Dans l’après-midi du samedi 29 septembre, une vingtaine de militants antifascistes ont attaqué L’Arcadia, le local associatif du Bastion Social à Strasbourg. Quinze personnes ont été placées en garde à vue avant d’être libérées dans la soirée de dimanche.
Cette fois, la vitrine du Bastion Social à Strasbourg a cédé. Samedi 29 septembre, une vingtaine de militants antifascistes ont vandalisé le bar associatif du groupuscule d’extrême-droite, appelé L’Arcadia. La police a placé quinze personnes en garde à vue suite à cette attaque et aucun blessé n’est à déplorer, comme le rapportent les Dernières Nouvelles d’Alsace. Dans l’après-midi, un « vide-grenier solidaire » était prévu dans ce local ouvert par cette mouvance identitaire à l’Esplanade en novembre 2017.
Récemment, le Bastion Social Strasbourg s’est retrouvé sur les devants de la scène identitaire : son président, Valentin Linder, a pris la tête du mouvement au niveau national. Jeudi 20 septembre, deux militants du Bastion Social Clermont-Ferrand ont aussi été arrêtés dans le Bas-Rhin. L’un d’eux est soupçonné d’avoir porté les coups les plus violents lors d’une agression commise début septembre dans la capitale auvergnate. Parmi les quatre victimes, une personne s’est vue reconnaître 60 jours d’interruption temporaire du travail (ITT).
Cette photographie de la devanture du Bastion Sociale a été prise il y a un an. Suite à l’attaque de L’Arcadia, la vitrine a été brisée. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Depuis près d’un an, plusieurs syndicats, collectifs antifascistes, partis politiques et syndicats demandent la fermeture de L’Arcadia, sans succès. Certains militants dénoncent « la passivité des pouvoirs publics » et optent pour « l’action directe ». Les quinze personnes interpellées ont été libérées dans l’après-midi du dimanche 30 septembre.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Depuis plusieurs mois, la lumière est faite sur le manque de personnel dans les maisons de retraite et sur la dégradation des conditions de vie des pensionnaires. Le Département du Bas-Rhin a annoncé de nouvelles mesures, avec une enveloppe estimée à 4,5 millions d’euros… Il faut dire que le sort réservé aux seniors pourrait figurer très bientôt à l’agenda politique.
Le dernier rapport parlementaire sur Stocamine préconise l’extraction de la majeure partie des déchets ultimes enfouis à Wittelsheim. Une étude a été commandée pour évaluer les risques liés à ce scénario, notamment pour les travailleurs de la mine. Selon un syndicaliste et un médecin du travail proche du dossier, le déstockage partiel entre 2014 et 2017 n’a abouti à aucune contamination du personnel.
« Eviter tout risque de contamination de la plus grande nappe phréatique d’Europe. » Tel est le mot d’ordre du dernier rapport parlementaire sur Stocamine, présenté le 18 septembre. Le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) doit s’exprimer sur la faisabilité du projet à la fin du mois d’octobre. Selon les députés alsaciens de cette mission d’information, deux conditions doivent être réunies pour permettre l’extraction des déchets dangereux : trouver une meilleure solution de stockage et s’assurer de la sécurité des travailleurs de la mine. Sur ce dernier point, un médecin du travail et un syndicaliste se veulent rassurants.
Un mineur de Stocamine dans une galeries de stockage à 500 mètres sous le sol (Photo Pascal Bastien / Divergence)
Conditions de sécurité draconiennes
Depuis 2015, Luc Jeanmougin est le médecin du travail chargé de l’épineux dossier Stocamine. Sur les trois années de déstockage, entre 2014 et 2017, il n’a observé aucune conséquence sur la santé des mineurs :
« Pour l’instant, on a touché du bois, aucun mineur n’a été contaminé par la dernière opération de déstockage. Aucun pépin majeur ne remet en cause la sortie des toxiques. »
Des dosages de mercure ou d’arsenic ont été réalisés pendant les trois ans de déstockage. Aucun résultat anormal. Mais ce résultat est à mettre aux crédit de mesures de protection importantes, selon le médecin :
« Dans la mine, il y a un système d’aération particulier et des capteurs en temps réel pour les produits chimiques. Les mineurs portent une combinaison étanche et un masque complet (avec un système respiratoire et plusieurs filtres, ndlr). »
Le plus gros problème : la mine
Jean-Pierre Hecht, ancien délégué syndical CFDT, a travaillé sur le site de Stocamine. Il se souvient avoir stocké les déchets avec peu de protection :
« La tenue de travail, c’était une tenue normale à l’époque, sauf cas exceptionnel où on portait un masque à poussière et une combinaison jetable. Quand j’ai vu bosser les gars sur le déstockage, entre 2014 et 2017, j’ai les enviais presque avec toutes ces mesures de sécurité. »
Le risque principal n’est pas chimique, selon l’ancien minier :
« Le plus gros problème, c’est que la mine continue de se refermer sur elle-même. Si on avait commencé à déstocker il y a dix ans, on n’en serait par là. »
La direction de Stocamine contre le déstockage
La direction de Stocamine est opposée au déstockage partiel. Dans sa dernière lettre d’information, en novembre 2017, elle assure : « Le confinement définitif des déchets après déstockage aujourd’hui réalisé de 95 % du mercure est la seule solution responsable. » Les risques sanitaires et géologiques pour les travailleurs font partie des arguments des Mines de Potasse d’Alsace (MDPA) pour ne plus y toucher.
« Le travail peut être mené dans une sérénité totale », assure au contraire le représentant de la CFDT, membre du collectif Destocamine. Le mouvement soutient le déstockage total malgré l’incendie en 2002 du bloc 15. Son porte-parole, Etienne Chamik, a apprécié le rapport parlementaire réalisés par les trois députés alsaciens.
La fiabilité de l’État en question
La mission d’information a livré de sévères conclusions sur le stockage souterrain de déchets à Wittelsheim. La mauvaise gestion financière de Stocamine a coûté 146 millions d’euros en dix ans. La confiance a été rompue entre « entre les habitants et les collectivités concernées d’un côté et l’Etat et l’exploitant de l’autre ». La gouvernance est identifiée comme « un facteur pouvant expliquer l’absence ou le retard de prise de décision. » Les députés préconisent « une culture de l’Etat plus favorable à la reconnaissance de la faillibilité de l’Etat. »
Vincent Thiébaut, député du Bas-Rhin et président de la mission d’information sur Stocamine, résume l’enjeu actuel :
« Aujourd’hui, nous avons pris cette décision dans le respect du principe de précaution. Il n’y a pas de certitude sur la pollution de la nappe phréatique. Mais dans le doute, si l’étude supervisée par le Bureau de recherches géologiques et minières estime que c’est faisable, il faut déstocker. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Son dernier album, Can U Cook ? est sorti il y a quelques jours. Pour le célébrer, Seasick Steve sera de passage en France pour trois dates exceptionnelles. Et la Laiterie a l’honneur d’en faire partie. Mercredi soir, rendez-vous dans le bayou avec un bluesman au parcours atypique.
Il a parcouru les plus grands festivals cet été, partout dans le monde, et les Eurockéennes ou le Cabaret Vert ont pu avoir un avant goût de son 9e album. Seasick Steve et son Can U Cook ? ont déjà fait remuer les foules de France et de Navarre. Mais en salle, c’est le public de la Laiterie qui pourra profiter de l’incroyable musique blues de Seasick Steve.
Né Steven Leach en 1951 d’après le biographe Matthew Right, ou né Steven Gene Wold en 1941 d’après l’artiste lui-même, Seasick Steve fait partie de ces personnages étranges, à la carrière inattendue, parsemée de mythes en tous genres. S’il s’est construit une réputation d’ancien sans-abri, de nomade, de taulard… bref, de parfait petit bluesman, la vie de Seasick Steve semble surtout avoir très vite tourné autour de la musique. Il participe à de nombreux groupes rock et même disco, et fait l’acquisition rapidement d’un studio en Californie qui lui vaut le passage à l’époque de Kurt Cobain. Il multiplie ainsi les casquettes, de choriste à producteur, avant d’enfin, en 2006, sortir son premier vrai album solo, Dog House Music. À l’âge de 55 ans. Ou 65 ans. Tard, donc.
Révélé par Jack White
Depuis, il a enchaîné 9 albums sans jamais se départir de son style de prédilection. Celui qui s’est construit sa propre légende n’aime pas qu’on le qualifie de bluesman. Pourtant, sa musique prend sa source dans les marécages, à coup de guitares bricolées et de stomp box bien placée. Mais c’est bien le rock qui coule dans ses veines, avec quelques narquois relents country qui traversent sa voix rocailleuse, qui ont séduit le grand Jack White. Et c’est depuis ce coup de projecteur inespéré que Seasick Steve parcourt le globe, accompagné du batteur Dan Magnusson et du guitariste Luther Dickinsson.
Partout où il passe, il transporte l’audience dans les bayous américains, et laisse les gens sortir de la salle avec l’impression d’avoir participé à un concert simplement et rugueusement honnête. Un comble pour celui qui ne cesse de mentir sur son histoire.
À conseiller à tous les amateurs de Dirty Deep, le groupe de blues de Strasbourg, pour qui Seasick Steve est l’une des principales influences.
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Un homme de 81 ans a été secouru sur la plateforme de la Cathédrale de Strasbourg peu avant 15h30, ce vendredi 28 septembre. L’opération a consisté à hélitreuiller la personne victime d’un malaise dans un hélicoptère des pompiers de type Dragon 67. Le survol stationnaire a duré quelques minutes.
L’hélicoptère a hélitreuillé la personne victime d’un malaise. (Photo Abdesslam Mirdass)
Deux camions de pompiers, ainsi que la police municipale et nationale étaient également stationnés au pied de l’édifice historique et religieux pendant l’opération.
Le SDIS a communiqué sur son compte Twitter avec des photos prises par ses services :
Le conseil de l’Eurométropole va débattre à son tour, puis s’engager pour la mise en place d’une zone à faible émission (ZFE), qui limitera l’accès de tout ou partie des 33 communes aux véhicules les plus anciens, souvent les plus polluants. Un sujet qui va resurgir dans les mois et années à venir. Il sera aussi question du Parc des expositions et de l’hébergement d’urgence. À suivre en direct à partir de 9h.
L’étau se resserre pour la France, sous le coup d’une amende de l’Union européenne pour non-respect des seuils de pollution que les pays membres se sont fixés. Après plusieurs avertissements, l’ex-ministre de l’Écologie Nicolas Hulot avait été convoqué avec 8 autres ministres en janvier par la Commission européenne pour « une dernière chance » afin de présenter des mesures avant saisie de la Cour de justice. Et si le gouvernement se fait taper sur les doigts, c’est en partie car la pollution est trop forte dans ses villes et vallées. Alors pour éviter une mise au pilori européenne, il compte sur ces dernières pour agir davantage.
Strasbourg n’est plus concernée par les 35 jours de dépassements par an des seuils de microparticules PM10, mais par la pollution de fond au dioxyde d’Azote (NO2) comme 12 autres territoires. Pour cela, la principale parade envisagée sont les zones à faible émission (ZFE), comme il en existe dans une centaine de villes d’Europe et à Paris ou Grenoble.
Concentration sur l’année 2017 d’oxydes d’azote, NO2 sur une station en ville à Strasbourg. (Graphique réalisé par Strasbourg Respire avec les données Atmo Grand Est)
Le trafic routier dans le viseur
Rappelons tout de même que les deux pays condamnés, la Pologne et la Bulgarie en 2017, n’ont jamais payé d’amende. Mais au-delà de la menace financière de dizaines de millions d’euros, c’est avant tout la santé des habitants qui est en jeu. Les normes européennes sont au demeurant plus faibles que celles de l’Organisation mondiale de la santé.
Et comme 53% de la pollution aux NO2 vient du trafic routier, loin devant l’industrie (17%) selon l’agence de mesure de la qualité de l’air Atmo Grand Est, c’est vers les vieilles voitures et les poids lourds que les regards se tournent. Pour cela, les villes peuvent utiliser les vignettes Crit’air. Cet instrument est parfois critiqué car les voitures diesel sont bien notées (Crit’Air 2), qu’elles ne prennent pas en compte la puissance des véhicules, ni le covoiturage, c’est-à-dire des données plus fines que l’ancienneté des véhicules. On pourrait aussi ajouter que le trafic aérien n’entre pas dans ces considérations.
Débats et négociations ardus en perspective pour le tandem strasbourgeois avec la mise en place d’une zone à faible émission (photo Pascal Bastien / divergence)
Quel périmètre ? Quel contrôle ?
En ce qui concerne le débat de vendredi, il sera intéressant de voir si les représentants des 33 communes abordent déjà le périmètre de la ZFE, avec ou sans l’autoroute A35 qui traverse Strasbourg, voire le type de véhicule à bannir (Crit’Air 5 , 4 voire 3 ?). La ZFE a vocation à être mise en place avant le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, prévu pour 2021.
L’association Strasbourg Respire et le collectif Réinventons l’avenue des Vosges ont plaidé dans une tribune sur Rue89 Strasbourg pour que le périmètre de la ZFE soit étendu à l’ensemble de l’Eurométropole et bannisse toutes les voitures diesel à terme.
Les demandes de la métropole
L’Eurométropole demande plusieurs garanties à l’État français. La principale est de pouvoir verbaliser avec des caméras de vidéos de surveillance à lecture automatique de plaque d’immatriculation (Lapi). Les dirigeants strasbourgeois ne sont pas satisfaits par l’absence de contrôle sur l’avenue du Rhin où en théorie les camions en transit sont interdits.
La délibération 26 demande à ce que les nouvelles dépenses soient exclues du calcul du pacte financier. Ce dernier limite les hausses des dépenses de fonctionnement à 1,2% d’une année sur l’autre. Ils trouvent donc les injonctions quelque peu contradictoires : limiter les dépenses d’un côté, mais davantage s’engager contre la pollution de l’autre.
L’Eurométropole va aussi s’engager pour l’hébergement d’urgence. Certains élus strasbourgeois estimaient que la Ville était un peu seule sur ce front. Lauréate d’un appel à manifestation d’intérêt pour 870 000 euros sur deux ans, la Ville et l’Eurométropole vont confier la mission à leur Centre Communal d’Action sociale (CCAS), en partenariat avec l’association Habitat et Humanisme Alsace Nord, qui se voit dotée de 35 000 euros pour la coordination. Ainsi cet argent « frais » venu de l’État n’entrera pas dans les comptes de l’Eurométropole, mais dans un budget annexe (comme pour la gestion de l’eau ou la CTS). Une mécanique qui sert à ne pas atteindre les 1,2% de hausse de budget trop rapidement. Mais il n’est désormais plus possible de créer d’autres budgets annexes.
L’objet de cette expérimentation est d’adopter une logique « housing first », c’est-à-dire, trouver d’abord un logement durable, puis s’occuper des procédures d’accompagnement ou administratives. « Un vrai changement de logique », que salue Syamak Agha Babaei, vice-président en charge de l’Habitat. Cette démarche lancée par l’État se limite aux personnes avec un titre de séjour régulier.
Ces échanges sont à suivre en direct vendredi à partir de 9h dans la vidéo en tête de cet article.
Pour les élus écologistes de l’Eurométropole, il y a un potentiel politique à exploiter avec l’opposition au GCO dans les communes autour de Strasbourg.
La conférence de presse a été convoquée à la hâte jeudi. L’intitulé « Les élus écologistes, le GCO, l’Eurométropole : et maintenant ? » est énigmatique, moins de 48 heures après la non-suspension des travaux. Au moment où Marie-Dominique Dreyssé commence à lire son intervention préparée, on sent le moment important, un . . .
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La députée de « La République en Marche » Martine Wonner est notre première invitée de l’apéro de la saison 2018/2019. Suivez l’interview en direct et posez vos questions sur Facebook Live.
Médecin psychiatre, Martine Wonner est depuis juillet en première ligne contre le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Elle s’est aussi distinguée en votant pour l’interdiction du glyphosate en première lecture, contrairement à la majorité de son parti, et en s’abstenant sur la loi asile et immigration.
Pendant plus d’une heure, Martine Wonner a détaillé sa position sur le GCO au bar du Graffalgar (Photo Abdeslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)
Néanmoins, elle se dit à l’aise dans la majorité, ses réformes économiques, et travaille sur la reconnaissance des troubles psychiques. Invitée de l’apéro de Rue89 Strasbourg jeudi 27 septembre, elle est revenue sur la genèse et les raisons de son engagement contre le GCO, elle a aussi évoqué ses liens avec ses collègues députés de la majorité et sa stratégie pour empêcher que le GCO ne se réalise.
En fin d’interview, Martine Wonner a évoqué les mesures de santé publique qui découleront du plan de financement de la Sécurité sociale, qu’elle soutient et qu’elle a en partie inspiré.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Des algues de plusieurs mètres de long se multiplient dans le port et les canaux de Strasbourg. À tel point que cela gène la circulation des bateaux. Pour régler le problème, le Port autonome et les Voies navigables de France doivent faire appel à de drôles d’engins.
C’est un problème nouveau. Il y a une quinzaine d’années, c’était compliqué de dénicher des algues de cinq mètres de long autour de Strasbourg. Mais depuis, l’écologie s’est fait une petite place et les désherbants chimiques pour « nettoyer » les berges ont été progressivement abandonnés. Denis Edel est chargé de l’entretien du Port autonome :
« Les générations précédentes ne se préoccupaient pas trop de ce qu’elles épandaient au bord de l’eau. Forcément ça ruisselait, du coup il n’y avait pas grand chose qui poussait dans les canaux. »
Depuis, les pratiques ont changé, les algues ont pointé le bout de leur nez et les poissons aussi. D’un point de vu écologique, c’est plutôt une bonne nouvelle mais ça ne fait pas les affaires des bateaux. Le 10 septembre, le gérant de la société Marins d’eau douce accusait les plantes aquatiques d’avoir été à l’origine du naufrage de l’un de ses petits bateaux électrique de tourisme.
Le Rhin n’est pas confronté au même problème puisque le courant est assez fort pour plaquer les algues au fond. Et les bateaux qui sillonnent le fleuve sont très puissants contrairement à ceux qui naviguent dans Strasbourg et qui dont les hélices ont vite fait de se retrouver emmêlées dans les algues.
Bastien Barthelmé tond les algues à Strasbourg pendant presque un tiers de l’année. Il est paysagiste le reste du temps (Photo MN / Rue89 Strasbourg /cc)
Tondre les algues, mode d’emploi
Pour endiguer le phénomène, le Port autonome de Strasbourg et les Voies navigables de France font appel à des « faucardeurs ». C’est le nom donné aux paysagistes qui s’occupent de la tonte des algues inlassablement. Le seul Port autonome y consacre 80 000 euros par an.
Les faucardeurs utilisent d’étranges embarcations à moteur thermique que vous avez peut-être déjà vues en vous promenant le long des canaux. Elles fonctionnent un peu comme des tondeuses à cheveux. En fonction de la longueur d’algues que les faucardeurs veulent couper, ils font descendre des lames plus ou moins profondément. Ensuite, avec un tapis roulant, ils n’ont plus qu’à ramasser les coupes qui remontent toutes seules à la surface.
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Tel Sisyphe sur sa montagne, il faut imaginer le faurcadeur heureux. (vidéo MN / Rue89 Strasbourg)
En principe, les lames sont faites pour tondre mais ne sont pas censées être assez tranchantes pour découper les poissons en rondelles. D’ailleurs pour préserver l’habitat de la faune aquatique, les faucardeurs ne coupent pas toutes les algues. Ils laissent des bandes d’environ cinq mètres de large, au bord des berges, et frayent un passage pour les bateaux au milieu des canaux.
Des dizaines de tonnes d’algues à ramasser chaque année
Enfin, une fois coupées, les algues sont envoyées dans une usine de compostage à Strasbourg, rue du Rohrschollen. La prochaine fois que vous jardinerez, peut-être que votre terreau aura eu une première vie plus aquatique.
Ils ne sont que deux faucardeurs à Strasbourg pour gérer plusieurs centaines d’hectares de bassins et de canaux. Bastien Barthelmé et Nicolas Schmeltz ont chacun un bateau faucardeur : un gros, pour les zones où il y a de la place, et un petit pour pouvoir aller dans les espaces moins accessibles.
A Strasbourg, les faucardeurs ne ramassent pas que des algues (Photo MN / Rue89 Strasbourg / cc)
De plus en plus sollicités
Les deux engins fonctionnent à peu près de la même manière, si ce n’est que le plus gros se dirige grâce à des roues à aubes qui éveillent souvent la curiosité des passants. D’ailleurs, les Strasbourgeois ont de plus en plus de chances de voir passer Bastien Barthelmé et son collègue :
« Il y a quelques années, on intervenait uniquement au printemps, en mai et en juin. Aujourd’hui on doit faire un deuxième passage en septembre. Surtout quand l’été est chaud, ça favorise la prolifération des algues. Donc ça nous occupe presque un tiers de l’année. »
Le reste du temps, les faucardeurs travaillent comme paysagistes de manière plus classique, dans des jardins par exemple. Mais cette parenthèse aquatique aux beaux jours ne déplaît pas à Bastien Barthelmé :
« C’est plutôt confortable, on est assis au frais en se promenant sur l’eau. Rien à voir avec des poses de pavés ! »
Mieux vaut que l’activité leur plaise. Au printemps, Bastien Barthelmé et son collègue Nicolas Schmeltz ont ramassé environ 80 tonnes d’algues. En septembre, ils avaient une centaine d’hectares à ratisser.
Photo : gauche murielle29 via Visual Hunt / CC BY-SA et droite JFG / Rue89 Strasbourg
L’Eurométropole de Strasbourg pose quelques conditions pour que dans le cadre d’une zone à faible émission (ZFE), le contrôle des poids-lourds soit plus efficace que sur l’avenue du Rhin, où le transit est en théorie interdit. Les dirigeants aimeraient des contrôles à distance, via des caméras, pour ne pas à stopper les véhicules, ce qui est compliqué en pratique.
Après la Ville de Strasbourg, ce sera au conseil de l’Eurométropole de s’engager pour la mise en place d’une
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Les juges estiment que malgré des doutes sur la légalité des arrêtés, des « troubles à l’ordre public » sur les travaux préparatoires et « l’intérêt général » du projet conduisent « à titre exceptionnel » de ne pas suspendre les travaux définitifs du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg.
Le tribunal administratif de Strasbourg n’a pas suspendu mardi les arrêtés préfectoraux qui autorisent les travaux du Grand contournement ouest (GCO -voir tous nos articles). L’association Alsace Nature contestait notamment le « saucissonnage » du dossier et de ses impacts, que ce soit l’autoroute payante avec son échangeur nord, mais aussi les projets connexes (le TSPO vers Molsheim, la transformation de l’A35, la VLIO, la liaison avec l’aéroport d’Entzheim, le remembrement des terres agricoles) prévus de longue date en complément.
Une non-suspension à titre exceptionnel
Les trois juges ont estimé qu’il y a bien « un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée », mais « à titre exceptionnel » refuse de les suspendre, car les travaux préparatoires « s’accompagnent de troubles à l’ordre public nécessitant la présence des forces de l’ordre. La suspension porterait « une atteinte d’une particulière gravité à l’intérêt général », ajoute le tribunal. Les magistrats rappellent que la déclaration d’utilité publique avait été confirmée sur le fond en 2010.
C’est le recours le plus important puisqu’il concerne les premières coulées de béton. L’association Alsace Nature Nature a deux semaines pour se pourvoir en cassation pour une relecture du jugement de référé. Très surpris, son avocat Me François Zind dit à chaud « n’avoir jamais vu ça » et se renseigne s’il existe des jurisprudences similaires. Dans tous les cas, une étude sur le fond de ce recours doit intervenir dans les prochains mois.
Les abattages ont été réalisés dans la forêt de Kolbsheim et sur le verger qui la surplombe, pour y faire passer un viaduc. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les arguments d’Alsace Nature
L’association écologiste s’est logiquement appuyée sur les avis négatifs des enquêtes publiques pour les mesures environnementales du printemps, que ce soit pour l’échangeur nord, ou la rocade de 24 kilomètres. « Non actualisé, incohérent, incomplet, contradictoire, insuffisant, inexact, illisible… », a notamment attaqué dès l’entame de l’audience mercredi 19 septembre, son avocat François Zind. Une succession d’adjectifs qu’il a puisé dans les rapports des commissaires enquêteurs, remis au début de l’été.
Alsace Nature regrettait aussi que seules les espèces protégées (Grand hamster, crapaud vert, nombreuses races d’oiseaux…) soient prises en compte dans les compensations. « Les espèces cibles et parapluies n’ont pas de sens sans leur interaction avec les espèces ordinaires », a fait remarquer Me Zind.
Parmi ses autres reproches, l’étude de « variantes » du tracé, mais pas « d’alternatives » à l’autoroute en-soi (écotaxe, voies réservées au transit, aux transports en commun ou au covoiturage), ainsi l’absence d’estimations du coût des mesures de compensations. Selon le préfet du Bas-Rhin Jean-Luc Marx, le constructeur Arcos (filiale de Vinci) avait en effet indiqué que compte tenu des exigences des compensations, qui vont au-delà de certains seuils réglementaires, elles auraient « très vraisemblablement des conséquences sur le planning et les coûts ».
Enfin, plus subtil, elle estimait que l’étude d’impact contient « une erreur de méthodologique » sur la pollution, « focalisée sur les particules fines » (ou microparticules, PM10). « Le dossier ne contient pas d’actualisation du parc automobile », a regretté François Zind. Selon Alsace Nature, il faut désormais s’intéresser aux nanoparticules, ou « particules ultrafines » (non-réglementées et donc non-mesurées), sur lesquelles des médecins tentent d’alerter depuis quelques années.
Les arguments de la défense
En face, Me Jean-Nicolas Clément pour Arcos, filiale de Vinci, a de son coté minimisé ces avis. « Les remarques de la commission sont des réserves, des avis pour perfectionner notre dossier ». Sur le « saucissonnage » (terme repris par l’avocat), il « n’est en rien irrégulier ». « Ce qui pourrait l’être, c’est s’il a permis de bénéficier d’un effet de seuil. A-t-il été malicieux ? A-t-il trompé le public ou l’administration ? Non ». Sur le coût des mesures, il a répliqué que des conventions étaient « annexées » au dossier.
Sur ce point, les juges administratifs n’ont pas suivi l’avocat d’Arcos qui demandait à ce que les avis soient « requalifiés », en avis favorables avec réserves.
Les représentants du préfet avaient ajouté que le projet est « déclaré d’utilité publique » en 2008 pour dix ans, puis prolongé en 2018 par le Conseil d’État, qui a examiné cette clause prévue dans le contrat signé début 2016. Ils estiment qu’il fait suite à « une prise en compte du public ».
Parmi les arguments sur le fond, le GCO répond « à une vision globale », à « un axe de transit européen fort », permet « la création d’emploi » ou encore « la baisse des gaz à effet de serre », en détournant une partie des camions de l’A35, tout ceci ayant de « l’attractivité pour le territoire ». L’ampleur de certaines compensations ont aussi été présentées. Par exemple, les 4 hectares à la forêt de la Bruche doivent être remplacés par 40 hectares à Vendenheim, tout en reconnaissant que cela « ne peut pas garantir à 100% l’équivalence fonctionnelle ».
Vers un début des travaux de terrassement
Le jour de l’audience, la société Arcos nous avait indiqué attendre cette décision pour procéder aux travaux autorisés par cet arrêté.
Un jugement sur le fond est attendu dans les mois à venir. Les opposants ont prévu de se retrouver ce soir à 18h place Broglie. Début septembre, la justice administrative a suspendu un permis d’aménager le viaduc à Kolbsheim et l’abattage de 30 arbres. Mais le préfet, et le Département pour le déboisement, peuvent rédiger de nouveaux actes pour se conformer à la règlementation.
Diplômé d’une école de commerce parisienne, D.Ace s’est lancé dans la musique il y a deux ans. Il s’est fait connaitre sur Internet avec un rap humoristique. Entre temps, il a élargi son répertoire et parcourt la France pour découvrir le vrai visage de son public. Il est jeudi soir à la Laiterie.
Si vous ne connaissez pas D.Ace, on lui a demandé par laquelle de ses chansons il fallait commencer pour le découvrir. La réponse se résume en deux syllabes : Hip Hop. Un titre qui résume bien l’identité de D.Ace et la diversité de son style.
Hip Hop de D.Ace
Au-delà des textes toujours soignés, D.Ace recherche de nouvelles mises en scène, de nouveaux formats pour se différencier. Et ce, depuis le début même quand ses moyens de production étaient beaucoup plus sommaires.
« Pas besoin de studio, il suffisait de se filmer dans la rue »
La vocation de D.Ace est née d’une question que tout le monde se pose au moins une fois dans sa vie : « Qu’est ce que j’ai envie de faire plus tard ? » Son diplôme en communication décroché dans une école de commerce parisienne ne lui a pas vraiment apporté de réponse. Fan de rap depuis des années, D.Ace décide alors de se lancer dans l’aventure il y a deux ans.
« D.Ace » c’est le nom d’un personnage du manga One piece dans lequel le rappeur de 24 ans s’est retrouvé :
« C’est un bon vivant, il ne se prend pas la tête. Il est un peu solitaire mais il répond toujours présent quand on a besoin de lui. Comme moi, c’est le grand frère de sa famille. »
Mangas par D.Ace
Puis sont venus les premiers sons. Des morceaux plutôt originaux dans lesquels D.Ace se met en scène dans son quotidien (dans le train, chez le coiffeur, etc.) :
« Ces chansons étaient trop courtes pour passer en radio mais j’ai misé sur l’humour et sur des sujets dans lesquels beaucoup de monde peut se retrouver. Et surtout, je n’avais pas besoin de studio, il suffisait que je me filme dans la rue. »
Les millions de vues sur Internet ont convaincu un label indépendant, Juston Records, de contacter D.Ace. Un label avec lequel il travaille toujours depuis.
SNCF par D.Ace (vidéo YouTube)
Dans un coin de sa tête, D.Ace voulait faire plus que du rap humoristique :
« À la base, le rap dénonce certaines choses, ou au moins, raconte quelque chose. Je ne peux pas me contenter de deux, trois mots sur une musique entrainante. »
Il y a un an D.Ace sort une série de cinq titres intitulée « vécu ». Chaque morceau est consacré à une relation personnelle (le père, la mère, le frère, etc.) :
« C’est un concept que je voulais développer depuis longtemps parce que les relations amicales et familiales parlent à tout le monde. »
Vécu par D.Ace (vidéo YouTube)
Mais le succès de la série « vécu » n’obtient pas le même succès sur Internet. Seulement quelques milliers de vues. Il en faut plus pour décourager D.Ace :
« C’était un premier pas, je tente des choses. Je ne m’attendais pas à ce que tout fonctionne du premier coup. Je prends mon temps, l’idée n’est pas de faire le buzz et de tomber dans l’anonymat mais bien de s’inscrire sur la durée. »
Difficile de percer avec des textes engagés et sérieux
D.Ace n’a pas voulu s’enfermer dans la catégorie « artiste humoristique ». Mais difficile de faire l’unanimité avec des textes moins drôles et plus dérangeants. Le rappeur en devenir s’en est vite rendu compte avec son titre Bavures policières sorti au moment de l’affaire Théo :
« Certaines personnes m’ont reproché de profiter d’un évènement pour me mettre en avant. Alors que c’est quand même le propre des rappeurs de dénoncer ce qui ne va pas ! D’autres m’ont même accusé d’être anti-français alors que la fin de la chanson est pacifiste. »
Bavures policières par D.Ace (vidéo YouTube)
Mais Juston Records, le label de D.Ace, ne l’a jamais lâché. Si bien qu’en mai 2018, le jeune homme sort son premier album Inévitable :
« Comme quoi, on peut toujours exister dans le rap même en ayant du fond, même si la route est un peu plus compliquée. »
Inévitable par D.Ace (vidéo YouTube)
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Après l’album vient le temps de la scène. Le grand saut pour D.Ace qui n’avait, jusqu’alors, connu que les clics, les likes et les commentaires des internautes cachés derrière leurs écrans :
« Le premier concert c’était au Gibus à Paris. Je n’étais pas très stressé de monter sur scène mais juste de savoir s’il y aurait du monde ou pas. Et puis là tu vois tous ces gens qui se sont déplacés juste pour toi et qui ont accepté de payer pour te voir. C’était incroyable. Enfin je découvrais le vrai visage de toutes celles et ceux qui me suivaient depuis deux ans. »
Jeudi soir à 20 heures à la Laiterie, D.Ace continue de faire connaissance avec son public en rencontrant pour la première fois ses fans strasbourgeois.
Jeudi à l’heure de l’apéro, Rue89 Strasbourg reçoit Martine Wonner, députée LREM de la 4e circonscription du Bas-Rhin. À l’inverse de tous ses collègues, elle est résolument contre le Grand contournement ouest (GCO) et présente à toutes les manifestations des opposants. Pourquoi cet engagement contre un projet soutenu par le gouvernement ? Venez la rencontrer et lui poser vos questions autour d’une bière au Graffalgar.
Qu’est-ce qui fait marcher Martine Wonner ? Psychiatre et mère de trois enfants, ancienne directrice du Samu social de Paris, elle s’est engagée pour la République en marche avant d’être élue députée du parti présidentiel pour la 4e circonscription du Bas-Rhin en juin 2017. Sa terre d’élection, c’est « Strasbourg – campagne », un agglomérat de villages qui bordent la capitale alsacienne et qui comprend le Kochersberg.
Ce territoire doit être prochainement traversé par le Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles). Est-ce pour cette raison que Martine Wonner, contrairement aux positions du gouvernement qu’elle soutient, a rejoint la contestation contre ce projet d’autoroute ? Elle aura l’occasion de détailler sa position jeudi 27 septembre au bar du Graffalgar puisqu’elle est « l’invitée de l’apéro » de Rue89 Strasbourg, notre cycle d’interviews en direct et en public.
Venez poser vos questions à Martine Wonner, l’interview se déroule en public.
En marche mais en marge
Issue de la société civile, habitante de Truchtersheim, Martine Wonner n’envisage de ne réaliser « qu’un seul mandat »et espère en finir avec « la politique politicienne. » Une position qui détonne, même parmi les élus du « nouveau monde » de la République en marche qui ont tous cosigné un communiqué se félicitant de l’autorisation effective des travaux du GCO.
Sa position sur le GCO n’est pas sa première opposition au gouvernement. Au printemps, Martine Wonner s’est abstenue de voter la loi asile et immigration après l’avoir copieusement critiquée et demandé qu’elle soit amendée. Elle n’a cependant pas voté contre, ce qui l’aurait exposée à une exclusion du groupe LREM. En revanche, sur l’autorisation du glyphosate pour l’agriculture en France, Martine Wonner a voté contre en première lecture mais elle était absente de l’hémicycle en seconde lecture.
Nous détaillerons tous ces sujets et probablement d’autres avec Martine Wonner jeudi soir. Soyez des nôtres et en attendant, n’hésitez pas à lancer la discussion en commentaires.
Y aller
L’invitée de l’apéro, Martine Wonner, jeudi 27 septembre à 18h, bar de l’hôtel Graffalgar, 17 rue Déserte à Strasbourg – Gare.
La température moyenne à Strasbourg entre 2000 et 2017 a été supérieure de 1°C aux températures moyennes du XXe siècle. Entre les deux périodes, le nombre moyen de journées caniculaires a triplé dans la capitale alsacienne.
Le réchauffement climatique, c’est maintenant ! Depuis 1900, la température moyenne à Strasbourg a augmenté de 0,9°C : elle s’établissait à 9,4°C entre 1900 et l’an 1999 pour atteindre 10,5°C entre l’an 2000 et 2017. Ce résultat est issu d’une enquête de l’European Data Journalism Network, dont Rue89 Strasbourg est partenaire, à partir des données du Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques dans plusieurs centaines de villes du continent, dont une cinquantaine en France.
Températures moyennes à Strasbourg (doc EDJNet / cc)
Trois fois plus de canicules à Strasbourg
Toujours selon ces données, les années les plus chaudes à Strasbourg furent dans l’ordre 2014, 2015, 1920, 2011 et 1994. Au XXe siècle, Strasbourg comptait 1,8 « journée chaude » par an en moyenne, c’est à dire des jours pendant lesquels la température moyenne a été supérieure à 24°C. Mais entre 2000 et 2017, il y a eu 6,5 journées chaudes par an à Strasbourg.
Nombre de journées où la température moyenne a été supérieure à 24°C à Strasbourg, par an. (Doc EDJNet / cc)
+1°C aussi à Mulhouse
Ces regroupements de données sont aussi disponibles pour Mulhouse, qui prend 1°C également et passe de 1,3 jour caniculaire par an au XXe siècle à 5,9 par an depuis l’an 2000. Cliquez ici pour afficher un résumé des augmentations de températures observées depuis 117 ans dans l’agglomération du Haut-Rhin. Les données publiées par l’EDJNet incluent la ville de Fribourg.
Quant aux jours de gel, ils ont diminué de près d’un tiers durant cette même période. La température moyenne est restée sous les −1°C à Strasbourg pendant 28,4 jours par an au XXe siècle, en moyenne tandis qu’entre 2000 et 2017, le nombre de jours de gel n’a plus été que de 21,2 par an, toujours en moyenne.
Selon cette étude, qui porte sur 558 villes européennes, Strasbourg se situe à la 294e place de l’augmentation des températures, elle est aux côtés de Mulhouse et Karlsruhe qui connaissent des augmentations similaires. Les réchauffements les plus spectaculaires ont été observés dans le nord de l’Europe, avec des villes qui ont connu une augmentation supérieure à 3° sur la même période.
Les températures moyennes en Europe ont augmenté de plus de 3° dans le nord de l’Europe (doc EDJNet / cc)
Méthodologie de l’étude
L’European Data Journalism Network (EDJNet) a analysé deux jeux de données du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF sont ses initiales en anglais) : ERA-20C pour la période 1900-1979 et ERA-interim pour la période 1979-2017.
Ces deux jeux de données sont des « réanalyses », ce qui signifie que les scientifiques de l’ECMWF ont utilisé une large palette de sources (satellites, stations météo, bouées, ballons météo) pour estimer une série de variables pour des carrés d’environ 80 kilomètres de côté (125 kilomètres de côté pour le jeu de données ERA-20C). Si les stations météo offrent de bien meilleures observations pour le temps présent, l’utilisation des réanalyses de l’ECMWF est bien plus adéquate pour des études de long-terme comme celle-ci. Les stations météo peuvent bouger ou, plus fréquemment, la ville peut s’étendre autour d’elles, ce qui rend leurs données peu fiables lorsque l’on s’intéresse aux tendances centennales. Cependant, les données de l’ECMWF ne prennent pas en compte les microclimats ou le phénomène des îles de chaleur, si bien que les véritables températures dans les agglomérations sont probablement d’un ou deux degrés supérieures à celles indiquées dans ce document (la tendance est toutefois la même).
Le traitement des données et les réponses des collectivités ont ensuite été effectués de manière collaborative par les membres de l’EDJNet sous la coordination de l’agence de data journalisme Journalism++ à Stockholm.
Les grandes places minérales de Strasbourg constituent des puits de chaleur (Photo Pascal Bastien / Divergence)
La municipalité mollement mobilisée
Contactée par Rue89 Strasbourg pour participer à cette enquête, la Ville de Strasbourg renvoie vers le Plan local air – énergie territorial, un document d’orientation qui s’intéresse à l’ensemble des adaptations au changement climatique et pas seulement à la hausse des températures. Adjointe au maire en charge de la nature en ville, Christel Kohler (LREM), précise :
« Le Plan local air-énergie prend en compte le changement climatique mais en toile de fond. Nous n’avons pas encore de données précises sur les effets de la hausse des températures à Strasbourg. On sait que les arbres peuvent être plus fragiles, notamment durant l’été caniculaire que nous avons connu. J’ai demandé à l’agence d’urbanisme (Adeus) de travailler sur ces questions et des conclusions devraient être disponibles au printemps 2019. Pour éviter les puits de chaleur en agglomération, nous essayons de planter de nouveaux arbres, d’installer des espaces renaturés ou des mini-bois et nous amenons les Strasbourgeois à se réapproprier l’accès à l’eau. »
L’EDJNet s’est également intéressé aux conséquences de cette hausse des températures sur la vie quotidienne des Européens. L’organisme relève que des températures plus élevées augmentent la mortalité et rappelle que les vagues de chaleur de juillet et août 2003, par exemple, ont tué plus de 70 000 personnes en Europe. Quand la température dépasse les 30°C, les rails des tramways exposés au soleil peuvent se déformer. Cela provoque des déraillements, comme cela s’est déjà produit en Europe. À Strasbourg, les joints entre la chaussée et les rails se sont déchaussés suite à des gonflements liés aux températures. Ils ont dû être changés.
Christel Kohler évoque les pistes pour Strasbourg à l’horizon 2030 :
« Strasbourg compte actuellement 8 000 arbres sur son territoire, notre objectif est de doubler ce chiffre. En outre, nous allons déminéraliser les cours d’école afin de les rendre beaucoup plus vivables lorsqu’il fait chaud et éviter ainsi des puits de chaleur. Et puis nous avons le chantier de la requalification de l’A35 dont j’espère que nous pourrons en faire une trame verte. »
Lundi lors du conseil municipal, les élus ont débattu des alignements d’arbres à supprimer ou non, dans le cadre des accès vers le Wacken. Une autre délibération sur l’extension du BHNS G qui nécessite 190 abattages a été retirée. En fin de conseil, les élus ont évoqué le réchauffement climatique suite à une question d’actualité de l’opposition et pour le maire, Roland Ries, Strasbourg est correctement engagée dans le défi de la transition écologique.
La Ville de Strasbourg envisage de vendre certaines de qes terres pour permettre la mise en place des mesures compensatoires au Grand Contournement Ouest (GCO). Problème, ce sont des parcelles de forêt et certaines de ces mesures impliquent de nouveaux abattages d’arbres…