Alors que trois candidates sont déclarées pour la présidence de l’Eurométropole, les contours et personnalités de la future majorité se dessinent.
Il y a désormais trois candidates à la présidence de l’Eurométropole. Maire de Holtzheim, une commune de seconde couronne, Pia Imbs s’est déclarée dès mars. Puis, deux maires de première couronne se sont ajoutées après l’élection de Jeanne Barseghian (EELV) à Strasbourg : l’écologiste Danielle Dambach à Schiltigheim d’abord, puis la nouvelle maire de Lingolsheim Catherine Graef Eckert (divers droite).
Catherine Graef Eckert a été appuyée par un contingent de 6 maires de droite et du centre. Puis elle a reçu le soutien de Thibaud Philipps à Illkirch-Graffenstaden (5 sièges pour sa liste) et Georges Schuler (LR) à Reichstett.
Cet article fait partie de l’édition abonnés.
| Déjà abonné ?
Connectez-vous
Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture
Dans la nuit du mardi 7 juillet, un incendie s’est déclaré près de l’incinérateur du Rohrschollen. Une situation favorisée par l’arrivée massive de déchets sur le site de Sénerval depuis le déconfinement, et dénoncée depuis plusieurs semaines par les salariés.
Mardi 7 juillet, 3 heures du matin. Près de l’incinérateur du Rohrschollen, au sud du Port-du-Rhin, un tas de déchets s’enflamme, générant un incendie de 150 mètres-carrés sur 8 mètres de hauteur. Les deux employés présents sur place donnent l’alerte aux pompiers, qui mobiliseront au total 117 personnels.
Des risques d’incendies accrus… et connus
Le broyeur de l’usine Sénerval est chargé de traiter, entre autres, les encombrants des déchetteries de l’Eurométropole. Depuis le déconfinement, il tourne 24 heures sur 24. D’où la présence de deux employés sur le site cette nuit-là en plus des deux salariés d’astreinte présents habituellement. Pour le groupe Séché Environnement, propriétaire de Sénerval, il s’agit de « moyens renforcés » pour faire face à l’afflux des déchets post-confinement. L’entreprise était bien consciente des risques accrus d’incendies :
« Depuis que les déchetteries ont rouvert, les particuliers déstockent beaucoup plus d’encombrants. Donc on gère des quantités de déchets beaucoup plus importantes que d’habitude, avec des risques d’incendies plus importants. Ainsi, sur le site de Sénerval à Strasbourg, on est passé d’un accueil de 100 à 120 tonnes, à plus de 140 tonnes de déchets chaque jour. Or, ces encombrants qui s’entassent contiennent parfois des pièces qui présentent des risques inflammatoires, tels que des composants électriques ».
Constance Descotes, directrice de la communication du groupe Séché Environnement
L’amoncellement de déchets sur le site de Sénerval, en juin.
« Le feu prend extrêmement vite »
Suite à cet incendie, un employé de l’Unité de Valorisation Energétique (UVE) grince des dents : « C’est surtout dangereux quand les déchets traînent à l’air libre, soumis au vent et à la pluie. Et au milieu d’une montagne de canapés et de matelas, le feu prend extrêmement vite », commente l’un d’entre eux.
Constance Descotes, directrice de la communication du groupe Séché Environnement, explique que « la situation devrait s’améliorer au fur et à mesure que les gens auront moins de choses à déposer en déchetterie ». Mais cet afflux dure depuis le 25 mai, date à laquelle les particuliers ont été à nouveau autorisés à déposer des encombrants en déchetterie.
« On les avait prévenus »
Certes, Sénerval a renforcé ses moyens de prévention, en se dotant de canons à eau supplémentaires et d’un groupe électrogène de pompage de l’eau des bassins. Mais le groupe concède que « le fait de mettre des moyens supplémentaires permet de prévenir et réagir plus rapidement en cas de départ de feu, mais il est difficile de supprimer totalement le risque d’incendie ». Une stratégie qui a provoqué la colère de certains salariés.
Mi-juin déjà, les employés interpellaient le responsable des opérations industrielles de l’incinérateur de Strasbourg, Patrice Eon. Les salariés de l’UVE s’inquiétaient du risque incendie lié à cet amoncellement de déchets et autres encombrants. « 3 semaines après, ça y est, il y a le feu… on les avait prévenus », fulmine un salarié.
L’amoncellement de déchets sur le site de Sénerval, en juin.
A la suite de cet incendie, plusieurs strasbourgeois, jusqu’au Neudorf, se sont plaint d’une odeur désagréable pendant la nuit et jusqu’au mardi matin.
7h30 ça allait encore, cette nuit ça m’a réveillé j’ai cru que l’appart prenait feu
Dans la matinée du 7 juillet, la Préfecture a indiqué que « les services du service départemental d’incendie et de secours du Bas-Rhin ont procédé à des mesures qui n’ont pas relevé de toxicité particulière. »
Monique Maitte, porte-parole du collectif SDF Alsace, est décédée ce samedi des suites d’une longue maladie. Un hommage lui sera rendu mercredi 8 juillet à 19h, au parc de la Citadelle.
A Strasbourg, Monique Maitte était une fervente protectrice des sans-abris, des réfugiés et des « perturbateurs », comme elle les surnommait. Elle défendait leur voix, leur dignité et leurs droits. « Mô » a disparu samedi 4 juillet, à l’âge de 61 ans. Sur les réseaux sociaux, l’annonce de son décès a suscité une vague d’émotion.
Hommage à Monique Maitte, infatigable porte parole et défenseure des sans abris à #Strasbourg, disparue à l’âge de 61 ans. pic.twitter.com/qW3kimYDDH
Elle a vécu à la rue, elle en a été la voix. Militante infatigable des plus fragiles, Monique Maitte ne poussera plus de coup de gueule… https://t.co/iIazgSI8vU
La vie de Monique a basculé à 40 ans. Élevée par une « famille catholique aisée », elle ne s’est jamais conformée aux attentes conservatrices de son milieu d’origine, comme elle l’explique dans « Les Pieds sur terre », émission de France Culture. En quête d’aventures, elle quitte un emploi en ingénierie financière pour Strasbourg et sa vie « bien rodée ». Mais l’homme qui partage son quotidien devient violent, abuse de son emprise et la roue de coups. Après un séjour de plusieurs mois à l’hôpital, elle se voit privée de ressources, de travail et de logement. Seule issue : la rue.
En 2008, France 3 Alsace consacre un sujet pour le portrait de Monique Maitte
Sans domicile fixe (SDF) de 1999 à 2007 dans le quartier de la gare à Strasbourg, Monique refuse de sombrer dans l’alcoolisme. Elle critique souvent les associations d’aide aux personnes sans-abri. « Je me suis dit que jamais je ne m’en sortirais grâce à [elles] ». Elle se débrouille sans le circuit associatif local, entre squats et petits boulots. Malgré ces obstacles, elle prend soin de ses amis de la rue, de ses chats et se bat pour s’en sortir.
« Sa mémoire sera respectée si nos actions perdurent«
Pour améliorer l’efficacité des associations d’aide, Monique Maitte a investi son énergie en tant que porte-parole. Elle a marqué l’association Abribus, Les enfants de Don Quichotte et Grains de sable, l’antenne locale du Collectif des morts de la rue. En 2007, elle a fondé le Collectif SDF Alsace. Aschwin Ramenah, qui a milité à ses côtés, décrit une femme intelligente, exigeante et généreuse :
« Monique savait réveiller les consciences. Elle nous mettait face à nos contradictions et appuyait là où ça fait mal. Sa gouaille et son énergie lui ont permis de mener ce long combat. Parfois, sa colère se trompait de cible. Mais c’est normal quand on est tellement engagée. »
D’après le militant, la « mémoire de Monique sera respectée si nos actions perdurent et que les personnes que le collectif SDF Alsace a réussi à placer (dans des centres d’hébergement d’urgence ou des logements vacants, ndlr) ne sont pas virées. »
Monique Maitte au journal de France 3 Alsace le 8 février 2015
Écrire pour les personnes sans-abri
Monique Maitte savait aussi porter la plume dans la plaie. Les 488 poèmes de son blog racontent « le vide, le néant et les nuits sans sommeil » des SDF. Sa connaissance de la rue a fait d’elle une grande militante contre la pauvreté, les maltraitances, l’illettrisme et l’abandon des quartiers.
De sa rencontre avec l’écrivain alsacien Gérard Leser est né son livre De la rue à la vie (Do Bentzinger, 2010). Une lecture musicale de son œuvre par Aline Martin est prévue mercredi à 17h à la librairie Kleber, retransmise en live sur Facebook. Pour la comédienne et auteure, il s’agit d’honorer une promesse faite à son amie :
« Je connaissais Mô depuis 25 ans, avant même qu’elle ne soit à la rue. Notre amitié se fondait sur la musique et l’écriture. À chacune de nos rencontres, on se jurait qu’on ferait quelque chose de ses poèmes. Ainsi, je lui rends plus qu’un hommage : je tiens ma parole. »
Mercredi 8 juillet à 19h, les proches de Monique Maitte se rassembleront au parc de la Citadelle pour lui rendre hommage. L’organisateur de l’évènement Facebook, David Rudloff, invite les participants à « partager des souvenirs, une pensée, un poème, une chanson, (…) une musique qui fait penser à elle. »
Jeudi, Le Shadok et Rue89 Strasbourg proposent de réfléchir sur le poids des outils et des plateformes numériques dans la conduite de la Ville. Alors que la crise sanitaire a mis en évidence les failles de nos villes, quels sont les enjeux pour les nouvelles municipalités ?
Alors que la mandature qui s’achève n’a guère investi sur la ville numérique, qu’en sera-t-il ensuite ? Pour en discuter, Le Shadok et Rue89 Strasbourg invitent jeudi 9 juillet à 19h Céline Geissmann, nouvelle adjointe au maire de Strasbourg en charge de la ville numérique, et Antoine Courmont, directeur scientifique de la chaire « ville numérique » de Sciences-Po.
Céline Geissmann et Antoine Courmont Photo : docs remis
Rue89 Strasbourg : Alors que les municipalités engagent un nouveau mandat, qu’est-ce qui a évolué entre les villes et le numérique depuis 2014 ?
Antoine Courmont : Il y a eu une période de fascination, de solutionnisme, qui s’est notamment déclinée sous le vocable de « smart city. » Puis les villes se sont rendues compte du poids des plateformes numériques et des effets, très concrets, qu’elles pouvaient avoir sur leurs périmètres. Par exemple, une voie référencée comme un itinéraire alternatif sur l’application Waze peut détourner des milliers de véhicules alors qu’elle n’était pas prévue pour ça…
Des services comme Uber ou AirBnb en savent parfois beaucoup plus sur les villes que leurs propres administrations… Donc les enjeux se sont déplacés des solutions aux données. Il y a des rapports de pouvoirs qui ne sont pas réglés entre les collectivités et les plateformes.
Est-ce que les collectivités comprennent bien ces nouveaux rapports ?
Les villes restent très attachées à une gestion « top down » des problématiques. Elles sont très réceptives à des systèmes et des données qui permettent d’optimiser le traitement urbain mais ça ne résout pas toutes les questions.
Le numérique a été propulsé comme une solution à la crise sanitaire, pour continuer à travailler, à échanger… Est-ce que l’irruption du coronavirus a propulsé de nouvelles technologies dans les villes ?
Il y a eu toute une batterie de technologies de surveillance, qui ont été adaptées à la crise sanitaire, par exemple des systèmes de détection de port du masque… La RATP l’avait mis en place pour l’accès au métro mais a dû y mettre fin après une recommandation de la Cnil.
La présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, a été nommée ministre déléguée chargée de l’insertion dans le gouvernement de Jean Castex.
La composition du nouveau gouvernement de Jean Castex a été annoncée mardi soir et il y a quelques surprises. Parmi elles, la nomination de Brigitte Klinkert, ministre déléguée chargée de l’insertion auprès de la ministre du travail Elisabeth Borne.
Brigitte Klinkert est l’actuelle présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin (lire son portrait en octobre 2017), où elle a succédé à Éric Straumann (devenu député puis maire de Colmar). Première femme élue au conseil général du Haut-Rhin en 1994, première femme présidente de cette collectivité, Brigitte Klinkert est une militante de l’unification de l’Alsace au sein d’un super-département englobant le Bas-Rhin. La collectivité européenne d’Alsace sera une réalité en janvier 2021.
Brigitte Klinkert en 2017 Photo : DL / Rue89 Strasbourg
Sur l’insertion, Brigitte Klinkert a validé dans le Haut-Rhin l’expérimentation du bénévolat contre le versement du Revenu de solidarité active (RSA), une mesure très controversée qui voulait conditionner l’aide sociale à une contrepartie de la part des bénéficiaires. Finalement, le bénévolat doit être volontaire. En 2019, 1 200 personnes ont accepté un travail bénévole sur les 18 000 bénéficiaires.
Personne ne lui prêtait d’ambitions nationales. Les Alsaciens pressentis pour rejoindre le gouvernement étaient plutôt les députés Olivier Becht (Haut-Rhin) et Sylvain Waserman (Bas-Rhin) ainsi que le président de la région Grand Est, Jean Rottner dont la surface médiatique s’est accrue pendant la crise sanitaire.
En dépit des centaines d’avis lors de la relance de l’enquête publique après le confinement, aucune recommandation n’a été émise.
Avis favorable, sans réserve, ni recommandation. Le commissaire-enquêteur n’a rien trouvé à redire au projet « Eurovia 16 Project » à Ensisheim près de Mulhouse. Il s’agit d’un immense entrepôt d’e-commerce qui ressemble aux infrastructures d’Amazon, mais dont le loueur reste secret.
« La totalité des contributions demandait l’abandon du projet », synthétise Jean Schelcher, comme il l’indiquait déjà à Rue89 Strasbourg lors de la dernière matinée d’enquête publique, le lundi 15 juin. Aucune observation des citoyens n’avait été émise lors de la première phase de l’enquête publique du 19 février au 20 mars, sur fond d’élections municipales et de début d’épidémie du coronavirus. Mais la procédure avait été relancée de manière rétroactive pour 9 jours en juin, suite au confinement. Et le sujet, peu médiatisé jusque-là, découvert par la même occasion par nombre de Haut-rhinois et militants pour le Climat.
323 observations défavorables
Les 323 observations du public déplorent principalement la disparition de terres agricoles (247) et l’augmentation de la pollution liée aux transports poids lourds (175). Ensuite, des sujets comme « l’atteinte à la biodiversité », le manque de transparence, des « doutes sur les emplois créés », le « refus modèle Amazon », les « conditions de travail » et la « destruction de l’emploi local » reviennent entre 72 et 50 fois chacun. « Il ressort que les participations déposées par des personnes résidant dans le périmètre d’incidences du projet restent extrêmement limitées », indique le rapport.
Le commissaire-enquêteur répond à plusieurs critiques : « Même en l’absence de réalisation du projet, ces espaces agricoles sont par nature déjà théoriquement « consommés » », car ils font partie du « Parc d’activités de la Plaine d’Alsace (PAPA) » (p.35) ; « Au niveau d’Ensisheim, la A35 est globalement fluide et en capacité à absorber le trafic lié au développement » (p.50) ; « L’évolution du trafic lié au fret aérien ne présent[e] pas de lien direct avec l’évolution de l’activité du e-commerce (p.53) » ; « Le consommateur en ligne a tendance à avoir un impact environnemental moindre que le consommateur traditionnel, tant qu’il n’utilise pas la livraison rapide » (p.59).
« Sur le département du Haut-Rhin, il devient difficile de trouver des terrains de grandes tailles disponibles, avec accès aisé sur les principaux axes de communication routières », note Jean Schelcher, ancien du « Comité d’Actions économiques du Haut-Rhin » (Cahr, fusionné avec l’Adira), dans sa conclusion (p.71). Concernant la recommandation d’avoir des véhicules plus « propres », il estime que « en l’état actuel du parc de véhicules, du différentiel de coût d’achat et du calendrier de mise à disposition […] une telle mesure, […], ne serait à ce stade pas réalisable ».
Eurovia 16 s’installerait au bout de ce champ, en long, à côté d’Eurovia 15 (Delticomm), plus petit.Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Des opposants déterminés
C’est désormais au préfet du Haut-Rhin de délivrer l’autorisation environnementale nécessaire pour enclencher la construction du bâtiment. Depuis la demande officielle adressée en septembre 2019, le permis de construire a déjà pu être préparé par les services de la communauté de communes d’Ensisheim.
En Alsace comme ailleurs, l’élevage « en plein air » de volailles s’industrialise. De plus en plus d’exploitations accueillent des milliers voire des dizaines de milliers de poules, sans tenir compte des impératifs du comportement de ces animaux, incapables d’accéder à l’espace qui leur est alloué.
Des poules au plumage garni se promènent dans l’herbe grasse. Cette image abonde sur les boites d’œufs issus d’élevages en plein air, label rouge ou bio. « C’est une tromperie des consommateurs. Elles sont à l’intérieur la majorité du temps, » balaye David Léger, éleveur en Seine-Maritime et secrétaire national volailles de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) :
« Depuis 3 ou 4 ans, beaucoup de bâtiments destinés à un mode d’élevage en plein air extrêmement industriel, pouvant accueillir des milliers voire des dizaines de milliers de volailles, sortent de terre. La réalité de la vie des poules dans ces structures est à des années-lumière de l’image de marque que cette filière a développée. »
Ces œufs achetés en grande surface à Strasbourg proviennent de la ferme Kientz à Ebersheim, où environ 19 000 poules pondeuses sont élevées en bio. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Déjà en 2017, une enquête menée par la Fnab montrait que 89% des poules pondeuses des élevages en bio, le label le plus exigeant, se trouvaient dans des cheptels de plus de 3 000 individus. Cette même enquête démontrait que les élevages avaient tendance à s’agrandir en France et en Europe.
Chloé Schneller est chargée de mission pour l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). Elle estime que « dans la région alsacienne, en terme de volume de production, le modèle industriel est largement majoritaire également. »
Trop nombreuses, les poules restent à l’intérieur
Un après-midi de début juin, Rue89 Strasbourg s’est rendu à Preuschdorf au nord d’Haguenau, sur l’un des plus grands poulaillers en plein air d’Alsace, construit en 2018. Cette exploitation compte 38 000 poules qui ont accès à l’extérieur en plus de 130 000 poules élevées en cage. De nombreuses grandes surfaces strasbourgeoises vendent des œufs étiquetés plein air issus de cette ferme. Pour ce type d’élevage, des trappes sont disposées le long des bâtiments et donnent accès à un parcours extérieur. En théorie, elles sont ouvertes tous les jours. C’était le cas lors de notre visite. Environ 1 500 poules sur 38 000 au total étaient dehors, soit 3% de l’effectif seulement.
À Preuschdorf, on compte environ 1 500 poules dehors. Il faut donc imaginer à peu près 36 500 poules à l’intérieur du bâtiment. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
« C’est la proportion qu’on estime en général dans ce type d’élevage, quand les trappes sont ouvertes », explique Anne Vonesch, vice-présidente d’Alsace Nature et membre du groupe de dialogue civil sur les productions animales de la Commission européenne. Séverine Henry, maître de conférences et chercheuse au CNRS en sciences du comportement animal accuse « la trop forte densité d’individus » :
« Cela induit un stress chronique lié aux stimulations trop importantes, notamment sonores. Il n’est pas étonnant que dans des conditions où elles sont si nombreuses, les comportements des poules soient fortement inhibés et qu’une majorité reste à l’intérieur. »
6 à 9 poules par mètre-carré dans les bâtiments
Dans tous les modes d’élevage en extérieur, le cahier des charges impose que les poules aient accès à l’extérieur pendant seulement un tiers de leur vie, au plus tard 28 semaines après leur naissance. Elles peuvent donc être enfermées pendant les deux autres tiers de leur vie. Dans les bâtiments, elles sont en général 6 à 9 poules par mètre-carré. Après un peu plus d’un an, elles ne produisent plus suffisamment d’œufs et sont envoyées à l’abattoir, comme les poules élevées en cage. En théorie, elles pourraient vivre jusqu’à 10 ans. Anne Vonesch est très critique de ces pratiques :
« Certes, c’est moins terrible que l’élevage en cage, mais on est encore dans cette vieille vision selon laquelle l’animal n’est pas un être vivant que l’on considère, mais une ressource à utiliser. »
De grands espaces inaccessibles
L’étiquetage « plein air » impose une surface de 4 m² par poule à l’extérieur. Pour un élevage de 38 000 poules, le parcours doit donc proposer une surface d’environ 16 hectares. Cela correspond par exemple, en terme de dimension, à un terrain carré de 400 mètres de côté, soit 16 terrains de football. Mais l’immense majorité de cet espace n’est jamais parcourue par les poules, qui restent toutes agglutinées au niveau des trappes. David Léger conspue cette situation :
« Des surfaces aussi grandes, c’est une aberration. Jamais des poules ne vont aller aussi loin de leur bâtiment. Ce type d’élevage et leur réglementation ne tiennent pas compte de la réalité du comportement de cette espèce. La réalité, c’est tout simplement que les effectifs sont trop grands pour faire du plein air. »
L’immense parcours destiné aux poules est désert alors que les trappes sont ouvertes. Les poules ne vont jamais jusque là. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc Au même moment, les poules qui sont sorties se trouvent presque toutes au niveau des trappes et s’éloignent rarement à plus de 10 mètres du bâtiment. Nous sommes pourtant en fin d’après-midi, l’heure à laquelle elles sont censées sortir le plus et avoir des comportements exploratoires. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
La chercheuse Séverine Henry évoque de potentielles raisons pour lesquelles les poules restent regroupées au niveau des trappes :
« Pour de nombreuses espèces, plus une population est importante, plus la distance inter-individuelle est faible, quelle que soit la surface accessible. D’où l’agglutination que l’on observe. En plus, les parcours sont souvent nus et exposés au soleil. Les poules sont des animaux forestiers, qui doivent se cacher des rapaces. Elles ont besoin d’arbres et de buissons pour se sentir plus en sécurité. Le cahier des charges de l’élevage biologique exige des aménagements de ce type, mais c’est souvent très insuffisant. Enfin, pour les pousser à sortir, l’idéal serait de mettre de la nourriture comme des grains à l’extérieur. Elles restent à l’intérieur ou proches des trappes car leur principale source de nourriture se trouve dans le bâtiment. »
L’élevage labellisé bio, pas épargné
Les œufs bio représentent 15% du marché des œufs de la grande distribution en volume et 25% en valeur. Chloé Schneller de l’Opaba explique « qu’il existe de grosses dérives avec ce mode de production : les éleveurs vont aussi loin qu’ils peuvent avec le label. » Les effectifs peuvent être très importants. À Uhrwiller, un exploitant élève 24 000 poules pondeuses en bio. C’est le maximum autorisé. Cela nécessite 9,6 hectares de parcours extérieur.
Rue89 Strasbourg s’y est également déplacé, quelques jours après la visite du poulailler de Preuschdorf. Le constat est le même : très peu de traces d’occupation au delà de 15 mètres des trappes. Celles-ci étaient fermées lors de notre passage. L’exploitant, rencontré sur place, a expliqué qu’il « préférait que les poules restent à l’intérieur à cause d’un risque d’averse. » Des nuages approchaient effectivement ce jour là. Mais David Léger explique que « certains éleveurs préfèrent garder les poules à l’intérieur pour éviter des pertes liées à l’état des œufs. » Du côté de Preuschdorf, selon deux témoins qui habitent dans le village, les trappes restent « souvent fermées toute la journée. »
Les trappes sont fermées au poulailler bio d’Uhrwiller à cause d’une potentielle averse. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Le parcours semble peu occupé par les poules, l’herbe est haute. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Un système qui pousse à l’industrialisation
Quant au gérant de l’exploitation de Preuschdorf, Alfred Zacher, nous avons longtemps tenté de le solliciter, sans succès. Ce dernier est également P-DG de la coopérative agricole « Les Producteurs Alsaciens et Lorrains » qui détient la marque Bureland. Son chiffre d’affaires s’est élevé à presque 15 millions d’euros en 2018. La coopérative a récemment investi plus de 9 millions d’euros dans un centre de conditionnement ultra-moderne, avec une aide de 1,3 million d’euros de la Région Grand Est. Dans le circuit long classique, après leur ramassage sur les sites d’élevage, les œufs passent par ces structures où ils sont triés, marqués, calibrés et mis en boîte, avant d’être expédiés en magasin.
David Léger élève 1 800 poules en bio, en Seine-Maritime. Selon lui, son centre de conditionnement pourrait bientôt rompre leur contrat :
« Pour mes intermédiaires, il est plus avantageux de chercher des œufs produits à partir de grands élevages. Ils signent de moins en moins de contrats avec des petits producteurs. Cela leur ferait trop de déplacements pour trop peu de marchandises. Comme pour les autres productions agricoles, la concurrence avec les industriels est déloyale. »
« On fait comment pour répondre à la demande ? »
Dans une interview pour MaxiFlash publiée en mars 2019, Alfred Zacher défend le modèle industriel. Pour lui, c’est une nécessité pour répondre à la demande de manière locale :
« Il faut deux millions de poules pour nourrir l’Alsace. Tout le monde veut du plein air. Tout le monde veut acheter alsacien. Et en même temps on devrait avoir des élevages avec trois poules ? On fait comment ? »
« Effectivement, dans la situation actuelle, c’est la seule solution pour répondre à la demande, » reconnait David Léger. Mais pour lui, ce n’est pas une fatalité :
« La production intensive n’est obligatoire que parce qu’il n’y a pas assez de paysans. La possibilité pour des exploitants de se lancer est très limitée, c’est notamment là dessus qu’il faut agir. Aujourd’hui, les éleveurs sont poussés à produire beaucoup. Ils s’endettent pour financer de grosses installations et doivent tout faire pour les rentabiliser ensuite. Et plus il y a d’industriels, plus c’est difficile pour les plus petits. »
De l’élevage à plus petite échelle, des œufs vendus en circuit court
Pierre-Luc Laemmel, éleveur à Wilwisheim, « contourne ce modèle et arrive à s’en sortir financièrement » grâce aux circuits courts : « C’est la seule solution quand on fait de l’élevage à plus petite échelle. » Il vend exclusivement sa production grâce à une Amap et sur des marchés. L’exploitation qu’il gère avec sa compagne, La Ferme du Marais Vert, réalise son chiffre d’affaires à moitié avec du maraîchage et à moitié avec du poulet de chair et des poules pondeuses. Ces dernières sont 250 en tout, réparties en deux groupes. L’un de 70 et l’autre de 180 individus.
Ces poules de La Ferme du Marais Vert ont des comportements exploratoires et ne sont pas agglutinées. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Lors de notre passage, vers 14h un après-midi du milieu du mois de juin, environ 40% des poules étaient dehors. Elles occupaient l’intégralité de leurs parcours. Pourtant leur surface disponible est de 8 m² par poule, soit le double de ce que la réglementation exige. Le jeune paysan semble satisfait :
« J’ai la chance d’avoir hérité de terres et d’avoir pu me lancer dans l’agriculture, tout en respectant mes convictions. Et on a de plus en plus de clients. On sent que c’est ce que les gens veulent. »
Une proportion importante de poule est dehors, en milieu de journée, un moment où elles sortent peu habituellement. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
« Soutenir les petites exploitations, pas les industriels »
Pour Anne Vonesch, « ce type d’élevage devrait être massivement soutenu, notamment dans leur installation. » Parallèlement, elle pointe du doigt l’attribution de « subventions censées permettre une prise en compte du bien-être animal pour des projets industriels. » La Région a par exemple voté une aide de 100 000 euros pour la construction du grand poulailler de Preuschdorf. « Est-ce vraiment ce que la société veut ? », interroge l’écologiste.
Chloé Schneller explique que l’Opaba milite pour affiner la réglementation, et notamment imposer des limites de taille aux élevages, ainsi que des limites de distance entre les trappes et la fin du parcours. En attendant, David Léger s’inquiète d’une certaine décrédibilisation de l’élevage en plein air à cause de l’industrialisation, et plaide pour un modèle moins productiviste et en circuit court : « Le succès du plein air tient grâce à l’image que nous entretenons. Pourtant, dans les faits, en tant que petits éleveurs, nous sommes marginalisés. »
Comme d’autres grandes villes françaises, Strasbourg passe aux Verts. Leur action sera observée de près par l’opposition, mais aussi par les sympathisants de gauche qui espèrent plus qu’une simple alternance.
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »
Le chiffre d’affaires de Rue89 Strasbourg a progressé en 2019 mais les charges ont encore plus augmenté. Le média va cependant poursuivre son développement.
Média indépendant et produit à Strasbourg, Rue89 Strasbourg a terminé l’année 2019 avec un chiffre d’affaires net de 136 765€, en progression de 11,05% par rapport à 2018. Mais contrairement aux deux années précédentes, le résultat net est négatif. Médialab a perdu 15 617€ en 2019. Comme chaque année, nous soumettons nos comptes à nos lecteurs par souci de transparence.
Les charges d’exploitation ont atteint 177 403€, en progression de 26,45% principalement en raison de l’embauche de notre troisième journaliste à temps plein, Guillaume Krempp, en septembre 2019, ainsi que de davantage de commandes d’articles à la pige. Presque toutes nos dépenses vont d’ailleurs dans les salaires des journalistes permanents ou ponctuels (75,3%), nous ne produisons rien d’autre que du journalisme local.
Un journaliste à temps plein est payé environ 1 800€ bruts par mois, un article normal est payé 150€ bruts aux journalistes indépendants. Certains articles coûtent plus cher, comme les enquêtes ou ceux qui sont illustrés par un photographe professionnel ou une illustratrice. Au final, chaque mois, la production de Rue89 Strasbourg nécessite environ 15 000€.
Le chiffre d’affaires, composé essentiellement des ventes publicitaires et des abonnements, a atteint 125 958€, c’est pas mal mais il faudrait que nous progressions encore. Et pour cela, nous comptons sur l’augmentation du nombre d’abonnés. Les revenus en provenance directe des lecteurs forment une ressource fiable, régulière et adaptée au journalisme d’enquête que nous défendons. En décembre 2019, nous avions le soutien d’environ 650 abonnés. Ils sont déjà 902 à ce jour. Notre modèle, c’est Marsactu qui est parvenu à mobiliser plus de 4 000 abonnés à Marseille, mais avec une vaste majorité d’articles réservés aux abonnés.
Comme l’an dernier, les principaux clients publicitaires de Rue89 Strasbourg sont les collectivités locales, puis les institutions culturelles.
Les subventions proviennent de deux sources :
la subvention du Fonds de soutien aux médias de proximité (20 000€) du ministère de la Culture pour notre opération d’éducation aux médias, « Quartiers connectés », qui débouche sur plusieurs articles imaginés avec les habitants,une dotation du programme « Engaging communities » de l’Université de l’Oregon (États-Unis), toujours pour Quartiers connectés.
Rue89 Strasbourg est installé dans le quartier Gare depuis plus de deux ans. Photo : PF / Rue89 Strasbourg
En 2020, survivre au coronavirus et développer l’enquête
Deux bourses d’aide d’urgence versées en mai et juin nous permettent cependant d’investir sur l’avenir et d’ajouter un·e quatrième journaliste permanent à l’équipe, afin de développer notre capacité d’enquête, et générer plus d’abonnements. Son recrutement aura lieu en septembre.
Notre activité événementielle a aussi été touchée, même si nous avons pu proposer des versions visuelles de nos rendez-vous. Nous prévoyons cependant de développer ces événements (Université en campagne contre les idées reçues, Tous connectés et après), qui permettent de diffuser des savoirs au-delà de leurs audiences habituelles et de mettre un peu d’ordre dans le chaos informationnel.
En outre, nous allons continuer de développer Quartiers connectés en proposant cette opération à d’autres secteurs (actuellement à l’Elsau, Hautepierre et Laiterie). Nous sommes convaincus de l’intérêt public de cette opération, qui permet de reconnecter des habitants à la vie civique locale. Nous avons la faiblesse de penser que si l’Elsau a été si souvent cité comme un sujet de campagne, le travail de notre rédaction n’y est peut-être pas pour rien.
Les permanences de l’antenne strasbourgeoise de l’association Emmaüs ne désemplissent pas. Rencontre avec trois bénéficiaires, qu’elle connecte avec l’informatique.
« Ce qui m’a décidé à acheter un ordinateur ? La connerie de la télé ! » Jean-Paul ne tourne pas autour du pot, ça n’a jamais été le genre du septuagénaire :
« Avant, il n’y avait que trois ou quatre chaînes, mais on voyait des programmes intéressants. Aujourd’hui, tout est au niveau Hanouna. Mon neveu m’a montré qu’on pouvait trouver des quantités de bons films sur internet, le tout c’est de savoir comment se connecter aux sites. Quand je serai au point, je pourrai aussi consulter des sites historiques, ou de petites annonces. »
Jean-Paul, 71 ans, a tout à apprendre Photo : FrG / Rue89 Strasbourg
Pour être initié à ce monde quasi-inconnu, Jean-Paul a contacté Emmaüs Connect et se retrouve pour un premier rendez-vous de deux heures au 33 rue Kageneck.
« Ma femme faisait la paperasse »
C’est François, l’un des deux jeunes services civiques de l’association, qui s’occupe de lui. En commençant par les bases : le vocabulaire. « Site », « navigation », « moteurs de recherche », autant de mots dont l’artisan électricien à la retraite ne connaissait pas le sens. Il faut dire qu’il n’avait jamais utilisé l’informatique :
« C’est ma femme qui faisait toute la paperasse, y compris avec l’ordinateur, pour l’entreprise et à la maison. Elle est décédée il y a quelques années. Mais c’est de plus en dur d’avoir une facture papier, ou de faire des démarches administratives, alors je m’y mets avant de me retrouver coincé. »
Des méthodes d’apprentissage adaptées au niveau de chacun Photo : FrG / Rue89 Strasbourg
« Cet ordi, je pourrais le réparer ! »
Ce problème de dématérialisation des démarches, Adam, la soixantaine, s’est arraché les cheveux dessus pendant tout le confinement :
« Je voulais faire ma déclaration d’impôts par internet, comme toujours, mais j’ai perdu mon mot de passe. Il était sur l’ordinateur de la voisine qui m’aidait d’habitude, on avait mis son adresse e-mail par commodité. Mais la pauvre est morte, et donc impossible de récupérer un nouveau mot de passe. Les bureaux sont fermés, personne ne répond au téléphone et ce cas n’est pas proposé par le répondeur automatique. »
Réparateur en électronique, Adam (à gauche) se dit « nul en informatique » Photo : FrG / Rue89 Strasbourg / cc
François passera une bonne partie de la séance à tenter de résoudre le problème d’Adam avec les services des impôts. Puis à lui apprendre à copier des fichiers sur un disque dur externe via son ordinateur. Adam « se débrouille » pour le courriel ou pour ses démarches en ligne auprès de la CAF et de Pôle emploi. Pourtant il se dit « nul en informatique » :
« Je suis technicien électronique : cet ordinateur, je pourrais le réparer ! Mais je ne sais pas utiliser des applications plus compliquées qu’une messagerie, un traitement de texte ou un navigateur. Et encore, seulement les fonctions de base. Ça me révolte d’avoir un outil aussi puissant et de ne pas tirer parti de ses capacités ! »
« J’en rêvais depuis enfant »
Sur la table en face, M’Bappe, 18 ans, doit, lui, commencer par le fonctionnement de base d’un ordinateur. Et d’abord celui du clavier. « Tu tapes sur la touche tréma avant de taper le u, » montre Patrick, un des formateurs bénévoles de l’association.
M’Bappe découvre le clavier grâce aux explications de Patrick Photo : FrG / Rue89 Strasbourg
Le jeune réfugié guinéen sait naviguer sur Internet depuis longtemps, mais seulement depuis un smartphone. C’est grâce à cet appareil qu’il a pu suivre à distance sa première année de CAP-maçon avec les Compagnons du devoir :
« Pour assister aux cours, ça allait, mais pour faire les exercices et les rendre, c’était très compliqué, avec beaucoup de temps perdu à cause des manipulations. Là, tout va être plus simple. Et je pourrai aider mes amis du foyer. »
Arrivé seul en France il y a deux ans, M’Bappe s’est vu offrir en mai un ordinateur par Emmaüs Connect dans le cadre de son opération « Connexion d’urgence ». Durant le confinement, ce programme a permis à l’antenne de Strasbourg de distribuer 300 ordinateurs, 100 tablettes, 200 smartphones ainsi que 600 cartes SIM et recharges.
M’Bappe a reçu d’Emmaüs Connect son tout premier ordinateur Photo : FrG / Rue89 Strasbourg
M’Bappe ne cache pas sa joie :
« Avoir un ordinateur et savoir m’en servir, j’en rêvais depuis enfant. Un ordinateur, c’est un outil pour étudier, communiquer, découvrir le monde… Il va m’aider à réaliser mes projets : je veux faire des études pour travailler dans la logistique. »
Manque de place et de bénévoles
Pour respecter la « distanciation », la salle ne peut recevoir que deux bénéficiaires au lieu de quatre Photo : FrG / Rue89 Strasbourg
M’Bappé, Adam et Jean-Claude avaient pris contact avec Emmaüs Connect avant le confinement. A son terme, le nombre de demandes de formation individuelle a augmenté, mais la capacité d’accueil a diminué, « distanciation » oblige.
Autre facteur limitant : le nombre de formateurs. Ils doivent parfois s’occuper de deux bénéficiaires simultanément. Pour réduire les délais, et améliorer l’accompagnement, l’association a avant tout besoin de bénévoles supplémentaires
La maire écologiste a présenté son équipe formée de 19 adjoints. Voici les attributions et le parcours des nouveaux responsables de l’action municipale à Strasbourg.
Classement selon l’ordre protocolaire. Selon cet ordre, les adjoints sont tenus de remplacer la maire en cas d’absence. Il donne donc une idée de l’ordre des priorités et de confiance.
Premier adjoint, en charge des Finances et achats publics
La nouvelle municipalité va fonctionner avec une vingtaine de conseillers municipaux délégués.
La municipalité de Jeanne Barseghian souhaite en finir avec les adjoints et adjointes de quartiers. Ces derniers avaient un rôle transversal important sur une dizaine de secteurs de Strasbourg. À la place, la maire écologiste devrait annoncer une vingtaine de « conseillers délégués », sur des périmètres plus petits. Le plus souvent, il devrait donc y avoir deux élus locaux en charge des 10 anciens quartiers « administratifs ».
Lors du mandat précédent, les élus de secteur étaient parfois répartis sur des territoires vastes (Conseil des XV Bourse – Esplanade – Krutenau soit 35 000 habitants ; Koenigshoffen – Montagne Verte – Elsau) ou très différents (Gare/Laiterie et la partie sud et ouest du centre-ville).
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »
Le conseil municipal de Strasbourg de ce samedi 4 juillet marque la passation entre Roland Ries et Jeanne Barseghian. La nouvelle maire écologiste sera officiellement élue par ses colistiers. À suivre en direct à partir de 18h.
Six jours après la victoire de la liste « Strasbourg écologiste et citoyenne », c’est au tour de Jeanne Barseghian d’être officiellement élue maire par ses pairs. Les écologistes ne sont pas encore aux commandes, mais ils ont déjà le sens du symbole.
Le premier point ajouté à l’ordre du jour est de voter une motion pour déclarer « l’état d’urgence climatique » à Strasbourg. Plusieurs grandes villes comme New York, Barcelone, Paris ou plus près d’ici… Mulhouse, ainsi que le Parlement européen ont déjà voté de telles motions. Cela n’empêche pas des plans d’aides pour l’automobile, le secteur aérien, d’autres activités polluantes ou des projets d’implantations sur les terres agricoles, comme des zones commerciales ou des entrepôts type Amazon en Alsace.
Mais derrière les déclarations de forme, il y a bien sûr un message pour les six années à venir et l’idée d’engager Strasbourg sur un nouveau cap, celui qui consiste à passer un maximum de décisions au crible de la lutte contre le changement climatique. Cet été, cela devrait débuter par un programme de végétalisation des places de la ville.
Conseillère municipale depuis 2014, Jeanne Barseghian prendra la place la plus importante dans l’hémicycle de Strasbourg ce samedi 4 juillet Photo : Pascal Bastien / Divergence
Le « gouvernement Barseghian » présenté dans la matinée
À la mi-journée, les adjoints et adjointes devraient être présentées. Rien n’a été annoncé jusque-là. Seules quelques suppositions peuvent se faire à partir du profil des colistiers. Par exemple, la cadre à la Poste Anne-Marie Jean a souvent accompagné Jeanne Barseghian auprès des décideurs économiques. Anne Mistler, ancienne directrice régionale des affaires culturelles (Drac) d’Alsace puis du Grand Est a le profil pour gérer la Culture, etc.
Selon plusieurs sources concordantes, les Socialistes strasbourgeois devraient intégrer la majorité. La répartition des rôles d’adjoints à la Ville sera aussi à articuler avec les vice-présidences à l’Eurométropole, où une future majorité avec les communes voisines est en cours de formation.
Le nombre maximal d’adjoints et adjointes est de 19, suivant la parité homme-femme. Il est également possible d’y ajouter 6 adjoints de quartiers (Strasbourg en compte 10 administrativement) s’ils ne cumulent pas avec d’autres attributions.
Les élus voteront également leurs indemnités. La nouvelle majorité souhaite baisser la différence de traitement entre les adjoints et les conseillers municipaux « délégués » à une thématique. Cette redistribution des responsabilités et des rémunérations impliquerait de réduire le rôle du premier adjoint.
À suivre en direct à partir de 18h en direct-vidéo, exceptionnellement sans nos commentaires.
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »