Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Handle4Dad en concert pour la grosse soirée de l’expo Tattoo Flash’n’Artwork

Handle4Dad en concert pour la grosse soirée de l’expo Tattoo Flash’n’Artwork

La magnifique expo Tattoo Flash’n’Artwork prend fin au Mudd avec une soirée placée sous le signe du punk ! You, La Consigne et Handle4Dad assureront un show débordant d’énergie ! À cette occasion, rencontre avec le groupe de pop-punk Handle4dad.

Handle4Dad est un groupe alsacien formé en 2015. Leur musique ? Du punk rock californien marqué par des influences comme Blink 182, Green Day, Fenix Tx, New Found Glory, Angels & Airways, Alkaline Trio, The Ataris…
Handle4dad
Depuis 2015, ses membres ont pas mal bougé, mais le groupe semble avoir trouvé ces derniers temps une belle stabilité qui leur permet d’affirmer leur style musical. Chaque musicien amène sa pierre à l’édifice et réussit à faire évoluer ce groupe qui a déjà vécu de sacrées aventures, à commencer par une incroyable tournée au Pays du Soleil Levant :

« La tournée au Japon a été un rêve de gosse pour le groupe ! L’accueil était juste magnifique, on a fait des concerts dans des salles pleines avec un public super réceptif ! Sans oublier les séances d’autographe, les visites chez des disquaires pour des dédicaces, les ventes de notre premier album, French Touch, qui ont été assez folles…
Quand on a débarqué là-bas, on a vraiment eu l’impression d’atterrir sur une autre planète. Tout est si différent, les paysages, la culture … C’était top ! On prépare d’ailleurs notre deuxième tournée qui aura lieu cette année, en novembre. On est super excité à l’idée d’y retourner ! En plus, on pourra y présenter notre nouvel EP qui est encore en construction en ce moment. »

Plus dur de trouver des dates en France

Les talentueux jeunes hommes sont loin de n’avoir séduit que les Japonais :

« On a beaucoup joué en Allemagne bien sûr, mais également en Suisse, en Belgique, en Italie … En fait, on doit reconnaître que c’est plus difficile pour nous de trouver des dates en France, étonnement. Mais bon, on ne va pas se plaindre non plus d’être si bien accueilli à l’étranger ! »

Parmi les concerts qui les ont le plus marqués, on trouve bien sûr leurs différentes dates au Japon mais également leur première partie de Maximilien Philippe, chanteur qui avait brillé dans l’émission The Voice sur TF1.

On peut aisément imaginer que leur concert samedi au Mudd va rejoindre le rang des dates les plus cool de Handle4Dad :

« Jouer au Mudd, bien sûr qu’on est content ! En plus, c’est vrai qu’on est heureux de faire un concert en Alsace, on n’a pas assez l’occasion de jouer à la maison. On va jouer avec des groupes au top, en clôture d’un événement lié au tattoo, ça représente beaucoup à nos yeux ! Surtout pour notre bassiste qui a vraiment beaucoup de tatouages ! »

Bien accompagnés sur scène

Samedi, nos beaux gosses de Handle4dad vont faire bouger Strasbourg avec leur punk rock californien déchaîné et ils ne seront pas les seuls à mettre de l’ambiance ! En plus de leur musique pleine de soleil et de rythme fou, on peut aussi compter sur le punk de La Consigne, et la brit-pop punk de You, le tout nouveau projet de Jamie Oliver, batteur des UK Subs, un groupe de gros malade qui me fait danser depuis que je suis gosse.

À partir de minuit, ce seront DJ 2000 et DJ Captain’ Acab qui vont nous faire suer ! Cette soirée débordante d’énergie sonnera le clap de fin pour la fabuleuse expo Tattoo Flash’n’Artwork qui avait mis le tatouage à l’honneur à Strasbourg en réunissant une soixantaine d’artistes à la galerie Art’Course. En juin, ce sera au tour de la convention Tattoo Flash Fest  de nous émerveiller !

Quant aux Handle4Dad, ils sortiront leur nouvel EP en septembre avant d’enchaîner de nombreuses dates en Suisse, en Italie, en Belgique, … Stay tuned !

#Dj 2000

Le frisbee strasbourgeois demande de l’aide pour partir à la conquête du monde

Le frisbee strasbourgeois demande de l’aide pour partir à la conquête du monde

Le championnat du monde des clubs « d’ultimate frisbee » a lieu aux États-Unis en juillet, et Strasbourg est la seule équipe mixte française à y aller (parce qu’ils sont champions de France en titre !). Mais pour s’y rendre et aller le plus loin possible, ils ont besoin d’un coup de pouce financier du grand public.

Saviez-vous qu’il y avait un championnat du monde des clubs de frisbee ? Et cette année, Strasbourg est le seul club à représenter les couleurs françaises en catégorie mixte. Pourtant, le club d’ultimate frisbee de Strasbourg (le Strasbourg Université Club, section Ultimate) fête ses 20 ans cette année. Le 12 juillet, il envoie 25 joueurs au championnat du monde des clubs, à Cincinnati aux États-Unis, pour affronter 47 autres équipes, du 14 au 21 juillet.

Le seul sport collectif mixte

Car l’ultimate frisbee, c’est du sérieux. Au SUC Ultimate, qui s’est baptisé les Sesquidistus (prononcer « c’est c’qu’ils disent tous »), ils sont aujourd’hui plus de 60 licenciés. La Fédération de Flying Disc France est reconnue par le Ministère de la Jeunesse et des Sports et la World Flying Disc Federation par le Comité International Olympique (CIO). Ce sport collectif d’un autre genre, né aux États-Unis dans les années 60, se joue en terrain extérieur.

Deux équipes de sept joueurs s’affrontent et marquent des points en attrapant le frisbee dans la zone « d’en-but » adverse, un peu comme un essai au rugby. C’est un sport sans contact… et sans arbitrage, ou plutôt, « avec 14 arbitres », comme l’explique Etienne, joueur et trésorier du club :

« Car c’est aux joueurs “d’appeler la faute” puis de discuter de ce qu’il convient de faire. »

Autre spécificité, l’ultimate est le seul sport collectif international mixte. À Strasbourg, chez les Sesquidistus comme dans la plupart des clubs, on ne divise pas le club en hommes et femmes mais en trois catégories : l’équipe « open » sans contrainte particulière sur le nombre d’hommes et femmes, l’équipe féminine, et l’équipe mixte (avec trois hommes et quatre femmes, ou l’inverse).

Si beaucoup d’équipes de très haut niveau ne présentent pas de joueuses dans la catégorie open, cela reste le seul sport où aucun championnat n’est réservé à la gent masculine. Un championnat indoor s’est également développé ces dernières années.

Un championnat indoor s'est développé ces dernières années, où les "Sesquidistus" s'illustrent aussi. (Photo FocusUltimate)
Un championnat indoor s’est développé ces dernières années, où les « Sesquidistus » s’illustrent aussi. (Photo FocusUltimate)

Les champions du mixte

C’est l’équipe mixte qui ira défendre les couleurs du club aux USA, une fierté pour les Sesquidistus, qui compte cinq équipes. C’est leur catégorie fétiche, car elle reflète bien la mentalité de leur sport si particulier, comme l’indique Etienne :

« C’est vraiment quelque chose qu’on pousse dans le club. Tous nos entraînements sont mixtes, ce qui n’est pas le cas de tous les clubs. C’est comme ça depuis la naissance du club, dès qu’il y a une compétition “open”, on envoie des filles. »

C’est parce qu’ils ont remporté le championnat de France 2017, organisé sur une demi-douzaine de week-ends par an, que les Sesquidistus sont qualifiés au championnat du monde des clubs.

Mais tout ceci a un coût. Les « Sesquis » visent un coup de pouce de 8 000€, pour leurs 56 600€ de frais de participation, de préparation, de déplacement (les 25 billets d’avion coûtent 24 240€).

Les Sesquidistus se prennent à rêver d’un podium mondial. Mais pour aller affronter les meilleurs clubs américains, les « Black Eagles » de Grande-Bretagne, les « Freakshow » de Singapour, ou encore les « Hässliche Erdferkel » allemands, ils comptent sur un coup de pouce. Pour l’instant, ils ont engrangé parmi leur entourage proche 58 soutiens et environ 3 900€.

2017, le podium français…

 

L'équipe mixte du club strasbourgeois célèbre son titre de champions de France, en 2017 (Photo FocusUltimate)
L’équipe mixte du club strasbourgeois célèbre son titre de champions de France, en 2017 (Photo FocusUltimate)

2018, le toit du monde ?

Sur leur page de crowdfunding (financement participatif), ils se racontent et expliquent en détail comment sera utilisé l’argent des participants. Budget prévisionnel, justificatifs, cela ressemble presque à une demande de sponsor, sans le nom sur les maillots des joueurs, mais des petites contreparties.

Etienne est confiant, surtout que la somme demandée n’est pas extraordinaire :

« On cherche à diversifier les financements, nous ne voulions pas tout demander au public. On est habitué à prendre en charge nos propres dépenses aussi. On atteindra sûrement la somme. Et l’avantage de cette plateforme de crowdfunding, c’est qu’on touche les dons quoiqu’il arrive, même si on n’atteint l’objectif. »

Et s’il paraît que l’important c’est de participer, les strasbourgeois aimeraient quand même marquer la compétition avant de repartir, malgré une position de challenger poursuit Etienne :

« En général, ce sont les Américains qui raflent les médailles d’or. Nous, on aimerait finir dans les 25 premiers au classement (sur environ 50 équipes).»

Les "Sesquidistus" s'entraînent même par températures négatives, pour mettre toutes les chances de leurs côtés pour le championnat du monde (Photo remise)
Les « Sesquidistus » s’entraînent même par températures négatives, pour mettre toutes les chances de leurs côtés pour le championnat du monde (Photo remise)

La médaille d’or du plus sympa

C’est peut-être alors sur l’autre classement que les « Sesquis » pourront s’illustrer. La dernière grande spécificité de l’ultimate, c’est « l’esprit du jeu ». Le fair-play est un des piliers principaux du sport, à tel point qu’il s’inscrit dans les compétitions, à la fin desquelles les équipes s’attribuent des « notes d’esprit du jeu ».

Un titre national que porte aussi fièrement l’équipe mixte des « Sesquis » et ce depuis 2014 ! Le championnat du monde sera aussi l’occasion de tester cette mentalité parmi les meilleurs de la discipline, comme l’indique Chloé, joueuse depuis quelques années :

« Des débutants au haut niveau, la règle du jeu, c’est le respect de l’adversaire. Même en championnat du monde, les fédérations sont garantes du fair-play. »

Un esprit qui se prolonge jusque dans l’organisation et la gestion du club, de l’équipe : chez les « Sesquis », pas de coach officiel, les entraînements sont assurés par les membres du « Comité Sportif », et les membres du « Comité Administratif » sont tous des joueurs.

Alors en attendant de pouvoir supporter les seuls représentants français en mixte (en les suivant probablement en ligne sur des sites comme Fanseat), il y a toujours possibilité de les soutenir lors des compétitions du championnat de France. Mais aussi de suivre les tournois amicaux qu’ils organisent, avec des noms bien originaux comme ceux des équipes : le tournoi Keep Your Moustache, ou le Symp’hatfriz.

Sur Facebook, les « Sesquis » se plaisent à rappeler qu’ils sont le club d’ultimate français le plus « aimé », avec plus de 7000 « fans ».

Schiltigheim : Nathalie Jampoc-Bertrand première socialiste, les tractations continuent

Schiltigheim : Nathalie Jampoc-Bertrand première socialiste, les tractations continuent

Sans surprise, Nathalie Jampoc-Bertrand a été désignée mercredi 21 février par les militants bas-rhinois comme « première socialiste » pour les élections municipales anticipées à Schiltigheim les 8 et 15 avril. Cela ne veut pas dire qu’elle conduira une liste, car la formation discute à un plus large rassemblement à gauche.
Ancienne adjointe à la Culture du maire Raphaël Nisand (au PS jusqu’à septembre 2017 avant de rejoindre « En Marche ») entre 2008 et 2014, elle est restée de son côté dans le . . .

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Arsmondo, un nouveau festival d’un mois et demi pour découvrir le Japon

Arsmondo, un nouveau festival d’un mois et demi pour découvrir le Japon

Cette année, l’hiver finissant voit la naissance d’un nouveau festival à Strasbourg. Il s’agit d’Arsmondo, un événement pluridisciplinaire créé à l’initiative de la nouvelle directrice de l’Opéra national du Rhin Eva Kleinitz et destiné à promouvoir l’ouverture vers d’autres cultures, hors d’Europe. Pour sa première édition, Arsmondo invite au pays du Soleil Levant, dans un voyage compris entre le 2 mars et le 15 avril.

Directrice de l’Opéra National du Rhin depuis le 1er septembre, Eva Kleinitz marque de sa personnalité cette saison 2017/2018. Cela se ressent plus particulièrement dans la création d’un nouveau festival : Arsmondo. Sa genèse traduit l’idée d’un opéra qui outrepasse les frontières et s’ouvre vers l’ailleurs, au-delà de l’Europe. Eva Kleinitz explique :
« Cet art profondément ancré dans la culture européenne doit entretenir, au XXIe siècle, des relations nouvelles avec des cultures dont l’importance n’a rien à envier à la nôtre. Le projet du festival annuel et pluridisciplinaire Arsmondo que créé cette année l’Opéra national du Rhin a pour objectif de vous présenter des artistes et des œuvres qui expriment cette ouverture vers l’ailleurs dans des dialogues passionnants entre des histoires et des cultures. »
C’est au Japon que le festival Arsmondo consacre sa première édition. Ce pays tient à cœur à la directrice de l’ONR, qui entretient des liens solides avec ce dernier, étant invitée en tant que professeure et animatrice de workshop à la Showa University of Music de Shinjurigaoka depuis plus de dix ans.
Takamasa Sato (consul général du Japon), Alain Fontanel (président de l’ONR), Eva Kleinitz (directrice générale de l’ONR) et Amon Miyamoto (metteur en scène du Pavillon d’Or) ont présenté le festival Arsmondo avec enthousiasme lors de la Conférence de presse (Photo: Klara Beck).

Le Pavillon d’or au coeur du festival

Le festival s’ouvre avec l’exposition intitulée « Mishima et le Pavillon d’or » qui se tiendra à la BNU du 2 au 29 mars. Elle est consacrée au célèbre auteur japonais Yukio Mishima et à l’un de ses romans les plus emblématiques; Le Pavillon d’or. Écrivain d’après guerre, nommé trois fois pour le prix Nobel de littérature, sa renommée lui donna l’occasion de voyager aux États-Unis et en Europe, où il fut très présent dans les années 1960, faisant de lui un des auteurs japonais les plus lus. Mishima écrit le Pavillon d’or en 1956 à partir d’un fait divers : l’incendie du palais d’hiver de Kyoto par un moine bouddhiste, en 1950. Ce temple exceptionnel avait été préservé de la destruction pendant des siècles, et son incendie a profondément marqué les Japonais. Mishima en a fait un roman sur la beauté, la folie ainsi que le Japon d’après guerre. L’exposition est coproduite par la Bibliothèque nationale et universitaire et le Département d’études japonaises de l’Université de Strasbourg. Elle propose un parcours en trois temps retraçant la vie de Mishima, l’histoire du Pavillon d’or, et l’influence de ce dernier dans l’œuvre de Mishima, explorant aussi les différentes adaptations théâtrales et cinématographiques du roman. Cette exposition sera accompagnée d’un cycle de conférences dont la première, donnée par Hideaki Satô et intitulée « La genèse du Pavillon d’or de Yukio Mishima », aura lieu le 2 mars à 18h30 et constituera une excellente entrée en matière dans l’univers de cette figure incontournable de la littérature japonaise.
Yukio Mishima, excentrique et génial poète japonais, auteur du roman Le Pavillon d’Or.

L’opéra de Toshiro Mayuzumi

C’est un proche ami de l’écrivain, Toshiro Mayuzumi, qui a composé l’opéra du même nom, dont la création à la Deutsche Oper de Berlin remonte à 1976. Cet opéra, qui n’a jamais été donné en France, a été confié au chef d’orchestre Paul Daniel, à la tête de l’orchestre philharmonique de Strasbourg, et au metteur en scène Amon Miyamoto, qui font tous deux leurs débuts à l’ONR. Il est à noter que le Pavillon d’or est une coproduction de l’Opéra national du Rhin et de la Tokyo Nikikai Opera Foundation, et qu’elle réunit une équipe internationale, s’inscrivant totalement dans la logique voulue par Arsmondo. Paul Daniel affirme d’emblée son enthousiasme pour cette partition où se rencontrent traditions occidentales et orientales. Il affirme :
 « L’un des aspects essentiels de cette partition : la façon dont Mayuzumi adapte son langage musical au son d’un orchestre symphonique occidental et, parallèlement, achemine l’orchestre occidental vers son propre monde musical. »
Amon Miyamoto quant à lui, a découvert l’oeuvre de Mishima à l’adolescence, plaisantant sur le fait que les mises en garde de sa mère à l’encontre de cet auteur perçu comme dangereux et sulfureux avaient aiguisé sa curiosité et son envie de lire ses œuvres. Il faut dire qu’au Japon, Mishima est considéré comme excentrique encore aujourd’hui, quant à ses œuvres, elles y sont peu jouées. Le metteur en scène a déjà adapté plusieurs de ses romans au théâtre « afin que ceux qui vivent à notre époque puissent découvrir son univers », parmi ses adaptations, celle du Pavillon d’or. L’opéra de Mayuzumi est toutefois assez différent pour lui :
« Ce qui me semble très réussi dans cet opéra, c’est la métamorphose d’un roman de l’introspection en une œuvre pour la scène par la place donnée aux chœurs. Comme dans les tragédies grecques, les chœurs ont une très grande importance. Ils sont les expressions de pensées intimes. »
Point d’orgue du festival, le Pavillon d’or sera joué du 21 mars au 3 avril à l’Opéra de Strasbourg et les 13 et 15 avril à la Filature de Mulhouse.
Un concours de Cosplay aura lieu le 25 mars à l’Opéra National du Rhin (Photo: Klara Beck).

Un regard pluridisciplinaire sur la culture nippone

Outre cet opéra, l’ONR propose également une série de concerts, une conférence dansée ainsi qu’un récital où la soprano d’origine sud-africaine Pumeza Matshikiza accompagnée au piano par Paul Montag vous fera voyager à travers un programme mêlant des œuvres de différentes provenances et époques aux poèmes d’un moine bouddhiste japonais du XVIIe siècle, nommé Enkû. Mais le festival n’aura pas seulement lieu à l’opéra et à la BNU puisque, entre autres, la librairie Kleber accueillera l’historien Pierre-François Souyri pour une conférence sur le Japon moderne. Le cinéma Odyssée de son côté organise une projection concert du film Le Fil blanc de la cascade de Kenji Mizoguchi, ainsi qu’une rétrospective autour du cinéma japonais dont les horaires seront disponibles dès le 1er mars sur leur site. Notons que le festival est également ouvert au jeune public à qui il propose des ateliers (manga, origami, calligraphie et pixel art) destinés à faire découvrir aux plus jeunes des éléments traditionnels ou plus contemporains de la culture japonaise. Une séance de cinéma leur est par ailleurs dédiée à l’Espace Django. Enfin, pour petits et grands, l’opéra, avec l’association Kakémono, organise le 25 mars un concours de Cosplay. Les cosplayers déguisés pourront à cette occasion se retrouver sur la scène de l’opéra ! Cette immersion dans la culture nippone promet de belles découvertes à un public large. Aussi conclue la directrice générale de l’ONR :
« Nous vous souhaitons un agréable et passionnant voyage. Vous voici munis d’un passeport particulier. Les richesses du dialogue entre le Japon et l’Europe vous attendent. »

Tribune : Jeunes de gauche, voici pourquoi nous nous opposons à la réforme du bac

Tribune : Jeunes de gauche, voici pourquoi nous nous opposons à la réforme du bac

Pour les organisations « jeunes » de quatre partis et mouvements politiques de gauche à Strasbourg, la réforme du bac, couplée à la sélection à l’entrée de l’Université, va accroître les inégalités entre lycéens.

Diplôme de la maturité, ou “couronne de lauriers”, le baccalauréat a connu maintes réformes, des dénominations A, B, C, D, E, T, aux noms de filières que l’on connait jusqu’alors (L, ES, S). Il s’est aussi démocratisé. Longtemps réservé à une élite (moins de 10% de bacheliers en 1950), il sert aujourd’hui de passe-droit pour un accès à l’enseignement supérieur et surtout à l’université.

Pour la majorité en place, cette démocratisation du baccalauréat est le symbole d’un nivellement par le bas. En réalité, elle constitue un progrès : elle est synonyme de meilleures aptitudes de la part des jeunes générations.

Des inégalités déjà là

Cependant, des inégalités subsistent. Aujourd’hui encore, on compte deux fois plus de bacheliers et bachelières chez les enfants de cadres que ceux d’ouvriers. De même, on observe que les jeunes issus de milieux favorisés réussissent mieux en filières générales que ceux venant d’un milieu modeste, qui se retrouvent en conséquence souvent cantonnés aux filières professionnelles, malheureusement non valorisées en France.

Avec la réforme en cours, il est donc bien question de supprimer les filières actuelles au profit d’un tronc commun à partir de l’année de première, auquel est ajouté le choix de trois spécialités, dont une devra être abandonnée pour l’année de terminale. Nous notons des aspects positifs avec la volonté d’entreprendre des changements nécessaires dans un système à bout de souffle.

Le Baccalauréat va être profondément remanié.

Plus d’accès garanti dans le supérieur

L’obtention du bac ne garantira plus l’entrée dans le supérieur : il faudra désormais présenter un dossier. Les universités devront alors scruter des critères parfois obscurs, allant des activités extra-scolaires aux voyages linguistiques des candidats. Ces derniers devront également rédiger plusieurs lettres de motivation, ainsi qu’un véritable petit CV.

C’est précisément là où le bât blesse, là où les inégalités sociales se feront le plus sentir : ce qui peut n’être qu’une formalité pour ceux disposant d’un accompagnement extra-scolaire, s’avérera bien plus complexe pour ceux étant moins favorisés.

Comment mettre en place les onze spécialités ?

Déjà voit-on poindre des offres de formations monétisant l’accompagnement des lycéens dans l’élaboration de leurs dossiers. C’est enfin là que les inégalités socio-économiques entre élèves exploseront. Tous ne disposent pas des mêmes opportunités d’apprendre en dehors du temps scolaire.

Une telle réforme, ambitieuse en apparence, restera inapplicable dans les faits par le manque de moyens alloués aux lycées. Les établissements les plus défavorisés n’auront pas la possibilité matérielle de proposer les onze spécialités prévues. Visiblement, le « Nouveau Monde » ignore encore tout du la réalité du terrain.

Contrôle continu, la fausse bonne idée

En outre, l’idée du contrôle continu constitue une fausse bonne idée. En l’espèce, sans aucun autre dispositif, ceci aura pour conséquence de creuser les inégalités entres les établissements intensifiant le phénomène déjà présent d’établissements de « seconde zone », qui mèneront eux-même à des universités de « seconde zone », ayant des prérequis plus bas.

Le baccalauréat souffre déjà d’un manque d’égalité avec seulement 50% des enfants d’ouvriers qui l’obtiennent contre la quasi-totalité des enfants de cadres passant cet examen. La création d’établissements accessibles seulement à une élite avec un large choix de spécialités et d’options ne fera qu’accentuer le problème, sans y apporter de solution.

Nous demandons donc à ce que de véritables solutions face aux inégalités qui minent notre système soient mises en place :

    Avant toute chose, augmenter de manière conséquente les moyens alloués à l’Éducation et ce dès l’école élémentaire, lieu où naissent les inégalités scolaires. Garantir l’égalité de tous les élèves à l’école, notamment en assurant une tarification sociale et solidaire des cantines scolaires, des transports, mais également des manuels scolaires. Redonner à l’orientation les moyens de sa mission, en rétablissant et développant des centres d’insertion et d’orientation, ainsi que les psychologues de l’éducation nationale présent dans les lycéens, Proposer des travaux en groupe aux élèves afin que ces derniers apprennent le travail collaboratif et puissent partager leurs connaissances et leurs atouts. Le mythe de la méritocratie ne doit plus être brandi pour justifier la mise en place d’une pédagogie de la compétition, n’ayant d’autres conséquences qu’une reproduction sociale décomplexée. Quant à cet « oral de maturité », il favorise encore une fois les élèves disposant d’une verve et d’une culture héritées d’un milieu social plus favorisé. Alors que ces derniers brilleront face à leurs enseignants, celles et ceux issus de milieux populaires avec un accès à la culture parfois plus restreint, seront une fois de plus défavorisés.

Non, nous ne prétendons pas que l’école pourrait dès demain permettre à chaque élève de s’affranchir de son carcan social, mais elle doit y prendre sa part. Là où le diplôme offrait un socle commun, cette réforme accentuera l’inégalité de chances, scellant un peu plus le destin social des lycéens et des lycéennes.

Mouvement des Jeunes Socialistes du Bas-Rhin

Jeunes Insoumis Bas-Rhin

Jeunes Ecologistes Alsace

Génération.S Strasbourg Campus

Tout un week-end, avec concert, pour la fermeture de l’Arcadia, en plus de la manif’

Tout un week-end, avec concert, pour la fermeture de l’Arcadia, en plus de la manif’

Une nouvelle manifestation demande la fermeture de l’Arcadia, le local associatif du mouvement identitaire le Bastion social. L’organisation prend de l’ampleur avec cette fois-ci tout un week-end d’événements, dont un concert au Molodoï. De son côté, l’Arcadia accueille aussi des événements le samedi.

Les tenants de la fermeture du bar associatif avaient prévenu fin janvier. Tant que l’Arcadia n’est pas fermé, ils continueront à manifester. Le rythme envisagé est environ tous les mois. Cette fois-ci, en plus d’une manifestation le samedi, c’est tout un week-end qui est organisé.

Pour l’occasion, les organisateurs parlent d’ailleurs de l’Arcadia « et son monde », un champ lexical qui vient des opposants de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes (l’aéroport et son monde ; Vinci et son monde) qui ont obtenu gain de cause après 50 ans. Une manière de dire qu’au-delà d’un projet (un aéroport, un local associatif), le combat idéologique est plus large.

Le samedi, manif’, discussions et concerts

Pour lancer le week-end, le cortège d’opposants partira à 14h place de Zurich le samedi 3 mars, comme en janvier. Environ 500 personnes avaient défilé le 20 janvier pour la deuxième manifestation.

Les corps frigorifiés pourront se réchauffer au Molodoï dans le quartier de la Laiterie. Dès 17h, une rencontre avec des collectifs similaires d’autres villes de France est prévue. S’en suit un dîner à prix libre vers 19h.

Le soir, les musiciens sont attendus vers 21h. Quatre groupes de Metz, Strasbourg et Mulhouse (Soledad, Mental Distress, Héritages et Blue Beat Club) se succéderont sur scène, toujours au même endroit. L’entrée est à prix libre pour y écouter rap, punk ou ska jusqu’à minuit.

 

Nouvelle manifestation, même lieu de départ pour les opposants à l’Arcadia. (Photo GK / Rue89 Strasbourg)

Le dimanche, on discute et débat

Le dimanche, la journée débute en douceur par un brunch à midi, toujours au Molodoï, suivi par deux conférences-débat entre 13h30 et 18h. Elles ont pour thème « le danger fasciste » (13h30-15h30) avec les auteurs Matthieu Gallandier, Sébastien Ibo et le doctorant et militant NPA Johan Paris, puis « la convergence des luttes antifascistes et antiracistes » (16h-18h) avec Action Antifasciste Paris-Banlieue et Nordine Saidi, militant décolonial, membre de Bruxelles Panthères.

Depuis la soirée de soutien au BarÔmètre le 2 février, le dossier n’a guère avancé. Les voies juridiques de fermeture et de dissolution sont rares et exigeantes, malgré une motion du conseil municipal qui la demande. L’Arcadia a peu fait parlé de lui localement.

D’autres établissements sont inaugurés ailleurs en France (Marseille, Aix-en-Provence, Chambéry). La commission de sécurité de la Préfecture du Bas-Rhin a diligenté une visite, sans que son rapport rendu au maire de Strasbourg Roland Ries (PS) n’ait eu d’impact dans l’immédiat.

Le Bastion social guère en reste

Comme d’habitude dans cette bataille de communication, le Bastion social ne laisse pas le champ libre pendant ce week-end. Il propose cette fois-ci de son côté une « présentation » de ses activités et son idéologie » à partir de 16h suivi d’une soirée carnaval à 19h. Un message moins belliqueux que l’appel à « défendre l’Arcadia » lors de la deuxième manifestation en janvier.

Les deux premières manifestations avaient été suivies de deux agressions par des personnes partant de l’Arcadia, bien que le tracé ne passait pas rue Vauban. Le trésorier avait ainsi été condamné à de la prison ferme en décembre, d’autres sympathisants attendent leur audience en juin. La manifestation et sa dispersion devraient s’effectuer sous une forte surveillance policière.

Au Port de Strasbourg, quand l’eau de la malterie produit des algues alimentaires

Au Port de Strasbourg, quand l’eau de la malterie produit des algues alimentaires

Quand les rejets des uns deviennent les matières premières des autres… C’est au cœur du port de Strasbourg que va se concrétiser ce printemps une expérience grandeur nature d’économie circulaire en milieu industriel. Algae Natural Food va produire de la spiruline, une micro-algue à haute teneur en protéines, utilisée en cosmétique et comme complément alimentaire, avec l’eau de la malterie Cargill.

Considérée par certains comme l’aliment du futur, la spiruline a vu sa consommation exploser. Le produit est aujourd’hui en bonne partie importé, de Chine ou d’ailleurs, sans que ses conditions de production soient forcément bien contrôlées.

En novembre 2017, l‘Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) mettait ainsi en garde contre les effets indésirables de la poudre verte, dus à la présence, dans certains des produits testés, de bactéries ou de métaux lourds. Une solution à ce problème consiste à développer une technologie permettant une production locale de spiruline parfaitement maîtrisée. C’est le pari de la jeune entreprise alsacienne Algae Natural Food.

La spiruline ou algue bleue-verte est utilisée comme composant ou complément alimentaire, ainsi qu’en cosmétique (Photo Algae Natural Food)
La spiruline ou algue bleue-verte est utilisée comme composant ou complément alimentaire, ainsi qu’en cosmétique (Photo Algae Natural Food)

Les effluents de la malterie pour produire l’aliment de demain

Mais l’originalité du projet ne tient pas à la qualité du produit. Elle vient surtout du fait que pour produire sa spiruline, ce sont des déchets que va utiliser la start-up. Pour cela, Algae Natural Food est entrain de s’installer à côté de la malterie Cargill, située au port du Rhin. Les eaux servant à la germination des grains d’orge, chargées en matières organiques, sont idéales pour y cultiver les micro-algues. La chaleur utilisée pour la germination et le CO2 issu de ce processus sont également indispensables au développement de la spiruline. La boue verte ainsi obtenue est ensuite séchée à basse température puis transformée en poudre, en comprimés ou encore en huile.

Contrairement aux bassins ouverts qui sont la plupart du temps utilisés pour produire les micro-algues, notamment chez les agriculteurs, la cuve utilisée par Algae Natural Food permet de produire de la spiruline en continu. La technologie a été développée par Suez, qui a passé un partenariat avec la start-up en juillet 2017.

Après les essais en laboratoire et une première mise en œuvre à échelle réduite, la production industrielle devrait démarrer à la mi-mars sur 300 m2, pour une première « récolte » mi-mai. Dans deux ans, les installations occuperont 4 hectares et permettront l’utilisation de l’ensemble des eaux utilisées par la malterie. Pendant la même période, la société basée à Riquewihr et Illkirch-Graffenstaden prévoit de passer de 16 à plus de 40 employés.

La serre d’expérimentation d’Algae Natural Food, installée à proximité de la malterie, sert notamment à la culture des algues (Photo Algae Natural Food)
La serre d’expérimentation d’Algae Natural Food, installée à proximité de la malterie, sert notamment à la culture des algues (Photo Algae Natural Food)

Une aventure économique… et humaine

Développer une production de micro-algues à grande échelle, en symbiose avec une usine agroalimentaire, n’aura pas été un long fleuve tranquille. Plusieurs technologies ont dû être testées, puis abandonnées parce que non-rentables. De nombreux industriels ont été contactés, mais c’est finalement l’enseigne américaine qui s’est révélée être la plus ouverte. Une aventure entrepreneuriale mais aussi citoyenne pour le président directeur général d’Algae Natural Food, Francis Kurz.

Ce belge a débuté sa carrière comme contrôleur de gestion dans l’industrie pharmaceutique, au sein de l’allemand Hoechst, avant de rejoindre les laboratoires Roche en Suisse. Avec le sentiment de travailler dans un secteur lourd de sens, celui de la santé et du bien-être. Mais ses fonctions l’éloignent peu à peu du terrain :

« Après plusieurs années passées à développer la stratégie financière du groupe, j’avais besoin de prendre mon indépendance. »

Francis Kurz, pdg d’Algae Natural Food, est un entrepreneur heureux.
Francis Kurz, PDG d’Algae Natural Food, est un entrepreneur heureux.

Francis Kurz se lance alors dans l’entrepreneuriat et accompagne différents projets. C’est dans ce cadre qu’il croise Detlef Weber, un ingénieur en chimie qui travaille sur l’industrialisation de la production de spiruline, pour développer son utilisation en substitution des protéines animales. Avec Philippe Granvillain, un spécialiste des micro-algues, ils créent Algae Natural Food en 2014.

Premier essai raté

La première expérience de production se base sur la méthanisation de déchets agricoles. Mais cette technologie ne se révèle pas concluante. La start-up a aussi du mal à trouver des financements. C’est finalement en 2015 que le contact avec Cargill se fait. Simon Pingeon, chargé de projets « économie circulaire » à l’association Idées Alsace, revient sur cette étape :

« Dans le cadre du projet d’écologie industrielle lancé par le Port de Strasbourg, nous avons réalisé un audit des installations de la malterie pour identifier les matières secondaires (produites par la fabrication de malt) pouvant être réutilisées par d’autres industriels. L’enjeu pour Cargill était avant tout de valoriser le dioxyde de carbone (CO2)produit pendant la germination du grain et qui partait dans l’atmosphère. C’est finalement le pôle de compétitivité Fibres Energivie qui nous a donné le contact d’Algae Natural Food, qui avait besoin de CO2 pour produire ses algues ».

Réduire l’impact environnemental de l’industrie

Au fur et à mesure des réunions entre les deux sociétés, le projet s’élargit pour finalement prendre sa dimension actuelle, celle d’une véritable symbiose entre deux activités industrielles. C’est cette dernière qui permet de réduire les impacts de chacune d’entre elles sur l’environnement.

Algae Natural Food oriente aujourd’hui ses recherches vers d’autres algues pouvant être cultivées selon le même principe, et cherche à développer ce type de partenariat sur d’autres installations industrielles. À une condition : que ces sites ne rejettent pas de produits chimiques, mais des eaux propres.

#écologie industrielle#Francis Kurz

Deuxième manifestation contre la fermeture des berges du Parlement européen

Deuxième manifestation contre la fermeture des berges du Parlement européen

Une deuxième manifestation ce mercredi 28 février demande à ne pas fermer les berges du Parlement européen, un axe très emprunté par les cyclistes et piétons.

Cyclistes et piétons sont appelés à braver le froid glacial ce mercredi 28 février, le long du Parlement européen. Cinq associations et collectifs s’opposent à la fermeture – a minima ponctuelle – des berges de l’Ill le long du Parlement européen.

Le seul axe convenable

Il s’agit d’un axe très utilisé par les cyclistes pour circuler vers et depuis le centre-ville, le seul protégé correctement, et aussi apprécié par les sportifs et promeneurs. Le rendez-vous est fixé à 17h pont de la Rose Blanche.

Une première manifestation avait été organisée en octobre avait rassemblé plus de 200 personnes. Suite au rassemblement, une médiation avec le Parlement et la Préfecture avait été esquissée par la Ville de Strasbourg. Il avait été convenu que la fermeture du portail (« végétal », sic) serait limitée aux sessions parlementaires (du lundi au jeudi ?), une fois par mois ou justifiée.

En plus d’être beau, cet axe est utilisé et important (schéma CADR 67)

Dans le doute, on ferme tout le temps ?

Mais les organisateurs craignent que dans le doute, la solution de facilité soit de fermer le portail tout le temps. C’est ce qui a été fait… pas plus loin que la berge d’en face depuis 2015. Ils demandent aussi la réouverture de ce quai.

De manière générale, le Parlement européen va se retrancher en avançant tous ses murs, ce qui va aussi rapetisser l’espace utilisé pour manifester. Plus symboliquement, c’est aussi une vision de l’Union européenne repliée sur elle-même que contestent les manifestants.

Les organisateurs tractaient malgré les températures négatives ce lundi 26 janvier, au point de rendez-vous (photo Emmanuel Jacob / Blog de la Robertsau)

Le carnaval à Strasbourg, une histoire chaotique d’héritage et de bourgeoisie

Le carnaval à Strasbourg, une histoire chaotique d’héritage et de bourgeoisie

Une vieille tradition le carnaval de Strasbourg ? Pas si sûr. Depuis les années 1950, il s’est surtout beaucoup cherché, éteint, a été tiré de l’oubli. Mais il a rarement trouvé son public au-delà des simples cohortes de spectateurs. Depuis un an les rênes en sont confiés à l’association de plasticiens Arachnima, dont le défi est de faire sortir l’événement du simple spectacle. Saura-t-elle faire du carnaval un besoin existentiel aux Strasbourgeois comme dans d’autres villes rhénanes ? D’autres y ont laissé des plumes avant elle…

En finir avec l’immobilisme strasbourgeois à travers un grand carnaval, tel était déjà, en 1956, le pari des cabaretiers Germain Muller (1923-1994) et Raymond Vogel (1915-1988). Le carnaval s’était éteint complètement à Strasbourg en 1902.

Le dimanche 19 février 1956, les fondateurs du célèbre cabaret De Barabli font défiler sur un char Crocus Morus, mannequin de 6 mètres de haut symbole de la ville sage. De la place de la bourse à la place Broglie, le cortège se compose d’un chœur satirique et d’acteurs du Barabli, de six groupes de musiques et d’autres délégations qui portent des torches et des banderoles condamnant le totem.

À l’arrivée du défilé place Broglie, Raymond Vogel prononce le procès humoristique de Crocus Morus à qui les Strasbourgeois doivent « un mardi gras d’une maigreur squelettique ». Pas d’issue pour le coupable, le mannequin est brûlé.  Si 50 000 personnes se sont massées sur le passage du cortège, la mémoire retient que ce carnaval a fait un flop : il n’a pas emporté avec lui plus que des spectateurs. La rigueur exceptionnelle des températures hivernales a sans doute joué pour beaucoup dans la motivation.

Une tradition perdue dans le grand écart franco-allemand

A Strasbourg, le carnaval perd ses racines dans ses allers-retours franco-allemands comme l’explique l’anthropologue Eve Cerf, rare personne à avoir écrit sur le sujet. Le carnaval tombé en désuétude après la guerre de 1870 est relancé par l’occupant allemand sur le modèle de ce qui a perduré en Allemagne et en Suisse. Des associations professionnelles construisent les chars qui reprennent des thèmes traditionnels comme les vieux métiers strasbourgeois et les costumes paysans, tournent en dérision des thèmes d’actualité, ou explorent les thèmes carnavalesques tels que les Arlequins.

Les Alsaciens occupés détournent aussi la fronde autorisée pour exprimer leurs préoccupations. En 1901, l’un des chars un « Michel allemand » saisit à pleines mains la Cathédrale de Strasbourg, sous le regard attristé des deux petites Alsaciennes. Mais rapidement, ce carnaval des Allemands est désavoué : les Alsaciens décident de valoriser leur culture régionale à travers des manifestations concurrentes, cortèges illustrant le mariage paysan ou exhibant des costumes traditionnels. Le carnaval de Strasbourg tombe en désuétude.

Après la Première Guerre mondiale, le retour à la France apporte aux Strasbourgeois frustrations culturelles et économiques difficiles à dénoncer sans être accusés de progermanisme. Les tentatives de carnaval, qui auraient pu être l’occasion d’exprimer certaines difficultés, sont interdites dans les rues de la capitale alsacienne. C’est alors le théâtre alsacien de Strasbourg qui prendra la fonction d’exprimer une certaine résistance à l’assimilation par la France, après avoir été lieu de fronde et de résistance linguistique pendant l’occupation allemande.

Le Bim-Bam

Mais la Ville n’abandonne pas l’idée. A partir de 1957, le Bim-Bam entend donner à Strasbourg l’ampleur d’une ville rhénane. Ce sont les commerçants qui le financent dans le but d’animer le centre-ville et d’attirer les touristes. Son organisation est confiée à des carnavaliers de métier dont de grands spécialistes italiens des chars de Viarregio : « Le géant Bim-Bam, destiné à être brûlé le soir même, suit Mickey ou Blanche-Neige », ironise l’anthropologue Eve Cerf (1933-1998).

Pour y assister, le public doit s’acquitter d’un droit d’entrée dans le centre. Si un peu de satire fait doucement son apparition, ce carnaval reste bien sage. En 1960, des conseillers municipaux se plaignent même de son manque d’esprit frondeur, relève l’anthropologue. Le public se détourne progressivement de l’événement qui n’a rien de différent d’une fête folklorique ou commerciale. On est loin du fou qui devient Roi. Les commerçants se lassent de financer la manifestation qui disparaît à la fin des années 1960.

carnaval des Wackes

En 1973, dans la foulée de mai 1968, un carnaval bien plus populaire voit le jour d’abord dans le quartier prolétaire et étudiant de la Krutenau. La rencontre entre un groupe de jeunes originaires du quartier de la Musau et attachés à ne pas perdre la culture alsacienne, les Musauer Wackes, et l’étudiant décorateur Jean Bauer, débouche sur un carnaval de rue très politique. Repris chaque année par un collectif différent, ce Wackes Fasenacht (carnaval des voyoux) durera jusqu’en 1978, date de son interdiction.

Armand Peter, l’un des Musauer Wackes à l’initiative des premiers carnavals, et toujours militant de la culture alsacienne, se souvient :

« Nous avons créé ce carnaval en réaction au carnavals commerciaux du Bim-Bam, avec des groupes payés pour défiler et des spectateurs pour applaudir. En remontant dans la vieille tradition satirique alsacienne, on a essayé de relancer autre chose. La tradition rhénane satirique remonte au Moyen-Âge. Le carnaval était alors un rite païen de fécondité pour chasser l’hiver et saluer l’arrivée du printemps avant le Carême. Il s’agissait de carnavals de villages. Nous voulions nous attaquer aux problèmes de la langue et de la culture régionale qui tombait dans l’oubli. Nous voulions un carnaval libre et gratuit. Dans ce nouveau projet, les gens n’étaient plus spectateurs mais ils participaient. Les cortèges étaient critiques à l’encontre du vide culturel de la ville. En 1974, ce carnaval est sorti de la Krutenau pour investir le centre de Strasbourg selon un circuit qui s’arrêtait à la cathédrale. C’était un cortège de fous avec toutes les associations de quartier. Arrivés sur le parvis de la cathédrale, des gens complètement fous ont lancé des rouleaux de papier du haut de la plateforme, si bien que la façade était recouverte. Ils ont aussi lâché des ballons auxquels étaient accrochés des harengs saurs et des bretzels. Le carnaval est toujours un acte de débordement et de transgression symbolique. La satire est un moyen extraordinaire de s’exprimer, c’est l’arme du pauvre qui n’a rien à voir avec le Bim-Bam et ses millions de francs. Mais notre initiative ne plaisait pas à la bonne société strasbourgeoise. »

Chapardage de saucisses

Dès 1974, le cortège est disloqué par la police avant son arrivée place Kléber où des débordements inquiétaient :

« Le lendemain les DNA titrait Un carnaval d’émeutes à Strasbourg pour une simple affaire de chapardage de saucisses et de merguez sur la place Kléber. Ça montre bien les problèmes que ça posait et comment la bonne société nous attendait au tournant. »

Par la suite, Armand Peter s’est retiré de ce carnaval :

« C’était bien d’appeler les gens à se défouler mais le jour d’après, chacun reprenait son travail et rien n’avait changé. »

En 1974 et 1975, les carnavals ont été très politisés, des banderoles en dialecte ont dénoncé le danger nucléaire et l’insalubrité des faubourgs. La subversion ne plait pas. Le réalisateur Gérard Brillanti qui a tourné un documentaire de 45 minutes sur le carnaval de 1974, se fait virer de la chaîne FR3 et le film n’est diffusé qu’après une pétition de soutien.

Fessenheim au cœur de la satire

En 1977, Le collectif du carnaval des Wackes invitent les lycéens à prendre la rue à Mardi-gras. Le jour dit, les lycéens des établissements publics se rassemblent et libèrent ceux des établissements privés. Quelques tentatives de résistances se soldent en batailles d’œufs. Les écoliers défilent en bandes dans la rue et jettent de la farine aux passants.

Trois semaines plus tard, le collectif organise son carnaval des Wackes. Eve Cerf fait le récit de la journée du dimanche :

« Des podiums sur lesquels jouent des orchestres bénévoles sont installés sur le parvis de la Cathédrale et sur les petites places de la vieilles ville. Deux cortèges, un noir et un blanc, se forment en début de l’après-midi du dimanche et traversent la ville pour se disperser devant la cathédrale. Entre 3 000 et 5 000 personnes dansent, s’interpellent, lancent de la farine ; des farandoles s’esquissent tandis que de petits groupes miment diverses scènes ; certains par exemple, traînant des poupées blafardes « victimes des centrales de Fessenheim » incarnent les survivants d’une catastrophe nucléaire. La farine vole, les orchestres jouent, la foule se déplace comme dans un rêve. Ce carnaval, à l’opposé des précédents, est muet et souriant. Les participants sont grimés (et non masqués), leurs déguisements sont peu élaborés : un drap fera un arabe, une étoffe colorée roulée autour de la taille fera une indienne. L’agressivité et le grotesque ont disparu du langage, des gestes, des vêtements. Ce carnaval a eu pour un jour un formidable rôle d’intégration. Il a attiré dans ses rondes toute une population mal insérée dans la société dominante : femmes seules, travailleurs immigrés, handicapés-moteurs déguisés en extra-terrestres, tous réunis dans un monde fraternel. »

Mais au lendemain de la fête, commerçants et habitants du centre se plaignent du « grabuge » à la municipalité qui décide de ne pas soutenir l’édition suivante. Le comité du carnaval, fatigué par les démarches administratives et le ton directif que prend la manifestation décide de ne plus l’organiser.

De la liesse générale aux vitrines brisées

En 1978, le carnaval est alors repris par un collectif entièrement renouvelé constitué de jeunes et récents Strasbourgeois qui ne parlent pas le dialecte et sont indifférents aux problèmes de la culture régionale. La manifestation se prépare dans un contexte de conflit entre la jeunesse contestataire et les autorités.

Le collectif entend faire du carnaval une réponse à la situation. Des commerçants tentent de le faire interdire. La municipalité refuse de s’y associer comme les associations de quartiers. Sans soutien ni expérience, les organisateurs se font déborder. Dans la nuit du 4 au 5 mars, plusieurs milliers de personnes se rassemblent sur le parvis de la Cathédrale. Eve Cerf raconte :

« Des jeunes pénètrent dans la cathédrale et s’emparent de 3 000 cierges qu’ils distribuent. La foule reste étrangère à l’action de pénétrer dans l’église et au chapardage. Par contre, les cierges circulent très rapidement de main en main et sont allumés, parfois avant d’être distribués. On a vu ainsi des groupes de quelques dizaines de personnes portant plusieurs cierges se déplaçant ensemble, et même quelques farandoles de porteurs de cierges. »

S’ajoute à cela des lancés des pétards, escalade d’échafaudages et cracheurs de feu. Autant de transgressions qui sans être imitées par la foule, insiste Eve Cerf, contribue à la « liesse générale ». Mais ce sont des dérapages plus graves qui resteront dans la mémoire : vers minuit, cinq personnes armées de barres de fer brisent les vitrines d’un magasin de souvenirs, d’une pâtisserie et d’un antiquaire avant de disparaître. Des pavés volent et brisent d’autres vitrines.

Les danses cessent, la foule s’observe et se défait. Après un temps long, un petit groupe commence à jeter au feu les objets qui ornent les vitrines du magasin de souvenirs.  D’autres les imitent. La police n’intervient qu’après le départ de la plupart des carnavaliers. Le lendemain le carnaval des Wackes est interdit.

Le retour du carnaval en 1990

Le carnaval ne revient dans les rues du centre-ville de Strasbourg que douze ans plus tard sur l’insistance du centre socio-culturel de la Montagne Verte et de son président Alfred Helms. Depuis dix ans, le Strasbourgeois s’évertue à structurer dans son quartier un carnaval rhénan, un carnaval d’échange avec des carnavaliers d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche, des groupes de sorcières, des smokings de couleurs… Dès l’année suivante, la mairie fait évincer le passionné au bénéfice d’un autre projet, porté notamment à l’origine par la costumière Rita Tataï :

« On avait planché tout un été pour faire une proposition de carnaval à la hauteur de Strasbourg. La condition de la Ville était alors que l’on s’associe à la Montagne Verte pour finalement les faire partir. Elle avait envie d’autre chose. Notre idée était de trouver un thème simple qui puisse créer une unité pour que les spectateurs deviennent acteurs et vivent le carnaval. L’idée de départ était de donner un thème de deux couleurs chaque année – le rouge et le jaune la première année -pour que chacun puisse s’associer au défilé sans être pour autant costumés, pour qu’il y ait de l’interaction. Parce que si vous êtes juste consommateurs, il ne se passe rien dans un carnaval. L’idée était d’amener des rituels sur une vision à long terme. »

Mais dès le départ, la formule ne prend pas. Pour Rita Tataï, « trop d’idées se sont surajoutées trop tôt. » Cette première est finalement un fiasco financier. L’association du carnaval de Strasbourg sert la vis pour les années qui suivent avant de passer la main à Strass’carnaval.

Un carnaval de bénévoles

Au début des années 2000, Jaime Olivares a fait partie des plasticiens qui concevaient les chars pour Strass’carnaval et les associations de quartier :

« Sous la gestion de Strass’carnaval, l’idée de la présidente Beatrice Ziegelmeyer était de ne surtout pas faire un carnaval de professionnels mais un carnaval de bénévoles, avec l’idée que le public participe. Nous plasticiens étions là pour concevoir les chars en fonction de leurs idées, nous posions les bases techniques et ensuite c’est en principe les bénévoles qui fabriquaient, avec plus ou moins d’implication selon leur disponibilité. Nous n’étions surtout pas là pour nous mettre en avant. L’esprit de Beatrice Ziegelmeyer était aussi de produire un carnaval dans la tradition rhénane et donc essentiellement satirique. Les propositions artistiques étaient refusées au profit de thèmes qui se moquaient de l’actualité locale et nationale. J’ai caricaturé Sarkozy, Chirac, Ségolène Royal, Ries, Trautmann, Johnny. D’une année sur l’autre, les éléments réalisés pouvaient être remis à la disposition des bénévoles pour d’autres projets. C’est comme ça que mon Johnny, que j’avais fait sur une moto à l’origine, s’est retrouvé en 2008 sur un char avec Peggy la Cochonne, qui était un masque à l’origine. Mais malgré tous les efforts de Strass’carnaval, le public a toujours eu du mal à participer. Il venait essentiellement voir un spectacle. »

En 2013, Strass’carnaval annonce au dernier moment qu’elle n’est pas en mesure de présenter des chars pour l’édition annuelle. Les tensions au sein de l’association deviennent palpables. Elle garde l’organisation du carnaval et présente des chars jusqu’en 2016 puis la Ville évince l’association au profit du projet d’Arachnima.

Ni Alfred Helms, ni Béatrice Ziegelmeyer, les deux piliers de ce carnaval, n’ont souhaité revenir sur ces années pour Rue89 Strasbourg. Problèmes financiers, difficulté à renouveler les équipes de bénévoles, luttes de pouvoir, tentative d’infiltration par des membres du Front national… Strass’carnaval semble avoir essuyé beaucoup d’embûches jusqu’à son éviction. Rita Tataï regrette aujourd’hui la tournure qu’a pris cette aventure humaine :

« C’est un carnaval sans racine, qui a écrasé tous les gens qui le défendaient. C’est un carnaval amer. »

« Le carnaval n’est pas un spectacle »

Qu’en fera l’association de plasticiens Arachnima ? L’an dernier, Mathieu Cahn, adjoint à l’animation, annonçait vouloir faire table rase de la tradition satirique pour un carnaval « à hauteur d’enfants, » débarrassé des grosses têtes qui leur font peur (à revoir en photos ici). Une aberration pour Armand Peter :

« Le carnaval n’est pas fait pour les enfants, c’est très sérieux, ce n’est pas de l’animation. Ce sont des rites de transgressions, de fécondité. Aujourd’hui on en a fait une récupération d’animation pour les enfants, mais ce n’est pas le sens profond du carnaval. On ne fait pas de la politique avec les enfants. »

S’agit-il encore d’un carnaval ? Pas si sûr pour Rita Tataï :

« S’il n’y a plus le vécu autour, l’apprentissage, le partage, et qu’il ne reste effectivement plus que les grosses têtes alors oui elles peuvent peut-être faire peur aux enfants. Aujourd’hui, on ne peut plus parler de carnaval, c’est du spectacle de rue. Or un carnaval n’est pas un spectacle. Un carnaval demande une éducation, une transmission. Il faut au moins dix ans pour monter un carnaval qui soit existentiel pour la population. Mais à Strasbourg, on en vient à se demander s’il y a ce besoin intérieur. Si c’était une culture locale si forte, alors après s’être éteinte elle devrait ressortir avec force… »

Les artistes d’Arachnima relèveront-ils le défi ? Antoine Halbwachs, l’un des plasticiens constructeurs des bidulos qui remplacent désormais les chars, confie :

« Nous sommes en train de réinventer. On était arrivé à la fin d’un cycle. On trouvait le carnaval un peu statique et on avait envie de changer, de lui donner une autre couleur, de ramener une touche plus contemporaine et de faire participer le public. Cette année le défilé tournera autour de bruits et d’éléments tentaculaires. Tout le défi c’est le moment du défilé, de réussir à le faire vivre. »

Le départ sera donné le dimanche 11 mars à 14h11.

Au Maillon, La Veronal invite à passer de l’autre côté du tableau avec Siena

Au Maillon, La Veronal invite à passer de l’autre côté du tableau avec Siena

Fin mars, Marcos Morau et sa Compagnie La Veronal présenteront Siena, au Maillon. Ballet contemporain créé en 2013, le jeune chorégraphe avait reçu la même année le prix du meilleur chorégraphe espagnol. Bien qu’il présente aujourd’hui ses créations sur la scène internationale, il n’est pas encore très connu en France et jouera bientôt pour la première fois à Strasbourg. L’occasion de dire quelques mots sur son travail captivant.

Dans la salle d’un musée, une femme observe la Vénus d’Urbino, nu féminin réalisé par Titien en 1538. C’est par cette image que s’amorce la dernière création de Marcos Morau et de la compagnie La Veronal, Siena. Ce ballet nous entraine dans une réflexion sur le corps et sa perception : représenté, imaginé, sublimé, fantasmé, dansé… Une plongée dans un faisceau de références allant de la Renaissance – où l’homme découvre la conscience de soi – au XXIe siècle.

Fasciné par la géographie, Marcos Morau travaille depuis quelques années avec sa compagnie sur un Décalogue géographique où chaque territoire se lie à la danse par des images, pourtant il ne s’agit pas d’une description de ces lieux. Là où Moscow, une de ses précédentes créations, était centrée sur l’idée de peur, Siena l’est sur celle du corps. Dans cette création, il ancre son propos à Sienne en Toscane, dans l’un des foyers de la Renaissance. Pour lui, qui a d’abord étudié les Beaux-Arts, c’est l’occasion de mener un voyage à travers l’histoire de l’art, allant de la peinture au cinéma en passant par la musique.

Ce voyage commence dans un musée, espace clos où le temps se suspend et, bien entendu, lieu de conservation des œuvres. L’aspect idéal de la Vénus d’Urbino surplombe la scène, ses dimensions ont été agrandies, lui conférant une autorité supplémentaire. Elle est ici pour être contemplée mais regarde elle aussi le spectateur. La pensée humaniste du XVIe siècle avait placé l’homme au centre du monde, ici il est question du besoin narcissique de se regarder. Il interroge tous les arts visuels, y compris scéniques, et en premier lieu la danse.

Il est question du besoin de se regarder

Dès l’ouverture, une spectatrice observe le portrait d’une femme nue qui regarde le public, elle-même étant sous le regard d’un gardien de musée. La quasi solitude de la spectatrice est brisée par l’arrivée d’une série de danseurs en tenue d’escrime, peut-être là encore une façon de réfléchir sur le corps, celui des athlètes. Sous ce costume, les danseurs s’animent et leur enveloppe charnelle semble parfois s’altérer (voir le teaser), dans un style de danse propre à la compagnie baptisé le « Kova ».

Pour Marcos Morau cette scènel permet « de créer une logique interne de mouvement » :

« Le coude et le poignet sont en relation pour le danseur, par exemple, tout en composant une impression de mouvement illogique à celui qui regarde. J’aime ça. On continue à développer ce type de gestuelle. »

Cette esthétique mélange les styles classique, néoclassique et contemporain. La gestuelle géométrique, précise et dynamique, se compose de mouvements saccadés, d’entremêlements, de déviations. Elle est marquée par la redondance et la surabondance de signes qui créé une grammaire labyrinthique. Les danseurs exécutent des figures fantasmagoriques qui prennent parfois la forme de trompe-l’œil, d’autres de corps hybrides pour un rendu scénique d’une admirable étrangeté.

La compagnie La Veronal a créé son propre langage chorégraphique, le « Kova » (Photo: Jesùs Robisco)

Siena expose le corps et ses représentations dans des lieux hors du temps, mis en valeur par une scénographie très pure, voire aseptisée : un musée, une salle d’attente, une chambre funéraire… Ce sont également des endroits où l’homme et ses attitudes sont scrutées et où coexistent passé et présent, corps morts et corps vivants.

Ses représentations ont traversé des siècles à travers l’art. Intactes, elles sont gardées dans des espaces fermés. Les arts vivants ne peuvent être conservés de la même manière, les danseurs évoquent pourtant la peinture ou la sculpture dans une série de tableaux fascinants tant la gestuelle travaillée par la compagnie est complexe, précise et esthétique.

Une série de labyrinthes

Ces tableaux étranges fonctionnent comme des trames cinématographiques, ils forment une série d’imbrications qui s’entremêlent et visent à toucher la perception du spectateur au delà du stade conscient. Tandis que la bande sonore mêle des voix-off rappelant celles d’un jeu vidéo d’horreur, musiques de thriller, chants populaires italiens et airs d’opéra, la pièce est truffée de références plastiques, cinématographiques, littéraires… Du Titien à Pier Paolo Pasolini en passant par le poète italien Cesare Pavese, Marcos Morau ouvre un univers riche et dense, à tel point que le spectateur peut s’y perdre, peut-être pour son plus grand plaisir.

Un cadavre est transporté sur une civière, le spectateur est invité à quitter le musée pour rejoindre une chambre funéraire (Photo: Jesùs Robisco)

« Did that really happen? »

La densité de cette création, son étrangeté et les nombreuses imbrications lui confèrent une dimension onirique qui n’est pas sans rappeler le cinéma de David Lynch. Dans cet univers inquiétant, les fantômes hantent les vivants, qu’ils soient sur toile ou sur civière, et songes et souvenirs passés envahissent le présent. Une voix se demande « Were you really there? Did that really happen? » Interrogeant ce qui a lieu sur scène, ce qui est réel ou ne l’est pas. À travers le corps et sa finitude, Marcos Mauro traite de nos angoisses, d’où l’atmosphère anxiogène de Siena.

Les références artistiques sont multiples, de même les disciplines scéniques sont diverses. Dans cette compagnie pluridisciplinaire, les possibilités de la scène coexistent sous différentes modalités dans le but de traduire la réflexion par des codes de représentation et d’action. La Veronal collabore par ailleurs avec une autre compagnie, également programmée au Maillon cette saison, il s’agit d’El Conde del Torrefiel puisque Pablo Gisbert a co-écrit le texte et la dramaturgie.

Le style de la Compagnie La Veronal se démarque tant par sa gestuelle chorégraphique, son esthétique, ses références et la densité de son langage qu’on ne peut que vous conseiller de s’aventurer dans le labyrinthe de Siena !

« Classons la forêt de la Robertsau en réserve naturelle et préservons un poumon vert de Strasbourg »

« Classons la forêt de la Robertsau en réserve naturelle et préservons un poumon vert de Strasbourg »

Alors que l’enquête publique pour la classement en réserve naturelle de la forêt de la Robertsau, au nord de Strasbourg, se termine, les élus écologistes Françoise Werckmann et Jean Werlen soulignent l’importance, et les conséquences, d’une telle classification.

L’enquête publique en vue du classement de la forêt de la Robertsau en réserve naturelle se termine. L’enjeu est la protection d’un poumon vert de Strasbourg, plus de 750 hectares de forêts, prairies humides, berges du Rhin. Ce classement est attendu depuis 30 ans, le moment est venu.

Protéger la forêt, sauvegarder la faune et la flore locale, là est la source du combat des écologistes depuis toujours. Ce classement en réserve naturelle de l’une des plus belles forêts strasbourgeoises est un geste fort.

Rappelons-le, il s’inscrit dans une vision d’ensemble initiée par la municipalité à l’occasion du plan Strasbourg Grandeur nature, de la candidature au titre de capitale verte européenne et surtout du Plan climat en cours d’élaboration, qui vise une meilleure intégration des enjeux environnementaux et écologiques dans les politiques publiques.

La forêt de la Robertsau compte quelques prés, de vastes espaces et des chemins. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Des espaces naturels, « variable d’ajustement »

Plus globalement, cela doit nous amener collectivement à questionner la place de la nature en ville et sur nos territoires. Trop souvent encore, les espaces naturels sont considérés comme des variables d’ajustement lors d’arbitrages pour des projets urbains ou économiques. On le voit avec les coupes prévues dans le cadre du Grand Contournement Ouest (GCO), ou encore l’abattage prématuré d’une centaine d’arbres dans le quartier gare pour la réalisation du tramway.

Les arbres, les corridors écologiques, les îlots de fraîcheur, les zones de refuge pour les espèces végétales et animales sont pourtant indispensables pour relever les défis climatiques en cours et à venir. Ils contribuent également à la qualité de l’air et nous préservent des tempêtes et inondations.

Des activités à réguler

La forêt est un bien commun, un bien à préserver. À l’heure où les zones humides, les terres agricoles, les surfaces forestières sont convoitées de toutes parts pour la création de zones d’activités, de projets d’infrastructures parfois inutiles, de projets urbains divers, ce classement en réserve naturelle permettra de sauvegarder ce site à la biodiversité et à l’éco-système exceptionnels avec un régime juridique contraignant et boucler la ceinture verte de Strasbourg.

Cependant la forêt reste un élément fragile, qui de fait, demande une régulation de ses usages. Ainsi, si elle doit rester une zone de promenade ouverte, un lieu de pédagogie avec l’action de SINE, il sera nécessaire d’encadrer certaines activités actuelles comme par exemple les baignades, la pêche, le naturisme ou le vélo-cross. Une concertation et un dialogue avec l’ensemble des associations environnementales, naturalistes, les collectivités, les usagers sont indispensables.

Il est de notre responsabilité collective de préserver la faune, la flore, de protéger la biodiversité. La nature, c’est notre affaire à toutes et tous !

#Françoise Werckmann

Marc Baader, tête de liste des insoumis pour les élections anticipées à Schiltigheim

Marc Baader, tête de liste des insoumis pour les élections anticipées à Schiltigheim

Marc Baader a été désigné tête de liste pour les Insoumis dans le cadre du « rassemblement citoyen » que propose la formation de Jean-Luc Mélenchon pour les élections municipales anticipées à Schiltigheim en avril. La formation veut faire campagne autour d’un binôme paritaire, la numéro 2 étant Marie Albera Meynioglu.
Selon la logique du mouvement, d’autres citoyens ou citoyennes non-adhérents pourraient se positionner à leurs côtés, voire devant dans la liste.
L’épineuse condamnation de la . . .

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Un gymnase à nouveau ouvert pour les sans abri pendant la vague de froid

Un gymnase à nouveau ouvert pour les sans abri pendant la vague de froid
Conséquence de la vague de froid venue de Russie, des places supplémentaires seront mises à disposition pour les sans-abri de Strasbourg. La préfecture du Bas-Rhin et la Ville de Strasbourg mobilisent un gymnase, une situation qui avait duré pendant 20 jours en janvier 2017. L’établissement, dont la localisation n’est pas publique, proposera 80 places supplémentaires pour les personnes sans-abri, quel que soit leur statut (citoyens français, réfugiés, demandeurs d’asile ou sans papiers). Météo France annonce des températures allant jusqu’à -10°C en Alsace, voire encore moins en températures « ressenties » pendant une dizaine de jours.
Ici un gymnase mobilisé pour héberger des migrants de manière temporaire à l’automne 2017.  (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Estimations des besoins difficile

La préfecture indique que ces places s’ajoutent aux 350 places supplémentaires mobilisées dans le cadre du plan hivernal, en plus des 8 476 places existantes dans les différents programmes d’hébergement (urgence, temporaire, asile…) tout au long de l’année. Début décembre, elle avait évoqué une ouverture « évolutive » de 264 places, mais a finalement renoncé. Selon plusieurs associations de solidarité et connaisseurs du sujet, entre 100 et 300 personnes ne trouveraient pas de solution d’hébergement chaque soir à Strasbourg. Elles avaient réclamé la mobilisation d’un deuxième gymnase. Ces estimations sont imparfaites et difficiles : certaines personnes sans abri ne sont pas prises en charge par le 115, mais trouvent parfois d’autres solutions au sein du réseau caritatif ou chez des particuliers, tandis que d’autres n’appellent même plus le numéro d’urgence, fatigués des refus systématiques. Comme évoqué en décembre, deux gymnases supplémentaires sont en mesure d’être mobilisés par la Ville de Strasbourg et l’État. Jeudi soir, deux familles ont obtenu des places en hébergement d’urgence alors que leurs professeurs du collège de la Meinau étaient prêts à passer la nuit dans une voiture comme eux. En partenariat avec deux associations, la Ville de Strasbourg ouvre 100 places dans des appartements privés inutilisés progressivement depuis la mi-février. L’une des familles des collégiens arméniens y a trouvé refuge.

Fabienne Keller et Antoine Herth quittent « Les Républicains » pour de bon

Fabienne Keller et Antoine Herth quittent « Les Républicains » pour de bon

La sénatrice Fabienne Keller et le député Antoine Herth quittent solennellement le parti « Les Républicains » (LR), avec lequel ils avaient déjà bien pris leur distance depuis plusieurs mois.

Du côté de « Les Républicains », cela fait plusieurs semaines que l’on répète que ces élus sont exclus de fait, car l’ex-UMP ne reconnait pas la double appartenance. Un « non-événement » et « une clarification utile » commente le parti.

Or, le député et la sénatrice du Bas-Rhin sont membres fondateurs du parti de centre droit Agir – la droite constructive, allié plutôt conciliant d’En Marche à ce jour.

« Nous ne nous reconnaissons plus dans les valeurs »

Il semblerait que les propos tenus par le nouveau président du parti, Laurent Wauquiez lors d’un cours à l’EM, fuités, puis revendiqués (malgré une plainte pour leur divulgation) aient achevé le divorce :

« Bien trop souvent, vos paroles et vos prises de positions donnent l’impression que votre ambition n’est plus de combattre les idées populistes mais de les épouser, de les faire vôtres. […] Nous ne nous reconnaissons plus ni dans les valeurs centrales de notre mouvement, ni dans votre style de gouvernance », font savoir les deux élus dans leur courrier d’adieux.

Fabienne Keller et « Les Républicains » c’est fini. Quand sera-t-il au conseil municipal et de l’Eurométropole ? (photo Pascal Bastien)

Antoine Herth n’avait pas eu de candidat « En Marche » face à lui aux législatives. Maire de Strasbourg entre 2001 et 2008, Fabienne Keller est toujours présidente du groupe d’opposition de droite au conseil municipal et membre de l’opposition à l’Eurométropole.

« Fabienne Keller a depuis longtemps d’autres objectifs personnels que ne peut satisfaire un mouvement d’opposition », ont rajouté Laurent Furst et Georges Schuler dans un communiqué, président et secrétaire départemental de « Les Républicains » dans le Bas-Rhin.

En Alsace, le néo-député Olivier Becht, élu à Mulhouse-sud est aussi membre fondateur d’Agir. Mais il n’était pas membre du parti, bien qu’il a souvent travaillé avec la « majorité alsacienne » de droite.

#Agir

Le Crédit mutuel sera le sponsor de la future SIG Arena

Le Crédit mutuel sera le sponsor de la future SIG Arena

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C’est promis, désormais le Crédit Mutuel assume son « pôle presse »

C’est promis, désormais le Crédit Mutuel assume son « pôle presse »

À l’occasion de la présentation de ses résultats financiers, le Crédit Mutuel a évoqué sa stratégie pour son pôle presse, la brebis galeuse déficitaire du groupe. Pas question de vendre a assuré le président Nicolas Théry, les journaux régionaux sont bien présents dans le groupe, ils ont trois ans pour devenir rentables.

Jeudi 22 février, les dirigeants du Crédit Mutuel CM11 (la fédération qui regroupe les caisses affiliées au Crédit Mutuel Centre-Est Europe) n’avaient pas assez de qualificatifs pour évoquer la solidité, la robustesse, l’excellence, l’efficience et la rentabilité de leur groupe mutualiste de banque et d’assurances. Après un marathon de chiffres positifs et parfois vertigineux (voir notre article), les dirigeants ont évoqué le « pôle presse. » Et là, changement d’ambiance : le pôle presse perd chaque année entre 40 et 50 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 700 millions d’euros, en baisse. Président du groupe Crédit Mutuel CM11, Nicolas Théry, a indiqué :
« Bon, il se trouve que les journaux régionaux sont dans le groupe, c’est comme ça (voir nos articles). Nous avons longuement discuté au comité de direction pour savoir quoi faire de ces neufs titres de presse (dont les DNA et L’Alsace, ndlr) et après un audit complet mené par Philippe Carli, nous avons décidé de les garder parce que nous avons la conviction qu’après une restructuration, ce pôle peut retrouver une rentabilité. Donc nous assumons désormais avoir un pôle presse au sein du groupe et pour que le message soit bien clair, nous avons nommé Philippe Carli directeur général de ce pôle et il a intégré le comité de direction du Crédit Mutuel. »
Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel (à g.) et Philippe Carli, directeur du "pôle presse" (Photo Roger Haeffele / Crédit Mutuel)
Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel (à g.) et Philippe Carli, directeur du « pôle presse » (Photo Roger Haeffele / Crédit Mutuel)
Pour Philippe Carli et Nicolas Théry, ce pôle presse peut retrouver une rentabilité en 2020. Et c’est promis, si le Crédit Mutuel se donne tout ce mal, ce n’est pas pour revendre ensuite ce pôle presse. Au contraire, il n’est pas exclu que ce pôle trouve quelque utilité finalement dans le cadre de la stratégie de diversification du groupe bancaire vers les services de proximité (voir notre article). Après tout, un journal local est aussi un service de proximité… Au pire, ils pourront servir à en faire la promotion.

La part des revenus du numérique : 3%

Directeur général de ce pôle presse (qui s’appelle toujours Ebra, faute de mieux), Philippe Carli, a précisé :
« Sur les neuf titres, les revenus du numérique représentent moins de 3% du chiffre d’affaires. Nous souhaitons tripler ces revenus et compte-tenu de là où on part, ça ne nous paraît pas impossible. En outre, il y a des pôles d’excellence un peu partout dans le groupe, sur certains métiers. Notre objectif est donc de diffuser les bonnes pratiques à l’échelle des neuf titres. La puissance de la mutualisation n’a pas encore été réellement mise en oeuvre dans ce groupe. »
Sur le plan éditorial, les journaux vont progressivement passer au « digital first », c’est à dire que les journalistes devront donner la priorité aux formats numériques (web, mobile…) et que le journal imprimé devra s’adapter (voir notre précédent article). L’objectif est d’enrayer la baisse de la diffusion imprimée par une croissance de l’audience sur les formats numériques. Mais il faudra mener une petite révolution des pratiques et des rythmes dans des entreprises déjà usées par les plans de modernisation successifs.

Pas de garanties sur l’indépendance

Le Crédit Mutuel étant un important acteur économique dans l’Est de la France, la banque mutualiste prêtant à de nombreuses entreprises et collectivités locales, des questions se posent sur l’indépendance des titres, dont la zone de diffusion coïncide avec la zone de chalandise du Crédit Mutuel Centre-Est Europe. Là dessus, Nicolas Théry promet :
« Je n’ai jamais passé un coup de fil à un rédacteur en chef et je ne le ferai jamais. »
Une pudeur qui a même empêché Philippe Carli de demander à ses journaux d’évoquer le plan de restructuration dont il a la charge dans leurs colonnes… Pour autant, les deux dirigeants ont refusé d’installer des systèmes pour garantir l’étanchéité entre les hiérarchies éditoriales et managériales, comme au Monde par exemple. Résultat, même si les journalistes des DNA ou de L’Alsace ne craignent pas un coup de fil de Nicolas Théry, un soupçon peut s’installer parmi les lecteurs à chaque fois qu’il est question du Crédit Mutuel dans l’actualité
#Philippe Carli