Durant la pandémie, un désinfectant est pulvérisé au niveau d’arrêts de tramway, de bus et de deux toilettes publiques de Strasbourg. Le Haut Conseil de la santé publique s’est prononcé contre cette pratique, du fait de l’absence d’arguments en sa faveur et de ses impacts sur l’environnement. Contrairement à la présentation faite par la municipalité, le produit utilisé est toxique pour de nombreux organismes naturels.
Le lundi 30 mars, Alain Fontanel (LREM), premier adjoint au maire, annonçait sur Facebook la « première opération de désinfection » de l’espace public à Strasbourg dans le cadre de la lutte contre le coronavirus : « Pour éviter tout risque environnemental, nos services ont sélectionné le désinfectant Panox, 100% biodégradable. Il n’est ni toxique ni corrosif ni mutagène et ne contient pas de chlore ou de javel. »
Cette description ne corrobore pas tout à fait l’avis de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), publié en 2012 lors de l’autorisation de mise sur le marché du Panox en France :
« Le produit ne satisfait pas à toutes les dispositions relatives à la responsabilité environnementale. »
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À Mulhouse, Colmar et Strasbourg, le personnel soignant constate une baisse du nombre de passages quotidiens aux urgences. Mais les professionnels de santé craignent que ce signal positif ne mène à un relâchement du confinement.
« Parler de déconfinement aujourd’hui est délétère », estime Jean-Philippe Mazzucotelli. Le chef de service de chirurgie cardiaque aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) a bien constaté une baisse de l’activité des urgences strasbourgeoises depuis quelques jours : 158 passages le jeudi 2 avril, contre 108 passages le dimanche 5 avril. Mais pour le chirurgien, cette évolution reste fragile : « Il ne faut surtout pas crier victoire. Le confinement reste fondamental pour éviter une deuxième vague. »
« Le confinement reste fondamental pour éviter une deuxième vague », estime Jean-Philippe Mazzucotelli, chef de service de chirurgie cardiaque aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS). Photo : Document remis
Un nouvel afflux redouté
Mi-mars, Jean-Philippe Mazzucotelli craignait une situation de « médecine de guerre » dans les hôpitaux alsaciens. Trois semaines plus tard, le chirurgien estime que le pire a été évité « grâce au dévouement exceptionnel du personnel soignant, à l’ouverture de nouveaux lits et aux transferts vers l’Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et dans d’autres régions françaises (288 personnes à la date du 6 avril). » Face à l’éventualité d’un confinement moins respecté, le chef de service redoute un nouvel afflux de patients en Alsace :
« Est-ce qu’on pourra toujours transférer des dizaines de patients dans les prochains jours ? Si non, la saturation sera dramatique et on devra choisir qui réanimer par manque de places… »
Si les transferts de patients n’étaient plus possible, une deuxième vague de la pandémie aurait des conséquences dramatiques, selon le chirurgien Jean-Philippe Mazzucotelli. Photo : Jérémie Rumpler
« On était à deux doigts d’une implosion »
Dans le Haut-Rhin, le personnel soignant constate aussi une baisse de l’activité. Le directeur des urgences de Colmar évoque un pic à 65 patients Covid chaque jour : « Depuis le 5 avril, on reçoit entre 30 et 35 patients par jour. » Un « vrai soulagement » pour Yannick Gottwalles, dont l’établissement connaît enfin un semblant de répit : « Le personnel est moins sous pression, on dispose de tout l’équipement au niveau des protections, les procédures sont rodées, on ne manque pas de places… »
Mais le chef des urgences colmariennes craint aussi un relâchement dans le confinement. « Un nouvel afflux de patients serait catastrophique », prévoit Yannick Gottwalles. Le directeur rappelle qu’un service de dix lits de réanimation fermera d’ici peu : « Le personnel de la réserve sanitaire doit être réaffectée. » Selon le directeur, « il faut au moins prolonger le confinement de deux à quatre semaines. C’est la seule arme actuellement disponible pour que le virus ne circule pas. »
Le directeur redoute aussi l’impact psychologique qu’aurait une deuxième vague de Covid-19 sur son personnel déjà éprouvé : « Au début de la crise, on était à deux doigts d’une implosion totale des urgences… », rappelle Yannick Gottwalles.
« On reste sur nos gardes »
Dans le Haut-Rhin, 1 105 personnes suspectées Covid-19 étaient hospitalisées le jeudi 2 avril. Quatre jours plus tard, le département comptait 1 040 hospitalisations liées au coronavirus. Victor, infirmier-urgentiste au centre Emile Muller à Mulhouse, confirme cette tendance à la baisse : « Si on mélange Covid et non-Covid, on est passé de 180 passages quotidiens aux urgences à 80. C’est reposant… » Mais l’urgentiste refuse de s’exprimer sur le pic : « Nos médecins nous disent d’attendre jusqu’au 15 avril pour se prononcer. En attendant, on reste sur nos gardes. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Une pétition est partie d’un collectif de scientifiques strasbourgeois pour que le gouvernement appelle la population à porter systématiquement des masques pendant la crise sanitaire du coronavirus.
Une centaine de scientifiques, dont beaucoup de Strasbourgeois notamment de l’Insitut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC), ont signé un appel au gouvernement pour qu’il encourage systématiquement la population à porter des masques pendant la crise sanitaire liée au coronavirus.
Des maques pour la population générale, une mesure essentielles selon les scientifiques biologistes Photo : Visual Hunt / cc
Pour ces scientifiques, la communication du gouvernement découle de la pénurie de masques. Or les bénéfices des masques, même artisanaux, sont réels contre la propagation du virus par l’air et pendant les contacts.
L’appel invite chacun à se confectionner son propre masque :
« Ne portez pas le même plus de 2 – 3 heures et lavez-les après chaque utilisation s’ils sont en tissu. Portez des lunettes, car les yeux sont une porte d’entrée pour le virus. Masques et lunettes servent aussi à éviter de se contaminer avec les mains. »
Philippe Dumas, directeur de recherche émérite à l’IGBMC et initiateur de cet appel, précise :
« L’appel date du 26 mars. La situation et la communication sur les masques a déjà beaucoup évoluée depuis mais on sent le gouvernement gêné par ses positions passées. Il n’est plus temps d’être gêné, il faut être beaucoup plus clair. »
La controverse sur les masques ne concerne pas que la France. Des discours de réserves ont été tenus aux États-Unis. Philippe Dumas rappelle que sans protection basique, le virus peut être projeté à l’aide d’une simple conversation sur plusieurs mètres.
« Je suis en mesure d’annoncer que nous avons rendu possible avec le président David Sassoli que le Parlement européen fasse de ses bâtiments strasbourgeois, le temps de la crise, un centre de dépistage et un centre de consultations Covid19. »
L’intérieur du bâtiment Louis Weiss du Parlement Européen Photo : Jeff Owen / FlickR / cc
Confirmation dès mardi du maire de Strasbourg, Roland Ries, sur Facebook :
« Je suis profondément touché par l’annonce faite hier soir par le président du Parlement européen de mettre à disposition les bâtiments de son siège pour en faire un centre de dépistage et de consultation Covid 19. Ce geste humaniste honore ce grand européen qu’est David Sassoli et montre l’attachement indéfectible du Parlement européen à Strasbourg. »
Vérification faite, David Sassoli n’a pas encore eu le temps de préparer son annonce. En fin de matinée, il a néanmoins tweeté :
En coopération avec les autorités françaises, nous avons mis à disposition le siège du @Europarl_FR à Strasbourg pour qu'il soit transformé en centre de dépistage et de consultation #COVID19. Nous voulons être avec notre ville d'accueil et ses citoyens en ces temps difficiles.
Selon son service de presse, l’idée du président est d’affirmer la solidarité du Parlement européen avec Strasbourg, alors que les parlementaires ne siègent plus dans la capitale alsacienne depuis le début de la crise et que les bâtiments sont vides.
Ce sera à la préfecture du Bas-Rhin et aux autorités sanitaires de décider, dans le cadre du plan de déconfinement, comment elles veulent utiliser les installations du Parlement européen. Les bâtiments peuvent accueillir des équipements de dépistage mais également de soins, précise le service de presse. L’institution est prête, en outre, à mettre sa flotte de véhicules à disposition pour le transport des personnes.
Est-ce qu’il y a un relâchement dans le confinement ? Après trois semaines, Rue89 Strasbourg est allé à la rencontre des gens présents dans les rues du centre de Strasbourg, malgré les consignes sanitaires. Voici leurs réponses.
« Les pharmacies n’acceptent pas les ordonnances sur WhatsApp. Du coup, je me déplace chez les patients quand ils ne peuvent pas se rendre à mon cabinet, pour leur remettre des ordonnances. Et ça me permet de venir voir toutes les statues du XVe siècle de la Cathédrale, qui elles, ont déjà tout vu ! » Photos : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg « Je suis dehors, parce que là où j’habite me confine déjà dans une cour intérieure, qui ne me donne pas accès au voisinage. J’ai besoin d’applaudir le personnel soignant chaque soir avec d’autres personnes. Du coup, je me retrouve à la porte de mon restaurant, fermé, tous les jours à 20h. » « Je suis dehors parce que je dois sortir mon chien. Il est vieux et n’aime plus sortir, mais je dois le faire, parce que ça me fait du bien aussi. » « Je suis dehors parce que je viens de terminer mon travail de caissière chez Norma. Je suis dehors parce que je permets aux gens de manger. Les clients sont un peu plus agressifs que d’habitude depuis le début de ce confinement. » « Je suis dehors parce que je fais du sport. Je cours trois fois par semaine. » « Je suis dehors, parce que j’ai besoin de marcher. J’ai fait du foot durant longtemps, et aujourd’hui j’ai des problèmes aux pattes. J’ai besoin de faire 30 à 45 minutes de marche tous les jours, sinon je fais des crises d’arthrose. » « Je suis dehors pour aérer mes enfants. J’habite à 100 mètres de là, et avec les trottinettes, c’est l’endroit idéal, car il n’y a pas de pavés. » « Je parle Polonais. Je suis allé sur Youtube et j’ai regardé ce que le gouvernement polonais préconise. Je suis dehors pour prendre soin de moi. Je marche. C’est comme ça que je pourrais prendre soin des autres. » « Je suis dehors, parce qu’avec ce qui se passe, je n’arrive pas à rester à la maison. J’ai envie d’être utile durant cette période particulière même si j’ai très peu de commandes. En moyenne, c’est 3 à 4 commandes par tranche de 3 heures. » « Livreur pour Uber Eats, je suis dehors, parce que je dois travailler. Si je ne travaille pas, je ne serais pas en mesure de payer mon loyer. » « Je suis dehors, pour m’occuper de ma mère âgée de 90 ans. Elle a fait un AVC il y a quelques années. Aujourd’hui, elle est confinée chez elle, et je dois lui amener à manger et m’occuper d’elle deux fois par jour parce qu’elle n’est plus autonome. » « Je prends pas mal de médicaments et mon médecin m’a signifié que je suis une “personne à risque”. Mais j’ai une chienne que je dois sortir 2 à 3 fois par jour. Sinon, je ne sortirais qu’une fois par semaine pour faire mes courses. » « Je suis dehors parce que je viens tout juste de terminer ma journée de travail à Auchan Place des Halles. » « J’en peux plus. J’en peux plus de rester à la maison. J’ai besoin d’évoluer, j’ai besoin de voir autre chose, j’ai besoin de respirer. Du coup je suis dehors, à la place d’exploser à la maison. » « Je suis dehors pour aller voir et apporter à manger à mon papa âgé de 86 ans. Il se porte bien. » « Je suis dehors, parce que je suis bloqué ! Je suis allé chercher du lait pour mon petit, et j’ai oublié mes clés à la maison. L’interphone ne fonctionne pas et ma femme ne répond pas au téléphone. » « Je suis dehors parce que je suis dans la deuxiéme ligne de front, après le personnel soignant. En fin de journée, plusieurs infirmières viennent acheter de quoi manger chez moi. Mais l’activité tourne au ralenti. » « Je suis dehors parce que je suis photoreporter. C’est mon métier de documenter et photographier ce qui se passe durant ces moments de doutes pour tout le monde. »
À Strasbourg, plus de 300 internes en médecine se sont portés volontaires pour soutenir le personnel soignant alsacien. Une expérience éprouvante pour certains, une « drôle de guerre » pour les étudiants non-réquisitionnés. Ces derniers restent préoccupés pour les collègues et les patients concernés par les fermetures de service « non-urgent ».
« Quand j’ai vu tous ces internes volontaires, ça m’a rendue encore plus fière du métier que je fais. » Audrey Musanda est interne en médecine générale à Strasbourg. Elle préside aussi le syndicat étudiant Sarra-Img et participe à l’orientation de plus de 300 de ses camarades prêts à soutenir le personnel soignant face à la pandémie de coronavirus. À plusieurs reprises, l’ex-stagiaire en pédiatrie a prêté main forte aux urgences de Sélestat : « C’est impossible de rester chez moi, soigner mes patients, c’est tout ce que je sais faire », explique-t-elle au téléphone.
Une « drôle de guerre » pour certains volontaires
Même volonté de soutenir les collègues chez Mathieu (le prénom a été modifié), interne de 29 ans. Après trois demi-journées passées au centre de régulation des appels du Samu, l’étudiant strasbourgeois parle de son expérience de « drôle de guerre ». Il sait que les infirmières sont débordées, tout comme les médecins en réanimation.
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Alors que l’épidémie semble amorcer son reflux, les autorités sanitaires ont enfin trouvé des masques pour le personnel soignant…
2,4 millions de masques chirurgicaux et 434 000 masques FFP2 sont livrés depuis vendredi aux 10 hôpitaux de la région Grand Est et devraient être distribués aux structures de santé, médico-sociales et aux professionnels de santé.
Face au manque de masques, les usines de textile adaptent leur production. L’Alsace et les Vosges ont mobilisé leurs filières respectives. À Troyes, Lacoste a lancé la production de 20 000 masques réutilisables. Mais c’est bien peu comparé aux besoins de la « ligne de front ».
La Ville de Strasbourg a obtenu des masques pour son personnel mobilisé dans les écoles, pas l’Éducation nationale pour les enseignants. Mais pas d’inquiétude : les professeurs pourront utiliser les masques de la Ville. Ouf.
Mardi 31 mars, la Ville de Strasbourg a livré 594 masques aux 8 établissements scolaires en activité, accueillant des enfants de soignants. Jusque-là, les enseignants volontaires et les membres du personnel d’accompagnement municipal mobilisés travaillaient sans moyen de protection contre les risques de transmission du coronavirus.
L’école du Rhin est mobilisée, notamment pour accueillir les enfants du personnel mobilisé à la clinique Rhéna. Photo : Google Maps
Dans une école du Port-du-Rhin, les masques ont été livrés en fin d’après-midi. À cette heure, seuls les animateurs du périscolaire étaient présents.
Selon le témoignage d’une enseignante, relayé sur Facebook, ces masques étant livrés par la Ville n’étaient prévus qu’à destination « des animateurs et responsable du périscolaire. » Bien que confrontée aux mêmes risques, elle ne pouvait les utiliser, ce qui a provoqué un début de polémique d’autant que l’Éducation nationale n’a pas fourni de masques aux enseignants.
Les enfants de policiers et des pompiers dès lundi
Alerté, Rue89 Strasbourg a sollicité la Ville de Strasbourg, qui a répondu par la voix du responsable du service périscolaire et éducatif, Régis Giunta. Ce dernier a assuré que « les masques sont bien financés par la ville » mais qu’ils sont « aussi à l’usage des enseignants. »
Une précision bienvenue, confirmée jeudi après-midi par l’Éducation nationale. Les enseignants mobilisés dans les écoles de Strasbourg ont droit à partir de lundi 6 avril à deux masques par jour.
Des protections qui seront fort utiles puisque dès lundi, les enfants de pompiers et de policiers pourront s’ajouter aux effectifs des enfants de soignants.
L’hypothèse de devoir refaire les élections municipales progresse. Mais toutes les listes présentes au mois de mars, notamment celles avec un score décevant, pourraient ne pas repartir dans les mêmes conditions.
L’idée que les élections municipales de mars 2020 soient entièrement à refaire dans les villes où un second tour est nécessaire fait son chemin. La date butoir officielle est le 23 mai, pour un second tour au plus tard le 21 juin, en pleine fête de la Musique. Mais même si le confinement est levé et les rassemblements autorisés à cette date, les municipalités risquent d’être bien occupées pour organiser la reprise de l’activité. Une tâche peu compatible avec des élections et la « réserve » qu’elles imposent.
De plus, la polémique sur l’impréparation du pays face à l’épidémie du Covid-19 ayant débutée avec le premier tour, le gouvernement ne devrait prendre aucun risque quant à précipiter un second. Des nouvelles élections, à l’automne 2020 voire en mars 2021 en même temps que les régionales et départementales (comme envisagé à l’été 2017 !) sont à l’étude.
D’ici là, il n’y aura pas d’autre scrutin pour jauger des forces en présence à Strasbourg. Ainsi, le premier tour fera office de dernier référentiel, quand bien même il a été plombé par l’abstention. Voici ce qu’un report peut changer pour chaque liste.
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
La Préfecture du Bas-Rhin n’a pas autorisé la réouverture de marchés alimentaires de Strasbourg. Ils restent fermés pendant la durée du confinement et jusqu’à nouvel ordre.
La Ville avait présenté un deuxième dossier de dérogation (voir notre article) pour 18 marchés, contre 33 habituellement dans la semaine, à partir du lundi 6 avril, soir la semaine avant Pâques. Par ailleurs, aucune dérogation n’a été autorisée par le ministère de l’Économie pour des ouvertures de grandes surfaces le Vendredi saint, férié en Alsace et en Moselle.
Plus tôt dans l’après-midi, le directeur de l’Agence régionale de Santé (ARS) du Grand Est avait pourtant pointé des « signes positifs » sur la situation sanitaire locale lors d’un point presse téléphonique. Le « pic » est attendu entre le 10 et le 25 avril selon ses projections.
"Autant les signes positifs s'accumulent en Alsace, autant en Moselle on sera encore plusieurs jours dans un équilibre très fragile" Christophe Lannelongue (ARS Grand Est)
Mais la doctrine dérogatoire départementale, établie en concertation avec l’association des maires du Bas-Rhin, précise que seules les demandes présentées par les maires des communes ne disposant pas d’un commerce de proximité peuvent bénéficier d’une dérogation. Comme plusieurs supermarchés et hypermarchés sont ouverts à Strasbourg, la préfecture considère que c’est suffisant pour l’approvisionnement des familles.
La direction de l’usine Safran à Molsheim a décidé de reprendre partiellement l’activité mercredi 25 mars. Un non-sens pour l’intersyndicale qui dénonce trop de risques pour les employés en raison du coronavirus.
« La priorité c’est le confinement, on ne comprend pas cette décision. » Stéphane Schiffmann, délégué syndical CGT de Safran Landing Systems à Molsheim reste perplexe. En cause : la décision de la direction de reprendre une activité partielle dès mercredi 25 mars.
L’entreprise, spécialisée dans les systèmes de freinage des trains d’atterrissage d’avions, avait interrompue son activité le 18 mars. Selon Marc Schott, directeur du site de Molsheim, cette pause a servi à mettre en place des mesures d’hygiène et de nettoyage des installations.
Le site de Safran Landing System à Molsheim emploie près d’un millier de personnes. Photo : Image Google Map
Le lundi 23 mars, des mesures de chômages partiel ont été prises sur le site qui emploie près d’un millier de personnes. Lors du CSE (comité social et économique de l’entreprise) qui s’est tenu le même jour, l’intersyndicale (FO, CGT, CFE-CGC, CFDT) a fait savoir son opposition à la reprise d’activité, estimant que toutes les conditions sanitaires n’étaient pas remplies.
« Notre entreprise est loin d’être un secteur essentiel »
Deux jours plus tard, mercredi 25 mars, l’usine Safran a redémarré avec une quarantaine de salariés. Une activité à nouveau renforcée le 30 mars. Pour Stéphane Schiffmann, une telle décision est incompréhensible :
« La direction dit qu’il faut livrer les clients et honorer nos engagements. Pourtant, les pièces que nous fabriquons ne seront pas livrées avant plusieurs semaines. En outre, notre entreprise est loin d’être un secteur essentiel au fonctionnement de la nation. »
Dans un communiqué daté du 24 mars, l’intersyndicale a appelé les salariés à user de leur droit de retrait face au risque de contracter le Covid-19 en allant travailler. « Au moins cinq ou six salariés l’ont fait valoir », précise Stéphane Schiffmann.
Une décision prise contre l’avis du médecin du travail
Lors du CSE, le médecin du travail a émis des réserves quant à une reprise d’activité sur le site, au risque d’exposer les salariés, à un moment où le confinement est de mise.
Alertée par l’intersyndicale de l’entreprise, l’inspection du travail (Direccte) a rappelé dans un mail daté du 27 mars l’avis du médecin du travail et la situation actuelle des hôpitaux alsaciens, dont les services d’urgences et de réanimation sont saturés. « Les services de santé au travail exhortent les employeurs à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la protection de leurs salariés pour les secteurs d’activités prioritaires dans le cadre de cette crise », indique la Direccte.
« Pour les autres secteurs, il encore temps d’arrêter l’activité, dans l’intérêt de tous, pour garantir la distanciation sociale et le confinement de chacun », ajoute l’inspection du travail. S’adressant directement au directeur du site, le mail s’achève : « les experts indiquent que nous ne sommes pas au pic de la pandémie, il est donc primordial de limiter la contagion. »
« À partir du moment où les salariés n’ont pas de masques, ils ne peuvent pas venir travailler, c’est tout. Sur la chaîne de fabrication de pièces en série, une même pièce peut être vecteur du virus, en passant d’un secteur à un autre. »
Salarié de l’entreprise depuis 22 ans, le syndicaliste recommande le chômage technique :
« Les salariés sont tout à fait prêts à redoubler d’efforts après cette période de confinement. Mais aujourd’hui, il faut préserver l’outil que sont les salariés, car il y a un risque mortel. »
Le syndicaliste de la CGT indique aussi que 25 cas de Covid-19 ont été recensés dans l’entreprise et près de 190 « cas contact » (des personnes entrées en contact avec un malade, ndlr).
Un salarié a été hospitalisé en réanimation, son état de santé s’est amélioré et il devrait sortir de l’hôpital ce vendredi matin, assure Michel Fiore, coordinateur chez Safran et membre de Force Ouvrière.
La mise en place d’une « commission Covid-19 »
Ce syndicaliste, qui n’est pas membre du CSE de l’entreprise, nuance la position de l’intersyndicale :
« Cette reprise d’activité est vitale pour l’entreprise. Il n’y a que quelques services qui sont mobilisés, c’est très restreint. Nous sommes obligés de livrer des clients dans le monde entier. Au début, tout le monde disait qu’il fallait fermer la boîte, maintenant on ne sait plus comment faire pour la réouvrir ! »
Selon Michel Fiore, qui affirme s’être rendu sur le site jeudi 2 avril, la direction a mis en oeuvre les mesures sanitaires nécessaires à la santé des employés : gants, gel hydroalcoolique et produits de désinfection sur les postes de travail. « Si tout est mis en place, je ne vois pas pourquoi on ne reprendrait pas le travail », estime-t-il.
Une « commission Covid-19 », présidée par le CSE et des membres du CSST (commission santé, sécurité et conditions de travail, ex-CHSCT), a été mise en place et acceptée par la direction. Elle doit permettre de procéder à des contrôles réguliers sur la bonne tenue des mesures sanitaires. « Quand on arrivera à plus d’une centaine de salariés sur le site, il est certain qu’il faudra être plus vigilant sur les risques de promiscuité entre eux », concède Michel Fiore.
La direction évoque « les besoins critiques » des clients
De son côté, la direction n’a pas souhaité s’exprimer sur les déclarations de l’intersyndicale, ni sur l’avis du médecin du travail ou de la Direccte. Marc Schott, directeur du site, indique que la reprise de l’activité partielle est adaptée pour « répondre aux besoins critiques » des clients de Safran.
Il assure d’un « strict respect des consignes du gouvernement » et du « protocole mis en place par Safran » en matière de mesures sanitaires : gel hydroalcoolique mis à la disposition des salariés, arrêt de la restauration collective et consignes de distanciation sociales au sein de l’entreprise avec un marquage au sol.
Pour Stéphane Schiffmann, si l’activité venait encore à se renforcer, les interactions entre les salariés ne pourraient qu’augmenter. « Ça ne tient pas la route. On est une entreprise inscrite au Cac 40, cotée en bourse. Nous, on dit la santé d’abord, l’argent après. »
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
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La Ville de Strasbourg a déposé un deuxième demande de dérogations pour l’ouverture de marchés alimentaires. La décision de la Préfecture du Bas-Rhin ce vendredi 3 avril dépendra de la situation sanitaire.
Les commerçants et les Strasbourgeois sauront ce vendredi si les marchés alimentaires sont autorisés à rouvrir à Strasbourg. Cela dépendra notamment de la situation sanitaire locale.
Dès le début de l’interdiction des marchés pour limiter la propagation du Covid-19, le mardi 24 mars, la municipalité a sollicité des dérogations auprès de la Préfecture du Bas-Rhin pour la semaine suivante. Lundi 30 mars, elle a présenté un premier dossier.
En vain, la Ville s’est heurtée dans l’après-midi même à la « doctrine » de l’institution de l’État :
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Avec la crise sanitaire, les médecins généralistes doivent utiliser la téléconsultation pour garder leurs salles d’attente vides. En pointe, les médecins alsaciens ont élaboré des bonnes pratiques et se forment en quelques jours.
Le docteur Laila Moga médecin, généraliste à Gundershoffen, est en colère :
« Quand l’épidémie de Covid-19 a commencé à toucher mes patients, je me suis sentie comme un soldat qui va à la guerre sans fusil. Les confrères ne savaient rien, ils n’avaient pas eu de protections… C’est pour ça que des médecins-généralistes sont tombés malades. »
Depuis l’irruption de la crise sanitaire liée au coronavirus, le recours à la télémédecine est en plein essor pour éviter que les patients ne se retrouvent dans les salles d’attente des cabinets : plus de 600 000 consultations à distance en France au mois de mars, contre 40 000 par mois auparavant, selon l’Assurance maladie.
Les médecins se forment souvent tous seuls, utilisent leur téléphone portable et des applications de messagerie comme Whatsapp, de vidéoconservation comme Skype ou des plateformes spécialisées, comme la strasbourgeoise Toktokdoc, Doctolib, Qare, Télémedica…
Annic Peter, médecin généraliste à Strasbourg, a choisi Linkello pour sa simplicité d’utilisation :
« La téléconsultation je déteste ça. Mais clairement, faire venir les gens ou aller les voir fait prendre trop de risques à trop de monde. Donc on ne voit les gens que lorsque c’est absolument nécessaire. Encore faut-il pour le savoir échanger avec les patients, et c’est là que sert la téléconsultation… »
Confrontés les premiers à l’épidémie de Covid-19 en France, les médecins généralistes alsaciens ont mis en place des « bonnes pratiques » pour les téléconsultations, des « fiches » de signaux symptomatiques ont été établis collaborativement sur Internet. Au départ, un simple appel téléphonique était utilisé pour déterminer l’urgence et l’état général des malades.
Annic Peter détaille l’une des techniques utilisées lorsqu’il y a un soupçon de Covid-19 :
« Je demande à mes patients de compter à haute voix et très vite jusqu’à 30 et je note à quel chiffre ils reprennent leur respiration. Cette méthode permet d’évaluer la gêne respiratoire. Au dessus de 25, la saturation en oxygène est bonne. Sous 15, on fait venir la personne au cabinet pour un examen. En dessous de 5, c’est direct l’appel au Samu. »
Triage systématique aux débuts de l’épidémie
Selon les médecins interrogés, dans la semaine du 16 mars, ce triage systématique a permis de réduire le recours aux urgences hospitalières tout en répertoriant les personnes infectées qu’il convenait de suivre. Annic Peter reprend :
« Au début, c’était juste des coups de fils ! On n’avait pas le temps de demander aux patients d’installer une application ou d’utiliser un téléphone portable… Certains n’ont qu’un téléphone fixe à la maison. On a fait des vidéos qu’avec les cas suivants, pour constater des aggravations. On voit au visage des gens quand quelque chose ne va pas… »
« La téléconsultation est plus risquée »
Mais la téléconsultation a ses limites. « Une surinfection en pneumonie, on ne peut pas l’entendre en téléconsultation, » pointe le Dr Peter. Tout le champ auditif, les examens au stéthoscope par exemple, sont absents. Et certains médecins ont besoin du toucher, comme le Dr Déborah Etienney, médecin généraliste de 34 ans à Strasbourg :
« J’avais tenté la téléconsultation en 2019. Mais j’ai vite arrêté parce que je préfère voir mes patients et c’était réciproque. Aujourd’hui j’ai repris avec Doctolib et ça fonctionne très bien mais c’est dangereux. Il y a plus de risques de manquer un symptôme. Dans les affections respiratoires, on peut voir les signes de tirage au niveau de la carotique, mais il faut quand même bien regarder. D’une manière générale, je ne suis pas tranquille quand j’ai recours à la téléconsultation. Et au moindre doute, je fais quand même venir le patient. »
Le Dr Laila Moga aussi se débrouille pour étoffer ses capacités de diagnostic à distance :
« Une jeune femme m’a appelé avec des symptômes et des problèmes respiratoires. J’ai envoyé son frère à la pharmacie pour trouver un saturomètre, afin de mesurer la saturation en oxygène du sang. C’est un appareil cher, j’ai appelé la pharmacie et c’est le cabinet qui a payé. Et maintenant, toutes les heures la patiente m’envoie sa pulsation, saturation et l’état du moment. »
La téléconsultation connait une accélération notable avec le coronavirus. Photo : public domain
Rassurer les patients, surtout face à la morbidité du Covid-19
Pour les patients, le recours à la téléconsultation est souvent vu comme un pis-aller. Xavier, 29 ans, a ressenti les symptômes du coronavirus. Cet habitant de Mulhouse raconte :
« J’ai appelé mon cabinet médical habituel mais la ligne était saturée. J’ai ensuite appelé SOS médecins, en vain. Mon frère m’a proposé d’essayer la téléconsultation avec Qare. Au moins, j’ai évité de contaminer quelqu’un dans la salle d’attente… »
Enceinte, Monika a pu se faire arrêter à distance, par un médecin qu’elle n’avait jamais vu auparavant, toujours via Qare :
« C’est très pratique quand on sait que ce qu’on a n’est pas grave. Mais quand ce qui nous arrive est flippant, on a besoin de se faire ausculter. »
L’épidémie de coronavirus provoquant un nombre important de décès, au moins 1 000 dans le Grand Est, le Dr Peter note :
« Quand ils appellent pour des soupçons de coronavirus, les gens pensent qu’ils vont mourir et ils ont parfois raison. Dans ces conditions, pas question de parler en vidéo, ils ont clairement besoin de voir quelqu’un qui les écoute, les ausculte et les rassure. »
En Ehpad, pallier le manque de personnel
Dans les Ehpad, la start-up strasbourgeoise TokTokDoc propose des téléconsultation avec tablettes et stéthoscopes connectés, envoi de photos et prise de tension en cas de besoin… Depuis une dizaine de jours TokTokDoc propose même une policlinique mobile. Les résidents sont accompagnés durant leur examen à distance par un infirmier…
Depuis la crise sanitaire, nombre d’infirmiers présentant des symptômes ont dû être confinés chez eux, pour protéger les résidents. Du coup, c’est TokTokDoc qui envoie ses infirmiers.
Penser l’après-crise
Ni le Dr Peter, ni le Dr Etienney n’ont l’intention de continuer les téléconsultations à l’issue de la crise du coronavirus. Même le Dr Laurent Schmoll, fondateur de TokTokDoc, pense que « la médecine en présentiel sera toujours au-dessus de la télémédecine » mais, ajoute-t-il :
« En Ehpad ce n’est plus “télémédecine versus médecine présentielle”, mais plutôt “télémédecine versus rien”. »
En outre, des questions se posent quant aux commissions prises par les plateformes comme Doctolib ou Qaze ainsi que leurs utilisations des données personnelles. Raymond Attuil, médecin-généraliste à Schiltigheim et président de l’association pour l’informatisation médicale (Apima), s’inquiète pour sa part d’une possible ubérisation des médecins :
« Doctolib propose une solution toute faite, qui contrôle de la prise de rendez-vous au règlement, en passant par la consultation vidéo. On se plie a leur carcan, de la même manière que les chauffeurs doivent se plier aux règles d’Uber. »
Photo : Crédit SNCF – J.Goissard – Ministère de l’Intérieur
Alors que les autres régions sont exposées au coronavirus, de plus en plus de villes réclament des transferts de patients. Strasbourg vient d’obtenir un deuxième « TGV médicalisé ».
Le maire de Strasbourg, Roland Ries, projetait de s’exprimer publiquement ce mercredi 1er avril pour réclamer la reprise des transferts de patients en « TGV médicalisé ». Ce même jour, il a finalement obtenu une évacuation de 24 patients depuis Strasbourg pour le vendredi 3 avril.
Le premier transfert s’est déroulé le jeudi 26 mars avec 20 patients (14 de Strasbourg, 4 de Colmar et 2 de Mulhouse). Depuis, d’autres trains sont partis de Mulhouse (12 patients) et de Nancy (24 patients). D’autres transferts, notamment par avion et hélicoptère, ont également eu lieu vers l’Allemagne. Les 30 personnes évacuées par les airs via l’opération militaire Morphee venaient des hôpitaux de Colmar et Mulhouse.
La question des TGV médicalisés pourrait devenir politique. Photo : Crédit SNCF – J.Goissard – Ministère de l’Intérieur
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