Mardi 23 juillet, les députés votent la ratification du traité de libre-échange CETA. En Alsace, à une exception près, les députés LREM voteront pour, tout comme les élus du Modem. Côté LR, les parlementaires alsaciens se posent en défenseur des éleveurs français et se prononceront contre l’accord.
Les députés alsaciens, à moitié pour, à moitié contre le traité de libre-échange avec le Canada. Mardi 23 juillet, les parlementaires votent la ratification du CETA. Ce texte controversé est déjà appliqué depuis près de deux ans. Parmi les quinze députés alsaciens, sept voteront contre l’accord, six soutiendront le texte et deux élus s’abstiendront.
Le CETA, un traité clivant
Le CETA doit mettre fin aux taxes douanières notamment sur les échanges de produits manufacturés, de métaux, d’automobiles, de produits agricoles et maritimes. Décrit comme un accord « moderne » par ses soutiens, il vise aussi à supprimer les « barrières non-tarifaires », c’est-à-dire les normes qui empêchent certains produits d’être importés, ou exportés.
Les détracteurs du traité dénoncent une hausse des émissions de gaz à effet de serre avec la hausse des échanges entre l’Union Européenne et le Canada. D’autres craignent l’importation future de produits ne respectant pas les normes françaises. Plusieurs députés alsaciens des Républicains estiment d’ores et déjà que les contrôles environnementaux ou sanitaires sur les produits canadiens seront insuffisants.
LREM, pour le CETA
Une très vaste majorité des députés LREM, dont Thierry Michels, Bruno Studer ou encore Vincent Thiébaut voteront pour le CETA. Selon eux, le traité de libre-échange est un accord « conditionné au respect des normes européennes ». Les élus du parti présidentiel mettent aussi en avant les « bénéfices de l’accord pour l’économie française » depuis son entrée en vigueur provisoire. Ils avancent une augmentation du solde commercial (ratio importations/exportations) avec le Canada « qui a progressé de plus de 400 millions d’euros et des exportations qui ont augmentées de 16%. »
L’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, appelle les députés à ne pas ratifier le CETA. Dans une lettre ouverte publiée le lundi 22 juillet, il recense les risques du traité sur le plan environnemental et sanitaire :
« Nous avons échoué à apporter les garanties nécessaires sur le veto climatique, les farines animales, les nouveaux OGM, la sauvegarde du principe de précaution à l’européenne… […] Pourquoi et pour qui ratifier le Ceta ? Pourquoi maintenant ? Pas pour notre santé, pas pour nos agriculteurs ni pour le climat. »
Martine Wonner, elle, refuse de ratifier le CETA : ses positions sur l’environnement l’en empêchent. Lors du vote, elle suivra la position du Collectif social-démocrate (CSD) dont la majorité souhaite pour l’instant voter l’abstention.
Le MoDem et Agir voteront pour
Sylvain Waserman et Bruno Fuchs (MoDem) prévoient aussi de voter pour le CETA. Ils voient à travers ce traité un moyen de montrer que la France est « au coeur du multilatéralisme ». Les deux députés ne craignent pas les risques sanitaires et environnementaux : d’après eux, le CETA respecte l’Accord de Paris sur le climat et consacre le droit des Etats à faire évoluer leur réglementation pour une meilleure protection de l’environnement.
Antoine Herth, du groupe Agir au sein du parti Union des Démocrates Indépendants (UDI), se positionne aussi en faveur du CETA :
« Annoncer des crises sanitaires, remettre le dossier des farines dans le débat et prétendre qu’il n’y a aucun contrôle a pour seul but de cultiver l’angoisse de l’opinion. Cette stratégie de communication a aussi pour but de masquer les véritables avancées de ce traité comme la protection des appellations d’origines contrôlées (AOC) par exemple. »
Au sein du même groupe, Olivier Becht préfère l’abstention. L’élu haut-rhinois craint que la ratification du traité ne mette à mal la confiance des consommateurs dans l’agriculture européenne :
« Aujourd’hui je pense que nous devons veiller à ce que les traités signés par l’UE intègrent de manière systématique et sans dérogation possible le respect des normes sanitaires et environnementales pour protéger le consommateur et sa santé. »
Les Républicains alsaciens s’opposent au CETA
Les députés Les Républicains (LR), à l’instar de Patrick Hetzel, Frédéric Reiss et Jean-Luc Reitzer, voteront contre le CETA. Ils sont en désaccord avec la réglementation canadienne sur l’élevage. Ils dénoncent notamment l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans l’alimentation des bovins canadiens. Certains, comme Raphaël Schellenberger, évoquent un « réel risque sanitaire et environnemental ».
Patrick Hetzel craint que le CETA laisse la porte ouverte à des produits dont les normes européennes ne seront pas respectées :
« Aucune réglementation européenne s’appliquant à nos importations, ni le texte de l’accord CETA ne fait référence à l’interdiction d’importer dans l’UE des produits issus d’animaux nourris aux farines animales. Ce qui signifie que, à l’heure actuelle, l’UE ne dispose d’aucun levier réglementaire pour interdire l’importation de viande issue d’animaux nourris aux farines animales. Pourtant ces substances sont interdites dans les élevages européens depuis la crise de la vache folle… »
Dans ce deuxième épisode de « Mais pourquoi ? », le podcast de Rue89 qui répond aux questions des Strasbourgeois·es, plongeons dans l’histoire de notre cathédrale bien-aimée. Vous êtes-vous déjà demandé à quoi est dû sa silhouette si particulière ? Réponse dans ce numéro.
Dans cet épisode, « Mais pourquoi… ? » plonge dans l’histoire du symbole de la ville, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. Une allure reconnaissable entre toute : la cathédrale doit en partie sa renommée à sa silhouette asymétrique. Mais pourquoi ? Au départ, une deuxième tour était-elle envisagée ? Pourquoi le projet a-t-il été abandonné ?
Sabine Bengel, historienne de l’art de l’Œuvre Notre-Dame présente les différentes hypothèses envisagées par les chercheurs. Un retour en arrière, à l’époque des bâtisseurs de la cathédrale.
Sabine Bengel, historienne de l’art de l’Œuvre Notre-Dame Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc
L’occasion de revenir sur les grandes étapes de la construction de la cathédrale, qui ont mené à cette tour unique et sa flèche :
L’ancienne cathédrale romane, avec ses deux tours Photo : Fondation de l’Œuvre Notre-Dame/ Stéphane Potier – Inventive studio / cc Le projet initial de la Cathédrale de Strasbourg, sur le modèle de Notre-Dame de Paris Photo : Fondation de l’Œuvre Notre-Dame/ Stéphane Potier – Inventive studio / cc La construction du beffroi central pour rehausser la façade Photo : Fondation de l’Œuvre Notre-Dame/ Stéphane Potier – Inventive studio / cc Construction de la tour octogonale Photo : Fondation de l’Œuvre Notre-Dame/ Stéphane Potier – Inventive studio / cc La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg avec la flèche achevée Photo : Fondation de l’Œuvre Notre-Dame/ Stéphane Potier – Inventive studio / cc
Depuis la rénovation de la plate-forme, l’emplacement prévu de la seconde flèche est matérialisée au sol.
Est-ce mieux finalement ? Photo : Doc Ville de Strasbourg
Et vous, vous avez des questions sur votre ville ? N’hésitez pas à proposer vos suggestions en commentaire, elles pourront faire l’objet d’un nouvel épisode !
Investisseur et entrepreneur, Michel Hussherr aimerait implanter sur le môle Citadelle à Strasbourg un hôtel à start-ups sur le modèle de la Station F. Appelé Zone E, l’endroit serait dédié au bien-être et intégrerait une piscine, des terrains de jeux, un restaurant sur le toit et… une vague de surf artificielle.
Et si l’élite des start-ups européennes venait à Strasbourg pour se rencontrer et que de ce mélange naisse les solutions pour mieux vivre demain ? C’est l’ambition de Michel Hussherr, entrepreneur et investisseur strasbourgeois.
Ancien directeur du Semia (l’incubateur public de la Région Grand Est), Michel Hussherr pense que Strasbourg a une carte à jouer dans la compétition mondiale pour capter les meilleurs projets du futur :
« Strasbourg est au coeur de l’Europe, nous disposons de tous les services d’une métropole, d’un écosystème autour des start-ups encore à consolider mais existant. Et nous avons de l’argent qui dort, nous avons le syndrome de l’embonpoint. Donc il y a un coup à jouer dans cette compétition internationale… En outre, Xavier Niel est en train de se planter avec Station F à Paris, il cloisonne alors qu’il faut faire l’inverse. »
Michel Hussherr propose de créer le nouveau lieu pour héberger l’excellence européenne autour de la question du bien être et du respect de la planète. Appelé « Zone E » (comme Europe, Eau, Énergie, Entreprises, etc…), Michel Hussherr voit ce complexe comprenant des bureaux et des installations de loisirs s’installer à l’emplacement des anciens hangars de Batorama, sur le môle Citadelle, du côté du quartier en construction des Deux-Rives.
Esquisse de Zone E, depuis le bassin de la Citadelle Photo : doc remis
Des esquisses ont déjà été réalisées par un cabinet d’architectes car le projet est déjà bien avancé. Michel Hussherr a mobilisé l’investissement nécessaire auprès de son réseau : 20 millions d’euros, dont 10 en provenance de fonds privés et 10 empruntés. Zone E ne demande pas d’argent public car, selon Michel Hussherr, « le levier public sur l’innovation est déjà bien activé. Ce qu’il manque, c’est le financement privé et pour ça, il faut des projets qui donnent envie. »
Ça donne toujours envie sur les esquisses… Photo : doc remis
Surfer sur l’Ill, bientôt une réalité ?
Zone E s’étendrait sur 6 000 m² avec des bureaux mais aussi un restaurant sur le toit, ainsi qu’une piscine, un demi-terrain de basket et un petit terrain de foot.
Mais surtout Michel Hussherr espère créer une vague artificielle devant les hangars pour permettre la pratique du surf à Strasbourg :
« C’est pas encore complètement validé sur le plan technique mais il existe des équipes qui planchent sur le sujet et ce serait leur premier défi en tant qu’entreprises hébergées à Zone E : permettre qu’on surfe sur l’Ill à Strasbourg, sans dérégler l’écosystème ni consommer trop d’énergie… »
Michel Hussherr à l’Atlantico : « Strasbourg a une carte à jouer mais c’est maintenant ! » Photo : PF / Rue89 Strasbourg
La municipalité intéressée mais…
Mais cette idée inquiète un peu les élus de Strasbourg, qui craignent des effets de bord notamment sur le port de plaisance prévu juste à côté. Et surtout, l’emplacement souhaité par Michel Hussherr n’est pas encore disponible, comme l’explique Éric Bazard, directeur de la SPL Deux-Rives :
« On connaît bien Zone E et le projet est fantastique. Mais on ne vend pas le terrain le plus convoité de Strasbourg de gré à gré ! Il y aura un appel d’offres dans six mois et la prochaine municipalité fera son choix parmi les candidats. »
La municipalité propose donc à Michel Hussherr d’attendre ou de candidater à l’appel à projets, imminent celui-là, pour occuper le bâtiment de la Sérigraphie, à la Coop. Mais ce dernier n’est pas emballé :
« La Coop, c’est sympa mais il n’y a pas d’eau. Or dans le concept de Zone E, axé sur le bien être, l’eau est essentielle. On veut travailler sur cet élément, notamment pour résoudre les défis écologiques à venir. Les fonds nécessaires sont mobilisés, mais les investisseurs risquent de ne pas attendre les élections municipales, c’est maintenant que Strasbourg doit se décider. »
Les équipements de Zone E ne seraient pas réservés aux startuppeurs, mais ouverts aux futurs habitants du quartier Citadelle. Les hangars de Batorama ont été utilisés pour des petits congrès et ont accueilli les concerts de Contre-Temps. L’identité portuaire des lieux et leur localisation au cœur de l’axe Deux-Rives font que plusieurs promoteurs ont contacté la SPL pour se positionner… Éric Bazard l’affirme : « sur Citadelle, ça va se battre. »
Le festival Summer Vibration, du 25 au 27 juillet à Sélestat, mettra à disposition des festivalières des urinoirs féminins. Une première en France selon ce festival, qui espère ainsi gommer l’attente supplémentaire imposée aux femmes dans ce genre d’événement.
Le festival Summer Vibration, qui réunit des groupes de reggae et dub à Sélestat du vendredi 25 au dimanche 27 juillet, disposera de quatre urinoirs féminins, une première en France selon les organisateurs, l’association Zone51.
Ces urinoirs féminins appelés « Lapee » ont été imaginés et développés par l’architecte et inventrice française, Gina Perier, et l’architecte danois, Alexander Egebjerg. Le duo a reçu la médaille d’or 2019 du Concours Lépine, qui récompense les meilleures inventions.
« On sait que c’est un cliché, c’est la couleur des femmes. Mais quand on met une innovation sur le marché et qu’il faut communiquer le fait que c’est destiné aux femmes, c’est utile de se servir des clichés. » explique Gina Perier, la créatrice de l’urinoir féminin Photo : Lapee.dk
Un réservoir de 1 100 litres
Le Lapee fonctionne comme un urinoir masculin. Pour y accéder, les utilisatrices doivent monter deux petites marches. Cela leur permet de gagner en hauteur et en intimité. Trois femmes peuvent uriner en même temps, l’urinoir et ses parois étant conçus de façon à ce qu’elles ne puissent pas se voir ni être vues depuis l’extérieur.
Pour utiliser l’urinoir, il faut se mettre en position accroupie. Les parois permettent aux usagères de se tenir. Comme pour les urinoirs masculins, il n’y a pas de papier toilettes à disposition.
Plusieurs robinets seront mis en place pour se laver les mains. Les bénévoles du festival qui assurent l’accueil aux sanitaires mettront également du gel hydroalcoolique à disposition des festivaliers.
La conception du dispositif en forme d’hélice de bateau permet aux femmes de voir sans être vues et préserve leur sécurité en l’absence de porte fermant à clé Photo : Lapee.dk
L’urinoir féminin est mobile et tout terrain. Lorsqu’il ne peut pas être branché au réseau collectif d’égout, il peut être utilisé avec son réservoir. Celui-ci peut contenir 1 100 litres de liquide (ce qui représente la production de trois femmes qui urineraient en continu pendant 48 heures, précise Lapee).
Lors du Summer Vibration Festival, les quatre Lapee seront reliés directement au réseau d’évacuation des eaux usées de la ville. Ils seront tous placés dans la zone réservée aux sanitaires du festival. Les festivalières pourront toujours utiliser les toilettes chimiques, assises : le Lapee est une solution supplémentaire.
30 secondes au lieu de 3 minutes
90% des files d’attente pour les toilettes lors d’événements en plein air sont occupées par des femmes. Certaines festivalières en ont déjà fait la remarque aux organisateurs du Summer Vibration Festival. De nombreuses femmes suggéraient la mise en place de plus de toilettes.
L’urinoir féminin devrait permettre de réduire le temps d’attente devant les les sanitaires. Le Lapee a déjà été testé au Danemark et il ne faudrait que 30 secondes pour y uriner (contre approximativement 3 minutes dans des toilettes classiques). En effet, comme l’urinoir n’a pas de porte, les utilisatrices prennent moins leur temps.
L’urinoir féminin serait également plus hygiénique que les toilettes classiques puisque les utilisatrices ne s’assoient pas. De plus, comme il n’y a pas de papier, l’urinoir ne peut pas se boucher (comme cela arrive souvent dans les toilettes de festivals).
L’équipe de nettoyage du Summer Vibration Festival n’aura à effectuer régulièrement qu’un simple rinçage à l’eau, de temps en temps. Cela devrait suffire à garder les urinoirs propres.
Cette année, le festival Summer Vibration devrait accueillir 25 000 personnes sur trois jours Photo : Sébastien North / doc remis
Un test pour voir si la file d’attente féminine diminue
Avec ces quatre Lapee, douze femmes pourront uriner simultanément pendant le festival. Les urinoirs masculins restent quand même plus nombreux : trente hommes pourront uriner en même temps.
Pour le moment, l’initiative du Summer Vibration Festival a été plutôt bien reçue par les festivaliers. L’équipe du festival a prévu d’aller à la rencontre des festivalières pour recueillir leur impressions et évaluer l’intérêt du dispositif. Zone51 n’a pas souhaité communiquer le montant de cette location.
Dans les années 1970 et 1980, Simon Schneider occupe l’actualité alsacienne et française avec ses vols et braquages, mais surtout avec sa réputation. Déguisé, échappant aux policiers avec panache, évadé, et peut-être « redistributeur » de l’argent vers les plus nécessiteux. Souvenirs de ceux qui l’ont côtoyé.
Simon Schneider est-il un « brigand sympathique » ? « Oui », convient François Bernard, journaliste aux DNA et pour le Figaro à l’époque dans une interview à l’ORTF à l’été 1971. Il le décrit comme un « grand garçon qui parle très bien français, très décontracté, très lucide ».
Le journaliste se retrouve interrogé car il a rencontré en secret Simon Schneider pour faire publier une mise au point dans le Figaro, suite à un ses articles à son sujet. Il reconnait des braquages, mais se défend de toute attaque à la grenade, ni d’avoir tiré sur quiconque. Les échanges avec la presse vont nourrir la vie, et la légende, de celui qui prendra plus tard le surnom de « Robin des Bois » local.
François Bernard après avoir rencontré Simon Schneider
Les coups d’éclat du gentleman cambrioleur
Car à cette époque, ce 12ème enfant d’une famille de 20 du quartier du Polygone est connu pour des faits de petit banditisme, des vols de voiture (plus de 200 selon Der Spiegel en 1971) ou de commerces. Il vient tout juste d’être père.
Mais plus que les faits reprochés, ce sont les manières de ce « gentleman-cambrioleur » qui vont l’ériger en célébrité dans les années 1970, jusqu’à sa mort en 1995. « Dans la Petite-France où l’on pouvait rouler en voiture, il semait les flics, puis une fois derrière eux faisait des appels de phares », raconte le cabaretiste Roger Siffer qui l’a plus tard défendu dans une chanson et même rencontré. Autre légende, « quand il prenait la voiture d’une dame pour un braquage, il la ramenait nettoyée, avec le plein et un bouquet de fleurs », abonde Philippe Rozensweig qui a enquêté pour rédiger un scénario à la fin des années 2000, qui attend un producteur pour être tourné.
Enfin, en bon « Robin des Bois », l’histoire retient qu’il distribuait, notamment dans son quartier natal et auprès de la communauté yéniche dont il est originaire, l’argent dérobé aux plus plus riches. Qu’en est-il vraiment ? Si certaines personnes assurent qu’il « redistribuait tout », d’autres racontent que celui qui avait une réputation de séducteur « claquait tout le soir-même ». La vérité est sûrement entre les deux.
Il est en tout cas avéré que pour tromper les policiers, Simon Schneider avait l’habitude de se déguiser en femme à l’aide de perruques ou en religieux avec une soutane. Réelle ou enjolivée, cette dérision permanente des policiers énerve la hiérarchie qui mobilise jusqu’à 300 hommes pour le retrouver.
Dans l’ère post soixante-huitarde, ce jeune homme issu d’une minorité qui défie l’autorité des policiers a bonne presse et trouve du soutien dans les milieux intellectuels. Alors que toutes les rumeurs courent, on imagine un temps qu’il ait participé au « Casse du siècle » à l’Hôtel des Postes en juin 1971, alors que l’enquête patine (voir notre précédent épisode).
Lors de cette cavale, Christian Gros, photographe pour L’Express et Paris Match, a rencontré « l’homme aux mille déguisements et cambriolages » :
« Avec François Bernard des DNA, il nous avait donné rendez-vous place Kléber. Puis un complice est venu en nous pointant une arme sur le ventre pour nous dire ce qui nous attendait si nous étions avec la police. Nous avons roulé deux heures, moi à plat ventre à l’arrière et François sous le pare-brise et le pistolet sur le crâne, pour s’assurer que nous n’étions pas suivi. Puis nous avons retrouvé Simon Schneider à la terrasse d’un bistrot de Neudorf. Une fois les présentations faites, il nous a donné beaucoup de renseignements. Vers 3h du matin, le gérant nous a dégagés, mais la confiance était là et Simon Schneider nous a donné rendez-vous dans sa planque, une maison au Tivoli. J’avais pris une photo de lui pour Paris Match, mais qui ne permettait pas de reconnaître le lieu. Nous avons ensuite été convoqués à la police, qui était furieuse qu’on ne lui ait rien dit. Mais sans se concerter, François et moi avons eu des trous de mémoire lors de nos interrogatoires séparés… »
De la première arrestation à l’évasion
En septembre 1971, le gangster est attrapé une première fois, rue Jean-Jacques Rousseau lors de ce qu’on appelle « la reddition du Tivoli », dans une villa au fond de ce quartier cossu. Il avait trouvé refuge chez le sociologue Marie-Paul Dollé, qui a étudié les communautés Tziganes, Manouches et Yéniches.
Cerné pendant plus de 5 heures, Simon Schneider alerte la presse pour s’assurer une arrestation sans violence. Il pose même une condition, « pas de mains en l’air » pour sa sortie et un point presse improvisé. C’était la « meilleure solution de part et d’autres », convient-il devant les micros.
La maison où s’était retranché en 1971 Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Une fois emprisonné, l’histoire de ce brigand aurait pu s’arrêter là. Mais le 10 février 1972, il s’évade de sa cellule, rue du Fil à l’arrière de l’ancien Palais de justice, (devenu l’hôtel de police rue de la Nuée-Bleue et aujourd’hui transformé en hôtel de luxe). Tel un personnage de film, il s’échappe en pyjama avec des draps noués, en sciant un barreau et avec l’aide d’un complice. Son co-détenu est arrêté immédiatement.
L’évasion
La cavale dure trois semaines. Le 3 mars c’est dans un appartement du Neudorf, où il voulait revoir son amie Nicole Silbereis, qu’il est arrêté. Simon Schneider se rend sans tirer, mais retient l’une de ses deux logeuses dans une chambre. Retour rue du Fil.
La rue du Fil aujourd’hui
En 2019, l’ancienne prison et commissariat se transforme de Strasbourg se transforme en hôtel de luxe. On aperçoit encore les fenêtres à barreaux. Simon Schneider avait scié l’un d’eux dans les étages en 1971 Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Avant les travaux, on distinguait les anciennes geôles rue du fil, à l’arrière de l’ancien Palais de Justice Photo : streetview
Deuxième reddition de Simon Schneider
Par la suite, Simon Schneider ne s’échappe plus de manière spectaculaire. Celui qui a écumé plusieurs prisons dont celle de la Sainte-Marguerite, remplacée par l’ENA, choisit de ne pas rentrer lors de permissions de sortie en décembre 1977 et en janvier 1995.
De la petite délinquance au grand banditisme
En prison à Saint-Maur (Indre), Simon Schneider fait d’autres rencontres. Il retrouve Rémi Fischer, un mulhousien et Roland Gontier, un réunionnais. Début 1978, le « trio des mitraillettes » cumule 7 attaques, 2 prises d’otages, et des policiers blessés. Ces faits et gestes, notamment en Alsace, lui valent une nouvelle condamnation à 12 ans de prison en 1981.
Capture d’un complice et rappel des faits avant le procès
Dans les années 1980, le chansonnier Roger Siffer prend fait et cause pour Simon Schneider via une chanson engagée :
« J’avais déjà entendu parler pour la première fois de Simon Schneider lorsque je travaillais au théâtre alsacien, le Barabli. Germain Muller faisait croire, alors qu’il était en cavale, qu’il était dans la salle. Puis j’ai vécu dans cette maison au Tivoli, qui était en quelque sorte hanté par cette présence. J’ai voulu exorciser la chose avec une chanson. Et ce qu’il vivait était injuste. Il payait à cause de ses origines. Douze ans en quartier de haute-sécurité pour des vols… »
Message principal de « la plus belle chanson de Roger Siffer », dixit Philippe Rosenszweig : « Un pays sans gitans est un pays sans libertés ». Le dernier couplet pose la question de la sévérité des peines :
« Quelques voitures volées et douze ans au trou Simon c’est cher payé Les grands font de mon pays une poubelle Sans avoir à payer pour cela »
traduction de la chanson en Alsacien de « Simon Schneider »
Leur relation ne s’arrête pas là se souvient Roger Siffer, derrière son bureau à la Choucrouterie :
« J’avais chanté cette chanson sur France Inter lors d’une émission de nuit et dans une longue lettre qu’il m’adresse, il me traite de “petit con” pour m’expliquer qu’il n’est pas gitan, mais jennisch, bien plus sédentaire, implantés en Alsace depuis longtemps et notamment connus pour être artisans ou antiquaires dont beaucoup habitent toujours à Muttersholtz. On les appelle aussi les Vanniers »
Le chansonnier Roger Siffer, dans son bureau Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
S’en suit plusieurs correspondances, notamment de nature littéraire avec Susanne Mayer, la compagne de Roger Siffer alors journaliste à l’Alsace. « Des lettres dans un très bon français. Simon Schneider lisait beaucoup », poursuit Roger Siffer.
Grâce à une bonne conduite, Simon Schneider est libéré en juin 1988, mais la police suit à la trace le repris de justice dès sa sortie. Ils le soupçonnent de préparer un nouveau braquage. Les écoutes entre juillet et octobre mènent les enquêteurs jusque chez lui.
Les braquages en voiture faisaient partie du mode opératoire du gangster. (cliquez sur l’image pour voir le teaser de la série)
Perquisitionné alors qu’il dînait avec Roger Siffer
Le soir de la perquisition, Roger Siffer rencontrait pour la première fois… Simon Schneider :
« Nous l’avons invité à dîner chez nous à Neudorf. Nous avions préparé du gibier et du Gewurztraminer. Nous avions aussi attaché les chiens car il en avait peur. Le lendemain matin, les infos indiquaient qu’au même moment une descente de flics avaient trouvé tout un arsenal chez lui et il est retourné en taule. »
Bien que seule l’intention de passer à l’acte soit retenue, Simon Schneider est condamné à 10 ans lors d’un nouveau procès en 1989. Roger Siffer regrette-t-il d’avoir pris fait et cause pour quelqu’un qui a versé dans le grand banditisme ? « C’est la conséquence logique. Douze ans en QHS ne transforment pas en ange, il n’avait plus peur du risque », répond le comédien alsacien.
Le pasteur Joseph Reutenauer, qui l’a côtoyé quelques fois à la prison Sarreguemines à la fin des années 1980 où il était aumônier, abonde en ce sens :
« Ces prisons transforment les gens en bêtes. Tout était scellé, le lit, les chaises, les tables. Il recevait sa tambouille via une lucarne, comme au zoo et ne voyait que le ciel qu’à travers les barreaux dans une pièce de 3 mètres sur 4. Heureusement, les choses ont un peu évolué. »
Dernière évasion et braquages dans les années 90
Sa dernière échappée débute le 23 janvier 1995, un peu plus d’un an avant sa date de sortie programmée. Ce jour-là, il ne revient pas d’une permission de trois jours, à la prison de Metz-Queuleu. Il est repris, toujours armé mais sans tirer, à Strasbourg dans la nuit du 4 ou 5 mars, cette fois-ci par le GIGN.
« La première fois que des hélicoptères sont venus ici », se souvient un habitant, adolescent à l’époque, qui l’a aperçu quelques fois de loin. « Personne ne savait quand il revenait, même sa mère, jusqu’à ce qu’il passe la porte avec une perruque ». Entre temps, il avait commis deux braquages à main armée d’agences bancaires, dont le dernier à Witternheim pour un butin de 45 000 francs (6 800€). Ses deux complices avaient été arrêtés quelques heures plus tard à Strasbourg.
Début décembre, Simon Schneider est retrouvé pendu dans sa cellule à Metz-Queuleu. « Quelques jours avant nous avions reçu de sa part un poème de Lou Salomé, une maîtresse de Nietzche, qui traitait du suicide. Mais nous n’avons pas saisi le message », se rappelle Roger Siffer. En raison des habitudes et des convictions religieuses de Simon Schneider, les conditions de cette « ultime évasion » continuent d’interroger ceux qui l’ont côtoyé.
Sa tombe à Strasbourg est toujours visitée et entretenue. « À son enterrement, des gradés de la police sont venus et en ont parlé en bien, pour dire qu’il avait une parole, qu’il reconnaissait quand il était attrapé et qu’il ne tirait pas lors de ses redditions », assure-t-on du côté du cimetière du Polygone, via des souvenirs racontés par des anciens collègues.
Suite aux fortes chaleurs, les ressources en eau du Bas-Rhin ne compensent plus la consommation du département. En conséquence, le département a été placé en « vigilance sécheresse » et des mesures de restriction de l’usage de l’eau sont en vigueur.
Le « comité sécheresse » du Bas-Rhin, un groupe d’expert en hydrologie, s’est réuni mercredi 17 juillet à la préfecture pour analyser la situation de la ressource en eau dans le département suite à la récente canicule.
Les températures élevées ont engendré un stress hydrique important : la demande en eau est désormais supérieure à la ressource disponible. L’indicateur de l’humidité des sols se situe actuellement dans les 10% des sécheresses les plus sévères. Le niveau de la nappe phréatique d’Alsace est en baisse et est toujours inférieur à celui observé en 2018 à la même période.
Le seuil d’alerte est atteint pour tous les cours d’eau du département : la Lauter, la Sauer, la Moder, la Zorn, la Bruche, l’Ehn, l’Andlau, le Giessen, la Liepvrette, la Sarre et l’Ill. Plusieurs cours d’eau, dont des cours d’eau phréatiques du Ried-Centre Alsace, sont asséchés (10 stations sur 30).
Mesures de restriction
Le préfet du Bas-Rhin a mis en place des mesures de restriction de l’utilisation de l’eau. Celles-ci sont adressées à l’ensemble des usagers du département : collectivités, industriels, agriculteurs et particuliers.
La préfecture interdit désormais, et jusqu’à la sortie de la vigilance, le remplissage des piscines privées, le lavage des véhicules (sauf dans les stations professionnelles), le lavage des voiries et des trottoirs, l’arrosage des pelouses et des jardins (sauf arrosage manuel et goutte à goutte automatique) et l’alimentation des fontaines publiques en circuit ouvert. Concernant les prélèvements en rivière, sur proposition de la profession agricole, une réduction, par tronçon, du nombre de pompes fonctionnant en même temps et des débits instantanés de ces pompes sera mise en place.Concernant les prélèvements dans la nappe phréatique, des restrictions limitées aux prélèvements situés dans une bande de 200 mètres le long des cours d’eau prioritaires du schéma d’aménagement et de gestion des eaux du bassin Ill-Nappe-Rhin sont prescrites.Les collectivités et les industriels doivent quant à eux surveiller la qualité de leurs rejets. Concernant les prélèvements en rivière, le nombre de pompes fonctionnant en même temps sera réduit. Enfin, un avis sera transmis à la batellerie afin de regrouper les bateaux de tourisme qui empruntent les écluses et limiter le volume d’eau ainsi consommé.
En période de sécheresse, les animaux souffrent également Photo : Isabelle Blanchemain / FlickR / cc
Vers des mesures renforcées ?
Des températures élevées sont prévues dans le Bas-Rhin pour les semaines à venir. Le prochain comité sécheresse se tiendra le 7 août pour examiner l’évolution de la situation. Si les indicateurs hydrologiques atteignent les « seuils d’alerte renforcés » avant cette date, le préfet pourrait prendre de plus amples mesures de restriction.
La préfecture précise que l’alimentation en eau potable du Bas-Rhin n’est pas menacée pour l’instant.
Des textes sur le grand remplacement, les « vrais responsables » d’attentats ou contre la PMA, suivent certains menus du restaurant « La Forge » à Gambsheim. Le gérant, qui joue la carte de la provocation, s’étonne de la réaction d’une cliente.
C’est un texte qui suit le menu « Affaires » d’un restaurant de Gambsheim, un village situé à quelques minutes au nord de Strasbourg. Après le tartare de thon rouge, le filet de dorade royale et le dessert, figure un extrait du livre à succès Le suicide français de l’écrivain-polémiste Éric Zemmour, paru en 2014. Ce mélange gastronomique et politique, et particulièrement la teneur du passage, a choqué une cliente du restaurant « La Forge » à Gambsheim venue dîner « en amoureux ».
Le passage indique notamment que « le Français de souche se fait remplacer et il est heureux », en mentionnant la Seine-Saint-Denis, puis de Lille, Roubaix, Marseille et des quartiers nord de Paris. « Par son immigration la France a particulièrement choisi des populations incapables de gagner leur pain quotidien », conclut le passage. Une phrase en italique à la fin sur « les colonies » semble être un ajout personnel.
Dans une publication sur Facebook, cette dame dit avoir demandé si elle était la bienvenue avec son compagnon (non-blanc de peau semble-t-il), et se serait fait répondre qu’il « n’y a pas de ségrégation » par une employée. Dans les commentaires, elle relate que »[s]on homme », est resté calme. « Sans doute a-t-il vécu des situations comme celles ci a multiples reprises », estime l’ex-cliente du restaurant spécialisé dans les poissons. Ils sont restés jusqu’au bout du repas.
« Pourquoi n’aurait-on pas la droit ? »
Contacté, le restaurateur Christian Zinck rigole et ne comprend l’objet de la demande :
« Pourquoi n’aurait on pas le droit de publier un texte avec le menu ? La loi Avia (une loi qui vise à lutter contre la haine sur internet mais aussi accusée de restreindre la liberté d’expression ndlr) est déjà en route ? »
Le menu servi le 17 juillet Photo : capture d’écran
Le gérant défend ce texte qui ne figure « pas sur tous les menus » et qui change « toutes les semaines ». Le but ? « Mettre en contradiction le monde intellectuel, qui va dire qu’il est contre, mais pourquoi, ça on ne sait jamais ».
Il se justifie : « J’ai reproduit quelque chose qui est déjà publié dans les journaux. Ça ne date pas d’hier. » Éric Zemmour a pourtant été condamné plusieurs fois pour incitation à la haine raciale, « mais pas pour cet article », objecte Christian Zinck. « Ce que j’en pense, ça ne regarde pas le client. Ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est reproduire un texte tout simple pour voir les réactions », assure le patron.
« Des dizaines de personnes sont venues et n’ont rien dit, et il y a eu hier soir une personne qui n’a pas approuvé. Maintenant, si elle arrive à ameuter toute la presse, cela prouve qu’il [Éric Zemmour] n’a pas complètement tort. »
Christian Zinck, au téléphone le 18 juillet
D’autres textes semblables republiés
Ce texte polémique n’est pas une expérience isolée de Christian Zinck. Sur le site de notation Tripadvisor, d’anciens clients ont publié des photos de cartes plus anciennes avec une littérature similaire mais cette fois non-signée, toujours sous des menus Affaires. L’un d’eux, en juin 2019, fustige le volte-face d’élus de droite passés chez « En Marche », qui s’apprêteraient à soutenir la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de lesbiennes ou ont changé d’avis sur le port du voile par des mères lors de sorties scolaires.
Un autre, en juillet 2016, désigne les « élites de tout bord » qui ont « culpabilisé les peuples européens et ignoré le totalitarisme islamiste, » comme responsables des attentats de Paris en Bruxelles en 2015 et 2016. Depuis combien de temps des textes similaires accompagnent les plats ? Le restaurateur aux commandes depuis 2006 préfère mettre fin à la conversation.
Les volte-face, en juin 2019 Photo : capture d’écran Tripadvisor Texte publié par un internaute en juillet 2016, soit après les attentats de Paris de novembre 2015 et de Bruxelles en mars 2016 Photo : capture d’écran
Une quinzaine de policiers ont été mobilisés mercredi à la station de tram Port-du-Rhin, dernier arrêt avant Kehl, pour procéder à des contrôles d’identité. Une mesure symbolique, pour répondre à des violences dans les piscines de Kehl, pour lesquelles de jeunes Strasbourgeois ont été mis en cause.
Une quinzaine de policiers ont procédé à des contrôles d’identité ce mercredi à la station de tram Port-du-Rhin, à proximité de Kehl. Ils cherchaient à dissuader des jeunes Français de se rendre dans les piscines de Kehl.
Fin juin, des bagarres ont éclaté entre des bandes strasbourgeoises rivales. La police allemande est intervenue deux fois le 30 juin, d’abord à la piscine d’Auenheim, puis à la piscine en plein air au sud de Kehl. Violences répétées, incivilités, bagarres entre bandes…
Le maire de Kehl, Toni Vetrano, se retrouve avec une délinquance de métropole alors qu’il est équipé en policiers comme une ville rurale de 37 000 habitants. Il a donc demandé le soutien des autorités françaises et du Land, le Bade-Wurtemberg.
Mais la coopération franco-allemande en matière de sécurité publique trouve vite ses limites. Pas question d’envoyer des policiers français dans les piscines de Kehl : les limites étatiques s’imposent aux policiers. Il n’y a qu’un seul contre-exemple : le commissariat franco-allemand d’Europa-Park.
Les policiers postés au Port-du-Rhin n’ont constaté aucune infraction Photos : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc
Kehl suit les règlements des piscines Strasbourgeoises
Trois adolescents en survêtements, baskets et gros sac de sport sont contrôlés à leur arrivé à la station de tram. Ils sont au fait des incidents des dernières semaines mais pas des nouvelles restrictions appliquées à Kehl :
« On ne va pas à Strasbourg, c’est mort, c’est toujours blindé. À Kehl, c’est ouvert, on peut bronzer et fumer la chicha. »
Un jeune habillé en vêtements de sport et grand sac, contrôlé lors de l’opération
Mais la chicha est désormais interdite. Les piscines de Kehl ont harmonisé leur règlement avec celles de Strasbourg, moins permissives. Exit la chicha, les cigarettes pour les mineurs, le port des maillots de bain est maintenant obligatoire. Des panneaux seront installés pour indiquer le nombre de baigneurs. À Strasbourg, la population des piscines est limitée.
Une coopération renforcée
Le 10 juillet, la préfecture du Bas-Rhin, le maire et les autorités de police de Kehl se sont réunis et résultat : quelques mesures de prévention comme ces contrôles d’identités, et le parquet français sera saisi pour tout ressortissant interpellé par la police allemande.
Contrôle de police dans un tram Port du Rhin
Ces opérations de contrôle se poursuivront selon les recommandations allemandes. Pour le commissaire Éric Bolli, en charge de l’opération, ces mesures dépendent d’une communication fluide entre les autorités des deux pays :
« En fonction des informations, nous allons organiser des contrôles d’identité de la population qui se rend en Allemagne sur réquisition du procureur de la République, à titre préventif. Le but, c’est que nos voisins allemands nous communiquent les dates où ils pensent qu’il y aura un afflux massif de population française. Ils nous ont communiqué la date d’aujourd’hui. »
La police française a besoin d’un appel des autorités allemandes pour se mobiliser…
Le sous-préfet Dominique Schuffenecker explique que les contrôles se feront de manière aléatoire :
« En principe tout le monde est susceptible d’être contrôlé mais c’est le flair policier qui fait qu’ils peuvent repérer les personnes susceptibles de troubler l’ordre public. On cible les gens qui pourraient se rendre à la piscine de Kehl : des personnes les gens avec des sacs de sport ou des tenues de sport par exemple. »
Les ponts jetés sur le Rhin ont accru la pression sur les piscines de Kehl.
Pas de brigade franco-allemande à l’ordre du jour
Dominique Schuffenecker écarte l’idée d’une brigade franco-allemande, comme il en existe dans les trains en Alsace par exemple :
« On n’en est pas à envisager des brigades franco-allemandes. Les autorités allemandes l’ont bien compris. La police est très sollicitée à Strasbourg. Elle est d’abord là pour assurer la sécurité publique dans l’agglomération strasbourgeoise jusqu’à Haguenau et Sélestat. L’important, c’est qu’on travaille bien ensemble et qu’on soit efficace. »
Ce mercredi, parmi la centaine de personnes contrôlée sur huit rames de tram, aucune infraction n’a été constatée.
Après des mois de mobilisation, les efforts des habitants de l’écoquartier des Tanneries à Lingolsheim ont fini par payer. Le quartier sera finalement desservi par une navette à partir du mois de décembre. Jusqu’ici, les riverains n’avaient pas accès directement aux transports en commun.
Cinq ans plus tard, la municipalité répond enfin à la demande des habitants, qui s’étaient mobilisés contre l’absence de transports en commun, malgré les promesses. À partir de décembre 2019, l’écoquartier des Tanneries sera relié par une navette de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) à la gare de Roethig et à l’arrêt Alouettes du tram B.
La navette circulera du lundi au samedi de 7h à 19h, un effort de 143 000 euros pour la municipalité, acté début juillet.
Pour accéder à l’écoquartier des Tanneries, il faut compter au moins 10 minutes de marche depuis le terminus du tram Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
Plus de 150 signatures
Samy Lamamra a monté le collectif des Tanneries en août 2017. Ces habitants se sont régulièrement réunis pour tenter d’améliorer leur quotidien au sein de l’écoquartier. Ils ont exigé la mise en place de cette navette et fait signer une pétition en ce sens, signée par 150 familles.
La navette permettra aux habitants de réduire l’usage de voitures personnelles, sensé être restreint dans un écoquartier.
Samy Lamamra est à l’origine du collectif des Tanneries Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
« Il n’y a rien d’écologique dans ce quartier »
Le collectif des Tanneries ne compte pas se contenter de cette victoire et veut s’attaquer aux poubelles qui débordent, à la saleté dans les rues, aux voitures mal garées et au manque de passages piétons…
La construction de l’écoquartier des Tanneries devrait s’achever fin 2020 Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
Samy Lamamra a déjà fait part de ces nombreux problèmes à Yves Bur, le maire de Lingolsheim. Pourtant, la municipalité ne réagit pas. Un habitant du quartier (ayant souhaité rester anonyme) témoigne :
« Il n’y a rien d’écologique dans ce quartier ! Pour me demander de payer des amendes pour stationnement gênant il y a du monde, mais pour nettoyer les rues il n’y a plus personne. Ils bouffent l’argent des gens, ils prennent le maximum mais ils ne cherchent pas de solutions pour nous. »
De la verdure, mais des déchets partout Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
En projet : du pain et des viennoiseries bio
Autre problème : le quartier des Tanneries ne dispose toujours d’aucun commerce de proximité. Le collectif souhaiterait faire d’un local commercial vide une « boulangerie solidaire ». Pour cela, il s’inspirerait du concept de Bou’Sol, un réseau de boulangeries solidaires et biologiques, né à Marseille.
Le blé et la farine serait fournie par des agriculteurs locaux et Samy Lamamra pense que ce serait l’occasion « d’accueillir et de professionnaliser des personnes en parcours d’insertion ».
Mais l’acquisition du local est évaluée à 180 000€, une somme pour laquelle le collectif n’a aucune solution. Le local n’a jamais été occupé depuis la création de l’écoquartier.
L’acquisition d’un tel local coûte 180 000 euros Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
La troisième édition du Camp Climat aura lieu en Alsace, à Kingersheim. Du 31 juillet au 11 août, plusieurs centaines de militants écologistes vont se former à des actions non-violentes en vue d’agir contre le dérèglement climatique.
Le nombre de participants au Camp Climat (co-organisé par les groupes Alternatiba, ANV-COP21 et Les amis de la Terre) augmente d’année en années. Ils étaient 600 en 2017 à Maury (Pyrénées orientales). Cette année, plus de 1 000 personnes se sont inscrites pour suivre les formations qui seront dispensées à Kingersheim, dans le Haut-Rhin, du 31 juillet au 11 août.
Des ateliers sont programmés pour favoriser l’échange d’expériences entre les militants Photo : document remis
La ville, en banlieue de Mulhouse, a été choisie par les organisateurs pour héberger cette troisième édition car elle a été l’une des premières en France à avoir déclaré « l’urgence climatique. » La municipalité est notamment engagée dans la démarche Cit’Ergie qui récompense les collectivités pour la mise en oeuvre d’une politique climat-air-énergie ambitieuse. Une ferme photovoltaïque devrait voir le jour à Kingersheim d’ici 2021.
Les participants s’entraînent à différentes techniques d’action non-violentes, notamment comment réagir face aux forces de l’ordre Photo : document remis
De 5 à 12€ par jour et par personne
Coordonner des actions non-violentes, mener des campagnes efficaces pour faire évoluer des entreprises et les décideurs politiques, développer un groupe local… Tout cela s’apprend… Le camp propose des tarifs de 5 à 12€ par jour et par personne mais toutes les formations sont complètes.
Pendant douze jours, les participants au Camp Climat suivront un programme divisé en plusieurs grands pôles : « action non violente », « stratégie », « communication », « logistique », « informatique » et « méthode et fonctionnement ».
Au camp climat de 2017 Photo : document remis
Les militants en formation pourront également expérimenter de nouvelles pratiques, telles que l’auto-gestion ou le compostage des déchets, et ce pendant toute la durée du camp.
En soirée, d’autres activités sont ouvertes et encore accessibles au public, comme des concerts et des tables-rondes (voir ci-contre et le programme complet).
Que faire des déchets alimentaires des restaurants ? Porté par l’association Bretz’selle, le projet Sikle propose de les collecter à vélo pour les composter à l’extérieur du centre. Reportage lors d’une tournée pluvieuse.
Le départ est fixé à 8h30 devant Bretz’selle, à côté du pont du Corbeau. Pas de chance, c’est la première tournée sous la pluie en deux mois. Équipés de casques, imperméables et surpantalons, Joakim Couchoud et Henri Samson s’apprêtent à débuter leur tournée de 9 restaurants strasbourgeois.
Pas besoin de pédaler pour rejoindre point de collecte des biodéchets. Le restaurant vénézuélien Venezolatino se situe à côté de l’association cycliste. Les gérants ne sont pas là à cette heure matinale, mais Joakim Couchoud accède à un couloir de l’entrée où une caisse bleue en plastique l’attend.
Joakim Couchoud peut accéder aux caisses des restaurants sans que le personnel soit présent Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Avant de charger la remorque, le contenant est pesé. Trois kilos sont retranchés aux 21 kg mesurés. Car le prix payé par chaque établissement dépend du poids et du nombre de collectes par semaine. Le poids relevé est immédiatement consigné dans un tableau en ligne via le téléphone portable. Une caisse vide et propre est laissée.
La pesée permet de déterminer la contribution de chaque restaurant Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Le système Sikle prend davantage de biens que les compost de quartier Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
La carla, un vélo-remorque allemand bien pratique
Les deux jeunes hommes enfourchent leur « carla », un vélo à remorque développé par une jeune société allemande basée près de Fribourg. Henri part vers Neudorf et le restaurant le plus excentré de la tournée. Joakim Couchoud, le responsable du projet, s’occupe du bar Supertonic, place d’Austerlitz. Avant de peser, chaque bac est inspecté d’un rapide coup d’œil pour s’assurer qu’il n’y a pas d’erreurs. Ici, une personne s’active déjà en cuisine, mais le chargement est tout aussi rapide, quelques minutes avant de repartir vers les quais et la rue des Frères.
Pour le moment le projet Sikle est porté par l’association cycliste Bretz’selle. À terme, il est amené à se transformer en association autonome, pour continuer à s’appuyer sur une dizaine de bénévoles, puis sur une société coopérative, adossé à un modèle économique permettant de payer des salariés. Sikle se concentre dans le centre-ville, car les restaurateurs y sont nombreux et 50% de leurs déchets sont organiques contre 30% chez les particuliers.
La carla est facile à prendre en main. Très maniable, elle peut faire un demi-tour. Une assistance électrique permet de donner une impulsion notamment au départ ou dans les montées. Une fois parti, l’inertie permet d’avancer facilement. Le vélo n’avance en revanche qu’à la force des mollets.
La batterie et le moteur qui permet la propulsion électrique Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Le petit bouton sous le guidon permet la propulsion Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Petits ajustements
Après un rapide passage au restaurant gastronomique la Casserole, la pluie s’intensifie. À cette heure-ci, le centre-ville est relativement calme, les livreurs en voitures ou camions sont plus nombreux que les premiers groupes de touristes. « On a fixé ces horaires pour éviter la chaleur. Cela évite de terminer tard, car il y a encore plusieurs heures de travail en extérieur une fois la collecte terminée ». Conséquence de ce centre-ville peu fréquenté en ce matin pluvieux de juillet, la tournée arrive en avance à la Winstub le Saint-Sépulcre, rue des Orfèvres, où le chef n’arrive qu’à 9h30. Ici, il faut que la porte soit ouverte pour accéder. Joakim Couchoud se rend donc à l’étape suivante, chez Jeannette et les cycleux où une petit pause café est proposée.
Pour Shir Hermeche, cuisinière, adopter le réflexe peut aussi avoir une valeur d’exemple :
« Si c’est possible dans une entreprise avec des petites quantités, alors on peut le faire aussi chez soi. Et on remarque que l’on sort beaucoup moins souvent la poubelle. »
À gauche, Shir Hermeche s’est facilement adapté à la collecte de biodéchets Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
L’arrivée de bacs à compost a demandé un seul petit ajustement, ne pas laisser les bacs à la cave où sont entreposés les oignons, car les biodéchets dégagent un peu d’humidité.
Retour au Saint-Sépulcre où Émilien Meyer, le chef cuisiner, est arrivé. « À Strasbourg, il n’y a pas de solution simple pour les professionnels, à moins de faire soi-même. Avoir deux ou trois poubelles ne change pas l’organisation en cuisine. »
Les boîtes les plus lourdes sont placées le plus bas possible, question de stabilité Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Pour Joakim Couchoud, quatre raisons ont poussé les 16 premiers restaurateurs à se tourner vers ce système :
« La conscience écologique, une question d’image, une simplification de l’organisation parce que mettre les déchets dans un bac est plus rapide qu’en sac poubelle, et enfin les restaurateurs de plus de 200 couverts par jour sont réglementairement obligés de trier leurs biodéchets selon une loi de 2016. »
Et pour réduire la facture des déchets ? Si pour Shir Hermeche « c’est aussi une question de business », cela n’est pas forcément l’argument premier selon Joakim Couchoud. Cette solution revient pour le moment à « 5 à 8 centimes par couvert », soit 50 à 150 euros par mois selon les restaurants. Dans l’Eurométropole, seuls les gros producteurs de déchets (plus de 770 litres par semaine) sont assujettis à une taxe au volume. Les autres paient une redevance fixe, à l’instar de la taxe des particuliers.
Les boîtes les plus lourdes sont placées le plus bas possible, question de stabilité Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
D’un petit bar à jeux écolo…
Henri Samson et Joakim Couchoud se retrouvent au Schluck’n spiel, vers la place Saint-Thomas. Il ne communique pas dessus, mais ce bar à jeux ouvert en avril a la fibre écologique. Deux de ses trois fondateurs ont travaillé dans la gestion des déchets.
Pour Thibault Schuster l’un des trois co-gérant, se tourner vers une collecte des déchets alimentaire était une évidence :
« Nous étions sensibilisé à la question écologique par nos expériences et dès l’ouverture nous avons cherché une solution. Nous faisons aussi récupérer notre huile de cuisson par Strass’huile qui vient gratuitement. C’est une démarche générale, 80 à 90% de la carte est élaborée avec des produits qui viennent de moins de 50 kilomètres. »
Cet esprit écologique ne s’arrête pas là. Les étagères pour entreposer les jeux sont faîtes avec les anciennes caisses à vins du cellier du restaurant précédent, le Caillou. Une peinture à base d’argile sans produit chimique recouvre les murs, tandis que les trois associés ont choisi Lisbeth pour l’eau en bouteille, car elle consigne ses bouteilles.
Retrouvailles et petite pause. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Au Schluck N’Spiel, plusieurs petits principes écologiques sont en place. Thibault Schuster officie en cuisine. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Henri, trempé par son aller-retour à Neudorf accepte volontiers un chocolat chaud. « C’est l’une des tournées les plus cool de l’année » remarque Joakim Couchoud qui débute de fait une deuxième pause, ce qui n’est pas habituel.
… à un grand restaurant
Direction la Petite-France chez un nouveau client, le premier restaurant d’ampleur, la Corde à linge et ses « 1 000 à 1 200 couverts les bons jours », selon Hugo Rodrigues, serveur. Ici, 4 bacs soit 60 kilos sont embarqués. La dernière collecte datait de la veille. Douze caisses sont mises à disposition, ce qui permettrait au restaurant de se débarrasser d’une des trois grandes poubelles bleue (770 litres). L’enlèvement d’une poubelle bleue de cette taille une fois par semaine coûte 1 392,75 euros par an à une société (un tarif à multiplier s’il y a davantage de collectes hebdomadaires).
L’ajout de ce vaste établissement sur l’une des plus belles places de Strasbourg a permis de déclencher l’embauche de Henri Samson. Bénévole depuis avril, il a débuté a mi-temps le lundi.
Pour Hugo Rodrigues de la Corde à linge, cette nouveauté facilite son travail :
« C’est en fait plus rapide, il n’y a pas à remplir un sac plastique, à le fermer et à en changer. Le tri s’opère dès que l’on débarrasse les assiettes. C’est juste une habitude très simple que nos managers nous ont montré une fois la décision prise. »
Cette première semaine pour la Corde à linge génère un rapide retour auprès d’une responsable : « des sachets de ketchup, de sel, une boulette d’aluminium, et un gros os de viande » n’auraient pas dû se trouver dans les contenants, relève Henri Samson. Message reçu.
La corde à linge est la plus grande collecte de la semaine
À un autre restaurant lors de la tournée Joakim Couchoud avait fait remarquer qu’il rendait « plus de pain non-utilisé que les autres restaurants qui font des planchettes ». Il conseille de mieux s’ajuster au fur et à mesure. L’accompagnement fait aussi partie du service. « Notre but c’est la réduction à la source, même si ça peut donner l’impression de se tirer une balle dans le pied, puisque c’est notre ressource. »
Les vélos permettent de circuler facilement dans les rues étroites du centre Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
La tournée dans la Grande-île se conclut par un rapide passage au salon de thé Grand’Rue, où la discussion porte surtout sur les horaires pour organiser la dernière collecte avant la fermeture estivale.
Une dernière étape devait mener au Garde fou, rue du Faubourg-National. Mais les bacs ne sont pas accessibles et les gérants absents. « Il faudrait un système de rappel et d’alerte », estime Joakim Couchoud après avoir essayé d’appeler en vain.
Un embouteillage de livreurs ? Demi-tour sur place et choix d’un autre itinéraire. Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Fin de parcours au jardin partagé
Il n’est pas encore 11h, direction le jardin partagé de Koenigshoffen, à l’ouest de Strasbourg. En fin de tournée, la cargaison atteint près de 320 kilos. Ce chargement ne réduit pas l’allure de l’équipage. Les deux cyclistes manœuvrent à travers le quartier Gare puis le chantier du tram à l’entrée de ce quartier. Un petit virage à gauche et les deux hommes arrivent au jardin partagé, un coin de verdure discret à côté du cimetière Saint-Gall. Objectif, sortir les déchets organiques du centre-ville, dans un espace le plus proche possible. La Grande-Île ne présente pas de lieu adéquat.
Direction Koenigshoffen à l’ouest de Strasbourg via les carrefours et boulevards Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
Sur place, les deux salariés passent environ deux heures pour déverser le nouveau compost, le mélanger, transférer une partie du stock d’un bac de 6 mètres cubes, soit une tonne, à l’autre. Pour un bon mélange, de la sciure et des déchets verts, notamment des petits morceaux de bois sont récupérés chez des élagueurs et des menuisiers. « On est toujours à la recherche de broyat ». Une fois décomposé sous 4 à 6 mois, le compost sert d’engrais pour des plantations.
« Il y a assez de demande pour l’agriculture à Strasbourg », soit pour les jardins familiaux, soit avec de plus petites quantités vendues dans le commerce pour des plantations individuelles notamment en terrasse. Le projet étant récent, la destination du futur compost n’est pas encore tranchée.
Henri Samson arrive au jardin partagé Photo : JFG / Rue89 Strasbourg Les matières sèchent complètent le compost pour qu’il se décompose mieux Photo : JFG / Rue89 Strasbourg
L’ultime étape consiste à laver les bacs et à ramener les carla à vide à Bretz’selle, au point de départ.
En six mois d’existence, quelques réflexions ont pu émerger sur les habitudes des restaurateurs, notamment la vaisselle biodégradable :
« Cela permet d’avoir un peu de produit sec dans le compost mais c’est moins écologique que si elle est lavée et réutilisée. Surtout, la vaisselle en PLA (acide polylactique), censé être une nouveauté écologique qui remplace le plastique, se dégrade très mal. Après six mois, on a retrouvé une fourchette intacte dans du compost parfaitement mûr. »
Un financement participatif pour s’étendre
Avec un financement participatif qui s’achève le 10 septembre, Sikle espère développer un site plus professionnel pour la dépose de son compost, à côté de la déchetterie du Wacken, voisin des jardins familiaux de Schiltigheim.
« Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où nous refusons des restaurants, car nous sommes bloqués par nos capacités de compostage », résume Joakim Couchoud. La structure espère recevoir au moins 11 530 euros, et le double pour compléter sa flotte. En grandissant, Sikle pense pouvoir travailler avec 200 établissements à Strasbourg, dont des cafés, hôtels ou des cantines de bureau, sur les 1 600 existant, avec 4 à 5 salariés à plein temps.
Le projet a été amorcé en janvier 2019, grâce au Fonds de social européen de 20 000 euros pour 8 mois. Les paiements des restaurateurs permettent de financer l’embauche d’Henri Samson et une partie du salaire de Joakim Couchoud. Le matériel, les deux Carla, ont été financés par la Ville de Strasbourg.
Lors du compostage, les bacs atteignent naturellement une température jusqu’à 75° Celsius. Dans un système complètement vertueux, cette chaleur « fatale » pourrait même être récupérée pour alimenter quelques serres, logements et bureaux, plutôt que de s’envoler dans l’air ambiant.
Dès novembre, les femmes enceintes des vallées de la Thur Doller et du Sundgau devront se rendre jusqu’à Mulhouse pour accoucher.
L’Agence régionale de santé (ARS) a annoncé lundi que les maternités de Thann et d’Altkirch dans le sud du Haut-Rhin seraient fermées le 4 novembre 2019. Malgré une forte mobilisation des habitants et des élus du Sundgau et du Pays Thur Doller, les deux établissements ne pratiqueront plus les accouchements. Les femmes enceintes seront orientées vers l’hôpital de Mulhouse, distant d’un peu plus de 20 km des deux maternités.
L’ARS justifie cette décision par « le manque de ressources médicales et les enjeux de qualité et de sécurité des soins. » Plus précisément, il n’y a pas assez de pédiatres, d’anesthésistes et de gynécologues-obstétriciens disponibles et, assure l’ARS, « il n’existe pas de perspectives de recrutement, à court et moyen terme, compte tenu de la démographie médicale dans ces spécialités. »
Le centre hospitalier Saint-Morand d’Altkirch perd une nouvelle habilitation Photo : Google Maps
En outre, les deux maternités enregistrent une baisse constante des accouchements depuis plusieurs années, approchant du seuil de 300 naissances par an, en dessous duquel l’ARS considère qu’un site n’est pas viable. En mai 2019, la Haute autorité de santé émettait des réserves dans un rapport en indiquant que « les effectifs et les compétences médicales ne permettent pas d’assurer en permanence la sécurité des patients dans les maternités de Thann et d’Altkirch. »
Des centres pour avant et après l’accouchements
Les deux établissements seront transformés en « Centres périnatals de proximité » (CPP). Ces établissements assurent un suivi de la grossesse jusqu’à l’accouchement (consultations de suivi de grossesse y compris le suivi échographique, l’entretien du 4ème mois de grossesse, la préparation à la naissance…), puis dans les jours qui suivent l’accouchement les consultations post-natales, pédiatriques, la rééducation, etc.
L’ARS précise que « des actions spécifiques sont prévues pour garantir l’accès à l’hôpital de Mulhouse dans de bonnes conditions » avec notamment un « renforcement des transports sanitaires afin de permettre le transport des femmes enceintes en cas d’urgence. »
La compagnie strasbourgeoise Les Ombres des Soirs sillonne la grande région tout l’été avec un spectacle itinérant : une adaptation du roman de George Orwell : la Ferme des Animaux. Six représentations sont prévues à Strasbourg et dans les environs.
Les Ombres des Soirs, c’est une équipe de huit jeunes comédiens de Strasbourg. Du 15 juillet au 22 août, ils arpentent la grande région en installant une scène dans des lieux inhabituels, le temps d’un soir ou deux : fermes, jardins, manoirs…
Cet été, la compagnie se produira 19 fois en tout Photo : Les Ombres des Soirs
La Ferme des Animaux : du roman à la pièce
Le roman de George Orwell raconte l’histoire des animaux de « La Ferme des Jones », qui, un jour de grande famine et lassés par les mauvais traitements qu’ils subissent, décident de se révolter et de chasser leur maître de son domaine. Ils prennent le pouvoir et établissent des règles pour régir la nouvelle « République des animaux ».
Laffiche du spectacle
Youssouf Abi-ayad, comédien et metteur en scène issu de l’école du Théâtre national de Strasbourg, a choisi d’adapter ce roman pour plusieurs raisons :
« Il me fallait trouver une œuvre qui puisse allier une réflexion politique sans être un ensemble de faits historiques ou une pièce documentaire. Il me fallait un sujet puissant mais restant accessible au plus grand nombre. Et, dernier élément, j’avais besoin d’une histoire pour parler de tout cela. »
Le roman d’Orwell réunit tous ces critères. Youssouf Abi-ayad l’a transformé en une pièce d’1h40.
La compagnie Les Ombres des Soirs souhaite mettre en place, dès l’été prochain, tout un festival itinérant Photo : Les Ombres des Soirs
Les spectacles sont suivis d’un repas partagé avec les habitants : chaque spectateur est prié d’apporter un petit quelque chose à partager.
Le prix de de la représentation est libre, aux spectateurs d’estimer le juste prix à la fin des représentations.
Rue89 Strasbourg lance « Mais pourquoi ? », le podcast qui répond aux questions que se posent les Strasbourgeois sur leur ville. Pour ce premier épisode, voici pourquoi des institutions européennes se sont installées à Strasbourg.
Dans cet épisode, « Mais pourquoi… ? » plonge dans le quartier européen de Strasbourg. Conseil de l’Europe, Cour européenne des droits de l’Homme, Parlement européen… Strasbourg est le siège de trois grandes institutions européennes. Mais pourquoi ? Depuis quand ? Qui a choisi Strasbourg ? Pourquoi surnomme-t-on la Ville capitale des Droits de l’Homme ?
Christian Mestre, président honoraire de l’Université de Strasbourg et doyen honoraire de la Faculté de droit répond à cette question. L’occasion de faire un petit voyage dans le temps et de remonter jusqu’à l’après guerre, à la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, l’ancêtre de l’Union européenne.
Christian Mestre, président honoraire de l’Université de Strasbourg, doyen honoraire de la Faculté de droit de Strasbourg, spécialiste des questions européennes Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc
Mais Strasbourg, capitale européenne n’est pas une évidence pour tous. La place du Parlement européen à Strasbourg est régulièrement remise en question. Les Allemands faisaient partie des soutiens de Strasbourg jusqu’à ce qu’en juin 2018, Angela Merkel se prononce en faveur de Bruxelles…
N’hésitez pas à proposer en commentaire les questions que vous vous posez sur votre ville. Vos suggestions pourront faire l’objet d’un nouvel épisode !
Photos – Les travaux de l’ancienne manufacture des tabacs ont démarré début 2019. Le chantier du pôle scientifique de l’Université de Strasbourg ainsi que celui de l’auberge de jeunesse sont en cours.
La Manufacture des tabacs, située au cœur du quartier de la Krutenau, est en en pleine transformation. Selon le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), elle est en phase de devenir « un lieu multiformes et multifonctions ». La Ville et la Société d’aménagement et d’équipement de la région de Strasbourg (Sers) ont tenu a « démolir le moins possible » les anciens bâtiments, classés au Monuments historiques depuis 2016.
En cet été 2019, deux chantiers sont en cours : le nouveau « pôle scientifique » de l’Université de Strasbourg et la future grande auberge de jeunesse sont en construction.
La Sers a acquit la manufacture en 2015. Cette année, les travaux ont enfin pu commencer. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
11 000 m² dédiés à la science
Le pôle d’excellence géosciences, eau, environnement et ingénierie (G2EI) de l’Université de Strasbourg occupera la majeure partie des bâtiments de l’ancienne Manufacture. Il permettra l’accueil des formations de deux écoles d’ingénieurs : l’École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg (Engees) et l’École et observatoire des sciences de la terre (Eost). Des activités de recherches pourront également être menées grâce à la création de laboratoires et de salles de travaux pratiques.
L’Université de Strasbourg s’est appropriée 11 000 m² de l’ancienne manufacture des tabacs. Cela représente la moitié de la surface totale disponible. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg L’année dernière, les bâtiments ont dû être désamiantés. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg Deux amphithéâtres et quinze salles de cours seront bientôt aménagés. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg De nombreux espaces propices à la vie étudiante devraient également voir le jour. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
Le chantier s’achèvera au printemps 2021. Les locaux, transformés en boîte de nuit géante et éphémère à l’été 2018, devront être prêts à temps pour la rentrée universitaire en septembre de la même année.
Un espace d’hébergement touristique
La future auberge de jeunesse de la manufacture occupera 3000 m². Elle abritera en tout 264 lits pour des chambres de 2 à 8 personnes. La nuit coûtera entre 17 et 32 euros : un tarif abordable afin d’accueillir de jeunes voyageurs ou des familles.
Une soixantaine de chambres seront réparties dans les étages. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg L’accès à l’auberge de jeunesse pourra se faire depuis le porche à l’angle de la rue de la Krutenau et de la rue Calvin. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg Les démolitions lourdes sont déjà terminées. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg Au rez-de-chaussé ouvrira un espace de restauration. Le prix des plats tournera autour de 10 euros. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
L’auberge de jeunesse devrait ouvrir ses portes fin 2020, juste à temps pour le Marché de Noël.
Des chantiers en préparation
La cour intérieure de la nouvelle manufacture sera ouverte sur le quartier, de jour comme de nuit. Les riverains pourront y circuler au même titre que les usagers des lieux. Cela leur permettra notamment de rejoindre plus facilement d’autres espaces comme le quai des Bateliers ou le campus universitaire.
La Sers a déjà réfléchi à des exemples de revêtements pour la cour intérieure de la manufacture. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg La cour intérieure de 6000 m² sera réaménagée à partir de l’automne 2020. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
La Haute Ecole des Arts du Rhin (HEAR) s’est elle aussi trouvé une place (4300 m²) au sein de l’ancienne usine. Située juste à côté, rue de l’Académie, l’école désire s’étendre un peu. Ce nouvel espace lui permettra de mieux répartir ses activités cours et de disposer de locaux plus adaptés.
La HEAR occupera une partie des ailes Nord et Est de la manufacture. Photo : HJ / Rue89 Strasbourg
Les différents chantiers de la future manufacture s’étendront jusqu’en 2022. Pour le moment, un peu plus de 75 millions d’euros ont été investis dans l’ensemble du projet.
Des travaux de réfection de la chaussée vont être effectués sur l’autoroute strasbourgeoise, l’A35, entre les secteurs de la Vigie et de l’Elsau. Du 22 juillet au 23 août, la circulation sera perturbée.
Jusqu’à 130 000 véhicules (dont 12% de poids lourds) circulent tous les jours sur la section de l’A35 située entre la Vigie et l’Elsau. Ce trafic élevé a dégradé la chaussée qui date de 2004.
Pour la Direction Interdépartementale des Routes (DIR) Est, des travaux de réfection s’imposent. Les joints de chaussée du pont qui enjambe l’Ill vont, eux aussi, être remis à neuf.
D’après les comptages, le trafic baisse de 20% en période estivale. Les travaux auront donc lieu à cette période, du 22 juillet au 23 août, afin de réduire au maximum « la gêne pour l’usager et pour l’activité économique de l’agglomération de Strasbourg » (selon la DIR Est).
Les travaux de l’A35 auront lieu entre les secteurs de la Vigie et de l’Elsau dans le sens sud/nord Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
Une circulation perturbée
Les travaux nécessiteront une interruption totale de la circulation la chaussée dans le sens sud/nord.
Certaines bretelles d’insertion situées dans les zones de travaux seront également fermées. Une vaste déviation à l’est d’Illkirch-Graffenstaden via la route départemental RD468 sera proposée
La vitesse sera réduite à 70km/h (voire 50km/h) dans les zones de travaux.