Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Géothermie à Vendenheim : Fonroche doit procéder à de nouveaux tests

Géothermie à Vendenheim : Fonroche doit procéder à de nouveaux tests

Des produits colorés vont être injectés dans l’eau souterraine à partir du 1er octobre afin de réaliser une carte hydrogéologique et de détecter de nouvelles tensions du sous-sol.

Est-ce que le séisme ressenti en novembre 2019 au nord de l’Eurométropole était du à l’activité de géothermie profonde menée par Fonroche à Vendenheim ? Près d’un an après les faits, on ne sait toujours pas répondre à cette question, indique la préfecture du Bas-Rhin dans un communiqué.

En conséquence, Fonroche ne peut pas reprendre son exploitation de la chaleur puisée à 5 000 mètres sous la croute terrestre. L’entreprise espérait pourtant installer sur le site de l’ancienne raffinerie de Reichstett (à Vendenheim) la première centrale française de production d’électricité géothermique. L’équipement devait permettre d’alimenter en électricité l’équivalent de 10 000 logements et l’équivalent de 26 000 logements ou de 70 ha de serres agricoles en chaleur directe.

Mais des séismes sont venus rappeler le 12 novembre 2019 que les cavités souterraines n’appréciaient pas d’être dérangées par de la haute-pression… Les injections d’eau de la centrale de Vendenheim ont été suspendues depuis, en attendant des mesures d’impact qui semblent complexes à établir. L’analyse de l’événement sismique a été confié à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Ils ont travaillé à partir des données de Fonroche et de l’École et observatoire des sciences et de la terre (Eost). Cependant, il n’a pas été possible de relier les opérations de géothermie de Vendenheim à l’activité sismique constatée ce jour-là.

Vérifier les tensions dans le sous-sol

Tous ces experts ont proposé à la préfecture que soit réalisé une « carte » des compartiments hydrogéologiques sous Vendenheim et Reichstett. À partir du 1er octobre, un produit coloré et inerte va être injecté afin de mieux connaître les conditions de circulation de l’eau en profondeur. Il s’agira de vérifier si des tensions s’accumulent dans le sous-sol, ce qui pourrait créer des mouvements sismiques.

Si tous ces tests s’avèrent favorables et démontrent que les risques sont maîtrisés, une exploitation industrielle de la centrale géothermique pourrait être envisagée à la fin du premier semestre 2021.

Accusée de détournements de moyens, la conseillère régionale Vanessa Wagner a été relaxée

Accusée de détournements de moyens, la conseillère régionale Vanessa Wagner a été relaxée

La conseillère régionale et ancienne secrétaire générale de la fédération française du bâtiment du Bas-Rhin, Vanessa Wagner, a été relaxée par le tribunal de Strasbourg, ce jeudi 24 septembre. Elle était accusée de détournement de fonds et de moyens, pour sa campagne électorale aux législatives de 2017.

Pas de preuves, pas de condamnation. Le Parquet avait requis un an d’emprisonnement contre Vanessa Wagner, conseillère régionale (UDI) du Grand Est. Ancienne secrétaire générale de la fédération française du bâtiment du Bas-Rhin (FFB 67), elle était accusée d’avoir utilisé les salariés du syndicat patronal au bénéfice de sa campagne électorale lors des élections législatives 2017. Jeudi matin, elle a été relaxée par le tribunal de Strasbourg de toutes les charges qui pesaient contre elle.

Vanessa Wagner (capture d'écran Twitter)
Vanessa Wagner Photo : capture d’écran Twitter

Lors de l’audience du jeudi 10 septembre déjà, une partie de l’affaire était manquante puisque les témoins et plaignants étaient… absents suite à un accord financier. Même la FFB 67 avait retiré sa plainte.

Il ne restait face au juge que les éléments matériels recueillis par la gendarmerie, faisant état d’une collaboration pour l’écriture d’un livre et de participation aux opérations de tractage notamment. Or pour Vanessa Wagner, les salariés de la FFB 67 qui l’ont aidée dans sa campagne l’ont fait volontairement et en dehors des heures de travail.

Des relations de travail qui se sont détériorées

Des éléments précisés par Me Éric Braun, son avocat :

« Sur 4 ans d’échanges entre ma cliente et certains salariés de la FFB 67, les gendarmes ne versent au dossier qu’une trentaine de mails… J’ai montré au tribunal qu’aucun de ces éléments n’étaient constitutifs d’un détournement de moyens. Tous étaient volontaires et ce n’est que lorsque les relations entre ma cliente et ces personnes ont commencé à se détériorer qu’ils se sont mis à lui reprocher leur participation à la campagne… »

Dans ses conclusions, Éric Braun a démontré que les relations de travail étaient devenues exécrables à la FFB 67, au moins depuis 2013. Certains salariés recevaient une copie des mails envoyés à la secrétaire générale et pouvaient se faire passer pour elle.

Au final, le tribunal correctionnel a suivi la défense puisqu’il a prononcé la relaxe demandée. D’autres faits avaient été reprochés à Vanessa Wagner pendant son procès, notamment des irrégularités dans la participation à la gestion de la société de son ex-mari. Le tribunal l’a également relaxée sur ces faits.

La Grosse Entube : une fête foraine à l’ancienne ce week-end au jardin des Deux Rives

La Grosse Entube : une fête foraine à l’ancienne ce week-end au jardin des Deux Rives

Du 25 au 27 septembre 2020, le jardin des Deux Rives accueille une fête foraine à l’ancienne. Jongleurs, machines étranges, cabaret… La Grosse Entube, festival itinérant, vient planter ses tentes à Strasbourg, avec son cortège de jeux et de spectacles.

Une fête foraine est traditionnellement nomade. La Grosse Entube applique cette règle avec rigueur et change de ville chaque année. Pour cette cinquième édition, les forains s’installent du 25 au 27 septembre à Strasbourg, au jardin des Deux Rives, pour un événement mélangeant théâtre de rue et machines foraines.

Le maitre-mot est l’éblouissement

La Grosse Entube n’est pas une fête foraine ordinaire. Ici, pas de manèges géants bardés de files d’attentes ou de stands dépareillés aux prix exorbitants. L’événement renoue avec l’essentiel de son héritage : les jeux. Dans cette fête artisanale, mélange entre foire villageoise et musée vivant, les jeux sont placés au cœur du cheminement du public. Les spectacles viennent les entourer, accompagner le spectateur et étendre la magie au-delà des stands. La fête foraine est ainsi traitée comme une forme de spectacle à part entière. C’est tout l’espace de la Grosse Entube qui devient une scène. Le dispositif est totalement immersif, pour que le public puisse marcher à son gré dans ce monde bigarré.

Mécaniciens et enchanteurs, les forains créent l’émerveillement à chaque instant. Photo : de Gauthier Mesnil-Blanc

La réunion d’une grande famille artistique

Cette fête est le résultat de l’association de plusieurs compagnies et collectifs. L’organisation strasbourgeoise est supervisée par La Semencerie, le Collectif CRIC et la compagnie Micromegamondes. L’événement est autonome, avec ses propres techniciens et régisseurs. Il suffit de leur trouver un terrain adapté pour pouvoir planter leurs mats et monter leurs cabanons.

Cette association d’artistes d’horizons divers contribue à l’aspect fouillis fantastique de la fête. Au programme : de la marionnette, des machines étranges, des jongleurs, une cellule capitonnée et des auto-tamponneuses à pédales. Dans la galerie farfelue des propositions artistiques et des stands, il faudra se laisser porter par l’amusement et la curiosité. La fête est aussi très musicale, puisque sa programmation est bardée de concerts, et même d’un cabaret le dimanche soir.

L’accès à la fête est à prix libre, les spectacles sont au chapeau. Ce choix économique concoure également à la camaraderie et à la familiarité. Il sera possible de se restaurer sur place, pour profiter au maximum de cet échappée fantasque.

Malgré le contexte sanitaire, le rassemblement tient bon. Quelques événements annoncés ont dû être déprogrammés mais le festival pourra accueillir jusqu’à 1000 spectateurs simultanément. Le port du masque et la régulation de circulation y seront de rigueur. Des masques et du gel hydroalcoolique seront disponibles. Pour les organisateurs, il n’est pas question que le lieu devienne un cluster pour le virus. Au contraire, ils espèrent bien que cette fête sera l’occasion pour ses participants de s’extraire, un moment, du climat anxiogène lié à la pandémie.

Violences sexistes : l’Université de Strasbourg signale un étudiant au procureur

Violences sexistes : l’Université de Strasbourg signale un étudiant au procureur

Depuis plus de cinq ans, un étudiant âgé d’une soixantaine d’années passe son temps à aborder ses camarades féminines, surtout étrangères, en cours. Un harcèlement constant, selon plusieurs témoignages recueillis par l’association Ru’elles. Sous pression, l’Université de Strasbourg a transmis un signalement auprès du procureur.

Les rentrées se succèdent, le mode opératoire de David (le prénom a été modifié) reste le même. Tous les ans, l’étudiant de 58 ans s’inscrit en première année à l’Université de Strasbourg. Régulièrement, il se pointe en retard en cours de langue ou d’histoire. L’homme repère ainsi une élève isolée et s’installe à ses côtés. La technique d’approche varie peu : « Où en est-on dans le cours ? » ou « Tu pourras m’envoyer tes notes ? » Puis l’homme aux origines américaines propose un cours d’anglais gratuit, chez lui.

Tous les ans, David (le prénom a été modifié) s’inscrit en première année d’études à l’Université. D’abord étudiant en Langues Étrangères Appliquées (LEA), il est inscrit en Histoire cette année. Photo : Marie Bonnassie / Rue89 Strasbourg / cc

Une gène croissante face à David

C’est ainsi que tout a commencé pour Ana (le prénom a été modifié), étudiante en première année de psychologie en 2017. Au fur et à mesure, la femme de 20 ans ressent une gène croissante face à David : « Pendant les cours chez lui, il fixait ma poitrine en me faisant des compliments. Au bout de deux mois, il me prenait dans ses bras ou me faisait des bisous sur la joue, rien à voir avec une bise. » Un jour, lors d’une séance d’anglais chez lui, Ana prend peur. Au fond de sa tasse de thé, elle croit observer un « fond blanchâtre » qu’elle ne boira pas. Lorsque son hôte a la tête ailleurs, elle rédige rapidement un message à son ancien partenaire, avec l’adresse de la maison « si jamais je rép[onds] plus »

Ana prend alors ses distances avec David, qui lui propose régulièrement de sortir ou de réviser ensemble. Lors d’un cours d’anglais, il l’entend évoquer son cours de fitness du lundi. L’ancien élève d’Harvard, comme il aime à le rappeler aux jeunes étudiantes, se retrouvera devant le bâtiment du service des sports à l’heure de la séance d’Ana. La semaine suivante, David prend part au même cours qu’elle. L’homme l’agrippe par surprise en la secouant par les épaules et en l’embrassant sur la joue. Par SMS, la jeune femme lui demande de ne plus revenir. Elle prévient sa professeure et le concierge du comportement inquiétant de David. Mais rien ne change. Le soixantenaire est encore là la semaine d’après. Ana ne fera plus de fitness : « J’étais dégoûtée, je me sens comme si on le laissait me harceler. Personne ne m’a protégée… »

Gênée par la présence de David à sa séance de fitness, Ana finira par abandonner le sport. Photo : Marie Bonnassie / Rue89 Strasbourg / cc

Ana se promène avec un couteau

La jeune Strasbourgeoise ne répond plus aux SMS de David. Ce dernier l’aborde alors sur Facebook messenger. « Il m’envoyait des articles scientifiques ou des conférences », se souvient-elle. Ana laisse ces messages quasi-quotidiens sans réponse… puis finit par le bloquer. Il passe alors au mail, avant de « liker tous mes statuts Facebook, mes photos de profil. » Par peur de le croiser seule dans la rue, Ana se promène avec un couteau dans son sac. À la rentrée suivante, elle manquera son cours préféré, dédié à l’évolution des hominidés, de la même façon qu’elle a abandonné le fitness. Il était là, c’était trop pour elle.

Ana n’aurait jamais pensé pouvoir porter plainte. Mais lorsqu’un appel à témoignages concernant David a circulé en août 2020 sur le groupe Facebook « Témoignages & soutien violences sexistes de rue – Strasbourg« , l’étudiante reconnaît tout de suite son harceleur. Grâce à l’association Ru’elles, émanation de ce groupe Facebook, elle rencontre une juriste et en sort convaincue de déposer une plainte pour tentative d’empoisonnement, violence et harcèlement. Ana assure que la procédure contre David sera lancée mi septembre.

« Il sait très bien où se situe la limite »

En un mois, Mathilde, membre de l’association Ru’elles, est parvenue à récolter quinze témoignages similaires concernant les pratiques de David. L’étudiante se souvient l’avoir rencontré en cours de civilisation japonaise, où l’homme aimait étaler son savoir, quitte à perturber le cours. Face aux récits récoltés, la jeune femme comprend la complexité du dossier :

« Dans nos témoignages, il y a beaucoup de descriptions de comportements lourds, mais ce n’est pas contraire à la loi… C’est quelqu’un de très intelligent, il sait très bien où se situe la limite de la légalité. »

Rue89 Strasbourg a pu prendre connaissance d’un document de 42 pages constitué par l’association et transmis au procureur de la République. Plusieurs témoins s’y plaignent d’un comportement trop tactile de leur camarade trois fois plus âgé. Une élève raconte aussi avoir été touchée à l’épaule et à la cuisse lors d’un cours magistral. Une autre évoque un massage imposé à la bibliothèque.

Des plaintes répétées… dès 2014

C’est ainsi que David continue d’inquiéter de jeunes étudiantes depuis plus de cinq ans. Le 18 mars 2014, l’Université de Strasbourg signait déjà un arrêté interdisant à David de « pénétrer dans l’ensemble des locaux universitaires » pendant 30 jours. En cause : « les plaintes répétées des étudiantes et des personnels féminins affectées au centre de ressources de langues de SPIRAL face aux agissements récurrents de David. » Alors enseignant vacataire, David attaque l’arrêté au tribunal administratif, qui annule cette interdiction.

Cette décision d’un juge administratif a-t-elle donné une sorte d’immunité à David ? L’étudiant d’une soixantaine d’années n’a jamais cessé d’importuner ses camarades. En 2017, Paula (le prénom a été modifié) se souvient d’une collègue professeure de sport l’ayant averti à propos de cet ancien élève qui squatte les séances de fitness : « Trois filles s’étaient plaintes de lui, elles se sentaient harcelées. » Pendant trois ans, Paula surveillera attentivement les faits et gestes de ce participant gênant… sans jamais déceler un quelconque comportement passible de poursuite : « Pour les filles présentes dans mes séances, c’était juste un gros lourd qui les empêchait de faire leur sport parce qu’elles n’arrivaient pas à s’en débarrasser. »

Différents départements, différentes consignes

Le fonctionnement par départements de l’université a aussi joué en la faveur de David. Victoire Feuillebois, responsable pédagogique des L1 et L2 du département d’études slaves, a reçu la visite de trois étudiantes fin 2019. Ces dernières lui ont parlé du malaise causé par la présence de David en amphithéâtre ou en TD. Par la suite, la maître de conférences se rendra compte que ses collègues enseignant en chinois ou en japonais ont eux aussi été alertés sur le comportement de l’étudiant.

Certains départements de l’Université ont agi à leur niveau. Le 10 septembre 2019, le gestionnaire de scolarité pour les études allemandes, arabes et chinoises annonce par mail que David est « interdit d’inscription à la faculté des langues. Si cet étudiant se présente à vos cours et demande la permission d’y assister en tant qu’auditeur libre ou comme choix d’option, vous ne devez en aucun cas l’accepter. » En 2020 / 2021, il est inscrit à la fac d’Histoire.

Des mesures globalement inefficaces

Selon nos informations, une consigne avait été passée aux responsables de la salle de musculation en 2018 pour en interdire l’accès à David. Plusieurs témoignages nous confirment que la mesure n’a jamais été appliquée.

Le 7 novembre 2019, c’est au niveau des bibliothèques universitaires qu’une mesure de précaution est diffusée. Face au retour de David, le responsable du département des services aux publics invite ses collègues à « être vigilants si vous le repérez dans la bibliothèque et à surveiller son comportement auprès des jeunes femmes. »

Le 7 novembre 2019, c’est au niveau des bibliothèques universitaires qu’une mesure de précaution est diffusée concernant David. Photo : Marie Bonnassie / Rue89 Strasbourg / cc

Étudiante et vacataire dans une bibliothèque de l’Université, Laura (le prénom a été modifié) s’est longtemps sentie épiée par le soixantenaire. À plusieurs reprises, ce dernier l’attendait après la fermeture de la bibliothèque à côté de son vélo. Comme Ana, elle a dû mettre en place des stratégies d’évitement : demander à son collègue de la raccompagner, ou à son compagnon de la chercher.

Exemple de message envoyé par Laura à son compagnon lorsqu’elle craint de retrouver David à la sortie de la bibliothèque. Photo : Document remis

Laura compte aussi porter plainte cette semaine pour menace suite à une altercation avec David alors qu’elle devait fermer la bibliothèque. Un rapport d’incident daté du 9 septembre atteste des menaces proférées à l’égard de l’employée de la Bibliothèque Nationale Universitaire (BNU). Sa première tentative, au bureau de police de Neudorf, avait essuyé un refus du policier, qui préconisait le dépôt d’une main courante.

Sous pression, un signalement de l’Université

Le 8 septembre, le syndicat de l’enseignement supérieur SNESUP-FSU a alerté la présidence de l’Université sur les « signalements de harcèlement sur la plateforme ouverte par la jeune association (Ru’elles, ndlr) nombreux et convergents sur le mode opératoire. » Dix jours plus tard, toutes les organisations syndicales de l’université et le collectif de vacataires Dicensus demandaient cette fois à la présidence de l’université de « prendre toutes les mesures administratives propres à assurer la protection des personnels et des étudiantes de notre université. »

Sous la pression, la direction générale de l’Université a annoncé le 18 septembre dans un mail interne que « le président adresse un signalement au procureur de la République dans le cadre de l’article 40 du code de procédure pénale. »

Interrogé sur le contenu de ce signalement, la directrice de la mission de lutte contre les violences sexistes, Isabelle Kraus, n’a pas souhaité nous répondre. Parmi les étudiants ou professeurs interrogés, beaucoup regrettent un certain attentisme du côté de la présidence de l’Université. D’autres comprennent cette certaine prudence face à un comportement « limite », « lourd », mais difficile à porter devant les tribunaux. Une source proche du dossier nous indique que « le pire, ce serait de produire un arrêté qui serait à nouveau retoqué par le tribunal administratif. Le signal pour les victimes serait terrible. »

Contacté, David n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Le troisième recours contre le masque presque partout à Strasbourg rejeté

Le troisième recours contre le masque presque partout à Strasbourg rejeté

Le tribunal administratif a estimé que les conditions d’urgence et d’atteinte aux libertés n’étaient pas remplies pour étudier cette nouvelle action en Justice.

La Préfecture n’aura pas à retravailler une quatrième fois son arrêté sur le port du masque à toute heure à Strasbourg, sauf en forêt et au port. Saisi par quelques dizaines d’habitants, le tribunal administratif a rejeté la demande, alors qu’il avait donné raison aux requérants par deux fois en septembre. Il avait aussi suivi les requérants au printemps contre un arrêté du précédent maire Roland Ries, obligeant au port du masque dans la Grande-Île.

Cette fois-ci, la requête n’a même pas fait l’objet d’une instruction et d’une audience, ce qui est plutôt rare. « Les mesures moins contraignantes prises jusqu’alors pour lutter contre la propagation du virus n’ont pas permis d’atteindre leur objectif à Strasbourg », estime notamment le juge Claude Carrier. Il retient aussi un délai de 4 jours pour déposer le recours et l’absence « d’éléments probants et circonstanciés » sur « le sentiment d’angoisse qu’ils éprouvent ».

La Préfecture a annoncé que les arrêtés dans les 13 communes du Bas-Rhin concernées seront prolongé à minima jusqu’au 15 octobre.

La carte des zones où le masque est obligatoire

#port du masque

Face aux maltraitances gynécologiques, l’essor de listes de soignants sélectives

Face aux maltraitances gynécologiques, l’essor de listes de soignants sélectives

Une quarantaine de gynécologues, sages-femmes et médecins généralistes d’Alsace sont listés comme « ayant de bonnes pratiques en gynécologie » par le collectif d’usagères Gyn&Co. Les utilisatrices de cette liste y viennent en quête d’un ou une soignante plus respectueux de leur consentement et de leurs choix de contraception.

L’adresse d’un « bon gynéco » est un conseil précieux, transmis entre amies sûres grâce au bouche-à-oreille. Depuis quelques années cependant, ces « bonnes adresses » se transmettent également via internet et les réseaux sociaux : des listes de gynécologues, sages-femmes et de médecins généralistes sont constituées.

Bien référencée, la liste éditée par le « collectif d’usagères » Gyn&co compte plusieurs centaines d’adresses en France, aussi disponibles sous forme de carte. Le site classe les praticiens et praticiennes en plusieurs catégories : « accompagnement parcours trans », « endométriose », « gros et grosses friendly », « personnes racisées friendly », « sans jugement sur les « prises de risque », etc.

Une démarche militante

« Il nous semblait urgent de contrecarrer les mauvaises pratiques et les maltraitances gynécologiques en nous auto-organisant », décrit un texte de présentation du site. Le collectif remonte à 2013. Il trouve ses racines dans l’important nombre de demandes de conseils, notamment auprès de l’association d’universitaires sur le genre et le féminisme EFiGiES.

La liste se constitue au gré des recommandations. Pour y ajouter un ou une soignante, il faut remplir un questionnaire en ligne composé d’une soixantaine de questions. La première série interroge le vécu en tant que patiente. Le formulaire questionne les réactions du soignant recommandé vis-à-vis de l’orientation sexuelle, de l’intersexualité, la transidentité, la séropositivité et la consommation de drogues, mais également sa manière d’organiser le rendez-vous gynécologique.

Les limites de l’auto-déclaration anonyme

Qui remplit ces informations ? Par écrit, un représentant du collectif reconnaît qu’il est « difficile de contrôler la provenance de chaque recommandation car toutes sont anonymes. » Dans le même message, il est indiqué que « les critères d’évaluation ont été renforcés » et que « les recommandations comportant des témoignages et des commentaires détaillés » sont privilégiées. Impossible de savoir s’il faut plusieurs avis pour figurer sur la liste ou si un seul suffit. En théorie, un soignant n’a pas le droit de s’auto-recommander, car il contreviendrait à son « interdiction de publicité. »

Examinés par les membres du collectif, les questionnaires donnent ensuite lieu, ou non, à la publication d’une « fiche. » Y sont mentionnés l’adresse du soignant, son nom, sa profession ou spécialité, son genre, la convention sous laquelle il ou elle exerce (secteur 1, 2 ou absence de convention), et des précisions sur son activité comme la prise en charge de l’endométriose, la pose de stérilet, etc. Les fiches sont mises à jour lorsque le collectif reçoit des retours, par commentaires ou par e-mail.

« Lorsque les commentaires sont négatifs, et lorsque c’est justifié, nous choisissons de retirer les fiches, » explique le collectif qui a seulement accepté de répondre par écrit et anonymement. Un seul retour négatif « étayé » suffit pour retirer une fiche. Le collectif conserve les informations pour ne plus faire apparaître la recommandation à nouveau. Les commentaires négatifs ne sont pas publiés pour éviter tout « problème d’ordre juridique. » Et Gyn&co se veut une liste « positive ». 

La difficulté à obtenir la contraception qu’elles ont choisie est l’une des raison qui amènent les femmes à consulter des listes de soignants féministes. Photo : Reproductive Health Coalition / Unsplash

Une quarantaine de praticiens sont répertoriés en Alsace, dont la moitié à Strasbourg. Sur les forums, ou les groupes d’entraide locaux sur Facebook, la liste est souvent proposée dès qu’une femme demande l’adresse d’un « bon gynécologue. »

« Elle m’a réconciliée avec l’idée d’aller voir un gynécologue »

Manon a 21 ans. Arrivée à Strasbourg en 2016, c’est sur Google qu’elle a trouvé l’adresse d’un gynécologue pour se faire poser un stérilet :

« Ça s’est très mal passé. Il ne m’a expliqué aucun de ses gestes. Il a retiré le stérilet de sa gaine et l’a inséré avec une pince. J’ai hurlé et je me suis débattue tant j’avais mal. J’avais l’impression que l’on me déchirait à l’intérieur. Il m’a maintenue sur la table en me criant dessus : “Arrêtez de bouger, vous allez vous faire mal !” Je me suis évanouie de douleur et réveillée vingt minutes plus tard dans une autre pièce. »

Ce n’est que plusieurs jours après, en chemin pour un examen de contrôle, qu’elle réalise ce qu’il s’est passé :

« Devant le cabinet, j’étais incapable de trouver où je devais sonner. J’ai réalisé que j’avais subi un gros traumatisme. Cette pose, je l’ai vécue comme un viol. J’ai mis des mois à en être consciente. »

S’en suivent deux ans de règles extrêmement douloureuses, accompagnées de la sensation de « sentir quelque chose » dans son ventre. Elle décide de trouver un nouveau médecin pour retirer son dispositif. Des amies lui conseillent Gyn&co. Sa nouvelle gynéco lui a expliqué « chacun de ses gestes avant de les faire et m’a demandé à chaque fois si j’étais d’accord pour qu’elle me touche. » Manon se dit « réconciliée » avec les rendez-vous chez le gynécologue.

« Mon projet d’avoir des enfants n’était pas pris au sérieux »

Michelle (prénom modifié), 27 ans, a elle aussi consulté la liste Gyn&co suite à de mauvaises expériences :

« J’ai eu énormément de remarques et de jugements sur mon poids. Une fois, après avoir constaté que j’avais pris un peu moins d’un kilo, une médecin m’a dit : “Et sinon, c’est votre projet de prendre dix kilos par an ?” Mon projet d’avoir des enfants n’était pas pris au sérieux. Une pilule m’a été prescrite sans me poser de question. »

Une demi douzaine d’utilisatrices strasbourgeoises de cette liste ont accepté de témoigner pour cet article. La plupart font état de mauvaises expériences avant d’avoir eu recours à l’annuaire de Gyn&co. Des expériences qui incluent des formes de violences physiques, des examens douloureux, rapides, non expliqués, des propos déplacés sur le nombre de partenaires voire des injonctions à la maternité. Toutes déplorent un manque d’écoute et de dialogue, particulièrement au niveau de la contraception. Elles jugent les soignants choisis grâce à cette liste plus attentifs à leurs demandes, plus pédagogues et plus respectueux de leur consentement.

Le lent changement des pratiques

Les soignants recommandés par le site Gyn&Co n’en sont pas avertis. Mais s’ils en font la demande, leur fiche peut être retirée. Carole, sage-femme à Strasbourg, a appris que son nom y figurait par des amis et quelques patientes. Plutôt réticente à l’idée de listes, parce que « chacun peut mettre ce qu’il veut », elle a toutefois vu arriver à son cabinet des femmes qui l’avait choisie par ce biais :

« Ce sont des femmes qui cherchent à être entendues. Elles ne veulent pas forcément aller tout de suite vers un examen gynécologiques. Elles attendent surtout plus de pédagogie, d’échange. »

De son point de vue , ces femmes sont souvent « déçues » du modèle classique de consultation gynécologique qui consiste à expliquer l’objet de sa visite, se déshabiller et se faire examiner en un quart d’heure :

« Il y beaucoup de jugement de la part de certains professionnels. Des paroles parfois brutales,et une façon de pratiquer, disons le, encore un peu patriarcale. »

Elle relève que « l’écoute est de plus en plus au centre des formations. » L’évolution vient aussi « des femmes qui parlent de plus en plus » et osent changer de médecin.

Morgane (prénom modifié), gynéco-obstétricienne alsacienne présente sur la liste, pointe également une évolution des pratiques. Elle l’explique par un changement de génération et une « féminisation de la profession ». À l’écoute de certains témoignages, elle a ressenti une « honte » sur « comment certains gynécologues traitent les femmes ». Elle espère qu’avec l’évolution des pratiques, « il n’y aura plus de telles listes dans les années à venir. »

À Bordeaux, Lyon et Strasbourg, les premiers pas minés des maires écologistes

À Bordeaux, Lyon et Strasbourg, les premiers pas minés des maires écologistes

À Lyon, Bordeaux et Strasbourg, des maires écologistes ont pris les commandes des villes et des métropoles. Avec parfois une communication hésitante, voire des faux pas, mais aussi des décisions politiques tentant de coller à des programmes pro-environnement. Depuis les postes d’observation de Rue89Lyon, Rue89 Bordeaux et Rue89 Strasbourg, voici une analyse chorale de ces premiers pas.

Lyon, Bordeaux et Strasbourg font figure d’autant de laboratoires du déploiement de politiques dites « vertes », autant d’expérimentations que ces écologistes voudraient réussir pour placer Europe Écologie – Les Verts (EELV) comme un parti de gouvernement crédible, en vue des élections présidentielles de 2022.

Les stratégies divergent toutefois. Si elles ont suscité -la plupart du temps à leur insu- des polémiques et essuyé des tempêtes médiatiques, les nouvelles mairies tentent d’inscrire de nouvelles politiques sur leurs territoires. Quel tempo et quels choix politiques ?

Premiers couacs dans la communication

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Une opposition au conseil municipal de Niederhausbergen

Une opposition au conseil municipal de Niederhausbergen

La tribunal administratif a invalidé l’élection de quatre conseillers municipaux de Niederhausbergen, pour accorder ces sièges à la liste concurrente. Sauf appel, une opposition au maire devrait apparaître au conseil municipal de cette commune de l’Eurométropole, une première depuis 2014.

La vie démocratique à Niederhausbergen pourrait bien prendre un tour plus intéressant ! Dans une décision du 17 septembre, le tribunal administratif a annulé l’élection de quatre conseillers municipaux à Niederhausbergen pour les attribuer à quatre élus d’opposition.

Élu maire en 2008, réélu sans opposition en 2014, Jean-Luc Herzog a graduellement exaspéré une partie des habitants de ce village du nord de l’Eurométropole. Si bien qu’en 2020, malgré de nombreuses intimidations, une liste d’opposition avait réussi à se constituer autour de Sylvette Garrigou. Au soir du 15 mars, elle n’avait cependant obtenu que 333 voix sur 817 suffrages exprimés (40,76%).

Sylvette Garrigou va pouvoir rejoindre le conseil municipal de Niederhausbergen. Photo : doc remis

Des noms omis sur les bulletins

Mais sur ses bulletins, cette liste appelée « Mieux vivre Nieder » avait omis de faire figurer les deux noms des remplaçants. Jean-Luc Herzog, qui décidément ne supporte par les opposants, ne s’est pas fait prier pour y voir une irrégularité et proclamer la nullité de l’ensemble de ces bulletins. Il a démarré sa mandature avec 19 conseillers élus sur 19 places.

Mais pour le tribunal administratif, cette omission sur les bulletins de « Mieux Vivre Nieder », « aussi regrettable soit-elle, ne constitue pas une manœuvre et n’a pas fait obstacle à l’identification de liste par l’électeur. » En conséquence, « les 333 bulletins litigieux ne devaient pas être regardés comme nuls et doivent être attribués à la liste conduite par Mme Garrigou. » Le tribunal prononce donc l’élection de Sylvette Garrigou, Pierre Zillhardt, Émilie Hatiye et de Michel Prinz en remplacement de Valérie Hetzel-Umbricht, Guillaume Adam, Sonia Adam et Jean-Pierre Henri Hartmann.

Constatant que la réintégration de ces bulletins ne modifie pas le résultat global du scrutin (Jean-Luc Herzog élu à 59,24% des suffrages exprimés), le tribunal administratif a rejeté la requête en annulation de Sylvette Garrigou. Le maire a un mois pour faire appel de cette décision devant le Conseil d’État.

5G et Parlement européen vont animer la fin de conseil municipal

5G et Parlement européen vont animer la fin de conseil municipal

Coronavirus, absence de sessions au Parlement… Les écologistes doivent d’abord gérer les crises. Avec une question sur la 5G, les débats nationaux s’importent place de l’Étoile. Pour la première fois lors de cette mandature, la séance sera à nouveau commentée en direct par nos soins. À suivre à partir de 14h.

C’est le grand retour des conseil municipaux commentés ! Les séances s’enchaînent depuis l’élection de Jeanne Barseghian, la quatrième déjà ce 21 septembre. L’ordre du jour s’épaissit (43 points), mais la patte écolo est encore peu visible à travers les délibérations soumises au vote. Lors du conseil précédent, les élus et élues ont certes débattu de la plantation de 1 000 arbres par an, mais le « Plan Canopée » était un projet établi par l’équipe précédente.

La municipalité doit d’abord gérer la crise liée au coronavirus et mettre en œuvre des dispositifs de la mandature passée. Ainsi, les exonérations de loyers, pour 2 mois voire 3 mois, pour des commerces et associations impactées par le confinement ont été décidées par les équipes de Roland Ries et Robert Herrmann. Les plus gros montants, au-delà de 20 000 euros, concernent des grands restaurants : la Brasserie Meteor, la Maison Kammerzell, le Gurtlerhoft, l’Ancienne Douane, ainsi que la Librairie Kléber. Au total, près de 500 000 euros n’ont pas été réclamés par la municipalité.

Appartements à vendre sur les quais

Toujours au rayon du patrimoine, la municipalité continue de vendre des « bijoux de famille », ce qui a parfois fait réagir la droite lors du mandat passé. Une opération concerne les appartements aux 23 et 24 quais des Bateliers, tout juste piétonnisés. Le bien est dans « un état général dégradé » selon la délibération.

Quatre des neufs appartements sont occupés. L’ensemble est cédé « sans garantie quelconque » sur son état pour 2,4 millions d’euros à la société bordelaise France Pierre Patrimoine. Elle y réalisera 23 logements, du studio au 3-pièces, dont 6 logements sociaux. Le règlement de copropriété indiquera que les « locations touristiques et chambres d’hôtes » sont interdites et il ne sera pas possible de revendre le bien pendant 10 ans. Les rez-de-chaussée, des commerces, restent propriété de la Fondation de l’Oeuvre Notre-Dame, qui s’occupe de l’entretien de la Cathédrale.

La municipalité vend les deux immeubles, le vert et le jaune, propriété de l’oeuvre Notre-Dame Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Avant cela, au point 1, la majorité retente d’instaurer une commission des Finances, une nouveauté budgétaire à Strasbourg. En juillet, l’opposition avait convaincu Jeanne Barseghian (EELV) de retirer ce texte, estimant qu’elle n’avait pas les garanties d’y exercer un « contrôle ». Cette fois-ci, l’opposition obtiendrait la co-présidence qu’elle réclame, qui était supposément « impossible » juridiquement deux mois plus tôt.

Continuité sur le sport pro

Autre point important, les relations avec le sport professionnel. Les écologistes ont souvent exprimé leurs réticences sur les montants d’argent public consacrés à des clubs privés. Même si en cours de mandat, ils ont voté pour ces délibérations, ils ont exigé qu’une partie des subventions soient conditionnées à des actions « citoyennes ».

Pour 2020 / 2021, il n’y aura pas de changement. Les montants versés au Racing et à la SIG sont strictement identiques à l’année précédente : 0,8 million d’euros pour le club de football et 1,12 pour le club de basket. Ces clubs vont devoir gérer leur saison avec moins de spectateurs.

Le conseiller municipal d’opposition Pierre Jakubowicz est-il connecté au Wifi ou souhaiterait-il surfer en 5G ? Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas

L’opposition toujours en forme

Les ordres du jour étant peu saillants, l’opposition LR-LREM continue son hyper-activisme. Elle dépose 5 interpellations en fin de séance, quitte à donner dans la redite, comme sur Marché de Noël.

Pierre Jakubowicz ajoute une question d’actualité concernant la tribune signée par Jeanne Barseghian, qui demande avec d’autres maires un moratoire sur le déploiement des antennes 5G le temps « d’un débat démocratique décentralisé », notamment sur les impacts environnementaux de cette technologie. Cette suspension était une proposition de la Convention citoyenne pour le Climat voulue par Emmanuel Macron et le président n’avait pas utilisé un de ses trois « jokers » là-dessus en juillet. Mais depuis la tribune parue dans le Journal du Dimanche, il a comparé les écologistes aux « Amish ». Pierre Jakubowicz ne reprend pas ces mots mais voit-là « une logique décroissante et conservatrice, voire réactionnaire ». Les débats nationaux en vue des élections présidentielles de 2022 s’importent doucement dans l’hémicycle strasbourgeois.

Les débats devraient être plus consensuels (quoique…) pour voter une motion symbolique qui réclame la reprise des sessions à Strasbourg du Parlement européen. La prochaine se tient le 5 octobre. La venue du secrétaire d’État Clément Beaune n’a pas débouché sur d’annonces particulières, mais d’un contact un peu plus étroit entre les élus locaux et le gouvernement.

À suivre en direct à partir de 14h.

Le coup de gueule des salariés de Biocoop

Le coup de gueule des salariés de Biocoop

La chaîne de supermarchés bio voulait changer le monde, c’est finalement le monde des affaires qui l’a changée. Certains employés strasbourgeois ont participé jeudi à Paris à la mobilisation nationale des salariés de Biocoop.

Un nouveau secrétaire général à la CGT 67 succède à Jacky Wagner

Un nouveau secrétaire général à la CGT 67 succède à Jacky Wagner

Une page se tourne dans le Bas-Rhin pour l’organisation syndicale.

Quelques centaines de personnes ont manifesté à Strasbourg jeudi 17 septembre pour la première manifestation interprofessionnelle depuis le confinement. Autour du camion de la CGT et son orchestre du Prolet Tanz Klub, pas de Jacky Wagner, l’emblématique secrétaire général moustachu de l’Union départementale du syndicat de salariés. L’organisation et les prises de parole, notamment auprès des médias, est revenue à Laurent Feisthauer, un professeur issu de la branche Éducation du syndicat, nouveau secrétaire général de la CGT 67. Un mandat dure trois ans.

Laurent Feisthauer, futur secrétaire général de la CGT67. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

À 59 ans, Jacky Wagner souhaitait passer la main après 14 années à la tête de l’organisation bas-rhinoise. Il restera salarié au service juridique du syndicat pendant un an, jusqu’à l’âge de sa retraite. Au printemps, il a par ailleurs été élu maire de Quatzenheim, un village du Kochersberg dont le maire élu en 2014 était Sylvain Waserman (Modem), devenu ensuite député de la majorité en 2017.

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#Laurent Feisthauser

Opiclient, une tentative strasbourgeoise contre la dictature des avis sur internet

Opiclient, une tentative strasbourgeoise contre la dictature des avis sur internet

Invérifiables et parfois injustifiés, les avis sur internet ont un impact sur la fréquentation des bars et restaurants, sans permettre aux enseignes de s’améliorer. Guillaume Schoenn a imaginé une plateforme qui pourrait mettre fin à ces travers.

Guillaume Schoenn, jeune entrepreneur strasbourgeois, est l’un des deux créateurs d’Opiclient, une plateforme de notation sur Internet comme La Fourchette ou Trip Advisor. Sauf que, contrairement à ces services largement utilisés, les avis des clients sont validés manuellement et les notes des enseignes ne sont pas affichées, prévenant ainsi les commentaires malveillants ou trop vagues.

Le fléau des commentaires malveillants

Sur Trip Advisor, Christian Essenner, barman au Coq d’Or, a récemment été victime de propos qu’il juge diffamatoires. Son nom a été cité sur la plateforme mondiale de notation dans deux commentaires qui ressemblent plus à des attaques personnelles qu’à de véritables retours de clients :

« Quand on m’a signalé que mon nom apparaissait, je suis allé vérifier son profil. Sur 35 avis postés par cette personne, 34 étaient négatifs et concernent des restaurants de Strasbourg, de Schiltigheim et de Saverne. J’ai prévenu tout le monde et j’ai bientôt rendez-vous avec un avocat, je ne compte pas me laisser faire ».

Christian pense connaître l’auteur de ces commentaires et assure que ce n’est pas un concurrent. Cette pratique est pourtant courante entre enseignes explique Thibault Monteiro, gérant du bar à salades et à sandwichs Green Factory :

« Quand je travaillais au Rivétoile, c’était la guerre pour savoir qui serait le premier sur Trip Advisor. Certains restaurants envoyaient des vagues de commentaires négatifs aux concurrents pour passer devant. C’est terrible parce que les avis internet et la moyenne impactent fortement la fréquentation, c’est souvent le premier élément à partir duquel se décide un client. »

Stéphane Wernert à la manoeuvre Photo : doc remis

« Le problème, explique Stéphane Wernert, gérant du Café de l’Opéra et du Girasol, est qu’on ne peut pas vérifier qui laisse ces commentaires. » Le restaurateur explique que les avis sont moins virulents lorsque l’identité des clients est visible comme sur Facebook :

« Sur Trip Advisor, c’est le summum. Les gens se cachent derrière un pseudo et parfois, c’est évident qu’ils ne sont pas venus au restaurant. Une fois, on a eu un commentaire nous reprochant un sol sale où auraient traîné des sachets de frites. On est un restaurant italien, on ne fait pas de frites. »

Les restaurateurs se sentent démunis face à ces avis qu’il est presque impossible de faire retirer. La meilleure solution, selon lui, est de ne pas y répondre car plus une publication génère de d’activité, plus l’algorithme de la plateforme la mettra en avant. Une stratégie qui empêche les gérants de se justifier.

Frédéric Muller et Nicole Tu-Muller, gérants du Mandala Photo : doc remis

Des retours peu utiles

Romain Buffa, gérant de Street Bucher, est plus nuancé. Il estime qu’il y a toujours une part de vrai dans les retours négatifs et leur « côté extrême » est contrebalancé par des louanges parfois un peu exagérées. Selon lui, les commentaires injustifiés restent marginaux.

C’est aussi l’opinion de Fréderic Muller, gérant du restaurant vietnamien Le Mandala, pour qui le problème des avis sur internet réside plutôt dans la qualité des retours :

« Les avis laissés sont très tranchés, ils est impossible d’avoir une idée de la satisfaction moyenne des clients. Ils sont aussi très généraux donc on ne sait pas ce que l’on doit améliorer… »

Un questionnaire de retours vérifiés

Opiclient a été pensé pour répondre à ces problèmes, obtenir des retours utiles et aider les commerçants à améliorer leur prestation. L’application strasbourgeoise collecte des retours clients qui ne sont visibles que par les enseignes. Toute tentative de diffamation perd alors de son intérêt puisque un commentaire négatif n’impactera pas la réputation de l’établissement.

Un système de vérification a également été mis en place. Afin d’assurer que les retours viennent bien de clients, ces derniers devront prendre en photo leur ticket de caisse après avoir rempli le questionnaire de satisfaction. Le retour ne sera communiqué aux commerçants qu’après une vérification par Guillaume Shoenn, l’un des deux fondateurs. Il assure aussi la modération, tout questionnaire comportant une insulte est invalidé.

Guillaume Schoenn a lancé une plate-forme de notation plus à l’écoute des besoins des commerçants et de leur relation avec les clients. Photo : Dorothée Parent / doc remis

L’avis des clients est collecté à travers un questionnaire rapide mais détaillé. Avec Opiclient, ils peuvent s’exprimer sur la qualité du service, la disponibilité du personnel, son amabilité, sa rapidité, etc. Pour l’instant, les commerçants interrogés n’ont guère été aiguillonnés par les commentaires mais Guillaume Shoenn est confiant :

« On a un partenaire qui a reçu une recommandation très intéressante : un de ses clients qui revenait des États-Unis lui a suggéré de chauffer l’intérieur du pain de ses burgers avec un peu de beurre avant de les dresser. Le restaurateur compte désormais suivre ce conseil. »

Le questionnaire d’Opiclient est complet et se complète en 3 à 4 minutes. Photo : capture d’écran

Le questionnaire proposé aux clients est personnalisable par chaque enseigne, détaille Guillaume Shoenn :

« Pendant deux ans, on a vraiment travaillé avec les gérants pour cibler leurs besoins. Les réponses s’affichent sous forme de diagrammes circulaires, c’est très visuel. »

Des réductions sous condition

Une fois le questionnaire rempli, les utilisateurs gagnent un point. Chaque point donne droit à une réduction qu’il est possible de choisir sur le catalogue de la plateforme.

Ces réductions, valables seulement à certains moments, ont pour but d’augmenter les taux de fréquentation des établissements pendant les périodes creuses. Le Coffee Stub par exemple, propose 25% de réduction sur l’addition, mais uniquement du mardi au vendredi, de 10h à 12h et de 14h à 16h, hors jours fériés.

Lancé le 2 juin, Opiclient comptait mi-septembre une quarantaine de partenaires, en majorité des bars et des restaurants. Côté utilisateurs, Guillaume Schoenn en dénombre autour de 600.

L’application est gratuite pour les utilisateurs et pour l’instant elle l’est aussi pour les enseignes partenaires. Les deux fondateurs espèrent à terme pouvoir se rémunérer en prenant une petite commission sur chaque enquête réalisée.

#Guillaume Schoenn

Changement de hiérarchie dans l’opération « Strasbourg capitale de Noël »

Changement de hiérarchie dans l’opération « Strasbourg capitale de Noël »

« Face aux pouvoirs établis » – La majorité écologiste souhaite redéfinir le Marché de Noël. Cette orientation se ressent avec une modification de l’organigramme autour du pilotage de l’événement.

Avec la nouvelle majorité, le pilotage de l’opération « Strasbourg capitale de Noël » change de têtes. Laurent Delion, directeur du service Événements, devient le coordinateur de l’événement. Pour la direction générale, c’est toujours Vincent Erhardt, l’un des adjoints de Pierre Laplane, qui fait le lien entre les services, s’occupe des questions juridiques, des marchés publics et des contacts avec les autres partenaires comme la préfecture.

L’ancien coordinateur, Renaud de Maillard, directeur de la réglementation urbaine, reste dans l’équipe d’organisation, qui intègre de nombreux services dont le sien. L’an dernier, il avait été très exposé en mettant organisateurs et commerçants dans l’embarras, après avoir déclaré sur France 2 que la provenance des produits n’était pas importante pour exposer au Marché de Noël.

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#Laurent Delion

Jean-Claude Meyer, 70 ans à la Krutenau : « C’était un quartier haut-les-mains »

Jean-Claude Meyer, 70 ans à la Krutenau : « C’était un quartier haut-les-mains »

« Mémoires de quartier » est un podcast Rue89 Strasbourg qui donne la parole aux habitants sur l’évolution de leur quartier. Dans ce deuxième épisode, Jean-Claude Meyer raconte la Krutenau, où il est né et a toujours vécu. Il se souvient d’un quartier ouvrier, mal famé jusqu’à sa réhabilitation dans les années 70-80.

Jean-Claude Meyer est né en 1946, au 36 rue de la Krutenau. Presque en face de l’ancienne manufacture des tabacs, juste derrière l’usine de torréfaction des cafés Brosio. Après-guerre, le quartier porte les marques des bombardements. Le terrain de jeu préféré de la bande de gamins à laquelle il appartient est d’ailleurs une caserne de huit étages, partiellement détruite, là où se dresse aujourd’hui le parking des Bateliers. À l’époque, il n’y avait pas ou très peu de voitures dans les rues.

Jean-Claude Meyer a toujours vécu à la Krutenau. Il a grandi juste à côté de la manufacture de tabac. Photo : VP/ Rue89 Strasbourg

Dans cet épisode de « Mémoire de quartier », il revient sur sa jeunesse dans une Krutenau « haut-les-mains », entre « guerre des boutons » en bandes rivales et bagarres au moment de la foire. « Tous les prétextes étaient bons pour se battre », glisse t-il dans un sourire, presque nostalgique. Il livre aussi quelques anecdotes sur un ancien camarade de classe devenu célèbre : Simon Schneider, aussi connu comme le « Arsène Lupin alsacien. »

Jusque dans les années 70-80, la Krutenau est un quartier ouvrier. La manufacture des tabacs emploie alors 800 employées, des femmes en majorité. En 1945, elle produit la moitié des cigares français. À l’autre bout de l’actuelle rue de Zurich, l’ancien arsenal militaire abrite l’usine Baco (anciennement Baumgarten & Compagnie). Elle est transférée à la Meinau en 1964. « La rue du Maréchal Juin n’existait pas, se souvient Jean-Claude Meyer. C’était une espèce d’impasse qui donnait sur l’usine. »

Ancien bâtiment de l’Arsenal. Photo : Image Archiwiki – collection particulière

Le quartier compte aussi de nombreux commerces et artisans. Comme la confiserie Robin, entre 1924 et 1975, au 2 rue Paul Janet. Ou encore les fameux cafés Brosio, dont le magasin de vente se situe rue de Zurich. On y trouve également un cinéma, dans le bâtiment de l’actuel TJP, rue des Balayeurs. Théâtre et cinéma en 1929, le Podium devient « Cinéma Brasserie Krutenau » en 1935 jusqu’en 1951, puis « le Rexy » dans les années 50. « On y allait tout le temps, se remémore Jean-Claude Meyer. Mais il a fermé dans les années 60. »

Le bâtiment de l’actuel TJP accueillait auparavant un cinéma de quartier. Photo : VP/ Rue89 Strasbourg

Mais les usines comme les ouvriers disparaissent à partir des années 70, lorsque l’opération de réhabilitation du quartier débute. Les usines ferment. Les commerçants et artisans prennent leur retraite. Mais Jean-Claude lui, reste. Ancien poseur de faux-plafonds, puis vendeur chez les cafés Brosio, il profite aujourd’hui de sa retraite à quelques rues de là où il a grandi.

Régionales : les écologistes partent en premier, en regroupant six partis

Régionales : les écologistes partent en premier, en regroupant six partis

La plupart des partis écologistes se rassemblent pour lancer leur campagne des élections régionales dans le Grand Est.

Les écologistes sont les premiers à annoncer la couleur pour les régionales de mars 2021. Première étape pour enclencher une candidature : réunir autant que possible la galaxie écolo. Avec Europe Écologie Les Verts, on retrouve cinq autres formations de moindre envergure pour initier une démarche : le Mouvement des progressistes (MDP, avec Robert Hue), Génération Écologie (avec Delphine Batho), Cap21 (avec Corinne Lepage, dont le cabinet d’avocat est mobilisé sur plusieurs dossiers alsaciens comme Stocamine et Amazon), l’Alliance écologiste indépendante (AEI, parti allié avec les régionalistes d’Unser Land en 2015), ainsi que Génération.s, le parti de Benoît Hamon. Seul le Mouvement écologiste indépendant (MEI) manque à l’appel pour le moment.

Un premier appel, puis des négociations

Parmi les axes de programme : développer les transports en TER et pour les marchandises, lutter contre les déserts médicaux, l’opposition aux zones commerciales « qui tuent le commerce de centre-ville et artificialisent les terres agricoles », le soutien aux laboratoires de recherche, « ne pas opposer économie et écologie », structurer des filières économiques, etc.

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Enfants et professeurs éprouvés par une rentrée ratée à l’école maternelle Gutenberg

Enfants et professeurs éprouvés par une rentrée ratée à l’école maternelle Gutenberg

Travaux envahissants, manque de toilettes et Covid : la rentrée est compliquée à l’école maternelle Gutenberg, où les professeurs doivent accueillir les enfants dans des conditions matérielles délicates.

Jeudi 17 septembre, 8h25. Énième mauvaise surprise pour les professeurs de l’école maternelle Gutenberg, quartier Montagne Verte. L’alimentation en eau ne fonctionne pas ce matin, dans les toilettes non plus. Une odeur insupportable émane des sanitaires de l’établissement.

« On ne pouvait pas accueillir les enfants sans eau courante ni toilettes », regrette Christelle (le prénom a été modifié). Sauf que le Rectorat a maintenu l’ouverture de l’école. Dépitée, la maîtresse a trouvé dans la flexibilité des parents une solution : « Devant le portail, quand ils ont appris la situation, 90% d’entre eux ont repris leur enfant. »

Pour les professeurs de l’école maternelle Gutenberg, le cœur du problème de la rentrée se trouve aux toilettes… Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg/ cc

Déménagement de dernière minute

Cette coupure d’eau a été particulièrement mal vécue par les enseignants, qui doivent gérer depuis la rentrée les conséquences d’importants travaux d’agrandissement de l’école. Deux classes devaient déménager, ce sera finalement six qu’il faudra relocaliser. Plutôt que de préparer le planning et leurs activités pédagogiques, les enseignants ont dû déballer des cartons et aménager les salles de classe.

Les premiers jours de la rentrée, Christelle a la désagréable impression de « faire la crèche plus que de l’enseignement. » Elle rapporte la situation d’une collègue, dont le tableau n’était pas encore accroché au mur lors des premiers jours de classe.

Les enseignants de l’école Gutenberg ont du déménager leur classe juste avant la rentrée. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg/ cc

Pour deux classes de grande section, l’emménagement se fait dans des bâtiments modulaires. Contrairement aux promesses de la Ville de Strasbourg, la cinquantaine d’enfants ne disposent d’aucun sanitaires dédiés. « Vous devriez voir leur tête quand ils demandent à aller faire pipi et que je leur dis qu’il n’y a pas de toilettes ! »

Les seuls WC disponibles sont dans un autre bâtiment, à « une dizaine de minutes à pied pour eux, je ne peux pas les laisser seuls si longtemps ! », souffle Christelle. L’enseignante regrette que les Atsem, ces assistants des enseignants en classes de maternelle, deviennent des « dames pipi, » passant leur temps à accompagner les enfants aux toilettes. »

Elle dénonce aussi le chauffage qui ne fonctionne pas et l’absence d’issue de secours dans sa classe.

Les travaux doivent durer toute l’année scolaire. Photo : GK / Rue89 Strasbourg

Si les travaux qui jouxtent l’établissement ne sont pas encore trop bruyants, ils restent gênants, voire dangereux pour les élèves, rapporte l’enseignante : « Des enfants ont déjà trouvé des vis et des mégots dans la cour de récréation… »

L’impossible protocole sanitaire

Hélène, aussi membre du personnel de l’école Gutenberg, dénonce des difficultés particulièrement mal venues en pleine pandémie : « Selon le dernier protocole sanitaire, nos élèves devraient se laver les mains huit fois par jour. Mais comment faire quand on a des embouteillages devant les seuls sanitaires disponibles pour près de 180 élèves ? »

Dans la classe de Christelle, les enfants ne vont plus se laver les mains. « On a deux lavabos pour 50 enfants, donc on utilise du gel hydroalcoolique, sinon on perd trop de temps », explique-t-elle.

Pour la professeure, excédée par la « pire rentrée de sa carrière », ces difficultés font perdre un temps pédagogique précieux aux élèves. « Entre les soucis liés aux toilettes et le protocole sanitaire, on perd chaque jour au moins 30 minutes d’enseignement », estime-t-elle. Christelle parle aussi de difficultés liées à la situation sociale et économique du quartier :

« Ici, les parents sont déjà satisfaits d’envoyer leurs enfants à l’école. Certains ne parlent pas bien français, d’autres ne connaissent pas bien le système scolaire et ne savent pas vers qui se tourner pour réclamer de meilleures conditions d’enseignement. »

Les travaux doivent durer jusqu’à la fin de l’année scolaire.