Depuis décembre 2015, des personnes non-voyantes ou malvoyantes peuvent jouer au foot à Schiltigheim, ou au moins une version adaptée à leur handicap, le « cécifoot. » Et cette année, l’équipe des aveugles du Sporting de Schiltigheim a pu accrocher une troisième place lors du championnat de France. Reportage lors d’un entraînement de fin de saison.
Le Cécifoot, c’est l’art de jouer au football lorsqu’on est… aveugle, ou malvoyant. L’idée peut paraître un peu dingue mais il s’agit d’un sport d’écoute, avec un terrain adapté, de l’aide vocale et un ballon sur lequel est attaché un grelot. Les équipes, composés de 4 joueurs et d’un gardien, voyant, s’affrontent sur un terrain de 40 mètres sur 20, dont les côtés ont été renforcés avec des planches de bois sur lesquelles la balle peut rebondir.
Constatant l’absence d’équipe de Cécifoot dans le Grand-Est, Rémy Garranger et Julien Chaussec, tous les deux diplômés en accompagnement du sport et du handicap, ont proposé au Sporting Schiltigheim d’accueillir une équipe au stade de l’Aar en 2015. À ce jour, la France compte 19 équipes de Cécifoot, dont deux à Schiltigheim : la « B1 », réservée aux non-voyants, qui compte 10 licenciés, et la « B2-B3 », avec 6 joueurs souffrant de déficiences visuelles, et dont la pratique est plus proche du foot classique (le ballon n’a pas de grelot notamment). L’équipe B1 de Schiltigheim s’est classée troisième à l’issue du dernier championnat national.
Le gardien en équipe de France
Ce jeudi soir du mois de juin, ambiance fin de saison. Seuls trois joueurs sont présents malgré le beau temps. Le gardien, Benoit Chevreau de Montlehu, est sélectionné en équipe de France pour la Coupe du monde de Cécifoot, à Madrid du 7 au 17 juin. Les footballeurs enchaînent les exercices pendant près de deux heures (voir la vidéo ci-dessus). Mais pour les deux entraîneurs, bénévoles, la séance dure plus longtemps, le temps de disposer le matériel, d’aller chercher les participants à l’arrêt de tram, les aider à se changer et les raccompagner.
Puisqu’ils sont privés de leurs yeux, les joueurs se repèrent sur le terrain au moyen de mots et de cris. Le plus utilisé est « Voy », qui sert à annoncer sa position (« Je suis là » en espagnol). Outre le grelot sur le ballon, les joueurs sont dirigés par un guide, derrière les buts adverses, un entraîneur sur la touche, au milieu, et le gardien, qui se partagent le terrain selon une répartition stricte. L’aire de jeu est divisée en trois espaces par des lignes. Chacun des trois aides ne peut donner des consignes que dans sa zone ; le gardien conseille les joueurs pour la défense, l’entraîneur au milieu de terrain et le guide pour l’attaque.
Une logistique éprouvante
En raison de la rareté des équipes françaises, les Schillikois jouent souvent contre leurs voisins allemands ou suisses. Les rencontres de championnat se déroulent sur des week-ends, 5 fois par an. Les déplacements coûtent cher, environ 13 000 euros par saison, et sont financés grâce au soutien du Sporting Club de Schiltigheim. L’équipe cherche à soulager le club grâce à un ou plusieurs sponsors.
Une réunion publique a fait salle comble mercredi 13 juin à Schiltigheim pour évoquer le réaménagement des friches industrielles Fischer, qui doit redessiner l’entrée de la ville. Le projet de cinéma MK2 a été confirmé pour permettre aux gens de se rencontrer tandis que le nombre de logements a été revu à la baisse.
Pas moins de 300 personnes environ sont venues assister à la présentation du projet de réaménagement du site industriel Fischer, à l’entrée de Schiltigheim. Adieu la vieille friche industrielle brassicole, place au nouveau quartier Fischer avec logements, commerces et cinéma. Ce réaménagement se fera sur une surface de 4,2 hectares. Les travaux de démolition démarreront dès l’été 2018, pour livrer les premiers logements en 2021. Le site accueillera 610 logements, dont une résidence intergénérationnelle de 74 logements.
Une petite victoire pour la toute nouvelle maire, Danielle Dambach (écologiste) et l’association Col’Schick qui a œuvré depuis le début contre le projet. Leurs différentes actions respectives ont pu retrancher 60 logements supplémentaires depuis avril, soit un total d’environ 210 logements par rapport au projet présenté en 2015. Au total, 25% des habitations seront destinés à l’habitat social.
« Je pense que le nombre de logements est acceptable et que l’on arrive à un équilibre en deçà duquel le projet ne pourrait plus se faire. »
Un souci pour conserver le patrimoine industriel
Virginia Bernoux, présidente des Régions Est pour Cogedim, le promoteur en charge du projet, a affirmé dans le projet, son souci pour la conservation d’une partie du patrimoine :
« Sur le projet, vous découvrez la conservation de plusieurs bâtiments existants, parmi lesquels le plus emblématique qui est la malterie. A côté, il existe une cheminée que nous avons décidé de conserver comme marqueur important sur le site. Au nord, il y a le palais Fischer avec le dessin du Mannele qui sera conservé et réhabilité. Un bâtiment des années 30 sera aussi conservé, ainsi que la villa Grüber qui avait été plébiscitée à travers les différentes enquêtes publiques. Deux caves seront conservées comme témoignage du passé industriel du site ainsi que dans une démarche de conservation du patrimoine historique. »
Une vue du futur quartier Fischer (Photo Yam studio)
3 813 m² de commerces et services
Un ensemble de services et de commerces s’étendront sur 3 813 m². Le cinéma MK2 est annoncé, mais un recours a été déposé par René Letzgus, qui porte un projet de multiplexe qu’il estime concurrent aux Halles à Strasbourg, auprès de la commission nationale d’aménagement cinématographique. Son secrétaire général, Paul Kistner, présent lors de cette réunion, a été le grand silencieux de la soirée. Pas un seul mot pour évoquer le dossier. Mais pour Danielle Dambach, ce projet de cinéma est essentiel car il permet de brasser les échanges :
« Je réaffirme haut et fort que le cinéma va nous apporter du rayonnement car il ouvre la porte à d’autres fonctions que l’habitat. On rentre dans la mixité des fonctions, dans la valorisation de cette malterie qui est unique et dont nous sommes très fiers. »
Le site accueillera également un groupe scolaire de 400 élèves, entouré d’espaces verts et de 300 m² de jardins à cultiver pour les habitants.
Pour la représentante de l’association écologique Col’Schick, Annie Flaugnatti, « des améliorations ont été obtenues comme la création d’un square à la parisienne de 18,5 ares. Le nombre de logements en moins représente une surface de 4 500 m². La hauteur de certains bâtiments a également été revue à la baisse, ainsi que le déplacement de la maison intergénérationnelle loin de la route de Bischwiller. »
Pas mal de monde à la réunion publique (photo Salem Slimani / Rue89 Strasbourg / cc)
Pour Col’Schick, « il fallait accepter le projet »
Pour la présidente de Col’Schick, Louisa Krause, ce projet s’est un peu fait dans la douleur :
« Je regrette le tour de force qui a eu lieu depuis 2015 avec l’ancienne municipalité et déplore que ce soit les citoyens qui fassent le travail des politiques. Mais Col’Schick devait avancer, il fallait accepter. »
Pour la maire de Schiltigheim, un compromis a été trouvé, même si le travail ne fait que commencer :
« Nous sommes ce soir dans un compromis, l’idéal n’est pas atteint mais c’est quelque chose qu’il faut faire maintenant pour faire avancer Schiltigheim. »
Toujours selon Danielle Dambach, il reste un travail participatif avec les citoyens :
« Il est important que les décisions se prennent en démocratie participative, c’est pour cela que plusieurs réunions seront proposées pour travailler ensemble. Grâce à la mobilisation des habitants nous avons pu faire progresser et améliorer ce projet. Il reste un travail à destination de la maison Güber, à destination des espaces verts, à destinations des deux caves qui seront conservées. »
811 places de stationnement pour les voitures
Concernant la place de la voiture sur le site, il est prévu 811 places de stationnement en sous-sol, dont 177 à usage des commerces et du cinéma. Pour certains citoyens présents, ce chiffre n’est pas assez important. L’occasion pour la maire de réaffirmer son positionnement « sur un usage de la voiture qui sera plus modérée les années à venir, grâce notamment à l’auto-partage et au développement des transports doux, par l’aménagement de nouvelles voies cyclables, et l’arrivée du tram rue du Général De Gaulle, avec un schéma du tracé arrêté dans les 2 ans. »
Pour une personne présente dans la salle, une solution peu ordinaire est envisageable :
« Le réchauffement climatique va raréfier la présence de neige dans les Vosges, l’occasion d’importer les télésièges à Schiltigheim pour développer l’accès est/ouest. »
Certains regrettent plus sérieusement l’absence d’étude de l’Eurométropole sur la circulation place de Haguenau, dont les équilibres seront modifiés par « le rayonnement de ce nouveau quartier ».
Aucun appel n’a été effectué de la condamnation pour entrave à l’exécution de travaux publics des deux opposants au Grand contournement Ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg, ni par eux-mêmes, ni par le parquet. Le délai de 10 jours est écoulé. Comme ils le laissaient déjà entendre à l’issue a condamnation en première instance, Claire C. et Martin H., 26 et 31 . . .
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La Laiterie, l’Espace K, le Taps ou la galerie photo Simultania… Plusieurs structures implantées autour de la gare de Strasbourg s’associent cette année pour organiser la fête du quartier samedi 16 juin, avec une attention particulière aux enfants.
Comme des travaux sont réalisés place de la Porte-Blanche pour l’extension du tramway vers l’ouest, la fête du Quartier Gare, samedi 16 juin de 15h à 23h, aura lieu pour la première fois cette année rue du Hohwald, près de la Laiterie. Et ce déménagement offre plusieurs avantages, puisqu’il place les festivités au centre de la salle de concerts et de l’Espace K. Du coup, toutes ces structures participent à l’événement et s’y associent : le festival « Scènes d’ici » (dont Rue89 Strasbourg a déjà parlé) est programmé le même jour, à partir de 20h à l’intérieur de la Laiterie.
L’organisation Bretz’selle, installée depuis peu rue du Hohwald, tous les mercredis en fin d’après-midi, sera présente pour les participants souhaitant effectuer des réparations sur leur vélo. Un jeu « Quartier gare : la roue tourne ! » sera mis un place par l’AHQG selon le principe de « roue de la fortune » avec différentes thématiques et les habitants seront invités à répondre à des questions au sujet du quartier gare afin de tester leurs connaissances.
L’événement « quartier gare en fête » en 2016 s’était tenue au Molodoï. (Photo : Cature d’ecran du compte Facebook AHQG)
Faire venir les familles
Sophie Kabèche, responsable du secteur vie de quartier du Centre socio-culturel du Fossé des Treize, précise qu’il s’agit de la première édition pilotée par le centre. La fête de quartier était auparavant organisée par l’association des habitants du quartier (AHQG). L’idée était donc de se glisser dans la peau de ce qui a déjà été fait tout en y apportant une once de nouveauté :
« La touche supplémentaire cette année, c’est d’intéresser davantage un public familial. Dans la zone sud du quartier notamment, il y a de nombreux locataires de logements sociaux et notre objectif, c’est de réussir à les faire venir. »
Au cours de toute l’après midi et ce jusqu’à 18 heures, une petite dizaine de stands et d’événements s’adresseront aux enfants : ateliers d’expression de peinture, de dessins à la craie et de jeux géants au CSC du Fossé des Treize ou encore des jeux de société, du maquillage et du bricolage avec les membres de l’association Porte Ouverte.
À 17h, les jeunes participants pourront s’initier à l’Urban Afro Dance et un atelier « Dancing Kids » une heure plus tard est, quant à lui, réservé aux adolescents. À noter également : les dictées de Papy Guy à 15h, un atelier scientifique par l’association « les petits débrouillards » et l’univers du théâtre à 16h, le spectacle de rue « Des pieds et des mains » de la Compagnie Ni à 16h et à 17h et 19h, les spectacles des ateliers de théâtre enfant « minikafs ».
À partir de 20 heures, les DJs Winston Smith et Dr Sympathy sont chargés de l’ambiance musicale de la rue du Hohwald dans un style funk et soul.
Une buvette et une petite restauration sont prévues, avec des pâtes, des crêpes et divers spécialités latino-américaines confectionnées par la Maison de l’Amérique Latine. L’organisme « Food not bombs » tiendra un stand de pâtisseries végétaliennes.
Des gendarmes se sont rendus sur la Zone à défendre (Zad) du Moulin en lisière de la commune de Kolbsheim tôt ce matin, mercredi 13 juin. Cette clairière est habitée par dix de personnes opposées au Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg.
D’après les informations recueillies mercredi matin, une trentaine de gendarmes se sont déployés sur le site. D’autres ont coupé les routes d’accès aux piétons comme aux véhicules en raison de la procédure en cours. Contactée, la gendarmerie a répondu qu’il s’agissait « d’une opération judiciaire » et qu’elle refuserait de « communiquer des éléments d’informations. »
Réveil matinal sur la Zad de Kolbsheim (Photo Clément Gault / FlickR / cc)
Les habitants ont notamment reçu une convocation au tribunal administratif de Strasbourg lundi 18 juin à 14h. Le « référé-liberté » a été introduit par le constructeur et futur exploitant de l’autoroute, le groupe Vinci via sa société Arcos, afin de mettre fin à l’occupation de la zone « sans droit, ni titre ».
500€ de l’heure
Il s’agit d’une procédure classique avant une éventuelle intervention policière pour évacuation. Le concepteur demande au juge administratif d’enjoindre les occupants à quitter les lieux. Vinci souhaite être en droit de demander 500€ par heure commencée et par personne pour tout blocage des travaux constaté par un huissier. Comme il s’agit d’une demande en référé, la décision interviendra 72 heures après l’audience. Enfin, Arcos demande à pouvoir être accompagné des forces de l’ordre 24 heures après le premier constat d’huissier si la Zad n’est pas évacuée.
Les gendarmes sont également rentrés dans la grange dans le cadre d’une perquisition. Sur signalement des pompiers, ils pensaient y trouver des cocktails molotov. Mais il s’agissait de bouteilles en verre vides. Les forces de l’ordre ont néanmoins saisi un arc en plastique, qui s’avérait être un jouet pour enfant.
Ce terrain appartenait au châtelain Erik Grunelius, mais ce dernier a été exproprié à l’hiver 2018. Bien que les résultats d’une enquête publique sont encore attendus, les travaux sont prévus à partir du mois d’août, et en septembre pour les espaces en forêt.
Une initiative strasbourgeoise qui s’inspire de l’association « 100 pour 1 » à Mulhouse souhaite œuvrer pour loger les déboutés du droit d’asile. L’association SolidariClés est née en novembre 2017, pour se porter garant et aider les familles qui ne peuvent plus avoir recours aux voies normales pour accéder à un logement.
Lorsque qu’une personne est déboutée du droit d’asile, deux options s’offrent à elle : faire réexaminer la décision de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) devant la Cour nationale du droit d’asile, ou bien faire une demande à la Préfecture de régularisation de son séjour sur le territoire français.
Quelle que soit la démarche choisie, la personne se trouve alors dans une situation encore plus délicate, puisqu’en tant que déboutée, elle ne peut plus rester dans un logement dédié à la demande d’asile, ni prétendre à un hébergement social.
Pour les familles, le parcours est d’autant plus complexe qu’il faut trouver un appartement qui puisse accueillir tous les membres. Parfois, le droit d’asile est accordé à un seul membre de la famille, alors que les bailleurs sociaux exigent la présentation de deux cartes de séjour. C’est notamment dans ce cas de figure que la jeune association strasbourgeoise SolidariClés cherche à intervenir.
Les fondateurs, des citoyens, des professionnels de l’hébergement d’urgence, des paroissiens et des associations partent du constat que ces personnes ne peuvent plus être prises en charge par certaines structures, contrairement aux autres sans-abris. SolidariClés essaye d’apporter à petite échelle de l’aide à ce groupe de personnes, en complément des dispositifs existants (8 476 places dans le Bas-Rhin).
Association SolidariClés (Photo : capture Facebook de la page SolidariClés)
Dominique Vonié, président de SolidariClés, espère jouer avec ses partenaires, le rôle de « passeurs bienveillants » :
« Nous sommes en sorte des passeurs aussi, pas ceux qui vendent du rêve sur d’improbables embarcations en Méditerranée pour rejoindre un nouvel eldorado, mais des passeurs qui permettront aux familles à la rue et à leur réseau de passer de la galère à une normalisation de leur situation pour retrouver une situation stable. Des « passeurs en bout de chaîne » en quelque sorte. »
Comment ça marche ?
Bien souvent, ce sont les professeurs de certains enfants ou des personnes qui côtoient quotidiennement un ou plusieurs membres de la famille qui alertent sur leur situation. L’association répond lorsqu’il y a une sollicitation. Pour ces familles aux droits incomplets, qui ne peuvent pas administrativement bénéficier d’un logement social, SolidariClés tente de faire de lien entre eux et les propriétaires, en leur servant de caution.
Le logement est donc loué par l’association, qui s’engage auprès des propriétaires privé pour le paiement du loyer. Mais c’est bien le réseau proche de la famille ou de la personne en difficulté qui est en charge des paiements. Dans certains cas spécifiques, l’association peut compléter l’apport financier initial. Loyer, charges, assurances tout est réglé au propriétaire comme pour un contrat de location classique.
Constituer un réseau solide qui accepte d’aider à financer le logement est donc prioritaire pour les familles avant l’intervention de SolidariClés. Les dons récurrents à l’intention d’une personne ou famille sont à envoyer à l’association, et sont déductibles des impôts. Les dons versés de façon ponctuelle servent au frais de fonctionnement de l’organisation ou à l’acquisition de biens pour meubler les logements.
L’initiative ressemble à celle menée à Mulhouse par l’association « 100 pour 1 » (cent personnes pour un logement).
Trois propriétaires prêts à louer à SolidariClés
Pour le moment, SolidariClés est en contact avec trois familles déboutées du droit d’asile qui sont encore hébergées par la préfecture du Bas-Rhin, dans le cadre du Plan hivernal qui a été prolongé jusqu’à la fin du mois de juin. Trois propriétaires seraient prêts à louer leur logement, notamment dans le quartier de l’Esplanade à Strasbourg et à Schiltigheim.
Pour les membres de l’association, la prochaine étape, serait de contacter des agences immobilières. Au départ, le projet devait concerner des familles installées au quartier du Neuhof mais il s’est étendu à toute la ville de Strasbourg puisque les personnes ont des parcours instables. Il n’est donc pas possible de rester fixé à un seul quartier.
L’association se tient prête à soutenir ces familles, mais elle est dépendante de l’évolution de chaque cas. Certaines pourraient finalement être réorientées par le SIAO (Service Intégré de d’Accueil et d’Orientation du Bas-Rhin) ou le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) vers un autre hébergement d’urgence.
L’association attend aussi de voir comment la future Loi Asile et Immigration, qui a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 22 avril, sera appliquée et quelles seront les conséquences sur l’hébergement des demandeurs d’asile en fin de droits.
Si davantage de personnes déboutées et déjà présentes sur le territoire sont régularisées, Dominique Vonié explique que SolidariClés n’aura peut-être pas la nécessité d’aller plus loin :
« On ne veut pas tomber dans le piège de la pérennisation s’il n’y en a pas le besoin. On était partis de la fin du plan hivernal, mais celui-ci a été prolongé. Pour le moment, c’est un laboratoire, une réponse donnée à partir d’un quartier où on avait identifié une difficulté. Et on tentera de répondre à ce défaut d’hébergement, le temps qu’il faudra. »
L’initiative est indépendante du projet d’ouverture progressive de 100 places à destination des personnes sans-abris depuis février. Ces appartements sont conventionnés avec deux associations (Caritas et Accueil sans frontières 67) et financés par la Ville de Strasbourg à hauteur de 500 000 euros par an.
Plusieurs collectifs de parents d’élèves, excédés par les absences non-remplacées de professeurs, organisent jeudi 14 juin entre 8h et 8h30 une opération de protestation devant plusieurs écoles primaires de Strasbourg. Il s’agit d’une nouvelle manifestation d’une mobilisation débutée en avril par le collectif « Des enseignants pour nos enfants ». En mai, des parents avaient bruyamment protesté sur le même sujet à l’école Saint-Thomas.
Cette fois, le collectif prévoit de grimer les enfants avec des masques de sardines, car lorsque des enseignants sont absents et ne sont pas remplacés, les enfants sont répartis dans les autres classes. Selon un communiqué du collectif, ils se retrouvent « à 35/40 par classe, serrés comme des sardines. » Le collectif, qui ne recule devant rien, prévoit même de diffuser la chanson de Patrick Sébastien, « Les Sardines » (on vous la met ici, ne nous remerciez pas).
Les parents d’élèves mettent en avant que ces situations ne sont pas exceptionnelles dans le Bas-Rhin et que ces mesures de regroupement finissent par avoir des impacts négatifs sur l’apprentissage des enfants.
Les enfants sont parfois 35 à 40 par classe (doc remis)
Réponses peu crédibles
Reçus par le rectorat de l’Académie de Strasbourg, le collectif ne désarme pas et trouve peu crédibles les réponses qui leur ont été apportées :
« Les représentants de l’Education Nationale nous ont opposé des arguments parfois très surprenants : l’épidémie de grippe de cet hiver aurait été particulièrement sévère (bon ok), les institutrices seraient toutes parties en congé maternité en même temps (parce que, un congé maternité, hein, ben non ça ne s’anticipe pas ma bonne dame…), etc. Bref, autant de raisons qui ne tiennent pas la route. »
Le collectif des parents d’élèves prévoient de prendre des photos des enfants avec leurs masques de sardines et de les envoyer aux représentants de l’Education Nationale. En outre, le collectif pointe systématiquement les absences non remplacées des professeurs dans toutes les écoles comprenant des parents membres du collectif.
Dans les années 50, Esther Peter-Davis possède une qualité rare. Elle parle quatre langues et n’en garde aucune dans sa poche. L’alsacienne s’est opposée à la centrale de Fessenheim tout comme elle a participé à la lutte contre les essais de bombe atomique en Algérie. Cette femme engagée a ainsi croisé Nelson Mandela, Winston Churchill ou encore Frantz Fanon.
Lorsque la porte s’ouvre, le visage d’Esther Peter-Davis exprime la surprise. Elle accueille dans son appartement strasbourgeois. La dame ne comprend pas vraiment ce qu’on veut publier sur sa vie : « Je n’aime pas trop qu’on écrive sur moi ». Ce qui nous amène, c’est sa mémoire des voyages et des rencontres qui ont ponctué sa vie engagée.
Départ en stop
Son fils aîné, Troy Davis, apprécie cet intérêt. Diplômé de Harvard, il dit en apprendre tous les jours sur la vie de sa mère. Elle a 83 ans.
Celle qui s’appelle encore Esther Peter s’engage dès le début des années 1950. À 18 ans, elle part en auto-stop pour la Belgique. « Cela ne se faisait pas à l’époque », glisse-t-elle avec malice. Le peintre Edgar Gevaert a ouvert sa maison aux militants favorables à un gouvernement mondial. Il y a Thomas Mann ou encore Albert Einstein. Esther Peter-Davis se souvient avoir rencontré Pierre Grouès. Il sera connu plus tard sous le nom d’Abbé Pierre.
« Se bagarrer, les mecs ne savent faire que ça »
Au milieu d’intellectuels et d’hommes politiques, Esther Peter-Davis écoute d’abord. Elle commence à traduire dans les années 1950 lorsqu’elle se rend à Paris avec le militant américain Garry Davis. À l’époque, elle suit son ami d’enfance. Dix ans plus tard, il devient son mari. Elle parle couramment l’anglais, l’allemand et l’italien. Un talent qui permet à son compagnon d’échanger à travers elle avec tout le monde sur son projet de citoyenneté mondiale. L’interprète raconte :
« Les intellectuels de nombreux pays d’Europe voulaient rencontrer Garry, car il remettait en cause le droit des États à prendre des décisions à la place des gens. Il y avait toute une flopée d’hommes connus, comme Albert Camus par exemple. Les uns et les autres finissaient toujours par se bagarrer dans de grands débats. Les mecs ne savent faire que ça. »
« On prenait les femmes pour des imbéciles »
Esther Peter-Davis rappelle souvent la condition féminine de son époque. Elle laisse échapper un long soupir :
« Entre les deux guerres, par exemple, on prenait les femmes pour des imbéciles. Pourtant, elles avaient dû tout faire pendant que les hommes s’entretuaient. »
Au fil de ses engagements, Esther Peter-Davis a souffert du machisme des dirigeants, des scientifiques ou des intellectuels. Elle raconte :
Une famille décimée par la guerre
Au cours de la seconde Guerre mondiale, l’enfant du quartier Halles perd son grand-père et plusieurs cousins. Esther Peter-Davis est presque impassible lorsqu’elle raconte l’assassinat de son père par un collaborateur et un soldat allemand. Ses yeux bleus très clairs fixent le fond de la pièce. On sent la dame ailleurs. Elle ajoute :
« Ils n’aimaient pas que mon père réfléchisse par lui-même. »
Esther Peter-Davis a fait sienne cette indépendance d’esprit. Son père était tailleur. Pour les femmes, il confectionnait des vêtements amples, à rebours des conventions vestimentaires étriquées de l’époque. Dans sa jeunesse, elle s’inspire aussi de l’indépendance de sa mère qui a travaillé aux États-Unis. En France, elle conduisait souvent la voiture du grand-père, à une époque où « ça ne se faisait pas ».
Esther à l’école des garçons
Dès quatre ans, la fille Peter sait lire et écrire. « La maîtresse ne savait pas quoi faire de moi », se souvient Esther Peter-Davis. Elle est envoyée à l’école des garçons de Fustel de Coulanges. Grâce à son frère, elle apprend « à se défendre face aux élèves qui tentent de l’intimider. »
Les langues et sa capacité à se défendre feront sa force. Esther Peter-Davis n’a pas vingt ans quand elle est embauchée dans le cadre du projet surnommé « Genève, 1950 ». Elle travaille alors dans le futur siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. La jeune femme n’est pas bien payée :
« Jorge Von Wartenburg, le frère de celui qui a tenté d’assassiner Hitler en 1944, m’offrait souvent des tartes aux pommes. Je n’avais pas l’argent pour m’en acheter moi-même. »
Esther part voir la colonie algérienne
À Genève, Esther Peter-Davis fait aussi la rencontre du gendre de Pierre et Marie Curie : Frédéric Jolliot-Curie. Le prix Nobel de physique est le premier signataire de l’appel de Stockholm contre l’armement nucléaire. Le scientifique pressent que des essais de bombes nucléaires vont être réalisés dans le Sahara algérien. Il fait part de cette intuition à la jeune interprète.
En 1951, Esther Peter-Davis démissionne et se rend en Algérie. Elle y rencontre de nombreux Alsaciens. De ces témoignages, elle développe une conviction anticoloniale forte :
« J’avais entendu parler des colonies. Mais je voulais me faire mon propre avis. Sur place, j’ai été choquée par la violence de l’État colonial français. »
« Vous devriez en parler à mon beau-père »
De retour en Alsace, Esther Peter-Davis travaille à l’hôtel de la Maison Rouge. Sa mère était inquiète lors du dernier voyage de sa fille. Elle lui a donc trouvé un emploi à Strasbourg. Dans l’établissement de la rue des Francs-Bourgeois, elle rencontre Duncan Sandys, futur Secrétaire d’État aux colonies britanniques. Esther Peter-Davis lui parle de son voyage en Algérie. Elle se souvient parfaitement de la réponse de l’homme politique, qu’elle cite en anglais :
« You should tell that to my father-in-law [Vous devriez en parler à mon beau-père]. »
Dans une pièce à côté, vide, Esther Peter-Davis se retrouve nez-à-nez avec un homme « petit et gros », cigare aux lèvres. Il écrit et montre peu d’intérêt pour la réceptionniste. La femme se met en face de lui, dénonce la violence des pays colonisateurs et s’en va.
En Afrique de l’Ouest contre les essais nucléaires français
À la fin des années 1950, Esther Peter-Davis travaille au Conseil de l’Europe. La traductrice prend une année sabbatique en 1959 pour se rendre en Afrique de l’Ouest. Aux côtés de Bill Sutherland, assistant du ministre ghanéen des Finances, elle sert d’interprète pour organiser la Conférence Positive Action, contre les essais nucléaires français. « Pendant cette expédition de la Sahara Protest Team, j’ai rencontré les futurs ministres d’une dizaine de pays d’Afrique de l’Ouest », raconte l’Alsacienne. Elle ne se souvient plus de tous les noms.
En avril 1960, suite au premier essai nucléaire dans le Sahara, la Conférence Positive Action se tient à Accra, capitale du Ghana. Esther Peter-Davis est là. Elle y rencontre Frantz Fanon, célèbre théoricien de la colonisation et de la question noire qui devient son ami, ou encore Nelson Mandela.
Esther Peter-Davis, souvent seule avec quatre enfants
De retour en France, le quotidien reste mouvementé. Esther Peter-Davis se marie à Garry Davis en 1963 à Strasbourg. Le militant mondialiste est apatride. Son combat lui vaut d’être incarcéré à plusieurs reprises. Sa femme a aussi des ennuis avec la police. Son activisme contre le nucléaire lui vaut arrestations et perquisitions de ses documents sur le nucléaire. Elle s’occupe, souvent seule, de ses quatre enfants.
Fessenheim : nouveau combat
Quand elle ne voyage plus pour lutter contre l’arme nucléaire, c’est le projet de centrale de Fessenheim qui arrive à une vingtaine de kilomètres de son village. Esther Peter-Davis participe alors à la contestation. Avec Françoise Bucher et Annick Albrecht, elle a fait partie des « femmes de Fessenheim ». Elles ont répondu à des interviews, organisé des conférences et rédigé une revue au nom évocateur : « Fessenheim : vie ou mort de l’Alsace… »
Là encore, Esther Peter-Davis se sert de sa connaissance des langues et de ses nombreux voyages. Des États-Unis, elle rapporte des documents de scientifiques opposés au nucléaire civil. Elle les traduit pour la revue qui sera éditée à plus de 5 000 exemplaires, dont près de 900 pour chaque mairie d’Alsace.
Lorsqu’on évoque l’actualité de la centrale ou du futur site d’enfouissement de déchets nucléaire à Bure, l’ancienne militante préfère ne pas se plonger dans « des souvenirs douloureux ». Elle retient avant tout l’échec de la mobilisation et la faible remise en cause de l’énergie nucléaire en France.
Du Conseil de l’Europe à Eco-Conseil
Esther Peter-Davis travaille ensuite en tant que « fonctionnaire internationale » au Conseil de l’Europe. Elle se consacre à l’écologie. Face à Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1985 à 1995, elle expose à Paris la nécessité de former des responsables politiques aux problématiques écologiques. En 1987, elle fonde Eco-Conseil. Depuis plus de trente ans, l’institut forme des experts en environnement et en développement durable.
« Plein de choses que j’ai oubliées »
Le vieux chat d’Esther Peter-Davis interrompt l’interview. Kumqat miaule sans arrêt en arrivant dans le bureau. Cela fait deux heures que sa propriétaire ne s’est pas occupée de lui. Initialement, la dame souhaitait que l’entretien soit court.
« Aujourd’hui, je passe mon temps à recoller les souvenirs. » Sur son ordinateur, un dossier intitulé « Book » traîne. Il est rempli d’anecdotes autobiographiques. Lentement, elle parcourt les documents, les sourcils froncés. Lorsqu’elle lit un des textes à voix basse. Elle soupire : « Et il y a plein de choses que j’ai oubliées… »
Le mardi 12 juin, le Shadok, associé au festival européen du film fantastique de Strasbourg, organise une nuit du jeu vidéo indépendant. Pour la première édition, les gamers noctambules pourront découvrir les nouveautés vidéo-ludiques de la région, manette en main.
Le Shadok accueille une nouvelle fois des jeux vidéo, mais cette fois l’espace dédié au numérique s’intéresse aux créations locales. Mardi 12 juin à partir de 19h à 23h, se tiendra la première « Indie Game night » (nuit des jeux indépendants). Le concept, déjà décliné dans plusieurs villes à travers le monde, se veut être un moment d’échange entre des professionnels du jeu vidéo et leur public, et l’occasion de découvrir de nouvelles perles vidéo-ludiques en avant-première.
Trois jeux mis en avant
L’événement commencera par une intervention de trois développeurs strasbourgeois. Ils présenteront leurs prototypes au public, le tout accompagné d’anecdotes sur leurs processus de création. Au terme de la présentation, les personnes sur place pourront échanger avec les trois créateurs.
Pour finir, les participants pourront tester les jeux en question. Les organisateurs précisent également que les développeurs amateurs peuvent venir accompagnés de leurs création pour les présenter de façon informelle au public.
Les jeux vidéos alsaciens toute la soirée c’est derrière cette porte. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Les joueurs pourront ainsi s’essayer à « Tetra’s Escape », un jeu de réflexion inspiré du célèbre Tetris ou « Beat The clock », à mi-chemin entre le jeu de rôle et de course. « Cibos », quant à lui, propose au joueur d’incarner un extraterrestre travaillant dans une usine, à la recherche du titre d’employé du mois.
Des bornes pour jouer aux jeux indépendants du moment.
Le Festival du film fantastique de Strasbourg (Feffs) est partenaire de l’événement. Les équipes du Feffs mettent à disposition des joueurs une sélection de succès issu de l’édition indépendante de jeux vidéos durant ces dernières années : « Towerfall ascension », « Speedrunners » et « Screencheat ».
Y aller
Indie Game Night, mardi 12 juin de 19h a 23h au Shadok, 25 presqu’île André Malraux à Strasbourg.
Dans la soirée du dimanche 10 juin, près de 80 agriculteurs du Bas-Rhin se sont installés à l’entrée de la zone portuaire de Strasbourg. Pendant sept jours, ils se relaieront avec des confrères lorrains, mosellans et haut-rhinois pour bloquer un dépôt de pétrole. Des opérations similaires ont lieu auprès des autres dépôts de carburant du pays.
C’est une goutte d’huile qui a fait déborder le vase. Dimanche 10 juin, environ 80 agriculteurs bas-rhinois ont répondu présents à l’appel de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA). Ils sont venus en voiture ou en tracteur pour s’installer à l’entrée de la zone portuaire de Strasbourg. Les exploitants agricoles sont excédés par l’importation à venir d’au moins 300 000 tonnes d’huile de palme en France.
Reportage réalisé en direct dimanche soir.
L’huile de palme : un concurrent inégalable
En mai dernier, le gouvernement autorisait Total à importer cette matière première pour ouvrir la bioraffinerie de la Mède (Bouches du Rhône). Les agriculteurs d’Ebersheim, Scherwiller ou Erstein sont directement concernés. La plupart cultivent aussi de la betterave et du colza pour les vendre à des producteurs de biocarburant. L’huile de palme est un concurrent inégalable pour ces producteurs : les coûts de production sont bien moindres en Indonésie ou en Malaisie.
L’installation des tentes a débuté vers 20h. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Philippe, 50 ans, fait partie de ces agriculteurs en colère. Casquette siglée FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) sur la tête, il est venu d’Ebersheim pour participer au mouvement. La vente de colza et de betteraves représente 40% de son chiffre d’affaires. Depuis l’annonce gouvernementale quant à l’importation d’huile de palme, l’exploitant est inquiet :
« On voit déjà les cours du colza baisser [depuis le début du mois de juin, ndlr]. En plus de cet accord avec Total, on subit la hausse du prix du gazole non routier. Le prix de mon plein a augmenté de 25%… »
L’impuissance face à la grande distribution
Le dépôt de carburant bloqué se situe rue de Rouen, à l’entrée de la zone portuaire de Strasbourg. Les exploitants agricoles s’affairent au centre d’un rond-point qui donne sur cette artère. Au milieu d’une dizaine de tracteurs Massey Ferguson ou New Holland, les agriculteurs installent un barbecue et déposent des cagettes de cerises, de tomates. Les plus jeunes escaladent les structures des tentes pour les recouvrir d’une bâche blanche.
Des cerises, des tomates, du jus de pommes… et de l’Elsass Cola!
Etienne Losser préside le syndicat des jeunes agriculteurs du grand Est. Il dit se battre aussi pour les futurs exploitants agricoles. Les résultats des États généraux de l’alimentation le déçoivent :
« Le projet initial de ces négociations était de nous donner des outils légaux pour négocier avec les grandes et moyennes surfaces. Peu à peu, le débat s’est focalisé sur l’environnement et la santé des consommateurs. De la loi Agriculture et Alimentation, les gens ne retiennent que la non-interdiction du glyphosate et l’absence de loi sur la vidéosurveillance dans les abattoirs. Mais pour nous, le problème du prix de nos produits reste entier face à la pression de la grande distribution. »
Les consommateurs prêts à payer plus ?
Une voiture passe et klaxonne. Le conducteur sort la tête de la fenêtre et crie : « On est avec vous! » Pour Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, le soutien de la population est important. Mais cet agriculteur de Scherwiller doute que les Français soient prêts à payer leurs courses plus cher :
« Aujourd’hui, le gouvernement veut mettre en place une agriculture d’excellence. Je ne suis pas contre. Mais le panier moyen d’un ménage constitue 15% de son revenu. Est-ce que les gens sont prêts à augmenter cette part jusqu’à 20, voire 25% ? J’en suis pas sûr. »
Autre sujet de mécontentement pour ce producteur de lait, de betteraves et de colza : les normes et les charges qui pèsent sur les agriculteurs français. Gérard Lorber fustige l’importation de cerises turques traitées au diméthoate, un insecticide interdit en France. Tous les exploitants agricoles présents sur place dénoncent une concurrence déloyale.
« Il n’y a pas de vie là-dedans »
A côté du barbecue, quelques jeunes agriculteurs discutent. Parmi eux, Valentin Ruby regrette de ne pas être un de leurs confrères. « A la base, je travaille dans l’agricole mais je ne peux plus le faire. Il y a pas de vie là-dedans. » Robin North comprend ce point de vue. Ce travailleur agricole ne travaille pas pour son propre compte :
« Se verser un SMIC, c’est déjà compliqué pour les propriétaires de grandes exploitation. Et quand tu demandes à ton banquier de financer un projet agricole, il te rit au nez. »
Il est presque 22h. En deux heures, le QG est presque installé « pour sept jours… plus s’il le faut », affirme le cinquantenaire Gérard Lorber. Toutes les douzes heures, les protestataires seront relayés par des confrères de Lorraine, du Haut-Rhin, et de Franche-Comté. L’engagement se veut à la hauteur de la rancoeur, résumée par le secrétaire général de la FDSEA : « Pour le gouvernement de bobos parisiens, nous [les agriculteurs, ndlr] on existe pas. La terre, l’agriculture et la campagne, ils s’en foutent. »
« Le mouvement doit durer sept jours… », affirme Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Tôt ce dimanche matin, un chevreuil a été aperçu dans le périmètre de l’aéroport de Strasbourg, provoquant sa fermeture jusqu’à environ 12h30. Aucun vol en partance n’a pu décoller et les vols attendus ont été déroutés vers Mulhouse ou Baden-Baden. C’est le cas du FR7117 de Ryanair en provenance de Londres et attendu à Entzheim à 10h20, dérouté vers Baden Baden. L’Air France Hop en provenance de Rennes et attendu à midi a cependant pu atterrir à Strasbourg mais à 13h05. Au départ, deux vols ont été annulés, vers Figari et Londres, tandis que le vol vers Marseille a dû retarder son embarquement de trois heures.
Les équipes de l’aéroport ont fait leur possible pour chasser l’animal, l’hélicoptère Dragon 67, qui sert à l’acheminement de victimes d’accidents, a été utilisé en rase mottes pour l’effrayer (voir la vidéo ci-dessous).
L’hélicotère pour chasser le chevreuil, une technique originale… (vidéo remise)
Le louvetier a été appelé et s’est mis en chasse du chevreuil vers 10h30 mais sans succès. Appelés également à la rescousse, les gendarmes sur place n’ont pas été en mesure d’abattre l’animal car leurs armes ne sont pas équipées de lunettes de visée à longue distance. Au final, considérant sans doute qu’il s’était assez amusé avec tout ce petit monde, le chevreuil n’a plus réapparu et est sans doute reparti par là où il est rentré. L’aéroport a rouvert ses pistes à 12h40.
Un chevreuil (Photo Clément Bastié / FlickR / cc)
Les conséquences financières pour l’aéroport de Strasbourg risquent d’être assez lourdes, puisque pour chaque report ou déroute imputable à la plate-forme, c’est à elle d’en assumer les coûts. La direction de l’aéroport n’a pas pu être jointe dans l’immédiat.
Rendez-vous annuel à La Laiterie, le festival Scènes d’ici édition 2018 est programmé samedi 16 juin, avec des artistes de la scène strasbourgeoise bien connus, mais aussi pas mal d’artistes venus… d’ailleurs.
À une époque, les groupes présentés à Scènes d’Ici étaient majoritairement basés à Strasbourg, ou tout du moins en Alsace. Avec son édition du samedi 16 juin, La Laiterie déroge un peu à cette règle, ce qui n’empêche pas de rendre ce rendez-vous gratuit fort intéressant et voici pourquoi.
Artiste inclassable, T/O est à l’affiche des Scènes d’ici et bien de Strasbourg Photo : Facebook / doc remis
Les artistes basés à Strasbourg
On trouve deux groupes déjà bien installés sur la scène locale, et dont on entend beaucoup parler ces derniers temps. Est-ce bien utile de présenter encore Claire Faravarjoo et sa pop électro ? Un EP Minuit, une participation aux Inouis du Printemps de Bourges et au prix Ricard SA, son nom est partout depuis l’an dernier. Il y a quelques semaines, elle a sorti « Bombarde », nouveau single au rythme toujours résolument sensuel et dansant.
T/O (prononcer T slash O), alias Théo Cloux, a quant à lui sorti son premier album en mars dernier : Ominous Signs. Disque halluciné et hallucinant, il y croise à peu près tous les styles possibles, pour un résultat curieux et noisy une fois sur scène avec son groupe.
Pas de sortie récente, mais à venir pour le beatmaker GooMar et le folkeux Flo Chmod. Le premier, parisien reconnu dans le monde du hip-hop s’est exilé à Strasbourg et a notamment collaboré avec Hippocampe Fou ou Nekfeu. C’est aussi lui qui est à l’origine du collectif Tour de Manège, qui réunit les plus grands beatmakers mondiaux. Aussi à l’aise dans les ambiances aériennes que jazzy, il a pour point commun avec Flo Chmod de mélanger les genres. Ce dernier, songwriter et évoluant plutôt dans le folk en solo, n’a pas tout à fait renié ses débuts dans des groupes punk. On retrouve dans ses chansons une certaine rugosité et une urgence à faire passer son univers, qu’on retrouvera dans l’EP qu’il prépare pour cette année.
Les artistes pas tout à fait d’ici
Le reste de la programmation de ces Scènes d’ici dépasse allégrement les frontières alsaciennes. Posterboy Machine, bien qu’anciennement basé à Strasbourg, est retourné du côté lorrain pour servir sa synth-pop française très 80s et du coup complètement dans l’air du temps. Gavin Meidhu sera quant à lui la caution hip-hop de la soirée, venu de Reims pour présenter son rap sombre et amer.
Et on voyagera beaucoup plus loin avec Hassan K. Bien qu’habitant à Lille, ce musicien d’origine iranienne joue de la musique perse en one man band sur sa guitare retravaillée pour coller au jeu iranien. Mais attention, le tout est mixé à des sons électro, faisant presque oublier l’aspect traditionnel de sa musique pour que s’entrechoquent orient et occident.
Le festival Scènes d’ici sera également l’occasion d’une release party, celle de The Blind Suns. Signé chez Deaf Rock Records, le trio d’Angers fêtera la sortie d’Offshore, leur deuxième album sorti fin avril. Très radiophoniques, ils surfent sur une vague pop rock qui devrait plaire à quelques jours de l’été. En effet, leur son acidulé et plein d’énergie donnera envie à plus d’un de prendre la route des vacances.
Itawak Records est un label de musiques extrêmes créé en 2016 à Strasbourg. Ils organisent ce week-end aux studios Kawati au Port-du-Rhin leur premier festival avec de sacrés bon groupes, des repas vegan à prix libre, un mini golf et une ambiance de foufou !
Itawak, tu connais peut-être déjà. Ils produisent des groupes comme Yurodivy, LMDA, Moyan ou Contwig et ils sont très présents aux studios Kawati, au Port-du-Rhin au fond de Strasbourg avant l’Allemagne. Jérémy Lemon et Jackson ont eu la gentillesse de répondre à mes petites questions à l’approche du Itawak Fest.
Rue89 Strasbourg : Pouvez-vous nous parler de vos activités ?
Jérémy Lemon et Jackson : « Itawak records c’est avant tout un label, mais pour pouvoir avancer au niveau production phonographique, pas mal d’activités annexes ont été développées au sein de la structure. Ça va être compliqué de tout citer, mais par exemple la distribution physique des vinyles sur les concerts et via une boutique en ligne où on peut écouter tout le catalogue gratuitement. Bien sûr, on travaille beaucoup en studio et en répétition avec les groupes que nous accompagnons, dans le but de faire des belles sorties et d’arriver à ce que le groupe puisse défendre son bébé sur la route par la suite. Nous tenons également un bar associatif aux Kawati Studios, et parfois il nous arrive d’organiser des concerts à Strasbourg. »
Quels sont les styles musicaux qui caractérisent votre label ?
« On privilégie tout ce qui se vend très mal, tout ce qui est trop violent pour la majorité des gens ! On intervient dans une scène de niche, on favorise donc tout ce qui a du mal à tourner en France. Parce qu’on aime le challenge ! »
C’est votre tout premier festival ! Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer ?
« L’argent, bien entendu ! Non, en fait, ça fait un moment qu’on croise pas mal de supers groupes sur la route, ou dans différentes salles des fêtes punk et autres lieux associatifs pour les jeunes. L’envie d’organiser une grosse fête avec tout le monde en même temps s’est fait de plus en plus présente. L’organisation de concerts n’est pas notre activité principale, donc on préfère bosser pour organiser un truc un peu fou une fois dans l’année, histoire de tout donner à ce moment-là. »
Comment avez-vous sélectionné les groupes ? Les avez-vous déjà tous vus en concert ?
« On a croisé la majorité des groupes au détour de tournées, mais on a surtout voulu faire une prog qui corresponde à ce qu’on aime et à ce qu’Itawak représente comme musique. C’est pour ça qu’au final les styles sont vraiment vastes sur les trois jours. Bon, je ne te cache pas que globalement, on part sur de la violence, mais ça va quand même du post-rock à cordes au black métal, en passant par du punk rock, ou du post-métal. Dans tous les cas, ça va swinguer ! »
Pourriez-vous me présenter quelques groupes qui passeront au Itawak Fest ?
« Euh … Alors là, ça va être dur de choisir ! Parce que forcément, on pense que tous les groupes méritent qu’on parle d’eux. Mais disons qu’au lieu que de parler des projets que tout le monde connaît déjà comme Wiegedood, Coilguns, Red Apollo, Chiens, ou ZEUS! que les gens peuvent avoir l’occasion de croiser en France régulièrement, on peut attirer votre attention vers des groupes plus méconnus par ici, mais qui n’oublient pas de rocker comme il faut et qui viennent de super loin pour jouer à Strasbourg.
Par exemple nos petits chouchous de Joliette qui déboulent du Mexique quand même et qu’on a déjà pu voir en live plusieurs fois. Ajoutons au passage que c’est assez phénoménal d’être aussi doué et sympa en même temps ! Ils sont en tournée avec les Suédois de Nionde Plagan qui vont, j’en suis sûr, beaucoup plaire à nos voisins… Et puis ensuite, il y a bien sur quelques groupes locaux que nous apprécions particulièrement tel que Oural, également produit par Itawak, AFAR, The boring, Géraniüm, La Consigne, Dead End… Bref, que des copains ! »
Este video necessita el volumo al fondo ! (vidéo Joliette / YouTube)
Vous parlez pas mal de DIY (do it yourself), ça se traduit comment concrètement ? Et ça représente quoi à vos yeux ?
« Le côté DIY mis en avant ici l’est tant par nécessité que par éthique. Nécessité parce que nous n’avons pas les moyens financiers de faire autrement. Cette scène alternative que l’on cherche à promouvoir ne peut exister que grâce à la bonne volonté des gens qui la constituent et la font vivre. On essaye de faire le maximum avec le peu que l’on a. Alors on optimise, parce qu’on a des idées plein la tête !
Éthique aussi parce que le mode de fonctionnement DIY colle avec les idées libertaires et autogestionnaires portées par de nombreuses personnes dans cette scène et revendiquées par de nombreux groupes. Concrètement, ça passe par de la débrouillardise, de l’échange de compétences, et surtout beaucoup de gens prêts à aider. Au-delà du côté pragmatique, il y a donc aussi une grande satisfaction de voir ce que l’on arrive à faire avec l’addition de la bonne volonté des gens ! »
Les Suédois de Nionde Plagan de passage avant une tournée en Allemagne.
J’ai vu qu’il y aura de la nourriture végétarienne en prix libre. C’est vous qui allez cuisiner ?
Exact ! Le DIY, ça marche aussi pour la popote ! Certains d’entre nous et d’autres adorables personnes amatrices de musiques qui piquent vont s’appliquer pour que les estomacs soient aussi satisfaits que les oreilles pendant ces trois jours. Végé/végan, pour que tout le monde puisse manger. Et le prix libre pour laisser les gens estimer ce qui leur semble être juste en fonction de leurs moyens. C’est une façon de responsabiliser le public, qui n’est pas « consommateur », mais réellement « acteur » de la scène.
Quelle est l’ambiance souhaitée pour ce premier festival ?
« Là comme ça, j’ai envie de dire : Guerre, feu, village. Mais en vrai on tient aussi beaucoup à ce que les principes qu’on défend via Itawak records correspondent à l’ambiance générale du festival. On fait de la musique violente pour des gens non violents, l’ambiance sera conviviale et festive. Nous n’accepterons en aucun cas un quelconque comportement déplacé pouvant mettre mal à l’aise qui que ce soit ! »
Y aller
Itawak Fest, du vendredi 15 au dimanche 17 juin, aux studios Kawati, rue de Châlons-sur-Saone à Strasbourg – Port-du-Rhin. Voir sur Facebook.
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Au nord de Strasbourg, au début de la Robertsau, l’EurOasis accueillera une école, une crèche, un centre de coworking, un restaurant, un jardin et des lieux de formation avec comme fil rouge de réfléchir et de se préparer « aux transitions ».
La Ville de Strasbourg vient d’attribuer les trois maisons et les deux hectares de terrain qu’elle détenait au début de la Robertsau, près du parc de l’Orangerie, à l’association EurOasis qui porte un projet de lieu interdisciplinaire, dédié « aux transitions » : c’est à dire se préparer aux changements globaux, comme la modification du climat ou les effets du numérique, mais aussi réfléchir sur les évolutions personnelles avec la formation, le coaching, les rencontres et les nouvelles formes d’organisation et de coopération…
L’EurOasis dispose d’un emplacement exceptionnel, juste à côté du parc de l’Orangerie et dans un écrin de verdure.
La Ville de Strasbourg avait fait un appel à projets en 2017 pour ce lot de deux hectares de terrain et de trois bâtiments, d’une surface habitable totale de 750 m², qu’elle détenait au titre de son patrimoine privé. Plus d’un an et demi plus tard, la Ville a donc choisi l’EurOasis pour ce lot, qu’elle cède « en l’état » pour 412 500€.
Vidéo de présentation du projet, réalisée en juillet 2017 (vidéo EurOasis)
3,5 millions d’euros à trouver
Un collectif de plus de 100 personnes s’est formé préparer ce projet de lieu dédié aux transitions, qui doit comprendre dans sa version finale une crèche, une école alternative Novagora, un lieu de coworking, des salles de formation, un restaurant, un jardin en permaculture… Membre du collectif, Gilles Schacherer détaille les étapes à venir :
« Maintenant, nous allons réunir l’argent grâce aux apports de nos premiers membres, et grâce à une opération de financement participatif pour acheter les premières parts sociales de la coopérative foncière, qui sera dotée du terrain et des bâtiments. Une autre société, coopérative elle-aussi, sera chargée de l’exploitation. Les banques seront aussi sollicitées, nous sommes déjà accompagnés par La Nef. Puis viendra le temps de la rénovation, écologique et faisant appel à des entreprises d’insertion, et là, il faudra réunir environ 3,5 millions d’euros. »
Les bâtiments sont superbes mais à rénover entièrement (doc remis)
Le montant des fonds à réunir pour mener à bien ce projet n’inquiète pas Gilles Schacherer, qui rappelle les solides fondements du projet :
« Nous nous sommes inspirés des oasis du mouvement des Colibris… Nous avons de nombreux parrains de renom qui vont nous aider, dont Pierre Rabhi, Cyrille Dion (le réalisateur de « Demain »), Mathieu Ricard, Isabelle Delannoy… Et notre projet est unique par sa taille et ses ambitions, donc nous allons nous présenter à plusieurs concours nationaux, auprès du gouvernement ou des fondations, du mécénat… »
Ainsi, il y aura une banque solidaire parmi les futures activités de l’EurOasis et Gilles Schacherer indique que d’ores et déjà 120 000€ ont été promis par des particuliers pour doter ce fonds d’investissements. « C’est pas mal pour quelque chose qui n’existe pas encore ! », dit-il. Les souscriptions sont ouvertes pour intégrer la première coopérative foncière, chaque part coûte 500€.
Les rapports des déontologues se succèdent en ce moment, à la Ville de Strasbourg et à la Région Grand Est. Mais leurs contenus sont un brin différents…
On ne peut pas être à la tête d’un incubateur de start-ups quand ledit incubateur couve l’entreprise de votre conjoint (même quand la chronologie atteste de votre bonne foi). Le déontologue de la Région Grand Est, Sébastien Touzé, a demandé à la vice-présidente Lilla Merabet, d’abandonner sa présidence de la Semia, afin « d’éviter toute interférence entre ses fonctions publiques et sa vie privée ».
Des rapports anonymes mais où les initiés savent exactement de qui on parle… Les cas relatés dans le rapport d’activité du déontologue de la Ville de Strasbourg laissent l’impression de ne pouvoir être compris que par une poignée de citoyens, très au fait des arcanes politiques locales. Pas sûr que ce soit l’effet de « transparence » recherché. Si vous n’êtes pas expert en politique locale, on vous a rédigé les sous-titres, histoire d’être au même niveau que les plus informés.
La poignée de . . .
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