Le groupe Crédit Mutuel a présenté ses résultats financiers jeudi. Sans surprise, le groupe mutualiste de banque et d’assurances a terminé l’année 2017 avec un résultat net de plus de 2 milliards d’euros. Ils viendront s’ajouter aux quelques 40 milliards de fonds propres dont dispose le groupe. Mais pour quoi faire ?
Les dirigeants du Crédit Mutuel Centre-Est Europe avaient le sourire jeudi 22 février, à l’occasion de la présentation des résultats financiers du groupe mutualiste basé à Strasbourg. Encore une fois, le résultat consolidé de groupe Crédit Mutuel CM11 (qui agrège toutes les caisses adhérentes à la caisse fédérale centre-est Europe) termine l’année 2017 avec un résultat net de 2,4 milliards d’euros après impôts.
Et encore, ce résultat net est en retrait (-10,5%) par rapport à l’an dernier, le groupe avait engrangé 2,6 milliards d’euros en 2016… après 2,5 en 2015, 2,4 en 2014, etc. Raison de ce retrait relatif ? Une bête surtaxe de près de 300 millions d’euros, imposée par le gouvernement en novembre pour compenser l’inconstitutionnalité de la taxe sur les dividendes. Sans cette augmentation de leur imposition (+40%), le groupe aurait encore battu son record de rentabilité puisque son résultat d’exploitation est en augmentation de 8,5% à 4,7 milliards d’euros.
Daniel Baal et Nicolas Théry, président du groupe Crédit Mutuel CM11 (Photo Roger Haeffele / Crédit Mutuel)
Que faire avec 41 milliards d’euros ?
Fin 2017, les fonds propres du groupe Crédit Mutuel CM11 s’établissent à… 41 milliards d’euros. Mais à quoi sert tout cet argent ? Rappelons qu’avec trois fois moins, l’entrepreneur Elon Musk a entrepris de coloniser Mars. Pour Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel CM11, on n’est jamais trop prudent :
« C’est la Banque centrale européenne qui nous oblige à disposer de fonds propres importants, pour garantir nos encourts. Ces 41 milliards d’euros peuvent apparaître comme beaucoup d’argent, mais en réalité, ils servent de gage pour les quelques 600 milliards d’euros que nous prêtons aux entreprises et aux particuliers. Et si cette somme fait de nous le premier groupe français, nous ne sommes plus au sommet de la pyramide à l’échelle européenne ou mondiale. En outre, en tant que groupe mutualiste, nous ne pouvons pas faire appel à des actionnaires en cas de gros coup dur. »
Le Crédit Mutuel entend donc continuer comme ça aussi longtemps que possible, c’est-à-dire en proposant à ses quelque 24 millions de clients un mix de services bancaires, d’assurances, de téléphonie et d’autres services de proximité. Sa stratégie 2019-2023 s’appelle « ensemble #nouveaumonde »… et l’idée est de diversifier les activités du groupe afin de ne pas se laisser enfermer dans un univers bancaire qui pourrait rapidement s’effriter.
Pas de technologisme au Crédit Mut’
En introduction jeudi, Nicolas Théry a eu un petit mot pour rappeler qu’Amazon commence à proposer des services bancaires et d’assurances… Signe que les temps de la banque à papa sont bien révolus et que le groupe a intérêt à rapidement trouver d’autres positions. Pour le président du groupe, pas question de céder au tout-technologique cependant :
« Nous n’avons pas proposé de banque tout en ligne. Nous pensons que le modèle d’avenir mêle des services accessibles dans l’univers numérique avec une présence physique. Nous avons un réseau de 4 000 agences. Notre objectif n’est pas d’en fermer le plus possible mais plutôt de profiter de ce réseau pour qu’il vienne en complémentarité avec le réseau numérique. Nous avons déployé Watson, un système d’intelligence artificielle qui aide les conseillers, mais pas pour supprimer des conseillers, plutôt pour que ces derniers puissent passer plus de temps avec nos clients. »
Si ces mêmes conseillers pouvaient être un peu mieux payés à l’occasion, ils ne seraient sûrement pas contre non plus.
À Hautepierre, à l’ouest de Strasbourg, tous les lundis et vendredis matin, les bénéficiaires des Restos du Cœur viennent récupérer quelques denrées alimentaires et une aide bienveillante. Mais les locaux mis à la disposition de l’association caritative sont trop petits et l’attente se fait dehors, sous la neige en hiver et en pleine chaleur en été. Reportage à l’Espace associatif du quartier, où les bénévoles se démènent dans des locaux peu adaptés.
Quartier de Hautepierre, à l’ouest de Strasbourg, 8h50, un vendredi matin. Le temps est clément pour un mois de février : il fait 6 degrés, le ciel est plutôt clair. Un petit groupe d’habitants du quartier est déjà présent devant l’Espace associatif, mis à la disposition des Restos du Cœur par la Ville de Strasbourg, qui possède les lieux. Une rangée de chaises a été installée juste devant l’entrée. À 9 heures pétantes, un bénévole des Restos du Cœur sort la tête du petit bâtiment : « Bonjour, on peut commencer. Sortez vos cartes s’il-vous-plaît ! »
Les bénéficiaires présents, sac-cabas dans une main, carte de bénéficiaire dans l’autre, pénètrent dans le bâtiment. Pas plus de sept personnes à la fois : « Pour des raisons de sécurité, on ne peut pas faire rentrer plus de sept bénéficiaires dans le local. Donc s’ils viennent à deux, un seul d’entre eux peut rentrer, l’autre doit attendre dehors », explique Françoise, bénévole depuis quatre ans aux Restos. Exception faite aux personnes handicapées et aux jeunes enfants.
Une fois dans le sas d’entrée de l’Espace associatif, chacun fait la queue et attend de pouvoir présenter sa carte de bénéficiaire. Un bénévole fait quelques vérifications sur son ordinateur… Direction l’espace de distribution, quelques pas plus loin.
Accompagnés de leur petit caddie à roulettes, les bénéficiaires rencontrent d’abord Marie : yaourts ou fromage blanc ? Combien de bouteilles de lait ? Chacun choisit, en fonction du nombre de points dont il dispose et de ses besoins.
Puis c’est l’étal des « aliments protéinés », de la viande ou du poisson. Là aussi, les bénéficiaires ont le choix, et les aliments proposés changent à chaque fois, en fonction des arrivages et des dons.
Les aliments proposés aux familles proviennent des dons des particuliers, des supermarchés, et d’achats gérés au niveau national par les Restos du Cœur. (Photo EB – Rue89 Strasbourg)
« Pas avant, pas après »
Un bénéficiaire parti, il faut déjà passer au suivant, et réapprovisionner les étals au fur et à mesure qu’ils se vident… Tout le monde s’active : il faut pouvoir distribuer les denrées à 25 familles chaque demi-heure. Et elles sont 150 chaque jour de distribution. Autant dire que l’on n’a pas le temps de fignoler…
Alors il a fallu mettre en place une organisation presque militaire : chaque famille, à son inscription, a reçu une petite carte jaune, où sont indiqués le jour et l’horaire (à la demi-heure près) où elle doit venir chercher ses denrées.
« Pas avant, pas après » : Eliane, une bénévole, insiste sur la ponctualité. C’est autant une question d’organisation pour l’équipe des bénévoles que pour éviter aux bénéficiaires d’attendre dans le froid, ou sous le soleil en été, précise-t-elle.
Les cartes de distribution permettent à chaque bénéficiaire de savoir quand il doit venir. Au verso, est précisée la date de la prochaine distribution. (Photo EB – Rue89 Strasbourg)
À l’étal « accompagnements », on retrouve Jean-Pierre, la soixantaine, avec son petit caddie à roulettes. « Des lentilles ou des pâtes ? », lui demande le bénévole chargé des boîtes de conserve et des aliments secs. Va pour une boîte de lentilles.
Prochaine étape : les légumes frais. Pour Yasmina (le prénom a été changé), ce sera chou et kiwis. Enfin, le coin sucré : du sucre, du café, de la confiture… Et le pain, un par personne, deux lors des grands jours. Aux céréales, complet, au seigle… Ce jour-là, il y a aussi du pain sans sel.
Les Restos à Hautepierre doivent faire face à des demandes toujours plus nombreuses… Quand les bénéficiaires sont refusés, faute de place, ils sont redirigés vers les Restos de la Meinau. (Photo EB – Rue89 Strasbourg)
Un système de points… comme à la cantine
La carte distribuée à chaque bénéficiaire à son inscription précise le nombre de points dont il dispose ; ce nombre diffère selon la taille de la famille. Chaque repas complet « coûte » quatre points : un aliment protéiné (viande ou poisson), un accompagnement, du fromage et un dessert. « C’est le minimum que l’on donne aux bénéficiaires par repas, mais cela dépend bien sûr des arrivages et des dons. Cela peut arriver qu’on donne davantage lorsque les stocks le permettent », précise Daniel Belletier, président des Restos du Cœur dans le Bas-Rhin.
Des petites affichettes précisent le « coût » en points de chaque aliment. (Photo EB – Rue89 Strasbourg)
Au-delà des pâtes, du riz et des légumes, les Restos du Cœur distribuent aussi des vêtements, selon les arrivages. Françoise explique :
« Il y a quelques semaines, on a reçu plusieurs vêtements pour femmes en taille 50, donnés par une boutique du centre-ville. Donc certaines bénéficiaires ont pu recevoir des vêtements gratuits et neufs. En l’occurrence, c’étaient probablement des invendus de Noël, avec des paillettes ! »
À la fin du « parcours de distribution », ce sont des bouquets de fleurs, invendus de la Saint Valentin, qui sont proposés ce jour-là aux familles… À la sortie du petit local de l’Espace associatif, d’autres bénéficiaires attendent patiemment leur tour. Certains se saluent et échangent les nouvelles.
Marie, traînant derrière elle son petit chariot de courses rempli de nourriture, confie :
« Je viens aux Restos depuis un peu plus d’un an. C’est pénible en hiver de devoir attendre sous la pluie et dans le froid. Mais grâce au système que [les Restos] ont mis en place, on n’attend pas trop si on respecte les horaires qu’ils nous donnent. C’est assez bien organisé ! »
Des locaux trop petits, peu adaptés, voire trop chers…
Mais si tout est fait pour que ces distributions soient organisées de manière aussi précise, c’est parce que la configuration des locaux l’exige. Les lieux, mis à disposition par CUS Habitat, sont exigus : entre la dizaine de bénévoles qui distribue les denrées et fait des allers-retours pour réapprovisionner les étals, et les bénéficiaires venus avec leurs sacs-cabas, l’espace d’une quinzaine de mètres carrés est vite encombré.
D’autant que les livraisons s’enchaînent dans la matinée : les livreurs s’affairent, se faufilent entre les bénévoles et les bénéficiaires, des caisses de produits alimentaires sur les bras.
Françoise, qui gère les listes de passage des bénéficiaires depuis son ordinateur, préfère regarder le bon côté des choses :
« C’est vrai que les locaux ici sont petits : on ne peut pas proposer aux bénéficiaires d’attendre au chaud l’hiver. On n’a pas non plus d’espace de convivialité, où ils pourraient prendre un café et discuter avec nous. Mais on n’est pas mal loti ici : c’est neuf et propre et surtout c’est gratuit pour les Restos. »
Dans certains cas, l’association doit en effet verser un loyer aux propriétaires des locaux qu’ils occupent : à la Meinau, dans le nouveau centre qui vient d’être construit, le loyer mensuel s’élève à 5 500 euros… « Tout ce qu’on paie en loyer, c’est d’autant de moins qu’on peut donner aux bénéficiaires », regrette Daniel Belletier.
La plupart des bénévoles des Restos du Cœur sont là depuis des années ; il s’agit le plus souvent de retraités, les actifs et les étudiants étant disponibles sur des périodes plus courtes. (Photo EB – Rue89 Strasbourg)
Mais au-delà de la question du loyer, c’est parfois l’existence même d’un local d’accueil qui pose problème… Le président des Restos dans le Bas-Rhin s’inquiète :
« Les locaux ici sont petits, mais ils ont le mérite d’exister. À Lingolsheim, on devra quitter nos locaux le 31 mars [le bâtiment dans lequel les Restos étaient installés sera détruit dans le cadre de la rénovation du quartier des Hirondelles, ndlr] sans solution de repli : la Ville me dit qu’ils n’ont pas de local à nous proposer, et nous n’avons pas de réponse pour le moment de l’Eurométropole. Donc le 31 mars, on sera à la rue… »
En dernier recours, Daniel Belletier envisage de procéder à des distributions de nourriture par camions. Mais niveau convivialité et qualité de l’accueil des bénéficiaires, on a effectivement vu mieux…
Ça faisait longtemps que nous n’avions pas de nouvelles de Manu, le rockeur libre de la Grand’Rue et d’ailleurs à Strasbourg (voir tous nos articles). Il va bien mais il a oublié deux de ses pancartes au Mac Carthy, un pub où il a ses habitudes près de la fac de médecine.
Le patron, Franck Meneghini, a trouvé là l’occasion d’organiser un petit quelque chose à l’occasion de l’anniversaire de Manu, il aura 41 ans :
« Nous allons organiser une tombola avec tirage au sort samedi 24 février. Le premier lot sera la grande pancarte de Manu, la fameuse « 1€ pour picoler » et le second lot sera la petite pancarte. Une boite sur le bar récolte les participations financières toute cette semaine et tout l’argent récolté ira à Manu. »
Franck Meneghini et Manu le rockeur… (doc remis)
Pourquoi organiser une soirée pour Manu, alors que nombre de commerçants et gérants de bars préfèrent plutôt imaginer des moyens de le chasser ? Pour Franck Meneghini, il s’agit d’une sorte d’hommage :
« Tous les marginaux et autres “punks à chiens” sont les bienvenus chez nous, ils peuvent même venir sans consommer. Nous sommes d’ailleurs sur leur trajet, entre le centre-ville et les faubourgs où ils squattent ou campent. Avec Manu, je n’ai jamais eu de souci. Quand il est trop bourré, je le mets dehors et je lui dis “à demain” et ça se passe très bien. Je le connais depuis que je suis à Strasbourg et c’est vraiment quelqu’un de bien. Donc voilà, cette histoire de pancartes, c’était l’occasion. J’espère qu’il y aura du monde pour participer. »
À l’heure où le mobilier urbain est pensé pour éviter que les personnes sans-domicile ne s’installent, voilà une initiative qui mérite d’être reprise et copiée.
Des techniciens de Vinci sont venus à la Zad de Kolbsheim constater qu’ils ne pouvaient guère travailler sur le tracé du GCO. Des opposants se sont rapidement mobilisés. La suite au prochain épisode.
Des agents d’Arcos (Vinci) avaient annoncé depuis une semaine leur venue près du moulin de Kolbsheim ce mercredi 21 septembre. Dans cette clairière, une petite zone à défendre (Zad) se développe depuis août. Sa dizaine d’occupants conteste la réalisation et l’utilité du Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles), une autoroute payante de 24 kilomètres.
Une dizaine de personnes supplémentaires sont venues avant de garnir les rangs en passant la veille sur place et en dormant dans une grange ou dans la cabane.
Le réseau d’opposants à nouveau mobilisé
À 8h30, une demi-douzaine d’agents d’Arcos et une petite pelleteuse se sont présentées à l’entrée du chemin. Comme lors du blocage des machines en septembre, plusieurs dizaines de personnes des villages environnants ou de Strasbourg ont afflué rapidement.
Il s’agit d’un public familial ou de retraités qui ne loge pas sur le terrain du châtelain mis à disposition par le châtelain Érik Grunelius. Selon les gendarmes, environ 90 personnes étaient présentes. Les forces de l’ordre, réparties dans trois voitures, ont assisté à la scène pour s’assurer que tout se passe bien.
La confrontation, sans heurts, a tourné court selon les opposants présents au moment du face-à-face. Les techniciens, accompagnés d’un huissier, ont simplement constaté qu’ils ne pouvaient guère travailler. Une chaîne humaine s’est dressée devant eux. Sur les chemins d’accès, des petits monticules bloquent l’accès à des véhicules.
Jusqu’à 90 personnes se sont mobilisés selont les gendarmes (photo Zad du Moulin / Facebook)
Pour renforcer un pont ?
Les techniciens ont indiqué que leur venue visait à renforcer des petits ponts qui enjambent des ruisseaux, pour faire passer leurs lourds engins par la suite. Les déboisements ne sont pas autorisés avant le 1er septembre.
Les travaux viseraient à renforcer deux petits ponts (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les constructeurs avaient dit qu’ils reviendraient l’après-midi. S’en est suivi une longue attente sur place, avec informations et impressions contradictoires à l’heure du déjeuner, dans une ambiance somme toute tranquille. La plupart des soutiens étaient repartis en fin de matinée pour revenir plus tard.
En début d’après-midi, les opposants ont patienté en vain. Vers 15h, les habitants comme les soutiens ponctuels concluent que la prochaine visite sera pour un autre jour, avec peut-être davantage de force de l’ordre. Certains repartent, d’autres profitent du soleil, ou vont se réchauffer dans la cabane de la Zad ou encore autour d’un feux.
Comme tous les mercredis, les opposants se retrouvent à 17h devant la Préfecture à Strasbourg pour protester contre la poursuite des procédures, malgré un deuxième avis négatif du Centre national de protection de la nature. Un moyen, aussi, de convaincre de nouveaux soutiens qui ont découvert la Zad ce mercredi.
L’après-midi quelques opposants attendent un éventuel retour des machines (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Près de 10 ans après son inauguration, le centre commercial Rivétoile dans le nouveau quartier Malraux veut s’agrandir. L’enseigne a déposé un dossier à la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) qui sera examiné le mardi 27 février.
Cette extension de 1 136 m² vise à atteindre 19 023,90 m² de surface commerciale, soit un agrandissement de 6,3%. Dans le détail, le centre commercial prévoit des surfaces pour 12 boutiques (des « cellules commerciales » dans le jargon), respectivement de 50, 56, 92, 150, 55, 37, 152, 74, 29, 131, 100 . . .
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Forts d’un nouveau sondage pour la « renaissance » de l’Alsace (qui ne laissait pas la possibilité de dire qu’elle n’a guère disparu) les partisans d’un retour d’un conseil régional d’Alsace se sentent pousser des ailes. Ainsi, 10 parlementaires « Les Républicains » d’Alsace demandent au président Emmanuel Macron un référendum sur« la sortie du Grand Est et l’organisation d’une nouvelle région Alsace » dans une lettre que la radio publique France Bleu Alsace s’est procurée.
Pas de centre-droit ou de marcheur
Sans surprise, on retrouve dans les signataires des élus alsaciens de « Les Républicains », un sénateur de ce qu’il reste de l’UDI (Claude Kern), mais aucun des 6 députés « En Marche », pas plus que la sénatrice haut-rhinoise. Patricia Schillinger, qui a pris ses distances dès le début avec le Parti socialiste pour soutenir Emmanuel Macron.
Drôle de télescopage. Le président du Bas-Rhin, Frédéric Bierry (LR), à la pointe sur ce sujet depuis plusieurs années, gardait cet atout en dernier recours si les discussions actuelles s’avéraient décevantes. En attendant, il acceptait de faire des concessions, notamment de rester dans le Grand Est en fusionnant les deux départements, tout lui chippant des pouvoirs.
Mais les parlementaires alsaciens de la même famille politique lui coupent l’herbe sous le pied. Brigitte Klinkert (LR), à la tête du Haut-Rhin, n’est pas plus signatrice. Curieux.
Par rapport aux manifestants de 2014, plus de Philippe Richert, Antoine Herth ou Jean Rottner… (photo Facebook Antoine Herth)
Des absents, stratégie désordonnée
Notons que dans cette brochette manquent les trois membres fondateur « d’Agir », le nouveau parti de centre-droit aussi connu sous le nom des « constructifs », à savoir Olivier Becht, député de Mulhouse-sud, Antoine Herth, député de Sélestat et environs, ainsi que Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin.
Pour « Les Républicains », manquent aussi le sénateur bas-rhinois Guy-Dominique Kennel, Jaques Cattin et Jean-Luc Reitzer, députés « Les Républicains » (non-membres d’Agir) du Haut-Rhin, ainsi que le sénateur UDI Jean-Marie Bockel. De manière plus logique, le sénateur socialiste bas-rhinois Jacques Bigot n’est pas non plus de la partie.
Alors que le préfet du Bas-Rhin et du Grand Est, Jean-Luc Marx, est chargé d’une mission sur l’évolution institutionnelle de l’Alsace « dans le périmètre du Grand Est », pas sûr que ces stratégies désordonnées et guère disciplinées ne conviennent au pouvoir. Il a souvent été reproché à la droite alsacienne de ne pas avoir réussi à se mettre d’accord lors de l’échec du référendum de 2013.
Voir la lettre complète sur France Bleu.fr
Les gérants de la page Facebook « Contre la bétonisation de Schiltigheim » appellent au rassemblement devant la mairie les mercredi 21 et vendredi 23 février à 18h30. Ces deux soirs-là se tiendront le débat d’orientations budgétaires, obligatoire, puis le vote du budget 2018 de Schiltigheim deux jours plus tard.
Les mots d’ordre du rassemblement ne parlent pas d’empêcher la tenue de la séance et de bloquer le vote, mais simplement de « montrer [son]désaccord ». Mais à Schilick en politique, on n’est jamais à l’abri de surprises. Les séances du conseil municipal sont publiques.
Nul doute qu’il y aura un parfum de pré-campagne aux abords de la mairie. Le Parti communiste a été le premier à lancer l’appel de manière formelle le 18 février. La France insoumise, qui souhaite un rassemblement citoyen et électoral autour de sa formation, a indiqué soutenir et participer à la manifestation. D’autres formations ou simples citoyens devraient se déplacer. L’ex-premier adjoint Christian Ball (LR) à l’initiative de la fronde interne avait également dénoncé « une dérive autoritaire ».
Les manifestants souhaitent influer sur le vote d’élus non-démissionnaires et repousser l’adoption d’un premier budget par l’équipe élu mi-avril, laissant la mairie simplement s’occuper des affaires courantes.
Jean-Marie Kutner maintient de son côté qu’il est dans son bon droit :
Y aller
Manifestations contre l’adoption d’un budget à Schiltigheim, mercredi 21 février puis vendredi 23 février à 18h30 devant la mairie de Schiltigheim, 110 route de Bischwiller.
Quatre organismes ont commandé à l’Ifop un sondage sur l’avenir institutionnel de l’Alsace. Résultat : 83% des sondés sont favorables à une « renaissance de l’Alsace, » rien de moins.
Le club Perspectives alsaciennes, l’Initiative citoyenne alsacienne (ICA), Culture et bilinguisme ainsi qu’Alsace région d’Europe ont commandé à l’Ifop un sondage sur l’Alsace et sa place dans la Région Grand Est depuis la réforme territoriale. Et attention, roulement de tambours, selon ce sondage qui a interrogé 1 002 personnes par téléphone entre le 10 et le 12 février, « 83% des Alsaciens sont favorables à ce que l’Alsace renaisse et retrouve un statut de collectivité territoriale. »
Trumpisation du débat régional
Bingo ! Et ça ne gêne pas l’Ifop de poser la question de la « renaissance de l’Alsace » aux personnes sondées, comme si elle avait disparu sous nos pieds. Il faut dire que les mêmes personnes avaient été bien préparées par une question précédente, qui leur demandait « leur sentiment face à la disparition de la Région Alsace. » Alors comme ça l’Alsace disparaît et personne ne nous prévient ?
Magie ? Sciences occultes ? À cette question, les sondés avaient le choix entre « incompréhension » (34%), « colère » (29%), « indifférence » (25%) et même « satisfaction » (8% quand même). La réponse « euh attendez l’Alsace n’a pas disparu hein » n’a pas été proposée par l’Ifop…
Le sondage reprend « vous savez que l’Alsace a été intégrée dans la région Grand Est » et pose une question cruciale : est-ce une bonne ou une mauvaise chose pour l’Alsace ? Pour les sondés, c’est évidemment une « mauvaise chose » à 55%, tandis que 33% pensent que ça ne change rien et seuls 10% pensent qu’il s’agit d’une « bonne chose. » Une chose est sûre, on ne saura pas ce que recouvrent les vocables « bonne » ou « mauvaise chose… » mais on se doute qu’il faut se préparer à entendre « make Alsace great again. »
Terminés les départements alsaciens
Puis le sondage pose la question de l’existence d’une collectivité territoriale pour l’Alsace, 83% des sondés y sont favorables, une proportion qui grimpe jusqu’à 89% dans les communes rurales selon les ventilations de l’Ifop. Assez logiquement, les sondés pensent qu’il est nécessaire que l’Alsace sorte du Grand Est à 67%.
Le sondage va même plus loin, puisqu’il acte cette sortie pour demander ensuite ce qu’il devrait advenir des deux départements alsaciens. Pour 74% des sondés, les deux départements doivent fusionner dans la nouvelle collectivité, avec même des scores similaires pour les sondés du Haut-Rhin ou du Bas-Rhin.
Cette nouvelle collectivité alsacienne devrait en outre disposer du développement économique (pour 95% des sondés), de la formation professionnelle (92%), des transports (88%), de la coopération avec les régions voisines suisses et allemandes (87%), de l’enseignement (87%) et de l’audiovisuel régional (74%).
Puis les clubs de réflexion alsaciens envoient un autre message en posant assez directement la question : « Si vos attentes concernant la création d’une nouvelle collectivité “Alsace” ne sont pas prises en compte, cela influera-t-il votre vote lors des prochaines élections ? » Il y a quand même 41% pour répondre « non » et 56% préviennent que « oui » (tout à fait, 25%, plutôt, 31%). Est-ce que le message est bien reçu ?
Notons que sur 1 002 sondés, les enquêteurs de l’Ifop ont trouvé plus de 40 électeurs de Benoît Hamon (5,06% en Alsace en avril), mais pas de Nicolas Dupont-Aignan (6,77%).
Mais on n’a pas fini de rire avec ce sondage, qui ne craint pas de poser une autre question qui pourrait fâcher : « un référendum sur la sortie du Grand Est et l’organisation d’une nouvelle Région Alsace ? » En 2013, il avait déjà été question d’un référendum sur un conseil unique d’Alsace et les Alsaciens s’étaient assez peu mobilisé tandis que les Haut-Rhinois avaient assez nettement répondu « non ». Mais là, les sondés répondent « oui » à 82% ! Il faut dire qu’à l’époque, personne ne savait que le statu-quo précéderait un mariage à reculons avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.
Depuis la rentrée, l’association Cours Singulier accueille des élèves en décrochage scolaire à Strasbourg. Une trentaine de jeunes, de la 4e à la Terminale, sont suivis par des professeurs qui s’adaptent à leurs rythmes… à condition que les familles puissent se permettre ces cours d’un nouveau genre, presque particuliers.
À Cours Singulier à Strasbourg, chaque matin, le professeur fait l’appel comme il le ferait devant n’importe quelle classe. Mais là, pas de brimades pour les absents, il s’agit seulement de le relever pour discuter avec ces élèves… plus tard, afin de comprendre pourquoi ils ne sont pas venus. Car à Cours Singulier, la trentaine d’élèves sont tous en délicatesse avec l’Éducation nationale, le système éducatif ou même les cours d’une manière générale… Ils ont « décroché. » Et le but de cette association reconnue d’intérêt public, implantée à Strasbourg depuis la rentrée, est de les récupérer, là où ils sont, pour les réconcilier avec l’école.
Bien loin du collège ou du lycée, au Cours Singulier, les élèves sont accueillis dans un lieu qui ressemble à un appartement, quai Kléber près des Halles. Ils s’y retrouvent sur les coups de 10 heures dans l’une des 6 salles de classes. Elles sont équipées de tables rondes et 8 élèves maximum peuvent s’installer par salles. Parfois les classes peuvent être mélangées, les 3e et 4e par exemple sont ensemble pour les cours de langue.
Un espace détente est à la disposition des élèves. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Salle à manger, salle de repos avec des poufs, des jeux vidéos mais aussi un espace baby-foot… Les élèves ont en moyenne quatre heures de cours par jour, avec un emploi du temps personnalisé. Le programme scolaire est traité par les cours du Centre national de l’enseignement à distance (CNED), dont les professeurs reçoivent les copies par la Poste et évaluent les élèves. Les enseignants de Cours singulier procurent appuis et conseils aux élèves. Responsable de l’antenne de Strasbourg de Cours Singulier, Magali Schaedelin détaille :
« Les élèves ont entre 18 et 20 heures de cours par semaine. C’est moins que dans une école standard, mais les progrès sont là. Nous voulons réhabituer petit à petit les jeunes victimes de phobie scolaire. S’ils habitent loin de Strasbourg, on rassemble les cours sur plusieurs jours. L’une des étudiantes vient de Verdun, tous ses cours sont en fin de semaine. »
En classe de 10h à 15h
Une majorité des cours ont lieu de 10h à 15h. Mais les élèves peuvent venir après, lorsqu’il y a moins de monde. On prend alors l’adolescent en tête à tête, on cherche à déverrouiller les noeuds relationnels qui le bloquent. Les intervenants s’occupent des élèves au cas pas cas. Et si l’un d’entre eux a un souci de santé, les cours lui sont envoyés ou les horaires sont aménagés… Toute la structure s’adapte, l’important étant que l’adolescent ne se sente pas isolé.
Pour Magali Schaedelin, ce type d’enseignement a un double enjeu :
« Nous souhaitons mettre en place des ponts avec des partenaires locaux afin d’organiser des sorties. Notre priorité reste la scolarité des élèves mais il y a aussi un enjeu de socialisation de l’enfant, il doit retrouver un cercle d’amis. »
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Certains élèves ont du mal à être entourés. Pendant la pause, les élèves jouent au baby-foot, trois garçons et une jeune fille. Une scène banale partout ailleurs, mais Magali Schaedelin est très enthousiaste devant cette scène :
« Du jour au lendemain, on remarque des différences même dans leur manière d’être. Une de nos élèves n’est pas encore tout à fait à l’aise avec les autres. Elle vient le mardi et le vendredi, car elle a un suivi thérapeutique. Cette partie de baby-foot avec d’autres élèves, c’est une grande avancée ! »
Pour déjeuner, les élèves peuvent se rendre au centre-ville ou rester sur place avec les adultes, comme l’explique Magali Schaedelin :
« Les professeurs mangent parfois avec les élèves, c’est un échange. Ils font des pauses ensemble, des parties de jeux-vidéo, de baby-foot… »
Lors de la pause, Louis, 14 ans, joue aux jeux vidéos avec ses camarades. Pour lui, il n’y a « pas photo, » dans cet endroit, il a une meilleure ambiance que dans son ancien collège :
« J’ai fait ma 4e au collège jusqu’en juin. Cet été j’ai trouvé Cours Singulier, je fais maintenant ma 3e ici et je vais passer mon brevet pour être accepté à l’école hôtelière, où je voudrais passer mon bac. Ici, je trouve que c’est moins compliqué, on apprend facilement, il y a une meilleure ambiance. Ce matin, j’avais maths. Nous avons l’aide de notre professeur, des devoirs, des évaluations… Plus tard, je voudrais travailler dans la restauration, plus précisément le service. Et pourquoi pas, par la suite, avoir mon propre établissement. »
Un large panel d’enseignements et d’enseignants
À Strasbourg, ils sont une vingtaine d’élèves mais de nouvelles inscriptions sont en cours. En tout, il y a… 14 professeurs. Certains sont issus de l’Éducation nationale, comme Éveline Ziegler professeur d’arts plastiques, enseignante depuis 37 ans. Paul Kippeurt est étudiant à la ville, en troisième année de licence d’allemand, mais professeur d’Allemand à Cours Singulier. D’autres encore sont des enseignants-chercheurs de l’université de Strasbourg. En ce qui concerne l’équipe enseignante, Nicolas George affirme :
« On recrute beaucoup par bouche à oreille… des personnes qu’on nous a conseillé. Certains professeurs occupent des CDI à temps plein, la majorité ne sont présents que quelques heures par semaine et sont payés en vacations… »
Paul Kippurt encadre les cours d’Allemand, ici avec deux terminales. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Le nombre de professeurs pourrait même passer à 20. En effet, les élèves demandent de nouvelles options, selon Magali Schaedelin :
« Certains souhaitent faire ST2S, pour passer un baccalauréat sciences et technologies de la santé et du social. Ou encore avoir un enseignement STMG, sciences et technologies du management et de la gestion. Nous essayons de leur donner le plus de choix possible pour leur permettre de faire ce dont ils ont envie. »
« On s’adapte »
Au siège de l’association à Paris, des cours de coréen, d’arabe, de japonais de portugais ou de théâtre ont été mis en place à la demande des familles. Nicolas Georges affirme que tous types de profils peuvent être suivis :
« Si des élèves sont dysgraphiques ou dysorthographiques, on s’adapte. Certains professeurs sont formés pour ça. »
Si Éveline Ziegler, professeur d’arts plastiques, a voulu venir enseigner au Cours Singulier, c’est aussi pour des raisons personnelles :
« Après une dépression, mon fils de 16 ans se soigne aujourd’hui. Dans son ancienne école, il a très mal vécu sa scolarité. Sensible au bruit, rapidement stressé, il a vite été isolé, alors un mal-être s’installe. Pourtant, il a toujours eu une envie de réussir ses études. Nous l’avons inscrit au CNED. C’est notre pédopsychiatre qui nous a conseillé Cours Singulier. Je suis venue voir, ils n’avaient pas de professeur d’arts plastiques, j’ai signé sans hésiter. »
Professeure dans un collège, elle a réussi à dégager ses vendredis après-midi. De 13h à 15h, elle est avec une classe de 4e, 3e et terminale. Ils travaillent sur l’œuvre de Magritte, le Thérapeute. À côté de cela, elle suit aussi les programmes du CNED.
« Les maîtres mots pour travailler avec des enfants en phobie scolaire, c’est la patience, l’écoute et la bienveillance. Dans mon collège, il y a de plus en plus de décrochages. Une jeune fille est chez elle depuis deux ans. Un de mes anciens élèves est ici aujourd’hui. Au collège où j’enseigne, je vois les élèves une heure par semaine. Pour établir un dialogue, c’est difficile. Nous n’avons pas les moyens de les accompagner individuellement comme ici. »
Le projet collectif d’arts plastique des élèves de Cours Singulier, un travail encadré par Eveline Ziegler. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Paul Kippeurt, lui, a 20 ans. Il est professeur d’allemand depuis octobre. Il donne 6 heures de cours en moyenne par semaine :
« Au lycée en tout, ils ont 6 évaluations à rendre. Après chaque séquence, ils envoient leur travail au CNED et grâce au suivi au cas par cas, les élèves ont de bonnes notes. En 4e l’un d’entre eux a eu 19. C’est encourageant, ils sont très curieux. Au lycée, les enseignants n’ont pas forcément le temps de mesurer les progrès en fonction des niveaux très différents des uns et des autres. Ici on voit la progression de l’élève très rapidement. »
370€ par mois, le coût de la personnalisation
L’association ne bénéficiant d’aucune subvention, les parents paient 370€ par mois, sur dix mois, pour permettre à leur enfant à sortir de la phobie scolaire. Et en plus, il faut s’affranchir des frais demandés par le CNED pour ses programmes et ses corrections à distance, comme l’explique Dominique Dureux, la fondatrice et directrice de l’association :
« Si l’élève est déjà scolarisé à l’Éducation nationale, il paiera 295€. Sinon, comme pour n’importe qui de plus de 16 ans qui souhaite reprendre ses études avec le CNED, il faut compter 995€ par année scolaire. »
Soit pour une année scolaire, un coût entre 4 000 et 5 000€… Hors de portée des familles aux revenus modestes, pourtant souvent concernées par les problèmes de phobie scolaire. Pourtant, l’association se voit comme une alternative au système scolaire, comme comme le détaille Magali Schaedelin :
« Le système traditionnel ne peut pas être adapté à tous les profils. Donc l’idée, c’est d’être partenaire des collèges et des lycées et que les établissements nous sollicitent lorsqu’ils repèrent des élèves en difficulté. Un CPE d’un collège est venu voir comment ça se passait ici. On a des infirmières scolaires qui nous ont contacté, des cabinets de psychologues et un pédopsychiatre parlent de nous comme une solution adaptée lorsqu’ils ont des patients que nous pouvons aider… »
Financée grâce aux deux précédentes écoles de Cours Singulier dans la région parisienne, l’antenne de Strasbourg a besoin de 25 à 30 élèves pour pouvoir équilibrer ses comptes. Selon Cours Singulier, 50% des élèves accueillis reprennent leur scolarité avec l’association. Depuis la création de l’association en 2016, une dizaine d’élèves a passé le bac avec Cours Singulier et tous ont continué à l’université ou en BTS.
La rédaction de Rue89 Strasbourg a commencé à publier des articles directement inspirés par les habitants de trois quartiers de Strasbourg. Le premier résultat est un journalisme du quotidien.
Il y a un mois, nous avons débuté notre opération « quartiers connectés », qui vise à aller écouter les habitants de trois quartiers de Strasbourg afin d’intégrer leurs suggestions dans les choix éditoriaux de Rue89 Strasbourg.
L’idée est d’organiser des « conférences de rédaction publiques », afin que les habitants de l’Elsau, de Hautepierre et du quartier Gare évoquent ce qui les concernent aux journalistes de Rue89 Strasbourg. À nous ensuite de transformer ces discussions en sujets, puis en articles. Et peut-être, peut-être, que la méfiance vis à vis des journalistes pourrait s’estomper au fil des rencontres et des publications… C’est mon côté utopiste qui parle.
Que s’est-il passé lors de ces premières « conférences de rédaction publiques » ? Une douzaine de personnes ont participé aux réunions à l’Elsau et à la Gare, une trentaine à Hautepierre (voir la vidéo ci-dessus). Parmi les participants, des acteurs de ces quartiers évidemment, nos réunions se sont déroulées dans les centres socio-culturels (qu’ils soient ici remerciés pour leur accueil), mais aussi des habitants qui connaissent Rue89 Strasbourg.
Des sujets évoqués et discutés par les habitants eux-mêmes (capture d’écran)
Les sujets ont été proposés très vite
Les sujets n’ont pas manqué de tomber : la qualité de l’habitat s’est imposée très vite comme une préoccupation majeure à l’Elsau et nous avons été sollicités pour traiter, une nouvelle fois, de l’absence d’un supermarché de proximité. Étant donné que le sujet avait été déjà traité, nous avons opté cette fois pour un reportage avec une mère de famille faisant ses courses. L’article a montré les difficultés quotidiennes auxquelles sont soumis les milliers d’habitants de l’Elsau qui n’ont pas de voiture.
À Hautepierre, la délicate question de faire cohabiter une soixantaine d’associations au sein du centre socio-culturel s’est invitée assez fortement. Il a été question des Restos du coeur, l’association a été contrainte de déménager vers un local trop petit pour distribuer quelques 150 paniers deux fois par semaine, Rue89 va publier prochainement un reportage en situation. Les participants ont aussi évoqué la réhabilitation du quartier, comme étant certes agréable mais aussi génératrice de nouveaux conflits.
Qui parle de ce qui disparaît ?
À la Gare, l’irruption du tram dans le quartier Laiterie provoque des inquiétudes tandis que les habitants nous ont fait part d’un sentiment d’exclusion. Ils ont assez mal vécu que l’Espace K propose un tarif sur critères sociaux pour le retirer quasi-immédiatement.
C’est intéressant cette histoire de tarif. Parce qu’il avait été annoncé en conférence de presse au lancement de l’Espace K, les journalistes (dont votre serviteur) l’ont donc repris dans leurs articles et voilà le tarif qui existe, l’ouverture sur le quartier, l’accès à la culture pour tous, etc. Sauf que lorsque ce tarif disparaît, là évidemment on ne prévient personne. Et les habitants du quartier Laiterie, ceux qui bénéficient des minimas sociaux, ne connaissent pas de journalistes. Ils n’ont aucune idée de la manière de nous contacter. Résultat : l’info ne sort pas.
C’est un constat qu’on peut faire sur la vaste majorité des sujets qui nous ont été proposés. Nous n’en avions aucune idée. Point. Ce ne sont pas des scoops d’amplitude, pas de quoi faire tomber des têtes, ce sont plutôt des petites histoires du quotidien, des petits riens, des vrilles du vivre-ensemble mais qui, toujours, racontent une partie d’une histoire qui nous concerne tous.
C’est pourquoi nous sommes très heureux d’avoir pu initier cette démarche, d’autres articles similaires devraient suivre prochainement sur Rue89 Strasbourg grâce à ces conférences de rédaction publiques qui se tiendront au rythme d’une par mois et par quartier. Si vous habitez l’un de ces quartiers, inscrivez-vous à la newsletter dédiée et participez à nos réunions.
Prochaines conférences de rédaction publiques
Vous habitez la gare, l’Elsau ou Hautepierre ? Venez évoquer avec nous les sujets qui vous concernent.
mercredi 21 février à 18h30 à Hautepierre, à l’instrumentarium de Percussions de Strasbourg, 15 pl André Maurois à Strasbourg,
jeudi 22 février à 17h à l’Elsau, au CSC de l’Elsau, 6 rue Mathias Grünewald à Strasbourg,
mardi 6 mars à 19h au quartier Gare, chez Porte Ouverte, 13a rue du Hohwald à Strasbourg,
mercredi 21 mars à 14h à Hautepierre, au CSC Hautepierre, 4 avenue Tolstoï à Strasbourg.
Note : si vous recevez déjà la newsletter de Rue89 Strasbourg, un message va s’afficher pour « mettre à jour votre profil. » Cliquez sur le lien fourni et sélectionnez le projet « quartiers connectés » pour recevoir les prochains rendez-vous.
Strasbourg va expérimenter un nouveau dispositif de régulation du trafic sur l’avenue de Colmar. Le principe : réduire le temps d’attente des voitures aux feux rouges pour réduire les émissions de gaz polluants.
Ce sont les automobilistes de Strasbourg qui vont être contents. Le Sirac (Service de l’information et de la régulation automatique de la circulation) expérimente, avec l’aide de la société PTV Group et d’Atmo Grand Est, service de mesure de la qualité de l’air, un nouveau dispositif visant à fluidifier le trafic routier sur l’avenue de Colmar.
L’idée, c’est de permettre une circulation plus rapide, en optimisant le temps d’attente aux feux rouges. Ainsi, les véhicules (trams, vélos, voitures et même les piétons) seront moins souvent à l’arrêt grâce au logiciel de PTV Group. Une attente moindre de 6 à 8% qui devrait avoir comme résultat de réduire (un peu) le niveau de pollution sur l’une des voies les plus empruntées de Strasbourg. Objectif affiché : -9% d’émissions de particules fines et de dioxyde d’azote.
Dans l’antre du SIRAC, les grandes artères de circulation sont sous surveillance. Big Brother is watching you… (Photo EB – Rue89 Strasbourg)
L’expérimentation de ce dispositif s’étendra jusqu’au mois de septembre, afin de permettre des mesures aussi bien en hiver qu’en période estivale. Pour mesurer l’impact réel de ce dispositif, Atmo Grand Est a installé un « laboratoire mobile » à proximité du lycée Couffignal. Rendez-vous en septembre pour les résultats.
Le conseil municipal du lundi 19 février va traiter du transfert de bâtiments emblématiques et de leurs terrains de Strasbourg, comme le Rhénus Sport, le parc des expositions et le stade de la Meinau au profit de l’agglomération, l’Eurométropole. À suivre en direct vidéo et avec nos commentaires à partir de 15h.
La Ville de Strasbourg et l’Eurométropole (Strasbourg, mais aussi ses 32 communes voisines) se mettent d’accord sur les bijoux de familles. Depuis plusieurs mois, les services juridiques communs aux deux collectivités planchaient sur des transferts de propriété. En cause, la loi de Modernisation et de l’action territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam) de 2014 qui obligeait les communes à céder gratuitement la propriété des bâtiments dont la compétence relève de la métropole et vice-versa.
Or les deux collectivités n’ont pas engagé ces transferts dans l’immédiat. Un premier recensement a établi que 50 équipements doivent être transférés de la Ville vers l’Eurométropole et 48 dans l’autre sens… L’occasion de découvrir quelques incongruités vieilles de plusieurs décennies, à Strasbourg ou dans les communes voisines.
Plongée dans les cadastres
Exemple, le centre socio-culturel (CSC) de l’Elsau appartient à l’Eurométropole, car construit dans le cadre d’une zone d’aménagement concertée (gérée par l’ex-Communauté urbaine de Strasbourg) il y a… 50 ans. Or, depuis sa création, c’est la Ville qui gère l’établissement, comme tous les CSC et paie les factures.
Pour beaucoup de bâtiment, la situation est simple à régulariser mais la question est plus complexe pour trois lieux d’envergure, le Rhénus Sport, le parc des expositions (Pex) au Wacken et le stade de la Meinau amenés à être transformés sous peu, avec des dizaines de millions d’euros en jeu.
Des enjeux prioritaires
Au cœur de ces échanges, Robert Herrmann, président de l’Eurométropole et Roland Ries, maire de Strasbourg élus sur la même liste strasbourgeoise du Parti socialiste, conviennent pour trouver la loi « imprécise ». Si le transfert des bâtiments et de leurs terrains semblent clairs, que veulent dire « les objets y afférant » ? Les parkings, les parvis, les terrains d’entrainement ? Il n’y a guère de jurisprudence sur le sujet pour éclairer le tandem strasbourgeois.
Autour du stade de la Meinau, des parkings vont aussi être transférés de la Ville à l’Eurométropole de Strasbourg (photo Kevin Näf / Wikimedia commons)
Un cabinet d’avocat avait été missionné pour creuser la question. Fallait-il faire trancher le cas par des tribunaux ? « Non », conviennent les deux hommes, pour ne pas perdre de temps et au nom de « l’intérêt général ».
Le Rhénus, le PEX et la Meinau
Les deux assemblées se sont ainsi mises d’accord sur trois lieux urgents : le Rhénus au Wacken, le Parc des expositions, toujours au Wacken, et le stade de la Meinau. Les autres lieux, moins stratégiques à court terme, vont être passés au peigne fin. Ce délai de réflexion a vraisemblablement retardé l’annonce du sponsor pour la nouvelle salle des basketteurs de la SIG. Dès septembre, le club indiquait avoir trouvé son namer pour son Arena et le dévoiler sous quelques semaines.
La Ville transfère les terrains, mais aussi ceux correspondant à l’extension de la salle, qui pourrait compter 8 000 places. La SIG pourra ensuite signer un bail emphytéotique (long et à prix symbolique) pour engager les travaux. Son projet est autofinancé par le club, aujourd’hui estimé à 40 millions d’euros.
Schéma du futur quartier d’affaires Archipel, avec l’extension du Rhénus en Arena (document Ville de Strasbourg)
Le PEX reste provisoirement à la Ville
Autre lieu critique, voisin de la SIG, le vétuste parc des expositions (PEX). Plutôt que de procéder à un transfert, il est convenu entre les deux collectivités que l’utilisation des halls par Strasbourg-Événements, entreprise missionnée par l’Eurométropole, est à « caractère provisoire ». Les terrains seront ensuite vendus à des promoteurs dans le cadre de la deuxième phase du quartier d’affaires Archipel par la Ville de Strasbourg. La Caisse d’Épargne et le Crédit mutuel ont manifesté leur intérêt de manière pressante.
Le bénéfice de l’opération des phases 1 et 2, environ 10 millions d’euros, participera au financement du futur parc des expositions, deux rues plus loin près de l’hôtel Hilton, dont la nouvelle mouture est estimée à 80 millions d’euros.
Les abords du stade de la Meinau
Enfin, concernant le stade de la Meinau, la Ville de Strasbourg transfère le stade, mais aussi les parkings publics et gratuits attenants. Néanmoins, tout projet sur ces terrains nécessitera l’accord de la municipalité strasbourgeoise. Le Racing Club de Strasbourg étudie un agrandissement, qui vise surtout à ajouter des loges. Des montants très variables ont été annoncés, de 60 à 120 millions d’euros.
En plus du stade de la Meinau, ses abords, en particulier les parkings vont aussi être confiés à l’Eurométropole, avant un possible agrandissement (extrait de la délibération)
Habitat participatif, forêt et français au programme
En dehors de ce gros dossier, qui ne manquera pas de soulever des questions, l’ordre du jour de ce conseil municipal est assez restreint avec 26 points. Une opération d’habitat participatif à Kœnigshoffen (verger Saint Gall) est attribuée, la vingt-cinquième depuis 2008, dont 15 sont achevées.
Par ailleurs, la Ville vote l’intensification du programme d’apprentissage du français à destination des parents d’élèves, pendant les heures de cours des enfants. Depuis la rentrée 2017, 207 adultes non-francophones dans 16 écoles maternelles ont bénéficié de ces enseignements, 138 régulièrement. L’objectif est de toucher davantage d’écoles, selon les besoins.
Enfin, la question de la gestion des forêts, classées réserves naturelles nationales, du Rohrschollen et du Neuhof, sera abordée pour voter le fonctionnement de l’année 2018, l’occasion d’un bilan sur les années passés. Cette délibération fait écho à l’actualité puisqu’un classement similaire de la forêt de la Robertsau est en cours d’enquête publique. Notons qu’il sera question d’espèces protégées et la séance de décembre était partie en vrille sur ce sujet à la surprise générale.
Trois interpellations
Il faudra peut-être attendre la fin du conseil pour connaître un regain d’action à l’occasion des interpellations de l’opposition. Thierry Roos fait écho à une information du blog de la Robertsau, qui indique que 75 des 150 places du parking-relais tram Boecklin seraient données au consulat de Turquie, en cours d’achèvement à quelques mètres de là.
Voilà déjà 5 mois que je n’achète plus aucun produit alimentaire emballé dans du plastique. Et que je fuis, par voie de conséquence, les grandes surfaces de distribution, super- et hyper- de tous poils. Pour autant, ma famille de deux adultes et deux enfants n’est pas encore morte de faim. Voici mes adresses pour manger équilibré, bio et ZD à Strasbourg.
Pour mémoire, je vous racontais en septembre que nous entamions, ma petite famille et moi, une année « sans objet et sans déchet », pendant laquelle nous n’achetons que des produits alimentaires sans emballage en plastique – occasionnellement, le verre recyclable et le papier kraft compostable sont acceptés. Nous racontons nos aventures sur notre blog SOSD et rencontrons régulièrement des Strasbourgeois pour échanger sur notre expérience et délivrer quelques conseils, références et adresses utiles. Parmi eux, ceux concernant nos lieux d’approvisionnement alimentaire reviennent souvent.
Les raisons de ne plus fréquenter les grandes surfaces
Et pour cause, alors que les supermarchés sont les magasins les plus fréquentés des Français, il est quasiment impossible de trouver des produits non-transformés, bio et sans emballage dans les grandes surfaces d’alimentation. Carrefour, Auchan, Intermarché, Simply et consorts sont, de mon point de vue, à boycotter pour cette raison, comme pour bien d’autres, au premier rang desquelles :
les produits qui y sont vendus sont en majorité (sur)emballés dans du plastique non-recyclable (barquettes, sachets, films alimentaires…) ou du polystyrène, dans les deux cas, des contenants à base d’hydrocarbures qui peuvent, sous certaines conditions (chaleur, gras…), migrer dans les aliments, miam !
Les rares produits vendus en vrac ne sont généralement pas bio (or, consommer bio est primordial pour moi !). Au contraire, les fruits et légumes bio (mais rarement locaux) sont la plupart du temps emballés dans du plastique, avec pour objectif – un comble ! – de les différencier des produits cultivés avec pesticides,
les préparations alimentaires proposées (plats préparés, charcuteries et fromages, céréales du petit déjeuner, sauces diverses, conserves, boissons…) contiennent toutes ou presque des additifs de synthèse et des sucres ajoutés que je refuse d’avaler et de faire avaler à mes enfants (pour s’en libérer, c’est le livre de Marion Thelliez qu’il faut lire !),
ces grandes marques de distribution, avec les multinationales de l’agroalimentaire qui les approvisionnent, tondent la laine sur le dos des agriculteurs et des éleveurs, tirant les prix vers le bas et la qualité des aliments avec (sans compter les dégâts environnementaux que les pratiques nécessaires à cette course à l’échalote entrainent !),
les produits d’hygiène (dont je me passe, même de papier toilettes) y sont pour leur grande majorité inutiles et nocifs,
ces géants de la distribution exploitent leurs salariés, soumis à des rythmes intenables et à un management inhumain, voire les remplacent par des caisses automatiques. Le progrès est en marche !
Incontournable : les nombreux marchés de Strasbourg
Bref. Retour sur le plancher des vaches. Ou vais-je donc me fournir pour continuer à me nourrir ? Au marché d’abord, bien sûr. Alors que le marché constitue pour beaucoup un lieu d’approvisionnement d’appoint pour les courses alimentaires, c’est là que nous effectuons la majorité de nos achats. Habitante de la Robertsau, je fréquente le marché du quartier le samedi matin (principalement l’étal de La Coccinelle et celui de la charmante Nathalie, qui propose des produits bio à la revente), mais également le marché de la Marne le mardi matin. Quand je travaille ce jour-là, je me rabats exceptionnellement sur le marché de l’Esplanade le lundi (très peu d’offre et aucun maraichers bio), de la place Broglie le mercredi ou de la Robertsau le jeudi. Consultez tous les emplacements, jours et horaires de marchés à Strasbourg.
Là, j’achète des fruits et légumes, glissés directement dans mon panier ou dans des sacs en tissu. Je me fournis également en poisson, œufs, fromage, condiments et épices (olives, tomates séchées, champignons, ail, gingembre et curcuma frais…), ou oléagineux et fruits secs (amandes, raisons secs, etc.). A la Marne, je trouve également, sur le stand de la ferme Durr, du beurre à la coupe ou de la volaille, et chez l’un des fromagers, des ravioles artisanales ou du fromage blanc. Progressivement, j’ai sélectionné les producteurs et commerçants qui ne me mettent pas trop de bâtons dans les roues et jouent le jeu du zéro déchet. Ce qui n’est pas toujours allé sans quelques grincements de dents…
Alimentation ZD (Photo MH / Rue89 Strasbourg)
Magasins bio, de proximité ou de vrac
Outre les marchés, je fréquente trois types d’établissements :
les petites et moyennes surfaces bio, pour le sec (riz et pâtes complètes, quinoa, légumineuses, fruits secs…), les huiles, les conserves de sardines, maquereaux et autres, les purées d’oléagineux, etc. : Naturalia à la cité Rotterdam ou à Schiltigheim, même si j’y vais le moins souvent possible – c’est une marque Monoprix, aux produits standardisés -, Biocoop aux Halles, BioClaire à la Robertsau, pour l’eau Celtic en bouteille en verre consignée notamment, Côté Nature à Illkirch…
Les commerces de proximité : poissonnier, boucher (rarement), chocolatier (plus maintenant), boulanger (où j’achète ma farine et ma levure dans des bocaux en verre)…
Les magasins spécialisés dans le zéro déchet : Day by Day à Neudorf, Le Bocal à la Krutenau. Je vais rarement dans ces boutiques, par manque de temps et de praticité, mais leur offre, notamment en produits d’hygiène ZD, est très intéressante.
« Le temps, c’est de l’argent »… ou c’est de la santé et de l’écologie !
Notre démarche bio et ZD, à rebours des idées reçues, a de nombreux avantages :
elle ne nous coûte pas plus cher qu’avant, puisque nous n’achetons que ce dont nous avons vraiment besoin,
elle nous permet de limiter drastiquement le gaspillage alimentaire (un tiers de ce que vous achetez part à la poubelle !) notamment parce que nous n’avons pas à déplorer d’aliments oubliés au fond du frigo et que rien de ce que nous achetons n’a de date limite de consommation à dépasser,
elle nous permet de manger équilibré et bio, sans sucre et sel ajoutés (notre santé nous dit merci), tout en favorisant l’économie locale et le lien avec nos commerçants. Si vous ne me croyez pas, je vous laisse apprécier la discussion, souvent positive, qui s’engagera avec votre (vrai) boulanger de quartier quand vous lui apporterez votre bocal en verre pour y mettre un peu de farine. Sans compter le sketch de la caisse enregistreuse, où il n’existe aucun bouton pour « tiper » le kilo de la dite farine !
Alors, bien sûr, la mise en route de ce système de courses prend un peu de temps. Mais chez nous, ce cap est largement dépassé. Reste que l’alimentation est au centre de nos achats (nous ne consommons rien d’autre toute cette année !), une place que notre « nourriture », au sens noble du terme, gagne à reprendre, pour notre santé à tous, comme pour – lieu commun ? – celle de la planète qui nous fait vivre.
Le label strasbourgeois Hell Prod organise sa première soirée à la Maison Bleue samedi. Les différents groupes du label, Los Disidentes Del Sucio Motel en tête, viendront, on cite, « faire le rock à base de mandale dans les dents ». On est prévenus.
Tout commence en 2006, quand les Los Disidentes Del Sucio Motel décident de créer le label Hell Prod. Depuis donc plus de 10 ans maintenant, Hell Prod accueille, soutient, développe des groupes plus que rock, avec pour point commun de tout donner sur scène. Et comme le rock n’est pas qu’un courant musical mais un vrai état d’esprit, voire un mode de vie, la production de disques initiale du label est venue s’enrichir de multiples autres activités, notamment l’organisation de concerts de groupes indé internationaux et surtout le lancement de soirées ciné et expos photos (on se souvient par exemple de la projection du documentaire Diesel à l’automne dernier).
Determination – Los Disidentes Del Sucio Motel (Réal : Celim « Gnik » Hassani)
Mais samedi 24 février à la Maison Bleue au Neudorf à Strasbourg, retour aux fondamentaux avec la présentation des groupes du label lors d’une soirée exceptionnelle, réunissant pas moins de 4 groupes à l’affiche. On ne présente plus vraiment Los Disidentes Del Sucio Motel, groupe au carrefour du heavy et du stoner. Avec leur 3e album, Human Collapse, ils explorent un genre nouveau, en racontant titre après titre l’histoire d’un homme en crise, sur fond de crise mondiale. En live, l’intensité est accrue à coup de vidéo-projections percutantes, qu’on retrouvera peut-être à la Maison Bleue.
Los Disidentes del Sucio Motel (PHoto Bartosch Salmanski / Facebook)
Déflagration rock programmée
Dans leur sillage, un autre groupe strasbourgeois, Iron Bastards, qui donne dans le rock explosif. Les férus de Motörhead ou autres groupes des années 70 (Black Sabbath, Van Halen) ne pourront pas passer à côté de ce trio increvable, dont l’énergie scénique leur permet déjà de se forger une solide réputation sur les scènes françaises. Ce n’est d’ailleurs pas Fast & Dangerous, le dernier album du groupe, enregistré live, qui la démentira.
Vintage Riders – Iron Bastards
Les deux autres groupes de la soirée viendront des autres coins de la France. Full Throttle Baby et Directors Cut, respectivement de Paris et Lyon, produisent un rock tendance punk complètement déjanté. Leurs biographies combinées sont des odes à la vitesse et à la puissance. « Tranchant », « sueur », « catchy », « bagarre »… On ne sait pas trop ce que tout cela va donner à la Maison Bleue. Parce que réunir quatre groupes de cet acabit sur une même scène, dans une ambiance surchauffée, risque fort de faire exploser tous les compteurs.
Il y a des semaines où les nouvelles sont bonnes. La satire est alors ardue et la moquerie compliquée. La ville de Strasbourg a annoncé le financement de 100 places pour les sans-abri, quelles que soient leurs origines ou leur statut. Roland Ries en a aussi profité pour rappeler ses responsabilités à l’État en matière de solidarité.
Un maire et un premier adjoint de forts caractères, si bien que la municipalité explose et provoque des élections anticipées. Suite à une fusion de trois communes, Kaysersberg Vignoble a connu en 2016 une situation politique similaire à celle de Schiltigheim.
Au-début, tout allait bien. Suite au rassemblement de Kaysersberg, Sigolsheim et Kientzheim les trois conseils municipaux élus en 2014 avaient fusionné le 1er janvier 2016 pour devenir « Kaysersberg Vignoble », dans le Haut-Rhin. L’intérêt, c’était plus d’argent pour les trois communes
Toute ressemblance avec Schiltigheim…
Mais l’alliance n’a . . .
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