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« Dernier Soleil », un film de gangsters tourné à Strasbourg en toute discrétion

« Dernier Soleil », un film de gangsters tourné à Strasbourg en toute discrétion

Tourné en trois semaines fin 2018, le dernier long-métrage du réalisateur strasbourgeois Étienne Constantinesco met en scène un père marginal dont le fils autiste de dix ans est kidnappé. Le film a fait l’objet d’une campagne de financement participatif. Elle a permis de récolter plus de 15 000 euros pour achever la post-production.

« Notre film est un braquage. » La petite phrase n’est pas qu’une formule marketing destinée au visiteur de la page du financement participatif du long-métrage Dernier Soleil. Avec une petite équipe et peu de moyens, le réalisateur strasbourgeois Étienne Constantinesco a tourné son film en trois semaines. Sans aucune autorisation, il a investi les quartiers, les rues, les places de Strasbourg et ses environs, entre octobre et novembre 2018.

Un père paumé, un enlèvement

Dernier Soleil raconte l’histoire d’Éric un gars un peu paumé qui vit dans sa voiture et rejette son fils autiste de dix ans. Après une énième négligence du père, le gamin est enlevé par deux voyous qui réclament une rançon… Éric va alors tout tenter pour réunir l’argent et récupérer son fils. Le début d’un périple sur le chemin de la paternité, entre armes à feu et coups fourrés. 

Bande-annonce du film « Dernier soleil », tourné à Strasbourg.

Des acteurs qui jouent leurs propres vies

Étienne Constantinesco le reconnaît : son film aurait aussi pu s’appeler Premier Soleil. C’est finalement Dernier Soleil qui a eu la faveur du metteur en scène. Un titre de film poétique et un peu abstrait qu’il justifie par la lumière naturelle du soleil tout au long du film :

« Il y a aussi le fait que le personnage d’Éric ne s’est jamais rendu compte qu’il avait ce soleil à ses côtés, son fils. Il était incapable de le voir. Quand il va être enfin ébloui, il sera trop tard. C’est ça, le dernier soleil. »

Véritable antihéros, ce père en quête de rédemption est incarné par un homme du même nom, Éric Sobkow. Le Strasbourgeois s’est fait connaître en 2012 sous le nom de l’Alsachien dans des sketchs comiques où il moquait les clichés sur la banlieue et l’Alsace. Ami de longue date d’Étienne Constantinesco il avait déjà joué dans deux de ses précédents films, Coline (2012) et The Trap (2013).

Un premier rôle confié à un acteur amateur, comme le sont d’ailleurs les autres protagonistes, tous bénévoles, et membres du cercle d’amis du metteur en scène. Anciens ouvriers, ex-toxicomanes, anciens taulards, gitans ou rappeurs : tous sont issus de la région et dans Dernier Soleil, ils incarnent leurs propres rôles, leurs vraies vies. Une habitude pour le réalisateur de 37 ans, qui dirige régulièrement des non-acteurs sur ses tournages : 

« Ça me plaît de vivre cette aventure avec eux et les gens sont prêts à tourner avec moi. Compte tenu du micro-budget que j’avais et du peu de temps imparti, je me suis naturellement tourné vers mon réseau d’amis. Et c’était l’occasion de prendre un parti pris plus radical, en prenant exclusivement des non-acteurs.»

Avec peu de moyens et une équipe de six personnes, Étienne Constantinesco (ici avec la casquette) a tout filmé lui-même, armé d’un trépied et d’une caméra épaule. (Photo : doc remis)
Avec peu de moyens et une équipe de six personnes, Étienne Constantinesco (ici avec la casquette) a tout filmé lui-même, armé d’un trépied et d’une caméra épaule. Photo : Document remis

Pas de travelling, pas de machinerie pour multiplier les effets d’images, le réalisateur a tout filmé lui-même, armé d’un trépied et d’une caméra épaule. La petite équipe de tournage, composée de six personnes (deux assistants réalisateurs, un ingénieur son, un assistant réalisateur et Célia, la soeur du réalisateur, marionnettiste de métier, qui a donné un coup de main à la régie et aux costumes) a dû composer avec un budget serré : 15.000 euros d’apports personnels et 5.000 euros investis par la société de production parisienne Pleine Image. « Dans le monde du cinéma, ces sommes sont dérisoires », relativise Étienne Constantinesco.

L’Elsau, la Krutenau et la vallée de la Bruche

Échaudé par les refus d’autorisation de tournage à Strasbourg il y a cinq ans pour un film qui n’a jamais vu le jour, Étienne Constantinesco a cette fois enclenché le mode pirate. Le réalisateur a posé, sans autorisation, ses caméras du côté de l’Elsau et de la Krutenau, près de Mützig et jusqu’à Maisonsgoutte, dans la vallée de la Bruche. « Un ami a un hangar là-bas et il connaît le maire du village. On y a tourné toutes les scènes où il y avait des coups de feu, les gens ont dû se demander ce qu’il se passait ! », sourit Étienne Constantinesco. Il poursuit : 

« Les décors doivent devenir un personnage à part entière du film. Néanmoins, je ne mets pas Strasbourg en scène sur un mode carte postale en filmant la Petite France ou la cathédrale… Les lieux qui ont servi au tournage sont des lieux esseulés, parfois des ruines. Tu ne sais jamais vraiment où tu es, si tu es à la campagne ou en ville. Un peu comme les personnages qui ne sont jamais totalement à leur place. »

Éric Sobkow (au centre) s'est fait connaître avec le personnage de l'Alsachien et ses sketches. Bad Dogg (à dr.) est un rappeur strasbourgeois actif depuis de nombreuses années. (Photo : doc. remis)
Éric Sobkow (au centre) s’est fait connaître avec le personnage de l’Alsachien et ses sketches. Bad Dogg (à droite) est un rappeur strasbourgeois actif depuis de nombreuses années et Zio Giuliano (à gauche) gravite dans le monde du tatouage. Photo : Document remis

« J’ai un rapport particulier avec ceux qui n’ont pas leur place »

Avec un personnage de père associable et proche du point de rupture, Étienne Constantinesco interroge la marginalité de ses acteurs non-professionnels. Un thème qui traverse ses précédents films : un jeune magouilleur qui rêve de monter le coup du siècle dans Coline (2010), un couple au bord de la rupture et dont le fils se fait enlever dans The Trap (2013). « J’ai un rapport assez particulier avec les gens qui sont à la marge, ceux qui n’ont pas leur place », confie Étienne Constantinesco.

Avec un personnage de père associable et proche du point de rupture comme celui joué par Éric Sobkow, le réalisateur interroge la marginalité de ses acteurs non-professionnels. (Photo : doc.remis)
Avec un personnage de père associable et proche du point de rupture comme celui joué par Éric Sobkow, le réalisateur interroge la marginalité de ses acteurs non-professionnels.
Photo : Document remis

Le Strasbourgeois qui a grandi dans le quartier de l’Esplanade sait de quoi il parle. Lui-même a quitté l’école à 14 ans et enchaîné les petits boulots : renseignements téléphoniques, distribution d’annuaires, et récoltes pendant l’été. Ironie de l’histoire, le bonhomme est aujourd’hui chargé de cours en cinéma à la faculté de Strasbourg. C’est en filmant les virées de son groupe de graffeurs dans les années 90 que le déclic pour le septième art lui est venu : 

« Mon père avait une caméra HI8. En découvrant l’image, la caméra, je savais que j’allais délaisser le graffiti et tous les problèmes judiciaires que ça comportait. On faisait du vrai graffiti, de manière complètement illégale. Ce n’est pas le streetart d’aujourd’hui. Le graff m’a canalisé parce-que adolescent… j’aurais pu mal tourner. Mais c’est comme ça que j’ai découvert ma passion, le cinéma. »

Financement participatif : un pari réussi

Dans son travail, Étienne Constantinesco a pu se rallier le soutien d’un autre observateur de la marginalité : le photoreporter Yan Morvan. Prix Robert-Capa en 1983 pour son travail sur la guerre au Liban, auteur de l’ouvrage Gangs Story, qui relate l’évolution des bandes de la banlieue parisienne, le photographe a suivi le réalisateur lors de ses repérages en Alsace. Il a en tiré une série de portraits des participants du tournage baptisée Les Déracinés.

En juin, l’équipe du film a lancé une campagne de financement participatif sur le site KissKissBankBanK. La cagnotte s’est terminée le 17 juillet et a permis de récolter 15.000 euros qui serviront à la post-production : montage, mixage, étalonnage, et composition de la musique du film.

Étienne Constantinesco espère ainsi finaliser le film pour l’automne 2019 et se lancer dans la tournée des festivals. Le réalisateur imagine aussi une projection de Dernier Soleil à Strasbourg, avec l’équipe du film et les contributeurs de la cagnotte. « Il faudra louer une salle », anticipe le réalisateur, qui pense déjà au coût de la location. L’occasion d’un nouveau braquage de l’industrie du cinéma ?

Les 1 000 livres du Mont Sainte-Odile : l’incroyable butin d’un voleur bibliophile

Les 1 000 livres du Mont Sainte-Odile : l’incroyable butin d’un voleur bibliophile

Entre 2000 et 2002, la direction du Mont Sainte-Odile a vu sa collection de livres anciens du monastère fondre. L’oeuvre d’un voleur qui avait retrouvé un passage secret menant tout droit à la bibliothèque.

Dimanche 19 mai, jour de la Pentecôte. Il est revenu, mais cette fois-ci, il est attendu. Comme à son habitude, le voleur s’était offert une escapade pendant les vacances scolaires et les jours fériés. Professeur la semaine, détrousseur de bibliothèques le week-end. Mais pas n’importe quelle bibliothèque. « Jamais je n’aurais volé une bibliothèque publique ! » jurera-t-il lors de son procès. L’homme fait son marché depuis presque trois ans dans les bibliothèques du monastère du Mont Sainte-Odile.

Les gendarmes de la brigade de Rosheim lui ont tendu un piège. Ils ont emprunté des caméras de surveillance miniatures à un détective privé. Ils l’ont vu passer la veille, et ont découvert dans les combles un sac poubelle rempli de livres, prêt à être embarqué. Le voleur reviendra, c’est sûr… Le lendemain vers 21h, les gendarmes en planque appréhendent une grande et fine silhouette qui traîne une lourde valise et un sac poubelle remplis d’un butin de cuir et de papier. C’est la fin d’un casse-tête qui dure depuis août 2000. Mais l’énigme n’est pas encore totalement résolue. Reste à connaître le motif du vol.

Pour ses premières expéditions, le voleur avait emprunté une porte qui menait à l’étage, et à la bibliothèque. Photo : et illustration : Piet

Un vol par amour des livres

L’affaire a fait l’objet d’un livre, écrit par un ancien journaliste des DNA, Bernard Fischbach. Parmi ses lecteurs Paul-Antoine Dantès, l’homme qui a repris la gestion de la bibliothèque du Mont-Sainte-Odile en 2002, peu après l’arrestation du voleur. Il nous accueille avec un exemplaire de l’ouvrage copieusement annoté. Il est cité dedans, a rencontré les protagonistes, et complète le récit :

« D’après un des gendarme qui l’a arrêté, le suspect observe un mutisme complet. Les gendarmes craignaient d’avoir affaire à un ressortissant étranger à ce moment. Ils pensaient à un trafic d’œuvres d’arts. »

Finalement, le jeune homme se met à table. Il s’appelle Stanislas Gosse, et n’était pas motivé par l’argent. Il volait par amour des livres. Le professeur les a tous gardés chez lui. Lors d’une perquisition à son domicile en banlieue strasbourgeoise, les gendarmes mettent la main sur son butin : plus de 1 100 livres à la valeur variable. Le voleur a embarqué des livres de chevet, mais aussi de précieux volumes écrits en latin, une langue qu’il sait déchiffrer.

Un des livres dérobés à la bibliothèque du Mont Sainte-Odile, on aperçoit les Ex-libris apposés par le voleur pour marquer le nom du propriétaire (document remis).

Des livres parmi les premiers imprimés

Le 16 août 2000, le Mont Sainte-Odile se remet d’une assomption marquée par une affluence hors du commun. Le chanoine Charles Diss s’apprête à donner une conférence aux adorateurs de Sainte-Odile, qui se relaient nuit et jour pour une prière sans interruption. Soudain, raconte Bernard Fischbach, une femme de ménage va l’informer d’un trou béant dans les rayons de la bibliothèque :

« En passant le chiffon à poussière dans la salle du Calvaire sur les rayonnages de la bibliothèque, un vide sur une étagère lui a sauté aux yeux. J’ai l’impression, chuchote-t-elle, qu’il manque des livres. »

Bernard Fischbach, Le passe-muraille du Mont Sainte-Odile

Le voleur a profité de la cohue du 15 août pour passer par une porte au rez-de-chaussée, qui menait au premier étage de l’aile Est. Jean-Marie Le Minor, professeur d’anatomie à l’Université de Strasbourg et historien à ses heures perdues, ne peut que constater les disparitions auprès de la gendarmerie de Rosheim qui mène l’enquête.

C’est lui qui s’est occupé d’inventorier et de classer le précieux contenu de la bibliothèque. Il connaît la collection mieux que quiconque pour en avoir dressé un catalogue, que le voleur emportera également. Neuf incunables (des ouvrages imprimés avant 1500) et 7 livres du XVIe siècle manquent à l’appel.

Le nom de la rose version alsacienne

Le Chanoine Diss quitte ses fonctions au Mont Sainte-Odile à l’automne 2001. L’abbé Alain Donius prend sa suite sans rien connaître du vol. Entre-temps, l’enquête a été classée. Mais peu après avoir pris ses fonctions, Alain Donius remarque qu’un œilleton a été percé dans le bois de la porte de la bibliothèque. Un « trou de chignole » pour reprendre ses termes. Comme si on avait voulu sonder l’épaisseur de la porte. Inquiet, il prend des dispositions en changeant les serrures de la porte. Et pourtant, un nouveau vol à lieu.

L’abbé, qui est aujourd’hui à la Maison Saint-Pierre à Strasbourg, fait part de sa stupéfaction. Il en était venu à soupçonner un acte malveillant à son encontre. En effet, le départ du chanoine Diss et la succession de l’Alain Donius avaient créé quelques remous.

« Mon prédécesseur a été à la tête du Mont Sainte-Odile pendant plus de 20 ans. Il était très attaché à l’institution, et réciproquement. Lui succéder n’avait rien d’évident. À côté de il y avait l’ampleur de la tâche. Le Mont Saint-Odile, c’est une cinquantaine d’employés à gérer, c’est quasiment une PME ! »

Car au larcin s’ajoute l’insolence du voleur. Parfois, celui-ci prend le temps de glisser une rose dans le trou pratiqué dans la porte de la bibliothèque… Bernard Fischbach et d’autres journalistes y voient une allusion au Nom de la rose, le roman policier d’Umberto Eco qui se déroule dans une abbaye…

Climat de suspicion

Dans un premier temps, la brigade de Rosheim suspecte un trafic d’œuvres d’arts ou un acte malveillant. La gendarmerie organise une veille sur les réseaux de vente de livres anciens, y compris du côté allemand. Mais le mode opératoire laisse penser qu’il s’agit d’un habitué des lieux : la quantité de livres disparus implique que le voleur a effectué plusieurs visites, et il n’y a aucune trace d’effraction.

La piste du trafic d’œuvre d’art ne donne rien. La gendarmerie soupçonne alors un client régulier de l’hôtel ou quelqu’un de la maison. On épluche le registre des chambres d’hôtel du Mont Sainte-Odile, on interroge le personnel… Le climat de suspicion devient un peu plus pesant à chaque nouveau vol constaté. La gendarmerie a installé un système de vidéosurveillance pour tenter de prendre le voleur en flagrant délit.

« Ils ont acquis la certitude que cet homme qui ne manque pas d’ingéniosité est un proche du Mont Sainte-Odile, pour qui les coins et les recoins et le rythme de vie de l’établissement n’ont pas de secret. Si bien qu’ils ne seraient pas surpris de voir apparaître Jean-Marie Le Minor [l’ancien responsable de la bibliothèque] sur le petit écran. »

Bernard Fischbach : Le passe-muraille du Mont Sainte-Odile

Un passage secret connu de quelques initiés

Pourtant, le professeur d’anatomie et bibliophile n’y est pour rien. Ou si peu… C’est là que l’affaire tourne à la farce : le voleur s’est bel est bien appuyé sur le travail de Jean-Marie Le Minor. Il a non seulement dérobé le catalogue de livres que l’ancien responsable de la bibliothèque avait patiemment dressé mais surtout, il s’est servi de ses travaux d’archéologue !

Alors qu’il travaillait à la valorisation de la bibliothèque du Mont Sainte-Odile avec deux amis, Jean-Marie Le Minor a redécouvert une pièce oubliée jouxtant la bibliothèque. Il s’est empressé de la décrire dans un article publié dans Les cahiers alsaciens d’archéologie, d’art et d’histoire. Lequel a été consulté par Stanislas Gosse, quand celui-ci faisait des recherches sur le Mont Sainte-Odile. Un passage quasi-secret, que seuls quelques érudits connaissaient.

En bas à droite, on aperçoit entre les livres un panneau de bois. Derrière, le passage secret emprunté par le voleur (document remis).

C’est par là que le voleur s’introduit. Mais il ne remarque pas les mini-caméras de surveillance qui le guettent désormais. Car face à l’absence d’effraction, les gendarmes creusent l’hypothèse d’une entrée annexe. Ils ne tardent pas à découvrir à leur tour le passage secret, dissimulé derrière une armoire de la bibliothèque. L’ouverture débouche sur une pièce sans fenêtre, celle-là même décrite par Jean-Marie Le Minor dans son article d’archéologie. Au plafond, une trappe accessible avec une échelle de corde. Elle ouvre sur les combles. Les gendarmes découvrent également des sacs poubelle et des chutes de cuir. Des traces laissées par le cambrioleur. Ils tiennent leur piste !

L’amour des livres et du risque

Le voleur, agrégé de mécanique, enseigne à l’Université de Strasbourg. Il ne sévit que pendant son temps libre. Il faudra attendre encore quelques temps, avant qu’il ne se manifeste, et soit pris sur le fait.

Après son arrestation, l’évêché lui accorde le pardon religieux, mais la plainte pour vol est maintenue. Au procès qui se tient en juin 2003, le tribunal correctionnel de Saverne fait l’objet d’une attention médiatique hors norme, pour le plus grand malheur du prévenu. France 2 a fait le déplacement, et la couverture de l’AFP sera reprise par la presse étrangère. Stanislas Gosse s’explique, confus :

« Je sais que ça peut paraître égoïste, mais j’avais l’impression que ces livres étaient abandonnés, qu’ils ne servaient pas. Ils étaient recouverts de poussière, il y avait des déjections de pigeon, j’avais l’impression que personne n’allait jamais les consulter. »

À ce mobile s’est ajouté le goût de l’aventure et du jeu, confesse-t-il. D’où les roses épinglées dans la porte de la bibliothèque.

Finalement, « l’Arsène Lupin du Mont Sainte-Odile », comme l’a surnommé la presse, est condamné à 18 mois de prison avec sursis sans mise à l’épreuve, 6 000 euros d’amende et 11 000 euros de dommages et intérêts en plus des frais d’avocat. C’est un soulagement pour le prévenu, qui échappe à une radiation du service public. Il peut continuer d’enseigner.

Un monde si petit

L’envie de posséder les précieux ouvrages ne fait aucun doute. Sur plusieurs d’entre eux, on retrouve des ex-libris au nom du voleur à la place de celui-du Mont Sainte-Odile. Sur plusieurs étiquettes, Stanislas Gosse a apposé son nom et s’est parfois essayé à l’écriture gothique, ou a dessiné des petits cœurs… Comme il aurait pu le faire sur ses cahiers du temps où il était élève de Paul-Antoine Dantès !

Des ex-libris apposés par Stanislas Gosse, et récupérés par Paul-Antoine Dantès (document remis).

C’est l’ultime surprise pour le nouveau responsable de la bibliothèque, au moment de la restitution des livres. En ouvrant les 22 cartons remis par la gendarmerie, il découvre abasourdi le nom d’un de ses anciens élèves de 5e, puis de terminale au collège épiscopal Saint-Étienne. Un élève « brillant mais très réservé » dans son souvenir.

La surprise est de taille également pour l’abbé Donius. Quand le voleur l’appelle pour lui demander pardon, celui-ci lui apprend qu’il est un de ses anciens élèves de catéchisme, et qu’il l’a préparé à la confirmation !

Un sursaut, « un peu comme pour Notre-Dame »

La vie a repris son cours au Mont Sainte-Odile, les étiquettes au nom du voleur ont été enlevées quand cela était possible. Pour autant, Paul-Antoine Dantès a longtemps reproché à la presse de prendre l’affaire à la légère, et n’a que très peu goûté « le romanesque », ni « l’ingéniosité » de son ancien élève, et encore moins le surnom d’ « Arsène Lupin ».

En 2006, il signe un article dans l’annuaire de la société d’Histoire de Mutzig et environs. La presse locale, spécialisée, et même France Culture en prennent pour leur grade :

« Certains commentaires vont jusqu’à s’extasier devant la perfide ingéniosité manifestée par le voleur. Il s’agit notamment d’un article d’une revue trimestrielle régionale [Saisons d’Alsace, éditée par les DNA] qui a habitué ses lecteurs à un peu plus de rigueur. L’auteur y salue un “l’exploit d’un jeune homme bien sous tous rapports”, sans savoir que ce qu’il appelle « un cambriolage sans conséquences excessives » s’est traduit par le collage d’étiquettes (jusqu’à quatre sur certaines doubles pages !). […] Sur le registre de la légèreté, on peut se reporter à une émission du 23 septembre 2003 de France Culture et aux propos de Gérard Oberlé […] se disant, dans un grand éclat de rire, prêt à adopter le passe-muraille. »

Paul-Antoine Dantès : La bibliothèque du Mont Sainte-Odile, perdue et retrouvée : pour une autre lecture des lieux dans l’Annuaire 2006 de la société d’histoire de Mutzig et environs
Le butin du voleur de livres accumulé en 2 ans. 22 cartons en tout (document remis).

Un effet « Notre-Dame-de-Paris »

Malgré son agacement, Paul-Antoine Dantès reconnaît dans ce même article que cette affaire aura nourri son intérêt pour la bibliothèque du Mont Sainte-Odile. Et d’aller lui-même de son hypothèse dans le débat d’historiens. Dans l’article dont est tirée sa diatribe, il propose de voir la bibliothèque du Mont Sainte-Odile ainsi que la pièce inférieure, comme un lieu de travail dédié à la calligraphie et à l’enluminure. D’autres hypothèses suggèrent que la bibliothèque était à l’époque une sacristie ou une salle capitulaire.

Il n’est pas le seul à s’être pris de passion pour le Mont Saint-Odile. Après le battage médiatique autour de l’affaire, l’abbé Donius assure avoir accueilli un public qui semblait redécouvrir un patrimoine culturel oublié depuis longtemps :

« Toutes proportions gardées, c’est un peu le même phénomène qu’avec Notre-Dame-de-Paris après l’incendie. Les gens se sont brusquement rappelés du Mont Sainte-Odile. Je voyais des visiteurs qui étaient animés d’une curiosité qui pouvait être spirituelle… Mais pas seulement. Certains avaient l’air de chercher le fameux passage secret. »

Le principal protagoniste de l’affaire enseigne toujours à Strasbourg. Il n’a pas souhaité donner suite à nos sollicitations.

Les cinq fondamentaux pour éviter le vol de vélo

Les cinq fondamentaux pour éviter le vol de vélo

Fin juillet, la police a perquisitionné le domicile d’un voleur de vélo à Strasbourg. Sa cave était remplie d’une vingtaine de bicyclettes. L’occasion de rappeler les fondamentaux pour éviter le vol de vélo.

En 2019, 899 cyclistes strasbourgeois ont porté plainte pour le vol de leur vélo. La même année, quelques dizaines de voleurs ont été arrêtés, sans forcément pouvoir rendre le biclou à son propriétaire. Mercredi 31 juillet, la police annonçait fièrement avoir découvert une vingtaine de bicyclettes dans un appartement et une cave près de la place de Haguenau. Elle a ainsi publié un catalogue des petites reines subtilisées. Mais le plus simple pour retrouver son vélo, c’est de ne pas le perdre. Rue89 Strasbourg vous donne les cinq conseils de base pour garder votre bécane.

1. Marquer votre vélo avec un bicycode

« Sur la vingtaine de vélos retrouvés mardi 30 juillet, seul deux étaient marqués d’un bicycode. L’un des deux a déjà pu être restitué à son propriétaire », explique Joël Irion, chargé de communication de la police nationale. Ce numéro unique, marqué sur le cadre du deux-roues, est associé aux coordonnés de son propriétaire dans un registre national. Il facilite ainsi la restitution du vélo si le cycliste déclare le vol.

À Strasbourg, l’association de promotion du vélo CADR67 vend le marquage à 5 euros. « À ce prix-là, vous achetez aussi un outil de dissuasion. Les voleurs savent bien que la police peut facilement prouver le vol d’un vélo quand il est marqué d’un bicycode », ajoute Joël Irion.

2. Se munir d’un antivol solide

Les voleurs regardent moins le vélo que l’antivol. Avoir un deux-roues laid ne protège pas des vols. Un ancien voleur de vélo confiait à Rue89 Strasbourg, en 2014 :

« J’ai commencé à voler des vélos vers 15-16 ans. Le tout premier que j’ai pris n’était pas attaché. C’était tellement facile que j’ai fini par en voler aussi avec antivol. Je n’ai jamais utilisé d’outils, il suffit de choisir les vélos qui ont des cadenas de basse qualité, du genre scoubidou, d’exercer une pression à l’aide d’un objet droit en métal et l’antivol saute. »

Frédéric Héran, ex-Strasbourgeois maître de conférences en économie et auteur d’un rapport français sur le vol de vélo, recommande « un antivol en acier cémenté d’au moins 1 kg (…) il faut compter 50 euros au minimum. Le meilleur produit : l’Abus Granit X Plus 54 160 HBIl (vendu aux alentours de 100 euros, ndlr) »

3. Utiliser les arceaux pour vélos

Les arceaux permettent de cadenasser la roue et le cadre du vélo. Ils sont souvent situés dans des lieux éclairés et vidéosurveillés. « Cela nous permet d’extraire des images du vol, et surtout du voleur », affirme Joël Irion. Lorsque le deux-roues est attaché dans un lieu de passage, le vol en toute discrétion est aussi plus complexe. « Tout ce qui peut mettre un frein au vol est bon à prendre », résume le porte-parole de la police nationale.

Pour vous aider à éviter les vols de vélos, la police nationale se met même à la vidéo. (Document remis)

4. Attacher le vélo partout, tout le temps

Dans un garage ou dans la cour de votre immeuble, une simple serrure n’empêche pas le vol de votre vélo. « On a même vu des vélos volés alors qu’il était sur la terrasse d’un appartement », note Joël Irion. Une porte se force. Si votre vélo n’est pas attaché à un point fixe, il sera une cible facile. « La moitié des vols se passent dans des lieux privés ! », affirme l’expert strasbourgeois de la rapine de vélo, Frédéric Héran. De même, pour une petit course au tabac ou à la boulangerie, attachez votre bicyclette.

5. Les idées innovantes

Sans aller jusqu’au cadenas permettant d’attacher votre vélo sur un poteau en hauteur, des idées innovantes font leur chemin pour lutter contre le vol. Ainsi des cadenas équipés d’une alarme sont vendus. Ils peuvent effrayer le voleur ou alerter les passants autour du vélo. La Ville de Strasbourg réfléchit aussi à l’installation de trackers GPS pour remonter jusqu’aux voleurs.

Si malgré vos efforts, votre vélo a été volé. Rendez-vous sur l’article ci-dessous, consacré aux pistes disponibles pour retrouver sa bicyclette sur internet :

#Bicycode

Où faire ses courses en vrac à Strasbourg ?

Où faire ses courses en vrac à Strasbourg ?

Où faire ses courses sans emballage à Strasbourg ? En boutique spécialisée ou en supermarché ? Combien ça coûte et comment ça marche ? Tour d’horizon des lieux strasbourgeois pour faire ses courses alimentaires et d’hygiène sans emballage.

Les boutiques dédiées aux produits sans emballage ont fleuri ces dernières années à Strasbourg. Divers points de vente permettent de répondre aux préférences des strasbourgeois, selon qu’ils privilégient le bio, le local, le choix, le prix ou le plus pratique ! À vos bocaux et sacs en papier (et en coton), le récap’ commence.

Les boutiques dédiées

    La plus centrale : le Bocal, 21 rue de la Krutenau, à Strasbourg – Krutenau.

On y trouve quoi ?

60% des produits sont bio : des légumes secs (haricots, graines de soja, luzerne, lentilles, cacahuètes, pois…), des céréales, toutes sortes de farines, des fruits séchés, des biscuits, du chocolat, du café en grain (à moudre sur place) mais aussi des produits d’hygiène (déodorant et dentifrice solides…) et de nettoyage, des savons liquides, du shampoing solide…

Le petit plus : la diversité du rayon des huiles, tout comme le choix d’épices et de thés.

À quels prix ?

On est plutôt dans le haut de la fourchette : du riz thaï bio à 5,85€/kg, des pâtes à partir de 3,90€/kg, des lentilles vertes à 5,35€/kg, des gâteaux d’apéro autour de 10€/kg, du café à partir de 21,50€/kg, du thé bio à 6,50€ les 100g, de la farine à partir de 2,50€/kg (pour la farine de maïs) et jusqu’à 4,80€/kg.

Comment on fait ?

On apporte ses propres bocaux, on les pèse avant de les utiliser, on note la tare au marqueur sur le couvercle et on remplit ! Le décompte est fait en caisse. On peut acheter des bocaux sur place ou prendre gratuitement des sachets en papier.

    Le plus grand choix : Day by Day, 100 route du Polygone, Strasbourg – Neudorf

On y trouve quoi ?

Comme au Bocal, des céréales, des pâtes, des légumes secs, des graines, des farines, des fruits séchés, des biscuits, du chocolat, beaucoup de bonbons, mais aussi des produits d’hygiène, des savons, du shampoing, des huiles et vinaigres, des épices, du thé, du café à moudre sur place…

On y trouve un tiers de produits bios, et des produits qu’on trouve moins souvent ailleurs : des pâtes sans gluten, des olives, différents sels, herbes et épices (des clous de girofle par exemple), toutes sortes de noix, des amandes, des cacahuètes, de la pâte à tartiner, du ketchup, mais aussi des céréales pour le petit déjeuner, des flocons d’avoine, du granola, de la noix de coco râpée, de la poudre de noisettes… Côté nettoyage, un large choix de lessive et de liquide vaisselle.

Le petit plus : le côté “insolite” avec les croquettes pour chats et chiens, mais aussi des alcools (vodka, gin) et des sirops…

À quels prix ?

La plupart de ces produits ne sont pas bio : du riz thaï à 3,30€/kg, des pâtes à partir de 1,55€/kg, des lentilles vertes à 2,95€/kg, de la farine à partir de 2,25€/kg, des bonbons à 10€/kg, des “chocapic” à 4€/kg, du granola à 22€/kg, des fruits secs allant de 5,9€/kg (pour les raisins secs) à 19,50€/kg (pour les abricots secs), des amandes à 15,45€/kg, des pistaches crues décortiquées à 40€/kg, du café à partir de 8,50€/kg, de la pâte à tartiner à 31,50€/kg.

On fait comment ?

Faites peser et marquer vos contenants à la caisse en arrivant. Vous pouvez aussi prendre des contenants gratuits, des bocaux déposés par les clients, entreposés dans le magasin. Il y a également des sachets en papier gratuits à disposition.

    La plus « locavore » : BeeVrac Cronenbourg, 36 route de Mittelhausbergen à Strasbourg – Cronenbourg.

On y trouve quoi ?

Du riz, des pâtes, des légumes secs, des farines et sucres, du chocolat, du muesli et des céréales, des cookies vegan, du café, du thé, des herbes et épices, et, petite particularité, du cacao en poudre…

La politique de la maison est de ne faire que du bio et en grande majorité du local (en témoigne le vinaigre Melfor et les savons de l’Esperluète, une entreprise strasbourgeoise).

Le petit plus : la possibilité d’acheter du tofu et du fromage végétal en vrac. La boutique se distingue aussi par sa tireuse à bière (et à jus de fruits, sirop, et même sauce soja).

À quels prix ?

On trouve du riz basmati à 5,45€/kg, des lentillons roses (équivalents aux lentilles vertes) à 4,90€/kg, du tofu nature à 90 centimes/pièce, des fromages végétaux entre 7 et 9€/kg, du café à partir de 19,90€/kg.

Comment on fait ?

Il faut venir avec ses bocaux et contenants (les bouteilles pour les bières par exemple !), les peser et coller le code barre indiquant le poids. La tare est faite à la caisse une fois les bocaux remplis !

Les magasins bio

    Les magasins Biocoop, Quai des Halles, 6 rue de Sébastopol à Strasbourg – Halles et 6 rue de la Première-Armée à Strasbourg – Hôpital.

On y trouve quoi ?

Ces magasins ne sont pas exclusivement dédiés au vrac mais on y trouve les légumes à prendre en sachet papier et un rayon de vrac pour les céréales, le muesli, les légumineuses, et également du café en grain pouvant être moulu sur place.

À quels prix ?

La boutique de la rue de la Première-Armée dispose d’un plus grand rayon qu’aux halles, on y trouve (tout est bio) : du riz thaï à 5€/kg, des pâtes à partir de 2€/kg, des lentilles vertes à 4,95€/kg, du café à partir de 19,50€/kg, mais aussi de la lessive à 3€ le litre.

Comment on fait ?

On peut ramener son bocal ou prendre des sachet en papier à disposition, ou acheter des bocaux sur place entre 6 et 13€ selon la taille, ou ramener ou acheter des sacs en coton.

    Les magasins Naturalia, 37 boulevard de la Victoire à Strasbourg – Observatoire, 3 rue d’Austerlitz à Strasbourg – Krutenau, 8 rue du Vieux-Marché-Aux-Grains à Strasbourg – centre, 22 rue Finkmatt à Strasbourg Tribunal.

On y trouve quoi ?

Tout est bio. La boutique de la rue Finkmatt présente un petit rayon avec quelques légumineuses et céréales, des fruits secs… Au boulevard de la Victoire, on découvre un peu plus de choix, des graines de courge, de lin, du sarrasin, des pignons, des pois chiches, des cacahuètes, des épices…

À quels prix ?

Les prix s’élèvent à 5,75€/kg le riz basmati bio, 4,90€/kg les lentilles vertes, 3,99€/kg les coquillettes complètes, 2,25€ les 100g de bonbons. À la boutique du boulevard de la Victoire, on y trouve aussi des “lentilles beluga” à 6,30€/kg, des cookies vegan à 2,99€ les 100g, des “cubes de coco” à 14€/kg.

On fait comment ?

Le client ne peut apporter ses propres bocaux dans les Naturalia. Il faut se servir dans des sachets en papier et le tout est pesé en caisse.

    Côté Nature, 8 place de l’Abattoir à Strasbourg – Cronenbourg

On y trouve quoi ?

Dans ce grand magasin bio en face d’Ikea se trouve un grand rayon vrac de (plus de 200) produits bio du quotidien : pâtes, riz, légumes secs, apéritifs, fruits secs, des biscuits, des friandises au chocolat, un large choix de noix, amandes, etc. Il y a aussi du thé et du café, et du vrac liquide avec la lessive et le liquide vaisselle.

Le petit plus : les fontaines à huile, sauce soja, cidre, vin rouge et rosé, où on se sert avec des bouteilles vides réutilisables mises à disposition (2€ la bouteille).

Quelques produits détonnent, comme les pâtes à base de différentes farines : blé et orties, blé et curcuma, ou farine de riz et… chanvre. Sans parler des pâtes à la farine de lentilles corail ou de pois cassés. Le riz fait l’objet d’un large choix également entre le riz blanc, le riz complet, le riz à risotto, etc. Il est possible d’acheter la plupart des produits vrac en gros volume, déjà emballés en grands sachets en carton ou… en plastique.

À quel prix ?

Le riz basmati est à 4,85€/kg, les pâtes “classiques” à partir d’1,90€/kg, les lentilles vertes à 4,80€/kg, le café en grains à partir de 14,80€/kg (on peut le moudre), le thé à partir de 4,98€ les 100g, de la farine (de toute sorte) à partir d’1,42€/kg, des fruits secs autour de 15,95€/kg (pour les abricots), et des cubes de coco à 15,95€/kg également.

On fait comment ?

On utilise les sacs en papier mis à disposition, on pèse le tout sur des balances et on passe à la caisse comme avec ses fruits et légumes au supermarché.

Les supermarchés s’y mettent

Quelques supermarchés proposent un rayon vrac plus ou moins grand. On ne peut y amener ses contenants mais des sachets en papier (ou en plastique, comme à Auchan Illkirch…) sont disponibles.

    Auchan Esplanade, 8 rue de Leicester, Strasbourg – Esplanade

On y trouve une sélection de base, comme des pâtes, du riz (le riz thaï bio est à 6,49€/kg), des lentilles (les lentilles vertes sont à 4,60€/kg). Le riz thaï bio emballé en rayon est à 2,70€/kg et les lentilles vertes à moitié prix en rayon également.

    Auchan Illkirch, 6 avenue de Strasbourg, Illkirch-Graffenstaden

Le grand Auchan Illkirch propose tout un rayon en vrac, dont un tiers en bio. On y trouve la même sélection de base des boutiques spécialisées, dans un choix plus limité, mais avec des fruits secs, des biscuits, des gâteaux apéritif, des pistaches entières, de la poudre d’amande, du pralin, des bonbons, du quinoa, du blé, des oignons frits, des graines de lin, des baies, des épices…

Il y a un assez large choix de thés à partir de 30€/kg. Le riz thaï bio est à 4,80€/kg (en rayon, il est à 3,98€/kg).

Le petit plus : Auchan présente les prix les moins chers pour ce qui est des produits de base non-bio : des pâtes à partir de 0,62€/kg, du riz long à 0,70€/kg, des lentilles vertes à 2,50€/kg, du café en grain à partir de 5,40€/kg.

    Carrefour City Esplanade, 7 rond-point de l’Esplanade, Strasbourg – Esplanade

Le tout petit rayon vrac est entièrement bio et permet surtout d’acheter des gâteaux apéritif, des noisettes, des cacahuètes, des fruits secs, des graines de tournesol…. Le riz basmati bio est à 5,20€/kg et les lentilles brunes à 5,70€/kg.

    Super U Lingolsheim, rue des Sports, Lingolsheim

On y retrouve les mêmes produits de base, une soixantaine de produits en majorité bio, du riz, des pâtes, des fruits secs, des lentilles, des céréales pour le petit-déjeuner… Mais aussi du café non-bio.

Le réseau vrac en commun, pour payer moins cher

    Association Par’Enchantement, 57 rue de la Charmille à Strasbourg Montagne-Verte Centre socio-culturel (CSC) de Koenigshoffen, 41 rue Virgile CSC Neudorf – antenne Musau, 34 rue de Wattwiller CSC du Neuhof, CSC Klebsau, 8 rue Georges Epstein CSC Phare de l’Ill, 29 rue du Général Libermann à Illkirch-Graffenstaden La Ruche 35, 35 rue Vauban à Strasbourg – Citadelle.

Les produits en vrac sont rarement moins chers… Contre cette dérive, des centres socio-culturels ont adapté à Strasbourg le concept lyonnais Vers un Réseau d’Achats en Commun : les habitants se réunissent chaque premier mercredi du mois pour passer leur commande d’épicerie : de la farine (à 0,96€/kg), de l’huile d’olive (à moins de 6€ le litre), des lentilles (à 2,75€ le kg), des pois chiches (à 2,60€ le kg), du miel (10€/kg), des dattes séchées (4,60€/kg), des amandes (18,60€/kg), des pâtes aux oeufs frais (1,66€/kg), du café moulu (à 9€ le kg) (Plus d’informations sur les produits et prix sur le site de l’ARES).

Ensuite, les commandes sont regroupées et le réseau prend contact directement auprès de fournisseurs. Deux semaines après, chaque 3e mardi du mois, les habitants récupèrent leur commande lors d’un jour défini.

La plupart des produits sont locaux : la farine vient d’un moulin du Nord de l’Alsace à Hoffen (en conversion bio), les oignons de l’Ilot de la Meinau, le miel d’Illkirch, les lentillons de Moselle, les jus de fruits de Sessenheim..

Les boutiques dédiées peuvent proposer un large choix de produits originaux, comme Day by Day et ses sels et épices Photo : DL/Rue 89 Strasbourg/cc

Et pour certains produits spécifiques…

Certaines boutiques encouragent les clients à venir avec leur propre contenant. Vous pouvez trouver du thé en vrac à Lyra Thé, 18 rue de la division Leclerc, ou à la Case Métisse, 46 rue de la Krutenau. Vous pouvez acheter des antipasti avec vos propres bocaux chez Serafina au 83 rue Boecklin. Pour les épices, direction Citron Safran, au 22 Grand’Rue à Strasbourg. Enfin, la boutique Aliomis vient d’ouvrir au 7 rue des Bouchers. Le concept est une épicerie fine de produits grecs, dont une partie sont présentés en vrac, comme l’huile d’olive bio, des noix, des amandes, des pistaches (68€/kg pour les pistaches décortiquées non salées), des herbes (comme le basilic sec bio à 57,80€/kg) ou encore du thé (62,10€/kg pour le thé des montagnes bio).

La vie s’organise au nouveau squat Gruber, déjà complet

La vie s’organise au nouveau squat Gruber, déjà complet

Depuis l’ouverture du squat Gruber, bénévoles et habitants du quartier de Koenigshoffen se mobilisent et viennent en aide aux résidents. Lundi 29 juillet, les dons affluaient encore.

« Vous n’imaginez pas à quel point ça fait du bien de voir le sourire de ces enfants le matin. » Camille (le prénom a été modifié), membre de l’association La Roue Tourne, est satisfaite de voir le squat Gruber s’organiser au fil des jours. Lundi matin, une salle de jeux pour les enfants a été aménagée au premier étage du bâtiment. Peluches, jeux d’éveils, petite cuisinière… Des jouets ont été installés dans une petite pièce par Imène, une bénévole. Il est à peine 10 heures et deux garçons sont déjà en train de s’amuser autour d’un circuit de voitures électriques. Une dizaine d’enfants sont logés au squat Gruber. Ils ont entre 1 et 12 ans.

Les enfants ont déjà investi la salle de jeux Photo : Document remis

« Un élan de mobilisation »

Depuis plusieurs jours, des habitants du quartier de Koenigshoffen viennent eux aussi en aide aux résidents du squat et apportent de la nourriture : du pain, de l’eau, des céréales… Mais aussi des meubles : des matelas, des chaises et même des canapés. Ces derniers ont été installés dans le hall du bâtiment. Celui-ci a été transformé en un lieu d’accueil et de rencontre pour les résidents, les bénévoles et les habitants du quartier. Au centre de ce salon commun, une table et des machines a café ont été installées. Ce lundi matin, plusieurs résidents du squat arpentent la salle, une tasse à la main.

Café, thé et lait sont à disposition des résidents dans le salon commun Photo : EB / Rue89 Strasbourg

Plusieurs kilos de vêtements ont été donnés

Des dizaines de sacs remplis de vêtements ont également été donnés. Lundi matin, les bénévoles et les résidents ont dû tout trier : les chaussures d’un côté, les vêtements pour enfants de l’autre… À quatre bénévoles, ils s’affairent sur le grand palier situé entre le rez-de-chaussé et le premier étage du bâtiment. Certains vêtements trop abîmés ne peuvent malheureusement pas être gardés et sont mis de côté.

Les vêtements donnés ont été triés Photo : EB / Rue89 Strasbourg

Stéphanie habite le quartier de Koenigshoffen depuis sept ans. Elle a entendu parler du squat deux jours après son ouverture. Elle a apporté des jouets pour enfants. Désormais, elle prévoit de récupérer du mobilier à donner :

« Avec une coloc’ de bureau, on a pris connaissance des lieux et on a voulu s’investir, parce que quand même, c’est juste à coté de chez nous… Moi, ça me paraissait logique de dégager du temps tant que je pouvais apporter mon soutien, que ce soit psychologique ou même actif, en triant du linge, en aidant à rendre les lieux propres… Il faut que ça continue. »

120 personnes ont trouvé un toit

Une semaine après son « ouverture », « l’Hôtel de la Rue » affiche complet : 120 personnes y ont élu domicile. Nas (le prénom a été changé) est présent depuis les débuts du squat. Il explique :

« L’objectif du lieu, c’est qu’il soit autogéré par ses habitants : c’est plus simple et le milieu militant n’est pas assez important à Strasbourg. Ici, les bénévoles n’ont pas vraiment de rôle. On assume tous un peu tout. Moi, j’ai pas mal travaillé sur l’eau, l’électricité, l’alerte incendie et les admissions. »

Les bénévoles ont mis en place quelques règles à respecter au sein du squat. Les drogues et l’alcool sont interdits dans l’enceinte du bâtiment. Le vol, la violence et le harcèlement (physique ou moral) ne sont également pas tolérés. Dans les étages, ce sont des « résidents référents » qui veillent à ce que ce règlement intérieur soit respecté.

Imène rappelle :

« Le but du squat, c’est d’aider au maximum les résidents, de trouver pour chacun d’entre eux une solution pérenne, pas qu’ils restent ici pour toujours. »

Nato, journaliste géorgienne au squat Gruber : « Je suis remplie de bonheur »

Nato, journaliste géorgienne au squat Gruber : « Je suis remplie de bonheur »

Nato est une jeune journaliste de 23 ans, originaire de Géorgie. La jeune femme réside dans le squat de l’ancienne brasserie Gruber, où elle se sent enfin en sécurité.

Une jeune femme est assise au fond de la salle commune de l’ancienne Brasserie Gruber, accoudée à une table en bois noirci. Élégante, elle dénote de l’idée commune du squat. Ses cheveux ondulés, coupés en carré long, sont retenus en chignon. Son chemisier blanc moucheté tombe légèrement sur son épaule. Ici, elle se fait appeler Nato. Quelques jours après l’ouverture du squat Gruber, presque tous les bénévoles la connaissent déjà. « C’est une journaliste de Géorgie », « Elle est impressionnante, elle parle huit langues », peut-on entendre.

Entre les salutations matinales, Nato se charge des traductions. Lorsqu’il faut un interprète russophone, c’est elle qu’on vient trouver. En plus du russe et de sa langue natale, le géorgien, la journaliste parle également l’anglais, le turc, le tchétchène, l’allemand, le danois et l’arabe. Mais pas le français. « Pas encore », précise-t-elle. « Je commence à apprendre. C’est une langue très difficile, un peu comme l’arabe. »

Nato, journaliste géorgienne de 23 ans Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc

Nato a 23 ans. Elle décide de quitter la Géorgie il y a deux ans, laissant derrière elle sa mère. Elle travaille un temps au Danemark comme interprète en prison, l’occasion pour la linguiste d’apprendre le danois, l’arabe et le tchétchène. Mais la journaliste ne se sent pas en sécurité. Des membres de la communauté géorgienne aurait agressé son compagnon, d’origine arabe. Elle décide de rejoindre Strasbourg mais l’inquiétude est tenace :

« La Géorgie est un petit pays. Si tu fais quelque chose de bien mais que le gouvernement n’apprécie pas, tu deviens tellement célèbre. Même ici, quand je sors, certains Géorgiens reconnaissent mon visage à cause de mes reportages TV. On m’a même déjà prise en photo. »

« J’avais peur de l’hiver »

La journaliste est arrivée en France il y a trois mois. Avant, elle dormait dans le camp des Canonniers, dans le quartier du Neuhof. C’est grâce à son cousin qu’elle entend parler du squat :

« Je suis arrivée le 29 avril 2019, et je dormais chez mon cousin de 21 ans les deux premières semaines. Je ne voulais pas abuser de sa gentillesse, exagérer, alors j’ai décidé de continuer toute seule. Avec un peu d’argent, on a acheté une tente et je me suis installée dans le camp. J’avais peur de ce qui se passerait quand l’hiver arriverait. Je suis remplie de bonheur qu’on ait trouvé cet endroit. » 

Journaliste et corruption en Géorgie

La jeune femme préfère ne pas évoquer les raisons exactes de son départ de Géorgie, il y a maintenant deux ans. « Personnel et pas très intéressant », selon elle. Nato a étudié le journalisme en Géorgie. Elle a ensuite travaillé pour une chaîne radio puis une grande chaîne télévisée d’opposition, où elle réalisait des reportages politiques évoquant les problèmes de corruption du pays. La journaliste en garde un souvenir âpre. En parler suffit à lui donner la chair de poule. Elle frémit.

« Il y a des régions en Géorgie où les journalistes ne sont pas les bienvenus, alors que je suis citoyenne géorgienne, c’est mon pays. Quand ils vous voient avec des gilets pare-balles, ils vous tirent automatiquement dessus. Ça m’est arrivé trois fois. La dernière fois, mon caméraman s’est fait tirer dans le bras. Après ça, j’ai décidé de faire une pause, je suis restée chez moi pendant un mois en 2017. Mais c’est dans mes gênes, je suis journaliste, je ne peux pas m’arrêter. »

La Géorgie occupe la 60ème place sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse de 2019, établi par Reporters Sans Frontières. Selon l’organisme, “les violences contre les journalistes sont moins courantes, même si les menaces restent fréquentes dans le pays”.

Des appels, des menaces

« Ce n’est pas facile de vivre en tant que journaliste dans mon pays, surtout quand on veut dire ce que fait réellement le gouvernement. Si tu en parles, ils t’appellent directement sur ton téléphone et te menacent. Moi, ils m’ont déjà appelée… »

Sa mère, une avocate de 40 ans, réside encore à Tbilissi, la capitale géorgienne. Mais travailler est devenu impossible, le nom de sa fille faisant écho dans tout le pays. Mère et fille sont proches. Elles communiquent régulièrement :

« Ma mère n’a que 40 ans. Je l’ai appelé pour lui annoncer que j’ai trouvé un endroit où vivre. Elle m’a d’abord demandé de ne pas donner mon identité. Quand je lui ai dit que je m’y sentais comme chez moi, elle s’est mise à pleurer et m’a répondu « c’est la première fois que je t’entends dire ça depuis deux ans ». Elle est rassurée. »

« Il n’y a plus qu’à attendre »

Nato s’est jurée de revenir en Géorgie, retrouver sa mère et reprendre son métier de journaliste. « Mon rêve, ce serait de continuer à faire mon travail. Mon arme, c’est mon micro », scande-t-elle. En attendant, la journaliste est devenue membre de Reporters Sans Frontières, et se renseigne sur ses droits. Elle souhaiterait travailler pour Deutsche Welle, une radio internationale allemande. Nato a enclenché la procédure de demande d’asile. Son dossier est en cours d’examen. « Il n’y a plus qu’à attendre. »

Où faire du sport l’été à Strasbourg ?

Où faire du sport l’été à Strasbourg ?

Vous voulez vous défouler avant ou après le boulot ? Vous voulez parfaire votre silhouette avant de partir en vacances ? Mettez vos baskets, on vous dévoile plein de bons plans juste en bas de chez vous !

Que ce soit pour aller courir ou faire quelques tours de pédales, il est toujours plus agréable d’éviter la circulation automobile. Quitte à cracher ses poumons, autant le faire loin des pots d’échappement et dans un environnement plutôt sympa. Pour ça, les parcs, les forêts et le bord des canaux seront vos meilleurs amis.

Les parcs : la valeur sûre pour aller courir

Si vous commencez la course à pied, les parcs strasbourgeois devraient largement vous suffire. Celui de l’Orangerie est le plus grand. Le tour fait environ 2,25 kilomètres. Le jardin des Deux-Rives offre aussi de belles possibilités en sillonnant ses allées de part et d’autre du Rhin. Quant aux parcs de la Citadelle, des Contades et Schulmeister, ils sont plus petits mais parfaitement adaptés pour vos premières sorties.

Tout l’été, les mercredis, samedis et dimanches, l’Eurométropole investit ses parcs pour proposer des activités sportives gratuites et sans inscription. Il y en a pour tous les goûts, tous les niveaux et tous les âges. Retrouvez le programme complet ici.

Au bord des canaux en courant ou à vélo

Quand vous aurez l’impression de tourner en rond dans les parcs, le bord des cours d’eau sera l’alternative parfaite, aussi bien en courant qu’à vélo.

Le canal de la Marne au Rhin longe l’Orangerie puis le Parlement européen avant de continuer vers Schiltigheim Photo : Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc

Le canal de la Marne au Rhin démarre de la nouvelle église orthodoxe, à côté de l’Orangerie, et vous permet d’aller aussi loin que vous voulez (enfin jusqu’à Vitry-le-François, 300 km plus à l’ouest). Idem pour le canal Rhin-Rhône qui part de la grande mosquée et qui file vers le sud. Dans une moindre mesure, le canal de la Bruche vous permet d’aller jusqu’à Molsheim.

En centre-ville, les berges les plus agréables sont sans doute celles qui longent les bassins des Remparts, de la Citadelle et d’Austerlitz, ainsi que le parc du Heyritz. Vous aurez très peu de carrefours à traverser.

Une berge relie l’église orthodoxe à la grande mosquée en passant par la Presqu’île Malraux puis la Place de l’étoile Photo : Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc

L’échappée belle entre Rhin et forêts

Évidement, il ne faut pas oublier que Strasbourg dispose de deux belles forêts verdoyantes : celles du Neuhof et de la Robertsau qui comptent des dizaines de kilomètres de sentiers.

La forêt de la Robertsau a l’avantage de longer le Rhin ce qui permet d’alterner les parcours entre chemins dans les bois et digue au bord du fleuve.

Si vous voulez remonter le Rhin, donc aller vers le sud, il n’y a rien de mieux que de suivre la berge du côté allemand. Elle part de Kehl et est beaucoup plus sauvage que la rive française occupée par le Port du Rhin.

Il est possible de relier Strasbourg et Gambsheim en suivant cette digue qui longe le Rhin et la forêt de la Robertsau Photo : Mathias Pujol Rost / Flickr

Le street workout : la muscu en plein air

Vous en avez sûrement vus près de chez vous : les agrès de fitness et de musculation ont envahi les rues de l’Eurométropole ces dernières années. Dans le jargon, on parle de « street workout ». Il existe plus d’une trentaine de spots dans l’agglomération. Ils sont parfois élaborés, avec plusieurs instruments, parfois très simples, avec juste des barres de traction.

Le parc de la Citadelle dispose d’un très beau spot de street workout qui attire les sportifs de tous âges Photo : Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc

Le street workout, c’est une alternative aux salles de sport chères et étouffantes. D’ailleurs beaucoup de spots sont situés à côté de parcours de footing agréables.

Se dépenser sans transpirer

La combine pour faire du sport en été sans transpirer, c’est évidement la natation ! Bien sûr, ça n’empêche pas quelques courbatures si vous êtes néophyte.

Justement, si vous n’êtes pas très expérimenté, un bassin de 25 mètres devrait faire l’affaire. Vous en trouverez un en plein air à Hautepierre et d’autres en intérieur avec toits ouvrants à la Robertsau, Lingolsheim, Illkirch et Ostwald.

Si vous commencez à avoir le tournis dans les petits bassins, une piscine extérieure de 50 mètres vous attend au Wacken. Cerise sur le gâteau : vous nagerez avec une vue imprenable sur le Parlement européen, à condition de réussir à ne pas avoir d’eau dans vos lunettes. Le seul autre bassin de 50 mètres en extérieur est à Kehl. En intérieur, il y en a deux autres à la Kibitzenau et à Schiltigheim.

Depuis 2012, la piscine du Wacken est ouverte tout l’année. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Le site internet de l’Eurométropole permet de voir en temps réel la fréquentation des piscines. Si vous êtes vraiment agoraphobe et bon nageur, vous pouvez tenter votre chance dans les gravières. Que ce soit au Baggersee, au lac Achard, à la Ballastière ou au plan d’eau de Reichstett, vous ne manquerez pas de place à condition que les maîtres-nageurs ne soient pas trop tatillons sur la baignade en zone non-surveillée. Si vous êtes conscient des risques, vous pouvez vous aventurer en Allemagne à Kork à six kilomètres de la frontière. L’eau y est claire et il n’y a pas de maître-nageur.

Côté sports collectifs

Pour aller jouer au foot, au tennis, ou encore au badminton, il existe bon nombre de salles payantes sur Strasbourg. Elles sont souvent chères et nécessitent de réserver un terrain à l’avance. Voilà donc où vous pouvez aller spontanément et gratuitement, en famille, entre amis ou avec des collègues après le boulot.

Le foot est roi et ça se voit ! L’Eurométropole abrite des dizaines de city-stades. Ce sont des petits terrains en béton, en tartan ou en synthétique. Pas besoin de jouer à onze contre onze, les confrontations à trois contre trois sont tout à fait possibles. En revanche, l’immense majorité des stades en herbe sont réservés aux clubs. Nous n’en avons trouvés que deux accessibles à tous : à la Robertsau, rue de la Carpe-Haute, et au Wacken, sur l’Ile aux sports.

Le parc de la Citadelle compte un city-stade et des deux terrains de basket Photo : Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc

Si vous êtes plutôt Tony Parker (ou Florent Pietrus, on est à Strasbourg tout de même !) que Dimitri Lienard, il existe aussi quelques terrains de basket en libre accès. Le plus prisé est celui du parc de la Citadelle. Mais il vous suffira de traverser le pont du Danube, à côté du Vaisseau, pour trouver un « playground » plus confidentiel derrière le gymnase de la Musau. En cas de mauvais temps, rendez-vous au 2 rue de la Fonderie, pas loin de l’arrêt de tram Broglie. Vous y trouverez un terrain abrité par un préau.

Le parc de la Citadelle c’est La Mecque du basket à Strasbourg Photo : Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc

Parce que Strasbourg a quelque chose de Copacabana (mais si !), il y a aussi l’option beach volley. Vous trouverez des terrains au bord des quatre lieux de baignade de l’agglomération : la Ballastière, le Baggersee, le lac Achard et le plan d’eau de Reichstett.

Il faut vraiment chercher pour trouver des courts de tennis en libre accès. A vrai dire, il n’y en a que deux à notre connaissance : au parc de la Bergerie de Cronenbourg et à côté du château de Pourtalès à la Robertsau.

Dernier petit conseil : faire du sport le matin ça réveille, ça permet d’avoir moins chaud, de respirer un air plus pur et de croiser moins de monde. Bon entrainement !

Mais pourquoi… l’ENA a déménagé à Strasbourg ?

Mais pourquoi… l’ENA a déménagé à Strasbourg ?

Dans cet épisode, « Mais pourquoi » s’intéresse à l’emblématique École nationale d’administration. Symbole de l’excellence à la française pour certains et synonyme d’élitisme et de fabrique à personnalités politiques hors-sol pour d’autres : l’ENA déchaîne les passions. Mais pourquoi se trouve-t-elle à Strasbourg ?

En 1991, Edith Cresson, Premier ministre de François Mitterand, annonce que la prestigieuse Ecole Nationale d’Administration sera désormais strasbourgeoise. Déjà critiquée à l’époque, accusée de former des hauts fonctionnaires coupés des réalités du pays, le gouvernement veut mettre fin à l’entre-soi parisien. L’ENA doit quitter Paris. Mais pourquoi Strasbourg ?

Réponse dans cet épisode, avec l’aide de Céline Canuet-Mehl, cheffe du service de la documentation de l’ENA.

Céline Canuet-Mehl, Cheffe du service de la documentation de l’ENA Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc

Entre l’annonce de la délocalisation de l’ENA et son déménagement effectif dans l’Eurométropole Strasbourgeoise, de nombreuses années passent. Les réactions sont vives, et même les élèves de l’Ecole manifestent.

Cette vidéo de l’INA montre des étudiants s’apprêtant à passer la nuit dans les locaux parisiens de l’école. On reconnait parmi eux Valérie Pécresse, alors étudiante de la promotion Condorcet.

Le déménagement de l’ENA (vidéo INA 1991)

Comme chaque semaine, n’hésitez pas à poser vos questions sur Strasbourg ou sa région. Vos suggestions pourront faire l’objet d’un nouvel épisode de « Mais pourquoi » !

#délocalisation

« En teuf, j’ai trouvé une deuxième famille »

« En teuf, j’ai trouvé une deuxième famille »

Samedi 20 juillet, plus d’un millier de teufeurs se sont rassemblés dans une clairière perdue du département du Doubs. Ils venaient de toute la France, parfois d’Allemagne ou de Belgique. Leur objectif commun : danser, mais aussi créer, échanger, jouer de la musique, ou simplement retrouver des potes, qui deviennent en teuf une deuxième famille.

Samedi 20 juillet, minuit approche. Une Peugeot Partner rouge file le long de l’A36, direction Besançon. Des éclairs réguliers et des nuages sombres semblent annoncer une averse au loin. Pas de quoi inquiéter les quatre teufeurs alsaciens présents à bord. « Les matins boueux, c’est beaucoup mieux », lance Gaëtan (le prénom a été modifié), assis sur la banquette arrière. Ses trois amis acquiescent. Ces adeptes de free parties sont pressés de rejoindre une clairière, à quelques kilomètres de Baume-les-Dames, dans le département du Doubs (25).

La « Caravane Tribe 5 » a attiré plus d’un millier de personnes dans une clairière à proximité de Baume-les-Dames, dans le Doubs (25) Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Le lieu : l’info en or

La plupart des passagers connaissent le lieu. Les soirées « Caravane Tribe » se déroulent souvent dans cette clairière. L’année dernière, Gaëtan avait enregistré la localisation des festivités sur Google Maps. Heureusement… car à 22 heures, les organisateurs n’avaient toujours pas donné l’info tant attendue sur une boite vocale à accès payant. Mais l’info circule toujours entre teufeurs. Gaëtan fait partie de plusieurs boucles de messages sms : « Tous les week-ends, j’ai au moins une proposition de teuf, parfois plusieurs ! », affirme-t-il.

File d’attente… et de vente

Arrivés vers une heure du matin, les fêtards doivent patienter près d’une heure avant de pouvoir garer le véhicule. Le long du sentier en forêt, des dizaines de voitures font la queue. Sur le côté, un véhicule reste immobile tandis que son conducteur demande autour de lui « T’as pas un cric ? Je viens de perdre ma roue… » Sa situation s’arrangera plus tard grâce à l’aide d’un teufeur équipé.

Plusieurs dealers profitent de cette longue file d’attente pour proposer leurs produits. Tout en avançant vers la clairière, les vendeurs accostent les passagers : « Cocaïne ? Ecsta ? Kéta ? Speed ? » Ils s’arrêtent régulièrement, font goûter le matos parfois, empochent l’argent, toujours. Certains consommateurs se fournissent de la même manière, en demandant, tout simplement. Quelques rigolards ont amené un gyrophare équipé d’une sirène. Les nouveaux teufeurs se retournent brusquement en entendant le son strident. Ils ne savent pas que la police et les gendarmes n’arriveront que plus tard.

Deux frères et leur soundsystem dub

Sous une pluie soutenue, des dizaines de teufeurs terminent le chemin à pieds. Peu à peu, un son dub se fait entendre à travers les arbres. À droite de la clairière, un premier soundsystem diffuse un rythme chaloupé. Une cinquantaine de personnes dansent devant les enceintes. Certains mettent la tête dans le caisson, comme désireux de péter leurs oreilles avec un maximum de décibels.

Au plus près du son.

Julien (le prénom a été modifié) mixe derrière son public. Ici, les fêtards viennent pour le son. Pas d’idolâtrie du DJ, souvent surélevé par rapport au public dans les boites de nuit. Avec son frère, le jeune Strasbourgeois forme le duo Brother Sound. Ces passionnés de dub, chineurs insatiables de vinyles, constructeurs de caissons, ne vivent que pour cette passion. « Quand je rentre du travail, je me mets direct à la production de son », explique-t-il avant de retourner un 33 tours sur un lecteur-vinyle des plus désuets.

Au petit matin, le soundsystem strasbourgeois de Brother Sound continue de tourner.

Son, bijoux… L’expression d’une passion

Pendant toute la nuit, le duo strasbourgeois lève le diamant du vinyle, souffle dessus avant de lancer le prochain son. Amateurs de teuf, ils sont venus « pour amener de la diversité musicale (l’électro et ses déclinaisons psy, trans, tribe, hardcore domine les teufs, ndlr) et pour faire passer un message de paix, d’unité et d’amour ». Interrogé sur le temps passé à construire leur ensemble d’enceintes et leur set musical, Julien ne sait que répondre. Il ne compte pas son temps. « Ce soundsystem par exemple, ça fait quatre ans qu’on bosse dessus, raconte-t-il, mais mon frère a travaillé sur son premier caisson à huit ans. »

De l’autre côté de la clairière, Gaëlle tient un stand de bijoux faits de courroies, de tuyaux d’arrosage, de cuir et de joints de plomberie. Pour cette ancienne étudiante en arts plastiques, tout a commencé avec les free parties il y a cinq ans :

« Je ne connais pas la famille du côté de mon père. Avec les teufs, j’ai comblé un vide. C’est comme une deuxième famille que j’ai trouvée ici. En licence, je travaillais beaucoup sur mes origines camerounaises. En teuf, j’ai eu une sorte de révélation. Le son m’a débloquée au niveau artistique. J’ai aussi rencontré plein de gens inspirants. J’ai appris les valeurs de l’apprentissage et du partage. »

Teuf et personnalités plurielles

Chaque torque a un lien avec l’ethnie Bamoun, une population établie à l’Ouest du Cameroun. Gaëlle prend un collier pour exemple. Fabriqué à partir d’un tuyau d’arrosage et de fins morceaux métalliques, il porte le nom « Ayaba » signifiant « Dents » en langue Shü-mom. « Dans cette culture, les dents montrent les états d’âmes, explique l’artiste, avec mes bijoux, je veux raconter l’histoire de mon ethnie. » Un autre collier doté de deux têtes de serpents rappelle un mythe fondateur de la tribu mais il symbolise aussi la double-personnalité de l’être-humain.

À quelques pas, Tom danse les yeux fermés, sans trop s’agiter. Le Haut-Rhinois est venu pour fêter son 24ème anniversaire. Etudiant à Strasbourg, il apprécie la liberté offerte par la teuf. En souriant, il souligne un contraste qu’il apprécie : « Il y a quelques semaines, je portais une chemise dans un cabinet d’avocats au Luxembourg. Maintenant, je danse au milieu d’une clairière. »

Les organisateurs avaient prévu un important jeu de lumières, mais la pluie a eu raison du spectacle lumineux…

Une tonnelle pour les fêtards dans le mal

Depuis 4 heures environ, le soundsystem principal a redémarré après quelques complications dues à l’averse. Plusieurs centaines de personnes dansent devant le mur d’enceintes. Lorsqu’un teufeur se sent mal, ses compagnons l’amènent sous une tonnelle à quelques pas. Ici, plusieurs personnes viennent en aide aux fêtards dans le mal. Elles viennent de plusieurs associations, comme Argile de Mulhouse, ou Ensemble limitons les risques, de Besançon. Jean est membre de l’association strasbourgeoise Ithaque.

« Au lieu de sévir, on devrait discuter »

Après s’être assuré de la respiration normale d’un jeune endormi, Jean décrit l’action associative autour des teufs : maintenir un lien de confiance avec les organisateurs, proposer un stand avec kits de réduction des risques, être présent pour alerter les urgences face à des excès de drogues, informer les jeunes sur la consommation de stupéfiants… Il regrette l’absence des autorités bas-rhinoises sur ce sujet :

« Il y a des médiateurs qui sont nommés par l’Etat qui sont généralement des conseillers d’éducation populaires et jeunesse. Ils doivent faire le lien entre soundsystems, associations, la préfecture, les services de secours, les propriétaires, les maires… Il devrait y avoir ce genre de dispositif. Mais nous, on n’a pas eu de contact avec le délégué du Bas-Rhin, je sais même pas s’il existe. Pourtant, il y a du boulot niveau addictologie et dans l’accompagnement de ces soirées. Au lieu de sévir, on devrait se mettre autour d’une table et discuter pour favoriser un accès pour les secours et minimiser la gêne pour les habitants… Il y a du travail autour du regard de la société sur cette scène aussi… C’est une culture alternative qui porte de supers valeurs de coopération, de liberté, de réduction des risques… »

« À la fin de la teuf, tout est propre »

Sarah et Laura connaissent bien ces stéréotypes. Ces deux jeunes mulhousiennes ont pu entendre parler de « teufeurs chômeurs » par exemple. Leur groupe de potes suffit à prouver le contraire : « Ici, on a des gens qui sont ingénieurs, d’autres qui sont dans le médical, moi je travaille avec des enfants », explique Sarah. Laura tient aussi à mettre en avant le respect des lieux par les teufeurs :

« Regardez mes poches (pleines de mégots, ndlr), nous on ne jette pas nos clopes. À la fin de la teuf, tout le monde se met en ligne derrière un camion pour ramasser des déchets jusqu’à ce qu’il y ait plus rien. Du coup, tout est propre. C’est pour ça que souvent les propriétaires acceptent de nous louer leur terrain. Alors qu’un festival, tout est sale à la fin. »

L’aurore et la liberté

À l’aurore, quelques teufeurs commencent à quitter les lieux. Une vaste majorité continue de danser. Pour beaucoup, le meilleur moment de la teuf commence à peine. Les teufeurs forment maintenant une communauté où l’échange se passe de mot. En dansant, les fêtards se sourient en silence. Ici, une femme crache du feu. Un homme s’avance vers elle en marchant sur les mains. Là, un autre fait des bulles de fumée, suscitant l’admiration de ses voisins.

Au bout du sentier sortant de la forêt, la gendarmerie contrôle les conducteurs. Certains perdront leur permis, d’autres parviendront à s’échapper par un chemin dérobé. Selon l’Est Républicain, les gendarmes ont saisi du matériel électronique, des baffles et des luminaires en vue d’une éventuelle confiscation. L’un des organisateurs a été arrêté et devra se présenter le 18 octobre devant un tribunal de police. Peu importe si le terrain a été utilisé en accord avec le propriétaire. Tous les teufeurs sont conscients des risques. Malgré tout, chaque week-end, ils avalent des centaines de kilomètres… pour une dose de liberté.

Vu pendant la teuf

Croix gammées, saluts nazis et écharpes israëliennes brûlées en marge du match Racing – Haïfa

Croix gammées, saluts nazis et écharpes israëliennes brûlées en marge du match Racing – Haïfa

Vendredi 26 juillet, le groupuscule de supporters d’ultradroite Strasbourg Offender s’est affiché sur Facebook en brûlant des écharpes du club israëlien Maccabi Haïfa. Sur une autre photo, ils font le salut nazi et tendent un drapeau, plein de croix gammées.

Cagoules, croix gammées et saluts nazis. Vers midi vendredi 26 juillet, les membres du groupuscule de hooligans d’ultradroite Strasbourg Offender font les fiers sur la page Facebook Ouest Casual Officiel. Ils sont parvenus à voler plusieurs écharpes du club de football israëlien Maccabi Haïfa en marge de la rencontre d’Europa League, disputée le 25 juillet dans le stade de la Meinau. Ce petit jeu consiste parfois en des bagarres à 13 contre 13 entre deux groupes. L’humiliation ultime : voler le drapeau du club rival et l’afficher sur les réseaux. Cette rivalité alimente aussi une autre page du réseau social. Sur Gruppaof, les mêmes deux photos de Strasbourg Offender ont été publiées dans la journée.

Sur le drapeau rouge, des croix gammées figurent en haut à gauche et en bas à droite. A gauche de la photo, un bras tendu est flouté. Photo : Capture d’écran
La deuxième photo publiée sur Ouest Casual Officiel et Gruppaof. Photo : capture d’écran

Indignation autour d’un arrêté

Par arrêté préfectoral du 25 juillet dernier, les supporters israëliens étaient interdits de certaines zones à Strasbourg. Ils ne pouvaient non plus arborer des « signes ostentatoires » de leur club. Cette décision a suscité de vives indignations sur Twitter. Les internautes exprimaient leur incompréhension face à cette mesure, pourtant habituelle dans le football français. Régulièrement, les clubs de supporters en déplacement sont encadrés voire interdits de stade.

Des manifestations antisémites strasbourgeoises

Pour justifier cet arrêté, la Préfecture a notamment rappelé la présence supporters antisémites à Strasbourg :

« Des contacts ont été établis entre supporters violents des deux équipes, dont certains de ceux-ci sont politisés ou identifiés comme étant à l’origine de manifestations d’antisémitisme, et que des rencontres sont susceptibles d’être organisées pour en découdre. »

Rue89 Strasbourg a déjà révélé les liens entre hooligans strasbourgeois et l’ultradroite strasbourgeoiseAinsi des membres du Bastion Social ont pu afficher leur proximité avec le groupe Strasbourg Offender. Le groupuscule du Bastion Social a été dissous fin avril suite à l’annonce présidentielle du 20 février 2019.

La méthode de Stéphane Breitwieser, « le voleur d’art le plus prolifique d’Europe »

La méthode de Stéphane Breitwieser, « le voleur d’art le plus prolifique d’Europe »

Par passion pour l’art, Stéphane Breitwieser a subtilisé plus de 300 œuvres dans près de 170 musées européens. Tableaux de grands maîtres, artisanat et sculptures de plusieurs siècles, arbalètes et pistolets… Quand l’Alsacien sortait d’une galerie, d’une foire ou d’une exposition, c’était souvent les mains pleines, l’air de rien. Retour sur une vie de vols hors-norme.

Fin des années 90, une Opel Tigra pleine d’œuvres d’art quitte Bruxelles. Stéphane Breitwieser et Anne-Catherine Kleinkaus sont ivres de joie en rentrant pour l’Alsace. Ensemble, ils viennent de ravir une sublime sculpture d’ivoire datant du 17ème siècle. La statuette de Georg Petel, un ami du peintre flamand Pierre Paul Reubens, vaut plusieurs centaines de milliers d’euros. Elle rejoint une centaine de tableaux dans la chambre du voleur, à l’étage de la maison de sa mère à Eschentzwiller (Haut-Rhin)… Car le jeune homme ne vole pas pour le gain mais par passion.

« Adam and Eve », sculpté en 1627 par Georg Petel Photo : Wikicommons

Sa « caverne d’Ali Baba »

Dans sa « caverne d’Ali Baba », comme ce féru d’art aimait l’appeler, des toiles de grands maîtres occupent le moindre recoin disponible. Elles sont signées Adriaen van Ostade, François Boucher ou encore Lucas Cranach le Jeune. Le tableau de ce dernier « vaut peut-être plus que toutes les maisons du quartier de Breitwieser, multiplié par deux », note le journaliste américain Michael Finkel dans une enquête très poussée intitulée « Les secrets du plus grand voleur d’art du monde ». Ces oeuvres inestimables remplacent de « minables meubles Ikea », écrit l’autodésigné « professionnel de la rapine » dans « Confession d’un voleur d’art ».

Village d’Eschentwiller, où Stéphane Breitwieser a vécu avec sa mère pendant plusieurs années. Photo : Tristan Vuano

Pierre Dumont, directeur de la société Codine, connait bien la méthode Breitwieser. Pour ce spécialiste de la protection des musées, le voleur alsacien a su exploiter la faille de nombreux établissements : « Beaucoup d’entre eux n’avaient pas les moyens de se protéger le jour… » Il n’hésite pas à qualifier l’amateur d’art de « voleur le plus prolifique d’Europe », avec près de 300 objets volés dans plus de 170 musées. « Il connaissait parfaitement les ficelles du métier », ajoute l’expert avant de livrer l’un des secrets de Stéphane Breitwieser : « La meilleure arme des voleurs de musées, c’est la nonchalance. »

Page de garde de la présentation de Pierre Dumont, directeur de l’entreprise de protection des musées Codine. Photo : Capture d’écran

L’air de rien, Stéphane Breitwieser passe des journées dans des musées. Il repère les sorties intéressantes, le nombre de gardiens de sécurité et les caméras en place. Lorsqu’il est en compagnie d’Anne-Catherine Kleinkaus, elle veille devant la salle où se trouve l’oeuvre à voler. Elle tousse à l’approche d’un surveillant. Pour éviter les hordes de touristes, et une protection des œuvres trop poussée, le voleur alsacien préfère les établissements de plus petite taille et les heures creuses, entre midi et deux.

Petits tableaux, sous le manteau

Pour ne pas être remarqué, le voleur d’art préfère aussi les objets et les tableaux de petite taille, autour de 30 cm sur 30. Ainsi, Stéphane Breitwieser peut recouvrir l’oeuvre d’un ample manteau ou d’une cape. S’il en a le temps, il se débarrasse du cadre dans les toilettes du musée. Le voleur sait qu’il pourra toujours réencadrer l’oeuvre à Mulhouse. Certes, le jeune homme enchaîne les boulots mal payés, animateur en colonie de vacances, employé de grande surface, serveur… Mais sa mère et ses grands-parents lui donnent souvent de gros chèques et des petites enveloppes, bien garnies.

Breitwieser connait bien le galeriste et encadreur Christian Meichler. Le voleur lui a passé de nombreuses commandes dans les années 90. « Ce qui m’a touché chez ce garçon, c’était sa sensibilité et sa culture. Il voyait vraiment l’âme des objets. De ce fait, j’avais vraiment un échange fructueux avec lui », se souvient le passionné d’art figuratif, aujourd’hui à la retraite.

« Bonne bouille » et « courtois »

Pendant de nombreuses années, le galeriste mulhousien ne s’est douté de rien : « Il avait une bonne bouille, il était agréable et courtois. Il venait souvent avec sa mère qui signait les chèques. Ca se voyait que leur relation était fusionnelle. » Christian Meichler se souvient toujours d’une scène qui aurait pu lui mettre la puce à l’oreille :

« Un jour, Stéphane a amené un tableau qui a beaucoup impressionné mon père, qui était artiste (Ernest Meichler, voir vidéo ci-dessous, ndlr). C’était une oeuvre du 17ème siècle, une merveille de clair-obscur… En sa présence, mon père avait souligné sa surprise face au jeune âge du propriétaire. Moi j’étais fier d’avoir encadré une gravure de l’école de Rembrandt. J’avais donc laissé l’oeuvre derrière la vitrine de la galerie un moment… A partir de ce moment là, Stéphane ne me donnait plus les tableaux qu’il voulait encadrer, mais seulement leurs dimensions. Il a appris à encadrer lui-même. »

La piste des enquêteurs : un réseau international

Pendant plusieurs années, Stéphane Breitwieser et sa compagne ne cessent de voyager, en Belgique, au Luxembourg, en France, en Allemagne, en Suisse… Ils volent dans de grands établissements, des ventes aux enchères, des foires d’art ou des petits musées… Dans les journaux, le voleur se délecte des fausses pistes suivies par les enquêteurs. Ils soupçonnent l’existence d’un réseau international de trafic d’art. C’est tout le contraire avec Breitwieser. Il est seul, la plupart du temps, et ne cherche pas à s’enrichir. Il vole « par amour de l’art » et reste ainsi indétectable.

Avec la pratique, le voleur enchaîne les coups parfaits. A plusieurs reprises, il s’empare d’une oeuvre pendant une visite guidée, qu’il suit jusqu’à la fin. Aux Pays-Bas, pendant une foire d’art, il entend crier « Au voleur! » avant d’apercevoir le coupable, accompagné de plusieurs policiers. L’Alsacien profite du moment pour subtiliser une peinture. Rien ne semble l’arrêter : en février 2001, il s’éprend d’une tapisserie de Flandres du XVIIème siècle de trois mètres de long. Le voleur la décroche, la roule et la jette par la fenêtre sur un talus…

Des tableaux jetés dans le Rhin

L’incroyable série de vols parfaits prend fin le 20 novembre 2001. La police arrête l’Alsacien au musée Richard-Wagner de Lucerne. Le galeriste mulhousien se souvient avec douleur des suites de l’arrestation : « J’ai ressenti un choc terrible en apprenant que la mère Breitwieser avait jeté les tableaux dans le canal du Rhin. Toutes ces merveilles qui disparaissent alors qu’ils auraient pu venir vers nous. Nous sommes bienveillants, on les aurait aidés à restituer les œuvres… »

Thierry Moser a défendu le voleur de musées lors de ses deux premiers procès, en Suisse puis en France. L’avocat alsacien fait alors face à un client difficile :

« J’essayais de lui faire mesurer la gravité de ses actes. Mais son discours restait le même : « Je suis un amateur d’art éclairé. Les visiteurs ne comprennent rien. Je suis le seul à voir avec honneur ces oeuvres. Je dois donc les soustraire des musées, qui ne s’en occupent pas bien. »

Condamnations sans fin

Suite à une première condamnation à quatre ans de prison en 2003, Stéphane Breitwieser a été condamné à trois ans dont dix mois avec sursis en France en 2005. Sa mère a été reconnue coupable de la destruction des tableaux et a passé quelques mois en prison. Anne-Catherine Kleinkaus est sortie libre du procès. Ni la mère, ni l’ex-copine ne se sont exprimées dans la presse.

Le galeriste Christian Meichler éprouve un second regret au sujet de l’affaire Breitwieser : « J’ai été naïf. Lorsqu’il est sorti de prison en 2005, j’ai cru qu’il ne recommencerait pas. J’étais le seul à encore lui parler… » Mais en 2011, la police arrête à nouveau l’Alsacien… Interdit de musées, il a cette fois commis plusieurs vols en marge de ventes aux enchères en France, en Allemagne et Belgique. Il est condamné à trois ans d’emprisonnement… En 2015, le tribunal correctionnel de Colmar le renvoie en prison, cette fois pour le vol de vêtements, CD et DVD…

En février dernier, Stéphane Breitwieser a été mis en examen et incarcéré pour plusieurs vols, en Alsace notamment. Au musée Théodore Deck de Guebwiller, c’est une petite porte d’un cabinet espagnol du XVIe siècle qui aurait été subtilisée. Les enquêteurs soupçonnent aussi le vol de plusieurs presse-papiers au musée Théodore Deck du cristal de Saint-Louis. Contacté, le président de l’établissement est étonné : « Nous n’avons remarqué aucun vol ici. Je ne sais pas pourquoi la presse évoque ces presses-papiers. » Ou bien simplement un énième vol parfait du célèbre « Arsène Lupin alsacien »?

Ligue Europa : craignant notamment des actes antisémites, la préfecture encadre les supporters israéliens

Ligue Europa : craignant notamment des actes antisémites, la préfecture encadre les supporters israéliens

Mercredi 24 juillet, la préfecture du Bas-Rhin a pris un arrêté pour encadrer les supporters israéliens à l’occasion du match de Ligue Europa entre le club israélien Maccabi Haïfa FC et le Racing Club de Strasbourg. Les autorités craignent des « troubles graves de l’ordre public » à connotation antisémite.

L’équipe israëlienne du Maccabi Haïfa Football Club rencontre le Racing Club de Strasbourg ce jeudi 25 juillet à 20h45 au stade de la Meinau, dans le cadre du deuxième tour préliminaire de la Ligue Europa. Pour éviter des « troubles graves de l’ordre public », la préfecture du Bas-Rhin a pris un arrêté limitant l’accès à plusieurs zones de Strasbourg aux supporters venus d’Israël. Le but : « prévenir toute rencontre, y compris fortuite, entre les supporters des deux équipes, laquelle pourrait donner lieu à des tensions ou à des rixes. »

Les supporters israëliens, interdits de certaines zones à Strasbourg

La préfecture du Bas-Rhin rappelle que le préfet a le pouvoir de restreindre la liberté d’aller et de venir de tous les supporters « dont la présence est susceptible d’occasionner des troubles graves pour l’ordre public ». Ce jeudi 25 juillet, les restrictions s’appliqueront en premier lieu aux supporters israéliens :

« Il est interdit le jeudi 25 juillet 2019, de 10h00 à 24h00, à toute personne se prévalant de la qualité de supporter du Maccabi Haïfa FC, ou se comportant comme tel, de circuler ou stationner sur la voie publique sur les voies et périmètres suivants : Gare centrale de Strasbourg (SNCF), place de la Gare et rues adjacentes. Grande-Île (ou ellipse insulaire) du centre-ville de Strasbourg, place du Corbeau, rue des Bouchers, rue d’Austerlitz, place d’Austerlitz et rue de la Brigade-Alsace-Lorraine. abords du stade de la Meinau, et notamment avenue de Colmar, rue Montessori, rue de l’Extenwoerth, rue Staedel, rue de la Flachenbourg, piste Georges Speicher et rue des Ciriers. Dans l’enceinte du stade de la Meinau, à l’exception du secteur réservé aux supporters visiteurs. »

Des liens entre hooligans strasbourgeois et ultradroite 

Dans son arrêté, la préfecture du Bas-Rhin estime que des « supporters violents » sont présents des deux côtés. Mais elle rappelle aussi que certains hooligans strasbourgeois ont, par le passé, participé à des manifestations antisémites :

« Des contacts ont été établis entre supporters violents des deux équipes, dont certains de ceux-ci sont politisés ou identifiés comme étant à l’origine de manifestations d’antisémitisme, et que des rencontres sont susceptibles d’être organisées pour en découdre. » 

Rue89 Strasbourg a déjà révélé les liens entre hooligans strasbourgeois et l’ultradroite strasbourgeoise. Ainsi des membres du Bastion Social ont pu afficher leur proximité avec le groupe de supporters Strasbourg Offender. Ces hooligans sont connus pour organiser des affrontements « 13 contre 13 » en pleine nature, comme en septembre 2018 face au Old Clan Paris, un groupe de supporters du Parti Communiste Français. Aussi, en novembre 2016, des habitués du stade de la Meinau ont dénoncé des saluts nazis du petit groupe d’ultras strasbourgeois, lors d’un déplacement du Racing à Sochaux.

Capture d’écran : photo de groupe de l’affrontement du 8 septembre 2018

Sont également interdits tous les artifices comme les pétards et fumigènes, les « objets pouvant êtres utilisés comme projectiles », mais aussi l’alcool ou les drapeaux nationaux sans rapport avec la compétition sportive. Tous les supporters du Maccabi Haïfa FC devront se présenter au guichet « visiteur » du stade de la Meinau. L’arrêté précise que ce nombre de « supporters visiteurs est limité à 600. » 

La Ville de Strasbourg demande la « libération immédiate » du squat Gruber

La Ville de Strasbourg demande la « libération immédiate » du squat Gruber

Par communiqué de presse, la Ville de Strasbourg a indiqué avoir déposé plainte contre une « occupation totalement illicite » d’un bâtiment du quartier de Koenigshoffen ce mercredi 24 juillet. La municipalité demande « l’évacuation immédiate des lieux. »

Surprise par l’annonce d’un nouveau squat ce matin, la Ville de Strasbourg réagit l’après-midi même. Par communiqué de presse, la municipalité annonce avoir déposé plainte et exige « la libération immédiate » de l’ancien siège de la brasserie Gruber, situé au 91 route des Romains, dans le quartier de Koenigshoffen. Elle rappelle aussi la vocation du lieu : « devenir une Maison des Services au public (centre médico-social, direction de territoire, mairie de quartier…) »

Première intervention de la police municipale dans la matinée du mercredi 24 juillet. Après avoir constaté que les portes étaient verrouillées, les policiers municipaux ont quitté les lieux Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

« Effraction » dit la Ville, pas sa police

Cette demande fait suite à la venue de la police municipale dans la matinée du mercredi 24 juillet. Après avoir tenté d’entrer en contact avec les occupants, les policiers municipaux avaient quitté les lieux. Selon la communication municipale, les occupants du bâtiment seraient rentrés par effraction :

« Mardi l’agent du service gestionnaire a constaté que l’accès des squatteurs s’était fait selon toute vraisemblance par une porte secondaire dont la serrure a bien dû être forcée d’une façon ou d’une autre puisque le barillet en a été changé par les dits squatteurs. »

L’intervention policière contredit cette version de la Ville de Strasbourg. D’après les Dernières Nouvelles d’Alsace, aucune effraction n’a été relevée. La police municipale a confirmé cette information à Rue89 Strasbourg dans la matinée du 25 juillet. « La police municipale s’est rendue sur place et sans mener une enquête approfondie », explique la Ville de Strasbourg.

Un élu propose une occupation temporaire

Syamak Agha Babaei, vice-président de l’Eurométropole en charge de l’hébergement d’urgence et conseiller municipal, a réagi en défendant l’initiative citoyenne :

« Dans un climat d’incohérence politique, il n’est pas surprenant de voir cette occupation se produire, alors que des propositions concrètes (notamment la création de 500 places sur 1% du budget de la Ville) ont été faites et repoussées (…) L’occupation étant illégale mais se passant sans heurts, je propose de travailler pacifiquement avec les deux collectifs autour d’un projet d’occupation temporaire de valorisation sociale culturelle et artistique de ce lieu. »

Les militants occupant le bâtiment ont annoncé qu’une réunion se tiendra au 91 route des Romains, ce mercredi 24 juillet à 19h.

« Avec ce squat, nous voulons offrir un toit aux personnes en détresse »

« Avec ce squat, nous voulons offrir un toit aux personnes en détresse »

Plusieurs militants ont ouvert un squat au 91 route des Romains à Koenigshoffen. Le bâtiment, propriété de la Ville de Strasbourg, est vide depuis plusieurs années. Dans la matinée du mercredi 24 juillet, les policiers municipaux ont tenté d’entrer, sans succès.

« On voudrait à la fois accueillir des sans-abris, des réfugiés, mais aussi donner des bureaux aux associations qui n’en ont pas. » Jérôme (tous les prénoms ont été modifiés) voit grand pour ce squat tout juste ouvert au 91 route des Romains, dans le quartier de Koenigshoffen. Avec quelques militants, ils ont passé la nuit dans l’ancien siège de la brasserie Gruber. Ils appellent les acteurs du monde de la rue et les personnes en détresse à se réunir sur place mercredi 24 juillet à 19h. Des membres des associations La Roue Tourne et D’ailleurs nous sommes d’Ici étaient déjà présents sur les lieux dans la matinée.

Le squat se situe dans l’ancien siège de la brasserie Gruber, au 91 route des Romains dans le quartier de Koenigshoffen. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

Plus de quarante pièces vides

Vers 10 heures du matin, six policiers municipaux ont tenté d’entrer dans le bâtiment, sans succès. « On vient ici en repérage », a assuré l’un d’eux. Face à une porte fermée à clé, ils ont quitté les lieux après avoir constaté l’absence d’effraction. Une première victoire pour les militants. Ils espèrent accueillir un maximum de personnes dans ce bâtiment de deux étages. Le rez-de-chaussée comporte 18 pièces, pour la plupart d’anciens bureaux. Le plan du bâtiment indique 14 bureaux au premier étage et 10 pièces au second.

Les militants se réjouissent aussi de l’état du bâtiment. Jérôme fait visiter le lieu en souriant : « Il y a une arrivée d’eau, c’est juste la pression qui manque, mais sinon l’alimentation en électricité fonctionne. On a commencé à nettoyer hier, c’est pas si sale que ça. » « Il y a même la clim’ qui fonctionne », ajoute Paul.

La lumière fonctionne dans certaines pièces du bâtiment.

« Nous étudions la question »

Devant le bâtiment, quelques jeunes passent des appels et discutent de la réunion à venir. Parmi eux, Camille fume une clope. Arrivé en France en février dernier, il a participé à l’ouverture de plusieurs dizaines de squats en Espagne avec le mouvement Okupa. Cet ancien SDF se dit « confiant dans l’idée qu’on va aboutir à quelque chose », comprendre une occupation pérenne.

Contactée par Rue89 Strasbourg, l’adjointe au maire en charge des solidarités, Marie-Dominique Dreyssé (EELV), n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet : « La position de la Ville est en train de mûrir. J’ai découvert ce squat ce matin et je ne pense pas être la seule. Nous étudions la question pour le moment. » Selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, le Ville de Strasbourg prévoit de transformer ce bâtiment en maison des services publics.

Visite du bâtiment

Pour une idée plus précise de l’état du bâtiment, visionnez les photos et la vidéo ci-dessous, prises aux étages du squat.

Certains toilettes semblent en parfait état.
Vue sur une des entrées du bâtiment.
« Il y a même des plaques de cuisson », s’exclame un militant strasbourgeois.
Le squat est situé dans l’ancien siège de la brasserie Gruber.

Vitesse limitée, circulation différenciée… Les mesures liées au pic d’ozone maintenues pour vendredi

Vitesse limitée, circulation différenciée… Les mesures liées au pic d’ozone maintenues pour vendredi

Le seuil d’alerte à la pollution atmosphérique est maintenu pour la journée du vendredi 26 juillet en Alsace. La préfecture maintient la baisse de vitesse de 20 km/h sur les routes hors agglomération. À Strasbourg, les tarifs réduits pour les transports en commun et la circulation différenciée sont aussi maintenus le 26 juillet.

La chaleur et le fort ensoleillement ont fait grimper les niveaux d’ozone (O3) en Alsace et dans l’agglomération de Strasbourg. D’après les prévisions d’Atmo Grand Est, le seuil d’alerte à la pollution atmosphérique en Alsace a continue d’être dépassé ce vendredi 26 juillet. Les autorités maintiennent donc le plan d’action (vitesse réduite hors-agglomération, tarif des transports en commun réduits et circulation différenciée à Strasbourg) afin de limiter au maximum la pollution de l’air.

Les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont les premiers concernés par une procédure réglementaire du fait des niveaux élevés en ozone Photo : Atmo Grand Est

Transports en communs illimités pour 1,80 euros

Vendredi 26 juillet, les automobilistes devront continuer de réduire leur vitesse de 20km/h sur l’ensemble du réseau routier, hors agglomération, sans descendre en dessous de 70 km/h. Mercredi 24 juillet, la préfecture a annoncé des contrôles de vitesse « sur l’ensemble du réseau. »

Les autorités du Haut-Rhin et du Bas-Rhin rappellent que l’utilisation de la voiture doit être restreinte pour lutter contre la pollution de l’air. Les transports en commun sont à privilégier.

Un tarif spécial « pic de pollution » est mis en place à Strasbourg. Les trajets en tram et en bus sont illimités pour la journée. Le ticket coûte 1,80 euros dans les distributeurs des stations de tram et 2 euros à bord des bus.
La location d’un Vel’hop à la journée sera abaissée à 3 euros.

Circulation alternée dès jeudi à Strasbourg

Vendredi 26 juillet, entre 6h et 22h, seuls les véhicules dotés des vignettes Crit’air 1, 2 et 3 pourront circuler sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg. La préfecture annonce aussi des contrôles sur ce point. Les conducteurs de véhicule léger en infraction risquent une amende de 45 euros.

Eviter les activités physiques et les déplacements

Les populations sensibles (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées ou souffrant de troubles cardiaques ou respiratoires) doivent éviter au maximum les activités physiques intenses et les sorties en plein air. La marche à pieds et l’usage du vélo leur est également déconseillé.

D’autre part, les administrations et les entreprises peuvent envisager d’adapter leurs horaires de travail. Le télétravail est encouragé.

Enfin, les autorités demandent aux industriels de vérifier les installations de combustion ainsi que le fonctionnement des dispositifs anti-pollution. Ils doivent reporter, dans la mesure du possible, les opérations qui pourraient être à l’origine d’émissions atmosphériques polluantes inhabituelles.

Stationnement en voirie : la galère de la contestation

Stationnement en voirie : la galère de la contestation

Depuis janvier 2018, le contrôle du stationnement en voirie à Strasbourg est confié à une société privée, Streeteo, filiale d’Indigo. Depuis, il est devenu très compliqué de contester une amende, renommée « FPS » pour forfait post-stationnement. Des Strasbourgeois racontent leurs galères. 

Il est aux alentours de 17h ce vendredi de janvier. Magnus, la cinquantaine, résident de Schiltigheim, découvre un “Forfait de Post Stationnement” (FPS) d’un montant de 35€ sur le pare-brise de sa voiture garée dans une rue du quartier de l’Esplanade à Strasbourg. En effet, l’amende pénale a disparu en 2018 au profit de ce “FPS”, qui est une « redevance d’occupation du domaine public ». L’argent des FPS est désormais reversé à l’Eurométropole.

Pourtant, Magnus avait bien payé sa place à 1€. Il n’était pas resté garé plus d’une heure… Mais en relisant son reçu, il découvre une faute de frappe sur le numéro de sa plaque d’immatriculation dans l’horodateur. Le numéro 1 précède les lettres de sa plaque, ce qui rend le ticket erroné… Tout de suite, il décide de contester ce “FPS”, en pensant qu’il suffirait de s’expliquer : « Je pensais que c’était un malentendu qui pouvait être résolu très vite. »

Exit les ASVP, bonjour les FPS, Streeteo et les RAPO

L’avis de paiement le renvoie sur le site de la société Streeteo (une filiale du groupe Indigo, ici délégataire de service public). Cette société gère maintenant le contrôle de stationnement en voirie à Strasbourg, à la place des Agents de Surveillance de la Voie Publique (ASVP) de la Ville.

Sur le site de Streeteo, le requérant doit remplir un RAPO (Recours Administratif Préalable Obligatoire), c’est-à-dire un formulaire où il faut cocher le motif de contestation. Rien ne correspond à la situation de Magnus, alors il décide de l’exposer dans une case libre, et joint des pièces justificatives. Une première étape déjà pénible, explique-t-il :

« Il faut scanner la carte grise, l’avis de FPS, le ticket comme preuve de paiement… Je ne maîtrise pas bien tout ça, ça me prend énormément de temps, et je n’ai pas de scanner alors j’ai dû prendre tout ça en photo avec la webcam… »

De plus, Magnus est allemand et même s’il vit depuis 30 ans en Alsace, il travaille à Kehl et n’a pas l’habitude de s’exprimer en français à l’écrit.

Streeteo rejette la procédure

Quelques jours après, Streeteo lui répond par mail que son recours est rejeté car les éléments justificatifs fournis ne permettent pas d’établir le droit à stationner du véhicule le jour de l’apposition du FPS ».

Magnus croit rêver. Il a pu consulter à travers Streeteo les photos de son véhicule prises par l’agent, sur lesquelles son ticket de stationnement est visible. La preuve d’une mauvaise foi, selon lui :

« Il y a quand même quelqu’un en chair et en os qui prend les photos, et qui n’est pas stupide ! C’est complètement exagéré. Soit c’est illégal de faire ça, soit c’est de la mauvaise volonté. Le pire, c’est de ne pas avoir d’interlocuteur. »

« Le pire : ne pas avoir d’interlocuteur »

Streeteo n’est pas dans l’illégalité, mais Magnus estime qu’en ayant un interlocuteur, il pourrait bénéficier de clémence pour son erreur. Or, sur le site de Streeteo, aucun numéro de téléphone. Sur Internet non plus, la société est injoignable. Gênant pour une entreprise délégataire de service public…

Depuis 2018, les contrôles des véhicules en stationnement sont confiés à Streeteo, filiale de l’entreprise Indigo. C’est sur leur site qu’il faut faire les recours.

Le paiement du stationnement en voirie a été dématérialisé. A Strasbourg, on peut payer à l’horodateur avec pièces, carte bancaire ou paiement sans contact avec le smartphone, mais aussi avec des applications mobiles (OPnGO, Whoosh! et Easypark). Dans tous les cas, cela se fait en entrant le numéro de plaque. La preuve du paiement du stationnement est enregistrée numériquement, le ticket n’est qu’une information visuelle destinée à l’usager.

Contester : une mission impossible

Le mail de Streeteo précise qu’il peut à nouveau contester cette décision, auprès de la “Commission du Contentieux du Stationnement Payant”, sur internet ou par courrier. Las de ce fonctionnement (« C’était trop compliqué, trop stressant, il fallait encore des justificatifs », dit-il), il se rend à la mairie, expliquant qu’il veut s’adresser à un responsable du service stationnement.

Mais ce service n’existe pas, si ce n’est pour les stationnements de résidents. On le renvoie à la police municipale, rue du 22-Novembre. Magnus renonce en réalisant qu’il devrait encore se garer en ville et dépenser de l’argent en stationnement… pour contester son amende de stationnement.

Il finit par payer son FPS de 35€ (il aurait pu payer seulement 17€ s’il avait payé dans les 72 heures, délai qu’il a dépassé en essayant de faire son recours), non sans amertume :

“Je ne comprends pas, car j’ai payé 1€ de stationnement et 35€ d’amende ! On ne m’a pas remboursé cet euro, alors que j’avais mis la preuve de paiement sur mon pare-brise. C’est du racket. »

Verbalisée en possession d’un abonnement mensuel

« Racket », c’est aussi le mot qui vient spontanément à la bouche de Valérie, la cinquantaine, résidente de l’Esplanade. À ce titre, elle s’acquitte d’un abonnement mensuel de 15€, dont elle appose le justificatif sur son tableau de bord. Quelle ne fut pas sa surprise quand, à l’été 2018, elle se voit verbalisée. 

Selon Pernelle Richardot, les tarifs du stationnement en voirie n'ont pas augmenté. Mais beaucoup d'usagers ont le sentiment inverse... (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Les usagers qui témoignent qualifient le système de verbalisation de « racket » Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc

Son premier réflexe est de contacter la Ville de Strasbourg, le service dédié aux questions de stationnement des résidents… qui la renvoie vers Indigo, la société mère de Streeteo. Indigo concède son erreur et s’excuse par mail auprès de Valérie : il s’agirait d’un problème dans leur base de données. Mais Indigo explique aussi ne pas pouvoir annuler l’amende : il faut faire un RAPO.

Valérie s’y met, non sans « s’être énervée ». Elle trouve la démarche « compliquée », et, comme Magnus, sa situation n’apparaît pas dans les cas proposés. Elle explique sa lassitude :

« Quand j’ai vu ça, j’ai répondu à Indigo que c’était à eux de réparer leur erreur. Un ou deux mois plus tard, j’ai reçu une lettre d’huissier ».

La lettre lui enjoint de payer 96€. Elle cherche à l’appeler pour s’expliquer, documents à l’appui. L’assistante de l’huissier lui explique qu’ils ne peuvent rien faire.

Un RAPO, la Ville, la Trésorerie et 85€ à payer

Elle se réessaye au RAPO, en cochant une situation au hasard et en s’expliquant dans la case libre. Elle joint la preuve de paiement de son abonnement. Alors qu’elle a peu d’espoir de se voir remboursée, elle rappelle le standard de la Ville de Strasbourg, qui lui passe la police municipale… qui lui dit que ce n’est pas la première fois que ce genre de cas se présente et qu’il faut appeler… Indigo. Valérie décide d’interpeller l’élu de son quartier, Nicolas Matt (LREM), qui tente de la renvoyer vers d’autres interlocuteurs, sans succès.

Valérie se tourne à nouveau vers le service chargé du stationnement à la Ville. En raison de l’avis d’huissier reçu, elle doit se rendre à la Trésorerie de Strasbourg, au Neudorf. Là, son interlocutrice décrit aussi une situation habituelle… Valérie doit payer les 85€ (le montant de l’amende majorée en raison des délais, dont sont soustraits les frais d’huissier) et envoyer un dossier avec les pièces justificatives pour se faire rembourser. Valérie paye… et ne fait pas le dossier, parce que cela lui « pesait ». Pour dénoncer le procédé, elle décide de retourner à la mairie.

« Alerter pour que ça n’arrive plus »

On la dirige vers le secrétariat des élus, et vers l’assistante de Pernelle Richardot, adjointe (PS) en charge de la gestion du stationnement. Un collaborateur de l’élue la rappelle, lui demande de re-raconter son histoire, et lui dit de constituer un dossier avec des pièces justificatives adressée à l’adjointe. Mais c’est une démarche de trop pour Valérie :

« Je leur ai dit que ça ne m’intéressait pas de refaire un dossier. Mon intention était surtout de les alerter, pour que ça n’arrive plus. »

Un mois s’est ainsi écoulé depuis son RAPO, elle reçoit une réponse négative à sa demande, sans explication supplémentaire.

Streeteo, ou l’art de se faire discret

Malgré quatre relances, nous ne sommes pas parvenus à joindre Pernelle Richardot. L’élue avait précisé dans nos colonnes en mars 2018 que la Ville avait avec Indigo « une relation franche et directe », et qu’ils faisaient « tous les mois un point pour vérifier que le travail des agents correspond bien au cadre de la délégation de service public ». Elle rappelle que « contrairement à Paris”, la Ville de Strasbourg « n’a pas fixé de prime d’objectifs à Streeteo. »

Valérie et Magnus regrettent que les motifs de contestation soient limités Photo : capture document site Streeteo

Malgré plusieurs tentatives, il s’est révélé également impossible d’obtenir une réaction du côté de Streeteo. Après avoir sollicité plusieurs entrées, le service des relations presse d’Indigo à Paris a fini par concéder que Streeteo ne souhaitait pas réagir.

Cette opacité et les confusions entre Indigo et Streeteo perturbent les usagers, comme Solène. Cette Strasbourgeoise de 26 ans n’a pas de problème avec l’informatique et voulait prouver sa bonne foi.

Indigo pour râler, Streeteo pour payer

Alors qu’elle avait garé sa voiture sans payer, de son propre aveu, une heure avant la fin des horaires payants dans une rue du centre-ville, elle prend sa voiture le lendemain pour aller travailler, et voit un papier s’envoler de son pare-brise. Elle décide de contacter au plus vite la société responsable pour vérifier si un FPS lui avait été adressée et pour payer dans les 72 heures, afin de se délester de 17€ au lieu de 35€.

Sur Internet, elle ne trouve que le formulaire de contact de Streeteo. Sa demande reste sans réponse pendant plusieurs jours. Solène cherche un autre moyen et voit sur le site de la Ville que c’est Indigo qui chapeaute Streeteo. Trouvant un numéro de téléphone, elle explique sa situation. Indigo lui confirme qu’elle a été verbalisée, et qu’elle doit payer sur Streeteo. Mais 72 heures ont passé, et l’occasion de payer moins cher aussi. Elle trouve qu’un peu plus de clarté ne ferait pas de mal :

« Comment peut-on savoir qui gère le stationnement quand on a perdu le ticket ? Il n’y a pas d’interface claire… J’étais en tort, bien sûr, mais je voulais payer. Et encore, j’ai 26 ans et j’ai dû chercher une heure pour comprendre vers qui me tourner. Qu’est-ce que ça doit être pour les plus âgés… »

Il fallait effectivement comprendre que Streeteo se charge de l’application du FPS et de récolter les paiements, mais que c’est Indigo qui s’occupe de la gestion des amendes et des questions.

« Rien n’est fait pour faciliter la vie »

Au-delà du problème de transparence, Magnus songe à toutes les personnes qui peuvent avoir des difficultés avec l’horodateur :

« Le potentiel d’erreur est énorme avec l’écran “tactile” (il s’agit en fait de touches légèrement en relief, ndlr). Je pense à des gens comme ma mère malade, aux personnes handicapées, dyslexiques, aux personnes illettrées, car ça existe… Rien n’est fait pour leur faciliter la vie. »

Valérie ne décolère pas face à ce qu’elle considère comme « une arnaque », et rappelle le scandale qui a secoué Streeteo à Paris : il avait été établi que des agents de la société avaient déclaré des milliers de contrôles fictifs. Plus de 4 000 FPS avaient également été envoyés par erreur à des habitants de la commune de Rueil-Malmaison. Pour elle, rien que la procédure de recours permet de « renflouer les caisses », puisque les « victimes » n’auront pas le courage de demander le remboursement :

« Quand les gens voient une lettre d’huissier, ils paniquent, et payent. Que la procédure soit si difficile alors qu’on est dans notre bon droit, ce n’est pas normal. »