Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Licenciées après un article de Rue89 Strasbourg, elles dénoncent un « management violent » à Horizon Amitié

Licenciées après un article de Rue89 Strasbourg, elles dénoncent un « management violent » à Horizon Amitié

Le 15 novembre 2019, Rue89 Strasbourg publiait un reportage dans un foyer pour demandeurs d’asile géré par Horizon Amitié. Peu après, trois éducatrices spécialisées étaient licenciées. Elles estiment que leur direction a voulu se venger de l’article en pensant qu’elles en étaient responsables. Elles décrivent la gestion du personnel au sein de cette grande association caritative strasbourgeoise.

Louise (tous les prénoms ont été modifiés, pour les protéger) n’apprécie pas de se replonger dans la période de juin à décembre 2019, lorsqu’elle travaillait pour Horizon Amitié : « Il y avait toujours la menace du licenciement qui planait. »

Cette association caritative strasbourgeoise compte 200 salariés, 12 millions d’euros abondés par l’État et gère notamment des foyers d’hébergement depuis 46 ans. L’éducatrice spécialisée était affectée dans un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile à Lingolsheim. Elle a été licenciée à l’automne, peu après la parution d’un article de Rue89 Strasbourg qui révélait les conditions de vie des résidents de ce même centre.

Dans le mois qui a suivi la publication de notre enquête, 3 salariées du foyer, sur une dizaine au total à ce moment là, ont été licenciées, avec des motifs « très contestables, voire fallacieux » selon Louise. Pour Romane, aussi limogée, « ça sonne comme une vengeance après l’exposition médiatique qui a entaché l’image de l’association » :

« Méthodiquement, la direction a évincé une partie de l’équipe. Ils pensaient que nous avions provoqué l’article mais c’est faux. Nous l’avons découvert en même temps qu’eux. Il y a souvent eu des échanges tendus entre nous et certains cadres mais c’est parce que nous étions très attachées à notre travail, à nos convictions, et que nous voulions bien traiter les usagers. Par exemple, nous refusions systématiquement de fouiller les chambres sans l’autorisation des résidents, alors qu’on nous le demandait. On trouvait ça inhumain et inutile. Notre attitude faisait de nous les suspects parfaits. »

Un reportage décidé en interne chez Rue89 Strasbourg

En octobre 2019, le camp des Ducs d’Alsace entre Hautepierre et Cronenbourg, où vivent plus de 230 demandeurs d’asile, est démantelé par les services de l’État. À l’époque, Rue89 Strasbourg suit la situation de ces réfugiés depuis quelques semaines. Après des évacuations à répétition de camps de sans-abris, nous décidons d’enquêter sur leur prise en charge dans des foyers dédiés.

Dans ce cadre, le samedi 26 octobre, vers 14h, l’auteur de ces lignes se rend au centre d’hébergement d’urgence de demandeurs d’asile (HUDA) à Lingolsheim, géré par l’association Horizon Amitié. Sur place, 17 familles qui vivaient au camp du Duc d’Alsace viennent d’être logées. Il y constate leurs conditions de vie, prend des photos à l’intérieur, discute avec plusieurs résidents, souvent en français, parfois en anglais. Il quitte les lieux, peu après 15h, sans croiser de membres du personnel de l’établissement.

Photo de l’HUDA de Lingolsheim prise lors du reportage du 26 octobre. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Deux semaines après, nous publions un article qui met en évidence un cadre de vie difficile dans cet HUDA : couvre feu à 21h, surface par habitant parfois en dessous de la norme fixée par le cadre légal, équipement insuffisant pour cuisiner, absence de chauffage dans certaines chambres… Suite à nos révélations, des chauffages d’appoint sont achetés en urgence racontent les trois salariées licenciées. « Les cadres étaient en colère et nous posaient des questions sur notre responsabilité dans la réalisation du reportage, » se souviennent-elles.

Un premier avertissement trois jours après la parution de l’article

Le 18 novembre, trois jours après la parution, Charlotte, qui travaille dans le centre depuis mai 2019, est sanctionnée. Elle reçoit un avertissement pour « plainte d’une surcharge de travail à la limite du burn-out alors que l’activité accusait une baisse considérable sur la période concernée », indique la lettre. Quelques semaines plus tôt, le 23 octobre, elle avait eu un entretien préalable pour le même motif, suite à sa plainte.

La travailleuse sociale interroge le timing de l’envoi de cet avertissement :

« En théorie, nous recevons tous les courriers très rapidement. Cet avertissement sort comme par hasard juste après la parution de l’article, presqu’un mois après l’entretien, alors que tout laissait penser qu’il n’y aurait pas de suite. Ils ont juste sauté sur l’occasion, pour avoir un prétexte de licenciement. »

Charlotte a consulté une psychologue clinicienne à quatre reprises, le 19 septembre, le 10 octobre, le 21 novembre et le 4 décembre 2019. Dans une attestation datée du 8 mars 2020, la praticienne assure que l’ancienne salariée d’Horizon Amitié a développé des troubles du sommeil qui ont évolué vers un trouble anxio-dépressif à cause de ses conditions de travail. « En plus de la pression exercée par les cadres, même nos bureaux étaient délabrés. Je vivais de plus en plus mal ce contexte et mon licenciement a été le coup de grâce », raconte Charlotte.

Des motifs de licenciement contestés

Après la lettre, les événements s’enchaînent rapidement. Le 26 novembre, elle reçoit une notification de mise à pied et elle est convoquée à un entretien préalable au licenciement le 6 décembre. Le 13 décembre, Charlotte reçoit une notification de licenciement avec pour motif : « Opposition à un responsable hiérarchique ayant pour effet de conduire à des actes d’insubordination. » D’après le code du travail, tout licenciement pour motif disciplinaire doit avoir une « cause réelle et sérieuse ». Ses motivations doivent être matériellement vérifiables. Une attestation de témoin peut faire office de preuve. Là, selon Charlotte, la directrice des ressources humaines lui a simplement dit à l’oral que des salariés auraient attesté qu’elle avait fait preuve d’insubordination. Malgré sa demande, elle dit n’avoir jamais eu accès à ces attestations et ne sait toujours pas quels sont les faits reprochés.

« Je n’ai jamais procédé à ces enregistrements »

Le 28 novembre, Romane, une autre salariée du centre, reçoit de son côté une notification de mise à pied. Le 13 décembre, son licenciement lui est notifié pour « manquement à une obligation de loyauté à l’égard de son employeur, faits notamment caractérisés par des enregistrements clandestins de réunion ». Romane a appris de la direction, toujours à l’oral, qu’un « autre salarié, » aurait réalisé l’attestation de témoin de ces actes. Elle n’a pas pu la consulter et conteste les faits :

« Je n’ai jamais procédé à ces enregistrements, mais comment le prouver ? »

Rue89 Strasbourg dément le motif de licenciement d’une des salariées

Trois collègues de Romane ont réalisé des attestations pour la soutenir. Rue89 Strasbourg y a eu accès. Par exemple, Ambre dit n’avoir « jamais été témoin d’un quelconque acte pouvant montrer qu’elle effectuait des enregistrements. » Simon apporte le même témoignage. De fausses déclarations les exposeraient à des sanctions pénales lourdes.

La troisième salariée, Louise, a reçu sa notification de licenciement le 4 décembre. Motif : réalisation de « prises de vue diffusées par un journal, » en l’occurrence Rue89 Strasbourg. Nous démentons cette version des faits : toutes les photos publiées dans l’article ont été prises lors du reportage du 26 octobre. Ce jour-là, Louise ne travaillait pas et n’était donc pas sur les lieux. Elle témoigne avoir souffert de la situation : « Encore maintenant, j’ai mal au ventre quand j’en parle. J’ai fait des crises d’angoisse après mon licenciement. » Son médecin traitant certifie l’avoir examinée les 14 novembre, 25 novembre et 2 décembre. Il lui a même prescrit un arrêt maladie pour anxiété du 25 novembre au 1 décembre, soit quelques jours avant son licenciement.

11 licenciements et 24 entretiens disciplinaires en 6 mois

Plus généralement, dans un tract à destination des salariés, la section CGT de Horizon Amitié dénonce un « management violent » et un « turn-over très important dans plusieurs services ». De début septembre 2019 à fin février 2020, le syndicat a dénombré 24 entretiens disciplinaires, 3 mises à pied, 11 licenciements ou fin de période d’essai et 8 procès devant le tribunal des prud’hommes. Les représentants du personnel écrivent avoir lancé des droits d’alerte, mais « aucun n’a été pris en compte malgré les interventions de la médecine du travail et de l’inspecteur du travail ».

Contactées par téléphone, la directrice générale, Amina Bouchra, et la directrice des ressources humaines, Gwendoline Braun, n’ont pas souhaité s’exprimer sur les licenciements afin de respecter la « confidentialité professionnelle et l’intimité des salariées ». Pour la même raison, il n’a pas été possible de savoir pourquoi les témoignages d’autres salariés contre les trois femmes ne leur ont jamais été fournis.

Amina Bouchra et Gwendoline Braun assurent cependant qu’il n’y a pas eu de « vengeance suite à la parution de l’article et que toutes les procédures engagées par l’association respectent le Code du travail. » Pour ce qui est des accusations sur le management, les cadres de l’association rétorquent que « le dialogue social fonctionne chez Horizon Amitié. »

Dernièrement, une agression au couteau dans le foyer

Dans ce foyer pour demandeur d’asile à Lingolsheim, une agression au couteau par une jeune résidente a eu lieu lundi 27 juillet. Le bilan est de 5 blessés, dont un habitant gravement atteint au foie. Un travailleur social a aussi été touché.

Les trois salariées licenciées avaient alerté leur direction sur de tels risques. Le 3 septembre 2019, dans le compte-rendu d’une réunion d’équipe où sont présents des cheffes de service, on peut lire que « les salariées se sentent en insécurité » à cause du sous-effectif. Charlotte en témoigne :

« Le week-end en journée et tous les soirs de la semaine de 18h à 21h, il n’y avait dans le centre qu’une seule salariée, une travailleuse sociale en l’occurrence, pour encadrer plus de 170 personnes. La journée, il n’y avait aucun agent de sécurité, la nuit, il n’y en avait qu’un seul. Dans cette situation, certains problèmes de sécurité sont absolument ingérables. En plus, les tensions sont favorisées par le fait que les résidents vivent les uns sur les autres, ou encore par l’insuffisance de matériel pour cuisiner. Nos alertes n’ont débouché sur aucune décision concrète. »

Les trois ex-salariées ont fait valoir leurs droits devant les prud’hommes pour licenciement abusif et harcèlement moral. La date d’audience n’est pas encore fixée. « Et dire qu’il s’agit d’une association caritative », soupire Romane. Les trois femmes ont retrouvé un emploi, deux dans d’autres structures d’aide sociale et la troisième dans une entreprise privée.

Pendant 10 jours, les Bibliothèques idéales comme outils de résistance

Pendant 10 jours, les Bibliothèques idéales comme outils de résistance

Les Bibliothèques Idéales marquent la rentrée strasbourgeoise, du 3 au 13 septembre. Confiné à la Cité de la musique et de la danse, le festival littéraire rassemble des auteurs, des politiques ou des journalistes pour évoquer le féminisme, l’économie ou les droits civiques… Une littérature active pour penser et agir dans un monde contemporain en manque de direction.

Le festival des Bibliothèques idéales accompagne la rentrée littéraire et lance la rentrée strasbourgeoise. Malgré le coronavirus, la Ville de Strasbourg a tenu à ce rendez-vous culturel et intellectuel du 3 au 13 septembre, principalement à la Cité de la musique et de la danse. Mais le festival a dû composer avec des contraintes sanitaires qui ont réduit sa jauge de moitié et obligent le public à s’inscrire avant chaque rendez-vous. Tant pis pour la spontanéité et les découvertes de dernière minute, mais la survie du festival était à ce prix.

Les luttes féministes au rendez-vous

Plusieurs événement dédiés aux mouvements féministes apparaissent comme des temps forts des Bibliothèques Idéales. Avec Ne nous libérez pas, on s’en charge. Manifeste féministe jeudi 10 septembre, trois intellectuelles féministes proposent un temps de découverte enrichi de références. Représentation dans les médias, histoire de l’émancipation des femmes, ce manifeste promet de tout mettre entre les mains de son audience.

La rencontre avec Camille Laurens, dimanche 13 septembre pour son roman Fille est complémentaire. Ce que les études et références exposent comme réalités sociologiques, ce roman le retrace à travers la vie d’une femme, singulière et en même temps représentative d’une norme. Il se concentre notamment sur la construction identitaire que les enfants suivent, en fonction du genre auquel on les cantonne, et de tous les stéréotypes qui sont lentement inculqués dans leur inconscients. D’autres rencontres traitent aussi de la lutte pour les droits des femmes et le festival se positionne clairement pour que ces réflexions ne soit plus contestées dans leur légitimité dans le débat public.

Des sonorités pour que résonnent les textes

Déjà connu pour de nombreuses créations, musicales comme cinématographiques, le rappeur Gringe présente un livre sur un sujet auquel le public ne l’attendait peut être pas. Il parle de son frère et de sa maladie, la schizophrénie, de comment elle est venue bouleverser leur famille.

La présence d’un rappeur dans la programmation n’est pas surprenante, car les Bibliothèques idéales mélangent les horizons culturels, de la littérature à la musique. Ainsi Maskat donnera un concert samedi 12 septembre, dédié à l’improvisation et aux inventions langagières, une expérience déroutante et polyglotte.

Une table ronde des Bibliothèques idéales en 2019 Photo : Alban Hefti / doc remis

En refusant de se cantonner à une littérature de salon, le festival cherche à réinventer, en plus des textes, les façons de les partager. C’est ainsi que la conteuse Fatou Ba et le musicien Mathieu Goust animeront un atelier dans quatre médiathèques. Les participants seront invités à choisir des contes et à occuper la place de lecteur, dans un processus de découverte à tâtons. Pour approfondir cet exercice, Le son de lecture propose un guide pratique de lecture à haute voix. Comment se tenir face à un public, comment savourer les mots et comment redécouvrir chez des auteurs que l’on pensait connaitre une saveur nouvelle, celle de l’oralité.

Pour compléter ces temps forts, les stations de tram du réseau CTS seront les scènes de courtes lectures données par des musiciens, des comédiens et des bibliothécaires. De cette manière, les Bibliothèques idéales viennent chercher celles et ceux qui ne se sont pas encore aventurés dans leurs rayonnages.

Écrire pour résister et pour se souvenir

Une rencontre avec Alain Mabanckou sera une des nombreuses occasions du festival de se saisir d’une littérature profondément politique. Alors que les mouvements pour les droits civiques des afro-américains (Black Lives Matter) agitent les esprits jusque sur le sol français, la littérature se saisit du sujet tout autant que la rue ou que la politique. L’auteur et enseignant californien Alain Mabanckou, spécialiste de littérature française, réfléchit sur l’imaginaire colonial qui a structuré la perception occidentale de l’Afrique. Il étudie ses vestiges et les répercussions que ces récits coloniaux ont sur la société. Dans ces démarches, la littérature réaffirme son pouvoir, non seulement de conserver la mémoire des déchirures et des souffrances mais également de jeter un pont de compréhension et d’empathie sur des sujets chargés d’histoire.

Le ton de la majeure partie des événements du festival est clairement engagé, avec des valeurs fortes. Qu’il s’agisse d’écologie et d’anticapitalisme, des tabous qui entourent la vieillesse ou encore des menaces qui pèsent sur les libertés individuelles, au sein d’une société où les chocs et angoisses poussent à restreindre les droits au profit de la sécurité. Encore une fois, par la sélection hétéroclite de ses invités et par la force des thématiques mises à l’honneur, les Bibliothèques idéales affirment leur rôle politique, dans le sens le plus noble du terme. Il s’agit de se servir des livres pour penser et améliorer l’ensemble de la société.

La médecin bas-rhinoise contre le port du masque attend toujours sa suspension

La médecin bas-rhinoise contre le port du masque attend toujours sa suspension

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#antimasque

Généralisation du port du masque : le couple maire / préfet se fissure

Généralisation du port du masque : le couple maire / préfet se fissure

Sur fond de cacophonie, le port du masque obligatoire dans les villes bas-rhinoises de plus de 10 000 habitants décidé par la préfecture a mis en évidence la difficile coordination entre les décisions de l’État et les élus locaux dans la gestion de l’épidémie.

En devancant l’annonce imminente du port du masque obligatoire dans les communes bas-rhinoises de plus de 10 000 habitants, Pia Imbs, la nouvelle présidente (sans étiquette) de l’Eurométropole, a considérablement agité la matinée au conseil de l’Eurométropole et en préfecture.

Maladresse, incompréhension, coup de pression public sur la préfète Josiane Chevalier ? La prise de parole de Pia Imbs est arrivée à 9h35, après un point d’information jusque-là plutôt anodin sur la situation sanitaire. Elle a été appuyée par la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), qui indique n’avoir eu la « confirmation » qu’à 9h05, juste avant le début de la séance. Et ce en dépit d’échanges quotidiens avec la représentante de l’État, y compris la veille.

Remontrances en direct

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Au conseil de l’Eurométropole, un rapport de force à préciser

Au conseil de l’Eurométropole, un rapport de force à préciser

La nouvelle majorité de Pia Imbs va voter ses premières mesures, notamment sur les transports en commun. Avant cela, la question des rémunération devrait animer le début de séance. À suivre en direct à partir de 9h.

La fin de l’été marque le premier « vrai » conseil eurométropolitain par Pia Imbs, la maire de Holtzheim et nouvelle présidente sans étiquette. Les premiers débats devraient tourner autour des indemnités des élus. Surtout qu’au-delà des rémunérations légèrement revue à la baisse pour la présidente (5 260€/mois), et celle des 20 vice-présidents et vice-présidentes (2 605€/mois, environ 200€ de plus que les adjoints strasbourgeois), il sera entre autres question des nominations dans les sociétés de la collectivité (CTS, R-GDS, Strasbourg-Événéments, etc.).

Comme certaines présidences sont rémunérées, c’est un moyen pour compléter et élargir sa majorité. Fidèle à son principe de répartition maximale des responsabilités entre élus, la majorité écologiste souhaite que ces présidences soient au maximum confiées à des élus qui ne sont ni adjoint, ni vice-président, ce qui était pas le cas au mandat précédent.

Les rémunérations sont votées dans les conseils d’administration de ces sociétés d’économie mixte, mais la ville réglemente le plafond maximal. La majorité n’a pas rompu avec cette pratique bien commode. La limite a cependant été abaissée à 1 500 euros nets par mois, contre 2 477€ lors du mandat précédent. L’opposition a demandé « la transparence » sur ces sujets et la disponibilité que nécessitent ces mandats. L’argent est un sujet toujours sensible en politique.

De plus, la majorité va avoir des conseillers eurométropolitains « délégués ». Contrairement au mandat précédent, ils percevront une majoration de 500€ à l’indemnité de base de 1089€ de chaque élu. Parmi eux, on retrouve des piliers de la majorité strasbourgeoise Alexandre Feltz (Sport-Santé), Joël Steffen (tourisme et artisanat), Marc Hoffsess (transition énergétique) et Aurélie Kosman (géomatique et domaines), aux côtés d’élus d’autres communes.

Quel rapport de force ?

Les groupes politiques devraient être constitués lors de cette séance, ce qui permettra d’avoir un panorama de la majorité et de l’opposition. Pia Imbs a été élue par 59 voix, mais certains maires pourraient être tentés de se rapprocher de l’exécutif. La 2è vice-présidente Danielle Dambach, maire de Schiltigheim, a par exemple été élue avec 70 voix, le meilleur score. Autre intrigue, comment s’organiseront les Socialistes après leur vote divisé en juillet ?

Lors de la séance initiale, c’est notamment le maire de Wolfisheim, Éric Amiet (LR), qui a porté la contradiction. D’autres élus, comme ceux de la droite strasbourgeoise, pourraient aussi se positionner.

Le périmètre de la majorité sera entièrement bouclé à l’issue de la séance. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Un peu d’économie et de transports en commun

Deux délibérations (point 27 et 28) sur des dispositifs économiques doivent aussi être votés. Comme il s’agit de l’un des domaines de prédilection de la droite, elle pourrait les retenir. Il s’agit de programmes dans la « Santé de demain », un autre pour aider les petites entreprises à développer leur activité en ligne (dispositif Beecome) et d’un fonds de soutien aux communes et associations. Ils ont été amorcés pendant la crise sanitaire, par l’équipe précédente.

Avant cela (point 16 et 17), l’assemblée des 33 communes votera également la gratuité des transports en commun pendant 6 samedis de la rentrée (du 29 août au 3 octobre), présenté comme un geste de « relance des commerces strasbourgeois, mais aussi de l’ensemble du territoire métropolitain » dixit Pia Imbs. La gratuité lors des jours « d’alerte » et non « d’information » à la pollution sera également soumise aux 99 élus et élues.

À suivre en direct-vidéo à partir de 9h.

Les drag queens strasbourgeoises sortent de la nuit

Les drag queens strasbourgeoises sortent de la nuit

Depuis trois ans, le milieu drag strasbourgeois vit une petite renaissance, avec l’arrivée d’une nouvelle génération créative et hyper-connectée. Rue89 Strasbourg a rencontré des membres de cette petite communauté qui s’ouvre au grand public et repose encore sur des codes précis et une tradition d’entraide. 

« Entre 1993 et 2017, il n’y avait quasiment pas de drag à Strasbourg », rigole Nöxïmä, 1m80, le bouc bien taillé, la peau matte. La diva à l’univers « souk, cabaret, oriental » connaît très bien l’Histoire drag de la ville car elle était là dès les débuts. L’âge d’or strasbourgeois correspond à la période faste du Drag (pour « Dressed As a Girl ») dans le reste du pays : dans les années 80 et 90. Le monde de la nuit d’alors met en scène des « ballrooms », des shows où des « maisons » s’affrontent lors de défilés endiablés ou de chants en « lipsync » (en play-back).

À ce moment-là, la jeune Nöxïmä est de toutes les soirées, avant de faire une longue pause. C’est que sa famille ne voyait pas d’un très bon œil sa deuxième vie :

« Je suis rentrée chez moi après une énième after, mal démaquillée. Et ma mère m’a dit : il faut que tu arrêtes. Par pudeur, j’ai arrêté 20 ans. »

Tenue, maquillage et autres talents : des artistes complètes

Elle redevient Nordine à plein temps, travaille dans le tourisme et la restauration. Mais la scène lui manque. Elle rechausse les talons au début des années 2010 et crée la « House of Marley », dont elle deviendra la « mother ». C’est en partie à elle qu’on doit le retour des shows drag à Strasbourg : en 2017, elle lance les soirées The Crazïness Ball Show au So Crazy (ex-Spyl), l’établissement LGBT de l’Esplanade, en s’appuyant sur Amanda La Grande et L-ïxyr, autres membres de la scène drag strasbourgeoise.

Le principe ? Un peu comme un « Open Mic » ou un « Talent Show », mais pour les plus extravagantes des créatures. Elles sont invitées à se montrer, à défiler, à créer des tableaux musicaux ou à faire du lipsync.

Bleu, Rose et Roynita : le Coven est une toute jeune confrérie qui se fait sa place dans le milieu drag strasbourgeois. Photo : doc remis

Les candidates rivalisent de créativité, à commencer par les tenues : perruques, bas, collants, soutiens-gorges, corsets… Et puis, il y a le maquillage, incontournable pour se mettre dans la peau de son alter ego féminin et extravagant. « J’ai déjà mis 8 heures pour un maquillage », raconte Stéphane, alias Rose Tental. La vingtaine, barman, il se produit depuis un peu plus d’un an, dans un univers « très fantastique, style horreur glamour ».

Interpréter une drag, c’est trouver un personnage : excentrique, sexy, « trash », plus sage ou gothique… Il y en a pour tous les goûts. Grâce aux Crazïness, tous les derniers samedis du mois (quand il n’y a pas de pandémie), des « baby-drags » (comme les appellent Nöxïmä) se découvrent une vocation. C’est ainsi que sont arrivés ceux qui allaient devenir Ämnésïa et Maÿbe Marley, les « filles » de Nöxïmä.

Passer le cap grâce à des rencontres

Guillaume (Maÿbe), 26 ans, qui travaille en indépendant dans le design, s’est toujours « senti attiré » par le milieu des soirées, « sans jamais [se] dire qu’[il] allait devenir drag-queen ». C’était sans compter sur la volonté des queens installées de prendre les jeunes sous leur aile. Au Spyl, il croise régulièrement Nöxïmä, qui l’a tout de suite remarqué :

« Je la voyais graviter dans cette sphère, elle avait un vrai œil, une culture que je partage, une connaissance des bases du drag. Je l’ai aidée une première fois sur le make-up mais elle s’est très vite débrouillée toute seule. »

Maÿbe confirme que le milieu drag est une histoire de relations et de rencontres. Tout le monde peut y entrer mais il vaut mieux se faire « marrainer ».

La House of Marley, avec, de gauche à droite, Ämnésïa, Maÿbe et Nöxïmä Photo : House of Marley / doc remis

« Une confrérie de sorcières »

Roynita (ou Nicolas à la ville) est une autre nouvelle drag queen. À peine plus âgé que Stéphane et responsable de gestion à la Ville de Strasbourg, il a également débuté en allant aux soirées d’Amanda La Grande au Spyl. C’est à travers cette dernière qu’il a rencontré Rose Tental, qui raconte :

« J’allais souvent au Spyl. C’est Amanda qui m’a donné envie de faire ça, pour le côté artistique, créatif. Elle m’a encouragée, elle nous laissait briller. Et puis je me suis retrouvée en finale d’un lipsync avec Roynita. Au début on ne s’aimait pas ! Et à force de se voir à des soirées, on a décidé qu’on allait créer quelque chose ensemble. »

Ainsi est née leur « house », le Coven, « une confrérie de sorcières avec chacune son style ». Roynita est le pendant solaire de Rose, « une party-girl qui fout le feu » avec ses hauts transparents ou flashys, fluos, ses accessoires et faux ongles qui brillent dans le noir. Dans le Coven, il y a aussi Blue, « la barbie du groupe, » rigole Rose.

Roynita concocte ses tenues avec des habits et accessoires trouvés sur Internet Photo : The Coven

Ensemble, ils se sont un jour rendus en drag à l’Elastic bar pour la soirée de projection du film Rocky Horror Picture Show. Le patron les a encouragés à revenir. Depuis la rentrée 2019, ils organisent une soirée une fois tous les deux mois dans ce bar de la Krutenau. Quand ils ne sont pas à l’Elastic, il y a souvent une soirée dans un autre bar (le Spyl, le Korrigan…). Des soirées thématiques (« The Darknet », « Pyjama Party »…) où elles font le show et où elles invitent parfois les autres « queens » de Strasbourg.

Des centaines d’euros pour une tenue

Les trois artistes se soutiennent et se donne des astuces sur « la logistique ». Car comment trouver ses tenues et accessoires quand on débute ? Rose raconte son passage de la débrouille au stylisme :

« J’allais dans les friperies puis dans le prêt-à-porter. Sinon, le meilleur ami des drags, c’est… Aliexpress (un site de vente en ligne de produits à bas prix, NDLR). Mais maintenant, je demande des choses sur mesure à des créateurs que je connais. Et je fais coiffer mes perruques. Ça coûte très, très cher. »

Pour se « looker » des pieds à la tête, Rose peut compter jusqu’à 600 euros :

« Je donne tout là-dedans, je mets 75% de mon salaire de barman. Je pense que je vais apprendre à coudre, ça me coûtera moins cher. »

Rose est la version plus confiante de Stéphane, qui se cache derrière un maquillage travaillé Photo : The Coven

De son côté, Nicolas (Roynita) raconte avoir plus de vêtements pour sa drag que pour lui. Il compose ses tenues principalement à partir d’Internet, en « tapant dans les grandes tailles » sur des sites comme Dolls Kill, qui propose des vêtements à univers glam, punk et pop trash.

« Le prolongement de Stéphane, c’est Rose »

C’est la passion qui les porte car la plupart du temps, les soirées ne sont pas rentables, « sauf à remettre très souvent les même tenues », explique Rose. Malgré ces énormes investissements, les deux acolytes n’arrêteraient pour rien au monde. Le drag, c’est à la fois une seconde vie et une soupape, raconte Stéphane :

« Le prolongement de Stéphane, c’est Rose. C’est tout ce que je ne peux pas faire dans la vie. Rose a cette confiance, elle arrive plus facilement à “remballer quelqu’un” qui la saoule. »

Il raconte avoir demandé très jeune à sa mère pourquoi les garçons ne mettaient pas de jupes. Pendant longtemps, il a porté du vernis, des faux ongles, un peu de maquillage dans sa vie de tous les jours. Et puis, il a « mis tout [s]on féminin dans la drag queen. »

Nöxïmä veut décloisonner la scène drag Photo : House of Marley

« Aimer les choses extravagantes »

Nöxïmä se voit davantage comme une meneuse de revue que comme une drag queen interprétant la féminité. Elle cherche « l’excitation, le délire », et aime à rappeler que :

« Être une drag queen ce n’est pas être une femme, c’est aimer les choses extravagantes. »

C’est aussi cette soupape que recherche Guillaume, alias Maÿbe Marley. jeune homme discret, qui dégage une gentillesse solaire. Nöxïmä dit de lui qu’il a un côté académique et que la drag queen lui permet de lâcher prise. Son protégé confirme :

« J’ai toujours eu envie de créer quelque chose, sans vraiment savoir comment. Le drag allie la danse, la création en tout genre, la musique… C’est un parfait complément d’une pratique plus rigide dans la vie de tous les jours. Ça permet de faire des choses qu’on ne ferait pas par ailleurs. »

En l’occurrence, expérimenter un style « arty, design, avec des influences disco et nineties« , porter de grandes perruques bouclées, souligner son regard bleu perçant avec un maquillage ciselé.

Maÿbe a intégré la House Marley à la faveur d’une première rencontre au Spyl Photo : House of Marley

Trouver la solidarité dans un milieu de compétition

Ainsi, la scène drag est un refuge pour ceux qui veulent exprimer leur féminité et leur créativité. Et le système des « house » répond à ce besoin de solidarité, voire de seconde famille, même si Nöxïmä préfère parler de « crew », d’équipe qui « avance ensemble. »

Les membres du Coven disent aussi qu’ils sont avant tout des amis qui prennent beaucoup de plaisir à s’amuser ensemble : 

« On se « looke » ensemble, on fait nos soirées ensemble, mais on se voit aussi en-dehors, on se fait des soirées crêpes. On est soudé. »

Elles regrettent une ambiance parfois trop « compétition » dans le milieu. Elles avancent qu’elles ont rapidement réussi à se faire une place et à se produire régulièrement, ce qui aurait suscité un peu de jalousie.

C’est ce que soulève Ruby Starlight, 19 ans, qui est arrivée récemment dans le milieu grâce aux soirées Crazïness. Derrière Ruby, il y a Thomas, étudiant en école d’esthétique et maquillage. Il regrette que la communauté drag ne se retrouve que lors des soirées concours et aimerait qu’il y ait un peu de « sisterhood », comme il le dit dans son accent anglais parfait (Thomas est franco-canadien) :

« C’était assez facile de s’intégrer au début. Ensuite je me suis professionnalisé et j’ai remarqué que certaines pouvaient me voir comme une menace. Mais en vrai, tout le monde a été ami au moins une fois ! »

Il estime que derrière une façade d’inclusion, il y a encore des problèmes d’intolérance :

« Quand on est une personne de couleur, il y a de la discrimination. On a peur de ne pas avoir autant d’opportunités, de ne pas être invité dans les shows. Bon, en même temps, je n’ai pas trop eu ces problèmes car je fais bien mon job. Mais ce n’est pas anodin d’être la seule drag noire de Strasbourg. »

La communauté est aussi en ligne

Comme Roynita et d’autres, Ruby Starlight a découvert le drag grâce à « RuPaul’s Drag Race », une émission de téléréalité américaine qui met en compétition des drag queens, animée par RuPaul, peut-être la plus célèbre drag queen contemporaine.

Ruby est de cette génération hyper connectée, qui s’inspire de ses homologues américaines présentes sur Netflix, Instagram, et Youtube. Rose, la vingtaine, évoque notamment la chaîne Youtube « Boys do it too », où de jeunes hommes proposent leurs meilleurs « tutos » drag. En France, c’est Cookie Kunty qui fait parler d’elle, une drag parisienne ayant fait des apparitions dans la série Scènes de ménage et dans la téléréalité Les Marseillais.

Ruby est une des plus jeunes queens de la scène drag strasbourgeoise Photo : @theonlyrubystarlight

C’est sur les réseaux sociaux, son domaine de prédilection, que Ruby trouve sa communauté. Elle raconte qu’on pourrait l’apparenter aux « Teen Drag », les jeunes drag queens mineures qui ne peuvent aller se produire en boîte de nuit. Elles se concentrent donc principalement sur le maquillage et les cheveux et mettent en scène leur personnage sur Instagram ou Tik Tok. Sur son compte Instagram, l’artiste affiche plus de 2 000 abonnés, qu’il chérit :

« Avec mes abonnés je crée du lien, je reconnais leurs noms, leurs photos, on a une sorte de relation en ligne. »

Cela suffit à Ruby d’être présente sur les réseaux, notamment car elle peut y gagner de l’argent. Son objectif est d’être créatrice de contenu pour des marques, ce qu’elle fait déjà avec la marque de maquillage Gerard cosmetics par exemple. Pour elle, c’est une évolution bienvenue pour le milieu :

« Il y a simplement diverses manière d’être une drag queen. Et c’est bien, car ainsi, nous sommes un peu partout. Moi ça me va très bien de rester à la maison et de gagner quand même ma vie comme ça. »

La pandémie du coronavirus lui a aussi montré qu’il était possible de faire des shows en ligne. Elle a sauté sur l’occasion. Cette période bien particulière lui a révélé la dualité entre les drag queens qu’elle appelle « old school » et la nouvelle génération. « Comment ont fait les “anciennes” pendant la crise, alors que tous les établissements étaient fermés ? », se demande-t-elle.

Show must go on

Du côté de la « mother » Nöxïmä Marley, le ton est plutôt au rassemblement, pour dépasser les clivages, les différences de style, d’âge, etc. Car au fond, se serrer les coudes et se soutenir ne peut être que bénéfique pour la communauté :

« Je pense qu’il faut aller aux soirées des autres, ne surtout pas lâcher le truc, la dynamique qui est en train de se créer. On peut avoir des opinions différentes, mais tant que le show continue, ça va. C’est le maître-mot de ce métier. »

Avec Ämnésïa, la House of Marley est au complet pour conquérir son public dans les lieux « mainstream » Photo : House of Marley

Une manière de changer un peu les mentalités d’un public qui a peut-être encore des a priori sur le monde de ces dames. Si le public est de plus en plus varié, attirant notamment « de plus en plus de filles hétéros, qui aiment le maquillage », comme le raconte Roynita, Rose témoigne d’une légère fébrilité dès qu’elles se produisent hors des lieux communautaires :

« On essaye d’aller dans de nombreux événements culturels. Je suis venue en drag au NL Contest, on a été présent pendant Strasbourg mon Amour, on a fait un bal des pompiers… Les réactions du grand public, c’est un peu 50 / 50. Il y a ceux qui veulent juste prendre des photos et il y a ceux qui veulent toucher, qui demandent si on est un mec, qui disent “Oh regarde, il y a des travelos”, ou qui essayent de regarder sous les jupes… »

« La drag queen n’est pas faite que pour la nuit »

Nöxïmä a fait de ce contact au grand public son credo. Elle affirme que « la drag queen n’est pas faite que pour la nuit » et que la communauté a tout à gagner à se montrer davantage :

« D’une certaine manière, à la House Marley, on milite pour le décloisonnement de la scène drag. S’il y a une house grand public, c’est la nôtre. »

En s’appuyant sur Maÿbe, elle organise de nombreux événements dans des endroits « mainstream », parfois en plein jour. Il y a eu les soirées au Cabaret Onirique, au bar Les Aviateurs, au bar du 7e art, au Wagon Souk, au cinéma Vox… Maÿbe a même organisé sa première soirée avec Captain Bretzel, la compagnie de bateaux sans permis, sur sa terrasse flottante dans l’éco-quartier Danube.

Pour Nöxïmä, qui est aussi intervenue au Conseil de l’Europe, son activité se résume à un postulat simple :

« Il n’y a pas de limite artistique. »

Gratuité des transports les jours de pollution : l’Eurométropole toujours pas dans l’anticipation

Gratuité des transports les jours de pollution : l’Eurométropole toujours pas dans l’anticipation

La nouvelle majorité ne va pas aussi loin qu’elle le pourrait, voire que ses engagements de campagne, sur la gratuité des transports en commun les jours de pollution.

Faut-il déclencher la gratuité des transports publics lors des pics de pollution ? La question fait désormais consensus à Strasbourg. Fabienne Keller l’a réclamée pour l’opposition de droite lors des mandats précédents, alors qu’un ticket pour voyager en illimité à 1,80€ était proposé. Autre demande, déclencher ces dispositifs plus tôt pour « anticiper » et donc peut-être atténuer ces épisodes, sur la base des projections d’Atmo Grand Est.

En fin de mandat, fin 2019, la majorité de Robert Herrman à l’Eurométropole avait pris une mesure minimale : la gratuité au bout de trois jours consécutifs au « seuil d’alerte », c’est-à-dire lorsque seuls les véhicules avec la vignette Crit’air 0, 1 ou 2 peuvent circuler. Une telle gratuité n’a pas été déclenchée depuis son vote, car les pics de pollution aussi longs sont désormais assez rares.

L’idée est reprise lors de la campagne des municipales. La plupart des listes, que ce soit LR ; LREM ou PS prennent position pour la gratuité lors des pics de pollution. Devant l’assemblée citoyenne qui vote le programme de la liste « Strasbourg écologiste et citoyenne » le 1er février, les colistiers écolos déclarent vouloir « anticiper » ces fameux pics avec la gratuité. Même si cela ne figure pas imprimé dans le programme distribué.

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Stras Défense, des rondes « sécuritaires, pas féministes » en collaboration avec la police

Stras Défense, des rondes « sécuritaires, pas féministes » en collaboration avec la police

Depuis cet été, un groupe de jeunes organise des rondes pour prévenir les agressions. Une initiative qui se présente comme citoyenne mais parmi ces Strasbourgeois, certains semblent en manque d’action et adopter une posture sécuritaire. Reportage lors de la deuxième virée nocturne.

Victor Faller, 22 ans, donne rendez-vous à 21h30 pour présenter « Stras Défense ». Sa deuxième ronde est prévue à 22h. Objectif « éviter le harcèlement de rue et de veiller à ce que toutes nuisances pouvant mettre en danger nos chers strasbourgeois soient autant que possible amoindries », selon la présentation de l’initiative sur le groupe Facebook.

À la terrasse de L’ami Schutz, le jeune diplômé en gestion explique comment lui est venu l’idée d’une telle initiative. Son discours est rodé :

« Je voyais sur Étudiants de Strasbourg (un groupe Facebook qui compte 70 000 membres) des témoignages de victimes d’agressions, filles ou garçons. Je me suis dit, ça commence à faire beaucoup, qu’est-ce qu’on pourrait faire ? Agir seul c’est délicat. Alors j’ai pensé à former des groupes et à aller sur le terrain. C’est pour agir nous-mêmes, en tant que citoyens. »

Victor Faller, fondateur de Stras Défense Photo : MB / Rue89 Strasbourg

Le 30 juillet, il fonde le groupe Facebook « Stras Défense » qui compte désormais autour de 860 membres. Une première réunion se tient dans la foulée, puis une première ronde nocturne le 7 août.

« L’objectif, c’est d’abord d’intimider »

Il est 22h, il fait nuit noire au square Louise Weiss. Cinq autres participants arrivent. D’allure sportive, ils ont entre 19 et 24 ans et sont étudiants ou tout juste diplômés. L’un d’entre eux porte un masque « pour ne pas être affiché ». Il donne son nom, « Martin », avec une intonation forcée et un regard appuyé vers Victor.

De son côté, Victor Faller déplore l’absence de filles :

« La dernière fois il y en avait deux. Ça permet éventuellement à une fille d’être rassurée quand elle en voit d’autres. »

Victor Faller, fondateur de Stras Défense

Avec l’aide de Martin, le seul participant à avoir été présent à la réunion comme la première ronde, Victor Faller donne les consignes pendant une vingtaine de minutes. « L’objectif c’est d’abord d’intimider et de calmer les agresseurs. Ensuite on prend en charge la victime et éventuellement on la raccompagne si elle n’est pas trop loin (de chez elle, ndlr). »

Le fondateur donne aussi un compte-rendu de son échange avec la police nationale, deux jours plus tôt, le 17 août. Ce sont les forces de l’ordre qui l’ont contacté. « Notre but n’est pas de les remplacer mais de les appuyer », répète-t-il à plusieurs occasions.

A gauche, Victor explique les règles à suivre lors d’une ronde, à droite Luc écoute attentivement. Photo : MB / Rue89 Strasbourg

Il ajoute d’autres consignes : « pas de couteaux, pas de bombes lacrymo non plus. » Un peu plus tard, il lâche : « C’est malheureux mais c’est comme ça ». Les participants approuvent.

La police leur a demandé de les appeler systématiquement, « même pour une insulte. » « Si quelqu’un crie une insulte et que la fille continue son chemin, on va quand même aller lui parler, pour qu’il ne se sente pas impuni », poursuit Victor Faller.

« On se sent tous un peu attaqués »

Le petit groupe se dirige enfin vers la gare. C’est là que ce sont déroulés la plupart des agressions partagées sur « Étudiants de Strasbourg ». Au bout de quelques minutes, le groupe se divise en deux « pour ne pas attirer l’attention ». Il est encore trop tôt pour la sortie des bars, les rues sont calmes.

C’est la première ronde pour quatre des six participants, dont Steven :

« On se sent un peu tous attaqués. Surtout que les femmes ne sont pas les seules agressées. Il y a aussi des garçons qui se font racketter. Si je peux aider à endiguer ce phénomène, j’ai envie d’offrir mon aide. »

Steven, membre de Stras Défense et participant à la ronde
Beaucoup de temps à errer sans rien faire en particulier Photo : MB / Rue89 Strasbourg

Derrière son masque, Martin raconte avoir déjà été confronté à des situations tendues :

« On permet l’arrestation des personnes qui posent problème. La première fois que je l’ai fait dans le cadre d’une initiative personnelle, un homme a mis un coup de poing à une fille, puis il a pris 4 mois. Je me suis dit que ça servait vraiment à quelque chose.« 

Martin, membre de Stras Défense et participant à la ronde

Un autre participant, Luc, est convaincu par l’aspect « apolitique » que revendique ce groupe :

« Le groupe, sa charte et la violence réduite au minimum, ça m’a paru clean. J’avais peur des dérives mais le témoignage de Victor après la première ronde m’a rassuré. »

Luc, membre de Stras Défense et participant à la ronde

Altercation devant la gare

Arrivés à la gare, les membres de Stras Défense repèrent une altercation. La situation est confuse. Un groupe de jeunes est en train d’invectiver un homme seul. Ils décident de lui venir en aide avant de comprendre que cet homme a frappé sa compagne et que l’autre groupe de jeunes est justement venu le stopper. L’homme violent et sa compagne quittent rapidement la scène et rentrent dans la gare. Voyant que la situation s’est calmée, le groupe de ronde s’éloigne. Ses membres surveillent tout de même de loin pendant que Martin reste en retrait pour appeler les forces de l’ordre.

Un groupe de jeune est venu porter secours à une femme se faisant agresser par son compagnon. Photo : MB / Rue89 Strasbourg

Assis sur un muret en attendant l’arrivée de la police le groupe reste vigilant à d’autres agressions. Martin a notamment repéré deux jeunes hommes :

« Les deux jeunes qui étaient là-bas déjà par deux fois je les ai surpris en train de harceler les filles et j’ai eu d’autre témoignages de personnes qui les ont reconnus aussi. Ils sont là tous les soirs, je suppose que c’est des guetteurs. »

Victor Faller ne les connait pas, mais il a un avis

« Ils sont connus de la justice mais comme ils sont mineurs, ils sont remis en liberté assez facilement. »

La gare est l’endroit où une bonne partie des agressions de rue ont eu lieu selon les témoignages.

L’équipe repart en petits groupes. Mais ils ne s’éloignent pas trop, ils déambulent sur la place de la gare. Ils se rejoignent, puis se dirigent vers le musée d’art moderne. Là-bas, rien ne se passe. L’itinéraire du soir ne passe pas par la place Sainte-Aurélie, lieu de tensions et d’agressions depuis le déconfinement.

Retour place de la gare. Lorsqu’ils repèrent un groupe d’agents de police, les jeunes hommes croient être à l’origine du contrôle et accélèrent dans leur direction. Mais les policiers leur répondent qu’ils ne sont pas là suite à leur appel. C’était un simple contrôle d’identité. Stras Défense repart.

Il est aux alentours de minuit, le groupe décide d’aller faire une pause dans un bar où ils comptent surveiller la rue depuis la terrasse.

« On ne veut pas de connotations politiques »

Pendant les rondes, plutôt calmes, les participants discutent beaucoup. En allant vers le centre-ville, les jeunes hommes font davantage connaissance. Les conversations tournent beaucoup autours des agressions sexuelles et du harcèlement de rue envers les femmes.

Pourtant le groupe n’est pas féministe, Martin est très clair sur ce point :

« On ne se revendique pas féministes, c’est un groupe apolitique. On est là pour la question de sécurité. C’est ouvert aux féministes mais on ne veut vraiment pas de connotations politiques. »

Retrouvailles sur les terrasses.

« La sécurité est plus une problématique de droite »

En passant devant la terrasse de l’Académie de la Bière, ils retrouvent par hasard Nicolas. Ce jeune adulte était présent à la réunion d’organisation. D’abord sympathique envers le groupe, il souligne les efforts faits pour « dépasser les idéologies de chacun » afin de défendre un but commun, « protéger les gens qu’on aime ».

Mais très vite, il concède que le groupe penche « à droite » parce que « la sécurité est plus une problématique de droite » selon lui. Le groupe contiendrait des gens « un peu borderline, un peu trop à droite. »

Il cite le nom d’un des modérateurs de la page. Ce dernier serait un fondateur des « Gorilles », un groupe qui propose de raccompagner les personnes chez elles le soir et « un gars connu pour ses remarques d’extrême-droite voire négationnistes ».

Par mégarde, il indique que le participant « Martin » s’appellerait en fait « Lino ». La tension monte d’un coup. « Martin / Lino » est mécontent que Nicolas ait laissé échapper deux noms devant le dictaphone allumé. Il le prend à partie et menace de le frapper. Rapidement, Victor Faller se rapproche de son compère et tente de le raisonner, le tout sous le regard des clients et des autres participants. L’altercation terminée, le groupe se dirige vers le quai des Bateliers pour un dernier tour de ronde avant que chacun ne rentre chez soi.

Une défense peu convaincante

Sur le chemin l’ambiance est légèrement différente. « Martin / Lino » reste en arrière pour téléphoner tandis que les autres suivent Victor, un peu gênés. Confronté aux « révélations » de Nicolas, le fondateur prend ses distances :

« Les Gorilles c’est une bonne idée mais je ne connais pas leur fondateur plus que ça. Je ne sais même pas exactement ce que Nicolas lui reproche. »

Victor, fondateur de Stras Défense

Lors de notre entrevue avant la ronde, Victor Faller évoquait une éventuelle « collaboration » future entre Les Gorilles et Stras Défense.

Le centre-ville de Strasbourg la nuit, c’est calme.

Petit à petit l’atmosphère se détend à nouveau. La route jusqu’au quai des Bateliers est déserte. Vers Gallia le groupe emprunte les escaliers du pont Saint-Étienne pour descendre sur les berges. Renaud et « Martin / Lino » sont déjà sur le chemin du retour. Après un rapide tour, le groupe se sépare. Chacun rentre chez soi, il est aux alentours d’une heure et demie.

#Stras Defense

« Effacer l’historique », une comédie humaine face aux géants du numérique

« Effacer l’historique », une comédie humaine face aux géants du numérique

Avec leur nouvelle comédie Effacer l’historique, le duo grolandais Benoit Delépine et Gustave Kervern s’attaque à l’absurdité de notre ère connectée. Un monde kafkaïen dans lequel se débattent joyeusement Blanche Gardin, Denis Podalydès et Corinne Masiero.

Dans une banlieue pavillonnaire, Marie, Bertrand et Christine vivent un enfer au quotidien, entre harcèlement, surendettement et dépendance aux « likes » : les tourments des outils numériques et de l’ubérisation. Anciens Gilets jaunes, ils se retrouvent pour un nouveau combat, contre les géants du numérique.

Gustave Kervern est seul pour parler de son film qu’il a co-réalisé, mais il utilise toujours le « on » ou le « nous », il arrive en nous proposant son poing pour « checker » et nous tutoie. Il est à l’inverse du monde qu’il dénonce : bienveillant et facile d’accès.

Bande annonce d’Effacer l’historique (Ad Vitam)

Rue89 Strasbourg : Vos trois personnages sont voisins dans un lotissement. Pourquoi avoir rapproché les thèmes de l’oppression numérique et du mode de vie périurbain ?

Gustave Kerven : C’est là où se trouvent les classes moyennes, la plus grande partie de la population française, que l’on voit rarement dans le cinéma français. Dans tous nos films, on parle des classes moyennes et des déclassés. D’autre part, les lotissements sont visuellement très intéressants. On en a visité une quinzaine. Les maisons se ressemblent toutes mais elles ont leurs petites différences : l’importance des garages par exemple, c’est fascinant !

De plus, le fait d’être largué par le numérique, ça appartient à tous. Au début on pensait que c’était juste nous, Benoit et moi : les gens qui ont 50 ou 60 ans, mais on s’est rendu compte que ça touchait tout le monde. On parle d’illectronisme : les illettrés du numérique.

Au contraire d’un lotissement très normé et cloisonné, le film donne à voir un espace poreux : les personnages vont et viennent facilement les uns chez les autres, de jour comme de nuit. On a l’impression que le lotissement est déconstruit.

C’est un lotissement « post- Gilets Jaunes », nos trois personnages se sont connus sur le rond-point de la commune. Ils sont amis et se soutiennent. Malgré tout, on sent encore une grande solitude, un isolement. Sur le lieu du tournage, on s’est rendu compte que les habitants ne se connaissaient pas, ils ont tous une tireuse à bières et un home cinéma, rentrent chez eux le soir et ne sortent plus. Lors des fêtes de tournage, ils se parlaient pour la première fois.  

Le film décrit un monde terriblement oppressant mais le mal est invisible.

C’est récurrent dans notre cinéma : nos personnages sont des Don Quichotte qui se battent contre des moulins à vent. Dans Louise-Michel par exemple, Yolande Moreau joue une ouvrière qui part à la recherche de ses patrons, mais elle est toujours renvoyée vers un ailleurs qui n’existe pas. C’est le principe de base du capitalisme sauvage : la déréalisation : il n’y a personne à qui l’on puisse réclamer quelque chose.

Bertrand (Denis Podalydès) et Christine (Corinne Masiero) font le tour du rond-point où ils se sont connus. Photo : doc. remis

Le combat semble impossible…

On n’apporte pas de solution, c’est avant tout une comédie. Mais il y a une part de rébellion chez chacun de nos personnages, beaucoup de dignité, comme dans l’univers de Kaurismäki qu’on adore. La solution se joue dans la solidarité, l’amitié. Mais le constat est pessimiste : l’ennemi est intouchable.

Denis Podalydès a plutôt l’habitude de jouer des hommes qui possèdent les codes, des intellos… ici il interprète un naïf, très subtilement. Pourquoi avez-vous pensé à lui ?

Ça fait longtemps que nous voulions travailler avec lui, c’est un acteur très fin, multiforme, il a un coté naïf, tendance Woody Allen. Il a trouvé quelque chose de très juste. On ne donne pas de direction aux acteurs et on ne travaille pas la psychologie des personnages – on a déjà du mal à trouver la nôtre ! Mais on tourne dans l’ordre pour que le personnage évolue dans le sens du scénario.

Comment s’est passé le travail avec Blanche Gardin, qui vient des spectacles solo en stand-up ?

C’est son premier grand rôle au cinéma, elle avait très peur. Nous aussi (rires), comme à chaque fois avant de démarrer un film. Tous les matins, elle refaisait les dialogues avec nous. Elle changeait un mot, rajoutait une blague. Elle est très exigeante sur son texte, mais nous on s’en fout, ça nous allait très bien.

Corinne Masiero, Denis Podalydès et Blanche Gardin Photo : doc. remis

Les personnages sont des anciens Gilets Jaunes. Vous portez sur eux un regard tendre.

Oui mais on ne voulait pas faire un film politique. Pour nous, il y a une limite au mouvement des Gilets jaunes : l’absence de leaders et d’idéologie clairs. Mais on est respectueux de l’acte de rébellion et d’une prise de parole nouvelle.

Le coronavirus a augmenté nos utilisations du numérique et a mis des gestes barrières, des vitres entre nous. On y pense en voyant le film : ce qu’il manque aux personnages pour accentuer l’absurdité des situations, c’est un masque…

Ne m’en parle pas ! Nous sommes présidents du Jury du Festival d’Angoulême (du 28 au 2 septembre) et le port du masque est obligatoire. Voir un film avec un masque est un non-sens pour moi, ça doit rester un plaisir !

Les cantines strasbourgeoises pourront accueillir tous les élèves à la rentrée

Les cantines strasbourgeoises pourront accueillir tous les élèves à la rentrée

Les restaurants scolaires auront la même capacité d’accueil que lors des années précédentes. Afin de respecter les mesures sanitaires, une système de rotation par tranche d’âge a été mis en place.

C’est « une préoccupation majeure des parents », mais l’adjointe en charge de l’Éducation et de la petite enfance, Hülliya Turan (PC), l’assure : « les cantines de la ville de Strasbourg pourront accueillir tous les enfants ». De tous les restaurants scolaire de la Ville, seul celui de l’Esat de la Ganzau ne pourra accueillir d’enfants. Les enfants qui y sont rattachés seront répartis dans d’autres lieux de restauration.

Malgré « l’effectif très important d’enfants [demi-pensionnaires] sur la ville de Strasbourg », des mesures ont été prises pour de limiter les risques de propagation du coronavirus. En accord avec le protocole sanitaire de la rentrée, une rotation par groupe de niveau sera mise en place afin d’éviter le brassage des élèves. Un brassage « par âge et par classe » aurait pris « trop de temps sur le temps scolaire ». Concrètement tous les CP/CE1/CE2 mangeront, puis tous les CM1 et CM2.

En temps normal, les cantines scolaires de Strasbourg accueillent environ 10 000 enfants Photo : Rue89 Strasbourg

Autre point positif pour les petits demi-pensionnaires, « tous les moyens ont été mis en œuvre pour que les repas chauds puissent être garantis ». Ce n’était plus le cas depuis le confinement.

Chute des inscriptions

Les parents sont restés très réticents à inscrire leurs enfants à la cantine cette année. Face à la baisse très importante des adhésions, la mairie a recommuniqué auprès des familles mi-août. « On est passé d’environ 15% d’inscriptions à 40% des enfants », a indiqué Hülliya Turan, lors d’une conférence de presse avec la préfète du Bas-Rhin et de nombreuses institutions lors d’une grande conférence de presse sur la rentrée.

Alexandre Feltz (Place publique), adjoint au maire à la Santé, « entend les inquiétudes des parents » et tente de rassurer :

« Les enfants sont moins touchés et lorsqu’ils le sont ce sont des formes moins virulentes. On s’est également rendu compte qu’ils étaient plutôt moins contaminants. Il n’y a pas de risque zéro, mais nous appliquons une philosophie de réduction des risques. »

Les modalités d’accueil des enfants dans les écoles et les cantines sont amenées à évoluer avec la situation sanitaire. Ces adaptations se feront au cas par cas, après discussion avec les écoles et les autorités publiques.

Décision mi-septembre pour une expulsion du « Refuge des oublié.es », au Port autonome

Décision mi-septembre pour une expulsion du « Refuge des oublié.es », au Port autonome

Les occupants de ce squat risquent une expulsion. Le délai fait l’objet d’un différent entre le Port autonome de Strasbourg et les habitants, qui en appellent à la nouvelle municipalité.

Le tribunal judiciaire de Strasbourg a étudié le dossier d’expulsion, du « Refuge des oublié.es », un ancien local de la gendarmerie fluviale, occupé par des sans-abris depuis le printemps (voir notre précédent article).

Cette bâtisse désaffectée est occupée par 12 personnes dont certaines avec des chiens, « moins de la moitié » selon Sabine Ruch, une des habitante assignée qui s’est rendue à l’audience. Après deux reports, le recours a été examiné ce mardi 25 août par les juges.

Le bâtiment quai Jacoutot est voué à la démolition par le Port Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

Occupation sans titre

Pour le Port autonome de Strasbourg (PAS), son avocat Me Hubert Metzger estime qu’il faut « trouver des solutions humaines » pour les personnes qui ont fait « un choix de vie respectable » en vivant avec des chiens. La possession d’un animal de compagnie rend plus difficile l’accès aux hébergements d’urgence. Mais fournir un abri, n’est « pas l’objet de cet établissement public particulier, qui est de gérer le port et ses annexes », plaide l’avocat.

Le Port leur oppose une occupation « sans droit ni titre » de cette bâtisse près du Port-aux-Pétroles, vouée à être démolie. Il demande une application de la décision, qui sera rendue le mardi 15 septembre, sous 48h. « Quand il y a voie de fait, le délai de deux mois donné à un locataire en cas d’expulsion ne s’applique pas », précise Me Hubert Metzger. En audience, il a pointé la désactivation d’une alarme et plusieurs dégradations.

Décision sur fond de changement de présidence

Pour la défense, Me François Zind conteste la voie de fait. Il met en avant que « le bâtiment a été visité plein de fois depuis des années » et qu’il n’est pas prouvé que les occupants actuels aient commis les dommages. L’avocat demande de laisser du temps pour engager des discussions avec les futurs décideurs.

Car d’ici la décision du tribunal, le PAS devrait avoir un nouveau président ou une nouvelle présidente. Jusqu’ici, c’est l’élue de l’ex-majorité strasbourgeoise et candidate battue aux élections municipales Catherine Trautmann (PS) qui en assurait la présidence.

Or, la nomination des six nouveaux représentants de la Ville de Strasbourg, trois élus et trois personnalités extérieures est prévue lors du conseil municipal du lundi 31 août. Ce changement de présidence n’a pas fait l’objet « d’instructions particulières à la direction » sur ce dossier, indique pour sa part Me Metzger lors de sa plaidoirie.

Après l’audience, Sabine Ruch espère au contraire que la situation va s’apaiser :

« On préférerait rester-là plutôt qu’aller ailleurs, car on est bien. Il n’y a pas de problème de cohabitation avec le voisinage, on a même pu faire un peu de permaculture. On a l’espoir que la nouvelle majorité intervienne. »

Des membres du squat vont prendre contact avec la nouvelle municipalité écologiste, qui a stoppé ses poursuites contre le squat de l’Hôtel de la Rue à Koenigshoffen. La trêve « hivernale » s’est exceptionnellement arrêtée le 31 juillet et reprendra le 1er novembre. Un délai de deux mois pour appliquer la décision de Justice assurerait plus de six mois de répit aux occupants et occupantes du « Refuge des oublié.es ».

#refuge des oublié.es

Cinq choses à savoir sur Mathieu Klein le maire de Nancy

Cinq choses à savoir sur Mathieu Klein le maire de Nancy

Nancy a basculé entre les mains d’un nouveau maire avec Mathieu Klein. Entre le tram, le PS, l’insertion sociale ou l’Europe, quelques sujets de l’ancien président de Meurthe-et-Moselle ont des ramifications avec l’Alsace.

Vent d’alternance dans les deux grandes villes de Lorraine. À Metz, la ville est repassée à droite avec la victoire de François Grosdidier (LR) après deux mandats de Dominique Gros (PS), qui a passé la main.

Avec Mathieu Klein, 44 ans, Nancy est tombée dans les mains de la gauche pour la première fois depuis 1947. À l’époque, le PS s’appelait SFIO et le maire Henry Sirguey n’était resté que 10 mois. Voici ce qu’il faut savoir sur ce nouveau maire de gauche d’une grande ville de la grande région.

1 – Il va devoir gérer le crépuscule du tram sur pneus

« Ce n’est pas juste un changement de modèle, c’est un changement de technologie », prévient le maire de Nancy, et président de la métropole du Grand Nancy face au défi à venir. En 2000, le modèle expérimental de tram sur pneus produit par le constructeur canadien Bombardier est choisi pour la cité des Ducs. Problème, « il n’a pas ensuite été industrialisé », complète l’édile.

Nancy est la seule ville avec Caen, qui a déjà démonté ses lignes sur pneus, à avoir choisi ce modèle, amené à être remplacé par des trams sur fer. Le tram sur pneus avait été envisagé au début des années 2010 à Strasbourg pour l’extension à Koenigshoffen en 2013. Une mobilisation avait poussé la municipalité à renoncer à cette technologie. Elle a ensuite repoussé successivement la mise en service, pendant que le chantier vers Kehl avançait. Le détournement de la ligne F doit enfin être mis en service ce vendredi 29 août 2020.

Mathieu Klein a aussi promis la gratuité des transports en commun les week-ends, aux plus de 65 ans et aux moins de 18 ans.

2 – Resté fidèle au PS, ses proches sont dans l’Ouest

Le soir de sa victoire, son premier coup de fil est allé à Michaël Delafosse (PS), nouveau maire de Montpellier et ami des années militantes au syndicat étudiant l’Unef-ID. Parmi ses autres autres proches au sein du Parti socialiste, les maires réélues de Nantes et de Rennes, Johanna Rolland et Nathalie Appéré, ainsi que la présidente d’Occitannie, Carole Delga, tous quadragénaires comme lui. « Une génération qui n’est pas dans la sous-traitance des enjeux écologiques par EELV », juge Mathieu Klein dans son bureau place Stanislas.

Membre des instances nationales au PS jusqu’en 2012, ce soutien de Manuel Valls lors de la primaire de 2017 est toujours resté au parti. Là où certains préfèrent désormais le terme de « social-écologie », il se dit « à l’aise avec la définition de social-démocrate » :

« Je conteste fermement l’effacement de l’idée sociale-démocrate. Elle a manqué par exemple de porter un message européen fort distinct des libéraux. Elle a manqué à prendre le virage de la transition écologique, le rendez-vous de la mondialisation, avec un projet de protection. Je ne conteste pas son échec. Nous avons des choses à faire pour la remettre sur pied. Un archipel d’élus locaux renouvelés et innovant ne suffira pas à faire un projet politique pour le pays. »

Il a rencontré la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), à Tours mi-juillet, lors d’une rencontre de maires socialistes et écologistes, autour d’Éric Piolle et Anne Hidalgo.

3 – Sa voix pourrait peser aux régionales

Alors que les régionales de mars 2021 se préparent dans le Grand Est, sa voix devrait peser à gauche. Aucune candidature naturelle ne se dégage. L’ancienne tête de liste PS en 2015, Jean-Pierre Masseret, qui s’était maintenu face au FN et « Les Républicains » contre l’avis du parti s’est depuis rapproché de « La République en Marche ». Comme l’ancien maire de Strasbourg Roland Ries, il rêve d’un « pôle de gauche » dans la majorité, qui n’a guère émergé avec le remaniement. À Metz, il a soutenu le candidat de droite face aux écologistes. Côté écologistes, l’ancienne candidate Sandrine Bélier s’est retirée de la politique. Comme la strasbourgeoise n’avait pas fusionné sa liste au 2è tour en 2015, il n’y a aucun élu régional écologiste sortant dans le Grand Est. Une situation pas idéale pour conduire une liste et reprendre les dossiers.

Ainsi, la partition s’annonce périlleuse, entre les alliances nationales et situations locales contrastées. Au département de Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein a conduit une majorité avec des Insoumis et écologistes. À Nancy, sa liste de premier tour incluait des membres du PC, puis il a réussi l’union avec les écolos au second tour. À Strasbourg au contraire, l’union entre PS et écologistes ne s’est pas faîte et les relations demeurent toujours fraîches, en dépit d’un poste d’adjointe et de conseiller délégué. Les socialistes strasbourgeois n’ont obtenu aucune fonction poste dans la coalition à l’Eurométropole. Des socialistes Strasbourgeois, notamment la conseillère régionale et première secrétaire du Bas-Rhin Pernelle Richardot, avaient préféré la candidate de droite pour la présidence.

En Champagne-Ardennes, la gauche n’a pas conquis de grande ville, ni ne compte de figure politique majeure. Ainsi, la position de Mathieu Klein, qui incarne le renouvellement dans le seul département PS de la grande région ne devrait pas être négligée lors des tractations stratégiques. Il pense qu’il sera « possible de travailler ensemble » avec les écologistes en 2022. Comme aux régionales ?

Le nouveau maire de Nancy, Mahtieu Klein Photo : Ville de Nancy

4 – Il a beaucoup côtoyé les présidents de départements alsaciens sur l’insertion

« Je m’étais beaucoup affronté avec Éric Straumann (l’ancien président du Haut-Rhin, devenu député puis maire de Colmar ndlr) à l’époque sur le bénévolat contre le RSA », se rappelle l’ancien président du 54. « Le projet originel a été amendé par le conseil d’État, qui a supprimé le caractère obligatoire », souligne-t-il.

En 2017, Mathieu Klein, avec d’autres présidents de Départements, a pris position pour « un revenu de base », « un vrai filet là où le RSA ne répond plus pour les jeunes ou les professions agricoles, avec une application sous 8 jours car les premières semaines sans revenu sont décisives », imagine-t-il. Lors d’un remaniement en 2018, il est approché par le gouvernement Macron-Philippe pour travailler sur ce sujet. Ses proches parlent d’un « grand moment d’introspection ». Après quelques jours, « une remise à zéro des compteurs », il refuse.

« Lui et son entourage ont bien fait savoir qu’il avait eu cette proposition, ce qui a permis de recentrer son image à Nancy, alors que jusqu’ici c’était plutôt le maire radical Laurent Hénart qui était vu comme proche d’Édouard Philippe », analyse Nicolas Zaugra, journaliste à actu.fr qui couvre notamment la politique locale.

À l’été 2020, la haut-rhinoise Brigitte Klinkert, qui avait pris la suite d’Éric Straumann, a intégré le gouvernement Macron-Castex en tant que ministre déléguée charge de… l’insertion. « J’ai eu des discussions nombreuses avec elle et je sais qu’elle n’y est pas insensible. C’est une femme ouverte avec qui on peut discuter », décrit Mathieu Klein.

Il promet de retransmettre ses propositions à la nouvelle ministre, sans trop se faire d’illusions. « Je ne désespère pas que nous parvenions à convaincre le gouvernement qu’une expérimentation territoriale est nécessaire », relève-t-il, alors que l’exécutif a le mot « territoire » sans cesse à la bouche.

Quant à Frédéric Bierry (LR), Mahieu Klein l’a fréquenté au sein de l’Assemblée des départements de France (ADF). Le Bas-rhinois préside la commission des Affaires sociales dont Mathieu Klein était vice-président qui a produit plusieurs rapport sur l’insertion. « On était plus souvent en accord qu’en désaccord, même si nous avons des visions différentes de l’insertion. Il a une vraie vision et des convictions. Sa voix pesait et va manquer », estime Fréderic Bierry.

5 – Il s’est engagé sur la question européenne

Son engagement politique date de 1992 et notamment pour le « Oui » au référendum de Maastricht. Ce traité pose les bases de l’Union européenne moderne. La campagne intervient dans une période difficile pour le PS entre la fin du Mitterrandisme et l’affaire du Sang contaminé. Mathieu Klein cite « le débat Mitterrand-Seguin » comme « le plus remarquable que j’ai jamais vu en qualité intellectuelle ». Enjeu : l’euro entraînera-t-il une souveraineté de la France ? « Je rêverai de retrouver des débats comme cela dans notre pays », ajoute-t-il.

En 2003, il tente l’expérience du Nouveau Parti socialiste (NPS). « On avait toujours ce vieux débat au PS entre la majorité molle au milieu, que l’aile gauche titillait, avec la répétition à chaque congrès de cette scénographie. Le NPS voulait changer les pratiques de l’intérieur sans choisir un camp”, se rappelle-t-il, tout juste élu au Département et « séduit ». Mais en 2005, le NPS prend partie pour le « Non » au Traité européen. »Si c’était à refaire, je ne suis pas sûr que je revoterai non », admet-il désormais. « La promesse n’a pas été tenue, il n’y a pas d’itinéraire bis, de plan B en Europe. La campagne relevait surtout une construction nationale, plus qu’européenne. Alors que pour Maastricht, il y avait un débat sur la souveraineté ». Il quitte le NPS ensuite.

Malgré les condamnations, le Rectorat de Strasbourg méprise le droit et ses agents

Malgré les condamnations, le Rectorat de Strasbourg méprise le droit et ses agents

Ingénieure et professeure de physique-chimie à la retraite, Sylvie Henry se bat contre le rectorat de l’Académie de Strasbourg depuis plus de cinq ans. À deux reprises, le tribunal administratif a annulé des arrêtés de sa mise en disponibilité pris par le Rectorat. Mais l’institution n’a toujours pas rétabli les droits de la retraitée, désespérée.

Les mains de Sylvie Henry tremblent. Ce mardi 27 juillet, vers 11 heures, l’ex-professeure de physique-chimie vient de recevoir deux courriers du rectorat de l’académie de Strasbourg. Dans son salon à Lingolsheim, elle déplie les lettres puis s’arrête un instant et soupire : le Rectorat de Strasbourg somme à nouveau la retraitée de passer chez le médecin pour un avis médical. En outre, l’administration lui réclame des milliers d’euros de « trop-perçus ». « Je ne sais plus quoi faire pour que le rectorat applique la loi et obtempère à l’injonction du Tribunal… », souffle-t-elle, désespérée.

Ce mardi 27 juillet, vers 11 heures, l’ex-professeure de physique-chimie vient de recevoir deux courriers du rectorat. Les mains de Sylvie Henry tremblent. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Une épopée judiciaire de cinq ans

Depuis près de cinq ans, l’ancienne ingénieure se bat contre l’institution. À deux reprises, le tribunal administratif a jugé que des mises en disponibilité prononcées par l’académie de Strasbourg étaient illégales.

Ces mises en disponibilité ont fait perdre à Sylvie Henry son activité professionnelle, ses droits à la retraite et à l’avancement ainsi qu’une partie de sa rémunération. En janvier 2020, le tribunal administratif a annulé pour la deuxième fois des arrêtés du rectorat concernant l’ancienne professeure. Mais plus de six mois plus tard, Sylvie Henry attend toujours le remboursement de ses frais d’avocat et la réévaluation de ses droits de retraite.

Depuis cinq ans, Sylvie Henry se bat contre des arrêtés de mise en disponibilité pris par le rectorat à son encontre. Par deux fois, le tribunal administratif a condamné le Rectorat de Strasbourg… sans effet. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Depuis l’âge de 25 ans, Sylvie Henry souffre de problèmes de dos. Jeune, elle a chuté à cheval, provoquant des lésions au niveau du bassin et de la colonne vertébrale. Elle se rend au lycée en béquilles dans les années 1990. La professeure de physique-chimie obtient un poste adapté, au Centre national de l’enseignement à distance (CNED) au début des années 2000. Elle dispense ses cours et corrige des devoirs à domicile. En 2011, « la souffrance est devenue trop intense », se souvient-elle. Victime d’une sciatique au bras droit, Sylvie obtient un arrêt longue maladie. Deux ans plus tard, elle demande sa réintégration et l’obtient. À ce moment, son épopée judiciaire débute pour plusieurs années.

Le rectorat contre l’avis du médecin

Le 28 avril 2014, le comité médical de l’académie de Strasbourg déclare Sylvie Henry apte pour un temps partiel thérapeutique à 50%. Mais le Rectorat ne semble pas convaincu. Deux mois plus tard, le Rectorat de Strasbourg demande au comité médical « de bien vouloir se prononcer sur une demande de disponibilité d’office, puis de retraite pour invalidité. »

Pour la professeure, il est clair que les cadres du rectorat cherchent à influencer la décision du médecin :

« Le rectorat affirme que les avis du CNED sur mon travail étaient négatifs. C’est tout le contraire, j’ai toujours eu d’excellents retours de l’inspection ou du CNED. Début 2015, le comité médical a changé d’avis et m’a déclaré inapte alors que mon état est bien plus stable qu’auparavant… »

Rue89 Strasbourg a pu consulter les appréciations du CNED et de l’inspecteur académique. En 2009, l’inspection attribuait à Sylvie Henry « un professionnalisme remarquable qui mérite d’être utilisé de manière plus différencié. » Pour l’année 2010/2011, le CNED estime que le travail effectué est sérieux. Sa ponctualité, son activité et son autorité sont assortis de la note « Très Bien ». Pour la même période, l’inspecteur académique décrivait un « professeur très consciencieux et sérieux, qui est prêt à accepter toute proposition de travail correspondant à ses compétences mais surtout à ses capacités. »

Pourtant, le 9 avril 2015, le rectorat de Strasbourg place Sylvie Henry en disponibilité d’office suite à un nouvel avis du comité médical cette fois-ci… défavorable à un maintien en activité. Avec deux arrêtés, la professeure est déclarée inapte au travail de manière rétroactive (du 1er septembre au 28 février 2015), ainsi que du 1er mars au 31 août 2015 inclus. Pour la retraitée, il est clair que le médecin a cédé aux pressions du rectorat qui lui demandait de réexaminer son cas.

Une condamnation… et de nouveaux arrêtés similaires

Mais Sylvie ne veut pas s’arrêter là. En juillet 2015, elle propose un recours gracieux au rectorat. L’institution refuse le règlement du litige à l’amiable. La professeure conteste alors l’arrêté de mise en disponibilité devant le tribunal administratif : « Je voulais reprendre le travail » explique-t-elle, alors à quelques années de la retraite.

Le 29 mai 2017, le tribunal administratif annule les deux arrêtés de mise en disponibilité pris par le rectorat. « Il y a lieu d’enjoindre à la rectrice de l’académie de Strasbourg de procéder à une reconstitution des droits statutaires de Mme Henry dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement », note le tribunal. Mais l’académie de Strasbourg n’applique pas cette décision de justice défavorable. Bien au contraire : le 15 juin 2017, le rectorat reproduit les mêmes arrêtés de mise en disponibilité pour les étendre de 2017 à 2019.

Nouveaux arrêtés, toujours illégaux

« Ils se croient intouchables », fulmine la retraitée de 62 ans. Sylvie Henry ne se laisse pas faire. Elle se défend, cette fois-ci seule, au tribunal administratif de Nancy : « Je connaissais le dossier par cœur et je ne voulais pas payer de nouveaux frais d’avocat », indique-t-elle. Le 4 février 2020, nouvelle victoire pour la professeure de physique-chimie : les arrêtés du 15 juin 2017 sont annulés et la rectrice doit « procéder au réexamen de la situation de Mme Henry » sous deux mois.

En plein milieu de l’été 2020, le Rectorat de Strasbourg n’avait toujours pas appliqué ce nouveau jugement défavorable. La direction générale des finances publiques continue de réclamer plusieurs milliers d’euros pour « le remboursement du demi-traitement provisoire (…) pour la période du 1er mars 2019 au 30 juin 2019. » Interpellée par Sylvie Henry sur l’application du jugement, la rectrice de l’académie de Strasbourg, Elisabeth Laporte, a simplement indiqué avoir « saisi, à nouveau le comité médical départemental. » Cinq ans plus tard, un médecin devra donc dire si Sylvie Henry était effectivement apte au travail…

« D’ordinaire, on évite ce genre d’erreurs vis-à-vis de personnes handicapées »

Habitué de ce type de dossiers avec les rectorats de France, Me Stéphane Colmant explique que la situation de madame Henry n’est pas isolé en Alsace. Il cite le cas de Madame C., professeure d’anglais à Strasbourg atteinte d’un handicap auditif. Bénéficiaire d’un poste adapté sur l’année 2017/2018, elle doit assurer un cours de droit commun un an plus tard. Une décision qui sera annulée par le tribunal administratif de Nancy le 1er octobre 2019 : « La rectrice de l’académie de Strasbourg a décidé d’affecter Mme C. sur un poste de droit commun en collège sans s’être assurée que son état de santé était compatible, poursuit l’avocat. Par rapport à mon activité qui couvre la France entière, le rectorat strasbourgeois commet les violations les plus graves. D’ordinaire, on évite de commettre ce genre d’erreurs vis-à-vis de personnes handicapées. »

« Au lieu de chercher l’apaisement… »

Sylvie Henry a contacté plusieurs syndicats d’enseignants pour leur faire part de son désarroi. François Blondel, le secrétaire académique du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) en Alsace ne peut que constater l’inaction : « Six mois après la décision du tribunal, le Rectorat fait toujours le mort. »

Avec le président de la section Alsace, Jean-Pierre Gavrilovic, les deux hommes ont d’autres exemples similaires en mémoir. Ils estiment que le Rectorat est inactif et incapable d’organiser une médiation sans l’aide du syndicat. Pour Jean-Pierre Gavrilovic, l’affaire de Sylvie Henry est représentative d’une « institution devenue maltraitante pour ses employés » : « Au lieu de chercher l’apaisement, l’académie de Strasbourg laisse traîner des affaires de ce type. »

À gauche, Jean-Pierre Gavrilovic, président de la section Alsace du Snalc. À droite, François Blondel, secrétaire académique du Snalc. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Contacté, le rectorat de l’académie de Strasbourg a indiqué ne pas se prononcer sur une procédure individuelle en cours.

Stress, frustration, fantasme : avec ces Strasbourgeois qui payent pour casser

Stress, frustration, fantasme : avec ces Strasbourgeois qui payent pour casser

Payer pour détruire des meubles en bois et des bouteilles en verre est possible à Strasbourg depuis octobre chez Dooz Destroy Room. Quatre Strasbourgeois expliquent pourquoi ils ont besoin de casser.

« Vous savez, ce moment où vous avez envie de tout casser ? » Mathilde (prénom modifié) tente de nous expliquer les raisons qui l’ont amené à pousser la porte et débourser 20 euros.

La jeune agente d’accueil sort de sa séance de 15 minutes à la Dooz Destroy Room, près des Halles à Strasbourg, Payer pour casser. Ce concept venu des États-unis a été importé à Strasbourg en octobre 2019.

Mathilde n’est pas la seule à avoir choisie de passer son vendredi après-midi à casser des bouteilles en verre et des meubles en bois. Trois autres strasbourgeois ont fait de même.

Le matériel à l’intérieur de la salle de casse (hache, marteau, battes de baseball) Photo : BB / Rue89 Strasbourg / cc

À l’intérieur, la lumière du jour est remplacée par des spots bleus et violets, avec une musique métal en arrière-plan. Il fait plus frais qu’à l’extérieur mais les armures protègent les casseurs. Frédéric Ladrière, le gérant de Dooz Destroy Room affirme que grâce aux protections dignes de celles d’un CRS, il n’y a eu qu’un seul blessé depuis l’ouverture :

« Au début de chaque séance nous demandons aux personnes si elles ont déjà manipulées une arme. Une fois quelqu’un ne nous a pas dit qu’il n’avait jamais utilisé de hache, il s’est fait une petite blessure au doigt. »

L’activité est tout de même encadrée par quelques règles. L’accès à la salle est interdit aux personnes de moins de 18 ans car, selon Frédéric Ladrière, « les enfants ne savent pas la différence entre le bien et le mal alors que les adultes savent qu’il ne faut pas faire ça dans la rue. » Contrairement au cliché redouté d’une foule de « gros bras », les clients sont « entre 60 et 70% des femmes », à la grande surprise de l’entreprise.

Mais cet après-midi, le premier client est Darriot, 23 ans, étudiant en école d’infirmiers. Après quelques minutes, il est épuisé. Les yeux rivés sur l’écran de surveillance, Frédéric Ladrière sourit. « Regardez là, il n’en peut plus ». Si les clients pensent être seuls avec leur énergie, ils sont en fait surveillés de près et très encadrés.

Vidéo surveillance de l’intérieur de la salle de casse. Darriot fait une petite pause avant de continuer à casser Photo : BB / Rue89 Strasbourg / cc

Darriot ressent le besoin de crier plusieurs fois dans la salle de casse avant de s’attaquer aux objets exposés devant lui. Ses cris effrayants ne choquent absolument pas la barmaid ni le gérant qui rient, satisfaits que le jeune homme évacue ses tensions. Quinze minutes plus tard, Darriot vient s’asseoir à une table du bar. Sorti en sueur de la salle, il s’essuie le front avec le dos de la main, « je ne pensais pas que ça allait être aussi physique ».

Darriot équipé pour casser des meubles en bois et bouteilles en verre Photo : BB / Rue89 Strasbourg / cc

Après avoir repris son souffle, l’étudiant qui d’ordinaire préfère s’isoler chez lui avec une tasse de thé, explique :

« Dans la vie j’ai la pression des cours et du stage. Je suis stressé à cause des partiels qui se sont mal passés. Venir ici me permet de mieux gérer ce stress quotidien. »

Darriot, étudiant en école d’infirmier, après son passage en salle de casse Photo : BB / Rue89 Strasbourg / cc

« J’ai une colère constante, il faut que ça sorte ». Mathilde, dont c’est le tour après Darriot en salle de casse se concentre sur les bouteilles en verre. À la fin de sa séance, elle parle avec aisance de la raison pour laquelle elle est venue à la destroy room, le trouble explosif intermittent. « C’est apparu dans mon enfance, au début mes parents pensaient que j’étais capricieuse, en fait c’était une maladie. »

Après avoir essayé de se soigner avec la sophrologie, l’équitation ou le judo, Mathilde estime que ses symptômes se sont atténués progressivement. Mais jamais aucune des méthodes qu’elle a employé n’a été aussi efficace que la destroy room :

« Casser des choses m’a permis de me canaliser. Je vais sans doute revenir parce que je n’ai encore jamais trouvé quelque chose d’aussi efficace pour m’apaiser. »

La salle de casse à la fin d’une session Photo : BB / Rue89 Strasbourg / cc

Olivier, 45 ans, est employé de banque. Il est venu passer un après-midi « entres frangins » avec Jonathan, 34 ans, commerçant. Les deux frères très à l’aise avec l’équipement de protection, n’arrêtent pas de se bousculer en sortant de la salle. Après avoir pris une douche, vêtu d’une chemise blanche, Olivier s’épanche à son tour sur la raison de sa présence :

« En plus de mon métier, je suis papa alors je n’ai pas le droit de crier pour être exemplaire. Du coup en rentrant dans la salle avant de commencer à tout casser j’ai crié pour me défouler. »

Jonathan, trop enthousiaste à l’idée de « faire du baseball avec des bouteilles en verre » n’a pas remarqué les cris de son frère. Il explique son état d’esprit dès l’entrée dans la salle de casse ainsi :

« Je ne suis que rarement stressé dans la vie. Je dirais même que je suis insouciant, je mets tout dans des cases différentes pour me préserver du stress. Quand mon patron me crie dessus je me dis que c’est un sale moment à passer. Dans la vie de manière générale, j’adore tout péter. Il y a aussi le plaisir de manier une hache qui me plaît dans cette activité. »

Olivier et Jonathan, les deux frères détendus et heureux après une séance de casse Photo : / BB/ Rue89 Strasbourg / cc

Être autorisés à casser plait aux frères, Jonathan poursuit :

Si tu fais ce que tu fais dans cette salle dans la rue, tu es mal vu et arrêté par la police. Alors que là ce qui me plaît c’est qu’on peut tout casser sans risquer quoi que ce soit. »

Avec un grand sourire aux lèvres, Olivier, le frère aîné, approuve d’un hochement de tête les paroles de son frère. « Qui n’a jamais rêvé de tout casser ? » nous demande à son tour Olivier.

Des dizaines de nettoyeurs bénévoles dans les rues de Strasbourg, motivés par les Cleanwalks

Des dizaines de nettoyeurs bénévoles dans les rues de Strasbourg, motivés par les Cleanwalks

Ils étaient une trentaine à s’être donné rendez-vous à la quatrième « Cleanwalk » de l’été ce mercredi 19 août. Le principe : consacrer une heure en début de soirée au ramassage des déchets abandonnés sur la voie publique. Reportage.

L’ombre des platanes de la place du Marché-aux-Poissons en centre-ville, déserte en ce milieu d’été, réunit une petite trentaine de personnes. Équipés de gants, de balayettes, de seaux ou de sacs poubelle, ces hommes et femmes de diverses générations se retrouvent peu avant 19h ce mercredi 19 août dans le but de nettoyer un bout de ville. Direction les berges de l’Ill, en face du quai des Bateliers, jusqu’au pont Saint-Guillaume. C’est la quatrième fois cet été que Marie Furlan, une Strasbourgeoise de 27 ans, leur a lancé l’invitation.

Du centre-ville aux berges

À son arrivée, Marie, communicante pour un cabinet d’architecture, salue les participants. Elle retrouve des fidèles de la première heure et surtout des nouvelles têtes. Certains viennent après leur travail, d’autres sont en vacances. Après un rapide point sur le parcours de ce soir, les participants débutent leur procession après quelques minutes. Ils se dirigent en ordre dispersé sur la place du Marché-aux-Poissons, puis la terrasse Rohan.

Stéphane et Florian, regards tournés au sol, passent au crible les dalles en discutant. Ils ne se connaissaient pas avant cette marche, mais les deux jeunes adultes ont vite sympathisé. À la recherche d’un emploi dans l’économie circulaire à Strasbourg, Florian participe aussi à l’initiative « un jour un déchet » :

« Je ne connaissais personne à Strasbourg, j’ai découvert cette marche sur les réseaux sociaux. L’environnement est un sujet auquel je suis sensible. J’ai obtenu une licence dans ce domaine à Tours et je cherche un travail dans la valorisation des déchets. Avant ça, un service civique dans le développement durable m’avait permis de sensibiliser les plus jeunes. »

Florian à gauche et Stéphane à droite

Plus âgé, Stéphane quant à lui est familier du concept. La semaine précédente, il était présent à la cleanwalk de Berlin pour ramasser « capsules de bière et mégots » au bord de la Spree. En étant vu entrain de ramasser, il espère que « les gens qui jettent leurs déchets par terre, changent de paradigme ».

Simon, 5 ans est lui aussi venu apporter sa contribution. Les mains gantées, tenant un petit sac en plastique blanc, il travaille en équipe avec sa mère Madeleine:

« C’est Simon qui a voulu venir. On habite à Vendenheim (à 15km au Nord de Strasbourg, ndlr) près d’un centre commercial où les gens jettent leurs déchets par la fenêtre de leurs voitures. Il y a des masques partout c’est affolant. C’était important de venir pour Simon et c’est aussi une sorte de chasse au trésor pour lui. »

Simon, 5 ans, montre l’exemple

Après 10 minutes, la troupe investit le bord de l’Ill, leur véritable chantier. Accroupis, les participants fouillent les pelouses, passent la balayette sous les bancs et autour des riverains installés le long de l’eau.

Pour Marie Furlan, la collecte du jour n’est pas surprenante :

« On trouve principalement des mégots, des canettes de bière, des emballages en plastique, des bouteilles en verre que les gens abandonnent sur place. Le plus compliqué c’est de ramasser sur les pavés où des déchets restent coincés dans les reliefs. Pour ça, j’utilise une fourchette ».

Marie Furlan, organisatrice de la cleanwalk

Gants de cuisine roses, ou en latex blanc, pelle-balayette vert pomme, les nettoyeurs ne laissent pas indifférent. Deux amies, qui étaient venues se détendre sur les quais ont rejoint la procession.

« Ça m’a énervée, j’ai posté des story »

L’organisatrice Marie Furlan n’en est pas à son premier engagement. Elle est membre de l’association Zéro Déchet Strasbourg et tient un le blog Matcha de pâtisseries vegan.

Un déclic supplémentaire est intervenu après le confinement :

« J’habite près d’Aristide Briand dans le Neudorf. Le long des voies d’eau, il y a plein de déchets. Ça m’a énervée, j’ai posté des story (des images éphémères ndlr) sur les réseaux sociaux et des gens m’ont répondu en me disant: pourquoi tu fais pas une séance de ramassage ? »

Après quatre expéditions, sur la place d’Austerlitz ou au parc du Heyritz, Marie Furlan se réjouit d’une forme d’engouement. « À la première marche, fin juillet, on était 5 ou 6, ce soir on est presque 30, c’est énorme, on est visible ». Plus de 300 personnes suivent le compte Instagram et sur le groupe Facebook. L’objectif n’est pas tant de ramasser des tonnes de déchets, mais aussi de sensibiliser le public.

Dès 2008, des initiatives spontanées de ramassage ont vu le jour en Estonie, une pratique qui a pris de l’ampleur avec la « Génération Climat ». En 2019, la « World Cleanup Day », avait réunit 20 millions de « cleaners » répartis dans 180 pays. La prochaine est prévue le 19 septembre. Sans utiliser ce nom, une association comme Alsace Nature a par exemple organisé plusieurs nettoyages des berges à Strasbourg.


Marie Furlan espère inscrire l’initiative dans la durée

Avec sa pelle-balayette vert pomme, Alain assure pouvoir « ramasser jusqu’à 5000 mégots en 1 heure ». Ce Strasbourgeois revient d’un an entre deux continents :

« J’ai fait une crise de la trentaine puis j’ai passé un an à voyager et faire des cleanwalks dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord. Le constat est partout le même, les rues sont sales. À mon échelle, je tente de proposer une alternative, comme ces cendriers de poche pour que les fumeurs ne jettent plus leurs mégots par terre. »

S’inscrire dans la durée

Les bénévoles affichent de larges sourires en remontant sur le Pont Saint-Guillaume. Tour à tour, ils amassent leurs sacs remplis de déchets puis toisent leur prise: un gros sac 10 kilos estiment-ils après avoir tout rassemblé. Faute de benne adaptée, le verre est retiré et le reste jeté dans la poubelle la plus proche.

À ce sujet, Marie Furlan a pris attache avec la nouvelle municipalité écologiste :

« Il faut plus de poubelles de tri et des conteneurs à verre dans l’espace public. On m’a répondu que ce n’était pas possible pour des événements ponctuels comme le notre. Mais ce n’est pas que ponctuel, c’est un problème quotidien. Dans certaines zones de Strasbourg, il y a 5 poubelles, puis plus rien sur 200 mètres. La nouvelle mairie a le temps de trouver des solutions, je les tague parfois dans mes story pour le leur rappeler. »

La cloche de la paroisse Saint-Guillaume retentit, il est 20h30 et la luminosité faiblit. « C’est du sport mine de rien », plaisante Stéphane. Les participants vont parfois boire un verre pour conclure la journée. Ils souhaitent continuer à donner un peu de leur temps tout au long de l’année, « même s’il sera sans doute compliqué de rassembler autant de monde en hiver », anticipe Marie.

Forte de ce succès, Marie a déjà planifié la cinquième cleanwalk. Mardi 25 août, c’est la place de la Gare qui sera passée au peigne-fin.

A l’issu du ramassage, les participants s’applaudissent et projettent la prochaine session

Comment Jeanne Barseghian complète sa majorité

Comment Jeanne Barseghian complète sa majorité

La nouvelle maire a attribué les délégations de conseillers municipaux délégués aux 28 membres de sa majorité qui ne sont pas adjoints ou adjointe.

Après les adjoints et adjointes (à lire ici), les 19 élus de quartiers (à lire là), les vice-présidents à partager avec les 33 communes de l’Eurométropole (à lire ici), la nouvelle maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), a complété l’organisation de son équipe pendant l’été en attribuant des responsabilités thématiques à ses conseillers municipaux délégués.

Comme évoqué dès le lendemain de l’élection, les 47 élus et élues de la majorité ont une fonction, une nouveauté. À ce contingent s’ajoutent deux socialistes, l’adjointe Céline Geissmann et l’élu en charge de Hautepierre, Salah Koussa.

Ce vaste partage des responsabilités peut aussi donner l’impression d’un armée mexicaine pour satisfaire toute le monde : Quelle différence entre l’adjoint à l’équité territoriale et la conseillère déléguée à la présence des services publics dans les quartiers ? Pourquoi une adjointe au numérique et une conseillère municipale déléguée sur le même domaine ? Idem pour la « mission des temps » ou les animaux en ville.

Les adjoints ont l’écharpe mais les conseillers délégués auront aussi un rôle important dans les rouages de la machine écologiste. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

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#conseillers municipaux délégués