11 associations sont membres du collectif (document organisateurs)
Opposé au projet de création d’une « ferme-usine » de 1 200 taurillons dans la commune de Wintershouse au nord de Strasbourg, le collectif « Convergence des luttes d’Alsace et d’ailleurs », organise une rencontre pour exprimer leur mécontentement. Une manifestation publique aura lieu sur la place Kléber, le samedi 5 septembre, de 11h à 17h. La fin de l’événement risque de se chevaucher avec celle pour l’accueil des migrants et réfugiés, qui démarrera à 16h sur la même place.
Le collectif, qui réunit une dizaine d’associations écologiques alsaciennes, accuse l’exploitation familiale de se transformer en production abusive pour les animaux. Cette journée a pour but d’échanger et d’informer sur le projet explique le collectif dans un communiqué :
« L’élevage bovin dans le monde fait partie des causes majeures du changement climatique. L’impact sur l’environnement ne peut être maîtrisé et compensé que s’il reste basé sur le pâturage.«
Le collectif dénonce un projet qui vise à exporter de la viande massivement, qui va à contre-sens du bien-être animal des taurillons. D’après l’association Alsace Nature les bêtes seront engraissées d’1,4kg par jour, alors qu’une prise de poids classique est de 700 grammes :
« Il serait possible de faire vivre un plus grand nombre d’éleveurs bovins décemment en produisant moins d’animaux, mais en les engraissant là où ils sont nés, en zone herbagère. »
Toujours selon l’association sorties de leur pâturage, elles devraient être enfermées dans des cases de 4,5m². Le collectif dénonce également l’utilisations importante de pétrole pour les transports et les émissions d’ammoniac dues aux déjections animales.
« Convergence des luttes d’Alsace et d’ailleurs » préconise une mise à plat du système agricole actuel. Ses membres aimeraient une convergence entre respect animal, environnement et santé. Le collectif se sent en désaccord avec le principal syndical agricol, la FNSEA, qui d’après eux, soutient ce modèle industriel. Cette journée sera aussi l’occasion d’échanger sur la situation environnementale de l’Alsace et d’aborder d’autres luttes concernant la future grande région comme la fermeture de Fessenheim, le centre de primatologie de Niederhausbergen, etc.
À partir du 5 septembre, « Convergence des luttes d’Alsace et d’ailleurs », se réunit tous les samedis sur la place Kléber dans le but d’interagir sur les enjeux environnementaux, économiques et sociaux.
Y Aller
Journée d’information sur la ferme aux 1200 taurillonsj, samedi 5 septembre, de 11h à 17h, place Kléber à Strasbourg
Diplômée d’école de journalisme depuis juin. Effectue un stage de fin d’études avec Rue89 Strasbourg. Passionnée par les thèmes de société, environnement et culture.
Le grand bain, vu de haut. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le dossier de la rénovation des Bains municipaux de Strasbourg, allée de la Victoire, revient dans l’actualité strasbourgeoise. La Ville de Strasbourg organise trois réunions publiques autour de l’aménagement du lieu en septembre et en octobre. La première se déroulera le 16 septembre autour du « Patrimoine », la deuxième le 16 octobre sur « L’évolution du service public » et la dernière le 30 octobre sur « Les enjeux de la rénovation », en présence du maire Roland Ries (PS). Elles se dérouleront toutes les trois au Palais Universitaire, 9 place de l’Université, à 19h.
En juin, une nouvelle étude sur les aménagements possibles a été confiée à la société publique locale (SPL) en charge de l’aménagement… du quartier des Deux-Rives. La SPL Deux-Rives appartient à la Ville et à l’Eurométropole. L’adjoint qui a repris le dossier, Olivier Bitz (PS), avait émis le souhait qu’un débat autour de l’aménagement soit effectué pendant la réalisation de cette étude, dont la publication est prévue pour décembre.
Depuis 2008, la Ville de Strasbourg a dépensé plusieurs centaines de milliers d’euros en études, sans qu’il y ait d’aménagements en conséquences (alors qu’une piscine extérieure était envisagée en 2009), ni même de publication de ces travaux, pourtant financés avec de l’argent du contribuable. Cette fois-ci, c’est peut-être la bonne.
Y Aller
Réunions publiques sur l’avenir des Bains municipaux, mercredi 16 septembre, vendredi 16 octobre et vendredi 30 octobre à 19h, au Palais universitaire, 9 place de l’Université, à Strasbourg.
La photo du petit Aylan retrouvé mort noyé a provoqué une secousse politique sur la question des migrants (Photo E_D / FlickR / cc)
Le collectif de vigilance contre l’extrême-droite et pour l’État de droit « Justice et Libertés » appelle au rassemblement samedi 5 septembre à 16h place Kléber. Autour du slogan « Pas en mon nom » les organisateurs dénoncent l’inaction face aux 3 000 morts sur les côtes européennes ou au sein même de l’Union européenne ces derniers mois.
Migrants ou réfugiés ?
D’après la Convention de Genève de 1951, sont considérés comme « réfugiées » les personnes qui craignent des persécutions dans leur pays, qui n’est plus en mesure de les protéger. Les Syriens, Afghans, Yéménites, Somaliens et Érythréens sont considérés ainsi. Ce n’est pas le cas des Égyptiens, Jordaniens, Libanais et Pakistanais, qualifiés de migrants. Le Club de la presse de Strasbourg propose un explicatif très complet des termes à employer.
« Pour montrer notre solidarité et marquer notre indignation. Pour dire que l’Europe ne peut se hérisser de murs et transformer ses mers en charniers sans perdre son âme. Notre âme. Pour affirmer que pareilles politiques répressives menant à tant de drames humains ne sauraient être menées en notre nom.Pas en notre nom!Par-delà nos clivages politiques, nos divergences idéologiques ou nos choix religieux, laissons parler notre humanité et retrouvons-nous. »
Le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) doit s’exprimer sur le sujet lors de l’inauguration de la foire européenne ce vendredi 4 septembre. Comme son adjointe Nawel Rafik Elmrini, il a exprimé son intention de rejoindre le « réseau des villes solidaires », Une initiative du jeudi 3 septembre du PS pour des conditions d’accueil dignes pour les réfugiés.
Les guerres fratricides n’ont jamais de frontières (Photo Paul Arnaud)
Dheepan, film auréolé de Jacques Audiard, relate la vie chaotique de réfugiés tamouls dans une banlieue française. Dépaysement et étonnement garantis pour un film atypique et audacieux, Dheepan a le charme d’une aventure sentimentale et sociale à fois très urbaine et exotique.
Les premières scènes de Dheepan en donnent d’emblée toute l’ampleur et la spécificité. Cela se passe au Sri-Lanka, les laissés pour compte de la guerre civile se rassemblent pour fuir des combats qui n’ont plus de sens pour personne. Rien ne les place autant à égalité que d’avoir tout perdu. Le passé s’est effacé dans le néant d’un conflit stérile et meurtrier, seule la fuite en avant peut receler une lueur d’espoir, aussi minime soit-elle.
Redevenir « intouchable » et maudit en sol français (Photo Paul Arnaud)
C’est ainsi qu’au quart de mot « une fausse famille » se constitue spontanément : un guerrier déchu, une jeune femme et une fillette s’associent dans leur malheur pour demander l’asile politique. Ce démarrage en trombe par la transformation du désespoir en un « forcing » de la réalité, donne le ton de ce septième opus très étonnant de Jacques Audiard.
Même s’il se laisse aller à quelques facilités -les réactions des personnages sont souvent attendues, et leurs regards sont un peu trop appuyés pour que le tragique soit crédible- la maîtrise formelle d’Audiard impressionne quand même. Le premier quart d’heure, avec le bûcher funéraire et l’apparition du titre, restera certainement une scène d’anthologie du cinéma (n’arrivez surtout pas en retard à la séance !).
Avec Dheepan, Audiard nous propulse directement dans ces univers sans pitié qui fleurissent à tous les coins du monde. Il nous immerge dans la cruauté de la vraie vie, dans l’horreur de la guerre et ces enclaves de l’enfer où la force fait le droit. Le scénario avance en s’amplifiant mais il reste fragile, car il vacille sans cesse entre le réalisme des images, et la nature improbable du récit. Mais c’est -entre autres- ce qui fait qu’il a pour principale qualité de surprendre.
La famille peut-elle s’inventer de toutes pièces? (Photo Paul Arnaud)
Malgré la banalité du propos qui lancine que les conflits fratricides c’est moche, et que l’instinct de survie peut se déployer au dépend de notre humanité, il y a quelque chose de fort et de généreux à dire la détresse de personnages singuliers. Ce qui frappe le plus, c’est leur difficulté à être perméables à la souffrance de leurs compagnons d’infortune.
Un amour impossible en milieu hostile
A la fois associés dans une entreprise de survie et radicalement étrangers les uns aux autres, Dheepan, Yalini et la petite fille embarquée au hasard dans cette aventure, font rapidement les démarches pour obtenir un statut de réfugiés. Le film vire du politique au social, mêlant les problèmes de la banlieue gangrenée par la délinquance, avec ceux de l’intégration des étrangers qui ne sont pas forcément les bienvenus dans cet équilibre déjà douteux.
Comment aimer en milieu hostile et étranger?
Et puis il y a le quotidien de cette fausse-famille qui se resserre autour de sa langue, ses traditions culinaires et des rites communs. Seule la souffrance et l’envie de s’extirper du passé restent irréductibles à chacun et demeurent impossibles à s’additionner. Il reste trop peu de place pour l’amour dans cet amoncellement de souvenirs douloureux et l’humiliation d’une vie quotidienne de réfugiés qui retournent à la case « intouchables » en sol français…
Un film d’action où les émotions s’éclipsent
Dans une troisième phase, le scénario transforme soudainement le film en une action déchaînée et violente, cruelle et sans partage. L’histoire du guerrier tamoul qui a tout perdu devient le récit de sa vengeance, et du défoulement des résidus de sa haine de l’ennemi. Sa colère se déverse désormais sur les banlieusards apprentis-criminels qui le menacent.
La bande-annonce
Même si c’est essentiellement ce mélange des genres qui donne toute son intensité à ce récit, c’est aussi ce qui l’éloigne du chef-d’œuvre, car il en devient racolé et racoleur. L’assortiment de la détresse politique, sociale et sentimentale finit par lasser. Il y a bien une dénonciation, mais à force de vouloir trop en dire pour faire mouche, le propos reste diffus, et -la scène finale aidant- de moins en moins convainquant.
On sort de ce film tout à fait étonnant distraits mais relativement déçus. Les visages de ces acteurs venus d’ailleurs nous hanteront bien davantage que le récit un peu cousu de fil blanc auquel ils adhérent pourtant à la perfection.
Actuellement à Strasbourg dans les Cinémas UGC Ciné Cité et Star Saint-Exupéry
Mordue de ciné, de rock et d’expos peinture, passionnée de cuisine et pâtisserie, gourmande de BD, réseaux-sociaux-addicted, adepte croyante mais non pratiquante de la psychanalyse. Sinon, je déteste le fenouil, les piscines, discuter politique et les promenades dans la nature.
La photo du petit Aylan mort noyé a provoqué un élan d’émotion dans la presse occidentale
De plus en plus de réfugiés et migrants arrivent en Allemagne. À la frontière, un hôtel est réquisitionné et des préfabriqués sont commandés. Au niveau européen, les dirigeants commencent à se coordonner, alors que l’émotion autour du drame grandit. Strasbourg rejoint le réseau des villes solidaires et va demander à organiser la conférence mondiale sur l’accueil des réfugiés.
La photo a fait le tour du monde et ému l’Europe. Certains médias français ont choisi de ne pas la diffuser, d’autres estiment qu’il faut montrer le drame humanitaire. Le petit syrien Aylan, trois ans, a été retrouvé face contre terre sur la plage de la station balnéaire de Bodrum en Turquie. Il s’est noyé en tentant de rejoindre l’île grecque de Kos, après que l’embarcation a coulé. Son frère Ghaled, 5 ans et sa mère Rihanna de 27 ans ont connu le même sort.
Philippe Spitz, militant écologiste strasbourgeois, a été sidéré par la photo du petit Aylan :
« Cette photo a provoqué en moi un effet similaire à l’attentat contre Charlie Hebdo. Depuis quelques jours déjà, j’étais tourmenté par les nouvelles en provenance de Turquie et de Grèce, mais là, j’ai été sidéré. Alors je me suis dit qu’il fallait faire “quelque chose”, voir comment on pouvait débuter la mobilisation en faveur des réfugiés. »
Il a lancé une pétition sur Internet et une page Facebook « Pour que l’Alsace accueille 10 000 réfugiés« . Dans plusieurs cercles de solidarité de Strasbourg, on réfléchit aussi à la manière de s’organiser, à accueillir des migrants. Mais pour l’instant, l’heure est encore à la réflexion et à l’organisation. Le collectif Justice & Libertés appelle au rassemblement samedi à 16h place Kléber pour demander l’accueil et la dignité des migrants.
La préfecture du Bas-Rhin n’avait pas de consigne du gouvernement à nous communiquer à l’heure d’écrire ces lignes. De leurs côtés, la Croix Rouge, Médecins du Monde et la Protection civile tiennent prêts leurs moyens d’accueils et leurs bénévoles.
Pour Roland Ries, permettre l’accueil par les citoyens
Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, a confirmé ce vendredi lors de l’inauguration de la Foire européenne que Strasbourg allait rejoindre le réseau des villes solidaires, une initiative lancée par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui appelle « l’ensemble des élus locaux socialistes et apparentés à prendre leur part, aux côtés des villes qui s’y sont déjà engagées, dans une grande mobilisation pour les réfugiés ».
Pour le maire de Strasbourg, il s’agit de « permettre l’hébergement de réfugiés par les citoyens qui ont la possibilité de le faire ». La Ville va « travailler à l’organisation de ce projet en lien avec les associations d’aide aux réfugiés et avec les institutions ».
Adjointe au maire de Strasbourg en charge des affaires internationales, Nawel Rafik Elmrini (sans étiquette mais élue sur la liste PS) avait également évoqué cette initiative lors d’une réunion au centre européen de la jeunesse jeudi. Et pour elle, Strasbourg, en tant que capitale européenne des Droits de l’Homme, doit aller plus loin :
« Nous allons proposer aux 60 villes qui font partie du “club de Strasbourg”, comme Stuttgart, Dresde, Leicester… de rejoindre ce réseau des villes solidaires. Et nous allons proposer que Strasbourg accueille la conférence mondiale consacrée à l’accueil des réfugiés, réunissant des chefs d’États et des représentants des institutions européennes. »
Roland Ries devrait également annoncer ce vendredi matin les mesures concrètes que Strasbourg va prendre pour permettre un meilleur accueil des réfugiés en provenance de Syrie. Le collectif Justice et Libertés, ainsi que l’association Alsace – Syrie appellent à un rassemblement samedi à 16h, place Kléber à Strasbourg.
Des containers et un hôtel mobilisés près de la frontière en Allemagne
Les premières mesures d’accueil se déclinent près de la frontière française dans l’arrondissement de l’Ortenau, qui devrait accueillir 3 000 réfugies en 2015. L’Allemagne s’attend à recevoir 800 000 demandes d’asile pour cette année.
LeBaden Online explique que 200 logements en préfabriqués ont été commandés par la commune de Kehl. Ces containers sont d’habitude utilisés pour des bureaux provisoires. Ils pourront accueillir 4 personnes chacun et seront livrés dans quatre semaines Leur emplacement précis est encore incertain. Avec les espaces libérés dans les écoles et les gymnases, le total de places sera de 1 370.
Au niveau européen, la France et l’Allemagne se sont entendues ce jeudi 3 septembre sur le principe de quotas. La Commission européenne propose de répartir 120 000 migrants entre les 28 États membres de l’UE, le triple de 40 000 envisagés cet été, mais loin des 340 000 qui sont entrés dans l’UE légalement et illégalement entre janvier et juillet d’après l’agence de surveillance des frontières européennes Frontex. À titre de comparaison, le Liban recense 1,1 million de réfugiés, soit environ 25 % de sa population totale.
La répartition ne sera connue qu’au conseil des ministres du 14 septembre. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, s’exprimera devant le Parlement européen à Strasbourg sur ce sujet mercredi 9 septembre.
En parlant du Parlement, un twittos propose de le regrouper dans une seule ville, pour libérer des locaux pour les migrants. Pas sûr que les élus strasbourgeois apprécient.
@minpres@EPPGroup We can squander 200 mil on moving EP back and forth between Brussles and Strasbourg. We can help refugees. #refugeecrisis
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Robert Herrmann, président de l’Eurométrople. (Photo EJ / Rue89 Strasbourg)
Président de l’Eurométropole, Robert Herrmann revient sur le feuilleton de la géothermie dans l’agglomération. Énergie nouvelle, le moins que l’on puisse dire est que ça démarre mal, après trois avis d’enquêtes publiques négatifs.
La géothermie consiste à pomper la chaleur des sources d’eau profondes. Mais en surface, elle échauffe déjà les esprits. Cinq projets concernent le territoire de l’Eurométropole, mais pour trois d’entre eux, le dossier est déjà bien mal engagé puisque trois avis concluant les enquêtes publiques sont négatifs (voir nos articles précédents). Un seul avis est positif, pour un projet de géothermie à Illkirch-Graffenstaden et opéré par Électricité de Strasbourg.
L’Eurométropole compte bien sur cette future source d’énergie pour améliorer et compléter son « mix énergétique ». Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole, entend renouer le dialogue sur ce dossier qui provoque d’intenses réactions, jusque dans l’exécutif de l’agglomération.
Mauvais démarrage et annonces brutales
Pour Robert Herrmann, il y a eu une précipitation quelque part. Dans un entretien accordé au Blog de la Robertsau (voir les vidéos ci-dessous), il évoque « un calendrier contraint par l’état », et regrette « une absence de dialogue et de pédagogie avec les populations ». Le coupable ? C’est la société Fonroche et ses « méthodes brutales ». Ça a le mérité d’être clair :
« Je crois que le démarrage du dossier a été mauvais, le fait est que les annonces ont été faites de manière brutale par Fonroche sans qu’il n’y ait pu avoir de débat avec la population, d’explication, de pédagogie sur cette affaire. Ce qui a immédiatement renvoyé aux images les plus terribles que la géothermie a produit dans la région. De plus, le débat a été abordé de la pire des manières en période électorale. »
Une énergie d’avenir, mais…
Néanmoins, la géothermie reste une énergie d’avenir pour l’Eurométropole, mais sous conditions pour Robert Herrmann :
« Nous sommes favorables sur le principe à la géothermie, qui représente un intérêt pour l’Alsace et pour la région de Strasbourg en particulier (…). Ce ne sera possible qu’à la condition que nous puissions apporter les garanties à la population que les méthodes utilisées ne produisent pas d’effets négatifs. On ne sortira pas de cette ligne. »
Renouer le dialogue
Les commissaires enquêteurs dans leurs rapports pointent l’absence de réelle concertation autour de la géothermie par les collectivités. Un point qui étonne Robert Herrmann, rappelant que c’est à l’État d’organiser le débat. Mais il fait aussi son mea culpa :
« Je concède que l’on a sous-estimé l’émotion que ces projets pouvaient engendrer (…) et que cette énergie nécessite que l’on prenne le temps du dialogue. Même sur Illkirch-Graffenstaden, il faudra organiser des débats, faire valoir les points de vue, et ne pas se contenter de l’avis positif. »
« Je me réjouis que nos amis allemands s’intéressent à Strasbourg, et je souhaite que les Strasbourgeois s’intéressent autant que les Allemands à ce qu’il se passe à Kehl. On est encore loin d’une pratique d’un territoire partagé débattu en commun. Lorsque l’ancien maire de Kehl décide la construction d’un très grand centre commercial, on le découvre lorsqu’il est déjà bien engagé. »
L’impressionnante mobilisation allemande a peut-être beaucoup joué dans l’annonce du retrait de Fonroche de son projet au Port aux pétroles. Pour Robert Herrmann, cette mobilisation provient de leur sensibilité particulière sur l’environnement et d’une « habitude de débattre ». Le président de l’agglomération espère que les Allemands présents au conseil de développement importeront cette culture.
Alain Jund (EELV) « n’a pas à démissionner »
Vice-président de l’Eurométropole en charge de la transition énergétique, Alain Jund (EELV) a été un promoteur de la géothermie. Pour Robert Herrmann, l’élu écologiste est « dans la ligne de la majorité des maires » et il n’a pas à prendre comme un désaveu les résultats des enquêtes publiques, bien au contraire :
« Soyons attentifs à ce que dit la population et surtout les techniciens mais parfois, il faut savoir forcer les choses pour aller vers l’innovation ».
Bâtiment construit en 1910 par Eugène Sigrist, un architecte du début du XXème siècle
Dans l’objectif de stopper la vente et la démolition du foyer Saint-Louis, imposant bâtiment au centre de la Robertsau à Strasbourg, un collectif d’associations et d’habitants s’est formé. Appelé « Un cœur pour la Robertsau », ce collectif organise une réunion publique jeudi 10 septembre à 20h au centre socio-culturel de l’Escale à Strasbourg.
La paroisse, propriétaire des lieux
Selon ce collectif, le bâtiment pourrait être démoli pour que soit implanté un immeuble abritant 42 logements. La paroisse Saint-Louis, propriétaire des lieux, souhaite s’en débarrasser selon un communiqué envoyé par le collectif :
« La paroisse prétend que la destruction de son foyer est la condition nécessaire pour qu’elle puisse poursuivre ses activités au sein d’un nouveau foyer, rue Jeanne d’Arc. »
Toujours selon le collectif, la destruction de ce foyer construit en 1910 serait « un coup dur porté à la vitalité du quartier et à la mémoire des habitants ». Les membres du collectif ont l’intention de faire circuler une pétition contre la démolition.
« Nous pensons qu’une autre voie est possible, susceptible de répondre aux attentes exprimées par la paroisse, les riverains du foyer et de l’église Saint-Louis et par les Robertsauviens qui se sont mobilisés suite à notre appel. »
Y aller
Réunion publique sur le foyer Saint-Louis, jeudi 10 septembre à 20h, au centre socio-culturel de l’Escale, 78 Rue du Dr François à Strasbourg – Robertsau.
Diplômée d’école de journalisme depuis juin. Effectue un stage de fin d’études avec Rue89 Strasbourg. Passionnée par les thèmes de société, environnement et culture.
La grande région Alsace Lorraine Champagne Ardennes doit aller de la Seine au Rhin (carte préfecture du Bas-Rhin)
Les élections régionales pour la gouvernance de la future Alsace – Lorraine et Champagne – Ardenne (ALCA) se tiendront les 6 et 13 décembre. Vous avez jusqu’au 30 septembre pour vous inscrire sur les listes électorales. En attendant que les programmes soient dévoilés, voici notre guide pour vous y retrouver.
Pourquoi voter ?
Dès le 1er janvier 2016, les trois régions de l’ALCA – à qui il faudra trouver un nom – seront regroupées. Les nouveaux élus auront la charge d’assurer la nouvelle organisation et d’harmoniser les politiques en place dans les trois collectivités actuelles. Comme au niveau de l’État, cela promet un casse-tête avec des postes à partager, des directions à réorganiser et peut-être même des économies à réaliser.
La région s’occupe du développement économique, du tourisme, des lycées, des trains régionaux (TER), d’une partie de la politique culturelle (comme l’État et les communes) et depuis la réforme territoriale des transports en car en dehors des villes (à partir du 1er janvier 2017), une compétence prise aux départements. Mais les transports scolaires peuvent être « délégués » aux départements au cas par cas. Seul le transport des personnes handicapées reste du ressort des conseils départementaux.
Au creux de l’été, la campagne a débuté timidement. Pour les candidats, l’enjeu est aussi d’étendre leur notoriété au-delà de leur région d’origine avec de longs déplacements à prévoir. Même pour les médias locaux, difficile de suivre. Les premières rencontres se font surtout avec les sections départementales des partis, qui avaient peu ou pas l’habitude de travailler ensemble avec parfois quelques timides débats (sans programme).
Au PS, la campagne s’axe pour le moment sur la personnalité de Jean-Pierre Masseret, actuel président de Lorraine, sans y associer de projet. Le slogan et même le nom du site de campagne est « Notre région avec JPM« . Les profils Facebook de ses soutiens sont affublés de badges « J’M JPM ». En août, il a publié un premier clip de campagne de 7 minutes où il se présente seul, et énonce plusieurs formules autour de « la confiance », « n’ayez pas peur », « construisons la région ensemble », « une région plus forte et plus proche », etc.
Philippe Richert, actuel président d’Alsace et candidat de « Les Républicains » (ex-UMP) , a misé sur François Baroin (sénateur-maire de Troyes), Benoist Apparu (député-maire de Châlons) et Jean-Luc Warsmann (député et conseiller régional) pour être ses relais en Champagne-Ardenne. Comme un sénateur (poste qu’il a déjà exercé) sa campagne se résume pour le moment à une tournée des élus locaux des trois régions.
Mais entre une tête de liste plutôt tournée vers le centre et des personnalités sarkozystes comme Nadine Morano (députée européenne et tête de liste de la Meurthe et Moselle) ou Jean Rottner (maire de Mulhouse), il faudra réussir à mettre tout le monde en ordre de bataille et que les relais ne soient pas seulement de façade.
Florian Philippot (FN), a lui choisi d’avoir un discours peu favorable à l’Alsace et surtout contre Strasbourg, trop avantagé par cette réforme à son goût. Il préfère envoyer des messages de soutien à la Lorraine et à la Champagne Ardenne, là où le Front national a plus de potentiel qu’en Alsace, malgré un ancrage historique (aucun élu aux départementales en mars contre 6 au total sur les deux autres régions). Parmi les propositions loufoques, mettre la préfecture, pourtant fixée par la loi à Strasbourg, à Châlons, ce qui n’est pas une compétence des régions. Dans ce contexte, il doit réunir ses troupes à Strasbourg dans les prochains jours.
Le Front de gauche est à ce jour le parti dont la campagne est la plus discrète, car les listes sont encore en préparation. Mais on sait déjà qu’il axera sa campagne sur le refus des politiques d’austérité. Quelques éléments de programme sont en revanche déjà connus comme « la relocalisation des productions et le soutien à l’économie locale, le maintien et le développement des transports publics, notamment des TER, défense du régime local d’assurance maladie et la transparence sur l’utilisation de l’argent public. »
La campagne devrait s’accélérer en septembre avec la publication complète des premiers programmes. Le samedi 12 septembre, Philippe Richert et Sandrine Bélier seront tous deux invités 30 minutes sur France 3.
Enfin le nouveau parti anti-fusion « Les Fédérés » qui rassemble le collectif des Alsaciens réunis et le Mouvement Franche Comté a déposé un recours au Conseil d’État, car ses fondateurs estiment que l’élection se tenant avant la création officielle de la grande région, elle n’est pas valide.
Les têtes de listes connues (par ordre alphabétique)
Il n’est pas sûr que toutes ces listes se présentent. Certaines peuvent encore nouer des alliances avant le dépôt des listes. D’autres pourraient aussi ne pas arriver à réunir assez de candidats.
Debout la France : Laurent Jacobelli
Europe Écologie – Les Verts (EELV) : Sandrine Bélier
Front démocrate (FD): Agnès Migaud et Antoine Le Solleuz
Front national (FN) : Florian Philippot
« Les Républicains » (ex-UMP) et Union des démocrates et indépendants (UDI) : Philippe Richert
Mouvement démocrate (Modem) : Nathalie Griesbeck
Parti libéral démocrate (PLD) : Christine Singer
Parti socialiste (PS) : Jean-Pierre Masseret
Union Populaire Républicaine (UPR) : David Wentzel
D’après Loractu, une liste de dissidents du FN, soutiens de Jean-Marie Le Pen, serait aussi en préparation.
Le Front de gauche a trouvé un représentant pour chaque ancienne région (Hülliya Turan pour l’Alsace), mais discute encore pour celle au niveau des trois régions
Les partis régionalistes comme le parti Lorrain, le parti des mosellans Unser Land en Alsace tentent de s’allier
Un pronostic ?
Lors de nos projections des résultats des départementales du mois de mars, le Front national arrivait en tête au premier tour avec 30,9% des voix devant l’UMP (devenu « Les Républicains ») avec 26,5%. Mais si l’on additionnait les voix des candidats de droite non-affiliés à l’UMP et de l’UDI, la droite devançait l’extrême-droite avec 41% au total. Le PS arrivait loin derrière avec 14% ou 17% en comptant les divers gauche.
Mais ces résultats sont à prendre avec précaution. Dans certains cantons, il n’y avait pas de candidat socialiste, écologiste, autonomiste ou du Front de gauche. Il était impossible de voter pour ces partis, ce qui ne sera plus le cas avec le scrutin de liste. La répartition des sièges à la proportionnelle (et non au scrutin majoritaire comme aux départementales) peut aussi changer la stratégie de vote des électeurs.
Il n’est par ailleurs pas clair si l’ensemble des électeurs « divers droite » auront envie de voter pour « Les Républicains », puisqu’il s’agissait parfois de candidats en rupture avec les affaires ou certains éléments de langage de l’ex-UMP. Enfin, comme il s’agit de la dernière élection avant la présidentielle, certains sympathisants du PS pourraient le soutenir à nouveau pour ne pas laisser un boulevard à la droite dans la perspective de 2017… ou sanctionner le gouvernement une dernière fois. Les candidats veulent « dénationaliser » le scrutin, mais impossible de faire totalement abstraction du contexte.
Les partis de gauche entendent protester contre les mesures mises en place par le gouvernement socialiste, qu’ils jugent trop libérales (Photo MM)
Le parti communiste du Bas-Rhin (PCF), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et l’Union départementale de la CGT, appellent à un rassemblement, vendredi 4 septembre à 10h au Wacken à Strasbourg, devant la Foire européenne.
Les organisations entendent protester contre la politique menée par le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Ce dernier inaugure la Foire européenne qui aura lieu du 4 au 14 septembre.
Contre la libéralisation des cars
Dans un communiqué, le PCF du Bas-Rhin, explique sont opposition à la libéralisation du transport par car :
« Cette mesure, absurde au niveau écologique, future pompe à profits de quelques grands groupes, accompagnera à coup sûr la volonté de la SNCF de supprimer encore des lignes ou des gares pas assez rentables, au détriment de l’aménagement du territoire. »
Les communistes fustigent également l’extension des autorisations sur le travail dominical et les privatisations des barrages hydrauliques et des aéroports de Nice et de Lyon.
Y aller
Manifestation contre la politique d’Emmanuel Macron, vendredi 4 septembre à 10h, place du Wacken à Strasbourg.
Diplômée d’école de journalisme depuis juin. Effectue un stage de fin d’études avec Rue89 Strasbourg. Passionnée par les thèmes de société, environnement et culture.
Le Pr Christian Marescaux (Photo Caroline Coq-Chodorge / Médiapart)
Le tribunal correctionnel de Strasbourg a jugé que la plainte en diffamation des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) contre le Pr Christian Marescaux est irrecevable, par nullité du réquisitoire et dépassement de la prescription. Le neurologue a donc été relaxé. Il était poursuivi par les hôpitaux pour avoir dénoncé dans plusieurs médias des difficultés d’accès aux appareils de radiologie lors de la prise en charge des patients en urgence.
La bataille judiciaire entre le Pr Christian Marescaux et les HUS s’arrete donc là. Le neurologue regrette que le procès n’ait pu se tenir, car il aurait aimé pouvoir détailler ses informations devant le tribunal. Mais pour son avocat, Me Geneviève Folzer, l’accusé était bien le Pr Marescaux :
« Même si notre offre de preuve était très conséquente, on est jamais certain de l’issue d’un procès. Nous avons plaidé cette nullité et nous l’avons obtenue, c’est très bien ainsi. »
Situation précaire
La situation du Pr Christian Marescaux reste néanmoins précaire au sein des HUS, où son nom a été retiré des entêtes du service de neurologie. Mais il ne désarme pas, et cet épisode judiciaire lui a même ouvert des perspectives :
« J’ai envie de me rapprocher des urgences. Et je pense que la justice a besoin d’aide pour lire et interpréter les expertises médicales qui lui sont transmises lors des affaires impliquant des professionnels de santé. Je constate qu’il est presque impossible de se faire entendre aujourd’hui, si l’on a été victime dans une affaire médicale. »
De son côté, la direction des HUS a refusé de s’exprimer sur ce dossier, après avoir nié toute difficulté d’accès aux appareils de radiologie.
Se repérer dans les dédales de l’université et de Strasbourg lorsque l’on débarque, ce n’est pas toujours facile. Rue89 Strasbourg dévoile ses bons plans et astuces aux nouveaux étudiants d’ici ou d’ailleurs, pour bien commencer l’année. Suivez le guide !
Le soleil est bien présent, la chaleur aussi tout comme les stylos-cahiers qui ne cessent de fleurir en magasin. Mais, soyons honnêtes, qu’on le veuille ou non, la rentrée approche à grands pas. À l’Université de Strasbourg, les festivités débutent lundi 1er septembre 2025.
Pour bien démarrer, il s’agit de dénicher les meilleurs tuyaux. Pas de panique, pour les informations de base, l’Université de Strasbourg offre à ses étudiants le très utile guide de l’étudiant (uniquement en ligne) qui rassemble des informations sur le logement, les études et la vie étudiante. La Ville de Strasbourg met elle aussi en ligne, dès la rentrée, son cahier « Strasbourg aime ses étudiants ». Mais évidemment, ce matériel institutionnel ne suffit pas. Voici quelques outils qui ont fait leurs preuves.
Le programme de la rentrée universitaire
Du 1er au 30 septembre, un guichet d’accueil au Studium permettra d’effectuer toutes les démarches liées à l’installation des étudiants (carte étudiante, logement, bourses, transport, sports…)
Le mardi 2 septembre aura lieu le « Village vie étudiante », une journée consacrée à la vie étudiante durant laquelle les étudiant·es retrouveront tous les services et partenaires de l’Université, entre 10h et 17h.
Le mercredi 3, à Strasbourg, et le lundi 18 septembre, au campus d’Illkirch-Graffenstaden, sera mis en place le « Village éco solidaire » où les étudiants pourront se procurer tout le nécessaire du quotidien grâce à des dons (livres, vaisselles, petits électroménagers, vêtements…)
À ceux qui seraient tentés de l’oublier, les cours font partie de la vie étudiante. Et qui dit cours, dit bien entendu manuels. L’achat des livres représente un sérieux investissement, mais au lieu de débourser de grosses sommes pour des bouquins tout neufs (et comme les cours ne changent pas toujours d’une année à l’autre) il est possible de trouver la bibliographie à acquérir dans les bouquineries de la ville à petits prix.
AuMarché du livre. Le plus ancien et le plus important bouquiniste de la ville a un stock impressionnant dans tous les domaines. Les tenanciers du magasin, qui tiennent leur commerce depuis 1965, dénicheront des étagères tout ce qu’il vous faut pour le quart ou la moitié du prix du neuf. • Marché du Livre, 9 rue du Saint-Gothard. Ouvert du mercredi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h30.
Les bouquinistes. Un peu plus chers mais en plein centre-ville, il y a Les bouquinistes. Ils disposent de manuels et de livres que les étudiants viennent revendre une fois leur année validée, ou pas. • Les bouquinistes, rue des Hallebardes, place Gutenberg et place Kléber. Le mardi, mercredi et samedi de 8h à 17h.
Après les livres, le second must-have de l’étudiant qui va réussir son année : la carte pass campus. Selon leur cursus, les nouveaux étudiants pourront récupérer leur nouvelle carte ou le sticker à coller dessus dans leur scolarité, ou à la caisse retrait pass campus, dans le bâtiment du Patio. Cette carte permet d’accéder à une pléthore de services : restauration, bibliothèque, transports. Il permet aussi de faire des photocopies au sein de l’université, et même du cloud printing depuis son environnement numérique de travail personnel. Cela fonctionne avec les identifiants Unistra / BNU associés avec la carte pour imprimer depuis n’importe quelle photocopieuse du campus. Le prix unitaire de la photocopie noir et blanc est de 0,06€. Sedeco propose un service complémentaire avec livraison pour relier les thèses, rapports de stage et autres documents.
Malheur ! Vous avez perdu votre précieux pass campus et vous avez votre mémoire à rendre. Détendez-vous, deux adresses à proximité de votre lieu de soutenance, où l’on peut faire la même chose qu’à la fac, pour pas beaucoup plus cher :
Corep Strasbourg. La copie coûtera 10 cents l’unité mais les tarifs sont rapidement dégressifs : 3€ les 50 copies. Surtout, ce sont les meilleurs tarifs pour imprimer mémoires ou thèses puisqu’ils n’y appliquent qu’une TVA de 5,5%. • Corep Strasbourg, 2 place Sébastien-Brant à Strasbourg. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h30 et le samedi de 10h à 13h.
Stop Copy 67. Le prix unitaire de la photocopie noir et blanc est aussi de 0,10€. Il existe également des abonnements valables durant les études. Pour imprimer 100 copies, il faut compter 7 € et 12 € pour les 200. • Stop Copy 67, 6 rue de Rome. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 10h à 17h.
Le logement
Première mission en débarquant dans une nouvelle ville, trouver un premier logement peut s’avérer être une petite galère, surtout en août et en septembre, et une source d’angoisse. Entre l’épuisement rapide de l’offre d’appartements en été, des frais intermédiaires dans les agences et les petites annonces frauduleuses, voici quelques conseils.
La colocation peut être une solution. De nombreuses petites annonces sont publiées par des colocataires qui souhaitent pallier le départ d’un des leurs, sur la Carte des colocs ou la page Facebook. Les avantages : reprendre un bail, partager les frais de loyer, avoir de la compagnie à la maison, une plus grande surface… Les inconvénients : en communauté, un minimum de savoir-vivre s’avère nécessaire pour éviter quelques désagréments.
Trouver un garant, n’est pas toujours aisé pour les plus modestes. Avec Action Logement, vous pourrez vous passer d’une caution parentale pour les cités étudiantes et les appartements privés, à hauteur de 600€ maximum de loyer et sans justification de ressource. Le dispositif « Visale », par Action Logement, est gratuit. Il nécessite deux documents à présenter : une pièce d’identité et un justificatif d’études.
À noter pour s’équiper à moindre frais : les Saperlicoopettes de rentrée, un marché de fripes, objets de seconde main et plantes sur plus de 1 000 m², à destination des étudiants et de tous ceux qui souhaitent s’équiper de manière éco-responsable. L’événement, organisé par la Coopette, boutique éthique, et la jardinerie urbaine Tchungle, est prévu jeudi 4 septembre, de 15h à 18h et du vendredi 5 au samedi 6 septembre de 11h à 18h, à Kaleidoscoop, 5 rue de la Coopérative, Strasbourg – Port du Rhin.
Strasbourg, une ville où il fait bon étudier !
Se déplacer à vélo
Avec plus de 600 kilomètres de pistes cyclables, qui permettent d’accéder à toutes les infrastructures de la ville et de la proche banlieue (même les campus d’Illkirch-Graffenstaden et de Cronenbourg sont accessibles, avec peut-être un petit coup de pouce du tram A), aucune excuse pour ne pas se tourner vers le mode de transport écologique et économique par excellence : le vélo. Attention aux vols cependant, attachez toujours votre vélo à un point fixe (lire tous nos articles sur le vélo).
Le vélhop. La formule vélhop est simple comme hop là. Sur présentation de sa carte, tout étudiant de moins de 26 ans peut louer un vélo pendant un an, à compter de la date d’abonnement et cela pour seulement 54 euros.
Les boursiers sur critères sociaux des échelons 3 à 7 peuvent bénéficier du même service au tarif de 27 euros. Il faut présenter au préalable un justificatif de domicile de moins de trois mois et évidemment un certificat de scolarité ou une carte étudiant ! L’abonnement comprend la mise à disposition du vélo et de ses accessoires (un cadenas et un joli panier). Une visite est obligatoire tous les trois mois et il faudra verser un dépôt de garantie de 200€. Cette somme sera débitée en cas de « non-restitution à l’issu de la période de location, de dégradation, de vol ou d’utilisation détournée du matériel ».
Pour emprunter un vélo en cette rentrée, tous les étudiants peuvent se rendre à l’agence éphémère du campus universitaire dès la mi-août, du lundi au vendredi et de 9h à 18h, dans les locaux du « Studium ». • Adresses et horaires des boutiques vélhop.
Peur de l’engagement ? Rabattez-vous sur l’achat d’un vélo d’occasion. Ça vous fera une belle jambe grâce aux bourses aux vélos organisées en cette rentrée 2024, qui garantissent l’acquisition d’engins à prix doux. Des magasins dédiés aux deux-roues, avec des tarifs non-excessifs et des services attrayants, pourront également être une alternative toute trouvée.
Les bourses aux vélos. L’association CADR 67 organise sa bourse aux vélos les 7 et 28 septembre à la Halle du Marché de Neudorf. D’habitude bien fournies, les bourses de l’association offrent un vaste choix de vélos et accessoires, accessibles à tous les budgets. N’oubliez pas de ramener du liquide. • Bourse CADR 67, Halle du Marché de Neudorf, rue du Birkenfels – station Landsberg tram C, D, E – station Neudorf Marché bus 14, 24. Dépôt des vélos entre 9h et 12h dans la limite des capacités ; participation de 2€ par vélo. Une pièce d’identité est obligatoire. Vente de 14h à 17h : le vendeur récupère 90% du prix de vente.
Les professionnels de l’occasion. À l’Atelier Bretz’selle les prix donnent envie : des vélos pour 20 ou 40€ seulement. Mais attention, à ce tarif là, il faudra mettre la main dans le cambouis. Car la culture de l’association, c’est le DIY (« do-it-yourself »). Des animateurs proposent de superviser la réparation du vélo par l’adhérent lui-même. Si la bricole n’est pas votre dada, il est toujours possible d’acheter au Caveau du vélo une bicyclette pour 70 ou 80€ sur rendez-vous. Elle sera révisée et le vendeur y gravera un numéro, utile pour essayer de retrouver son vélo en cas de vol, car à Strasbourg, mieux vaut bien cadenasser son vélo. • Atelier Bretz’selle, 10 rue des Bouchers. Ouvert le mardi de 14h à 20h30. Ouvert le jeudi de 16h30 à 20h30. Ouvert le samedi de 14h à 17h30.
Se déplacer en transports en commun
La société de transports en commun s’appelle la CTS (Compagnie des transports strasbourgeois). Elle dessert toute la ville de Strasbourg et les 32 autres communes de l’Eurométropole. Les lignes avec des lettres (A/B/C/D/E/F/G/H) sont des trams ou des bus à haut niveau de service (BHNS), disponibles de 4h30 à 0h30 avec une forte fréquence. Les lignes avec C + un chiffre (C1, C3, C6) sont des bus urbains améliorés, disponibles de 5h00 à 0h30 avec une fréquence élevée et une bonne régularité. Les lignes avec un ou deux chiffres (2, 4, 10, 19, 73 …) sont des bus urbains classiques, avec des amplitudes et des fréquences variables selon les lignes. Quant aux lignes avec 3 chiffres (203, 210, 270 …), ce sont des cars interurbains opérés par la CTBR. Ils permettent de rejoindre les villes d’Alsace et notamment Europa-Park ou la station de ski du Champ du Feu en hiver.
Avec l’abonnement CTS (gratuit jusqu’à 18 ans), il est possible de prendre en illimité les trains régionaux (TER), dans le périmètre des 33 communes de l’Eurométropole. Il faut néanmoins récupérer une contremarque à la boutique ou via l’application mobile de la CTS. L’abonnement CTS permet aussi d’emprunter les bus à Kehl en Allemagne, en illimité, dans la zone 2 du réseau allemand TGO, mais pas les trains (les gares de Kehl sont exclues du dispositif). Une contremarque est à demander en boutique ou sur l’appli CTS. Horaites des transports de l’Ortenau.
L’abonnement CTS donne accès en illimité aux 10 parkings-relais (P+R), qui permettent de stationner un véhicule à proximité du centre-ville. Attention, pour le P+R Rotonde il faut payer un supplément. Carte des P+R.
Durant les nuits des jeudis, vendredis et samedis (même les jours fériés), de 23h30 à 5h30, trois lignes de bus de nuit, appelées Hibus, permettent de rejoindre le nord, l’ouest et le sud de l’agglomération au départ de la place du Corbeau. Infos détaillées sur les Hibus.
Depuis 2021, le réseau FlexHop (transport à la demande) permet de réserver un trajet de n’importe quel arrêt de bus/tram en deuxième couronne de l’Eurométropole, aux tarifs CTS (inclus dans l’abonnement). Pratique, surtout quand les fréquences de bus sont faibles… Infos détaillées sur Flexhop.
Pour se balader en train TER et visiter les alentours de Strasbourg, 14 lignes partent de Strasbourg, dont 3 vers l’Allemagne, une vers la Suisse et 8 dans les Vosges ou le vignoble d’Alsace. Voir la carte des trains régionaux sur le blog Escapadeur. La carte Fluo permet d’obtenir 50% de réductions sur les trajets TER dans tout le Grand Est et ne coûte que 1€ par an pour les personnes de moins de 26 ans (20€ sinon).
Si pour vous un esprit saint réside obligatoirement dans un corps sain, sachez qu’à l’Université de Strasbourg, vous avez de quoi parfaire votre musculature. Le service des sports de l’Université, le Suaps, propose plus de soixante sports pour les étudiants qui ont payé ou sont exonérés des 105€ de CVEC (Contribution Vie étudiante et campus) demandée lors de l’inscription universitaire.
Attention, les inscriptions s’ouvrent le 4 septembre à 8h et les cours débuteront à partir du lundi 8 septembre, bien qu’il soit possible de les rejoindre en cours de route. Les places ne sont pas assez nombreuses pour suffire aux plus de 50 000 étudiants et les groupes sont vite complets. Trois alternatives s’offrent à ceux qui sont restés sur les gradins :
La formule pass du Suaps. Les sportifs autonomes, fiers et indépendants peuvent mener des activité en dehors des cours organisés. Pour la pratique de la musculation, de l’escalade et des sports de raquette. Comptez 17€ par an pour le pass badminton, 25€ par an pour le pass escalade, et 50€ par an pour le pass musculation, cardio-training. Avec ces passe-droits, il sera possible d’avoir accès aux salles apprêtées même s’il faudra parfois apporter son propre matériel. Sous conditions de la présence d’un responsable sur place. Se renseigner à l’avance est préférable.
Strasbourg Université Club. Présent sur le campus universitaire, le SUC n’est pas exclusivement réservé aux étudiants, et accueille même davantage de non-étudiants. Cependant, les titulaires du pass campus pourront se rendre sur le site du SUC et partir à la recherche d’un tarif avantageux. La pratique du badminton, par exemple, est en accès libre. • Strasbourg Université Club, ouvert lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h.
Les sites libres d’accès. Le parc de l’Orangerie et le parc de la Citadelle sont les paradis des joggeurs strasbourgeois, comme quoi il ne faut pas aller très loin de la fac pour changer d’air. À l’Orangerie, 26 hectares d’espaces verts permettent de se défouler. Des structures sportives, des appareils de musculation extérieurs et un terrain de football, sont également accessibles. • Parc de l’Orangerie, jardin de l’Orangerie, station Orangerie bus C6 et 30.
Plus à l’extérieur de la ville, le parc de Pourtalès n’est pas beaucoup plus petit (24 hectares), mais il a cet aspect plus sauvage, très charmant, et il est moins fréquenté. La grande forêt de la Robertsau jouxte le parc. Maintenant que vous avez un vélo, sachez que ses allées se prêtent très bien au cyclisme. Un court de tennis est en libre accès près du château. En cas de « forte fréquentation », les joueurs sont tenus de laisser leur place au bout d’une heure de jeu. • Parc du Pourtalès, station Lamproie, ligne de bus C1 ou 15.
La restauration
Restaurants universitaires. Les restaurants universitaires (voir la liste complète ici), fidèles à leur mission, réussissent à nourrir un homme ou une femme pour la modique somme de 3,30€. C’est le prix du menu « entrée, plat, fromage ou dessert ».
Restaurants agréés universitaires, le Foyer de l’Étudiant Catholique et la Gallia sont aussi plutôt pas mal dans leur genre. Le premier, répertorié dans le guide du routard, tient un bar à pâtes et on y sert de la bière (amen). Le deuxième, propose des soirées spéciales certains jours de semaine et des brunchs. La cafétéria propose d’autres plats que le menu self-service, avec grosses parts de gâteaux et bocks de bière. Ici aussi, entre 12h et 13h, il y a affluence. • Foyer de l’étudiant catholique, 17 place Saint-Etienne. Ouvert le midi de 11h30 à 14h et le soir de 18h30 à 21h. • La Gallia, 1 place de l’Université, station Gallia tram C, E. Ouvert le midi de 11h30 à 13h45 et le soir de 18h30 à 20h30. Le week-end en cas de permanence.
Il y a des jours où on a envie de manger autre part qu’à la cantine. Il sera facile de trouver un restaurant où manger peu cher en dehors des restaurants universitaires, surtout dans le quartier de la Krutenau proche du campus, où les établissements sont nombreux et s’adaptent à une clientèle jeune et désargentée. D’autres établissements en centre-ville proposent des offres intéressantes notamment :
Le Brasseur. L’Happy Hour est à ne pas manquer ! Les pintes de bière sont au prix des demis, et les tartes flambées sont à 4€. • Au Brasseur, 22 rue des Veaux. Happy Hour tous les jours de 17h à 19h (jusqu’à 18h30 pour les tartes flambées) et aussi de 22h30 à 23h30 les lundi, mardi, mercredi et jeudi ; de 22h à 23h le dimanche.
L’Académie de la bière. À deux pas de l’ex-ENA, l’enseigne propose un important choix de bières, mais on peut aussi y manger des tartes flambées ou plats, comme le fameux triple cheeseburger, même jusqu’à 2h du matin. Son happy hour, de 17h à 19h, et sa bonne ambiance en font un endroit à noter. Vérifiez quand même deux fois l’addition, même éméchés. • L’Académie de la bière, 17 rue Adolphe-Seyboth. Ouvert tous les jours de 11h à 4h. • L’Académie de la bière, 29 rue des Juifs. Ouvert du dimanche au mercredi de 11h à 1h30 et du jeudi au samedi de 11h à 4h. • L’Académie de la bière, 6 rue Sainte-Catherine. Ouvert du dimanche au mercredi de 11h à 1h30 et du jeudi au samedi de 11h à 4h. • L’Académie de la bière, 119 Grand Rue à Haguenau. Ouvert tous les jours de 11h à 1h30.
L’application Too Good To Go recense les restaurants, épiceries et boulangeries de Strasbourg qui proposent leurs invendus à petits prix. L’application utilise la géolocalisation pour afficher une liste de partenaires proches de l’utilisateurs. Une soixantaine de restaurants et boulangeries utilisent ce service à Strasbourg. • Too Good To Go, à télécharger pour Android ou iOS.
Gagner de l’argent
En 2024, les étudiants dépensaient en moyenne 560€ par mois juste pour se loger, selon l’étude annuelle du syndicat étudiant l’Unef. Les frais de la vie étudiante peuvent forcer les élèves à trouver une source de revenus.
Jobaviz, la plateforme d’offres du Crous propose des petits boulots. Pour faire fonctionner ses services, l’Université embauche aussi pour des missions ponctuelles ou à l’année, des étudiants pour l’accueil des arrivants de l’étrangers, la réception dans les bibliothèques, ou encore la surveillance d’examens. Sur Indeed, vous pourrez également trouver les annonces de professionnels en quête d’étudiants à temps partiel, pour des postes de serveur, livreur, employé de commerce et bien d’autres jobs compatibles aux études.
L’aide aux devoirs. Dispenser des cours à des écoliers, collégiens ou des lycéens peut permettre de gagner un peu d’argent, surtout pour les mathématiques ou les langues (sauf l’anglais). Plus le niveau de l’élève est élevé, meilleur le revenu est. Affichez vos services dans les supérettes, à la boulangerie ou sur internet. Vous pouvez demander de 7 à 15 euros par heure suivant les cours dispensés. Si ça ne fonctionne pas, vous pouvez toujours vous inscrire dans les agences Complétude, qui se chargeront de vous trouver des élèves en fonction de vos compétences.
Devenir petsitter. Si vous n’aimez pas assez les enfants pour faire du babysitting, tournez-vous vers la garde d’animaux. Rover ou Holidog permettent de mettre en relation des « pet-sitter » particulier et des propriétaires d’animaux qui cherchent un gardien. L’activité est plus lucrative que l’aide aux devoirs avec des tarifs qui vont de 10 à 17 euros par heure mais avec prélèvement d’une commission par le site des petites annonces notamment pour l’assurance vétérinaire. Et si l’idée de garder un chien dans votre appartement de 15 m² ne vous plaît pas, vous pouvez toujours proposer des promenades pour 8 euros de l’heure environ.
Renifler des effluves. Alyatec, centre de recherche clinique situé dans les locaux du Nouvel hôpital civil de Strasbourg, recherche des volontaires pour participer à ses études cliniques indemnisées dans le domaine de l’allergie respiratoire. L’entreprise recherche des personnes souffrante d’asthme, de rhinite ou de conjonctivite provoqué par les allergènes de chats, de pollens ou d’acariens… La suite sur le site de l’entreprise ou par téléphone au 03 67 68 00 90.
Loisirs, culture et sorties
Carte de réduction. Lors de l’inscription à l’Université, l’étudiant profite du dispositif Carte culture grâce au sticker collé sur son pass campus (carte étudiante). Ce dispositif propose de nombreux avantages : entrée gratuite dans tous les musées de la ville, places pour le théâtre ou l’opéra à 6€ et au cinéma pour 3 à 5€ selon les établissements. Plusieurs concerts programmés par Artefacts, en attendant la rénovation de la Laiterie sont aussi au tarif de 6€, contre une vingtaine au tarif normal. Les étudiants ne pouvant bénéficier de la Carte culture (ceux qui ne sont pas à l’Université de Strasbourg ou dans un établissement post-bac n’ayant pas signé une convention avec elle) ont une alternative avec la carte Atout Voir, désormais gratuite à partir du 1er septembre. Elle sera disponible dans 60 lieux à Strasbourg et dans l’Eurométropole, notamment à la Boutique culture du 5e Lieu, à l’Illiade d’Illkirch-Graffenstaden à la Maison des Arts de Lingolsheim, à la mairie de Mundolsheim, à la bibliothèque de Plobsheim ou encore Schiltigheim Culture. • Boutique culture du 5e Lieu, 5 place du Château à Strasbourg – centre. Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h et le dimanche de 11h à 17h.Voir aussi carte-culture.org.
La Région Grand Est propose aussi des réductions pour les places de spectacles via son programme Jeun’Est. Il faut être inscrit à la plateforme et supporter le tutoiement et les sourires béats qui s’étalent sur toutes les pages du site, mais c’est le seul effort requis. • Plateforme Jeun’Est de la Région Grand Est, uniquement en ligne. Inscriptions sur le site directement.
Sortir. À Strasbourg, il y a pas mal de trucs à faire. L’agenda des sorties de Coze annonce les événements une semaine à l’avance, histoire d’anticiper un peu. Sinon, le jeudi, traditionnellement jour des soirées étudiantes, dirigez-vous vers les péniches quai des Pêcheurs comme l’Atlantico ou le Barco Latino situé sur la presqu’île Malraux par exemple et si vous avez l’âme aventureuse, plongez vous dans notre guide de la scène alternative.
Boites de nuit. Voici une liste de quelques boites de nuit ou clubs à Strasbourg.
Le Korrigan, 20 rue du Vieux-Marché-Aux-Grains à Strasbourg – centre. Ouvert du mardi au samedi.Le Live Club, 1 Rue du Miroir, à Strasbourg– centre. Ouvert du mercredi au samedi.
Le Kalt, 1 rue de La Fayette à Strasbourg – Meinau. Ouvert le samedi.Le Studio Saglio, 16 rue Saglio à Strasbourg – Meinau. Ouvert les vendredis et samedis.Le K Club, Siemenstraße 7, à Kehl. Ouvert tous les vendredis et samedis, à partir de 23h.
Les lieux queer et LGBTI friendly
À Strasbourg, lorsqu’on est étudiant•e queer ou LGBT+, il existe plusieurs lieux chaleureux et bienveillants où l’on peut se sentir pleinement soi-même. En plein cœur de la ville, la Station LGBTI offre à la fois un espace de ressources et de rencontres. On peut y participer à des cafés-discussions ou simplement s’y poser entre deux cours. C’est un lieu sûr, ouvert du mardi au samedi, et qui propose également des permanences juridiques pour l’accompagnement des demandeureuses d’asile LGBTI.
Sport. Pour celles et ceux qui souhaitent faire du sport dans un cadre inclusif, Strasbourg compte aussi quelques initiatives engagées. Les Footeureuxses forment une équipe de football queer et militante, ouverte à tou•te•s, qui fait du terrain un espace de convivialité autant que de revendication. Du côté du badminton, Festibad propose également la pratique sportive dans un environnement inclusif.
Soutien. Et pour celles et ceux qui cherchent du soutien, de l’écoute ou un accompagnement, plusieurs associations locales sont présentes. SOS Homophobie Alsace propose des permanences, des actions de prévention et un soutien aux personnes victimes de LGBTphobies, que ce soit en milieu scolaire, professionnel ou dans la sphère privée. Support Transgenre Strasbourg (STS) est un groupe d’auto-support pour les personnes trans et en questionnement, engagé dans la lutte contre les discriminations liées à l’identité de genre. De son côté, Tolérance Haguenau intervient notamment auprès des jeunes, dans une démarche d’accueil, de sensibilisation et de prévention, en particulier autour des questions liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.
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Cet article a été mis à jour successivement par 12 étudiants journalistes
Pour Stanislas Nordey, il est urgent que le théâtre aille à la rencontre des publics (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
VIDÉO. – Pour le nouveau directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS), Stanislas Nordey, il est urgent que d’autres publics viennent au théâtre. Pour les toucher, il propose « L’Autre Saison », une quarantaine de spectacles gratuits, dans et hors les murs du théâtre. Lectures publiques, spectacles intimes, les artistes invités sont associés à cette programmation parallèle, ainsi que les étudiants.
Qui va au théâtre ? Toujours les mêmes, regrette le nouveau directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS) Stanislas Nordey : ceux qui connaissent le chemin, ceux qui savent quand réserver leur place, ceux qui s’intéressent à la culture et qui peuvent, occasionnellement, dépenser 25€ pour une soirée. Stanislas Nordey les connaît bien, il espère qu’ils répondront présents aux spectacles qu’il a prévu pour eux dans le cadre de la saison officielle du TNS.
Mais l’ambition de Stanislas Nordey, son obsession depuis qu’il dirige des théâtres, c’est d’aller vers les publics plus difficiles à atteindre. Ceux qui n’ont pas les moyens, ceux qui craignent de s’ennuyer, ceux qui sont loin, ceux qui se couchent tôt… Pour tous ceux pour qui il est quasiment inconcevable de se retrouver un jour dans un fauteuil numéroté de la salle Koltès, Stanislas Nordey a conçu « L’Autre Saison » : 40 spectacles gratuits sur une centaine de dates, parfois au TNS, parfois ailleurs, parfois dehors.
Appel aux mécènes pour l’an prochain
Pour le directeur du TNS, il s’agit d’un « premier acte mais pas le seul » :
« L’Autre Saison est une action militante d’aller au contact. La mission d’un théâtre public est de s’intéresser à tous les publics. L’autre Saison sera le “bras armé” de cette politique mais nous allons également accroître les ateliers et la pratique, car on sait bien qu’on vient au théâtre lorsqu’on s’y est confronté. On est pour l’instant les seuls à financer cette saison mais l’an prochain, on sera peut être rejoints par des collectivités locales ou des mécènes. On expérimente, on se lance et on verra comment le public réagira, puis on s’adaptera. »
Stanislas Nordey assure que cette saison supplémentaire se finance « à moyens constants », grâce à l’affection de l’équivalent du budget d’un spectacle. Mais l’ajout d’une centaine de dates au programme déjà bien fourni du TNS va inévitablement produire une pression supplémentaire sur l’équipe des salariés. Des agents d’accueil et des techniciens seront probablement appelés en renforts, mais pour Stanislas Nordey, tout a été fait pour minimiser les frais :
« L’Autre Saison est un ensemble de rendez-vous de qualité, mais qui sont plus légers et plus simples à mettre en place que les productions habituelles du TNS. On fait appel aux artistes qui sont déjà présents dans le cadre de la saison principale par exemple, on sollicite les étudiants… Ça nous permet de réduire tous les coûts d’hébergement et d’installation. Ce sera très sain pour le TNS d’être à la fois capable de mettre en scène d’imposants spectacles et de déployer ces rendez-vous légers. »
Des réservations ouvertes au compte-gouttes
« L’Autre Saison » comprendra des lectures d’artistes, comme par exemple la présentation d’un texte sur les migrants « Un qui veut traverser » de Marc Soriano par Emmanuelle Béart, des spectacles comme un monologue par Denis Podalydès et aussi des expérimentations, comme quatre mises en scène différentes du même spectacle, Trust de Falk Richter par les élèves metteurs en scène de l’école du TNS. « L’Autre Saison » prévoit aussi des spectacles itinérants et des rencontres avec intellectuels, des « ateliers de la pensée » comme les appellent Stanislas Nordey, sur des thématiques issues des spectacles de la saison principale.
Pour éviter que les événements de cette saison ne soient tous réservés à l’avance, les réservations ne seront ouvertes qu’un mois avant chaque date, directement sur le (futur) site web du TNS.
En partenariat avec les cinémas Star, Rue89 Strasbourg vous propose de gagner 30×2 places pour l’avant première du film « Much Loved » Le mercredi 2 septembre à 20h45 au Cinéma Star St-Exupéry en présence du réalisateur Nabil Ayouch et de la comédienne Loubna Abidar. Tirage au sort mercredi à midi.
Et vive la rentrée ! (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Chaque année, le Rectorat de l’académie de Strasbourg doit gérer une situation ubuesque dans le Bas-Rhin : il dispose de trop de professeurs des écoles en septembre, et en manque dès l’hiver. Et ce n’est pas prêt de changer.
Que faire d’une centaine de professeurs des écoles sans affectation ? C’est la question que se posent les agents du rectorat de l’académie de Strasbourg lorsqu’ils se retrouvent aux « groupes techniques d’affectations », peu avant la rentrée des classes.
Ainsi au début de la réunion du mercredi 26 août, 120 professeurs des écoles n’avaient pas d’affectation pour la rentrée dans le Bas-Rhin. À l’issue, ils étaient encore 70. Au final, le rectorat se retrouve avec une trentaine d’enseignants « en surplus » à la rentrée.
Cette situation, étonnante dans un contexte de contraintes budgétaires et de fermetures de classes pour ces mêmes raisons, provient d’une bonne attractivité du département, du report des départs à la retraite et d’une délicate gestion des quelques 8 795 enseignants du premier degré, dont 80% de femmes.
« Mieux qu’aller les chercher à Pôle Emploi »
François Schill, lui même professeur des écoles et secrétaire départemental du SNUIPP, un syndicat, n’y voit pas d’inconvénient :
« Il y a près de 6 000 professeurs des écoles dans le Bas-Rhin, alors arriver au final avec une trentaine sans affectation, ce n’est vraiment pas grand chose. Et puis je préfère cette situation à celle de la Seine Saint-Denis, où le rectorat a été contraint de faire appel à Pôle Emploi pour trouver dans l’urgence 200 enseignants ! »
Ces professeurs sans affectation sont donc ajoutés aux effectifs, en renfort. Cette situation se reproduit depuis plus de cinq ans dans le Bas-Rhin. Ces enseignants peuvent être « remplaçants », comme les professeurs ZIL (zone d’intervention localisée) ou bien envoyés auprès des Rased (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), ou encore chargés de gérer les classes des directeurs d’écoles, souvent surchargés par les démarches administratives à la rentrée.
Guillaume Arnould, directeur du cabinet du recteur, détaille le mécanisme :
« On doit faire nos prévisions d’affectations sur la base de nombre d’élèves prévisibles établis en juillet mais qui ne sont pas très fiables. Dans les petites communes, la présence d’un élève ou deux peut décider de l’ouverture d’une classe ou non. Et on doit composer avec les mouvements au sein de l’Éducation nationale, qui ne dépendent pas entièrement de l’académie. Donc notre effectif disponible en septembre subit des variations et le Bas-Rhin étant plutôt attractif, on se retrouve avec un solde de professeurs positifs. Mais c’est quand même assez marginal, et tous ont une occupation à la rentrée ! »
Envoyés sur des missions sans les formations adéquates
Certes, mais pour les syndicats, cette gestion des effectifs démontre une « vision comptable à court terme » comme le détaille Anne-Marie Haller, secrétaire départementale SE-Unsa :
« La situation est très inconfortable pour les collègues sans affectation, qui ne peuvent se préparer alors que ce sont souvent les plus jeunes. Et puis on envoie ces professeurs comme remplaçants, mais les postes de ZIL manquent. On se retrouve donc avec des remplaçants qui ne sont pas formés pour ça, ni préparés. Même chose pour les Rased, on envoie des collègues qui n’ont rien demandé sur des missions délicates qui nécessitent normalement des formations complémentaires, alors qu’on a supprimé des postes d’enseignants en Rased… Les professeurs en ZIL et en Rased ont des primes que n’ont pas les collègues sans affectation qui y sont envoyés. L’Éducation Nationale réalise ainsi des économies, ce qui explique peut-être pourquoi cette situation perdure depuis des années. »
Et pourtant, tous les parents qui ont des enfants dans le secteur primaire ont pu constater à quel point il était délicat que la maîtresse soit remplacée lorsqu’elle tombe malade. Selon un comptage de SE-Unsa dans le Bas-Rhin, 691 demi-journées de profs n’ont pas été remplacées du 10 janvier au 10 février 2015. Sur 850 écoles, c’est quand même pas mal. Comment l’expliquer avec ce surplus de profs ? Pour Guillaume Arnould, l’objectif est de lisser les besoins sur l’année :
« Avec les réformes successives, on a perdu tout notre stock de remplaçants. Et on doit faire face à des congés maternités, parfois suivis de congés parentaux, qui surviennent rapidement. Alors c’est vrai que ce surplus de professeurs est absorbé très vite. Durant l’hiver, notre taux de remplacement peut tomber à 60%. Mais on s’adapte. On doit avoir une gestion sur l’année, tout en essayant de pérenniser des enseignants sur des missions de remplacement. »
Là dessus, il faut ajouter les variations du nombre d’élèves, qui a baissé en Alsace depuis 2006 mais remonte depuis 2012. Ils étaient plus de 103 000 élèves en 2014 dans les classes élémentaires publiques et près de 65 000 dans les classes préélémentaires publiques.
Quatre trains arriveront gare du Nord (Photo Flickre/ elandroid /cc)
Opération déminage dimanche pour la SNCF. Des engins explosifs, datant de la Seconde Guerre mondiale, ont été repérés près de la gare de Noisy-le-Sec (Seine Saint-Denis), où passent les TGV entre Paris et Strasbourg. Le trafic ferroviaire sera suspendu le dimanche 6 septembre 2015, de 9h à 16h, le temps de neutraliser tous les éléments.
Certains trains modifient leurs parcours et s’arrêteront exceptionnellement en gare du Nord. Cela rallongera le trajet de 10 à 20 minutes. C’est le cas pour :
Paris/Strasbourg TGV n°2410. Départ 7h16 arrivée 9h47
Paris/Strasbourg TGV n°2424. Départ 11h46 arrivée 14h33
Paris/Strasbourg TGV n° 2433. Départ 13h41 arrivée 16h18
Colmar/Paris gare du Nord TGV n°2354. Départ 8h08 arrivée 11h18
Paris/Colmar TGV n° 2365. Départ 10h33 arrivée 13h50
Paris/Colmar TGV n°2373. Départ 14h55 arrivée 18h22
Paris/Stuttgart (via Strasbourg) TGV n° 9573. Départ 11h25 arrivée 15h20
Munich/Paris (via Strasbourg) TGV n°9576. Départ 6h29 arrivée 12h35
Le train vers Munich décale son départ de 30 minutes mais s’effectuera bien gare de l’Est :
Paris/Munich (via Strasbourg) départ initialement prévu à 15h25, partira à 15h55
Les TGV n°2373 et 2362, de Paris reliant Colmar, sont partiellement annulés dans les deux sens. Un bus assurera le transport entre Colmar et la capitale alsacienne.
Selon l’avancée des travaux de déminage, des nouvelles perturbations sont à envisager pour le dimanche 20 septembre.
Diplômée d’école de journalisme depuis juin. Effectue un stage de fin d’études avec Rue89 Strasbourg. Passionnée par les thèmes de société, environnement et culture.
Depuis les années 30, bien qu’officiellement interdite, la baignade se pratique dans le Wolfert. (Aline Fontaine)
Un graviériste a reçu l’autorisation d’étendre son activité à l’étang du Wolfert à La Wantzenau. Mais depuis des dizaines d’années, l’endroit est utilisé par des amateurs de plongée et de baignade. Une partie des habitants vient de saisir la justice, bien décidée à préserver ce site.
Il est 19h, le soleil commence sa descente sur l’étang du Wolfert, à la Wantzenau. Le calme règne aux alentours. Un triathlète enchaîne les traversées en crawl. Seul un chien à l’affût de sa balle tente de le concurrencer. Sur la rive, la famille Buermann est venue d’Hoenheim pour profiter des derniers rayons de chaleur d’août.
Le père de famille lance tout en déballant son pique-nique :
« On dirait que c’est imminent. D’habitude, à cette période, il y a beaucoup plus de monde le soir. On a l’impression que c’est demain qu’ils vont tout clôturer. »
Derrière ce « ils » se cache la société GSM Italcementi. Le 8 juillet 2014, le graviériste a reçu l’autorisation par la préfecture du Bas-Rhin d’étendre son activité et ainsi d’inclure le Wolfert dans son périmètre d’exploitation pour les vingt prochaines années. Au grand dam des résidents locaux, qui, même si la baignade y est interdite car sur un terrain privé, le fréquentent.
L’entreprise, propriétaire du terrain, a toujours toléré la présence des nageurs et promeneurs. Sauf que les 8 hectares du Wolfert recèlent dans leurs fonds près de 1,7 million de tonnes de granulats. Une ressource que convoite GSM. Selon l’industriel, les deux autres gravières de la commune ne suffisent plus. Pour Gérard Schnell, responsable qualité-sécurité-environnement chez GSM, l’extraction du Wolfert permettra à l’entreprise de continuer à exister :
« Il nous fallait une visibilité à long terme. C’est la logique industrielle, pour pouvoir investir notamment. On va ainsi être en mesure d’acheter une nouvelle drague. »
L’entreprise GSM exploite déjà les étangs du Silverlake et du Hohrain. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)
Le marché du BTP le justifiait-il ? Gérard Schnell ne cache pas que la production annuelle de l’entreprise a baissé ces dernières années, de 450 000 à 280 000 tonnes. La livraison de matériau pour la ligne grande vitesse, c’était il y a deux ans. Le temps des travaux de terrassement au Parlement européen ou de construction du tram est aussi terminé. Les gros chantiers se font rares, mais, assure Gérard Schnell, « il fallait absolument garder la possibilité d’extraire plus, même à un rythme inférieur ».
Ainsi, le groupe prévoit-il de poursuivre ses activités dans les bassins actuels pendant 12 ans et pour les 8 dernières années du permis d’exploitation, elle s’intéressera au Wolfert. En 1994, lors du dernier renouvellement de son autorisation d’exploitation, GSM avait fait connaître son désir de creuser dans l’étang. La préfecture s’y était alors opposée, arguant que la nature y avait repris ses droits.
Vingt ans plus tard, l’entreprise a multiplié les arguments pour convaincre les autorités de l’intérêt de cette extension. Gérard Schnell les rappelle :
« Le site de La Wantzenau est le plus ancien en activité d’Alsace, il date de 1893. Il fait partie d’une zone prioritaire graviérable, donc il a un intérêt général. Comme il se trouve aussi dans une zone Natura 2000, nous avons fait réaliser une étude d’impact environnemental pour montrer que les espèces protégées ne seraient pas menacées par l’extraction. Dans notre dossier de demande de dérogation, nous avons attesté que nous aménagerions des mares pour que les crapauds calamites ou les couleuvres à collier, par exemple, puissent se reproduire normalement. »
« Un déni de démocratie »
Une enquête publique a été ouverte par la Ville de la Wantzenau. C’est l’étape qui a réveillé une partie des habitants, craignant de perdre l’accès à « leur » Wolfert. Thierry Seibert, opposant au projet de GSM, a découvert le lancement de l’enquête publique au hasard d’un footing, début janvier 2014 :
« Je passais le long de l’étang et c’est là-bas que j’ai vu un panneau l’annonçant. Dans aucun des bulletins municipaux, ils n’en parlaient. »
Les deux clubs de plongée et celui de triathlon espèrent pouvoir continuer leurs activités dans le Wolfert. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)
Comme lui, 162 personnes se rendent en mairie pour exprimer leur opposition. L’association de triathlon qui s’entraîne et organise chaque année une compétition autour du Wolfert s’y oppose également, ainsi que le club de plongée, habitué des lieux.
Dans son rapport, le commissaire enquêteur a beau relever ces nombreux désaccords, ils ne l’empêchent pas de conclure par un avis favorable sans réserve à l’extension de l’exploitation. Un avis dont prend acte le maire d’alors, Claude Graebling, lors de son dernier conseil municipal en février 2014. Pour Thierry Seibert, c’est « un déni de démocratie » :
Thierry Seibert ne s’arrête pas là. Il décide de fonder une association, WWW, autrement dit Wantzenau Wolfert Wasserrat. Wasserrat, ou rat d’eau, un nom peu flatteur, mais dont le sens chez les Wantzenauviens est affectueux, puisque c’est comme ça que les locaux appellent les enfants qui passent leur temps dans l’étang.
Dans les esprits des 130 membres, il faut défendre les intérêts des habitants. Tout le monde a des souvenirs là-bas, Thierry Seibert aussi, devenu président de cette association :
« Quand j’étais jeune, j’y venais après les foins. Depuis 1930 que le Wolfert n’est plus exploité, les gens viennent s’y baigner, même si c’est normalement interdit. Ce n’est pas une simple piscine, c’est un bien culturel, un lieu de vie intergénérationnel. Dans les années 70, la commune l’avait même classé zone de loisirs. Nous espérions tellement que la Ville rachèterait l’étang. Et c’est finalement un lobby d’industriels qui l’emporte. »
Préserver l’environnement à tout prix
Le but premier affiché de l’association est, en évitant l’exploitation, de conserver le patrimoine naturel tel qu’il existe actuellement dans la zone du Wolfert. En septembre 2014, l’association dépose un recours administratif gracieux à la préfecture. Dans son dossier, elle dénonce le fait que l’inventaire écologique validé par la préfecture est incomplet. Cinq mois plus tard : rejet de la préfecture. Un premier échec pour Thierry Seibert et ses compères qui ont l’impression de réincarner David contre Goliath :
« Ils n’ont donné aucune explication sur la partie environnementale. Pourtant, il y a plein de manquements. Comment l’entreprise va-t-elle faire pour replanter les algues et les poissons qui vivent aujourd’hui dans l’étang, quand elle aura creusé 52 mètres ? Nous n’avons toujours pas de réponse. »
Gérard Schnell de la société GSM avoue que le bureau qui a mené l’étude d’impact s’est en effet contenté d’observer la surface.
Au mois de juillet, l’association WWW a saisi le tribunal administratif pour un recours contentieux contre le permis d’exploitation. À nouveau, WWW pointe du doigt les risques environnementaux. Le dossier est à l’étude, la date d’audience n’a pas été encore fixée.
Le maire se demande si les comités de suivi, censés veiller à la renaturisation, ont bien fait leur travail. (A.F)
Entre ces forts intérêts divergents, le nouveau maire, Patrick Depyl, essaie de jouer l’arbitre. Même s’il a voté contre le projet d’extension quand il était conseiller, maintenant qu’il a hérité de ce brûlant dossier, il doit « coller des rustines ». Patrick Depyl regrette néanmoins que le caractère sensible du Wolfert n’ait pas été suffisamment pris en considération :
« Je ne comprends pas pourquoi il fallait prendre une décision aussi rapidement avant les municipales. En tout cas, avec moi, ça aurait différent car j’étais plutôt favorable pour prolonger le permis pour 12 ans sur le site actuel et voir, après, en fonction du marché, si huit autres années ailleurs étaient nécessaires. En plus, les renaturations promises par l’entreprise pour les deux premiers étangs n’ont pas été menées à bien, et aucun comité de suivi ne l’a notifié. »
Le maire joue désormais la carte de la concertation entre l’entreprise, les différentes associations utilisatrices du lieu, et la préfecture. « C’est sûr que la facilité serait de clôturer, et on n’en parle plus. Mais personne ne souhaite cela. » L’objectif de Patrick Delpyl est de trouver un compromis pour les douze prochaines années, tant que le Wolfert n’est pas exploité.
Bientôt la « baignade interdite » sera remplacée par « baignade dangereuse ». (A.F)
À l’issue d’une première réunion de discussion, le 29 juin, le maire, les dirigeants des associations et de l’entreprise ont co-signé une lettre à l’attention du préfet. Ce dernier a accueilli favorablement les propositions d’aménagement. Les clubs de plongée et de triathlon, qui, en vue de l’exploitation de Wolfert devaient quitter les lieux, pourront continuer leurs activités. Le plus difficile, pour le maire, reste d’encadrer la baignade d’ici l’été prochain.
« Elle ne sera plus interdite, mais considérée comme dangereuse. Peut-être faudra-t-il aussi penser à fermer des routes afin de limiter la fréquentation et travailler au renforcement de la surveillance du site par les gendarmes. »
Une première solution à court terme, à moins que le jugement du tribunal administratif n’en décide autrement.
La plupart du temps je suis derrière une caméra, et parfois je la troque contre un stylo pour écrire sur des sujets de société qui ont trait au Moyen-Orient ou à la Roumanie.