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Avec le Point d’Eau, Ostwald mise gros sur la culture

Avec le Point d’Eau, Ostwald mise gros sur la culture
Un point d'eau plus grand, plus ambitieux, mais à destination des habitants d'Ostwald jurent les décideurs(Photo CG / Rue89 Strasbourg)
Un point d’eau plus grand, plus ambitieux, mais à destination des habitants d’Ostwald jurent les décideurs(Photo CG / Rue89 Strasbourg)

À Ostwald, le Point d’Eau finit sa mue. L’espace culturel inaugurera à la rentrée sa nouvelle salle de spectacle avec des têtes d’affiches annoncées comme Oxmo Puccino ou Ibrahim Maalouf. La petite commune de 12 000 habitants a investi 7 millions d’euros pour rénover et transformer le lieu. Au-delà de son positionnement à Strasbourg, son ambition est de renouer avec l’esprit des années 1990, quand le Point d’Eau mettait la culture au cœur de la vie de ses habitants.

Flanqué entre la forêt et la cité populaire du Wihrel, le Point d’eau finit sa transformation à Ostwald. Sa petite salle de 250 places avait rouvert dès janvier. À la rentrée, le lieu culturel dévoile sa nouvelle grande salle : 700 places assises et 850 debout, le nouvel équipement de cette petite cité dortoir de 12 000 habitants au sud de l’agglomération a de quoi faire pâlir les acteurs culturels strasbourgeois. À son maximum, son plateau pourra s’étendre sur 500m². L’espace pourra aussi se faire intimiste, avec une jauge à 300 places, grâce aux gradins modulables.

Pour la saison 2015-2016, Oxmo Puccino, Ibrahim Maalouf, Didier Lockwood, la Revue Scoute, Jos Houben ou encore Walter Thomson sont déjà annoncés. Le Point d’Eau prévoit aussi de présenter à Noël un grand spectacle de cape et d’épées, adapté de l’œuvre de Stevenson L’île aux trésors. Gaël Doukali, le nouveau directeur du Point d’Eau, promet une programmation panachée, mêlant théâtre, musique, humour ou encore cirque. Il annonce aussi vouloir proposer des spectacles plus actuels, comme du théâtre politisé.

50 dates par an. Pas plus.

L’ancien directeur, Éric Wolff, s’est employé jusqu’en 2013 à fidéliser un public d’amateurs de spectacle venus de toute l’agglomération, souvent des abonnés. Avant sa fermeture d’un an et demi pour travaux, le Point d’Eau comptait plus de 80% de son public extérieurs à Ostwald. C’est pour conserver le lien avec ce public que Gaël Doukali a rouvert la petite salle dès janvier, à grand renfort de stars nationales comme les chanteurs Camélia Jordana ou Féloche.

Mais le nouveau Point d’Eau ne devrait proposer qu’une cinquantaine de dates par an. Pas plus. Malgré les têtes d’affiche, la priorité de la nouvelle direction ne sera pas le public strasbourgeois, comme le souligne Bruno Boulala (PS), adjoint à la Culture :

« Il ne s’agit pas d’accentuer la fréquentation extérieure à notre commune. On ne va pas jouer la carte de faire comme les autres établissements. On ne va pas faire de la programmation à tout va. Le Point d’Eau sera avant tout un outil au service de la population. »

7 millions d’euros d’investissement pour la commune

Après deux ans de travaux, le projet socialiste de rénovation de l’espace culturel municipal du Point d’Eau aura coûté 7 millions d’euros aux contribuables. Un investissement ambitieux qui a concentré les critiques de l’opposition lors des dernières élections municipales.

L’adjoint du maire Jean-Marie Beutel, réélu en 2014, assume le choix de la Ville de miser sur la culture pour développer le lien social. Il défend :

« Sur un mandat politique on a peu de temps. Mais il faut bien comprendre que tout ce qui est entrepris aujourd’hui a une vue sur le long terme. On essaie de renouer avec l’idée qu’une commune comme la nôtre doit répondre à un besoin culturel naturel. Au départ du point d’Eau dans les années 1990, le lieu était ouvert aux habitants. Il y avait un travail de fond avec les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) qui s’est estompé au fil des années. On souhaite réactiver cette dynamique. »

Avant la nouvelle formule, 80% du public du Point d'Eau venait d'autres communes. (Photo Facebook / Le Point d'Eau)
Avant la nouvelle formule, 80% du public du Point d’Eau venait d’autres communes. (Photo Facebook / Le Point d’Eau)

Un équipement au service des habitants d’Ostwald

À Ostwald, pas question d’opposer culture et animation. La Ville a passé une convention de partenariat avec la fédération des MJC du Bas-Rhin pour décider ensemble de leur politique culturelle en direction des jeunes. Avec son agrandissement, le Point d’Eau doit devenir le carrefour de la commune, nouveau lieu de passage des familles grâce au déménagement de l’école de musique.

La grande salle, loin de n’être pensée que comme une salle de spectacle, sera aussi mise à disposition des associations qui organisaient jusqu’alors leurs événements dans le gymnase municipal. Le projet s’inscrit dans un changement plus vaste de la ville : avec la construction de son nouvel écoquartier des rives du Bohrie, à deux pas, elle devrait accueillir 3 000 habitants supplémentaires dans les années à venir.

Priorité à l’action culturelle

Depuis sa réouverture, le Point d’Eau a proposé deux niveaux de tarifs selon les spectacles, à 15 et 20 euros en tarif plein. Il propose aussi un tarif unique à 6 euros pour les productions estampillées « familles ». Avec le lancement de la grande salle, la Ville entamera en septembre une phase de réflexion et pourrait instaurait une troisième tranche tarifaire pour ajuster son budget.

La Ville entend consacrer une enveloppe de 450 000 euros annuels à son espace culturel, hors coûts de personnel fixe. Pour la saison à venir, le quart de cette somme doit être alloué à l’action culturelle : travail avec les écoles, ateliers de pratiques artistiques… C’est trois fois plus que lors la saison de janvier à juin en 2015.

Le tarif scolaire le plus bas de l’agglomération

Pour s’inscrire sur le territoire, Gaël Doukali a déjà commencé à instaurer des partenariats avec les institutions de la commune. Il a engagé un travail de fond avec les écoles. Dès la rentrée 2014, les artistes qui y intervenaient étaient aussi programmés au Point d’Eau. Le lieu pratique un tarif scolaire à 3 euros, le plus bas de l’agglomération. Si les enfants veulent revoir un spectacle déjà vu avec l’école, ils peuvent revenir gratuitement. Le Point d’Eau a aussi tissé des liens avec la maison de retraite. Quand les personnes âgées ne peuvent pas venir, ce sont les artistes qui se déplacent.

Placer le Point d’Eau sur le trajet des parents

L’enjeu est de taille : faire de la culture un outil au service du lien social dans la commune et toucher les publics les plus éloignés d’elle par d’autres biais que l’entrée en salle. Pour ce faire Gaël Doukali mise sur les enfants :

« Les circuits les plus simples pour toucher les habitants les plus éloignés de la culture, c’est le rapport aux enfants. C’est pour moi un levier sur lequel on peut jouer. Nous devons nous inscrire dans leurs habitudes afin de mettre de l’artistique dans la vie quotidienne des gens, de les surprendre par des événements. »

Le Point d’eau se situe à mi-chemin entre la cité du Wihrel et les crèches de la ville. Avec le soutien de celles-ci et du réseau des assistantes maternelles, son équipe veut créer un rendez-vous, d’abord mensuel, d’accueil des parents après qu’ils soient allés chercher leurs enfants. L’idée est d’installer dans le hall du Point d’Eau un espace convivial où chacun peut rester discuter en fin d’après-midi et croiser les artistes au hasard de leurs pauses et de leurs initiatives.

Gaël Doukali poursuit :

« On veut être dans un rapport individuel aux habitants pour valoriser les compétences locales et les passions des gens. »

Renouer avec l’époque des grands projets fédérateurs

Déjà, grâce à son travail avec les assistantes maternelles, un atelier de couture s’est mis en place au Point d’Eau au hasard d’une rencontre entre cinq mamans et la volontaire civique de l’équipe, costumière de formation. Gaël Doukali projette aussi l’ouverture d’un atelier sur les » destins singuliers » où des personnalités ordinaires d’Ostwald aux histoires extraordinaires travailleraient avec un conteur pour se raconter sur scène.

À terme, Gaël Doukali espère aussi faire émerger au Point d’Eau de grands projets fédérateurs comme aux commencements du lieu dans les années 1990. Il évoque le souvenir vivace à Ostwald des fameux jardins de l’An 2000. Il y a 15 ans, le projet avait mobilisé pendant plusieurs mois 700 enfants, leurs écoles et les centres aérés pour produire un spectacle géant mêlant théâtre, danse, musique et arts plastiques. De l’électricité aux costumes, le Point d’Eau avait fait appel à tous les talents des habitants pour faire aboutir le projet. Aujourd’hui, c’est la possibilité de telles aventures collectives que la Ville souhaite offrir à nouveau à ses habitants.

On a fait le tour des meilleurs glaciers de Strasbourg

On a fait le tour des meilleurs glaciers de Strasbourg
On a pu déguster une coupe de glace au Dôme, un délice ! (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)
Une coupe de glace de la boutique Le Dôme. (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)

Coincés à Strasbourg par des temps caniculaires ? Les glaciers se frottent les mains. Amateurs de glaces à l’italienne, de sorbets artisanaux, de glaces en forme de fleurs ou de parfums originaux, nous avons sélectionné les meilleures adresses de Strasbourg pour déguster une bonne glace.

Les glaces, ce n’est pas que pour les touristes. Dans la capitale alsacienne, les glaciers artisanaux sont nombreux, et attirent aussi les habitués. Souvent concentrés dans les mêmes zones, la rue Mercière ou la rue d’Austerlitz, chacun a sa spécialité. On a repéré les endroits où il vaut le coup d’aller faire un tour.

Glace en famille

Toscani a une devise qui lui tient à coeur ! (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Toscani a une devise qui lui tient à coeur ! (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

Chez Toscani, la glace, c’est une affaire de famille. “Mes arrières grands-parents en faisaient déjà”, raconte Giovanni, qui tient la glacerie rue de la Lanterne avec sa femme. Aux couleurs de l’Italie, la boutique est chaleureuse. Sorbets, crèmes glacées, mais aussi quelques glaces à l’italienne (qui viennent en fait… des États-Unis) et des granités, tout y est fait de manière artisanale : le laboratoire de fabrication se trouve juste derrière le point de vente. Pas de répit à l’arrière, du matin au soir les glaces à base de fruits frais ou de purée de fruits sont fabriquées au compte-goutte. Certains clients sont même venus spécialement de Nancy : “Ce sont de très bonnes glaces, promis. Ça fait des années qu’on vient ici.” La boule y est vendue 1,50 euros.

Glacier Toscani, 4 Rue de la Lanterne, 03 88 23 67 31, site web, horaires d’ouverture: tous les jours de 11h à 19h

Toscani a ses habitués même en Lorraine. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Chez Toscani, pas le temps de voir la glace disparaître, les glaces sont fabriquées du matin au soir. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Ambiance italienne chez Toscani. (Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Ambiance italienne chez Toscani. (Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

« On m’a dit que c’était ici qu’on faisait les meilleures glaces ». Un client entre chez Gelati Factory, rue d’Austerlitz, et cherche déjà son parfum favori dans la vitrine. Melon, pastèque, yaourt, crème de whisky… Les portions sont généreuses et les parfums proposés surprennent. Pour les amateurs de glaces à l’italienne (ou soft, en anglais), servies directement dans le cornet avec une machine, une dizaine de parfums sont disponibles.

Pour 2,50 euros, les clients peuvent soit choisir deux parfums, soit mixer une boule classique avec une glace à l’italienne. Le petit plus, ce sont les topping, des suppléments sous forme de smarties, cacahuètes ou spéculoos à 80 centimes. La famille Vonau avait déjà ouvert un magasin à Haguenau dès 1946. Celle de Strasbourg existe depuis 2012, et attire surtout des habitués. “On voulait faire une glacerie assez moderne, se démarquer”, explique Sarah, petite-fille du fondateur. Une ambition qui se retrouve aussi dans la décoration de la boutique.

Gelati Factory, 16 rue d’Austerlitz, 09 52 89 60 08, site web, horaires d’ouverture : tous les jours de 12h30 à 23h30.

La vitrine de Gelati Factory avec une déco à l'ambiance gourmande. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
La vitrine de Gelati Factory se veut morderne et originale. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Gelati Factory tente de mettre en valeur leur machine à "soft" avec une déco "gourmande". (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Gelati Factory tente de mettre en valeur leurs machines à faire des « softs » avec une déco « gourmande ». (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

Remy Balhoul tient le Petit Glacier avec son fils depuis 2007, également rue d’Austerlitz. Pour lui, la glace, c’est avant tout une passion :

“Je trouve que la production de glaces, c’est très intéressant quand on réfléchit soit-même aux recettes.”

Chaque sorbet contient son propre sirop, travaillé à la casserole. Les fruits sont commandés chez un grossiste, et les gousses de vanille de Madagascar. Le chocolat est aussi fait maison. Pour une boule de glace à emporter, il faut compter 1,50€, et 20 centimes de plus sur place. C’est glacier le moins cher de notre sélection. Un groupe de jeunes installés à une table attendent tranquillement leurs glaces :

“On sent vraiment qu’elles sont faites maison. Les saveurs sont plus fortes et les textures plus onctueuses ! On vient souvent et on n’a jamais été déçus. C’est le meilleur rapport qualité-prix.”

Le Petit Glacier, 3 rue d’Austerlitz, 03 88 14 08 09, horaires d’ouverture : du lundi de 12h à 19h, du mardi au samedi de 8h à 19h et le dimanche de 9h à 19h.

Le Petit Glacier a surtout des habitués parmi ses clients. (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)
Le Petit Glacier a surtout des habitués parmi ses clients. (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)

Le coin des touristes

Cream parfait, c’est le glacier touristique par excellence. Situé rue du maroquin, entre la cathédrale et la place de la Grande Boucherie, il attire très peu de locaux. Les glaces sont livrées par un artisan des Alpes. En revanche, les quelques glaces à l’italienne viennent de chez Cornetto. La boule est à 1,80€, et pour 70 centimes de plus, il est possible de demander un cône chocolaté.

Cream Parfait, 1 et 3 rue du Maroquin, 03 88 75 02 01, horaires d’ouverture : tous les jours de 10h à 19h.

Située rue du Maroqué, la baraque de Cream Parfait attire beaucoup de touristes. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Située rue du Maroqué, la baraque de Cream Parfait attire beaucoup de touristes. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Pour 70 centimes de plus, craquez pour un cornet encore plus gourmand ! (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Pour 70 centimes de plus, craquez pour un cornet encore plus gourmand. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

Classiques, mais de bonne qualité

Rue Mercière, le Dôme profite de sa situation privilégiée à deux pas de la cathédrale pour attirer des touristes, mais aussi des Strasbourgeois. Charles, le gérant, est fourni directement par la Compagnie des desserts, spécialisée dans la nourriture pour restaurateurs où les glaces sont fabriquées dans des ateliers. Il est possible de prendre à emporter pour 2 euros la boule, ou de déguster les glaces sur place avec une tarte maison ou un café. Mention spéciale à la coupe des belles, préparée avec de la glace à la framboise, à la fraise et au cassis, du cheesecake et de la chantilly maison… Pour 8,50 euros tout de même. Autre originalité, la coupe Piña Colada avec du tartare d’ananas.

Le Dôme, 5 rue Mercière, 03 88 35 03 66, horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 10h à 22h.

Ambiance velours au Dôme. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Ambiance velours au Dôme. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
On a pu déguster une coupe de glace au Dôme, un délice ! (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)
On a pu déguster une Coupe des belles, aux fruits rouges. Un délice . (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)

Rue des serruriers, la Compagnie des glaces n’est pas aussi connue que certaines de ses consœurs. Le magasin a ouvert il y a tout juste trois ans. Les glaces viennent des Alpes, où elles sont travaillées par un maître artisan glacier. Cette franchise contient plusieurs boutiques en France, dont une autre à Colmar. On y trouve quelques parfums originaux : crumble aux fruits rouges, whisky, mojito… Il faut compter 3,90€ pour deux boules de glace, et la chantilly est offerte.

La compagnie des glaces, 10 rue des serruriers, 03 88 32 52 51, site web, horaires d’ouverture : de 13h à 18h du mercredi au dimanche.

La Compagnie des glaces est un peu excentrée mais le bouche à oreille semble bien fonctionner pour la boutique. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
La Compagnie des glaces est un peu excentrée mais le bouche à oreille semble bien fonctionner pour la boutique. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

De l’art en cornet

Chez Amorino, la glace c’est tout un art. Les cornets se transforment en réalisations florales à déguster. La réputation des glaces n’est plus à faire puisque l’entreprise née en 2002 a des boutiques implantées un peu partout dans le monde. À Strasbourg, la franchise a choisi la rue Mercière, au pied de la cathédrale. Les parfums sont parfois surprenants mais agréables pour les papilles, notamment le goût citron basilic, léger et rafraîchissant. Avec quelques années d’expérience, les artistes-glaciers réussissent à faire leurs compositions florales en moins d’une minute, “deux minutes pour un apprenti”, sourit la responsable de la boutique. Pour une petite rose en cornet, on compte 3,60€, pour une moyenne 4,60€ et 5,70€ pour une grande. Mais on peut aussi les manger dans un pot.

À 1,80€ la pièce, il est aussi possible de se faire plaisir avec un macaron glacé. Le classique à la framboise fond tout seul en bouche mais coup de cœur pour celui à la vanille de Madagascar qui nous fait redécouvrir une saveur traditionnelle.

Amorino, 11 rue Mercière, 03 88 75 14 79, site web, horaires d’ouverture : tous les jours de 11h à 1h.

Avec ses réalisations en forme de rose, la glace devient tout un art chez Amorino. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Avec ses réalisations en forme de rose, la glace devient tout un art chez Amorino. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Petit coup de coeur pour les macarons glacés de chez Amorino ! (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Petit coup de coeur pour les macarons glacés de chez Amorino. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

Des glaces “hauts de gamme”

Depuis 1934, la famille Franchi a pu se faire un nom dans la capitale alsacienne. Dans les dédales strasbourgeois, nombreux sont ceux qui attribuent à Franchi le titre officieux de meilleur glacier du coin. Rue des Francs-Bourgeois, une cinquantaine de parfums sont en vitrine à tour de rôle. En laboratoire, près de 250 parfums sont imaginés, dont certains inédits comme “Fleur d’Alsace” avec de la vanille et de la quetsche. Le bouche à oreille va bon train et on se laisse facilement tenter par la boule à 1,70€. Pour profiter de la terrasse, la glace est 20 centimes plus chère. Léa et Victoria, de Holtzheim, s’y arrêtent à chaque fois qu’elles viennent à Strasbourg. Elles apprécient l’ampleur du choix.

Malgré la réputation, il existe quelques détracteurs au mythe Franchi. Pour un client venu de Rennes, la réputation de Franchi est “usurpée” :

« Je suis désolé mais moi j’ai vraiment pas aimé. Honnêtement, ça ne vaut pas le prix, je viens de mettre, quoi ? 20€ dans deux coupes glaces qu’on ne finit même pas. »

Cette entreprise familiale se décline en quatre boutiques, qui ne sont pas tenues par les mêmes patrons, et ne possèdent pas toutes les mêmes laboratoires. Les trois autres points de vente se trouvent allée de la Robertsau, avenue de l’Europe et rue Himmerich à Strasbourg. Mais elles restent dans la famille.

Le glacier Franchi, 5 Rue des Francs Bourgeois, 03 88 23 16 15, horaires d’ouverture : du dimanche au lundi de 12h à 22h30 et du mardi au samedi de 8h à 22h30.

Pour profiter de la terrasse avec votre glace, comptez 20 centimes de plus sur le tarif. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Pour profiter de la terrasse avec votre glace, comptez 20 centimes de plus sur le tarif. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Chez Franchi, les prix vont de 1,70€ à 5,10€. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Chez Franchi, les prix vont de 1,70€ à 5,10€. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

En été, les experts en pâtisserie se mettent aussi à la glace. Rue Mercière, Christian propose sa gamme de parfums artisanaux. Vieille de 40 ans, l’entreprise familiale a également une boutique rue de l’Outre. Avec la Cathédrale à deux pas, les touristes peuvent repartir avec une boule à 1,80€. Pour les plus gourmands et les habitués, il est également possible de repartir avec des barquettes de glace à conserver chez soi.

Christian, 10 rue Mercière (03 88 22 12 70) et 12 rue de l’Outre, (03 88 32 04 41), horaires d’ouverture : de 7h30 à 18h30

Des petits plaisirs glacés stockés chez Christian. (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)
Des petits plaisirs glacés stockés chez Christian. (Photo Clémence Simon/Rue89 Strasbourg)

Tout comme Christian, Naegel, pâtissier-traiteur, la rue des Orfèvres, a sorti ses bacs de glace. Institution historique installée depuis 1927, l’enseigne se targue elle aussi de vendre des glaces artisanales réalisées dans leurs laboratoires juste au-dessus de la boutique. La boule est à 1,80€ et environ 18 parfums sont proposés, dont certains atypiques comme la glace au sésame grillé. À l’intérieur, on trouve aussi des desserts glacés comme des vacherins ou des glaces en pot de 500 millilitres pour 7,75€.

Maison Naegel, 9, rue des Orfèvres, 03 88 32 82 86, site web, horaires d’ouverture : du mardi au jeudi de 8h30 à 18h30, vendredi de 8h à 18h, samedi de 8h à 18h.

Pour l'été, Naegel, pâtissier-traiteur, a également sortir sa gamme de glaces. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)
Pour l’été, Naegel, pâtissier-traiteur, a également sortir sa gamme de glaces. (Photo Nadège El Ghomari/Rue89 Strasbourg)

D’autres bons plans glaces à Strasbourg ? Laissez vos adresses en commentaire.

Nadège El Ghomari et Clémence Simon

Manu le clochard’rockeur de Grand’Rue

Manu le clochard’rockeur de Grand’Rue
Portrait 2 Manu
Vous l’avez peut-être croisé Grand’Rue. On vous raconte l’histoire de Manu. Photo : Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg /cc

« Un euro pour faire chier les bienpensants », c’est avec ce genre de pancartes que Manu aborde les passants de Grand’ Rue. Provocateur éduqué à l’école de la rue, ce grand gaillard ne se promène jamais sans sa vieille radio sur l’épaule, crachant du hard-rock ou du métal. Certains commerçants ont déjà essayé de le faire fuir mais le clochard rockeur ne lâcherait pas sa liberté pour un sou. Entre le personnage et l’individu, il faut apprendre à lire entre les lignes et découvrir cet incroyable ordinaire.

Assis sur les marches d’un parvis d’appartements sur Grand’ Rue, Manu et ses amis sirotent des bières en pleine après-midi, ils discutent et arrêtent deux trois passants entre deux gorgées afin de récupérer de la monnaie.

« Bonjour messieurs dames, une petite pièce pour picoler s’il vous plait ! »

Comme une sorte de routine, Manu aime s’installer sur les pavés de Grand’ Rue presque quotidiennement et y vagabonder une bouteille à la main, la radio de l’autre, en laissant autour de lui un doux fond sonore de métal. Avec ses larges bracelets piquants à chaque bras, ses cheveux longs, une ceinture à picots, une démarche singulière et sa voix grave, il a tout l’attirail du parfait punk.

Chaque geste, chaque mot a l’air réfléchi chez Manu. Son personnage de grand rockeur nonchalant, il le peaufine depuis des années dans les rues de Strasbourg. On le reconnaît, on le surnomme et on l’évite car il est bruyant. Manu a une légende à faire tourner, mais à 38 ans, son identité semble plus difficile à cerner. Pourtant, il est ravi qu’on lui demande et s’arme d’humour pour aborder le sujet.

« Pour une fois que ce ne sont pas les flics qui viennent me voir, c’est cool. Je me confie à toi parce que c’est bien, tu me coûtes moins cher qu’un psy ! »

Manu (Photo Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg)
Manu Photo : Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg

Manu se définit sèchement comme « socialement inadapté, alcoolique et hard rockeur ». S’il aime rappeler qu’il n’en a « rien à foutre » des gens, c’est qu’il s’en persuade lui-même. Pourtant, ses gestes le trahissent et la réflexion sur chacun de ses mots ou sa vision des autres ne trompe que les passants à qui il demande trois pièces à la volée.

« Je n’aime pas les gens. J’ai limite peur d’eux. »

Tout est dit dans cette phrase. La contradiction a l’état pur et entièrement revendiquée. Les commérages et les regards importent peu pour cet homme qui a décidé il y a très longtemps de faire ses propres choix, souvent controversés. Il n’est pourtant pas très admirateur des surnoms qui circulent pour parler de sa personne à Strasbourg. Certains sont plus flatteurs que d’autres, de Manu la crasse à Manu le Hardos…

« Ces surnoms ne correspondent plus au personnage, c’était il y a trop longtemps. Maintenant il y en a un que j’aime bien : le clochard rockeur. »

« Je suis un vrai fils de pute »

Le rôle du clochard à grande gueule fait partie intégrante de son identité, il aime d’ailleurs poser les bons mots pour se raconter lui-même. Des mots toujours tranchants, secs et grinçants. Si l’on demande au personnage ce qu’il aime dans la vie, il ne réfléchira pas :

« Baiser et m’occuper du potager où j’habite. On en revient toujours au labour ! »

Et puis après un long silence, il se reprendra en lâchant brièvement l’humour graveleux.

« Quand j’étais petit, on m’a poussé à faire des choses que je ne voulais pas faire. Moi j’avais envie de dessiner, peindre et de faire de la musique. »

(Photo Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg)
« Je gueule beaucoup c’est sûr… Mais tu préfères ça ou que je tape sur quelqu’un ? » Vu comme ça Photo : Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg / cc

La jeunesse de Manu se dessine justement comme un parcours du combattant à la recherche de liberté et de certaines réponses. Il raconte que son petit frère et lui ont été adoptés par leur nourrice dès leur plus jeune âge.

« J’suis un vrai fils de pute, aujourd’hui, je n’ai pas grand chose à cacher, ma mère était une prostituée. Au départ on vivait en grande partie chez notre grand-mère en fait. Ma famille d’adoption s’est bien occupée de nous mais ils étaient ouvertement dénués d’humour. »

De sa famille adoptive, Manu parle sèchement pour en revenir à quelques conflits intérieurs. Ce ne sont pas les regrets qui le marquent mais plutôt les divergences et les incompréhensions du passé.

« J’ai aussi deux grands frères, les enfants biologiques de ma mère adoptive. Eux, ils sont sévèrement adaptés. Et mon frère biologique à moi, il bosse pour la ville, il s’est adapté lui aussi, pas moi. Ma mère (adoptive) m’a dit il y a quatre ou cinq ans que je n’étais pas son fils et que je le ne serai jamais. Ma famille, je sais que je les emmerdais. Avec le temps, je me suis rendu compte que la plupart de mes choix, je les faisais inconsciemment pour les faire chier. Je ne le réalisais pas à l’époque. Il y a quelques années, j’ai essayé de leur en parler, mais ça n’a pas marché. Ils m’en veulent beaucoup mais moi aussi je leur en ai voulu de m’avoir menti sur la mort de mon père biologique. C’est surement pour ça que je faisais ça, j’avais une envie de révolte. Ça m’a taraudé assez longtemps. »

Manu s'occupe du potager des chalets où il habite, sur les berges de l'Ain (Photo Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg)
Manu s’occupe du potager des chalets où il habite, sur les berges de l’Ain Photo : Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg

« I’m on the highway to hell »

Vers ses douze ans, Manu découvre le rock et commence à fréquenter la rue. En 6e, ses camarades de classe à Rosheim lui demandent ce qu’il écoute et il répond, très fier : ACDC.

« C’était le début de la déchéance, l’apprentissage du rock. J’ai commencé à trainer avec les plus vieux, à être souvent dehors plutôt qu’en classe… La musique, le rock, ça a changé notre vie à mon frère et à moi. »

Lorsque Manu entre au lycée Charles de Foucauld, encore à la Robertsau à l’époque, il ne comprend pas le choix que l’on a fait pour lui : la menuiserie.

« Mon cul que j’ai fini lycée, tu parles, moi je voulais faire du dessin. Et puis en même temps, il y avait le Super U en face et l’Orangerie de l’autre côté, comment avoir envie d’aller en cours. Après, j’aimais bien la classe, on se fendait bien la gueule. »

De cette scolarité inachevée, Manu garde de très bons moments et quelques belles rencontres. Il se souvient particulièrement d’un de ses professeurs.

« À l’époque, j’avais 1h40 de maths le samedi matin avec M. Paillereau. C’était mon pire ennemi à ce moment-là. Juste après, on avait un cours de dessin avec le même prof, il se transformait en mon meilleur ami ! Ce type m’en a appris des choses. Mais après, j’ai tout lâché, le lycée, la famille, tout, d’un coup. Quand t’as 18 ans, t’es pas fini, tu ne te rends pas compte des conséquences de tes actes, mais en même temps je ne regrette rien. Par contre, qu’est-ce que j’ai chialé quand il est mort, c’était il y a pas longtemps. »

Manu considère que répondre à nos questions est comme une thérapie. Et moins cher que le psy. (Photo Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg)
Manu considère que répondre à nos questions est comme une thérapie. Et moins cher que le psy. Photo : Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg

De l’école de la rue aux chalets sociaux

En quittant le lycée, Manu choisit définitivement la rue, symbole d’indépendance pour l’adolescent de l’époque qui se forge déjà une nouvelle carapace à base d’alcool et de hard-rock.

« C’était une forme de liberté pour moi. J’ai été accueilli par une bonne équipe dans cette jungle. Des mecs à la rue depuis des années. Ils m’ont pris sous leurs ailes, enfin sous leurs aisselles puantes plutôt haha. Ce sont ces gars qui m’ont remis en place à coups de claques dans la gueule et en me criant dessus : ‘Arrête de dire que t’es con toi !’. Ils m’ont fait comprendre que je n’étais pas idiot. « 

Aujourd’hui, ses premiers gardiens se sont éteints les uns après les autres. Overdose, suicide, meurtre. Il connaît ces menaces et les fréquente assez au quotidien pour qu’elles ne décrochent pas de sa mémoire. Son sale caractère est, selon ses dires, ce qui lui permet d’y échapper. Cependant ses proches ont une autre vision de l’histoire car si Manu aborde facilement ses problèmes d’alcool et s’en amuse assez, son discours devient plus vague lorsqu’il s’agit de la drogue. Joe l’a rencontré pour la première fois il y a environ cinq ans aux détours d’une galère de rue et raconte :

« Manu ne touche pas à la drogue, peut-être la weed de temps en temps bien sûr, mais il a un dégoût des drogues dures. Il a vu ce que ça faisait autour de lui, il déteste ça. Il a même sorti pas mal de personnes de ces conneries même s’il n’en parle pas beaucoup. »

Manu, un rocker jusqu'au bout des doigts (Photo Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg)
Manu, un rocker jusqu’au bout des doigts Photo : Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg

Sorti de sa carapace antisociale, Manu se préoccupe de ceux qui gravitent autour de lui. Parfois maladroitement, souvent de travers mais toujours sincèrement. À l’époque de leur rencontre, Joe se retrouve à la rue et entend parler d’une caravane où certaines personnes squattent. C’est ici qu’il rencontre Manu :

« Je me suis retrouvé dans une mauvaise situation et je devais trouver un endroit où crécher. Un de mes potes m’a parlé de ‘la caravane’, c’est là où dormait Manu avec pas mal d’autres personnes et ils m’ont laissé dormir avec eux. Ils m’ont hébergé, clairement. Il y avait tous les copains et même s’il n’y avait pas de beaucoup de place, on se débrouillait pour squatter tous ensemble. On était au moins six là-dedans avec tous les chiens en plus. Niktou, Squam, Bouddha, Tonic et Vodka je crois. Manu ne s’est même pas posé la question pour m’accueillir. C’est un mec en or. »

Lorsqu’il quitte la caravane, Manu découvre « les chalets » en 2011, sur les Berges de l’Ain. Ce logement social à l’Elsau dédié aux sans-abris est géré par Adoma Strasbourg. Après quelques allers-retours ailleurs, Manu s’y réinstallera en avril 2015 :

« J’étais où avant ? Dans la merde. Patrick Kientz, qui s’occupe des chalets, est un type génial. Ce qui m’emmerde, c’est que le directeur va bientôt changer, j’ai les boules. Je me sens bien ici, on a notre potager et tout ce qu’il faut. »

« J’ai un sens aigu de la justice et du respect »

Manu a ses préférences lorsqu’il s’agit des autres. On pourrait même dire qu’il choisit ses têtes. Il y a ceux qu’il respecte, ceux qu’il ignore et ceux qu’il « envoie chier ». Les copains de galère font partie de la première catégorie et puis il y a quelques autres Strasbourgeois aussi, ceux qui osent le regarder en face et lui parler franchement.

« Je ne supporte pas les bienpensants et j’ai un sens aigu de la justice et du respect. Ces deux notions, je les ai apprises assez vite dans la rue. Il y a certaines règles que tu dois intégrer comme respecter les anciens. Il ne faut surtout pas se cacher non plus sinon tu deviens le bouc émissaire… Il faut affiner qui tu es. Moi il y en a toujours qui essayent de me faire chier encore aujourd’hui, alors je n’arrête pas d’affirmer qui je suis. Faut que je sache à quelle sauce je vais être bouffé. »

Son respect, il le donne autour des comptoirs de bars aussi. C’est là que Christine, cette femme qu’il appelle désormais « Ma Dalton », le rencontre il y a environ un an et demi. Elle se souvient :

« J’avais mes habitudes dans ce bar et je me m’asseyais toujours sur le même tabouret, c’était devenu une routine pour les serveurs aussi. Un jour, Manu s’y est installé avec sa radio, la musique à fond et prenant beaucoup de place. Je lui ai demandé de me laisser au moins un coin pour pouvoir m’asseoir, il a essayé de m’envoyer paître mais ça n’a pas fonctionné avec mon caractère. Je lui ai répondu un peu sèchement et au lieu de continuer à faire le fier, une sorte de respect s’est imposé entre lui et moi. Depuis, il m’appelle Ma Dalton et nous nous apprécions beaucoup. »

C'est dans le quartier de l'Elsau que Manu se ressource (Photo Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg)
C’est dans le quartier de l’Elsau que Manu se ressource Photo : Tania Gisselbrecht / Rue89 Strasbourg

Ce respect, Manu ne s’en souvient que dans « ses bons jours », d’après les gens qui le côtoient. « Ses bons jours » ce sont souvent les moments sobres, sinon il crie très fort et insulte parfois ceux qui lui adressent la parole ou se trouvent simplement sur son passage.

« Je pense vraiment qu’on est nombreux dans ma tête. Je gueule beaucoup c’est sûr… Mais tu préfères ça ou que je tape sur quelqu’un ? »

Si l’on aborde les problèmes d’alcool avec lui, il répondra de façon stoïque qu’il en a conscience et que c’est mieux de ne pas aller le voir ces jours-là. À sa dernière gorgée de Desperados je lui ai demandé pourquoi il buvait autant :

« Ça c’est une bonne question. Est-ce que je serais capable d’y répondre ? Attends je réfléchis un coup (dit-il en agrippant une nouvelle bière pour boire une gorgée de réflexion). Disons que je suis entouré d’alcoolos, peut-être que ça joue. C’est un peu ma réponse à beaucoup de choses. Regarde, par exemple j’ai appris il y a quelques semaines que ma mère biologique était morte poignardée, c’est la copine de mon voisin qui me l’a dit. Ma réponse, ça a été de me saouler. »

Manu le hardos, clochard rockeur, impulsif, fier, à vif, brut, alcoolique, grande gueule de la rue, bruyant, punk… C’est beaucoup pour un seul homme. Derrière la carapace, il y a ce type attentif, qui dévore les livres, surtout les Stephen King et autres polars ou science-fiction, qui aime les mots et sait les manier comme une arme, un passionné de musique, batteur à ses heures perdues. Il y a aussi ce grand minot un peu paumé qui se fait passer pour un idiot, on se demande bien pourquoi et surtout pour qui.

En pleine canicule, la chaîne du froid loin d’être respectée par certains restaurateurs

En pleine canicule, la chaîne du froid loin d’être respectée par certains restaurateurs

Un controle (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Près d’un restaurateur sur deux en infraction lors d’un contrôle en plein été (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Malgré les contrôles à répétition, les aliments prennent parfois un gros coup de chaud entre le magasin et le restaurant.

La direction départementale de la protection des populations (DDPP) a procédé à plusieurs contrôles de respect de la chaîne du froid vendredi 7 août. Les restaurateurs sont tenus à de strictes règles dès lors qu’il s’agit de transporter des aliments entre le lieu d’achat et l’établissement. Les produits surgelés doivent par exemple rester à -18°C à tout moment, quand les produits laitiers ne doivent jamais dépasser les 8°C.

Autrement dit, avec les températures actuelles, sans glacière ni plaque réfrigérante dans le véhicule, les limites sont vite explosées. En cas de non-respect, un client risque une intoxication alimentaire. Malgré les contrôles des agents de la DDPP chaque année, certains professionnels s’affranchissent encore de la loi. Lors d’une précédente opération cet été, 45 clients ont été inspectées, 15 ont reçu un avertissement et 5 une amende.

450€ d’amende par produit

Les restaurateurs qui ne se plient pas aux consignes risquent, eux, jusqu’à 450 euros d’amende par produit non-protégé. Si dix pots de crème ne sont pas maintenus à bonne température, le gérant encoure alors 4 500€ d’amende. Un coût que les agents mettent en perspective avec le prix d’une glacière : l’entrée de gamme est à 30€. Pour les plaques réfrigérantes, il est possible de déposer les siennes et de repartir avec d’autres à bonne température à l’entrée des grossistes.

À la vue des contrôleurs sur le parking, certains font d’ailleurs demi-tour pour s’acheter une glacière. Peu étonnée, Lydie Nemecek, contrôleur principal de direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), préfère voir ce genre de comportement :

« Notre but en contrôle c’est avant tout de faire adopter les bonnes pratiques, pas de distribuer des amendes. Si un professionnel s’équipe en nous voyant, on peut espérer qu’il continuera à utiliser ce matériel. »

Un poisson à 31° part sous le nez des contrôleurs

Limite de l’exercice, les produits transportés dans de mauvaises conditions ne peuvent être confisqués. Leur température n’est pas encore en-dessous de la limite à la sortie du magasin. Les contrôleurs ont déjà vu un poisson frais s’en aller dans un coffre à 31°C ! En revanche, être pris en flagrant délit augmente les chances d’un futur contrôle de l’établissement.

Pour Julien Deboom, chef du service produits alimentaires, ces contrôles ont un double enjeu :

« On protège d’une part la santé des consommateurs, mais il y a aussi la question de la concurrence. Un restaurateur qui respecte les textes, en s’équipant par exemple d’un camion réfrigéré, a un désavantage par rapport à quelqu’un qui ne fait aucun effort. D’ailleurs les clients en règles nous remercient parfois d’effectuer ces contrôles. »

« Vous n’avez que ça à foutre ? »

Sur le terrain, les agents constatent une légère diminution des abus avec les années, mais trop lente à leur goût. Plus étonnant, les personnes verbalisées sont davantage des professionnels ayant toujours travaillé ainsi, que des débutants qui méconnaissent les lois.

Si certains se montrent compréhensifs, d’autres « professionnels » sont eux excédés par les contrôles. Petit florilège de commentaires : « Et en plus vous êtes payés pour ça ? » ; « Vous n’avez rien de mieux à faire de vos journées ? ».

« Si vous n’avez pas de question, c’est que je suis un guide parfait… »

« Si vous n’avez pas de question, c’est que je suis un guide parfait… »

Gabriel Wetzer, guide des Free tours strasbourgeois (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Gabriel Wetzer, guide des Free tours strasbourgeois – Ici, place de la République (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Comment Strasbourg se présente aux touristes – 3. Depuis 18 mois, Gabriel Wetzer propose des « Free tours » (tours gratuits) de Strasbourg… rémunérés au pourboire. Tous les jours s’agglomèrent autour de lui entre 10 et 30 touristes pour près de deux heures de visite au pas de charge, mais avec un très grand sourire.

Jeans usés, tee-shirt siglé défraichi, tatouages aux bras et barbe fournie… Gabriel Wetzer, la trentaine, n’a rien du guide propre sur lui, armé d’un parapluie ou d’un drapeau, indiqué par l’office de tourisme. Et pour cause, Gabriel est un pirate de la profession : depuis 18 mois, il guide quasi-quotidiennement sans être référencé nul part, excepté sur internet, où l’on trouve calendrier, types de tours et présentation de ses prestations sur son site Happy Strasbourg. Il n’a pas non plus de carte officielle de guide-conférencier et ne peut, de ce fait, rentrer ni dans les églises, ni dans les musées de la ville.

5 ou 10€ glissés dans la casquette

Et pourtant, à l’issue de près de deux heures de visite dans le secteur Cathédrale-République-Kléber, la dizaine de touristes rassemblés ce jour-là autour de Gabriel semble enchantée et, avec reconnaissance et non sans une pointe de gêne pour certains, glisse un billet de 5 ou 10€ dans la casquette du jeune homme, déposée par terre à l’arrivée.

Tout commence à 14h30 – pétantes – au milieu de la place de la Cathédrale, où le guide est repérable par sa pancarte montée sur un gros manche à balais en bois. Les participants, quatre couples de Chinois, Allemands, Hollandais et Latino-Américains âgés d’environ 25-30 ans s’agrègent rapidement autour de lui, ponctuels.

Personne n’a réservé la visite, mais la majorité a consulté les horaires de Gabriel sur Facebook ou sur son site internet. Ce jour-là, un vendredi ensoleillé de la fin juillet, le guide propose son « happy original tour », en anglais, « comme d’habitude ». Les tours en français se font sur demande, nous indique-t-il, car rares sont les touristes maîtrisant la langue de Molière.

« D’abord, vous avez un SUPER tour, ensuite… »

Rapidement, le principe est posé, le tour est gratuit mais les pourboires sont encouragés. Sur son site, Grabriel l’explique d’ailleurs clairement :

« In case you liked the tour, you are encouraged to tip your guide any affordable sum for you. This is because we are convinced that you don´t have to prepay for a service that you don´t know how it is. First you just get an AWESOME tour, and then, if you are « happy », you will be more than welcome to tip ! »

(Traduction) « Si vous aimez le tour, vous êtes encouragés à donner un pourboire du montant que vous souhaitez à votre guide. Nous privilégions ce fonctionnement, car nous sommes convaincus que vous n’avez pas à payer un service que vous ne connaissez pas encore. D’abord vous avez votre SUPER tour, et ensuite, si vous êtes « contents », vous serez on ne peut plus les bienvenus à laisser un pourboire ! »

Questions attendues, réponses du tac-au-tac

Après cette courte introduction, la visite commence par quelques anecdotes sur le fronton de la cathédrale, telle celle sur les vierges, le « bon mari » barbu (« comme moi », s’amuse Gabriel) et le séducteur, reconnaissable aux serpents qui lui grimpent dans le dos… Sollicitant les questions de ses auditeurs, le guide répond du tac-au-tac, notamment sur celle, très attendue, de la deuxième tour manquante.

Très vite, la troupe se met à cavaler pour ne pas semer son guide, longeant le mur nord de la cathédrale, descendant la rue des Frères et celle des Ecrivains, direction la place du Marché-Gayot. Là, Gabriel explique le concept des places spécialisées à Strasbourg, précisant que celle-là était réservée aux… poulets. Questionné sur la nature des pavés, il précise leur provenance (les berges du Rhin) et glisse : « Pas très pratiques pour rouler à vélo et marcher en talons hauts ! » Et s’amuse encore : « Vous voyez cette maison à quatre étages ? Elle était mise à disposition des nains – vous savez ce que veut dire « dwarfs » ? – par les évêques de Strasbourg ! »

Place de la « french » République, construite par les « Germans »

Place Saint-Etienne, le guide sert son petit topo sur les maisons à colombages, biens « mobiliers » qui, intégrés aux dots des jeunes filles, pouvaient être déménagées et reconstruites ailleurs ; ou la légende du « meiselocker » (le charmeur de mésanges) et sa blague afférente sur les « chicks » (filles) que les jeunes garçons Strasbourgeois chassent désormais à la place des « chickadees » (mésanges à tête noire) d’antan.

Pour permettre aux touristes de digérer l'histoire des relations franco-allemandes à Strasbourg, Gabriel fait asseoir son auditoire (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Pour permettre aux touristes de digérer l’histoire des relations franco-allemandes à Strasbourg, Gabriel fait asseoir son auditoire (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

La troupe court ensuite jusqu’à la place de la République, après un petit arrêt devant la Poste centrale et son architecture allemande, puis française, en introduction du propos sur les relations franco-allemandes, traitées avec beaucoup d’humour et de solides connaissances historiques. « Parce que ça va être assez long, je vous propose de vous asseoir », annonce-t-il, une fois parvenu sur la place de la (« french ») République.

A gros traits, l’âme alsacienne et ses ressorts

Là, Gabriel évoque Charlemagne, Strasbourg ville libre d’empire, les bombardements de 1870, les deux guerres mondiales et la réconciliation. Il émaille son récit de précisions sur tel arbre ou telle statue, de blagues un brin chauvine, tantôt pro-allemandes, tantôt franchouillardes. Son auditoire rit, questionne, s’extasie. Il fait mouche. Pour dépeindre à gros traits l’âme alsacienne et ses ressorts, le « free » guide souligne les changements de langue officielle, de l’allemand au français, du français à l’allemand et rebelote. Il raconte les guerres opposant hier des frères et, en 2017, le tram vers Kehl qui reliera Strasbourg à Kehl, nouveau symbole de l’amitié franco-allemande.

"Un aqueduc pour symboliser la fondation de Strasbourg par les Romains... même s'il n'y a jamais eu d'aqueduc à Strasbourg", s'amuse Gabriel, "free" guide (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
« Un aqueduc pour symboliser la fondation de Strasbourg par les Romains… même s’il n’y a jamais eu d’aqueduc à Strasbourg », s’amuse Gabriel, « free » guide (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Après un nouvel arrêt devant la fontaine de Janus, inaugurée en 1988 à l’occasion des 2000 ans de la fondation d’Argentoratum, Strasbourg au temps des Romains, Gabriel fait une pause devant les canons du Mess des officiers, place Broglie. Là, outre quelques mots sur les fonderies royales, la défaite d’Henri II et l’annexion de la ville par Louis XIV, le guide rappelle :

« Vous pouvez me poser toutes vos questions ! Cela dit, si vous ne me posez aucune question, c’est que je suis un guide parfait ! Et si je suis un guide parfait, il me faut un pourboire parfait ! Ah, voilà, une question… »

Leclerc, Kléber, Gutenberg : les figures incontournables

Leclerc et Koufra, la campagne d’Egypte, Napoléon et le général Kléber… La discussion sur les mérites et figures des armées de et à Strasbourg se poursuit place Kléber, où Gabriel ne manque pas d’évoquer la création de la Marseillaise (et de l’entonner), ce chant de guerre révolutionnaire composée pour les troupes de l’armée du Rhin.

Place Gutenberg, dernier arrêt avant la fin du tour, c’est Gutenberg – « sur la statue, il ressemble à un monstre, mais ce n’est pas un monstre » – et sa célèbre invention qui sont au centre du commentaire. Parce qu’il identifie un couple de Chinois et un couple d’Allemand dans la petite assistance, Gabriel joue de la supposée rivalité entre Chine, France et Allemagne pour la paternité de l’imprimerie. Donnant du grain à moudre à tous, tout en réussissant l’exploit de ne vexer personne, le guide met tout le monde d’accord :

« Les Chinois ont inventé une technique bien avant les Européens, mais l’idée de l’imprimerie actuelle a été imaginée à Strasbourg par Gutenberg, où il a imprimé la première Bible. Et c’est à Mayence qu’a été imprimée la première série de livres… Et puis Gutenberg était allemand, tout comme Strasbourg à l’époque. Donc l’imprimerie est une invention allemande et strasbourgeoise ! Yeah ! »

De retour devant la Boutique culture place de la Cathédrale, Gabriel pose sa pancarte par terre, raconte une dernière histoire à propos du « büchmesser » ou pilier « mesureur de ventre » au coin de l’ancienne pharmacie du Cerf et lance dans un sourire : « Any other question ? »

Le projet de stockage de déchets nucléaires en Lorraine censuré

Le projet de stockage de déchets nucléaires en Lorraine censuré

Prototypes de colis dans lesquels vont être emballés les déchets radioactifs, dans le laboratoire de Bure. (Photo Aurélien Glabas/Flickr/cc)
Prototypes de colis dans lesquels vont être emballés les déchets radioactifs, dans le laboratoire de Bure. (Photo Aurélien Glabas/Flickr/cc)

Mercredi 5 août, le Conseil Constitutionnel a censuré près 18 articles de la loi Macron dont celui sur l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, en Lorraine. Une victoire pour les écologistes puisqu’un amendement, initié par le député et sénateur de la Meuse Gérard Longuet (Les Républicains), concernant le projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) avait été introduit à la loi Macron le 10 juillet et ce, sans vote ni débat, grâce à l’article 49-3 de la Constitution.

Selon le Conseil Constitutionnel, l’amendement sur le projet Cigéo serait un « cavalier législatif« , c’est-à-dire un article présentant des dispositions qui ne concernent pas le sujet traité par le projet de loi initial. L’amendement indiquait que le projet à Bure est « réversible » cela signifie qu’il est possible de récupérer les colis de déchets radioactifs, au moins pendant 100 ans, avant qu’une autre solution de stockage ne soit trouvée. Une disposition obligatoire depuis 2006 pour lancer les projets de ce type.

Une tentative de « passage en force » avait dénoncé Europe Écologie Les Verts (EÉLV). Sur Twitter, les anti-nucléaires n’hésitent pas à exprimer leur satisfaction après la décision des Sages.

Le ministère de l’Économie ne compte pas rester sur cet échec et annonce dans un communiqué son intention de relancer l’autorisation du projet Cigéo :

« L’expérimentation de l’enfouissement des déchets nucléaires (CIGEO) devrait faire l’objet d’une proposition de loi au premier semestre 2016. »

Un débat sera donc nécessaire sur le sujet et risque de mettre à mal les relations entre écologistes et le parti socialiste. On remarque d’ailleurs que la proposition de loi interviendra après les élections régionales en décembre. Sur son site, le parti écologiste EÉLV donne une autre alternative à l’enfouissement des déchets radioactifs :

« L’entreposage en sub surface à proximité des sites de production nucléaire, qui réduirait la concentration des risques, diminuerait les transports, et les nombreuses opérations à risque liées au retraitement et à la fabrication du MOX. »

Où faire du sport de plein-air près de Strasbourg en été

Où faire du sport de plein-air près de Strasbourg en été

VTT en Forêt Noire, escalade, canoë sur les cours d'eau strasbourgeois, la région regorge de lieux pour faire du sport et s'amuser en pleine nature.
VTT en Forêt Noire, escalade, canoë sur les cours d’eau strasbourgeois, la région regorge de lieux pour faire du sport et s’amuser en pleine nature. (Philippe/FlickR/cc).

Pour les inconditionnels du sport, les chercheurs d’adrénaline et même les sportifs du dimanche, Rue89 Strasbourg a sélectionné les activités sportives sur des sites naturels en Alsace. Le tout avec un budget entre 20 et 30€.

Randonnée, cyclotourisme, marche nordique…Vous avez déjà fait le tour de ces activités de plein-air et vous souhaitez changer vos sorties sportives ? Parcs aventures, escalade, sports aériens et nautiques, l’Alsace, ses forêts et ses massifs, est un terrain idéal pour ceux qui aiment bouger en pleine nature.

Crapahuter d’arbres en arbres

Plusieurs sites d'accrobranche se situent près de Strasbourg. (JaHoVil/FlickR/cc)
Plusieurs sites d’accrobranche se situent près de Strasbourg. (JaHoVil/FlickR/cc)

Classique mais toujours drôlement efficace, l’accrobranche assure certainement de bons après-midi de rigolade. Dans l’agglomération le parc aventure Naturaparc à Oswald offre un bol d’air pur aux portes de la ville. Depuis le 4 juillet, le parc est ouvert tous les jours mais il vaut mieux penser à réserver (03.88.65.40.07). Avec ses neuf parcours acrobatiques dans les branches allant de 1 à 20 mètres du sol, ses tyroliennes et saut pendulaire, tout le monde – débutants, sportifs, petits et grands – y trouve son compte. Il est facile d’accès en transport en commun en prenant soit la ligne 2 (arrêt Oswald Eglise), soit le tram B (arrêt Hôtel de Ville) et même à vélo, en empruntant les pistes cyclables.

Si vous préférez vous éloigner de la ville sans toutefois faire trop de kilomètres, le parc de loisirs et d’aventures de Brumath ne se situe qu’à une vingtaine de minutes en voiture. S’il fait trop chaud, le parc a l’avantage d’être au bord d’une plage et d’un lieu de baignade.

Un peu plus loin, à une cinquantaine de km de Strasbourg près d’Obernai, le parc Robinson de Breintenbach propose de nombreuses activités de plein-air : parcours dans les arbres mais aussi parapente, randonnée en VTT et saut à l’élastique depuis une tour qui culmine à 35 mètres de hauteur. Le site est accessible en voiture par l’A35 sortie 13 et en bus avec la ligne 541 des navettes du Réseau 67 du Piémont des Vosges.

Naviguer sur les eaux en canoë-kayak

Le club Strasbourg Eaux Vives loue des canoë bi et monoplace et propose différents parcours pour découvrir la ville autrement. (Pixel_Pete/FlickR/cc
Le club Strasbourg Eaux Vives loue des canoës bi et monoplace et propose différents parcours pour découvrir la ville autrement. (Pixel_Pete/FlickR/cc

Pour découvrir la région strasbourgeoise depuis ses cours d’eau, rien de mieux que le canoë-kayak, en bi ou monoplace. L’association Strasbourg Eaux-vives propose des randonnées nautiques accessibles aux débutants, accompagnés ou en total autonomie, sur le Rhin-Tortu, le Steingiessen ou l’Ill.

Plusieurs parcours sur des rivières calmes allant de 2h30 à 4 heures sont proposés : la traversée de Strasbourg de la Petite France aux Institutions européennes. Le tour de l’Aar pour ceux qui souhaitent découvrir des coins secrets de nature au cœur de la ville. La randonnée de la Wantzenau serpente au cœur de la forêt de la Robertsau où hérons, martins-pêcheurs et canards sont souvent au rendez-vous.

Le parcours entre Strasbourg et Gambsheim en empruntant la rivière du même nom est bordé d’arbres et de larges champs où de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques sont observables (canards, foulques, poules d’eau, cygnes, cormorans, goélands,…).

Le parcours du Rhin-Tortu ou Krimmeri (en alsacien) suit un petit cours d’eau qui serpente entre Plobsheim et Strasbourg.

Les tarifs varient de 15€ (en autonomie pour les parcours les plus courts) à 40 € avec un encadrement. Il est également possible de louer du matériel pour la journée ou la demi-journée sans suivre de parcours. Attention, un chèque de caution est toujours exigé (allant de 300 à 600€). Pensez à réserver au plus tard 15 jours avant.

Glisser sur les pistes de luge

Ludique et bon marché (1,90€ la descente), la luge d’été ou tubbing fonctionne toujours auprès des enfants. Les pistes de luges du Champ du Feu sont ouvertes toute l’année, mais attention, la pratique du tubbing est impossible en cas de pluie. Point culminant du Bas-Rhin au Ban de la Roche, le Champ du Feu est situé à 55 km de Strasbourg, accessible en voiture par l’A35 (sortie 12 direction Obernai) et en bus en empruntant la ligne 257 du Réseau 67. Et si vous voulez pleinement profiter du site, le Champ du Feu est idéal aussi, en cette période de l’année, pour les randonnées pédestre et le VTT.

Escalader les rochers

Le Kronthal, entre Wasselonne et Marlenheim, est un des nombreux rochers d'escalade équipés dans la région. (lamaquitractosaure/FlickR/cc)
Le Kronthal, entre Wasselonne et Marlenheim, est un des nombreux rochers d’escalade équipés dans la région. (lamaquitractosaure/FlickR/cc)

Les sites d’escalade en pleine nature dans la région sont nombreux. Du nord au sud des Vosges, des rochers pitonnés et équipés assurent une grimpette sympa même aux débutants. Dans les Vosges du Nord, à Windstein à 10 km de Niederbronn-les-Bains, il est possible de suivre une initiation à l’escalade.

Un moniteur vous guide alors jusqu’au sommet offrant une vue imprenable sur la plaine d’Alsace et les Vosges. Le matériel et l’encadrement y sont assurés. Entre Saverne et le Col des Pandours, une dizaine de rochers sont équipés mais là, c’est à vous d’assurer votre propre sécurité : le rocher de la grotte du Brotsch, le Krappenfels, la Spille, le Geisfels, le Muhlberg, le Birckenfels ainsi que les parois de l’ancienne carrière de grès du Kronthal entre Wasselonne et Marlenheim (sur la N4 à 25 minutes).

L’école Verticales Vosges est ouverte à tout public à partir de 4 ans et vous encadre dans la pratique de l’escalade sur plusieurs sites de la région. Les plus proches étant à 45 km environ : le Wackenbach, près de Schirmeck et le Neutelstein à proximité du Hohwald et du Champ du Feu (les deux accessibles via l’A35).

Tout le matériel technique est fourni. Pour la demi-journée, les prix varient de 28€ pour les enfants à 34€ pour les adultes. L’école peut également s’adapter aux demandes particulières sur des sites différents.

Dévaler les pentes montagneuses en Allemagne

Élue meilleure région de VTT du sud de l’Allemagne par les lecteurs de Moutain Bike, la Forêt Noire offre de nombreux parcours pour les randonneurs à vélo en quête de descentes rapides et montées abruptes. Deux grands itinéraires à réaliser en entier sur plusieurs jours ou par étapes sont proposés en Forêt Noire : les 450 km de la « Bike Crossing Black Forest » et ses 16 000 mètres de dénivelé allant de Pforzheim au nord à Bad Säckingen dans le sud et la « Bike Crossing Schwäbische Alb route » de Schönwald dans le centre de la Forêt Noire à Bad Säckingen dans la région du Rhin Supérieur.

Au total, plus de 1 000 km de pistes traversent la Schwartzwald. De nombreux terrains d’entraînement – des bike parks – proposent des parcours adaptés à tous les niveaux et sont déclinés sous forme de « Fun Parks« avec des difficultés adaptées. Il y a notamment ceux de Bad Wildbad et Todtnau, situés à 100 km de Strasbourg environ en passant par l’A5, où tout le matériel nécessaire du rider peut-être loué.

Tenter le grand saut en parapente

Il existe plusieurs pistes de décollage en parapente à hauteur variable. (boleroplus/FlickR/cc)
Il existe plusieurs pistes de décollage en parapente à hauteur variable. (boleroplus/FlickR/cc)

Après l’eau et la terre pourquoi pas l’air ? Le parapente, activité certes plus coûteuse (de 70€ pour 15 minutes de vol à 160€ les 30 minutes), garantit des sensations fortes. Autour de Strasbourg, de nombreux sites offrent des vues incroyables sur les plaines et les massifs. À seulement 10 minutes au nord de Strasbourg, une petite colline sur les hauteurs de Mundolsheim fait face à la plaine d’Alsace. Plus loin, en direction de Saverne par la N4 à 45 minutes environs, la piste de décollage en pleine forêt de Reinhardsmunster, facile d’accès, permet d’aller jusqu’à 1 500 mètres d’altitude.

Beaucoup plus en hauteur que les deux autres sites, Schwarzbach, culmine à 520 mètres et offre un décollage plus spacieux en pente herbeuse douce. Enfin, dans la localité de Ban de la Roche (à 60km environ) le décollage se fait encore plus en hauteur (à 920 mètres) pour les amateurs de grands frissons.

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Les rappeurs Jul, Lacrim, Gradur et Nekfeu plébiscités par les Strasbourgeois

Les rappeurs Jul, Lacrim, Gradur et Nekfeu plébiscités par les Strasbourgeois

Spotify dévoile les titres qui ont le plus de succès par rapport aux autres villes du monde.
Spotify dévoile les titres qui ont le plus de succès par rapport aux autres villes du monde.

Le service de la lecture de musique en ligne Spotify publie une carte des chansons qui ont le plus de succès dans « près d’un millier » de villes du monde. Parmi elles, 21 métropoles françaises. On s’est naturellement intéressé à Strasbourg où Jul truste les 3 premières places. Le titre Gros du rappeur marseillais est en tête de la playlist « The sound of Strasbourg » (Le son de Strasbourg).

Étonnamment, il ne  s’agit pas d’un de ses titres des plus connus. Il n’a pas été sorti en single et aucun clip n’a été tourné. Longtemps, le rappeur parisien Nekfeu (lire son portrait dans Libération) le talonnait, mais a reculé lors d’une mise à jour récente. Des titres de Part-Time friends et Dan Black, Youssoupha, Lacrim, Gradur et Maître Gims complètent le haut de la hiérarchie.

Jul – Gros

Le rap, comme dans beaucoup de villes françaises, se distingue. Dans le Top 20, les seuls titres qui ne sont pas du hip hop sont étrangers : Summertime Burns de Part-Time friends et Dan Black, Doors To Heaven de Shake Shake Go, Come de Jain et Dissolve de Daniel John.

Attention, il ne s’agit pas des titres qui totalisent le plus d’écoutes, mais ceux les plus joués par rapport aux autres villes. Une carte en 2014 montrait qu’il y avait peu de différences entre les villes françaises, les tubes du moment étant les plus sollicités. En France, c’est Lean On du collectif Major Lazer qui est le plus écouté comme dans beaucoup de pays d’Europe de l’ouest et dans le monde.

Spotify, c’est quoi ?

Spotify permet d’écouter de la musique en ligne, sur son ordinateur ou son téléphone portable via internet. Il existe une version gratuite, où les morceaux sont joués au hasard selon les goûts de l’utilisateur et une version payante (9,99€/mois en France) sans pub et qui permet de choisir n’importe quel titre disponible à n’importe quel moment. Il est aussi possible de sauvergarder ses chansons pour les écouter sans être connecté.

Leader mondial, la société suédoise revendique plus de 68 millions d’utilisateurs dont un quart d’abonnés et 550 000 en France. L’arrivée du service similaire Apple Music depuis juin, apporte une nouvelle concurrence. Le service a aussi connu des polémiques concernant la rémunération des artistes. La chanteuse britannique Tailor Swift a, par exemple, retiré ses titres de la plateforme pour protester contre ces pratiques. La compagnie suédoise rétorque qu’elle reverse 70% de son chiffre d’affaire aux musiciens, mais que les maisons de disques se servent allègrement.

Et en ALCA ?

À Reims, la pop-rock française de Berthet, la techno de Freedomatic ou les douces chansons françaises de Dana Kern se distinguent dans le Top 10. À Metz, Nekfeu et Lacrim se partagent les six premières places, tandis qu’à Nancy, Nekfeu s’accapare le podium, suivi par la marseillaise Marina Kaye qui chante en anglais et BigFlo & Oli.  Parmi les grandes villes, c’est à Paris que l’on trouve le moins de hip-hop. Ces playlists localisées sont mises à jour toutes les deux semaines d’après Spotify.

La baisse de la vitesse étendue à plus de routes en cas de pollution

La baisse de la vitesse étendue à plus de routes en cas de pollution

Le ciel un jour de pic de pollution à Strasbourg. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le ciel un jour de pic de pollution à Strasbourg. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Les mesures d’urgence contre la pollution sont légèrement étendues en attendant des changements de moyen terme pour l’automne.

Strasbourg fait partie des 15 agglomérations françaises trop polluées selon les standards que se sont fixés les pays européens. Pour améliorer la qualité de l’air, il faut établir un nouveau plan de protection de l’air (PPA). Un PPA comprend, entres autres, de nouvelles mesures d’urgence en cas de pic de pollution (à l’ozone, aux particules PM10 ou de dioxyde d’azote), par un arrêté interdépartemental de la préfecture d’Alsace.

-20km/h partout

En mars, nous vous parlions des difficiles négociations entre les villes, l’État, le Département, la Région et les agriculteurs. Mais au cœur de l’été ce nouvel arrêté a – enfin – été publié. Ce texte fait suite à un arrêté ministériel de mars 2014. Il comprend quelques changements. La principale modification est que la vitesse sera également réduite de 20km/h sur les autoroutes et axes rapides en dehors de l’agglomération strasbourgeoise, puis l’ensemble des routes dès le deuxième jour de pic, sans que l’on puisse descendre en dessous de 70km/h. Avant la vitesse n’était réduite que sur la portion de l’A35 qui traverse Strasbourg et les environs, même si beaucoup d’automobilistes s’affranchissaient de la règle.

Les critères de mesure se modifient (voir annexe 2) avec des notions plus subtiles de « superficie », « population exposée » et « situation locale ». Enfin, le dispositif est déclenché sur les bases des prévisions de pollution et non des mesures effectives, ce qui en résumé « fait gagner un jour », comme l’explique Cyril Pallarès, ingénieur à l’ASPA (Association pour la Surveillance et l’Etude de la Pollution Atmosphérique en Alsace). Il n’est pas encore question de circulation alternée comme avancé par l’Eurométropole en avril, mais cela reste à l’ordre du jour dans un futur texte.

Baisse de la vitesse généralisée sur l’A35 et circulation alternée à l’automne ?

Concernant les mesures des collectivités territoriales, elles sont libres d’adapter leurs mesures, comme ce sera le cas à Mulhouse. L’Eurométropole (bus, tram et Velhop moins chers) a modifié son plan d’action récemment et un texte ne semble pas à l’ordre du jour. Le Bas-Rhin baisse le prix de ses car (réseau 67) et la Région n’a aucune action spécifique au niveau du TER.

Cet arrêté ne concerne que les mesures d’urgence et non celles de moyen terme. La réprésentante de Strasbourg, l’adjointe au maire en charge de la qualité de l’air Françoise Schaetzel (EELV) ajoute que l’Eurométropole participe à l’appel à projet « ville respirables » du ministère de l’Environnement. Les mesures seraient connues en septembre (la baisse permanente de la vitesse à 70km/h sur la partie de l’A35 qui traverse Strasbourg est évoquée) et annonce une grande conférence de presse transfrontalière autour de ce sujet le 1er octobre.

En attendant, des membres d’Europe Ecologie Les Vert manifesteront jeudi 6 août pour maintenir la pression (et ont à réagi à cet article via un communiqué). Ils regrettent le manque d’action pour faire baisser durablement la pollution.

Mis à jour mercredi 5 août pour ajouter qu’EELV a réagi à cet article.

Le nouvel arrêté préfectoral en cas de pic de pollution – Les mesures figurent en annexe 7

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Sur Rue89 Strasbourg : Où en est la qualité de l’air à Strasbourg (explicateur)

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur la qualité de l’air

Manif’ en masque pour des actions contre la pollution jeudi

Manif’ en masque pour des actions contre la pollution jeudi

Europe Ecologie demande plus d'actions contre la pollution à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Europe Ecologie demande plus d’actions contre la pollution à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Europe Écologie Les Verts (EELV) appelle au rassemblement pour une meilleure qualité de l’air jeudi 6 août à 18 heures, au croisement du boulevard du président Wilson et de la petite rue des Magasins, derrière le centre commercial des Halles. Le lieu n’est pas anodin, il s’agit de l’un des endroits les plus pollués de Strasbourg.

« Pas d’incitation à changer de comportement »

Les manifestants porteront des masques « qui seront bientôt nécessaires si rien n’est fait » selon les organisateurs. L’action vise à sensibiliser aussi bien les automobilistes qui utilisent seuls leur voiture, qu’à demander aux pouvoirs publics à prendre des mesures.

Co-Animatrice du groupe local d’EELV Meike Westerhaus détaille les revendications :

« Après les pics de pollution du printemps quelques annonces ont été faîtes pour rassurer, comme de demander la circulation alternée, mais elles ne permettent pas d’éviter qu’ils se produisent et diminuer la pollution de fond. Et on attend qu’elles se concrétisent. Il faudrait aussi mieux développer les transports publics. Il n’y a pas d’indication sur les extentions de tram à l’ouest et à la Robertsau. Le nouveau quartier d’affaires du Wacken est conçu autour de l’accès en voiture. On voit même que des navettes de la CTS sont supprimées. Cela n’incite pas à changer les comportements. »

100 milliards par an / plus de 40 000 morts prématurées

Mi-juillet, un rapport de sénateurs chiffrait le coût de la pollution à plus de 100 milliards d’euros par an et de 42 000 à 45 000 morts prématurées en France. Un séquence nationale qui a aussi interpellé Meike Westerhaus :

« Les réactions semblaient plus fortes sur le coût de la pollution que vis-à-vis de l’impact sur nos vies. La ministre de l’écologie Ségolène Royal avait dit qu’elle prendrait des mesures fermes, mais nous n’avons pas vu quelles étaient ces mesures. »

Ségolène Royal s’est opposée à ce que le diesel soit autant taxé que l’essence, mais est favorable à un abaissement de la vitesse dans les autoroutes près des villes, dont Strasbourg. Les nouvelles dispositions en cas de pic de pollution ont été signées cet été, mais les organisateurs n’en avaient pas connaissance à l’heure d’écrire ces lignes. Ils ont réagi dans la soirée (voir plus bas).

Sujet sensible à Strasbourg

La pollution a beaucoup agité l’actualité strasbourgeoise. Après une année 2014 où le nombre de pics a diminué (sous l’objectif de 35 jours par an), la pollution est repartie à la hausse en mars avec plusieurs jours en seuil d’alerte. À ce jour, le seuil critique a été dépassé 23 jours, ce qui fait que l’objectif de 35 est atteignable, selon les températures de cet hiver (ozones et PM10 sont comptabilisés séparément). En avril, une pétition d’une centaine de médecins avait demandé aux élus strasbourgeois de davantage agir, ce qui avait provoqué quelques annonces. Début juillet, le plan ozone a été déclenché 4 jours de suite.

La droite avait aussi demandé à des mesures plus fortes comme la gratuité des transports lors des pics (pour le moment un ticket à 1€60 permet de voyager toute la journée). Se joindra-t-elle à la manifestation ?

Brève mise à jour mercredi 5 août pour ajouter la réaction d’EELV aux nouvelles mesures en cas de pic de pollution.

Y Aller

Manifestation pour une meilleure qualité de l’air, jeudi 6 août à 18 heures, au croisement du boulevard du Président Wilson et de la Petite rue des Magasins, derrière le centre commercial des Halles, à Strasbourg.

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Sur Rue89 Strasbourg : Où en est la qualité de l’air à Strasbourg (explicateur)

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Pas de tram entre Homme de Fer et Rotonde les week-ends du 8 au 9 août et du 22 au 23 août

Pas de tram entre Homme de Fer et Rotonde les week-ends du 8 au 9 août et du 22 au 23 août

Image fournie par la CTS
Image fournie par la CTS.

Les travaux de rénovation du tram se poursuivent en sortie du tunnel des Halles pendant deux week-ends mois d’août. La circulation sera coupée sur les lignes A et D du 8 au 9 août et du 22 au 23 août, entre les stations Homme de Fer et Rotonde. Un bus de remplacement est prévu à l’arrêt Les Halles Sébastopol. Il assurera la liaison entre la station Rotonde et le centre-ville de Strasbourg toutes les 7 à 10 minutes.

La CTS (compagnie des transports strasbourgeois) conseille d’utiliser la ligne C du tram depuis Homme de fer pour rejoindre plus facilement la gare centrale (2 arrêts). D’autres travaux sont toujours en cours dans le secteur sud de Strasbourg, entre les stations Etoile Bourse et Illkirch Lixenbuhl.

Au sud de Strasbourg, dix stations restent fermées jusqu’au 30 août.

Pour toute information complémentaire : Allô CTS au 03 88 77 70 70 du lundi au vendredi de 7h30 à 19h et le samedi de 8h30 à 12h15 et de 13h15 à 17h15.

[Grand entretien] Martial Bellon : « La SIG peut devenir l’un des 20 grands clubs d’Europe »

[Grand entretien] Martial Bellon : « La SIG peut devenir l’un des 20 grands clubs d’Europe »

Martial Bellon a de grandes ambitions pour la SIG. (photo Banque SIG)
Martial Bellon a de grandes ambitions pour la SIG. (photo Banque SIG)

Arrivé en 2010 à la tête d’une SIG en crise, Martial Bellon a redressé les comptes, puis obtenu deux premiers trophées cette année, malgré une défaite en finale du championnat. Pour faire grandir le club, il souhaite une nouvelle salle et faire évoluer la direction, sur le modèle collectif.

    Un mois après la saison sportive, quel bilan tirez vous de cette année ?

Soit on regarde le verre à moitié plein, soit à moitié vide. Comme je suis de nature optimiste, j’ai tendance à voir le verre à moitié plein. Nous avons remporté deux trophées, la Leaders Cup et Coupe de France, 30 victoires sur 34 en championnat et 11 sur 16 en coupe d’Europe. Mais on a raté deux marches : une défaite contre Saint-Pétersbourg en Eurocoupe (compétition de deuxième niveau ndlr), qui nous élimine alors qu’on pensait pouvoir aller loin dans cette compétition, et bien sûr la déception de la défaite en finale, la troisième de suite, parce qu’on perd le premier match à domicile.  Je rappelle aussi que Limoges avait une masse salariale nette de 170 000 euros par mois, là où nous c’était 100 000.

    Comment se portent les finances du club ?

Le budget a augmenté. Nous avions annoncé 5,9 millions d’euros et on a fait 6,7 millions, grâce aux matches de play-off (phase finale ndlr), qui ne sont jamais comptés dans les prévisions. C’est plus que l’an dernier, 6,5 millions au total, où nous avions pourtant davantage d’argent des droits télévisés car nous jouions l’Euroleague (la compétition de premier niveau ndlr). Mais nous avons eu plus de partenariats et un Rhénus plus rempli.

« En France on est moins prêt à accepter de réunir culture et sport dans un même lieu »

Quand j’annonçais un objectif de 7 millions d’euros il y a deux ans, on me pensait irréaliste. L’objectif est maintenant de passer entre 8 et 10 millions à l’horizon 2020. L’an prochain, la masse salariale va augmenter de 1,2 à 1,45 millions d’euros nets.

Cela fait un an que l’on y réfléchit. En 2014, les objectifs fixés à notre arrivée ont été atteints. Les comptes de 2010 ont d’abord été redressés en deux ans, (300 000 euros de déficit à l’époque), puis le club est arrivé dans les deux premières places de la hiérarchie du basket français, grâce à deux finales de suite. Nous avons défini un troisième objectif, qui est de devenir un club d’envergure européenne.

« La nouvelle salle reviendra un jour à la Ville »

En 2014, il était question de jouer un match au Zénith lors de la finale, car le Rhénus était occupé par de l’escrime. Cela ne s’était pas fait car nous avions perdu en trois manches, mais on s’était rendu compte que c’était possible. L’idée à germé qu’on pouvait y déménager, mais le délégataire, la société Vega, a refusé, en préférant avoir la priorité dans la programmation de concerts sur un club sportif. Contrairement à l’Allemagne, on est moins prêt à réunir culture et sport dans un même lieu et je le regrette. Le dossier Zénith s’est alors éteint.

L’important pour nous c’est d’avoir de meilleurs accueils VIP. Nous n’avons pas de loges, ce qui est pourtant une demande des entreprises, pour recevoir des clients au calme ou organiser des séminaires. C’est ça qui nous permettra d’avoir des revenus pour grandir. L’idée d’agrandir le Rhénus vient des services de l’Eurométropole. Mais elle n’a pas les moyens de payer ce nouvel équipement, alors j’ai proposé de changer de fonctionnement. La salle serait cédée à la SIG pour un bail de 20 à 30 ans. Le club finance les travaux et assure l’exploitation, mais cela revient un jour à la collectivité. C’est une formule nouvelle en France.

    Quelle forme prendra-t-elle ?

Pour le budget, nous fixons un plafond de 20 millions d’euros. Pour avoir de l’argent extérieur, on propose à une marque de donner son nom à la salle, pour financer une partie des travaux. C’est ce que l’on appelle le naming, qui très développé en Allemagne, mais aussi en France : Park & Suites à Montpellier, Kinder à Rouen ou Allianz Arena à Nice (football), même si tout le monde va citer la MMArena au Mans, qui est un échec. Ici, il peut s’agir d’une nouvelle salle ou d’un agrandissement du Rhénus existant.

Le financement viendrait pour moitié du naming du sponsor, un quart par la SIG qui paie son loyer et un quart par la location de la salle pour différentes manifestations. À partir du moment où on fait des travaux, il est aussi question d’augmenter le nombre de places et atteindre entre 8 à 10 000 places, contre 6 000 aujourd’hui. On va regarder si l’équipement peut être modulable, mais c’est trop tôt pour un parler.

Les succès sportifs de la SIG s'expliquent aussi par l'arrivée de Vincent Collet (à droite), entraîneur de l'équipe de France. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les succès sportifs de la SIG s’expliquent aussi par l’arrivée de Vincent Collet (à droite), entraîneur de l’équipe de France. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Le maire est très favorable à l’extension du Rhénus actuel, car cela apporterait de la vie au futur quartier d’affaires international du Wacken, où il y aura aussi des logements. Autour de la salle, il y aurait des espaces ouverts toute l’année : restaurants, salle de sport, boutiques, etc. Ce serait un lieu de vie en dehors des soirs de matches. Il faut qu’en mai/juin 2016 on soit fixé sur ce projet. Soit on le fait, soit on le fait pas. Mais si ça échoue, on aura du mal à progresser, car il n’est pas question de multiplier le prix des billets par deux.

Après nos premiers contacts, l’idée du naming n’est pas un repoussoir. Il faut que ce soit une entreprise de dimension nationale ou européenne, comme les retombées associées. J’aimerais qu’un partenaire s’engage pour 10 ans, là où elles préfèrent une visibilité sur 5 ans. Ce qui attire, c’est Strasbourg avant tout et aussi parce que la SIG a de bons résultats en ce moment. Il faut que l’on arrive à mieux vendre Strasbourg aux opérateurs privés. Le président de l’Euroleague l’a déjà dit publiquement, il y a quatre villes en France qui l’intéressent : Paris, Lyon, Marseille et Strasbourg. Marseille n’a pas de club, à Paris le projet est encore flou et Lyon (l’ASVEL) n’a pas encore de résultats à la hauteur des objectifs annoncés. Strasbourg peut devenir l’un des 20 plus grands clubs européens.

    Comment voulez-vous faire évoluer la gouvernance de la SIG, qui était en crise à votre arrivée ?

Dans le basket européen, il y a trois modèles économiques. Celui des mécènes, le club omnisport, et le club territorial. Le mécène, c’est Armani à Milan, les armateurs grecs à Athènes, l’énergie à Kazan. En Alsace, il n’y en a pas et le jour où un descendant veut s’arrêter tout s’écroule, comme la Montepaschi à Sienne ou Kinder à Bologne. Le club omnisport, j’y suis favorable, mais cela reste très dépendant du foot : le FC Barcelone, Real de Madrid, le PSG avec le handball, CSKA Moscou, Saint Peterbourg, Bayern Munich etc. Ce n’est pas d’actualité à Strasbourg. La notion de territoire est importante pour moi. J’ai voulu développer cet aspect ici, car c’est la seule solution qui s’offre à nous.

« La SIG appartient à tout le monde »

En 2010, il y avait une crise de gouvernance suite à une privatisation ratée. Notre constat, c’est qu’il est dangereux que le club appartienne à une personne ou un petit groupe d’individus. Contrairement à un club de football, une équipe de basket ne se vend pas, on ne fait pas de plus-value, on ne vend pas les joueurs. On a alors recomposé le club autour de ceux qui paient : le public,  les entreprises et les collectivités.

On a d’abord créé SIG & Territoire qui a permis à 550 personnes de souscrire à une action de 100 euros, un peu sur le modèle des socios en Espagne, à faible échelle. C’est le principe un « homme égal une voix », comme dans le statut coopératif qui marche bien en Alsace. Sig & Territoires détient aujourd’hui 12% de la SIG. Cela n’a pas vocation à être majoritaire, mais leur président siège au conseil de surveillance. S’il y avait des dérives, les supporters seraient informés. Je leur présente les comptes tous les ans. C’est un contre-pouvoir.

« Nous avons réuni les conditions d’une privatisation apaisée »

Après, on a crée Sig & Entreprises. Aujourd’hui, 35 entreprises ont souscrit à une part de 5 000 euros et détiennent 36% du capital, sur le même principe : une part et une voix chacun. Enfin, les trois collectivités (Ville de Strasbourg, Eurométropole et Ville d’Illkrich) se répartissent 50% et quelques du club pour que l’on reste une société d’économie mixte (SEM). Mais le premier actionnaire individuel, c’est SIG & Entreprises, qui progressivement va devenir majoritaire et racheter les parts des collectivités. Ce sont les conditions d’une privatisation apaisée. Tous les décisionnaires seront là depuis plusieurs années.

Il n’y aura pas de personne ou d’entreprise qui dira « le club est à moi ». Le conseil de surveillance peut me virer dans la seconde et c’est très bien comme ça. La SIG appartient à tout le monde.

Enfin, on a aussi ajouté SIG & bénévoles, c’est une association de 80 personnes, qui reçoit une petite dotation du club. Tous les clubs fonctionnent avec des bénévoles et nous devons nous appuyer dessus. Ils sont « rémunérés » en billets, deux par matches. En échange ils préparent la salle, s’occupent de l’accueil. Il faut conserver ces valeurs, on peut d’ailleurs encore progresser là-dessus. C’est ce qui concrétise la formule « la SIG appartient à tout le monde ». L’idée c’est que partout il y ait un peu plus de professionnalisme avec un ensemble de structures pour que les responsabilités de chacun soient identifiées.

Martial Bellon espère accroître le budget de la SIG grâce à une nouvelle salle (Photo Banque SIG)
Martial Bellon espère accroître le budget de la SIG grâce à une nouvelle salle (Photo Banque SIG)

    Comment doivent évoluer vos rapports avec les collectivités qui font face à des difficultés budgétaires ?

Depuis que je suis là, les subventions publiques n’ont pas augmenté. Ce n’est pas le rôle des collectivités de financer le sport professionnel et de participer à notre augmentation de budget. Mais la loi les autorise à soutenir les clubs de quatre manières : par le centre de formation, en achetant des espaces publicitaires – et on fait un prix – , en achetant des places pour les employés ou les élus, et en indemnisant les actions citoyennes du club, c’est-à-dire quand on visite les clubs de jeunes. S’il n’y avait plus ce dispositif, on le ferait encore, mais moins. C’est important de maintenir ces moments. C’est aussi l’intérêt des collectivités : l’an dernier, nous avons été le club de basket le plus télévisé de France.

C’est important que les engagements de chacun soient tenus. Avec le conseil général du Bas-Rhin (devenu conseil départemental), nous avions toujours une subvention de 198 000 euros pour le centre de formation. En novembre, on nous dit que seule la moitié de la somme sera versée. En décembre on reçoit 55 000… Nous, on a maintenu nos engagements, les panneaux publicitaires, les places pour les élus, les VIP, etc. J’en parle car je suis un peu le porte-voix des petits clubs, qui n’ont pas la même médiatisation mais connaissent les mêmes difficultés. Je ne sous-estime pas une seule seconde les difficultés du Département à financer les minimas sociaux, mais je n’ai pas apprécié la méthode. Il eut fallu nous prévenir avant et nous aurions trouvé une solution, car nous présentons nos budgets à la ligue en mai. Si nous avions perdu en quart de finale, nous aurions été en déficit.

    Quels sont vos rapports avec les autres clubs professionnels de la région ?

Nous nous voyons souvent avec Marc Keller, le président du Racing. Je crois qu’il n’y a jamais eu d’aussi bonnes relations. On est conscient qu’on n’a pas le même public. Quand la Meinau était pleine pour le dernier match de la saison, on faisait quatre fois 6 000 personnes au Rhénus. Tous les clubs ont vocation à valoriser leur territoire. Avec l’Étoile noire de hockey, on loge ensemble nos jeunes les week-ends. Sélestat a joué des matches de handball chez nous. Il y a juste le rugby avec qui on a pas de relation, mais parce que l’opportunité ne s’est pas présentée. Et il y a Souffelweyersheim notre petit frère, en deuxième division de basket. On leur a donné des coups de main. D’ailleurs nous venons de leur prêter un jeune joueur, Anthony Labanca, où il aura l’occasion de davantage jouer qu’ici.

Quand les autres clubs nous posent des questions sur comment on fonctionne, on y répond. J’avais songé à faire une association des clubs de haut niveau en Alsace, mais il faut s’en occuper, ce n’est pas la priorité. Le développement de chaque club n’en est pas au même point.

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Une statue de « Gens singuliers » brisée

Une statue de « Gens singuliers » brisée

L'enfant est la plus petite pièce de l'exposition "Des gens singuliers"
L’enfant est la plus petite pièce de l’exposition « Des gens singuliers » (Photo Patrick Lambin)

Sale temps pour la Culture sur en plein air. Après la cabane d’échanges de livres brûlée au parc de l’Orangerie, l’une des statues de l’exposition « Des gens singuliers » a été détruite dans la nuit du samedi 1er août au dimanche 2 août, c’est-à-dire dès le premier jour de l’exposition.

C’est la représentation d’un enfant place du Château, la plus petite pièce de la collection, qui s’est brisée. La statue a été retrouvée dans cet état dimanche au matin. L’événement est officiellement déclaré comme un accident survenu lors de la projection des illuminations sur le côté de la cathédrale.

Le commissaire de l’exposition Christophe Fleurov regrette l’incident, mais minimise :

« C’est l’un des risques d’exposer en pleine rue (Christophe Fleurov s’est aussi occupé du plan en relief appelé point de convergence place d’Austerlitz ndlr). Il y avait pourtant des contraintes énormes de stabilité et de prise au vent. Les pièces sont en en béton et en fibre de verre à l’intérieur. Elles sont lourdes, stables et sur un socle en acier. Nous allons réfléchir à mieux protéger encore les œuvres, mais cela ne modifie pas leur déploiement. »

Coup de projecteur non-prévu

Voilà une drôle de manière de parler de cette exposition. Et pour cause, les personnages sont encoure ajoutés au fur et à mesure dans les rues de Strasbourg : à la gare, près de la maison Kamerzell ou devant les Galeries Lafayette (l’un des mécènes de l’exposition), mais surtout aux alentours de la cathédrale. Les statues sont l’œuvre de la plasticienne allemande Christel Lechner.

Après la découverte progressive par les touristes au mois d’août, l’inauguration officielle se fera en septembre. Les écoles seront aussi conviées à découvrir ces Gens singuliers, qui restent exposés jusqu’au 15 octobre. À cette période, une maquette de la cathédrale sera disposée place du Château.

Avant/Après

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Du petit Théâtre du Kafteur au grand Espace K

Du petit Théâtre du Kafteur au grand Espace K

Le Hall des Chars, rue du Hohwald, va devenir l'Espace K en janvier (Photo JF Gérard / Rue89 Strasbourg)
Le Hall des Chars, rue du Hohwald, va devenir l’Espace K en janvier (Photo JF Gérard / Rue89 Strasbourg)

C’est officiel pour Jean-Luc Falbriard et son équipe : le Théâtre du Kafteur, jusqu’à présent blotti rue Thiergarten, va investir le grand espace du Hall des Chars. Fruit de longues négociations entre la Ville de Strasbourg et le Kafteur, ce déménagement implique aussi un sacré changement d’échelle. Le petit Kafteur est-il à la hauteur du grand Espace K ?

La décision est tombée fin mai, pour une ouverture officielle du nouveau lieu en janvier 2016 : le Théâtre du Kafteur l’a emporté dans la course à l’occupation du Hall des Chars qui se déroulait depuis l’hiver dernier. Alain Fontanel, 1er adjoint au maire de Strasbourg chargé de la culture, explique ce choix :

« Il y a avait deux autres propositions, mais l’une était peu aboutie et l’autre tournait autour de la poursuite de résidences d’artistes : aucune des deux ne répondait aux attentes de la Ville. Notre ambition pour [l’Espace K] c’est d’en faire un lieu culturel de référence, mais aussi de répondre aux enjeux de la vie de quartier et de la vie du site. »

Le Hall des Chars, trop « tourné sur lui-même »

La convention de trois ans accordée au Théâtre du Kafteur dénote une volonté d’ouvrir la salle au grand public, après que le Hall des Chars a été trop longtemps « tourné sur lui-même », selon Alain Fontanel :

« Ma politique culturelle se concentre sur la recherche de nouveaux publics, sur de nouveaux territoires. Le projet présenté par le Kafteur est en cohérence avec ces attentes. Et puis le Théâtre du Kafteur a trouvé son public et il s’inscrit dans cette tradition alsacienne forte du cabaret et de la satire. Bien sûr, il y a avait aussi la menace de la fermeture définitive du Kafteur, mais cela n’a pas été prépondérant dans notre choix. »

Alain Fontanel, 1er Adjoint au Maire de Strasbourg chargé de la culture (Document remis)
Alain Fontanel, 1er adjoint au maire de Strasbourg chargé de la culture (Document remis)

Le Théâtre du Kafteur était plus qu’à l’étroit dans son local de la rue Thiergarten et n’aurait probablement pas pu continuer très longtemps dans sa configuration actuelle, comme l’explique son directeur Jean-Luc Falbriard, fondateur et directeur :

« Nous sommes locataires depuis 22 ans. Le propriétaire est un privé, avec qui on s’entend bien, mais le modèle économique qui fonctionnait il y a 22 ans n’est plus viable actuellement. Depuis la création, nous nous débrouillons avec des salariés et des bénévoles sans aucune subvention de fonctionnement. »

Le théâtre "de poche" du Kafteur, rue Thiergarten, à deux pas de la gare (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Le théâtre « de poche » du Kafteur, rue Thiergarten, à deux pas de la gare (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

La force du Kafteur, c’est son public

Il n’en reste pas moins que le changement d’échelle va être un défi, à la fois quand on compare les dimensions des salles respectives, mais aussi les choix de programmation artistique qui les ont habités ces dernières années : théâtre d’humour du côté du Kafteur, espace d’expérimentation artistique qu’assurait la Friche Laiterie, ancien occupant du Hall des Chars.

Son public et son identité forte autour de l’humour sont clairement des piliers du projet du Kafteur pour habiter le Hall des Chars. Jean-Luc Falbriard est fier de cette expérience, qu’il souhaite mettre à profit :

« L’âme du lieu, c’est nous qui allons l’amener, forts de nos 22 ans de boulot. On espère aussi apporter avec nous une grosse majorité du public du Kafteur et que ce public-là sera curieux de toutes les propositions que nous allons lui faire. On va garder un esprit de proximité, on pourra boire un coup et échanger avec les artistes. On essaie de créer une sorte de « label Kafteur » pour la programmation, basé sur la confiance des spectateurs. »

Du Kafteur à l’Espace K

Le déménagement du Kafteur au Hall des Chars s’accompagne aussi d’un changement de nom : le Théâtre du Kafteur cesse d’exister pour devenir l’Espace K. Un choix qui pourrait s’avérer risqué en terme de confusion potentielle pour les fidèles du Kafteur, mais que Jean-Luc Falbriard explique aussi par un changement de perspectives en terme de programmation artistique, sans regrets :

« On ne va pas refaire le Kafteur. Le Kafteur on l’a fait pendant 20 ans. Donc le 31 décembre, il n’y aura plus de Kafteur. Le Kafteur n’existera plus que comme structure pour gérer ce nouvel espace. Artistiquement, il y a un nouveau projet à développer et c’est ce projet-là qui a attiré l’attention de la Ville. »

Jean-Luc Falbriard au bar du Kafteur (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Jean-Luc Falbriard au bar du Kafteur (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

Un lieu « augmenté » et pluridisciplinaire

Ce sera donc l’Espace K, il va falloir s’y faire. Le projet que Jean-Luc Falbriard associe à ce lieu « augmenté », c’est une ouverture en grand avec, un peu pêle-mêle, une diversification des propos artistiques, mais aussi des possibilités de création et de diffusion pour les compagnies locales :

« J’ai toujours eu envie d’ouvrir mon lieu de travail à d’autres formes artistiques, comme le théâtre, la marionnette, la danse, le clown… On va pouvoir être un lieu de diffusion et de création. On va soutenir la création locale : il y a beaucoup de professionnels dans les environs, qui ont besoin de montrer leur travail, et peu d’outils pour les accueillir, notamment sur des séries. Souvent, on joue un soir ou deux dans une salle et puis c’est fini.

J’accueillais déjà des spectacles pas forcément humoristiques au Kafteur, mais une fois par an, ou une fois tous les deux ans, depuis 20 ans, dans des conditions à mon sens pas très intéressantes, parce que le plateau est petit… Les seules créations hors humour qui ont très bien marché au Kafteur sont les créations de la Compagnie Kafteur. Les gens venaient parce que c’était des mises en scènes Jean-Luc Falbriard, Compagnie Kafteur. Pour les autres spectacles hors humour, on avait beaucoup moins de monde car les gens ne comprenaient pas ce que ça faisait là.

Les murs du Kafteur sont pleins de l'histoire du lieu, contribuant à cette identité forte (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Les murs du Kafteur sont pleins de l’histoire du lieu, contribuant à cette identité forte (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

Notre but pour ce nouveau projet, c’est vraiment d’expliquer aux gens dès le début que ce lieu sera pluridisciplinaire. Quand la Friche, qui va continuer son activité de collectif de compagnies, va mettre en place des projets de création, elle sera accueillie à l’Espace K. L’objectif est de devenir un lieu un peu fédérateur pour des projets et des compagnies qui n’arrivent pas toujours à montrer leur travail. »

Quid de l’humour dans cette programmation ?

Dans ce programme, une envie de contenter tout le monde et d’arriver dans le secteur délicat du quartier Laiterie avec une ambition, doublée d’une mission : fédérer autant que possible les divers acteurs culturels et artistiques ancrés dans le paysage. Quid donc de l’humour dans cette programmation ?

« Ce qui reste évidemment, c’est un fil rouge humoristique. C’est l’humour qui a fait la marque de fabrique du Kafteur. C’est ce que la majorité des spectateurs viennent chercher ici, et peut-être ce qu’ils viendront chercher à l’Espace K. Mais les formes d’humour qu’on va développer là-bas, on n’a jamais pu les avoir ici. Il y aura toujours bien sûr des spectacles de petites formes, des solos, des one-man show. En plus de ça nous allons accueillir des formes de spectacles très grand public. »

En direction des habitants du quartier

Le Kafteur a indéniablement su fidéliser un public depuis de nombreuses années. Le défi à présent est double : guider le public du Kafteur jusqu’au Hall des Chars – d’un quartier Gare à l’autre – mais aussi aller à la rencontre des habitants du quartier Laiterie.

Concernant le public du Kafteur, il s’agit pour Jean-Luc Falbriard de le guider et de le rassurer :

« Pour moi, ce qui est important, c’est qu’à partir de janvier les gens qui arrivent aient une bonne vision de l’outil et de ce qu’on va en faire. Il faut que les gens s’y sentent bien accueillis et trouvent l’endroit sympathique, comme ça a été le cas ici au Kafteur – même si ça ne s’est pas fait en un jour. Il faut qu’on rassure le public du Kafteur, qui aime cet endroit petit et convivial, où on est un peu entassés les uns sur les autres. Ça a son charme, mais quand il fait 38 C° dans la salle c’est un peu moins charmant. L’objectif est en tout cas de montrer à nos spectateurs qu’ils vont y gagner au change, eux aussi. »

Quand à l’inconnu, c’est à dire les habitants du quartier Hohwald et Laiterie, Jean-Luc Falbriard est bien conscient que c’est aussi là que la Ville attend des résultats et va lui demander des comptes :

« On va essayer de devenir un partenaire important pour les associations locales, le milieu scolaire, par des ateliers et d’autres choses. On commence à initier tout ça. Ça fait partie de notre cahier des charges. Nous voulons continuer et renforcer nos activités d’ateliers, pour proposer une offre plus large. C’est aussi une façon d’être ouvert sur le quartier, de se poser la question de l’accessibilité de ces ateliers pour les jeunes et les adultes du quartier. »

La petite équipe du Kafteur : Maxime Koegler, Ludivine Meyer et Jean-Luc Falbriard (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
La petite équipe du Kafteur : Maxime Koegler, Ludivine Meyer et Jean-Luc Falbriard (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

Avis à la population, le Kafteur recrute

Conscient des limites de sa petite équipe par rapport à ce travail d’ancrage et de médiation dans le quartier, Jean-Luc Falbriard entend recruter assez rapidement un ou des nouveau(x) salarié(s) :

« On va donc devoir embaucher quelqu’un dont la mission principale sera d’être un interlocuteur. Participer aux réunions du quartier et en organiser, être à l’écoute des projets qui se montent, trouver des moyens pour développer des projets qui existent. Il y a un vrai travail de défrichage à faire. On espère trouver rapidement quelqu’un, car c’est une vraie demande de la Ville mais aussi des habitants du quartier. Je les ai déjà rencontrés, on sent qu’il y a une vraie attente par rapport à qui va arriver dans ce lieu et ce que ça va devenir. »

C’est aussi pour assurer cette « mission d’intérêt général », comme la qualifie Alain Fontanel, que le Kafteur va recevoir, pour la première fois, une subvention de fonctionnement de la Ville. Les montants et les budgets sont en discussion actuellement entre le Kafteur et la Ville et devraient être actés avant la fin de l’année.

Quelle base terrestre pour le Capitaine Sprütz ?

Avec l’attribution de la salle du Hall des Chars à une compagnie strasbourgeoise plutôt qu’à un collectif vient le spectre d’une autocratie dans l’utilisation des espaces de création et de diffusion. Conscient que la direction du lieu lui donne déjà un avantage certain, Jean-Luc Falbriard se veut rassurant :

« On ne va pas en abuser, on va l’utiliser à bon escient, il faut qu’on fasse sentir ça aux autres compagnies aussi. C’est aussi comme ça que ça marchait au Kafteur, la compagnie ne jouait jamais plus que 1 à 2 séries dans l’année, soit avec des spectacles de la compagnie, soit avec le Capitaine Sprütz. »

Jean-Luc Falbriard, alias le Capitaine Sprütz, ne boude cependant pas son plaisir devant les possibilités innombrables offertes par ces nouveaux espaces :

« Le Capitaine Sprütz a créé le Kafteur parce qu’il n’y avait pas de lieu pour l’accueillir avant. Évidemment, l’Espace K va être une nouvelle base de départ. Il sera inauguré par le Capitaine Sprütz à partir du 7 janvier 2016 avec un artiste invité différent chaque soir. C’est comme si du Centre de l’Espace Français de Kourou on passait à Cape Canaveral ! Ce sera un nouveau terrain de jeu pour la compagnie du Kafteur. On peut aller beaucoup plus loin dans l’imaginaire à l’Espace K. »

Les bénévoles toujours au cœur du projet

L’autre grande force du Kafteur, ce sont ses bénévoles. Jean-Luc Falbriard en est bien conscient et il leur a déjà assigné toute une liste de tâches pour les garder au plus proche du nouveau projet :

« Ils vont nous aider à transformer le lieu. À transporter les cartons aussi… Pour eux il y a un vrai plaisir aussi à faire partie de quelque chose qui démarre, comme c’était le cas il y a 20 ans ici avec les premiers bénévoles. Il y a cette motivation de contribuer à quelque chose qui a un impact dans la ville, avec une vraie visibilité, quotidienne, médiatique, politique.

Sur la saison, les bénévoles vont continuer à être là pour accueillir les gens, comme au Kafteur, et je crois que ça fait complètement partie de la convivialité d’un lieu d’être accueilli pas par des gens dont c’est le boulot mais qui ont envie d’être là. Les bénévoles, ce sont des spectateurs aussi. »

Et qui dit « bénévoles » dit aussi « bar » :

« Il y aura une petite buvette qu’on va tâcher de rendre sympathique, ouverte le temps du spectacle, avant et après. Ce sera un bar associatif géré par les bénévoles. »

Les bénévoles du Kafteur mis à l'honneur (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Les bénévoles du Kafteur mis à l’honneur (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur le Hall des Chars

Plus de 100 films à (re)voir absolument pendant vos vacances

Plus de 100 films à (re)voir absolument pendant vos vacances

Ces films qui font tomber tous les murs pour nous parler de liberté
Tant de films merveilleux qui ont le pouvoir de faire tomber les murs et les frontières pour nous parler de liberté… (DR)

Le temps de vacances est aussi celui du cocooning devant un « très bon film ». On y a tous pensé, oui mais lequel ? Afin d’agrémenter votre été (et les saisons à venir), j’ai puisé dans mes souvenirs pour vous concocter une sélection – non exhaustive évidemment – de films qui me semblent incontournables. 

BlogPour ne pas vous noyer dans toutes les merveilles que le 7ième art nous offre depuis ses débuts, j’ai délibérément choisi de me concentrer sur les 25 dernières années (à quelques exceptions près). En revanche, vous trouverez un large mélange de genres, de pays d’origine, de thèmes et de réalisateurs ; il devrait donc y en avoir pour tous les goûts.

Le classement proposé est bien sûr très subjectif, le seul aspect de cette liste qui me semble objectif reste que tous les films sélectionnés sont des moments forts et marquants de cinéma, que l’on gagne très certainement à vivre et à partager.

1) Les Évadés – Franck Darabout (1994)

Un film sur la détention et les institutions qui nous conditionnent, une leçon de courage et de liberté, une démonstration sur la force de l’espoir et de la ténacité. Des personnalités à découvrir à travers des acteurs exceptionnels ; philosophie et humour, violence et émotion au programme d’une intrigue palpitante.

Les évadés - Impressionnant, émouvant, inoubliable!
Les évadés – Impressionnant, magnifique, inoubliable ! (DR)

2) Tel père, tel fils – Horikazu Koreeda (2013)

Tradition et filiation, paternité et éducation. Quand l’attachement d’un père à son enfant transcende la génétique et le droit. Un film bouleversant qui donne à penser et à ressentir à propos de questions existentielles et fondamentales.

Un film Japonnais sur l'éductaion et la filliation
Une famille japonaise pour dire les secrets de la filiation (Photo FilmKino Text)

3) La Vie des autres – Florian Henckel (2006)

Allemagne de l’Est, drame du quotidien sous oppression du totalitarisme, engagement politique et résistance. Les idéologies qui dominent le monde ne sont-elles que des modes passagères ?

Régime totalitaire et créativité
La Vie des autres – Régime totalitaire et résistance créative (Photo Océan Film)

4) Gladiator – Ridley Scott (2000)

Péplum, histoire, romance, psychologie, action, grand spectacle, costumes, intrigue et réflexion sur le politique. Une bande-son à couper le souffle, des images exceptionnelles, un scénario haletant et passionnant.

La dialectique de l'esclave qui défia l'empire
La dialectique de l’esclave qui défia l’empire (Photo U. I. P. )

5) Shrek – Andrew Adamson (2001)

Le film d’animation le plus drôle et le plus vivant de la décennie, au service d’un anti-style des films pour enfants. Un régal pour grand et petits qui a littéralement révolutionné le concept de « dessin-animé ».

Il n'y a de monstrueux que les clichés
Il n’y a de monstrueux que les clichés (Photo DreamWorks SKG)

6) The Truman Show – Peter Weir (1998)

Avec pour potentiel la possibilité de concrétiser des idées aussi brillantes, le cinéma justifie déjà son droit d’être considéré comme un art majeur. Liberté déterminisme, identité, authenticité et représentation de soi. Lacan appelait cela : Réel, Symbolique et Imaginaire.

7) Shutter Island – Martin Scorsese (2010)

Thriller, spectacle, psychiatrie et jeu d’acteurs hors-norme. Un véritable coup de poing, un périple inoubliable.

Une ile aussi complexe qu'une âme de psychotique
Une île aussi complexe qu’une âme de psychotique (Photo Paramont Picture France)

8) Une séparation – Ashgar Fahardi (2010)

Une mise en scène époustouflante de la dialectique entre vérité et justice. Un exotisme simple et radical, une réflexion profonde et sans pareille sur les enjeux intersubjectifs de notre rapport à la réalité.

9) Le Secret de Brokeback Mountain – Ang Lee (2005)

Le plus beau film sur la force des amours impossibles ou contrariées, une marée d’émotions et de beauté portée par la puissance d’un drame à la fois singulier et complètement universel.

Un amour pas comme les autres, plus intense encore que tous les autres
Un amour pas comme les autres, plus intense et plus impossible encore (Photo D.R.)

10) Kill Bill – Quentin Tarentino (2003)

Du cinéma inventif, créatif et créateur d’un nouveau genre, des images inédites, une bande-son décapante, un florilège d’actions, de sensations fortes et d’effets très spéciaux.

11) The Tree of Life – Terrence Malick (2011)

Naissance, apparition et disparition de l’individu au sein de cosmos, et du temps qui le fait comme de celui le défait. Quand la mort surgit pour révéler ce qu’il ne fallait pas dire, l’ordre du monde et de l’existence chavire. Un film étrange et pénétrant, à ne réserver qu’aux âmes ultra-sensibles et perméables aux multiples dimensions de l’humain.

12) Heimat – Edgar Reitz (2013)

Perfection d’un cinéma ou chaque image crée de la poésie et chaque plan est porteur de sens. Témoignage historique, résurgence d’un mode de vie et de sentiments d’autrefois. Une merveille.

Chronique d'un rêve, légende d'autrefois
Chronique d’un rêve, légende d’autrefois (Photo Edgar Reitz Filmproduktion)

13) Un air de famille – Cédric Klapish (1996)

Une constellation familiale très typique en pleine crise, un film plein d’humour de second et de troisième degré, des portraits psychologiques hilarants et décapants. Un bijou de film à la française, un moment de grâce pour un scénario parfait où chaque réplique devient culte.

14) Gangs of New York – Martin Scorsese (2002)

Bill The Butcher, New York au milieu du XIXème siècle, la guerre des gangs et des populations émigrantes en quête d’amour, de reconnaissance et de liberté, fait rage. Un cocktail explosif et lumineux, du très grand cinéma.

15) Le Vent se lève – Ken Loach (2006)

C’est l’histoire de l’Irlande ensanglantée prête à tout pour défendre son autonomie et son indépendance. Un film terrifiant qui braque un projecteur sur l’horreur très particulière des guerres civiles. Elles rappellent que ce sont toujours des frères que nous tuons lors de combats dont les motifs sont le plus souvent éphémères.

16) Gandhi – Richard Attenborough (1982)

Une épopée historique très imagée, puissante, spectaculaire et bouleversante. Un combat digne des plus beaux romans, un cinéma d’une dimension exceptionnelle, qui marquera l’histoire du 7ième Art, à la hauteur de cette personnalité qui a marqué le XXème siècle.

Un maitre à penser pour tout le 20ime siecle
Un maitre à penser pour tout le XXème siècle, l’histoire d’un homme et d’un peuple

17) Chat Noir, Chat Blanc – Emir Kusturica (1998)

Loufoque, poétique, burlesque en enchanteur. Même la misère peut se faire joyeuse et la musique des Balkans qui l’accompagne la transformer en un moment très décalé de grâce et de bonheur. Un foisonnement d’images insolites et d’idées surréelles.

18) Requiem for a Dream – Darren Aronofsky (2000)

Alcool, sexe, drogues et télévision. La force des addictions, de toutes ces spirales qui mènent à l’enfer sous une torture qui ne tue même pas, mais qui a le pouvoir de détruire à l’infini. Un cauchemar qui n’en finit plus, une claque d’une violence sans égal.

19) Django Enchained – Quentin Tarentino (2013)

Une vision à la fois tragique et décalée de l’esclavage des noirs, à travers la thématique récurrente de Tarentino sur la vengeance -ici portée à son paroxysme. Un mélange radicalement inédit de la gravité des propos, des enjeux et des tons employés. Une composition de grande envergure.

20) Mommy – Xavier Dolan (2014)

Riche, coloré, profondément sensible, très esthétique, authentique et poignant. Une chronique de caractère sur l’amour entre mère et fils, un témoignage très personnel et subjectif qui donne à ce film toute sa puissance et sa portée universelle.

Jusqu'où et jusqu'à quand l'amour d'une mère peut-il sauver son enfant?
Jusqu’où et jusqu’à quand l’amour d’une mère peut-il sauver son enfant ? (Photo Shayne Laverdiere)

21) Une seconde femme, Kuma – Umut Dag (2012)

Un scénario exotique, haletant et à tout moment surprenant. Des personnages intenses, tragiques et bouleversants pour une expérience à vivre et à partager avec eux. Un film dont on ne sort pas indemnes.

22) Seven – David Fincher (1995)

Cruel, vibrant et prenant. Le Thriller le plus effrayant et le plus abouti du cinéma.

23) Le Seigneurs des Anneaux – Peter Jackson (2003)

Créer des mondes, des croyances et des modes d’être de civilisations imaginaires, par la force incomparable de décors grandioses et d’effets spéciaux venus d’ailleurs. Dépaysement total et immersion dans l’univers de Tolkien et du réalisateur le plus prolixe.

24) Valse avec Bachir – Ari Folman (2008)

Bande dessinée, psychanalyse, histoire, témoignage, réalisme d’une mémoire traumatisée et onirisme de sa sublimation pour un cinéma qui se fait grand-art. Un chef d’œuvre unique en son genre, virtuose et envoutant.

25) A History of Violence – David Cronenberg (2005)

Un thriller d’une qualité rare ; quand l’action et le grand cinéma se mettent au service d’un scénario qui bouleverse et de personnages dont la radicalité remet tout en question.

Sommes nous condamnés à être rattrapés par notre passé?
Sommes-nous condamnés à être rattrapés par notre passé ? (Photo D.R.)

26) Matrix – Lana et Andy Wachowski (1999)

Quand la philosophie de Platon s’érige en cinéma et que Socrate s’incarne en Néo; une réussite totale et grandiose. « Un Ciel des Idées » spectaculaire, génial et éblouissant.

27) Forest Gump – Robert Zeneckis (1994)

Une chronique critique et humoristique de l’histoire contemporaine des États-Unis et de la mentalité américaine. A savourer sans modération.

28) Le Cœur a ses raisons – Rama Burnshtein (2012)

Peut-on marier le devoir et l’amour ? Peut-il y avoir transfert du deuil sur notre capacité à aimer ? Entre tradition religieuse et réalité intemporelle de la pulsion de vie.

29) Roi et Reines – Arnaud Desplechin (2004)

Quand les règlements de comptes et les légendes font de nous les héros de notre histoire familiale.

30) Cuisines et dépendances – Philippe Muyl (1992)

Humour décapant en huis clos, pour parties de poker qui misent des existences en perdition.

Huis Clos existentiel et humoristique avec les "Ja-Bac"
Huis-Clos existentiel et humoristique avec les « Ja-Bac »

31) Wadjda – Haifaa Al Mansour (2012)

La merveilleuse et bouleversante histoire d’une petite fille saoudienne qui rêvait d’un vélo.

32) Spider – David Cronenberg (2002)

Schizophrénie et ravages incessants de la folie. Ces univers qui basculent dans une humanité mystérieuse.

33) Ne dis rien, le drame de Pilar –Iciar Bollain (2002)

Les femmes battues peuvent-elles se délivrer du mal qui les ronge ?

34) The Magdalein Sisters – Peter Mullan (2001)

Témoignage poignant sur ces couvents irlandais où l’on martyrisait les pensionnaires «maudites» et exclues de la société pour avoir fauté.

35) Boyhood – Richard Linklater (2014)

Une expérience cinématographique et existentielle inédite, réalisée sur 12 années de vie réelle d’acteurs et d’amateurs. Une immersion concrète dans l’espace-temps.

Filmer la durée, saisir la sensation du temps qui passe (Photo BOYHOOD INC.IFC PRODUCTIONS)
Filmer la durée, saisir la sensation du temps qui passe (Photo BOYHOOD INC.IFC)

36) Head On – Fatih Akin (2004)

Une révélation qui fait du cinéma turc un genre dont on ne peut plus se passer. Un moment très fort, des personnages saisissants, une claque venue d’ailleurs.

37) Tout sur ma mère – Perdo Almodovar (1998)

Tout sur Almodovar en un film accompli, éblouissant, généreux, incomparable.

38) Nikita – Luc Besson (1990)

Violent et intense, décalé et même souvent drôle.

39) Burn after reading – Joel et Ethan Coen (2008)

Plus décalé tu meurs, plus hilarant tu te transformes en un film incandescent à consumer sur place, sans modération.

40) Perfect Sense – David MacKenzie (2012)

Que reste t-il de nos amours et de nos passions? Une idée géniale qui donne à penser la manière dont nous avons abusé de nos sensations et détraqué nos sentiments.

Avons-nous perdu notre capacité à ressentir?
Avons-nous perdu notre capacité à ressentir et à aimer ? (Photo Pretty Picture)

41) Les Noces rebelles – Sam Mendes (2008)

Une histoire de couple, de tous les couples qui ont l’exigence de rêver de bonheur et de réussite. Une leçon terrifiante, à la fois intime et universelle.

42) Tu n’aimeras point – Haim Tabakman (2009)

Seule la réalité profonde de ce que nous sommes peut dicter la loi morale au principe de nos actes. Aucune pression sociale ne saurait venir à bout de nos désirs -même profondément refoulés.

43) Fight Club – David Fincher (1999)

Il n’y qu’une règle absolue du Fight Club : s’il reste un mythe, c’est justement parce qu’on ne parle jamais du Fight Club.

44) Million Dollar Baby – Clint Eastwood (2004)

La force que donne le désespoir, la violence de ce qui n’ont plus rien, s’achève pourtant lorsqu’ils réalisent qu’ils avaient quelque chose à perdre.

45) Harry, un ami qui vous veut du bien – Dominique Moll (2000)

Quand le principe de plaisir s’impose à grand fracas dans nos vies condamnées au principe de réalité. Un film simple et puissant, qui remue et qui dérange.

A la moindre des contrariété, Harry est la pour vous sauver
A la moindre des contrariété, Harry est la pour votre plaisir. Mais à quel prix?

46) Raisons et sentiments – Ang Lee (1995)

Un chef d’œuvre incontournable de la littérature anglaise et du cinéma, un classique indémodable, d’une actualité qui reste frappante.

47) Shiva, Les Sept jours – Shlomy et Ronit Elkabetz (2007)

Dire la réalité de la disparition d’un proche en faisant fusionner le concept de deuil avec celui de famille. Réorganiser la place et la fonction de ceux qui sont frappés par la mort.

48) 1984 – Michael Radford (1984)

Cet immense chef d’œuvre d’Orwell que le cinéma rehausse encore par une mise en scène aussi sobre que radicale.

49) Le Goût des autres – Agnès Jaoui (2000)

Une intrigue à la française, profonde et mélancolique, pleine de finesse et d’humour.

50) Légende d’automne – Edward Zwick (1994)

Une fresque inoubliable, romantique à souhait, profonde et sensible.

Le bonheur des uns fait-il le malheur des autres?
Quand le bonheur des uns fait-il le malheur des autres… (Photo D.R.)

51) Sur la route de Madison – Clint Eastwood (1995)

Un film culte sur l’amour intense et passionné « d’une fois » lorsqu’il brise l’attachement de toujours.

52) Un homme d’exception – Ron Howard (2002)

Une histoire vraie et profondément bouleversante qui nous rappelle combien folie et intelligence ne sont pas contradictoires.

53) Les Liaisons dangereuses – Stephen Frears (1988)

D’après le célèbre roman de Laclos, une magnifique adaptation avec une distribution grandiose.

54) Prendre femme – Shlomy et Ronit Elkabetz (2004)

Un drame du quotidien, d’un couple et de sa famille, une tableau expressionniste du tragique quand il s’empare de l’intime.

55) Deux sœurs pour un roi – Justin Chadwick (2008)

Quand les passions gouvernent les hommes, les femmes deviennent les moteurs de l’histoire…

Deux Coeurs pour un As
Deux Cœurs pour un As: le pouvoir comme jeu meurtrier (Photo Wild Bunch Distribution)

56) Un jour sans fin – Harrold Ramis (1993)

Une idée originale, aussi comique que profonde, un film culte qui ne vieillit pas, jour après jour et d’année en année.

57) Mulan – Tony Bancroft (1998)

Le Disney le plus accompli, le plus attractif et exotique, à la fois magique et réaliste, poétique et politique.

58) Cellule 211– Daniel Monzon (2009)

Un film d’une violence rare sur la plastique qu’ont les hommes à se transformer en héros ou en criminels depuis toujours déjà aguerris.

59) Ridicule – Patrice Leconte (1996)

La cour de Louis XVI à l’heure où elle baigne dans le ridicule de toutes les représentations aussi creuses que vaines dont elles se nourrit –alors que le peuple meurt de faim. Tendu, subtil et instructif.

60) Smoking/No Smoking – Alain Resnais (1993)

Tous les scénarios et tous les possibles, admirablement mis en scènes par tous les personnages imaginables que peuvent jouer des acteurs exceptionnels.

La vie n'est qu'une alternative de tous nos rôles possibles
La vie n’est qu’une alternative de tous nos rôles possibles, à combiner dans tous les  univers de nos fantasmes

61) Casino Royal –Martin Campbell (2006)

Le plus passionnant des James Bond. Décalé, intriguant et haletant.

62) Departure – Yojiro Takita (2008)

Dépaysement total et radical, un voyage inédit aux frontières de la vie et de ces existences poussées dans leurs derniers retranchements.

63) Dans la peau de John Malkovitch – Spike Jonze (1999)

Radicalement original, subversif, jouissif et fascinant.

64) La Vague – Dennis Ganzel (2008)

La mise en scène d’une expérience bouleversante sur les comportements de masse, dans un film parfait, absolument nécessaire. A voir impérativement.

65) L’Apollonide – Bertrand Bonello (2011)

Une ambiance, un monde qui baigne dans la mélancolie, l’humour et le cynisme qui aident à supporter la misère, de la beauté et de la grâce pour accentuer la tristesse.

Souvenirs doux-amers de la maison close
Souvenirs doux-amers de la maison close (Photo Haut et Court)

66) Le Pianiste – Roman Polanski (2002)

Après ce film, plus rien n’est comme avant dans la représentation que nous nous faisons de la Seconde Guerre Mondiale. Extrême, puissant et toujours juste.

67) Walk The Line – James Mangold (2005)

Un biopic passionnant, d’une très grande qualité.

68) Festen – Thomas Vinterberg (1988)

Ces drames familiaux qui n’ont d’équivalent que dans les pires guerres qui ont dévasté l’humanité par couches entières.

69) Borat – Larry Charles (2006)

Âmes sensibles s’abstenir. Humour du cinquième degré à tendance scatologique et loufoque, à ne recommander qu’aux fans de Sacha Baron Cohen.

70) Stalingrad – Jean-Jacques Annaud (2000)

Un film de guerre qui tire sa force dans la mise en scène de toute l’amplitude sensible et profondément dramatique qui se joue dans ce type de combats.

L'amour et la guerre visent le coeur
L’amour et la guerre visent le cœur (Photo Jean Jacques Annaud)

71) La Guerre des mondes – Steven Spielberg (2005)

La plus belle des sciences-fictions, grandiose, réfléchissante et submergeante.

72) La Route – John Hilcoat (2009)

La fin du monde envisagée selon la philosophie de Hobbes; une menace qui fait frémir et donne tout à repenser en anthropologie et en la capacité morale des individus.

73) Royal Affair – Nicolaj Arcel (2012)

Quand les passions subjectives et les petites histoires des hommes deviennent le moteur de la Grande Histoire. Des costumes mais surtout beaucoup de sentiments.

74) Lebanon – Samuel Moaz (2009)

La guerre intérieure, les dégâts et toutes les pertes psychiques de ces jeunes propulsés sur le front, jamais prêts à tuer l’ennemi quand son visage devient celui d’un homme particulier.

75) La Fille sur le Pont – Patrice Leconte (1999)

Aimer c’est tenter sa chance, ou prendre des risques fous… Une fable de toute beauté sur le désir, la chance en amour, et la magie qui préside à certaines rencontres.

Quand le désir se fait chance, il   dépasse l'amour
Quand le désir se fait chance, il transperce comme le jeu de l’amour et du hasard

76) Trois Enterrements – Tomee Lee Jones (2005)

77) La Ligne verte – Frank Darabont (2000)

78) Ocean’s Eleven – Steven Soderbergh (2001)

79) Rencontre avec Joe Black – Martin Brest (1998)

80) La Talentueux Mr. Rippley – Anthony Minghella (1999)

Vivre la vie d'un autre pour se donner la chance d'être aimé
Vivre la vie d’un autre pour se sentir exister enfin (Photo D.R.)

81) Eternal Sunshine of the Spotless Mind – Michel Gondry (2004)

82) L’Homme sans passé‎ – Aki Kaurismaki (2001)

83) American Beauty – Sam Mendes (1999)

84) Michael Kolhaas – Arnaud de Pallières (2013)

85) Négociateur – F. Gary Gray (1998)

Tout est négociable, surtout la vie
Tout est négociable, surtout la vie (Photo F. Gary Gray)

86) Complots – Richard Donner (1997)

87) Match point – Woody Allen (2005)

88) American Sniper – Ang Lee (2015)

89) Adam’s Apple – Anders Thomas Jensen (2005)

90) Edward aux mains d’argent – Tim Burton (1991)

    Nos failles et nos différences sont nos plus beaux talents (Photo D.R.)
Nos failles et nos différences sont nos plus beaux talents (Photo D.R.)

91) A tout jamais, la véritable histoire de Cendrillon – A. Tennant (1998)

92) The Hours – Stephen Daldry (2001)

93) Les Vestiges du jour – James Ivory (1993)

94) Paradise Now – Harry Abu Assad (2005)

95) Wall-E – Andrew Stanton (2008)

Il reste de l'amour jusqu'aux confins de l'univers
Après la fin du monde, il restera toujours de l’amour, jusqu’aux confins de l’univers (DR)

96) Des souris et des hommes – Gary Srise (1992)

97) In the Mood for Love – Wong Kar Wai (2000)

98) L’Enfant – Jean-Pierre et Luc Dardenne (2004)

99) La liste de Schindler – Steven Spielberg (1993)

100) Raiponce – Byron Howard (2010)

Les mères sont-elles des sorcières? Cherchez la raiponce
Les mères sont-elles des sorcières ? Cherchez la Raiponce… (Studios Disney)

101) Take Shelter – Jeff Nichols (2011)

102) La Dernière marche – Tim Robbins (1995)

103) Maria pleine de grâce – Joshua Marston (2004)

104) Un Prophète – Jacques Audiard (2009)

105) Snatch – Guy Ritchie (2000)

Le commerce rapproche les hommes les plus différents
Le commerce même le plus douteux, rapproche les hommes les plus différents (Photo Columbia TriStar Films)

106) Winter Sleep – Nuri Bilge Ceylan (2013)

107) Le Père Noël est une ordure – Jean-Marie Poiré (1982)

108) Bienvenue à Gattaca – Andrew Niccol (1997)

109) Asterix et Obelix, Mission Cléopâtre – Alain Chabat (2001)

110) Je vais bien ne t’en fais pas – Philippe Lioret (2006)

Toutes les folies sont permises pour faire son deuil (Photo P. Lioret)
Toutes les folies sont permises pour faire son deuil (Photo Ph. Lioret)

111) ’71 – Yann Demange (2014)

112) Timbuktu – Abderrahmane Sissako (2014)

113) Les Poings contre les murs – David MacKenzie (2013)

114) Jane Eyre – Franco Zefirelli (1996)

115) Good Bye, Lenin – Wolfgang Becker (2002)

Quand les frontières du politique touchent celles de l’imaginaire
Quand les frontières du politique touchent à celles de l’imaginaire

116) Lantana –Ray Lawrence (2001)

117) The GrandMaster – Wong Kar Wai (2013)

118) Fourmiz – Eric Darnell (1998)

119) A la Merveille – Terrence Malick (2012)

120) L’âge de Glace – Chris Wedge (2001)

A l'ère glacière, l'humour délirait existait déjà
A l’ère glacière, l’humour délirant existait déjà, on en a la preuve!  (Photo UFD)

121) Les Noces funèbres – Tim Burton (2004)

122) Dans ses yeux – J.J. Campanella (2009)

123) Kirikou – Michel Oncelot (2005)

124) La Leçon de piano – Jane Campion (1993)

125) La Vie de David Gale – Alan Parker (2003)

Et si Socrate avait raison? Une énigme parfaite!
Et si Socrate avait raison? Une énigme parfaite! (Photo United International Picture)

126) Temple Grandin – Mick Jackson (2010)

127) Lord of War – Andrew Niccol (2005)

128) Sleepers – Barry Levinson (1996)

129) La Crise – Colline Serreau (1990)

130) Slumdog Millionaire – Danny Boyle (2008)

Tous les malheurs peuvent être l’opportunité d'un savoir
Tous les malheurs peuvent faire l’opportunité d’un savoir (Photo Pathé Distribution)

Votre film culte ou votre réalisateur fétiche ne figure pas sur cette liste ? Dépêchez vous de nous les suggérer et de partager avec nous votre passion du cinéma tel que vous la vivez.

2,60€ le demi : les vrais prix de la bière à Strasbourg

2,60€ le demi : les vrais prix de la bière à Strasbourg

Strasbourg, ville de France où la bière est la moins chère ? C’est ce qu’affirmaient plusieurs médias après la publication d’un tableau indicatif des prix de la bière dans 75 villes dans le monde, publié par le site Go Euro en juin 2015. Arpentant une vingtaine de bars, nous avons relevé les vrais prix pratiqués à Strasbourg. Pas vraiment donnés : le tarif moyen de la pression d’entrée de gamme est de 2,60€ !

L’enquête de Go Euro, comparateur de trains, bus et vols, a été reprise par de nombreux médias à sa sortie en juin 2015, consacrant Strasbourg « ville de France où la bière est la moins chère ». Or cette enquête ne cite que trois villes hexagonales parmi 75 villes observées dans le monde : Paris, Nice et Strasbourg. Facile pour la capitale alsacienne de sortir son épingle du jeu entre la capitale française et ses prix exorbitants et l’une des villes les plus chères de la Côte d’Azur…

En s’appuyant sur les cinq marques de bières les plus communément importées, ainsi que sur la principale bière locale, l’étude du site Go Euro a calculé un prix moyen de 4,95€ pour une bière de 33 centilitres dans un bar à Strasbourg. Nous nous sommes intéressés quant à nous aux prix des bières à la pression, soit 25 centilitres (un demi). En fonction des bars que nous avons sélectionnés, nous avons calculé le prix moyen de la bière la moins chère dans chacun des bars, soit 2,60€. Quand même.

La carte des bars visités par Rue89 Strasbourg

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Légende

Les bistrots

(Photo Clémence Simon)
Nicolas, serveur au Marché Bar (Photo Clémence Simon / Rue89 Strasbourg)

Le Marché bar, à proximité du campus, est « un vrai bistrot », d’après son serveur Nicolas. Ici, la plupart des clients sont des habitués, comme cet homme d’une quarantaine d’années qui vient y boire un demi en début d’après-midi :

« C’est beaucoup plus sympathique d’être dans un bar indépendant comme celui-là que dans une grosse chaîne. Il y a un bon rapport qualité/prix et une bonne ambiance, le côté convivial est privilégié. »

Les prix vont de 2,50€ pour le demi de Meteor Pils, à 2,90€ pour les autres bières. Plusieurs viennent de micro-brasseries du coin, comme l’Alsacienne Uberach. En bar de quartier, il y a aussi le Poilu à Kœnigshoffen, dont les prix varient entre 2€ et 2,70€ pour de la Kronembourg ou de la Grimbergen. Ou encore le Troc’afé situé rue du Faubourg-de-Saverne qui vend son demi de Meteor à 2€50 aussi.

Des bars étudiants aux bars « mixtes »

Le cadre du café l'Abattoir est plutôt rustique et cosy. (Photo Nadège El Ghomari)
Le cadre du café l’Abattoir est rustique et cosy (Photo Nadège El Ghomari / Rue89 Strasbourg)

Au coin du quai Charles-Altorffer, en face de l’ENA, les étudiants peuvent venir se prélasser dans les coussins du café L’Abattoir ou dans l’arrière-cour aux murs tagués. Un cadre boisé et cosy qui plaît, puisque l’établissement enregistre parfois des réservations de 120 personnes. Ici, la pression la moins chère c’est la Pils, une blonde basique à 2,80€ le demi et 5€ la pinte. Quant à la plus chère, c’est le Picon qui monte à 3,30€ le verre de 25 centilitres. La carte présente également un petit panel de bières en bouteilles : Heineken, Desperados… toutes sont à 5€.

Les clients peuvent se mettre à leur aise dans les coussins ou profiter de la cour extérieur taguée. (Photo Nadège El Ghomari)
A l’Abattoir, les clients peuvent se mettre à leur aise dans les coussins ou profiter de la cour extérieur taguée.(Photo Nadège El Ghomari / Rue89 Strasbourg)

Un peu en retrait rue Sainte-Barbe, derrière les Galeries Lafayette, le Trolleybus est un petit bar qui a l’avantage d’avoir une terrasse au calme. Pas d’happy hour, mais le prix des bières varie entre 2,50€ et 3€. Parmi les pressions, on trouve toujours une blanche, une ambrée et une bière de saison. La clientèle est assez hétéroclite, plutôt étudiante le soir et le weekend.

La fréquentation du bar est plutôt variée avec une bonne part d'étudiants. (Photo Clémence Simon)
La fréquentation du Trolleybus est variée, avec une bonne part d’étudiants (Photo Clémence Simon / Rue89 Strasbourg)

La Taverne Française, avenue de la Marseillaise, ne propose pas d’happy hour non plus, mais ça ne l’empêche pas d’attirer une clientèle jeune. La bière de base, la Meteor Pils, est à 2,40€ le demi et 4,80€ la pinte, et la plus chère des pressions est la Bête des Vosges, vendue entre 3 et 7€. D’autres bières en bouteilles sont proposées à des prix autour de 4€. « Abordables » selon Philippe, étudiant en Master :

« C’est un des bars les moins chers à Strasbourg, on n’hésite pas à s’y donner rendez-vous entre amis pour boire une bière. Il n’y a pas beaucoup de choix, mais les prix sont corrects. »

Au Wawa Music & Food, à l’Esplanade, autre bar « mixte », les prix vont de 2,90€ pour le demi de Pelforth à 3,40€ pour les autres pressions, et de 3,50€ à 4€ en pinte.

Les pubs

Guiness et Kilkenny de rigueur, décoration à l’irlandaise. Situé place d’Austerlitz, le Molly Mallone’s se veut un pub typique. On y sert plusieurs bières locales et étrangères, la moins chère étant la Carlsberg à 3€ le demi et 4€ la pinte. Hormis les pressions, il est aussi possible de commander des cocktails de bière à 4,50€ environ. En plus des happy hour, le bar propose des tarifs étudiants de 11h à 18h30, notamment sur la petite bière blonde qui passe à 2€.

Le Molly Malone's est un pub irlandais, seul bar à proposer des tarifs étudiants en plus des happy hours. (Photo Clémence Simon)
Le Molly Malone’s est un pub irlandais, seul bar à proposer des tarifs étudiants en plus des happy hours (Photo Clémence Simon / Rue89 Strasbourg)

Ambiance intimiste au pub Nelson, dans une ruelle de la Krutenau, qui privilégie les bières de micro-brasseries. Hormis une Pils allemande de base et la traditionnelle Guiness, la carte est fluctuante. On y trouve toujours au moins neuf pressions ainsi que les bières en bouteilles. Pour un demi, les prix varient entre 2,50€ et 3€50.

Antoine Reeb, le responsable des Frères Berthom rue des Tonneliers, dévoile sa carte et ses bières spéciales. Pour lui, il faut comparer le comparable au niveau des prix :

« On peut pas comparer une bière produite en énorme quantité comme la Kronenbourg et une bière plus artisanale où la qualité diffère. »

Les « Berthom », il en existe plusieurs enseignes un peu partout en France. A Strasbourg, le bar tente de renouveler une petite partie de sa carte tous les ans. Dans le palmarès des bières qui se vendent bien, il y a la Chouffe à 4,20€ le demi, la moins chère de la carte la Bel Pils à 2€ le demi (4€ les 50 centilitres) et la Vedett Ipa.

Les Berthom proposent des pressions un peu spéciales mais ils ont également une diversité de bières en bouteille. (Photo Nadège El Ghomari)
Les Frères Berthom proposent des bières pression spéciales mais également une grande diversité de bières en bouteille (Photo Nadège El Ghomari / Rue89 Strasbourg)

The Dubliners est un peu dans la même optique. Des bières classiques, comme la Paulaner (bière allemande), se vendent à 2,90€ le verre de 0,25 cl. La bière la plus chère monte à 6,70€ pour l’Affligem. En plus des bières que l’on retrouve souvent dans les pubs, The Dubliners propose des mélanges de bières.

Les micro-brasseries

Les grosses cuves présentes à l’intérieur de la micro-brasserie La Lanterne ne laissent pas de place au doute : ici, les bières sont brassées directement sur place, chaque matin. Le bar a trois sortes de pressions artisanales : la Fender blonde (2,50€) la Strato Ambrée (2,60€) et la Blanche Anaëlle (2,70€). En happy hour, les pressions passent à 1,70€ pour un demi et 3,40€ euros pour la pinte. Des bières en bouteilles sont aussi proposées, comme la Triple Karmeliet, la Chouffe ou la Barbar. Familles, étudiants ou touristes constituent la clientèle principale de ce bar, qui comporte aussi une salle fumeurs.

Les cuves de brassage de la bière à la micro-brasserie de la Lanterne. (Photo Clémence Simon)
Les cuves de brassage de la bière à la micro-brasserie de la Lanterne (Photo Clémence Simon / Rue89 Strasbourg)

Autre fabrique artisanale, le bar-restaurant Au Brasseur. Pour l’Ambrée Sainte-Guillaume, la Brune du Quai, la Blonde des Bateliers et la Blanche de l’Ill, les prix varient entre 2,20€ et 2,70€ pour un demi… mais augmentent de 30 centimes environ après 21h30. En happy hour, la pinte passe au prix du demi. Il est aussi possible de commander des cruches pour 12€ à 15€ environ ou des assortiment de bières. « C’est pas mal pour les gens qui veulent découvrir de la bière locale », assure Valentin, étudiant de 21 ans.

Les bars à bière

En face de la cathédrale, les Douze Apôtres profitent à plein de leur emplacement ultra-central et attirent un grand nombre de touristes. Mais c’est avant tout un bar à bières, comme l’explique Laurence, serveuse :

« On ne propose pas de boissons chaudes, on veut surtout mettre en avant nos bières allemandes, belges ou alsaciennes, qui changent régulièrement. »

Des bières qui se déclinent en 30, 40 ou 50 centilitres, selon les standards allemands. Pour les prix, cela va de 3,40€ pour la Licorne, à 4,40€ pour des bières allemandes en 30 centilitres. « Il y a beaucoup de choix », se félicitent des touristes belges, qui regrettent quand même que la Blanche de Namur soit plus chère en France qu’en Belgique : « 4€ chez nous, 6€ ici pour une pinte » !

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Les 12 Apôtres, à deux pas de la cathédrale (Photo Clémence Simon / Rue89 Strasbourg)

Au Grognon, c’est l’originalité qui prime. Pour ce bar de Neudorf, peu de concurrence aux alentours puisque c’est presque l’unique endroit où boire une bière dans le quartier. Hormis pour la Paulaner, l’Allemande Heife Weissbier ou la Bacchus Framboise, la carte change régulièrement, explique Charlie, le serveur.

« Il y a beaucoup d’exclusivités, des bières que l’on ne trouve pas partout. On essaye de faire découvrir de nouveaux produits aux clients. »

La Paulaner y est la bière la moins chère à 2,50€ le demi, mais les prix peuvent grimper jusqu’à 9€ la pinte de Kasteel… Ou 6€ en période d’happy-hour, tout comme le litre de Paulaner.

Même propriétaire, même credo. Au Grincheux, l’équipe essaie aussi de se démarquer en proposant des bières différentes, comme la Fanø Nordic Red Ale à 5€ le demi ou la Siren White Tips, au même prix, qui sont les pressions les plus chères du bar. La moins chère et celle qui se vend le mieux, c’est la Fürstenberg à 2,50€ les 0,25 cl.

Les brasseries et bars-restaurants

La terrasse de la brasserie Le Rive Gauche. (Photo Nadège El Ghomari)
La terrasse de la brasserie Le Rive Gauche (Photo Nadège El Ghomari / Rue89 Strasbourg)

Le Rive Gauche, rue du Maire-Kuss à deux pas de la gare, est plus une brasserie qu’un bar. On y sert des plats rapides et l’établissement vend des bières classiques. La carte dévoile les habituelles Heineken et Fischer Tradition à 3€ ou encore des Panaché et des Monaco à 2€70. Pour Antoine Bolet, responsable du bar, tout se joue sur le long terme :

« Il faut choisir : soit on vend plus cher, soit on adapte les prix pour avoir une clientèle fidèle. Ici on a surtout des habitués. »

Dans un autre style, le Kitsch’n Bar détonne sur le quai Charles-Altorffer. Des couleurs mal assorties, une déco rétro, un baby-foot, le bar-restaurant offre un cadre atypique dans lequel casser la croûte ou siroter une petite sélection de bières. La moins chère reste la Meteor à 2,50€ le demi et 4,50€ la pinte. La plus chère est la Triple Karmeliet à 3,50€ la 0,25 cl. Ils proposent également une « bière du mois », du type local ou artisanal, à 3,20€.

Le Kitsch'n Bar et sa déco atypique. (Photo Nadège El Ghomari)
Le Kitsch’n Bar et sa déco atypique (Photo Nadège El Ghomari / Rue89 Strasbourg)

A Strasbourg, l’Académie de la Bière a deux établissements : un rue des Juifs et un autre rue Adolphe-Seyboth. La carte est riche en propositions, avec des bières atteignant parfois les 8 degrés d’alcool. Dans le top 5 des pressions qui se vendent le plus, il y a la Kasteel, la Delirium, la Triple Karmeliet et la Barbar qui sont à 3,70€ le demi et la 1664 blanche à 3,50€. Mais la bière la moins chère de la carte reste la Kronenbourg à 2,80€ la 0,25 cl. En happy hour, toutes les pintes sont à 5€. Joachim Riest, serveur à l’Académie rue des Juifs, affirme que « les prix n’ont pas augmenté depuis l’ouverture ».

Le Scala, brasserie de Neudorf, propose plusieurs bières artisanales, en partenariat avec la brasserie Uberach. On y trouve des blondes à 2,60€, des ambrées à 2,80€ et la bière du moment à 3,30€ pour un demi. Les clients peuvent aussi acheter des fûts de 5 litres, et le consommer directement sur place.

Clémence Simon
Nadège El Ghomari