Les habitants de l’Elsau auront-ils leur mot à dire dans la rénovation du quartier ? C’est l’espoir d’un voisin du quartier très intéressé par le renouvellement urbain à venir. Il veut aider les riverains à peser dans les arbitrages et leur donne rendez-vous mercredi 10 octobre en fin d’après-midi.
Les premiers projets pour la rénovation du quartier de l’Elsau commencent à être tranchés par les décideurs. Lors de nos rencontres avec les habitants depuis janvier 2018, des participants de différents horizons nous ont tous fait part de leurs motifs de mécontentement sur le vieillissement du quartier (habitat, squat d’entrées d’immeuble, voitures ventouses, absence de supermarché depuis 2015 ou de distributeur). Et pour ces raisons, l’opération de renouvellement urbain, qui va s’étaler sur une dizaine d’années, est très attendue.
Éviter une rénovation a minima
Si la dégradation du secteur provoque fatalité et rancœur, Laurent Garczynski veut croire que ses habitants peuvent avoir leur mot à dire dans ce processus un peu technocratique, à condition de s’organiser.
Pour cet urbaniste habitant du quartier voisin de la Montagne-Verte, intéressé par différentes grandes opérations strasbourgeoises et de l’Eurométropole (PNU Ill-Bruche, Plan Climat, Rénovation de l’Elsau), la population est pour le moment tenue à l’écart des discussions :
« Le projet de l’Eurométropole a été présenté au conseil citoyen le 23 juin et les réponses aux questions engendrées ne sont à l’ordre du jour que pour la séance 23 octobre. L’avis sur ces opérations complexes doit ensuite être formulé dès le 29 octobre. Je n’ai pas la compétence pour savoir jusqu’où on peut aller, mais il faut une mobilisation citoyenne, sinon chaque acteur de la rénovation (État, bailleurs sociaux, Ville, métropole, Département ndlr) fera au plus simple. Sur le volet programmation, on ne sait rien. »
Pour que les habitants se fassent entendre, il donne rendez-vous ce mercredi 10 octobre entre 16h à 19h devant le centre socio-culturel, rue Mathias Grünewald. Car à ce jour, les associations de résidents peinent à jouer le rôle de contre-pouvoir et ne sont pas en capacité d’apporter des contre-propositions. Son objectif ? Constituer des groupes sur les différentes thématiques et revendications.
La rue commerçante de l’Elsau s’est transformée en un désert… (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Des idées du terrain plutôt que dans les bureaux
Pour initier la discussion, Laurent Garczynski met déjà deux idées en débat : « Créer un atelier de bricolage et de réparation des objets du quotidien » et « Organiser des visites de quartiers rénovés » pour s’inspirer des choses à faire et à ne pas reproduire. Il en a d’autres, « mais il faut des gens susceptibles de les porter ». Laurent Garczynski a en tout cas une conviction :
« Une idée née sur le terrain aura plus de poids que celle issue d’un lointain bureau. »
Celui qui aimerait une vraie prise en compte des questions écologiques et des réponses adaptées sur le logement pour la suite attend encore des précisions sur le projet elsauvien : « Qu’est-ce qui est effectivement prévu dans l’enveloppe de 19 millions d’euros pour les aménagements ? » et quel sera le « nouvel équipement métropolitain » prévu. C’est peut-être sur ces projets encore flous mais bien dotés, que les habitants motivés pourront influer.
Tout le monde musical strasbourgeois parlait de cette ouverture depuis des mois. On n’y croyait presque plus, mais ça y est ! Le bar Le Local inaugure son caveau vendredi 12 octobre. Au programme : 4 concerts et 2 DJ sets, dès 20h.
À l’heure où les fermetures de lieux de concert de moins de 100 personnes font couler beaucoup d’encre à Paris, et où les possibilités se réduisent comme peau de chagrin à Strasbourg aussi, avec entre autres la fermeture de La Popartiserie, il est réjouissant de pouvoir parler d’une ouverture positive pour accueillir les artistes, dans des salles de capacité réduite.
Enfin plus de place pour de vrais concerts
Ouverture, pas tout à fait ceci dit, puisque Le Local, à la limite de la Krutenau et de l’Esplanade, permettait déjà aux artistes de jouer sur une mini-scène. Mais la configuration du lieu limitait souvent les concerts à des sets intimistes au mieux, insupportables au pire. Sets entre bar et toilettes, au son souvent pas adapté, et entourés de bavardages tenaces… Si pour l’offre en bières locales, le bar faisait le travail, question musique en revanche, l’ouverture d’un caveau devenait plus qu’urgente.
Et après des mois de rumeurs, d’espoirs, d’attentes, de travaux, il va enfin être possible de découvrir les nouvelles conditions d’accueil. L’inauguration du caveau aura lieu vendredi 12 octobre, à partir de 20h. Et pour conserver la ligne directrice du 100% local, du rock, du folk sont prévus pour tester la sono, tout en redécouvrant l’équipe du bar puisque des membres jouent dans chacun des groupes.
Du rock pour s’échauffer
Beaten Tracks d’abord, groupe mélangeant allègrement la soul et la world avec des sons rock. Prokop ensuite, folkeux ayant baroudé en Angleterre, comptant Bob Dylan dans ses influences et alternant guitare et harmonica. Puis, plus rythmés, le blues rock de Black Cat Crossin’ et le rock progressif de Vasgovie pour surchauffer le sous-sol.
DJs sets sous les tropiques
Mais la soirée ne s’arrêtera pas là, puisque deux DJs bien connus des Strasbourgeois viendront ensuite faire danser tout le monde. L’heure sera à la chaleur tropicale avec le moombathon (fusion de house et reggaeton) de Banana Split et les rythmes lourds de Lord Cumbia.
Un cocktail explosif, qui risque de surchauffer le caveau dès son ouverture. Sans compter les surprises qui seront sans nul doute au programme. Il était grand temps de voir une nouvelle scène musicale s’ouvrir à Strasbourg. L’équipe du Local en rêvait, et elle l’a enfin fait.
Si on ne cède pas à leurs caprices, on est forcément mauvais. Ils sont rois chez eux et chez vous, vous toisent avec mépris, refusent toute assimilation et réclament un statut particulier. Vous voyez de qui on veut parler n’est-ce pas ? On ne désignera personne pour éviter les problèmes, parce qu’on ne peut plus rien dire de toute façon.
Le Collectif GCO Non Merci n’a pas réussi à rassembler plus de monde que lors de la fusion de sa manifestation avec la marche pour le Climat, un mois plus tôt. Samedi 6 octobre à Strasbourg, entre 1 500 et 2 000 personnes se sont rassemblées place de la République, devant la préfecture, pour dénoncer une nouvelle fois le projet d’autoroute de contournement de l’agglomération (GCO – Voir tous nos articles), soit deux fois moins qu’en septembre.
La décision « exceptionnelle » du tribunal administratif, de ne pas suspendre les travaux de déforestation malgré des doutes sur la légalité des actes, a été abondamment critiquée dans les discours et parmi la foule présente, dont les participants arboraient des couronnes de branchages ou des masques fait d’écorces d’arbres. Le Collectif GCO Non Merci estime être allé au bout des recours légaux possibles sans trouver d’écoute de la part des pouvoirs publics et encore moins une suspension des travaux.
Pendant les discours, la décision du tribunal administratif a été abondamment critiquée (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Ainsi, Michel Dupont, ancien collaborateur de José Bové au Parlement européen, a annoncé qu’une dizaine de personnes, militants du collectif, débuteraient une grève de la faim dans la semaine à venir, si aucun moratoire n’est prononcé sur le GCO, le temps que le dossier soit réévalué :
« C’est une décision très lourde de sens et nous regrettons d’en arriver là. Mais nous ne voyons plus d’autres possibilité pour empêcher que des dégâts irréparables soient commis pour construire une autoroute qui ne réglera aucun des problèmes de circulation à Strasbourg. »
Michel Dupont est prêt à entamer une grève de la faim (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Les participants ont ensuite débuté une gigantesque ronde autour du parc de la place de la République, pour dénoncer des « politiques qui tournent en rond » sur la mobilité. À leurs yeux, construire une autoroute est une mesure obsolète.
Une gigantesque ronde a été organisée place de la République (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Paru cet été, Mort à l’Institut cherche à élucider le décès du président de l’Université de Strasbourg du côté de la fac de Physique. Derrière ce polar potache, Eddie Smigiel, un physicien qui enseigne à deux rues de là, à l’Institut national des sciences appliquées. Rencontre.
À la terrasse du Caffe Nuovo Milano, Eddie Smigiel s’explique d’emblée :
« C’est un livre engagé, mais pas militant. Je sais que ça déplaît à certains collègues. Mais c’est plus une critique de la nature humaine, qu’une charge virulente contre l’institution. J’assume un certain cynisme, une observation amusée de la société. »
Dans ce café du boulevard de la Victoire à Strasbourg, l’auteur a ses habitudes. Et si c’est dans cet établissement que le rendez-vous a été fixé, c’est parce que quelques passages de Mort à l’Institut s’y déroulent. Qui est le malicieux auteur de ce polar strasbourgeois ? Eddie Smigiel n’utilise pas de pseudonyme et enseigne de l’autre côté des rails de tramways, à l’Institut national des sciences appliquées (Insa). Mais quand le physicien a du temps libre, cela « l’amuse d’écrire, comme auteur amateur ». C’est ainsi qu’il a rédigé le manuscrit entre septembre 2016 et juin 2017.
« Je surfe un peu sur la Neustadt qui vient d’être classée au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. De manière collatérale, je voulais mettre en valeur ce patrimoine et aussi l’Histoire de la Physique à Strasbourg. On communique souvent sur l’Université aux 4 prix Nobel mais on oublie ceux de la période allemande entre 1870 et 1918. Fin XIXème, Wilhelm Conrad Röntgen a développé le tube cathodique, l’oscilloscope puis la télégraphie sans fil, ce qui lui a valu un prix Nobel avec Guillermo Marconi en 1909. Ils n’ont pas la notoriété à laquelle ils auraient pu prétendre. »
Décors réels
L’intrigue se déroule donc dans l’Institut de Physique où le corps du président Bonnemaison est retrouvé inanimé de bon matin. Tous les décors, notamment le pendule de Foucault, sont réels à l’exception de la tour carrée où Eddie Smigiel n’a pu entrer.
S’en suit une enquête rocambolesque avec, en plus des incises historiques, des références plus ou moins appuyées à la culture populaire (Star Wars, Dîner de con, Seigneur des Anneaux, mais aussi Alfred Hitchcock ou l’écrivain Umberto Eco…) :
« Dans l’écriture ou l’humour, je me sens davantage inspiré par l’univers de la BD, comme Astérix ou Iznogoud, que par la littérature. Pour un duo de personnages, je me suis inspiré de Doc et Marty du Retour vers le futur« .
Personnages inspirés mais pas copiés
Quant au meurtre d’un haut responsable universitaire, l’inspiration lui est venue lors d’une expérience dans un autre établissement à l’étranger :
« Avec des collègues nous avions des relations tendues avec notre président et tout est parti d’un déjeuner où nous avons déliré. »
L’institut de Physique de l’Université de Strasbourg, côté rue. (photo Fabien Romary / Archi wiki / cc)
L’intrigue strasbourgeoise fait quant à elle quelques allers-retours entre la fiction et le réel. Un passage fait référence à l’année 2015 où l’équipe dirigeante avait qualifié de « rumeurs » l’existence de restes humains à l’Institut d’Anatomie suite aux expériences du docteur nazi August Hirt, suite à la parution d’un livre du médiatique médecin Michel Cymes. Mais à l’été, l’existence de ces bouts de corps issus des détenus au Struthof est avérée.
Pour le reste, il ne faut y voir aucun parallèle :
« J’ai un peu côtoyé Alain Beretz (le précédent président de l’Université de Strasbourg, ndlr) à l’époque où se négociait un « contrat de site » avec l’Insa et Michel Deneken qui était son premier vice-président à ce moment-là. Nous avions de bonne relations sur cette discussion, mais je n’ai pas d’avis au-delà de ça sur leurs présidences. Bien sûr, c’est impossible de ne pas penser à ces personnes quand on écrit, mais il n’y a aucune correspondance de personne à personne dans le roman. Ce que j’aime décrire, c’est l’effet de cour dès qu’il y a du pouvoir, mais c’est quelque chose d’universel, pas spécifique à l’université. »
La fac de physique, côté intérieur depuis le parc du Palais universitaire. (photo Fabien Romary / Archi wiki / cc)
Quand l’actualité rattrape l’auteur
Un fois le premier jet achevé, l’auteur remarque parfois que la réalité rattrape son imagination. Un montage immobilier douteux ? « Je découvre par la suite qu’un montage financier questionne au centre de primatologie« . Une tentative de corruption via des montres de luxe ? « Je lis par la suite un article sur des embarrassantes Rolex offertes par le Qatar… »
Et quand bien même tous ces passages comprennent du sarcasme, le professeur s’inclut dans le tableau :
« C’est une mise en abîmes. La moquerie n’est crédible que si on s’inclut dedans. La marche d’un établissement, c’est une aventure de personnes, avec ses petits dysfonctionnements. Dans une université, il y a des grandes stratégies pluriannuelles mais aussi des petites histoires du quotidien comme la propreté des toilettes… »
Eddie Smigiel sur la terrasse du Nuovo Caffe Milano où se déroulent quelques passages de son roman Mort à l’Institut. (photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Un autre ouvrage en projet
Pour être publié, Eddie Smigiel regrette « un long chemin de croix » et une frilosité de la profession pour « les auteurs amateurs ». Après avoir contacté des éditeurs locaux comme nationaux, Eddie Smigiel s’est tourné vers les éditions du Caillou, à Toulouse, dont le gérant est aussi un ami d’un collègue. Un mal pour un bien peut-être. « Il y a eu un vrai travail d’édition, avec des relectures et des passages à réécrire à sa demande. »
Eddie Smigiel a déjà un projet de futur ouvrage qui n’aura « rien de comique ». Le professeur souhaite se confronter aux « Malgré-Nous« . Son grand-père boulanger à Melsheim et sa mère avaient 11 ans lorsque l’Alsace est redevenue allemande, ils ont été marqués par le meurtres d’objecteurs de conscience religieuse par les Allemands.
Cette fiction s’intéressera à la position des petits villages lors de l’occupation. « Il y a eu quelques centaines de volontaires pour devenir SS et des milliers d’incorporés de force. Là encore, c’est « une partie de l’histoire méconnue », qui intéresse le professeur. Le but ? « Mêler des anecdotes familiales de ma mère, avec des recherches historiques ». Le physicien a déjà commencé sa documentation historique.
La députée allemande Sylvia Kotting-Uhl est venue présenter en Alsace des informations nouvelles concernant des incidents enregistrés sur le parc nucléaire français entre 2003 et 2014. La centrale de Fessenheim est particulièrement visée.
17. C’est le nombre d’ »évènements précurseurs » ayant concerné le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim entre 2003 et 2014 et 14 pour le réacteur n°1. Les évènements précurseurs, ce sont des incidents survenant dans les installations nucléaires, jugés par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) comme « conduisant à un accroissement du risque de fusion du cœur par rapport à la probabilité (…) prise en compte lors de la conception des installations« . Des événements qui sont obligatoirement déclarés à l’ASN par EDF, mais qui font rarement l’objet d’une communication au public, parce qu’ils ne représentent pas, en soi, un risque pour la population.
Ces chiffres placent la centrale nucléaire alsacienne dans le peloton de tête des installations ayant connu ce type d’évènement, à égalité avec le réacteur n°3 de Tricastin, les réacteurs 1 et 2 de Gravelines et du réacteur n°4 de Cruas.
D’ailleurs, jusqu’à présent, aucun élu de l’Hexagone ni aucune association n’avait demandé à l’ASN de lui communiquer de document à ce sujet. C’est une députée écologiste allemande, présidente de la commission environnement du Bundestag et référente pour les Verts sur l’énergie nucléaire, qui a, la première, obtenu ces informations – après presqu’un an d’attente. Elle était vendredi en Alsace pour présenter cette liste car pour Sylvia Kotting-Uhl, la problématique du nucléaire en Allemagne n’est pas éteinte :
« Il reste trois problèmes : le stockage des déchets, la poursuite de la recherche pour le développement de nouveaux réacteurs et le danger que représente les centrales en exploitation juste de l’autre côté de la frontière ».
Filtre de puisard bouché, vanne ou pompe récalcitrante, température trop basse – ou trop élevée – dans les circuits de refroidissement, vibrations, usure prématurée d’un groupe électrogène de secours… Tout insignifiants qu’ils paraissent, les incidents précurseurs ayant touché les réacteurs de Fessenheim (et d’entres centrales nucléaires) peuvent, en étant associés à d’autres facteurs, mener à des accidents graves, comme le rappelle Sylvia Kotting-Uhl :
« Cela a notamment été le cas pour l’accident de Tchernobyl, dont l’origine remonte à un « petit » événement. Avec 17 évènements précurseurs recensés par l’Autorité de sûreté nucléaire entre 2003 et 2014, la centrale de Fessenheim est parmi les installations nucléaires françaises les plus touchées. Ces évènements précurseurs n’ont rien à voir avec le vieillissement d’une centrale nucléaire ; ils sont le signe d’un niveau de sûreté général défaillant dès l’origine de l’installation. »
Manfred Mertins, ancien membre de l’autorité de sûreté nucléaire allemande, et Sylvia Kotting-Uhl, députée (Verts) au Bundestag, devant la centrale nucléaire de Fessenheim. (Photo NS / Rue89 Strasbourg / cc)
Manfred Mertins, ancien membre de l’autorité de sûreté nucléaire allemande, étaye ces affirmations :
« La centrale de Fessenheim ne correspond pas aux standards européens de sûreté nucléaire. C’est le cas notamment pour le principe de redondance. La norme européenne voudrait que chaque système de commande d’un réacteur soit triplé voir quadruplé. À Fessenheim, il n’y a que deux systèmes de commande, et ceux-ci ne sont pas totalement indépendants puisqu’ils sont partiellement interconnectés. Par ailleurs, la centrale n’est pas protégée contre un crash d’avion ni contre les conséquences d’un tremblement de terre ou d’une inondation. Enfin, les deux piscines dans lesquelles est stocké le combustible usagé sont situées dans des constructions légères, contrairement aux centrales allemandes où les piscines sont situées dans l’enceinte de confinement. »
Problème : ces standards ne sont pas obligatoires. En matière nucléaire en effet, chaque État reste compétent. Seule la recherche fait l’objet d’actions communes, en vertu du traité Euratom, signé en 1957.
Pour EDF, la fermeture de Fessenheim n’est pas une question de sûreté
Le service de presse d’EDF affirme de son côté qu’il n’y a pas plus d’évènements précurseurs à Fessenheim qu’ailleurs, et que ces derniers ne permettent pas de juger de la sûreté des installations :
« Depuis le début de l’exploitation des centrales, on analyse les évènements précurseurs pour ensuite appliquer des correctifs à l’ensemble du parc. Ces éléments sont utiles à la culture sûreté de l’exploitant, mais ils ne servent pas à définir la stratégie à mener quant à la prolongation ou non de la durée de vie des centrales. Il est faux de dire que Fessenheim est une des centrales les moins sures. Il n’y a d’ailleurs pas de corrélation entre le niveau de sûreté de la centrale et la décision d’en arrêter l’exploitation. C’est une décision purement politique, c’est pourquoi nous demandons d’ailleurs une indemnisation de la part de l’État ».
Il est vrai que la centrale doit fermer. Dans ce cadre, se pencher sur sa sûreté a-t-il encore un intérêt ? D’autant que les dernières déclarations du ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, laissent penser que cette fermeture ne serait plus corrélée à l’entrée en exploitation de l’EPR de Flamenville… Sylvia Kotting-Uhl reste méfiante :
« Ce serait une bonne nouvelle si on pouvait y croire réellement. Mais personnellement, je n’ai plus confiance dans les annonces du gouvernement français. Je déplore au contraire qu’il ne tienne pas ses promesses. »
Prochaine étape pour les associations de défense de l’environnement membres de la CLIS de Fessenheim (commission locale d’information et de surveillance) : porter le document de l’ASN à la connaissance des autres membres de cette instance d’information et de suivi des impacts de la centrale, élus français et allemands, experts et représentant des salariés. Mais la question n’a pour l’instant pas été portée à l’ordre du jour.
Plusieurs syndicats, dont FO et la CGT, appellent à une grève générale mardi 9 octobre dans toute la France pour protester contre la politique sociale du gouvernement. À Strasbourg, une manifestation doit partir à 14h de la place Kléber.
Plusieurs syndicats (CGT 67, FO 67, Solidaires Alsace, FSU 67, CNT 67, UNEF Strasbourg, UNL 67) appellent à la grève mardi 9 octobre dans les secteurs publics et privés. Des manifestations interprofessionnelles, étudiantes et lycéennes « contre la politique sociale du gouvernement » auront lieu dans toute la France. À Strasbourg, le rendez-vous du cortège est donné place Kléber à 14h.
Le trajet du cortège
Une mobilisation locale et nationale
Les mesures les plus vivement critiquées par les syndicats sont la sélection à l’entrée de l’université, le manque de moyens pour le système de santé, les mesures budgétaires dans l’Éducation nationale, les suppressions de postes dans la fonction publique dans le cadre du projet de modernisation appelé « CAP 22 » et la réforme de l’assurance chômage et des retraites.
Jacky Wagner, secrétaire départemental de la CGT en 2012 (Photo Rue89 Strasbourg / cc)
Dans un communiqué intersyndical, il est précisé :
« Cette politique, ainsi que les mesures encore récemment annoncées par le gouvernement, relèvent d’une logique d’individualisation mettant à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale, et fragilisant une fois de plus les plus faibles, les précaires et les plus démunis. »
L’appel à la grève est national. Des manifestations sont prévues dans toutes les grandes villes. Les salariés, les fonctionnaires, les chômeurs, les retraités, les étudiants et les lycéens sont invités à participer.
Pas de cantines mardi
Parmi les perturbations à prévoir, notamment dans les services publics à Strasbourg : toutes les cantines ont annoncé qu’il n’y aurait pas de déjeuner servi aux élèves des écoles publiques mardi 9 octobre.
Trafic de la CTS perturbé
Suite à l’appel national, le service de la CTS sera perturbé mardi. Pour les tramways, le service des lignes A, B, C, D et E n’est assuré que 6 heures à 20 heures. Les tramways des lignes de tram A, B, C, circuleront toutes les 8 à 10 minutes environ, tandis que ceux de la ligne D ne circuleront que toutes les 10 à 12 minutes environ entre Poteries et Port du Rhin (desserte de Kehl toutes les 25 minutes) et sur la ligne E, ils ne circuleront que toutes les 10 à 15 minutes. Pas de trams sur la ligne F et le terminus place d’Islande ne sera pas desservi.
Pour les bus, un service est assuré uniquement entre 6h et 20h sur la ligne G avec un bus toutes les 10 à 15 minutes environ, L1 avec un bus toutes les 10 à 15 minutes environ, L3 avec un bus toutes les 15 à 30 minutes environ, L6 avec un bus toutes les 15 à 20 minutes environ entre Pont Phario et Fort Desaix. La desserte Vendenheim Artisans et Hoenheim Gare est assurée toutes les 30 à 40 minutes environ.
Ligne 2 : un bus toutes les 15 minutes environ.
Ligne 4 : un bus toutes les 15 minutes environ entre Capucins et Hoenheim Gare. La desserte de Wolfisheim Stade et Poteries est assurée toutes les 30 minutes environ.
Ligne 13 : un bus toutes les 25 minutes environ.
Lignes 14 et 24 : un bus toutes les 12 à 15 minutes environ entre Ancienne Douane et Kibitzenau. La desserte de La Rochelle et Neuhof Stéphanie est assurée toutes les 25 à 30 minutes environ.
Lignes 17 et 19 : un bus toutes les 25 minutes environ.
Ligne 30 : un bus toutes les 25 à 30 minutes environ.
Ligne 40 : un bus toutes les 45 minutes environ.
Ligne 50 : un bus toutes les 30 minutes environ.
Ligne 57 et 67 : un bus toutes les 15 minutes environ entre Kibitzenau et Illkirch Mairie. La desserte de Geispolsheim Ouest, Blaesheim Ouest et Plobsheim Est est assurée toutes les 45 minutes environ.
Ligne 70 : un bus toutes les 40 minutes environ.
Les bus des lignes 10 (Gare – Gallia – Gare), 15a (République – Robertsau Ste Anne) et 29 (Schnokeloch – Schiltigheim Campus) ne circuleront pas.
À noter que les lignes de cars de la CTBR (Compagnie des Transports du Bas-Rhin) circulent normalement mardi.
Culture et agriculture, deux domaines qui ne se mélangent pas ? Pas pour Gabriel Willem. Cet Alsacien a trouvé le bonheur « la tête en l’air, les pieds dans la terre ». Sans dogmatisme, le trentenaire célèbre cet équilibre dans son premier album solo Paysan et fier de l’être. Rencontre.
À mon arrivée à la gare de Colmar, Gabriel Willem me claque la bise, comme un bon copain qui serait venu m’accueillir : « On va se tutoyer. » Pas de temps à perdre, le musicien est attendu à Orbey, au centre pour adultes handicapés Les Sources. C’est la reprise. Deux fois par mois, il va y enchaîner trois séances d’initiation à la musique improvisée. En voiture donc. Le deal : j’aurai l’aller et le retour pour m’entretenir avec lui, et puis les pauses entre les séances. OK.
En plus de ses paniers, Gabriel Willem vend ses légumes dans la région de Colmar. (Photo Léa Pallages)
Une exploitation « polyculturelle »
Dans la voiture, la station Accent 4 diffuse de la musique classique. En suivant les notes des doigts sur son volant, le trentenaire me prévient qu’il est « défoncé de fatigue. » Il faut dire que Gabriel est plutôt occupé en tant que musicien-maraîcher de son état, une combinaison atypique. Gabriel a lancé il y a quatre ans Les jardins-en-chantants, une exploitation maraîchère « polyculturelle » à Herrlisheim-près-Colmar.
L’idée ? Nourrir le corps et l’esprit pardi ! Avec sa femme, elle-même costumière-maraîchère, il vend sa production sous forme de paniers de saison, à une cinquantaine de clients réguliers. Chaque mois, dans ces paniers, ils glissent une « pépite culturelle » issue des artisans et artistes de la région. Le samedi, ils font visiter leur site et tiennent un restaurant éphémère, « Un samedi soir sur la terre ».
Gabriel Willem cultive 180 sortes de légumes non-hybrides. (Photo Léa Pallages)
Rien ne prédisposait ce fils de professeurs de philo et de littérature à devenir cultivateur. « Ado, je mangeais des burgers au fast-food », confesse-t-il. Dans sa première vie, Gabriel était artiste, tout court, comédien surtout. Et puis, il jouait du piano. Avec son ex-femme, il a constitué le duo Audriel, qui a sorti trois albums. Mais tout ça c’était avant, à Paris, où il avait atterri à sa majorité pour suivre le cours Simon. Et puis, il y a six ans, Gabriel revient dans la maison de son enfance, à Herrlisheim-près-Colmar, en quête de sens :
« J’étais trop dans la tête, dans l’intellect. J’avais besoin de m’ancrer dans la réalité. »
« Ça en moins pour le maïs »
Au départ, il se met au jardinage, « simplement pour nourrir sa famille ». Et puis un terrain communal agricole de 95 ares se libère et c’est le déclic. Il le prend en location :
« Je n’avais pas vraiment de projet. Je me suis surtout dit que ce serait ça en moins pour le maïs. »
Sur le chemin, tandis que la musique classique continue d’installer une ambiance détendue dans la voiture, il m’explique qu’évidemment il cultive du bio. C’est le minimum. Mais que ce qui lui importe le plus, c’est de cultiver des légumes non-hybrides, des variétés qui ont du goût et dont on n’a pas besoin de racheter les graines chaque année parce qu’elles sont stériles. Sur son rapport à l’agriculture, il prévient tout de suite :
« Je ne prends pas plaisir à me casser le dos. »
L’agriculture et la musique complémentaires
C’est d’abord un idéal politique qui le motive :
« Ce n’est pas vraiment un choix. Je me sens obligé par les générations devant moi. Et puis l’agriculture m’inspire. Ça et la musique, c’est complémentaire, l’un nourrit l’autre. »
À notre arrivée à Orbey, au centre Steiner des Sources, les élèves handicapés de Gabriel l’attendent avec enthousiasme. Il y a quelques jours, leur prof soufflait ses 34 bougies. Chacun l’a gardé en tête et l’accueil avec un « Joyeux anniversaire Gabriel ! »
Dans la salle de musique, Gabriel installe en rond autour du piano ses cinq premiers élèves du jour. Pipeau, hang, tambourin… Chacun choisit son instrument. Gabriel emporte son groupe pendant une heure d’improvisation musicale salvatrice.
Gabriel Willem avec deux de ses élèves au centre pour handicapés Les Sources à Orbay. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)
À la sortie, l’intervenant nous confie le défi que constitue ces séances :
« J’essaie de toujours les challenger et c’est beaucoup d’énergie. La musique de certains est moins audible pour notre oreille habituée à de l’harmonie, mais en fait c’est magnifique. Et puis j’aime les voir heureux. »
Heureux, Gabriel aussi semblait l’être au piano. S’il joue de cet instrument depuis ses cinq ans. Le trentenaire confie avoir mis du temps à reconnaître sa vocation :
« J’arrive à dire que je suis pianiste depuis trois ans. J’ai mis quelques années à savoir où j’allais. Combiner toutes mes activités est une manière de ne pas mettre ma réflexion dans un cadre trop serré. Je ne suis pas mono-tâche. C’est la vie sous tous ses aspects qui m’intéresse. »
« Jouer le jeu »
Il admet que jongler n’était pas toujours simple au début :
« Je pouvais être au champ de 8 à 10h puis donner une leçon de piano avant d’y retourner… »
Mais il est déterminé à montrer que « c’est possible de faire les choses autrement » :
« À la base, je suis plutôt quelqu’un de fainéant et contemplatif. J’ai vraiment dû me mettre un coup de pied au derrière. Il est hors de question que mon projet soit taxé d’utopique. Ce serait trop facile de tomber dans le cliché du fumeur de joints idéaliste. Bien sûr on m’a pris pour un blaireau au départ. Les Alsaciens sont très carrés. Alors, il faut jouer le jeu, sans se laisser changer pour autant : d’abord on fait un jardin de maraîchage qui marche et après la culture vient petit à petit. »
« Ramener la vie au champ »
À terme, Gabriel souhaite organiser des événements culturels sur l’exploitation chaque semaine et accueillir des résidences d’artistes.
« Le champs c’est l’endroit où la vie pousse. On veut ramener la vie aux champs. »
Je ne veux pas perturber la deuxième leçon du jour et reste à contempler les nuages sur la terrasse de la maison avec Marie. À la pause, Gabriel m’entraîne dans la cuisine de l’établissement pour un café. Un groupe de résidents prend le sien dans la salle à manger. Je fais connaissance avec Henri qui m’explique, souriant, son quotidien aux Sources et détaille la préparation commune des repas.
Attablé dans la pièce en inox, Gabriel m’explique ensuite l’intérêt de l’improvisation en musique :
« Improviser au piano c’est jouer des notes que tu n’as pas prévues à l’avance, te laisser surprendre et t’adapter ; mais avec un cadre puisque tu connais le langage de la musique. C’est un état d’esprit de savoir improviser. Quand tu fais une fausse note, soit tu pleures soit tu rebondis. Et alors c’est plus une question de bien ou de pas bien, mais d’avec ou sans le cœur. »
Entre « discipline et foutoir »
Le maraîchage lui a permis de consolider son envie d’improviser, explique-t-il :
« Par exemple tu as prévu de faire du désherbage de carottes et il pleut. Alors tu inventes sur le moment et ça entretient ta vivacité d’esprit. »
La discipline n’est pas un principe du maraîcher :
« Bien sûr, physiquement, tu apprends vite la discipline quand tu dois faire des journées de 4h30 à 22h l’été. On a en tête la caricature de la permaculture où tu attends. En fait, ce n’est ni très discipliné ni le foutoir. C’est comme la vie : ça se passe bien quand il y a de la mixité. Dans un champ si c’est très propre, il y a souvent plus de maladies. Par exemple contre les doryphores ravageurs de pommes de terre, tu mets du lin à côté. Contre les pucerons tu plantes des œillets d’Inde. Ce n’est pas du foutoir. Je ne vois pas un jardin comme quelque chose de propre. C’est ça qui a fait le succès du glyphosate. Je crois au contraire dans les plantes indicatrices. Si j’ai un problème de limace quelque part, je pars sur une autre récolte. C’est tout l’intérêt de la polyculture, ça permet de se rattraper sur un truc quand l’autre marche pas. Ce qui n’est pas possible en monoculture. »
Ne pas être cloisonné
Pour monter son exploitation, Gabriel a beaucoup lu le chantre québécois de la micro-ferme, Jean-Martin Fortier :
« Lui, il fait ça à la fois pour l’écologie et pour gagner sa vie. C’est hyper pragmatique et concret. L’argent n’est pas un gros mot. Ces lectures m’ont permis d’oser me lancer, puis j’ai appris sur le tas. »
L’ouverture et l’improvisation, Gabriel estime les avoir appris grâce à son professeur de piano, Christian Chassard, aujourd’hui décédé.
« On alternait le piano classique de Jean-Sébastien Bach et le synthétiseur moderne de Jean-Michel Jarre. Tout ça m’a aidé à ne pas être cloisonné. J’ai arrêté le piano entre 14 et 16 ans. Et puis j’y suis retourné après avoir écouté la beauté du premier album de Muse. »
La dernière séance va commencer. Cette fois le public est féminin. Marie rejoint la salle de musique. Quant à moi, je reste toujours à l’extérieur et fait la rencontre d’un jeune homme dont je n’arriverai pas à connaître le prénom. J’apprends que ses parents vont venir le chercher vendredi, donc le lendemain, et que cette perspective l’enchante. En attendant, il me prie, interminablement, de rester pour le dîner.
La journée se termine pour Gabriel et nous rejoignons sa voiture sous une pluie battante.
(Photo Léa Pallages)
Nourrir une capacité d’émerveillement
Au sec, je lui demande ce qui le rend optimiste :
« Dans notre charte, on s’engage à toujours pousser les gens à nourrir leur capacité d’émerveillement. Et justement, les enfants qui viennent visiter le champs sont émerveillés. En repartant, ils veulent cultiver des légumes et jouer du piano. L’écoute et l’envie des enfants me donnent de l’espoir. La nouvelle génération est hyper-ouverte. »
Le musicien-maraîcher ne s’en cache pas :
« Je veux participer à changer le monde, sans croire au messie. »
Son plus grand inspirateur ?
« Je m’inspire de tous ceux qui ont lutté contre le conformisme. Et je suis surtout un grand fan du Racing club de Strasbourg. Je pense souvent à la devise de Marc Keller : “humble et ambitieux à la fois.” »
Fin des années 60, en gare de Strasbourg, le voyageur pouvait boire une bière en terrasse, et regarder un film avant de prendre un train de nuit pour Berlin. Aujourd’hui, la station ferroviaire doit devenir un « city booster » avec crèche et laboratoire d’analyse médicale… Retour sur les grandes évolutions de ce noeud urbain de la SNCF.
1969. Sous un parasol blanc et rouge, un voyageur en gare de Strasbourg sirote un verre en terrasse. La façade de l’établissement SNCF est à l’air libre. Elle a été nettoyée il y a trois ans. Le jeune homme regarde sa montre. Il lui reste encore une heure à attendre avant de prendre le train de nuit pour Berlin, réservé aux militaires. « La bataille d’Angleterre » est à l’affiche du ciné-train, à deux pas. De quoi patienter avant de rejoindre la garnison française dans ce qui était alors la capitale de la République démocratique allemande, la RDA.
Archives vivantes
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Les nostalgiques du Ciné-train
Sur Facebook, plusieurs anciens habitués du Ciné-train semblent nostalgique de cette salle obscure. Dans les commentaires d’une photo de l’établissement, les témoignages se succèdent : « Que de films regardés dans ce cinéma… », « Quand on était des gamins, l’un de nous payait l’entrée […] allait ensuite ouvrir la porte de la sortie aux copains pour qu’ils se faufilent en douce dans la salle. » D’autres se souviennent du bureau de change dans la gare, ou de la Poste, bien pratique : « On pouvait déposer des lettres tard le soir […] avec une levée toutes les heures. » Sur la grande place devant l’établissement SNCF, un petit bâtiment ovale abrite un guichet de la CTS, un local syndical et des toilettes.
Un parking, des travaux, des mécontents
En 1977, les hôteliers et les commerçants installés tout autour de la place de la gare sont mécontents. Le chantier d’un parking souterrain leur fait perdre des clients. Les travaux ont deux mois de retard et risquent d’empiéter sur les fêtes de Noël. Même Le Buffet de la gare a dû licencier 35 employés sur 120. Le restaurant envisage une plainte contre la Communauté urbaine de Strasbourg. Les hôtels en profitent pour acheter des places pour garer les voitures des clients. Impossible de savoir si la fréquentation du « Ciné-train » a chuté. Il est toujours debout, malgré les travaux.
Dans les années 70, on aperçoit le ciné-train derrière le chantier sur la place de la gare. (Document remis)
Dans les années 80, la grande rénovation
Dix ans plus tard, un Strasbourgeois peut se rendre à Irun au Pays Basque en une nuit. L’été, il peut faire de même pour aller à Quimper. En juin 1980, d’importants travaux débutent. Les guichets sont agrandis. Les vendeurs de billets ont plus de place. Un nouveau bureau de réservation doit s’étendre de l’entrée du hall central jusqu’à l’actuelle salle de vente. Les panneaux d’affichage passent au téléaffichage électronique. Coût des opérations : 32 millions de francs (4,88 millions d’euros). Et les voyageurs participent directement aux frais. En septembre 80, une surtaxe de 4% est imposée sur les billets. Françoise Erb, alors journaliste de France 3, conclut le reportage en espérant que « la gare de Strasbourg perde son aspect un peu morne et triste. »
La galère de la galerie à « l’en-verre »
Dans les années 90, le ciné-train ferme. Les Strasbourgeois peuvent encore s’endormir dans le train et se réveiller à Saint-Raphaël. La station de tram souterraine est inaugurée et des commerces s’installent à mi-hauteur de la gare et de la station. L’ensemble se veut séduisant : « galerie à l’en-verre ». Mais des petites enseignes quittent les lieux avant même que tous les emplacements soient loués. La fréquentation est insuffisante.
Dix ans plus tard, les efforts de la CTS et de la SNCF restent vains pour rendre l’espace souterrain attirant. Le sous-sol est rendu désagréable par des infiltrations d’eau et la poussière. Les solutions employées créent de nouveaux problèmes, bien décrits dans cet article. Les voyages nocturnes au départ de la gare de Strasbourg sont en voie de disparition. Le 1er octobre 2016, les trains de nuit pour Nice cessaient de circuler. Avec la verrière, installée en 2007, la terrasse a perdu sa place. Le Buffet de la gare a cessé de servir des cafés depuis plusieurs années. Le restaurant Argentoratum a laissé la place à des chaînes comme Meet&Go, Burger King et Gagao.
De la gare au « city booster »
En 2018, « ne dites plus une gare mais un hub ! », écrit France Bleu Alsace. Pour avoir le choix dans les anglicismes, la SNCF parle aussi de « city booster ». Quatre guichets de vente doivent être supprimés dans l’établissement strasbourgeois fin 2019. Loin de la terrasse et du Ciné-train, un laboratoire d’analyse médicale et une crèche doivent s’y installer.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Le président du Conseil économique social et environnemental régional (Ceser), Patrick Tassin, s’inquiète des répercussions à terme d’une demi-fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. La place de Strasbourg dans un département alsacien plus puissant que ses équivalents du Grand Est poserait alors question.
Alors que le sort de la future entité administrative appelée Alsace doit se décider dans le courant du mois d’octobre, le président du Conseil économique social et environnemental (Ceser) est venu mercredi à Strasbourg porter une voix un peu différente. Globalement, le chef de cette instance consultative de 180 représentants de la société civile (entreprises, syndicats, associations…) dans le Grand Est voit les mêmes avantages que les défendeurs du quasi statu-quo : un échelon régional est adapté aux politiques qu’il mène avec un meilleur pouvoir de négociation avec les interlocuteurs comme la SNCF, la possibilité d’améliorer les déplacements dans la nouvelle entité, le développement de nouvelles filières…
L’Ardennais n’est pas complètement convaincu par « ce grand ensemble imposé » qui n’a fait l’objet « d’aucun débat » et qui n’apporte pas les économies annoncées. Il remarque que les collaborateurs de la « seconde assemblée » comme il appelle le Ceser, dont le siège est à Châlons-en-Champagne, passent environ un jour par semaine dans les transports. Malgré ces inconvénients, il estime qu’ »une nouvelle phase transitoire, comme pour la fusion des trois régions, serait catastrophique pour nos territoires. »
Patrick Tassin n’est pas contre une fusion des départements alsaciens, ce qui « renforce les territoires », ni même de quelques compétences assorties. « Nous aussi on sent le désir d’Alsace et je ne parle pas des sondages ou des élus. » Il ressort « presque rassuré » de son entretien avec la ministre Jacqueline Gourault, nouvelle « Madame Alsace » du gouvernement, mais il s’inquiète de quelques « ambiguïtés. »
Patrick Tassin n’est pas très favorable à une Alsace à statut particulier dans un Grand Est classique. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Une demi-fusion pour un demi statut particulier
Patrick Tassin est contre « une collectivité à statut particulier » qu’appellent de leur vœux Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert, à la tête des deux Départements alsaciens actuels. « Rien n’a changé dans l’existence des territoires et des cultures. »
Le statut particulier (comme Lyon et le Rhône ou la Corse) ne semble pas l’option privilégiée par le gouvernement, mais « tout est en place pour qu’il y en ait un », remarque l’ancien syndicaliste. Il s’étonne de voir que le projet actuel prévoit de maintenir une préfecture départementale à Strasbourg comme à Colmar afin d’éviter que les Alsaciens s’entredéchirent sur sa localisation, sans oublier les revendications mulhousiennes. « On nous répond que c’est du domaine du symbolique. Je ne suis pas contre les symboles, mais je pense qu’il n’y a que ça. »
… voire une sortie à terme ?
Une telle organisation est constitutionnellement possible, mais ce signal politique créerait « un déséquilibre » :
« L’État n’a pas fait le même cadeau aux anciennes régions fusionnées. Les services de Metz et de Châlons-en-Champagne ont été recentrés à Strasbourg. »
Dans ces conditions, une sortie de l’Alsace à plus long terme du Grand Est comme le préconise le sénateur André Reichardt (LR) ou (même le maire de Strasbourg Roland Ries qui souhaite un département alsacien « dans un premier temps ») n’est « pas forcement une mauvaise analyse », s’inquiète alors Patrick Tassin.
Pour un transfert des compétences mais de l’État seulement
Sur les compétences, le débat devient plus technique. L’élu de la société civile voit d’un bon œil que certains pouvoirs confiés par l’État au département Alsace :
« Le transfert du bilinguisme par l’État est une bonne chose. Cela apporte un peu plus de décentralisation, alors que nous sommes dans une phase de recentralisation des recettes et même des dépenses avec le pacte financier. C’est aussi un sujet pour la Moselle. D’ailleurs dans le projet actuel, tout ce qui s’applique à l’Alsace est susceptible de s’appliquer ailleurs dans le Grand Est ou en France. »
En revanche c’est lorsque Jacqueline Gourault lui a parlé de transferts de compétences actuellement dévolues à la Région que Patrick Tassin a tiqué, puisqu’il pensait que c’était exclu :
« Le tourisme est déja partagé, comme la Culture, je ne vois pas ce que ça apporterait à part d’avoir moins d’interlocuteurs. On voit bien que le développement est différent en Alsace que dans les Vosges ou dans la Marne. »
Il pointe d’ailleurs qu’entre 2011 et 2017, le nombre de nuitées a progressé de 3,1% dans le Grand Est, soit la meilleure progression en France après la Corse. Un dynamisme qui bénéficie notamment à l’Alsace. Depuis les Ardennes, il avoue ne pas comprendre le débat alsacien sur la compétence économique :
« Les Régions peuvent déjà déléguer des compétences par conventionnement, et l’ont fait à des agences créées par les Départements, comme l’Adira en Alsace. »
La place de Strasbourg en question
Pour tout ce qui est transfrontalier, c’est niet aussi :
« Si on retronçonne, on revient en arrière. Il faut au contraire une vraie stratégie Grand Est car on n’y est pas encore et ça nous est reproché. »
Selon les arbitrages retenus, c’est la place de Strasbourg « capitale » (ce n’est pas un titre officiel) du Grand Est qui se pose selon Patrick Tassin :
« La préfecture de Région est à Strasbourg, le siège du conseil régional est à Strasbourg, le président de Région est Alsacien même si ça, ce n’est pas dans la loi… Si on déshabille la Région de compétences fortes [en Alsace ndlr] cela poserait question… »
Patrick Tassin précise qu’il s’exprime à titre personnel, même s’il pense connaitre le ressenti de son assemblée :
« Cela m’a été demandé dans le cadre du rapport du préfet Jean-Luc Marx, mais j’ai n’ai pas voulu qu’on émette un avis, qui implique un vote. Avec les postures différentes dans la société civile, ça serait devenu vite compliqué. Globalement personne ne veut changer sauf en Alsace, même s’il y a aussi des Alsaciens qui ont la même position que moi. Une minorité se serait dégagée et je ne voulais pas la mettre en porte-à-faux. »
Le président de la République Emmanuel Macron pourrait annoncer le résultat des travaux du gouvernement le 4 novembre, lors de sa venue à Strasbourg. À moins qu’il laisse le gouvernement gérer jusqu’au bout. Patrick Tassin va quant à lui porter le même discours à Reims et à Metz jeudi et vendredi.
Quatre semaines après la grande manifestation qui a réuni entre 4 000 et 5 000 personnes à Strasbourg, les opposants au Grand contournement ouest (GCO -voir tous nos articles) redonnent rendez-vous aux opposants de la future autoroute dans les rues de la capitale alsacienne ce samedi 6 octobre. Le rassemblement est donné à 14h, place de la République.
Entre 4 000 et 5 000 personnes se sont mobilisées pour manifester en faveur du climat et contre le grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) samedi 8 septembre. (Photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)
Encore des recours en cours
Depuis la marche du samedi 8 septembre, le projet d’autoroute payante de 24 kilomètres a bien avancé puisque la mini-Zad à Kolbsheim a été évacuée, les déboisements pour les travaux préparatoires ont été effectués en quelques jours début septembre, puis le tribunal administratif n’a pas suspendu en référé les arrêtés « à titre exceptionnel. » Les travaux peuvent ainsi débuter. Malgré « des doutes sérieux sur la légalité », le jugement en urgence est justifié par « l’intérêt public majeur », une situation « aisément régularisable » et aussi « des troubles à l’ordre public » lors des déboisements.
Une décision peu classique qui interroge, voire galvanise, certains opposants :
« Toutes les cartouches juridiques sont loin d’être épuisées. Nous irons notamment en Cassation devant le Conseil d’État pour contrer la décision du tribunal administratif. Sur le terrain, nous appelons à résister autant que cela est possible. »
Le tribunal administratif a cependant donné raison aux opposants en suspendant l’abattage et 30 arbres et le permis d’aménager le viaduc à Kolbsheim. En revanche le délai pour une audience sur le fond est encore inconnu.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Stéphane Libs, gérant des cinémas Star de Strasbourg et futur directeur du complexe MK2 à Schiltigheim, brise son silence sur la guerre des cinémas, qui l’oppose aux gestionnaires du cinéma Vox. Suite aux échanges en conseil municipal, il tient à rassurer tout le monde sur l’offre de cinéma en centre-ville.
Nathanaël Karmitz et Stéphane Libs, lorsqu’ils ont présenté le projet de MK2 à Schiltigheim qui n’était à l’époque contesté par personne. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
La Commission nationale de l’aménagement cinématographique (CNACi) a validé le 21 septembre le projet de neuf salles de MK2 dans la friche Fischer à Schiltigheim. Mais ce dossier a mobilisé des élus de la Ville de Strasbourg et l’opposition municipale y a vu une attaque contre le centre-ville (revoir la séquence). L’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg, est également allé plaider contre le MK2 à la CNACi.
Agacé qu’on lui prête des intentions qu’il n’a jamais exprimées, Stéphane Libs a envoyé mardi soir une lettre ouverte à tous les élus de Strasbourg et de l’Eurométropole et à la presse (voir l’intégralité ci-dessous). Dans ce courrier, Stéphane Libs réaffirme que le projet de MK2 n’est pas un transfert de l’activité des cinémas Star du centre-ville de Strasbourg vers Schiltigheim et rappelle que le projet a été réduit de 14 salles à 9 pour se rapprocher d’un cinéma de proximité.
Il rappelle qu’aucun recours n’a été intenté contre le développement du cinéma du Trèfle à Dorlisheim, géré par la famille Letzgus, bien que son développement ait impacté le nombre de billets vendus à Strasbourg selon lui. Stéphane Libs précise aussi que les films majeurs bénéficieront d’une copie supplémentaire pour qu’ils puissent être vus à Schiltigheim et au Vox en même temps.
Quand aux cinémas du centre-ville de Strasbourg, Stéphane Libs appelle la Ville, propriétaire des murs du cinéma Star Saint-Exupéry, à réaliser les travaux dont le bâtiment a désespérément besoin :
« Depuis trois ans et malgré six réunions de travail, je n’ai pas encore vu le début d’une estimation du coût de ces travaux et ne perçois pas votre volonté sur le sujet. Malgré un positionnement de “défense des cinémas de centre-ville”, c’est pourtant la Ville de Strasbourg qui menace aujourd’hui le plus directement l’avenir de mes salles par un manque de décisions et d’implications concrètes. »
Des médecins strasbourgeois ont cosigné une requête devant le Conseil d’État enjoignant au gouvernement de prendre des mesures effectives et immédiates contre la pollution de l’air, faute de quoi ils réclament 100 000€ par jour d’amende.
Une dizaine de médecins strasbourgeois se sont associés à une soixantaine d’associations environnementales, dont les Amis de la Terre, Greenpeace et France Nature Environnement, pour déposer, mardi 2 octobre, une requête devant le Conseil d’Etat visant à obtenir que le gouvernement lutte contre la pollution atmosphérique avec une demande d’astreinte de 100 000 euros par jour de retard. En 2015, une commission d’enquête sénatoriale avait estimé le coût économique et financier de la pollution de l’air à environ 100 milliards d’euros par an en France.
La pollution de l’air à Strasbourg reste un sujet de préoccupation (Photo MRGT / FlickR / cc)
En juillet, la plus haute juridiction administrative avait pris un arrêté demandant au gouvernement de ramener les concentrations en dioxyde d’azote (NO2) et en particules fines (PM10, de diamètre inférieur à 10 µm) sous les valeurs limites (soit 40 µg/m3 en moyenne annuelle) et donnait jusqu’au 31 mars au gouvernement pour transmettre ses plans d’actions. Mais la feuille de route présentée par le gouvernement ne convainc pas les associations et les médecins qui estiment qu’elle ne comporte aucune mesure urgente. La feuille de route n’a pas non plus convaincu la Commission européenne qui a décidé de porter le contentieux devant la justice européenne. En cas de condamnation, la CJUE pourrait réclamer des astreintes journalières allant jusqu’à 240 000€ par jour.
Des préconisations aux actes
Thomas Bourdrel, médecin strasbourgeois signataire de l’appel et membre du collectif « Strasbourg respire » précise :
« Nous demandons la mise en application immédiate de mesures concrètes et efficaces pour ramener les taux de polluants en dessous des normes de l’Union européenne. Cela passe par la révision du Plan de protection de l’atmosphère (PPA) dont la première réunion est prévue ce jeudi. Le précédent PPA n’était que propositions et suggestions, celui là doit rapidement mettre en place les mesures nécessaires comme la sortie du diesel en ville, le contrôle de l’industrie, etc. »
Pour les associations et les médecins strasbourgeois signataires, dont le cardiologue Thierry Reeb, la généraliste Sophie Rabourdin, le pédiatre Arnault Pfersdorff et le médecin ORL Emmanuel Provot, l’objectif est « de contraindre l’Etat à prendre des mesures au plus vite, sans attendre le procès européen, » indiquent-ils dans un communiqué car chaque année, la pollution de l’air est responsable de 48 000 décès prématurés en France.
Nouvel épisode dans la « bataille du siège » du Parlement européen, qui oppose les défenseurs de l’institution à Strasbourg à ceux qui se satisferaient tout à fait d’un siège unique, non pas en Alsace mais à Bruxelles. La Cour de justice de l’Union européenne a rendu mardi un arrêt donnant tort à la France, qui maintenait que le budget européen devait intégralement être voté à Strasbourg. Il n’en fallait pas plus pour relancer un débat déjà houleux.
Mardi 2 octobre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a infligé un sérieux revers à Strasbourg et à tous ceux qui soutiennent le siège alsacien du Parlement européen. Les juges de Luxembourg ont en effet décrété que le Parlement européen pouvait exercer une partie de ses pouvoirs budgétaires à Bruxelles, au lieu de Strasbourg, si des impératifs liés au bon fonctionnement de la procédure budgétaire l’exigent.
La France demandait à la CJUE d’annuler plusieurs actes du Parlement européen relatifs à l’adoption du budget général de l’Union pour l’exercice 2017, car elle maintenait que les débats en deuxième lecture sur le projet commun de budget annuel, le vote du Parlement sur ce projet et l’acte du président du Parlement constatant l’adoption du budget annuel pour 2017, auraient dû intervenir lors d’une session plénière ordinaire du Parlement à Strasbourg, et non lors de la période de session plénière additionnelle qui s’est tenue à Bruxelles les 30 novembre et 1er décembre 2016.
Priorité au budget sur… le reste
Son argumentaire : il faut respecter à la lettre le « protocole sur la fixation des sièges des institutions et de certains organes, organismes et services de l’Union européenne » selon lequel « le Parlement européen a son siège à Strasbourg, où se tiennent les douze périodes de sessions plénières mensuelles, y compris la session budgétaire. » Pour la France, ce texte aurait dû conduire le président du Parlement à attendre la période de session ordinaire suivante, à Strasbourg, pour constater l’adoption définitive du budget annuel pour 2017.
La Cour de justice de l’UE a infligé un sérieux revers au siège du Parlement européen à Strasbourg (Photo G. Fessy / CJUE / cc)
Mais la Cour ne l’entend pas de cette oreille : si elle rappelle bien l’importance dudit protocole sur le siège des institutions, insistant sur le fait qu’il fait partie intégrante des traités, elle ne voit pas d’objection à ce que, « si des impératifs liés au bon déroulement de la procédure budgétaire l’exigent », le budget annuel soit « débattu et voté lors d’une période de session plénière additionnelle à Bruxelles. » Et c’est ce qui s’est passé avec le budget 2017. Dès lors, pour la CJUE, le Parlement européen était en droit de l’adopter à Bruxelles, en deuxième lecture. Et Antoine Briand, attaché de presse à la Cour, de revenir sur la position prise par les juges de Luxembourg :
« Ils ont avant tout pris en considération la procédure budgétaire, afin qu’elle soit menée à bien. D’autant que la France ne demandait pas que le budget soit annulé. Donc ils ont donné priorité au budget, sur tout le reste. »
Coup dur pour Strasbourg
Sans surprise, l’eurodéputée alsacienne Anne Sander, membre du Parti populaire européen (le PPE, à droite dans l’hémicycle), a très mal accueilli ce jugement :
« C’est un coup dur porté à Strasbourg, cœur de l’Europe démocratique et citoyenne. Je regrette cette interprétation réductrice des traités. Néanmoins, le combat continue. Je reste mobilisée contre toutes les formes d’attaques à l’encontre de Strasbourg. »
Celles-ci, évidemment, ne se sont pas faites attendre. A la tête d’une campagne pour un siège unique, sa collègue Anna Maria Corazza Bildt, pourtant issue du même groupe politique, n’a pas tardé à monter au créneau :
« Cet arrêt montre clairement que le pouvoir législatif du Parlement européen – y compris le pouvoir budgétaire – ne peut pas être réduit à un vote en plénière. Les aller-retours entre Bruxelles et Strasbourg rendent notre travail de co-législateur plus difficile et surtout, ce n’est pas viable d’un point de vue environnemental et pas respectueux de l’argent des contribuables… »
La « bataille du siège » est relancée
Un diplomate français oeuvrant à l’échelle européenne réagit à son tour :
« L’arrêt dit que le Parlement européen pourra jouir d’une certaine marge de manoeuvre, qu’il pourra apprécier la situation et faire voter le budget à Bruxelles, si nécessaire. Nous, il faudra qu’on soit toujours vigilant à ce que cette marge de manoeuvre ne dépasse pas les limites, que le Parlement européen n’en abuse pas. Pour ma part, je n’ai aucun doute sur le fait que cet arrêt va relancer ladite “bataille du siège” : certains le lisent comme une victoire, et vont essayer de s’en servir contre Strasbourg. Mais ce jugement de la CJUE ne leur donne aucun argument supplémentaire ! »
En règle général, l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg est occupé quatre jours par mois. (Photo Parlement européen / cc)
Les arguments pour et contre Strasbourg sont déjà bien connus : études à l’appui, les « pro » et les « anti-Strasbourg » (membres de l’institution ou pas) avancent pêle-mêle des arguments budgétaires, pratiques, géographiques, historiques ou juridiques.
Pas de place pour l’interprétation et pourtant…
N’en reste pas moins que, pour l’heure, une fois par mois (voire deux fois, comme pendant ce mois d’octobre), c’est le branle-bas de combat et tout le Parlement européen – 751 eurodéputés, leurs assistants (deux ou trois par élus) et autres fonctionnaires – quittent Bruxelles pour rejoindre l’hémicycle strasbourgeois, pour quatre jours de séance plénière. Depuis Luxembourg, à la Cour, Antoine Briand explique :
« Je comprends que la France puisse exprimer des inquiétudes, mais il n’y a pas de raison que des abus soient à déplorer de la part du Parlement européen. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Je comprends aussi sa déception car quand on fait un recours et qu’il est rejeté, ce n’est jamais agréable. D’autant que quand on lisait les conclusions de l’avocat général, l’on pouvait se dire que la règle, c’était : “Strasbourg, point.” Il n’y avait a priori pas une grande place pour l’interprétation, et pourtant… »
Et pourtant, en juin, les soutiens de Strasbourg avait bel et bien cru être en passe de gagner une manche : l’avocat général de la CJUE, Melchior Wathelet, avait livré des conclusions donnant raison à la France. La plupart du temps, les conclusions sont suivies par la Cour quand elle rend son arrêt, mais pas cette fois.
Du vendredi 5 au dimanche 7 octobre, sept micro-brasseurs alsaciens viennent présenter leurs bières au parc Grüber à Koenigshoffen, où sont installés les artistes de la Drêche. Il n’y aura « pas que de la bière » mais aussi du théâtre, des concerts et beaucoup de surprises, promettent les organisateurs de cette première édition du festival Festibrasse.
Le Festibrasse est un nouveau festival « bière et musique » à Strasbourg, organisé par les artistes de la Drêche installés à Koenigshoffen. Du vendredi 5 au dimanche 7 octobre, sept micro-brasseurs de la région présenteront leurs bières au parc Grüber, une ancienne brasserie reconvertie en ateliers. Le festival sera aussi une fête de quartier avec des concerts et scènes ouvertes, des bals populaires, des jeux, un atelier sérigraphie et du théâtre.
Hélène de la Drêche en pleine préparation (Photo PR / Rue89 Strasbourg / cc)
La Drêche s’ouvre au public
Pour les organisateurs, c’est une façon de réunir différents publics autour d’un événement convivial et de leur faire découvrir leur travail au sein de la Drêche. Le collectif d’artistes cofondé par Hélène Humbert est connu pour les soirées sauvages qu’ils organisaient dans le hangar voisin de leur atelier jusqu’en janvier. C’est bien fini tout ça mais la Drêche continue de proposer des événements variés et plus en lien avec leur activités. Parmi les activités de la vingtaine d’artistes membres, on compte entre autres la sérigraphie, le graphisme, la céramique, la gravure… L’an passé, ils ont participé aux Ateliers Ouverts et ont créé un festival autour de la micro-édition, le « Wunderbrasse Festival ».
Rappeler le passé du lieu
Le Festibrasse veut aussi rappeler l’histoire du lieu. De 1855 à 1965, la brasserie Grüber était installée route de Koenigshoffen. Elle exportait sa bière à travers la France. Son fondateur David Grüber, un scientifique méconnu qui a correspondu avec Louis Pasteur, a notamment amélioré les techniques de fermentation de la bière et inventé un procédé de conservation. Cinquante ans plus tard, la brasserie Grüber n’est plus mais de nombreux micro-brasseurs continuent de développer leurs savoirs-faire en Alsace. Parmi eux, seront présents ce week-end : la Narcose, Blessing, Bendorf, Storig, Trois mâts, Perle et BAT.
La Drêche proposera un atelier de sérigraphie de sous-bock (photo : la Drêche)
Y aller
Festibrasse, vendredi 5 octobre de 18h à minuit, samedi 6 de 11h à 1h, dimanche 7 de 11h à 20h au parc Grüber, 91 route des Romains à Strasbourg – Koenigshoffen. Entrée : 3€ (gratuite pour les enfants). Restauration faite maison sur place (vegan-friendly)
Nouvel épisode dans la guerre des cliniques à Strasbourg : le directeur de Rhéna en appelle à la ministre de la Santé et accuse le directeur de l’Agence régionale de santé d’insubordination. Guillaume Lohr rend aussi public un courrier virulent de Roland Ries et de Sylvain Wasermann à Agnès Buzyn.
C’est une bataille d’image autant que juridique que se livrent la nouvelle clinique Rhéna au Port-du-Rhin et celle de l’Orangerie, allée de la Robertsau. Lundi 1er octobre, le directeur de Rhéna, Guillaume Lohr, a décidé de sortir lui-même le carton rouge contre l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand Est, un mauvais arbitre dans ce conflit selon lui. Dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn (voir ci-dessous), il attaque nommément le directeur de l’ARS, Christophe Lannelongue en l’accusant de faire obstruction aux projets de l’établissement.
Bref rappel des événements
Pour ceux qui n’ont pas suivi cette guerre des cliniques à Strasbourg, rappelons brièvement les faits. La clinique privée Rhéna a ouvert en 2017 dans le quartier du Port-du-Rhin avec 20 millions d’euros de fonds publics et la garantie de la municipalité sur une grande partie de son emprunt. Ce soutien public ne l’empêche pas de pratiquer des dépassements d’honoraires sans plafond, ce qui lui a été fortement reproché. Elle regroupe sur un même site les moyens de trois anciennes cliniques confessionnelles de Strasbourg : Adassa, Sainte-Odile et Diaconat.
Rhéna a depuis lancé le chantier d’une extension de ses bâtiments pour abriter un service de cardiologie. Pour pourvoir ce nouveau service, elle s’est attaché les services de tous les cardiologues libéraux qui officiaient jusqu’alors à la clinique privée de l’Orangerie, rachetée en 2015 par le groupe privé Elsan. Celui-ci détient plus de 120 cliniques en France. Son actionnaire principal est un fonds de pension luxembourgeois. Une bataille juridique féroce s’est engagée entre les deux cliniques, avec comme axe central le transfert des cardiologues.
L’ARS en arbitre… changeant
Deux groupes de cardiologues disposent d’une autorisation d’exercice en chirurgie à Strasbourg : ceux des hôpitaux universitaires, publics, et ceux qui officient encore pour l’instant à la clinique privée de l’Orangerie, sous l’appellation de GERC (Groupe d’explorations radiologiques et cardiovasculaires). Ces derniers possèdent leur autorisation en tant que libéraux et pas au titre de la clinique de l’Orangerie. En 2016, ils ont demandé et obtenu de l’ARS l’autorisation de transférer leur activité à Rhéna.
Mais Elsan a contesté cette autorisation devant le tribunal administratif et obtenu gain de cause pour vice de forme. Et c’est là que les choses se sont corsées pour Rhéna. Le GERC a rapidement fait une nouvelle demande d’autorisation de transfert à l’ARS. Mais c’était sans compter sur le changement de direction au sein de l’institution publique.
Le directeur de la clinique Rhéna agite le risque d’une disparition de l’établissement. (Photo G. Satre – AIA Life Designers / doc remis)
Début 2017, Christophe Lannelongue a pris la tête de l’ARS Grand Est, succédant à Marie Fontanel (partie s’occuper de santé pour la présidence de la République). Le fonctionnaire a entendu les inquiétudes d’Elsan selon lequel le départ de ses cardiologues ferait perdre 30% de son chiffre d’affaires à la clinique de l’Orangerie. De plus, les chirurgiens vasculaires ne peuvent plus travailler sans radiologie interventionnelle, et se verraient obligés de partir vers Rhena, ce qui accroit la pression sur la clinique allée de la Robertsau. Alors que, jusque-là, les pouvoirs publics étaient tous derrière Rhéna, Christophe Lannelongue a préféré tenter une conciliation plutôt que de valider simplement l’autorisation de transfert d’activité des médecins libéraux.
Les millions en suspens de Rhéna
Selon les délais légaux, la demande d’autorisation de transfert des cardiologues du GERC à Rhéna devait être statuée par l’ARS au plus tard au 15 septembre. Aujourd’hui, comme ce scénario n’a toujours pas été validé, Guillaume Lohr, directeur de Rhéna, tape du poing sur la table et rend le différend public.
D’après son argumentation, en ne validant le projet des cardiologues, le directeur de l’ARS n’obéit pas à sa hiérarchie du ministère de la Santé, met en péril Rhéna, et par là même menace les finances municipales. Interrogé par Rue89 Strasbourg, il souligne les enjeux financiers :
« Nous prévoyons que les cardiologues du GERC entrent en activité à Rhéna, dans les nouveaux locaux dédiés, au printemps 2019. Le ministre soutient ce type de structuration. Le directeur général de l’ARS n’entend pas les consignes de sa hiérarchie. Or nous sommes dans une situation d’extrême urgence. En l’état d’avancement du chantier, il faut que ça se règle maintenant et pas dans deux semaines. Si les médecins n’ont pas les autorisations de s’installer à Rhéna, les banques ne leur prêteront pas les 4 millions d’euros dont ils ont besoin pour acheter leurs équipements. Et si les médecins ne font pas ces investissements maintenant, Rhéna va se retrouver avec un bâtiment vide qui lui a coûté 42 millions d’euros. »
Guillaume Lohr souligne que les déboires de Rhéna impliqueraient des pertes pour la collectivité aussi :
« On ne comprend pas bien ce qui motive M. Lannelongue. L’ARS, bras armé du ministère en région, avait autorisé ce transfert. C’est sur cette base qu’on a réalisé notre investissement, entièrement financé par de l’emprunt. On est maintenant au milieu du gué. Aujourd’hui la non-décision du directeur de l’ARS met en péril l’extension de la clinique et toute la structure financière de la clinique avec. C’est tout l’édifice Rhéna qui risque de s’écrouler et la Ville pourrait être appelée en garantie sur le crédit de la première tranche des travaux, à hauteur de 65 millions d’euros. Ce n’est pas acceptable. »
L’ARS prend tout son temps et cherche d’autres scénarios
En fait, l’ARS et son nouveau directeur ont aujourd’hui d’autres plans pour la cardiologie à Strasbourg et Guillaume Lohr le sait bien. Au moins deux hypothèses de travail sont sur la table pour l’ARS. La première serait de délivrer une troisième autorisation de cardiologie interventionnelle sur le territoire de Strasbourg, directement à la clinique de l’Orangerie, en plus de celles que possèdent déjà l’hôpital public et le GERC.
Problème : est-ce que ce scénario correspond réellement aux besoins de Strasbourg ou l’ARS n’organiserait-elle pas plutôt alors une marche vers plus de concurrence privée en matière de cardiologie ? La deuxième hypothèse serait, selon Guillaume Lohr, de créer une nouvelle structure juridique unique regroupant le GERC, la clinique Rhéna et la clinique de l’Orangerie pour qu’elle bénéficie de l’autorisation pour une activité d’intervention de cardiologie positionnée sur le site de Rhéna. Les deux cliniques et les cardiologues se partageraient alors les bénéfices dans un bâtiment financé par Rhéna. Un scénario inconcevable pour le directeur de la jeune clinique :
« Le GERC se déposséderait de la propriété de son autorisation. Cela veut aussi dire que le directeur général de l’ARS entend forcer des structures indépendantes à créer une entité commune et à cohabiter en terme de gestion. Rhéna est une association à but non lucratif administrée par des bénévoles. Elsan est un établissement privé à but lucratif adossé à un fonds de pension. Le GERC, ce sont des médecins. Chacun poursuit donc des objectifs très différents. Par ailleurs, on compte une vingtaine de recours en justice d’Elsan contre Rhéna. Dans ce contexte, c’est difficile de nous demander de nous entendre. Le directeur général de l’ARS ne peut pas nous imposer ça. Nous avons refusé, comme le GERC. Nous demandons l’application des dispositions légales et réglementaires du code de la santé publique, c’est tout. »
Ries et Waserman à la rescousse de Rhéna
Pour appuyer sa lettre ouverte à la ministre de la Santé, Guillaume Lohr n’hésite pas à rendre public un courrier à la ministre de la Santé, signé du maire de Strasbourg, Roland Ries, et du député du Bas-Rhin Sylvain Waserman (LREM) daté du 12 septembre (voir ci-contre). « Tous comprennent l’intérêt de ce regroupement de compétences et de moyens sur un site unique pour l’organisation des soins à Strasbourg », soutient Guillaume Lohr.
Dans leur courrier à la ministre, Roland Ries et Sylvain Waserman prennent fait et cause pour la clinique Rhéna avec virulence :
« Nous constatons avec consternation que tout est fait, procédures judiciaires à l’initiatives du groupe Elsan, temporisation du directeur général de l’ARS, multiplication des propositions de compromis inopérants, pour que ce transfert prenne du retard et in fine, engendre ni plus ni moins que le risque de disparition de Rhéna (ou à tout le moins son rachat par le groupe Elsan). Cela serait un retour en arrière très dommageable pour l’offre de santé locale et régionale, et illustrerait la prégnance d’un modèle économique et d’un lobbying trop puissant pour permettre à un groupe régional non lucratif de mener à bien un projet dont la pertinence est pourtant démontrée. »
Le conseiller municipal d’opposition et médecin Thierry Roos, soutien indéfectible de Rhéna, met en avant l’injustice « d’une guerre asymétrique des cliniques » :
« Puisqu’il y a blocage au niveau de l’ARS, c’est bien à la ministre de trancher. C’est une guerre économique et un divorce qui se passe mal entre Elsan et le GERC, mais c’est aussi une entrave à la liberté d’exercice des médecins libéraux. Cette guerre met en danger Rhéna qui a mis tous ses moyens dans cet outil de travail, qui crée de l’emploi dans un quartier défavorisé et offre une grande qualité de soin. La municipalité a cru en ce projet à la symbolique forte : le regroupement des trois religions concordataires au bord du Rhin. Roland Ries a courageusement défendu Rhéna auprès de la ministre. »
Dans la soirée de lundi, Roland Ries a confirmé son soutien à Rhéna :
« Les trois cliniques confessionnelles qui ont choisi de se regrouper dans Rhéna pour offrir une meilleure prestation médicale aux patients, l’ont fait avec le soutien de l’Etat. Il est inimaginable qu’au gré d’un changement de haut fonctionnaire à la tête de l’ARS, ce soutien se transforme en opposition. J’ai alerté à plusieurs reprises la Ministre de la Santé sur le sujet, qui m’a assuré vouloir tout faire pour éviter de fragiliser Rhéna. La collectivité, comme cela est classique dans ce type de dossier, est garante à hauteur de 66 millions d’euros dans le projet. »
Quel est le pouvoir du directeur de l’ARS face à sa ministre de tutelle ? L’ARS et son directeur général n’avaient pas donné suite à nos sollicitations, au moment de publier cet article. Elsan tente-t-il d’épuiser Rhéna pour mieux la racheter ? Le groupe fait savoir qu’il ne souhaite « pas faire de commentaires » pour l’heure et rappelle que dans cette affaire de transfert des cardiologues, c’est aussi la « survie » de la clinique de l’Orangerie qui est en jeu.