Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Accusé d’évasion fiscale, le Crédit Mutuel répond enfin… à ses salariés

Accusé d’évasion fiscale, le Crédit Mutuel répond enfin… à ses salariés
Pour tenter d'avoir une réponse, les journalistes de Pièces à conviction ont dû chasser les dirigeants du Crédit Mutuel dans la rue (capture d'écran)
Pour tenter d’avoir une réponse, les journalistes de Pièces à conviction ont dû chasser les dirigeants du Crédit Mutuel dans la rue (capture d’écran)

Après la diffusion sur France 3 lundi soir dans l’émission « Pièces à conviction » d’un documentaire sur les pratiques d’évasion fiscale menées par une ancienne filiale du Crédit Mutuel, la banque Pasche de Genève, le groupe mutualiste est sorti de son silence.

Dans une note interne que l’hebdomadaire Heb’Di a pu se procurer, le Crédit Mutuel tient à rassurer ses salariés : il ne fait pas l’objet de « demandes d’informations des autorités judiciaires » et il respecte toutes les règles « notamment fiscales, tant en France qu’à l’étranger ». Le communiqué précise aussi que la banque Pasche a été cédée, certes, mais les douteux transferts d’argents datent d’une époque où le CM-CIC était encore propriétaire de la banque suisse.

Lire la réponse du Crédit Mutuel

Cliquez sur les images ci-dessous pour les voir en plus grand.

(document Heb'Di)
(document Heb’Di)
(Document Heb'Di)
(Document Heb’Di)
(Document Heb'di)
(Document Heb’di)

Record d’audience pour France 3

L’enquête, initialement publiée par Médiapart en décembre 2014, reprend des éléments dénoncés par trois anciens salariés de la banque Pasche, qui ont tenté d’alerter leur direction sur de mystérieux transferts d’argent liquide non justifiés. Pour toute réponse, il n’ont eu que des procédures de licenciements, ce que la réponse du Crédit Mutuel n’omet pas de signaler.

« Pièces à conviction » a réalisé 12,2% de parts de marché lundi soir, un record pour cette émission tardive qui a accroché plus d’un million de téléspectateurs. La tentative de Vincent Bolloré, nouveau patron de Canal+, initialement détenteur du documentaire, de le censurer a donc eu l’effet inverse. Vincent Bolloré voulait sans doute faire plaisir à Michel Lucas, président du Crédit Mutuel, avec lequel il entretient des liens d’affaires et d’amitiés. Pas sûr que le cadeau soit au goût du banquier.

Des éléments niés par le Crédit Mutuel

Le Crédit Mutuel parle dans son communiqué d’enquête « entièrement à charge » mais elle aurait peut-être eu une autre tonalité si ses dirigeants avaient accepté de répondre aux questions des journalistes de Médiapart et de France 3.

Ainsi, on aurait bien aimé savoir comment il se fait que la banque Pasche répond à « L’Étranger, Albert Camus » qu’il n’a pas assez d’argent sur son compte dans cette séquence savoureuse :

 

Aller plus loin

Sur Médiapart : tous les articles sur le Crédit Mutuel

Mobilisation contre le traité de libre-échange samedi à Strasbourg

Mobilisation contre le traité de libre-échange samedi à Strasbourg
TAFTA
Manifestation le 10 juin 2015, devant le Parlement européen, à Strasbourg, pour exprimer l’opposition au TAFTA (Photo Stop Tafta)

Le collectif Stop Tafta appelle à une mobilisation contre le projet de traité transatlantique (Tafta), samedi 10 octobre à Strasbourg. Des manifestations similaires auront lieu, ce jour-là, en France, en Europe et en Amérique du Nord, ainsi qu’une semaine de sensibilisation jusqu’au 17 octobre.

Regroupement de 142 associations françaises, syndicats et citoyens hostiles au traité transatlantique de libre-échange (TTIP ou Tafta selon les acronymes anglophones), le collectif Stop Tafta appelle à une mobilisation, samedi 10 octobre à 10h30, place Kléber à Strasbourg. Ces associations dénoncent le manque de transparence des négociations qui visent à libéraliser les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Europe.

Des manifestations similaires auront lieu le même jour dans d’autres villes de France, ainsi qu’en Europe et en Amérique du Nord. Les opposants au Tafta reprochent à ce texte d’amplifier la concurrence et d’empêcher les relocalisations :

« La production de lait et de viande avec usage d’hormones, la volaille chlorée et bien d’autres semences OGM, commercialisées aux États-Unis, pourraient arriver sur le marché européen. Les collectivités locales devraient ainsi lancer des appels d’offres internationaux et s’ouvrir aux marchés publics. Il ne ferait qu’aggraver la marchandisation du monde, avec le risque de régressions sociales, environnementales et politiques majeures. »

Nouveau round de négociations

Depuis le 14 juin 2013, la Commission européenne et le gouvernement des États-Unis cherchent à instaurer un accord de libre échange mais la France conteste la mise en place de tribunaux d’arbitrages indépendants, qui permettraient aux multinationales d’attaquer en justice un État si il estime que l’exercice de la concurrence est faussé. Selon les opposants, des interdictions comme les OGM, du bisphénol A ou encore de l’extraction du gaz de schiste en France pourraient être remis en cause. Un nouveau round de négociations doit débuter à la fin du mois d’octobre.

Y aller

Manifestation contre Tafta, samedi 10 octobre à 10h30, place Kléber à Strasbourg.

#collectif stop TAFTA strasbourg

Gagnez des places pour le concert de Idir à l’Illiade

Gagnez des places pour le concert de Idir à l’Illiade

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En partenariat avec l’Illiade, Rue89 Strasbourg vous propose de remporter 5 places pour le concert de Idir le vendredi 9 octobre à 20h30.

Qu’il s’exprime en kabyle ou en français, Idir a gardé de son passé le goût de la simplicité et sait traduire, dans les airs qu’il compose, l’amour de sa terre natale. C’est léger comme un parfum qui flotte dans l’air, entêtant comme une fragrance qu’on aime à porter, doux comme une caresse.

Quelques notes de musique, une guitare qu’on gratte, une flûte qui résonne, une mélodie qui se lève, un petit quelque chose de subtilement ensoleillé, mais aussi de mélancolique et doux-amer qui plonge dans l’écoute. Puis Idir vient au micro. La voix qui nous arrive, légèrement voilée, toute de nostalgie pétrie, est celle d’un homme qui a traversé la Méditerranée transportant dans ses bagages le souffle chaud de son pays. Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet, est né en Haute Kabylie.

De lui, les plus anciens disent qu’il est un poète avant tout. Mais en lui surtout vibre la musique. Une musique qui ouvre à l’universel tout en respectant les racines. Dans ce dernier album, les textes sont moins politiques que par le passé, comme si Idir, apaisé, libéré de son statut d’artiste militant, baissait un peu la garde pour se laisser aller à ses émotions.

(L’Illiade)

Pour participer il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous, les gagnant seront prévenus par e-mail le vendredi 9 octobre en début d’après-midi.

 

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Comment de nouveaux habitants investissent les quartiers périphériques

Comment de nouveaux habitants investissent les quartiers périphériques
Rue Schulmeister à la Meinau, les constructions neuves jouxtent les anciens logements (Photo: OG/Rue 89 Strasbourg)
Rue Schulmeister à la Meinau  (Photo OG/Rue 89 Strasbourg)

Dix ans après le top départ des rénovations urbaines, les quartiers strasbourgeois ont changé de visage. Outre l’arrivée du tram, des logements neufs ou de nouvelles rues, Hautepierre, la Meinau ou le Neuhof affichent de nouvelles façades qui attirent de nouveaux résidents dans des constructions privées. Mais sans se mélanger aux résidents installés.

Au coeur de la maille Catherine, dans le quartier de Hautepierre, il y a foule en ce vendredi après-midi. Il est quinze heures trente, la cloche sonne. Sous la pluie, les enfants sortent par petits groupes de l’école où attendent les parents qui discutent entre eux.

Malgré les gouttes, certains petits téméraires s’attardent sur les aires de jeux installés à quelques mètres. D’autres empruntent les allées piétonnes qui mènent jusqu’aux immeubles entourant la place. Un peu plus loin, des voitures roulent au ralenti sur des chaussées rétrécies et avancent jusqu’au centre médico-social.

Maille Jacqueline, deux garçons s’amusent à un jeu de sonnette et courent se cacher entre les voitures garées sur l’un des nouveau parkings privatisés. Maille Karine, des mamans avec poussettes passent derrière les grilles qui délimitent l’espace entre le trottoir et les bouts de jardins.

Gazon au rez de jardin, grilles sur les trottoirs, poubelles enterrées dans la maille Karine (Photo: OG/ Rue 89 Strasbourg)
Gazon au rez de jardin, grilles sur les trottoirs, poubelles enterrées dans la maille Karine (Photo: OG/ Rue 89 Strasbourg)

Au revoir coiffeur de rue, bonjour clôtures

Après six ans de rénovation urbaine, et 155 millions d’euros investis, l’intérieur des trois mailles concernées par la première phase des travaux a profondément modifié leur aspect faisant apparaître clôtures, végétation et trottoirs élargis. Mais avec ces transformations, les habitants regrettent l’esprit du quartier qui s’en est allé : fini le coiffeur installé dans son Van qui dépannait une coupe de cheveux à peu de frais ou le garagiste improvisé qui réparait les voitures du quartier. Ils ont disparu avec la rénovation. L’idée de faire de Hautepierre un quartier « comme les autres » a fait son chemin.

Outre le bâti, la première phase du plan de rénovation urbaine entamé en 2009 sur les mailles Catherine, Karine et Jacqueline a aussi redessiné l’espace. Mesure phare du premier plan de l’Agence de rénovation urbaine (ANRU), la résidentialisation devait permettre de clarifier les espaces publics et privés, ces derniers étant quasi inexistants auparavant dans le quartier.

Originaire du quartier Syamak Agha Babaei, vice-président (PS) de l’Eurométropole en charge de l’Habitat, détaille :

« L’idée c’était notamment qu’on organise un peu le parking qui était complètement anarchique avant. Et offrir aussi des espaces verts de qualités mais moins chers et surtout plus simples à entretenir. Entre le quartier que j’ai connu dans mon enfance et maintenant, c’est incroyable de voir comment il s’est transformé. Aujourd’hui, on a l’impression que les immeubles qui ressemblent à des HLM ne le sont plus, mais ressemblent à des copropriétés privées. »

« Finis les coins où l’on va faire les 400 coups »

Car c’est bien là l’objectif de la résidentialisation : faire en sorte qu’en se réappropriant l’espace, les habitants se sentent chez eux, surveillent les lieux de vie qu’ils ne dégradent pas eux-mêmes. Un aspect sécuritaire d’autant plus développé qu’il participe à la normalisation des quartiers concernés par la rénovation urbaine. Le but : contribuer à changer l’image de Hautepierre, de la Meinau ou du Neuhof, en partie classés en zones urbaines sensibles (ZUS) et donner des gages de sécurité afin d’attirer de nouveaux habitants aux revenus plus élevés pour créer de la mixité sociale.

Espace dégagé, nouveau mobilier urbain, végétation maîtrisée sur la place de la Meinau (Photo: OG/Rue89 Strasbourg)
Espace dégagé, nouveau mobilier urbain, végétation maîtrisée sur la place de la Meinau (Photo: OG/Rue89 Strasbourg)

Maurice Blanc, professeur émérite de sociologie à l’université de Strasbourg, considère que la résidentialisation casse l’âme des quartiers populaires :

« Il y a la version soft qu’on donne aux habitants : au lieu d’avoir un grand espace, vous aurez chacun votre parcelle et ça sera très bien. Ce qui n’est pas dit, c’est aussi une vision policière. C’est un urbanisme policier dans lequel il ne faut pas qu’il y ait le moindre recoin qui puisse échapper au projecteur de la police. En gros : ceux qui n’ont rien à faire dans le quartier n’ont pas à y être.

Fini le squattage, finis les échanges, finis les coins où on va s’amuser et faire les 400 coups quand on est gamin. Tout ça, il faut que ça soit contrôlé et net. Sans compter la vidéo surveillance, bien entendu.« 

Au Neuhof, l’arrivée de « gens d’un autre niveau »

Au Neuhof, la rénovation urbaine a été engagée dès 2005. Près de 283 millions d’euros ont été investis dans ce quartier de 8 000 logements dont la moitié à vocation sociale. La résidentialisation de certains immeubles, alimente chez une partie des habitants cette impression que certaines transformations sont réalisées uniquement pour des nouveaux résidents qui ne cohabitent pas toujours avec les anciens.

Sylvain Girolt, président de l’association de gestion des ateliers du Neuhof, en témoigne :

« On a vu arriver des gens d’un autre niveau et qui ne se mélangent pas. Ils vivent barricadés dans des immeubles dans lesquels vous ne pouvez pas entrer même pour coller des affiches. La rénovation a apporté une autre image du quartier avec l’arrivée du tram et les façades refaites. Mais à l’intérieur du quartier, il reste de nombreuses plaies notamment les bâtiments délabrés. C’est ça le Neuhof : une jolie vitrine mais des étagères qui sont poussiéreuses.« 

Rue des Eyzies au Neuhof, des habitants se sont recrées leur propre espace de sociabilité (Photo: OG/Rue89 Strasbourg)
Rue des Eyzies au Neuhof, des habitants ont recréé leur propre espace de sociabilité (Photo: OG/Rue89 Strasbourg)

Une diversité du bâti qui ne se retrouve pas dans la rue

Une étude de l’Observatoire régional de l’intégration et de la ville (Oriv) réalisée en janvier et février 2013 souligne une amélioration de la mixité au Neuhof notamment depuis la construction à l’entrée nord de 179 logements privés. Davantage attirés par des prix plus bas que par le quartier, les habitants du parc privé ont un profil très différent de la ZUS : jeunes couples propriétaires, souvent cadres, avec peu ou pas d’enfants.

Les différentes catégories de populations se croisent dans ce que l’Oriv appelle des « lieux de frottements«  : la médiathèque, la mairie, le supermarché, ou le parc Schulmeister. Mais cette étude relève aussi que les habitants des nouveaux logements se rendent plus difficilement à la Poste place de Hautefort, dans la cité.

Nouer un lien social semble difficile car au Neuhof comme à la Meinau, rue du Baggersee, les ensembles privés se situent en périphérie des quartiers. Mathieu Cahn, vice-président (PS) de l’Eurométropole le reconnaît :

« On a aujourd’hui des populations différentes qui sont arrivées dans ces quartiers ou des habitants qui ont pu accéder à la propriété. Il s’est opéré un véritable changement d’image car au départ ils avaient une vision très négative du Neuhof. Mais la mixité se construit dans les lieux de vie et là, ça ne se fait pas encore de manière suffisante.« 

De nouveaux cursus scolaires créés pour éviter les contournements

Parmi les lieux de vie, c’est dans les écoles que la mixité se construit le moins. Contourner la carte scolaire, c’est ce que les sociologues appellent la «sécession sans guerre ». Selon l’Oriv, le taux d’évitement à l’entrée en sixième aux collèges du Neuhof est de 28% contre 8,5% dans le reste du département. À la Meinau, l’école Jean-Fischart a ouvert une section bilingue franco-allemande et l’école de la Canardière propose des classes de musiques. Une façon de maintenir les enfants des nouvelles populations dans le quartier.

À Hautepierre, les membres de l’association Horizome, présente sur le quartier depuis 2009, notent qu’on ne résout pas les problèmes sociaux par le bâti :

« Faire venir le tram, rénover les mailles sont des choses très positives. Mais au-delà de la vision « BTP » des choses, il faut aussi traiter les problèmes de fond. Les rénovations urbaines à venir devront traiter de manière équilibrée les problématiques sociales, de vie, d’économie locale et d’infrastructures.« 

Le second volet de la politique de rénovation urbaine (ANRU 2), dont la convention de financement a été signée le 2 octobre, prolongera les travaux entrepris à Hautepierre, au Neuhof et à la Meinau et consolider les actions pour la mixité sociale.

Fixer un inconnu dans les yeux une minute ? Challenge place Rouge le 15 octobre

Fixer un inconnu dans les yeux une minute ? Challenge place Rouge le 15 octobre
Eye contact
Une séance d’eye contact en Allemagne (photo Facebook)

Il vous est parfois difficile de regarder les inconnus dans les yeux ? L’énigmatique mouvement The Liberators (les libérateurs) propose de relever le défi entre inconnus pendant 1 minute d’affilée, le jeudi 15 octobre place Rouge du campus universitaire de l’Esplanade entre 18h et 20h.

The Liberators a été fondé en Australie. Ses fondateurs expliquent que leur « mission » est « d’impliquer les gens dans des actes participatifs de liberté qui nous permettent de voir qu’au-delà de nos différences il y a de l’amour et de l’humanité. » L’événement du 15 octobre doit se dérouler partout dans le monde. Pour l’instant, une centaine de villes sont concernées, dont Paris, Lyon et Lille en France.

Au niveau mondial, plus de 5 400 personnes se sont inscrites à l’événement sur Facebook.

Y aller

The world’s biggest eye contact experiment: jeudi 15 octobre de 18h à 20h place Rouge sur le campus universitaire, à Strasbourg – Esplanade.

 

Aller plus loin

Sur Facebook : l’événement The world’s biggest eye contact experiment

Revoir l’intervention de François Hollande et Angela Merkel au Parlement européen

Revoir l’intervention de François Hollande et Angela Merkel au Parlement européen
La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la République François Hollande lors du cinquantenaire du traité de l'Élysée (Photo Euractiv)
La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la République François Hollande lors du cinquantenaire du traité de l’Élysée (Photo Euractiv)

François Hollande et Angela Merkel se sont adressés à tour de rôle devant le Parlement européen ce mercredi 7 octobre. Ils ont plaidé pour une réponse plus pour une zone euro renforcée. Suivez l’intervention en direct vidéo.

C’est une première depuis 1989 et la chute du Mur de Berlin. Le président français et la chancelière allemande se présentent tous les deux face aux députés européens réunis en séance plénière à Strasbourg. François Hollande s’est d’abord exprimé, avant de laisser sa place à Angela Merkel.

Les deux chefs d’État ont plaidé pour une meilleure intégration de la zone euro, mais aussi une meilleure coordination européenne sur des sujets comme la crise des réfugiés, la guerre Syrie ou la crise ukrainienne. Pour autant, sur plusieurs thèmes européens des désaccords existent dans le couple franco-allemand. Concernant la zone euro, la France aimerait par exemple un large transfert de compétences, quand l’Allemagne préférerait un « petit budget ». Ensuite les groupes politiques ont fait part de leurs remarques et questions. Pour finir, les deux dirigeants ont répondu.

L’intervention de François Hollande

L’intervention d’Angela Merkel

Le tour de parole des groupes politiques

Réponse et clôture de François Hollande et Angela Merkel

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#zone euro

Manifestation pour l’emploi d’Yves Mathis

Manifestation pour l’emploi d’Yves Mathis
Yves Mathis a jusqu'au 30 septembre pour trouver un employeur (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Yves Mathis a déclaré en préfecture sa « manifestation » (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Yves Mathis, agent de maintenance de Strasbourg, est au chômage depuis décembre. Lassé des envois de CV, il tente depuis mi-septembre une autre technique en se postant avec sa banderole, place du Maréchal de Lattre de Tassigny (place de la Bourse), juste en face du centre administratif de l’Eurométropole.

À 53 ans, il constate que les offres disponibles à Pôle Emploi se font rares et surtout demandent des profils spécialisés, alors qu’il est généraliste :

« Je sais tout faire dans un bâtiment, j’ai une formation de serrurier métallier, je suis un manuel hautement qualifié. J’ai les compétences sécurité-incendie. Je touche même aux espaces verts. Et avec mon expérience, je suis plus efficace qu’un autre. Une entreprise qui m’embauche, elle fera une bonne affaire. Je suis là pour qu’un maximum de personnes me voient, on ne sait jamais… »

Pas un premier essai

Yves Mathis avait déjà utilisé cette technique il y a deux ans, et il avait eu un entrefilet dans les DNA. Son téléphone avait sonné et il a obtenu un CDD en remplacement d’une personne victime d’un accident de travail. Malheureusement pour Yves Mathis, la personne remplacée est revenue dans l’entreprise et il se retrouve à nouveau dans la même situation. Mais cette année, malgré un nouvel article, rien.

La police est déjà venue lui demander de retirer sa banderole, mais Yves Mathis est autorisé à rester : il a déclaré en préfecture sa « manifestation » avec comme objectif la « recherche d’un emploi ».

Pourquoi vos loyers HLM ont augmenté

Pourquoi vos loyers HLM ont augmenté
À Hautepierre, les travaux de la rénovation urbaine continuent (Photo : OG/Rue89 Strasbourg)
À Hautepierre, les travaux de la rénovation urbaine continuent (Photo : OG/Rue89 Strasbourg)

C’est une des conséquences de la rénovation urbaine : la hausse des loyers des logements sociaux. À Hautepierre, à la Meinau ou au Neuhof , trois quartiers concernés par le plan de rénovation urbaine, la réhabilitation de certains immeubles ne fait pas que des heureux. L’amélioration de l’isolation thermique, les toitures neuves et les façades refaites ont un coût que les locataires pensaient pouvoir compenser avec la baisse des charges.

Avec les travaux engagés par le premier plan de rénovation urbaine (PRU) les barres HLM affichent des façades moins blafardes qu’autrefois. Entamée en 2005 au Neuhof (à hauteur de 283 millions d’euros), en 2006 à la Meinau (195 millions investis) et en 2009 à Hautepierre (157 millions d’euros), la rénovation a modifié une partie du paysage des quartiers à coup de destructions de tours et de réhabilitations d’immeubles.

Une « normalisation » et une banalisation urbaine aussi accompagnée de l’arrivée d’ une nouvelle population, notamment dans le parc privé, pour favoriser une mixité sociale dont le bilan reste mitigé.

Si les façades sont recouvertes de couleurs vives, les locataires des logements sociaux rénovés sont un peu moins à la fête: au fil des réhabilitations et des rénovations, ils ont vu la courbe de leurs loyers grimper jusqu’à 20% en un an dans les trois zones concernées par le PRU selon la confédération nationale du logement du Bas-Rhin (CNL).

« Une rénovation qui ne profite pas à tout le monde »

À Hautepierre, l’ouverture de trois des cinq mailles du quartier (Karine, Catherine et Jacqueline) compte parmi l’un plus gros chantiers. Ici, peu de bâtiments détruits mais de nouvelles rues qui serpentent à travers les mailles, de la peinture fraîche sur les murs, et surtout, une nouvelle isolation thermique pour diminuer la consommation de chauffage. Quelques habitants racontent qu’au début des travaux, ils craignaient une hausse des loyers puis se sont laissés convaincre par la rénovation… Avant de se retrouver avec un loyer revu à la hausse. Une habitante détaille :

« En 2011, je payais 322 euros de loyer. Aujourd’hui, il est à 422 euros. L’argument qu’on nous a donné pour cette augmentation de 100 euros est la mise aux normes du système de chauffage. Mais certains travaux sont mal faits, la peinture est boursouflée et tombe par endroits, ailleurs des fenêtres se décollent. Pourtant, on paie le prix fort. »

La réhabilitation énergétique était l’un des enjeux affiché par l’agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). En 2009, le Grenelle de l’environnement fixait comme objectif la rénovation de 800 000 logements sociaux d’ici 2020. Une nécessité pour les locataires du parc social qui consacrent près de 10% de leurs revenus aux dépenses d’énergie.

Rue Guillaume Apollinaire, 364 logements Cus Habitat ont été réhabilités (Photo: OG/Rue89 Strasbourg)
Rue Guillaume Apollinaire, 364 logements Cus Habitat ont été réhabilités (Photo: OG/Rue89 Strasbourg)

Dans la maille Karine, les 364 logements de la rue Guillaume Apollinaire ont été rénovés par le bailleur social Cus Habitat. Objectif affiché : renforcer la sobriété énergétique des bâtiments pour faire baisser les charges et les factures d’énergie.

Depuis, dans les 42 000 mètres carrés de la rue, la consommation a baissé d’au moins 50% entre 2007 et 2014 mais certains pointent malgré tout une augmentation de 4% des charges de chauffage. Marcel Wolff, élu CGT au conseil d’administration de Cus Habitat, s’est procuré les décomptes de charges annuels remis aux locataires par le bailleur. D’après lui, malgré les travaux d’isolation,  le système de chauffage reste encore trop énergivore :

« D’un point de vue écologique, ils n’ont pas fait ce qu’il fallait pour faire des économies d’énergie. La consommation a certes baissé mais ce n’est pas à la hauteur de ce qu’un bailleur social devrait faire. Le chauffage est le poste le plus important dans les charges et entre 2007 et 2014, l’unité de chauffage a augmenté de 126%. Le coût de l’énergie augmente mais les systèmes de chauffage tels qu’ils sont encore aujourd’hui dans les mailles rénovées ne permettent pas de faire de véritables économies. »

La conséquence directe des travaux de réhabilitation

Du côté de l’Eurométropole, on explique que les performances énergétiques attendues justifie une augmentation des loyers soit couverte par une baisse équivalente des charges. Syamak Agha Babaei, vice-président (PS) de l’Eurométropole en charge de l’Habitat, estime qu’il y a aussi un travail à faire sur les comportements pour encore faire baisser la consommation :

« Les travaux impliquaient forcément une augmentation dont une partie, minime, est imputée aux locataires mais n’excède pas 5%. Aujourd’hui, les travaux de réhabilitation suivent des normes comme RT 2012, qui prévoient certaines performances énergétiques. Il n’y a rien qui existe aujourd’hui pour dire si ces performances vont durer et que la promesse de diminution des charges va être tenue.

Il faut aussi agir sur les comportements énergétiques : accompagner les locataires pour que la meilleure performance du système soit atteinte. Nous travaillons actuellement avec un certain nombre d’associations pour développer un usage qui permette de tenir les économies de charges. »

À la direction du développement locatif de Cus Habitat, le plus important bailleur social de Strasbourg, on assure « assumer pleinement » la hausse des loyers en agissant sur le confort des locataires. Philippe Bies, député (PS) du Bas-Rhin et président de Cus Habitat, explique que les bailleurs sociaux accompagnent les locataires pour faire face à la hausse :

« Pour la plupart des gens, cette hausse de loyers est couverte par les aides personnalisées au logement (APL). On améliore le patrimoine, le confort d’usage du logement, on améliore les espaces extérieurs en essayant d’arriver à une quittance qui soit à peu près suffisamment maîtrisée. Quand vous passez d’une catégorie E au niveau énergétique à une catégorie B comme ça a pu être le cas sur certaines opérations, c’est un gain non négligeable sur le budget du chauffage. »

Ceux qui n’ont pas d’APL

Sauf que les locataires de logements sociaux qui ne bénéficient pas d’APL sont coincés et ne peuvent pas aller dans le privé qui leur reste inaccessible. Un habitant de la Meinau raconte qu’il est ravi du changement urbain de son quartier mais avoue s’inquiéter pour l’avenir :

« Je paie un peu plus de 500 euros de loyer par mois pour un quatre pièces. C’est 20 euros de plus que l’année dernière. La situation devient catastrophique. Mon immeuble n’est pas encore concerné par la rénovation. Je me demande comment ça va être lorsque ça sera le cas… »

Selon la CNL, le taux d’APL atteint en moyenne 60% dans chacun des trois quartiers touchés par l’ANRU. Dans certains immeubles, ce taux atteint même les 70%. Ceux dont le plafond de ressources est supérieur à 800 euros par mois ne reçoivent pas cette aide.

Raymond Haeffner, président de la CNL Bas-Rhin, estime que compte tenu des subventions de l’ANRU et de l’argent investi, les bailleurs auraient pu ne pas augmenter autant :

« On a demandé un gros effort aux locataires. À ma connaissance, il n’y a pas de familles qui ont quitté ces quartiers à cause de la hausse des loyers. En revanche, on observe une hausse des impayés sur tout le patrimoine de Cus Habitat : 20% des familles sont concernées par ces retards. »

Près de 43 000 euros investis par appartement

Même écho du côté du Neuhof où le prix du mètre-carré dans certaines rue a augmenté d’environ 20%. Rue des Eyzies, où 46 logements Cus Habitat ont été réhabilités, près de 43 000 euros ont été investis par appartement (salles de bains refaites etc). Le prix du mètre-carré de la surface corrigée (surface réelle du logement à laquelle on ajoute les coefficients d’équipements du logement, sa situation et son état) est passé de 2,85 euros en novembre 2014 à 3,39 euros en juin 2015.

Rue des Eyzies, près de 43 000 euros ont été investis par appartement (Photo : OG/Rue89 Strasbourg)
Rue des Eyzies, près de 43 000 euros ont été investis par appartement (Photo : OG/Rue89 Strasbourg)

Pour Sylvain Girolt, président de l’association de gestion des ateliers du Neuhof (AGATE), la compensation par les APL de la hausse du loyer est absente :

« On compte parfois 50 à 70 euros d’augmentation pour un cinq pièce. Quarante euros pour un quatre pièces. Pour le moment les APL n’ont pas suivi et je ne sais pas quand les choses vont être reprises en main. On nous avait dit que cette augmentation de loyer ne se ferait pas sentir grâce aux allocations et que certains locataires paieraient même moins qu’avant. Les habitants se plaignent mais restent par dépit : de toutes manières ils ne peuvent pas aller ailleurs. Quand vous habitez au Neuhof, vous restez au Neuhof. »

Selon l’observatoire des inégalités, l’augmentation des loyers des logements sociaux a dépassé celle des autres logements : entre 1989 et 2011, l’indice du loyer du parc social a progressé de 84%, soit six points de plus que l’augmentation moyenne des loyers des logements du secteur privé.

Aller plus loin

Dans L’Humanité : Au secours, les HLM deviennent hors de prix !

Régionales : le FN s’appuie sur deux femmes quadragénaires en Alsace

Régionales : le FN s’appuie sur deux femmes quadragénaires en Alsace
Hombeline du Parc (à gauche) et Virginie Joron (à droite), les deux têtes de listes du FN en Alsace (document de campagne)
Hombeline du Parc (à gauche) et Virginie Joron (à droite), les deux têtes de listes du FN en Alsace (affiche de campagne des départementales)

Mené par Florian Philippot, le Front national (FN) a dévoilé ses deux têtes de listes dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin pour les élections régionales en Alsace, Lorraine, Champagne – Ardenne (ALCA) en décembre. Il s’agit de Hombeline du Parc (67) et de Virginie Joron (68). Parmi les 10 départements de la future grande région ce sont les deux seules femmes têtes de liste du FN.

Ce choix montre une volonté de renouvellement et de rajeunissement du parti. Les élus FN au conseil régional d’Alsace étaient presque transparents lors du dernier mandat. Les deux femmes sont toutes deux quarantenaires et cadres supérieurs. Une catégorie où la l’extrême droite alsacienne a peu de candidats.

Hombeline du Parc était candidate aux municipales à Barr en 2014, puis aux départementales en 2015. Virginie Joron était candidate dans le canton de Saverne aux départementales. Il est étonnant que le FN n’ait pas trouvé de candidat parmi ses adhérents du Haut-Rhin, longtemps menés par Patrick Binder, fâché avec le parti et démissionnaire depuis cette année. À savoir que les deux femmes incarnent plutôt l’aile « dure » du FN alsacien, ce qui pourrait couper les ambitions d’une liste de dissidents du FN et soutiens de Jean-Marie Le Pen, rivaux de Florian Philippot.

Pas de Pierre Marmillod (ex-UDI) sur la liste

Début septembre, la possible venue de l’ancien maire de Pfaffenhoffen Pierre Marmillod, ancien de l’UDI (centre-droit) battu de 11 voix en 2014, en tant que tête de liste avait intrigué le microcosme politique. Il ne sera pas sur la liste et le dialogue semble rompu. Le FN dit que c’est lui qui a contacté le parti et fait part de « divergences profondes » notamment sur la question européenne, tandis que l’ancien maire et conseiller général disait que c’était Marine Le Pen qui l’avait sollicité, ce que confirme son entourage qui ajoute que c’est davantage la question régionale (Pierre Marmillod était assistant parlementaire d’Adrien Zeller, ancien président d’Alsace) qui a mis fin aux discussions.

Après son lancement de campagne en Lorraine et devant 800 personnes, le FN organise à un dîner à Kintzheim où il attend 400 convives ce mardi 6 octobre. Le reste de la liste doit être annoncé fin octobre. Lors des élections départementales, le parti frontiste expliquait que les volontaires pour les départementales auraient plus de chances d’être sur la liste aux régionales, mais le parti promet de nouveaux venus. D’après d’autres sources, des discussion avec des transfuges d’autres partis sont encore en cours.

Les deux jeunes femmes devront trouver le bon équilibre pour convaincre les électeurs alsaciens, malgré les attaques répétées de Florian Philippot envers l’Alsace. L’eurodéputé souhaiterait notamment que Strasbourg ne soit pas siège du conseil régional au profit de Metz et même que la préfecture soit déplacée à Châlons (ce qui n’est pas du ressort du conseil régional).

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Strasbourg devient propriétaire de la Manufacture des tabacs

Strasbourg devient propriétaire de la Manufacture des tabacs
La manufacture en 2008, vue de la rue de la Krutenau. Au centre : le bâtiment des années 1950 et la cheminée (Photo Pascal Bastien)
La manufacture en 2008, vue de la rue de la Krutenau. Au centre : le bâtiment des années 1950 et la cheminée (Photo Pascal Bastien)

Rue89 Strasbourg l’annonçait cet été, la reconversion de la Manufacture des tabacs a franchi une étape importante. La Société d’aménagement et d’équipement de la région de Strasbourg (SERS) a racheté le bâtiment industriel de la Krutenau à Imperial Tobacco fin septembre pour 9,5 millions d’euros. Strasbourg et l’Eurométropole convoitaient le site depuis 2010. Les collectivités ont pu faire aboutir la transaction à l’amiable après avoir activé la menace d’une expropriation de l’ancien propriétaire britannique. Elles tablaient à l’origine sur une investissement de 11 millions d’euros.

D’ici 2020, la Manufacture doit accueillir le pôle de Géosciences de l’Université de Strasbourg, une partie des enseignements de la Haute école des arts du Rhin et une auberge de jeunesse. Des espaces de co-working et de création devraient aussi y être installés.

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Le plan de Strasbourg pour devenir « ville respirable »

Le plan de Strasbourg pour devenir « ville respirable »
Les véhicules les plus polluants ne pourront plus accéder à certaines zones de Strasbourg (Photo Pittou2 / FlickR / cc)
Les véhicules les plus polluants ne pourront plus accéder à certaines zones de Strasbourg (Photo Pittou2 / FlickR / cc)

L’agglomération strasbourgeoise s’est fixé deux objectifs : réduire de 30% sa consommation d’énergie et d’autant ses émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, elle bénéficiera du soutien du ministère de l’environnement, qui vient de retenir l’Eurométropole pour ses projets visant à transformer Strasbourg en « ville respirable » en cinq ans. Zone de circulation restreinte, chaudières subventionnées, tout est bon.

Va-t-on pouvoir respirer à Strasbourg au creux de l’été ou au milieu de l’hiver en 2020 ? Car traditionnellement, ces deux périodes coïncident avec les fameux « pics de pollution », un cocktail différent pour les poumons et les bronches : ozone en été et particules en hiver. Après quelques petits coups de pression citoyens, dont une tribune de médecins rappelant les effets nocifs de la pollution atmosphérique, l’Eurométropole sort peu à peu d’une politique attentiste sur ce dossier.

L’objectif de l’exécutif est désormais de baisser la consommation d’énergie de l’agglomération de 30%, en 2020 sur les bases de 1990, en participant à la rénovation des chaudières par exemples et en favorisant les constructions basse-consommation, et de réduire d’autant les émissions de gaz à effet de serre.

Quatre pastilles, nouveaux sésames des centres urbains. (doc Min. DD)
Quatre pastilles, nouveaux sésames des centres urbains. (doc Min. DD)

Pour cela, Strasbourg est désormais prête à restreindre l’accès à son centre-ville à une partie des véhicules, en fonction de la pollution qu’ils génèrent. Des pastilles de couleur (voir ci-dessus) seront distribuées aux automobilistes en fonction de l’âge et de la consommation de leur véhicule. Les maires pourront ensuite décider si certaines zones seront interdites d’accès aux véhicules n’arborant pas la bonne pastille…

Couacs entre Paris et Strasbourg

La mesure doit être expérimentée… dès octobre, selon la ministre de l’Environnement Ségolène Royal jeudi, à la grande surprise des élus de l’Eurométropole. En fait, Strasbourg n’est pas prête, les études commencent à peine, ce sera Grenoble la première ville à tester les zones de circulation restreintes (ZCR). La mesure doit se généraliser à tout le territoire français en 2018. Les pastilles pourront être commandées en ligne en janvier 2016.

La coopération entre Strasbourg et le ministère de l’Environnement souffre peut-être de quelques cahots, mais qu’on se rassure, elle devrait aller en s’améliorant. Lauréate de l’appel à projets « ville respirable en cinq ans », l’Eurométropole va recevoir un million d’euros et surtout l’aide technique de l’État pour mettre en oeuvre ses objectifs de réduction des pollutions.

Des plate-formes logistiques mutualisées

Ainsi, l’agglomération va se doter de centres de distribution urbain (CDU), dont l’objectif est de fournir aux commerces une plate-forme logistique mutualisée pour leurs livraisons. L’idée étant de réduire la présence de camions dans les rues du centre-ville, pour favoriser les véhicules électriques dans l’acheminement sur le dernier kilomètre. Mais un mur d’ennuis législatifs et techniques se dresse entre l’idée à sa réalisation, aussi l’Eurométropole aura bien besoin d’aide. Et d’ailleurs, aucune date n’a été annoncée quant à la mise en oeuvre de cette mesure.

Plus simple, la collectivité n’achètera plus de véhicules diesel et participera à un appel d’offres européen pour que soient mis en production des véhicules lourds plus propres. Elle proposera aux sociétés qui dépendent d’elles, comme la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) de faire de même. Sur 248 bus, la CTS n’en compte déjà plus que 7 roulant au diesel.

À destination des particuliers, l’agglomération envisage de participer au renouvellement des chaudières au bois. Dès 2017, les plus anciennes installations, les plus polluantes surtout en particules, bénéficieront d’un programme d’aides pour évoluer vers des modèles plus récents, et bien moins polluants. Le repérage des chaudières débute dans les prochaines semaines, en commençant par le parc public de logements. Puis la collectivité aidera les entreprises, notamment en leur proposant des diagnostics et des études.

Des « points multiservices » sur les autoroutes à vélos

À destination des cyclistes, l’Eurométropole prévoit d’équiper trois itinéraires de rocade cyclistes de « points multiservices », et faire la promotion des vélos à assistance électrique (VAE), notamment pour les distances domicile-travail supérieures à 5 km. Car selon Alain Jund, vice-président (EELV) de l’Eurométropole en charge « de la préservation écologique », 40% des déplacements en voiture se font sur des distances inférieures à 1 km ! Il détaille le rôle de la collectivité dans la réduction de la pollution atmosphérique :

Cristal, un bus qui change de taille

Ensuite, Strasbourg aimerait bien expérimenter un véhicule de transport électrique. Appelé « projet Cristal », ce véhicule de 3 mètres de long et pouvant contenir 8 personnes, peut se combiner avec un autre pour créer un véhicule de transport en commun plus grand, capable d’accueillir 25 personnes aux heures de pointe. C’est Lohr Industries qui tente depuis 2008 de finaliser un projet de ce type, le véhicule pourrait apparaître dans l’offre de la CTS dans quelques années. Capable d’atteindre 50 km/h, les usagers pourront réserver un module Cristal avec leur carte Badgéo.

Le module Cristal pourrait être déployé dans les deux prochaines années sur le réseau de la CTS (Photo Haiku Design / Lohr Industries)
Le module Cristal pourrait être déployé dans les deux prochaines années sur le réseau de la CTS (Photo Haiku Design / Lohr Industries)

Dans le cadre de l’appel à projets, l’État apportera son soutien pour les études et le test opérationnel, ce qui ne sera pas du luxe étant donné l’échec des navettes sans pilotes qui était prévu au parc d’innovation d’Illkirch-Graffenstaden.

En outre, l’Eurométropole prévoit une « gestion dynamique des flux de circulation en fonction des prévisions de qualité de l’air ». Autrement dit, les restrictions de vitesse, à l’usage de certains véhicules, pourraient ne plus attendre que les seuils de pollution atmosphériques soient dépassés pour être appliquées. Ces restrictions pourraient aussi dépendre des vignettes de couleur, puisqu’il reviendra aux maires, et non plus au préfet, de définir ces mesures.

Petits pas

Pour l’association Strasbourg Respire, ces mesures vont « dans le bon sens », mais il serait possible d’aller « plus loin et plus vite » selon le Dr Thomas Bourdrel, l’un de ses porte-parole :

« À Strasbourg, on en est au stade des études, mais à Grenoble, les zones restreintes seront en place dès octobre tandis qu’à Paris, les poids-lourds et les bus les plus polluants sont déjà exclus de certains axes. Les plate-formes logistiques ne devraient pas être réservées aux produits frais mais étendues à toutes les livraisons. Quant à sortir du diesel, c’est bien mais mais la municipalité pourrait revendre ses véhicules plutôt que simplement s’engager à ne pas en acheter de nouveaux. »

L’Eurométropole entend également « informer et dialoguer de manière plus fréquente avec les citoyens sur la question particulière de la qualité de l’air ». Et là aussi, la collectivité a beaucoup d’efforts à faire, notamment sur la mise à disposition des données dont elle dispose grâce aux relevés de l’Agence pour la surveillance de la pollution atmosphérique (Aspa). Elle espère surtout mobiliser les citoyens autour de cette question, cruciale, par l’exemple.

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Strasbourg : double accueil pour le président turc Erdogan

Strasbourg : double accueil pour le président turc Erdogan

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Le business bien ancré de la prostitution à Strasbourg

Le business bien ancré de la prostitution à Strasbourg
Prostituée dans les rues de Strasbourg (Photo Rue89Strasbourg/Gaspard Glanz)
Prostituée dans les rues de Strasbourg (Photo Rue89Strasbourg)

La situation du commerce sexuel à Strasbourg est particulière, comme dans d’autres villes frontalières de pays qui possèdent des législations opposées. Le proxénétisme est interdit en France mais des maisons closes existent en Allemagne, ce qui n’empêche pas des dizaines de filles exploitées d’être laissées sur les trottoirs de l’Eurométropole, chaque jour et chaque nuit de l’année.

Dans les maisons closes de Saarbrück ou d’autres villes allemandes situées dans le land du Bade-Wurtemberg ou de la Saxe, les tenanciers des maisons closes reconnaissent eux-mêmes que 80% de leur clientèle est française. On aurait pu croire que cela allait déplacer la prostitution de l’autre coté de la frontière, mais il n’en est rien. C’est même l’inverse, l’Allemagne sert de base-arrière au système prostitutionnel mis en place à Strasbourg.

Le phénomène n’est pas nouveau dans l’agglomération. Les prostituées opèrent sous les mêmes abris-bus, dans les mêmes quartiers et sur les mêmes trottoirs depuis des décennies, malgré une mobilisation des habitants comme ceux du quai des Alpes, qui avaient bloqué la route en 2010 pour manifester contre « les nuisances engendrées par la prostitution » dans leur quartier.

Carte des lieux de prostitution à Strasbourg (Credit Rue89Strasbourg)
Carte des lieux de prostitution à Strasbourg (Carte GG / Rue89 Strasbourg)

Un trafic d’êtres humains qui persiste dans l’indifférence générale

Le « triangle d’or » de la prostitution dans la capitale alsacienne va des quais du parc de la Citadelle au quartier de la Gare, en passant par la zone industrielle de la Plaine des Bouchers et le parc du Heyritz. En journée, les zones portuaires sud et nord du Port du Rhin et du Port aux Pétroles restent actives. Autant dire que la libéralisation des maisons closes en Allemagne depuis 2002, en plus de n’être pas parvenue à améliorer les conditions des prostituées allemandes, est loin d’avoir eu un impact significatif dans les rues de Strasbourg.

Nous avons parcouru les hauts lieux de la prostitution de la ville à deux semaines d’écart les jeudis et vendredis soir de la fin du mois d’août, entre 23h et 3h du matin. Le premier soir et sur un parcours allant du parc de la Citadelle au lycée Pasteur, puis vers la plaine des Bouchers par la rue du Doubs : nous avons comptabilisé 43 prostituées. Certaines ne dépassaient pas la vingtaine d’années.

Un « drive-in » de prostituées dans la plaine des Bouchers

Selon nos constatations, les réseaux se partagent l’espace public et les heures de la nuit. Ainsi, au sud de la rue du Doubs, on retrouve des prostituées plus habituées, plus voyantes et plus entreprenantes alors qu’au nord, elles sont plus jeunes, souvent assises et à quelques mètres de la route.

Passé une certaine heure, la rue du Doubs se transforme en un véritable « drive-in » de prostituées : il y a un groupe de filles tous les cinquante mètres et des voitures stationnées sur la chaussée. Une semaine plus tard, à la même heure et au même endroit, le constat était identique et la plupart des filles étaient les mêmes.

Carte des lieux de passe de la rue du Doubs (Credit Rue89Strasbourg)
Carte des lieux de passe de la rue du Doubs (Carte GG / Rue89 Strasbourg)

Toujours selon nos constatations, le mode opératoire est intangible. Le client s’arrête et demande le prix : dans la zone de la rue du Doubs, les prix moyens sont de 30€ pour une fellation, de 50€ pour une relation sexuelle et de 80€ à 100€ pour « la totale ». Il n’est semble-t-il pas question que les prostituées sortent du quartier pour aller à l’hôtel (aucun des clients que nous avons suivi après avoir embarqué une prostituée à cet endroit n’est sorti de la zone industrielle).

Une fois que les deux parties tombent d’accord, la fille monte dans la voiture et le conducteur se rend dans un des parkings adjacents avec elle. Ces parkings sont situés dans des angles morts et cachés de la route, ils ne sont pas éclairés mais ils sont surveillés de près par les « souteneurs », certains surveillant leurs trafics grâce à des jumelles équipées pour la vision nocturne.

Un système d’exploitation structuré et hiérarchisé

Nous avons constaté que le trafic d’êtres humains dans la plaine des Bouchers est un système bien structuré. Les prostituées sont en première ligne pendant que les proxénètes restent dans des voitures, généralement de grosses cylindrées souvent immatriculées en Allemagne, stationnées dans les rues adjacentes, quand ils ne circulent pas au milieu des clients.

Les filles ont toutes un téléphone portable dans la main, ce qui leur permet de rester en contact permanent avec leurs « macs » et les autres prostituées. Lorsque nous avons été surpris par l’une d’entre-elle alors que nous filmions une transaction au téléobjectif depuis notre voiture, nous avons pu constater la rapidité avec laquelle elle a donné l’alerte : des guetteurs en vélos se sont approchés de notre véhicule en quelques secondes seulement.

En outre, les prostituées les plus jeunes sont surveillées par les autres, plus âgées. Lors de notre reportage, nous avons pu constater comment ces femmes faisait la promotion des filles plus jeunes. Elles gèrent aussi les petits problèmes de sécurité, comme les clients agressifs… ou les journalistes trop curieux.

Périodiquement, les prostituées sont déchargées de leurs « recettes » : en quelques secondes, des centaines d’euros changent de main pour finir dans un sac, une opération qui se répète des centaines de fois, chaque soir. Selon Lavinia Ruscigni du Mouvement du Nid, une prostituée fait gagner en moyenne 120 000€ par an à son proxénète.

Echange entre une prostituée et un "mac" (Photo Rue89Strasbourg)
Échange entre une prostituée et un « mac » (Photo Rue89 Strasbourg)

La police regarde ailleurs

Ce trafic s’opère dans une relative quiétude. En seize heures de reportage, nous n’avons croisé qu’une seule patrouille de police sur les zones de prostitution, quai Pasteur. Mais les deux agents étaient affectés au contrôle de la vitesse des automobiles, ce qui n’a pas empêché les prostituées situées dans l’abri-bus en face d’interpeller les automobilistes.

La police fait un contrôle de vitesse pendant que la prostitution continue à quelques mètres (Photo Rue89Strasbourg)
La police fait un contrôle de vitesse pendant que la prostitution se poursuit à quelques mètres (Photo Rue89 Strasbourg)

Sollicitée par Rue89 Strasbourg, la direction départementale de la sûreté publique n’a pas souhaité détailler son travail sur la prostitution. Et pour cause, sur la poignée d’enquêteurs de la brigade des mœurs, la plupart sont occupés par les violences conjugales. Théoriquement, le volet trafic est suivi par la police judiciaire mais là encore, la prostitution n’est pas la priorité.

L’accompagnement associatif et les revendications d’abolition de la prostitution

La délégation bas-rhinoise du Mouvement du Nid est une des principales associations qui accompagnent les prostituées à Strasbourg. Deux salariées et une vingtaine de militants ont rencontré plus de 200 prostituées en 2014.

Selon cette association, la prostitution coûterait à la société française 1,6 milliard d’euros par an, en comptant les 853 millions d’euros de recettes fiscales perdues que générerait cette activité (voir l’étude en PDF).

Synthèse de résultats sur l’estimation du coût économique et social de la prostitution en France (Source Prostcost)
Synthèse de résultats sur l’estimation du coût économique et social de la prostitution en France (Source Prostcost)

Les permanents et les bénévoles de l’association participent aussi à la rédaction de la revue « Prostitution et Société », accompagnent les prostitués en les rencontrant sur le terrain et en leur proposent un accueil chaleureux dans leurs locaux (cuisine, espace de discussion, courrier, prévention, formation…). En plus de l’accompagnement des personnes en situation de prostitution et des sessions de sensibilisation dans les collèges et les lycées, l’association cherche à faire évoluer les politiques publiques au niveau local et national en militant pour l’abolition de ce qu’elle appelle le « système prostitueur« .

Des institutions impuissantes et un manque de volonté politique

Lavinia Ruscigni, militante du Mouvement du Nid à Strasbourg, détaille les revendications de l’association :

« Le système prostitueur garantit aux hommes la possibilité de disposer du corps des femmes au mépris de leurs désirs. La répétition d’actes sexuels sous la contrainte constitue une violence profondément destructrice. Nous souhaitons renforcer la politique française de répression envers toutes les formes de proxénétisme, réaffirmer que l’achat d’une acte sexuel constitue une violence faite aux femmes, et faire interdire l’achat de tout acte sexuel, pénaliser les clients et lancer parallèlement des campagnes de prévention ».

Le sujet étant sensible et sans solution, les autorités responsables préfèrent se défiler. Mais à la décharge des élus strasbourgeois, la lutte contre la prostitution est une prérogative de l’État. La Ville ne peut que solliciter le préfet lorsque, par exemple, il y a des plaintes de riverains comme lorsque les habitants du quai des Alpes s’étaient mobilisés en 2010.

Erdogan à Strasbourg…

Erdogan à Strasbourg…
(Dessin Laurent Salles)
(Dessin Laurent Salles)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est à Strasbourg dimanche pour un meeting, dans le cadre de la campagne des élections législatives anticipées en Turquie.

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Sur Rue89 Strasbourg : Manifestation contre la venue d’Erdogan à Strasbourg

A Maze In, ouverture d’un jeu d’évasion grandeur nature à Strasbourg

A Maze In, ouverture d’un jeu d’évasion grandeur nature à Strasbourg
Les sommiers "vintage" qui vont être utilisés dans la salle "Asylum", où il sera question de s'échapper d'un asile des années 60... (Photo CF / Rue89 Strasbourg)
Les sommiers « vintage » qui vont être utilisés dans la salle « Asylum », où il sera question de s’échapper d’un asile des années 60… (Photo CF / Rue89 Strasbourg)

A Maze In, un nouvel espace de divertissement, un jeu d’évasion grandeur nature, va ouvrir à Strasbourg. Il s’agit du premier lieu dans l’agglomération reprenant le concept d’ « escape game », qui propose de s’évader d’un endroit en résolvant des énigmes ou en trouvant des indices. Olivia et Tiphanie ont transformé un cabinet médical de 465 m² en deux univers chargés : les mafias d’Amérique centrale et les asiles des années 50.

Dans les escape games, jeux d’évasion en français, le but est de faire appel à ses neurones pour sortir d’une pièce, en un temps limité, en résolvant des énigmes grâce à des indices. Ce concept est né au Japon, où il découle d’un jeu vidéo. Un game master (maître du jeu), qui est dans une autre pièce, donne des indices aux joueurs en fonction du profil des joueurs. Ces indices s’affichent sur les écrans présents dans la salle de jeu, envoyés par le maître du jeu, qui surveille le déroulement grâce à plusieurs caméras disposées dans la pièce.

Olivia Vidic et Tiphanie Ablitzer, entrepreneuses trentenaires, ouvrent un escape game à Strasbourg : A Maze In, début décembre. Il faudra compter de 12 à 28 euros pour une partie, selon l’heure et le jour choisi. A Maze In accueillera des groupes de joueurs composés de une à six personnes, à partir de 7 ans.

Un nouveau concept ludique

Issus du marketing et de la gestion de risques, Olivia et Tiphanie cherchaient à créer un concept ludique et insolite à Strasbourg. Elles se sont rencontrées grâce à des amis communs pour monter ce projet. Elles ont fait le pari de transformer 465 m² au 3e étage du quai de Paris en un espace de trois salles de jeu, plus une à venir, un bar et une salle de réceptions. Olivia et Tiphanie ont fait le tour de l’offre hexagonale avant de se lancer :

« Nous avons testé une dizaine d’escape games en France et en Belgique. Le concept nous a plu. Nous avons particulièrement aimé les sites Prizoners et Game à Paris. Dans ce dernier, le thème “Braquage à la française”, dont le but consiste à braquer une banque, nous a franchement éclaté. L’immersion est totale et les décors sont incroyables. Nous avons été moins convaincues par Hint Hunt, plus axé sur les familles avec un taux de réussite plus élevé, donc plus facile. Sur dix jeux d’évasion grandeur nature que nous avons testés, nous n’avons réussi à sortir qu’une seule fois ».

Dans le local encore en plein travaux, Tiphanie et Olivia investissent toute leur énergie. Elles décrivent leur projet, lancé depuis juillet, avec des yeux d’enfants. Leur bureau est en désordre, la pièce est poussiéreuse, et il y a des bâches étendues sur les sols. Pour limiter les dépenses, elles sont appel à leur entourage :

« Des copines nous aident dans des ateliers bricolages, comme cet après-midi, nous allons préparer les murs pour la peinture. Avec un budget de 150 000€, nous allons ouvrir trois pièces de jeu et un bar à thème. Loin de l’univers du lazer quest ou du soccer park, chez nous l’ambiance c’est mafia d’Amérique latine et l’angoisse des asiles psychiatriques. C’est un projet farfelu mais pointu ».

Une mallette, des billets, et une heure pour s'en sortir (Photo CF / Rue89 Strasbourg)
Une mallette, des billets, et une heure pour s’en sortir (Photo CF / Rue89 Strasbourg)

Des parties d’une heure et de 30 minutes

La première pièce de 30 m² porte le nom de « Mama Mafia ». Dans cet univers vous faites partie des hommes de mains de la famille Fratelli dont le patriarche est le Parrain de la mafia des années 50. Après avoir réalisé le dernier larcin, commandité par le parrain lui-même, vous êtes de retour à la planque. Une épicerie fine italienne bien sous tout rapport. Malheureusement, vous êtes pris en filature par la police qui cerne les lieux. Arriverez vous à sortir sans vous faire attraper ?

Dans deux autres pièces, de 13 m² chacune, Olivia et Tiphanie prévoient d’installer « Asylum », un hôpital psychiatrique des années 50, façon Shutter Island, et dont il faudra s’échapper en 30 minutes. Pour sortir de leur cellule cadenassée, les joueurs devront prouver qu’ils sont sains d’esprit. Une quatrième pièce est en projet pour 2016, dans un univers technologique.

Les décors et énigmes sont travaillés par des scénographes, pour le moment elles hésitent encore entre plusieurs propositions d’équipe de Strasbourg spécialisées dans les décors de théâtre et de cinéma. Les mécanismes automatiques, serrures qui s’ouvrent toutes seules, le pots à crayons qui va ouvrir une porte, l’ordinateur qui s’allume … sont fabriqués sur commande, à Paris. Quant aux meubles, comme les effrayants lits de l’asile, sont chinés ou achetés sur Le Bon Coin.

Olivia et Tiphanie ont toutes les deux quitté leur univers professionnel d'origine pour créer A Maze In. (doc remis)
Olivia Vidic et Tiphanie Ablitzer ont toutes les deux quitté leur univers professionnel d’origine pour créer A Maze In. (doc remis)

Un bar à thème chimique, inspiré de The Breaking Bad

En outre, A Maze In comportera un bar inspiré du camping-car de la série télévisée Breaking Bad, où un professeur de chimie se transforme en fabricant de méthamphétamines. Chimique, coloré et explosif, l’originalité du lieu ne se trouvera pas seulement dans la décoration, mais aussi dans les boissons.

Leurs idées ne s’arrêtent pas là, elles aimeraient créer des « escapes éphémères », avec des décors qui demandent moins de budgets et qui pourraient varier chaque semaine. Olivia et Tiphanie envisagent aussi de proposer des événements à la Ville de Strasbourg, pour organiser par exemple une évasion de la cathédrale.

Un projet à 150 000 euros

Le projet a nécessité un investissement de 150 000€. Olivia et Tiphanie ont apporté 40 000€. Elles ont reçu 15 000€ en prêt de Strasbourg Initiative et gagné 1 500 euros au concours Yago destiné aux jeunes entrepreneurs. Elles ont emprunté le reste à la banque. En outre, les deux entrepreneuses ont lancé une campagne de financement participatif (crowdfunding). Les gains récoltés serviront à proposer un plus large choix d’ambiance et de décors.  A Maze In est à la recherche d’un « game master ».

#escape game

Animal, ultime spectacle de Flash Marionnettes, au TAPS Scala

Animal, ultime spectacle de Flash Marionnettes, au TAPS Scala
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Corine Linden et Francesca Sorgato ont créé Flash Marionnettes en 1981, dans le but de faire rire les enfants. (Photo Coralie Favre Rue89 Strasbourg / cc)

Après 3 750 représentations et 35 ans de carrière, la compagnie strasbourgeoise Flash Marionnettes s’arrête. Une décision prise par le metteur en scène et directeur artistique, Ismaïl Safwan, après une ultime création, Animal. La pièce sera jouée au TAPS Scala à Strasbourg à partir de mardi 6 octobre.

C’est d’un commun accord que Flash Marionnettes décide de mettre fin à 35 années d’existence. Cette décision a largement été influencée par Ismaïl Safwan, le metteur en scène et directeur artistique de Flash Marionnettes, lassé par la gestion administrative :

« Trente ans de compagnies, ça use. Depuis quelques années, je prenais le chemin du travail avec la même question en tête. Le simple fait de créer une pièce ne suffit pas, il faut la vendre. Le ministère de la Culture et les collectivités locales,ont réduit de 20 à 40% le budget global des subventions à la création et ces restrictions amputent le spectacle vivant. Au début des années 2000, les diffuseurs embauchaient les troupes pour 6 à 8 représentations, aujourd’hui pour seulement 3 ou 4. Mais les déplacements restent toujours aussi denses et intenses. »

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La compagnie détient plus de 1 000 marionnettes dans un local à Schiltigheim. Cliquez ci-dessous pour avoir le son. (Photo Coralie Favre / Rue89 Strasbourg / cc)

L’ultime création : Animal

Les textes et la musique d’Animal est intégralement signée par Flash Marionnettes, les comédiens assurent retrouver l’enthousiasme avec lequel ils ont commencé. Ismaïl Safwan, également musicien, est l’auteur de la plupart des musiques de Flash Marionnettes, depuis 1985, date où il a rejoint la troupe. Pour Animal, il a créé, instinctivement, une musique ethnique de grande liberté,  qui appelle au voyage, aux sonorités d’Afrique et du Moyen-Orient. La pièce évoque un problème contemporain, la traite des animaux.

Ismaïl Safwan précise son intention :

« Le droit animal, les extinctions d’espèces, les laboratoires expérimentaux, l’élevage à la chaîne sont devenus des problèmes de société. Nous ne sommes plus dans les contes du Chat Perché. Ce spectacle parle de sujets actuels graves, avec humour. Flash Marionnettes a toujours eu une conscience politique. Avec un aspect comique, nous avons toujours tenu un discours militant, comme avec Babel France, en 1999, une pièce anti-raciste avouée, suite aux manifestations anti-Le Pen à Strasbourg en 1997 ».

Dans Animal, les comédiens ne se cachent pas derrière les marionnettes. Loin de l’image de Nicolas et pimprenelle, ce spectacle, à double lecture, s’adresse aussi aux enfants, à partir de 7 ans, plus facilement fascinés par les images, sans que le jeu des marionnettes ne leur soit réservé.

Animal, mélange plusieurs techniques de marionnettes, ce qui surprend le public parfois, qui peut s’attendre à ne retrouver que des marionnettes à gaine (type Guignol). Depuis le début des années 80, les marionnettistes de la compagnie côtoient des marionnettes à taille humaine où ils doivent manipuler, jouer et dissocient leur voix pour pouvoir imiter l’éléphant aussi bien que le dragon.

Pour Ismaïl Safwan, l’art de la marionnette est complet :

« C’est comme si on demandait à un même musicien de faire de la musique de chambre et de l’orchestre symphonique en même temps. Aujourd’hui, la marionnette, c’est de l’illusion avouée. Le privilège de dévoiler un mystère, qui toutefois ne’enlève rien à la magie du spectacle ».

La troupe dû se séparer d’un grand nombre de décors. En revanche, il est hors de question de détruire les marionnettes. Chacun des comédiens conservera avec une grande attention, les poupées qu’ils ont en partie fabriquées.

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