Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Compostage : comment s’y mettre à Strasbourg et où ?

Compostage : comment s’y mettre à Strasbourg et où ?

Trier ses déchets n’est pas suffisant pour réduire l’impact écologique de notre mode de vie. Il faut les valoriser et le compostage permet d’utiliser la masse des déchets végétaux que nous jetons pour nourrir d’autres plantes. Rue89 Strasbourg vous explique comment faire et où composter à Strasbourg.

C’est l’association l’Ahbak (Association des Habitants Bourse Austerlitz Krutenau) qui a inauguré le premier site de compostage collectif urbain sur l’espace public à Strasbourg en 2009. Depuis, le compostage a progressé d’environ 30% par an entre 2012 et 2017. Cette pratique consiste à convertir biologiquement des déchets organiques (légumes, fruits, etc.) en un terreau, riche en composés minéraux, le compost, qui peut servir pour nourrir les plantes. C’est donc une manière simple et écologique de soulager le système de traitement des ordures de toute une partie des déchets produits par un foyer.

Selon Jean-Louis Amann, chargé de mission compostage de la Ville de Strasbourg, cette tendance est largement due au tri des biodéchets, que l’on peut composter :

« De 2015 à 2016, la collecte d’ordures ménagères résiduelles a baissé de 321 tonnes dans toute l’Eurométropole (sur 120 350 tonnes soit -0,26%, ndlr). »

Aujourd’hui, un Strasbourgeois produit en moyenne 252,9 kilos de déchets organiques par an. La moyenne nationale atteint quant à elle 288 kilos. Pour les citoyens désireux de réduire leur impact écologique, plusieurs solutions s’offrent à eux.

Site de compostage du parc Sainte-Aurélie, au quartier Gare, à Strasbourg (Photo : C.A / Rue89 Strasbourg / cc)

• Composter en solo

La Maison du compost propose des ateliers de compostage au jardin potager Saint-Gall à Koeningshoffen, à l’ouest de Strasbourg. Pour cela, il faut s’inscrire sur le site internet de la Maison du compost. Le cours est gratuit pour les adhérents et sinon il faudra s’acquitter de la somme de 5 euros.

Il faut aussi compter le prix du bac, appelé vermicompostière, que l’on ramène chez soi à l’issue de la formation et qui est fixé à 50 euros. Il est possible d’en récupérer 40 euros, car l’Eurométropole de Strasbourg subventionne l’achat d’un bac de compost personnel. Les ateliers ont lieu tout au long de l’année, environ une fois tous les deux mois selon le nombre de personnes inscrites.

• Composter par quartier

Des bacs à compost sont installés dans de nombreux quartiers strasbourgeois, souvent dans les parcs. Les habitants à proximité peuvent en profiter. Cependant, les places restent limitées et sont attribuées par des associations gestionnaires (voir sur la carte ci-dessous pour trouver leurs coordonnées). Il faut parfois patienter un peu ou bien se diriger vers un site un peu plus éloigné de chez soi.

Bien souvent, pour déposer ses déchets sur l’un des sites publics, il faut adhérer à l’association gérante. Les tarifs peuvent donc varier mais n’excédent jamais la dizaine d’euros par an. Certains bacs sont accessibles selon le bon vouloir de chaque participant grâce à un cadenas à code, d’autres sont uniquement ouverts lors de permanences et il faut donc directement consulter les jours et les horaires d’ouverture des bacs pour chaque sites, environ 1 heure par jour.

• Composter en copropriété

Les habitants d’un même immeuble peuvent aussi demander qu’un bac soit installé au pied du bâtiment. C’est la Maison du compost, en partenariat avec l’Eurométropole, qui encadre ces initiatives. Un collectif privé peut ainsi être accompagné et obtenir une subvention selon le nombre de participants. Plus de 200 sites de compostage partagés sur l’espace privé ont déjà été mis en place à Strasbourg et dans ses 32 communes voisines.

Mode d’emploi

Après avoir déversé ses déchets organiques dans le bac, il faut y ajouter de la matière sèche disponible dans un autre bac prévu à cet effet (l’équivalent d’environ 30% du volume déversé). Ensuite, l’utilisateur doit mélanger l’ensemble à l’aide d’outils disponibles directement sur le site. Un bon compost réside dans l’association de deux types de déchets.

On peut y déposer des déchets « verts », apportés par les habitants : épluchures et restes de fruits et légumes ; filtres et marc de café ; sachets de thé ; fanes du potager ; fleurs fanées, ainsi que des déchets « bruns », généralement fournis par l’association gérante : feuilles mortes ; carton d’emballage et coquilles d’œufs ; sciures et copeaux de bois ; paille et fumier d’animaux domestiques herbivores et des petites branches.

À l’inverse, il est interdit de déposer dans les bacs des cendres de bois, des poussières d’aspirateur, des déchets carnés, du plastique, du sable, des gravats ou encore des graisses ou des huiles.

Vidéo explicative sur le compostage de quartier (vidéo Ville de Strasbourg)

N’hésitez pas à signaler d’autres bacs à compost publics dans les commentaires

La compagnie des autocars du Bas-Rhin devient une SPL, gérée par la Région Grand Est et l’Eurométropole

La compagnie des autocars du Bas-Rhin devient une SPL, gérée par la Région Grand Est et l’Eurométropole

La Compagnie des Transports du Bas-Rhin (CTBR), qui exploite les 125 autocars du Réseau 67 va changer d’actionnaires. Elle va être entièrement contrôlée par la Région Grand Est et l’Eurométropole ont annoncé les présidents des deux collectivités, Jean Rottner (LR) et Robert Herrmann (PS), lors d’un déjeuner organisé vendredi par le Club de la Presse de Strasbourg.
Dans cette future société publique locale (SPL), la répartition exacte des fonds n’est pas connue, mais le Grand Est sera majoritaire. Depuis le 1er janvier 2017, >

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Le Grand-Est est la deuxième région exportatrice de France

Le Grand-Est est la deuxième région exportatrice de France

Avec un total de 62,5 milliards d’euros de produits vendus à l’international sur l’année 2017, le Grand-Est est la deuxième région française qui exporte le plus, mais loin derrière l’Ile-de-France et talonnée par Auvergne Rhône-Alpes.

Les entreprises du Grand-Est exportent plus de marchandises qu’elles n’en importent. Selon des chiffres de l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee), la région enregistre une hausse de 4,2% de ses exportations entre l’année 2016 et 2017. Bien que les importations soient également en hausse (+6,3% à 58,8 milliards d’euros), la région reste en excédent commercial. Au total, le Grand-Est concentre 12% du total des exportations françaises.

Une production encore tournée vers l’industrie

Alors que ce n’est pas toujours le cas dans le reste de la France, le parc industriel de la région tire son économie. Ce secteur représente 46% des exportations totales, avec des hausses notables dans le domaine des équipements automobiles (+10%), de la construction automobile (+7%), mais surtout dans la sidérurgie, dont les ventes à l’étranger ont bondi de 17%. Les équipements électroniques et mécaniques, autre pôle important de l’économie de la région (qui représente 22% des exportations), progressent un peu moins vite, à hauteur de 3%. Le Grand-Est a profité également de la notoriété internationale de ses alcools, notamment le Champagne et le vin d’Alsace, en hausse de 2% sur l’année.

L’Alsace première exportatrice de la région

Parmi les 10 départements que compte la région, tous ne sont pas égaux en termes d’exportations. Le Haut-Rhin et le Bas-Rhin représentent à eux deux 54% des exportations totales de la grande région. Si on y ajoute la Moselle, le chiffre grimpe même à 73%. L’ouest de la région, avec des départements ruraux contribuent moins aux exportations totales. Les résultats des deux départements alsaciens s’expliquent par leur situation géographique, et notamment leur proximité avec l’Allemagne. Celle-ci représente en effet 35% des ventes de toute la région.

Les Bains municipaux, une piscine où l’on a toujours eu d’autres loisirs que la natation

Les Bains municipaux, une piscine où l’on a toujours eu d’autres loisirs que la natation

Archives vivantes – Les Bains municipaux de Strasbourg vont fermer cet été pour une longue rénovation. La bâtiment art nouveau construit en 1908 a souvent hébergé d’autres activités que sa fonction première, la natation.

Les Bains municipaux de Strasbourg ferment le 22 juin pour au moins deux ans de travaux. Plus de 100 ans après sa construction, l’édifice présente un état de délabrement avancé. La question de sa nécessaire rénovation fait l’objet de reportage dès les années 2000, lorsque le bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques (on parlait à l’époque de « l’inventaire supplémentaire »).

En 2011, un précédent projet de rénovation est présenté, mais sera abandonné quelques mois plus tard, en raison de la mobilisation contre le partenariat public-privé imaginé.

Arts et défilés

Mais depuis l’origine, cet ensemble art nouveau n’a pas seulement vu défiler des nageurs. Cet écrin à l’architecture révolutionnaire a toujours eu vocation à accueillir des activités multiples et aussi à faire rayonner Strasbourg.

Parmi la sélection d’images d’archives de l’INA, on trouve un enregistrement a cappella vocaliste (1984) ou un défilé de mode (1990). D’autres événements ont dénoté, comme une exposition florale (2004), un spectacle de danse (2009). Plus récemment, en 2016, la chanteuse Patricia Kaas y tourne son clip « Madame tout le monde » (avec vraisemblablement quelques retouches) et une projection des Dents de la mer avait aussi valu un petit buzz. D’autres reportages permettent de découvrir les coulisses de la piscine de la Victoire.

Des atermoiements avant travaux

Olivier Haegel, chargé de recherche au service patrimoine de la Région Grand Est, rappelle que ce bâtiment est le résultat d’une volonté forte pendant la période allemande de Strasbourg (1870-1918). Non sans quelques « atermoiements » au départ :

« Dès 1879, un premier projet est présenté lorsqu’un particulier propose son terrain. Le maire Otto Back (1873-1906, avec six ans d’interruption) impulse alors une politique hygiéniste avec ce bâtiment et l’extension de l’hôpital civil. Son successeur Rudolph Schwander (1906-1918) la poursuit. C’est aussi l’époque des premiers logements sociaux via des fondations privées dans les années 1880. Pour construire un tel projet, de longues enquêtes sont diligentées. Des experts vont établir des comparaisons avec ce qui se fait en Allemagne, ainsi qu’auprès de la population strasbourgeoise pour évaluer ses besoins. Une première copie est établie, puis une deuxième. En 1902, la caserne militaire est détruite et c’est finalement un troisième projet qui est retenu en 1904, avant la construction en 1908. Tout en gardant l’idée d’un projet évolutif. »

En plus des deux piscines pour hommes et pour femmes, on trouve des bains romains, à diverses températures. Plus folklorique, des bains de boue, un solarium sur les terrasses, ou un espace de tontes pour animaux sont proposées.

Pour Olivier Haegel, les Bains municipaux permettent à plusieurs milieux sociaux de se croiser :

« Il y a une culture bourgeoise autour du bien-être, mais aussi une pratique populaire avec des bains et douches publiques en sous-sol pour ceux qui n’en ont pas. Dans les faubourgs populaires comme au Neudorf, d’autres bains publics moins complexes sont aussi construits. Les Bains sont l’un des premiers bâtiments municipal qui accueille du public et où des personnes se rencontrent. En 1860/1870, la ville n’avait qu’un maître nageur professionnel, qui louait des emplacements privés sur les rives l’Aar. »

Au cours de la construction, qui s’achève en 1911, une école dentaire est ajoutée aux plans initiaux, dans ce que l’on appelle « l’aile médicale » aujourd’hui, sur la partie gauche de la façade d’entrée.

Quant à la cour arrière, elle sert de blanchisserie, pour les Bains, mais aussi professionnelle pour d’autres institutions. Un témoin d’une époque où l’on tente de rationaliser les aménagements, les équipements et les déplacements.

Une œuvre d’art

Le bâtiment est novateur par ses fonctions, mais c’est aussi la performance artistique qui le distingue relève Olivier Haegel :

« L’équipe de l’architecte municipal Fritz Beblo dessine l’ensemble jusqu’aux poignées de portes. Chaque pièce est unique, avec parfois un intérêt purement décoratif. Elle fait le choix du marbre ou de la céramique anglaise, plus solide et résistante que celle d’Allemagne. Il y a une obsession pour la lumière. On retrouve des références à l’Antiquité, au baroque, à la Renaissance ou à l’internationale avec une référence à la vague d’Hokusaï dans l’un des vitraux. C’est une œuvre d’art totale. »

Toutes ces coquetteries s’accompagnent d’une envolée du budget. De 600 000 Marks à l’origine, le coût augmente, à 820 000, puis 850 000 pour atteindre 1,487 million de Marks, bien qu’il faille prendre en compte l’aile dentaire, non-prévue à l’origine.

Mais la ville est très fière. Parmi les ornements, elle applique les armoiries de de la Ville de Strasbourg, à l’extérieur et à l’intérieur (notamment sur les plafonds). Autour des années 1950, un distributeur automatique avec des guides touristiques qui mentionnent les Bains municipaux est installé, pour souligner l’aspect moderne du lieu.

En dessous des statuts, un symbole de la Ville de Strasbourg. On en retrouve plusieurs sur les bains municipaux (Photo Région Grand Est – Inventaire général, Claude Menninger)
En dessous des statuts, un symbole de la Ville de Strasbourg. On en retrouve plusieurs sur les bains municipaux (Photo Région Grand Est – Inventaire général, Claude Menninger)

Une inscription des parties intérieures

Même lorsque la ville redevient française, cet édifice n’est pas remis en cause :

« Une partie des édiles restent à Strasbourg, Jacques Peirotes (1919-1929) était conseiller municipal avant 1924. L’architecte Paul Dopff prend la suite de Beblo, il faisait déjà partie de son équipe. La piscine de la Victoire est un dispositif attrayant et très utilisé. La ville de Lyon va d’ailleurs s’en inspirer dans les années 1920. Une des rares modifications sont les cabines où les rideaux sont remplacés par des portes dans les années 1920, pour faire place à plus d’intimité. »

Motif de fierté, les Bains municipaux sont maintenus à travers les époques, bien que guère entretenus, alors que d’autres édifices similaires n’accueillent plus de nageurs (Roubaix ou Colmar). Cependant, des Bains mixtes sont conservés ailleurs en France comme à la piscine Saint-Georges à Rennes.

Lors de l’inscription dans les années 2000, les architectes des bâtiments de France prennent soin de classer de nombreuses parties intérieures remarquables et pas seulement les façades extérieures, comme cela se fait beaucoup.

Rénovation imminente

Aujourd’hui, les deux bassins font la part belle aux activités sportives prescrites par des médecins. Ils n’ont pas la longueur réglementaire de 25 ou 50 mètres comme dans les autres piscines de l’Eurométropole. Ces séances devraient prendre encore plus d’ampleur après la rénovation. D’autres activités, comme un institut du sport-santé, un espace pour entreprises et une brasserie doivent s’installer.

D’autres parties comme la chaufferie ne sont pas encore affectées. Quant à la cour, elle devrait accueillir une piscine extérieure. Quelques questions restent en suspens sur son prix d’accès, à l’heure où certains redoutent une mutation vers un établissement de luxe. Idem pour l’utilisation des bains romains et hammams. Quelques douches publiques, surtout utilisées par les personnes sans-abris ou très précaires doivent cependant être maintenues.

La bâtiment restera la propriété de la Ville de Strasbourg, mais les travaux et la gestion quotidienne du lieu sera confiée à un groupement d’entreprises privées. De nouvelles informations, notamment pour le groupement retenu devraient être communiquées d’ici la réhabilitation cet été et à l’automne.

Les Journées d’été d’Europe Écologie – Les Verts se tiendront à Strasbourg fin août

Les Journées d’été d’Europe Écologie – Les Verts se tiendront à Strasbourg fin août

Pour la première fois, la grand rendez-vous estival d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV) se tiendra à Strasbourg du jeudi 23 au samedi 25 août.

Des centaines voire des milliers d’écologistes vont débouler dans les rues de Strasbourg fin août ! La capitale alsacienne va accueillir les « Journées d’été » d’Europe Écologie – Les Verts (EELV) du jeudi 23 au samedi 25 août, l’équivalent des « Universités d’été » des autres partis politiques.
L’événement est organisé par le mouvement écologiste avec d’autres formations comme le Parti vert europ . . .

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Recherche et criminalité : l’Université du Reich de Strasbourg

Recherche et criminalité : l’Université du Reich de Strasbourg
Arte a consacré un documentaire à la brève histoire de l’Université du Reich de Strasbourg, créée par les nazis en 1941 pendant l’occupation allemande de l’Alsace. Réalisé par Kirsten Esch, la petite-fille de Johannes Stein, le doyen SS de la faculté de médecine à cette époque, ce film est empreint d’une difficile, longue et délicate autocritique familiale. Le document revient sur les objectifs de cette université dans l’appareil nationaliste allemand, servir la propagande du IIIe Reich, affirmer une supériorité germanique sur la France et… mener des expériences sur des cobayes humains, déclarés « ennemis du Reich, » les juifs, les communistes, les tziganes ou les homosexuels…

Une université dédiée à l’appareil SS

Le documentaire explique que la faculté de médecine, entièrement pilotée et endoctrinée par les SS, engouffre plus de la moitié des ressources de l’université du Reich, étant donné les besoins en médecins pour le front. Le documentaire revient sur l’ensemble des recherches menées à l’université du Reich, biologiques, nucléaires, historiques… et se demande à chaque fois comment les universitaires ont pu collaborer avec le régime nazi. La famille de la réalisatrice était elle-même liée à August Hirt, l’anatomiste qui a mené des expériences sur le gaz moutarde, au camp du Struthof en Alsace avant « d’étudier » les corps à Strasbourg…
L'université du Reich devait apporter la preuve de la supériorité allemande sur la France (capture d'écran / Arte)
L’université du Reich devait apporter la preuve de la supériorité allemande sur la France (capture d’écran / Arte)
L’Université du Reich est la seule université allemande à cette époque à avoir mené des expériences sur des cobayes humains, les autres ont été menées dans les camps de concentration. À la libération, les Alliés retrouvent les cadavres de 86 personnes déportées à Auschwitz et sur lesquelles ont été menées des expériences au Struthof et à Strasbourg. Le documentaire donne la parole à plusieurs Allemands qui ont connu cette époque et à des Alsaciens. Certains étudiants sont entrés en résistance, dont Alphonse Adam. Fusillé à l’âge de 24 ans après avoir été capturé par les nazis, le film donne la parole à sa soeur, Pélagie Simon, qui habite toujours Schiltigheim.

J’ai changé d’identité pendant 1h30 et je suis née au…

J’ai changé d’identité pendant 1h30 et je suis née au…

…Cameroun. L’exposition « Nés quelque part », sous le chapiteau blanc place du Château à Strasbourg est accessible jusqu’au 28 juin. Elle invite les visiteurs à se glisser dans la peau d’un habitant né dans l’un des sept pays présentés. Chez Rue89 Strasbourg, on n’a pas très bien compris le principe alors il fallait s’y essayer. Et bien en 1h30, j’ai pas mal voyagé.

Sept pays et 21 citoyens, l’éventail est large. Le temps d’une exposition, place du Château à Strasbourg, je peux venir au monde en Colombie, au Niger ou encore en Polynésie française. Les participants partent par groupes de trois minimum par pays pour que l’histoire puisse se dérouler correctement. L’objectif : sensibiliser les participants aux enjeux de préservation de la planète dans les 7 pays non-occidentaux sélectionnés (Polynésie française, Niger, Cambodge, Nigeria, Colombie et Maroc). Les personnages sont attribués à chacun au hasard dès le départ.

Qui-suis-je ?

Je suis Victor et je suis un entrepreneur camerounais de 45 ans. Donc oui, j’ai pas mal changé. Je viens de signer avec l’État une concession d’exploitation forestière pour les trente prochaines années. Mais attention, je dois mener une gestion durable de la forêt et c’est ce défi que je vais devoir relever au cours de cette expérience.

Une organisatrice me remet un petit carnet pour prendre connaissance de ma situation dans ce qui s’apparente à un jeu de rôle. « Il ne faut pas stresser on ne vous demandera pas de tout connaître », précise-t-elle. Mais je stresse quand même, car les 10 pages sont bien fournies. J’ai un peu peur d’être à la traîne.

Chapiteau de l’exposition « Nés quelque part » sur la place du Château à Strasbourg.
(Photo : C.A / Rue89 Strasbourg)

Avec l’ensemble des participants, on se retrouve dans l’agora pour assister à une projection de l’AFD (l’Agence française de développement). Les quelques minutes de vidéo introduisent les enjeux soulevés par l’exposition : le développement économique des pays et aider à l’amélioration des conditions de vie, tout en ayant des démarches écologiques et durables.

Fin de l’introduction, tout le monde doit se rendre dans son pays. Parmi les sept salles, celle du Cameroun est la plus visible, à l’entrée du couloir. J’y retrouve deux autres participants, chargés d’interpréter, Muna, un chef de village Bantou qui vit dans la forêt au sud du Cameroun, ainsi que Waito, un Pygmée chasseur-cueilleur du Bassin du Congo. Ce trentenaire blanc de 1m95 semble comme moi, bien éloigné du personnage qui lui a été attribué.

Les participants peuvent jouer le rôle de 21 personnages.
(Photo : C.A / Rue89 Strasbourg)

La forêt du Bassin du Congo

Au Cameroun, chacun a sa place attitrée sur son rondin de bois, dans un salle bien décorée. On se trouve au cœur de la forêt que je compte exploiter. Un homme, à l’apparence d’un vieillard bossu nous invite à nous asseoir. Il s’adresse à chacun de nous en nous appelant par nos prénoms et semblent nous connaître.

Le visage dissimulé sous une capuche, il semble entamer une sorte de rite ancestral. Le vieil homme s’exprime majoritairement en français mais aussi dans un dialecte camerounais. Difficile de tout comprendre. Il nous demande de participer au rite en tenant une feuille de l’arbre sacré Moabi et en récitant certains éléments avec lui. Moi comme mes acolytes, nous sommes un peu perdus, mais nous jouons le jeu à fond.

Ensuite, le vieillard nous invite à écouter à l’aide d’un casque et un lecteur audio un enregistrement. Il quitte la pièce en boitant doucement et on se retrouve à trois mais avec chacun sa piste audio.

Rencontre avec un personnage

J’apprend que la forêt qu’il m’est permis d’exploiter s’étend sur près de 2 millions de kilomètres-carrés et couvre six pays. C’est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie. La préservation de cet espace est donc nécessaire à toute la planète. Ok la pression. Je dois gérer cet ensemble forestier en coopération avec Muna et Waito.

Un nouveau personnage entre soudainement dans la salle. Encore une fois, il connait chacun d’entre nous et précise qu’il est là pour nous guider dans notre aventure. Il me met en garde et sur l’importante responsabilité qui m’est confiée et l’impact que pourrait avoir mes décisions sur la vie de mes deux compagnons.

Il nous emmène faire une balade en forêt, en plein milieu du hall, pour nous présenter la faune et la flore. Il faut sauter, se baisser, éviter certains animaux dangereux. En file indienne derrière le guide, on se laisse facilement prendre au jeu. À la fin de l’expédition, je connais les noms des végétaux que je dois éviter de couper comme l’Eben et et ceux que je peux exploiter comme le Tali.

Première étape : je quitte le Cameroun

De retour à la salle, il faut remettre le casque audio le temps de se rendre à la première étape du voyage. Je quitte mon pays direction la saline, où l’on produit du sel. Sur le chemin, un nouveau protagoniste nous arrête. Une femme, impliquée dans la lutte contre le braconnage des éléphants, nous met en garde et nous raconte son quotidien. Chaque jour, elle compte les éléphants présents sur son territoire pour recenser le nombre de pachydermes tués par les braconniers.

Elle nous apprend que bien souvent, il est difficile de remonter jusqu’au commanditaire. Les exploitants d’ivoire prennent contact avec des Bantous et leur propose une somme d’argent. Mais comme ces derniers ne savent pas forcément s’y prendre, ils vont eux-mêmes passer commande auprès des Pygmées. Une fois l’animal tué et les défenses prélevées, le colis est remis à un agent de police corrompu qui se charge de le transporter et de l’exporter par bateau vers l’Asie. Les larmes aux yeux et la gorge nouée, la comédienne raconte son histoire avec émotion.

Au début nous sommes guidés, le temps des décisions viendra plus tard.

Sous le chapiteau, les visiteurs pénètre dans un décor composé de plusieurs salles et une agora centrale.
(Photo : C.A / Rue89 Strasbourg)

Négociations et fibre commercial

La dame en tunique saharienne nous indique la « Place du village » où l’on doit rencontrer la représentante d’une ONG. Celle-ci a pour mission d’encadrer la collaboration entre Muna, Waito et moi-même et doit veiller à ce que les intérêts de chacun soient respectés. On demande à mes deux équipiers de dessiner leurs villages avec les champs et les zones sacrées. En bref, les espaces que je dois éviter et sur lesquels je ne peux pas prélever d’arbres. Puis, il doivent chacun négocier pour que j’accepte certaines de leurs demandes. Ainsi, l’exploitation n’est pas censée nuire outre-mesure à leur peuple.

Muna est plutôt timide alors il faut que la comédienne lui souffle quelques idées comme la création d’un centre de soin. Waito demande du travail et des formations pour les Pygmées. Enfin, la membre de l’ONG nous explique que l’État camerounais doit normalement reverser une somme de près de 200 000 euros par an aux différentes communes présentes sur la terre à exploiter.

Mais Muna et Waito savent bien qu’ils ne peuvent pas compter sur cet argent, que l’État « oublie » souvent. Ils doivent chacun défendre leur situation et je dois décider du montant de l’aide financière que je souhaite leur octroyer (entre 10 000 et 40 000 euros). Piètre négociatrice et sensible à leur situation je donne le maximum. Pas sûr que si c’était vraiment mon argent, j’aurais agi de la sorte. Les accords sont scellés d’une poignée de main.

Des parcours qui s’entrecroisent

Ensuite, la carte de mon carnet de voyage indique qu’il faut rejoindre l’agora située à l’entrée du chapiteau, où l’expérience a débuté. Celle des autres équipes aussi visiblement. Une action différente est prévue pour chaque groupe. Pour nous, une nouvelle vidéo projetée sur une toile. Honnêtement ? Aucun souvenir. Le brouhaha autour incitait davantage à regarder ce que faisaient nos voisins qu’à se concentrer sur notre action.

À la fin du clip, un message précise qu’on doit récupérer quelques e-mails personnels concernant notre projet commun. Mon cousin m’a écrit pour me conseiller d’apposer un label sur mon bois qui prouvera que je permets le renouvellement de la forêt en respectant les populations et les espèces qui y vivent. Tout s’enchaîne vite, c’est déjà au tour d’une autre équipe, des Cambodgiens je crois. Et il y a un concert de percussions au Niger juste à côté.

Retour au Cameroun

Rentré « au pays », je retrouve mes repères et mon rondin de bois, ça fait du bien après ce périple. Le guide nous fait une dernière synthèse des projets futurs pour lesquels je me suis engagé. Pour conclure l’expérience, on m’offre une poignée de vraies graines de l’arbre Maobi que je suis censée partager symboliquement avec les autres nationalités. En échange, ils me confient une autre graine, symbolisant les enjeux de l’habitat naturel dans leur pays. Dans l’agora, on se retrouve à une vingtaine de personnes pour en quelque sorte trinquer avec nos graines. À quelques mètres, les uns des autres mais pris dans chacune de nos histoires, on ne sait finalement rien des autres expériences. Ce dimanche après-midi, une de mes camarades venait pour la septième fois, dans l’objectif de tester toutes les aventures.

En tout, j’ai rencontré cinq personnages différents, assisté et participé à plusieurs scénettes et interagi avec les autres participants. Sous ce chapiteau, ce sont donc plusieurs pièces de théâtre qui se jouent où les personnages s’entrecroisent à certains points de leurs parcours. Un beau travail de médiation culturelle dont je ressors touchée.

Promis, juré, le nom des écoles de Hautepierre ne va pas changer !

Promis, juré, le nom des écoles de Hautepierre ne va pas changer !

C’est une histoire qui court et alimente le débat comme il en existe beaucoup dans les quartiers : les écoles primaires du quartier de Hautepierre pourraient changer de nom. Qui en a parlé, quand, comment… ? Difficile de savoir lors de nos rencontres mensuelles avec les habitants, où le sujet a été soulevé par plusieurs participants.

Si la question est sur plusieurs lèvres, c’est n’est pas juste une vue de l’esprit, mais aussi un contexte. La première partie de rénovation urbaine de Hautepierre, au début des années 2010, a supprimé et renommé plusieurs rues et avenues, créant parfois un peu de confusion. De plus, la communication politique française parle plus volontiers de « quartier » plutôt que de « cité » ou de « banlieue », comme si changer une dénomination suffisait à évacuer les problèmes.

Le souvenir du nom des rues

Autre souvenir, le projet de nom de nouvelles rues avait aussi été vu comme une infantilisant voire « stigmatisant ». S’il y a bien une allée du Petit prince, d’autres noms comme Sinbad, Robin des Bois, Gribouille ou Peter Pan ont été abandonnés.

L'école Karine, dans la maille du même nom à Hautepierre (capture d'écran Google Street view)
L’école Karine, dans la maille du même nom à Hautepierre (capture d’écran Google Street view)

Pas de projet, bon projet ?

Mais c’est aussi une question d’identité, dans un secteur où beaucoup d’habitants vivent toute leur vie. À Hautepierre, le principe est simple, chacune des cinq mailles résidentielles contient une école élémentaire et maternelle à son nom (Catherine, Brigitte, Éléonore, Jacqueline et Karine, pour l’explication des noms, lire notre article). La maille Éléonore compte même un école maternelle Éléonore A et une Éléonore B. Lorsqu’on a été élève de l’école Brigitte, un changement de nom donnerait un petit coup de vieux et l’impression que l’ancien n’était pas satisfaisant.

Mais vérification faîte auprès de la direction de l’Éducation de la Ville de Strasbourg et de l’adjoint au maire en charge du quartier, Serge Oehler, aucun projet de changement de nom des écoles n’est à l’ordre du jour. Serge Oehler ne trouve rien à redire au système actuel. Les parents peuvent donc dormir tranquilles.

Vétérans, innovants, les multiples visages de Contre-temps, du 7 juin au 17 juin

Vétérans, innovants, les multiples visages de Contre-temps, du 7 juin au 17 juin

Plus de 50 artistes, des performances, des découvertes, des joyaux et des incontournables et ce, un peu partout à Strasbourg du jeudi 7 au dimanche 17 juin. C’est un peu la signature de Contre-Temps, festival d’electro-groove, un genre dont le festival se détache peu à peu. Et cette année, pour sa quinzième édition, Contre-Temps se paie le luxe d’inviter Hailu Mergia, un jazzman éthiopien de 71 ans au retour spectaculaire. Ce seront aussi les dernières éditions du Splitmix au cinéma Star et de la soirée finale au Maillon.

Des après-midis sonorisés, des soirées de fête, des péniches transformées en boites de nuit et une douzaine de lieux investis à Strasbourg, Contre-Temps sera partout et tout le temps du jeudi 7 juin au dimanche 17 juin. Pour sa quinzième édition, Contre-Temps invite des pointures de la musique électro, comme Sonja Moonear, Barac, Jimpster ou Kyle Hall mais propose aussi des découvertes comme Kamaal Williams et le jazzman d’origine éthiopienne Hailu Mergia. Plus de 50 artistes vont se succéder sur les 26 scènes proposées par Contre-Temps.

Splitmix, attention c’est la dernière édition !

Parmi les soirées les plus attendues du festival, le Splitmix, qui retourne le cinéma Star et mêle allègrement projections et musique (et pas mal d’autres choses aussi) est prévue mardi 12 juin à partir de 19h, avec pour thème le Carnaval de Rio. C’est la dixième édition et attention roulements de tambours… la dernière.

Splitmix 2017 American Dream. (Las Vegas Parano)

Stefan Robinot, directeur du festival Contre-temps, détaille :

« Nous avons décidé que ce serait la dernière édition du Splitmix, car nous commençons à manquer d’idées de thèmes qui fassent le lien entre musique et image. Nous avons déjà fait dix éditions, nous ne voulons pas que cette soirée s’essouffle. De plus, la logistique pour le Splimix est énorme, nous devons transformer le cinéma en un temps record afin d’accueillir la soirée. Toutes les bonnes choses ont une fin. Le Splitmix sera remplacé par autre chose, peut-être un cinéma en plein air, nous verrons. »

Autre soirée qui tire sa révérence cette année, la soirée finale au Maillon. Et c’est fois en raison de… la destruction du bâtiment. Bon, c’est une bonne excuse… On verra si le Nouveau Maillon, en construction et qui doit ouvrir en 2019 sera en mesure d’accueillir également cette soirée qui est à chaque fois mémorable. Pour cette fois, trois espaces sont aménagés, dont deux dancefloors : le techno floor et le house & hybrid floor avec à chaque fois plusieurs DJ. Citons notamment pour le techno floor Sonja Moonear, pianiste suisse de formation classique, devenue DJ résidente de grands clubs avec des performances entre techno minimale, deep house et break.

Parmi les découvertes, le retour d’un grand jazzman éthiopien

Vendredi 8 juin, Hailu Mergia est à la Laiterie. Qui ? Hailu Mergia a une histoire incroyable. Figure de proue de l’éthio-jazz, il faisait swinguer les clubs d’Addis-Abeba dans les années 70… avant de devoir fuir son pays. Il s’est installé aux Etats-Unis où il a continué à se produire à Washington, mais dans l’anonymat le plus complet. Il s’est reconverti comme chauffeur de taxi, jouant du clavier lors de ses heures de pause, sur sa banquette arrière.

Mais en 2013, un de ses passagers, membre du label « Awesome Tapes from Africa » le reconnaît et lui propose de reprendre la musique… à 71 ans. Et 4 ans plus tard, le voilà à Strasbourg grâce à Contre-Temps, une histoire qui va donner à cette soirée un côté magique et unique.

À noter toujours lors de cette soirée, Il partagera la scène avec Kamaal Williams, originaire du Nigéria et qui marie jazz, broken beat, deep house et UK jungle.

Plusieurs rendez-vous gratuits

Le festival Contre-Temps n’a pas renoncé à sa tradition des soirées gratuites, et c’est tant mieux. La première est la soirée d’ouverture, jeudi 7 juin à 23h, au Fat Black Pussycat avec Eddy Ramich, un DJ de Croatie, vétéran de la scène house & eclectic. Pour ceux qui ont de la mémoire ET qui sont capables de se souvenir de leurs soirées Contre-Temps, Eddy Ramich était l’invité de la première édition du festival.

La deuxième événement gratuit, Mixorama, a lieu samedi 9 juin avec une carte blanche donnée à 15 collectifs électroniques de la scène strasbourgeoise. La journée se décline en deux temps, un après-midi à partir de 14h et jusqu’à 22h sur le parvis du TNS, suivi d’une soirée clubbing à La Laiterie à partir de 23h et jusqu’à 5h.

Mixorama édition 2017 sur le parvis du TNS. (Photo Djeb / doc remis)

Et bien entendu, le festival se termine comme à chaque fois avec les mythiques Pelouses Sonores, au jardin des Deux-Rives au Port-du-Rhin dimanche 24 juin de 14h à 22h. Le festival précise que cet événement est « susceptible d’être décalé selon les conditions météo », un avertissement qui n’est pas à prendre à la légère puisqu’il semble peser une sorte de malédiction pluvieuse sur ces pelouses… ou alors le Temps n’aime pas l’électro-groove, on ne sait pas.

Ellen Rutt a signé le visuel Contre-Temps 2018 (doc remis)
Ellen Rutt a signé le visuel Contre-Temps 2018 (doc remis)

Mais le festival ne se laisse pas impressionner par les éléments puisqu’il ouvre cette année, un second espace, appelé le Square, dont on ne sait rien de la programmation sauf qu’elle est « exclusivement électronique. » Le festival se laisse impressionner par les riverains en revanche, puisqu’à 22h, tout le monde est invité à aller se coucher, ce qui est un peu tôt pour certains amateurs de musique électro…

Parmi les artistes invités aux Pelouses Sonores, citons Setenta, un « rêve de latin soul band dans les fumées lourdes et torréfiées d’un cigare habanero », dit le festival, un « combo de sept rude boys affranchis avec trois albums chez Hot Casa, un label fondé par des diggers de hi-fi tropicale. » Bref, du groove des îles.

Citons également parmi les signatures de ces pelouses les incontournables Fat Badgers, bien connus des lecteurs de Rue89 Strasbourg. Ces amateurs de groove et de disco old school sont capables de faire se réveiller les morts et donc, tous ceux qui se retrouveraient allongés sur une pelouse en face de leurs guitares et de leurs synthés. Imparable.

4 blessés dans l’explosion d’un silo au port de Strasbourg

4 blessés dans l’explosion d’un silo au port de Strasbourg

À 9h20 ce mercredi 6 juin, une explosion a retenti au port de Strasbourg. Il s’agit d’un silo à fond plat du Comptoir agricole – Silostra Silorins, une coopérative rue du Rhin-Napoléon, au sud du port autonome, près de l’aérodrome du Polygone. Un plan de sauvegarde communal a été déclenché par la municipalité.

Selon un premier bilan provisoire communiqué par la police, 11 personnes étaient sur place au moment des faits et 4 sont blessées, trois d’entre elles étant en urgence absolue, précise la préfecture du Bas-Rhin. Ils ont été envoyés par hélicoptère au service de traitement des grands brûlés du centre hospitalier universitaire de Metz. Le quatrième blessé, en « urgence relative », est pris en charge par l’hôpital de Hautepierre. Trois d’entre eux sont des prestataires et un autre est salarié de l’entreprise.

Six autres personnes impliquées sont prises en charge par le point d’urgence médico-psychologique sur place (Pump).

D’autres personnes des entreprises environnantes ont été « commotionnées » par l’explosion. Au total, une vingtaine d’individus a été évacuée. Un périmètre de sécurité de 200 mètres autour du site a été mis en place.

Tout le toit du silo à fond plat a sauté. À la mi-journée, l’incendie était enfin maîtrisé, mais la tour voisine menace de s’effondrer.

Le comptoir agricole se situe dans la partie sud du Port (capture d’écran Google Maps)

La cause de l’explosion est encore inconnue, mais les silos contenaient du maïs, du colza et du blé. Les premières pistes font état d’une étincelle qui aurait enflammé des poussières, puisque des travaux étaient en cours dans le bâtiment. Une enquête a été ouverte par la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Strasbourg.

Au total, 108 pompiers et 60 engins sont intervenus avec le Samu sur le périmètre sécurisé. Les autorités déconseillent de se rendre sur place pour ne pas gêner les secours, tandis que des mesures de confinement sont conseillées aux entreprises voisines.

Photos diffusées par la Préfecture

Le panache de fumée a atteint plusieurs dizaines de mètres de haut. Des débris sont projetés sur la route. (Photo SDIS / diffusée par la Préfecture)

La tour voisine du silo à fond plat menace de s’effondrer (Photo SDIS / diffusée par la Préfecture)

Une vue d'en haut permet de mesure l'ampleur des dégâts (Photo SDIS / préfecture du Bas-Rhin)
Une vue d’en haut permet de mesure l’ampleur des dégâts (Photo SDIS / préfecture du Bas-Rhin)

Les photos publiées par les internautes

Le toit a explosé (Photo Philippe Vogel)
Le toit du silo a explosé (Photo Philippe Vogel)

(Photo publiée sur Facebook)
(Photo Police municipale de Strasbourg)

Une vidéo publiée sur Facebook peu après l’explosion

Vidéo amateur transmise à France 3

Vue d’ensemble du silo

Silo céréalier d'une capacité de 40 000 tonnes comportant les équipements de traitement des céréales. Tour de manutention d'une hauteur de 57 mètres comprenant une salle de réunion au sommet. (Photo Roland Burckel / Archive wiki / cc)
Silo céréalier d’une capacité de 40 000 tonnes comportant les équipements de traitement des céréales.
Tour de manutention d’une hauteur de 57 mètres comprenant une salle de réunion au sommet. Les céréales sont ensuite envoyées sur le Rhin par bateaux.
(Photo Roland Burckel / Archive wiki / cc)

Plus d’informations à venir

La Locusem prête à relancer un supermarché à l’Elsau mais…

La Locusem prête à relancer un supermarché à l’Elsau mais…

La Locusem, bras armé de la Ville de Strasbourg pour des locations immobilières, a accompagné l’implantation d’un supermarché Aldi à Hautepierre en 2015, puis de quatre commerces en rez-de-chaussée dans le cadre d’une opération immobilière de l’autre côté de la rue, le Cervantès. La suite de l’opération doit aussi permettre à de nouveaux magasins de proximité (dont une boulangerie) d’éclore. Ces aides indirectes, via un loyer minoré, sont justifiées par le faible nombre de commerces présents dans cet immense quartier, exception faite des enseignes de la galerie commerciale Auchan.

Mais il y a un autre quartier prioritaire de la ville (QPV) où le besoin en commerces est encore plus criant, c’est l’Elsau. Dans ce quartier enclavé à l’ouest de Strasbourg, le supermarché Leclerc a fermé ses portes en avril 2015. Des banderoles annonçant l’ouverture imminente d’un Carrefour City ont un temps été apposées, avant de disparaître. Plus de trois ans après, faire ses courses est une galère, surtout sans voiture. Une situation qui provoque de la rancœur car plusieurs services ont déserté le quartier.

Le supermarché de l'Elsau est fermé depuis avril 2015 (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Le supermarché de l’Elsau est fermé depuis avril 2015 (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Pas d’incitation politique de la Ville

Pour le conseiller municipal et communautaire Henri Dreyfus (LREM), président de Locusem, c’est aux pouvoirs politiques de donner des consignes :

« Pour intervenir, il faut qu’on ait une incitation par la politique de la ville et c’est vrai qu’on ne l’a pas eu. Notre rôle premier est d’investir dans les quartiers en développement. Avec notre savoir-faire, on nous demande d’intervenir. »

Pour le directeur de cette société d’économie mixte fondée en 2010, Bernard Matter, la question se posera forcément avec la rénovation du quartier :

« L’opération de la rénovation de l’Elsau n’est pas encore engagée. Nous sommes à côté des bailleurs sociaux et complémentaires. Si l’on doit intervenir, c’est avec l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru). Mais quand il y aura quelque chose, nous serons prêts. »

Problème, la rénovation tant attendue (dite « Anru 2 ») a pris du retard, en partie suite à la baisse des APL pour les bailleurs, et l’Eurométropole compte présenter un dossier au « comité d’engagement » pour tous les quartiers concernés en décembre 2018. Les premiers travaux sont espérés mi-2019… Ces délais, les derniers disponibles, ne convainquent plus les habitants qui se sont habitués à ce qu’ils soient sans cesse repoussés.

La situation elsauvienne risque donc de stagner encore au moins six mois voire plus. Le décalage entre le temps de la décision politique et les attentes des habitants a rarement paru aussi flagrant.

À Lembach, Paulo construit sa maison lui-même… avec des pneus

À Lembach, Paulo construit sa maison lui-même… avec des pneus

Paulo Azevedo s’est lancé un défi un peu fou à Lembach, dans le nord de l’Alsace. En mars 2016, il décide de construire une maison lui-même pour sa famille. Et après avoir étudié plusieurs techniques, il choisit de la bâtir en pneus.

Cette idée de maison en pneus est née d’une envie plutôt banale. Celle d’avoir son propre chez-soi après des années de locations. Mais Paulo, et sa compagne Sophie, n’avaient pas les moyens de faire construire la maison de leurs rêves :

« On voulait une maison respectueuse de l’environnement mais les projets d’habitats écologiques coûtent les yeux de la tête ! Et surtout il nous fallait de la place parce que Sophie est tombée enceinte de jumelles au début du projet. »

Alors Paulo s’est dit qu’il construirait sa maison lui-même. Avec une somme maximale de 160 000 euros, comprenant l’achat du terrain et la construction. Il ironise en se rappelant des débuts :

« Je ne savais pas du tout comment m’y prendre. Je suis Portugais mais pas maçon pour autant ! »

Paulo a rempli plus de 600 pneus avec de la terre pour faire ses murs (Photo Sophie Azevedo)

Pas maçon mais pizzaïolo. Paulo a navigué en eaux troubles sur Internet pour étudier différentes techniques, matériaux, faisabilités… Entre les maisons en bois et les habitats troglodytes, c’est finalement sur les maisons en pneus que son choix s’est arrêté :

« Les Anglo-saxons appellent ce concept earthship. Ça existe depuis la fin des années 60 ! Sur Internet, on trouve toute les ressources nécessaires pour construire soi-même son earthship. Beaucoup de personnes en ont bâti dans le monde, donc je me suis dit, pourquoi pas moi ? »

Les pneus, c’est économique et… écologique

Plus de deux ans après le début des travaux, la maison en pneus est toujours en construction (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc)

La famille Azevedo a trouvé un terrain d’environ un hectare à Lembach, dans le nord de l’Alsace, pour 90 000 euros. Il ne restait donc 70 000 euros pour construire la maison, si Paulo et Sophie voulaient rester dans les contraintes de leur objectif financier. Il fallait ensuite trouver des pneus, beaucoup de pneus :

« Une entreprise à Nancy collecte les pneus des garagistes dans tout le Grand-Est. Je les ai appelés pour savoir s’ils pouvaient me livrer 600 pneus. Ils ont accepté de le faire gratuitement. Les pneus allaient, de toutes façons, finir incinérés donc il valait mieux qu’ils servent ! »

Puis a commencé la construction des murs. Paulo a rempli chaque pneu avec 100 à 150 kilos de terre. Il les a empilés en quinconce, un peu à l’image des barrières qui existent au bord des circuits de courses automobiles. Paulo a mis plus de six mois pour terminer ses murs :

« Je travaille à la pizzeria le soir et je viens sur le chantier le matin. Entre deux et trois heures par jour. Pas besoin d’abonnement à la salle de sport ! C’est long et difficile mais tellement gratifiant de me dire que je fais tout ça moi-même. »

Certains amis de Paulo lui font souvent remarquer que ses murs en pneus ne sont pas très écologiques. Et pourtant :

« Les pneus polluent s’ils se décomposent dans la nature. Mais je vais les recouvrir d’une sorte de sarcophage en argile, en sable et en paille. Je suis sûr qu’ils seront intacts dans plusieurs milliers d’années. En tous cas, il y a intérêt si je veux que la maison reste debout ! »

Ces murs de plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur seront beaucoup plus isolants que des parpaings de bétons. Donc la famille Azevedo espère passer l’été au frais et ne pas beaucoup chauffer l’hiver.

Paulo Azevedo a mis plus de six mois pour monter tous ses murs en pneus (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / CC)

Une maison autonome en eau et en électricité

Avant même de commencer ses murs en pneus, Paulo a fabriqué trois grandes cuves en bétons qu’il a enterrées, en haut de son terrain en pente, à 50 mètres au-dessus de sa maison. Des cuves d’un mètre et demi de profondeur et de trois mètres de diamètre qui récupéreront l’eau de pluie. Assez pour tenir trois mois sans précipitations d’après Paulo.

Paulo Azevedo a construit des cuves en béton pour stocker l’eau de pluie et alimenter sa maison (Photo Sophie Azevedo)

L’eau coulera ensuite jusqu’à la maison grâce à la pente. Elle passera dans deux filtres et sera alors utilisable pour se doucher ou laver les vêtements. Pour la boire, elle traversera encore un osmoseur, dont le fonctionnement est assez complexe mais qui, en résumé, rend l’eau potable.

Pour l’électricité, Paulo achète régulièrement des panneaux solaires d’occasion à des particuliers qui en vendent sur Internet. Il lui en faut une quarantaine pour fabriquer un mini parc-solaire sur son terrain. Paulo récupère aussi des batteries de camion d’occasion pour stocker l’électricité des panneaux solaires :

« Malgré tout, on se passera de certains instruments comme les sèche-cheveux ou les aspirateurs extrêmement gourmands en énergie. »

Plus de deux ans après le début des travaux, pas de maison mais toujours la motivation

La famille Azevedo ne pensait pas s’être lancée dans un projet de si longue haleine. Et Paulo pensait avoir un peu plus d’aide :

« On espérait que ce soit un chantier participatif, ça se fait pas mal autour des projets de maisons en pneus. Il y en a un notamment en Dordogne. Mais il faut croire que les gens aiment mieux aller dans le Sud-Ouest qu’en Alsace ! »

Voilà à quoi devrait ressembler la maison de la famille Azevedo une fois terminée (Photo Eartship Biras Dordogne)

Comme dans cette maison en pneus en Dordogne, celle de la famille Azevedo aura une serre qui servira de couloir entre les différentes pièces (Photo Earthship Biras Dordogne)

Peu importe, Paulo ne se décourage pas :

« C’est génial de voir le projet avancer. Et puis c’est très varié. Après six mois à entasser des pneus, j’ai pu enfin passer à autre chose avec le toit et ça m’a redonné un certain élan. On verra bien quand est-ce que je terminerai, je ne me mets pas la pression. »

Côté budget, Paulo reconnait que les 70 000 euros pour la maison sont déjà atteints :

« Peut-être qu’on sera plutôt autour des 100 000 euros. Mais bon, on sera encore bien en-dessous des prix du marché pour une maison de 130 m². »

Après le défi des murs, l’épreuve du toit

Au printemps 2017 est venu le temps de penser à la charpente. Là encore, Paulo faisait face à une grande inconnue. Comment construire un toit ? Il a trouvé de l’aide auprès d’un charpentier d’Eschbach. L’entreprise lui a découpé toutes les poutres et a dessiné les plans de la toiture :

« Ensuite c’était comme des Lego ! Je n’avais qu’à suivre les plans du charpentier, tout s’emboitait. Il a fait un travail exceptionnel. »

Un charpentier d’Eschbach a découpé les poutres de la maison en pneus. (Photo Sophie Azevedo)

Toujours est-il que Paulo n’avait pas de grue pour monter ses poutres. Alors tels les constructeurs du Moyen-Age, il a dû faire preuve d’imagination :

« Je me suis fabriqué tout un système de sangles, de poulies avec des échafaudages pour monter les centaines de kilos de bois petit à petit. En voyant le résultat, je suis vraiment fier parce que ce n’était pas simple mais comme quoi, on trouve toujours des solutions. »

La charpente de la maison en pneus est terminée (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc)

Sur leur toit, la famille Azevedo aura un potager. Un grand classique des constructeurs de maisons en pneus. Encore une fois, Paulo a trouvé toutes les instructions sur Internet :

« Il faut mettre les bons matériaux pour que ce soit imperméable. J’ai tout trouvé en déchetterie. Après vient la terre par dessus pour planter des légumes. En tout, ça fait un toit d’environ un mètre d’épaisseur. »

De quoi renforcer encore un peu plus l’isolation de la maison.

La famille Azevedo aura un potager sur son toit (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / CC)

Paulo Azevedo empile les couches de polystyrène sur son toit pour renforcer l’isolation (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc)

La construction ne passe pas inaperçue dans le village

Même s’il faudra encore attendre au moins quelques mois pour voir la maison en pneus terminée, elle fait déjà parler d’elle dans le petit village de Lembach. Edith Gerst est la voisine la plus proche :

« Au début, des habitants venaient tous les jours sur le chantier pour voir. Il y avait beaucoup de curiosité. Ça s’est calmé. »

Depuis la rue principale de Lembach, on peut voir la maison en pneus (Photo Sophie Azevedo)

Surtout que, perchée sur sa petite colline, on ne peut pas louper la maison en pneus et sa baie vitrée de plus de 20 mètres de long. Malgré tout, personne ne s’est opposé au projet. Le maire de la commune est aussi allé dans le sens de la famille Azevedo. Paulo a su ajouter la petite touche qui intégrera sa maison au paysage :

« Avec le charpentier, on a vu pour avoir des colombages, on est en Alsace quand même ! »

En attendant de voir le résultat, chacun peut suivre l’avancée des travaux sur le blog et la page Facebook du projet. Si certains sont motivés pour participer quelques jours au chantier, Paulo les accueillera à bras ouverts.

La maison en pneus surplombe le village de Lembach (Photo Maxime Nauche / Rue89 Strasbourg / cc)

#Lembach

Jean Rottner demande à Lilla Merabet de quitter la présidence de Semia

Jean Rottner demande à Lilla Merabet de quitter la présidence de Semia

Pour le déontologue de la Région Grand-Est, le Pr Sébastien Touzé, Lilla Merabet n’a commis aucune faute dans l’affaire révélée mercredi par le Canard Enchaîné. L’hebdomadaire a mis en évidence que la start-up dirigée par le compagnon de Lilla Merabet, FiberMetrix, avait bénéficié d’un accompagnement du Semia, l’incubateur de start-ups financé sur fonds publics dont Lilla Merabet est présidente… En outre, l’entreprise a bénéficié d’un prêt de 600 000€ de Capital Grand-Est, une société de gestion mise en place par la Région Grand-Est où Lilla Merabet est vice-présidente.

« Éviter toute interférence »

Saisi par le président de la Région Grand-Est, Jean-Rottner, le Pr Touzé note que Lilla Merabet n’exerçait pas de responsabilités au sein de Semia au moment où ont été prises les décisions concernant FiberMetrix, comme elle l’a détaillé elle-même dans un e-mail envoyé à des entrepreneurs. Dans ces conditions, il ne peut pas lui être reproché de conflit d’intérêts ou de favoritisme. Toutefois, le déontologue recommande à Lilla Merabet de quitter la présidence de Semia « afin d’éviter toute interférence entre ses fonctions publiques et sa vie privée. »

Jean Rottner et Lilla Merabet au salon business France en 2016 (Photo Jean Rottner / Twitter)
Jean Rottner et Lilla Merabet au salon business France en 2016 (Photo Jean Rottner / Twitter)

Le président de la Région Grand-Est, Jean Rottner, a donc demandé à Lilla Merabet de quitter la présidence de Semia et des instances de décision qui sont rattachées à l’incubateur de start-ups dans un délai de 3 jours. En revanche, Lilla Merabet conserve sa vice-présidence et ses délégations à la compétitivité, au numérique et à la filière d’excellence. En outre, Lilla Merabet doit rectifier sa déclaration de patrimoine auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Jean Rottner profite de l’occasion pour demander au déontologue de faire un état des lieux des risques possibles de conflits d’intérêts liés aux participations des élus du conseil régional dans les organismes financés ou cofinancés par la Région Grand-Est.

Le rapport complet du déontologue

Favoritisme au Semia et à Capital Grand-Est : Lilla Merabet se défend

Favoritisme au Semia et à Capital Grand-Est : Lilla Merabet se défend

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Le conseil municipal de Schiltigheim soutient les enseignants du collège Leclerc

Le conseil municipal de Schiltigheim soutient les enseignants du collège Leclerc
La nouvelle majorité écologiste et de gauche de Schiltigheim va prendre position sur le sort des collèges Leclerc et Lamartine, dont Rue89 Strasbourg vous parlait lundi. Passés les 12 points à l’ordre du jour de la séance de ce mardi 5 juin à 19h, une motion est proposée au vote des 39 élus. À l’occasion d’une refonte de la carte scolaire, les enseignants du collège Leclerc craignent la perte du statut REP (Réseau d’Éducation prioritaire). Le nouveau découpage prévu pour la rentrée en 2019 viserait à envoyer tous les élèves issus du quartier populaire des Écrivains vers le collège Lamartine à Bischheim (REP également), et donc d’y concentrer les difficultés. Le conseil départemental justifie le choix par la taille des établissements.

Des changements dès 2018

Dès la rentrée 2018, les 12 heures de dotation horaire globale hebdomadaires (prévues pour le suivi des élèves en difficultés) des professeurs du collège Leclerc seront supprimées. Elles sont remplacées par la création d’un poste à temps complet de soutien, mais pour une durée d’un an seulement.
Le collège Leclerc à Schiltigheim (photo Salem Slimani – CC Rue89 Strasbourg)
De plus, les élus remarquent que des élèves de CP des écoles Leclerc et Mermoz (toutes deux Rep également) bénéficieraient des classes dédoublées pendant deux ans, avant que ces dernières repassent à 25, une fois le statut perdu. Une motion n’est qu’une prise de position symbolique, mais elle permet de mettre la pression sur les interlocuteurs, à savoir le Département du Bas-Rhin et le ministère de l’Éducation nationale. Et peut-être d’engager un dialogue ?

Après le théâtre au TJP, « on se parle, on s’écoute » au collège de l’Elsau

Après le théâtre au TJP, « on se parle, on s’écoute » au collège de l’Elsau

Huit mois, trois spectacles et quinze séances plus tard, les élèves de 6e des classes à horaires aménagés théâtre ont beaucoup appris. Arrivés bientôt au terme de cette année scolaire, que retiennent-ils et comment ont-ils évolué ?

Jeudi 31 mai, dans la salle de répétition du théâtre TJP de Strasbourg, Marie, Emma et Laurence demandent toute leur attention aux élèves de 6e du collège Hans Arp, un établissement de l’Elsau, quartier populaire à l’est de Strasbourg. Il est 16h45 et cette dernière séance de pratique théâtrale au TJP touche à sa fin. Les prochains ateliers correspondront au second « temps fort » de l’année, dernière ligne droite avant le spectacle. Une semaine intense durant laquelle « il faut savoir gérer sa fatigue et se faire confiance ». Marie en profite pour les féliciter :

« D’ores et déjà vous pouvez être fiers du travail que vous avez accompli. Mais là on va aller plus loin et l’amener aux spectateurs, à vos parents… et aux autres camarades. »

Les élèves travaillent sur l’espace lors d’une séance au TJP (Photo Florence Vaira / TJP / doc remis)

Qu’ils souhaitent devenir acteur ou actrice comme Waïl et Talita, chirurgien comme Marwan ou mécanicienne comme Inès, ces jeunes se sont familiarisés avec le théâtre cette année dans le cadre des classes à horaires aménagés. Des classes exigeantes car elles requièrent une motivation et un investissement importants de la part des élèves comme l’explique Waïl :

« On a plus de travail à faire chez soi que les autres classes, on travaille plus. On doit connaître notre texte, savoir nos leçons… Les horaires sont aussi plus compliqués. »

« Ça a l’air plus facile à la télé »

Les ateliers de pratique notamment ont un côté ludique puisque Marie et Emma leur enseignent le jeu, cela dit ils demandent aussi une bonne dose de sérieux. Les élèves apprennent que jouer la comédie n’est pas si aisé qu’ils auraient pu le croire : « je pensais que c’était salement facile mais en fait non » dit Amina. Talita raconte :

« J’aime le cinéma, j’ai voulu faire du théâtre pour être actrice. En fait je me suis rendue compte que le théâtre n’est pas comme du cinéma, c’est plus complexe. Il y a beaucoup de choses à faire. Ça a l’air plus facile à la télé que de le faire en direct. »

Pour Marie qui les a accompagnés tout au long de l’année, l’important c’est de leur apprendre à travailler en groupe. Fil rouge des ateliers de pratique, ils ont aiguisé cette énergie au travers d’exercices de plus en plus pointus : de celui des « bancs de poissons », qui consiste à créer des images de groupes, à celui sur le « focus » (le centre d’attention), où un des élèves doit spontanément être capable de prendre le leadership et de le signifier aux autres. Un travail primordial :

« Travailler en groupe c’est apprendre à trouver sa place, pouvoir en sortir et devenir un individu que l’on voit puis retourner dans le groupe. Ce travail fortifie l’individu, pour moi c’est un apprentissage de la vie : comment je peux me faire entendre, exprimer clairement ma pensée, exprimer mes émotions. »

Les différents groupes se montrent à tour de rôle les scènes qu’ils ont préparées (Photo : Florence Vaira / TJP / doc remis)

Travailler ensemble c’est aussi savoir regarder, pouvoir avoir de la distance pendant le temps d’observation, voir ce qui fonctionne ou non, pourquoi et le rendre clair. Comme jeudi 5 avril, au Conservatoire. La classe est séparée en deux groupes, l’un prépare une scène de l’Ogrelet : celle où la mère reçoit une lettre de la maîtresse. Comment jouer à six une scène pour un seul personnage ? Ils ont cinq minutes pour préparer une improvisation avec pour seul accessoire une feuille de papier.

Pendant ce temps de préparation, les idées fusent, ils se partagent des rôles : certains se décident pour jouer des éléments du décor, d’autres le personnage ou le narrateur. Une fois leur présentation faite, l’autre groupe s’interroge sur leur improvisation et ensemble ils cherchent à améliorer des idées. Desmond et Hamza font partie de ceux qui sont particulièrement attentifs aux détails, qui participent souvent à ces moments et proposent des idées de mises en scène.

« Dans la classe, il y a beaucoup plus d’ambiance »

Forcément, tout ce travail collectif sur l’écoute ou le fait de s’exprimer a un impact sur la classe. Pour leur professeure, Laurence Guillemaut, les classes théâtre sont tout à la fois très soudées et très extrêmes aussi. Talita précise :

« Dans la classe il y a plus d’ambiance, on partage beaucoup de choses, on se voit aussi en dehors. On se parle, on se dit ce qu’on ressent, on est vraiment sincères avec tout le monde. Et aussi qu’on soit fille ou garçon, c’est pareil. »

L’ambiance générale de la classe n’épargne bien sûr pas des conflits, « dans la classe c’est pas toujours rose, des fois c’est plutôt violet ou rouge » comme le dit Waïl. Mais pour Talita et Amina, « ici quand on s’explique on se pardonne vite. »  Marie, de son côté rappelle que la période du collège peut aussi être remplie de difficultés sur lesquelles il ne faut pas fermer les yeux :

« Il ne faut pas non plus tomber dans l’angélisme, il peut y avoir des problèmes. Le théâtre ne règle pas tout, mais il permet de s’ouvrir, de s’exprimer, ça brasse de l’émotion. »

Lors d’une répétition, Inès lit un passage de l’Ogrelet (Photo Florence Vaira / TJP / doc remis)

Au terme de cette année, les jeunes comédiens ont déjà un aperçu de ce que cette expérience théâtrale a pu changer chez eux, chez leurs camarades, ou encore des progrès qu’ils ont pu accomplir. Salma par exemple suit la classe théâtre depuis le CM1, l’art dramatique fait partie de ses passions avec la danse qu’elle pratique en UNSS au collège. Si de son côté elle avoue qu’au début c’était bizarre de faire des exercices qu’elle connaissait déjà, elle remarque les progrès accomplis par certains comme Mathilde, Helena ou Ilyana qui se sont affirmées petit à petit.

« Je suis beaucoup plus calme qu’avant le théâtre »

Elève plutôt discret, Marwan a 11 ans et vient de la Montagne Verte. Il aime sortir et jouer à la PS4, Fortnite en ce moment. L’année dernière, il était à l’école Gutenberg où sa classe a monté un spectacle, ce qui lui a donné envie de poursuivre en classe théâtre. Il retient de cette année :

« C’est beaucoup plus physique et beaucoup plus dur que je pensais, mais cette année je me suis vraiment mis dedans. Avec l’accumulation des années, j’aime bien l’odeur des théâtres, dire des choses avec les yeux. Je suis aussi plus calme qu’avant. Avant je me battais souvent, si on me disait juste “la ferme” je m’énervais direct. Cette année j’essaye plus de chercher pourquoi les gens se comportent comme ça. Mes parents me disent que je suis beaucoup plus calme qu’avant ; ils m’encouragent à continuer. »

Mathilde vit également à la Montagne Verte. À la différence de certains de ses camarades, elle baignait déjà dans l’univers théâtral, son père est scénographe. D’une nature assez timide, ses parents l’ont encouragée à s’inscrire dans cette classe. Si elle pense que le théâtre l’a « un peu aidée » sur ce point, elle fait partie des élèves qui se sont nettement affirmés lors des ateliers.

Plus excentrique que ses deux camarades, Waïl habite à Lingolsheim et n’a pas rejoint ses amis dans son collège de secteur pour intégrer Hans Arp. Dans la classe, il se démarque par son humour et sa vitalité : « Waïl, avec Talita, ils mettent l’ambiance ! » lance Marwan. Il aime lire, dessiner, faire rire son petit frère ou faire des cascades avec, courir, grimper… En somme beaucoup d’énergie ; « c’est des fois ce qu’on me reproche » ajoute-t-il non sans malice. Pourtant lors des répétitions, il se montre d’une concentration impeccable au moment réciter son texte.

L’Ogrelet est le conte que les sixièmes présenteront (Photo Florence Vaira / TJP / doc remis)

« On n’est pas pareils »

Bientôt ils interprèteront l’Ogrelet, de Suzanne Lebeau ; un conte qui traite de la différence chez les enfants et les jeunes adolescents. Le choix des œuvres s’opère du côté des encadrants du projet, le conte choisi parle de la problématique de la différence, et touche des thèmes corollaires comme le fait de trouver sa place et le harcèlement. Ce texte enthousiasme des élèves, dont Mamé :

« C’est totalement différent des contes qu’on connait d’habitude où c’est souvent des princesses. Dans l’Ogrelet, j’aime bien le côté ogre-humain. Tout le monde a un côté sauvage. »

Et Salma, elle :

« Ce que je trouve intéressant, c’est que dans la pièce on explique qu’on n’est pas pareils. Parfois on le cache mais des fois on voit notre vraie personnalité. »

« Sortir de leur zone de confort »

En ce 31 mai, l’ambiance de fin d’année scolaire se fait sentir. Les jeunes théâtreux sont particulièrement agités, Emma leur demande de profiter de la pause pour revenir plus calmes. Réunis dans la cafétéria, Thalya et Waïl improvisent un concours de danse, d’autres s’installent autour des tables. Laurence en profite pour les féliciter du travail qu’ils ont accompli depuis le début de l’année : « ce n’est vraiment pas facile ce qu’on vous demande et vous vous en sortez très bien. »

Malgré une certaine agitation, des élèves se révèlent au cours de ces dernières séances, c’est le cas d’Ilyana :

« Aujourd’hui Ilyana est vraiment sortie de sa coquille en improvisation : elle a donné son texte avec émotion. Elle s’en est rendue compte mais pas vraiment. Si on peut pousser ça plus loin, que ça donne le courage aux autres d’y aller, de sortir de leur zone de confort. »

Une improvisation de Mathilde et Hamza offre également une scène de théâtre d’une très belle justesse. Les deux collégiens interprètent la mère et l’ogrelet, ils font résonner leurs peurs, laissent passer des silences. C’est avec de beaux moments de jeu comme ceux-là que les séances au TJP se clôturent. Le prochain rendez-vous est donné au conservatoire pour la fin du second temps fort et leur représentation publique.