Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Fête de la musique : Catherine Ringer en tête d’affiche et grande-île bouclée

Fête de la musique : Catherine Ringer en tête d’affiche et grande-île bouclée

Pour l’édition 2018 de la Fête de la Musique à Strasbourg, Catherine Ringer a été invitée en tête d’affiche tandis que de multiples scènes plus ou moins improvisées feront concurrence à l’ancienne chanteuse des Rita Mitsouko et qu’un important dispositif de sécurité sera mis en place à l’intérieur et autour de la Grande-Île.

Comme chaque année, les déambulations musicales des Strasbourgeois à l’occasion de la Fête de la musique, jeudi 21 juin, se concentreront à l’intérieur de la Grande-Île où la majorité des représentations sont prévues. La Ville de Strasbourg met en place quatre scènes « officielles » place Kléber, place Gutenberg, place de l’Étal et sur le parvis de la médiathèque Malraux. L’Eurométropole soutient aussi techniquement treize scènes « partenaires, » dont les programmations sont gérées par des associations.

La scène de la place Kléber, lors d'édition 2017 de la Fête de la Musique à Strasbourg. (Photo : MP / Rue89 Strasbourg)
La scène de la place Kléber, lors d’édition 2017 de la Fête de la Musique à Strasbourg. (Photo : MP / Rue89 Strasbourg)

Le retour bienvenu sur scène de Catherine Ringer

Après presque trente ans de carrière avec son groupe Les Rita Mitsouko, Catherine Ringer est de retour sur scène en solo depuis 2016. Actuellement en tournée, elle présente son nouvel album « Chroniques et fantaisies » et fera un arrêt à Strasbourg pour la Fête de la musique, début du concert autour de 22h15 sur la place Kléber.

L’artiste chantera quelques uns de ses nouveaux titres mais reprendra aussi des classiques des Rita Mitsouko. Le public strasbourgeois risquerait de ne pas s’en remettre si l’impasse était faite sur « Marcia Baila ».

Découvertes à Gutenberg et l’Étal

Sur les « scènes découvertes » des places Gutenberg et de l’Étal, on retrouve de jeunes artistes strasbourgeois. Parmi eux, neuf ont été sélectionnés pour le concours « Jeunes Talents » dont la récompense est… de se produire sur la grande scène de la place Kléber l’an prochain. Le public est invité à voter pour son « coup de cœur » sur le site Strasbourg.eu entre le 21 et le 28 juin.

La place de l’Étal affiche des accents plutôt rock avec notamment les groupes Greyswood (folk-rock), Rustless (blues, rock), Summer ends (rock indie) et Western Europe (folk-rock).

La scène « Cultures Urbaines » accueille sur le parvis de la Médiathèque Malraux des artistes hip-hop, rap et dancehall. La programmation est organisée par l’association Ready 2 Rumble et plusieurs célèbres Dj’s strasbourgeois seront présents, comme Dj Talri et Dj T.Killa.

Le campus de l’esplanade est également investi avec une buvette, de la petite restauration, des jeux et évidement de la musique. Trois groupes se succéderont devant la fac de droit parmi lesquels des étudiants de l’Université de Strasbourg. Les participants pourront assister aux concerts de Odrylane (rock celtique) dès 18h, des remuants Funkindustry (funk) et de Caesaria (électro).

La carte de toutes les scènes répertoriées

Pour les oreilles à la recherche de notes différentes

• De l’électro pour s’agiter

Le label de musique Antipod animera la place Sainte-Madeleine entre 18 heures et minuit aux rythmes de la dub, de la jungle, et de la drum’n bass.

• Du reggae pour se détendre

Rue des païens, au niveau du restaurant Abyssinia, un « reggae corner » sera mis en place avec un sound system artisanal et un concert acoustique de l’artiste Ras Cup. Le Café-Vélo Le Maquis de la place d’Austerlitz proposera aussi une ambiance musicale aux sonorités reggae.

• Des musiques du monde pour découvrir

Place du Temple Neuf, des musiques traditionnelles et modernes africaines résonneront devant la boutique Sabak Afrofitness alors que l’association culturelle Kawaa proposera quant à elle une scène musiques du monde sur la place du Grimmeissen. Les curieux pourront y écouter de l’électro oriental, des musiques aux influences asiatiques et même du rap sdorvien (La Sdorvie est un pays imaginaire popularisé grâce au réalisateur Sorgoi Prakov et son film « My European dream » sorti en 2013).

• Du tout neuf

Un tout jeune collectif d’artistes strasbourgeois sera installé pour la première fois place de la Cathédrale de 16 heures à minuit. Ya Hangover réuni des artistes autour de styles musicaux comme la trap, le rap et la dubstep.

Un air de Marché de Noël…

Au niveau sécurité, un dispositif semblable à celui mis en place pour le Marché de Noël est prévu, c’est à dire un bouclage total de la Grande-Île aux véhicules et des barrages filtrants aux 21 points d’accès pour les piétrons, jeudi à partir de 16 heures et ce jusqu’à 2 heures du matin. Le stationnement sur voirie sera interdit dès 6 heures du matin. Les entrées et les sorties des parkings publics (Gutenberg, Tanneurs, Kléber et Broglie) et privés seront aussi interdites de 16 heures à 2 heures.

Concernant les transports en communs, cinq stations de tram (Alt Winmarick, Broglie, Homme de Fer, Langstross et porte de l’Hôpital) ne seront pas desservies dès 16 heures.

Une quarantaine de policiers municipaux seront mobilisés pour l’événement ainsi qu’une centaine d’agents de sécurité privée recrutés pour l’occasion.

L’événement est évidement soumis aux aléas de la météo et les intempéries ne manquent pas en ce mois de juin sur tout le territoire français et en particulier en Alsace. Les scènes sont techniquement, prêtes à faire face à d’éventuelles averses, mais en cas d’alerte aux vents violents, les installations pourraient être démontées.

Appli : préparez votre Fête de la musique idéale

Appli : préparez votre Fête de la musique idéale

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GCO : la décision du tribunal administratif sur la Zad attendue mercredi

GCO : la décision du tribunal administratif sur la Zad attendue mercredi

Lors de l’audience devant le tribunal administratif de dix résidents de la Zone à défendre (Zad) de Kolbsheim, opposés au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, la question de l’urgence des travaux préparatoires a été posée… Une décision en vue d’une éventuelle évacuation est attendue mercredi dans la journée.

La salle d’audiences du tribunal administratif de Strasbourg était pleine à craquer. En plus de la quarantaine de places assises, une trentaine de personnes sont restées débout tandis que plusieurs dizaines de soutiens ont patienté sur le trottoir.

Dix résidents convoqués

Dix personnes étaient nommément convoquées au tribunal administratif de Strasbourg ce lundi 18 juin. Elles résidaient sur la Zone à défendre (Zad) du moulin à Kolbsheim mercredi 13 juin au matin, date à laquelle elles ont reçu une convocation remise en mains propres par les gendarmes.

En vivant dans cette forêt, ils espèrent empêcher les travaux du Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles), une autoroute payante de 24 kilomètres prévue pour 2020. Mais la dizaine d’occupants, qui a un rôle d’alerte, a tendance à changer du jour en lendemain.

L’étau se resserre sur les opposants au Grand contournement ouest de Strasbourg qui vivent sur la Zad (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Pourquoi Arcos doit prendre les devant ?

Pour le constructeur et exploitant, Vinci via sa filiale Arcos, la ligne de son avocat Me Clément Launay fut de rappeler que même si les travaux définitifs ne sont pas encore autorisés, la société est tenue par plusieurs obligations mentionnées dans le contrat qu’elle a signé avec l’État. Et parmi celles-ci, des travaux préparatoires dans cette forêt :

« Chaque fois qu’Arcos essaie de faire des travaux, elle est manifestement empêchée. »

Arcos a ajouté que son calendrier est contraint. Dans les zones de protection stricte des espèces menacées, comme la forêt de Kolbsheim, les déboisements ne sont autorisés que du 1er septembre au 15 octobre. En 2017, une tentative avait été effectuée le 20 septembre par Arcos qui s’était heurtée à un blocage d’opposants, avant que le gouvernement ne lui demande de reporter ses petites affaires à plus tard, et par conséquent à l’année suivante.

Du côté de la défense, quelques questions de forme ont été soulevées (la signature du document, l’affectation des parcelles). Me François Zind a aussi questionné la compétence du juge administratif car, selon lui, les terrains expropriés ne relèvent pas du domaine public. Un renvoi ferait gagner du temps aux opposants.

Surtout, il s’est demandé pourquoi l’État ou la commune ne prennent pas des mesures d’évacuation si elles étaient si urgentes, plutôt que de laisser le concessionnaire prendre les devants. L’État, dont un représentant était dans la salle avec le statut d’observateur mais ne s’est pas exprimé, est dans un double rôle. Il a signé le contrat pour le projet mais il est aussi le garant du bon déroulement des procédures, dont certaines de protection de la nature. Deux de ses instances, l’autorité environnementale et le conseil de protection de la nature ont sévèrement critiqué le projet d’autoroute.

« Quel est l’intérêt du lierre ? »

Le président du tribunal, Philippe Devillers, était accompagné de deux conseillers, ce qui est rare pour une procédure en référé. Il connait bien le dossier, car il avait déjà tranché le recours sur les travaux préparatoires. Après les exposés très détaillés de la situation par les deux parties, il a néanmoins posé une question, vraisemblablement pour mesurer le degré d’urgence de la requête :

« Quel est l’intérêt du lierre ? »

Il faut l’enlever deux mois avant les déboisements a justifié Arcos, pour limiter l’impact sur les espèces protégées, comme les chauves-souris. En réponse, Me François Zind a sauté sur l’occasion pour rappeler qu’une telle précaution n’a pas été prise lors de la tentative en 2017.

Soupçon de chahut, décision mercredi

Une fois la séance levée, un peu de chahut s’est fait entendre dans la salle. « Pensez aux générations futures ! », a notamment lancé une militante. Un peu de bruit a accompagné le départ des représentants d’Arcos et de ses avocats sur le trottoir rue de la Paix.

L’instruction est prolongée jusqu’à mardi 19 juin à midi. La décision est attendue pour mercredi 20 juin dans la journée.

Trams et bus un peu perturbés le jour de la Fête de la musique

Trams et bus un peu perturbés le jour de la Fête de la musique

Une partie des tramways et des bus de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) ne pourront pas être affrétés jeudi 21 juin, jour de la Fête de la musique. Un seul syndicat, l’Unsa, a maintenu son préavis de grève, dans le cadre de négociations sur les salaires et les conditions de travail. L’Unsa appelle à cesser le travail jeudi à partir de 10h30 (pour ne pas pénaliser les lycéens se rendant aux épreuves du baccalauréat) jusqu’à la fin de service et le samedi 30 juin toute la journée.

Le tramway de Strasbourg, rare les jours de Fête de la musique (Photo Jean-Christophe / FlickR / cc)
Le tramway de Strasbourg, rare les jours de Fête de la musique (Photo Jean-Christophe / FlickR / cc)

Pour l’Unsa, le « contrat de performance » en discussion entre la direction et les salariés de l’entreprise publique n’est « pas à la hauteur des efforts consentis. » Il prévoit une revalorisation de 5€ par mois d’augmentation salariale mais dans un cadre global d’économies que le syndicat chiffre à plus de 50 millions d’euros selon Stéphane Daveluy, délégué syndical Unsa à la CTS :

« La contribution publique annuelle au budget de la CTS baisse de 5 millions d’euros par an tous les ans. Résultat, nous allons devoir fonctionner avec 50 millions d’euros en moins et une centaine de postes supprimés, pour que la CTS puisse se transformer en société publique locale (SPL). Côté salariés, la réduction de l’absentéisme a permis d’économiser 22 équivalents temps-plein. La part de sous-traitance est passée de 7 à 17%, les lignes 71, 72, 12, 62 et 63 ne sont plus assurées par l’entreprise… Ce qui bloque tout système d’ascenseur social au sein de la CTS. »

L’Unsa précise que le syndicat signera le contrat suite aux négociations en cours, « afin de ne pas pénaliser les salariés qui comptent sur la prime de vacances notamment », mais reste seul mobilisé lors de ces deux journées pour marquer son désaccord. L’ampleur de la mobilisation ne sera connue que mardi soir, l’Unsa représente environ 15% des salariés de la CTS. En 2017, une grève similaire avait eu lieu, mais elle avait mobilisé l’ensemble des syndicats.

Les fonctionnaires du rectorat de Strasbourg au bord de la rupture

Les fonctionnaires du rectorat de Strasbourg au bord de la rupture

Sous-effectif chronique, manque de matériel et absence de restauration depuis trois ans… Les fonctionnaires du rectorat de l’académie de Strasbourg dénoncent des conditions de travail qui pèsent sur leur santé. Une nouvelle manifestation est prévue lundi 18 juin.

1978-2018 : même combat pour les fonctionnaires du rectorat de d’académie de Strasbourg. Le 17 juin 1978, ils exigaient une cantine abordable et proche de leur lieu de travail, en organisant une cantine sauvage en bas de leur bâtiment. L’action avait été suivie par la création d’un restaurant administratif.

« Des frites à la cantine »

Mais en 2015, le restaurant associatif du rectorat (Resto’rec) ferme. Depuis, le personnel réclame à nouveau « des frites à la cantine. » En vain… La direction ne peut que proposer un menu à 8,95 euros, à l’hôtel associatif voisin du Ciarus. Robert Maire, syndicaliste CGT dans l’administration, décrit une solution inadaptée :

« La majorité des fonctionnaires sont de catégories B et C. Ils perçoivent entre 1 150 et 1 300 euros net en début de carrière… Alors 9 euros par repas, c’est trop cher pour eux. Et les sept autres partenariats, avec le CROUS, concernent des restaurants bien trop éloignés des lieux de travail [entre 20 minutes et 1h35 à pied, ndlr]. »

Début juin, le rectorat a annoncé la négociation d’un huitième point de restauration, avec La Poste. Ce partenariat semble plus séduisant au regard des précédents : il offre un service à dix minutes de marche. Mais les syndicalistes restent méfiants, ils attendent de voir quel accord sera trouvé pour la prochaine année scolaire. Selon la communication de l’entreprise postale, aucune négociation n’est à l’oeuvre aujourd’hui. « Un accord peut néanmoins être passé en quinze jours », assure La Poste.

Devant l’entrée du rectorat, rue de la Toussaint, les revendications des employés sont résumées par trois feuilles A4. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Manque de matériel, heures supplémentaires non-payées…

La demande de cantine est soutenue par près de 250 fonctionnaires sur les 460 que compte l’administration à Strasbourg. Une pétition a été lancée en mai 2017. Mais l’initiative syndicale a permis de recueillir d’autres sources de mécontentements, dans cette administration docile, plutôt habituée à taire les problèmes. En mai 2014, il avait fallu que les habitudes princières du recteur d’alors dépassent toutes les coutumes pour que les fonctionnaires s’en émeuvent, et encore, anonymement.

Après des années de restrictions budgétaires, le manque de matériel devient patent : certains fonctionnaires en viennent à acheter eux-mêmes leurs stylos, enveloppes, scotch… D’autres amènent leur propre lampe. « Notre bureau ressemble de plus en plus à une annexe de notre appartement », souffle une employée. Cette dernière s’est mise en arrêt maladie suite à un stress trop important.

Le 7 juin, les syndicalistes du rectorat étaient reçus par la direction. Un quart d’heure après le début de la réunion, un communiqué de presse était envoyé. Il est titré « une politique en faveur des personnels administratifs des services académiques ». Le document liste les points de restauration, assure qu’un local syndical sera installé en juin mais ne contient aucun mot sur les heures supplémentaires non-rémunérées, parfois non-récupérées…

L’absence de prime de fin d’année en 2017 suscite aussi l’indignation de nombreux fonctionnaires. Une représentante syndicale regrette : « Ils ont envoyé leur communication avant même qu’on ait fini de discuter… » 

La dette de Resto’rec

Le rectorat s’est aussi gardé de communiquer sur la dette de Resto’rec. Placée en liquidation judiciaire en 2015, l’association de restauration a laissé 26 000 euros d’impayés derrière elle. Depuis, les pénalités de retard ont fait grimper la facture à plus de 50 000 euros. Selon la présidente de l’association de restauration, aucune solution n’a été présentée par la direction du rectorat.

Sous-effectif et travail dégradé

Plusieurs témoignages dénoncent les conséquences d’une réduction constante des effectifs, sans que les missions soient modifiées. Une fonctionnaire en décrit les conséquences :

« Dans mon service, on s’occupe des postes vacants de professeurs. On n’arrive pas toujours à remplacer. Quand on y arrive, c’est souvent à la dernière minute et c’est le remplaçant qui en pâtit. Surtout quand on lui donne une mission pour laquelle il n’a pas été pas formé… »

Au service des paies, les fonctionnaires doivent palier les déficiences d’un logiciel obsolète. Il leur est clairement indiqué qu’en cas de retard dans le traitement, les paies ne seraient pas versées. Du coup, « ils ramènent tous du travail à la maison, » selon Robert Maire, « ils s’épuisent, il y a déjà eu trois évanouissements dans ce service. » Ces malaises sont aussi liés à la chaleur étouffante dans les locaux : « Ce sont de vieux bâtiments, témoigne une employée, en été, il y fait plus de 30 degrés, c’est insupportable. »

Pour d’autres fonctionnaires, le sous-effectif pousse à ne pas respecter certaines règles légales. Sous couvert d’anonymat, un responsable explique :

« Certains candidats aux concours passent des épreuves sans qu’on ait pu vérifier qu’ils répondent à toutes les conditions. Aujourd’hui, on vérifie seulement le dossier des admissibles suite au premier tour. »

Un futur plein d’incertitudes

Et pour la prochaine année scolaire, sept postes supplémentaires doivent être supprimés. Impossible d’anticiper ces non-remplacements : lors d’une réunion en février, le secrétaire général du rectorat ne pouvait donner aucun détail sur les emplois concernés.

Le futur incertain ne s’arrête pas là pour les employés du rectorat. Suite à la réforme territoriale de 2015, les académies doivent aussi s’adapter à la création des grandes régions. Plusieurs représentants syndicaux ont exprimé leur crainte : les services du rectorat seront-ils fusionnés ou mutualisés? Certains fonctionnaires devront-ils déménager à Nancy, où se trouve le rectorat du Grand Est ? Les employés n’ont aucune information de la direction à ce sujet. Le secrétaire général du rectorat a refusé de répondre à nos questions. Une nouvelle manifestation est prévue durant la pause-déjeuner du lundi 18 juin.

Six enjeux pour le GCO et sa Zad à l’audience de lundi

Six enjeux pour le GCO et sa Zad à l’audience de lundi

Les habitants de la Zone à défendre (Zad) de Kolbsheim opposés au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg sont convoqués au tribunal administratif ce lundi 18 juin à 14 heures. Tout porte à croire que les prochaines semaines sont un moment charnière du projet.

Mercredi, la dizaine d’habitants permanents de la Zone à défendre (Zad) de Kolbsheim contre le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg ont reçu une drôle de visite : une trentaine de gendarmes se sont présentés dès potron-minet pour leurs signifier qu’une procédure d’expulsion à leur endroit avait débuté. Ils sont convoqués au tribunal administratif ce lundi 18 juin à 14 heures.

L’audience se déroulera-t-elle aujourd’hui ?

Les habitants de la Zone à défendre (Zad) de Kolbsheim ont reçu leur notification de convocation au tribunal en mains propres des gendarmes mercredi 13 juin, soit 5 jours avant leur comparution. La lettre de convocation nominative de 10 opposants au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg présents sur place ce matin-là indique que ces derniers ont 8 jours pour produire leur défense, même s’il ne s’agirait pas d’une disposition légale. La requête a été déposée par le concessionnaire Vinci avec sa filiale Arcos dès le 5 juin.

Il s’agit d’un vaste dossier d’au moins 200 pages non-numérotées. Mais le mémoire d’arguments en réponse juridique ne fait qu’une quinzaine de pages, les autres pièces étant des annexes que le collectif GCO non merci a déjà vues lors d’autres audiences depuis un an.

Les arguments d’Arcos, la filiale de Vinci chargée de construire et exploiter l’autoroute payante pendant 54 ans, sont documentés par des constats d’huissiers dressés lors des différents face-à-face avec les opposants depuis le début de l’année 2018. Certains sur la Zad ont empêché des travaux en forêt, sans que le concessionnaire ne cherche à passer en force. Mais il a alimenté son dossier à chacune de ces occasions.

L’avocat de la défense, Me François Zind peut donc plaider un délai supplémentaire. Vendredi, il nous indiquait ne pas encore savoir si une telle demande est judicieuse ou non.

Le juge va-t-il retenir l’urgence ?

La demande est une procédure en référé conservatoire, aussi appelé pour « mesure utile » c’est-à-dire assortie d’une notion d’urgence. Sur le terrain, la notion d’urgence ne saute pas aux yeux, puisque les déboisements ne sont en théorie autorisés qu’à partir du 1er septembre seulement.

Mais le concessionnaire doit bien lancer ses action juridiques en amont, pour lancer à un moment ou un autre ses travaux. L’habitude du groupe à conduire de grands travaux laisse penser que le calendrier est anticipé en avance, pour une évacuation dans les temps. Il espère obtenir des autorisations définitives en août.

Le juge va-t-il retenir l’argument financier ?

Au-delà de la demande d’aide à évacuer le terrain avec l’aide de policiers et gendarmes, Arcos demande au juge que chaque opposant sur le terrain se voit dans l’obligation de régler 500 euros par heure entamée. Il s’agit d’une demande que le tribunal n’est pas obligée de suivre.

Dans le cadre du procès devant le tribunal correctionnel de deux opposants en mai qui s’étaient enchaînés sous une foreuse, les lourdes demandes du procureur comme du concessionnaire pour dommages et intérêts n’avaient pas été suivies par le tribunal et n’ont pas fait l’objet d’appel. Reste que même si la somme est moindre, une telle mesure peut décourager certains opposants, notamment ceux qui avaient l’habitude d’affluer sur le terrain en cas d’alerte depuis la Zad.

Dans la Zad de Kolbsheim, un poulailler permet aux habitants de se nourrir (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Dans la Zad de Kolbsheim, un poulailler permet aux habitants de se nourrir (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Que va dire la commission d’enquête publique sur les compensations ?

Les opposants espèrent encore retarder les travaux, voire mieux, sur le front légal et administratif. Une des meilleures cartouches en stock est la dernière enquête publique sur les compensations pour la nature (dite « autorisation unique »). Elle est terminée depuis la mi-mai, mais l’avis est attendu dans les jours à venir. C’est seulement après publication de ses conclusions que les arrêtés pour les travaux pourront être émis par la Préfecture.

Certes, le ministre de l’Écologie Nicolas Hulot a dit qu’il ne ferait pas grand cas des conclusions de la commission pour autoriser les travaux. Mais un avis négatif, ou assorti de réserves d’ampleur, remettraient la pression sur le ministre de l’écologie qui a perdu de nombreux arbitrages et sur les administrations d’État. Alors que le préfet a dit vouloir un projet exemplaire des deux côtés, un nouveau passage en force (comme après l’avis négatif du conseil de protection de la nature) est susceptible de galvaniser des opposants.

Comment va évoluer la mobilisation ?

Plusieurs opposants public du front « GCO non merci » ont baissé pavillon lorsque Nicolas Hulot a validé le projet, à l’instar du maire de Vendenheim, Philippe Pfrimmer (divers droite) ou du châtelain Erik Grunelius, qui avait laissé ses terrains à disposition aux Zadistes.

Mais une solidarité citoyenne est toujours en place, en atteste la cagnotte en ligne qui a dépassé le montant des amendes en 24 heures lors de la condamnation de deux militants pour s’être enchaînés sous une foreuse. Les décisions de justice peuvent renforcer la détermination d’opposants ou les décourager.

Dès cette semaine ? (Dessin Piet)
Dès cette semaine ? (Dessin Piet)

Il y aura-t-il un face-à-face dans la semaine ?

Si le juge retient l’urgence dès lundi, sa décision doit intervenir sous 72 heures. Le concessionnaire demande de pouvoir lancer une évacuation 24 heures après la première visite d’huissier sur place. Si la décision est rapide, l’évacuation peut démarrer encore cette semaine si le constructeur va au plus rapide. Dans la mobilisation future, l’argument financier risque aussi de peser.

Pour l’instant, les face-à-face ont été pacifiques, mais il n’y a eu aucune tentative de démanteler la Zad. Depuis le début, certains opposants au GCO rappellent que seules les oppositions physiques peuvent décaler des travaux. En Alsace, ce fut le cas pour le golf public de la Sommerau près de Saverne, abandonné par ses financeurs après des mobilisations farouches sur place.

C’est aussi une opposition physique qui en septembre 2017 a empêché un déboisement dans la forêt de Kolbsheim et il y a quelques jours à Vendenheim (par la Sanef, en charge de l’échangeur avec l’A4). La tentative de septembre 2017 est attaquée en justice par les opposants car selon eux, le concessionnaire n’était pas dans les règles vis-à-vis des repérages prévus dans les zones de protection des espèces protégées.

Les opposants doivent faire le point dans la soirée, suite à ce qui se dit au tribunal ce lundi.

Pour des vacances écolos, je tente le camping-car

Pour des vacances écolos, je tente le camping-car

Un peu de temps, un peu de soleil et un peu de sous, les vacances scolaires et des congés à prendre… C’est le moment de planifier une petite transhumance estivale. Mais comment rester écolo, zéro-déchet, minimaliste, etc. alors que les séjours sont sources de gaspillages ? Pas question de jeter toutes ces bonnes habitudes aux orties, alors j’ai opté pour… le camping-car.

D’abord, le lieu de villégiature, dont dépend intimement le mode de transport pour s’y rendre, le coût, l’alimentation, les déchets, etc. Chez nous, le lieu change chaque année ou presque. N’ayant pas à disposition de maison de vacances familiale dans un lieu attractif en été, style bord de mer, de lac ou chalet de montagne, nous voguons généralement entre Vosges (du nord ! on ne manque jamais une édition d’Au grès du jazz à La Petite Pierre…), côte d’Azur (ou vit ma sœur), Bretagne, vallée de la Loire, Ardèche, Tarn… au choix.

Camping et copains plutôt qu’à l’hôtel

Pour un hébergement écolo, on vise en priorité les apparts des copains, les gîtes et chambres d’hôtes, et bien sûr, le camping. En périodes fastes, ma petite famille et moi allons de temps en temps à l’hôtel, mais rien de moins écolo que cette option ! Entre le linge de maison changé (presque) tous les jours, les montagnes d’échantillons suremballés dans les salles de bain, les petits déjeuners jamais bio (ni naturo), sans compter les piscines chauffées réservées à la clientèle ou la musique à fond pour la version « club » (au secours !), c’est le maaaaal. Nous avons pratiqué dans nos vies antérieures la location de vacances (assez chère), mais qui ne convient pas trop à nos natures aventureuses. Camping donc.

Jusqu’à présent, à deux adultes et deux enfants (8 et 9 ans), on s’y installait avec ça :

Sous tente au camping d’Obernai (Photo MH / SOSD)

C’était un peu roots et on s’y sentait à l’étroit. Désormais, c’est dans ce véhicule (juste au toooop !), acquis d’occasion ce printemps, qu’on s’y rendra :

En camping-car – Modèle profilé 2004 (Photo MH / SOSD)

L’engin roule au diesel, dispose de toilettes chimiques, d’un frigo trimixte (gaz, 12 ou 220 W), de trois feux pour cuisiner et d’une douche d’appoint (et donc d’un réservoir d’eau). Mais nous n’utiliserons pas de papier toilettes (!), mangerons cru au maximum, remplirons au minimum les multiples rangements dont nous disposons (plus on est lourd, plus on consomme de carburant…) et roulerons à moins de 100 kilomètres / heure.

Conseils pour tous : pour se déplacer l’été, outre le train (the best, mais qui coûte un bras, c’est malheureux…), le vélo pour les courageux, le pèlerinage à pattes (voilà, voilà…), la voiture reste incontournable. Alors, on conduit en mode écologique (vitesse adaptée et transitions douces), on prend des chemins de traverses (choisir l’autoroute, c’est donner ses sous aux bétonneurs) et on rationalise ses trajets (on évite de faire dix fois l’aller-retour chez papi-mamie ou de partir plein de petites fois…). Et boycottez l’avion, les longues distances et les clubs all-inclusive où le gaspillage (notamment) alimentaire est érigé en religion !

Tri des déchets et marchés locaux

Pour les courses et la vaisselle, on ne déroge pas aux règles qui prévalent le reste de l’année. Pas question d’opter pour des assiettes en carton ou des couverts jetables ! On se fournit en aliments bruts sur les marchés locaux (j’adore !), on visite les producteurs là où l’on passe (j’adore !), on évite les supermarchés (comme d’hab) et on prévoit ses contenants pour faire les courses (ci-dessous). Quant aux déchets, difficile de composter les épluchures, surtout quand on est nomade, mais, à tout le moins en France, on peut trier le verre et le papier-carton à peu près partout.

Courses et vaisselle ZD en camping (Photo MH / SOSD)
Tasses inox (Photo MH / SOSD)

Et bien sûr, on voyage léger. Côté alimentation, on accepte de changer ses habitudes en n’emportant que le très strict nécessaire et les restes de légumes du frigo (qu’on peut aussi donner aux amis et voisins avant de partir). L’été, c’est tellement agréable de se gaver de fruits mûrs, de légumes colorés et de bonnes huiles, qu’il n’est pas utile de se charger en conserves, céréales et encore moins en produits industriels, chips, biscuits apéro ou doses individuelles d’à peu près tout, soi-disant pensées pour les déplacements… (Je ne parle même pas des viandes pour le barbecue, souvent de mauvaise qualité, trop grasses et rendues toxiques par la cuisson à la flamme.)

Exit le maillot « de la saison » et le t-shirt anti-UV

Côté vêtements, on prend le minimum – ça tombe bien, il fait beau – facile à laver à la main et à faire sécher (étendoir ou fil, au soleil). On évite d’acheter des textiles et ustensiles spéciaux pour les deux semaines de vacances, genre paréo, t-shirt anti-UV, méduses et sac de plage, matelas gonflables, parasol pliant ou 36ème maillot de bain. Ce dont on se sert le reste du temps fait l’affaire. Chez nous : un maillot par personne, des t-shirts en coton à manches pour se protéger du soleil, des vêtements confortables et polyvalents, des serviettes de piscine… Pour le soleil encore, après hésitation, j’ai finalement acheté une crème solaire bio pour les enfants, qui sera du voyage.

Côté produits en tout genres, même combat. Dans ma boîte à pharmacie, des huiles essentielles et une huile végétale (qui sert aussi pour la salade, sésame ou colza), un tire-tique, des compresses stériles et des feuilles (entières) d’aloé vera. Peu de matériel électronique, donc peu de chargeurs et câbles divers (la plaie). Quelques jouets et livres, un jeu de cartes et un atlas des routes de France.

Parce que les vacances sont avant tout un moment de détente, de découverte et de temps passé avec ceux qu’on aime, ne vous laissez pas parasiter par vos peurs de manquer de quelque chose, par l’urgence de s’éclater ou de « faire » des activités. Profitez, en conscience, et en cohérence avec vos valeurs, toujours. Toute la famille « sans objet sans déchet » vous souhaite un bel été !

GCO : Vinci derrière les bleus !

GCO : Vinci derrière les bleus !

Fin de partie pour la ZAD du Moulin ? Les anti-GCO occupant une zone où doit passer la future autoroute de contournement sont convoqués lundi 18 juin au tribunal administratif de Strasbourg. Les notifications leur ont été apportées par les gendarmes suite à un référé pour « mesure utile » introduit par la filiale de Vinci, Arcos, qui entend mettre fin à l’occupation des terrains.

Pour le Conseil d’État, du bénévolat peut être demandé en échange du RSA

Pour le Conseil d’État, du bénévolat peut être demandé en échange du RSA

Victoire pour le Conseil départemental du Haut-Rhin ! La collectivité va pouvoir demander aux pauvres et aux démunis qui bénéficient du Revenu de solidarité active (RSA), environ 700€ pour une personne seule, qu’ils ajoutent des heures de travail non rémunéré dans leur emploi du temps. La mesure, très controversée, avait été mise en place en février 2016 par le remuant président d’alors, Éric Straumann (Les Républicains).

C’est le préfet du Haut-Rhin qui avait attaqué cette décision du Département devant la justice administrative, qui lui avait donné raison en octobre et annulé la délibération du conseil départemental. Un jugement confirmé par la cour administrative d’appel de Nancy en avril 2017. Qu’à cela ne tienne, puisqu’Éric Straumann avait alors demandé aux bénéficiaires du RSA de pratiquer quand même des heures de bénévolat, mais cette fois-ci de manière… volontaire. En parallèle, il n’a pas lâché le volet judiciaire et porté le jugement devant la plus haute juridiction administrative, le Conseil d’État.

Et ça a marché. Étonnamment, le Conseil d’État estime dans une décision prononcée vendredi 15 juin et rendue publique par le Conseil départemental, que la cour de Nancy « a commis une erreur de droit en se fondant, pour annuler la délibération [du conseil départemental], sur la circonstance que le bénéficiaire du revenu de solidarité active (…) ne saurait se voir proposer des actions de bénévolat au titre de son insertion. »

Si c’est pour chercher du boulot, c’est bon

La haute cour administrative va même plus loin, puisqu’elle explique :

« Les engagements que peut prévoir le contrat (contrat d’engagement réciproque) conclu entre le Département et le bénéficiaire du RSA portent sur des actions d’insertion professionnelle lorsque ce dernier est disponible pour occuper un emploi ou créer sa propre activité. (…) Aussi, ces dispositions ne font pas obstacle à ce que, dans certains cas, le contrat, élaboré de façon personnalisée, prévoit légalement des actions de bénévolat à la condition qu’elles puissent contribuer à une meilleure insertion professionnelle du bénéficiaire et restent compatibles avec la recherche d’un emploi. »

La décision du Conseil d’État a pour effet de casser l’annulation de la délibération du Haut-Rhin, en renvoie l’affaire devant la cour administrative d’appel de Nancy. Le Conseil départemental est présidé depuis le 1er septembre 2017 par Brigitte Klinkert, réputée moins dogmatique que son prédécesseur. Pour autant, la collectivité se déclare « très satisfaite » par la décision du Conseil d’État et précise « qu’à ce jour, près de 800 allocataires se sont engagés dans une mission de bénévolat avec des résultats positifs à la clé. »

Mais le communiqué ne précise pas ce que le Département du Haut-Rhin entend par « résultats positifs. »

Temps pluvieux mais grosse chaleur au Star pour la dernière Splitmix

Temps pluvieux mais grosse chaleur au Star pour la dernière Splitmix

Après dix ans de soirées plus folles les unes que les autres, le cinéma Star a accueilli sa dernière Splitmix mardi soir sur le thème du Carnaval de Rio. La pluie a empêché d’installer une plage de sable blanc rue du Jeu-Des-Enfants mais la chaleur du Brésil était bien présente. Retour sur cette soirée en photos.

Le cinéma Star, entièrement redécoré le temps d’une soirée, des jeux, du spectacle, des animations un peu foutraques, un public qui déambule de salle en salle à la découverte des surprises qui s’y cachent ; tel est le concept du Splitmix, organisé chaque année depuis dix ans dans le cadre du festival Contre-Temps. Et mardi 12 juin, c’était la dixième et dernière édition du Splitmix. Peut-être que le Star continuera à participer au festival, peut-être pas, les organisateurs n’étaient sûrs de rien mardi soir…

Une édition « Que Calor »

Destination Rio de Janeiro, pour cette dernière édition, le Star s’est paré des couleurs du Brésil et une plage a même failli être installée rue du Jeu-Des-Enfants, si la pluie n’avait tenu à rappeler qu’ici, c’est Strasbourg et qu’il fait moche assez régulièrement. Dans la salle du bas, une impressionnante démonstration de Capoiera a eu lieu, tandis qu’au dernier étage, la salle « Que Calor », diffuse des films érotiques, dont l’inévitable Emmanuelle à Rio. Dans les étages intermédiaires, une pièce a été réaménagée en salon brésilien des années 50 : tout y est, vieux fauteuils, télé à tube cathodique sur laquelle tourne des télénovelas, sans oublier le crucifix accroché au mur. Un escalier mène vers un « jungle escape game », où chaque équipe de deux personnes dispose de trois minutes pour retrouver trois clés.

Mais le Brésil ne serait pas le Brésil sans maquillage et déguisements. Au rez-de-chaussée, toute une équipe s’applique à intégrer les participants dans le thème, à coup de pinceaux et de serres-têtes à plumes colorés. Une fanfare et ses danseuses brésiliennes ont fait vibrer le cinéma durant une demie-heure particulièrement « calor »… Salle 5, le concours de belles fesses n’a pas désempli de la soirée.

Un peu après minuit, les organisateurs de la soirée ont bâché tout le hall du cinéma, avant d’y balancer des litres et des litres de mousse. Certains n’ont pas hésité à plonger dedans de la tête au pieds, tandis que les autres en avait quoi qu’il arrive jusqu’aux genoux. Le dancefloor final a ainsi été envahi de fêtards en effervescence et en « mousse-boots » pour une dernière heure tropicale.

#Brésil

Derrière l’inauguration de la tour Elithis, deux locataires « un peu déçus »

Derrière l’inauguration de la tour Elithis, deux locataires « un peu déçus »

La tour à « énergie positive » Elithis a été inaugurée vendredi 15 juin. Pendant les discours au pied de l’immeuble, célébrant une « première mondiale » et l’apéritif sur la terrasse du 16ème étage, Rue89 Strasbourg est allé à la rencontre des habitants de cet immeuble. Deux locataires, un juriste et un ingénieur, ont exprimé quelques critiques à l’égard des appartements.

« Un coup de tête ». Voilà comment Thomas [tous les prénoms ont été modifiés] résume sa décision d’emménager dans la tour Elithis, phare moderne de la nouvelle ville vers le Rhin voulue par la municipalité de Strasbourg. Grâce aux panneaux photovoltaïques, la production d’électricité est supérieure à la consommation de l’immeuble. « Tant mieux », répond le jeune juriste de 26 ans. Mais ce n’est pas l’écologie de l’immeuble qui l’a poussé à s’installer ici. Il est arrivé à Strasbourg en novembre après avoir travaillé à New York. En attendant d’acheter son propre logement, il avait besoin d’une solution entre Illkirch-Graffenstaden et Strasbourg.

Un emménagement précipité dans les logements

Thomas apprécie la vue sur la cathédrale. Il n’est pas loin du dernier étage de l’immeuble. « Quand on ouvre les fenêtres, il y a un courant d’air vachement agréable », ajoute-t-il tout en remettant ses perruches en cage. Le locataire apprécie aussi la gestion du chauffage, des rideaux et de la lumière à partir d’une petite tablette. Il concède : « La domotique, c’est surtout de la fainéantise… »

Interrogé sur ses déceptions, Thomas énumère :

« Beaucoup des critiques concernent surtout les deux premiers mois. On sent que le propriétaire a voulu rentabiliser l’investissement au plus vite. Résultat : les travaux continuent toujours au rez-de-chaussée de l’immeuble. Pendant un moment, il y avait de la boue partout autour du bâtiment. Les livreurs ne nous trouvaient pas parce que le numéro de la rue n’était pas indiqué. Mais il y a aussi l’agencement de l’appartement qui n’est pas top. Il y a beaucoup d’angles qui empêchent d’installer du mobilier… »

Des finitions peu soignées

Quelques étages plus bas, Franck, un voisin, reprend cette dernière critique :

« Quand on voit la forme du bâtiment et des appartements, on comprend qu’ils ont plus fait attention aux économies d’énergie qu’aux futurs habitants. »

L’ingénieur est arrivé il y a trois semaines. Depuis, il a passé 10 jours dans son appartement. Employé d’une entreprise allemande, il est souvent amené à voyager. La semaine prochaine, il sera d’abord à Prague puis à Lyon. Franck regrette des finitions faites à la va-vite :

« Il y avait de la peinture sur le pommeau de douche, quelques fissures dans la peinture et l’application de la tablette pour pouvoir répondre à l’interphone ne fonctionne pas… Pour un appartement neuf, je trouve ça surprenant. Et puis on ne m’avait pas dit qu’il y aurait des travaux à côté… Je travaille souvent de chez moi… Je n’ai pas envie de subir le bruit des travaux toute la journée… »

Pour ne pas paraître trop râleur, Franck concède que l’isolation est impressionnante :

« On entend pas un bruit des appartements à côté. Je ne sais pas ce qu’ils ont mis dans les murs mais on n’arrive même pas à capter le wifi du voisin ! »

Locataire, l’ingénieur compte acheter un logement, ce qui n’est pas possible dans la tour où il n’y a que des locations (environ 850€/mois pour un T2 de 48m², 1 000 € pour un T3 de 75m² et 1 200€ pour un T4 de 85m²). Selon les concepteurs, les premiers retours laissent penser que les habitants auront une facture d’électricité négative à la fin de l’année, là où ils tablaient sur 80€/an.

Franck espère déménager avant que les travaux en face de chez lui n’aboutissent. « J’aimerais au moins profiter de cette vue jusqu’au bout… »

Tattoo convention : les « Freaks » investissent Neudorf ce week-end

Tattoo convention : les « Freaks » investissent Neudorf ce week-end

Une atmosphère rétro gagnera le quartier du Neudorf à Strasbourg ce week-end. Les adeptes du tatouage et de l’univers « old school » invitent à découvrir un monde étrangement fascinant à l’occasion de la Tattoo Convention. Ce samedi 16 et dimanche 17 juin, au centre culturel Marcel Marceau et dans son parc voisin, se tiendront le Tattoo flash fest et le Wounded Carnivale.

La Tattoo Convention de Strasbourg revient pour sa cinquième édition sous une nouvelle forme et dans une ambiance particulièrement vintage. Les visiteurs pourront découvrir deux espaces différents : « le Tattoo flash fest« , qui fait la part belle à l’univers du tatouage, et le « Wounded Carnivale« , une foire d’antan qui met à l’honneur les arts du cirques à l’ancienne. Les deux événements se tiendront respectivement dans le centre Marcel Marceau au Neudorf et dans le parc attenant.

« Tattoo flash fest », c’est quoi ?

À l’intérieur du centre culturel Marcel Marceau, près d’une soixantaine de professionnels du tatouage seront présents et proposeront leurs services aux visiteurs qui ne sont pas effrayés à la vue des aiguilles. Steph Ness, responsable du Tattoo flash fest explique que l’événement réunira à la fois des artistes nationaux et internationaux.

« On voulait permettre aux participants de découvrir ce qu’il se fait ailleurs dans le monde du tatouage. Et mettre ainsi en avant des talents que l’on a pas forcément l’habitude de voir à Strasbourg ou en Alsace. »

Les visiteurs seront accueillis de 10 heures à 22 heures le samedi 16 juin mais ils devront quitter les lieux une heure plus tôt le dimanche 17 juin et le prix de l’entrée est fixé à 10 euros.

Une soixantaine d’artistes tatoueurs

Si le nom de la partie tatouage laisse à penser que seuls des flash (dessins préparés par les artistes) seront réalisés par les tatoueurs, les participants pourront néanmoins discuter avec les artistes pour créer des projets plus personnels. À la veille du festival, environ 15% des artistes n’ont déjà plus de disponibilité. Un tremplin « espoir du tatouage artistique » présentera une sélection de neuf artistes débutants et le public sera invité à voter tout au long du week-end pour élire son favori.

De nombreux autres stands plus ou moins proches de l’univers du tatouage seront installés dans le centre Marcel Marceau. On trouvera des barbiers, des illustrateurs, un cireur de chaussures ou encore divers créateurs d’objets en tout genres comme les cabinets de curiosités d’Antiquus Corvus ou Crânes d’Anges.

Une petite bourse aux disques sera organisée par le disquaire Locked Groove à partir d’une sélection pointue et d’artistes qui correspondent à l’événement dans des styles musicaux tels que le vaudou, le garage ou encore la soul.

L'affiche de la Tattoo convention Strasbourg 2018 (Image Facebook)
L’affiche de la Tattoo convention Strasbourg 2018 (Image Facebook)

Grande fête foraine à l’ancienne dans le parc

Le parc à proximité sera quant à lui entièrement décoré, dans dans un style sombre et forain pour le le Wounded Carnivale. Les visiteurs pourront se balader dans une grande fête foraine en plein air, une sorte de « foire aux monstres d’antan » selon Steph Ness.

L’association TWS Prod qui organise l’événement, s’est inspirée des foires d’antan et des cirques itinérants des années 20 où des personnages emblématiques étaient mis à l’honneur tels que la femme à barbe, l’avaleur de sabre ou encore le fakir. Un univers à l’image du célèbre film « Freaks » réalisé par Tod Browning en 1932.

L’accès est gratuit les samedi et dimanche de 10 heures à 20 heures.

L’étrange troupe du Wounded Carnivale

Un grand « freak show » d’ouverture est prévu le vendredi soir dès 20 heures sur la scène extérieur avec la troupe de « dark circus », appelée Wounded Carnivale. Attention cependant, le spectacle s’adresse à un public averti et est interdit aux moins de 18 ans. Ils seront six artistes sur scène et présenteront de nombreux tableaux autour des arts du cirque comme le fakir, l’effeuillage et la maîtrise du feu.

C’est Luna Moka, l’une des artistes phare du petit monde burlesque strasbourgeois qui est à l’origine de cette revue :

« On cherche à créer une ambiance un peu sombre et inquiétante mais toujours avec beaucoup de poésie. La troupe est plutôt mélancolique et le décors est particulièrement travaillé. Sur scène, on dispose des bougies, un parterre de fleurs et plusieurs statuettes bibliques pour ajouter un côté ésotérique.

Seule cette soirée d’ouverture « freak show » du vendredi soir est payante. Les visiteurs devront régler la somme de 15 euros.

Luna Moka lors d’une représentation du Wounded Carnivale.
(Photo : Doc remis / Didier Bonin)

Des animations tous publics le reste du week-end

Pour les journées du samedi et dimanche, les animations proposées seront tous publics et de nombreuses activités seront adressées aux enfants comme des atelier de hula hoop ou de cirque. Et un espace leur sera même consacré avec de nombreux jeux en bois, de pêche aux canards, de lancé de balles et roue de la fortune.

Les élèves de l’école La Clandestine dirigée par Luna Moka feront plusieurs démonstration de danse burlesque au cours des deux après-midi. Et une cartomancienne sera présente dans sa caravane pour tirer les cartes aux visiteurs.

Quatre grands concerts sont aussi organisés sur la scène extérieur. La programmation est internationale avec des artistes Belges, Anglais, Italiens et Polonais. Le groupe de folkbilly The Redemption Colts se produira samedi à 17 heures avant de laisser la place à The Freeborn brothers à 20 heures 30. Au cours de l’après-midi du dimanche, les participants pourront assister à d’étonnantes reprises de The Clash à la façon Johnny Cash par le groupe Johnny Clash Project. Enfin le concert de clôture mettra la folk de la Nouvelle-Orléans à l’honneur avec Jo Carley and the Old Dry Skulls.

Chifumi, un artiste alsacien de street art, aujourd’hui installé au Cambodge sera convié afin de réaliser une fresque monumentale sur l’un des murs du centre Marcel Marceau. L’œuvre est destinée à rendre hommage au mime Marceau, aux arts du cirque et à la modification corporelle. L’artiste aura jusqu’au dimanche pour terminer sa fresque et un vernissage est prévu à 17 heures.

Un concours du plus grand mangeur de Knack aura lieu samedi à 15 heures. L’association TWS Prod s’engage à remettre le poids de knacks engloutis et le aliments non-consommés sur le festival aux aux Restos Du Cœur et à l’association Abribus.

Des prolongations au Cabaret Onirique

La péniche du Cabaret Onirique accueillera les « after » du festival le samedi et le dimanche soirs. Une soirée « Bateau Bizarre » se tiendra le samedi de 22 heures à minuit en compagnie du collectif d’artistes SUKA OFF et du performeur Otomo De Manuel. Le dimanche, Dj Mister Pilou animera la soirée jusqu’à 4 heures et ce sera le temps de la remise des prix « Espoirs du tatouage artistique ».

Deux expositions d’artistes tatoueurs sont déjà visibles sur le bateau. « Brutality » par Sacha Lehne ainsi que « Criminal and Religious » par St Molotov.

Vers 2025, deux variantes d’extension du BHNS pour rejoindre le Neudorf

Vers 2025, deux variantes d’extension du BHNS pour rejoindre le Neudorf

La ligne G du Bus à haut niveau de service (BHNS) sera prolongée vers 2020/2021. Là où elle relie l’Espace européen de l’entreprise de Schiltigheim à la gare de Strasbourg aujourd’hui, la ligne s’arrêtera à la place de l’Étoile, en passant par les boulevards et les quais. Lors des études préparatoires, le coup d’après est déjà envisagé : une prolongation vers Neudorf à l’horizon 2025.
Une ligne de contournement
Cela ne veut pas dire . . .

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Des idées pour une nouvelle aire de jeux aux Deux-Rives ?

Des idées pour une nouvelle aire de jeux aux Deux-Rives ?
La Ville de Strasbourg débute une consultation pour aménager une nouvelle aire de jeux pour enfants, au jardin des Deux-Rives. Un questionnaire a été mis en ligne pour sonder les envies et propositions des Strasbourgeois, qu’ils soient parents ou même enfants… Ces derniers sont attendus lors d’un « goûter » de consultation, programmé sur place le mercredi 4 juillet de 15h à 19h. L’emplacement pressenti est un ancien jardin éphémère, celui qui se trouve le plus près du Rhin et de la passerelle Mimram (voir la carte ci-dessous). Pour ce jardin, la Ville de Strasbourg cherche à marquer le coup et aimerait l’aménager avec de grandes structures, des « mégas jeux », inexistants actuellement dans la Ville. L’inspiration vient un peu du parc de Belleville à Paris, où les enfants peuvent évoluer assez loin sans forcément nécessiter une surveillance très proche de la part de leurs parents… Le questionnaire propose plusieurs types de jeux ou décors, et les Strasbourgeois sont invités à faire leurs choix en triant plusieurs propositions. Une adresse e-mail est demandée pour valider les réponses et éviter les réponses multiples.
Un questionnaire pour éviter les ratés des précédents parcs de jeux pour enfants (Photo Repérage Urbain)
Un questionnaire pour éviter les ratés des précédents parcs de jeux pour enfants (Photo Repérage Urbain)

Parcs pour enfants, le retard strasbourgeois

Espérons que la Ville de Strasbourg soit aussi inspirée par… Kehl. Le parc situé juste en face du jardin des Deux-Rives, le wasserspielplatz am Rhein est un franc succès parce qu’il combine plusieurs éléments rares à Strasbourg : de l’eau pour rafraîchir les enfants quand il fait chaud, des éléments interactifs et variés, un espace sécurisé et grand et surtout… de la restauration et des boissons pour les parents, parce qu’on va pas se mentir, dans les parcs, on est tous égaux devant l’ennui comme dirait Florence Foresti. Le parc pour enfants le plus récent créé à Strasbourg est celui du Heyritz, fort joli avec ses grands toboggans mais où les parents sont invités à s’asseoir par terre… Et bien qu’il soit proche de l’eau, les enfants n’ont pas le droit d’y tremper un orteil… Ce dont ils ne se privent pas évidemment, notamment dans le bassin de la fontaine, dès que les températures deviennent estivales. Mais c’est un piège qui a provoqué pas mal de crises et de larmes, car le bassin, légèrement en pente, est très glissant sans parler de l’improbable salubrité de l’eau stagnante… Bref, une vraie réussite. Mais il est vrai que l’aménagement du Heyritz n’avait pas été discuté au préalable.

Éric Schultz va ouvrir une librairie dédiée aux romans policiers

Éric Schultz va ouvrir une librairie dédiée aux romans policiers

Adjoint au maire de Strasbourg, Éric Schultz va ouvrir une librairie en septembre à Strasbourg. « La Tâche Noire » sera spécialisée dans les romans noirs, « qui sont des vecteurs puissants de critique sociale » selon l’élu écologiste, qui entend bien poursuivre la politique, au sens large, avec cette nouvelle activité.

Plus connu comme adjoint au maire de Strasbourg, en charge de l’état civil, Éric Schultz va ouvrir en septembre une librairie au centre de Strasbourg. Le lieu est encore tenu secret, puisque trouver sa localisation fera l’objet d’une… enquête participative durant l’été. Car cette librairie, appelée « La Tâche Noire, » sera dédiée aux romans policiers. Éric Schultz détaille son projet :

« Contrairement à la littérature jeunesse, aux bandes-dessinées, aux mangas, il n’existait pas à Strasbourg de lieu dédié à la littérature noire. C’est un projet qui me trotte dans la tête depuis deux ans, suite à un séjour en Bretagne où j’ai vu ces nombreuses cafés-librairies qui sont autant de lieux de rencontres et d’échanges. Ça m’a fait réfléchir et puis je cherchais aussi une activité professionnelle à côté de mon mandat. Passionné de romans policiers, j’ai étudié la faisabilité, effectué quelques formations, trouvé un local et voilà. »

Le logo de la future librairie (doc remis)

Le local permettra d’accueillir 8 à 12 personnes au sein d’un espace convivial, il sera possible d’y prendre un café (noir) ou du thé (noir). La décoration, encore en cours de définition, pourrait évoquer une scène de crime et elle arborera une citation de Jean-François Vilar : « le roman noir, parce que c’est la crise, se joue dans un état d’urgence. Il parle du monde, maintenant. Et le monde va vite. Tant pis si nous sommes fatigués. »

De la politique… par d’autres moyens

Engagé au sein du groupe « La Coopérative » au conseil municipal, Éric Schultz n’entend pas mettre fin à la politique, bien au contraire :

« Je fais de la politique depuis 1984, j’ai eu des engagements associatifs, puis des mandats… Avec cette librairie, c’est une continuation logique puisque les romans policiers sont des vecteurs de critique sociale extrêmement puissants. Nous accueillerons beaucoup d’auteurs dans la librairie, les sujets de nos échanges seront évidemment politiques, au sens large. Prenons par exemple le livre de José Bové, “Hold-up à Bruxelles”, construit comme un polar et qui raconte comment les lobbies manœuvrent au sein de l’Union européenne. Quand Didier Daeninckx a écrit “Meurtres pour mémoire” en 1983, personne ne parlait du 17 octobre 1961… Il faut lire Rachid Santaki pour une immersion sans équivalent dans l’univers de la banlieue… Quant à la Coopérative, je reste membre actif de ce groupe, ce sont mes valeurs, mais il est impossible de savoir comment ça va se passer en 2020. »

Éric Schultz lit au moins un polar chaque semaine, des "vecteurs de critique sociale très puissants" (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Éric Schultz lit au moins un polar chaque semaine, des « vecteurs de critique sociale très puissants » (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

S’il reste attentif aux initiatives écologiques, coopératives, son engagement au sein du conseil municipal risque de se réduire un peu, comme le reconnaît l’élu :

« J’irai évidemment au bout de mon mandat et des délégations que m’ont confié le maire en 2014. Mais en 2020, cela fera 12 ans que je suis élu… J’ai toujours pensé que la politique ne devait pas être un métier, les élus doivent pouvoir être issus de la société civile et y retourner, avoir une activité privée à côté de leur mandat, sinon ils sont hors-sol, ils se mettent à courir les mandats sans être en mesure de comprendre correctement les aspirations des citoyens. La librairie sera fermée le lundi, jour des réunions d’adjoints et des conseils municipaux, et ouvrira à 10h, ce qui me permettra de caler mes réunions avant. »

Un pari économique, mais posé et réfléchi

Dès l’ouverture, Éric Schultz prévoit d’embaucher un libraire à mi-temps. Bien que le secteur économique de l’édition et de la librairie soit complexe, très impacté par les distributeurs en ligne comme Amazon, le futur libraire est confiant :

« On a un plan de développement précis et validé par des professionnels, qui connaissent bien le secteur des librairies. Le prix unique du livre protège les libraires indépendants mais c’est évident que quelqu’un qui va chercher le dernier Fred Vargas le trouvera plus vite et plus facilement sur Amazon. Notre force sera une programmation et des propositions issues d’un comité de lecteurs avisés. Au final, les livres que nous allons vendre reposeront sur des connaissances et des ressentis qu’aucun algorithme ne sera jamais en mesure de remplacer. »

Éric Schultz confie posséder entre 800 et 1 000 polars chez lui, et s’astreint à lire « au moins un polar par semaine, plus des blogs d’actualités noires et de généraux sur l’édition. » Peut-être un peu plus depuis quelques temps…

Après l’incendie à Mundolsheim, Emmaüs se dirige vers Bischheim

Après l’incendie à Mundolsheim, Emmaüs se dirige vers Bischheim

Quatre mois après l’incendie qui avait ravagé une partie des locaux de l’association Emmaüs à Mundolsheim, son directeur Thierry Kuhn, a présenté ce jeudi 14 juin les nouvelles ambitions de l’association autour de cinq axes : l’innovation, l’insertion, l’économie circulaire, la solidarité et la sensibilisation.

Quatre mois après le gigantesque incendie de son centre, les ambitions de l’association Emmaüs de Mundolsheim sont intactes. Le plus important changement sera le déménagement de l’association, rue de l’atome à Bischheim, en zone industrielle, prévu au 4ème trimestre 2019. Pour l’instant l’association attend la validation ultime du propriétaire.

Un nouveau local de 3700 m²

« Aujourd’hui, on fait plutôt du camping », précise Thierry Kuhn, le directeur de l’association Emmaüs de Mundolsheim (et président d’Emmaüs France de 2014 à 2018). Cette nouvelle surface de 3 700 mètres-carrés permettra l’ouverture d’un magasin achat et de vente en ligne sur une surface de 2 400 m2. Le reste de l’espace sera consacré à la création d’un espace recyclerie-donnerie et d’un lieu de formation de 1 300 m2.

Pour Thierry Kuhn, le futur espace de formation est essentiel :

« Nous avons aujourd’hui 53 salariés en insertion, dont 70% sont sans qualification. Un lieu de formation comme celui-ci permettrait de former nos salariés autour de l’économie circulaire et des transports comme l’éco-conduite. Cet espace offrirait une éducation à l’environnement en accueillant aussi le grand public. »

D’autres mètres carrés seraient consacrés à la restauration avec une cantine solidaire, où salariés de l’association et public extérieur pourraient y déjeuner, prendre un café et se rencontrer.

Même sans l’incendie, l’association de lutte contre la pauvreté, envisageait de voir ailleurs pour voir plus grand. Son entrepôt ravagé faisait 400 mètre-carré. L’incendie a poussé à agir au plus vite.

2,5 millions d’euros

Mais ce projet coûte environ 2,5 à 2,8 millions d’euros. L’association peut autofinancer le projet à hauteur de 1 million. L’assurance, qui a retenu le motif accidentel de l’incendie, versera 500 000€. La différence reste à trouver au travers de cette opération de séduction, en sollicitant les communes, la Région, l’Eurométropole et l’ensemble des acteurs partenaires en région.

Thierry Kuhn a présenté le futur projet d’Emmaüs Mundolsheim à des élus représentants de collectivités. Ici avec Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au maire à Strasbourg (Salem Slimani – cc Rue89 Strasbourg)

Vers un révolution écologique et solidaire

Thierry Kuhn souhaite aller encore plus loin en réfléchissant déjà à une université populaire de la transition écologique et solidaire, pour aller vers « une révolution écologique et solidaire » de l’association.