nouvel hôpital civil de Strasbourg (Photo Claude Truong-Ngoc)

Une disposition critiquée par les gestionnaires

Les gestionnaires du régime local (des représentants des salariées et retraités puisqu’il s’agit des seuls financeurs) ont critiqué cette disposition dite du « statu-quo » depuis plusieurs mois. Ils auraient souhaité que le régime local prenne en charge la part restante entre les 90% et les 100% via une cotisation patronale de 0,7%.

Un « risque juridique » trop fort selon les parlementaires de droite et de gauche (Philippe Bies, Patricia Schillinger, André Reichardt et Denis Jacquat) qui ont rédigé une mission parlementaire en décembre, que le décret reprend. La loi – confirmée par l’arrêt Somodia en 2011 – interdit que la régime local d’étendre ses domaines d’action. De plus, les mutuelles privées pourraient s’estimer discriminées de ne pouvoir agir en Alsace-Moselle.

Bataille d’arguments juridiques

D’après les gestionnaires, le nouveau décret s’expose à des recours au Conseil constitutionnel, car les salariés d’Alsace-Moselle prendront en charge 86% des cotisations aux frais de santé sur la part complémentaire (entre 70 et 100% donc), et non la moitié comme ailleurs en France. Ils craignent que cette « rupture d’égalité » entraîne la disparition de ce régime spécifique. Les parlementaires répondent que les lois de la République protègent le régime local d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) agressive comme l’indiquait le même arrêt Somodia.

Une manifestation pour la défense du régime local, soutenue par plusieurs syndicats, est notamment prévue samedi à 10h à Strasbourg (départ place Kléber), Metz et Mulhouse.

Indépendants, les coursiers à vélo de plats cuisinés facturent à la quinzaine

Indépendants, les coursiers à vélo de plats cuisinés facturent à la quinzaine

Ils gagnent leur vie avec leurs mollets, ont des horaires de travail flexibles et un statut précaire. Rencontre avec des coursiers strasbourgeois, prestataires de service pour ces nouvelles entreprises de livraison de plats cuisinés, qui échappent aux cotisations sociales et au droit du travail.

10€ c’est la pénalité pécuniaire à laquelle s’expose un prestataire de service de Deliveroo pour non-respect des pratiques vestimentaires ou absence de réponse à 3 appels du service client. Une sanction encore jamais appliquée à Strasbourg mais qui n’aurait pas été possible dans le cadre d’une relation de travail classique entre un salarié et son employeur puisque prohibée par l’article L1331-2 du Code du travail.

Mais pour les coursiers de Deliveroo, comme ceux d’autres services de livraison de repas à domicile désormais courants à Strasbourg, exit le Code du travail. Et bienvenue dans le monde de la relation commerciale entre deux entreprises. D’un côté, une start-up florissante, de l’autre, de jeunes coursiers, transformés pour l’occasion en auto-entrepreneurs.

Extrait du contrat proposé par Deliveroo à ses prestataires
Extrait du contrat proposé par Deliveroo à ses prestataires (doc remis)

Une application au cœur de l’organisation

Les cyclistes bleus, gros cubes vissés sur les épaules, un pied sur la pédale, sont en alerte devant leur application. Chargée et installée sur leur smartphone, c’est elle qui leur indique la prochaine course à effectuer.

Sur l’écran s’affiche le nom et l’adresse du restaurant où se rendre pour retirer la commande du client, puis l’adresse de livraison. C’est au moment où la commande est validée avec le restaurateur que le chronomètre se lance. La durée de livraison est ensuite enregistrée pour établir des statistiques sur l’efficacité de chaque livreur.

Des informations qui ne servent pas qu’à mesurer la performance, elles ont un impact direct sur la rémunération de la course qui varie de 2 à 3€ en fonction de nombreux paramètres non communiqués par l’entreprise. Des primes les week-ends ou en cas d’intempéries sont aussi prises en compte pour l’établissement d’une facture finale, établie et réglée par Deliveroo aux coursiers.

Des horaires de travail libres

Chaque semaine, les coursiers s’inscrivent sur un planning pour la semaine suivante. Ils ont le choix entre plusieurs plages horaires : 11h30 – 14h30, 12h – 13h30, 14h30 – 18h45, 19h – 21h30 ou 18h45 – 22h45. De nouvelles plages matinales viennent d’être mises en place.

Pour chaque heure effectuée, avec des courses ou sans, ils reçoivent une rémunération fixe de 7,50€ TTC. C’est moins que le Smic mais ce n’est pas un salaire, puisque les coureurs sont tous indépendants.

C’est à la fois l’argument de force de Deliveroo, qui met en avant cette liberté, et les limites du système. Les coursiers peuvent, s’ils le désirent, travailler jusqu’à 11h15 par jour, 7j/7. Un cas de figure qui ne s’est pas présenté à ce jour, comme le souligne Marc (le prénom a été modifié), âgé d’une vingtaine d’années, tiraillé entre ses affinités avec le mouvement Nuit Debout et la possibilité de gagner de l’argent relativement facilement :

« C’est un boulot fatiguant, en rentrant je n’ai plus d’énergie. J’ai lu la déclaration de Will Shu  (le boss britannique de  Deliveroo, ndlr). Il a expliqué début avril dans Les Échos que certains coursiers peuvent gagner jusqu’à 4 000€ par mois. Si je bosse comme un salaud, on va dire 8h par jour 7j/7, je gagne au mieux 1 680€ TTC. Avec les courses on va dire que ça peut monter jusqu’à 2 400€ TTC par mois. »

Pour l’heure, Marc a sauté sur l’opportunité de travailler à la carte pour pouvoir concilier ses projets et participer au loyer de son logement. Pour une trentaine d’heure de travail, il facture 300 à 500€ tous les quinze jours. Une solution avantageuse mais à court terme seulement, car ce job ne lui permet pas d’ouvrir de droits à l’assurance chômage et c’est à lui de cotiser pour les caisses de retraite, de sécurité sociale ou de prévoyance à travers le régime micro-social simplifié.

Si en début d’activité les cotisations peuvent être faibles : 5,8% du chiffre d’affaires, elles augmentent progressivement jusqu’à atteindre 23,1%. Le revenu final est donc bien loin des montants facturés.

Des obligations à respecter

Lorsqu’une course est interrompue pour cause de crevaison, ou pour faire un crochet pour récupérer un K-way en cas d’intempéries par exemple, il faut immédiatement le signaler via l’application.

Suite à divers incidents, Marc a reçu des textos comminatoires de la part de celui qu’il nomme son « manager » :

« Nous sommes des employés déguisés. Nous sommes obligés de porter la veste Deliveroo, et on doit sans cesse rendre pas mal de comptes. Nous sommes super fliqués. Les restaurateurs ont même une touche sur leur application pour signaler un problème avec le coursier. Ils peuvent te dénoncer si tu ne portes pas la veste par exemple. Le plus souvent mon boss vérifie tout par la suite. »

La tenue de travail, c’est à dire vestes, t-shirts, pantalons de pluie et sacs siglés, ainsi que les supports téléphoniques et batteries supplémentaires sont fournis par Deliveroo en échange d’une caution de 150€, retirée sur les premières factures émises par l’entreprise. De son côté, chaque prestataire doit s’équiper à ses frais d’un bon vélo et d’un smartphone doté d’un accès à Internet.

Capture d'écran du site Deliveroo France (Deliveroo France)
Capture d’écran du site Deliveroo France (Deliveroo France)

Un statut imposé et aucune négociation possible

C’est sur les réseaux sociaux, comme dans le groupe « Fixie Strasbourg » sur Facebook, via des sites étudiants ou grâce à son propre site que Deliveroo fait appel à des candidatures pour devenir « partenaire-biker ».

Les futurs coursiers sont conviés à une réunion d’information, au Regus, un centre de location d’espaces professionnels à près des Halles au Regus. Ils y visionnent une vidéo explicative sur le fonctionnement de Deliveroo. Mais à la place d’un contrat de travail, c’est une invitation à se rendre sur la plate-forme Internet de création d’auto-entreprise qu’ils reçoivent.

Anton Soulier, responsable Deliveroo à Strasbourg, explique avec soin la barrière très mince qui sépare l’employé du prestataire :

« Nous ne faisons pas de recrutement. Comme vous pouvez le voir sur nos annonces, nous recherchons des partenaires qui souhaitent travailler avec nous. »

Les futurs coursiers peuvent ensuite signer un contrat type où tous les tarifs des prestations, primes et pénalités sont déjà définis. Ils n’ont aucun pouvoir de négociation, si ce n’est le pouvoir de pédaler plus et plus vite.

Une couverture sociale à minima voire inexistante

Les coursiers qui acceptent le marché souscrivent au régime des auto-entrepreneurs, une protection sociale minimale. Marc, malade durant une quinzaine de jours, n’a eu le droit à aucune indemnité journalière. Pour Deliveroo, il était seulement « indisponible ». Et pour la Sécurité sociale, il lui fallait au moins une année de cotisations à la caisse des auto-entrepreneurs avant de pouvoir prétendre à des indemnités. Et même dans ce cas, le délai de carence est de 7 jours.

Jean-Pierre Odile, ambassadeur Deliveroo, sur son fixie place Kléber (Photo LL / Rue 89 Strasbourg)
Jean-Pierre Odile, ambassadeur Deliveroo, sur son fixie place Kléber (Photo LL / Rue 89 Strasbourg)

Un job sur mesure et un sentiment de liberté

Pour Jean-Pierre, tout roule. Il est l’un des premiers coursiers Deliveroo à Strasbourg et il est devenu « ambassadeur » de la marque. Il accompagne les potentielles recrues sur leur premier shift (tournée à vélo) et donne son avis sur les futurs « prestataires ».

Il gère aussi les stocks et peut démarcher de nouveaux restaurants. Un travail rémunéré en plus de ses courses. Il gagne entre 600 et 800€ tous les 15 jours pour environ 30h de travail hebdomadaires.

Conscient que le statut de salarié est plus confortable, il ne s’inquiète pas vraiment des cotisations sociales. Ce job lui plaît tellement qu’il a même lâché son précédent boulot de vendeur à Decathlon :

« Mon bureau, c’est la ville. Et mon outil de travail, mon vélo. Je n’ai vraiment pas à me plaindre. Je faisais du BMX quand j’avais 20 ans. Malheureusement, suite à une crise d’épilepsie à 21 ans, je n’ai pas pu faire de compétition. Pour moi, les livraisons c’est une sorte d’entraînement. Une fois que j’ai fini mon service, je pars encore pédaler une heure ou deux. »

À 27 ans, sa santé s’est stabilisée et il compte participer à plusieurs championnats cet été. Deliveroo soutient ses ambitions et devrait lui payer son inscription au championnat du monde des coursiers à vélo CMWC et à différentes courses… lors desquelles il défendra bien sûr les couleurs du service de livraison. Thibaut Vincent est aussi emballé par l’aventure :

« Le fonctionnement est clair et ne présente que des avantages pour tout le monde. La protection des salariés ? Elle est vraiment relative. J’ai déjà fait de nombreux boulots et niveau négociation salariale ça n’a jamais été ça. Depuis que je suis auto, ma vie a changé, je n’ai plus de pression. Le seul truc vicieux, c’est que j’ai pris goût au sport, et que je mange plus qu’avant. »

Un service de livraison clé en main pour les restaurateurs

Pour les restaurateurs, Deliveroo ouvre de nouvelles perspectives. Fresh Burritos, un de leurs principaux partenaires à Strasbourg avec 231 East Street, n’avait pas prévu de mettre en place un service de livraison dans l’immédiat. Guillaume Demumieux, manager du restaurant, explique :

« Nous devons déjà assurer la mise en place des restaurants.  La livraison implique un investissement en matériel et l’emploi d’une personne supplémentaire. C’est un service lourd et coûteux à organiser. »

La solution proposée, des coursiers à vélo, colle avec la politique écologique de la maison, et semble satisfaisante. Le matériel : tablette et supports de communication, sont fournis par Deliveroo, en échange d’un pourcentage sur les ventes qui oscille entre 20 et 30%, négocié chaque année par contrat. Un partenariat qui devrait perdurer :

« Le dimanche soir, 50 à 60% de notre chiffre d’affaire provient des livraisons. Nous avons même employé une personne en plus en cuisine pour répondre à la demande. Nous devons juste veiller à la qualité des produits. Une perte en température est inévitable mais elle doit rester raisonnable. C’est notre réputation qui est en jeu. »

Prise de risque minimum pour les restaurateurs comme pour Deliveroo. Pour les coursiers en revanche…

#Anton Soulier#Jean-Pierre Odile#Thibaut Vincent

Grève à la SNCF : trafic régional et TGV perturbé mercredi et jeudi

Grève à la SNCF : trafic régional et TGV perturbé mercredi et jeudi

Deux syndicats de la SNCF sur quatre, CGT et Sud-Rail, appellent à une grève nationale les mercredi 18 et jeudi 19 mai, dans le cadre des négociations sur le temps de travail. La circulation des trains sera perturbée en Alsace durant ces deux journées.

Les syndicats CGT-cheminots et SUD-rail appellent à une grève reconductible à la SNCF à partir de cette semaine. L’objectif est de peser dans les négociations en cours sur les conditions de travail des cheminots et de protester contre le projet de loi réformant le code du travail. La CGT, premier syndicat des agents SNCF, prévoit d’appeler à la grève tous les mercredis et jeudis, tandis que Sud-Rail, troisième syndicat, appelle à la grève tous les jours jusqu’au 11 juillet.

La SNCF a communiqué dimanche soir ses prévisions de circulation en Alsace, pour les mercredi 18 et jeudi 19 mai.

Un TER Strasbourg – Bâle sur deux en Alsace

    Mulhouse – Thann (tram-train) : circulation normale Strasbourg – Offenbourg : circulation normale Strasbourg – Haguenau – Niederbronn : 3 circulations sur 4 (en train ou en car) Strasbourg -Metz : 3 circulations sur 4 (en train ou en car) Mulhouse – Thann – Kruth : 2 circulations sur 3 (en train ou en car) Mulhouse – Colmar : 2 circulations sur 3 (en train ou en car) Strasbourg – Bâle (TER200) : 1 TER sur 2 Strasbourg – Molsheim – St Dié : 1 TER sur 2 Strasbourg – Nancy : 2 circulations sur 5 (en train ou en car) Strasbourg – Molsheim – Sélestat : 2 circulations sur 5 (en train ou en car) Strasbourg – Haguenau – Wissembourg : 2 circulations sur 5 (en train ou en car) Strasbourg – Lauterbourg : 2 circulations sur 5 (en train ou en car) Mulhouse – Bâle : 1 circulation sur 3 (en train ou en car) Mulhouse – Belfort : 1 circulation sur 3 (en train ou en car) Strasbourg – Saverne – Sarrebourg : 1 circulation sur 3 (en train ou en car) Strasbourg – Sarreguemines – Sarrebruck : 1 circulation sur 3 (en train ou en car) Colmar – Metzeral : 1 circulation sur 3 (en train ou en car) Strasbourg – Erstein – Sélestat : 1 circulation sur 4 Mulhouse – Müllheim : tous les trains remplacés par des cars

Circulation normale des TGV vers Paris

    Colmar – Strasbourg – Paris Est : circulation normale Munich/Stuttgart – Strasbourg – Paris Est : circulation normale Bâle – Mulhouse – Paris Lyon : circulation normale Fribourg – Mulhouse – Paris Lyon : circulation normale Francfort – Strasbourg – Marseille : circulation normale Zurich – Paris : 2 TGV sur 3 Strasbourg – Aéroport CDG TGV – Lille : 1 TGV sur 2 Mulhouse – Paris : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Lyon : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Nantes : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Bordeaux : 1 TGV sur 2 Strasbourg – Marseille : 1 TGV sur 2 (le TGV origine Metz) Strasbourg – Montpellier : 1 TGV sur 2 (le TGV origine Luxembourg ne circule pas) Strasbourg – Rennes : pas de circulation Strasbourg – Bruxelles : pas de circulation Bâle – Mulhouse – Marseille : pas de circulation Mulhouse – Aéroport CDG TGV – Lille : pas de circulation

Comme d’habitude, les horaires détaillés seront affichés en gare et sont disponibles sur les sites Internet de la SNCF et les numéros d’appels spéciaux, soit alsace.ter.sncf.com et 0 800 77 98 67 pour le TER Alsace et www.sncf.com et 0 805 90 36 35 pour les trains Grandes Lignes.

Furia, hip hop américain et jours d’été pour les 20 ans des Artefacts

Furia, hip hop américain et jours d’été pour les 20 ans des Artefacts

Le festival des Artefacts souffle ses vingt bougies cette année. Un anniversaire discret pour ce rendez-vous musical qui n’a cessé d’évoluer en deux décennies pour finalement élire domicile au Zénith et retrouver cette année des horaires estivaux pour mieux dérouler son affiche.

Né en 1996, successivement organisé au parc du Rhin, au Rhénus puis au Zénith (depuis 2008), le festival des Artefacts a toujours su drainer un public très varié au fil d’éditions et d’affiches bien éclectiques. Ce cru 2016 sera d’ailleurs le neuvième à s’installer au Zénith, avec ses concerts évidemment – concentrés cette année sur deux soirées uniquement, Euro de football oblige – mais aussi son désormais habituel Dock Promenade avec rampe de skate et de BMX en partenariat avec l’association Nouvelle Ligne, sa batterie de jeux vintage, babyfoot et retrogaming proposés par le BAB et la Ludus Académie ainsi que des interventions sonores et des déambulations burlesques.

Une manière d’habiller un Zénith par définition plutôt impersonnel et d’agrémenter les abords de cette immense salle pour y installer au mieux une ambiance de festival.

Avec JC Satan , Walk Off the Earth et Colt Silvers à la Laiterie

Mais c’est indéniablement l’affiche concoctée par les programmateurs qui décidera ou non le public à venir. Comme l’an dernier et depuis plusieurs éditions, le festival des Artefacts se décline en deux endroits : Laiterie et Zénith. Le site historique de la Laiterie (Club et grande salle) sera ainsi investi par une douzaine de groupes sur six soirées étalées entre le 9 et le 16 juin.

A commencer par la triple affiche frénétique en ouverture, le 9 juin, avec le souffle ébouriffant de Von Pariahs, Grand Blanc et surtout JC Satan. Les Bordelais ont publié il y a quelques mois un quatrième album à la brutalité sonique jouissive :



On écoutera aussi pêle-mêle Pone le 11 juin, les savoureux indies canadiens Walk Off the Earth le 14 juin, le rock puissant de Halestorm et Raveneye le 15 juin alors que le même soir, au Club, les vétérans américains d’Unsane mettront le feu en petite jauge avec leur noisy-punk bien explosif.

A noter aussi la pop cristalline de Kadebostany en première partie desquels les Alsaciens de Colt Silvers présenteront leur nouveau live le 16 juin avec de nouvelles compositions à la clé issues du troisième album du groupe, Swords, qui sortira à l’automne sur le label Deaf Rock :



Les Artefacts en juin : être dans la dynamique des festivals d’été

Les deux soirées organisées au Zénith les 24 et 25 juin constitueront ensuite le temps fort de l’édition 2016 du festival des Artefacts. Deux soirées au lieu de trois les années précédentes puisqu’il semblait dès le départ bien difficile de lutter contre trois huitièmes de finale de l’Euro de football qui se joueront le dimanche 26 juin. Par ailleurs, les Artefacts retrouvent cette année un calendrier plus estival avec une programmation articulée en deuxième partie du mois de juin. Thierry Danet est le directeur de la Laiterie :

« Par rapport au marché des festivals d’été, c’est idéal. On se positionne dans une dynamique de tournée pour pouvoir programmer des groupes qui sont déjà sur la route. Les années précédentes, on recevait très souvent des propositions de groupes en tournée qui seraient venus jouer à Strasbourg en juin mais la jauge de la Laiterie (850 places, ndlr) est trop petite. Et puis initialement, l’envie de programmer l’édition 2016 des Artefacts en juin était partie de Motörhead. C’était l’un des déclencheurs pour nous, d’autant qu’on a d’immenses fans de Lemmy dans l’équipe du festival ».

Motörhead était censé venir en tête d’affiche du 25 juin, l’annonce de sa programmation datant de début novembre 2015. Mais la disparition de Lemmy a tout chamboulé et ce 25 juin 2016 se fera donc sans les Anglais et leur leader moustachu. A la place : Volbeat en tête d’affiche de cette journée « furia », avec The Hives, Apocalyptica, Steve’N’Seagulls et le retour de Skunk Anansie et sa fantasque Skin toujours aussi charismatique sur le dernier album en date des Londoniens, Anarchytecture :



Hip hop US le 24 juin

Le point d’orgue de cette édition 2016 du festival des Artefacts, c’est bien sûr la soirée thématique du 24 juin. Et les amateurs ne s’y sont pas trompé puisque toutes les places sont d’ores et déjà vendues avec 12 000 personnes attendues au Zénith ce soir-là pour une affiche 100% hip hop américain. Au menu, malgré l’annulation de Busta Rhymes : Method Man & Redman, Mobb Deep, DJ Shadow, Premier, KRS-One et les légendaires Cypress Hill, de retour en Alsace un an après leur passage au festival Décibulles de Neuve-Eglise. Revival frénétique garanti sur scène :



Avec environ un million d’euros de budget global, le festival des Artefacts espère accueillir entre 25 000 et 30 000 personnes dont 4 000 à 5 000 spectateurs pour les six soirées proposées à la Laiterie du 9 au 16 juin. Quant au calendrier plus estival du festival, celui-ci devrait sans doute se pérenniser pour permettre de renouveler des programmations thématiques et attirer d’autres têtes d’affiche.

#Volbeat

Rétrospective Kurosawa : coup de sabre sur les écrans strasbourgeois

Rétrospective Kurosawa : coup de sabre sur les écrans strasbourgeois

À Strasbourg, entretenir sa cinéphilie suppose plus que jamais d’opérer de fréquents détours par les cinémas Star. Après une intégrale François Truffaut en 2015, le printemps 2016 sera placé sous le signe du Japon avec une rétrospective composée de neuf titres majeurs du réalisateur japonais Akira Kurosawa.

La place d’Akira Kurosawa au panthéon cinéphile est aujourd’hui indiscutable. Le cinéaste japonais y figure aux côtés d’Orson Welles, de John Ford ou encore de Jean Renoir. Pourtant, dans l’inconscient cinéphile occidental, il est encore trop souvent réduit à une poignée de films de sabre, à son œuvre phare, Les 7 Samouraïs, et à son association avec le comédien Toshiro Mifune.

Un apport inestimable à l’histoire du cinéma

Malgré l’excellent travail de certains éditeurs de DVD, le public, même averti, n’a pas encore pris la mesure de la diversité de la filmographie du maître nippon. Le cinéaste, dont l’œuvre s’étend des années 40 aux années 90, a bien sûr abordé l’histoire de son pays au fil de récits épiques. Mais il a également été l’auteur de films noirs et de récits à dominante sociale qui prenaient le pouls d’un Japon peinant à se relever d’une seconde guerre mondiale dévastatrice.

Akira Kurosawa, jeune cinéaste et maitre précoce
Akira Kurosawa, jeune cinéaste et maitre précoce (dr)

Et comme tous les maitres, Kurosawa a contribué à forger le 7ème art, à construire le média cinématographique tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Peu avant lui ont su faire naître, en si peu de plans, une telle empathie pour des personnages aussi troubles. Au cœur des années 50, il a été précurseur dans la manière de filmer ses protagonistes, de les isoler dans l’action en usant de longues focales. Enfin, avec Rashomon, il a créé un nouveau mode de narration, où le point de vue sur l’action se trouve démultiplié.

Uniquement des copies restaurées

En choisissant de proposer l’œuvre d’un cinéaste majeur au public strasbourgeois, l’équipe des cinémas Star se trouvait face à une difficulté évidente, celle du choix des titres. Il était possible de ne proposer que des films de samouraïs ou simplement des polars. Il était envisageable de s’attacher à ses longs-métrages les moins connus ou enfin de projeter ses œuvres tardives.

Le choix, en l’occurrence, s’est fait sur le fondement de la qualité technique. Les neuf films proposés viennent de bénéficier d’une restauration et ils seront proposés en copie numérique neuve.

Mifune, acteur fétiche du cinéaste
Mifune, acteur fétiche du cinéaste (dr)

On pourra alors redécouvrir dans de superbes conditions Yojimbo, le film de sabre qui a inspiré Sergio Leone, ou revoir une prestigieuse Palme d’Or de trois heures, Kagemusha. Le public pourra se laisser surprendre par le tragique Vivre dans la peur, un film hanté par le spectre de la bombe atomique ou découvrir, avec Entre le ciel et l’enfer, que les Américains n’ont pas le monopole du film noir.

Avec deux à trois séances par jour, il sera peut-être complexe de tout voir, mais les cinéphiles devront se laisser guider par la curiosité. Peu importe le genre abordé, ils auront la garantie de faire la rencontre d’un réalisateur humaniste, à l’oeuvre profondément émouvante.

 

Fin mai, festival énergique en plein air pour les 10 ans de Pelpass

Fin mai, festival énergique en plein air pour les 10 ans de Pelpass

Association hyperactive toujours prête à faire la fête en musiques et en jeux, Pelpass célèbre son dixième anniversaire en organisant un grand festival en plein air du jeudi 26 au dimanche 28 mai au jardin des Deux Rives. Affiche savoureuse avec des inédits au programme et ambiance festive garantie.

Tout d’abord, quelques chiffres pour poser le décor : en dix ans, depuis son premier concert et avant même la naissance officielle de l’association, Pelpass a rassemblé plus de 78.000 spectateurs, organisé plus de 270 événements et investi 28 lieux différents en gardant depuis toujours sa base du Molodoï à Strasbourg. Honorable bilan pour une association dont les statuts posaient comme objectif de « faire découvrir des groupes, créer des rencontres et se faire des amis » (lire ici un article de Rue89 Strasbourg sur l’association Pelpass).

Une quarantaine de groupes à l’affiche

En tout cas, depuis 2006, la bande de potes a bien grandi, nouant au fil des ans des histoires fortes avec son public et les artistes programmés lors des diverses soirées de concerts et de festivals (notamment les incontournables Paye Ton Noël, Fanfar’o’doï et Ind’Hip’Hop). C’est d’ailleurs ce qui a motivé le projet de festival pour marquer le dixième anniversaire de Pelpass. Jérémie Fallecker est le président de Pelpass :

« En montant ce projet, on avait vraiment envie d’un festival au cœur de Strasbourg. Avec des ambiances différentes, avec un camping, et surtout en plein air, ce qui est une première en termes d’infrastructures pour notre association. Au total, 41 groupes, artistes et compagnies sont programmés en trois jours et ce ne sont que des personnes avec qui Pelpass a une histoire particulière. Tous sont déjà venus jouer ou se produire chez nous par le passé. Il y aura donc des morceaux inédits écrits et composés pour l’occasion, des affiches elles aussi inédites comme Adam & the Madams VS Dirty Deep ou 100% Chevalier VS Pauwels. »

Fusion péruvienne avec Dengue Dengue Dengue !

Parmi les autres événements de ce dixième anniversaire de Pelpass au jardin des Deux Rives, Jérémie Fallecker cite quelques groupes actuellement en tournée internationale et qui se rendent à Strasbourg spécialement pour prendre part au festival : le Canadien Rich Aucoin et son électro-pop très dansante, le Québécois Dylan Perron avec son bluegrass entêtant ou encore les Hurlements d’Léo et leur spectacle de reprises de Mano Solo effectueront l’aller-retour pour participer à l’anniversaire de Pelpass. Autre coup de cœur : les Péruviens de Dengue Dengue Dengue ! Et leur fusion électro-cumbia-dancehall dans un style tropical explosif.



Le dernier concert de la Fanfare en Pétard

Pelpass, évidemment, met aussi et surtout en avant la scène régionale. Outre Adam & the Madams VS Dirty Deep et 100% Chevalier VS Pauwels, le festival des 10 ans de Pelpass donnera carte blanche au label Deaf Rock pour un All Star Band qui restera assurément dans les annales. Alskapone, tout premier groupe programmé par Pelpass avant même la naissance de l’association, reprendra du service une décennie après ses derniers concerts.

Art District redonnera également de la voix et la Fanfare en Pétard fera de même, avec de nombreux invités conviés tout spécialement pour un show inédit qui sera en fait l’ultime concert du groupe. Souvenirs souvenirs :



94 000 euros de budget

Le festival se déroulera du jeudi 26 au samedi 28 mai sur la berge française du jardin des Deux Rives (programmation complète et détaillée à retrouver ici). Un projet monté avec le soutien de la Ville de Strasbourg dont l’aval est intervenu tardivement, à la fin du mois de février dernier. Il a donc fallu tout organiser à partir de ce moment-là sur un site qui pourra accueillir 1 500 personnes par jour, soit 4 500 personnes sur l’intégralité du festival, en plus d’un camping de 200 places environ accessible sans réservation et pour une participation d’un euro.

Au total, Pelpass mobilise 94 000 euros de budget pour célébrer son dixième anniversaire et monter trois scènes dont deux chapiteaux de cirque et une tente plus petite qui fera office de coin soundsystem pour les DJ sets.

Animations d’été : coiffes alsaciennes géantes, pédalos et arts de la rue en août

Animations d’été : coiffes alsaciennes géantes, pédalos et arts de la rue en août

La Ville de Strasbourg dépense 1,6 million d’euros pour animer le centre-ville cet été, et un peu ses quartiers. Pas de grands changements, on retrouve les pédalos dans le bassin Austerlitz, la cathédrale rhabillée de lumières et un mini-festival des arts de la rue mi-août. Voici tous les détails.

Cet été, les festivités de la Ville de Strasbourg s’étaleront du 2 juillet au 18 septembre, dates des premières et dernières représentations du spectacle “Lumière intemporelle” projeté sur la cathédrale, ainsi que de l’exposition de coiffes alsaciennes géantes.

    Lumière intemporelle sur la cathédrale

Le spectacle “lumière intemporelle” (dont nous vous parlions ici) qui propose l’éclairage de deux faces de la cathédrale, mais aussi d’autres bâtiments de la place du Château fera office de fil rouge aux programmations d’été. Cette année, la prestation propose de « raconter le voyage temporel de la lumière » à l’aide de laser, mapping et autres bougies électriques. Chaque soir, 4 à 5 représentations seront diffusées (à partir de 22h30 en juillet, 22h15 en août et 21h en septembre).

Un extrait de ce qui attend la cathédrale pour cet été... (Photo ACT Lighting Design / doc remis / cc)
Un extrait de ce qui attend la cathédrale pour cet été… (Photo ACT Lighting Design / doc remis / cc)
    Retour en août pour le festival des Arts de la Rue

Après une tentative en juillet en 2015, l’édition 2016 du FARSe (Festival des Arts de la Rue de Strasbourg Eurométropole) retrouve ses dates traditionnelles, du 12 au 14 août et présentera 37 spectacles réalisés par une vingtaine de compagnies.

Mathieu Cahn précise l’ambition du FARSe :

« Ce sont les représentations qui ont dû s’adapter à l’environnement, et non l’inverse. Les formes sont multiples, il y aura des spectacles très intimistes et d’autres à grand format. L’idée est d’ajouter du sensible à l’urbain. »

Le spectacle d’ouverture, “Fous du Bassin” (par la compagnie Ilotopie) aura lieu sur l’eau du bassin d’Austerlitz le 12 août à 22h30. Il s’amusera à détourner de multiples objets du quotidien.

Compagnie ILOTOPIE – Fous de Bassin (Photo : Steve Eggleton /Eventdigital.co.uk)
Compagnie ILOTOPIE – Fous de Bassin (Photo : Steve Eggleton /Eventdigital.co.uk / doc remis)

Pour la clôture le 14 août, le spectacle “Les roues de couleurs” de la compagnie OFF déambulera dans la ville grâce à de grandes roues propulsées sur un rythme techno mixé en direct (le final aura lieu place Kléber à 22h).

Compagnie OFF – Les roues de couleurs (Photo : Deventer Op Setten)
Compagnie OFF – Les roues de couleurs (Photo : Deventer Op Setter / doc remis)

Comme en 2015, le Village du FARSe sera installé dans la cour de l’école Pasteur (rue des Veaux) où le public est invité à partager un moment avec les compagnies invitées et les autres festivaliers.

Les nouveautés de l’édition 2016

    Exposition temporaire : quand le patrimoine revêt les couleurs de l’art contemporain

Pour mettre en valeur le patrimoine alsacien, une exposition temporaire, du 2 juillet au 18 septembre, sera disposée sur dix places du centre-ville et reliée par un circuit. Quatre sculptures vierges de coiffes alsaciennes de plusieurs mètres seront laissés aux mains d’artistes locaux (dont deux pratiquant le street-art) afin qu’elles deviennent leur terrain d’expression. La cinquième sera une oeuvre participative, en libre accès, afin que chacun puisse laisser libre cours à sa créativité.

Les cinq restantes ont déjà été réalisées par les artistes Suzana Jaczova, Germain Roesz, Jean Claus, Raymond-E Waydelich et Olivier Grossmann pour l’anniversaire du Musée Alsacien en 2007. Pour Mathieu Cahn, cette animation permet de « faire le lien entre le patrimoine et la modernité ».

Sculpture d'une coiffe alsacienne vierge (Photo : droits réservés / doc remis)
Sculpture d’une coiffe alsacienne vierge (Photo : droits réservés / doc remis)
    Le folklore alsacien, (re)découvrir les traditions alsaciennes différemment

Le traditionnel folklore alsacien fait l’objet d’une refonte. Les samedis et dimanches rythment sa nouvelle forme.

Chaque samedi, du 16 juillet au 10 septembre (saut le 13 août), deux concerts de musique alsacienne seront joués :

    À 11h15, à l’angle de la place du Château et de la place de la Cathédrale. À 12h30 sur la place du Marché aux poissons.

Tous les dimanches du 10 juillet au 11 septembre (sauf le 14 août), le folklore alsacien sera également mis à l’honneur :

    De 10h45 à 12h sur place Gutenberg où se mêleront musique, danse et habits traditionnels. De 14h à 16h, un groupe d’accordéonistes et de danseurs partiront de la place du Marché aux poissons jusqu’à la Petite France.

Les vendredis 22 et 29 juillet, ainsi que les vendredis 2 et 9 septembre, la fanfare théâtralisée “Humpa Pumps” effectuera un parcours improvisé au sein du quartier historique de Strasbourg (Cathédrale et Petite France).

Les événements reconduits

    Les docks d’été

Du 3 juillet au 31 août se tiendra la 7ème édition des docks d’été. La base nautique sera installée, comme chaque année, sur la Presqu’île André Malraux, face à la médiathèque, de 14h à 19h. La plage urbaine (plus étendue que l’année passée) donnera un accès gratuit aux pédalos, bateaux électriques et autres engins gonflables.

Pour le lancement, l’opération Archimède met en compétition, sur l’eau, 25 baignoires flottantes construites par les participants.

Au programme pour les plus jeunes :

    Le club piou-piou (3-8 ans) : mini-pédalo, bateaux électriques et pêche aux canards Le Kid’s club (9-12 ans) : pédalo, engins gonflables et sphères flottantes Le club ado (13-17 ans) : pédalo, engins gonflables et sphères flottantes
Les docks d'été sur le parvis de la médiathèque Malraux (Photo : JF Badias/Ville et Eurométropole de Strasbourg)
Les docks d’été sur le parvis de la médiathèque Malraux (Photo : JF Badias/Ville et Eurométropole de Strasbourg)
    Le bal populaire du 14 juillet

Le jeudi 14 juillet, les Strasbourgeois sont invités à faire la fête après le feu d’artifice qui aura lieu à 22h30, place de la Bourse. Le groupe de musique “Jour de Fête” sera présent pour mettre l’ambiance.

    Passion sport, “le sport pour tous”

Du 3 juillet au 28 août (sauf le 15 août), de 15h à 18h30, la caravane des animations sportives de Passion sport s’installera dans la ville pour une tournée des parcs, pieds d’immeubles et sera également présente aux docks d’été.

Au programme : jeux du monde, sports de raquettes, capoeira, structures gonflables, etc.

    Arachnima, la tournée ludique

Du 5 juillet au dimanche 28 août, c’est la tournée ludique Arachnima qui passera dans différents quartiers de Strasbourg. Durant plusieurs semaines, les habitants sont invités au partage et à la découverte de diverses activités : arts plastiques, musique, arts vivants, sports, sciences, jeux…

« La sécurité renforcée » durant la programmation estivale

Pour conclure, l’adjoint au maire assure qu’un travail en étroite collaboration avec la Préfecture et les services de police sera mis en place pour veiller à la sécurité. Ce dispositif concerne notamment le spectacle “lumière intemporelle”. Le budget total s’élève à 1,6 million d’euros, dont 400 000 euros de mécénat privé pour les illuminations de la Cathédrale.

En fin de bail, le Syndicat potentiel rassemble ses soutiens

En fin de bail, le Syndicat potentiel rassemble ses soutiens

À la Krutenau, le bail de la salle d’exposition le Syndicat potentiel n’a pas été renouvelé par ses propriétaires. Avant de faire ses cartons, l’association mobilise ses soutiens pour continuer, rue des couples ou ailleurs.

La salle d’exposition le Syndicat potentiel risque de déménager en février 2017. Son bail n’a pas été renouvelé. Situé 13 rue des couples à la Krutenau, l’immeuble qui héberge l’association Le Faubourg et des appartements dans les étages va être mis en vente par ses propriétaires, plusieurs dames qui ont donné mandat à leur agence immobilière. Le bâtiment n’a pas été rénové depuis plusieurs dizaines d’années et se délabre.

Une « pétition » pour compter ses soutiens

Les loyers, très anciens, sont restés abordables : 580 euros par mois pour le bail professionnel au rez-de-chaussé (200m² pour une double salle d’exposition, une réserve, un bureau et une cuisine). Dans les étages, un appartement de 4 pièces se loue 260 euros par mois.

Jeudi 12 mai, Jean-François Mugnier, coordinateur du Syndicat potentiel et seul salarié de l’association « Le Faubourg » qui gère le lieu, a lancé une page de soutien sur Change.org :

« On a lancé la pétition, non pas pour s’opposer à la décision de vendre, mais pour rassembler nos soutiens, ceux qui aiment ce qu’on fait, pour voir ce qu’on peut envisager pour la suite. »

Seul salarié de l'association, Jean-François Mugnier coordonne les projets de la double salle d'exposition (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Seul salarié de l’association, Jean-François Mugnier coordonne les projets de la double salle d’exposition (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Déménager, se regrouper ?

Plusieurs pistes sont à l’étude : trouver un autre local, se regrouper dans les appartements dans les étages si les locataires sont conservés, demander un bail précaire aux nouveaux propriétaires ou impliquer les collectivités locales. La « pétition » renvoie aussi vers le site helloasso.com sur lequel l’association reçoit régulièrement des dons de ses sympathisants.

Des dons qui seront d’autant plus nécessaires en cas de déménagement pour cette association au budget de 40 000 euros (dont 15 000 de la Ville de Strasbourg, 10 000 de la DRAC et 4 000 du Conseil départemental) car « un nouveau local risque de coûter plus cher », prévient Jean-François Mugnier.

Il estime à 4 000 le nombre de visiteurs annuels de la mini-galerie. Le Syndicat potentiel a emménagé rue des couples en 1993. Depuis 2000, son projet est de présenter « une conception élargie de l’Art, dans ses ouvertures sur les mutations du monde, des questions de société, de ses différents champs et territoires d’intervention possibles ».

Des salles en partie rénovées en 2014

L’association Le Faubourg a été crée à l’initiative d’une dizaine d’étudiants de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg (devenue Haute école des Arts du Rhin). Elle recense 300 expositions qui ont permis à 600 artistes d’exposer.

En 2014, la Ville de Strasbourg avait accordé une subvention de 14 000 euros pour rénover une partie de l’intérieur de la galerie. Bien que l’association pourrait récupérer une partie du matériel en cas de déménagement, l’investissement n’est que de courte durée. Une vente de l’immeuble serait estimée à 1,8 millions d’euros. À cela risque de s’ajouter d’importants travaux de mise aux normes.

Quand les Ponts couverts étaient encore couverts

Quand les Ponts couverts étaient encore couverts

Au bout de la rue, la ville. – C’est l’un des bijoux architecturaux de Strasbourg, que l’on croit tous fort bien connaître. Les Ponts couverts sont à la Petite France ce que la cathédrale est à Strasbourg : un symbole, la carte postale. Or, rares sont les Strasbourgeois affranchis sur le pourquoi du pluriel (n’y a t’il pas qu’un seul pont ?) et le pourquoi du « couverts » (ne l’enjambe-t-on pas le nez au vent ?). Réponses et balade entre ces trois (jadis quatre) tours carrées médiévales.

Au Moyen-Âge, Strasbourg est retranchée dans l’ellipse insulaire. Pour se défendre contre la menace venue de l’ouest (côté français !), la ville construit quatre puissantes tours en briques, peu après le deuxième agrandissement de ses remparts au XIIIème siècle. Elle le fait là où Bruche et Ill se confondent, pénétrant dans Strasbourg par quatre canaux : le canal de dérivation, entre le quai de la Bruche et celui de la Petite France, et les trois canaux « du Moulin » (dits Spitzmühl, Duntzmühl et Zornmühl), entre lesquels sont aujourd’hui aménagés les squares Louise-Weiss et du Moulin, et le parking du quai du Woerthel.

(Plan Morant, 1548 - Plan relief, 1725 - Google map, 2016)
(Plan Morant, 1548 – Plan relief, 1725 (où l’on voit bien les toitures sur les ponts entre les 4 tours) – Google map, 2016)

L’une des quatre tours détruite en 1869

De ces quatre tours, il n’en reste que trois : le Heinrichsturm, dite tour de l’Éclusier (impasse de la Grande-Écluse), le Hans von Altenheimsturm ou tour Woerthel (au bout du quai du Woerthel) et le Hannemansturm auf der Denne ou tour des Français (place du Quartier-Blanc). C’est leur utilisation carcérale (civile pour la première, militaire pour les deux autres) qui a garanti leur maintien debout à travers les siècles. La quatrième tour du dispositif, qui occupait le bout du quai Turkheim, dite Maltzenturm, a été démolie en 1869.

Au bout du quai Turkheim, face au barrage Vauban, se derssait une quatrième tour, détruite en 1869 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Au bout du quai Turkheim, face au barrage Vauban, se dressait une quatrième tour, détruite en 1869 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Des ponts-galeries en bois, recouverts de tuiles et munis de herses

La rue des Ponts-Couverts commence là, au croisement du quai Turkheim et en surplomb du quai de la Bruche. L’on pourrait croire qu’elle n’enjambe qu’un unique pont, et c’est effectivement le cas depuis la fin du XIXème. Dans le passé en revanche, il n’en était rien : fortifiés vers 1330, les ponts sur les quatre chenaux ne deviennent des ponts-galeries (d’où le pluriel et le « couverts »…) qu’au XVIème siècle. Les toits sont recouverts de tuiles, munis de herses et fermés côté amont par une paroi aveugle percée de meurtrières. Ces ponts sont remplacés par des passerelles en 1784, puis reconstruits en pierre en 1865, d’après le Dictionnaire historique des rues de Strasbourg.

Lithographies de 1828 et 1839 (BNU) et de 1869 (DRAC Alsace)
Lithographies de 1828 et 1839 (BNU) et de 1869 (DRAC Alsace)

Du quai Turkheim à la place du Quartier-Blanc, le pont en pierre que nous connaissons traverse plusieurs espaces successifs, qui ont beaucoup changé au fil des ans. Tous, sauf le quai de la Bruche, où l’on peut aujourd’hui comme hier lézarder l’été sous les branches du grand platane (planté, dit-on, sous Louis XIV !) et à la terrasse de la brasserie Au petit bois vert (établissement fondé en 1675). Seule différence, il y a encore 150 ou 200 ans, les marchands s’acquittaient là des taxes sur les denrées qui arrivaient par l’Ill et la Bruche à Strasbourg et transitaient ensuite vers la douane

Quartier de pêcheurs, tanneurs et prostituées

Sur les marches qui descendent dans l’eau, de nombreuses barques de pêcheurs furent longtemps amarrées. Ces pêcheurs et bateliers vivaient dans les maisons à colombages du quai et jouaient parfois les maîtres-nageurs sur les canaux du Moulin (vers 1870). Le secteur abritait aussi la corporation des tanneurs, autour notamment du fossé éponyme, situé à l’emplacement de l’actuelle rue du Fossé-des-Tanneurs, au départ de la place Benjamin-Zix.

Canal de la navigation, entre les quai de la Bruche et quai de la Petite-France, à droite (Carte postale Delcampe - Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Canal de la navigation, entre les quai de la Bruche et quai de la Petite-France, à droite (Carte postale Delcampe – Photos MM / Rue89 Strasbourg)

En face, le long de l’actuel quai de la Petite-France (ancien chemin de halage), se trouvaient jusqu’au milieu du XXème siècle diverses constructions. Longtemps, un hangar à bois a occupé une bonne part de l’actuel square Louise-Weiss (aménagé en 1972 et rebaptisé en 1989) ainsi qu’une maison où se faisaient soigner les syphilitiques. Cet « hôpital des incurables » (Blatterhaus) ou « hospices des vérolés » fut installé en 1687 sur ce qui devint alors le « couloir des pustuleux » (!).

Hangars à bois quai de la Petite-France (Carte postale Delcampe)
Hangars à bois quai de la Petite-France (Carte postale Delcampe)

Ville de garnison, Strasbourg connut en effet une épidémie de syphilis, appelé aussi « mal français » (qui a donné son nom à la Petite France…), suite au retour des soldats ayant combattu à Naples en 1496, au nom du roi Charles VIII. Cette maladie contagieuse, transmise notamment dans les maisons closes et les établissements de bains du quartier, n’a disparu de la ville que vers le tournant du XXème siècle. Excepté le bâtiment abritant aujourd’hui le restaurant À l’Ami Schutz (1841), les maisons et hangars ont été démolis sur cette bande de terre vers 1970.

Le quai de la Petite France (actuel square Louise-Weiss), où se trouvaient hangars à bois et maisons pour syphilitiques (Cartes Delcampe - Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Le quai de la Petite France (actuel square Louise-Weiss), où se trouvaient des hangars à bois et des maisons pour syphilitiques – Sur la carte du haut, on découvre les bateaux-lavoirs du canal du Moulin ou canal de la Spitzmühl (Cartes Delcampe – Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Hangars à bois, fabrique de cloches et bains municipaux

Entre la Spitzmühl et la Dunzmühl (ou Dinsenmühl, selon les sources), là où se trouve aujourd’hui le square du Moulin, le bras de terre était occupé par une cour de stockage de minerai et une fonderie de cloches. Roger Forst écrit à ce propos, dans son ouvrage Il était une fois Strasbourg, sur les vestiges de la ville disparus après 1870 :

« C’est l’éclat vif du métal en fusion qui donna le nom à cet espace : Glanzhof signifie cour brillante. En 1495, ce lieu fut nommé Pflanzhof et, à partir de 1587, tout le secteur derrière les Ponts couverts jusqu’aux moulins fut appelé le Pflanzbad. Il y eut en effet plusieurs bains dans ce secteur où l’on fit depuis 1436 usage d’herbes médicinales [cf. rue du Bains-aux-Plantes]. »

Autour de la tour du Woerthel, des établissements de bains ont fonctionné jusque dans les années 1950 (Doc. ArchiWiki - Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Autour de la tour du Woerthel, des établissements de bains ont fonctionné jusque dans les années 1950 – Sur la vue aérienne, on voit bien les bâtiments et hangars détruits pour aménager les squares actuels (Doc. ArchiWiki – Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Le long de ces bains, côté amont, semblait glisser sur l’eau une passerelle en bois et métal, qui partait du chemin de halage (passerelle, puis impasse de la Grande-Écluse), passait sous le barrage Vauban, reliant les Ponts couverts au quai Mathiss. Et pour cause, dans la première moitié du XXème siècle, « grande écluse » était le nom que l’on donnait alors au barrage Vauban (surmonté aujourd’hui d’une terrasse panoramique) que les néo-Strasbourgeois ou les touristes confondent parfois avec les Ponts couverts… Cette passerelle a été détruite en 1962, tandis que les maisons datant du XIXème, ancien bureau de l’octroi (impôts), ont été maintenues.

La passerelle de la Grande Ecluse reliait les Ponts couverts au quai Mathiss (Cartes postales Delcampe)
La passerelle de la Grande Ecluse reliait les Ponts couverts au quai Mathiss (Cartes postales Delcampe)

A noter enfin que, sur ce pont (ou ces Ponts couverts), les Allemands installèrent le tramway au tournant du XXème siècle. Aujourd’hui, la quatrième tour, celle dite des Français, ne voit plus passer les trams, mais les vélos et les voitures, transitant pour les uns vers le quartier de la gare par les Ponts couverts, se rendant pour les autres au parking de l’Hôtel du département, qui se dresse depuis 1987 place du Quartier-Blanc.

Le tram au droit de la tour des Français, au coin de la place du Quartier-Blanc et de la place Henri-Dunant (ArchiWiki - Delcampe - MM / Rue89 Strasbourg)
Le tram passant entre la tour de l’Ecluse et l’actuel restaurant L’Ami Schutz, puis au droit de la tour des Français, au coin de la place du Quartier-Blanc et de la place Henri-Dunant (ArchiWiki – Delcampe – MM / Rue89 Strasbourg)
#Ponts couverts

Marche pour la fermeture du centre de primatologie de Niederhausbergen samedi

Marche pour la fermeture du centre de primatologie de Niederhausbergen samedi

Un an depuis la dernière manifestation, une nouvelle marche exige la fermeture du centre de primatologie de Niederhausbergen ce samedi 14 mai.

Plusieurs associations de défense des animaux ont lancé un appel à manifester pour exiger la fermeture du centre de primatologie de Niederhausbergen. Le rendez-vous est donné samedi à 14h place Kléber à Strasbourg.

Selon Pro-anima, Animalsace et Fight for monkeys sur la page Facebook de l’événement, les singes seraient maltraités depuis leur capture jusqu’au centre.

Les lémuriens étant protégés, ils ne sont soumis qu’à des études comportementales et plus bio-médicales. (doc. remis)
Les lémuriens étant protégés, ils ne sont soumis qu’à des études comportementales et plus bio-médicales. (doc. remis)

100 000 signatures sur internet

Lancée fin 2014, une pétition sur mesopinions.com pour protester contre l’extension du bâtiment a dépassé les 100 000 signatures récemment. La capacité d’accueil est passée de 800 à 1 600 animaux. D’après la direction, il y a toujours le même nombre d’animaux sur place et cet agrandissement leur permet d’avoir plus d’espace. Une affirmation difficile à vérifier puisqu’il n’est pas possible de visiter les installations.

En mai 2015, environ 400 personnes s’étaient réunies pour manifester contre l’existence de ce centre. Plus tôt dans l’année, la directrice du centre déclarait à Rue89 Strasbourg :

« Nous ne faisons pas d’expérimentation animale ici, car nous ne sommes pas équipés, mais nous pensons que l’expérimentation médicale est nécessaire et une bonne chose. Bien sûr, là-bas le traitement réservé aux singes n’est pas agréable, mais cela permet de sauver des vies, on a tendance à l’oublier. »

Un tiers des animaux servent à l’éthologie, c’est-à-dire l’étude du comportement des singes en semi-liberté. Le reste des bêtes est hébergé en quarantaine avant d’être revendus à des laboratoires. Une activité lucrative qui permet de financer le centre.