Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Le service de santé des armées à la rescousse des hôpitaux en Alsace

Le service de santé des armées à la rescousse des hôpitaux en Alsace

Alors que les services de réanimation alsaciens croulent le nombre de personnes à intuber, le président de la République a annoncé lundi soir le déploiement d’un hôpital de campagne militaire en Alsace. Un dispositif qui devrait permettre de soulager les centres hospitaliers alsaciens. 

Jusqu’à présent cinq hôpitaux militaires sur huit contribuaient en France à la lutte contre le Covid-19. Deux en région parisienne et trois en province, à Toulon, Marseille et Brest. Dans le Grand Est, l’hôpital militaire de Metz n’était pas en première ligne mais compte tenu de son rapprochement avec le centre hospitalier de Metz-Thionville depuis 2014, l’hôpital a continué d’accueillir des patients civils et militaires sans symptôme qui pourraient être liés au coronavirus, comme le précise un tweet de l’établissement :

L’annonce du président de la République de déployer un hôpital de campagne militaire souligne la gravité de la situation dans la région. 

Appelées ambulances chirurgicales automobiles (ACA), les premiers hôpitaux de campagne militaires ont été conçus en France pendant la première guerre mondiale. Ils sont généralement utilisés lors d’opérations, notamment en extérieures. 

Selon la ministre des armées, Florence Parly, la structure aussi appelé EMR-SSA (élément militaire de réanimation du Service de santé des armées) permettra d’accueillir « 30 lits de réanimation dédiés à la prise en charge patients Covid-19 ». C’est le régiment médical créé en 2011 et situé à Valbonne, à 30 km de Lyon, qui est chargé de monter l’hôpital militaire de campagne en Alsace. 

Mercredi la ministre des Armées a précisé que cet hôpital de campagne sera déployé près de Mulhouse. Mardi soir, le lieutenant-colonel Olivier Desmadryl, conseiller communication de l’état major de zone de défense et de sécurité Est, a indiqué que l’emplacement a été décidé « en fonction des besoins des centres hospitaliers. » Il devrait être opérationnel dans la semaine.

Un hôpital de campagne à Mulhouse

À la structure mobile devrait s’ajouter la mise à disposition d’un module de réanimation pour patient à haute élongation d’évacuation (Morphée). Ces avions, C135 ou MRTT Phénix, sont aménagés pour transporter entre 6 et 12 patients, comme le précise le lieutenant-colonel Olivier Desmadryl :

« Normalement, ces avions sont prévus pour évacuer les blessés en opération en Afghanistan ou au Mali. Ils sont conçus pour faire entre 6 000 et 10 000 km sans escale. »

Airbus A330 MRTT de l’Armée de l’Air (Photo Dimitri Rahmelow)
L’Airbus A330 MRTT de l’Armée de l’Air a atterri mardi en fin de matinée à l’aéroport de Bâle-Mulhouse pour évacuer six patients Photo : Dimitri Rahmelow

Dans le cas présent, face à la crise sanitaire, ils permettent de déplacer les patients d’un hôpital à un autre afin de désengorger les services de réanimation alsaciens saturés.

Coronavirus : cinq groupes Facebook d’entraide à Strasbourg

Coronavirus : cinq groupes Facebook d’entraide à Strasbourg

Depuis l’explosion du nombre de cas de coronavirus en Alsace, des groupes d’entraide et de solidarité ont été créés sur les réseaux sociaux.

Depuis le début de la contamination au coronavirus, avec un foyer repéré à Mulhouse le 4 mars , les Alsaciens se sont organisés pour s’entraider. Plusieurs pages ont notamment vu le jour sur les réseaux sociaux et ont pris de l’essor au gré des nouvelles mesures. En voici cinq, publiques et ouvertes à tous, sur Facebook.

Le groupe généraliste

C’est l’un des premiers groupe à avoir vu le jour sur les réseaux sociaux dans la région. « Coronavirus : entraide en Alsace » entend favoriser les « échanges de services et de solutions pour faciliter la vie quotidienne » au cours des prochaines semaines. Il est animé par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Depuis sa création le 13 mars, la page compte près de 2 000 membres et recense plusieurs dizaines de messages : soutien scolaire, livraison de courses à domicile, renseignements sur les baisses de salaire, et même des requêtes plus originales, de grillons – alors que les jardineries sont fermées – pour nourrir un lézard capricieux.

Enfin, on relèvera le geek de la bande qui est en train de préparer une carte interactive pour recenser les bonnes volontés dans l’Eurométropole de Strasbourg (voir ci-dessous).

Le groupe pour la garde d’enfants

Après avoir fermé les écoles d’une partie de l’Oise et du Haut-Rhin, le gouvernement a décidé le 12 mars d’étendre cette mesure à l’ensemble du territoire français. En Alsace, près de 339 420 élèves et étudiants sont concernés, selon les derniers chiffres de l’Académie de Strasbourg. Si l’on détaille cette donnée, on s’aperçoit que 106 173 écoliers du premier degré (public et privé) vont devoir rester à la maison dans le Bas-Rhin : autant de solutions de garde à trouver les parents qui ne peuvent pas télétravailler.

Le groupe « Coronavirus – Solidarité parents 67 » a donc pour but « de faciliter la rencontre entre les parents en panne de solution de garde pour leurs enfants et les personnes volontaires pour s’en occuper bénévolement » dans le département.

Le groupe anti-gaspi des restos alsaciens

Les clients comme le personnel ont appris au cours du service, samedi soir, que les restaurants et les bars allaient fermer le soir-même à minuit. Une déclaration subite qui a poussé certains restaurateurs à s’organiser sur le groupe « Solidarité restaurateurs Alsace » pour faire don ou revendre leurs stocks de marchandises périssables. Une action qui permet d’éponger les pertes financières, mais surtout de réduire le gaspillage alimentaire. Mozzarella de bufflonne à Souffelweyersheim, bibeleskaes à Weyersheim, légumes à Erstein, onglet angus à Landersheim, oeufs fermiers à Handschuheim… Il y en a pour tous les goûts, mais en quantité limitée.

Lundi soir, le Kitsch’n’Bar a par exemple fait appel à sa communauté sur Facebook pour écouler ses fameuses frites, accompagnées de sauce aux herbes. Une vente à prix libre organisée à partir de 17h, directement à la fenêtre du bar (voir ci-dessous).

Le groupe pour occuper ses enfants à Strasbourg

Créé en 2011 pour « partager les infos, activités, spectacles spécifiquement pour les enfants à Strasbourg et environs », le groupe « Trucs à faire pour les enfants à Strasbourg » retrouve une pleine activité en cette période de confinement.

Entre quelques rappels des gestes barrières, on y trouve des services d’aide aux devoirs par Skype, des films à revoir gratuitement sur Internet, des applications de yoga gratuites ou encore des recettes de pâte à sel.

En complément des messages postés par les internautes strasbourgeois, « parce que les journées peuvent être longues », le club de foot du Racing Club de Strasbourg a mis en ligne sur son site Internet coloriages, cahiers de vacances et bricolages. De quoi occuper ses bambins sans prendre le risque de transmettre le coronavirus à des personnes plus vulnérables.

L’évènement pour mater des concerts depuis son salon

Premiers à souffrir de cette pandémie mondiale, les théâtres, cinémas, et salles de musiques actuelles ont dû s’adapter aux mesures gouvernementales. Ils ont réduit la jauge de spectateurs quelques soirs, avant de fermer totalement leurs portes. Pendant les deux prochaines semaines au moins, les Français sont invités à rester enfermés chez eux, mais pour Coze, pas question de faire une croix sur la musique.

Le magazine culturel strasbourgeois invite les internautes à « ne pas se laisser abattre » et compte organiser jusqu’au 31 mars une série de concerts en direct sur Facebook, tous les soirs à 20h. Un appel à candidatures a d’ailleurs été lancé sur « Concerts à Huis-clos en Alsace (Live Facebook)« , la page de l’évènement. La liste des premiers artistes sera publiée prochainement.

D’autres bons plans ? Laissez les en commentaires pour que les lecteurs les découvrent.

Malgré le coronavirus, le télétravail toujours mal vu au Crédit Mutuel

Malgré le coronavirus, le télétravail toujours mal vu au Crédit Mutuel

Lundi encore, la direction d’Euro Information, filiale du Crédit Mutuel, refusait d’accorder le télétravail à certains informaticiens, malgré la propagation du coronavirus. Après deux discours présidentiels alarmants, l’entreprise s’en tient à ses critères habituels…

La direction d’Euro Information, filiale informatique du Crédit Mutuel, n’aime pas le télétravail. Lundi 16 mars, malgré l’ampleur de la crise sanitaire, l’entreprise refusait encore à certains de ses développeurs informatiques la possibilité de rester à la maison. À celui qui souhaite limiter ses déplacements et les risques de contamination, la direction répond : raison insuffisante.

« Je pensais que la direction allait bouger, mais non… »

Informaticien pour cette structure installée dans le quartier du Wacken à Strasbourg, Benoît (le prénom a été modifié) ne comprend pas ce refus du télétravail :

« En Alsace, on se trouve à un point névralgique de l’épidémie. Il y a un fort risque de contamination, avec des collègues qui viennent du Haut-Rhin. Avec l’annonce présidentielle, on a bien senti que l’épidémie était plus grave qu’annoncée. Je pensais que la direction allait bouger, mais non… »

Lors de son allocution du jeudi 12 mars, le président de la République a demandé aux entreprises « quand cela est possible (…) de permettre à leurs employés de travailler à distance. » Comme dans toute entreprise du secteur tertiaire, le télétravail est possible chez Euro Information. Et d’ailleurs, Benoît a déjà travaillé de chez lui, notamment lors des grèves SNCF en décembre 2019.

La famille, c’est ok, la pandémie, non

Le salarié de la filiale du Credit Mutuel regrette donc que « malgré la demande des employés, Euro Information ne permette pas à plus de 2 000 informaticiens de travailler à distance, les obligeants ainsi à se mélanger dans les transports en communs et entre eux dans les open spaces de 50 à 100 personnes. »

Chez Euro Information, il faut montrer patte blanche pour obtenir une autorisation de télétravailler. Parmi les raisons valables : être le seul parent en capacité de garder les enfants. Ceux qui ne disposent d’aucun véhicule personnel, et sont donc contraints de prendre les transports en commun, ont aussi le droit au télétravail. Mais apparemment, limiter la progression d’une pandémie mondiale n’est pas un critère valable.

Contacté, le syndicat de la CGT a d’abord refusé de commenter la situation. Suite à la publication de l’article, la déléguée syndicale CGT Valérie Missillier a souhaité s’exprimer :

« La CGT a demandé la mise en place du télétravail pour tous les informaticiens et les prestataires externes dès dimanche soir. Le comité de crise du Crédit Mutuel dit prendre toutes les mesures nécessaires. Ce n’est pas vrai. J’ai peur que les réseaux soient défaillants… J’étais en télétravail chez moi hier et je pouvais pas me connecter. »

En milieu d’après-midi du 17 mars, le Credit Mutuel a assuré qu’ »Euro-Information prend toutes les dispositions indispensables pour protéger ses salariés. » L’entreprise bancaire a aussi rappelé qu’elle doit assurer la continuité de son service « tout comme le font l’ensemble des activités essentielles à la Nation (…) conformément à l’arrêté du 14 mars 2020 du ministre de la Santé portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus Covid-19. »

Selon le Crédit Mutuel, les capacités en télétravail augmentent d’heure en heure. La banque assure que « 1 300 collaborateurs d’Euro-Information sont en télétravail, plus d’un tiers des effectifs. » Elle promet que ce « nombre va s’accroître dans les prochaines heures. » L’entreprise admet néanmoins qu’une partie des effectifs continuera de travailler au siège strasbourgeois : « Il est notamment de notre responsabilité d’accompagner et soutenir nos clients -particuliers, professionnels ou entreprises- mis en difficulté par cette crise. »

Municipales : les leçons d’un premier tour hors normes à Strasbourg

Municipales : les leçons d’un premier tour hors normes à Strasbourg

Dans le contexte de forte abstention lié au coronavirus, les écologistes ont su étendre leurs bastions grâce au vote des motivés, tandis que la République en Marche s’est effondrée dans le secteur Krutenau-Neudorf. Pour le politologue Philippe Breton, le centre-gauche a su mobiliser « l’électorat pivot » de Strasbourg.

Le second tour des élections municipales est reporté. Les 4 listes qualifiées à Strasbourg vont donc avoir de longues semaines pour s’observer avant de trouver d’éventuels accords. Les équipes distancées pourront affiner leur stratégie envers les abstentionnistes. Mais difficile d’imaginer dans quel état d’esprit repartiront les troupes militantes.

Le vote de plus de 49 000 strasbourgeois est compliqué à interpréter. Pour le politologue strasbourgeois Philippe Breton, il s’agit avant tout de l’expression des plus déterminés :

« Les personnes qui votent pour les écologistes sont motivés par des questions environnementales et pas seulement politiques. C’est aussi le même ressort pour le vote Catherine Trautmann qui est un épiphénomène local et qu’on ne peut pas rattacher uniquement à l’étiquette PS. »

Les écologistes élargissent leurs bases

Les écologistes ont enregistré leurs meilleurs scores dans les bureaux de vote du quartier gare, alors que l’adjoint de quartier, Paul Meyer, était sur la liste concurrente d’Alain Fontanel (LREM / 100% Strasbourg). « Strasbourg écologiste et citoyenne » élargit les bastions traditionnels d’EELV avec de forts scores au sud de Strasbourg (entrée Meinau), à l’ouest (Koenisgshoffen, Cronenbourg) et jusqu’à la Musau. Partout, notamment à Neudorf et la Krutenau, ses bons scores y sont aussi plus intenses qu’à l’accoutumée. La liste dépasse les 40% de voix dans 11 des 143 bureaux de vote.

« Nous faisons aussi des percées à la Robertsau », remarque la tête de liste Jeanne Barseghian au soir du premier tour. Sa liste est en effet au-dessus des 20% dans 5 des 10 bureaux de vote du nord (hors cité de l’Ill, à l’électorat plus abstentionniste et sociologiquement très différent). Néanmoins, elle ne parvient jamais à déloger le duo Vetter / Fontanel des deux premières places. Son point faible est Hautepierre.

La République en Marche se calque sur la droite

Pour son poursuivant Alain Fontanel (LREM), l’Orangerie, la Robertsau, le Wacken, le Tivoli, les Contades et le secteur République ramènent le plus de voix. Il s’agit de bastions habituels de la droite, avec une forte participation. Néanmoins, la « sur-mobilisation » est moins forte qu’à l’accoutumée. La liste « 100% Strasbourg » réalise aussi quelques pointes isolées dans un bureau de vote de trois quartiers populaires distincts (Elsau, Poteries et Neuhof).

Dans le deuxième quartier où elle compte un adjoint (le conseiller départemental Nicolas Matt, officiellement « conseiller municipal délégué »), LREM obtient des scores très différents : de bons résultats sur la partie Orangerie, Conseil des XV et certains bureaux de l’Esplanade, en revanche son score plonge sous sa moyenne de 19,86% pour le secteur Bourse-Krutenau.

L’équipe du premier adjoint fait des scores en-deçà de sa moyenne dans la Krutenau et Neudorf. Elle est systématiquement distancée là où la liste « Renaissance » s’était partagée les bureaux avec les écologistes lors des européennes en mai 2019.

Le manque de motivation d’une partie des électeurs a vraisemblablement nui au candidat au positionnement centriste. « Ce résultat risque d’un peu plomber l’image d’Alain Fontanel, qui avait déjà peu de dynamique », estime Philippe Breton.

Le vote LR proche de LREM avec quelques percées en plus

La carte des bons scores du candidat LR Jean-Philippe Vetter (4e, 18,27%) est similaire à celle d’Alain Fontanel. Un positionnement qui accrédite l’idée d’une alliance pour remonter. Seule différence notable, Jean-Philippe Vetter réussit des percées dans des quartiers populaires comme le sud de la Meinau et une partie du Neuhof, comme le Stockfeld. Le conseiller municipal profite vraisemblablement de l’ancrage du duo Maurer / Jurdant-Pfeiffer. Ces deux élus départementaux de longue date sont dans le top 10 de sa liste. « Un nouveau souffle pour Strasbourg » connait de plus grandes variations. Elle réalise une pointe à 43,07% et 38,24% dans les deux bureaux de vote de l’école maternelle du Neuhof, là où Alain Fontanel plafonne à 34,24% au lycée Kléber et 34,06% à l’Orangerie.

Alors qu’il a beaucoup fait campagne sur la défense des commerçants du centre-ville, Jean-Philippe Vetter fait des scores sous sa moyenne dans la Grande-Île. La dernière journée, il avait pris de nombreuses photos à leur côtés pour se montrer à l’écoute pendant la crise du coronavirus. Il plonge dans le quartier Gare, Neudorf et les quartiers ouest.

Le vote PS s’impose dans des quartiers peu mobilisés

« Le retour de Catherine Trautmann a un peu réveillé le vote dans des quartiers populaires qui ne votaient plus du tout, comme la Cité de l’Ill, Hautepierre ou des secteurs de Koenigshoffen », estime Philippe Breton. La participation y est faible, mais pas tellement plus qu’à l’accoutumée.

Mais surtout selon le sociologue, l’ancienne maire a capté avec les écologistes une partie de « l’électorat pivot » strasbourgeois, qu’il avait théorisé dans un article sur le site de l’Observatoire de la vile politique en Alsace (Ovipal). Une population qu’il situe parmi les actifs entre 30 et 45 ans, qui vivent à Neudorf et la Krutenau et représente « sans doute à peine 5% » de l’électorat. « Ils ont un peu à perdre, mais sont attachés à des valeurs sociales et environnementales. On a senti dans la campagne qu’ils hésitaient. » Et selon Philippe Breton, il a permis à Catherine Trautmann de finir 3e (19,78%) :

« L’électeur LREM venu de la gauche ne peut être que fâché par les tractations avec la droite qu’a laissé entendre le candidat. »

Enfin, le scrutin présentait une motivation supplémentaire pour une partie du centre-gauche, « une revanche pour ceux qui n’avaient pas aimé que Catherine Trautmann soit écartée et sanctionner Alain Fontanel qui y a participé ».

La carte des bons scores du PS se confond avec la carte de l’abstention, cantonnée dans les quartiers populaires. Catherine Trautmann remporte souvent les bureaux avec la plus faible participation, avec jusqu’à 46,50% des voix. Remporter ces bureaux au Port-du-Rhin ou au Neuhof colorie la carte des résultats, mais ne permet pas d’engranger énormément de voix d’avance dans le décompte final. Mais elle ne tombe jamais sous les 11%. Son plus faible score est au lycée Kléber (11,14%)

La plus forte abstention se situe à la cité nucléaire à Cronenbourg (école Paul Langevin, 11,98%), tandis que l’école Finkwiller à la Krutenau enregistre la meilleure participation (47,34%). Les meilleures mobilisations sont réparties entre plusieurs bureaux des quartiers Grande-Île, Krutenau, Laiterie, Conseil des XV, Tribunal ou Esplanade.

Strasbourg en commun souhaite continuer

Avec le Rassemblement national qui n’aura plus d’élu (pire score à Strasbourg depuis 2008), « Strasbourg en commun » est la grande battue de ce scrutin atypique. Elle avait été annoncée à 9% dans un premier sondage, lorsque Mathieu Cahn était encore le candidat PS. La liste était soutenue par la France insoumise, Generation.s, les mouvements « Pour une écologie populaire et sociale », « Révolution écologiste pour le vivant » et des citoyens non-encartés.

Pour son candidat Kévin Loquais, le contexte autour du coronavirus n’a pas aidé :

« On se doutait de ce faible score le jour-même, car les plus précaires et plus fragiles sont les plus impactés et donc hésitent à se déplacer. »

Pour autant, il ne met pas tout sur le compte de l’abstention record :

« L’arrivée de Catherine Trautmann a changé la donne. Une élection municipale est aussi une question de personnalité. Elle a fait de bons scores dans les bureaux qui nous ont été favorables en 2017. »

Ce juriste de 29 ans estime que « Strasbourg en commun a vocation à continuer ». « Nous avons une vision qui a eu un peu d’écho médiatique et beaucoup de personnes sont engagées dans des associations ». En cas de possibilité de fusion, la liste avait voté la tenue de discussions avec les autres listes si un accord « permettait de réduire les inégalités sociales ».

Coronavirus : l’Unsa appelle les agents de la CTS à exercer leur droit de retrait

Coronavirus : l’Unsa appelle les agents de la CTS à exercer leur droit de retrait

Suite à la progression de l’épidémie de Covid-19, le syndicat majoritaire à la CTS, l’Unsa, appelle les salariés et les conducteurs à exercer leur « droit de retrait ». Si cet appel est suivi, le trafic tram et bus sera très perturbé à Strasbourg dès mardi.

« On a bien compris les consignes du président de la République : il faut se confiner, ça veut dire plus de transports en commun, » explique Éric Vautherot, délégué syndicat Unsa à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS).

Le syndicat majoritaire de la CTS appelle donc les agents, salariés et conducteurs de l’entreprise de transports en communs à cesser le travail dès mardi 17 mars, d’invoquer leur « droit de retrait » en raison des risques sanitaires liés au coronavirus.

Plusieurs salariés de la CTS ont été testées positives au coronavirus, l’un d’entre eux serait même en réanimation selon le syndicaliste.

« Il faut agir »

Éric Vautherot poursuit :

« Ça fait huit jours qu’on est en plein dedans maintenant… Il faut agir. Quelles que soient les nouvelles mesures annoncées lundi soir le président de la République, nous prenons les devants, pour la sécurité des salariés et des clients. »

Le président de la République doit annoncer de nouvelles mesures lors d’une allocution télévisée ce lundi soir, pour enrayer la propagation du coronavirus.

L’Unsa a communiqué cet appel via des tracts distribués au personnel et ses réseaux sociaux mais l’exercice du droit de retrait est un choix personnel de chaque salarié. L’état du trafic en tramways et bus à partir de mardi est donc difficile à prévoir. Contactée, la CTS n’a pas réagi à cet appel de l’Unsa mais elle a publié un point sur les modifications de son trafic pendant l’épidémie de covid-19.

#droit de retrait

Dans l’Eurométropole, quatre seconds tours et une bizarrerie…

Dans l’Eurométropole, quatre seconds tours et une bizarrerie…

Il y aura un second tour à Bischheim, Illkirch-Graffenstaden, Mundolsheim et Ostwald. À Niederhausbergen, le résultat est contesté.

Dans l’Eurométropole, 28 des 33 communes connaissent déjà leur maire. C’est le cas d’Achenheim, Blaesheim, Breuschwickersheim, Eckbolsheim, Entzheim, Eschau, Fegersheim, Geispolsheim, Hangenbiethen, Hoenheim, Holtzheim, Kolbsheim, Lampertheim, Lingolsheim, Lipsheim, Mittelhausbergen, Mundolsheim, Oberhausbergen, Oberschaeffolsheim, Osthoffen, Plobsheim, Reichstett, Souffelweyersheim, Vendenheim, La Wantzenau et Wolfisheim.

À Schiltigheim également, Danielle Dambach (écologiste) a été réélue au premier tour avec plus de 55% des voix. Elle confirme après sa victoire lors des élections anticipées de 2018.

Cela donne davantage de visibilité à la maire d’Holtzheim, Pia Imbs, pour rassembler autour de son projet. Elle souhaite conduire la future gouvernance de l’Eurométropole.

Danielle Dambach a été réélue au premier tour, une rareté à Schiltigheim Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

À Bischheim, le maire sortant Jean-Louis Hoerlé (DVD, 45,87%) a été mis en ballottage par Gérard Schann (écologiste, 30,73%). Une troisième liste, celle de Christelle Laforêt (DVC, 13,85%) peut se maintenir. Estelle Frass (DVG, 9,53%) en revanche doit se trouver une liste d’accueil pour le second tour.

À Illkirch-Graffenstaden, le maire sortant Claude Froehly est arrivé en tête avec 31,07% des voix. Il est talonné par la liste de Thibaud Philipps (LR, soutenu par le Modem et LREM) avec 27% des voix, mais les 5 listes peuvent se maintenir, celle de Pascale Gendrault (DVG, 17,97%), celle de Rémy Beaujeux (DVD, 11,80%) et celle de Richard Hamm (écologiste, 11,71%) ! Pourtant, Thibaud Philipps a exclu toute alliance, l’alternance sera donc complexe dans cette ville qui a vu sa physionomie se transformer sous la pression immobilière

À Ostwald, le maire sortant Jean-Marie Beutel (DVG, 29,12%) est arrivé en tête de cette cité où de nombreux logements ont été construits ces dernières années. Fabienne Baas (DVG, 27,44%) n’est cependant pas loin derrière et les deux autres listes peuvent se maintenir, Vincent Florange (DVD, 23,38%) et Claude Steinlé (DVD, 20,13%).

À Mundolsheim, la maire sortante échoue de peu à être réélue dès le premier tour, Béatrice Bulou (DVG, 49,72%). Elle retrouvera au second tour les deux listes de Henri Becker (SE, 27,36%) et Hervé Diebold (SE, 22,91%).

Et à Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog a été réélu avec 100% des 484 voix exprimées. Comment est-ce possible ? Parce que l’ensemble des bulletins de la liste « Mieux vivre Nieder, » au nombre de 333, ont été déclarés nuls. Dans un communiqué de lundi, la liste indique qu’elle n’a indique que 19 colistiers sur ses bulletins, et non 21 (avec les deux suppléants), comme il aurait fallu le faire suivant une circulaire du 6 mars. La liste prévoit un recours devant le tribunal administratif.

Municipales : Les principaux résultats d’Alsace

Municipales : Les principaux résultats d’Alsace

L’abstention n’a pas considérablement modifié les équilibres politiques en Alsace.

À Strasbourg, l’écologiste Jeanne Barseghian est arrivée largement en tête, avec 27,87%. Elle devance Alain Fontanel (LREM, 19,86%) et Catherine Trautmann (PS, 19,77%) qui ne sont séparés que par 41 voix. Suit Jean-Philippe Vetter (LR) avec 18,26%. Avec seulement 6,27% des voix, le Rassemblement national ne peut pas se maintenir au second tour.

Vers des alliances obligatoires à Mulhouse

À Mulhouse, où les Socialistes ont disparu de la cité ouvrière, la liste de la maire sortante, Michèle Lutz (DVD) est arrivée en tête avec 33,66% des voix. Mais elle est suivie par la liste de l’écologiste Loïc Minery qui a totalisé 21,96% des voix. Il a rejeté toute alliance avec les listes engagées. Arrivée troisième, que fera Lara Millon (LREM) avec ses 20,13% ?

À Colmar, le député (LR) Éric Straumann est enfin parvenu avec 37,45% des voix à déboulonner le maire sortant de son piédestal. Gilbert Meyer n’a obtenu « que » 32,46% des voix, une sorte de revers pour celui qui dirige cette commune depuis 1995 et qui avait été réélu dès le premier tour en 2014. Arrivé troisième, l’autre surprise de ce scrutin, l’écologiste Frédéric Hilbert (15,23%) est en mesure d’arbitrer cette élection. En droit de fusionner, les listes LREM de Stéphanie Villemin (6,37%) et Modem de Tristant Dénéchaud (5,61%) pourraient aussi être courtisées.

À Haguenau, le maire sortant Claude Sturni (DVD) a été triomphalement réélu dès le premier tour avec 65,71% des voix. À Sélestat, le maire sortant Marcel Bauer (DVD, 36,66%) maintient son avance sur ses deux concurrents, Denis Digel (DVC, 32,12%) et Caroline Reys (PS et Verts, 23,50%).

Husseren-les-Châteaux a élu sa nouvelle maire dès le premier tour (Photo Over Doz / FlickR / cc)
Husseren-les-Châteaux a élu sa nouvelle maire dès le premier tour Photo : Over Doz / FlickR / cc

Rue89 Strasbourg vous avait parlé de la bataille d’Erstein pour ses commerces. Le candidat LR Michel Andreu (45,49%) devance le premier adjoint Patrick Kiefer (37,36%) soutenu par le maire sortant, membre du PS. Le candidat du Rassemblement national mené par le jeune référent départemental Kévin Diebold est loin derrière avec 17,15%.

Le long du tracé de l’autoroute du GCO, deux listes critiques des majorités sortantes l’emportent : celle de Julien Haengy à Duppigheim et celle d’Éric Franchet à Ernolsheim-Bruche. Les têtes de listes opposées avaient été soutenues par les maires sortant. En revanche à Duttlenheim, Jean-Luc Ruch est réélu pour 7 voix, soit 50,28%.

Municipales à Strasbourg : Jeanne Barseghian s’extirpe d’un premier tour à l’avenir en suspens

Municipales à Strasbourg : Jeanne Barseghian s’extirpe d’un premier tour à l’avenir en suspens

Avec 27,87%, la liste écologiste termine en tête avec une marge de 8 points sur ses trois poursuivants, notamment Alain Fontanel (LREM). Il n’est pas sûr que les candidats entament vraiment des négociations en raison de la probable annulation du second tour.

Personne ne sait ce que deviendront les résultats de ce dimanche 15 mars 2020. Plus le temps passe, plus la tenue d’un second tour des élections municipales semble hypothétique. En pleine épidémie du coronavirus, la participation à Strasbourg s’est soldée à 34,37%, loin des 49,68% de 2014. Par ailleurs, une campagne d’entre-deux tours semble infaisable.

Faudra-t-il tout de même voter dans 6 jours, redéposer de nouvelles listes dans plusieurs mois, repartir avec les mêmes, ou simplement jouer le second tour bien plus tard ? Le député de Strasbourg-sud Sylvain Waserman (Modem) a indiqué qu’une loi tenterait de faire reconnaître les résultats du premier tour, mais décaler le deuxième à dans plusieurs mois. Reste à savoir si cela est juridiquement possible. Une fois l’urgence sanitaire passée, cela aurait au moins le mérite de pouvoir travailler de vrais accords programmatiques entre candidats, et non des compromis signés en 36 heures.

Pas de date butoir

Après avoir eu des pensées pour la situation pour la Santé, les candidats ont tous déploré qu’aucune date butoir ne soit donnée avant de nouvelles mesures de confinement et le sort du second tour. S’il se tient, il faut déposer les listes avant mardi 18h. Un accord doit donc se sceller mardi à la mi-journée au plus tard. Mais annoncer un pacte serait se dévoiler pour l’avenir si les élections devaient être ajournées.

Toutes ces circonstances feraient presque oublier que Jeanne Barseghian (EELV) termine en tête à Srasbourg. La conseillère municipale de la majorité est dans la fourchette haute par rapport aux sondages avec ses 27,87%.

En plus de très bons scores attendus dans le centre-ville, Neudorf, la Krutenau ou le quartier gare (51,78% au gymnase Sainte-Aurélie), elle a aussi su élargir les bastions habituels verts. « Strasbourg écologiste et citoyenne » remporte des bureaux de vote de quartiers plus populaires à l’ouest (Cronebourg, Koenigshoffen) ou du sud (entrée de la Meinau).

La candidate se satisfait de ce score :

« Il faut rester humble de ces résultats dans des conditions exceptionnelles et vue la participation. C’est un bon score pour l’écologie, que l’on retrouve aussi dans d’autres communes de l’Eurométropole comme Schiltigheim, Bischheim ou Ostwald, qui est une confirmation des résultats des européennes. Il y a une prise de conscience plus forte de ces enjeux. Cette position appelle aussi à une grande responsabilité. »

La candidate écologiste est en tête d’un vote qui sera peut-être annulé. Photo : Rue89 Strasboug

D’un duel serré à une course à distance

Alors qu’un match serré avec Alain Fontanel semblait se dessiner, la conseillère municipale a finalement distancé de plus de 8 points ses autres rivaux. Sous les 20%, un trio Fontanel-Trautmann-Vetter se tient en moins de 2 points.

Deuxième avec 19,86%, Alain Fontanel a convenu que « ce n’est pas le résultat [qu’il] espérait ». Mais compte tenu de la faible participation, il n’a « que » 4 000 voix à aller chercher. « Une alternative claire se dessine », a-t-il commenté. « On va discuter bien sûr », au sujet des alliance. Il a cité plusieurs fois le développement économique, le domaine de compétence de Catherine Trautmann (PS) à la métropole, mais aussi un axe de campagne majeur de Jean-Philippe Vetter (LR), 4è et dont les 8 868 voix pourraient s’avérer utiles pour remonter.

Vidéo par Guillaume Krempp

Un nouveau rapport de force à droite

Dans les résultats, les deux hommes se disputent notamment les bureaux de vote à la Robertsau et au Wacken. Ce bastion de centre-droit d’ordinaire très mobilisé a un peu plus participé que la moyenne strasbourgeoise, mais moins qu’à l’accoutumée.

Quant à Jean-Philippe Vetter, il a notamment remporté de nombreux bureaux de vote du sud, à la Meinau et au Neuhof. Il s’agit du secteur de prédilection ses deux conseillers départementaux Pascale Jurdant-Pfeiffer et Jean-Philippe Maurer, bien placés sur sa liste.

Le conseiller municipal d’opposition est satisfait de ce nouveau rapport de force :

« Avec 7,3% aux européennes, on nous a expliqué que l’on n’aurait pas d’espace à Strasbourg. Ce résultat montre que nos valeurs comptent et qu’il est possible de porter l’alternance. Toutes nos thématiques, la sécurité, la bétonisation ou les entreprises, ont porté dans cette campagne. »

Avant d’entamer des discussions, il dit vouloir réunir ses colistiers. Annoncer vite des négociations pour un second tour qui n’aura pas lieu pourrait démobiliser une partie de la base militante pour les échéances futures.

Catherine Trautmann n’exclut rien

Entre les deux hommes, s’est intercalée Catherine Trautmann. L’ancienne maire, émarge à 19,77%, soit 41 voix derrière Alain Fontanel. Elle réalise des scores assez homogènes et remporte plusieurs quartiers populaires à l’ouest, à l’est et la Cité de l’Ill, mais où l’abstention est très élevée.

« À ce stade, il n’y a aucun candidat exclu des négociations », fait savoir la candidate de « Faire Ensemble Strasbourg » :

« Il y a des discussions qui dépendent aussi des élections des autres maires de l’Eurométropole entre la ville d’un côté et l’Eurométropole. Je dirais d’abord qu’il faut se mettre d’accord sur un projet. Il serait plus naturel de discuter avec les Verts, mais discuter ne veut pas dire trouver un accord. »

Côté écologistes une entente avec Jean-Philippe Vetter ou Alain Fontanel a été exclue dès février, donc Catherine Trautmann devient la seule interlocutrice. D’éventuelles négociations s’annoncent cruciales sur la question du calendrier de la zone à faible émissions (ZFE) ou l’accès au port par la ré-ouverture d’une route par le nord, le long de la forêt de la Robertsau auquel les écologistes sont opposés.

RN et Insoumis éjectés du 2è tour

Aucune autre liste n’est en mesure de se maintenir. Contrairement à 2014, le Rassemblement national (6,27%) repasse sous les 10%. « Les bureaux qui votent habituellement pour nous ont très peu participé », a noté sa candidate Hombeline du Parc sur le plateau de France 3 Alsace. Elle avait été dépêchée à la hâte à Strasbourg où elle ne vote pas. Le parti y a fait une campagne minimaliste. C’est le pire score, toutes élections confondues, pour l’ex-Front national depuis les élections municipales de 2008.

Sans élu sortant et avec peu de moyens, « Strasbourg en commun » (France insoumise et alliés) a eu du mal à affirmer ses thèmes pendant la campagne. Et la résurgence de Catherine Trautmann a probablement empiété sur un électorat des quartiers populaires que la formation visait à remobiliser. Avec 2,99%, Kévin Loquais finit loin des espérances initiales. Les deux listes citoyennes de l’adjointe Chantal Cutajar (2,17%) et Patrick Arbogast (1,2%) terminent derrière les partis et mouvements politiques identifiés. En queue de classement, les trois listes anticapitalistes totalisent 1,3% des voix.

Dans le Haut-Rhin, le personnel soignant contraint de refuser certains patients

Dans le Haut-Rhin, le personnel soignant contraint de refuser certains patients

Face à l’épidémie de coronavirus, l’hôpital Émile Muller de Mulhouse n’est pas en capacité d’hospitaliser tous les patients. Un mail du chef des urgences de Colmar indique que des réflexions sont en cours sur « les critères (notamment d’âge) de limitation d’accès à la réanimation. »

« Voici quelques nouvelles du front de l’Est. Veillée d’armes. » Dans un mail adressé à de nombreux médecins, urgentistes et autres membres du personnel soignant que Rue89 Strasbourg a pu consulter, le chef du pôle urgences de l’hôpital Pasteur à Colmar décrit la situation alarmante de la crise sanitaire en Alsace : manque de lits, manque de respirateur en réanimation, personnel épuisé voire contaminé… Yannick Gottwales dresse un constat clair : les urgences de Colmar sont débordées. Pour faire face, il ne reste plus que la discrimination des patients. Des réflexions sont d’ores et déjà en cours pour établir des critères d’admission :

« J’ai réuni hier un collège de spécialistes (réa, infectio, med interne, pneumo, gériatre, urgentiste) afin de fixer des indications aux différentes filières, et plus clairement les critères (notamment d’âge) de limitation d’accès à la réanimation. »

Plusieurs témoignages d’infirmières aux urgences de Mulhouse confirment cette nécessité. Elles ont en effet constaté que les patients de plus de 75 ans ne survivaient pas en réanimation, « après avoir été extubés, ils ne reprennent pas au niveau respiratoire », explique Sophie (le prénom a été modifié). « On se demande si ça vaut le coup d’intuber les personnes âgées, ajoute Bertrand (le prénom a été modifié), c’est ça qui est dur moralement. Il n’y a plus d’égalité dans l’accès aux soins. »

À Mulhouse comme à Colmar, les réorganisations de services s’enchaînent sans jamais parvenir à solution satisfaisantes : « Durant ces 15 derniers jours, toutes les mesures que nous avons prises ont été dépassées et donc insuffisantes dans la journée même », peut-on lire dans le mail de Yannick Gottwales. Le personnel soignant de Mulhouse espère que les hôpitaux périphériques comme ceux de Thann, Saint-Louis ou Altkirch pourront aider à faire baisser la pression sur les principales structures du Haut-Rhin.

Situation intenable

Pour le chef du service des urgences de Colmar, le flou autour de ce virus et de la prise en charge des patients est intenable. Dans son service, « l’activité (habituellement à 148 passages/jour) a chuté de 45% » mais tous les efforts sont maintenant redirigés vers les suspicions de Covid-19. « En l’absence de critère de gravité, constate-t-il, tous les patients sont réorientés vers leur médecin traitant sans même entrer dans les urgences. »

Plusieurs infirmières de Mulhouse estiment que les patients Covid-19 n’auraient jamais dû être admis au sein des urgences. « Maintenant, le virus est partout dans l’hôpital », souffle Sophie. Cette professionnelle de santé affirme qu’il serait plus logique de réquisitionner des salles pour les cas suspects, afin d’éviter la propagation du coronavirus. Dans son mail, le Dr Yannick Gottwales semble du même avis :

« Nous sommes au bout d’un système, il va falloir faire des choix sur nos critères d’admission, non seulement en réanimation, mais tout simplement dans une structure hospitalière. »

#Hôpital Émile Muller#Hôpital Pasteur

Coronavirus et municipales : la fièvre du dimanche matin

Coronavirus et municipales : la fièvre du dimanche matin

Nombreux ont été ceux qui sont allés échanger leurs miasmes au supermarché pour un paquet de papier toilettes mais s’interrogent sur leur participation au scrutin des municipales. Si cela peut encourager à voter dimanche, Piet rappelle que les électeurs bénéficieront d’une dose de gel hydroalcoolique gratuite en sortant de l’isoloir.

Municipales : Jeanne Barseghian en tête à Strasbourg

Municipales : Jeanne Barseghian en tête à Strasbourg

La candidate écologiste Jeanne Barseghian est arrivée largement en tête du premier tour des élections municipales dans la capitale alsacienne. Elle est suivie par Catherine Trautmann et Alain Fontanel.

Et c’est la fin de ce compte-rendu en direct. Dès demain, nos articles d’analyses sur les résultats de ce premier tour avec les principales réaction. Bonne nuit et #staythefuckhome

Strasbourg, 15 mars 2020 Jeanne Barseghian dans son local de campagne.

C’est fini à Strasbourg, tous les bureaux de vote ont été dépouillés et validés.

Liste conduite parVoix% inscrits% exprimés
Mme Jeanne BARSEGHIAN (LVEC)135329,4227,87
M. Alain FONTANEL (LUC)96426,7119,86
Mme Catherine TRAUTMANN (LSOC)96016,6819,77
M. Jean-Philippe VETTER (LUD)88686,1718,26
Mme Hombeline DU PARC (LRN)30442,116,27
M. Kevin LOQUAIS (LDVG)14521,012,99
Mme Chantal CUTAJAR (LDIV)10580,732,17
M. Patrick ARBOGAST (LDIV)5830,41,2
M. Clément SOUBISE (LEXG)3990,270,82
Mme Louise FÈVE (LEXG)2120,140,43
M. Mathieu LE TALLEC (LEXG)1490,10,3
Alain Fontanel (LREM) réagit à sa deuxième place au soir du scrutin.

Catherine Trautmann réagit à son score vers 22h devant France 3 Alsace (vidéo Guillaume Krempp)

À Illkirch-Graffenstaden, le maire sortant Claude Froehly est arrivé en tête avec 31,07% des voix. Il est talonné par la liste de Thibaud Philipps avec 27% des voix mais 3 listes peuvent se maintenir…

Avec La tête de liste Cultivons notre ville, authentique et conviviale, Pascale Gendrault (DVG), réagit à sa troisième position :

« Notre score de 18% n’est pas un score déshonorant. Nous sommes déçus évidemment mais nous avons fait une très belle campagne et de belles rencontres. Quant à la suite des élections, notre équipe est en cours de discussions mais je peux vous affirmer qu’il n’y aura pas de rapprochement avec M. Froehly. Si j’ai quitté son équipe, ce n’est pas pour la rejoindre par la suite. » 

Rémy Beaujeux (DVD), tête de liste de Ensemble une dynamique pour Illkirch-Graffenstaden, réagit à son score de 11,81% :

« Notre score est honorable surtout que nous sommes partis de zéro, nos adversaires avaient une visibilité que nous n’avions pas. Le maire sortant n’a recueilli les votes que d’un électeur sur trois, ce n’est pas extraordinaire. Je suis ouvert à une alliance avec d’autres listes mais notre objectif n’est pas d’obtenir des postes. Ce que nous souhaitons, c’est réaliser notre programme car nous pensons qu’il est bon pour les habitants d’Illkirch-Graffenstaden. »

Richard Hamm, tête de liste de l’Ecologie authentique, avec 11,78% :

« Nous sommes un peu déçus même s’il s’agit d’un score honorable. Nous avons vécu une campagne courte et avec peu de moyens. Je regrette que l’éveil écologique n’ait pas eu lieu à Illkirch-Graffenstaden, d’autant plus que nous sommes la liste accordant de l’importance à l’écologie. Nous allons entamer des discussions avec les candidats mais il n’y a pas d’automaticité. Cela dépendra de la façon dont l’écologie sera pris en compte dans leur programme. »

La liste de Daniel Dambach (EELV-PS-PC) a balayé l’opposition à Schilitigheim où la participation était de 31 %. La maire sortante a été réélue dès le premier tour avec près de 55% des suffrages. Christian Ball (LR) arrive deuxième avec 20 %. Déjà battu en 2018, l’élu d’opposition aura 4 sièges, soit un de moins que les deux dernières années :

« L’opposition s’est étiolée sur plusieurs candidatures. Concernant la faible participation, j’aurais été en droit de me poser des questions si l’écart était plus faible. La victoire de Mme Dambach est tout à fait légitime. »

En troisième position, Helène Hollederer (LREM) avec 13 % des voix. Elle note la « prime aux sortants » dont a bénéficié la liste de Danielle Dambach :

« Après un mandat de deux ans, cela rassure peut-être les gens de conserver les mêmes équipes. Je tiens à la féliciter, elle a réalisé un joli score. Pour ma part, je suis évidemment déçue. J’ai un double handicap : une faible notoriété et l’actualité nationale. C’est difficile d’exister avec cette épidémie de coronavirus. Mais je ne fais pas partie de ceux qui remettront en cause cette élection. »

La liste de Raphaël Rodrigues (liste citoyenne) obtient 5,74 % des voix. Le candidat dénonce avec amertume le faible retour sur investissement de sa candidature :

« Depuis que j’ai été poussé par le milieu associatif, j’ai eu de très bons retours des habitants de la commune. En voyant ces résultats, j’ai un sentiment d’incompréhension. Je me demande presque pourquoi des gens nous ont poussés à aller jusqu’au bout. J’ai besoin de vacances… »

Selon des résultats encore partiels à Strasbourg, sur 99 bureaux dépouillés sur 143 à Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV) est en tête avec 26% des voix, suivie de Catherine Trautmann (PS) avec 20,7% des voix.

Alain Fontanel serait en troisième position, avec 20% des voix et Jean-Philippe Vetter quatrième avec 18% des voix.

Après 71 bureaux de vote dépouillés sur 143 à Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV / Strasbourg écologiste et citoyenne) totalise 23,95% des voix contre 21,48% pour Catherine Trautmann (PS / Faire Ensemble Strasbourg) et 19,96% pour Alain Fontanel (LREM / 100% Strasbourg). Jean-Philippe Vetter (LR / Un nouveau souffle pour Strasbourg) est quatrième avec 18,33%. Aucun autre liste n’atteint les 10% pour se maintenir.

Catherine Trautmann en tête sur les 17 premiers bureaux de vote sur 143. Ce sont les bureaux de vote où la participation est faible qui sont dépouillés en premiers.

Les 11 premiers bureaux de votes ont été dépouillés, ceux avec le moins de participation. Catherine Trautmann est en tête, mais cela ne permet pas d’en tirer des enseignements.

Danielle Dambach (liste EELV / PS / PC) réélue dès le 1er tour à Schiltigheim avec plus de 50% des voix.

À Molsheim, le député Laurent Furst (LR) réélu.

Thibaud Philips (DVC), tête de liste de Réinventez Illkirch-Graffenstaden, arrivé second au 1er tour avec un score de 27.37%, réagit :

« Je suis fier de ce score surtout face à Claude Froehly, qui est là depuis 25 ans, et avec ce contexte inédit. En un mandat, nous sommes arrivés à un score très proche de celui de M. Froehly. Notre programme et le travail que j’ai accompli à l’Eurométropole a su convaincre les habitants d’Illkirch-Graffenstaden. Je le répète, dès le départ nous avions convenu d’une équipe et nous irons jusqu’au bout ensemble. Il n’y aura aucune alliance avec les autres listes. »

Cartographie de la participation à Strasbourg :

À chacun sa méthode…

En route pour aller voter :
✅ masque check
✅ stylo check
✅ gel check
Et moi check ????
Photo : Nadia Saada / Facebook

Récapitulatif de la participation :

StrasbourgécartBas-RhinécartFranceécart
12h14,57%-2 pts16,93%-2,5 pts18,83%-5 pts
17h28,93%-10 pts31,87%-21 pts38,77%-16 pts
Final

À Strasbourg, où les bureaux de vote ferment à 20h, l’écart est de plus de 10 points par rapport à 2014 et plus de 16 par rapport à 2018. L’information a été communiquée par l’adjoint au maire en charge des élections.

En France, l’écart est un peu moins net qu’en Alsace. Le taux de participation estimé à 38,77% contre 54,72% à la même heure en 2014.

Dans le Haut-Rhin aussi, la participation estimée à 17h décroche de plus de plus de 20 points par rapport à 2014 : 32,15% contre 52,63%.

Tous les bureaux ferment à 18h dans ce département.

Le taux de participation estimé par la Préfecture du Bas-Rhin à 17h est de 31,87%. Il était de 52,24% à la même heure lors des élections municipales de 2014.

En Moselle, ce taux de participation à 17h est à 35,23 % contre de 49,87% six ans plus tôt.

https://twitter.com/bcavalli3333/status/1239204200296390657

L’Allemagne a annoncé en début d’après-midi que le pays fermera lundi 16 mars ses frontières avec trois pays, la France, la Suisse et l’Autriche.

Cette fermeture doit prendre effet à partir de 8h mais ne concernera pas le transport de marchandises et fera une exception pour les travailleurs transfrontaliers. 

À Mulhouse, foyer de l’épidémie, la participation est estimée à 13,83% contre 21,58% en 2014 à la mi-journée.

Résumé de la participation :

StrasbourgécartBas-RhinécartFranceécart
12h14,57%-216,93%-2,518,83%-5
17h
Final

À Strasbourg, le taux de participation à midi du premier tour est de 14,57%. À la même heure en 2014, il était de 16,71%.

De nouvelles estimations seront communiquées vers 17h15.

La tendance alsacienne à la mi-journée est similaire à celle observée partout en France : 18,38 % contre 23,2% en 2014 et 23% en 2008.

À noter que dans le département du Territoire de Belfort (90) à côté du foyer de contamination à Mulhouse, la participation chute à 14% contre 26,2% en 2014 à la mi-journée.

À Strasbourg, le taux de participation à 12h est estimé à 14,57% contre 16,71% en 2014 et 20,58% en 2008.

Les bureaux de vote sont ouverts jusqu’à 18h partout en Alsace, sauf à Strasbourg où ils sont accessibles jusqu’à 20h.

Dans le Bas-Rhin la participation à 12h est estimée à 16,93% contre 19,44% en 2014 à la même heure. La participation finale s’était établie à 60,48%.

Dans le Haut-Rhin, foyer de contamination du coronarivus, l’écart avec 2014 est un peu plus fort. La participation à 12h est estimée à 16,9% contre 22,2% six ans plus tôt.

Alain Fontanel, tête de liste LREM, est allé voté à la Robertsau :

Aux bureaux de l’école Saint-Jean, une file s’est organisée dehors pour éviter tout attroupement à l’intérieur, avec un mètre de distance entre les personnes.

Notre premier article sur les élections municipales de 2020 à Strasbourg a été écrit il y a cinq ans. Pouvez-vous devinez de quoi il traitait ?

Tous les articles sur cette élections sont disponibles avec l’étiquette « élections municipales 2020. » Une saine lecture en attendant le direct des résultats ce soir.

votez heureux (Photo Thomas Guinard / FlickR / cc)
Votez heureux – affichage lors d’une Nuit des musées en 2007 Photo : Thomas Guinard / FlickR / cc

Les élections municipales ayant été maintenues malgré l’épidémie de coronavirus, des mesures spécifiques d’hygiène seront appliquées dans les bureaux de vote :

    les situations de promiscuité prolongée devront être évitées,des affiches sur les « gestes barrières » et sur les bons comportements à adopter dans les bureaux de vote seront apposées,un point d’eau ou du gel hydro-alcoolique sera mis à disposition,le bureau de vote sera nettoyé et désinfecté avant et après chaque scrutin,il est demandé aux électeurs d’apporter leur propre stylo pour signer.

Municipales : tous les résultats en Alsace

Municipales : tous les résultats en Alsace

Retrouvez ci-dessous tous les résultats des élections municipales en Alsace, dévoilés au fur et à mesure de leur dépouillement.

Voici les résultats du premier tour des élections municipales en Alsace. Pour accéder aux résultats détaillés, survolez la commune qui vous intéresse puis cliquez, ou tapez son nom dans le champ de recherche.

Municipales : les résultats à Strasbourg

Municipales : les résultats à Strasbourg

Retrouvez ci-dessous tous les résultats des élections municipales à Strasbourg, dévoilés au fur et à mesure de leur dépouillement.

Voici les résultats du premier tour des élections municipales à Strasbourg, communiqués par la Ville de Strasbourg.

Shoot de lumière et rite chamanique, j’ai suivi une thérapie holistique au cœur de la plaine des Bouchers

Shoot de lumière et rite chamanique, j’ai suivi une thérapie holistique au cœur de la plaine des Bouchers

Une lumière relaxante qui améliorerait la concentration et boosterait la créativité ? C’est ce que promet la Lucia n°3, une super lampe connue pour ses hallucinations psychédéliques. Je l’ai testée dans un centre de bien-être de la Meinau.

Le rendez-vous est fixé rue Schertz, au milieu de la plaine des Bouchers, entre un garage automobile et une entreprise de BTP. Par téléphone, Philippe Meyer m’a prévenu que l’espace n’était pas « forcément visible de l’extérieur ». En m’enfonçant dans l’allée qui donne sur une petite cour, une bannière publicitaire m’indique que je suis arrivé à bon port : « Lumynaissance : centre de bien-être holistique à la découverte de soi ».

Bracelets aux poignets et collier de pierres énergétiques autour du cou, le maître des lieux m’accueille tout sourire. « Tu veux un verre d’eau? ». « Je ne te propose pas de thé à cause de son effet diurétique. Ce serait dommage de gâcher l’expérience », embraye-t-il. Pendant près de deux heures, je m’apprête à effectuer mon premier voyage vibratoire (une préparation à base d’instruments de musique connus pour leur résonance), suivi d’une session de Lucia n°3 : une lampe psychédélique qui ferait halluciner comme sous LSD, une drogue hallucinogène connue depuis les années 1960, mais sans les effets néfastes. En tout cas, c’est ce que j’ai lu dans un magazine de société destiné aux 25-35 ans.

Philippe Meyer est l’un des quatre gérants de Lumynaissance Photo : Rue89 Strasbourg / Robin Dussenne

« On ne devient pas Bouddha au bout d’une séance »

D’ordinaire, je ne suis pas vraiment branché par les médecines alternatives. J’ai déjà fait plusieurs séances d’acupuncture pour soigner le stress, sans grand succès. Mais il faut dire qu’on m’a vanté les mérites de cette nouvelle technologie qui améliorerait la concentration, la qualité du sommeil, boosterait la créativité et augmenterait même l’acuité mentale. Alors forcément, j’ai envie d’y croire !

L’histoire de Lumynaissance remonte à novembre 2016, quand les quatre partenaires actuels partent tester la Lucia au Zome bien-être de Moncaut, près d’Agen (Lot-et-Garonne). Enchantés par la « douche énergétique » – une technique qui consiste à libérer les blocages et les énergies négatives du corps – qu’ils viennent de vivre, les amis alsaciens décident d’investir et déboursent la bagatelle de 22 000 € dans ladite lampe. Leur entreprise est créée trois plus tard et inaugurée en juin 2017.

« À l’origine, j’ai plutôt un profil d’entrepreneur. Avant d’ouvrir Lumynaissance, j’étais commercial. Je pense que j’essayais de trouver la poule aux œufs d’or… En revenant du grand Zome, c’était clair. Il fallait ouvrir un centre de bien-être holistique à Strasbourg, en mélangeant la technologie de la Lucia avec des compétences de cartomancie ou de soins énergétiques. »

Au cours de la séance de luminothérapie, Philippe pulvérise des huiles essentielles Photo : Rue89 Strasbourg / Robin Dussenne

Avant de débuter l’expérience, Philippe m’invite à « mettre une intention sous la lampe », c’est-à-dire penser et identifier un objectif à atteindre, pour que la séance ne soit pas seulement « un beau voyage visuel » :

« Attention, ce n’est pas une baguette magique ! On ne devient pas Bouddha au bout d’une séance, mais la Lucia peut être complémentaire d’autres activités comme le yoga, le reiki, tout ce qui est énergétique en fait. »

Je m’allonge sur le matelas gonflable au milieu de la pièce en me disant que si j’arrive à passer des nuits un peu plus paisibles, ce sera déjà ça de gagné. Le thérapeute tire les rideaux et se saisit d’un bol tibétain. C’est parti pour une demi-heure de cérémonie chamanique.

Musicien avant tout

Selon Philippe, cette introduction est essentielle pour préparer les corps et qu’ils réagissent à la lumière bombardée par la lampe. « Nous avons créé Lumynaissance à quatre. Chacun possède des compétences énergétiques », assure-t-il. Lui et sa compagne Cynthia ont notamment passé trois degrés de reiki. « Mais moi, je suis musicien avant tout. Je joue du piano, du saxophone, des percussions, des flûtes. »

Les tambours sont utilisés par Philippe et sa compagne Cynthia lors des voyages vibratoires Photo : Rue89 Strasbourg / Robin Dussenne

Commence alors un festival de tambours, gongs chinois, percussions exotiques et de « vrombé », un instrument de musique de fabrication maison inspiré de la rhombe aborigène.

Les premières notes résonnent en même temps que des incantations dans une langue improbable qui sortent de la bouche mon hôte. « Ca me vient comme ça, tout est spontané ! » J’ai envie de rire. Puis au fur et à mesure que les vibrations se propagent dans la pièce, ma respiration change de rythme, se saccade, se bloque. Mon corps se soulève de façon incontrôlée. En ouvrant un œil, j’aperçois Philippe tournoyer autour de moi en brûlant de la sauge. Je suis partagé entre l’angoisse d’y passer, un sentiment sans doutes fantasmé par la fiction, et l’agréable sensation de quasi-transe que procure cette initiation au chamanisme. Place désormais à la Lucia.

Recréer l’expérience de mort imminente

En 2009, deux médecins autrichiens « assez barrés », selon Philippe, conçoivent cette technologie dans le but de recréer l’expérience de mort imminente, notamment le fameux tunnel lumineux que l’on apercevrait avant de partir. La Lucia est composée de huit LED qui clignotent tel un stroboscope autour d’un halogène. Pilotée par ordinateur, la lampe psychédélique est fournie avec 168 programmes, répartis en trois paliers d’intensité. « 90% des clients sont à l’aise avec le degré maximal », assure Philippe, qui concède ne pas les avoir tous testés.

La Lucia n°3 est positionnée environ 70 cm au dessus du visage Photo : Rue89 Strasbourg / Robin Dussenne

Première étape, la sélection de la musique, ou plutôt de la « méta-musique ». J’ai le choix entre le bruit de la forêt agrémenté de voix lointaines et de didgeridoo, celui de l’eau accompagné de flûte de pan et enfin une bande son à l’univers cosmique et à la basse lourde. Je choisis le premier des trois CD. Il me semble être moins dramatique, moins flippant. « Il n’y a pas de mauvais choix », tente de rassurer Philippe.

Casque sur les oreilles, tête sur l’oreiller et plaid remonté jusqu’à la taille, j’entame mon heure de Lucia. Passé l’aveuglement assez désagréable du début, je commence à voir apparaître dans ma tête – car j’ai les yeux fermés – des flashs de couleurs qui tourbillonnent à 180 degrés. Au fil des minutes, ces couleurs deviennent de plus en plus vives, de plus en plus électriques. Et surtout, des formes de plus en plus nettes se dessinent : des mandalas et des kaléidoscopes multicolores. J’ai l’impression de planer, d’être dans un manège à sensations psychédéliques.

Canopée, pyramide et bébé aux cheveux blonds

L’appréhension du début passée, je me laisse transporter dans une relative inconscience et légèreté. Puis bientôt, les nuances de couleurs disparaissent au profit de la canopée, d’un œil vif, d’une pyramide et d’un éléphant, qui a l’air heureux. Comme moi. Enfin plus étrange, un bébé aux cheveux blonds bouclés en costard fait son apparition, il a la moustache d’Hitler. Je trouve ça bizarre, mais drôle. Mon trip laisse place à un écran bleu nuit, c’est la fin de « Riccione », un premier programme très doux de 22 minutes.

La suite n’est pas aussi réjouissante lors des programmes « Border » et « Sol 2 », de respectivement 20 et 17 minutes, qui suivent. Je suis beaucoup plus sensible à l’exposition lumineuse et j’en viens même à avoir la nausée. Je comprends que mes hallucinations étaient en fait synonyme d’hypnagogie. L’hypnagogie ? C’est cet état de semi-conscience que l’on traverse juste avant de s’endormir. Philippe interprète les fourmillements qui m’ont parcouru. La douleur qui s’est évaporée de mon genou et l’envie de vomir seraient « la preuve que l’énergie a circulé dans [m]on corps ».

Pour que la Lucia soit efficace, Philippe ne conseille pas de rythme particulier. « Certaines personnes vont avoir un déclic au bout de la première séance, d’autres au bout de cinq ou dix. C’est très personnel », confie-t-il. Et à 100€ la session, on peut comprendre les réticences à revenir régulièrement.

« Cette thérapie a un prix, j’en ai conscience. Si un client venait me voir avec un budget illimité, je ne conseillerais pas plus d’une séance par semaine. Ce serait déjà énorme. »

En rentrant chez moi, je suis encore sur mon petit nuage, un peu perplexe des bienfaits thérapeutiques, mais relaxé. Je partage l’expérience que je viens de vivre à mes proches, qui eux, restent sceptiques : « Mais enfin, ce truc a un effet placebo », « En tout cas, je ne mettrai jamais 100€ pour ça ! » Je ne sais pas si la Lucia m’a permis d’obtenir « plus de clarté » et les clés de compréhension promises, mais une chose est sûre : depuis cette séance du 6 février, je m’endors beaucoup plus facilement.

Coronavirus : un chirurgien strasbourgeois craint « de ne pas pouvoir soigner tous les patients graves »

Coronavirus : un chirurgien strasbourgeois craint « de ne pas pouvoir soigner tous les patients graves »

Face à l’épidémie de Covid-19, le chef de service et chirurgien des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et membre du collectif inter-hôpitaux, Jean-Philippe Mazzucotelli craint une catastrophe : dépassé, le personnel soignant pourrait être amené à faire des choix dans les patients soignés.

Rue89 Strasbourg : Vous êtes chirurgien cardiaque et chef de service aux hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Est-ce que votre équipe participe à l’effort collectif contre l’épidémie de Coronavirus ?

Jean-Philippe Mazzucotelli : « Nous avons complètement arrêté notre activité de chirurgie pour ne garder que les patients les plus menacés et les urgences vitales. Nous avons ainsi annulé plus d’une vingtaine d’opérations cette semaine et ça sera pareil la semaine prochaine. Notre service dépend du nombre de lits disponibles en réanimation. Comme l’infection Covid-19 monopolise les lits de réanimation, nous sommes obligés de réduire drastiquement notre activité.

Le deuxième problème causé par le coronavirus est celui du personnel. Nous avons fermé l’unité de chirurgie cardiaque vasculaire pour que nos infirmières puissent travailler avec les patients liés à l’épidémie.

« Chacun fait des efforts considérables pour s’organiser et éviter une catastrophe »

Pr Jean-Philippe Mazzucotelli

Aujourd’hui, tout le monde a compris que la solidarité est indispensable et chacun fait des efforts considérables pour s’organiser et éviter une catastrophe, même si celle-ci n’est pas forcément évitable.

Le personnel vient à manquer pour faire face au Coronavirus. Mais le sous-effectif était déjà chronique aux HUS, non ?

On part clairement avec un handicap. Depuis quatre ans, les HUS subissent une phase d’économies et d’austérité. On a réduit la masse salariale. En juillet 2019, il manquait environ 150 infirmières. Lorsque les médecins ont menacé de faire grève, en accord avec les syndicats, des recrutements ont bien eu lieu. Du coup, aujourd’hui, il nous manque une centaine d’infirmiers sur tous les HUS… Mais le manque concerne aussi le nombre de médecins, le nombre de lits… Vous voyez donc le contexte dans lequel s’inscrit cette épidémie. Pour ne pas être dépassés, on doit tout arrêter.

Pensez-vous que les Hôpitaux universitaires de Strasbourg parviendront à gérer cette crise sanitaire ?

Ce qu’il faut craindre c’est qu’on ne soit pas en mesure de soigner tous les patients graves qui arriveraient en urgence, que ce soient les patients Covid-19 ou d’autres patients. Aujourd’hui, il ne nous reste plus que quelques lits de libres en réanimation, et nous ne sommes qu’au début de l’épidémie. Le nombre de patients va exploser donc on essaye de récupérer des infirmières partout. On a même demandé à des établissements privés et plusieurs personnes ont répondu positivement. On va aussi demander aux étudiants de venir en réanimation. Ce sont les seuls moyens à notre disposition pour augmenter nos effectifs…

A-t-on une idée de la date à laquelle le pic de personnes infectées sera atteint ? Sait-on combien de personnes seront alors contaminées ?

C’est très difficile à dire… Aujourd’hui, les seuls chiffres dont on dispose sont des projections à partir des cas de la Chine et d’Italie. En Italie, les hôpitaux ont multiplié par neuf le nombre de lits de réanimation et ils n’ont même pas encore atteint le pic de l’épidémie. On vit au jour le jour. Je crains qu’on évolue vers une situation où l’on ne sera plus en mesure de soigner tous les patients. On devra alors faire des choix entre ceux qu’on soignera et ceux qu’on va laisser… Ce sont des choix qu’on ne fait qu’en période de guerre. En trente ans de carrière à l’hôpital, ça ne m’est jamais arrivé… »

Pia Imbs, candidate à l’Eurométropole : « Les 33 communes devront se prononcer sur les promesses des candidats à Strasbourg »

Pia Imbs, candidate à l’Eurométropole : « Les 33 communes devront se prononcer sur les promesses des candidats à Strasbourg »

Maire de Holtzheim, assurée d’être réélue en l’absence de concurrent, Pia Imbs se déclare candidate à la présidence de l’Eurométropole. Plusieurs maires de l’agglomération soutiennent l’élue, qui souhaite davantage de participation des communes dans les décisions de l’EMS.

Élue maire de Holtzheim en 2014, Pia Imbs n’a pas été associée à la coalition droite-gauche mise en place alors à l’Eurométropole de Strasbourg. Son groupe fondé en cours de mandat « Pour une Eurométropole équilibrée » n’avait aucun conseiller délégué, ni de vice-président. Au lendemain des élections municipales, cette docteure en économie compte proposer une gouvernance qui associe les 33 communes.

Elle travaille déjà avec d’autres maires et candidats sur un projet qu’elle compte approfondir une fois la majorité strasbourgeoise élue. Dans ce long entretien, elle présente son projet pour la première fois.

Rue89 Strasbourg : Depuis la deuxième couronne, comment observe-t-on ces élections disputées à Strasbourg ?

Pia Imbs : « Les candidats à Strasbourg sont beaucoup questionnés sur des sujets comme les transports, l’urbanisme, l’habitat, la zone à faibles émissions (ZFE), le stade de la Meinau, etc. Ils prennent un certain nombre de positions mais ce sont des champs de compétences de l’Eurométropole, pour laquelle un nouvel exécutif sera installé en avril par les représentants des 33 communes, 50 de Strasbourg et 50 des autres communes. Au lendemain du deuxième tour, il y aura bien un troisième tour, où ces choix devront être redébattus. Strasbourg est une locomotive, mais les communes ne veulent pas seulement être des wagons.

Ce troisième tour, vous y avez déjà réfléchi ?

Avec un vingtaine de maires et têtes de listes, nous réfléchissons dès à présent à une évolution de la gouvernance. Il ressort déjà une idée forte : nous souhaitons que la présidence de l’Eurométropole soit portée par une commune de première ou de seconde couronne. C’est le cas dans la moitié des métropoles en France.

« Déconcentrer l’administration dans les communes »

L’Eurométropole de Strasbourg va continuer à se développer, surtout en première et en deuxième couronne. Cette présidence d’une autre commune que Strasbourg permettra une meilleure acceptation et une meilleure compréhension de la réalité des communes, ainsi que de nos moyens. Deux tiers des communes de l’Eurométropole comptent moins de 6 000 habitants. Nous attendons une gouvernance plus proche des maires et plus participative, où Strasbourg aurait toute sa place. Voici la réflexion que je porte. J’aimerais que plus d’élus adhérent à cette vision au lendemain des 15 et 22 mars.

Quel est votre projet ?

Nous avons six valeurs. D’abord, une métropole qui rapproche ses décisions du terrain. Cette gouvernance impliquerait une déconcentration de l’administration, en détachant du personnel dans nos communes. À Bordeaux ou Nantes, il existe une gouvernance par bassins de vie. À Strasbourg, ce serait, le Sud, le Nord, l’Ouest et Strasbourg, qui devrait plus regarder vers le bassin rhénan. Les objectifs seraient fixés sur ces périmètres. Enfin, il faudrait tisser des liens avec les autres agglomérations et la future collectivité d’Alsace.

Aussi, on pourrait davantage partager les innovations respectives. Ma commune teste l’apport volontaire des déchets alimentaires en conteneur. À Eschau, j’apprends qu’il y a une expérience qui oblige les énergéticiens à prendre en charge des investissements plus économes. Ce sont des initiatives qui devraient inspirer toute l’Eurométropole.

Nous voulons aussi une métropole plus participative, avec pourquoi pas un budget participatif et d’autres missions pour le conseil de développement, notamment dans la comparaison avec d’autres villes.

Un autre axe est d’avoir une métropole plus équitable. La politique sportive, culturelle ou touristique doit profiter à toutes les communes, même quand nos associations sportives ne sont pas dans l’élite. Même des Strasbourgeois commencent à le dire ! Je suis favorable à plus de mutualisations, comme je l’ai fait à Holtzheim et d’autres communes avec un poste de policier municipal ou une responsable d’un relais d’assistance maternelle.

Nous aimerions une métropole plus solidaire. L’Eurométropole a poussé des communes à construire plus, car il y a des besoins de logements. Cela implique des équipements sportifs et scolaires pour lesquels l’accompagnement financier n’existe pas toujours. Des communes en zone inondable ne peuvent plus construire des logements aidés, mais sont sanctionnés pour leurs carences. Peut-être faudrait-il mutualiser ces objectifs par bassin de vie.

« Les mobilités devraient être la priorité »

Une Eurométropole plus rhénane est nécessaire. Dans le mandat passé, on n’a pas trop senti la dimension « euro » dans Eurométropole. Il faut davantage de dialogue avec les grandes villes allemandes.

Enfin, une métropole plus verte est un sujet de consensus. Il faut pouvoir réaliser ce Plan Climat qui est pertinent. Comment allons-nous réviser le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) ? L’économie circulaire et la qualité de l’air concernent toutes nos communes, mais elles ont besoin d’accompagnement pour le montage de dossiers. Il y a aussi les questions de l’énergie et des déchets. Il faut nous questionner sur la sécurité alimentaire, on est en plein dans ce sujet avec la crise du coronavirus. L’agriculture est un acteur économique majeur. Pourquoi ne pas transformer des zones d’activités économiques en zone agricole pour développer des circuits courts ?

Mais la priorité, toujours liée au Plan Climat, devrait assurément être les mobilités. Elles impliquent des infrastructures lourdes. Nous avons voté un plan de pistes cyclables mais pas son financement, ni son calendrier. Le réseau express métropolitain ou les aires de covoiturage font consensus chez tous les maires. Ces sujets permettent de ne pas oublier qu’il y a une troisième couronne, avec des personnes qui viennent en voiture pour travailler dans la métropole.

Je ne veux pas aller plus loin, car je ne veux pas plaquer un programme, mais rassembler. C’est une vision large, qui doit encore être travaillée avec ceux qui vont être élus les 15 et 22 mars. Si on est d’accord sur les valeurs, on peut ensuite fixer une stratégie et donc des priorités pour le mandat.

Comment comptez vous vous y prendre ?

Il faut d’abord rassembler les 33 maires autour de ces valeurs. Ils ont toute la légitimité puisqu’ils sont élus au suffrage universel. Les projets de chaque candidat aux municipales sont liés aux décisions de la métropole. Puis, il faudra rédiger une feuille de route commune et se mettre d’accord entre le 23 mars et l’installation du conseil de l’Eurométropole en avril. Il faut se donner ce temps qu’il n’y a pas eu en 2014. Si on est d’accord sur les valeurs, il en découlera un budget et des priorités, et non un jeu de répartition de postes.

Pia Imbs est maire de Holtzheim depuis 2014 Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

« Un projet moins court-termiste »

Vous souhaitez une gouvernance à 33, mais comment faire quand il y a des divergences ? Il y a eu par exemple des désaccords entre maires sur le deuxième tram au nord

Le débat doit exister pour trouver un consensus. C’est l’intérêt de fixer des priorités avant le mandat, pour que l’on puisse avoir un objectif. Il faut ensuite que les élus soient investis dans des commissions thématiques, comme nous le faisons dans nos communes. Dans le cas du tram nord, ce serait celle des transports.

Mieux associer les maires, c’était déjà l’idée de la gouvernance gauche-droite en 2014 du président Robert Herrmann (PS). Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné d’après vous ?

La gouvernance passée a réussi de belles choses, tout n’est pas à jeter. Mais il faut l’améliorer. La coalition montre que l’Eurométropole n’a pas forcément une forte couleur politique. Mais il faut d’abord un projet commun, plus fourni et moins court-termiste.

« A35 : Nous avons voté des études, mais pas de mesures »

La conférence des maires était plutôt informative qu’un lieu de débat, alors que les 33 communes veulent donner leur avis. Les délibérations sont présentées parfois à la presse avant leur vote en conseil de l’Eurométropole qui, avec 100 élus, n’est pas vraiment une enceinte de débat. Aussi, nous manquons d’évaluation des politiques que l’on a mises en place.

Quels sont les exemples de dossiers qui ont motivé votre réflexion ?

Sur la Zone à faible émission et les vignettes Crit’air, il n’y a pas eu de position commune. Strasbourg a très vite donné un calendrier (limiter la circulation aux voitures Crit’air 1 en 2025, ndlr), puis l’Eurométropole ne parlait pas de la même voix (limiter la circulation aux voitures Crit’air 1 en 2030). Faisons un inventaire du parc automobile existant, de la pédagogie sur les effets nocifs du diesel sur la santé. Des habitants sont encore convaincus que leur dernier diesel est plus propre que l’essence. Une fois que l’on a cette information, on peut voter un calendrier, mais aussi les mesures d’accompagnement pour chaque commune. Ces dernières doivent être dans la participation et non l’exécution.

Sur la zone commerciale nord, le débat a débuté seulement lorsque la première délibération a été soumise au vote. Mais c’était déjà trop tard…

Nous avons aussi voté des études pour la transformation de l’A35 en boulevard urbain. Je me réjouis qu’il soit appelé à devenir un poumon vert, mais nous n’avons jamais discuté des mesures pour faire diminuer le trafic, ni du budget ni du planning. »