Les élus d’Europe Écologie les Verts présentent un bilan après quatre ans de mandat sur six au sein des majorités de la Ville et de l’Eurométropole. Ils se démarquent un peu de « La Coopérative / Generation⋅s », nouvelle formation qui les concurrence sur certaines thématiques.
Devinette : qu’est-ce qui différencie les élus strasbourgeois d’Europe Écologie Les Verts (EELV) et « La Coopérative / Generation.s », créée par des transfuges du Parti socialiste et d . . .
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Après une période de négociation avec les syndicats, la direction de l’enseigne Carrefour a communiqué lundi 4 juin une liste de 243 magasins qui devrait fermer prochainement leurs portes en France. En Alsace, un seul magasin est concerné, le Carrefour Contact de La Broque dans le Bas-Rhin.
Le P-DG du groupe Carrefour, Alexandre Bompard, avait annoncé en janvier un plan de « transformation » qui précisait que l’entreprise allait se séparer de 273 magasins. Au mois de février, le quotidien Midi Libre révélait la liste confidentielle de 273 enseignes menacées de fermeture dans toute la France. Seules les boutiques Carrefour City et Carrefour Contact (commerces de proximité en zone urbaine et rurale) sont concernées. Entre temps, un point de vente avait déjà été repris.
Un seul point de vente en Alsace
La liste définitive a été communiqué ce lundi 4 juin lors du comité central d’entreprise de Carrefour et ne contient que très peu de changements. Aucune boutique n’a été ajouté à la liste et moins de magasins ont trouvé repreneur par rapport à ce qui était espéré. Résultat : sur 272 menacés de fermeture, 29 vont être repris ce qui concerne 195 salariés. Le plan de licenciement quant à lui s’adressera à plus de 2 000 salariés sur tout le territoire français. La direction espérait une cinquantaine de reprises.
Près de 59 supermarchés vont être fermés dans la région « Rhin-Rhône », mais l’Alsace qui en fait partie est épargnée. Seul le Carrefour Contact de La Broque situé dans la vallée de Schirmeck fermera ses portes le 30 juin ou le 13 juillet, après un important déstockage.
En Alsace, des anciennes Coop devenues Carrefour
Alors pourquoi les boutiques alsaciennes de l’enseigne ne semblent-elles pas souffrir autant économiquement que les autres ? Un des éléments de réponse pourrait être lié aux rachats des anciennes Coop Alsace en 2014. Près de 129 supermarchés de proximité ont été concernés.
Or, le plan de licenciement économique et les fermetures concernent uniquement les magasins Carrefour dits « de proximité » c’est-à-dire les Carrefour City et Contact, ex-Dia. Ces dernières années, le groupe a en effet opéré en l’espace de peu de temps une vente et un rachat des mêmes enseignes. En 2011, les boutiques ED détenues par Carrefour sont cédées à la marque de premiers prix Dia avant d’être rachetées seulement trois ans plus tard, en 2014. La gamme de produits en rayon a évolué en fonction, en passant d’une offre discount aux prix très bas, à des produits différents, aux prix plus élevés.
Un seul carrefour city va fermer ses portes en Alsace. (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les ex-Coop, une clientèle haut de gamme
Les supermarchés de l’entreprise Coop fondée et installée à Strasbourg depuis 1902, affichaient, à l’inverse du groupe Dia, des prix plutôt élevés. Le rachat par Carrefour aurait même davantage mené à une baisse des prix et la clientèle s’est donc mieux adaptée au changement d’enseigne.
L’unique enseigne bas-rhinoise (ex-Dia) quant à elle, n’échappera pas à la fermeture car aucun repreneur n’a été mentionné pour l’entreprise. Les salariés devraient commencer à recevoir leurs lettres de licenciement vers la fin du mois d’août. Ils seront « dispensés d’activité », une fois le magasin fermé.
La responsable du magasin a indiqué en fin d’après-midi qu’elle n’avait toujours pas été informée en interne de la décision définitive du comité central d’entreprise concernant la fermeture de son établissement.
Une stratégie commerciale ratée
Selon Sofiane Zayani, représentant syndical FO du secteur Rhin-Rhône, cette opération financière dépourvue de stratégie commerciale a causé la perte des 243 supermarchés :
« Je travaille dans le groupe depuis longtemps et on a basculé de droite à gauche ces dernières années. Ils ne connaissaient pas le terrain, les boutiques ont perdu leur identité. On a pourtant alerté la direction pendant des années mais on ne nous a pas écouté. Le modèle économique ne convenait pas car on se retrouve avec des magasins qui ne répondent pas à la demande avec des prix qui on augmenté significativement et des produits auxquels les clients étaient habitués qui disparaissent. »
Des négociations ont été menées au cours des derniers mois et ont abouti à la signature de deux accords le 25 avril dernier par les syndicats FO, CGC-CFE et CFTC dans le cadre d’un PSE (Plan de Sauvegarde d’Emploi). Le premier stipule que la direction devra proposer à chaque salarié trois offres d’emploi (deux internes au groupe et une externe) le plus proche possible de son domicile. Le second concerne les départs volontaires a également été rallié par la CFDT. Il comprend l’accompagnement d’un salarié dans le cadre d’un projet personnel, des indemnités de 3 à 30 mois de salaire et des indemnités complémentaires avec un plancher minimum de 12 000 euros.
La direction a accepté une majorité des revendications des syndicats et les montants des indemnités qui ont été assurés sont au-dessus des dispositions légales.
Le district d’Alsace de la Ligue de football amateur du Grand-Est (qu’on appellera plus simplement la LAFA) a suspendu quatre joueurs pendant 10 matches, suite aux échauffourées qui ont eu lieu en marge d’un match de foot entre l’AS Benfeld et l’AS Mackenheim qui recevait dimanche 6 mai. Après des insultes racistes, une bagarre a éclaté entre 4 joueurs et le terrain a été envahi puis le match arrêté (voir notre article). Les joueurs noirs de l’AS Benfeld ont été particulièrement ciblés, l’un d’eux a perdu connaissance et selon des témoignages, des personnes dans le public se sont avancées vers les joueurs avec des couteaux…
Les sanctions prononcées jeudi 24 mai par la LAFA concernent quatre joueurs, deux de l’AS Mackenheim et deux de l’AS Benfeld. Car, indique la LAFA, il ne s’agit pour l’instant que des premières sanctions quasi-« automatiques » :
« Les événements se sont déroulées en deux temps, il y a d’abord eu une bagarre entre quatre joueurs, deux de Mackenheim et deux de Benfeld. Ils ont tous écopé de cartons rouges et donc de 10 matches de suspension, suite à ces échanges de coups. Le racisme et l’envahissement du terrain, ainsi que les coups qui ont suivi, font l’objet d’une seconde instruction, qui n’est pas encore terminée. Il y aura donc d’autres sanctions à venir, et qui seront vraisemblablement beaucoup plus lourdes. »
Sanctions mal comprises
Mais du côté de l’AS Benfeld, l’entraîneur de l’équipe, Jean-Michel Dietrich, ne comprend pas ces sanctions qui visent deux joueurs noirs de son équipe, Kerfalla Sissoko et Moudi Laouali, et se dit « écoeuré » :
« Nous allons faire appel auprès de la LAFA. Car écoper de 10 matches de suspension, soit quasiment la moitié d’une saison, alors qu’on est victime d’une agression, c’est insupportable. Ils n’ont agressé personne, c’est eux qui se sont faits insulter puis taper dessus, la LAFA renvoie tout le monde dos à dos avec ces sanctions, ça n’a rien à voir avec la réalité de ce qu’il s’est passé ce dimanche. »
Les responsables de l’AS Mackenheim n’ont pas souhaité réagir aux sanctions infligées contre deux de leurs joueurs, « sur ordre de [leur] avocat ».
Pas de racisme selon les gendarmes
De leur côté, les gendarmes achèvent leur enquête suite à ces faits. Après avoir auditionné de nombreux joueurs, membres du public et l’arbitre, ils ne retiennent qu’une seule victime, Kerfalla Sissoko qui avait perdu connaissance, et un seul auteur, qui a reconnu l’avoir frappé. Mais les propos racistes ne n’ont pas pu être recoupés et, en l’état de l’enquête, ils ne seront pas retenus comme facteur aggravant contre l’auteur présumé. La présence de couteaux n’a pas non plus pu être établie. La gendarmerie prévoit de transmettre le dossier au Parquet dans les prochaines semaines.
Les enseignants du collège Leclerc à Schiltigheim cherchent à sensibiliser les parents d’élèves et leur administration sur une modification de la carte scolaire, décidée par le Conseil départemental, qui vise à concentrer les élèves d’un quartier populaire dans un collège voisin.
Les 45 enseignants du collège Leclerc à Schiltigheim n’ont pas fait cours vendredi 11 mai. Et depuis des semaines, ils alertent leurs collègues, les parents d’élèves, leur administration et les élus d’une modification de la carte scolaire, qui va répartir les enfants différemment entre leur établissement et le collège Lamartine à Bischheim.
Cette évolution programmée par le Conseil départemental du Bas-Rhin et appliquée par l’académie dès la rentrée de septembre 2018, vise à mieux répartir la charge prévisible entre les deux collèges, afin que les effectifs totaux avoisinent les 400 élèves par établissement.
Plus précisément, les élèves des écoles Mermoz et Leclerc, issus du quartier populaire des Écrivains, soit environ 120 élèves, seront désormais affectés au collège Lamartine. Conséquence selon les enseignants du collège Leclerc : « on va ghettoïser Lamartine. »
Car si les effectifs seront mieux répartis entre les deux collèges, cet afflux d’enfants provenant de familles aux revenus modestes, voire très modestes, à Lamartine va s’ajouter à ceux issus de l’école des Pruneliers, qui recrute sur le même quartier.
En bleu, le périmètre du quartier des Écrivains. Les trois écoles du quartier enverront leurs élèves au collège Lamartine (doc remis)
En REP, un maximum de 24 élèves par classe
Les enseignants du collège Leclerc voient surtout dans cette opération une manoeuvre pour réaliser des économies. Car actuellement, le collège Leclerc et le collège Lamartine sont classés parmi les établissements du réseau d’éducation prioritaire (REP), en raison d’une forte proportion d’élèves provenant de familles à bas revenus. Ce classement en REP donne plus de moyens aux collèges, notamment pour qu’ils puissent accueillir un maximum de 24 élèves par classe, contre 30 dans les collèges classiques. Les collèges REP bénéficient d’assistants d’éducation supplémentaires, d’un adjoint au principal, de plus d’heures de conseillers principaux d’éducation, etc. À cela s’ajoute une « dotation horaire globale » de 12 heures par semaine en dehors des cours, afin de permettre aux professeurs d’assurer un meilleur suivi des élèves.
En envoyant les enfants du quartier des Écrivains de Leclerc à Lamartine, le collège Leclerc pourrait perdre son précieux statut REP. Une enseignante du collège résume :
« À Lamartine, ils vont se retrouver avec 90% d’élèves boursiers… C’est une bombe à retardement. On sait très bien que sans mixité sociale, les élèves décrochent. Et les profs décrochent aussi en quelques années… ce qui aura des répercussions sur tout le quartier des Écrivains car le collège est un facteur important de stabilité, à condition qu’il puisse jouer son rôle ! Déjà chez nous, c’est très difficile de maintenir un niveau correct des études et une certaine tenue des classes. On ne pourrait pas y arriver sans les renforts du REP, on sait donc que ce sera intenable à Lamartine avec une proportion d’élèves en difficulté supérieure. »
Depuis mai, les enseignants du collègue Leclerc se mobilisent contre « la fin de la mixité » (doc remis)
Adieu les dotations horaires globales
Le premier changement mis en place par l’Académie de Strasbourg est la suppression des 12 heures de dotation horaire globale hebdomadaires des professeurs du collège Leclerc, dès la rentrée de septembre 2018. À la place est prévue la création d’un poste à temps complet de soutien aux élèves en difficulté, mais pour une durée d’un an seulement.
Une « hérésie » selon des enseignants pour qui la qualité de ce travail vient avant tout de la connaissance des difficultés que l’on a de l’élève. D’autant que les missions de ce nouveau poste doivent encore être rédigées par les professeurs eux-mêmes.
« Touche pas à mon REP »
Pour rassembler un maximum de parents, les professeurs du collège Leclerc ont créé le collectif « Touche pas à mon REP ». Outre la journée du 11 mai, ils ont mis en ligne une pétition, expliquant leur démarche et leurs inquiétudes. Conseiller départemental du canton de Schiltigheim et maire de Bischheim, Jean-Louis Hoerlé (LR) se défend de toute accusation de ghettoïsation :
« Il s’agit d’une logique facile à comprendre. Le collège Lamartine a été refait à neuf. Il peut accueillir une centaine d’élèves supplémentaires. Quant au collège Leclerc, il nécessite des travaux de réhabilitation. Sa capacité d’accueil a été dépassée. En plus il n’y a pas de cantine à Leclerc, les élèves quittent l’établissement pour déjeuner à Lamartine et revenir ensuite à Leclerc. »
Enseignant au collège Leclerc et membre du collectif « Touche pas à mon REP », Julien Helary précise :
« Il est vrai que notre capacité d’accueil est atteinte. Mais chaque élève a aujourd’hui une chaise et une table pour travailler. Concernant la cantine, cela concerne au maximum vingt élèves sur 546. Le trajet vers la cantine de Lamartine prend à peine dix minutes. »
Les professeurs du collège Leclerc prévoient de prochaines actions jusqu’en décembre au moins. L’objectif du collectif « Touche pas à mon REP » étant de « se battre jusqu’au bout pour garantir un suivi de qualité aux élèves les plus défavorisés du collège Leclerc. » Le Conseil départemental du Bas-Rhin et le rectorat de l’académie de Strasbourg n’ont pas souhaité répondre à nos questions sur ce dossier.
Entre un déontologue déçu de n’avoir reçu aucune déclaration d’intérêt de l’opposition (éclatée) et cette dernière qui n’en voit pas l’utilité, la culture de la transparence semble encore avoir une belle marge de progrès…
Quatre commerces en pied d’immeubles, c’est un mini-événement à Hautepierre. La municipalité va aider économiquement d’autres implantations de ce type dans ce quartier populaire où la vie commerciale se résume presque à la galerie commerciale d’Auchan.
Ce n’est pas tous les jours que trois responsables de la municipalité se déplacent à Hautepierre, qui plus est pour colporter de bonnes nouvelles. Et vendredi 1er juin, l’adjoint de quartier Serge Oehler (PS), l’adjoint au maire et conseiller communautaire Philippe Bies (PS) et enfin Henri Dreyfus (LREM), conseiller communautaire et président de la Locusem – la société d’économie mixte de l’Eurométropole de Strasbourg qui aide l’immobilier commercial – avaient le sourire pour l’inauguration du Cervantès.
Beaucoup d’habitants, peu de commerces
Le Cervantès, en plus de ses logements privés neufs, a surtout la particularité d’avoir des commerces en rez-de-chaussée, chose rarissime à Hautepierre. Dans ce quartier prioritaire de la Ville (QPV) de 15 000 habitants, la vie commerciale se limite plus ou moins à la galerie commerciale d’Auchan.
Quelques rares autres commerces obtiennent leur salut grâce à leurs heures d’ouverture tardives, lorsque le centre commercial baisse ses rideaux. Un sujet de déception revenu à plusieurs reprises lors de nos conférences de rédactions publiques menées dans le quartier depuis janvier.
Au Cervantès, les 20 appartements sont construits par le promoteur Pierres & Territoires. Une opération initiée il y a six ans tout de même, dans le cadre de la rénovation urbaine de certaines mailles de Hautepierre.
Même entouré d’Henri Dreyfus (à gauche) et de Philippe Bies (à droite), Serge Oehler garde ses lunettes de soleil dans Hautepierre (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pour la partie commerciale, c’est donc la Locusem qui a acheté les rez-de-chaussée pour favoriser l’implantation d’enseignes grâce à un loyer aidé. En 2015, la société parapublique avait déjà aidé l’implantation du supermarché Aldi de l’autre côté de la rue.
Si les élus ont salué cette « nouvelle centralité commerciale », il ne s’agit pas vraiment de commerces où l’on se rend tous les jours, ou encore moins de lieux conviviaux de jour comme de nuit.
Un opticien, un laboratoire, une auto-école et une pharmacie se sont installés dans ces 450 m² au mois de mai. La pharmacie a déménagé de quelques mètres, tout comme le laboratoire, locataire. L’opticien et l’auto-école Top Conduite, aussi implantée à Cronenbourg et près du Musée d’art moderne, sont en revanche de nouvelles installations dans le quartier. Hautepierre étant l’un des quartiers les plus jeunes de France, il n’était pas étonnant de voir des files d’attente ce vendredi matin
Des commerces sous un immeuble, c’est banal ? Pas à Hautepierre (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Un Cervantès 2 avec d’autres enseignes
Mais conforté par ce succès, l’opération sera complétée par « Cervantès » 2, des immeubles voisins où sont prévus 5 à 6 autres commerces, davantage tournés vers la consommation du quotidien, en-dessous des 27 logements aussi construits par Pierres & Territoires.
La Locusem a déjà passé un accord avec une boulangerie. D’autres discussion sont en cours, notamment avec un salon de coiffure, de la restauration et d’autres services. Le démarrage de ces travaux est prévu fin 2018 ou début 2019 pour se terminer en 2020.
Prévu pour 2020, Cervantes 2 ressemblera à Cervantes 1 (image : Pierres & Territoires)
Loyer minoré
Le prix de location pour les commerces est de 10€/m² par an, là où le prix du marché à Strasbourg est estimé autour du double. La Locusem compte rembourser en 15 ans son investissement de 1,1 million d’euros (35% de fonds propres et un prêt bancaire pour les 65% restants). Par ailleurs, les dépenses des commerçants pour aménager leurs locaux ont été remboursées à 30% par le Fonds européen de développement régional (Feder), soit 250 000 euros au total.
La Locusem n’a pas fini ses projets à Hautepierre. Elle va acquérir des locaux de bureaux de 3 500 m² pour les entreprises qui quittent la Pépinière après les 2 ans maximum et souhaitent rester dans le quartier.
Reste que pour tous ces projets, les habitants ont parfois le sentiment que ces infrastructures modernes ne profitent pas tellement aux entrepreneurs du quartier. Les décideurs justifient leurs choix par la robustesse économique des projets présentés.
Serge Oehler se dit très heureux des évolutions récentes :
« Le quartier change énormément. Avant la rénovation, il n’y avait pas de trottoir, ni de pistes cyclables. Il va y avoir la phase 2 de Cervantès, espérons le plus rapidement que la première. Table et Culture s’agrandit. Les mailles Éleonore et Brigitte vont connaitre à leur tour des mutations avec la rénovation urbaine, même s’il ne faut pas laisser penser que l’Anru va tout changer à la vie des gens. »
La CTS (Compagnie des transports strasbourgeois) annonce avoir constaté une panne d’un tiers de ses nouveaux distributeurs de billets sans contact. Le gestionnaire des transports en commun impute le problème à la société Parkeon, qui gère ces nouveaux appareils.
Environ deux mois après la mise en service de ses premiers distributeurs de tickets sans-contact la CTS annonce dans un communiqué vendredi 1er juin d’importantes pannes dans son parc de machines. Ce n’est pas la première fois que ces nouvelles bornes ne fonctionnent pas, mais cette fois-ci, la panne concerne 40 distributeurs sur un total de 150. Aucune station, ni ligne de transport ne semble être plus touchée que les autres.
Une panne due à un problème informatique
Le dysfonctionnement est attribué à une erreur de la société Parkeon. L’opérateur est en charge de la mise en place des appareils, dont le déploiement coûte 10 millions d’euros, et effectue leur maintenance. Selon la CTS, des techniciens de Parkeon auraient réalisé une intervention ayant entraîné l’arrêt accidentel des appareils en question.
40 distributeurs nouvelle génération sont hors service (Photo SA / Rue89 Strasbourg)
Concernant la remise en service des bornes impactées, la CTS n’est pas capable de donner une date précise, mais assure faire le nécessaire pour qu’elle ait lieu le plus vite possible. Elle a notamment mis en demeure son prestataire Parkeon pour que la société règle au plus vite le problème. La date du 1er juin est d’autant plus malheureuse que les abonnés au mois rechargent leur carte Badgeo ce jour-là.
Les anciens billets toujours en vente
La CTS n’ayant pas encore achevé la transition entre le ticket classique et son successeur sans-contact, les utilisateurs peuvent encore se procurer des billets d’ancienne génération au prix de 1,70€ l’unité, et emprunter le réseau. Il est également accessible aux possesseurs de carte Badgeo… s’ils parviennent à recharger leur carte. Les personnes voulant se procurer un titre de transport de nouvelle génération peuvent se rendre à l’agence commerciale de la CTS, au 9 place Saint-Pierre-le-Vieux, à coté de l’arrêt Alt Winmärik.
Le passage uniquement au ticket sans contact est toujours prévu pour le 1er juillet 2018.
Près de 200 lycéens se sont rassemblés jeudi 31 mai dans le hall central du Palais universitaire de Strasbourg. Après avoir passé la matinée à manifester suite à un l’appel national de mobilisation « lycées morts », les élèves ont tenu une assemblée générale afin décider des actions à venir. Une brève irruption des policiers s’est terminée sans heurts.
Près de 200 élèves de plusieurs lycées strasbourgeois ont manifesté dans la matinée de jeudi 31 mai, dans le cadre de la journée de mobilisation nationale « lycées morts ». Des élèves scolarisés aux Pontonniers, à Jean Rostand, Fustel de Coulanges, Marie Curie, Jean Monnet, Jean Rostand, Émile Mathis, Marc Bloch et Louis Pasteur se sont ensuite dirigé vers le Palais universitaire.
Suivi de près par des agents de police durant tout le long de la manifestation, le cortège, a ensuite quitté la route et accéléré la cadence afin de rentrer rapidement dans le Palais Universitaire vers 11h, dans l’optique d’y tenir une assemblée générale.
Nicolas Poulin, co-secrétaire de Sud-éducation Alsace et ingénieur de recherche en statistiques à l’Université de Strasbourg, explique que les agents de police ont couru pour rentrer dans l’établissement en premier et empêcher les manifestants d’y accéder :
« Moi même, il n’ont pas voulu me laisser rentrer. Alors je leur ai précisé que je fais partie du personnel de l’Université de Strasbourg. Je suis donc rentré à l’intérieur du bâtiment et j’ai commencé à les filmer. Puis, je leur ai demandé s’ils avaient été appelés par l’université mais je n’ai pas eu de réponse. Après, ils sont rapidement ressortis. »
Des agents de police sont entrés à l’intérieur du palais universitaire pour suivre le cortège de « lycéens en lutte ». (Vidéo syndicat Sud-Éducation Alsace)
Les services de police expliquent qu’il n’y a pas eu d’intervention mais que des agents présents pour encadrer la manifestation sont rentrés dans la bâtiment en suivant le cortège et accompagnés de personnel de l’université. Les policiers ne sont restés que quelques minutes à l’intérieur du palais universitaire. Dans le cadre d’une intervention, les forces de l’ordre doivent être appelées par le président de l’université.
La Dali (la Direction des affaires logistiques intérieures) de l’université, accompagnée des agents de sécurité privés mobilisés depuis le début des protestations étudiantes et lycéennes sur le campus de l’université de Strasbourg, sont ensuite intervenus pour fermer les portes. Un seul accès a été laissé libre, sur présentation d’une carte étudiante ou de personnel de l’université.
Les lycéens ont tenu leur assemblée générale dans l’aula du bâtiment. L’université a donné son accord pour l’utilisation de cet espace jusqu’à midi.
L’assemblée générale des « lycéens en lutte » s’est donc conclue avant midi et les élèves ont progressivement quitté le bâtiment.
En réponse aux premiers chiffres d’admissions des futurs bacheliers à l’Université de Strasbourg, les élus d’opposition de la liste « Alternative » regrettent l’application des algorithmes de Parcoursup. Ils estiment que certains choix politiques locaux détournent l’argent de l’enseignement, qui permettrait d’éviter la sélection.
Grâce à la plateforme Parcoursup, l’affectation des bacheliers à l’Université de Strasbourg suit son cours. Les annonces chiffrées ne manqueront pas : tout va bien. Il y aura de la place pour tout le monde. Une solution sera trouvée pour chacun. En somme, Parcoursup n’est qu’un « outil ».
Mais un outil pour quoi faire ? En termes d’orientation, on le sait maintenant, APB était plus efficace, plus rapide, plus lisible et moins anxiogène pour les bacheliers. Le tirage au sort n’a jamais été employé à Strasbourg : de bonne foi, on ne pourra donc pas se féliciter d’y mettre fin. En termes de réussite, il faudra désormais attendre « quelques années ». Nous attendrons donc…
Mais en attendant, cet outil permet des changements immédiats. Et ce premier bilan, à tout le moins en demi-teinte, contraste avec l’engouement de la présidence de l’université pour Parcoursup et la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE).
Suivant ce qu’affirme le vice-président Formation de notre université, la sélection n’est pas « le droit de dire non ». La sélection, c’est le droit d’orienter les candidats de telle façon à ce que « certains étudiants n’aient pas l’affectation qu’ils souhaitent au terme du processus ». C’est ce nouveau droit qui est en réalité au cœur de la loi ORE, et Parcoursup est un outil formidable pour sélectionner « certains étudiants ».
« On les casera sur les chaises que personne n’a voulues »
Au 29 mai à 8h, les 3 975 candidats les mieux classés ont confirmé leur choix dans notre université. Les places qu’ils n’ont pas voulues sont maintenant proposées aux autres, mais en priorité, toujours, aux mieux classés. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ne reste que les bacheliers dont l’université n’a pas besoin. On les casera sur les chaises que personne n’a voulues, pas même eux. Et s’ils ne viennent pas ou ne restent pas, personne ne se plaindra. Parcoursup est un outil pour les premiers de cordée, malheur aux autres.
Pour éviter que des étudiants s’assoient sur des marches ou des chaises en amphi, ici en novembre 2016 à Strasbourg, il faut surtout plus d’enseignants que sélectionner les étudiants selon les élus d’opposition. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
« L’université n’a plus les moyens d’accueillir tout le monde, certains n’ont rien à y faire », a déclaré le président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken, lors du conseil d’administration du 19 décembre 2017.
Notre université n’aurait donc plus les moyens d’accueillir tout le monde… En conseil d’administration, c’est pourtant de l’affectation de millions d’euros que nous décidons à toutes les séances ou presque. Les moyens ne manquent pas… pour des chantiers prestigieux que l’on peut observer en se baladant sur le campus, ou encore pour créer de nouvelles primes.
Moyens limités pour l’enseignement
En revanche, ces moyens se font soudain limités lorsqu’on en vient à l’enseignement… En particulier l’enseignement de base, sans gloire pour ceux qui s’y consacrent et pourtant la raison d’être de nos universités d’État : l’accueil de tous les bacheliers, y compris ceux qui risquent d’échouer, y compris ceux ayant le besoin ou l’envie de se réorienter. Depuis 2010, tandis que le nombre d’étudiants augmentait de 13%, les effectifs enseignants titulaires baissaient de 6% (voir p. 88 du bilan social). La plus forte baisse de France. Sans miracle, l’Université de Strasbourg est maintenant avant-dernière en termes de réussite en Licence.
C’est une question élémentaire et hautement politique, discutée comme telle par son conseil d’administration : Quelle Université de Strasbourg voulons-nous ? À budget contraint, tout n’est pas possible. Pour chaque euro dont on dispose, il faut décider de le mettre dans une mission ou dans l’autre, dans la recherche de notoriété et la valorisation, ou dans les missions fondamentales, ordinaires pour nous, de recherche et enseignement.
Du « tout pour tous » au « tout pour certains »
Le magazine Savoir(s) de l’Université de Strasbourg apporte un éclairage indispensable au choix qui est fait : il faut sortir de « l’hypocrisie du ”tout pour tous” ». Le “tout pour tous”, en matière de savoir(s) est pourtant un idéal, partagé par bon nombre d’universitaires comme de concitoyens. Pour nous, c’est la définition même de l’Université. C’est une nécessité pour que vivent la démocratie et que garde son sens notre devise nationale : liberté, égalité, fraternité.
Parcoursup est l’outil pour mettre fin à l’idéal du “tout pour tous”, et épouser l’idéologie du “tout pour certains”. Pour les uns, de petites filières ultra-sélectives adossées à des diplômes d’université payants. Pour les autres, les amphis qui débordent. Le vice-président formation de l’université a clairement confirmé et assumé ce projet lors du débat consacré au sujet.
Mais cette concurrence généralisée, entre étudiants d’abord, donc entre filières et ensuite entre enseignants au sein même de notre université, favorise-t-elle réellement un enseignement de qualité ? La question est, à l’évidence, fondamentale : l’Université modèle les futurs acteurs de la société, définir l’Université est donc dessiner le monde de demain.
Les membres du Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg, élus sur la liste Alternative
De manière assez inhabituelle le débat sur la place des cyclistes de l’avenue des Vosges au centre de Strasbourg s’est vite personnalisé. Les adjoints Jean-Baptiste Gernet (La Coopérative) et Alain Fontanel (LREM) ont très vite pris position publiquement, ce qui fait que les regards se tournent vers l’adjoint de quartier Robert Herrmann (PS), qui mène au même moment un vaste Grenelle des mobilités à la tête de l’Eurométropole. Or, le dossier sera difficile à traiter avant 2020, ce que le collectif Velorution conteste.
Et si la question des pistes cyclables sur l’avenue des Vosges devenait le premier dossier de la campagne des élections municipales de 2020 ? Certaines écuries ont certes déjà lancé la course côté coulisses, mais difficile à ce jour de distinguer des réelles différences idéologiques entre les prétendants. Si bien que les dossiers de discorde manquent un peu dans le débat, il faut dire un peu étouffé par la « loyauté » exprimée par chacun envers le maire actuel, Roland Ries (PS, mais en retrait), en dépit de l’explosion de sa majorité.
Dès le lendemain de l’action symbolique du lundi 28 mai du collectif Velorution qui consistait à peindre des vélos sur la chaussée de manière éphémère, le premier adjoint au maire Alain Fontanel (LREM) a pris position sur le sujet. Dans un post sur Facebook qui ressemble fort à une première proposition de programme, à près de deux ans des échéances, l’élu estime que l’avenue « ne pourra plus rester en l’état longtemps », et – surprise – qu’il faudrait un jour y installer un tramway. Et même s’il ne le précise pas, les tramways sont toujours bordés de pistes cyclables, une règle de l’aménagement à Strasbourg.
La prise de position a de quoi détonner, une telle ligne ne figure pas dans les schémas à court ni à long terme établis par la majorité, dont il fait partie, aux commandes de la municipalité depuis 2008.
Réaction rapide inhabituelle
Alain Fontanel justifie entre autres sa proposition par les résultats des élections anticipées à Schiltigheim où la maire élue en avril, l’écologiste Danielle Dambach, a fait campagne pour la relance du projet de tram vers l’avenue du Général de Gaulle, abandonné en 2014. Cerise sur le gâteau, ce tracé très hypothétique permettrait de contourner la place de l’Homme de fer, saturée aux heures de pointes par les cinq lignes qui la traversent.
Un post pour le moins étonnant, compte tenu de la prudence habituelle dans son expression de celui qui pourrait être le futur tête de liste « En Marche » en 2020. Dans une réponse à un commentaire, le premier adjoint conçoit que cela « ne pourra plus ce faire dans le cadre de ce mandat ». Mais de quel mandat peut-il bien parler alors ?
L’avenue des Vosges, une bien belle manière d’aller vers 2020 ? (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Alain Fontanel « comprend » le lien avec mars 2020, mais selon lui, les élections ne sont pas l’enjeu :
« Ces problématiques qu’il faut encore aborder dans ce mandat sont indépendantes de la campagne. Je voulais réagir à l’initiative, avec le fait nouveau qui est l’étude promise par l’Eurométropole à la nouvelle maire de Schiltigheim, sur une nouvelle desserte en tram avant 2020. Il ne faudrait pas que cette étude élude le problème du nœud de l’Homme de fer. C’est l’occasion de faire d’une pierre, quatre coups : vélo, contournement de tram, Schiltigheim et une liaison directe entre la gare et le quartier d’affaires qui est prévue dans le contrat triennal. »
Celui qui est aussi président de le CTS oublie en revanche de préciser dans son post qu’il n’avait pourtant pas donné suite à la proposition du collectif pour le tram à Kœnigshoffen en 2017, qui préférait que l’on prolonge la ligne C vers la gare, au détournement de la ligne F sur la rue du Faubourg-National. Ce tracé alternatif, qui reprenait celui voté en 2013, visait à terme à construire un tracé via les boulevards Wilson, Poincaré et Clémenceau pour… rallier le quartier d’affaires Archipel à côté du Parlement européen en contournant la place de l’Homme de fer surchargée.
Alain Fontanel répond :
« C’était un bon projet à moyen terme, mais s’il fallait le faire au moment du prolongement vers Kœnigshoffen, cela aurait été le meilleur moyen de ne rien faire, compte tenu des capacités de l’Eurométropole. Ce n’est pas la même temporalité. »
Au nord, le prolongement imaginé par le collectif pour le tram à Koenigshoffen à moyen terme (doc remis)
Les collectifs ciblent un seul élu
De manière assez inhabituelle, les collectifs Vélorution et Réinventons l’avenue des Vosges adressent leurs demandes à Robert Herrmann (PS), président de l’Eurométropole mais aussi adjoint du quartier Centre-République, et également vu comme un prétendant aux prochaines municipales. En revanche, les collectifs épargnent l’adjoint au maire et conseiller métropolitain en charge du vélo, Jean-Baptiste Gernet (La Coopérative).
Ce dernier prend aussi position sur le sujet, avec une échéance plus rapide qu’Alain Fontanel. Il veut remettre deux propositions au maire Roland Ries et à Robert Herrmann après le défilé de vendredi :
« La première consisterait à une baisse de 30 à 40% des places de stationnement présentes sur l’avenue des Vosges. Cette solution est plus coûteuse et demande une décision politique de la part du maire et de l’adjoint de quartier. La seconde pourrait se faire à moindre coût. La voirie de l’avenue des Vosges doit de toute manière être entretenue. En 2019 et en 2020, pour des questions techniques, le tapis de la chaussée va devoir être renouvelé. On coulera donc un nouveau bitume et il faudra alors effectuer un nouveau traçage des lignes blanches. Je propose donc qu’au moment de ce traçage, on supprime une voie de circulation pour créer ainsi un espace pour une piste cyclable. On a repéré que la circulation avait baissé de 19% sur l’avenue des Vosges entre 2002 et 2013. Il y a donc une tendance à la baisse qui rendrait envisageable cette solution. »
En conseil municipal où le sujet a été abordé au détour d’une question d’actualité, Jean-Baptiste Gernet avait glissé non sans malice que « ce qui est possible au Conseil des XV / avenue de la Forêt-Noire (où l’élu de quartier est le marcheur Olivier Bitz, ndlr) doit être possible avenue des Vosges », en référence à des aménagements cyclables votés pour cette année.
Il faisait écho à la prise de parole précédente qui évoquait le « point noir de l’avenue des Vosges » devenu « dangereux « . Un problème soulevé par… Alain Fontanel. Comme souvent, de part leurs propositions, « La Coopérative / Génération.s » et « En Marche » se retrouvent à prendre en tenaille les élus restés au Parti socialiste.
En plein Grenelle
Contacté, Robert Herrmann, assez discret dans les polémiques entre adjoints, se dit assez étonné par cette prise de position soudaine de deux élus de sa majorité à l’Eurométropole :
« J’ai proposé un Grenelle des mobilités (d’une durée de six mois ndlr) qui traite de ces questions. Jean-Baptiste Gernet et Alain Fontanel le savent et peuvent participer à la réflexion. L’avenue des Vosges est un axe structurant avec des médecins et des avocats qui reçoivent du monde et ce n’est pas anodin,. C’est bien d’ouvrir une voie de dialogue, mais ça demande de l’inscrire dans des budgets. Il y a des crédits qui ont été alloués et le premier adjoint ne peut l’ignorer. Tout ce qui a été promis représente un niveau d’endettement élevé. Il faut y réfléchir de bout en bout car l’avenue des Vosges est longue. »
L’élu de quartier pointe par ailleurs que « des itinéraires bis » pour les cyclistes autour de l’avenue ont été mis en place, notamment devant le tribunal où la place vient d’être refaite.
Les itinéraires cyclables conseillés par la Ville et l’Eurométropole prévoient de contourner l’avenue des Vosges (capture d’écran Strasmap)
Risque d’instrumentalisation
Robert Hermman s’étonne de la tournure du débat :
« Je félicite le collectif pour cet engagement citoyen. Il ne nous avait pas échappé que la création d’une piste cyclable était à l’origine d’un débat depuis plusieurs années. Il se passe une action, mais je trouve que l’on personnalise le sujet. Personnellement, je ne suis pas dans les élections municipales. »
Membres du collectif Velorution, Clémence Pascal et Maxime Ohron se disent conscient du risque d’instrumentalisation, mais n’y voient pas de danger. Au contraire, ils espèrent que cela joue en faveur de leurs revendications :
« Tout cela est prometteur mais bien loin de nous satisfaire. Nous avons besoin d’actes concrets. Messieurs Fontanel et Gernet seraient-il prêts à soutenir un aménagement cyclable provisoire avant la fin de l’année 2018 et tout faire pour la mettre en oeuvre en coopération avec l’élu de quartier ? Il est vrai qu’à ce jour les demandes sont plus adressées à Robert Herrmann, car on a l’impression qu’il est le dernier obstacle, mais il n’y a pas de problème personnel avec lui. Boulevard de Nancy, des plots en plastique pour matérialiser une piste cyclable sur les boulevards ont été mis en place en moins d’une semaine avec les travaux du tram. Ce qu’on espère, ce sont des actions pour la fin 2018. »
Et donc pas en 2020. Les différents pans de la majorité arriveront-ils à se mettre d’accord d’ici là ? Où est-ce dans leur intérêt de se renvoyer les responsabilités ? Le cortège de vélos qui doit partir à 19h place de la République devrait être très suivi, et compter quelques élus. Il ne manque qu’une réflexion de la nouvelle association « Strasbourg demain » pour pimenter l’ambiance.
À l’époque, il n’était pas question d’élections municipales anticipées, même si le contexte politique était déjà tendu, comme souvent dans la cité des brasseurs. C’est l’élue d’opposition Andrée Munchenbach (présidente d’Unser Land et colistière de Christian Ball en 2018) qui avait introduit le recours, là où d’autres opposants et opposantes écologistes et de gauche n’étaient pas allées aussi loin.
Le bâtiment utilisé de 1870 à 1970 avait été vendu pour la somme de 500 000 euros à la société G.E. Lux Promotion immobilière fin 2016. Un immeuble voisin, s’était négocié pour 300 000 euros au même moment. Le maire de l’époque, Jean-Marie Kutner (ex-UDI, battu en avril) s’était targué de l’avoir vendu plus cher que l’estimation des Domaines de France (388 200 euros).
La polémique avait pris encore plus d’ampleur car un citoyen avait aussi relevé que le fils de Jean-Marie Kutner travaillait dans la société choisie. Ce à quoi l’ancien dirigeant avait répondu que son fils n’était pas décisionnaire et ne travaillait plus sur le dossier.
L’ancienne mairie n’était plus utilisée et a été remplacée par des appartements (capture d’écran Google Maps)
Trop d’écart avec le marché
Le juge administratif n’a pas retenu le manque d’information au reste des élus soulevé par Andrée Munchenbach, mais considère en revanche que les prix de vente (490€/m² pour la mairie et 887€/m² pour l’autre bâtiment) ne correspondent pas à celui du marché immobilier schilickois (2 355€/m²). Le juge n’a pas retenu l’estimation des Domaines de France, qui d’habitude fait foi. Selon le juge, le contribuable schilickois se trouve lésé.
Le tribunal a ainsi annulé la délibération des ventes, ce qui peut ouvrir la porte à l’annulation de l’acte. Or le promoteur a engagé des travaux à l’été 2017.
Du côté du cabinet de la nouvelle maire Danielle Dambach (écologiste), qui s’était aussi opposée à cette vente à l’époque, on répond à ce stade que les services juridiques et avocats travaillent sur le dossier pour envisager un appel ou non, et quelles suites à donner au dossier. Des habitants résident dans ces immeubles rénovés.
Près de 150 artistes se mobilisent dans une rue de la Meinau à Strasbourg vendredi 1er et samedi 2 juin à l’occasion de la toute première édition du festival « Plaine Débouchée. » Concerts, ateliers et rencontres avec les artistes qui peuplent les lieux, avec en toile de fond l’histoire et l’architecture de ces bâtiments au passé industriel.
Vendredi 1er juin et samedi 2 juin, l’industrieuse plaine des Bouches, dans le quartier de la Meinau à Strasbourg, accueille un tout nouveau festival : « Plaine Débouchée. » Ce sont les quelque 150 artistes qui occupent les anciennes usines Junkers et Colodor qui ont choisi de se faire connaître et de s’emparer de la rue du Maréchal-Lefebvre pendant deux jours. Une scène intérieure ainsi qu’une scène extérieure accueillent plusieurs concerts et performances.
L’idée du collectif « Plaine Débouchée, » créé pour l’événement, c’est de contribuer à changer l’image du quartier, souvent vu comme une succession d’entreprises industrielles et donc guère vivant.
Faire revivre la mémoire ouvrière
Les organisateurs du festival souhaitent donc mettre en avant l’histoire des deux sites industriels qu’ils occupent, notamment en valorisant l’architecture de ces deux anciens sites de production. Ce quartier est identifié dès 1321, lorsque les bouchers sont autorisés par Strasbourg à faire paître leur bétail dans la plaine qui deviendra ensuite la « Metzgerau » (la plaine des Bouchers).
L’usine Colodor rebaptisée Colod’art date de 1927 et fut construite pour la société Georges Lesieur et Fils. Le site strasbourgeois était principalement destiné au conditionnement et à la distribution des produits Lesieur. Puis, c’est le fabricant de colorants alimentaires Colodor qui a investi l’immeuble. L’artiste Patrick Bastardoz a ensuite été le premier, il y a plus d’une dizaine d’années, à s’installer dans ce bâtiment, devenu Colod’art en 2007. Depuis, de nombreux artistes l’on rejoint et près de huit ateliers ont été aménagés.
Le bâtiment de l’ancienne usine Colodor. (doc remis)
Le site Junkers a lui été réquisitionné au début de la Seconde Guerre mondiale par la firme éponyme, qui fut l’un des principaux constructeurs d’avions d’Allemagne. On y conduisait des essais de moteurs de bombardiers et d’avions de chasse, ce qui explique son allure imposante. Depuis 1993, l’édifice est classé monument historique. L’ancienne usine nazie, abrite maintenant une vaste pépinière artistique.
Les anciennes usines Junkers à Strasbourg (Photo Archi-Wiki / cc)
Pour faire le lien entre les multiples « vies » des ces bâtiments et permettre aux visiteurs de décoder leur architecture, des visites guidées sont proposées, le samedi après-midi à chaque demi-heure par des résidents et des architectes.
La compagnie Mémoires Vives, qui élabore des spectacles qui traitent de l’histoire des territoires et des habitants, sera aussi présente pour mettre en avant cette notion de mémoire collective.
« Ce ne sont pas des Ateliers Ouverts bis »
Pour Nathalie Noulette, membre du collectif « Plaine Débouchée », il est important que la convivialité soit de mise et que les résidents coopèrent et renforcent leurs liens au fils des années :
« L’idée, c’est de faire ensemble. On veut que les résidents puissent créer des synergies avec des projets communs. Ce ne sont pas des “ateliers ouverts bis” où un artiste présente individuellement son travail… »
Les artistes et créateurs des deux sites animeront un village et plusieurs stands au cœur de la rue Maréchal-Lefebvre. La programmation propose des concerts et des performances variées, allant de la danse burlesque au cirque, en passant par une exposition de photos aériennes. Une vidéo de mapping réalisée par Animallions spécialement pour l’occasion sera projetée sur la façade du bâtiment Colod’art au cours des deux soirées du festival.
Petit aperçu du travail de mapping du studio Animallions ! que les visiteurs pourront découvrir les vendredi et samedi soirs. (Photo : doc remis)
Les participants de la soirée du vendredi pourront également assister à une démonstration de danse aérienne du studio l’Envolée alors que l’artiste Patrick Bastardoz réalisera de son côté une vaste peinture en direct.
Parmi les concerts prévus, citons Les Bibouches, un groupe de rap surprenant du Neuhof, composé de deux petits garçons et de leur maman et passé dans l’émission « La France a un incroyable talent, » vendredi après 21h.
Les Bibouches, un groupe familial du Neuhof, très à l’aise sur les réseaux sociaux et pour mettre tout le monde d’accord.
Pour se restaurer, les organisateurs ont prévu une « cantine ouvrière, » avec de grandes tables où seront servies des tartes flambées, des tartines ou encore du jambon à la plancha.
Partis de huit lycées, un cortège d’environ 200 lycéens a traversé les rues de Strasbourg ce jeudi 31 mai, dans la matinée. Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale appelée « Lycées morts ».
À l’heure où plus de 240 000 futurs bacheliers ne savent pas où ils seront affectés à environ deux semaines de leurs épreuves (569 322 ont obtenu au moins une proposition, mais seuls 227 410 en ont acceptée une), ils s’opposent au système « Parcoursup », la plateforme qui remplace Admission Post Bac (APB), et la sélection qu’elle induit à l’entrée de certaines formations des universités.
Le cortège a grossi au fur et à mesure (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Court passage devant le rectorat
Les délégations des différents lycées se sont rejoint au fur et à mesure, comme sur la place de la République, avant de converger devant le Rectorat, près des Halles. Devant l’institution, bien gardée par plusieurs policiers, ils ont entonné quelques slogans, avant de partir 5 minutes plus tard. Le cortège était encadré par quelques policiers en scooter pour organiser la circulation et superviser l’avancée du groupe.
Les manifestants ont scandé les slogans habituels contre la réforme de l’orientation et la plateforme Parcoursup (« fac ouverte à tous les bacheliers » ; « trions les déchets, pas les bacheliers », « Et Parcoursup, c’est dégueulasse » etc.), ainsi que « Mc Do paie tes impôts » en passant devant l’un des restaurants américains ou encore « solidarité avec les cheminots » devant la gare, elle aussi bien gardée.
Dans la rue du rectorat à une centaine de mètres, sous le regard d’une habitante (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Attablés à certaines terrasses du centre-ville, les passants ont beaucoup regardé le cortège avec un air étonné (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
8 lycées mobilisés, pas de blocage
Des élèves scolarisés aux Pontonniers, à Jean Rostand, Fustel de Coulanges, Marie Curie, Jean Monnet, Jean Rostand, Émile Mathis, Marc Bloch et Louis Pasteur ont participé à la mobilisation.
Les étudiants n’ont pas procédé à des blocages physiques devant leurs établissements, pour éviter les interventions des forces de l’ordre ou des sanctions de leur administration. Le contexte est tendu, à Paris 27 lycéens avaient été interpellés le 22 mai et 14 seront présentés devant un juge. À Strasbourg, deux lycéens ont aussi été passé plusieurs heures en garde à vue après une manifestation.
Devant le lycée Marie Curie, l’un des organisateurs a aussi tenté de mobiliser d’autres élèves en rappelant les heures de colles, voire les jours d’exclusion qu’ont connu quelques leaders du mouvement.
Après la manifestation, les lycéens se sont ensuite rendus au Palais universitaire, non sans quelques accrochages avec des policiers, pour y tenir une assemblée générale, afin d’aborder les suites à donner à leur opposition.
A quelques mètres de la gare. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Devant la gare de Strasbourg (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Une école de navigation à plus de 600 km de la mer ? Le lycée Emile Mathis de Schiltigheim propose aux jeunes en mal d’aventure de se préparer à devenir matelot, voire capitaine. Une formation atypique, pour un métier qui l’est tout autant. Embarquement à bord du bateau-école du lycée, le « Prinses Irene ».
Vendredi, 9h00. Au fond des quais déserts de Croisieurope, un joyeux ballet anime les berges du bassin Vauban. Le bateau-école du lycée Mathis va bientôt appareiller. Les élèves chargent affaires et matériels. Quelques collégiens, accueillis pour une demi-journée de découverte, ont bien du mal à trouver leur place dans ce mouvement. Un couple de parents explore au contraire le bateau avec aise : ce sont des bateliers venus voir dans quelles conditions Fabien, leur fils, prépare son Bac pro « transport fluvial ».
Une filière confidentielle
Le lycée Mathis, à Schiltigheim, est un des seuls établissements en France à proposer cette formation, avec un autre lycée professionnel, situé à Montélimar, et un centre de formation en alternance en région parisienne. Si le transport fluvial fleurit aujourd’hui dans les discours sur le développement et la mobilité durables, le métier reste, lui, très confidentiel et peine à recruter.
Atelier de noeuds marins sur le pont du « Prinses Irene » (Photo Lycée E. Mathis).
Être marinier n’est pourtant plus une vocation héritée. Le secteur a connu une crise très brutale avec le développement du transport routier, et de nombreuses filles et fils de bateliers ont tourné le dos à la profession de leurs parents.
Au lycée Mathis, Fabien fait ainsi figure d’exception. La grande majorité des élèves vient « d’à terre », comme on dit encore dans le milieu. Mais pour ces jeunes tout juste sortis du collège, la section fluviale est rarement un choix de conviction ; il s’agit plus souvent d’une solution par défaut pour des élèves en mal d’orientation et que rebutent des études classiques.
Un bateau pour école
Le “Prinses Irene” est un bateau-école hollandais, acheté par la Région en 2005 et géré par le lycée Mathis. Quatre professeurs, tous d’anciens professionnels, composent l’équipage enseignant. Avec sa salle de classe, ses cabines, sa cuisine et, bien sûr, son poste de commande, le bateau-école peut accueillir une vingtaine d’élèves en simultané. Ils sont, cette année, 19 inscrits en Seconde, 20 en Première et 16 en Terminale, auxquels s’ajoutent quatre adultes bénéficiant d’un accès aménagé. Chaque classe passe un jour et demi par semaine sur le bateau. Les élèves effectuent également, chaque année, un stage en entreprise, dans le secteur du fret ou du passager.
Comment ils ont attrapé le virus de l’eau
C’est le cas de Silvino, aujourd’hui élève en Première :
« À la fin de ma Troisième, je ne voulais pas rester à l’école. J’ai fait une journée d’immersion sur le bateau-école, le « Prinses Irene », qui m’a beaucoup plu. J’aime être sur ce bateau, je voudrait passer encore plus de temps à bord ! ».
Arrivé par hasard dans la formation « transport fluvial », Silvino a attrapé le virus de l’eau (Photo NS / Rue89 Strasbourg)
À la barre du bateau, qu’il est chargé de guider hors du port de Strasbourg, l’élève semble effectivement à l’aise. Il se confie :
« Ce qui me plaît dans cette formation, c’est le sentiment de liberté que l’on a à bord du bateau et le fait de voir du pays. Lors de mon premier stage, sur un bateau de transport de marchandises, j’ai navigué jusqu’en Slovaquie ! Ensuite, il y a l’esprit d’équipe à bord, qui nous encourage à progresser, et le côté touche-à-tout de la formation, qui fait que lorsqu’on sort avec notre Bac « transport fluvial », on est très polyvalents ».
De Schiltigheim, on voit la mer
D’autres élèves du lycée Mathis viennent de plus loin, comme Louis, nantais d’origine, qui voulait au départ travailler sur un navire de mer. Mais la filière est compliquée à intégrer ; des proches lui conseillent finalement de se réorienter vers le fluvial. Avec une difficulté supplémentaire pour cet élève venu de l’autre bout de la France : celle de trouver une solution pour se loger à Schiltigheim le week-end. Les différents internats de l’Eurométropole sont en effet fermés en fin de semaine.
A 17 ans, Louis passe ainsi ses week-ends en colocation. Il témoigne :
« Le fait d’être si loin de ma famille, c’est vrai que c’est fatiguant, mais cela m’a fait grandir. Et la formation en transport fluvial ouvre des portes. Il n’y a pas de routine. On fait plein de choses différentes : de la mécanique, de l’électricité, de la peinture… Des compétences qu’on peut ensuite utiliser partout. La batellerie, c’est vraiment un métier intéressant, cela m’étonne qu’il y ait si peu de personnes qui choisissent cette formation ».
La difficulté tient peut être au fait que le transport fluvial demande une certaine maturité à des jeunes qui doivent accepter d’être absents de chez eux pendant de longues semaines et peuvent vite se retrouver responsables de bateaux transportant des milliers de tonnes de fret ou des centaines de passagers. Mais hors des schémas classiques, le secteur offre à l’inverse de belles opportunités d’évolution professionnelle et des reconversions originales.
Vidéo réalisée par les élèves de la section fluviale du lycée E. Mathis, à bord du « Prinses Irene », lors d’un voyage à Coblence.
Le fluvial, une aventure humaine
À 34 ans, Sébastien est un bon exemple de ce type de profil à la recherche d’un nouveau départ. Papa d’une fillette de 4 ans, il a travaillé pendant plus de dix ans dans le secteur médico-social avant de faire le pari de changer de métier. Il s’explique :
« Les horaires et les conditions de travail ne me plaisaient plus. Le fluvial, à l’inverse, c’est un peu un rêve de gosse. J’ai plusieurs amis dans le secteur. Mon objectif est d’ailleurs de prendre la relève de l’un d’eux, artisan sur son propre bateau, lors de son départ en retraite ».
Pour Sébastien, le fluvial était un rêve de gosse (Photo NS / Rue89 Strasbourg)
Aujourd’hui, Sébastien prépare un CAP en un an, ce qui l’oblige à suivre à la fois les cours de Seconde et de Première, tout en assimilant les matières générales au programme. Le diplôme de niveau IV qu’il possède en sciences médicaux-sociales ne lui donne en effet droit à aucune équivalence.
Mais le trentenaire ne regrette pas son choix :
« Le transport fluvial, c’est avant tout une aventure humaine. C’est un métier où la maturité est importante, du fait des responsabilités qu’on a vite sur les épaules. C’est aussi un métier difficile, qui a ses contraintes et demande de la passion pour pouvoir les assumer. Mais l’évolution du secteur est encourageante et donne envie de se lancer ».
Dans la morosité économique ambiante, la filière fluviale fait en effet figure d’exception. Le Bac pro « transport fluvial », créé en 2014, a affiché pour ses premières promotions des taux de réussite proches de 100 %. Mais surtout, les élèves sortant du CAP comme du Bac n’ont aujourd’hui aucun mal à se caser. Sur le Rhin en particulier, le transport de conteneurs et de marchandises est reparti à la hausse. Le boom des croisières fluviales amène les compagnies à s’arracher timoniers et capitaines. De quoi dynamiser évolution professionnelle… et salaires.
Mathieu, 25 ans, capitaine d’un pétrolier de 3 000 tonnes
[caption id="attachment_136964" align="aligncenter" width="650"] Aux commandes de son bateau-citerne, Mathieu voit défiler les berges du Rhin (Photo Mathieu Stegmiller).[/caption]
Comme de nombreux jeunes de son âge, Mathieu ne savait pas ce qu’il voudrait faire à la sortie du collège. Mais il ne voulait pas d’un métier de routine, aimait les voyages et voulait pouvoir évoluer dans son travail. C’est un membre de sa famille, travaillant au lycée Mathis, qui lui a parlé de la filière fluviale.
Sorti du CAP en 2010, Mathieu était encore trop jeune pour aller travailler. Il a alors effectué une année de lycée, dans la spécialité « sécurité incendie », puisque le Bac professionnel transport fluvial n’existait pas encore.
Ensuite, tout s’enchaîne. Matthieu est d’abord matelot sur le bateau d’un artisan français, avant d’intégrer Croisieurope où il apprend à naviguer sur le Rhin. En 2015, il passe sa patente, le permis de navigation propre au Rhin, pour ensuite intégrer une formation de capitaine propre au croisiériste. Mais le rythme de travail est difficile, avec de longs mois de navigation ; fin 2017, Mathieu part travailler comme capitaine salarié sur un bateau citerne.
Avec le recul, il estime avoir bénéficié d’une évolution professionnelle assez rapide :
« Il y a une part de chance dans ce métier, qui repose beaucoup sur la transmission du savoir des plus anciens. Pour évoluer, il faut tomber sur le bon capitaine et le bon bateau ».
Mathieu aime son métier et aime en parler. Sa prochaine étape : travailler sur un bateau plus grand, de 135 mètres de long.
Aller plus loin
Sur Ac-Strasbourg.fr : Le site Internet du Lycée Emile Mathis avec une de ses pages à la formation fluviale
L’European Youth Event (EYE) réunit plus de 8 000 jeunes de 50 nationalités à Strasbourg vendredi 1er et samedi 2 juin, pour un sommet sur « l’avenir de l’Europe. » Rien de moins.
Vendredi et samedi, des milliers de jeunes venus de toute l’Europe vont déferler dans les rues de Strasbourg. La ville accueille pour la troisième fois de suite l’European Youth Event (EYE), qui se tient tous les deux ans depuis 2014. La rencontre organisée par le Parlement européen souhaite donner la parole aux jeunes, pour échanger sur l’avenir du vieux continent. Les participants seront invités à débattre de cinq grands thèmes : la révolution numérique, le partage des richesses, la sécurité, la protection de la planète ou « une Europe plus forte ».
Plus de 400 activités à travers la ville
Le coup d’envoi des festivités sera donné le vendredi 1er juin à 10h. Le président du Parlement européen Antonio Tajani, (PPE, droite européenne), sera présent sans pour autant prendre la parole, accompagné du maire de Strasbourg Roland Ries. Se succéderont pendant les deux jours conférences, débats, mais aussi projections et performances artistiques. La plupart des activités seront traduites en français, allemand et anglais.
La manifestation est ouverte aux jeunes venant d’un pays d’Europe (même hors Union européenne), sur inscription préalable. En revanche, les événements se situant hors des murs du Parlement européen, notamment dans les chapiteaux sur le parvis, sont cependant ouverts à tous. Les participants sont majoritairement issus d’organisations de jeunesse comme le « Mouvement Européen » ou « Les jeunes européens ».
Pour sa première édition en 2014, l’European Youth Event avait rassemblé 5 000 jeunes. (Photo Michel Christen / Parlement européen)
Samedi de 17h à 19h, quelques propositions élaborées pendant ces deux jours doivent être restituées en cérémonie de clôture, en présence de l’un des vice-président, l’Espagnol Ramón Luis Valcarcel Siso (PPE). Au terme du rassemblement, l’European Youth Press, une association de jeunes journalistes européens partenaire de l’événement, rédigera un rapport contenant l’essentiel des recommandations.
Cet « EYE Report » préconisait en 2014 un système unique de vote dans toute l’Europe, un revenu de base européen ou un plan Marshall pour la jeunesse à hauteur de 2% du PIB de l’Union européenne. Des propositions qui sont loin d’avoir trouvé un écho auprès des parlementaires européens, bien au contraire. Les élections européennes de 2019 auront lieu une nouvelle fois sur des échelles nationales…
Le samedi soir est quant à lui plus festif, avec notamment une projection en plein air de « La La Land » au Jardin des Deux-Rives. Un grand succès américain pour conclure ce grand rendez-vous européen ! Il faut s’attendre à ce que beaucoup de jeunes fassent la fête dans les rues de Strasbourg vendredi et samedi soir.
Cap sur les européennes de 2019
Les organisateurs de la manifestation le savent bien, les élections européennes ont du mal à passionner les foules. Le constat est encore plus amer chez les jeunes : seulement 27% d’entre eux se sont déplacés aux urnes en 2014. L’événement marque le lancement officieux de la campagne des élections européennes 2019.
Pour tenter d’inverser la tendance, l’European Youth Event lancera une opération « En 2019, je vote ! » co-organisée avec la Ville de Strasbourg, autour de l’importance de l’Union européenne dans la vie quotidienne des jeunes.
Y aller
European Youth Event le 1 et 2 juin 2018, Parlement européen à Strasbourg. Les organisateurs ont prévu une retransmission en direct sur les réseaux sociaux et via l’application l’application mobile gratuite « EYE 2018 ».
Selon le Canard Enchaîné du mercredi 30 mai (qui n’a pas d’édition en ligne), Lilla Merabet, vice-présidente de la Région Grand-Est « en charge de la compétitivité, du numérique et de la filière d’excellence, » a omis de notifier la Haute-autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qu’elle détient 90% des parts d’une holding financière, Oxymore Resolution. Mais surtout, l’hebdomadaire satirique révèle que le Semia, un incubateur de start-ups régionales, a « permis et alimenté le développement de Fibermetrix, une start-up spécialisée dans les rayons X, dirigée par le compagnon de Lilla Merabet. » Or il se trouve qu’avec sa délégation à la Région, Lilla Merabet est présidente du Semia.
En outre, FiberMetrix a bénéficié d’un investissement de 600 000€, en provenance d’un fonds géré par Capital Grand Est, une société de gestion en partie détenue par la Région Grand Est…
Lilla Merabet en décembre 2015 (Photo Jean-Philippe Vetter / Facebook)
Lilla Merabet a répondu au Canard qu’elle « ne connaît pas toutes les start-ups que nous subventionnons, » ce qui fait réagir l’hebdomadaire satirique qui se demande « Et son conjoint ne lui dit rien ? »
Président de la Région Grand-Est, Jean Rottner a demandé au déontologue de la collectivité de se pencher rapidement sur cette affaire. Il devrait rencontrer sa vice-présidente lundi et s’exprimer ensuite. Le groupe socialiste et républicain du Conseil régional n’a pas attendu pour s’exprimer en revanche et a jugé dans un communiqué que ces éléments sont la « preuve d’une très mauvaise présidence… ». Le groupe Front national a également embrayé dans la journée pour se demander si l’élue passée de l’UDI à LREM « aura-t-elle la décence de démissionner » ?