Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Municipales : Philippe Bies renonce, Mathieu Cahn candidat

Municipales : Philippe Bies renonce, Mathieu Cahn candidat

Adjoint au maire de Strasbourg, Philippe Bies ne se présentera pas comme tête de liste aux élections municipales. Mathieu Cahn reprend le flambeau des Socialistes à Strasbourg.

Dans un message publié sur son profil Facebook, Philippe Bies, adjoint au maire (PS) et ancien député, renonce à briguer l’investiture socialiste pour les élections municipales à Strasbourg.

Philippe Bies était pressenti pour conduire une liste à gauche, il avait notamment initié en mai une démarche appelée « Strasbourg demain » afin de réfléchir à un programme municipal.

Philippe Bies au conseil municipal du 24 juin 2019 Photo : Pascal Bastien / Divergence

Mais, comme il l’indique dans son message, « Je n’ai pas réussi à réunir les conditions du rassemblement ». Les candidatures pour la tête de liste qui sera soutenue par le Parti socialiste du Bas-Rhin doivent être soumises ce lundi.

Mathieu Cahn prêt à conduire les Socialistes

Chez les Socialistes, il reste donc à présent aux autres élus et candidats à se positionner. Adjoint au maire également, Mathieu Cahn (PS) déposera une candidature en son nom :

« Mon objectif est de conduire une liste avec le plus large rassemblement possible, tout en respectant les obligations statutaires du Parti socialiste. Donc je me présente face aux militants socialistes dès ce lundi et je mène des consultations en parallèle, bien au-delà du PS, pour construire une liste ouverte qui soit en phase avec nos valeurs et les enjeux de notre ville. »

La formation, victorieuse en 2014, de la liste socialiste formée autour de Roland Ries a éclaté en quatre formations au cours du mandat (En Marche, La Coopérative et les écologistes).

Un vote des militants le 10 octobre

L’abandon de Philippe Bies est le second chez les principaux élus socialistes. À la fin de l’été, Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, avait aussi indiqué qu’il ne parvenait pas à créer une dynamique suffisante autour de sa candidature.

De son côté, Anne-Pernelle Richardot, secrétaire fédérale du Parti socialiste, conseillère régionale et également adjointe au maire de Strasbourg, ne présentera pas de candidature à la tête de liste. Elle rappelle les règles du Parti :

« Chaque militant à jour de cotisation peut déposer sa candidature jusqu’à ce lundi soir. Je communiquerai la liste des candidats ensuite. Un vote des militants électeurs à Strasbourg aura lieu le 10 octobre, c’est une obligation et une tradition, même si le vote est symbolique en cas de candidature unique. »

S’il renonce à être tête de liste, Philippe Bies assure qu’il sera néanmoins « présent et actif » dans la campagne des élections municipales.

À quoi sert le journalisme local aujourd’hui ? Et nous alors ?

À quoi sert le journalisme local aujourd’hui ? Et nous alors ?

Rue89 Strasbourg vous invite à questionner l’utilité du journalisme local lors d’une soirée d’échanges, jeudi 26 septembre à Hautepierre.

Rue89 Strasbourg a sept ans. Ce média local est né au moment d’un vaste mouvement de réappropriation de l’agenda médiatique, à une époque où la maturité des technologies d’Internet rendaient plus simple la création d’un média numérique.

Aujourd’hui, l’environnement médiatique a changé. Rue89.com à Paris n’existe plus en tant que média indépendant, l’information s’est ultra-fragmentée, des machines à produire des contenus sont à l’oeuvre, fake news et informations d’origine malveillante côtoient les informations issues des rédactions, les réseaux sociaux et les algorithmes décident de la manière dont s’informent les citoyens… À l’échelle locale, de nombreux médias créés à cette époque ont cessé leur activité, faute de rentabilité économique.

Rue89 Strasbourg a survécu, grâce aux soutiens de ses clients et de ses premiers abonnés. Mais alors que nous sollicitons de plus en plus la contribution directe de nos lecteurs, il nous apparaît comme fondamental de reparler de notre rôle, de notre vocation, de notre utilité première. En d’autres termes, à quoi servent nos articles ? A quoi servons-nous ?

La nécessité d’une capacité d’investigation locale

Alors qu’il existe une douzaine de médias locaux à Strasbourg, nous pensons que notre singularité réside dans deux formes de journalisme qui nous tiennent à cœur : l’investigation et l’engagement.

L’investigation d’abord parce qu’il nous apparaît fondamental qu’il existe dans une métropole comme Strasbourg au moins une rédaction capable d’enquêter, en profondeur et sur la durée, sur des sujets complexes mêlant intérêts publics et privés, en toute indépendance. Ainsi par exemple, nous sommes là pour suivre une affaire comme celle qui a coûté la vie à Naomi Musenga par exemple, parce qu’au-delà du tragique fait-divers, elle informe sur l’état de notre sécurité publique.

L’autre pilier de notre rédaction, c’est le journalisme d’engagement. Cette pratique du métier, qui rapproche les journalistes et les citoyens, est la nôtre depuis nos origines sans que nous l’appelions ainsi. Beaucoup plus développé dans les pays anglo-saxons, le journalisme d’engagement est aussi une réponse des rédactions locales aux déserts médiatiques qui se sont créés après la vague de licenciements et de fermetures d’éditions dans les années 2008-2012. Devant le constat qu’ils n’étaient pas lus, les journalistes sont descendus de leur piédestal pour demander aux gens auxquels ils s’adressent : comment pouvons-nous vous aider, de quelles informations avez-vous besoin ?

Qu’est-ce que le journalisme d’engagement ?

Les opérations que nous menons comme « Quartiers connectés » ou « Les apéros des possibles » nous ont convaincus qu’il fallait poursuivre dans cette voie, apporter du sens à l’information, permettre l’échange et être en mesure d’écouter les besoins des communautés.

Le journalisme d’engagement ne consiste pas à se faire l’avocat ou le relais d’une communauté, mais à être en mesure de récolter un questionnement légitime en provenance d’une communauté parfois éloignée des médias comme peuvent l’être des habitants des quartiers populaires par exemple.

Les Apéros des possibles, une opération de journalisme d’engagement à destination de ceux qui veulent s’impliquer dans les transitions écologiques et sociales Photo : Marc Meinau

C’est un travail titanesque, lent, patient, qui demande beaucoup de ressources et dont les résultats ne sont pas toujours visibles. C’est pourquoi le modèle économique qui est le nôtre, la publicité, ne peut plus suffire. Pour conforter notre indépendance, nous devons mobiliser les contributions d’une large communauté de lecteurs-soutiens, qui comprennent et adhèrent à l’ensemble de notre démarche.

C’est pourquoi nous vous invitons jeudi soir à Hautepierre pour une grande soirée sur le sens du journalisme local. Venez nous parler de vos besoins, de ce que vous attendez d’un média local et découvrir aussi comme un média local de Caroline du Nord, The News and Observer de Raleigh, a sollicité ses lecteurs sur la question du sentiment de sécurité.

Manifestation en défense des retraites mardi

Manifestation en défense des retraites mardi

La CGT, l’Unef, Solidaires et la FSU appellent à une manifestation mardi 24 septembre à 14h, en défense des retraites. Le trafic de la CTS sera légèrement perturbé.

La rentrée est chargée en cortèges revendicatifs. Mardi 24 septembre à partir de 14h, plusieurs organisations syndicales dont la CGT, Solidaires, la FSU et l’Unef, appellent à une manifestation « en défense des retraites. »

Le cortège doit partir de la place Kléber pour passer rue du Vieux-Marché-aux-Vins, rue du Jeu-des-Enfants , rue des Francs-Bourgeois, rue de la Division-Leclerc, rue vieux Marché-aux-Poissons, rue des Grandes-Arcades pour un retour place Kléber.

Manifestation retraite à Lyon Photo : Aurélien Callamard / FlickR / cc

Alors que le gouvernement engage une nouvelle réforme des retraites, les organisations inscrivent ce mouvement dans un contexte global de mobilisations autour des enjeux climatiques et sociaux du 20 au 27 septembre.

Parmi les revendications, la volonté « d’assurer des services publics de qualité et de proximité » et de « développer des politiques agricoles et industrielles conjuguant les enjeux sociaux et environnementaux. »

Crit’air, Archipel 2 et stade de la Meinau, au menu du conseil municipal

Crit’air, Archipel 2 et stade de la Meinau, au menu du conseil municipal

Le conseil revient avec plusieurs dossiers de fin de mandat. À l’approche de la succession de Roland Ries, la majorité retrouvera-t-elle plus d’unité qu’en juin ? À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 15h.

Après 3 mois d’interruption, pause estivale oblige, le conseil municipal reprend ses réunions à moins de six mois des élections municipales. Soyons clairs : tous les intervenants songeront à « l’après mars 2020 » dans leurs prises de parole.

Fin juin, la redéfinition inachevée de l’espace politique strasbourgeois s’est traduite par un conseil municipal-fleuve où il était parfois difficile de distinguer la majorité et l’opposition dans les interventions. Traduction mathématique : une délibération sur la délocalisation du Marché de Noël à New York a même été adoptée grâce à 10 voix de la droite sur 20 (10 votes « contre » et 15 abstentions dans la « majorité municipale »), une première lors de ce mandat. Une situation amenée à se répéter à l’approche des élections ou le maire Roland Ries (PS) réussira-t-il à remettre de l’ordre dans ses troupes ? Les dossiers qui divisent, y compris au sein de la majorité, ne manqueront pas ce lundi 23 septembre avec 76 points à l’ordre du jour.

De nouvelles attributions pour Archipel 2

Avec ce conseil, la municipalité compte avancer sur des dossiers qui ont pesé tout le mandat. Parmi eux, le quartier d’affaires Archipel au Wacken, avec le début de la phase 2, à la place de l’ancien parc des expositions. Outre les ventes de terrains pour la Caisse d’Épargne et au Crédit mutuel, la promotion de quatre autres bâtiments a été attribuée. Deux immeubles accueilleront 137 et 75 logements. Deux autres « lots » sont consacrés à des bureaux.

Un immeuble un peu plus original (8 600 m²) qu’à l’accoutumée contiendra une halle gourmande au rez-de-chaussée, et du maraîchage sur le toit. À peu près deux fois plus petite, une « Maison du droit » est portée par deux cabinets d’avocats. Enfin un parking en silo d’environ 250 places est prévu. L’allure des futurs immeubles sera dévoilée fin 2019. La proportion générale d’Archipel 2 est d’avoir deux fois plus de surface de bureaux que de logements, avec un peu de commerce et de restauration.

Diesel, des promesses qui engagent la future équipe

Autre sujet de controverse, l’interdiction progressive du diesel et des voitures anciennes à Strasbourg. Finalement, la commune de Strasbourg compte aller plus vite que le reste de l’Eurométropole. Les premières interdictions des voitures d’avant 1997 sont programmées pour le 1er janvier 2021, puis l’interdiction des véhicules diesel d’avant 2006 (Crit’air 5) en 2022, et ainsi de suite jusqu’à l’interdiction de tous les véhicules diesel en 2025 et des moteurs à essence d’avant 2011. Les 32 autres communes ne fixent qu’un horizon plus flou, avec une interdiction totale du diesel au plus tard en 2030.

Mais concrètement, difficile d’imaginer un habitant de la première ou la deuxième couronne acheter un véhicule qui lui permettrait de rouler dans toutes les communes mais pas à Strasbourg. De plus, comme il s’agit d’un arrêté que seul le maire peut prendre, ce sera au successeur de Roland Ries d’appliquer ou non ce projet. Il y a donc un peu de surenchère en vue des élections municipales. Notons aussi que les vignettes Crit’Air ne se basent que sur l’année de production, et non sur la pollution réellement émise. Ainsi, avec la mode des 4×4, les voitures neuves achetées en France émettaient en moyenne 109 gCO2/km en 2016, 111 gCO2/km en 2017 et 112gCO2/km en 2018. Des augmentations qui font suite à des années de baisse.

Roland Ries maintiendra-t-il sa majorité en ordre jusqu’au bout ? Photo : Pascal Bastien / Divergence

La Meinau résistera-t-elle aux élections ?

Le sport sera également au programme, avec le bilan de la rénovation du stade de la Meinau. Sur le résultat du vote, une large majorité est attendue. La concertation à l’été n’a pas fait bouger le dossier (passer à 32 500 places) si ce n’est « travailler sur la fan zone », dixit le président du club Marc Keller et « apporter des précisions sur l’accessibilité », selon l’adjoint de quartier Mathieu Cahn (PS). La livraison n’est prévue qu’en 2025, alors que Strasbourg espérait récupérer quelques rencontres de foot avec les Jeux olympiques de 2024 à Paris. Plus que le projet, c’est le financement presqu’en intégralité par le public, y compris pour augmenter les loges des sponsors privés du club, qui fait débat.

« Nous ne délibérons que sur le bilan de la concertation. Si nous devions l’emporter en mars 2020, cela fera partie des investissements à remettre à plat », estime l’adjoint au maire Alain Jund (EELV). Au total, 100 millions d’euros de dépenses sont partagées par les 4 collectivités locales (Ville, Région, Département et Eurométropole). Finalement, le club ajouterait 30 millions pour les finitions, notamment des loges (7 millions d’euros), un nouveau centre de formation (15 millions) et des terrains d’entrainement (8 à 9 millions).

Toujours au rayon du sport professionnel, des élus pourraient aussi avoir envie de réaffirmer leur soutien aux basketteurs de la SIG lors du vote pour la subvention annuelle. Des doutes ont été émis par le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) quant à la viabilité du projet de la nouvelle arena.

Côté Éducation, l’adjointe en charge de l’Éducation Françoise Buffet (divers gauche,) doit aussi présenter un rapide bilan de la rentrée scolaire 2019, la première depuis le retour à la semaine de 4 jours.

Course à l’échalote (bio) sur les pesticides

Enfin 3 groupes sur 4 (PS, EELV, La Coopérative) se sont livrés à la course à l’échalote (bio) en proposant une interdiction totale des pesticides dans les limites de Strasbourg. Alors que la municipalité a banni ces produits pour la gestion de ses espaces verts en 2008, le maire s’est dit favorable à une telle évolution. « Il ne faut pas se laisser distancer sur ces sujets », estime l’édile.

Le groupe « En Marche » va-t-il rester sur sa position officielle de « porter le projet du président de la République dans l’hémicycle strasbourgeois », ou plus, vraisemblablement, voter la motion pour aller beaucoup plus loin. Le gouvernement souhaite autoriser les épandages des pesticides entre 5 et 10 mètres des habitations. Pionner de ce combat, le maire de Langouët près de Rennes demandait une distance de protection de 150 mètres. Le tribunal administratif a suspendu un tel arrêté, au motif de l’incompétence d’une commune pour réglementer ces produits. Une décision qui n’a pas empêché Paris, Nantes, Lille, Grenoble et Clermont-Ferrand de prendre un arrêté prônant une interdiction totale.

Comme le soulignera d’ailleurs Thomas Rémond (Modem, opposition) dans une interpellation, beaucoup de choses ont été votées lors de motions, sans forcément être appliquées ensuite (fermeture de Fessenheim, maintien des trains de nuit, destockage complet à Stocamine ou plus récemment la fin des cirques avec animaux à Strasbourg).

Autre interpellation sûrement très commentée en fin de conseil, celle du candidat à la candidature à droite Jean-Philippe Vetter (LR) sur l’arrêté anti-mendicité. Il estime que ce texte n’a rien changé à la situation du centre-ville. Le maire a plusieurs fois promis un bilan, sans en donner pour le moment. Une occasion servie sur un plateau, alors que le texte prend fin le 30 septembre, avant de revenir pour le Marché de Noël.

Le conseil municipal est à suivre en direct et avec nos commentaires ce lundi dès 15h.

Un collectif ouvre un nouveau squat à Eckbolsheim

Un collectif ouvre un nouveau squat à Eckbolsheim

Un collectif a ouvert ce dimanche matin un nouveau squat, dans des locaux commerciaux de la zone commerciale d’Eckbolsheim, rue Ettore Bugatti. Une trentaine de personnes sans domicile s’y sont installées, dont Mamadou (le prénom a été modifié). Originaire du Mali, ce journaliste de profession a fui son pays suite à des menaces de mort en lien avec son combat pour la démocratie. Il est arrivé à Strasbourg il y a trois mois :

« Je dors sous une tente, sur un morceau de carton depuis des mois. Entre la police qui nous réveille et nous déloge de la gare vers une heure du matin, les rats et le froid qui commence à nous faire grelotter la nuit, forcément, j’ai sauté sur l’occasion avec l’ouverture de ce bâtiment. »

Ces locaux commerciaux sont vides depuis longtemps, selon le collectif Photo : GK / Rue89 Strasbourg / cc

Le collectif à l’origine de cette occupation est formé par des citoyens qui se disent concernés par la situation des personnes sans domicile ni abri. Des camps et des abris de fortune émaillent les espaces verts de Strasbourg.

Le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici alerte depuis des mois sur des situations de familles migrantes, contraintes de vivre dehors à Strasbourg, parfois avec de très jeunes enfants dans des conditions d’insalubrité grandissante. « Pour les migrants qui arrivent à Strasbourg, il n’y a qu’une option, c’est la tente… Et encore, on a de plus en plus de mal à en trouver », déplore un membre du collectif.

Une mise à l’abri pour plus de cent personnes

Lors d’une visite organisée dimanche matin avec des journalistes, des militants ont fait constater que les locaux étaient inoccupés depuis plusieurs années. Le collectif espère être en mesure d’abriter plus d’une centaine de personnes dans ces locaux de 2 200 m². Les militants doivent parcourir les camps installés aux Ducs d’Alsace ou sur les berges de l’Ill et du canal de la Bruche pour leur proposer de s’installer dans ces locaux.

Le bâtiment dispose d’eau et d’électricité mais pas encore de chauffage. Comme il s’agit de bureaux, il y a une cuisine et des toilettes mais pas de douches. Le bâtiment est entouré d’un terrain en friche, dont les militants espèrent faire un jardin.

Le bâtiment à différentes dates photographié par Google Maps… Il semble être inoccupé depuis au moins 2014.

Les militants ont occupé ces locaux depuis une semaine. Le bâtiment a abrité un temps des locaux d’Alsatel puis le Centre de formation des apprentis de l’industrie. Le propriétaire actuel n’a pas encore été identifié.

Il s’agit du second squat ouvert par des militants du logement à destination des personnes migrantes ou sans-domicile. Fin juillet, le collectif La Roue Tourne a ouvert une ancienne villa, parc Gruber à Koenigshoffen, propriété de la Ville de Strasbourg.

GCO : le sketch des compensations

GCO : le sketch des compensations

Les espaces naturels et agricoles détruits par le GCO seront compensés. C’était la garantie qui devait consoler ses opposants. Mais dans les réunions décidant des compensations, le remembrement agricole semble avoir pris le dessus sur le souci d’écologie.

Au jeu des compensations, les demandes de la FDSEA ont été bien entendues. Celles d'Alsace Nature un peu moins.

Retour à Reims, un manifeste pour un théâtre engagé

Retour à Reims, un manifeste pour un théâtre engagé

Le Théâtre National de Strasbourg (TNS) entame sa nouvelle saison avec un spectacle fort sur le plan politique : Retour à Reims. Cette adaptation théâtrale d’un essai du sociologue Didier Eribon se propose de formaliser, à travers l’expérience personnelle d’un homme revenant sur les lieux de sa jeunesse, un discours sur la France et l’Europe.

En 2009, après la mort de son père, le sociologue et philosophe Didier Eribon revient à Reims pour la première fois depuis son départ trente années auparavant. De cette visite, il tire Retour à Reims, essai sociologique et autobiographique. Le livre rencontre un grand succès en France (65 000 ventes) et plus encore en Allemagne (80 000 exemplaires), où il ne sort qu’en 2017. Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier imagine donc un spectacle tiré de cet ouvrage et portant son titre.

Le croisement des voix, des vécus et des violences

Le spectacle propose un dispositif sobre : un studio d’enregistrement où une actrice, interprétée par Irène Jacob, réalise la voix off d’un documentaire. Elle dialogue avec le réalisateur, joué par Cédric Eeckhout, et avec l’ingénieur du son, joué par Blade Mc Alimbaye. Ce film, version cinématographique de l’essai de Dider Eribon, montre notamment le sociologue avec sa mère. Ils y évoquent le passé avec plusieurs photographies. Le film comporte aussi des images d’archives plus ou moins récentes, notamment des passages tournés lors des manifestations de gilets jaunes. La situation du spectacle, banale, fait écho au propos du livre : partir du vécu quotidien pour dérouler une pensée plus globale.

Les acteurs filmés apparaissent eux-mêmes sur l’écran, intégrés visuellement aux images du documentaire. Photo : de Mathilda Olmi

Le spectacle est créé en anglais au festival de Manchester, puis en allemand à la Schaubühne de Berlin en 2017. Une version française est jouée pour la première fois en janvier 2019 au théâtre de la Ville Paris. Si les parties de voix-off, constituées d’extraits du texte de Dider Eribon ne changent pas, les discussions entre les trois protagonistes sont écrites spécifiquement pour cette version, et le montage du film est adapté, avec des images de dirigeants français.

Le spectacle fait écho actualité et à notre contexte. Ces moments de discussion entre l’actrice, le réalisateur et l’ingénieur offrent un recul critique sur le texte du sociologue et sur les images diffusées. Les trois personnages les commentent, débattent et se disputent. Leurs propre vécus se croisent avec le documentaire. Leurs histoires personnelles, leurs violences, leurs visions politiques entrent en contact et résonnent avec le texte de Didier Eribon. Cette mise en abime du commentaire met en évidence le principal atout du spectacle : il se pose comme catalyseur de la réflexion politique et sociale. Les regards étant nuancés, il appartient au public d’apporter sa propre réflexion, et d’activer son propre appareil critique.

Le spectacle a été actualisé pour traiter de l’actualité française. Photo : de Mathilda Olmi

Passer de l’individu au global

Si Retour à Reims marque ses lecteurs c’est qu’il ne s’agit pas d’un récit proprement individuel. À travers son propre vécu, Didier Eribon analyse son environnement. Une société n’est composée que de connexions entre les individus, et il est donc possible d’analyser les comportements des groupes à travers une histoire personnelle. Dans son essai, le sociologue s’interroge sur l’évolution de la gauche depuis les années 80, sur l’abandon d’une classe ouvrière qui s’est tournée vers les extrêmes et la montée du populisme qui a accompagné la déliquescence des politiques sociales.

L’auteur questionne aussi l’identité, lui qui a fui Reims notamment en raison de son homosexualité, inacceptable dans son milieu d’origine. Le spectacle de Thomas Ostermeier s’empare de ces réflexions et les actualise, 10 ans après la sortie du livre. Le spectacle n’est pas à regarder comme une curiosité historique, mais un bilan critique de l’Europe contemporaine.

Cédric Eeckhout, Irène Jacob et Blade Mc Alimbaye discutent du texte du documentaire, tiré de l’essai de Didier Eribon. Photo : de Mathilda Olmi

Une première à l’image de la saison et du directeur

Retour à Reims s’inscrit parfaitement dans la ligne éditoriale du TNS de Stanislas Nordey. Après son premier mandat de cinq années, cette saison 2019-2020 est le début d’un deuxième mandat de trois ans où il lui faut poursuivre son action. Retour à Reims est un spectacle qui rejoint sa vision d’un théâtre servant de commentateur à l’actualité socio-politique. En mai 2019, Stanislas Nordey a monté et interprété au TNS Qui a tué mon père d’Édouard Louis, un jeune auteur fortement influencé par Didier Eribon, et dont un entretien accompagne les dernières éditions de Retour à Reims.

Ces deux spectacles ont en commun le fait d’être les adaptations éponymes de livres autobiographiques à dimension sociologique, de porter un commentaire critique sur la politique contemporaine et de réfléchir aux mécanismes de domination, d’exclusion et à l’abandon des classes ouvrières. Le choix de proposer Retour à Reims comme premier spectacle affirme donc la couleur que le TNS donne à sa nouvelle saison : celle d’un théâtre doté d’une conscience et d’une responsabilité politique.

Concert et bonne action : Ballerine aide les Fées Dandelion’s vendredi aux Savons d’Hélène

Concert et bonne action : Ballerine aide les Fées Dandelion’s vendredi aux Savons d’Hélène

Vendredi soir, Ballerine donnera un concert de soutien au profit des Fées Dandelion’s. Cet équipage alsacien prendra la route pour le Trophée Roses des Sables en octobre au Maroc. L’occasion pour tous de montrer son soutien en écoutant de la bonne musique aux Savons d’Hélène.

Le Trophée Roses des sables, course d’orientation sous forme de rallye-raid au Maroc, réunit depuis le début des années 2000 des dizaines d’équipages 100% féminins. À chaque édition, ce sont plus de 250 femmes qui se retrouvent pour surmonter ce challenge, se dépasser, montrer courage et générosité, et prouver que le rallye n’est pas qu’une affaire d’hommes. Et parmi ces femmes se trouveront cette année un duo d’Alsaciennes prêtes à relever le défi et à atteindre les portes du désert : les Fées Dandelion’s.

Une participation en faveur des enfants et des femmes

Marjorie et Mélanie, respectivement infirmière et psychologue hypnothérapeute, d’abord collègues puis amies, ont vu dans ce trophée l’occasion de soutenir des causes qui leur sont chères à travers 3 associations : « Les enfants du désert », « Le cancer du sein, parlons-en », et « Croix rouge française ». Elles les soutiendront en acheminant des denrées alimentaires, du matériel utile (jouets, puériculture, hygiène…) et en versant 1€ pour chaque kilomètre parcouru. Mais entre les frais d’inscription, la location du 4×4, les assurances, les frais de route, etc., le budget grimpe vite. Et même si les Fées Dandelion’s ont plusieurs sponsors, il leur manque un peu de soutien !

Shape – Ballerine (reprise de Sophie Hunger)

Et c’est là que Ballerine intervient. L’artiste strasbourgeoise, amie d’enfance de Mélanie, s’est beaucoup retrouvée dans les causes défendues et a donc voulu apporter son soutien à la hauteur de ses moyens : en organisant un concert de charité. C’est ainsi qu’on retrouvera la multi-instrumentiste aux Savons d’Hélène vendredi. Piano, guitare, pad, ce sera l’occasion d’entendre ou de ré-entendre les chansons pop et soul de ce projet en version solo, qui collent plutôt bien à la symbolique choisie par l’équipage des fées.

Un concert sous le signe des « dents-de-lion »

En effet, le mot « Dandelion » en anglais ou « dents-de-lion » en français se rapporte aux pissenlits. Et si (et c’est fort dommage) cette plante est souvent traitée de mauvaise herbe, c’est oublier surtout ses nombreuses vertus, à la fois apaisantes et stimulantes. À l’image de la musique de Ballerine, pleine de paradoxes et d’effets contraires, de vagues pop dansantes, d’accès de douce mélancolie, ou de séduction musicale. Bref, une parfaite adéquation entre le symbole qu’ont choisi Marjorie et Mélanie pour sa « capacité à s’élever au-dessus des défis de la vie », et le concert qui se déroulera vendredi. Préparez de quoi remplir le chapeau ce soir-là. C’est pour la bonne cause.

#savons d'hélène

Les cyclistes attendent toujours leur grand contournement du centre

Les cyclistes attendent toujours leur grand contournement du centre

Traverser à vélo le centre-ville de la capitale du vélo est de plus en plus compliqué. Avant le débat de dimanche, on a testé le contournement du centre, une alternative risquée. Pouvoir circuler facilement autour de l’ellipse était pourtant une promesse dès 2013, non-réitérée lors de ce mandat.

Inciter les cyclistes à contourner dans le cœur de Strasbourg. C’était l’un des axes majeur du mandat 2014-2020 vis-à-vis des déplacements à vélo. À l’exception de quelques mètres de « vélorue » sur la rue de la Division-Leclerc, les cyclistes doivent au mieux rouler au pas sur tous les grands axes et sur les grandes places du centre-ville. Une solution peu encourageante à l’heure où la municipalité veut inciter à abandonner la voiture individuelle pour les petits déplacements. Avec la piétonnisation progressive des rues du centre, la place autrefois occupée par les voitures est prise par les terrasses (sur les côtés) et les piétons (au centre). Des activités peu compatibles avec le fait d’avancer efficacement à bicyclette.

Le retrait des arceaux à vélos de la place Kléber vise aussi à éloigner les cyclistes du cœur de la ville. En substitution, des range-vélos ont été installés aux abords, place Gutenberg ou rue du 22-Novembre. Ils permettent d’attacher plus de vélos sur un même espace. Ne plus cadenasser quand on est place Kléber ou devant chaque boutique pourquoi pas, mais comment fait-on quand on ne fait que traverser sans s’arrêter ? Il faut pouvoir le contourner efficacement. On a essayé dans le sens des aiguilles d’une montre, puis dans l’autre. Test, décevant, en selle.

Un souci dès le début du test

Notre balade commence au rond-point de la place de la République. Départ dans le sens des aiguilles d’une montre en suivant le code de la route et les espaces prévus pour les vélos. Direction donc le pont Gallia.

Début du test par un lieu bien connu. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Dès les premiers mètres, une difficulté se présente. Les cyclistes se retrouvent sur le quai de l’arrêt de tram République, avec à leur gauche la station et sur leur droite les grilles du musée Tomi Ungerer. Croisée avec des piétons qui sortent des trams C ou E garantie.

Place de la République un goulot d’étranglement amène les cyclistes dans les pattes des piétons.

Les débuts en vidéo

Il faut ensuite passer sous un petit portail, sans aucune visibilité sur les piétons venant de droite. Après une première traversée de rue, le cycliste se retrouve avenue de la Marseillaise. Il bénéficie cette fois d’un espace dédié. Mais la piste est enserrée entre les terrasses à droite et le tramway de l’autre, sans protection.

Terrasses et passants distraits peuvent facilement déporter sur les rails de trams, très proches de la piste cyclable. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Arrivée Pont Gallia, après avoir traversé un passage piéton, l’itinéraire dessiné au sol fait « monter » sur le trottoir où déboulent les clients du magasin Carrefour. Un espace particulièrement fréquenté à midi ou lors des sorties du lycée des Pontonniers ou du tramway. L’espace piéton et cycliste sont côte à côte sur le même revêtement grisâtre. Le flâneur ne voit pas la différence.

Le marquage incite à rouler sur un trottoir trop étroit.

Piétonnisés ou automobiles, les quais ne sont jamais adaptés

Direction les quais. La première partie, quai des Pêcheurs, reste ouverte à la circulation des voitures, sans aucune bande cyclable. Au moins, la route est assez large.

Les quais des pêcheurs ne sont pas piétons ni cyclistes, mais la voie à sens unique large permet de circuler normalement.

Arrivé au quai des Bateliers, refait et piétionnisé récemment, le cycliste ne peut pas circuler avec fluidité. Il faut slalomer entre les arbres et autres bancs disposés sans cohérence géographique.

« C’est dommage qu’il n’y ait même pas un trait vert peint au sol comme cela a été fait dans le centre pour contourner la Grand’Rue et un minimum délimiter l’espace », déplore Benoît Écosse du collectif Vélorution. Paul, un cycliste de 28 ans remarque :

« Comme les voitures, j’utilise parfois le détour rue de Zurich et des Orphelins quand je vois que les quais sont bondés. Finalement on se retrouve à avoir les mêmes réflexions à vélo qu’en voiture : quel itinéraire circule le mieux, où se garer facilement… »

Arrivée à la fin des quais piétonnisés, pont du Corbeau.

Fin du quais des Bateliers, au feu tricolore pont du Corbeau. Avec un trafic automobile désormais plus faible, piétons et cyclistes ne respectent plus le feu de signalisation et traversent en permanence en direction du centre ou place d’Austerlitz. Même avec le feu vert pour continuer le long du quai, le cycliste a du mal à passer.

Suite du parcours sur les quais non-piétons. Il n’y a plus d’espace délimité pour les cyclistes. La chaussée est large et donc peu dangereuse. En revanche, elle est en mauvais état sur le bas-côté. Un nid-de-poule peut obliger à se recentrer et à prendre un risque vis-à-vis des voitures.

Sur le quai Saint Nicolas, l’état des bas côtés de la route, où doivent se serrer les vélos, laisse à désirer.

À la Petite-France, trois chemins tous dégradés

Place Henri Dunant, trois options s’offrent au pédaleur, mais aucune n’est complètement satisfaisante.

La place Henri Dunnant, à l’entrée de la Petite-France et de l’Hôtel du département, où la municipalité essaye de faire interdire la dépose de cars de tourisme. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

La solution la plus courte oriente vers les anciens ponts couverts avec une incursion dans la Petite-France. Les gros pavés au centre du pont rendent difficile et désagréable toute progression. Les parties plus « roulantes » sont sur les côtés sur 1 mètre de large, mais ce dallage est aussi plébiscité… par les piétons. On les comprend, c’est moins désagréable pour les pieds.

Les pavés sont désagréables pour les vélos, mais aussi pour les piétons, qui préfèrent les côtés, plus roulants. Conflit inévitable.

L’arrivée se fait sur un petit parking, avant de retrouver les quais du côté de l’Abattoir (on y reviendra).

Une alternative plus tranquille consiste à passer à travers le barrage Vauban. Il faut descendre du vélo et avancer à pied dans l’étroit passage couvert. Un agent de la Ville surveille.

Autre possibilité pour franchir l’Ill, passer à pied sous le barrage Vauban

Troisième solution, un plus grand détour par l’Hôtel du département, la rue des Frères-Mathis et le pont. Sans piste cyclable et avec deux voies ainsi qu’une importante montée, cet itinéraire n’a rien d’idéal.

Difficile de comprendre que le pont aille si haut, si ce n’est pour enjamber d’autres voies de circulation. Les bateaux qui voudraient passer en dessous sont bloqués quelques mètres plus loin au barrage Vauban.

Sur le pont Henri Mathis, la pente est raide mais la route est droite. Mais pas protégée.
Depuis le haut du pont

Des vélos dessinés mais un espace trop étroit

Arrivée en bas du pont, toujours pas de piste cyclable. Virage à droite vers le musée d’art moderne où des vélos et des chevrons ont récemment été peints au sol sur le côté, comme pour ne pas perdre le cycliste.

Mais ils ne délimitent en rien en espace pour vélo, il est impossible de doubler en voiture sur cette rue étroite. Sur sa petite reine, impossible aussi de se décaler par rapport aux pots d’échappement.

Des chevrons au sol indiquent la voie à suivre…
… mais ils ne permettent ni d’être doublé en toute sécurité, ni d’échapper aux gaz des pots d’échappement.

Du mieux sur les quais nord

Arrivée le long des quais nord, vers l’ENA. Ici, l’espace est bien délimité sur le trottoir et sans contact avec les piétons ou la route. Remontée sans trop d’encombre jusqu’à la rue du Faubourg-de-Saverne.

Sur les quais nord, peut-être le passage le plus adapté, sécurisé et fluide.
Croisement avant les Halles au faubourg de Saverne. Seul chemin… en face !

Le casse-tête des Halles

À ce carrefour avant les Halles, les panneaux verts pour cyclistes indiquent d’aller tout droit. Ce passage est répertorié comme une piste cyclable selon la carte « Strasmap ». Ce test, fait apparaître un grand défaut de cette carte, le sens de circulation des pistes cyclables n’est pas indiqué.

En vidéo, ça donne ça

Les itinéraires cyclables à Strasbourg. Le parvis des Halles en fait partie. La cart est

C’est clairement la zone la plus encombrée de ce grand contournement. Un espace étroit, uniforme, partagé par les piétons et les cyclistes, avec des arbres au milieu, une rambarde à droite et une autre à gauche.

Piétons et vélos sont départagés par… des arbres

Personne ne sait où aller. Le long de l’arrêt de tram est d’autant plus compliqué que les personnes arrivent et sortent vers un pont piétons, situé à droite.

Une « piste cyclable » sur un arrêt de tram. Inadapté à une forte fréquentation de piétons, comme de cyclistes.

La petite descente est aussi trompeuse. L’espace est encore plus petit et un panneau dit aux vélos de ne pas aller à gauche le long du tram. Un vélo est dessiné au sol côté droit. Un espace prisé par les piétons pour ne pas être frôlé par le tramway.

Poussette à gauche, vélo interdits à gauche, arbres au milieu, poussette à droite… Où passer ? Le panneau est un peu trompeur.
On est là et un peu bloqués. Photo : capture d’écran Strasmap

Puis les rails tournent et coupent la route. Que doit faire le cycliste consciencieux ? Aller tout droit et traverser les rails ? Rentrer dans l’ellipse ? Traverser à gauche ? En théorie, la carte Strasmap propose de rentrer quai Kellermann. Un itinéraire d’autant plus déconseillé si l’on veut être efficace lors des checkpoints pour le Marché de Noël un mois par an. Ce site de la Ville oublie qu’une piste cyclable à sens unique permet d’aller tout droit.

Fin de parcours plus zen

Une fois ce sac de nœuds démêlé, la fin de parcours se passe sans anicroche majeure. Comme sur le début des quais nord, on y retrouve une piste cyclable sur un large trottoir jusqu’à la place de la République.

Seul passage un peu délicat, un croisement piéton et cyclistes sur le trottoir.

Avec le temps, les racines des arbres ont cependant gondolé le bitume à certains endroits. Il s’agit d’un espace moins fréquenté que le reste du tracé. Il est néanmoins frappant de croiser nombre de cyclistes à contresens. Une situation que l’on comprendra mieux en faisant le tour en sens inverse. (à lire d’ici demain)

En théorie les cyclistes doivent passer tout droit…

Verdict : Si certains espaces sont bien aménagés, à la fois sûrs et fluides, plus de la moitié du contournement est insatisfaisant : la quasi-totalité des quais sud, la Petite-France et le gros point noir des Halles, ou à degré moindre vers Gallia. Soit l’itinéraire est dangereux, soit il y a conflit avec les piétons. Même les quais nord, mieux délimités, mériteraient d’être rajeunis. La capitale du vélo a encore des progrès à faire à l’heure où la traversée du centre n’est plus la voie privilégiée. Le tour peut se faire en une bonne vingtaine de minutes, en roulant prudemment.

Début 2013, un itinéraire sécurisé promis pour 2020

Lors du mandat précédent, une premier projet de « Réseau vélo express » (le REVE) présenté début 2013 promettait de pouvoir boucler tout le centre-ville en toute sécurité en 2020 (ligne A, Ellipse). Ce test montre que ce dessein, à l’image de l’ensemble du réseau, est passé à la trappe avec le mandat 2014-2020.

Le réseau express vélo maillera le territoire de la CUS d’ici 2020 Photo : Document remis

Plus de contournement dans le nouveau Velostras (ancien REVE)

Présenté fin 2018, le réseau « Vélostras » revisité, désormais promis pour… 2030, ne prévoit plus de contournement au plus près du centre-ville. La piste la plus centrale, la numéro 1 ne prévoit plus qu’un TRÈS grand contournement du centre, derrière la Gare, par la place de Haguenau, le Parlement européen, l’Orangerie, le parc de la Citadelle, les quais le long du nouvel hôpital civil ou encore le pont Pasteur.

Des pistes cyclables pour la plupart déjà réalisées et bien éloignées du centre-ville ou ses abords. Cet itinéraire, achevé en grande partie en 2013, était présenté à l’époque comme la deuxième rocade ou « ceinture des quais », de 12,5 kilomètres. Autre configuration politique oblige (une alliance avec les maires, souvent du centre, non-encarté ou de droite), l’accent a été mis sur l’accessibilité depuis les communes via 10 lignes pour cyclistes (de A à J). Le financement de 2 millions d’euros par an ne correspond qu’à 1% du budget d’investissement annuel de l’Eurométropole. À moins qu’une nouvelle coalition élue en mars 2020 en décide autrement…

La carte de Vélostras, telle qu'elle est imaginée par les élus... en 2030. (doc remis)
La carte de Vélostras, telle qu’elle est imaginée par les élus… en 2030. Photo : doc remis

Adjoint en charge du vélo, Jean-Baptise Gernet (La Coopérative) passe en revue les différents point de critiques :

Il n’a pas été question d’interdire les vélos du centre, mais d’éviter le cabotage. Lors du Marché de Noël, nous mettons des panneaux le long du contournement pour montrer que des itinéraires plus longs sont parfois tout aussi rapides. Aux Halles, c’est une raison technique qui bloque, c’est un endroit où passent les bus à l’intérieur de l’ellipse et il n’est pas possible d’avoir un contresens cycliste pour l’instant. Lors du mandat, nous avons travaillé plus d’un an sur un plan global de révision des itinéraires autour du centre, avec des aménagements légers, des marquages au sol et de la signalisation. Mais il fallait l’accord de tous les adjoints de quartier et cela a bloqué pour des raisons politiques avec Robert Herrmann pour le centre-nord. Mais il est prêt.

Petite-France, aucun des trois chemin n’est optimal, il y a des contraintes de classement Unesco pour les pavés. Une étude pour un aménagement sur le pont Henri Mathis a été demandée. Quais des Bateliers, il y a en effet eu un arbitrage, leur rénovation est un projet de ville qui va au-delà de juste de la mobilité. Les conflits ne sont pas si lourds et la fréquentation augmente, ainsi que par le détour rue des Orphelins. Maintenant avec un retour sur l’usage, il faudrait voir si un marquage un peu artistique peut suggérer des trajectoires. Il est vrai qu’il y a encore des endroits étroits où les piétons croisent des cyclistes. Comme on ne va pas faire reculer des façades, il faut des aménagements type « Velorue » pour que les vélos puissent réinvestir les espaces de la voiture. Cela se prêterait bien avenue de la Marseillaise.

Pour protéger la forêt du Neuhof, des citoyens acceptent de réduire la place des humains

Pour protéger la forêt du Neuhof, des citoyens acceptent de réduire la place des humains

Retirer les agrès sportifs, les bancs et les poubelles, réduire le nombre de sentiers et de routes goudronnées… Le 19 septembre, une concertation a abouti au choix de réduire la présence humaine dans la forêt du Neuhof, classée réserve naturelle depuis 2012.

Jeudi 19 septembre, près de 70 personnes assistaient à la conclusion de la concertation sur l’avenir de la forêt du Neuhof/Illkirch dans la salle du manège Solignac. Pour préserver cette récente réserve naturelle, les participants ont choisi de réduire la présence humaine. Près d’un quart des voies bitumées et autres sentiers seront retirés du plan de circulation. Le goudron sera donc retiré et quelques petits chemins interdits. Résultat : la « zone de quiétude », c’est-à-dire l’espace situé à plus de 100 mètres de tout chemin, a été multipliée par deux pour atteindre 471 hectares. De même, les citoyens ont décidé de retirer les agrès sportifs, les poubelles et les tables, bancs et abris hors aires de pique-nique. Adrien Schwerer, conservateur de la réserve naturelle, se félicite : « Il y a eu une prise de conscience pendant la concertation : il faut accepter de mettre l’humain au second plan. »

« Privilégier la faune et la flore »

En moyenne, 80 personnes ont participé aux cinq ateliers de concertation et à la visite guidée de la forêt. L’objectif : trouver « la meilleure manière de combiner les usages sociaux de la forêt et sa vocation écologique majeure. » Au départ, « les cavaliers, les cyclistes et les promeneurs étaient venus défendre leurs intérêts », estime Christel Kohler (LREM), adjointe au maire en charge des réserves naturelles. « Mais la visite de la forêt et les présentations sur la biodiversité présente ont poussé les gens à privilégier la protection de la faune et la flore », se félicite l’élue.

Près de 70 personnes ont assisté à la restitution sur le plan de circulation de la forêt du Neuhof. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Quelques inquiétudes et contestations ont ponctué la réunion dans la salle du manège. Laurence Tramut, enseignante et habitante du quartier, a d’abord craint pour l’accessibilité future de la forêt aux personnes à mobilité réduite. La restitution touche à sa fin vers 20h30. La participante se dit « un peu rassurée » :

« Les points de dissensus ont été inscrits dans les conclusions de la concertation et les établissements accueillant des handicapés seront consultés (pour aboutir à des chemins stabilisés accessibles aux poussettes ou aux chaises roulantes, ndlr). »

Laurence Tramut, à l’issue de la réunion

Un conseil des visiteurs pour la suite

Plusieurs questions se posent encore pour l’avenir de la réserve naturelle. Les militaires accepteront-ils de mettre fin à leurs entraînements sous les arbres du Neuhof ? Comment remplacer le tronçon de la route de la Rochelle qui traverse l’Est de la forêt ? Le choix de dégager les poubelles pour « inciter les usagers à la responsabilité » sera-t-il couronné de succès ou de déchets abandonnés ? Le centre de la Faisanderie, inutilisé à ce jour, sera-t-il transformé en Centre d’interprétation de la nature et de l’environnement ? Autant de questions que les participants les plus mobilisés vont suivre avec attention, tout comme l’application du « plan de circulation » par un futur arrêté préfectoral.

Pour Christel Kohler, la « co-construction » ne s’arrête pas là :

« Maintenant que les gens connaissent mieux l’intérêt de préserver la forêt, ils veulent continuer le travail. Ca sera fait avec la création d’un conseil des visiteurs. »

Mobilités : l’usage de la voiture toujours en recul à Strasbourg

Mobilités : l’usage de la voiture toujours en recul à Strasbourg

Une étude sur la mobilité des Bas-Rhinois en 2019 révèle que les usages de la marche à pied et du vélo progressent en ville et pour les déplacements courts. En revanche, la voiture reste plébiscitée dès qu’on s’éloigne de Strasbourg.

En 2019, 65% des déplacements de moins de 1 km sont réalisés à pieds. En 2009, ces déplacements très courts étaient encore faits à 38% en voiture. Cet enseignement résulte d’une étude sur les mobilités, réalisée auprès de 6 000 Bas-Rhinois au premier trimestre 2019 par l’Adeus (Agence de développement et d’études de l’agglomération de Strasbourg).

Cette étude, commandée au coût de 300 000€ par l’Eurométropole de Strasbourg et financée par les collectivités territoriales, est réalisée tous les dix ans, ce qui permet d’apprécier les évolutions.

La proportion de la voiture en chute dans la métropole depuis 1997. Photo : doc Adeus

Sans grande surprise, les politiques publiques menées en faveur des modes de déplacements alternatifs à la voiture produisent leurs effets : la part modale de la voiture recule partout.

Les mobilités en 2019 (doc Adeus)
Les mobilités en 2019 Photo : doc Adeus

Mais ces chiffres montrent aussi une stagnation en dehors de Strasbourg en ce qui concerne le vélo. En première couronne, les déplacements sont toujours de 6% en 2009, comme en 2019. En deuxième couronne, on remarque aussi une stagnation à 6% pour la partie nord. La partie sud baisse même de 7 à 4%, même si cela s’explique aussi par l’intégration des 5 nouvelles communes plus rurales.

Pour le président (PS) de l’Eurométropole de Strasbourg, Robert Herrmann, ces chiffres sont encourageants mais pas suffisants :

« Il faut donc continuer dans cette voie et améliorer les infrastructures, comme le GCO, afin de mieux séparer les flux. Car si on promeut le vélo mais que les gens ont peur parce qu’ils sont frôlés par des voitures, on n’y arrivera pas… »

100 000 véhicules de moins à Strasbourg chaque jour

De son côté, Alain Fontanel, premier adjoint (LREM) au maire de Strasbourg, a pointé :

« Derrière chaque point gagné sur la voiture, ce sont de très nombreuses émissions polluantes qui sont évitées. Ainsi en 10 ans, les véhicules accédant Strasbourg sont passés de 340 à 240 000 véhicules par jour. C’est considérable même s’il faut persévérer. »

Pour Jean-Baptiste Gernet (La Coopérative), conseiller communautaire en charge du vélo, mais en froid avec le président depuis le début 2019, la stagnation du vélo en périphérie de Strasbourg s’explique par l’absence d’investissements :

« Seuls deux millions d’euros ont été dépensés lors du mandat pour le réseau Vélostras qui a été présenté en 2013. Même si de l’argent a été dépensé sous d’autres formes, via le Velhop ou les aménagements cyclable le long des trams, l’objectif de Velostras était justement de relier la première et la deuxième couronne à Strasbourg. Il aurait fallu que les budgets soient en adéquation avec les intentions, de l’ordre de 1,5 millions par an. »

La marche à pied a beaucoup progressé pour les petits déplacements Photo : Raoul Esmere / FlickR / cc

Les regards se tournent à présent vers la tranche des déplacements de 3 à 10 km. L’étude ne mentionne pas encore les vélos à assistance électrique, qui étaient bien trop rares en 2009 et qui font office de meilleure solution pour ces déplacements. Sur l’ensemble du département, encore 54% des déplacements de 1 à 3 km sont réalisés en voiture.

Les rentrées au Parlement européen d’Anne Sander, Fabienne Keller et de Virginie Joron

Les rentrées au Parlement européen d’Anne Sander, Fabienne Keller et de Virginie Joron

Les trois eurodéputées alsaciennes, Anne Sander, Fabienne Keller et Virginie Joron, viennent de boucler leur session plénière de rentrée au Parlement européen. Elles ont choisi des commissions bien différentes mais elles se sont trouvées un combat commun.

Certains députés doivent parcourir des centaines de kilomètres pour rejoindre, une fois par mois pour la plénière, le Parlement européen à Strasbourg. Pour Anne Sander, Fabienne Keller et Virginie Joron pourraient venir à pied, ou presque. Elles sont les trois seules Alsaciennes qui ont été élues en mai. Mais bien qu’elles exercent une même fonction, elles sont loin de partager la même vision de leur métier, et plus généralement, de l’Union européenne (UE).

La session plénière (4 jours de votes, de débats, de briefings avec la presse, de rendez-vous avec des lobbyistes, de réunions de groupe et de délégation, etc.) qui s’est achevée hier, jeudi 19 septembre, leur a toutefois laissée la même impression : cette fois, ça y est, c’est la rentrée.

L’élection du président de la Commission Photo : Parlement européen

La plus à l’aise dans cette drôle de « bulle » du Parlement européen est Anne Sander. Élue sur la liste de Les Républicains (LR), cette économiste de formation entame son deuxième mandat en tant qu’eurodéputé à 45 ans. Avant d’être élue en 2014, elle était la collaboratrice de Joseph Daul, ex-eurodéputé influent et actuel président du Parti populaire européen (PPE).

Depuis son élection (de justesse) en mai, Anne Sander enchaîne les « gros coups » : elle a hérité d’un poste de questeur du Parlement (stratégique, car il permet de s’intéresser aux affaires administratives et financières de l’institution), a décroché un fauteuil dans la très prisée commission de l’Agriculture (AGRI), et, cette semaine, s’est vue confiée la négociation pour le groupe du PPE de deux règlements relatifs au futur de la Politique agricole commune (PAC). Un triplé gagnant selon l’élue, qui poursuit  :

« Il faut toujours se battre pour obtenir des responsabilités, mais le fait de connaître la maison et les gens est un atout de taille. Je ne découvre plus les sujets, je sais à qui m’adresser, bref, c’est… sympathique ! »

Anne Sander est plus habituée que ses collègues Fabienne Keller et Virginie Joron à l’exercice de la prise de parole en plénière. Photo : Mathieu Cugnot / EP

Virginie Joron, pour sa part, a tout à apprendre. Membre du Rassemblement national (RN), cette conseillère régionale (elle cumulera les deux fonctions) était 8e sur la liste du parti d’extrême-droite. Assez vite, il a fallu choisir dans quelles commissions parlementaires siéger. Pour elle, ce sera celle du Marché intérieur et de la protection des consommateurs (« IMCO », où elle est membre titulaire) et celle des Droits de la femme et de l’égalité des genres (« FEMM », en tant que membre suppléante). La nouvelle eurodéputé explique : 

« Marine souhaitait que j’aille en FEMM. Moi, j’aurais pu aller partout. Mon problème, c’est que tout m’intéresse ! »

Marine Le Pen a beau ne plus être eurodéputée (elle l’a été pendant plus de douze ans), son ombre plane toujours dans le couloir « du Rassemblement », comme ils disent, au 9e étage d’un des bâtiments du Parlement. La délégation française du groupe europhobe Identité et démocratie compte 22 élus, pas moins.

Trouver de bons copains

Fabienne Keller, elle aussi, fait sa première rentrée au Parlement européen. Elle fait partie des élus de « Renaissance », la liste emmenée par l’ex-ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau. En réalité, en 2002, Fabienne Keller avait déjà été nommée eurodéputée, au moment où Nicole Fontaine et François Bayrou avaient quitté l’hémicycle pour rejoindre le gouvernement. Fabienne Keller, suivante sur la liste, avait été appelée pour remplacer l’un des deux. Mais elle était alors maire de Strasbourg (depuis 2001) et n’avait pas souhaité se séparer de ce mandat si durement acquis.

Aujourd’hui, au sein de la délégation française du groupe Renew Europe (RE), elle est l’une des meilleures connaisseuses du fonctionnement de l’UE, grâce à l’expérience qu’elle a acquise en tant que vice-présidente de la commission des Affaires européennes au Sénat. Mais le Parlement européen n’a pas grand-chose à voir avec le Palais du Luxembourg : des députés qui n’ont ni la même nationalité, ni la même langue, ni la même culture politique se côtoient. Et se doivent de trouver des compromis.

Fabienne Keller a démissionné en juin de son poste de sénatrice pour devenir eurodéputée Photo : Marc Dossmann / EP

Cette délégation hexagonale compte 21 députés, et Fabienne Keller est la seule membre d’Agir, parti présidé par le ministre de la Culture Franck Riester. La majorité est estampillée La République en marche (LREM). D’autres viennent du MoDem ou n’ont pas d’étiquette. Surtout, à la différence de Fabienne Keller, bon nombre de ses élus sont quasiment novices en politique. Les collègues directs de Fabienne Keller sont médecins, anciens journalistes ou agriculteurs. Il y aussi une navigatrice ou un océanographe. Fabienne Keller se réjouit d’une telle diversité des profils : 

« Pour l’instant, on apprend encore à se connaître ! J’adore les moments où nous sommes ensemble hors réunions, par exemple dans les transports. Chacun raconte son parcours, c’est passionnant. En règle générale, c’est comme cela que je fonctionne pour comprendre des sujets dont je ne suis pas spécialiste : je trouve de bons copains avec lesquels je suis d’accord sur le fond, d’un point de vue philosophique, et ensuite, on partage nos centres d’intérêts, nos connaissances. Un véritable respect mutuel s’installe. Et mardi soir, nous avons eu notre premier repas de délégation ! »

Toutefois, l’ancienne maire de Strasbourg s’est rapidement éclipsé de ce dîner pour en rejoindre un autre, à la Maison Kammerzell, avec Nathalie Loiseau, Margerethe Vestager, célèbre commissaire à la Concurrence et d’autres « femmes libérales », selon le terme employé par Fabienne Keller. Pour les élections européennes, LREM avait lancé son « pacte Simone Veil », « pour une politique féministe européenne ». Ce dîner-là s’inscrit dans cette logique.

Avec Margerethe Vestager, Fabienne Keller a notamment discuté de l’intitulé du poste de vice-président responsable de « protéger notre mode de vie européen », qui devrait revenir au Grec Margaritis Schinas et qui comprendrait, notamment, la gestion de la migration. Margerethe Vestager n’y trouvait pas grande-chose à redire, Fabienne Keller si. Elle se dit même « choquée » par cette intitulé. 

Pour Fabienne Keller, l’intitulé d’un poste à la protection de « notre mode de vie européen » à la Commission européenne ne passe pas. Photo : Alexis Haulot / EP

Anne Sander, pour sa part, n’est pas contre cette appelation :  

« Tant que l’idée, ce n’est pas de se renfermer sur nous-mêmes, ce n’est pas un problème de vouloir préserver des choses qui nous sont propres ». 

Quant à Virginie Joron, elle s’en étonne : 

« Cet intitulé est franchement curieux car il est contradictoire avec les valeurs qu’ils n’arrêtent pas de mettre an avant : plus d’immigration, ne pas se refermer, et tout ça. Et là, ils débarquent avec ce nom-là. Cela ne fait aucun doute : ils veulent reprendre nos électeurs, tout comme Macron tente de le faire actuellement. »

Qui se cache derrière ce « ils » qu’emploie à l’envi Virginie Joron ? « Le système, les sociaux-démocrates, le PPE, Von der Leyen », liste-t-elle pêle-mêle. Ursula von der Leyen, ex-ministre de la Défense outre-Rhin, n’est autre que la future présidente de la Commission européenne, qui remplacera à partir du mois de novembre le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. 

Mardi, Anne Sander, en tant que membre du PPE, a pu assister à une réunion de son groupe avec, en « guest-star », Ursula von der Leyen. Margaritis Schinas était là, lui aussi. Le PPE leur ont réitéré leur soutien inconditionné.

Objectif commun : se démarquer

Aux trois députées, maintenant, d’imposer leur marque dans l’hémicycle. Consciente des reproches régulièrement adressés aux élus d’extrême-droite concernant leur taux d’absentéisme au Parlement, Virginie Joron assure vouloir inverser la tendance. En plénière, elle sera présente, promis. En commission IMCO aussi. En commission FEMM, c’est moins sûr.

Fabienne Keller ne cache pas non plus que son agenda déborde déjà. En commission des Libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE), elle veut notamment s’impliquer dans les négociations de la réforme du système de Dublin, qui définit quel État est responsable de la demande d’asile d’un migrant. Un dossier aussi épineux que sensible.

À Strasbourg, Virginie Joron a hérité d’un bureau au 9e étage du Parlement européen. Photo : CS / Rue89 Strasbourg / cc

Quant à Anne Sander, c’est sur les sujets agricoles – qu’elle maîtrise parfaitement – qu’elle tentera de se démarquer. Elle milite surtout pour une politique agricole « vraiment européenne ». Et au-delà de ce champ précis, elle voudrait « faire en sorte que chaque citoyen se sente bien en Europe ». Pour cela, il faut, selon elle, « les raccrocher au projet européen ». Elle aimerait voir exister un « Erasmus allégé » :

« En Alsace, la conscience européenne est souvent plus éveillée que dans d’autres régions du fait de la proximité avec l’Allemagne. Ne serait-ce qu’en allant faire ses courses au DM de l’autre côté du Rhin ! En revanche, dans d’autres régions, certains jeunes n’ont aucun contact avec les autres pays autour. Il faut changer cela, en rendant possible de petits passages de quelques semaines à l’étranger pour les jeunes. »

Dans le domaine de l’agriculture, Anne Sander n’a pas dit son dernier mot : elle veut une politique « vraiment européenne ». Photo : Marc Dossmann / EP

Au Parlement, les trois élues pourraient être amenées à collaborer sur un sujet particulier qui leur tient à toutes à coeur : la « bataille du siège » du Parlement. Les trois en sont convaincues : il faut un siège unique et à Strasbourg, évidemment. Pour l’heure, elles ont adopté le même mode de fonctionnement : elles habitent en Alsace et pendant les semaines de travail à Bruxelles, séjournent à l’hôtel dans « l’autre » capitale européenne. 

Francs-maçons, ancêtre gallo-romain, bal bestial… 5 lieux à visiter aux Journées du Patrimoine

Francs-maçons, ancêtre gallo-romain, bal bestial… 5 lieux à visiter aux Journées du Patrimoine

Toujours la même chose à voir aux Journées du Patrimoine ? Voici quelques visites atypiques à faire pendant l’édition 2019, samedi 21 et dimanche 22 septembre.

Elles marquent le début de l’automne, les Journées du patrimoine reviennent les 21 et 22 septembre. Si les grands classiques (Hôtels du préfet ou du gouverneur militaire, Parlement européen, Aubette, Palais du Rhin, etc.) vous sont déjà familiers, voici quelques visites ou animations spécifiques à l’édition 2019 qui ont attiré l’attention de Rue89 Strasbourg. Entre les événements pour adultes et ceux pour enfants, la programmation met l’accent sur les visites, balades à pied ou à vélo, concerts et animations parfois sous forme de jeu.

Les mythes du Temple maçonnique du Grand Orient de France

Les Francs-Maçons, leurs réseaux, leurs mystères, leurs couvertures d’hebdomadaires français… Envie d’en savoir un peu plus ? Dans la Neustadt, à deux pas de la place de la République, les temples francs-maçonniques historiques « Frédéric Piton » et « Jean Macé » construits en 1883 ouvrent leurs portes pour la première fois. L’association du Cercle Philosophique Goethe propose des visites guidées de ses locaux uniquement l’après-midi du dimanche.

À la rencontre des vieux morts au jardin funéraire gallo-romain

Le cimetière Saint-Gall à l’entrée de Koenigshoffen est l’un des plus anciens cimetières de Strasbourg. Bon, ok, les morts qui y reposent sont là pour un moment mais durant les Journées du patrimoine, l’endroit est animé par une reconstitution de stèle romaine samedi matin et des scénettes de théâtre de rue dans le mini-théâtre romain semi-circulaire rue Saint-Gall, juste à côté, pendant l’après-midi. Un vaste espace vert un peu secret, non loin de l’A35. En participant à cette journée, vous pourrez enfin répondre à cette question : « mais qui es-tu Comnisca ? »

Les femmes de Strasbourg n’ont pas compté pour des prunes

Pourquoi rester statique et patriarcal quand on peut se cultiver en reconnaissant l’apport des femmes à l’histoire de Strasbourg ? Les journées du patrimoine permettent de concilier ces deux passions avec un jeu de piste pour adultes appelé « les femmes aux cœur de Strasbourg« .

Et si les Bains municipaux ne rouvraient plus jamais ?

En pleine rénovation, les Bains municipaux de Strasbourg seront bientôt transformés en un complexe de sauna, spa et piscine de luxe. Si vous ne connaissez pas l’aspect vieillot et art déco des lieux, la Ville de Strasbourg propose une enquête dans les lieux : retrouver la vanne principale de la tuyauterie. Sans cette pièce, unique au monde, les bains pourraient bien ne jamais rouvrir. Suspense.

Dernière chance pour voir le musée zoologique dans son ambiance surannée

Aaah le musée zoologique de Strasbourg, son odeur de bois vermoulu mêlée à son parfum de poussière millénaire sous le regard d’animaux un brin flippants… Eh ben c’est bientôt fini ! Le musée s’apprête à fermer ses portes pour une rénovation en profondeur pendant 3 ans. Bientôt des meubles sans âme, des présentoirs lisses, des moquettes grises et des écrans partout… Alors pour tous ceux qui apprécient le charme des vieux musées, c’est le week-end de la dernière chance.

Autre sortie sympa, un « bal bestial » pour « laisser s’exprimer le fauve, le mollusque ou le volatile qui sommeille en vous », avec un DJ de L’Ososphère, Kool Chienne, est prévu le dimanche à 14h30 et à 18h30.

Le cœur bien accroché ? Venez le vérifier à l’institut d’anatomie

À quoi ressemble un cœur ? Et un foie ? Répondre à ces questions n’est pas chose aisée pour qui n’est pas chirurgien. Comme chaque année, la faculté de médecine ouvre des portes rarement ouvertes au public, celles de l’institut d’anatomie. Toutes les régions du corps sont représentées dans cette collection unique en Europe, constituée par les Allemands pendant leur occupation de l’Alsace au XIXe siècle, avec différents modes de conservation du XVIIIe siècle à nos jours.

Le chantier de la mosquée Eyyub Sultan à l’arrêt

Le chantier de la mosquée Eyyub Sultan à l’arrêt

Depuis la mi-août, plus aucun ouvrier ne travaille sur le chantier de la mosquée Eyyub Sultan à la Meinau. La branche strasbourgeoise du mouvement islamique turc Millî Görüş fait face à des difficultés de paiement.

Depuis la mi-août, le chantier de la mosquée Eyyub Sultan n’avance plus. Un habitant du quartier de la Meinau s’en est étonné auprès de Rue89 Strasbourg. Le 11 septembre dernier, nous avons constaté l’absence d’ouvrier en activité sur le terrain. Interrogé sur place, le président de l’association CIMG-GMES, détentrice du permis de construire, a prétexté « un besoin de souffler avant de reprendre les travaux en octobre. »

Mais ces explications de la branche locale de Millî Görüş, une organisation islamique européenne d’origine turque, peinent à convaincre : « La société en charge des travaux (Demathieu & Bard, ndlr) est en congés », nous a répondu le secrétaire de la CIMG par téléphone. Si l’entreprise Demathieu & Bard n’a pas souhaité nous répondre, une chose reste sûre : le BTP prend rarement des vacances en été…

Depuis la mi-août, le chantier de la mosquée Eyyûb Sultan n’avance plus… Photo : Rue89 Strasbourg / cc

Un chantier à 32 millions d’euros

Les ouvriers ont posé la première pierre de l’édifice en octobre 2017. Le président du mouvement Millî Görüş pour l’Est de la France espérait alors l’ouverture de la mosquée pour 2020 ou 2021. Eyup Şahin prévoyait que les financements viendraient « d’hommes d’affaires de partout, d’Europe comme de Turquie (…) et des dons dans notre mosquée à Strasbourg » voire des Musulmans européens. Présentée comme la future « plus grande mosquée d’Europe », le financement nécessaire à la réalisation du projet est estimé à 32 millions d’euros par l’association islamique. Il ne bénéficiera d’aucune subvention publique.

La mosquée a été confiée à l’architecte turc Muharrem Hilmi Senlap, déjà auteur des plans de la mosquée centrale de Tokyo. (doc remis)
La mosquée a été confiée à l’architecte turc Muharrem Hilmi Senlap, déjà auteur des plans de la mosquée centrale de Tokyo. Photo : doc remis

Donations insuffisantes

Selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, la bâtisse a déjà été construite à 50% mais les donations ont à peine dépassé les 2 millions d’euros. La branche strasbourgeoise de Millî Görüş peine à rassembler les fonds nécessaires, comme en témoigne une cagnotte Leetchi lancée au mois d’août :

« Nous devons nous acquitter d’une facture de 100 000€. Si nous voulons conserver ce rythme d’avancement, nous devons en urgence nous acquitter du paiement de cette facture, ce pourquoi nous faisons appel à votre générosité.  »

Texte d’appel de la CIMG sur Leetchi.com

Plus d’un mois après le lancement de cette cagnotte, les dons cumulés atteignaient à peine 1 400 euros, soit 1% de l’objectif affiché de 100 000 euros. Selon nos informations, le vice-président de l’organisation européenne de Millî Görüş était à Strasbourg cette semaine. Malgré une dizaine d’appels, Hakki Ciftci, n’a pas souhaité répondre à nos questions l’avenir du chantier de la mosquée. De même, le secrétaire de l’association locale CIMG-GMES, Ertugrul Güller, n’a pas donné suite à nos demandes d’interview.

Gilles Penso et Alexandre Poncet : « Phil Tippett doit être considéré comme un artiste »

Gilles Penso et Alexandre Poncet : « Phil Tippett doit être considéré comme un artiste »

Gilles Penso et Alexandre Poncet, réalisateurs d’un documentaire sur Phil Tippett, père de nombreuses créatures de blockbusters américains, étaient de passage au Festival européen du film fantastique.

Artisan aux mille créatures, Phil Tippett est un artiste qui marquera à jamais l’histoire du stop-motion. Repéré par Georges Lucas pour Star Wars, ce brillant inventeur est à l’origine des robots tueurs de Robocop ou des dinosaures de Jurassic Park. Récompensé de plusieurs prix dont deux Oscars, ce travailleur acharné continue de mêler savoir technique et expérimentation esthétique.

En 2011, Gilles Penso et Alexandre Poncet signaient déjà un documentaire sur Ray Harryhausen, père spirituel de Tippett. Avec « Phil Tippett : Mad Dreams and Monsters, » ils entrent dans l’atelier de cette légende des effets visuels, en revenant sur son œuvre prolifique et ses multiples collaborations.

Extrait de Phil Tippett Mad Dreams and Monsters (vidéo YouTube)

Thierry Danet : « L’Ososphère, un supplément de perception pour habiter la ville »

Thierry Danet : « L’Ososphère, un supplément de perception pour habiter la ville »

Thierry Danet, directeur de L’Ososphère, détaille les ambitions du festival, qui se décline pour la première fois sur une saison découpée en trois « districts. »

Directeur de la salle des musiques actuelles de la Laiterie, Thierry Danet est aussi le responsable de L’Ososphère. Mais si le festival est surtout connu pour ses concerts de musiques électroniques, le rendez-vous se veut protéiforme et politique. Rencontré début septembre, Thierry Danet détaille les enjeux et les raisons de ce festival itinérant dans l’espace et le temps.

Rue89 Strasbourg : À quoi ressemble L’Ososphère cette année, alors que ce rendez-vous existe depuis 1998 ?

Thierry Danet : La grande nouveauté cette année, c’est qu’on aura toute une saison de L’Ososphère, répartie en trois districts, de septembre à mai. Le premier de ces districts, c’est les Nuits électroniques, du 13 au 22 septembre. Et c’est notre grand retour puisqu’on habite à nouveau l’ensemble du quartier Laiterie, comme entre 2006 et 2009. Et je dis bien « habiter ». On transforme complètement un morceau de ville vivant avec une « ultra rue, » on ouvre un parc, on installe des espaces pour que les gens se retrouvent, des œuvres, etc.

« À L’Ososphère, il y a ce moment magique où tu te perds »

Tous ceux qui connaissent les Nuits de l’Ososphère savent que c’est un moment où tu perds tes repères, tu te fais un programme et tu changes d’avis parce qu’il y a plein de choses à voir en même temps, tu rencontres des amis qui t’emmènent ailleurs… Il y a ce moment magique où tu te perds.

Le deuxième temps s’appellera Art District, du 10 au 21 janvier et ce sera plutôt centré sur l’architecture augmentée… Il y aura un restaurant d’artistes, des rencontres avec les Cafés conservatoires et aussi un peu de musique.

Un troisième mouvement aura lieu du 7 au 17 mai, il s’agira de Cosmos District et on traitera de l’espace depuis le lieu peut-être le plus chargé d’histoire de Strasbourg, place du Château. L’idée est de décentrer le regard, de reprendre une position capable d’interroger la vision, le mouvement…

Pourquoi être revenu à la Laiterie après le départ sur l’axe Deux-Rives en 2009 ?

Souvent, je m’amuse avec le tissus de la ville de Strasbourg, je regarde les lignes de forces, les quartiers, les réseaux, etc. Je superpose plusieurs calques sur un plan et j’essaie d’en détecter le sens de l’histoire urbaine. C’est pour ça qu’Ososphère a accompagné tout ce mouvement vers le Rhin, avec des éditions au Môle Seegmuller et à la Coop. Et en travaillant sur l’édition 2019, il m’est apparu comme évident qu’il fallait revenir à la Laiterie.

Thierry Danet : « C’est pas un coup, nous sommes de retour au quartier Laiterie et pour un moment ». Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc

C’est pas un coup. Nous y sommes et pour un moment, il y a un peu comme un mouvement en spirale… Au-delà de l’ellipse, la Laiterie s’interface avec le centre-ville dans une forme de nouvelle excroissance, c’est une Neustadt qui s’ignore. Ça peut avoir l’air d’un « retour » pour certains, mais pour la majorité du public de L’Ososphère, qui a 25 – 30 ans, c’est une première.

Ne fallait-il pas créer un nouvel espace complet, mêlant concerts, expositions, performances pour recoller au concept original de L’Ososphère ?

Je dis souvent que L’Ososphère est une bulle de ville, c’est une expérience, pas juste une proposition de spectacles. C’est un ensemble qui fonctionne aussi avec ce que les gens y apportent. Chaque spectateur est aussi acteur d’un grand film en direct.

Il y aura beaucoup d’œuvres et d’installations aux Nuits électroniques, avec l’ultra-rue, des messages aux fenêtres, une création sur la vidéo-surveillance…

« Si tu veux rencontrer Strasbourg, il faut vraiment y habiter. La cathédrale, c’est extraordinairement beau mais c’est aussi tellement plus que ça ! »

Mais depuis 2009, l’ambiance a changé… Comment L’Ososphère s’est adapté ?

On n’a pas le choix, on est obligé de se conformer à des impératifs de sécurité qui se sont multipliés. Tu ne peux plus rien faire en 2019 comme tu faisais en 2009. Fort heureusement, on arrive à y répondre grâce à toute l’expérience qu’on a depuis 20 ans ! Là, on s’est bien amusés avec la bétonnière qui sert à barrer la rue du Ban-de-la-Roche, elle nous est imposée pour des questions de sécurité, on la recouverte de miroirs pour en faire une boule à facettes géante. Même chose avec les longrines, on les a transformés en bancs publics. Le coût de la sécurité a pris une place très très importante dans le budget du festival et en temps consacré à son organisation.

« Aux débuts de L’Ososphère, faire une vidéo en direct était une performance »

Et puis il y a la question du numérique… Évidemment, aujourd’hui l’environnement numérique est partout alors qu’aux débuts de L’Ososphère, l’informatique était encore balbutiante… On avait encore des modems 56K, on faisait d’une vidéo filmée à un endroit et transmise ailleurs en direct une performance ! Aujourd’hui, le public de L’Ososphère est né avec le numérique, ils ne conçoivent pas que ce fut différent… Mais les fondamentaux du festival ne changent pas : de multiples propositions et un lieu à habiter.

« Persister pour augmenter le regard »

Mais si L’Ososphère sert à questionner la ville, est-ce à dire que la ville n’est pas assez questionnée ?

Ososphère est un objet pop, une petite chose qui peut avoir des effets importants. C’est une fête mais avec une proposition artistique de poids. Or le geste artistique nous donne un supplément de perception. Or on en a besoin pour questionner notre environnement immédiat. Le danger serait que la ville ne soit qu’un dispositif d’agréments pour usagers, qu’une succession de services répondant à des besoins. Si on ne voit la ville qu’ainsi, on se retrouve immédiatement dans des contradictions : on veut sortir mais on veut une ville sans bruit, on veut faire ses courses près de chez soi mais sans camion dans les rues, etc.

La tentative de L’Ososphère, c’est persister pour augmenter le regard des gens sur la ville pour qu’ils l’habitent vraiment. Comment on fait une ville ensemble ? Il faut voir comment les jeunes interrogent aujourd’hui, alors qu’ils se demandent non pas quel futur ils auront mais s’ils auront un futur ! C’est une responsabilité partagée et c’est tout le sens de nos interrogations.