Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Discriminés par la SNCF, des chibanis condamnés à l’injustice

Discriminés par la SNCF, des chibanis condamnés à l’injustice

En février 2018, la Cour d’appel de Paris a condamné la SNCF pour « discrimination directe en raison de la nationalité ». Mais certains cheminots d’origine marocaine et retraités, comme Mohamed, Félix ou Fares voient une réparation barrée par la prescription des faits. Une énième injustice pour ces Chibanis…

Dans le bar La Perestroïka, quatre Chibanis (« vieux » ou « cheveux blancs » en arabe) boivent un café dans l’après-midi du vendredi 6 septembre. Ces anciens cheminots, d’origine marocaine excepté pour Félix, se sont réunis pour dénoncer l’injustice dont ils sont victimes.

En janvier 2018, la Cour d’appel de Paris a condamné la SNCF pour « discrimination directe en raison de la nationalité » de ses employés marocains. Une victoire mais amère pour Mohamed, Félix et Fares, car ils ont porté plainte plus de cinq ans après leur départ à la retraite.

Fares Lakbir, 69 ans, est ainsi sorti dégoûté du tribunal de Colmar en juin. L’action de cet ancien aiguilleur a été considérée comme « irrecevable » par le tribunal, car les faits sont prescrits. « C’est l’arnaque », répète Fares en évoquant sa carrière de cheminot comme l’issue de sa plainte.

Fares Lakbir, 69 ans, est un ancien cheminot d’origine marocaine. Avec sa retraite de 993 euros, il subit toujours une inégalité de traitement par rapport aux cheminots français. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Discrimination sur la retraite, la formation…

À la fin des années 60, la SNCF a signé un accord avec le Maroc pour mettre fin à un déficit récurrent de main d’oeuvre. Des cheminots marocains se sont rendus en France pour y devenir aiguilleur, trieurs… En Alsace, ils ont travaillé par exemple dans la gare de triage de Hausbergen. « On travaillait en trois fois huit heures, se souvient Fares, il faisait froid et il y avait beaucoup d’accidents. »

Ancien aiguilleur, Mohamed Outhrount se souvient être passé près de la mort, une nuit où il a failli être percuté de plein fouet par un train…

Mohamed Outhrount, 70 ans, a travaillé en tant qu’aiguilleur pour la SNCF. « J’ai appris l’année dernière que je ne pourrais jamais avoir l’indemnisation… »

Peu à peu, les Marocains se rendent compte des différences de traitement entre Français et Marocains : les cheminots d’origine étrangère n’ont accès à aucune formation, ils n’ont pas accès aux mêmes médecins…

« Ils devaient même se battre pour avoir quelques billets de train gratuits, alors que les cheminots français avaient la gratuité sur tous les trajets », ajoute Mustapha El Hamdani. Le coordinateur de l’association Calima connaît bien le dossier. Depuis plus de trente ans, il se bat pour l’égalité d’accès aux droits pour les travailleurs d’origine immigrée.

Amende record pour la SNCF

Au début des années 2000, près de 900 chibanis portent plainte contre la SNCF pour discrimination. Grâce au travail de l’association Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s), les anciens cheminots s’appuient sur l’article 3 du contrat de travail des Marocains, qui stipule : « Le travailleur étranger doit recevoir à travail égal une rémunération égale à celle de l’ouvrier français de même catégorie employé dans l’établissement (…). » Après 12 ans de procédure, la SNCF est condamnée à verser 170 millions d’euros d’indemnités, répartis entre les 848 plaignants.

Au cours de la réunion à la Perestroïka, un Chibani passe saluer ses anciens collègues. Il fait partie des chanceux : l’ancien cheminot a reçu 170 000 euros d’indemnités en avril 2018, car sa retraite était deux fois moins élevée que celle d’un Français.

A gauche, Mustapha El Hamdani de l’association Calima, qui vient en aide aux travailleurs d’origine immigrée : au centre, Félix Siamey et à droite Mohamed Jbil.

Une impasse juridique

Mais juridiquement, Fares et ses camarades font face à une impasse. Suivant l’article 2224 du Code Civil, le délai accordé à une victime de discrimination pour porter plainte est de cinq ans, « à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. » Comme l’explique Maître Goldberg, avocate strasbourgeoise, l’article de loi qui a permis de faire condamner la SNCF en janvier 2018 empêche aujourd’hui l’accès aux indemnités à d’autres Chibanis :

« Pour les actions de droit commun, depuis 2008, la prescription est de cinq ans. Déjà face à la première action en justice, la SNCF invoquait la prescription en affirmant que le point de départ de la discrimination était la signature du contrat, en soutenant que les Marocains étaient au courant de leur situation en signant. La première victoire, ça a été de dire que ce délai de prescription commençait non pas avec la signature du contrat mais avec le départ à la retraite (de nombreux Chibanis ont réalisé les inégalités de traitement entre Français et étrangers avec les écarts de retraite, ndlr). En 2018, la Cour d’appel a donc validé que le point de départ des procédures, ce n’est pas la signature du contrat, c’est le départ à la retraite. »

Des laissés-pour-compte

Fares Lakbir aurait volontiers perçu ces indemnités à cinq, voire six chiffres. Avec ses 993 euros de pension par mois, le Strasbourgeois a du mal à boucler ses fins de mois.

Alors il veut appeler à la mobilisation des autres Chibanis dans la même situation que lui. Selon Mustapha El Hamdani, ils seraient à peu près une centaine dans le Grand Est. Pour eux, le militant veut continuer le combat dans l’espoir d’une décision politique :

« La prescription, on s’en fout. On veut se battre pour que le statut de cheminots leur soit accordé, notamment pour leur retraite. Toute leur vie, ils ont été un acronyme insignifiant (PS25, ndlr), une sorte de sous-cheminot. Il faut mettre fin à cette injustice. C’est une question de dignité. »

Trois syndicalistes de France Bleu assignés en justice par leur direction

Trois syndicalistes de France Bleu assignés en justice par leur direction

C’est peu dire que le dialogue social se tend à France Bleu… Mardi, trois élus du Comité social d’entreprise « Est » de la radio locale publique sont convoqués devant le tribunal de grande instance de Strasbourg pour avoir demandé une évaluation des risques psycho-sociaux.

« Je travaille depuis 30 ans dans cette entreprise… J’étais d’ailleurs à la radio quand l’huissier a déposé mon assignation à mon fils de 15 ans. » Frédérique Brun, animatrice de France Bleu Sud Lorraine, n’en revient toujours pas d’être assignée par sa direction devant le tribunal de grande instance de Strasbourg, mardi 10 septembre.

« Je n’ai jamais mis les pieds dans un tribunal bordel ! » Son crime ? Avoir voté, comme tous les autres élus du comité social d’entreprise (CSE) « Est » de France Bleu, que soit commandée une évaluation des risques psychosociaux au sein des antennes régionales de l’Est, suite à une enquête sur le harcèlement au sein de Radio France parue dans Télérama.

Frédérique Brun est furieuse :

« On savait que la direction était opposée à cette résolution mais on ne se doutait pas qu’elle la contesterait en justice, sans même nous en parler avant ! D’autant qu’on se place dans la continuité de France Bleu Sud Méditerranée, où une enquête similaire et avec le même cabinet a débuté au printemps… »

La direction de Radio France considère que la demande d’expertise du CSE est « abusive », qu’il n’existe pas de « risques graves pour la sécurité ou la santé des salariés » et demande le retrait de cette résolution. En outre, elle demande au tribunal de condamner le CSE aux dépens des frais de justice et à payer 3 000€.

Trois élus devant le juge

Deux autres élus sont assignés de la même manière, dont le secrétaire du CSE Est, Manuel Houssais. Pour ce dernier, également élu au CSE central de Radio France, cette stratégie de durcissement s’inscrit dans un contexte global :

« On demande 60 millions d’euros d’économies alors que nos métiers, avec le numérique et le rapprochement avec les télévisions locales, sont radicalement transformés. Résultat : les salariés sont à bout, certains craquent… On n’est pas loin d’un syndrome d’entreprise comme ce qu’il s’est passé à Orange. Plus de 80 cadres de Radio France sur 122 ont envoyé une lettre à la direction. »

Dans cette lettre, les 86 cadres signataires dénoncent « des modifications de grille importantes et stratégiques [sont] annoncées [par mail], sans aucun partage, sans aucune écoute, sans discussion préalable, sans ménagement et au contraire avec brutalité et mépris. »

Le plan stratégique d’économies de Radio France prévoit la suppression de 390 postes jusqu’en 2022, sur environ 4 000, après une première vague qui a vu la suppression de 270 postes.

À Kolbsheim, 10 jours pour envisager l’après-GCO

À Kolbsheim, 10 jours pour envisager l’après-GCO

Un an après le début du chantier définitif du GCO, 10 jours d’événements sont organisés pour réfléchir à la suite.

Village érigé en symbole de la lutte contre l’autoroute du GCO (Grand contournement ouest, voir tous nos articles), Kolbsheim accueille 10 jours de projections, expositions et réflexions politiques sur l’après-GCO. L’objectif : tourner la page de la défaite, sauf retournement de situation juridique, mais surtout se projeter dans l’avenir après toutes les énergies déployées contre l’autoroute.

Les dates ne sont pas choisies au hasard. Le 10 septembre correspond à l’anniversaire de l’évacuation de la Zad en 2018, le 20 septembre à la date de l’opposition aux machines dans cette même forêt en 2017, ce qui a repoussé le chantier d’environ un an.

Pour l’une des 5 organisateurs Yseult Welschinger, les liens tissés lors de la mobilisation peuvent trouver d’autres débouchés :

« On n’exclut pas à terme de devenir une association. On se dit que tout ce marasme peut-être l’occasion de rebondir, que les liens créés serviront à quelque chose. Beaucoup de gens se sont rencontrés, avec parfois un mélange des générations. C’est vital de se retrouver, même malgré cette défaite, de montrer aux décideurs que ces énergies ne s’éteignent pas avec le béton. On n’est pas à l’écart des dynamiques citoyennes partout en France. Tout cela doit se structurer. »

Films le soir et temps forts le week-end

En semaine, le programme est composé de projections de films à 20h à l’Église de Kolbsheim. Le premier mercredi après-midi, le 11 septembre, deux animations pour enfants sont prévues : écriture de chansons à 15h puis projection d’un film animé à 17h.

Le week-end proposera plus de temps de débats et de réflexions politiques avec la conférence « Liberté ou puissance, il faut choisir » (samedi 14 à 17h) et l’atelier de « novlangue de bois » (dimanche 15 à 14h), au milieu d’autres performances artistiques (concert, marionnettes, chant, etc.).

Ces dix jours se clôtureront le vendredi 20 septembre par l’inauguration d’une stèle « Résister » à 19h suivi d’un dernier spectacle.

Des expositions

Tout au long des dix jours, cinq expositions se tiendront, dont quatre de photographies. L’une d’elle rassemble les clichés du tout jeune collectif « Mise au poing » fondé en juin avec les travaux d’Abdesslam Mirdass, Christoph du Barry, Sophie Dupressoir, David Geiss.

La plupart des événements sont gratuits et sans inscription, même si une participation libre sera proposée. Seuls l’atelier chanson et la fabrication de nichoirs à chauve-souris ont un prix fixé, respectivement à 3 euros et 15 euros.

Le programme complet

Dany Karcher : « Limiter l’effet couloir à camions »

Dany Karcher : « Limiter l’effet couloir à camions »

Maire de Kolbsheim depuis 2001, Dany Karcher a été l’élu local le plus exposé lors de l’évacuation de la Zad qu’il avait soutenu. Un an après l’évacuation, il revient sur son engagement et espère que tout ne sera pas fait pour capter sur le GCO les véhicules qui évitaient l’Alsace.

« J’ai acté, la mort dans l’âme certes, que le GCO se ferait », la voix grave en conseil de l’Eurométropole le 2 mai, le maire de Kolbsheim suscite le silence de l’assemblée des 33 communes. Retraité depuis une semaine, Dany Karcher a été en première ligne lors des nombreuses manifestations de septembre 2018 et revient sur cette mobilisation qui a débuté avec son premier mandat en 2001. Il veut aujourd’hui « limiter les dégâts » en évitant que l’Alsace capte davantage de camions qui transitent du nord au sud de l’Europe via le futur Grand contournement ouest (GCO).

Rue89 Strasbourg : Quand avez-vous acté que le GCO se fera ?

Dany Karcher : À la sortie de l’hiver. Je ne peux pas éviter de voir que le chantier avance tous les jours. Je suis persuadé que c’est une connerie, mais force est de constater que l’État et le constructeur en ont le droit. Jusque-là, je croyais encore à un sursaut. Je remarque que les jugements qui pourraient nous être favorables mettent du temps à être programmés. Ceux pour lever les suspensions qui bloquent le chantier arrivent plus vite. Acter que l’autoroute se fasse ne veut pas dire que je la cautionne.

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Pour les associations écolos, la lutte continue au-delà du GCO

Pour les associations écolos, la lutte continue au-delà du GCO

Alsace Nature, les Fédinois contre le GCO ou encore La réserve du Bishnoï… Ces associations ont tenté par tous les moyens d’empêcher la construction du Grand contournement ouest (GCO). Un an après l’évacuation de la ZAD du Moulin, leurs combats ont évolué, entre surveillance des chantiers, ateliers zéro déchets et préparation des élections municipales…

« Lundi, j’étais encore sur le terrain pendant que les machines de l’entreprise Holtzinger déboisaient les derniers hectares de la forêt du Grittwald. » Philippe Ployé, président de l’association Les Fédinois contre le GCO, continue de se mobiliser contre le chantier du Grand contournement ouest (GCO, voir tous nos articles).

L’habitant de Vendenheim le reconnaît : « Il y avait plus de forces de l’ordre que de militants (une quinzaine, ndlr). » Mais l’activiste ne baisse pas les bras, malgré une baisse du nombre d’adhérents actifs de 150 à une quarantaine aujourd’hui. Philippe et ses camarades continuent de garder un œil attentif sur le chantier de Vinci : « Tant que les travaux continuent, on relève les irrégularités pour éventuellement constituer des plaintes… »

Et le retraité de citer quelques exemples de contraventions aux cahiers des charges des travaux : filets de protection mal installés, chantier non-balisé, ou abris pour chiroptères non-bouchés avant l’abattage des arbres…

Début septembre 2018, peu avant l’audience d’une requête en référé déposée par Alsace Nature, une cinquantaine d’opposants au GCO se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg Photo : Abdesslam Mirdass

Objectif : perturber les municipales

Au-delà du chantier, le président de l’association fédinoise compte aussi s’impliquer dans la campagne pour les élections municipales :

« On assistera à toutes les réunions des candidats. Ceux qui ont soutenu le GCO devront être mis face à leurs responsabilités. »

Lorsque le Fédinois lit le journal, il songe déjà au discours accusateur qu’il relaiera sur les réseaux sociaux et pendant les réunions de campagne :

« J’ai appris dans les DNA que l’État pourrait être condamné à payer 10 millions d’euros à Vinci si les camions en transit ne sont pas interdits de circulation sur l’A35 au moment de l’ouverture du contournement ouest. Ça représente une sacrée somme à payer pour le contribuable… et une position pas très confortable pour les élus pro-GCO… »

Le Bishnoï et la lutte anti-gaspillage

Dans le Kochersberg, l’association Réserve du Bishnoï a fait le choix de la diversification. « C’est toute la société de consommation qui doit changer », affirme l’une de ses membres, Christine Ludes. En mars, les militants ont ainsi lancé un défi « zéro déchet ». Six mois plus tard, « certaines familles ont réussi à diviser la quantité d’emballages jetés par deux », se félicite Christine.

Dans le secteur de Kolbsheim, les membres de l’association ont organisé des ateliers pour fabriquer ses propres savons, organisent l’achat en vrac ou directement chez le paysan… « On a répondu à la demande exprimée lors du dernier festival Bishnoï, se souvient la retraitée, beaucoup de gens ont demandé d’autres ateliers de réduction de déchets. »

Christine Ludes a aussi participé à l’organisation des « 10 jours vert le futur« , un événement « pour se retrouver après deux ans de lutte commune », comme l’explique la militante. Car l’Alsacienne n’a pas l’intention de baisser les bras :

« C’est une démarche de résilience pour continuer le combat ensemble. Peut-être que pour nous c’est trop tard, mais les générations futures doivent savoir que les paroles des politiciens sur l’environnement ne valent rien. Pour eux, le GCO doit au moins servir d’exemple pour que la poudre aux yeux ne fonctionne plus. »

« La lutte est toujours là »

Pour Stéphane Giraud, cette vigilance citoyenne est nécessaire. Le directeur de l’association Alsace Nature dénonce des contrôles préfectoraux trop laxistes sur le chantier autoroutier :

« Lors du dernier abattage à Vendenheim, la préfecture a annoncé que tout s’était bien passé alors que les filets de protection (des brataciens, ndlr) étaient totalement inopérants… »

Ces dernières années, la lutte contre le projet autoroutier a accaparé les ressources de l’association environnementale. En 2018, les dons ont connu une hausse de 50 000 euros par rapport à l’année précédente. Un effet GCO qui n’a cependant pas amélioré les finances d’Alsace Nature : « Cette autoroute a occasionné un sacré bordel pour nous, entre les frais d’avocat et les autres dossiers qui ont pris du retard… » Mais Stéphane Giraud ne regrette en rien la stratégie de l’association :

« La mobilisation qu’on a connue face à l’abattement des arbres en 2018, si on avait réussi à mobiliser autant de monde trois ans plus tôt, le projet n’aurait peut-être pas eu lieu. Mais au moins il y a eu une prise de conscience chez les citoyens. Si on a perdu sur le GCO, on est maintenant en capacité de changer la société pour faire en sorte de ne plus en avoir d’autres… C’est aussi pour ça qu’il y a ces commémorations, parce que la lutte est toujours là, elle nous a unis malgré les recours rejetés et l’évacuation de la ZAD. »

Municipales à Schiltigheim : Vers une alliance vert-rose-rouge dès le premier tour

Municipales à Schiltigheim : Vers une alliance vert-rose-rouge dès le premier tour

La coalition à la tête de la municipalité de Schiltigheim depuis 2018, menée par l’écologiste Danielle Dambach avec des élus socialistes et communistes, devrait partir groupée en 2020.

Selon nos informations, l’alliance politique qui conduit le conseil municipal à Schiltigheim devrait se représenter en front uni dès le premier tour des élections municipales en mars 2020.

Lors des élections anticipées en avril 2018, la liste des écologistes de Danielle Dambach et celle des partis socialiste et communiste de Nathalie Jampoc-Bertrand avaient démarré en rangs dispersés (respectivement 20,42% et 15,09% au premier tour).

Les deux listes avaient fusionné à l’entre-deux tours et inversé la tendance face à Christian Ball, le candidat « Les Républicains » pourtant arrivé largement en tête (35,08%). La liste avait bénéficié d’un bon report des voix des Insoumis (7,56%) et même des électeurs du maire sortant, Jean-Marie Kutner (centriste, 19,68%) qui s’était retiré.

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Le municipal-o-drome de la rentrée : départs en fanfare !

Le municipal-o-drome de la rentrée : départs en fanfare !

Qui sera le nouveau maire de Strasbourg en mars 2020 ? Avec le municipal-o-drome, Rue89 Strasbourg vous propose de retrouver chaque mois le positionnement de chacune des listes et ses candidats potentiels. L’été et la rentrée ont occasionné quatre top-départs !

 

Le municipal-o-drome est un outil imaginé par Rue89 Strasbourg qui vise à sortir de l’instantanéité des déclarations des prétendants. L’autre objectif est d’avoir l’ensemble du panorama électoral en un coup d’œil pour remettre chaque mouvement dans ce contexte plus global. Passer la ligne d’arrivée revient à être le candidat investi par sa formation.

Depuis janvier 2019, le positionnement de chaque candidat est décidé par les journalistes de la rédaction selon leur appréciation de la situation. Il dépend aussi de critères objectifs comme une déclaration publique ou non de candidature qui permet d’apparaître sur la pelouse, la concurrence au sein de son « écurie » ou la capacité des différentes équipes à mener une liste. S’être déclaré en premier confère aussi un avantage (provisoire) au sein de sa famille politique. L’ordre de placement de haut en bas ne répond pas à une logique particulière, si ce n’est que les abandons, un seul à ce jour, sont en bas.

L’été, la saison pour avancer

Le mois de juin a été celui des abandons (Robert Herrmann, Frédéric Bierry), l’été et la rentrée ont au contraire occasionné quelques départs en trombe ! La candidature de Jeanne Barseghian pour mener la liste des écologistes et autres soutiens (notamment en provenance du Labo citoyen) était attendue. Au 9 septembre, on ne lui connait pas de challenger. Mais les candidatures sont ouvertes jusqu’au 21 septembre. Avec un vote ouvert à tous les signataires d’une charte le 5 octobre, cette écurie pourrait être la première à voir sa tête de liste investie.

Tout aussi spectaculaire en terme d’avancée, le bond de Mathieu Cahn (PS), qui a monté une équipe en vue d’une éventuelle candidature sans faire de grande déclaration. L’aventure de Philippe Bies, parti en premier, n’est pas sûre de franchir la ligne d’arrivée en tête. Le parti à la rose cherche désormais un moyen de départager les deux anciens amis, sans passer par la case primaire. Enfin, Paul Meyer (La Coopérative / Generation.s) a aussi annoncé un début de liste sous le nom de « Strasbourg notre capitale ».

L’équation se complique aussi au centre. La désignation de Sylvain Waserman comme chef de file pour mener les négociations du Modem dans le Bas-Rhin intrigue, dans le cadre de l’habituel accord Modem/LREM voire au-delà (avec Agir, comme aux européennes). Le premier adjoint Alain Fontanel reste en tête, par son implantation locale et ses réseaux. Plus à gauche et à droite, peu de grands changements.

Pour zoomer, il suffit de continuer à faire défiler son écran vers le bas.

Des pistes d’améliorations ? N’hésitez pas à nous en faire part en commentaires. Nous tenterons d’en tenir compte pour les prochaines éditions.

Jean-François Gérard, Geoffrey Brossard et Nina Courtois
Un outil créé à trois, dans l’ordre : un journaliste, un développeur web et une graphiste

Les efforts de deux Strasbourgeois pour vendre des bijoux en or et éthique

Les efforts de deux Strasbourgeois pour vendre des bijoux en or et éthique

Coût et temps de production plus élevés, modèle économique particulier… Laura et Amaury, créateurs de la maison strasbourgeoise Flore et Zéphyr, ont parié sur la bague éthique. Reportage dans leur petit atelier à côté de la cathédrale.

Laura et Amaury sont les créateurs de la maison Flore et Zéphyr. Lui s’occupe de l’aspect business, et elle imagine et conçoit les bijoux labellisés Fairmined (littéralement, « extrait des mines avec justesse »). Le label garantit que l’or certifié provient de mines gérées de façon responsable : un juste salaire pour les mineurs, un faible impact environnemental, l’interdiction du travail des enfants, l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, aucun lien avec des conflits…

Fairmined introduit également des exigences strictes en matière de traçabilité du métal, un enjeu considérable pour l’or qui peut être amalgamé, c’est-à-dire mélangé. Conséquences : la production d’or Fairmined reste limitée (361 kilos en 2018, une goutte d’eau par rapport aux 3277 tonnes d’or extraites en 2018 dans le monde).

Laura et Amaury, de la maison strasbourgeoise Flore et Zéphyr Photo : EB / Rue89 Strasbourg / cc

L’éthique et ses limites

La maison strasbourgeoise se fournit à 90% en or Fairmined, indique la joaillière.

« L’or Fairmined est vendu sous forme de grenaille : des pépites d’or. On n’est pas sur du 100% Fairmined tout simplement parce que les fermoirs, les chaines, le fil ou ce genre de chose n’existent pas encore en or certifié. Et aucun petit atelier ne fabrique ses propres chaines, cela nécessites des gros procédés industriels avec toute une ingénierie. »

La joaillière est spécialisée dans le travail du métal. Photo : EB / Rue89 Strasbourg / cc
Laura a été formée à l’Ecole Boulle. Photo : EB / Rue89 Strasbourg / cc

Une production 80% plus chère

Pour une alliance en or simple, sans pierre, Amaury estime que le coût de production est 80% plus cher que celui d’une alliance en or classique :

« En fonction des mois, on achète notre or de 45% à 50% plus cher. Sur un prix dont la matière première est de base à 42 euros, on arrive à 63 euros le gramme. Ça commence à faire un surcoût important. »

Au prix plus élevé de la matière première s’ajoute un temps de production plus long. La majorité des créateurs achètent directement de l’or en fil qu’il faut ensuite souder et travailler pour créer le bijoux. Laura doit elle travailler à partir de pépites, ce qui impose des étapes supplémentaires. La créatrice commence par tailler un anneau en cire, qui est ensuite envoyé à un fondeur, pour créer un moule. Les pépites d’or Fairmined sont ensuite fondues dans ce moule et l’anneau est retravaillé par la joaillière. « Il y a donc plus de main d’œuvre et de sous-traitance », explique-t-elle.

Modèle économique sans boutique

La maison a dû adapter son modèle économique aux exigences du label. Flore et Zéphyr n’est pas une boutique. Les clients sont accueillis par Laura et Amaury sur rendez-vous, dans la rue du Sanglier près de la Cathédrale :

« On n’a pas de vendeur à payer. On est là pendant les moments de rendez-vous. On optimise notre temps de travail. La salle d’exposition se trouve à l’étage ce qui nous permet d’avoir moins de frais de sécurisation. »

Les délais de productions sont aussi plus long que chez un joaillier classique, explique Laura :

« On est forcément moins réactifs. C’est aussi pour ça qu’on travaille dans le mariage. Ça s’anticipe un minimum donc on a le temps de fabriquer. Mais un touriste qui va passer, on ne va pas pouvoir lui vendre quelque chose. On a nos modèles d’exposition et on fabrique à la demande. »

Entre ces coûts supplémentaires, mais aussi ces mesures d’économie, un bijoux Flore et Zéphyr est finalement 10 à 15% plus cher à l’achat qu’un bien standard. Pour la créatrice, « c’est la différence que les clients sont prêts à mettre pour une bague plus responsable. »

Le regretté départ de Jean-Luc Schaffhauser…

Le regretté départ de Jean-Luc Schaffhauser…

Homme de réseau au sein du Rassemblement Bleu Marine, Jean-Luc Schaffhauser a rendu son siège au conseil municipal et a pris ses distances avec le Rassemblement National. Tout au long de ce mandat, cet artisan des connexions russes du RN se faisait pour le moins discret à l’échelon local.

Jean-Luc Schaffhauser démissionne, Roland Ries ne perd pas le plus farouche de ses opposants.
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La Maison Bleue devient une nouvelle salle de concerts

La Maison Bleue devient une nouvelle salle de concerts

Adossée au Neudorf, la Maison Bleue s’est transformée durant l’été. Ces locaux de répétition peuvent désormais accueillir des concerts publics avec une jauge de 300 personnes. Axée sur le rock et le metal, la Maison Bleue dévoile sa première saison le 19 septembre.

Pour ses 20 ans, l’association Dirty 8 s’offre un beau cadeau : une salle de concerts pour 300 personnes. L’inauguration de ce nouveau lieu de la scène strasbourgeoise est prévue le 19 septembre (voir ci-dessous).

Dirty 8, c’était déjà un label de rock velu et depuis 2005, l’association gérait aussi des locaux de répétition, dans une maison nichée au fond du Neudorf, rue de Guebwiller. Les murs de cette maison étaient peints d’un bleu lavasse, elle a hérité du surnom « La Maison Bleue ».

Le bleu lavasse a été remplacé par un bleu… plus affirmé (vidéo Facebook)

Bien qu’elle soit peuplée de cheveux longs, ce n’est pas tout à fait le même genre que ceux décrits par Maxime Le Forestier, comme Erik, permanent de l’association, et qui décrit le projet :

« La salle nous a longtemps servi d’entrepôt pour le matériel, puis elle est devenue un bar pour les musiciens qui venaient répéter. Avec le temps, ce salon a été de plus en plus accueillant, si bien qu’on a pu y organiser de plus en plus souvent des concerts privés. »

Jauge de 300 personnes : 300 000€

Cinq ans plus tard, il était temps de franchir le pas : devenir une vraie salle de concerts, capable d’accueillir 300 personnes. Mais les normes de sécurité en France sont drastiques pour les établissements recevant du public, l’association a dû dépenser 300 000€, dont un tiers de subventions, pour… tout changer.

Érik est permanent chez Dirty 8, il s’occupera d’une partie de la programmation de la Maison Bleue et de la communication Photo : PF/ Rue89 Strasbourg / cc

Erik fait le tour du propriétaire :

« On a cassé les cloisons, désamianté les plafonds, refait l’électricité, l’aération, repeint l’intérieur et l’extérieur et cette fois, on a utilisé un beau bleu profond. On a mis la scène à un bout de la salle, le bar à l’autre et évidemment, transformé les entrées et les sorties avec des sas et des rampes pour les handicapés. On ne pensait pas qu’on devrait aussi remettre aux normes les studios de répétition… »

Des travaux infinis…

Mais si ! Les normes de sécurité ne souffrent d’aucune exception et l’association a dû refaire également tous les accès du sous-sol. Erik pense que si l’ampleur exacte des travaux à mener avait été connue, l’association ne se serait peut-être pas lancée dans ce chantier… Début septembre et après huit semaines, il restait encore beaucoup de travaux à terminer. Il rassure néanmoins :

« On a gardé l’aspect brut des lieux, même si tout est aux normes, ce sera quand même une salle de rock ! Il y fera chaud et ce ne sera pas un drame s’il y a de la bière par terre. En revanche, les murs ne ruisselleront plus de sueur, on pourra même organiser des concerts l’été ! »

Le bar à l’arrière, la scène à l’avant… Tout va bien. Photo : document Atelier d’Architectes CNB

La première saison de la Maison Bleue démarre en fanfare, dès le 19 septembre avec une soirée d’inauguration et une trentaine de dates prévues au cours du trimestre ! Dirty 8 s’offre même la venue de Phil Campbell, le guitariste de Motörhead, le 22 septembre, histoire d’inscrire de bonnes vibes dans les murs de cette nouvelle salle.

« Entre le Molo et la Laiterie »

L’objectif est de tenir un rythme de deux productions par mois plus les propositions, selon Erik :

« On va installer notre salle entre le Molodoï et la Laiterie, avec des concerts pour des groupes qui tournent mais qui peuvent avoir du mal à trouver un lieu à Strasbourg pour jouer, parce qu’ils sont sur des genres musicaux particuliers. »

La Maison Bleue installe sa programmation dans la tradition du label Dirty 8 : entre rock et metal avec tout l’univers autour (grind-core, punk…). La Maison Bleue abritera également des événements, comme un vide-dressing solidaire le dimanche 29 septembre et des spectacles, comme Black Polaroid, du « cabaret métanormal », le 14 décembre.

En outre, le bar sera ouvert en journée : de 10h à 18h du lundi au vendredi, jusqu’à 18h les samedis s’il n’y a pas de concert et de 14h à 20h les dimanches. Une aubaine dans ce coin du Neudorf, un peu en dehors des radars.

Municipales : Jeanne Barseghian, première candidate écolo, un vote ouvert le 5 octobre

Municipales : Jeanne Barseghian, première candidate écolo, un vote ouvert le 5 octobre

La démarche pour les élections municipales menée par les écologistes, rejoint par plusieurs membres du Labo citoyen, se précise. Jeanne Barseghian est la première candidate déclarée.

Jeanne Barseghian est candidate pour mener une liste d’écologistes et autres sympathisants lors des élections municipales en mars 2020. La candidature de la co-présidente du groupe EELV au conseil municipal de Strasbourg depuis 2014 n’est pas une surprise. Les lecteurs assidus de Rue89 Strasbourg ont pu voir la voir apparaître dans le box des chevaux prêts à partir du Municipal-o-drome en mai. Elle présente l’avantage d’avoir l’expérience d’un mandat, sans avoir été directement en responsabilité en tant qu’adjointe.

Un vote ouvert au plus grand nombre

Le choix de la tête de liste de la démarche initialement appelée « Envie d’écologie », qui change de nom pour devenir « Strasbourg écolo et citoyenne », sera tranché par un vote le 5 octobre.

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Bienvenue à Guillaume, nouveau journaliste de Rue89 Strasbourg

Bienvenue à Guillaume, nouveau journaliste de Rue89 Strasbourg

En apprentissage depuis deux ans, Guillaume Krempp rejoint la rédaction à temps plein, devenant ainsi le troisième journaliste de notre petit média indépendant.

Rue89 Strasbourg s’étoffe ! Nos lecteurs auront remarqué que depuis deux ans, de nombreux articles sont signés d’un certain Guillaume Krempp. Élevé au grand air du Ried, Guillaume, 25 ans, a rejoint la rédaction en novembre 2017 comme apprenti, dans le cadre de ses études en journalisme.

Cette formule nous a permis d’exploiter de former le jeune Guillaume Krempp à moindre coût pour notre structure qui, rappelons le, est entièrement indépendante et locale. À l’issue de son apprentissage, et même bien avant en fait, il nous est cependant apparu évident que Guillaume devait devenir le troisième salarié permanent de Rue89 Strasbourg. Après ses articles gonzo, ses articles ferreux, jaunes ou bruns, on ne pouvait plus s’en passer, quoi.

Guillaume Krempp, troisième journaliste permanent de Rue89 Strasbourg. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Guillaume Krempp, troisième journaliste permanent de Rue89 Strasbourg. Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc

1 000 abonnés = un journaliste

La création de ce troisième poste de journaliste, sept ans après le lancement de Rue89 Strasbourg, est un pas important pour nous puisque son financement va dépendre directement de votre soutien : Rue89 Strasbourg est de plus en plus financé par ses lecteurs, via une participation mensuelle de 5€. L’équation est simple : chaque journaliste, payé environ 1 500€ nets, coûte environ 4 000€ par mois, une dépense couverte par environ 1 000 abonnés. Avec 3 000 abonnés, nous pourrions complètement nous passer de la publicité…

À ce jour cependant, seuls 500 personnes soutiennent Rue89 Strasbourg avec une contribution volontaire. Notre espoir est que ce nombre atteigne rapidement les 1 000 personnes, afin de garder trois permanents dans l’équipe. Une équipe d’une dizaine de journalistes indépendants, rémunérés à l’article, font également partie de la rédaction.

« J’aurais pu mourir » : Un pompier témoigne des nouveaux risques du métier

« J’aurais pu mourir » : Un pompier témoigne des nouveaux risques du métier

En grève depuis fin juin, les pompiers manifestent ce samedi 7 septembre à Strasbourg. Ils demandent notamment une augmentation de leur prime de feu, inchangée depuis 1990. Un ancien pompier professionnel a accepté de témoigner des dangers croissants encourus au quotidien.

À plusieurs reprises, Christian (le prénom a été modifié) a essuyé des tirs, de fusées, de mortier, de pavés… et de balles. Son corps porte encore la marque d’un impact. « À un geste près, je la prenais en pleine tête. J’aurais pu mourir… », lâche-t-il sans donner trop de détails.

En près de trente ans de carrière, l’ancien pompier professionnel a connu un « degré de violence croissant » et des risques toujours plus nombreux. Pourtant, depuis le début de sa carrière, aucune prime liée au risque n’est venue compenser cette dangerosité croissante. La « prime au feu », qui compense la pénibilité du métier, n’a jamais augmenté depuis 1990.

Pour soutenir ses ex-collègues, dont certains manifesteront à Strasbourg samedi 7 septembre à 14h, l’Alsacien a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. « On voudrait juste que le métier soit reconnu comme étant à risques dans la loi », affirme-t-il.

Comme le personnel hospitalier, les pompiers ont l’obligation d’assurer la continuité du service. Ils affichent donc leurs revendications sur leurs camions. Photo : GK / Rue89 Strasbourg / cc

Sans protection contre l’imprévisible

Dès les années 90, Christian a connu les « guet-apens, les jets de balles de pétanque, et même de machines à laver ou de vélos depuis les balcons sur les véhicules de secours. » Mais depuis plusieurs années, la violence envers les pompiers dépasse le périmètre des quartiers sensibles : « De plus en plus, j’ai été confronté à des drogués, des déséquilibrés et des gens armés pendant un secours à personne (qui constitue la grande majorité des interventions, ndlr). » Par exemple :

« On pense arriver sur un simple secours à personne, on mets nos gants en latex, puis la personne devient violente, pire, elle sort un couteau. On manque parfois d’information sur la personne à secourir… mais aussi d’équipement de protection face aux agressions. Pendant des secours à personne, on porte un simple pantalon et une veste, voire un t-shirt en été. »

Manque de moyens en milieu rural

Christian a aussi observé un risque croissant en milieu rural : les interventions risquées commencent de plus en plus en l’absence des forces de l’ordre. « Ils manquent aussi de personnel et de moyens et on subit derrière », râle-t-il, avant de regretter un périmètre d’action souvent trop large pour la police ou la gendarmerie : « Ils font leur maximum pour nous protéger mais il arrive qu’on ait déjà dû attendre pendant une demi-heure que les forces de l’ordre arrivent car leurs zones d’intervention sont trop grandes. »

Intervention des pompiers à Schiltigheim suite à l’incendie du 3 septembre 2019. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

Les risques classiques du métier se sont aussi aggravés, selon le retraité. Les produits synthétiques plus nombreux dans les logements, et le double-vitrage, font des maisons ou appartements de véritables petites bombes : « Les nouvelles vitres contiennent bien mieux l’accumulation des fumées et des gaz chauds jusqu’au backdraft (explosion due un appel d’air dans un explosion, ndlr) », explique l’ancien pompier. Les voitures incendiées sont aussi devenues plus dangereuses. « Mais là, les choses se sont améliorées, on n’intervient plus sans appareil respiratoire isolant et des procédures d’attaque spécifiques », tient-il à rassurer.

Des risques chimiques aux cancers

Cédric Hatzenberger, représentant Force Ouvrière au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Bas-Rhin, revendique aussi la reconnaissance des cancers comme maladie professionnelle. Selon le syndicaliste, les protections face aux risques chimiques restent insuffisantes :

« Quand on sort d’un feu, les habits sont souillés et il faudrait une chaîne de nettoyage direct. Or, on rentre tous nettoyer nos uniformes à la caserne et les particules fines restent, on les respire tout le temps. Le problème, c’est qu’une chaîne de nettoyage est très coûteuse. De toute façon, au moment d’intervenir sur un feu, même en ayant un appareil respiratoire, tout est dégueulasse dans ces fumées, on ne devrait pas y rester plus de 10 secondes. Elles contiennent du plastique, du polyuréthane… »

Une expérimentation : les caméras embarquées

Dans le Bas-rhin, au contraire d’autres départements, les pompiers n’ont pas de revendications sur les effectifs : « Cet été, 35 embauches ont été obtenus sur 3 ans », se félicite Cédric Hatzenberger. En décembre 2018, deux pompiers bas-rhinois ont publié une pétition pour la reconnaissance du métier à risques. Elle a recueilli à ce jour près de 75 000 signatures. Au niveau national, le ministre de l’Intérieur vient de lancer une expérimentation à Paris et dans le département du Val d’Oise. Pour dissuader les agresseurs, les pompiers seront équipés de caméras-piéton.

Selon la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), depuis le début de l’année, 312 pompiers ont été blessés.

Les objets de six artisans dans la boutique éphémère face à la Cathédrale

Les objets de six artisans dans la boutique éphémère face à la Cathédrale

Les résultats de l’appel à projets de la Ville de Strasbourg pour l’emplacement en face de la Cathédrale sont connus.

Le jury de la Ville de Strasbourg et de la Chambre d’artisanat a tranché, c’est la marque Alsatrucs, qui rassemble six artisans alsaciens, qui occupera la boutique éphémère face à la Cathédrale, à la place de la Boutique Culture et de l’ancienne pharmacie du Cerf. Alsatrucs est dirigée par Damien Lacourt, ébéniste depuis 24 ans.

Installé à Quatzenheim dans le Kochersberg depuis 15 ans après avoir débuté à Strasbourg, il a fondé Alsatrucs en 2012 :

« Mon constat c’est que 4 millions de personnes viennent dans les marchés de Noël d’Alsace et s’attendent à trouver de l’artisanat local. Or il n’y en a plus beaucoup. L’idée est de revisiter l’Alsace avec des objets décalés. Et cette boutique éphémère correspondait à cet objectif. »

Damien Lacourt, au téléphone le 5 septembre

Les artisans ne seront pas présents ni en train de façonner leurs biens dans la boutique à l’espace réduit (57 m²). « Les artisans ne sont pas forcément les meilleurs pour vendre et on n’a pas le temps. Vendre est un métier », remarque à ce sujet Damien Lacourt.

alsatrucs
Quelques objets proposés par Alsatrucs Photos : remises / assemblage par Rue89 Strasbourg

Touristes et Strasbourgeois devraient donc y trouver des moules de cuisine, des décorations, des ustensiles en bois, de la décoration, des torchons…

Vers décembre et pour 11 mois

La boutique ouvrira finalement vers décembre, plutôt qu’en novembre comme prévu initialement. Les travaux du futur Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine (CIAP), et donc le déménagement de la Boutique Culture actuelle, prennent une nouvelle fois du retard. La période du Marché de Noël est évidemment importante pour l’exposition des artisans et la vente de ces produits.

L’adjoint au maire de Strasbourg en charge du commerce, Paul Meyer (La Coopérative) est satisfait par le nombre de candidatures malgré les délais contraints (1 mois entre mi-juillet et mi-août). Il estime néanmoins que ce « test » ne « sera un succès que si Damien Lacourt pourra s’installer durablement dans le centre-ville de Strasbourg ». Et d’élargir sur sa vision :

« À terme, il faudrait lister une dizaine de lieux qui appartiennent à la collectivité et flécher clairement qu’ils relèvent de l’alimentaire, de l’ameublement, etc., grâce à des loyers modérés. À la fois des boutiques éphémères qui sont des coups de pouce pour se lancer et d’autres consacrées à des installations durables et pérennes. »

Paul Meyer, au téléphone le 4 septembre

Avant la fin du mandat, Paul Meyer compte présenter un « périmètre de sauvegarde de l’artisanat local » dans le centre-ville de Strasbourg. L’avenir de cette maison d’angle historique à la suite de cette occupation temporaire n’est pas encore tranché. Le dossier attendra la ou le nouveau maire et son équipe, élues en mars 2020.

Le Plan Climat pour 2030 à nouveau trop optimiste

Le Plan Climat pour 2030 à nouveau trop optimiste

L’Autorité environnementale distribue les bons et mauvais points sur le nouveau Plan Climat qu’envisage de voter l’Eurométropole fin 2019. L’institution « s’interroge sur la capacité à atteindre » les objectifs affichés.

Les objectifs du Plan Climat 2009-2020 de l’Eurométropole ne seront pas tenus. Et cela pourrait se reproduire pour son successeur pour 2020-2030 si certaines corrections ne sont pas apportées d’ici son vote à la fin de l’année 2019. Telle est ce qui ressort de l’avis l’Autorité environnementale (AE).

Dans son avis, l’autorité distribue bons et mauvais points. Parmi les bons points, des objectifs ambitieux, supérieurs à ceux que fixent la loi ou les futurs « schémas » de la Région Grand Est, ainsi que la « gouvernance », c’est-à-dire une prise en compte assez transversale de la question environnementale par les différentes politiques de la collectivité.

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Lilla Merabet condamnée pour avoir manqué de transparence

Lilla Merabet condamnée pour avoir manqué de transparence

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné Lilla Merabet, vice-présidente de la Région Grand Est, à 6 000 euros d’amende pour avoir omis de notifier la Haute autorité de la transparence de changements intervenus dans sa situation personnelle.

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné jeudi 5 septembre Lilla Merabet, vice-présidente de la Région Grand Est en charge de l’innovation et du numérique, à 6 000 euros d’amende. Entendue en juin, elle a été reconnue coupable d’avoir omis de modifier sa déclaration d’intérêts auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour la mettre en conformité avec sa nouvelle situation.

Lilla Merabet a repris un emploi salarié auprès de la Fondation Force pour l’innovation en santé (dont Robert Lohr est président), comme déléguée générale en décembre 2016. En outre, elle a créé une entreprise, Oxymore Resolution, en septembre 2016.

Lilla Merabet en décembre 2015 (Photo Jean-Philippe Vetter / Facebook)
Lilla Merabet en décembre 2015 Photo : Jean-Philippe Vetter / Facebook

Le Parquet a pu remarquer ces changements dans la situation de l’élue du conseil régional alors qu’il était saisi d’une plainte visant Lilla Merabet en 2018, accusée de favoritisme en tant que présidente de Semia (voir ici l’article d’alors).

Prison avec sursis requise…

Pour le tribunal correctionnel, Lilla Merabet aurait dû déclarer ces changements dans sa situation personnelle à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. En juin, le Parquet avait requis contre Lilla Merabet une peine de prison avec sursis et un an de privation d’éligibilité.

Contacté, Me Arnaud Dupuy, avocat de Lilla Merabet, s’étonne de ce jugement et prévoit de faire appel :

« Mme Merabet n’a jamais caché quoi que ce soit, tous ces revenus sont régulièrement déclarés. Elle pensait que les déclarations auprès de la Haute autorité ne devaient se faire qu’en début et en fin de mandat. En outre, ni ses revenus ni son patrimoine n’ont sensiblement évolué entre 2016 et 2018 et c’est pourquoi nous ferons appel de cette décision. »