Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Au TNS, toujours pas de place pour les jeunes artistes

Au TNS, toujours pas de place pour les jeunes artistes

Pour fêter ses 50 ans, le Théâtre National de Strasbourg a décidé de se tourner vers « demain. » « Ne pas célébrer le passé mais envisager l’avenir » répète son directeur, Stanislas Nordey. Pourtant, cette année encore, on retrouve dans la programmation des papes du théâtre contemporain, adoubés par leurs pairs et programmés dans d’autres grandes salles de France. Difficile pour les nouveaux metteurs en scène de se faire une place et d’inventer « le théâtre de demain » au TNS.

Stanislas Nordey arrive à la tête du Théâtre National de Strasbourg (TNS) en 2014. Après une passation de pouvoirs un peu compliquée, il a finalement pris sa place en tant que directeur du seul théâtre national situé hors de Paris en expliquant qu’un homme seul ne peut pas diriger un théâtre. Il met alors en place un système « d’artistes associés » : quatre auteurs, dix comédiens et six metteurs en scène.

Cette saison marque la fin de son (premier) mandat à la tête de l’institution strasbourgeoise, et pour Lucas (le prénom a été modifié), cela n’a pas changé pas grand chose à la direction du théâtre: 

« Il a raison, un homme seul ne peut pas diriger un théâtre, mais ça veut juste dire qu’ils dirigent le théâtre à plusieurs et que, par conséquent, ils se partagent la scène entre eux… On retrouve toujours les mêmes artistes, jusqu’à plusieurs fois par saison. »  

Lucas est comédien, ancien élève du TNS, il avoue que la vie d’après-école a été assez amère pour lui. Il estime que le théâtre national de Strasbourg ne laisse pas assez de place aux nouveaux et qu’il existe, au sein de l’institution, un gouffre entre le discours invitant à inventer le « théâtre de demain » et une programmation sans prise de risque : 

« On peut aussi dire que le TNS fait de très belles choses, comme l’Autre Saison par exemple. Mais la programmation ne permet pas de supprimer de la tête des jeunes, ceux qui sortent de l’école mais aussi des autres jeunes artistes, ceux qui sont précaires et qui n’y arrivent pas, l’idée qu’il y a une élite et qu’il y a le reste.« 

Cette critique n’est pas nouvelle et dépasse largement les murs du TNS. En juillet 2015, le metteur en scène Thibaud Croisy, signait une tribune dans le Monde à ce sujet :

« L’écosystème du théâtre public fonctionne à deux vitesses : d’un côté, des artistes surreprésentés, largement co-produits, diffusés… De l’autre, des artistes moins visibles et plus précaires, éternels émergents que les opérateurs culturels concentrent dans des festivals à thème. »

Directeurs de salles, maîtres en scène

Deux ans plus tard, la critique faite au théâtre public dans son ensemble semble avoir gardé toute sa pertinence, au TNS y compris. Cette année, par exemple, sept des quinze spectacles proposés au public strasbourgeois ont été écrits et/ou mis en scène par d’actuels et d’anciens directeurs de théâtre. « Ça en dit long, » soupire Lucas. 

Cette saison, on retrouve donc à la mise en scène Éric Vigner, directeur du théâtre de Lorient de 1996 à 2016, Sylvain Maurice, directeur du théâtre de Sartrouville depuis 2013, Célie Pauthe, directrice du Centre Dramatique Nationale (CDN) de Besançon depuis 2013, Arthur Nauzyciel, directeur du Théâtre National de Bretagne depuis 2017, Severine Charvrier, directrice du CDN d’Orléans depuis 2017. Enfin, Stanislas Nordey met en scène deux pièces dont l’une est l’adaptation d’un texte de Wajdi Mouawad, directeur de La Colline depuis 2017. 

Couverture de la brochure de la saison 2018-2019. (Photo de Jean-Louis Fernandez / Montage KZ / Rue89 Strasbourg)

Pour le jeune comédien, cette situation est synonyme d’un appauvrissement de l’offre théâtrale dans les grandes salles et serait une pratique récurrente d’un système où le copinage est très présent :

« C’est comme si il y avait ce besoin de programmer des gens avec qui ça passe, avec qui on peut s’échanger des spectacles, c’est clairement ce qui c’est passé quand le TNS a accueilli pour une saison le théâtre du Rond Point. On se fait des faveurs comme ça et ça finit par monopoliser les scènes. »

« Moins de copinage que dans le cinéma »

À cette critique, Stanislas Nordey répond que s’il le pouvait, il programmerait trente-six pièces par an… Alors, pour choisir, il faut bien des critères, parfois subjectifs. Un spectacle « qui marche » doit satisfaire, à la fois, les professionnels, les critiques et le public. Pas une mince affaire :

« Pour choisir, il y a des critères, qui sont parfois des questions de goût mais il n’y a pas beaucoup de copinage, moins que dans le cinéma par exemple… Les échanges de spectacles, ça existe, oui, mais c’est horrible, ça je ne fais pas. On ne programme pas de spectacle pour faire plaisir à d’autres directeurs de théâtre. »

Une explication que Maurice (le prénom a été modifié) ne trouve pas très convaincante. Acteur, il est lui aussi passé par une grande école de théâtre qu’il a quitté il y a une dizaine d’années. Pour lui, « l’après-école » c’est plutôt bien déroulé, il joue souvent et dans de grandes salles. Cependant, lui aussi est très critique : 

« Quand Stanislas Nordey invite Jean-Michel Ribes (directeur du Théâtre du Rond Point, ndlr), c’est surtout de la fidélité économique, Nordey invite Ribes parce que Ribes invite Nordey… Et ça ne veut absolument pas dire que Stanislas Nordey apprécie le travail de Jean Michel Ribes d’ailleurs.« 

Programmer ce qui marche 

Il y a, dans le milieu culturel, des expressions qui reviennent souvent, « rencontrer les publics » en est une assez courante. Du coup, le Théâtre National de Strasbourg se rend dans les lycées, dans les prisons, met en place des programmes de « démocratisation culturelle »… mais pour Lucas, pour que cela soit réellement efficace, il faudrait d’abord diversifier la programmation : 

« Le public est toujours épargné de ces questions là, la sur-représentation des stars du théâtre, la difficile émergence, les questions économiques, tout ça… Ce n’est pas ce qu’il vient chercher au théâtre. Mais quelque part ça le concerne directement. C’est comme si tu allais au restaurant et que le patron te servait pour la quinzième fois des frites. Le TNS a la volonté d’aller à la rencontre des publics, mais ils y vont toujours avec la même chose. »

Laurane est une strasbourgeoise, amatrice de théâtre de 32 ans, youtubeuse théâtre et abonnée au TNS (mais aussi au Maillon, au TJP et au TAPS) depuis une quinzaine d’année. Laurane est aussi enceinte, alors cette année elle lève un peu le pied. Et pour cause, contrairement à d’autres pays, le théâtre s’adapte mal à la situation des jeunes parents : 

« Quand j’habitais en Belgique, les théâtres proposaient une offre complète avec garde d’enfant, parking… Ça permet aux jeunes adultes de continuer d’aller au théâtre. On peut toujours réserver le soir même, c’est beaucoup plus simple. »

Pour la saison à venir, elle n’a pris d’abonnement qu’au Maillon. Pourtant, quand elle était plus jeune, elle se rêvait en comédienne, en élève du TNS et une de ses premières « claques » au théâtre, elle l’a reçu dans les salles du théâtre national, une mise en scène de Hubert Colas d’un texte de Sarah Kane. Mais c’était en 2002, ça fait très longtemps qu’elle n’en prend plus des claques. En jetant un rapide coup d’œil à la programmation, le seul spectacle qu’elle ne peut pas rater cette année c’est celui de Thomas Jolly :

« J’aimerais aller voir Thyeste, parce que Thomas Jolly c’est quand même le nom du moment. Enfin… dans les cercles théâtraux, bien sur. »

Couverture du Télérama n°3572 (photo de Olivier Metzger)

Thomas Jolly est « un nom » parce qu’il a ouvert la 72ème édition du Festival d’Avignon, dans la très prestigieuse Cour d’honneur du palais des Papes, parce qu’il a récemment fait la couverture de Télérama, parce que ses spectacles sont accueillis dans de nombreux théâtres, parce qu’il est artiste associé à plusieurs salles, dont le TNS, parce qu’il a mis en scène le spectacle de sortie de la promotion 42 du TNS…

Maurice se souvient d’une directrice d’un CDN qui expliquait qu’il lui fallait « un nom » dans sa programmation, elle a eu Thomas Jolly :

« Les spectacles qu’on retrouve partout, ce ne sont les meilleurs spectacles, ce sont les meilleurs spectacles pour remplir les salles. Les directeurs ont compris que ça fonctionnait au name-dropping, ce ne sont plus des spectacles qui remplissent les salles mais des noms. Ce qui est triste, c’est que même des directeurs de salles subventionnées réfléchissent comme des chefs d’entreprises. » 

Sauf que ni Thomas Jolly ni Julien Gosselin ne naissent « papes du théâtre » explique Stanislas Nordey. Pendant des années, le premier a multiplié les petits projets, sans financement, avant d’accéder à la place qui est la sienne aujourd’hui :

« Ceux qui sont connus aujourd’hui sont tous passés par la marge et ont connu les difficultés liées à l’émergence. C’est comme dans d’autres métiers en fait… La plupart des gens qui estiment que le système est injuste, si ils étaient Thomas Jolly ou Julien Gosselin, pas sûr qu’ils diraient la même chose et qu’ils partageraient le gâteau. »

Impitoyable théâtre où les nouveaux n’ont pas droit à l’erreur

Pour le second, il est en revanche plus difficile de dire qu’il est passé par la marge puisque Stanislas Nordey l’a fait programmer au Festival d’Avignon alors qu’il était encore élève au TNB. Un pari risqué selon Stanislas Nordey, pas tellement pour lui qui l’a associé à son théâtre alors qu’il était déjà en vogue, mais plutôt pour le jeune metteur en scène :

« Julien Gosselin, c’est moi qui l’ai repéré dans un festival dans le nord, il était encore à l’école. C’était l’année ou j’étais artiste associé au festival d’Avignon, je faisais la programmation avec les directeurs. Je vois son spectacle, j’appelle les deux directeurs du festival d’Avignon et je leur dis de venir voir, je leur dis que c’est formidable et que j’aimerais bien qu’il vienne au festival. Les deux directeurs et moi on est enthousiastes, on lui propose de programmer son spectacle pour Avignon, il répond qu’il ne veut pas, que si ils le prennent pour Avignon ça sera pour un nouveau spectacle. Se dire qu’on va lui confier une nouvelle mise en scène, qu’il va être au festival, que toute la presse sera là, que si il se casse la gueule c’est foutu c’était tendu. On avait envie qu’il aille et en même temps on l’envoyait peut être au casse-pipe, c’était un vrai dilemme pour nous. Finalement, ça c’est bien passé. Si moi je rate deux spectacles, ça passe, par contre pour les jeunes, il faut réussir tout de suite, pas de seconde chance. C’est injuste… Un artiste, par définition, il doit échouer, ça le fait avancer. »

Le théâtre national de Strasbourg (TNS) vu depuis la place de la République (Photo Aloïs Peiffer / Wikimedia Commons / cc)
Le théâtre national de Strasbourg (TNS) vu depuis la place de la République (Photo Aloïs Peiffer / Wikimedia Commons / cc)

D’ailleurs ni Lucas, ni Maurice ni les autres n’auraient intérêt à se planter, même aujourd’hui, même diplômés d’une grande école, sinon il leur serait très difficile de remonter la pente, peut être même impossible. Ils décrivent un milieu impitoyable, encore plus violent pour les jeunes qui n’ont pas multiplié les grandes scènes. Or, il y a pour les jeunes artistes une contradiction violente entre la réalité d’un marché théâtral hyper concurrentiel et la demande qui leur est faite, au sein de leurs écoles d’être subversifs, neufs et toujours dans la recherche.

Pourtant, cette année, le TNS a quand même décidé de programmer une jeune metteuse en scène, tout droit sortie de l’école, Pauline Haudepin avec le spectacle Terrains Vagues. La jeune femme est cependant loin d’être une étrangère au TNS puisque l’ancienne élève a créé ce même spectacle dans les murs de l’école. Pourtant, dès la présentation de la saison, Stanislas Nordey précise que malgré la grande qualité du spectacle, en tant que directeur d’un théâtre national, ce n’est pas son rôle de programmer des nouveaux. Mais alors, qui s’en occupe ? Pas grand monde si on en croit Lucas, Maurice, et même Stanislas Nordey:

« Il n’y a jamais eu de politique allant dans le sens de l’émergence, par exemple, ça serait intéressant qu’il y ait un théâtre national dont ce soit la mission première. Une grosse baraque avec beaucoup de fric rien que pour ça. Le problème c’est que ça ne résoudrait pas grand chose, puisque de ce théâtre émergera trois stars et les autres tomberont aussi vite dans l’oubli. »

De la monopolisation des salles à la galère des jeunes troupes 

S’il y a monopolisation des salles ou des financements publics par les artistes confirmés, il y a, de l’autre côté, ceux qui en pâtissent. D’abord, les jeunes troupes. Pour ceux qui sortent d’une école supérieure d’art dramatique (ESAD), la difficile sortie de l’école est adoucie par le spectacle de sortie.

Au TNS, par exemple, chaque promotion sortant de l’école monte un projet avec un « nom », un metteur en scène en vogue et se produit dans plusieurs salles à l’international et en France, notamment sur les planches du TNS. Sauf que parfois, certains spectacles de sortie ne sont pas repris les années d’après pour des raisons économiques. A la sortie d’une des 13 ESAD, les promotions ont le droit à une aide, soit le Jeune Théâtre National (JTN) pour le TNS et le Conservatoire Supérieur de Paris, soit son équivalent pour les autres écoles. Cette aide permet de payer, pendant un an, une partie des salaires des anciens élèves engagés. Lucas détaille : 

« Des spectacles comme mon spectacle de sortie où il y a douze acteurs, les gens s’arrachent les cheveux. Ils se disent qu’ils ont pas l’argent pour payer tous ces gens. Il y a ce théâtre de région parisienne, où le spectacle avait été repris, tout était réglé avec la production… Puis quand ils se sont rendus compte que la promotion n’aurait plus l’aide du JTN, ils ont dit que, finalement, ça ne sera plus possible. » 

Stanislas Nordey lors de la présentation des 50 ans du TNS : "inventer le théâtre en 2068" (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Stanislas Nordey lors de la présentation des 50 ans du TNS : « inventer le théâtre en 2068 » (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Pour la saison à venir, Lucas n’a aucun projet programmé sur les planches. De sa promotion, il dit être « celui qui galère le plus. » Pourtant, il n’a pas chômé cette année… A côté de la reprise de plusieurs spectacles, avec quelques anciens camarades, ils ont remonté une pièce qu’ils avaient créée quand ils étaient étudiants. Malgré la qualité de leur travail, à en juger par les retours des programmateurs, le spectacle ne tournera pas cette année :

« On a ouvert la salle à des programmateurs, à des directeurs de salle qui nous ont dit “C’est bien, quand est-ce que vous faites le prochain ?” Ça cloue un peu, on avait envie de répondre “quand vous nous aiderez”… Ceux qui pourraient nous programmer se disent “Pour des nouveaux, ils vont nous coûter cher.” Finalement, c’est comme si ils nous disaient “c’est bien, mais revenez quand vous aurez plus de poids”. »

Du théâtre sexy pour remplir les salles

La sur-représentation des artistes confirmés impacte non seulement les jeunes artistes mais aussi le public. La critique qui est faite au TNS, alors, c’est celle de la facilité : programmer ce qui marche. Et ce qui marche c’est le « théâtre sexy » soupire Lucas :

« Comme chaque année, on n’échappera pas au spectacle sexy : filmer en direct, mettre les acteurs en bas, comme un désir refoulé de cinéma… Faudrait surtout revenir à quelque chose d’un peu plus humble. On n’a pas toujours besoin de l’écran au dessus, des micros à fond, de la musique à fond, des lumières à fond pour faire entrer le spectateur dans un univers. »

Répétitions de 1993, pièce de sortie du groupe 43 du TNS, mis en scène par Julien Gosselin. Juin 2017 (photo KZ/Rue89 Strasbourg)
Répétitions de 1993, pièce de sortie du groupe 43 du TNS, mis en scène par Julien Gosselin. Juin 2017 (photo KZ/Rue89 Strasbourg)

Maurice, préfère le terme « théâtre Facebook » :

« Moi j’appelle ça le théâtre Facebook, sur lequel on met des filtres, comme sur Instagram. Un peu cool, un peu pop, un peu provoc… Mais au fond, ça ne parle de plus rien. Vincent Macaigne avec sa révolte cool, on ne sait pas de quelle révolte il parle, c’est juste une exposition artistique de son moi, c’est hypocrite… Le théâtre actuel est si loin des problématiques de société qui feraient venir le public au théâtre ! Les spectacles qui parlent d’immigration, du nucléaire, d’environnement, de chômage, ils sont où ? »

Jérémie Fallecker, bouillonnant fondateur de Pelpass, est l’invité de l’apéro

Jérémie Fallecker, bouillonnant fondateur de Pelpass, est l’invité de l’apéro

Jeudi 18 octobre à 18h, la rédaction de Rue89 Strasbourg reçoit Jérémie Fallecker pour l’apéro. Le directeur artistique de Pelpass est engagé dans une délicate professionnalisation de cette association touche-à-tout de Strasbourg, capable d’organiser des tournois de ballon prisonnier au Molodoï comme un festival de trois jours aux Deux-Rives… Venez le rencontrer et poser vos questions, en direct autour de quelques bières.

On le reconnaît à sa casquette dorée et aussi à ses flyers, qu’il emporte toujours avec lui. Mais si Jérémie Fallecker est toujours en train de distribuer des flyers, c’est parce que l’association Pelpass, qu’il a cofondée en 2005, a toujours quelque chose à proposer aux Strasbourgeois. Une soirée de concerts, des jeux en bois pour les grands et les enfants, un tournoi de ballon prisonnier, une fête de Noël, un festival ?!

L’association, en surchauffe permanente depuis 2010, fonctionne grâce à son énergie et à celle des quelques 180 bénévoles qu’elle fédère. Est-ce tenable ? La rédaction de Rue89 Strasbourg lui posera la question jeudi 18 octobre à partir de 18h puisqu’il est l’invité de l’apéro. Venez le rencontrer au Graffalgar et lui poser vos questions lors de cette interview filmée et diffusée en direct sur Facebook.

Jérémie Fallecker est à la tête d'une association en surchauffe depuis 8 ans. (doc remis)
Jérémie Fallecker est à la tête d’une association en surchauffe depuis 8 ans. (Photo 128dB / doc remis)

Jérémie Fallecker a engagé une professionnalisation de cette association de copains à partir de 2010 et l’arrivée du « premier salarié de Pelpass, » Jonathan Metz, alors en service civique. Directeur artistique et programmateur, Jérémie bénéficie d’un contrat aidé (emploi d’avenir). François-Xavier Laurent, chargé de communication, est en contrat unique d’insertion tandis que Lucas Gaertner, l’administrateur, est le dernier salarié.

« L’objectif est bien de pérenniser tout ça, » indique Jérémie qui reconnaît que Pelpass « est très dépendante des aides. » Pour ça, Jérémie a choisi de recentrer l’association sur quatre temps forts par an : le festival Paye ton Noël, trois semaines de fête au Molodoï en décembre, Fanfarodoï qui permet d’amener de la musique et des spectacles un peu partout à Strasbourg en février, Ind’Hip’Hop en mars-avril qui met à l’honneur le rap indépendant et bien sûr le festival Pelpass, trois jours de joie pure près du grand air du Rhin fin mai.

Pelpass n’oublie pas le reste et donne rendez-vous dès samedi 20 octobre avec un « week-end de rentrée » au Molodoï. L’association prévoit en outre une à deux « release parties » par mois, en moyenne.

Au conseil municipal, de l’argent, des pétitions, des PV et un coup de pouce au GCO

Au conseil municipal, de l’argent, des pétitions, des PV et un coup de pouce au GCO

Le conseil municipal du 15 octobre ne présente que 39 points à l’ordre du jour, mais il va parler démocratie locale, d’un budget participatif et de stationnement, quelques jours après la scission du groupe de gauche « La Coopérative ». Des débats à suivre en direct vidéo et avec nos commentaires à partir de 15 heures.

Trois semaines après la séance fleuve de septembre, le conseil municipal présente cette fois fois un ordre du jour plus ramassé avec 39 points. Mais le départ de quatre des huit membres de La Coopérative risque d’un peu pimenter les petites piques et sous-entendus dans la perspective des élections municipales de 2020…

Les hostilités pourraient débuter dès le point 1, avec une nouvelle rectification du budget de 2018. L’un des « rabot » concerne la baisse de la rémunération (-0,9 million d’euros) de la société en charge du stationnement, Streeteo, car les rentrées d’argent sont moindres qu’attendues (de 2,3 millions). Autre décision d’impact, la Ville va baisser son emprunt de 14,4 millions suite à la vente des parkings des Halles (13,1 millions) et au report d’investissements (Maillon et CIAP).

Toutes baisses ou hausses de dépenses, ainsi que le report de travaux se déroulent sur fond de tensions dûes au « pacte financier » proposé par le gouvernement en juin. Un premier test pour le nouvel adjoint aux Finances Serge Oehler (PS) ? À la prochaine séance en novembre, ce sera déjà au tour des orientations pour 2019.

« Vidéo-verbaliser » ?

Quelques points plus tard, un autre chantier concerne les réflexions sur la verbalisation des véhicules via les 180 caméras de surveillance des routes dans l’Eurométropole. Dans un premier temps, une commission va se focaliser sur les infractions à l’arrêt et au stationnement, la circulation dans les couloirs bus et les arrêts dans les espaces réservés aux vélos aux feux tricolores.

À terme, c’est le contrôle et la sanction des poids lourds, dont le transit est interdit sur l’avenue du Rhin ou l’utilisation des vignettes Crit’Air qui se profile.

L’ancien député et actuel adjoint au maire Philippe Bies (PS, Énergies positives) est le seul candidat déclaré aux élections municipales de 2020. Ses prises de parole sont dès lors très scrutées. (photo Pascal Bastien / Divergence)

Les pétitions et le budget participatif

La délibération suivante sera vraisemblablement soulevée puisqu’elle prévoit de mettre en œuvre le budget participatif et un système automatique de pétitions en ligne (réponse des services dès 500 signatures et interpellations automatiques du conseil municipales dès 2 800 signataires). Lors du vote du « Pacte pour la démocratie locale » en mai, environ un tiers de l’hémicycle avait demandé la parole.

Ouvrir un peu plus les décisions locales à la participation des habitants devrait être l’un des axes importants de la campagne des élections municipales de 2020. Le budget participatif, qui ne figurait pas au programme de 2014, est pour l’instant de l’ordre symbolique puisqu’il ne s’agit que que de 1 million d’euros, soit environ 0,2% du budget total (fonctionnement + investissement) de la Ville. Une somme à répartir en 10 quartiers.

Parcelles pour le GCO et Bains

Ensuite, sujet polémique, il sera question de la vente de parcelles dans la forêt du Herrenwald à Brumath. Il s’agit de petits espaces (1,42 ha) au sein d’un massif qui sert à la vente et revente de bois. Un chasseur y est titulaire d’un lot de chasse.

Ces parcelles doivent permettre à la Sanef de réaliser les compensations environnementales de l’échangeur nord avec l’A4 et l’A35 du Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg. En particulier, un passage à faune (appelé « écopont ») à hauteur de l’A4, qui n’avait jamais été construit, et implique un petit déboisement. L’indemnisation (13 560€) concerne le prix du « fond » et le manque à gagner. D’autres mesures doivent être mises en place sur les parcelles qui restent propriété de la Ville de Strasbourg (voir plan), par ses agents. Mais c’est la Sanef qui devra payer.

Le mois précédent, cette délibération avait été retirée dans l’attente des recours. Mais les juges du référé n’ayant pas suspendu les travaux, rien ne semble entraver la transaction cette fois-ci.

« Nous avons anticipé pour avoir de la marge de manœuvre. Sinon nous aurions eu une expropriation », explique Christel Kohler (LREM), adjointe au maire en charge de la gestion des forêts qui voit un « intérêt à mettre en place ces mesures car nos forêts se sont appauvries ». Au programme : restaurer des mares et des zones humides. Une mini-extension de la forêt (13 ha, en violet sur le plan) va aussi remplacer un champ de maïs.

Plan des mesures compensatoires

Le plan des mesures compensatoires à l'échangeur du GCO prévues sur les parcelles appartenant à Strasbourg. (extrait de délibération, cliquez pour agrandir)
Le plan des mesures compensatoires à l’échangeur du GCO prévues sur les parcelles appartenant à Strasbourg. (extrait de délibération, cliquez pour agrandir)

Les échanges peuvent dériver sur l’implication de la collectivité, qui ne devait pas être impactée mais a acheté une page de publicité pour défendre le projet, voire l’utilité même de l’infrastructure. On peut imaginer que le maire Roland Ries va devoir faire un peu de discipline pour ne pas rouvrir ce débat, sur lequel il a changé sa position en 2013.

Le sujet suivant est un « classique » du conseil municipal, puisqu’il s’agit des Bains municipaux. Les élus vont acter que « l’aile médicale » servira de Maison du Sport Santé comme annoncé il y a près d’un an. Le dossier épineux de la rénovation a été repris par l’adjoint au maire Alexandre Feltz (non-inscrit suite à son départ de La Coopérative) suite au départ d’Olivier Bitz (LREM).

Les autres points suivants sont a priori de nature à entraîner de moins longs débats. Notons l’extinction de certains éclairages de minuit à 6h30 dans 11 parcs strasbourgeois l’automne et l’hiver. Si l’expérience est concluante, le dispositif sera reconduit. Une « extinction partielle » a déjà débuté dans le parc de l’Orangerie, avant minuit.

Encore des clash de fin de séance ?

Lors des deux dernières séances, c’est parfois lors des interpellations de fin de conseil, que les échanges se sont tendus, que ce soit autour de l’hébergement d’urgence, des cinémas ou des bateaux de plaisance. Parfois au cœur de ces confrontations lorsque l’hémicycle se vide, Paul Meyer a dit vouloir davantage « se protéger ».

L’une des élues du groupe de Fabienne Keller, Bornia Tarall risque quand même d’un peu mettre la pagaille dans la majorité en s’appuyant habilement sur une tribune de Syamak Agha Babaei (ex-PS) et Adbelkarim Ramdane (ex-EELV puis La Coop.) Les deux conseillers municipaux demandent à « dépenser plus dans les quartiers populaires et moins ailleurs pour réparer sur le long terme ces inégalités », en mettant fin à la politique de « saupoudrage ». L’élue d’opposition se demande pourquoi ces idées n’ont pas été mises en œuvre depuis 10 ans.

À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.

Les commentaires sur Twitter


Rhéna : un coeur gros comme ça

Rhéna : un coeur gros comme ça

Semaine difficile pour Rhéna. La clinique strasbourgeoise peut toujours compter sur le soutien du maire Roland Ries, mais l’Agence régionale de santé fait barrage à son projet d’accueillir l’équipe de cardiologues de la clinique de l’Orangerie.

#Christophe Lannelongue

Matt Holubowski et Gaël Faure, deux artistes folk et rock à découvrir à La Laiterie mercredi et samedi

Matt Holubowski et Gaël Faure, deux artistes folk et rock à découvrir à La Laiterie mercredi et samedi

Cette semaine à Strasbourg, plus que les têtes d’affiches, ce seront des premières parties qu’il faudra venir découvrir à La Laiterie. Matt Holubowski mercredi et Gaël Faure samedi promettent de belles ouvertures de soirée.

Quand on vit dans une ville comme Strasbourg, on a l’assurance de voir passer les plus grands noms de la musique sans trop de problèmes. Les jeunes pousses et les artistes émergents de la scène (inter)nationale, c’est beaucoup moins évident. Souvent, il faut prendre son mal en patience et attendre deux ou trois albums, ou de quoi remplir au moins une salle de 400 personnes. Parfois, même cela ne suffit pas. Heureusement, il reste quelques moments magiques pour les découvrir avant que tout bascule, dans de belles conditions : les premières parties.

Matt Holubowski à la conquête de l’Europe

Acheter un billet de concert pour ne voir que la première partie peut être considéré comme peu rentable. Il faut être passionné, ou croiser les doigts pour que la tête d’affiche soit vraiment à son goût. Pourtant cette semaine, à la Laiterie, le risque est à prendre, car il y aura deux très, très belles premières parties. De celles qui valent le déplacement même sans apprécier la tête d’affiche.

Citons Matt Holubowski d’abord, qui ouvrira mercredi 17 octobre pour Sophie Hunger. La Suissesse, qui après plus de 10 ans de carrière viendra présenter son septième album, a décidé d’ajouter à son folk des touches électroniques minimales. Prendre un ticket n’est pas prendre un grand risque, tout le monde peut se retrouver dans un concert de cette artiste multi-facettes et toujours d’une musicalité incroyable.

Mais pour les puristes, pour les amoureux du folk sans électro, il y aura Matt Holubowski, donc. Le Canadien a un passé musical déjà fourni : un premier album en 2014, un passage à La Voix (The Voice, version Québec), et un second album en 2016 dont il termine la promotion cette année. Mais il a surtout pris le temps d’asseoir sa carrière chez lui, ne venant défendre sa musique sur le vieux continent qu’au printemps 2018 pour la première fois. On aura la chance de le découvrir cet automne sur les titres sublimes de Solitudes mercredi dès 20h pour 40 minutes de bonheur sur la grande scène de La Laiterie. À conseiller à tous les fans de Patrick Watson ou de Louis-Jean Cormier.

L’appel de la nature par Gaël Faure

Trois jours plus tard, samedi 20 octobre, c’est au tour d’une autre Canadienne de passer sur la même scène : Cœur de Pirate. Elle défend son album sorti au printemps, en cas de tempête, ce jardin sera fermé. Et sa première partie sera assurée par le Français Gaël Faure. Il partage avec Matt Holubowski beaucoup de points communs. Outre leur chevelure en bataille et leur passé télévisuel (Gaël est passé par la case Nouvelle Star dans une autre vie), les deux garçons ont surtout l’amour de la guitare et des grands espaces.

Œuvrant aussi au sein du mouvement Colibris, Gaël Faure parcourt les routes avec son album Regain. Il y chante l’amour et la vie au long des saisons, comme un retour au simple. Celui qui a collaboré avec Piers Faccini profite de sa voix pour défendre la Nature avec un entrain et un optimisme contagieux. Samedi, c’est une belle occasion de découvrir sa voix chaude qui envoûte le public à chaque fois.

#Gaël Faure#Matt Holubowski#Sophie Hunger

Vers un collectif pour demander la gratuité des transports à Strasbourg

Vers un collectif pour demander la gratuité des transports à Strasbourg

Jusqu’en 2018, le débat sur la gratuité des transports en commun n’avait guère atteint l’hémicycle de l’Eurométropole de Strasbourg. Au contraire, avec des augmentations répétées de tarifs, les 33 communes souhaitent que la part payée par les usagers s’approche de celle versée par la collectivité via les impôts locaux et les versements d’entreprises. Strasbourg s’inspire ainsi des modèles britannique, allemand et scandinave . . .

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« Infiniment petits et infiniment dangereux » : l’Eurométropole débute sa lutte contre les micropolluants

« Infiniment petits et infiniment dangereux » : l’Eurométropole débute sa lutte contre les micropolluants

Difficilement détectables et dangereux pour la santé, les micropolluants commencent à intéresser l’Eurométropole de Strasbourg. Un colloque national à Strasbourg doit trouver les moyens pour réduire cette pollution des eaux urbaines, difficile à traiter.

Les micropolluants rejetés dans les eaux par les activités humaines, industrielles et agricoles sont un danger de plus en plus manifeste pour la santé publique et l’environnement. L’Eurométropole de Strasbourg se penche sur le problème avec le programme Lumieau, en partenariat avec l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et l’Agence française pour la biodiversité. Un colloque national à Strasbourg a fait le point sur ces questions jeudi 3 et vendredi 4 octobre. Les micropolluants sont partout D’après la définition du ministère de l’Ecologie, « les micropolluants de l’eau sont des substances minérales ou organiques qui, même à très faibles concentrations, peuvent être toxiques pour l’homme et/ou les écosystèmes. » Marc Hoeltzel, directeur de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, met en garde contre ce qu’il qualifie « d’infiniment petit et infiniment dangereux. » Le problème principal étant qu’on ne connaît pas encore bien toutes ces substances et que très peu de stations d’épuration françaises sont équipées pour les traiter. À Strasbourg, la station d’épuration gérée par Suez à La Wantzenau, où partent 98% des effluents de la collectivité, ne traite que l’azote et le carbone. Bien que ces procédés éliminent aussi certains micropolluants, une grande partie traverse la station et se disperse dans les rivières, les sols et les nappes phréatiques.
La station d’épuration de la Wantzenau (photo : Airshoot)
Traiter le problème à la source par la prévention Les pesticides et les produits ménagers font partie des micropolluants les plus connus, mais bien d’autres encore menacent la santé publique et l’environnement. À Strasbourg, les analyses sont encore en cours pour rechercher une centaine de substances nocives dans les eaux usées et cartographier leurs origines. Maxime Pomies, responsable du projet Lumieau, estime que le plus important est de réduire la production des micropolluants, chez les industriels et les particuliers. Des normes de taux de pollution sont inscrites dans la réglementation, mais seules les grandes entreprises sont régulièrement contrôlées, et l’Agence de l’eau déplore qu’un taux 0 ne soit pas imposé. Quant aux particuliers, la Ville de Strasbourg a édité un guide pour réaliser le ménage domestique à l’aide de produits naturels. Des solutions restent à trouver Lancé en 2015, le programme Lumieau a pour objectif d’établir un diagnostic précis des micropolluants et de tester des outils qui permettront de réduire leur présence. Béatrice Bulou, maire de Mundolsheim et vice-présidente de l’Eurométropole en charge de l’assainissement, se réjouit de deux initiatives locales. La première, le système de nettoyage de camion de Rhénus Logistics, au Port-du-Rhin, économise 600 litres d’eau par lavage grâce au recyclage d’eau de pluie et au remplacement des produits chimiques par du sable. Le système est mis à disposition d’autres entreprises. La deuxième : une machine à nettoyer les pinceaux qui récupère tous les résidus toxiques pour les traiter et recycle son eau, utilisée par des peintres ou des menuisiers.
La pollution des milieux aquatiques (schéma Bordeaux Métropole)
La pollution des milieux aquatiques (schéma Bordeaux Métropole)
Sans aller jusqu’à l’acquisition de machines, des produits de substitutions naturels permettent souvent d’éviter les produits chimiques dans les industries. On peut citer par exemple, dans la coiffure ou les teintures végétales. Pour faire connaître l’existence et les avantages de ces solutions, l’Eurométropole aimerait s’associer aux principaux organismes de formation de la région et toucher ainsi un public plus large. Des subventions seront proposées par l’Agence de l’eau aux professionnels pour les accompagner dans leurs démarches d’amélioration de leurs pratiques, une partie du coût restant à leur charge. Le programme Lumieau, dont la phase opérationnelle termine à la fin de 2018, a bénéficié de trois millions d’euros de la part de l’Eurométropole, de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et d’autres partenaires. À l’heure actuelle, aucun budget n’est fixé pour la suite. L’Agence de l’eau a cependant promis de financer une partie des actions prévues.

Deuxième Marche pour le climat ce samedi 13 octobre

Deuxième Marche pour le climat ce samedi 13 octobre

La deuxième « Marche pour le climat » aura lieu ce samedi 13 octobre pour mobiliser face à « l’urgence climatique. » Le 8 septembre, la première Marche avait rassemblé 5 000 personnes à Strasbourg, avec dans les rangs des manifestants les opposants au GCO.

La deuxième « Marche pour le climat » est prévue samedi 13 octobre à Strasbourg et dans de nombreuses villes de France, pour poursuivre la mobilisation sur les enjeux environnementaux. Cet événement national avait été initié par Maxime Lelong, en réaction à la démission de Nicolas Hulot du ministère de la transition écologique fin août, puis regroupé avec les manifestations prévues par des ONG à l’occasion de la journée d’action mondiale pour le climat.

À Strasbourg, la date coïncidait avec une manifestation contre le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, prévue de longue date. Au total, 5 000 personnes avaient participé le 8 septembre à Strasbourg. Depuis, il a été suggéré de réitérer l’événement tous les mois. Soixante-dix villes sont mobilisées en France, en Europe et Outre-Mer ce samedi 13 octobre. Les opposants au GCO ont quant à eux défilé à nouveau le 6 octobre.

À Strasbourg, la première Marche pour le climat est tombée lors d'une manifestation contre le GCO (photo Abdesslam Mirdass)
À Strasbourg, la première Marche pour le climat est tombée lors d’une manifestation contre le GCO (photo Abdesslam Mirdass)

Les organisateurs veulent ancrer la mobilisation sur le long terme :

« Face à l’urgence climatique, contre la pollution, contre la déforestation, contre la société de consommation et contre l’absurde course au profit qui régit ce monde. Surtout, marchons pour la planète, pour les végétaux, pour les animaux, pour nos enfants et les générations futures. »

Des groupes de discussion pour proposer des réponses locales

La manifestation de Strasbourg débutera par un rassemblement place Kléber à 14 heures avec un discours d’introduction, puis le cortège partira vers la place de la Bourse (place du Maréchal-De-Lattre-De-Tassigny) en passant par la place de la République, l’avenue de la Marseillaise et le quai des Pêcheurs. Les manifestants sont appelés à venir autant que possible avec des pancartes et habillés en vert.

À l’arrivée place de la Bourse vers 16 heures, un temps de parole sera donné à des associations. Puis des groupes de discussion seront organisés pour échanger des réflexions et des idées qui seront débattues avec l’ensemble des participants. L’occasion d’initier des « projets à l’échelle locale. »

Coup de tonnerre dans l’illustration : Guillaume Dégé démissionne de l’école des Arts Décos

Coup de tonnerre dans l’illustration : Guillaume Dégé démissionne de l’école des Arts Décos

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Ces Allemands supporters du Racing Club de Strasbourg

Ces Allemands supporters du Racing Club de Strasbourg

Ils viennent de Kehl, Achern, Offenburg voire plus loin. Ils sont Allemands et n’ont qu’un seul amour : le Racing Club de Strasbourg. Cette saison, 130 abonnés viennent de l’autre côté du Rhin. Pour certains, cette passion est née il y a déjà plusieurs décennies.

C’est soir de match à Strasbourg pour la réception de Dijon. Devant les gradins, la bière coule à flots et les fours à tartes flambées tournent à plein régime. Autour de longues tables en bois, certains supporters discutent et chantent déjà depuis plusieurs heures. Pour David, c’est une première. Il est Allemand et travaille dans un magasin de photos à Kehl :
« Des collègues français n’arrêtent pas de me parler du Racing. Donc il fallait bien que je vienne voir ça ! En tous cas, je suis impressionné de la ferveur qu’il y a ici. Le match commence dans plus d’une heure et c’est déjà noir de monde ! Ça n’a rien à voir avec Fribourg où je vais aussi parfois. »
David a assisté en septembre à son premier match du Racing (Photo Maxime Nauche/Rue89 Strasbourg/cc)
David a assisté en septembre à son premier match du Racing (Photo Maxime Nauche/Rue89 Strasbourg/cc)

L’ambiance de la Meinau très réputée outre-Rhin

Cette même ferveur a fait succomber Peter à l’amour du Racing il y a maintenant plus de quarante ans. Il vient d’Oberkirch, à 30 km de Strasbourg. Son père lui a fait découvrir la Meinau dans les années 70. La première fois, il avait la vingtaine et était venu pour un match amical contre Cologne :
« J’ai eu le coup de foudre pour Strasbourg. L’équipe jouait tellement bien ! C’était la grande époque, surtout avec le titre de champion de France en 1979. Au-delà du jeu, ici il y a un engouement que je n’ai trouvé nulle part ailleurs. Ni à Karlsruhe, ni à Fribourg, ni à Stuttgart, ni à Cologne. »

« L’Alsace, c’est aussi un peu chez moi ! »

Pourquoi aller voir des matchs ailleurs quand on habite à côté de Strasbourg ? Stefan, un autre supporter allemand, habite à quarante minutes de la capitale alsacienne. Pour lui c’est logique de supporter le Racing :
« Certains proches ne comprennent pas trop, ils ont l’impression que Strasbourg est loin parce que c’est en France. Mais c’est la grande ville la plus proche de chez nous ! »
Peter vient à la Meinau depuis plus de 40 ans (Photo Maxime Nauche/Rue89 Strasbourg/cc)
Peter vient à la Meinau depuis plus de 40 ans (Photo Maxime Nauche/Rue89 Strasbourg/cc)
Stefan n’est pas le seul Allemand à avoir l’impression d’être un peu à la maison à Strasbourg. Philipp, la vingtaine, vient aussi de l’Ortenau et ne loupe aucun match à la Meinau :
« Avec mes parents, on va souvent en vacances dans la vallée de Munster, maintenant je fais mes études à Strasbourg donc l’Alsace c’est aussi un peu chez moi ! »
Depuis le début de la saison, Philipp transmet sa fièvre bleue et blanche au petit frère de sa copine qu’il emmène aux matches. Le jeune supporter d’une dizaine d’années réclame d’ailleurs déjà son écharpe estampillée RCSA.

Le Racing fait les yeux doux à ses supporters allemands

Il est très difficile de savoir exactement combien de personnes traversent le Rhin chaque semaine pour venir à la Meinau. Certains supporters assurent que, dans les années 70, des Allemands venaient d’Heidelberg et de Tübingen pour encourager le Racing. Ce qui représente plus d’une heure de route. Forcément, quand Strasbourg est descendue dans les méandres du football français, ce n’était pas la même histoire. Mais Stefan se souvient :
« Même quand on était redescendu, quand il faisait -5°C et qu’il y avait plus de brouillard que de supporters dans les tribunes, j’étais là. »
Stefan a toujours supporté le Racing, même lorsque le club est descendu dans les années 2000 (Photo Maxime Nauche/Rue89 Strasbourg/cc)
Au-delà des témoignages, le seul chiffre sur lequel il est possible de s’appuyer est celui du nombre d’abonnés allemands qui s’élève à 130 cette saison. Les dirigeants du Racing ont compris le réservoir de supporters que représente l’Allemagne. Il y a un an, le club a lancé sa page Facebook et un compte Twitter en allemand avec respectivement 3 200 abonnés et 620 followers. Pour l’occasion, certains joueurs et le président Marc Keller avaient joué le jeu en glissant quelques mots de bienvenue en allemand dans une vidéo. D’après le club, c’est la première fois que le Racing mène une politique qui s’adresse directement à ses supporters allemands. Ça a particulièrement plu à Philipp :
« C’est un geste qui montre que, en tant que supporters allemands, on compte aux yeux du club. »
L’avenir dira si cette politique aura été fructueuse. En tous cas, le Racing peut compter sur la presse régionale allemande pour faire de nouveaux adeptes. Plusieurs journaux suivent l’actualité du club et offrent des résumés de matchs dans leurs colonnes.
Stefan (à gauche) fait découvrir le stade de la Meinau à David qui vient pour la première fois (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg /cc)
Stefan (à gauche) fait découvrir le stade de la Meinau à David qui vient pour la première fois (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg /cc)

Un élément commun des deux côtés du Rhin

Proviseur dans un lycée professionnel à Oberkirch, Peter constate à quel point le RCSA s’ancre dans les esprits de l’autre côté de la frontière avec les années :
« Quand je demande à mes élèves ce qu’ils connaissent de Strasbourg, ils me répondent : la Cathédrale, Rivétoile et le Racing. »
D’ailleurs, il est convaincu que le Racing peut et doit jouer un rôle fédérateur au niveau régional, un peu comme les équipes nationales pendant la Coupe du monde :
« Ce club rassemble des gens des deux côtés de la frontière. Il peut y avoir la meilleure volonté politique du monde en ouvrant les frontières mais il doit surtout y avoir un ciment commun. Notre région transfrontalière a besoin du RCSA. »
En revanche, pendant les grandes compétitions internationales, les supporters strasbourgeois d’outre-Rhin restent avant tout Allemands. Même si beaucoup reconnaissent que, pour le Mondial 2018, leurs espoirs se sont vite tournés vers les Bleus, au vu de la prestation de la Mannschaft, éliminée dès le premier tour.

Conseil municipal : le groupe « La Coopérative » explose en vol

Conseil municipal : le groupe « La Coopérative » explose en vol

Formé au lendemain des élections législatives en juin 2017, le groupe « La Coopérative » au conseil municipal de Strasbourg perd quatre de ses huit membres, dont deux adjoints au maire, Alexandre Feltz et Éric Schultz et sa vice-présidente Édith Peirotes. Abdelkarim Ramdane complète ce quatuor composé d’anciens écologistes et d’Alexandre Feltz, médecin jamais encarté dans un parti.

Il ne reste donc que les adjoints au maire Paul Meyer, co-président, et Jean-Baptiste Gernet ainsi que les conseillères municipales Mina Bezzari et Ada Reichhart, ce qui permet de conserver un groupe dans l’hémicycle strasbourgeois. Il suffit de disposer de deux membres sur 65. À moins de compter de nouveaux ralliements, le groupe à l’Eurométropole va en revanche disparaître en passant sous le seuil de cinq élus.

Éric Schultz lors d'un conseil municipal en 2016 (Photo Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg)
Éric Schultz lors d’un conseil municipal en 2016 (Photo Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg)

Ce « mouvement » strasbourgeois avait pour vocation d’agréger plusieurs courants de gauche que ce soit les Insoumis, le Parti communiste, Generation.s, les écologistes voire du Parti socialiste pour former des propositions au niveau local. Dans les faits, ces élus se disent déçus des tensions récurrentes voire grandissantes entre l’ex-aile gauche du Parti socialiste, incarnée par Paul Meyer et Jean-Baptiste Gernet, et ce qu’il reste du Parti socialiste.

Les fidèles spectateurs du conseil municipal ont sûrement remarqué les violentes prises à parti entre Paul Meyer et le groupe dit « Énergies Positives » (PS et apparentés), notamment en fin de conseil. Les échanges au conseil de l’Eurométropole se sont aussi durcis depuis un an. Une conséquence d’un « quinquennat calamiteux » et d’un « débat politique local, focalisé sur l’échéance strasbourgeoise de mars 2020 », selon ces quatre élus.

Avec les non-inscrits

Ils rejoignent les non-inscrits, mais restent dans la majorité du maire Roland Ries (PS mais non-membre de groupe). À l’instar de la création des nouveaux groupes en juin 2017, cette secousse intervient une semaine, où le premier magistrat est en déplacement à l’étranger, au Japon. Alors que l’ordre du jour du conseil municipal de lundi s’annonce plutôt léger, la séance devrait quand même être animée.

Contacté pour une réaction, Paul Meyer explique que la décision a été prise en commun, en amont :

« On aurait pu signer le même communiqué à ceci prêt que nos conclusions diffèrent. Aujourd’hui, quand un projet est présenté, on regarde d’abord d’où vient la personne qui parle. Cela créée un climat pénible. Pour se protéger et mettre en œuvre leurs dossiers, ils préfèrent prendre du champ. Nous, nous préférons rester, même si je vais davantage me protéger à l’avenir et m’investir encore plus sur le quartier gare. Lorsque je m’oppose au KFC en centre-ville, Philippe Bies et Mathieu Cahn signent une tribune contre moi, sur le marché de Noël Off, Mathieu Cahn nous a mis des bâtons dans les roues, sur la zone commerciale nord contre laquelle je m’oppose, tous les groupes ont des votes contres ou des abstentions sauf celui, sur les cinémas j’avais alerté sur ce qui arrive maintenant (le projet MK2 à Schiltigheim est validé, tandis que le projet de transfert du Vox est bloqué ndlr) et Alain Jund signe une tribune contre moi, sur l’office du tourisme, je me laisse attaquer sur mes compétences avec un audit de Robert Herrmann qui ne donne rien, sur les petits bâteaux Catherine Trautmann me rentre dedans comme si c’est moi qui avais conduit l’embarcation qui s’est renversée… Moi, je ne viens pas donner des leçons sur les logements sociaux ou la « bétonisation ». Malgré ces coups politiques collectifs, les habitants que je rencontre me disent de ne pas me taire. La Coopérative n’a jamais bloqué de délibération. »

La nouvelle composition de l’hémicycle

#Edith Peirotes

Au quartier Coop, un peu d’économie sociale et solidaire, entre bureaux et logements

Au quartier Coop, un peu d’économie sociale et solidaire, entre bureaux et logements

L’ancien siège historique de Coop Alsace à Strasbourg doit devenir « un village coopératif. » Comprendre : des colocations, du coworking et des espaces partagés. Alors que le nouveau quartier sera relié à la ville par le tram fin 2019, le projet d’aménagement rentre dans le concret.

« Un village coopératif », c’est ainsi qu’Alain Fontanel, premier adjoint (LREM) au maire de Strasbourg, imagine le futur quartier de la Coop, au sein de l’axe Deux-Rives à Strasbourg. Une référence aux valeurs historiques du lieu. Pour le moment, les premières transformations concrètes de l’ancien siège de Coop Alsace consistent à y implanter des bureaux partagés et des habitations. Ce mini-quartier sera desservi par le tram D fin 2019, avec l’ouverture de la station Starcoop.

Logements, bureaux, ateliers d’artistes et jardins

Les 60 000 m² rachetés en 2015 par la Ville de Strasbourg via sa société publique locale (SPL) des Deux-Rives seront en grande partie réhabilités. En outre, de nouveaux bâtiments, soit 30 000 m² supplémentaires, seront construits, notamment dans la partie Est du site. Au total, le but est de créer 350 à 400 logements, ainsi que 40 000 m² de bureaux et d’ateliers.

Carte prévisionnelle du quartier Coop aux Deux Rives (Carte transmise par l'Eurométropole, annotations par Rue89 Strasbourg)
Carte prévisionnelle du quartier Coop aux Deux Rives (Carte transmise par l’Eurométropole, annotations par Rue89 Strasbourg, cliquez pour agrandir)

Principale nouveauté, les élus ont décidé dans le détail, à quoi seront affectés les mètres-carrés de l’ancienne administration (13 500 m²), c’est-à-dire les anciens bureaux de la Coop, la Boulangerie et la Maison des syndicats.

Près de la moitié de la surface (6 300 m²) seront consacrés à des bureaux et des locaux d’entreprises classiques dans les étages. À cela s’ajoutent 37 « logements participatifs » (lofts bruts), 57 « lofts pour des entreprises » sur l’aile Est et 3 colocations meublées de 100 m² chacune, à la « maison des syndicats. »

Le projet KaleidosCOOP sur deux niveaux

Lors d’une réunion de présentation vendredi 5 octobre, les élus ont surtout insisté sur les espaces réservés au projet « KaleidosCOOP » (2 800 m²), un regroupement de structures, dans le bâtiment principal qui sera rénové. Cette partie, qui se veut plus originale que le reste des projets immobiliers dans le quartier Coop, doit « incarner l’économie sociale et solidaire qui est née ici » (le distributeur coopératif alsacien est né en 1902 mais s’y est installé en 1911, ndlr).

Mais le contenu exact du concept de « galerie marchande » alternative, l’espace atypique et ouvert au public, n’est pas encore connu. Dans la myriade de partenaires, une trentaine, toutes les structures ne sont pas des entreprises d’économie et sociale, c’est-à-dire dont les benefices sont réinjectés (Université, CCI, chambre des métiers, de la consommation, Port autonome, associations…)

Dans le détail, le rez-de-chaussée, la rue intérieure et le premier étage comprendront :

    un espace d’accueil : 100 m², le « Kafé » : un café de 100 m² qui donne sur un jardin de 140 m², 400 m² dédiés aux événements : réunions, formations, ateliers pour les membres du réseau KaleidosCOOP et privatisables, Des « vitrines de l’économie sociale et solidaire » : 500 m² de galerie marchande de produits et services de l’ESS, a priori plutôt des stands et des ateliers éphémères dans l’esprit du Marché de noël off, 300 m² d’espace de coworking (locations courtes/ponctuelles), 1 300 m² d’espaces de travail partagés (locations à long-terme).

Enfin, l’architecte paysagiste Alexandre Chemetoff a prévu 1 500 m² d’espaces verts à l’extérieur, dont une serre aux palmiers, un jardin des saules et un espace pique-nique.

Environ 2 000 actifs occuperont les bureaux et les ateliers de la Coop. (visuel Nunc-DRLW-Vize / doc remis)

D’autres logements à l’Est

Les occupants de ces anciens bâtiments auront pour voisins les habitants du bâtiment neuf appelé « Entre2rives » (8 800 m²), avec un toit en pente et une tour à l’arrière, dont l’achèvement est prévu pour début 2022. La répartition des espaces est cette fois plus simple :

    123 logements neufs en accession, 14 logements locatifs sociaux, Une salle de sport et une terrasse sur le toit.

Pour les deux programmes, les promoteurs sélectionnés, SAS 3B et Loft Company, débuteront la commercialisation à l’occasion du salon de l’immobilier de Strasbourg qui débute ce vendredi 12 octobre. Les logements aidés appartiendront au bailleur social Domial.

À l’est de cet immeuble, d’autres ensembles doivent compléter cet zone dite de « La nouvelle administration » et seront dévoilés plus tard. Tous les logements sont placés dans la partie sud de la « bulle » de la Coop pour les éloigner tant que possible des nuisances des industries de l’autre côté de la route, voire des risques d’accident.

A gauche le bâtiment existant et à droite le projet de l’Entre Deux Rives prévu pour des logements. (visuel: Nunc-DRLW-Vize)

(visuel: Nunc-DRLW-Vize)

L’architecte Alexandre Chemetoff prévoit 1 500m² d’espaces verts. (visuels: Nunc-DRLW-Vize / doc remis)

Des espaces déjà attribués

D’autres espaces ont déjà été affectés et doivent être livrés fin 2019 ou début 2020 :

    La Virgule (4 600 m²) sera réhabilitée en ateliers d’artistes et d’artisans, MakerSpace, un café-culture et un espace public pour l’accueil d’événements. Elle regroupe le garage nord, le garage sud et l’ancienne menuiserie. L’affectation du Petit garage pour un lieu de concert doit encore être déterminée, L’Union Sociale (8 200 m²) est un ancien magasin de stockage. Elle servira à la conservation et à l’étude des collections des musées de la Ville de Strasbourg, La Cave à vins (11 500 m² hors sous-sol) sera en grande partie réhabilitée en tant qu’équipement de la Ville de Strasbourg. Le rez-de-chaussée et la grande salle d’embouteillage, où a eu lieu l’Ososphère en 2017, continueront à servir à l’accueil d’événements. L’étage fera l’objet d’un appel à projets.

Accueillir des réfugiés chez soi, la solution des Jésuites débarque à Strasbourg

Accueillir des réfugiés chez soi, la solution des Jésuites débarque à Strasbourg

Une association liée aux Jésuites veut connecter les particuliers et les demandeurs d’asile en mal de logement, tout en encadrant cette « expérience de rencontre réciproque. » es premiers participants à Strasbourg sont plus qu’enthousiastes.

C’est avec émotion que Léopold, demandeur d’asile camerounais d’une cinquantaine d’années, parle de Pascale, une dame qui lui a offert un toit dans sa maison au Neudorf en mai 2018 :

« C’est vraiment une bonne personne, une dame de cœur, qui m’a accueilli chaleureusement. »

Après être arrivé en mars 2018 et avoir vécu dans la rue, Léopold se voit interpellé par les responsables du centre d’accueil de jour du quartier Gare, où il allait parfois prendre un café et « poser [s]es sacs lourds ». Ils lui parlent d’une association qui aide à loger les adultes isolés dans sa situation, et lui demandent s’il est intéressé :

« J’ai dit oui ! Ce n’était pas facile de vivre à la rue, je n’avais ni à boire ni à manger… J’ai sauté sur l’occasion. »

Léopold entre alors dans le programme JRS Welcome, une émanation de l’association Jesuit Refugee Service, qui lutte contre l’exclusion sociale et l’isolement des demandeurs d’asile et des réfugiés. Leur programme de « mise à l’abri », présent dans 38 villes de France, a créé une antenne strasbourgeoise en février.

Ouvrir ses portes pour six semaines

À Strasbourg et dans les environs, le programme d’accueil ne concerne que six demandeurs d’asile pour l’instant, dont deux femmes, principalement venus des pays d’Afrique mais aussi de Syrie. Mais cela mobilise déjà une quarantaine de familles. Des gens comme Pascale, la cinquantaine, qui y a vu l’occasion d’aider « les gens qui souffrent » en apportant son aide à des migrants pendant l’instruction de leur procédure de demande d’asile. Des gens comme Marie et Fabrice aussi, respectivement professeure des écoles et maraîcher, trentenaires, qui se sont retrouvés famille d’accueil strasbourgeoise, un peu par hasard. De mi-avril à fin mai, ils ont accueilli Mwaffak, un Syrien de 53 ans, dans leur appartement du centre-ville près de la place Broglie, où ils avaient une chambre d’amis.

Les familles hébergent gratuitement les demandeurs d’asile, pour une durée de six semaines. Ensuite, la personne change de famille, et cela le temps de l’instruction de la procédure de demande d’asile, en général environ neuf mois.

Léopold a reçu plein de documents pour s'en sortir dans la vie quotidienne à Strasbourg, dont le plan du réseau de transports en commun (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Léopold a reçu plein de documents pour s’en sortir dans la vie quotidienne à Strasbourg, dont le plan du réseau de transports en commun à Strasbourg et Paris (Photo DL / Rue89 Strasbourg / cc)

Emmanuelle Signorelli, coordinatrice à JRS Welcome à Strabsourg, explique que la condition du statut est nécessaire pour que l’hébergement soit légal :

« L’idée est d’offrir une solution d’accueil pour les personnes qui n’ont pas eu de place dans le dispositif national d’accueil. Mais dès qu’elle reçoit une proposition de l’Etat, elle sort du dispositif JRS. Et si sa demande est déboutée, on doit lui signifier de quitter la famille d’accueil, en lui laissant bien sûr le temps de se « retourner ». Mais ce n’est pas encore arrivé à Strasbourg. »

Aider à aider les autres

Le leitmotiv de JRS Welcome, c’est l’encadrement et l’organisation, « pour que tout se passe bien pour tout le monde », indique Emmanuelle. L’idée est d’aider à passer le cap, pour ceux qui veulent agir mais ne savent pas trop comment. Dès l’arrivée de l’accueilli, toutes les parties signent une convention, qui va jusqu’à préciser si la personne peut rester à la maison seule, si elle peut utiliser l’ordinateur, la machine à laver, s’il y a des heures d’accès à la salle de bain, etc. Un document qui a rassuré Marie et Fabrice car cela permet « d’éviter les crispations », même si eux ont « dit ok à tout », partant du principe que « c’était des gens respectueux. »

Léopold n’en revient toujours pas de la confiance que les familles d’accueil lui ont accordé :

« J’ai été tous les jours plus surpris de l’accueil qu’on me réservait. Toutes les familles m’ont donné leur clé ! Au début je croyais que je ne serais là que pour dormir, cela m’aurait suffi. Mais il y a eu plein d’autres surprises. Avant je me débrouillais pour manger, j’allais parfois aux restos du cœur, mais là, ces gens m’invitaient à leur table. C’est rare de trouver des gens sympas comme ça. Pour moi, ces premiers moments sont inoubliables. »

Avoir envie de « moments partagés »

L’association cherche à créer des connexions entre les demandeurs d’asile et les hébergeurs et préfère parler de « mise à l’abri », comme en témoigne Léopold :

« Le premier soir, chez Pascale, son fils et sa femme sont venus dîner, à l’occasion de mon arrivée. C’était formidable, j’étais accueilli comme un héros qu’on attendait. Là j’ai su que j’avais rencontré une nouvelle famille. Par la suite, elle m’a emmené dans son village, voir sa maman. Cette femme m’a marquée. Tous les jours, je prie pour elle. »

Il passe ensuite son été chez David, un bénévole de JRS habitant près de Gallia, chez qui il y a beaucoup de passages, ce qui lui a bien plu :

« J’ai beaucoup élargi mon cercle de connaissances chez lui, il y avait souvent des gens qui restaient deux-trois jours. J’ai découvert d’autres pays, d’autres cultures, il y avait des Américains, des Allemands, des Néerlandais, des Tchèques… »

Une vie commune dont témoignent aussi Marie et Fabrice, qui parlent de nombreux « moments partagés » avec Mwaffak, le syrien :

« On se retrouvait le soir, on mangeait ensemble, on jouait aux échecs.… On l’a présenté à la famille, à nos amis… C’était un vrai voyage, on a découvert une culture et lui aussi ! Maintenant on cuisine un peu syrien. D’ailleurs, quand Mwaffak était chez nous, on a dû consommer entre 10 et 12 litres d’huile d’olive, en six semaines ! »

Nombreux sont les demandeurs d'asile qui n'ont pas de toit pendant leur procédure. Ici, un campement de fortune au Neuhof (Photo AC/Rue 89 Strasbourg/cc)
Nombreux sont les demandeurs d’asile qui n’ont pas de toit pendant leur procédure. Ici, un campement de fortune au Neuhof (Photo AC / Rue89 Strasbourg / cc)

L’occasion de découvrir de nouvelles activités

Léopold, lui, découvre la campagne alsacienne et les marches dans les Vosges, mais surtout, il se découvre une passion pour les jardins et potagers. Notamment chez Philippe et Anne, sa deuxième famille d’accueil. Ils habitent au Centre Saint-Thomas (mais dans leur propre maison) à la Robertsau, un centre d’accueil et de formation du diocèse de Strasbourg. Le lieu dispose aussi d’un jardin, comme le raconte Léopold :

« Chez Pascale, j’ai appris “les choses du jardin”, les noms de plantes, etc. Et après, Philippe m’a montré son petit potager, j’ai appliqué tout ce que j’ai appris chez Pascale. On a produit des fruits et des légumes. On mangeait ce que j’avais planté. Grâce à JRS, le jardinage est devenu quelque chose d’important pour moi. »

Il raconte d’autres moments festifs, comme l’anniversaire de David qui lui a « mis de la joie au cœur ». Fin août, il partait chez Thomas et Maëlys. Actifs dans leur paroisse, ils ont la cinquantaine et possèdent une maison vers le quartier du Conseil des XV, dont les chambres sont libres depuis que les enfants sont partis. Un cadre qui enchante encore Léopold :

« Je découvre encore une autre grande maison avec un grand jardin. J’ai eu la chance d’avoir toujours un cadre agréable. Je retrouve toujours la même sympathie chez les gens. A chaque fois, je me fais une nouvelle famille. Avec eux, on se tutoie, on parle de tout et de rien, on mange ensemble… Alors je me répète que je me dois d’être exemplaire, je me demande toujours si mon comportement est correct. »

En ce début de mois d’octobre, il va découvrir un tout autre cadre, celui d’Eco-Logis, un habitat participatif au Neudorf, où vont l’accueillir Lauren et une dizaine d’autres familles.

Le déclic d’une rencontre

Lauren est une américaine arrivée en France il y a trois ans. Dans un français parfait, elle raconte qu’elle est une des plus jeunes locatrices de l’habitat partagé, où chacun a son propre appartement, mais où certaines parties et tâches sont mises en commun, dont la « chambre d’amis. »

Si les habitants y ont déjà logé – pour un loyer moindre – une personne dans le besoin, Lauren est ensuite tentée de proposer cette chambre gratuitement à un demandeur d’asile, quand une rencontre la sensibilise à la question. Active à la Recyclerie et dans plusieurs associations, elle rencontre un demandeur d’asile, Ibrahima, au Festival Zéro Déchet, qui deviendra bénévole à la Recyclerie. Il a 24 ans, vient de Guinée et cherche un logement. Ce qui empêche Lauren de proposer aux autres habitants de l’héberger, c’est le manque de cadre, d’accompagnement… Et des doutes sur la légalité de la démarche et sur la durée du séjour… Quand elle rencontre Thomas, bénévole à JRS, les doutes sont levés :

« Rencontrer les bénévoles de JRS a fait la différence, surtout quand j’ai su qu’il y aurait un suivi complet avec un tuteur, et que le demandeur d’asile aurait une autre famille pour l’accueillir par la suite. »

Le jardin participatif, créé à l’initiative de résidents d’Eco-Logis, risque fort de plaire à Léopold (Photo LJ / Rue89 Strasbourg)

Voilà tous les locataires d’Eco-Logis rassurés et partants pour proposer leur chambre d’amis commune. Mais c’est Léopold qu’ils accueilleront, car Ibrahima sera accueilli ailleurs. Maintenant, quelques questions demeurent pour Lauren, qui espère que Léopold trouvera sa place dans cette nouvelle configuration :

« Cette fois il ne rencontre pas qu’une famille, mais 11 ! J’espère que chacun sera respectueux, qu’il n’aura pas à raconter et répéter son histoire à chaque fois… Mais je pense que cela ira. Il y a un bon esprit de groupe, il y a des moments partagés mais rien d’obligatoire. »

Léopold est bien plus réservé qu’Ibrahima. Toujours bénévole à la Recyclerie, mais aussi à la Croix Rouge et à Makers for Change, il a lui aussi trouvé une place dans le programme JRS.

Un « témoignage chrétien »

C’est chez Marie-Laure, la soixantaine, habitante de l’Esplanade, qu’il a trouvé un accueil à la mi-septembre. Depuis que les enfants de Marie-Laure ont quitté son appartement de 4 pièces, elle accueille chaque année un étudiant étranger, qui occupe une des chambres pour un loyer très modéré. Cette fois, elle s’en passera, et cela ne lui pose aucun problème : « C’est juste évident, on ne laisse pas des gens dehors. »

Une démarche politique, mais aussi chrétienne pour cette membre active de la paroisse de l’Esplanade et de l’association jésuite CVX, qui veut « travailler à la construction d’un monde plus juste et fraternel » :

« C’est un peu une manière de faire la nique à tout ce qu’on entend de négatif sur l’Église catholique. Dans notre paroisse, on est heureux de voir ce Pape prendre position pour l’accueil des migrants. Il avait fait un appel pour que chaque paroisse accueille une famille, et c’est le cas à l’Esplanade. Chez les « cathos », il y a cette tradition d’accueil depuis longtemps. Les Chrétiens, c’est aussi ça, ce ne sont pas que des réacs ringards ! »

Entre crêpes et manioc

Comme les autres accueillants, le déclic a été de se sentir accompagnée et complètement encadrée par l’association, dont Marie-Laure dit avoir attendu la venue sur Strasbourg avec impatience. L’expérience est à la hauteur de ses attentes, car la colocation se passe très bien avec Ibrahima. Une à deux fois par semaine, ils dînent ensemble et se font découvrir des plats :

« Je lui ai fait découvrir les crêpes, il a adoré, et était content de réussir à manier la crêpière. Un soir il a voulu préparer le repas et a fait un Attiéké (plat de semoule de manioc, NDLR). Sinon, je me rends compte que c’est un autre monde pour lui, c’est la première machine à laver qu’il voit, tout comme le fer à repasser électrique ».

Selon Marie-Laure, l’Église joue un rôle dans l’accueil des réfugiés et demandeurs d’asile. Ici, l’église du Christ Ressuscité à l’Esplanade (Photo Google Maps)

Bientôt, elle présentera Ibrahima à ses fils, lors d’une soirée « jeux » qu’ils organisent.

Surtout, cette expérience leur donne l’impression de « faire partie d’un véritable mouvement, » puisque JRS fait en sorte de connecter les familles :

« L’autre jour, on a fait un pique-nique à plusieurs familles au Mont Sainte-Odile, c’était très très sympa. On a joué au Mölkky, les trois quarts des gens ne connaissaient pas le jeu. Ce qui est bien, c’est qu’on n’est pas juste dans la charité, là on a juste tous passé un bon moment. En rentrant du Mont Sainte-Odile, Ibrahima et Léopold s’étaient lancés dans une grande conversation sur les footballeurs français des années soixante. »

Connecter les familles

Selon elle, l’action de JRS Welcome consiste plus en une nouvelle expérience de solidarité qu’en simple solution d’hébergement :

« En fait, toutes les six semaines, le demandeur d’asile change de famille mais reste dans la même famille élargie. Lors de cette sortie, on a eu l’impression de faire partie d’un réseau, avec que des gens qui ont ouvert leurs portes, avec la même attitude vis-à-vis des accueillis, tout en discrétion et sans être invasifs. Ce sentiment de fraternité, c’était très important. »

Un engagement incarné par Céline (le prénom a été changé) : cette retraitée avait accueilli dans son appartement du centre-ville une demandeuse d’asile congolaise de 48 ans… qui s’est vue proposer une place en CADA au bout de deux semaines et demi. Qu’à cela ne tienne, Céline garde le contact et décide de « continuer à [s’]occuper d’elle » :

« Je veux voir comment ça se passe pour elle sur le long terme. Je vais aller au marché avec elle, on va cuisiner des soupes. On a aussi visité la ville ensemble, elle état très intéressée par la Cathédrale. C’est une expérience très riche, on investit beaucoup de temps. Et surtout, la personne accueillie n’est plus un numéro, c’est un être humain avec qui on tisse des liens. Avec elle, j’ai pu échanger facilement car elle parle français ».

Au contraire de Mwaffak, qui ne parlait pas du tout français en arrivant, mais qui a été accompagné par un interprète pour sa première soirée avec Marie et Fabrice. Ils en rient encore :

« Du coup on a appris des mots d’arabe, et puis c’était plus drôle qu’autre chose, il y a eu des quiproquos sur les heures de repas, sur les jours de la semaine… »

Aujourd’hui, Mwaffak n’est plus chez eux mais reste en contact par SMS avec Marie et Fabrice. Léopold, lui, attend de voir ce que donne son recours devant la Cour nationale de demande d’asile, il ne sait pas quand. En attendant, il se dit vraiment reconnaissant :

« Tous ces gens ont cru en moi, ils m’ont soutenu, ils m’ont aidé pour déménager mes affaires, ils m’ont même aidé pour les déplacements pour les papiers à Paris, il m’ont logé là-bas… En fait, JRS est en train de me donner une autre espérance de vie. »

L’association cherche des familles supplémentaires, pour, évidemment, accueillir plus de demandeurs d’asile. Les nouveaux bénévoles sont aussi les bienvenus pour devenir tuteur, coordinateur ou s’occuper de la logistique.

Rhéna renvoyée à la table des négociations

Rhéna renvoyée à la table des négociations
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Jean-Luc Dugelay : « faute de garde-fous, la reconnaissance faciale aura les mêmes biais que nous »

Jean-Luc Dugelay : « faute de garde-fous, la reconnaissance faciale aura les mêmes biais que nous »

Les technologies de reconnaissance faciale sont arrivées à maturité. Elles se déploient dans les aéroports et sur nos téléphones portables. Pour autant, les enjeux de ces traitements automatiques sur l’humain n’ont pas été étudiés. On en discute jeudi avec Julien Gossa et Jean-Luc Dugelay, deux universitaires spécialistes du traitement de données et de l’image.

Jeudi 11 octobre, Le Shadok et Rue89 Strasbourg vous invitent à une soirée de réflexion et d’échange sur la reconnaissance faciale. Les progrès des technologies optiques et informatiques ont rendu très simple et rapide l’identification des êtres humains à partir de quelques images. Ces nouveaux outils, auxquels s’intéressent professionnels du marketing et forces de l’ordre, posent d’importantes questions éthiques. La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a demandé aux députés de se saisir d’urgence du dossier pour mettre à jour le corpus légal. Jeudi soir, nous aurons l’opportunité d’en discuter avec Julien Gossa, enseignant-chercheur de l’Université de Strasbourg spécialiste du traitement des données et Jean-Luc Dugelay, professeur à l’école d’ingénieurs de Nice, Eurecom, et spécialiste du traitement de l’image. Il a également cofondé Eurasip « Journal on Image & Video Processing« , une revue européenne scientifique sur le traitement de l’image.
Jean-Luc Dugelay, professeur à l'Eurecom de Nice (doc remis)
Jean-Luc Dugelay, professeur à l’Eurecom de Nice (doc remis)
Rue89 Strasbourg : Est-ce que les technologies mises en œuvre pour la reconnaissance faciale ont atteint un stade de maturité ? Jean-Luc Dugelay : Oui on peut dire ça, les progrès ont concerné toute la chaîne technologique. D’abord les capteurs sont désormais capables de voir bien mieux que l’être humain : de plus loin, avec des angles plus larges et des spectres plus importants, et aussi avec une capacité 3D qui permet d’évaluer les formes. Cette capacité à produire des images de meilleure qualité est accompagnée par les progrès informatiques, dont la révolution du « big data » qui permet d’accéder à beaucoup plus d’informations plus vite qu’auparavant.

« Des résultats proches de 100% »

Donc on obtient des reconnaissances d’individus avec des taux de succès proches de 100% dans des environnements contrôlés, comme les espaces intérieurs des aéroports par exemple. Ça se dégrade vite à l’extérieur, quand il faut travailler à partir d’images moins bien éclairées ou avec des angles de prises de vue qui ne sont pas optimaux, ou tout simplement quand les gens ne sont pas en position pour être filmés ou maquillés. Reconnaître des gens dans un stade de foot par exemple, c’est beaucoup plus compliqué. Est-ce à dire que nous ne sommes plus anonymes nulle part ? Toute la problématique de la reconnaissance faciale est de réussir une comparaison. Un traitement optique et informatique aussi perfectionné soit-il ne peut que comparer une image à partir d’une autre. Donc il faut d’abord que le processus soit connecté à une base de données de visages. Ce n’est pas pour rien qu’on demande aux gens de produire une expression neutre sur les photos des cartes d’identité, c’est pour pouvoir les reconnaître plus facilement. Il faut que l’algorithme passe outre une certaine variabilité liée à la lumière, l’âge, si la personne s’est rasée ou non, ses cheveux… Mais si installer un système de vidéosurveillance est à la portée de tout le monde, accéder à des bases de données de visages est réglementé non ? À ma connaissance, il n’est pas encore possible légalement de connecter un système de vidéo-surveillance en France à une base de données d’informations personnelles. Mais les demandes, de la part des forces de l’ordre en ce sens, se font pressantes. Ce qui explique que la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) ait interpellé le législateur en septembre précisément sur cette question.

« La vidéosurveillance est devenue un système biométrique »

Pour la CNIL, la vidéo-surveillance est un système de lutte contre les vols, les agressions ou les bagages abandonnés et pas un processus de fichage biométrique. Mais c’est une erreur, les technologies sont en train de converger et il est urgent de considérer la vidéo-surveillance comme un dispositif utilisant et produisant des données personnelles. Aujourd’hui, les gens estiment qu’il ne devrait pas être possible de reconnaître quelqu’un dans la rue. Mais quand un enfant sera enlevé et qu’on pourra le retrouver dans la foule grâce à la reconnaissance faciale, alors tout le monde exigera que cette technologie soit déployée massivement…
Des visages prêts à être détectés et reconnus... (Photo Visual Hunt / cc)
Des visages prêts à être détectés et reconnus… (Photo Visual Hunt / cc)
Est-ce que ces technologies de pistage sont voués à se déployer ? Aujourd’hui, il existe des systèmes de pistage qui sont tout aussi efficace et moins visibles que la vidéo-surveillance, comme l’exploitation des données de géolocalisation des téléphones mobiles par exemple. Quant aux technologies de reconnaissance faciale, elles sont très populaires notamment pour déverrouiller un téléphone mobile. À partir de là, il est devenu de plus en plus évident pour tout le monde de montrer son visage plutôt que de fournir un mot de passe… En outre, les gens publient assez facilement leur visage sur les réseaux sociaux par exemple. C’est ce qui explique qu’il n’y a pas d’appréhension contre ces technologies, elles font déjà partie de notre quotidien à tous. Qu’en est-il des cadres légaux ? Il semble que les cadres légaux qui entourent la reconnaissance faciale soient bien faibles. C’est comme la vidéosurveillance, on prévient les gens qu’ils sont filmés avec une mention lapidaire et bonne chance pour exercer un droit d’accès ou de suppression ! Il n’y a pas, pour l’instant, de cadre clair d’accès aux données biométriques existantes vous concernant… On ne sait pas non plus combien de temps elles sont conservées et qui y a accès. En la matière, j’ai toujours trouvé très étonnant que ce soit des agents municipaux, donc soumis aux pressions et aux humeurs du maire, qui soient en charge de visionner les écrans de vidéosurveillance… Pour moi, il faudrait que ce soit des fonctionnaires d’État et le visionnage devrait être effectué depuis une autre ville…

« C’est à la société de s’emparer de ces enjeux »

Donc il est à craindre que la reconnaissance automatique ne fasse qu’entériner des processus qui existent déjà manuellement aujourd’hui… Les verrous ne sont qu’humains finalement, c’est à la société de s’emparer de ces enjeux et de choisir quelles limites elle veut instaurer. Quelles sont les dérives possibles ?  On a vu circuler une étude affirmant qu’un algorithme était capable de détecter l’orientation sexuelle d’une personne à partir de sa photo. C’est du flan, cette étude n’est pas sérieuse mais l’affaire permet de rappeler que les algorithmes auront nos biais et nos travers : tout le monde essaie de deviner l’orientation sexuelle des gens rencontrés et se construit une sorte de radar… Les algorithmes feront la même chose, la question est de savoir si on l’accepte ou pas. J’ai travaillé sur une algorithme qui devine l’âge par exemple, c’est beaucoup plus simple parce que la réalité du terrain est vérifiable. Notre algorithme était parvenu à être meilleur qu’un échantillon de personnes qui jouaient au jeu télévisé « devine mon âge. » Bon, ben on a été contactés par une association humanitaire qui voudrait l’utiliser pour reconnaître l’âge des enfants migrants isolés, car lorsqu’ils ont moins de 18 ans, ils bénéficient de l’accueil inconditionnel. Et il est tout à fait envisageable qu’un algorithme cherche un jour à classer les résultats selon l’ethnie des gens par exemple ou qu’on devine leur pays d’origine…
#Jean-Luc Dugelay

Le GCO n’aura aucun impact sur la qualité de l’air dans la majorité des cas

Le GCO n’aura aucun impact sur la qualité de l’air dans la majorité des cas

Les soutiens et les détracteurs du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg utilisent la pollution atmosphérique comme argument. Atmo Grand Est a étudié le sujet. L’association de surveillance de la qualité de l’air montre que pour un seul indicateur, le GCO permettrait à 10 habitants le long de l’A35 d’être moins exposés aux pics de particules. En dépit de ce bilan peu flatteur, une baisse d’une poignée de microgrammes de trois polluants est anticipée le long de l’autoroute actuelle.

Le débat sur le Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg se déporte de plus en plus sur la pollution de l’air à Strasbourg, particulièrement le long de l’A35, en y chassant ses camions en transit. L’exposition des habitants aux particules fines revient régulièrement dans le débat public. Et la dispute autour du GCO ne porte plus tellement sur les embouteillages depuis que des soutiens du projet ont reconnu que l’autoroute payante de 24 kilomètres ne suffirait pas à éviter les bouchons vers Strasbourg le matin et en sens inverse le soir.

Sur la pollution de l’air, une seule étude fait foi. Elle a été réalisée par Atmo Grand Est (ex-Aspa Alsace), finalisée le 1er décembre 2016 et publiée en 2017. Ses résultats sont utilisés par les détracteurs comme les soutiens du projet.

Particules et dioxyde d’azote dans l’air respiré

Atmo Grand Est étudie les trois polluants mesurés dont les concentrations sont critiques à Strasbourg et dues en partie au trafic routier : les particules PM10, les particules fines PM2,5 (quatre fois plus petites, d’une taille de 2,5 micromètres) et le dioxyde d’azote (NO2). L’étude traite de la pollution de fond comme des pics. Elle analyse un scénario sans GCO en 2021 et trois variantes de requalification de l’A35 en plus du GCO : A35 sans changement, A35 avec une voie pour les transports en commun et A35 avec une voie pour le covoiturage et les transports en commun.

20 critères de pollution ont été étudiés (10 sur la population exposée et 10 sur la surface). La synthèse des résultats est peu flatteuse pour le GCO :

    Le GCO n’a aucun impact sur 12 d’entre eux, Dans 6 cas, le GCO a un impact positif sur la surface où des valeurs limites sont dépassées, Dans 1 cas, le GCO a un impact négatif sur la surface concernée par les dépassements de PM10, Dans 1 cas, la population concernée par les 35 jours de pics de PM10 chaque année, le GCO a un impact positif pour 10 à 20 habitants. La population exposée passe de 160 personnes sans l’option GCO à 150 ou 140, selon la variante choisie. En 2015, 960 riverains étaient concernés par ces dépassements. La limite des 35 jours n’a plus été atteinte depuis 2013.

La synthèse des 20 critères étudiés

Les pièges des valeurs arbitraires

Cette apparente inefficacité est en partie dues aux différentes limites fixées par les autorités Pour bien comprendre l’analyse, il faut savoir que la pollution atmosphérique est appréhendée par deux types de « valeurs limites » de concentrations dans l’air. Celles fixées par les 28 pays de l’Union européenne (UE) peuvent à terme entraîner des amendes pour la France.

À cela, s’ajoutent les « valeurs guides » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les particules. Elles sont plus exigeantes et plus protectrices pour la santé, sans pour autant empêcher tout danger. Si elles étaient atteintes, on estime à 17 712 le nombre de décès évités sur les 48 000 provoqués par l’activité humaine en France. Elles n’ont en revanche aucune valeur légale ni contraignante.

Pics aux PM10, un effet sur 10 à 20 habitants de plus

 

Tableau récapitulatif mettant en évidence la moindre exposition de 10 ou 20 habitants aux 35 jours de pics de pollution aux PM10 (extrait étude Atmo)
Tableau récapitulatif mettant en évidence la moindre exposition de 10 ou 20 habitants aux 35 jours de pics de pollution aux PM10 (extrait étude Atmo)

Le atteignables valeur de l’OMS

Mais dans certains cas, comme pour la concentration annuelle de PM10, Strasbourg tend à s’approcher des taux de pollution édictés par l’OMS (26 µg/m3 en 2016 sur la station la plus élevée, la norme UE étant à 40 µg/m3 et celle de l’OMS à 20 µg/m3). Si bien qu’elles deviennent un objectif.

Pour les dépassements quotidiens de dioxyde d’azote (NO2) en revanche, l’État français, et par ricochet Strasbourg, est sous le coup d’une amende de la Commission européenne. Une des réponses à apporter avant la mise en place du GCO serait une Zone à faible émission (ZFE – voir nos articles), non-prévue à l’époque de l’étude.

Strasbourg a par ailleurs été sortie de la procédure concernant les 35 jours de pics de PM10 par an (elle en a compté 30 en 2014 ; 31 en 2015 ; 19 en 2016 et 30 en 2017). Concernant les PM2,5, la France est dans les objectifs européens qui ne sont guère exigeants (25 µg/m3 contre 10 selon l’OMS).

Pour se représenter l’effet GCO

Strasbourg sous les valeurs limites avec ou sans GCO

Selon l’étude, à quelques centaines d’habitants près, Strasbourg tendra à être au-dessous de toutes les normes de l’Union européenne en 2021, et ce, avec ou sans GCO. Selon l’indicateur choisi, le nombre de personnes exposées passe ainsi de 1 100 à 0 (NO2) ou de 120 à 10 (PM10). L’association de protection de l’air estime que l’amélioration des moteurs et le développement de l’offre de transports en commun participent à cette progression régulière depuis les années 1990. Cet progrès des pratiques et des technologies est beaucoup plus nette qu’un éventuel « effet GCO. »

Pour les normes plus exigeantes de l’OMS, le GCO n’a aucun impact sur la population de l’Eurométropole et au-delà (509 500 habitants), qui restera surexposée dans sa quasi-totalité, quel que soit le polluant. Pour résumer, Strasbourg serait en 2021 en-dessous des normes pour lesquelles elle risque des sanctions (normes UE), mais au-dessus de celles vraiment protectrices de la santé de ses habitants (normes OMS).

Une étude un peu plus poussée permet de nuancer cet impact quasi-nul. Pour chaque polluant, des cartes sont produites en complément des tableaux chiffrés. Et là, les zones bleues (baisse de pollution) sont un peu plus grandes ou plus intenses que les zones jaunes et rouges (hausse de la pollution).

L’impact plus diffus des NO2

Pour le NO2, les différents scénarios montrent une baisse de quelques microgrammes (souvent entre 1 et 5µg/m3), contrebalancée par des hausses à peu près équivalentes le long du GCO, mais sur un périmètre bien plus restreint.

Le bleu représente une baisse de pollution au NO2 et le jaune et rouges les augmentations. Les parties grises représentent les habitants. (extrait etude Atmo Grand Est, cliquez pour agrandir)
Le bleu représente une baisse de pollution au NO2 et le jaune et rouges les augmentations. Les parties grises représentent les habitants. (extrait etude Atmo Grand Est, cliquez pour agrandir)

Faible impact sur les PM10

Pour les particules PM10, la différence est plus limitée, de l’ordre de 2 µg/m3  maximum. Le nombre de pics de pollution aux PM10 diminuerait de 5 à 3 jours par an par rapport à 2015. L’effet de l’infrastructure sur la qualité de l’air se déploie sur des surfaces plus petites.

Le bleu représente une baisse de pollution aux PM10 et le jaune et rouges les augmentations. Les parties grises représentent les habitants. (extrait etude Atmo Grand Est, cliquez pour agrandir)
Le bleu représente une baisse de pollution aux PM10 et le jaune et rouges les augmentations. Les parties grises représentent les habitants. (extrait etude Atmo Grand Est, cliquez pour agrandir)

Faible impact sur les PM2,5

Pour les particules PM2,5, la différence est aussi de l’ordre de 2 µg/m3  maximum. Le nombre de pics annuels diminuerait de 2 jours sur certains points le long de l’A35, mais quel que soit le scénario Strasbourg demeurerait au-delà des 80 jours, voire 100 jours de pics. L’objectif de l’OMS est de 3 jours de pics par an, tandis que l’UE ne réglemente pas ces dépassements.

Le bleu représente une baisse de pollution aux PM2,5 et le jaune et rouges les augmentations. Les parties grises représentent les habitants. (extrait etude Atmo Grand Est, cliquez pour agrandir)

Quelques nouvelles personnes exposées

Ce différentiel en microgrammes peut avoir un impact sur la santé d’habitants près de l’A35, même s’il est léger et difficile à quantifier. Cependant, quelques habitants au nord du tracé à Vendenheim, à moins de 100 mètres du tracé, intègrent la catégorie des populations exposées aux limites de l’UE, alors qu’elles ne l’étaient pas en 2015. Pour le reste des 24 kilomètres, il n’y a pas de nouvelle population concernée.

Les habitations des villages traversés étant à plus de 200 mètres du tracé, la pollution se disperse dans l’air dans cet environnement peu urbanisé. Des hausses de pollution seront enregistrées avant l’entrée sud du GCO, à Innenheim, sur l’axe vers Sélestat et Colmar.

Sollicité, le directeur délégué d’Atmo Grand Est, Emmanuel Rivière, prend soin de ne pas tirer de conclusion sur le GCO :

« On ne peut pas dire que toute la pollution de Strasbourg s’en va vers le Kochersberg, ni que cela ne change rien à la situation actuelle. Quelle que soit la solution, et ça c’est aux décideurs de trancher, si on ne veut plus avoir d’inégalités d’exposition à la pollution à Strasbourg, seule une réduction drastique du trafic sur l’A35 permettra d’y arriver. Il faudrait qu’il n’y ait plus que 80 000 véhicules par jour. « 

Selon la préfecture du Bas-Rhin, les projections estiment entre 150 000 à 145 000 véhicules par jour au cœur de l’A35 après le GCO contre 165 000 en 2016.

Atmo Grand Est estime que la pollution baissera avec ou sans le GCO. L'impact de l'autoroute est en revanche plus difficile à quantifier pour la population. (Photo Pascal Bastien / Divergence)
Atmo Grand Est estime que la pollution baissera avec ou sans le GCO. L’impact de l’autoroute est en revanche plus difficile à quantifier pour la population. (Photo Pascal Bastien / Divergence)

Des limites théoriques à l’étude

L’étude est par nature plutôt prudente dans ses projections. Mais Emmanuel Rivière insiste sur l’importance de s’approcher des valeurs OMS :

« La limite de l’exercice est que pour les simulations routières, le reste de la pollution (logements, industries, agriculture) est supposé constant pour bien mettre en évidence les impacts des routes. Or, sur le long terme il y a des améliorations sur les autres facteurs, quand bien même on peut avoir des rechutes certaines années si les conditions météorologiques sont défavorables. Si on intègre des baisses de pollution de fond de 2 µg/m en 2021 par rapport à 2015, 50% de la population pourrait passer sous les limites de l’OMS. Avec une diminution de 2 µg/m³ pour les PM2,5, plus personne n’habiterait dans une zone de dépassement de la valeur limite « cible », sans effet sur les limites OMS pour lesquelles il faut plus d’efforts. Entre 2013 et 2017, on a bien enregistré des baisses de PM10 et de PM2,5, mais il y a eu des stagnations ces trois dernières années, ce qui empêche de faire des scénarios prospectifs. »

Notons que cette étude est réalisée à population constante pour mieux apprécier les variations. Mais plusieurs ensembles immobiliers sont prévus à proximité de l’A35 comme le quartier Fischer, un immeuble de logements à la place de la Semencerie ou au Neudorf le long de l’avenue du Rhin, où l’air est aussi très pollué. Ainsi, la population surexposée pourrait augmenter en dépit d’améliorations générales.

Grâce au GCO, la diminution km² surexposés en pollution est plus évidente (jusqu’à 74% de surface en moins). Et même si ces emplacements ne concernent personne à ce jour, cela peut permettre de libérer des espaces fonciers près de l’A35, pour y construire des logements qui ne seront alors plus exposés aux seuils de l’UE.

L’étude « flash » met un an à crépiter

L’étude s’intéresse à la pollution réglementée et mesurée. Selon plusieurs médecins, les baisses « mécaniques » de ces polluants cachent une augmentation des nanoparticules, mille fois plus petites que les microparticules et potentiellement plus nocives. En l’absence de mesures officielles, le phénomène reste difficile à appréhender.

Une étude d’impact Santé (EIS) plus globale sur les répercussions générales du GCO a été commandée par l’Eurométropole, qui a mandaté  l’École des hautes études en Santé (EHES) de Rennes. Son principe avait été validé en novembre 2017 lors d’une séance exceptionnelle sur le GCO. Cette étude, dite « flash », a été proposée par le médecin et conseiller eurométropolitain Alexandre Feltz (La Coopérative). Le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) en a accepté le principe « à la condition que nous puissions profiter de cette étude pour aller plus loin que le débat sur le GCO. » Elle n’a été commandée qu’au début de l’été 2018 et ne sera finalisée au premier semestre 2019.