Leyla Cetindag appelle à rendre hommage à sa sœur ce jeudi 23 décembre 2021, un an après le meurtre de Yasemin Cetindag par son conjoint. Lors du rassemblement, d’autres victimes de violences conjugales ou leurs proches témoigneront des dysfonctionnements au niveau de la police ou de la justice.
« L’objectif, c’est de se recueillir et de dire clairement qu’il faut agir pour mettre fin aux féminicides. » Leyla Cetindag organise un rassemblement devant l’ancien domicile de sa sœur. Jeudi 23 décembre 2021, soit un an jour pour jour après le meurtre de Yasemin Cetindag par son conjoint, un hommage à la mère défunte aura lieu à 13h30 au 10 rue de Crastatt, dans le quartier Montagne Verte. Depuis ce féminicide, Leyla Cetindag a entamé un nouveau combat :
« Il y a eu des écarts au niveau de la police et de la justice. Ma sœur a déposé 13 mains courantes et une plainte pour menace de mort, qu’elle a finalement retirée. Elle n’a pas été entendue. »
L’image postée sur le groupe Facebook en sa mémoire. Photo : Facebook
« Défendre nos droits face à une justice complice »
Victime de violences conjugales, Marie (le prénom a été modifié) fait aussi face à l’indifférence de la justice malgré ses plaintes. La mère de famille participera au rassemblement :
« C’est important pour moi de montrer qu’on est là pour défendre nos droits face à une justice complice des féminicides. J’ai moi-même été violentée, j’ai porté plainte à plusieurs reprises, j’ai des certificats médicaux mais toutes mes plaintes ont été classées sans suite… »
En 2021, plus de 100 meurtres de femmes ont été dénombrés par le collectif « Féminicides par conjoints ou ex-conjoints » (FPCE), qui recense ces actes depuis 2016. C’est plus qu’en 2020, mais moins qu’en 2018 ou 2019. Ces quatre années-là, le total a toujours dépassé les 100 victimes.
Marie vient aussi « donner de la force à Leyla » dans un moment où les souvenirs douloureux remontent, un an après le féminicide de sa soeur. « Il faut qu’on entende les femmes avant qu’elles meurent, ça ne sert à rien d’envoyer les hommes en prison quand elles sont mortes », dénonce la mère de famille.
« Ces mortes, c’est l’Etat qui n’a pas agi »
Hager Sehili s’exprimera aussi lors de cet hommage. Comme Leyla Cetindag, elle a perdu sa sœur à Strasbourg suite aux violences de son conjoint. Ahlam Idoudi est décédée le 17 avril 2010. « Quand elle a voulu porter plainte, le commissariat centrale strasbourgeois a demandé à ma soeur d’aller dans le commissariat de quartier… qui était en travaux », raconte la soeur d’Ahlam. Après avoir créé une association pour défendre les victimes de violences faites aux femmes, elle participe à ce rassemblement pour rappeler « que ces mortes, c’est avant tout des femmes qui n’ont pas été entendues, parce que l’État qui n’a pas agi. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Ils ont lancé leur marque de vêtements à Strasbourg. Pour se distinguer, ils misent sur des habits davantage respectueux de l’environnement. Portrait croisé des fondateurs de Monsieur Mimosa et Fondersi.
Jusqu’à Noël, les vêtements de Monsieur Mimosa et Fondersi sont vendus dans l’une des adresses les plus prestigieuses de Strasbourg, la rue de la Mésange. Les deux marques strasbourgeoises sont exposées avec une dizaine de jeunes créateurs indépendants dans une boutique éphémère. Ce « pop up de créateurs » a été mis sur pied par Sara Khbaizi, quelques mois après avoir lancé sa première collections de vêtements pour hommes de la marque Monsieur Mimosa.
À Hautepierre, Mohammed et Fatou N’Diaye, fondateurs Fondersi, sont quasiment voisins de Sara Khbaizi. Le couple est installé boulevard la Fontaine. Sara Khbaizi a son bureau et son stock à la Pépinière d’entreprises, à quelques centaines de mètres. Mais longtemps ces créateurs ne se connaissaient pas.
On peut être voisin sans se connaitre
C’est en automne 2021 qu’ils sont mis en relation. La fondatrice de Monsieur Mimosa prépare alors un défilé à Strasbourg. Par hasard, elle rencontre à Paris une ancienne miss élégance Alsace, Aya Kadjo. Cette dernière a porté les tenues de Fondersi. Sara Khbaizi découvre ainsi la marque strasbourgeoise.
Cela tombe bien, leurs entreprises portent les mêmes valeurs. Lorsqu’on les interroge sur leurs motivations, Mohammed N’Diaye comme Sara Khbaizi pointent que « l’industrie de la mode est la deuxième plus polluante, après la pétrochimie ». Et s’ils adorent bien s’habiller et habiller les autres, pas question pour eux de reproduire ces vieux schémas.
« Comme on ne trouvait pas d’emploi, on a développé notre marque »
En 2015, Mohammed N’Diaye rejoint Strasbourg où il suit un master en e-commerce. Après des études dans la mode et le stylisme à Milan, son épouse Fatou le rejoint. Mais les opportunités manquent dans la capitale alsacienne :
« Les créateurs sont à Paris ou Lyon. Comme on ne trouvait pas d’emploi, on a mis nos compétences en commun et on a développé notre propre marque. La première tenue a été faite à Strasbourg et portée en Italie où l’on avait des contacts. »
L’atelier de Fondersi tient dans ses locaux à Hautepierre. L’espace contient aussi un bureau et une cabine d’essayage. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Six ans plus tard, la marque Fondersi fait travailler quatre personnes à Strasbourg. Le nom, qui signifie « fusion » en italien, fait référence à l’identité de la marque, explique Fatou N’Diaye, 32 ans :
« Ce sont des lignes simples avec des imprimés colorés qui s’inspirent de ceux portés au Sénégal dont nous sommes originaires. Les tissus wax sont des habits de fête. On a pu voir nos parents les porter, mais on s’est dit pourquoi les limiter aux grandes occasions ? Aujourd’hui, de grandes marques comme Dior utilisent des tissus wax ou même des stars comme Beyoncé en portent. Et puis on fait aussi des tenues un peu moins flashy avec d’autres matériaux. »
De l’audit à l’habillement
De son côté Sara Khbaizi quitte son premier job dans l’audit au Luxembourg après trois ans : « J’avais besoin de créer quelque chose qui me correspond. Dans l’audit, on arrive en bout de chaine. On analyse, mais on ne créé rien. »
Avec la marque Monsieur Mimosa, la créatrice strasbourgeoise choisit ses matières, dessine le patron et fait confectionner les habits par des ateliers en Écosse et au Portugal, « des affaires familiales dans des pays avec une tradition du textile ». Elle souhaite impulser un changement dans les habitudes de consommation vestimentaire, et, qui sait, d’autres pratiques chez les industriels.
Sara Khbaizi a quitté l’audit pour se lancer dans l’habillement responsable. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Sa première collection de vêtements masculins a été commercialisée en été 2021. Pour se démarquer de la « fast fashion », qui pousse à toujours acheter de nouveaux vêtements, elle associe des lignes pures, qui ne se démodent pas, avec des matières résistantes.
Agir pour la mode
Pour Mohammed N’Diaye, suivre de hauts standards environnementaux est une manière de s’impliquer pour l’environnement :
« Souvent, on peut être conscient du changement climatique, mais on n’a pas vraiment de moyen d’agir. On a des enfants, on se demande quelle planète on va laisser. Au début c’était un choix contraint, mais c’est devenu tout naturel. On utilise les chutes de tissu pour des petites pièces comme des nœuds papillons, des cravates, le remplissage d’oreillers, et désormais des masques. Il n’y a pratiquement aucun déchet. »
Quelques machines à coudre, des tissus assemblées « avec les techniques apprises en Italie » et une grande table… L’atelier de Fondersi travaille sur-mesure et tient dans des locaux d’une cinquantaine de mètres-carrés. Pour un costume sur-mesure, il faut compter 500 à 600 euros. Et à partir de 100 euros pour une robe chemise.
Avec sa grande taille, Mohammed N’Diaye sait qu’il est difficile de trouver des vêtements bien taillés. Après avoir vécu en Italie dans son enfance, il s’amuse de la comparaison avec Strasbourg : « Le climat c’est à peu près pareil qu’à Milan, mais c’est tout ». Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Fatou N’Diaye jongle entre ses différentes machines à coudre selon les besoins. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Le délicat choix des matériaux
Sara Khbaizi comme Mohammed N’Diaye estiment n’avoir pas de difficulté d’approvisionnement pour des matières de qualité. Notamment parce que la grande industrie utilise de plus en plus de coton biologiques. Mais pour Mohammed N’Diaye, s’intéresser uniquement le tissu n’est pas suffisant :
« Souvent des marques se disent éco-responsables car elles ont un coton biologique. Mais que font ces marques dans les usines pour leurs déchets ou les teintures, qui sont aussi une source de pollution majeure ? »
Sara Khbaizi est aussi lassée des effets d’affichages sans réflexion globale. « J’ai encore vu une opération de greenwashing pour pousser à acheter des bouteilles en plastique », relève-t-elle. Dans la quête de « responsabilité », le choix de matériaux est une affaire de compromis :
« Une matière recyclée sera moins résistante et donc moins durable. J’aime travailler avec le lin, une matière légère dont la France fournit 80 à 85% de la production mondiale ».
Les vêtements sont plus chers que dans les grandes enseignes, autour de 100 euros la chemise, mais Monsieur Mimosa propose des habits « intemporels », des basiques qui s’abiment peu, avec un soin particulier accordé aux détails (boutons, coutures, etc.).
« La solitude de l’entrepreneur »
Malgré l’accompagnement au lancement de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), d’Alsace Active ou de la Pépinière, Sara Khbaizi manque d’échanges avec d’autres entreprises de l’habillement. Ses principaux contacts se font à Paris. Entre le début de l’aventure fin 2019, et ses premières ventes à l’été 2021, et deux confinements plus tard, elle raconte avoir expérimenté la « solitude de l’entrepreneur ».
« Au lancement, je pensais encore être sur un positionnement entièrement numérique », raconte Sara Khbaizi. Mais difficile de se faire une notoriété. En quelques mois, elle se met en quête de visibilité et de ventes physiques. Elle participe à la Foire européenne, expose dans un magasin éphémère à Paris ou obtient un espace dans l’hôtel Tandem place de la gare.
Sara présente sa deuxième collection, sa première hivernale. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
L’entrepreneuse cherche aussi à organiser un défilé. Mais comme à Strasbourg, « il n’y a pas de réseau », dixit Sara Khbaizi, il n’y a pas d’événement sur lequel se greffer. Elle monte alors le « Slow Fashion Show », un nom un peu plus sexy que « défilé éco-responsable ». Avec Fondersi et Monsieur Mimosa, deux autres marques parisiennes participent à la soirée fin novembre à l’hôtel Tandem.
Pas d’agence de mannequin à Strasbourg
Mais là encore, être à Strasbourg ne facilite pas la tâche. « À Strasbourg, il n’y a même pas d’agence de mannequin ». Un mal pour un bien peut-être. Plutôt que des profils stéréotypés, la situation lui fait chercher des profils « inclusifs », en passant des annonces sur les réseaux sociaux. Des personnes de différentes tailles, différentes corpulences, et origines portent les tenues des quatre marques.
Quant à l’idée d’une boutique éphémère, c’est cette fois une mauvaise expérience avec un revendeur qui la pousse à faire les choses elle-même. « C’était difficile d’avoir un retour et les marges ne me permettaient pas de m’y retrouver », raconte-t-elle. Elle monte le projet avec une autre occupante de la Pépinière de Hautepierre, qui produit des épices libanaises. Dans le magasin on retrouve des gourdes en verre recyclé, du miel alsacien, des bougies, des jean tissés dans les Vosges, des pâtisseries.
Même si Strasbourg n’a pas beaucoup de culture mode, c’est peut-être « un marché à prendre », espère Sara Khbaizi. C’est aussi l’espoir de Mohammed N’Diaye :
« Il y a du potentiel. Il y a une population assez jeune qui veut bouger. C’est dommage que la ville n’ait pas plus de considération pour ses artisans. Il y a certes une tradition culinaire et gastronomique, mais sinon il n’y a pas de grand événement autours des créateurs. »
Pour Fatou N’Diaye, qui remarque la différence avec l’Italie, il y aussi une question de mentalité. Les Français ont peu l’habitude du sur-mesure en dehors de très grandes occasions. Pourtant, elle vante les atouts :
« On a récemment fait un pantalon pour un cycliste. Il a une taille fine, mais de gros mollets. Aucun taille standard ne lui convenait. Pour le travail c’est moins dérangeant, mais il voulait quelque chose de mieux pour sortir. »
Dans son atelier, Fatou N’Diaye met en pratique les techniques apprise lors de sa formation à Milan. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Les fondateurs de Fondersi avec leur employée Zoé. La avec marque propose aussi des sweat avec une touche alsacienne. ‘Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Des collaborations inattendues
Mais les habitudes changent un peu, notamment chez les professionnels. Mohammed N’Diaye s’amuse des collaborations inattendues avec des entreprises. « On a fait des masques pour l’hôtel Boma ou Régent Contades. On a aussi travaillé avec une entreprise de sécurité. On s’est même retrouvé à travailler avec un kebab ou un boucherie, pour lesquels on a fait les tabliers ».
En cette fin d’année, il est heureux de rejoindre la boutique de créateurs pour avoir « plus de visibilité », après deux années où le Covid ont limité les opportunités de défilés. En 2022, la marque projette d’intégrer une boutique à Milan et participer à un défilé en Italie.
Quant à Sara Khbaizi elle s’est prise au jeu de l’événementiel et des ouvertures éphémères. « Il y en aura d’autres les prochaines années », prédit-elle.
Des déplacements, de la surconsommation, des déchets… Les visiteurs du Marché de Noël de Strasbourg, estimés à 2 millions de personnes avant la pandémie, impactent l’environnement. La municipalité écologiste vise deux labellisations « éco-responsables » entre 2022 à 2025. Ce qui impliquera une série d’actions, sur lesquelles elle travaillera après l’édition actuelle.
« Rendre le marché de Noël de Strasbourg plus écoresponsable. C’est l’un de nos principaux chantiers concernant les futures éditions, de 2022 à 2025 », affirme Guillaume Libsig, adjoint à la maire en charge de Strasbourg Capitale de Noël. La municipalité écologiste vise, avant la fin de son mandat, une labellisation par l’association Éco-Manifestations Alsace (EMA) et le label ISO 20121, une norme internationale consacrée au développement durable dans l’événementiel, qu’ont obtenu le G7 en France, les JO de Tokyo ou certains palais des congrès.
« Le travail est conséquent »
Pour Pierre Muller, directeur de l’association Éco-Manifestations Alsace, le « travail est conséquent ». Et pour cause, les chalets et leurs visiteurs impactent forcément l’environnement. Notamment avec l’afflux d’environ deux millions de touristes, selon des estimations d’avant la crise du Covid, et régulièrement mises en avant dans les médias par la Ville.
Pierre Muller établit une hiérarchie des sources de pollution :
« Le déplacement de tous ces visiteurs entraîne l’émission de gaz à effet de serre. Il est clair que c’est le facteur qui impacte le plus l’environnement. Vient ensuite la consommation de nourriture, boissons, produits manufacturés et l’émission de déchets. La consommation d’énergie (pour les illuminations de Noël ou les chauffages des 314 chalets, NDLR) est à prendre en compte même si l’on sait que la consommation d’électricité est faiblement carbonée en France. Le transport du matériel (le fret) et la communication ne sont pas sans conséquences non plus. »
Pierre Muller, directeur de l’association Éco-Manifestations Alsace.
Avant la pandémie, le Marché de Noël de Strasbourg attirait environ deux millions de personnes. Photo : Rue89 Strasbourg / cc
« Capitale de Noël, c’est un très gros paquebot »
Estimer précisément l’empreinte carbone (les gaz à effet de serre), l’empreinte énergétique (la consommation globale d’énergie) ou l’empreinte écologique (la surface terrestre nécessaire pour produire les biens et services et absorber les déchets) de Capitale de Noël est un chantier que n’a pas encore réalisé la municipalité écologiste. Elle souhaite l’initier après cette 451ème édition, la première sous le mandat de la maire Jeanne Barseghian.
Pour son adjoint Guillaume Libsig, la méthode de calcul est encore à définir :
« Est-ce qu’il commence dès que les touristes démarrent leurs voitures ? Est-ce qu’il se limite au territoire de Strasbourg ? Prenons-nous en compte l’électricité générée par les touristes dans leurs chambres à l’hôtel ? Capitale de Noël, c’est un très gros paquebot. »
Guillaume Libsig, adjoint à la maire en charge de Strasbourg Capitale de Noël, jeudi 9 décembre.
Guillaume Libsig, adjoint à la maire en charge de Strasbourg Capitale de Noël, lors de conseil municipal de Strasbourg du 31 août 2020. Photo : Rue89 Strasbourg / cc
Une série d’actions à mettre en place pour décrocher des labels
Si la Ville souhaite décrocher le label d’Éco-Manifestations Alsace (EMA), elle devra mettre en place plusieurs actions concrètes parmi les 91 que propose l’association dans sa charte d’engagement « vers une démarche de développement durable ». Ces actions sont dispatchées en sept thématiques : déplacements, déchets, énergies & eau, alimentation, sensibilisation, communication et gestion globale.
Chaque action donne un certain nombre de points. De 0,5 point pour la mise en place d’un parking à vélo, à 3 points par exemple pour le tri de ses déchets en « trois flux ». En fonction du total de points, EMA certifie, ou non, un événement. Puis, l’association précise le niveau de labellisation : niveau 1 = 40 points minimum ; niveau 2 = à partir de 55 pts et niveau 3 = à partir de 75 pts.
Dans la série d’actions d’EMA, treize sont « obligatoires et incontournables » (voir encadré). Mais les mettre en place ne suffit pas à décrocher le label de niveau 1. Le président de l’association précise :
« Même pour un événement aussi massif, l’obtention du label de niveau 1 est possible. En revanche, pour le faire évoluer, ce n’est pas aussi simple que pour des petites manifestations. Bien sûr la Ville peut agir sur ses leviers directs mais tout ne dépend pas d’elle. Les forains, artisans et touristes doivent jouer le jeu et adhérer à l’idée. »
Lors de la première année du mandat certains forains et exposants ont demandé à la municipalité de « ne pas toucher au Marché de Noël« . Pour l’ouverture en novembre 2021, les craintes étaient retombées et les forains se disaient satisfaits du dialogue. Mais les changements, en dehors de l’espacement des chalets, sont minimes pour cette édition « d’observation » avant des modifications plus profondes.
Pour obtenir l’autre label visé pour son marché de Noël, la municipalité doit respecter la norme française ISO 20121, un règlement de 54 pages que Rue89 Strasbourg a pu consulter. La Ville va déclarer des objectifs en conformité avec ces règles et surtout des plans pour les atteindre. Exemple :
« Si l’enjeu majeur est la pollution de l’air […] l’objectif peut être de réduire de 25% les émissions dues aux véhicules de livraison et de 25% les émissions dues au déplacement des intervenants. Dans ce but, il serait nécessaire de faire un bilan du kilométrage afin d’évaluer l’impact et il pourrait être préférable […] d’encourager un programme de covoiturage ou de négocier le tarif de billets combinés pour inciter les visiteurs à emprunter les transports en commun. »
Article 12 de l’annexe A. Porte sur les « recommandations sur la planification et la mise en œuvre de la présente Norme internationale ». Page 28 de la norme française ISO 20121.
Pas encore de propositions concrètes
Organisatrice du marché de Noël, la municipalité écologiste de Strasbourg n’a pas encore de propositions concrètes pour espérer obtenir les deux labels. « Il faut d’abord faire le bilan de l’édition 2021 du marché de Noël avant d’en proposer », se justifie Guillaume Libsig.
Malgré tout, quelques pistes se dessinent pour tenter de changer les choses. À commencer par la révision de son règlement intérieur du marché et des animations de Noël. Ce texte de 28 pages s’applique de manière permanente depuis 2011 et n’a pas été réétudié depuis le scandale des churros, selon Guillaume Libsig :
« On souhaite le modifier pour y intégrer, entre autres, des règles écoresponsables. Notamment des éléments sur la non-production de déchets. »
Un jury citoyen en création
Il y a également la volonté de responsabiliser davantage la commission mixte du marché de Noël composée de la Ville, de l’association de commerçants des Vitrines de Strasbourg, des marchands, des forains, des hôteliers etc. La création d’un jury citoyen à l’horizon 2022 doit instaurer « un panel permanent qui va suivre l’évolution des prochaines éditions tout en ayant une capacité d’interpellation et d’expression libre », explique l’adjoint en charge de Capitale de Noël.
Avant de constituer ce jury citoyen, la Ville de Strasbourg invite ses habitants à répondre à une enquête en ligne. Ils peuvent y donner leur avis général sur le marché de Noël. Deux questions portent sur l’écologie.
Quelques actions écoresponsables
La Ville de Strasbourg a déjà mis en place quelques actions écoresponsables par le passé. Depuis 2012, des écocups (gobelets réutilisables) consignées et fabriquées en France sont réutilisables d’une édition à l’autre pour servir le traditionnel vin chaud. Puisque certains visiteurs repartent avec, de nouveaux écocups sont réinjectés chaque année. Combien ? La mairie assure ne pas « disposer de chiffre ». L’utilisation de DEL (diode électroluminescente) pour toutes les décorations de Noël, le prélèvement du Grand sapin qui participe à la gestion durable des forêts assurée par l’Office national des forêts (ONF).
Pour l’édition 2021, la municipalité écologiste n’a pas reconduit la patinoire place Kléber rappelle Guillaume Libsig :
« Certes, la patinoire a été supprimée pour permettre l’installation des chalets place Kléber. Mais, elle a aussi été supprimée à cause de son coût écologique conséquent. Faire fonctionner des moteurs réfrigérants, en plein air, ce n’est pas neutre, on augmente notre empreinte énergétique. »
Guillaume Libsig, adjoint à la maire en charge de Strasbourg Capitale de Noël, jeudi 9 décembre.
« Par définition, on peut s’interroger sur la durabilité d’une telle manifestation »
Quatre ans ne seront pas de trop pour tenter de concilier écologie et le marché de Noël de Strasbourg. « Par définition, on peut s’interroger sur la durabilité d’une telle manifestation », note Pierre Muller, président d’Éco-Manifestations Alsace (EMA). Quoi qu’il en soit, la Ville va entreprendre des changements en espérant ne pas braquer toutes ses parties prenantes. Un chantier qui débutera dès le 1er janvier 2022, date à laquelle débute l’organisation du Christkindelsmärik suivant. Et devrait s’étaler jusqu’à l’édition de décembre 2025, soit quelques mois avant les élections municipales de 2026. Le Marché de Noël nouvelle mouture pourrait alors occuper les débats de la pré-campagne.
Après le suicide en octobre de Dinah, 14 ans, ses parents ont déposé plainte pour « harcèlement » et accusent le collège de non-assistance à personne en danger. Plusieurs témoins dénoncent la passivité de l’établissement. La direction dément tout dysfonctionnement.
« Dinah. Née le 18 décembre 2006, morte le 5 octobre 2021. Elle aimait tellement la vie, mais on lui a fait croire que la vie ne l’aimait pas. Et maintenant ? » Comme une épitaphe, Samira Gonthier, la mère de Dinah, affiche cette phrase sur son compte Twitter créé juste après le suicide de sa fille de 14 ans. Elle poste parfois des photos de « son bébé », des articles relatant ce drame ou des mots qu’elle retrouve petit à petit : « Je t’aime et je t’aimerai, mère et fille pour la vie. »
Depuis que Dinah s’est pendue dans l’armoire de sa chambre, cette nuit du 5 octobre, la vie de ses parents a totalement basculé. Samira et Serge, le père de Dinah, sont suivis par un psychothérapeute , sous antidépresseurs et en arrêt de travail jusqu’à 2022. Leurs deux fils sont aussi traumatisés. Son grand frère Rayan a développé une forme d’asthme et connaît des crises d’angoisse fréquentes. Réda, l’aîné, s’est quant à lui réfugié dans le silence depuis ce drame.
Dinah, Samira et Serge Gonthier. (Photo Mediapart)
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Benjamin Seror, artiste et performeur lyonnais, s’unit de ses mélodies ainsi que de ses chansons pour faire jaillir nos sentiments au Centre Rhénan d’art contemporain (CRAC) d’Altkirch. La commissaire et directrice de l’établissement, Elfi Turpin, ouvre sa pensée autour d’une exposition fusionnant l’audio et le visuel.
Depuis le mois de novembre, les longs murs blancs du Centre Rhénan d’art contemporain (CRAC) d’Altkirch font résonner la voix de Benjamin Seror dans l’espace. Fascination est le fruit d’années d’échanges et de partages autour du concept d’une « exposition musicale », mais surtout d’une longue amitié entre Elfie Turpin, la directrice de l’établissement du sud de l’Alsace, et Benjamin Seror. Questionnant notre relation immédiate avec la musique, Fascination aborde cette thématique avec confort, simplicité et fragilité.
Benjamin Seror, Depressing Times, 2021. Chanson, vidéo; durée 6’40″. Courtesy de l’artiste. Vue d’exposition au CRAC Alsace par Aurélien Mole.
Réalisées à partir de divers instruments comme le clavier, la guitare, la boîte à rythme, les œuvres Depressing Times, Ne plus redire ne plus revoir, Demain, Second Earth, Stresssssss, Those with the Fake shoes, Relaxer et Mediocre se transforment en titres musicaux dont Benjamin Seror est le compositeur. Les chansons ont été composées et réalisées au cours de la pandémie sauf l’une d’entre elle qui se nomme Demain. « Les chansons datent de deux années d’écriture et d’enregistrement dans le Home studio qu’il a créé dans son atelier », explique Elfi Turpin.
Des chansons percutantes et fortement émotionnelles
Avec une activité d’enseignant en parallèle à son statut d’artiste et performeur, Benjamin Seror a également ouvert la voie aux jeunes créateurs, en valorisant les œuvres de ses anciens étudiants de l’École Supérieure d’Art et Design de Grenoble. Binta Diaw d’Italie, Ru Kim d’Allemagne, Yan Li de Chine, et Sohyun Park de Corée ont donc contribué à l’enrichissement de l’exposition grâce à leurs créations plastiques situées au rez-de-chaussée.
Ru Kim, Œil nez bouche oreille front menton pommette sourcil, 2021. Installation sonore. Vue de l’exposition Fascination au CRAC Alsace.
Couleur joyeuse, ambiance mélancolique
« Benjamin Seror se décrit comme professeur de frisson plutôt que professeur tout court » , explique Richard Neyroud, chargé des publics et de la communication au CRAC Alsace. Un attribut qui lui correspond bien, car dès le premier étage, les mélodie diffusées nous interpellent dans un environnement atypique. Cette « disco-sentimentale », comme il le décrit lui-même, n’est pas chaotique. Une forme d’harmonie se dégage de l’exposition : même son journal adopte la forme d’un livret musical.
Benjamin Seror, Second Earth, 2021. Chanson, vidéo; durée 6’09 ». Courtesy de l’artiste. Vue d’exposition au CRAC Alsace par Aurélien Mole
Chaque œuvre est accompagnée d’un son associé à des projections de fleurs colorées sur des grands écrans télévisés ou des installations plastiques condensées, spécifiques à chaque musique. Le tout s’harmonise avec des lumières scintillantes et multicolores dans les recoins de l’espace qui a l’allure d’un club de disco solitaire où le visiteur est portés par des paroles tristes et mélancoliques posées sur des rythmes enjoués.
Je ne veux plus mentir au soir
Lui dire que tout va bien
Tout reprendre le sourire vain
Prétendre encore et encore
Le jour finit encore une fois
Et comme toujours rien ne change
Je vais encore mentir au soir
(Extrait de la chanson Won’t repeat, won’t see again traduit par Benjamin Seror et Thomas Patier).
Ce texte semble nous être destiné. Won’t repeat, won’t see again est une œuvre dont la mélodie reste dans la tête pour quelques jours. C’est l’une des rares à avoir été interprétée à la fois en français et anglais. Accompagnée d’une projection lumineuse de couleur magenta, la fleur de rose figurant sur l’écran, immerge le spectateur dans une tristesse. La voix de Benjamin Seror accentue la phrase : « Ne plus redire, ne plus revoir » pour nourrir le cœur de son interlocuteur. Il interpelle le public à écouter la voix des plus démunies et fragiles.
Ce qui hurle, mais ne s’entend pas
Elfi Turpin explique que Benjamin Seror s’est inspiré de l’image de l’actrice interprétant la Mère Courage en 1957 :
« Il y a une histoire de cri dans l’œuvre de Benjamin, tout comme celle de la Mère Courage. Des injustices et des obstacles subis, qui s’extériorisent par l’image d’un cri mué. Qu’est-ce qu’on entend de son cri ? »
Prise à l’occasion de la pièce de théâtre de Bertolt Brecht créé en 1941, le portrait en noir et blanc montre Hélène Weigel hurlant, les yeux fermés. La photo symbolise l’accablement des innocents et de leurs vies rompues, causé par l’Homme.
D’une manière intuitive, Benjamin Seror devient le porte-parole d’une nature oubliée au détriment de son apparence. En chantant, il devient l’intermédiaire entre le public et les sentiments des voix silencieuses qui fredonnent le désespoir.
Après les aides annoncées par le gouvernement, le directeur des Hôpitaux de Strasbourg, Michaël Galy, dévoile ses perspectives pour redresser l’un des pôles hospitaliers les plus endettés de France. Pas de coupe dans les effectifs du personnel soignant mais parmi les fonctions support et des regroupements de sites.
Alors que le personnel des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) se mobilise pour dénoncer « la mort annoncée de l’hôpital public« , le directeur général, Michaël Galy essaie d’envoyer le signal contraire : la situation des HUS est serrée, mais selon lui, avec les aides de l’État, un recentrage interne, quelques mesures d’économies et la rénovation complète de l’hôpital de Hautepierre, les finances devraient reprendre une trajectoire positive. Michaël Galy a détaillé cette stratégie vendredi matin lors d’une interview accordée à la presse locale.
Michaël Galy, directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Rue89 Strasbourg : La visite du Premier ministre au Nouvel hôpital civil vendredi dernier a-t-elle apporté de bonnes nouvelles pour les Hôpitaux de Strasbourg ou est-ce que Jean Castex a simplement confirmé des arbitrages qui avaient déjà été rendus ?
Michaël Galy : En deux ans, les Hôpitaux de Strasbourg ont déjà activé trois fois en plan blanc, en réponse à la crise du Covid-19. Donc la visite du Premier ministre est d’abord une reconnaissance de l’engagement du personnel des HUS et de la place que l’hôpital occupe dans cette crise.
Ensuite, les finances des HUS héritent d’une dette excessive, en raison d’opérations immobilières financées par l’emprunt (NHC, Hautepierre 2, NDLR). Nous devons à nos créanciers 500 millions d’euros, ce qui est beaucoup trop pour un budget d’environ 1 milliard d’euros. Un hôpital est en difficultés financières dès que son niveau d’endettement dépasse 30% de ses ressources et nous sommes à 50%… Donc l’État a confirmé reprendre à son compte 188 millions d’euros de notre dette suite au Ségur de la Santé, ce qui représente 40% de la charge annuelle financière et nous rapproche d’un meilleur ratio. Le Premier ministre a également confirmé que l’État participerait à hauteur de 21 millions d’euros pour nos investissements, ce qui permettra de totalement financer la construction d’un nouveau site de pédo-psychiatrie en centre-ville, en remplacement du site de l’Elsau (voir notre reportage).
Le centre hospitalier de Hautepierre doit être rénové avec l’aide de l’État Photo : JFG / Rue89 Strasbourg / cc
Une rénovation de Hautepierre 1 à venir
Mais surtout, le Premier ministre a demandé de poursuivre les études pour inscrire à l’agenda du Conseil national de l’investissement en santé (Cnis) la rénovation de Hautepierre 1. Remettre aux normes de sécurité et hôtelières ce bâtiment construit dans les années 70 est un projet à plusieurs centaines de millions d’euros… Il est évident que nous ne pouvions porter seuls cette opération, c’est une très bonne nouvelle qui n’était pas attendue. En outre, l’État nous apporte une aide exceptionnelle à notre trésorerie de 20 M€, ce qui nous sécurise pour la fin de l’année.
Parce que le déficit annuel des HUS est si important ?
Le déficit prévisionnel en 2021 est de 65 millions d’euros, donc on sera à peu près à 45 M€, j’attends encore des précisions sur les crédits de fin d’année, qui devraient réduire ce déficit encore un peu. Mais nous avons bien un déficit structurel compris entre 50 et 60 millions d’euros, soit 5 à 6% de nos produits. On considère qu’un établissement est en difficulté lorsque ses dépenses de fonctionnement dépassent de 2% ses recettes… Des mesures ont été mises en place pour lutter contre ce déficit en 2014 et les années suivantes, il y a eu beaucoup d’efforts mais ça n’a pas suffi… Le poids de notre dette pèse beaucoup, puisque les remboursements et les intérêts nous coûtent chaque année environ 50 millions d’euros.
« Beaucoup de bâtiments ne sont exploités qu’en partie »
Comment comptez-vous sortir les Hôpitaux de Strasbourg de l’endettement avec cette situation ?
Nous devons signer avant la fin mars un « contrat d’avenir » avec l’Agence régionale de santé. Il s’agit d’un cadre qui nous accompagne pendant cinq ans vers un désendettement. Le point d’orgue de ce contrat d’avenir doit être la validation par le Cnis de la rénovation de Hautepierre, ce qui permettra de relancer l’activité et donc les recettes.
Nous sommes présents sur cinq sites, et rien que sur le site de l’hôpital civil, il y a beaucoup de bâtiments pavillonnaires qui génèrent beaucoup de coûts de structure et ne sont qu’en partie exploités. Donc nous devons nous regrouper sur moins de surfaces. Je pense notamment au bâtiment de la Médicale B (médecine interne et gériatrie), qui ne répond plus aux standards hôteliers de prise en charge, ses équipes seront regroupées à Hautepierre dès que possible.
Est-ce que des économies sont prévues sur la masse salariale ?
La masse salariale des HUS est le premier poste de dépense, elle représente environ 630 M€ par an (9 000 personnels soignants et non médicaux, 3 000 médecins et internes). Dans le contrat d’avenir avec l’ARS, nous avons acté que les effectifs soignants affectés aux patients soient stables. En revanche, sur les fonctions support et notamment l’administration, 30% de notre personnel, nous réfléchirons à de nouvelles formes d’organisation à chaque départ en retraite.
« Le problème, c’est le recrutement »
Oui mais le personnel soignant demande surtout plus de moyens et plus de postes…
Certes mais le problème, c’est le recrutement ! Sur les infirmières principalement, nous manquons, du point de vue de la direction générale, environ 150 personnes sur les postes prévus ! On s’est rendu compte que 30% des infirmières recrutées n’étaient plus dans les effectifs de l’hôpital deux ans plus tard… Donc il faut qu’on s’améliore pour que notre personnel puisse allier les contraintes de la vie professionnelle avec leur vie personnelle.
Pour ça, on bénéficie déjà des améliorations salariales du Ségur et du Ségur 2 de la santé, qui ont respectivement augmenté notre masse salariale de 50 et 10 millions d’euros tout de même, la plus forte augmentation depuis les années 50. Ensuite, il faut qu’on arrête de rappeler les agents sur leur temps de repos lorsqu’il y a des absents. Pour ça, nous devons reconstituer nos effectifs pour disposer d’une réserve.
Recentrage sur les activités à Strasbourg
Nous avons le même problème de recrutement sur des métiers en tension, notamment sur les anesthésistes, les urgentistes et l’imagerie médicale. Mais sur les moyens, je rappelle quand même que les HUS sont passés de 800 médecins et internes en 2016 à 880 en 2021.
Que prévoyez-vous pour améliorer les recettes ? Il avait été question d’une aventure russe pour exporter le savoir-faire médical strasbourgeois (voir notre article)…
Quand un hôpital est en difficulté, il doit se recentrer. On ne peut rayonner qu’à partir de bases solides. Notre mission, c’est de soigner les Alsaciens. Avant la crise sanitaire, l’activité des HUS, qui représente 55% des recettes, était stable. La construction de Hautepierre 2, c’était justement pour développer cette activité, grâce à d’excellente prestations hôtelières et des blocs opératoires parmi les meilleurs d’Europe… Mais, inauguré en 2019, le bâtiment n’a pas eu temps de remplir son rôle avant que ne survienne la crise sanitaire. Donc l’objectif est de faire repartir un cercle vertueux : recruter plus d’infirmières et les garder pour rouvrir des lits et faire repartir l’activité qui était prévue dans Hautepierre 2.
L’autre piste, c’est d’améliorer nos produits de recherche. Nous sommes un peu en dessous des hôpitaux de notre catégorie sur cette ligne de recette et ce n’est pas normal, car nous sommes un centre universitaire et que nous bénéficions d’un écosystème scientifique et de start-ups de très grande qualité. Donc nous allons investir dans ce secteur, ce qui devrait produire des recettes supplémentaires dans 5-6 ans.
Le dernier conseil de l’Eurométropole de l’année 2021 reviendra sur les extensions de tram vers le nord de l’agglomération et débattra de plusieurs stratégies pour moins dépendre des énergies fossiles. À suivre en direct à partir de 9h.
Dernier conseil de l’Eurométropole de l’année et dernier round pour les deux extensions du tram nord. L’assemblée des 33 communes doit voter les prolongations par l’ouest de Schiltigheim jusqu’à Bischheim d’une part et via l’avenue des Vosges à Strasbourg (lire notre article) d’autre part. Après les trois heures de débat au conseil municipal de Strasbourg lundi, et le vote contre des oppositions, difficile de ne pas tomber dans la redite.
Le débat sera l’occasion d’avoir le point de vue de maires des autres communes. Jean-Louis Hoerlé, le maire (DVD) de Bischheim qui dit vouloir « tout faire » pour empêcher ce tramway sur l’avenue du général de Gaulle. Il lui reproche de bloquer la circulation. Le sujet devrait jalonner les prochaines années, avec des concertations sur les aménagements (pistes cyclables, voies de circulation, trottoirs, stationnement, espaces verts, etc.) et l’enquête publique programmée en 2023.
Quelles énergies à l’avenir ?
L’autre grand sujet, aux points 2, 3 et 4 est la question de l’énergie. Les difficultés de la géothermie profonde poussent l’Eurométropole à ajuster sa stratégie pour remplir ses objectifs du Plan Climat 2030, adopté en 2019. Ainsi les élus voteront une révision du plan des réseaux de chaleur et de froid, ainsi qu’une stratégie solaire et une autre sur la sobriété et la rénovation des bâtiments.
Pour les réseaux, il s’agit d’une étude sur « les sources potentielles de chaleur et de froid renouvelables » afin d’augmenter leur part en 2030 (passer de 43% à 75% renouvelable, tout en doublant la production d’énergie).
Pour le solaire, l’objectif est d’atteindre 18% de l’énergie renouvelable produite localement en 2050, contre 2% en 2017 et de s’appuyer en priorité sur les friches industrielles, les parkings en ombrières, les grandes toitures (industrielles, commerciales, etc).
L’écologiste strasbourgeois Marc Hoffsess pilote tous les dossiers liés à l’énergie. Il devrait intervenir à de nombreuses reprises en début de séance. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
La galère de l’isolation des logements privés
Le grand chantier est la rénovation thermique des bâtiments, puisque ces derniers représentent 56 % des consommations énergétiques, soit 46 % des émissions de gaz à effet de serre du territoire.
Le Plan Climat prévoyait un rythme de 6 000 logements du parc privé rénovés par an. À ce rythme-là, tous les logements seraient rénovés en 2050. « C’est un objectif qui s’impose à nous » explique Marc Hoffsess, conseiller métropolitain à la transition énergétique. Problème, le rythme est toujours de 750 par an pour le moment. « On est déjà en retard », poursuit l’élu strasbourgeois.
La collectivité ne pourra pas se substituer aux propriétaires privés, mais veut jouer le rôle de facilitateur avec une « Maison de l’habitat ». Elle aura vocation à renseigner les particuliers sur l’ensemble des questions liées au logement détaille Marc Hoffsess :
« On veut faire en sorte que le parcours d’accompagnement technique soit neutre et simple. Entre les opérateurs, les offres d’isolation 1€ plus ou moins sérieuses, les conseillers en énergie… C’est un maquis de conseils et d’opportunités et le particulier est abandonné. »
Aujourd’hui, seuls 15% des travaux par des particuliers s’adressent au volet énergétique. Une proportion que l’Eurométropole aimerait voir augmenter pour remplir les objectifs qu’elle s’est fixée il y a deux ans déjà. Elle compte ainsi abonder financièrement une série de dispositifs et répondre à des appels à projets pour une meilleurs « sensibilisation » du public.
La chaîne de télévision régionale Alsace 20 a été rachetée par Altice média, dans l’objectif d’ajouter cette chaîne à son offre de stations régionales en tant que BFM Alsace.
Cette fois c’est fait. Le groupe Altice a racheté la chaîne Alsace 20. L’annonce a été rendue officielle suite à l’acceptation par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, lors d’une audience plénière mercredi 15 décembre, de la reprise de la convention d’Alsace 20 par Altice pour en faire une nouvelle chaîne, « BFM Alsace ».
P-DG d’Alsace 20 depuis 2012, Dominique Formhals, 66 ans, cherchait à vendre la chaîne régionale dont il détient 58% du capital (les autres parts appartiennent au directeur de la chaîne, Olivier Hahn, et à son présentateur vedette, Lionel Augier). Le montant de la vente n’a pas été divulgué mais Dominique Formhals précise que « personne ne s’est vraiment enrichi avec cette affaire ». Celui qui est surtout P-DG d’Aquatique Show, une entreprise d’événementiel internationale, précise :
« Dans le monde des chaînes régionales, il n’y en a pas une qui a trouvé un modèle économique rentable. Pas une. Alsace 20 tirait environ 600 000€ de recettes propres, le reste du budget de 1,5 million d’euros provenait du soutien des collectivités locales. Les seuls qui savent faire avec moins d’aides publiques, c’est le groupe BFM. »
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Déçus par les annonces du Premier ministre, des médecins et agents des hôpitaux observeront une nouvelle minute de silence « pour la mort annoncée de l’hôpital public » vendredi 17 décembre à 14 heures devant plusieurs établissements à Strasbourg. Cette fois, l’action est également prévues dans les hôpitaux publics de Colmar, Wissembourg et Haguenau.
« C’est gentil de proposer des murs neufs, mais ça ne sert à rien si c’est pour finir par avoir un hôpital fantôme, sans soignant. » Interrogé sur sa réaction face aux annonces de Jean Castex pour les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), le médecin des urgences Sébastien Harscoat exprime toute son insatisfaction. En visite au Nouvel hôpital civil vendredi dernier, le chef du gouvernement a simplement répété une annonce de reprise de dettes déjà connues (190 millions d’euros), rappelle le médecin.
Certes, Jean Castex a aussi annoncé une aide de près de 20 millions d’euros pour rénover le service de pédopsychiatrie et 20 autres millions d’aide à l’investissement. Mais le praticien hospitalier estime que le « besoin urgent, c’est de donner de l’air au personnel hospitalier, en leur payant leurs primes, en respectant leur repos et le paiement des heures supplémentaires et en recrutant… »
Une reprise de dette insuffisante
Sebastien Harscoat appelle donc à une nouvelle minute de silence vendredi 17 décembre à 14 heures sur le parvis des sites des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (CHU de Hautepierre, NHC, CMCO…). Cet appel s’adresse non seulement aux soignants mais aussi aux citoyens. Selon le médecin, d’autres minutes de silence auront lieu dans les hôpitaux de Colmar, Wissembourg et Haguenau.
Côté syndical, les réactions aux annonces du Premier ministre sont tout aussi négatives. Le secrétaire général de la CGT des HUS regrette tout d’abord une reprise insuffisante de la dette de l’hôpital public : « Avec 190 millions de reprise, on n’est même pas à la moitié de la dette des HUS (500 millions d’euros, NDLR). » Pierre Wach estime aussi que la venue de Jean Castex n’a donné aucune réponse sur le problème de la rémunération des soignants :
« Aux HUS, il nous manque 10 millions d’euros pour le paiement des hausses salariales décidées lors du Ségur. Le Premier ministre ne nous a pas répondu sur ce point… »
« Les effectifs de soignants ne collent plus aux besoins »
« Dubitatif », c’est ainsi que se décrit le secrétaire général de la CFDT des HUS face aux mesures annoncées par le Premier ministre. Florent Cretin estime que le salaire des infirmières reste insuffisant :
« Le Ségur a juste permis de remonter la France de la 28e à la 18e place au niveau des salaires des infirmières selon le pays de l’Union Européenne. Or, la France fait partie des cinq pays les plus riches de l’UE… »
Pour une prise en charge de qualité des patients, le responsable syndical estime qu’il faudrait un soignant pour 10 soignés. L’Agence régionale de Santé en recommande un pour 14 patients. « Les effectifs ne collent plus aux besoins d’une population vieillissante », souffle Florent Cretin.
« On va continuer d’embaucher moins et de fermer des lits »
Pour le secrétaire général Force Ouvrière des HUS, la venue du Premier ministre a au moins permis au chef du gouvernement de prendre conscience « d’une problématique propre à l’hôpital de Strasbourg. » Mais Christian Prud’homme déplore des annonces insuffisantes face au cercle vicieux dans lequel se trouve l’hôpital public strasbourgeois :
« Nous avons de moins en moins de professionnels, donc moins de lits, ce qui entraine une baisse des actes et donc une diminution des recettes directes de l’hôpital. On va donc continuer d’embaucher moins, de fermer des lits pour encore perdre de l’argent ? Soit l’État accepte qu’il doit donner 50 millions d’euros par an au CHU de Strasbourg, soit on réforme le système de financement de l’hôpital public. »
Comme Sebastien Harscoat, Christian Prud’homme espère que cette minute de silence renouvelée permettra « d’inscrire dans le débat présidentiel l’hôpital public et ses moyens. C’est pour cette raison qu’il est important que les citoyens se mobilisent aussi et participent à l’hommage à la mort annoncée de l’hôpital public vendredi. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Ni les associations, ni la mairie, ni les personnes concernées n’étaient au courant. Le dispositif de mise à l’abri du gymnase Branly, ouvert dans le cadre du plan grand froid, a été évacué le 16 décembre par la police. Certains sans-abris ont des solutions d’hébergement mais les associations craignent des reconduites à la frontière pour des demandeurs d’asile en fin de droits.
La préfecture du Bas-Rhin avait activé, le vendredi 26 novembre, le plan grand froid. Elle avait réquisitionné, auprès de la Ville de Strasbourg, le gymnase Branly, pour y accueillir des personnes sans-abri. Environ 80 personnes, dont des familles avec une vingtaine d’enfants, y étaient abritées. La quasi-totalité demande l’asile en France, à des degrés divers de procédure (voir notre article dédié). Selon des membres d’associations de solidarité, le gymnase devait rester ouvert jusqu’au 19 décembre. Mais tôt dans la matinée du jeudi 16 décembre, les forces de l’ordre ont encerclé le bâtiment. Les services de la préfecture, notamment la police aux frontières, ont réveillé les personnes hébergées pour évacuer le site.
Un important dispositif policier encadre le gymnase. Photo : TV / Rue89 Strasbourg
Jointe par Rue89 Strasbourg, la préfecture du Bas-Rhin ne souhaite pas communiquer sur l’opération. Floriane Varieras, adjointe à la maire de Strasbourg en charge des Solidarités, indique que la Ville n’a pas été tenue informée. Difficile de comprendre où ont été redirigées les personnes. Vers 9h, au compte goutte, des sans-abris sortaient du gymnase leurs sacs à la main, avec des solutions de relogement. Par exemple, une jeune femme et son père expliquaient qu’ils avaient reçu pour consigne de se rendre par leurs propres moyens dans un hôtel à Eckbolsheim, où ils sont censés être hébergés. La police aux frontières a aussi emmené deux familles dans des minibus.
Au moins deux familles ont été emmenées par des minibus de la police aux frontières. Photo : TV / Rue89 Strasbourg
Une adjointe à la maire dénonce le manque de transparence de la préfecture
« Certaines personnes déboutées du droit d’asile, avec qui nous sommes en contact, ont été reconduites dans leurs pays d’origine après la dernière évacuation. Avant cela, elles avaient été emmenées dans ce foyer de Bouxwiller. Cette situation est donc très anxiogène aujourd’hui. Surtout qu’on n’a aucune visibilité sur ce qu’il se passe comme la préfecture ne communique pas. C’est indigne pour ces familles. »
L’adjointe à la maire Floriane Varieras dénonce aussi « un manque de transparence » :
« Je me demande où l’intérêt des personnes concernées a été placé dans leur décision de faire de la sorte, sans prévenir personne. »
La police aux frontières accompagnait les services de la préfecture. Photo : TV / Rue89 Strasbourg
Devant la cour d’assises spéciale, l’ancienne petite amie de Foued Mohamed-Aggad, le terroriste alsacien du Bataclan, a décrit un jeune homme influençable pris dans une logique de ressentiment et de violence croissante.
Au procès des attentats qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés à Paris le 13 novembre 2015, la cour d’assises spéciale poursuit les auditions des proches des terroristes. Après avoir entendu en visioconférence une sœur et une nièce des frères Clain, toutes deux incarcérées, c’est de Foued Mohamed-Aggad, le troisième terroriste du Bataclan né à Wissembourg, dont il a été question mercredi 15 décembre.
La salle des pas perdus devant la Salle d’audience où se tient depuis septembre dernier le procès des attentats du 13 novembre 2015 Photo : SW – rue 89 Strasbourg
Repoussée à 14 heures, pour cause de grève des magistrats, l’audience devait d’abord permettre d’entendre la mère du djihadiste de Daesh, mais faute de temps, c’est son ancienne petite amie seule qui a finalement témoigné à la barre.
Longs cheveux noirs et pointe d’accent du Sud-Ouest la jeune femme aujourd’hui âgée de 29 ans a dressé le portrait d’une jeune homme en proie à des frustrations, miné par des échecs à répétition et une colère grandissante, qu’il faisait subir à elle et à sa famille, notamment ses sœurs.
« Quand je l’ai connu à 16 ans, c’était une toute autre personne que celle à l’origine de ces actes », explique Kaltoum A. Questionnée, elle décrit pourtant par la suite un jeune homme qui plonge dans la vision radicale de l’islam, qui se greffe à des idées rétrogrades sur la place des femmes, et est souvent violent.
2013 : départ en Syrie
Ils sont séparés lorsque fin 2013, Foued Mohamed-Aggad rejoint la Syrie avec neuf autres jeunes alsaciens. Le dernier contact qu’elle a avec lui, c’est début 2014 au téléphone : « il faisait croire que j’étais son épouse pour pouvoir m’appeler. » À ce moment là il lui décrit une vie de rêve : villa luxueuse, festins, et la reconnaissance, enfin :
« En parlant avec son frère Karim, j’ai appris que c’était faux. En fait, ils étaient 110 à habiter dans une maison et ils mangeaient du pain avec de l’huile. Foued me décrivait des villageois qui les applaudissaient. Karim me disait qu’ils étaient traités comme des larbins. »
« J’ai compris qu’il avait trouvé sa place, il s’était inventé un monde », ajoute-t-elle. De peur d’être inquiétée, accusée de complicité, elle décide alors de couper les ponts avec son ex-copain. Elle n’en entendra plus parler avant d’apprendre par les médias son implication dans les attentats du 13 novembre :
« Pour moi il allait mourir là-bas. Je ne savais pas qu’il avait dit que s’il revenait en France, c’était pour faire la guerre. »
Dans la vidéo diffusée en janvier 2016, et revendiquant les attentats par la voix des frères Clain. Fouad Mohamed-Aggad apparaît comme les autres kamikazes en train d’exécuter un otage, jalon d’un parcours sanglant qu’il suivra dans les rangs de Daech.
Kaltoum A. impute la décision du départ en Syrie à sa rencontre avec Mourad Farès lors d’une soirée de juillet 2013. Le recruteur identifié comme responsable du périple des Strasbourgeois et dont elle dit avoir entendu qu’il touchait 5 000 euros par jeune envoyé rejoindre les terres du djihad :
« Mourad Farès lui a remonté le cerveau à lui, à son frère Karim et à leurs amis et les a convaincus de partir en Syrie. Foued n’arrivait pas à trouver sa voie en France. Il a essayé de m’emmener avec lui, j’ai dit non ! Il avait changé, je l’ai laissé partir et je me suis dit tant mieux, bon débarras. »
Le palais de justice, sur l’île de la Cité. Photo : SW / Rue 89 Strasbourg / cc
Un petit ami violent
La jeune femme raconte qu’au début de leur histoire, Foued était un jeune homme joyeux, gentil, pas du tout religieux non plus. Puis il change. Elle quitte le domicile de ses parents à Castres pour s’installer à Toulouse où il emménage avec elle dans sa résidence étudiante. Aux questions de la cour, elle répond qu’il était cependant déjà d’une jalousie maladive, puis qu’il lui impose sa vision rigoriste du comportement qu’elle doit suivre, même avant d’avoir rencontré Mourad Farès. Sa source à l’époque semble être des vidéos sur Youtube qu’il regarde abondamment. Lors de l’instruction, elle a raconté des coups dans le dos, des gifles. Des gestes qu’elle a encore tendance à minimiser :
« Il est devenu impulsif et violent sans me porter réellement de gros coups, mais il arrivait à faire croire que c’était de ma faute, il m’a écarté de tout le monde. Ma seule faute : j’étais jeune, inconsciente et naïve. Il coupait mes talons, déchirait mes vêtements qu’il jugeait trop courts. »
Ce comportement s’aggrave après la rencontre avec le recruteur Mourad Farès. À bout, elle décide de rompre mais Foued Mohamed-Aggad la harcèle longtemps, il n’accepte pas que ce soit fini. Elle n’ose pas en parler aux membres de sa famille qui connaissent et apprécient le jeune homme, qui est tout autre en leur présence.
Trouver sa place dans le djihad
Ce départ en Syrie a été un moyen pour lui de trouver sa place et d’être reconnu, analyse Kaltoum A. à plusieurs reprises. Le jeune homme de 23 ans avait échoué à rejoindre la gendarmerie et n’avait pu devenir agent de sécurité. Ses sœurs à qui il tentait d’imposer sa loi, étaient contentes de le voir partir de la maison, se souvient-elle. Foued avait interdit à sa sœur adolescente de se rendre à un concert de La Fouine. Son père, remarié, l’empêchait de voir sa demi-sœur.
La Toulousaine raconte avoir eu par la suite plusieurs coups de téléphone de la mère de Foued qui lui reprochait d’avoir rompu avec son fils :
« Elle me disait : “tu vois la copine à Karim elle est restée avec lui et lui est revenu, toi tu aurais dû garder le contact avec mon fils”. Mais Foued personne n’en voulait, c’était un boulet même pour ses sœurs et moi j’aurais dû rester avec lui ? »
À une question d’un représentant de la cour qui lui demande de préciser selon elle, les raisons du départ en Syrie de Foued Mohamed-Aggad, elle balaie des motivations humanitaires et décrit un jeune homme engagé en toute conscience dans un parcours mortifère :
« Il y allait pour tuer. Ce n’est pas le petit jeune qui joue à tuer devant sa playstation, lui voulait tuer en vrai, il se disait qu’il allait gagner et être le meilleur. »
Le 13 novembre 2015, armé d’une kalachnikov et ceint d’un gilet explosif, il pénètre au Bataclan, où avec ses deux complices, ils feront 90 morts. Après avoir pris en otage des spectateurs dans les étages de la salle de spectacle, Foued Mohamed-Aggad mourra, tué par l’explosion du gilet d’un autre djihadiste au moment de l’assaut par les policiers.
Les lignes de bus et de tram de Strasbourg seront « fortement perturbées » vendredi 17 décembre. Pour rappel, l’Unsa, syndicat majoritaire de la CTS, a déposé un préavis de grève jusqu’en juin 2022. Le syndicat dénonce l’absence d’amélioration des conditions de travail.
Le réseau de bus et de tram de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) va se retrouver « fortement perturbé » par un mouvement de grève conduit par l’Unsa (Union nationale des syndicats autonomes) vendredi 17 décembre. Selon leur communiqué du 15 décembre, « la mobilisation sera importante ». Le préavis de grève déposé à la CTS, début décembre, couvre la période du samedi 4 décembre 2021 au 1er juin 2022.
Il concerne l’ensemble des lignes de tram (A, B, C, D, E et F) et les lignes de bus suivantes : G, H, L1, L3, L6, 2, 4/4a, 10, 13, 14, 15, 17, 19, 24, 29, 30, 40, 50, 57, 67 et 70/70a.
Juges, procureurs, greffiers et huissiers ont présenté un front uni mercredi, avec le soutien d’avocats pour alerter publiquement sur les difficultés croissantes de la justice française. Ils craignent un éloignement avec la population à cause du manque de moyens.
« Quand j’étais juge des enfants, il m’est arrivé de n’écouter des familles que trois minutes, alors qu’il aurait fallu deux heures. Aux Assises, j’ai vu des dossiers jugés 5 à 10 ans après la commission des faits. Ou en tant que substitut du procureur, j’ai dû prendre des décisions sur la base d’un compte-rendu téléphonique d’un officier de police et donc de renoncer à ma qualité de magistrat en ne procédant pas au contradictoire ni en vérifiant la procédure ». Actuellement détaché à la Cour européenne des droits de l’Homme, Félix Delaporte, 34 ans, regorge d’exemples sur les conséquences du manque de moyens de la justice française.
Environ 200 magistrats, greffiers et huissiers, ainsi que des avocats en soutien, ont participé au rassemblement Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Comme environ 200 personnes, il a participé au rassemblement devant le palais de justice de Strasbourg mercredi à la mi-journée. Des juges, procureurs, huissiers et greffiers, mais aussi des avocats venus en soutien, se sont associés au mouvement national déplorant une « perte de sens » de leurs métiers. « Les critiques doivent être entendues et vues comme une chance pour notre institution pour notre société », estime au mégaphone Franck Walgenwitz, vice-président du tribunal, en charge du pôle civil. Mais selon ce magistrat membre de l’Union syndicale (USM, majoritaire), ce dialogue est devenu « impossible » en raison d’une « vision gestionnaire », qui engendre un « affaiblissement de l’État de droit ».
Le mouvement fait écho à une tribune parue dans Le Monde fin novembre qui dénonce « une justice à la fois chronométrée, trop lente pour répondre aux besoins et parfois sans effets réels ». Elle est désormais signée par 60% des magistrats en activité alors que se tiennent des « états généraux » de la Justice.
« Un mouvement initié par les jeunes »
« Ce mouvement est initié par des jeunes collègues qui nous disent que ce qui nous paraît normal ne l’est pas », décrit auprès de Rue89 Strasbourg Franck Walgenwitz. « On demande aux avocats de plaider en 5 minutes », regrette-t-il par exemple. Une rapidité qui contraste avec des délais d’audiencement « de 6 mois ou d’un an ».
Pour décrire la surcharge de travail, son collègue Philippe Schneider, vice-président au tribunal correctionnel, du Syndicat de la magistrature (SM) raconte une semaine du début du mois de décembre :
« Dans une semaine normale, j’ai deux jours d’audience et trois de préparation. Sauf que parmi mes dossiers cette semaine-là, l’un faisait 10 000 pages et l’autre 6 000, notamment parce qu’il y avait beaucoup d’auditions, pour des destructions en série de distributeurs de billets. Il a fallu lire tous les soirs et le week-end. »
Franck Walgenwitz (à g.) et Philippe Schneider ont pris la parole au nom de leurs syndicats, respectivement l’USM et le SM Photo : JFG / Rue89 Strasbourg / cc
Pour ce père de famille, « quand on dépasse un peu de temps en temps ça va, mais pour certains ça devient usuel et systématique, voire cela empiète sur les congés. »
Ce mercredi 15 décembre, les audiences programmées du tribunal correctionnel et les comparutions immédiates ont été renvoyées. Les présidents de séances ont lu un petit texte aux justiciables pour expliquer leur démarche et leur souhait que « les dossiers soient jugées dans des conditions dignes » et « que les victimes soient écoutées sans se voir couper la parole parce que l’heure tourne ».
Le président
Sur les marches du tribunal, se trouve bien placé, Thierry Ghéra, le président du tribunal judiciaire de Strasbourg. Le magistrat responsable du fonctionnement de la justice à Strasbourg n’a pas souhaité s’exprimer mais a salué une « belle harmonie » entre les différents membres du monde de la justice. « C’est assez important et rare que les chefs de juridiction s’impliquent », souligne Judith Haziza, déléguée régionale du Syndicat de la magistrature en Alsace. En remontant les marches, Thierry Ghéra a néanmoins glissé un petit mot de félicitations à la responsable syndicale. « On a jamais vu ça », note cette juge des libertés et de la détention.
Autre personnalité de premier plan sur le parvis, l’avocat Bruno Huck, le futur bâtonnier de l’ordre, qui prendra ses fonction le 1er janvier. « Les avocats sont solidaires face à cette situation catastrophique. Les clients ne comprennent pas certaines décisions ». La faible motivation des décisions en première instance, par manque de temps est l’un des problèmes actuel, pour lequel la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme. « Parfois on interjette appel juste pour avoir la motivation du juge et savoir si l’on maintient le recours. Quand ce n’est pas le cas ce sont des appels inutiles », explique Tiffany Conein, vice-bâtonnière élue.
Concernant le manque de moyens, Bruno Huck se rappelle d’une anecdote racontée par une juge lors de son départ pour un autre tribunal : « Ils se partageaient un code civil à trois juges qu’ils avaient payé eux-mêmes. Ils n’avaient même pas de base de données informatisée ».
Des états généraux qui ne convainquent pas
Cette forte mobilisation prend de l’ampleur alors que des « états généraux » de la justice ont été ouverts à l’automne par le gouvernement. Des propositions doivent être formulées début 2022. Dans les rangs, cette démarche de fin de mandat ne convainc guère. Entres autres car les questions financières ont été écartés d’emblée. « C’est faire mieux à moyens constants, alors que les juges ont davantage de situations à traiter », résume Franck Walgenwitz au sujet de débats que « nous sommes nombreux à boycotter ». « C’est une communication électoraliste », balaie l’avocat Bruno Huck. « Il aurait fallu un cahier de doléance, comme c’est le cas normalement avec des états généraux », appuie sa consœur Tiffany Conein.
Les professionnels de la justice ont tous retenu le rapport de Conseil de l’Europe Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) de 2020 en revanche. Ce document compare les budgets (de 2018) des 47 pays membres. Et même si ce n’est « pas un classement », dixit l’institution, les magistrats rappellent que la France avec 69,5 euros consacrés à la justice par habitant se situait sous la moyenne (72€) et surtout bien en-dessous des pays à richesse équivalente (16e sur 17). Le pays dit des droits de l’Homme devançait uniquement l’Irlande et présentait un niveau comparable à Chypre. Le gouvernement a pour sa part mis en avant une hausse inédite du budget de la Justice de 8%, mais « une partie est allée vers les centres pénitenciers, qui en ont besoin, ce qui relativise l’effet pour les magistrats », dit à ce sujet Franck Walgenwitz.
Dans un message aux personnels, le ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti, s’est dit « déterminé à améliorer durablement [les] conditions de travail et le fonctionnement de la justice ». Mais sur France Inter, il a aussi estimé que « un tiers des stocks (de dossiers en attente, NDLR) en première instance est lié au manque moyens », et que le reste relevait « d’autres raisons » comme la « répartition du travail, le management » ou encore « les écritures trop longues des avocats ». Il suggère aussi que le mouvement actuel relève d’une manipulation politique : « J’espère qu’il n’y a pas d’instrumentalisation, mais je ne peux pas l’exclure. Il n’a échappé à personne que nous sommes en période pré-électorale. »
Vue la diversité et l’unanimité de la réponse à l’appel, l’ancien avocat risque de devoir trouver d’autres arguments pour convaincre les mécontents.
La ligne Épinal – Saint-Dié a redémarré dimanche 12 décembre après d’importants travaux sur une infrastructure ayant souffert de sous-investissement chronique pendant plusieurs années.
C’était une promesse présidentielle. Le 18 avril 2018, Emmanuel Macron avait promis d’investir dans la réparation de la ligne Épinal – Saint-Dié. Huit mois plus tard, le train cessait de circuler sur ce tronçon d’une cinquantaine de kilomètres. Après 15 ans sans rénovation, l’infrastructure nécessitait d’importants travaux, à hauteur de 21 millions d’euros. L’État a pris en charge 40% des coûts, notamment pour la réfection du tunnel de Vanémont, menacé d’effondrement.
Dimanche 12 décembre, le train a repris la desserte entre Épinal et Saint-Dié, en présence du président de la Région Grand Est Jean Rottner, du Premier ministre Jean Castex et du ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari.
Rencontré lors de notre reportage en décembre 2018, Michel Florence tenait à ce que « ses trois petits enfants voient encore le train. » Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc
Plus de train, moins d’arrêt
Niveau cadencement, le service est amélioré. Avant les travaux, le train effectuait cinq allers-retours par jour en semaine. Il en fera désormais dix par jour, dont plusieurs trajets directs entre Épinal et Saint-Dié. Pour le président (LR) de la Région Grand Est, cité par le journal Le Monde, il s’agit de « proposer une réelle alternative à la voiture ». Jean Rottner décrit ainsi cette inauguration comme « le résultat d’une démarche de long-terme de la Région, qui a pour objectif de réenchanter le train. »
Pour le gouvernement aussi, cette réouverture de ligne est un symbole. En février 2020, il avait annoncé un investissement de six milliards d’euros sur dix ans pour sauver les « lignes de desserte fine du territoire. » L’État reprendra 1 400 kilomètres de lignes, un contrat de plan État-région doit permettre d’en réhabiliter 5 800 autres. Les régions devront s’occupent seules de 1 000 autres kilomètres de petites lignes.
Du côté du syndicat CGT Cheminots de Saint-Dié-des-Vosges, on se félicite de cette réouverture tout en soulignant l’absence de desserte des localités de Saint-Léonard et de Docelles-Cheniménil. « Les populations de ces territoires devront donc patienter avant obtenir une éventuelle satisfaction sur ces arrêts, celle-ci serait soumise à l’agenda de l’ouverture à la concurrence, au mieux en 2025″, regrette Gérard Coinchelin, le secrétaire de l’union locale CGT.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Dans le cadre d’un mouvement de grève nationale, les salariés de l’hypermarché d’Auchan Illkirch-Graffenstaden cesseront de travailler de 10 h à 12h jeudi 16 décembre. Ils réclament une revalorisation salariale immédiate de minimum 5% et l’amélioration de leurs conditions de travail.
Une intersyndicale CGT, CFDT, FO et SUD appelle les salariés d’Auchan de toute la France à faire grève jeudi 16 décembre de 10h à 12h. L’hypermarché Auchan d’Illkirch-Graffenstaden, qui compte environ 480 employés, va suivre cette mobilisation. Pâtissier à Auchan depuis 29 ans et délégué syndical CGT, Joël Munier précise :
« Nous réclamons une revalorisation salariale immédiate à hauteur de 5% minimum. Pour l’instant, la direction propose une augmentation de 2,2% alors que l’inflation est de 2,8%… On souhaiterait obtenir une base de 1 850 euros brut pour un salarié qui rentre dans l’entreprise. »
Hypermarché Auchan d’Illkirch-Graffenstaden, situé route de Strasbourg. Photo : Capture d’écran Google Street View
« On doit pouvoir aider un client pour des croquettes alors qu’on est à la boucherie »
Ce mouvement de grève se limite à deux heures « pour ne pas trop pénaliser les employés sur leurs salaires », note Fred Schwaller, caviste au Auchan d’Illkirch-Graffenstaden et suppléant CGT. Une mobilisation qui porte aussi sur l’amélioration des conditions de travail. Fred Schwaller explique :
« Nos conditions de travail se sont largement dégradées, encore plus pendant la crise du coronavirus. On nous demande toujours plus de polyvalence. Aujourd’hui, on doit pouvoir aider un client pour des croquettes alors qu’on est à la boucherie. Ça devient difficile de sourire devant les clients alors que ça ne va plus… »
Mardi 14 décembre
Des salariés de l’hypermarché Auchan de Hautepierre feront aussi grève vendredi 17 décembre, toute la journée. David Colino, employé aux fruits et légumes depuis 14 ans à Auchan Hautepierre et délégué syndical Force Ouvrière, précise : « On sera sûrement le seul Auchan de Strasbourg à se mobiliser ce jour-là. »
« Je vous chie à la raie. » P., 15 ans, a invectivé sur Facebook la préfète du Grand Est, Josiane Chevalier, le 9 décembre. Le lendemain, la police était chez lui pour l’arrêter. Il sera jugé le 5 janvier pour menace de mort et injure publique.
Jeudi 9 décembre, P. (son initiale), découvre sur Actu.fr que les jeunes de moins de 16 ans seront soumis à un couvre feu pour Nouvel an après 22h, à Strasbourg et alentours. Une décision prise par la préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier pour prévenir les violences lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Vers 21h30, l’apprenti boulanger de 15 ans publie sur son profil Facebook :
« Josiane Chevalier, couvre feu à 22h le soir de nouvel an pour les moins de 16 ans, sérieux ? Je vous chie à la raie vous et votre couvre feu. »
Une autre personne commente : « Chevalier au fond du Rhin ». À ce commentaire, P. répond : « Au fond d’un trou dans un cimetière plutôt ».
Le lendemain, vendredi 10 décembre à 20h30, P. lance une vidéo en direct sur Facebook depuis la patinoire de Strasbourg dans laquelle il annonce :
« Mon père m’a dit de rentrer, il y a la police qui est chez moi, ils sont entrain de fouiller ma chambre suite aux commentaires et au post Facebook contre la préfète que j’ai fait. »
« Vous êtes placé en garde à vue pour menace de mort »
À 20h49, il diffuse une nouvelle vidéo en direct sur Facebook. « La police est chez moi, dans mon appartement. Je ne veux pas que mes parents subissent quelque chose de mauvais. » On le voit monter un petit escalier et franchir le pas de sa porte pour entrer chez lui.
Des policiers l’accueillent. L’un d’eux prend la parole :
« Il est 20h50, vous êtes placé en garde à vue pour menace de mort. Vous voyez de quoi je parle ? Ton téléphone, tu me le donnes. J’espère que t’es pas en train de filmer sinon ça va m’énerver. »
La vidéo s’arrête. P. est connu pour filmer régulièrement les manifestations strasbourgeoises. Il est engagé notamment contre le gouvernement actuel et les violences policières. Il publie très régulièrement ses vidéos depuis plus d’un an sur son profil personnel Facebook avec 250 « amis » et sur Snapchat. Joint au téléphone, il raconte :
« Ils ont retourné ma chambre, fouillé mon ordinateur, mon téléphone et mes cartes mémoire. J’ai passé la nuit au commissariat. Ils m’ont permis de voir un médecin et m’ont interrogé vers 11h30. Je leur ai tout dit. De toute façon, c’était sur Facebook. On a supprimé mon post et les commentaires à ce moment là. Je suis ressorti vers 14h30, après presque 18 heures de garde à vue. »
« Des insultes sur les réseaux, il y en a des milliers tous les jours »
Le jeune homme est libéré avec une convocation, que Rue89 Strasbourg a pu consulter, pour un « jugement devant le juge des enfants » le 5 janvier. Il est poursuivi pour « menace de mort » et « injure publique » à l’encontre de Josiane Chevalier, préfète du Bas-Rhin. Me Emmanuelle Florentin, qui le représentera, n’a pas souhaité répondre à nos questions, même chose pour la police nationale.
P. s’étonne des conséquences de ses propos :
« J’ai dépassé les limites de la liberté d’expression, ok. Mais perquisitionner un jeune chez sa famille, à 21h un vendredi soir, je pense que c’est abusé. C’est choquant pour mes parents. Des insultes sur les réseaux sociaux, il y en a des milliers tous les jours. J’ai sincèrement l’impression qu’ils voulaient me faire taire parce que je suis un militant. »