Dix associations strasbourgeoises de soutien aux réfugiés se rassemblent mercredi pour une soirée d’hommage à la culture afghane. Une collecte de dons est prévue sur place.
En activité depuis 24 ans, l’Association culturelle des Afghans de Strasbourg (l’ACAS) a organisé une soirée de soutien pour les réfugiés strasbourgeois, mercredi 10 novembre au Centre culturel Marcel Marceau de Neudorf. En accès libre dès 18h30, la soirée sera l’occasion de donner « une idée de la culture afghane », annonce Omeid Ehsan, gérant de la branche « jeunes » de l’ACAS .
« Donner un espace pour s’exprimer »
Les Talibans on pris le pouvoir en Afghanistan en assiégeant la capitale Kaboul le 15 août. Deux semaines plus tard, 2834 personnes afghanes avaient été évacuées par l’armée française et rapatriées en France par avions militaires. Le 26 août, 104 réfugiés afghans ont été hébergés à Strasbourg, pris en charge par l’État. À la suite de ces événements, un collectif de soutien au peuple afghan s’est crée fin août, en collaboration avec neuf associations strasbourgeoises.
Dès l’annonce de l’arrivée des réfugiés, le directeur des actions citoyennes culturelles (ASTU) Muharrem Koç rapporte « un discours identitaire en France peu propice à l’intégration » :
« Les gens faisaient l’amalgame entre les réfugiés et les terroristes, alors que ce sont des gens qui cherchent un refuge pour fuir les persécutions là-bas, surtout contre les artistes et les femmes. Nous nous sommes retrouvés dans le but d’accueillir dignement les réfugiés sur place et, avec cette soirée, leur donner un espace pour s’exprimer. »
Dessin de Lajaward Haqiqi, réfugiée afghane à Strasbourg. Photo : Illustration pour le collectif de soutien au peuple afghan
L’événement servira à mettre en valeur la culture afghane par la présence d’artistes, acteurs et réalisateurs. Deux réfugiés afghans arrivés en août témoigneront de leur parcours, de l’Afghanistan à la France, pour aussi sensibiliser sur les oppressions encore en cours dans le pays.
Une collecte de dons
Bien que la prise en charge des hébergements à Strasbourg ait été « plutôt bonne » Omeid Ehsan, les deux associatifs parlent d’aides qui ne sont pas à la hauteur des besoins de terrain, avec certaines familles qui manquent encore de vêtements ou de nourriture. Sur place, des stands de nourriture traditionnelle et de dons seront donc à la disposition des visiteurs. Omeid Ehsan détaille :
« L’argent récolté servira à financer les activités du Collectif pour continuer à soutenir et aider matériellement les besoins des réfugiés afghans et si on a beaucoup de dons, on enverra une partie en Afghanistan pour une aide locale », .
Pour le projet de soutenir les associations en Afghanistan, le collectif cherche encore les moyens pour envoyer les fonds en sécurité.
Les récents durcissements sur le port du masque s’expliquent par une plus forte circulation du virus dans les deux départements d’Alsace, avec des taux d’incidence supérieurs à la moyenne nationale. Les hospitalisations, elles, augmentent aussi légèrement dans les deux départements. Elles doublent à Strasbourg.
Le masque est à nouveau obligatoire dans les écoles élémentaires, mais aussi les bars, les restaurants, les cinémas… Dans le Bas-Rhin, comme dans 61 départements français, les préfectures ont rétabli ces mesures face à ces taux d’incidence – soit le nombre de cas rapporté à 100 000 habitants sur une semaine – supérieur à 50. Dans le Bas-Rhin, il dépasse même ce seuil avec un taux d’incidence de 82,20 cas pour 100 000 habitants lors de la dernière semaine. Dans le Haut-Rhin, le taux d’incidence se situe à 109,67 une moyenne en augmentation de 81% par rapport à la dernière semaine d’octobre.
En un mois le taux d’incidence a plus que doublé, de manière régulière, mais cette vitesse de progression reste modérée. Photo : Source Germain Forestier / https://germain-forestier.info/covid
À Strasbourg, un doublement des hospitalisations covid
Faisant face à cette circulation accrue du virus dans le Bas-Rhin, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) alertent :
« Les hospitalisations ont repris aux HUS. 30 patients Covid sont actuellement hospitalisés, alors qu’ils étaient 16 il y a deux semaines (le 25 octobre, NDLR). On a donc une moyenne de personnes hospitalisées qui augmente. »
Selon les HUS, ces hospitalisations concernent majoritairement les personnes non-vaccinées, qui représentent huit cas sur dix au sein de l’hôpital public strasbourgeois. Au niveau de la région Grand Est, sur un million de personnes non-vaccinées, 7,96 personnes sont admises en soins critiques (réanimation, soins intensifs ou en unité de surveillance continue), soit une proportion 13 fois supérieure à celle des non-vaccinés (0,61 pour 1 million de personnes).
Avec une prédominance du variant Delta dans le nombre de cas détectés, l’évolution des contaminations semble repartir en hausse depuis la mi-octobre. Photo : visualisation Guillaume Rozier / covidracker.fr
Les hospitalisations et cas graves sur un plateau montant
Dans le Haut-Rhin, le total des hospitalisations augmentent légèrement. Ainsi, les hôpitaux haut-rhinois accueillent 15% de patients Covid supplémentaires le 8 novembre par rapport aux 18 octobre (60 patients contre 52). La moyenne des nouvelles admissions à l’hôpital a doublé lors de la première semaine de novembre, avec désormais quatre nouveaux patients Covid par jour en moyenne.
Dans le Bas-Rhin, les nouvelles admissions sont en augmentation de 25% sur cette même période, soit 5 patients supplémentaires par jour en moyenne, ce qui confirme la tendance des hôpitaux à Strasbourg.
Dans les deux départements, les admissions en soins critiques restent sur un plateau qui dure depuis le début de l’été, autour d'une quarantaine de personnes. Un total qui a peu augmenté lors de la "4ème vague" en juillet-août, en comparaison des vagues précédentes. Depuis, deux personnes positives au Covid en moyenne sont ainsi admises en réanimation ou en soins intensifs dans un hôpital alsacien.
Après avoir doucement diminué depuis la rentrée et atteindre un minimum à la mi-octobre, ce total réaugmente à nouveau, notamment dans le Haut-Rhin. Au 8 novembre, les services de soins critiques bas-rhinois prennent en charge 10 personnes, contre 7 au 20 octobre. Les services de réanimation haut-rhinois prennent en charge 16 patients contre 11 trois semaines plus tôt.
Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale à Genève, explique cette reprise modérée des hospitalisations, et donc des réanimations, par rapport aux "vagues précédentes" par la vaccination. Environ 75% de la population en Alsace a reçu au moins une dose. Mais il met aussi en garde: "il y a toujours un décalage entre la montée des cas et celle des hospitalisations et des décès, au début d’une nouvelle vague".
Les hôpitaux accueillent un peu plus de patients liés au Covid depuis la fin octobre. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Les infirmières et infirmiers-anesthésistes sont en grève depuis lundi, pour au moins une semaine. Leur absence empêchent plusieurs blocs opératoires d’Alsace de fonctionner. Ils demandent une revalorisation de leur statut.
En grève depuis mardi 2 novembre, les infirmières et infirmiers-anesthésistes diplômés d’État (IADE) ont entamé depuis lundi 8 novembre une « semaine noire sans IADE, bloc mort, » selon les mots employés dans un communiqué envoyé par le Collectif IADE-France.
Selon ce collectif, qui fédère les actions de syndicats, de structures professionnelles nationales et internationales, les IADE ne sont pas payés à la hauteur de leurs qualifications et de leurs responsabilités. Le collectif demande que les IADE puissent rejoindre une nouvelle catégorie du Code de la Santé, « l’exercice en pratique avancée », ce que le gouvernement leur refuse malgré des critères « tous remplis », selon le collectif. Une IADE débutante en fonction hospitalière démarre à 1 630€ nets par mois, soit environ 2 000€ avec les primes.
Les infirmières-anesthésistes demandent une revalorisation de leur statut Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
En raison de ce mouvement social, plusieurs blocs opératoires ont dû réduire leur activité, selon un décompte fourni par le collectif IADE de l’Est :
CHU Strasbourg : 70% des salles d’opération à l’arrêt,CH Haguenau : 100% d’infirmiers anesthésistes en grève, deux salles en activité pour les urgences,CH Saverne : 100% des d’infirmier anesthésiste en grève, une salle pour les urgences,CH Sélestat : 20% du programme opératoire annulé,CH Colmar : 4 salles d’opération ouvertes sur 16.
Très déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’au bout, les IADE préviennent que des perturbations devraient se poursuivre dans l’ensemble des blocs opératoires, avec « un net ralentissement de l’activité opératoire programmée (hors urgences). » Le ras-le-bol s’est installé, poursuit le communiqué qui rappelle que « beaucoup d’infirmières-anesthésistes sont proches voire déjà en burn-out avec toutes les conséquences que cela peut entraîner (arrêt maladie, risques psychosociaux, perte de l’estime de soi, etc). »
Les tensions sur le marché des locations de petites surfaces sont telles à Strasbourg que les jeunes actifs peinent à se loger, même avec des ressources suffisantes. Beaucoup doivent mentir sur leur statut ou se résoudre à rester en colocation…
William, jeune alsacien de 25 ans, a terminé ses études en mai 2021. Il décide alors de s’installer à Paris pour devenir photographe. En quête d’un studio, il passe un mois et demi à envoyer des dizaines de messages par jour et à faire le tour des agences, en vain. Pendant cette période, il comptabilise une soixantaine de non-réponses et des dizaines de refus qui le poussent à prendre, à contrecœur, la décision de rester à Strasbourg, et à mettre son projet parisien entre parenthèses.
Mais dans la capitale alsacienne, les refus s’enchaînent également. À chaque fois, les agences et les propriétaires lui répondent qu’il n’est pas solvable ou qu’ils ont priorisé un meilleur profil – mentionnant parfois explicitement, « quelqu’un en contrat à durée indéterminée (CDI) ». Parallèlement à ses recherches, William accepte un contrat à durée déterminée (CDD) de trois mois, payé au SMIC, dans une entreprise de téléconseil strasbourgeoise. Un job alimentaire dans l’unique but de renforcer son dossier de demandeur de logement :
« J’ai pris la difficile décision de rester à Strasbourg, parce que je me suis dit que, dans une ville plus petite, ce serait réglé en une semaine. Mais l’échéance du bail de mon logement étudiant se rapprochait, les semaines passaient et je ne trouvais toujours rien. J’ai commencé à vraiment avoir peur, parce que je n’avais pas de point de chute, nulle part où rentrer. Ma famille n’avait pas de place pour m’accueillir. Si je ne trouvais pas de logement, je risquais de vraiment finir à la rue. »
Fin août, la boule au ventre, il fait ses cartons et quitte son logement étudiant. N’ayant toujours rien trouvé au bout de deux nouveaux mois de recherche, il se tourne vers ses amis qui acceptent d’entreposer chez eux une partie de ses affaires et de l’accueillir quelques nuits :
« Je dormais sur des canapés, avec mes cartons à droite à gauche. Je ne voulais pas trop déranger, alors j’essayais d’alterner entre différentes personnes. J’appelais des amis, parfois j’en croisais qui me proposaient de m’héberger quelques nuits. Il y a eu des jours où je me disais que j’allais passer la nuit dehors, puis quelqu’un m’accueillait à la dernière minute. C’était épuisant mentalement, je passais tout mon temps libre à la recherche d’un toît. C’est très frustrant de devoir vivre dans ces conditions, alors qu’on est en capacité de payer un loyer. Mon CDD venait même d’être prolongé par une promesse de CDI à ce moment-là. Mais ça n’a pas eu d’incidence sur ma recherche parce que dans les faits, j’étais toujours en CDD. »
Mieux vaut être étudiant qu’en CDD
Ellana (prénom modifié), jeune journaliste pigiste dans l’audiovisuel, fraîchement diplômée, s’est également heurtée à des refus catégoriques devant sa situation professionnelle. Elle travaille depuis juin et gagne environ 2 300€ par mois. Début septembre, elle s’est lancée dans la recherche d’un T1 ou d’un T2 pour un loyer de 550€. Dès son arrivée à Strasbourg, ses amis lui recommandent de se faire passer pour une étudiante en lui expliquant que ce sera beaucoup plus simple de trouver un appartement avec ce statut. Elle note leurs conseils, mais décide de contacter tout de même quelques agences en tant que salariée :
« Je n’avais pas du tout envie de mentir mais j’ai compris en quelques semaines qu’avec mes contrats à la journée, ça allait être quasiment impossible de trouver un logement. Les agences me disaient non au cas par cas, selon les exigences des propriétaires : ils veulent soit quelqu’un avec un CDI ou des étudiants avec de bons garants. Mais il y en a d’autres qui refusaient mon dossier d’entrée de jeu, parce qu’elles savaient qu’elles n’auraient rien pour moi. Il y en a même une qui m’a répondu que je devrais plutôt faire une demande de logement social. »
Ellana a fini par trouver le logement qu’elle souhaitait en falsifiant son dossier. Pour son agence, elle étudie en deuxième année de master à la fac Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc
Une démarche qui lui semble incohérente, au vu de son salaire qui correspond à plus de quatre fois le montant des loyers auquel elle postule. Sa famille n’habitant pas à Strasbourg, elle dort chez une amie. Au bout de trois semaines, elle emprunte alors le certificat de scolarité d’une de ses amies pour le mettre à son nom :
« Je suis redevenue une étudiante sans revenu, en gardant le même garant. Avec ce dossier, les agences m’ont tout de suite proposé des visites. »
La faute aux assurances…
À chacun de ses rendez-vous, la jeune femme stresse, sachant qu’elle va devoir mentir si on lui pose des questions. Pour faire bonne figure, elle se renseigne sur sa soit-disante date de rentrée, sur les cours qu’elle pourrait suivre et tente de se rassurer :
« Le risque officiel est élevé, car ce que je fais peut-être assimilé à du faux et usage de faux, ce qui peut aller jusqu’à 3 ans de prison et 45 000€ d’amende. Mais dans les faits, je me dis que personne ne va vérifier tant que je paie correctement mon loyer. »
Cette différence de traitement entre les jeunes travailleurs considérés comme titulaires de contrats précaires et les étudiants découle souvent des compagnies d’assurances. Certains propriétaires et agences sont contraints de présenter un locataire solvable selon leurs critères. Or, les assurances font une nette distinction entre un étudiant, supposé avoir peu ou aucun revenu et auquel on demande principalement d’avoir des garants solides, et des travailleurs pour lesquels les garants ne suffisent plus.
Pour la Maif, par exemple, la GLI (Garantie Loyer Impayé) ne fonctionne pour un locataire salarié que s’il possède un CDI, hors période d’essai, avec un salaire 2,8 fois supérieur au loyer, un CDD d’une durée minimum d’un an à partir de la date d’entrée dans le logement ou s’il travaille à son compte depuis au moins deux ans, à chaque fois avec un salaire 3 fois supérieur au loyer. Des critères qu’on retrouve presque à l’identique chez la plupart des assureurs.
Les Garanties loyer impayés, de la Maif ou de Lelynx.com par exemple, ne fonctionnent pas si le locataire a un contrat précaire Photo : ACC / Rue89 Strasbourg
… ou à un marché déséquilibré
Des propriétaires et certaines agences ont cependant choisi de ne pas souscrire d’assurance. Nicole (prénom modifié) est propriétaire avec son mari d’un deux-pièces de 43 m² à Schiltigheim qu’elle loue pour un loyer de 510€, toutes charges comprises, et se justifie :
« Je ne suis pas contre le fait de prendre quelqu’un en CDD, mais je vais forcément favoriser le dossier qui me semble le plus solide. Et dans le lot, il y a toujours des personnes en CDI. Avec plus de 800€ de prêt à rembourser tous les mois, je ne peux pas me permettre d’avoir des impayés. »
« Quand je propose un studio, je reçois plus d’une dizaine de demandes dans la journée. Ça monte jusqu’à 30 ou 40 réponses par jour au mois d’août et de septembre, avec l’arrivée de nouveaux étudiants qui cherchent le même type de biens. »
Même constat dans les agences immobilières. Il est courant de recevoir cinquante demandes pour une offre de location. « C’est beaucoup, sachant que la location est fréquemment signée à la première visite. Les personnes qui viennent voir l’appartement cherchent souvent depuis des mois. Ils ne peuvent pas se permettre d’hésiter parce qu’il y a de grandes chances que la personne qui visite après eux dise oui tout de suite », résume Sophiane Eder, négociatrice chez B2W Immo.
La galère, même en colocation
Face à la pénurie des locations de petites surfaces, les jeunes se résignent de plus en plus à vivre en colocation après leurs études, et tant pis pour leurs envies d’indépendance. Frédéric Mérian le constate :
« Avant, je louais mes F3 ou F4 à des couples avec enfants. Maintenant, je suis souvent contacté par un groupe de trois ou quatre jeunes, étudiants ou débutant dans le monde du travail. »
Depuis le début de l’année 2021, Frédéric Mérian a loué un quatre pièces à Alexis, Julien et Martin pour 980 euros. Les deux premiers sont en CDD, le troisième en CDI et ils perçoivent en moyenne un salaire proche du SMIC, autour de 1 200 euros nets chacun. Vivant encore tous chez leurs parents à 23 ans, ils avaient envie de prendre leur indépendance. Leur mise en colocation doit leur permettre de partager les frais et d’avoir accès à une autre partie du marché locatif, en visant des appartements plus grands, aux loyers plus élevés mais surtout plus disponibles. Pourtant, eux aussi ont eu beaucoup de mal à trouver un toit, malgré leur optimisme de départ, se souvient Alexis :
« On cumulait un peu les tares : une colocation de trois jeunes hommes, tous sur le marché du travail depuis peu de temps. En plus de notre situation professionnelle précaire, on nous a souvent fait des sous-entendus sur notre hygiène. Il y a encore l’idée forte selon laquelle des jeunes garçons qui vivent ensemble sont mal soignés, voire sales et qu’il y a plus de risques qu’ils dégradent le bien. Après quatre semaines de recherches intensives et une trentaine de refus, on a dû se rendre à l’évidence : alors qu’on pensait trouver en quelques semaines, il nous a fallu plusieurs mois de recherche. Quatre pour être précis. »
Un laps de temps pendant lequel les exigences des trois hommes ne cessent de diminuer. Eux qui s’étaient fixé un loyer maximal de 1 000 euros par mois visitent des logements à 1 200 euros, ils envisagent de prendre un quatrième colocataire, élargissent leur zone de recherche et finissent par accepter un appartement dans lequel une des chambres est très petite : « On voulait une grande pièce pour le salon, donc il ne restait qu’une pièce de 7 m² pour la troisième chambre. J’ai fait une concession parce que je n’en pouvais plus de chercher. J’ai dit que je dormirais là », se remémore Alexis.
Alexis, Julien et Martin logent aujourd’hui dans l’un des appartements de Frédéric Mérian. « Je les ai pris parce que nous avons eu un bon feeling lors des visites », explique-t-il Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc
« J’avais l’impression d’emmerder les agences »
Pendant leur recherche, les trois colocataires multiplient les interlocuteurs, passant des agences aux sites qui mettent directement en lien avec les propriétaires. Beaucoup de bailleurs les refusent d’office parce qu’ils sont en colocation, un propriétaire leur donne même un accord verbal puis se rétracte quand d’autres locataires proposent de payer un loyer plus élevé. Et lorsqu’on leur propose enfin des visites, les appartements sont souvent en mauvais état ou en travaux. Jusqu’à l’expérience de trop qui a dégoûté Alexis des agences :
« L’une d’entre elles nous a fait visiter un appartement à la Meinau. Les toilettes étaient très sales, des prises sortaient des murs dans la salle de bain, il y avait des tâches noires très suspectes sur les radiateurs électriques… Nous avons dit qu’on pouvait envisager de le prendre s’il y avait une remise aux normes avant. La personne de l’agence nous a répondu que ce serait à nos frais et nous a clairement fait comprendre que, si l’appartement n’était pas dans cet état, on ne nous l’aurait jamais proposé. »
Un manque de considération ressenti également par William qui a dû rester à Strasbourg et renoncer à sa carrière de photographe pour l’instant. Il ne compte plus les fois où on lui a promis de le rappeler sans le faire, les messages, les mails restés sans réponse :
« Quand j’allais directement en agence, j’avais l’impression de les emmerder. J’angoissais déjà beaucoup de ne rien trouver, mais avec leur manque d’empathie, c’était comme si les personnes sur qui je comptais pour me sortir la tête de l’eau m’enfonçaient encore plus. Sans logement, je risquais de perdre mon travail et de devenir le précaire qu’ils voyaient en moi. »
Après quatre mois de recherche, la moitié du temps à Paris, l’autre à Strasbourg, William a fini par trouver un studio à 450€. S’il le trouve convenable, il sait que trois personnes se sont déjà succédées dans le logement en seulement un mois et demi. Il préfère rester sur ses gardes, l’appartement pourrait avoir un important défaut…
Le trafic des trains et cars TER sera très fortement perturbé en Alsace dans la journée de mardi 9 novembre, en raison d’un appel à la grève d’une intersyndicale CGT, Sud Rail, CFDT et FO. Le trafic des TGV ne sera pas impacté selon la SNCF.
Les quatre plus importants syndicats de cheminots en Alsace appellent à la grève toute la journée du mardi 9 novembre. Ils dénoncent un plan de roulements pour 2022 largement surévalué par rapport aux moyens humains et craignent un « sous effectif chronique ».
Le mouvement devrait être très suivi, selon les prévisions de la SNCF qui prévoit 1 TER roulant sur 4 pour le TER 200 entre Strasbourg et Bâle. Les TGV ne sont pas concernés par ce mouvement social.
Il ne devrait y avoir que 2 TER sur 5 vers Metz Photo : cklx / FlickR / cc
En moyenne, la SNCF prévoit que seulement 3 trains ou cars TER sur 10 seront en circulation mardi.
Étoile de Mulhouse : 6 circulations sur 10 en moyenne, à l’exception du Tram Train dont la circulation sera normale,Mulhouse/Paris en TER : circulation normale,Étoile de Strasbourg : 1 aller/retour en heure de pointe sur chaque ligne en moyenne,TER 200 (Strasbourg – Mulhouse/Bâle) : 1 TER sur 4,Strasbourg / Metz : 2 TER sur 5,Strasbourg / Nancy : 1 TER sur 2,Strasbourg / Paris en TER : aucune circulation,
Les circulations seront normales lundi en Alsace, à l’exception des TER Strasbourg / Paris qui ne circuleront pas. Mercredi matin, le trafic devrait reprendre progressivement en début de service.
Plusieurs dizaines de soignants suspendus ont manifesté dans la soirée du 4 novembre. Au-delà de la vaccination obligatoire, ils dénoncent une politique qui les précarise en les privant de salaire, mais aussi d’allocations chômage, et, en Alsace, sans réponse claire sur leur droit au RSA promis par le gouvernement.
Une trentaine de personnes tout de blanc vêtues se tiennent autour de la statue du général Kléber. Jeudi 4 novembre, vers 17 heures, une enceinte diffuse une mélodie grave, presque effrayante. Sur le dos de certaines blouses, une pancarte ou quelques lettres au feutre noir indiquent : « Soignant suspendu ». Les manifestants restent silencieux. Autour, des passants s’arrêtent, curieux. Certains filment et s’en vont. Ils sont parfois rattrapés par un homme qui distribue des tracts explicitant le message de la performance :
« Soignants suspendus sans salaire. Quelle est notre situation ? Pas de salaire, pas d’indemnités chômage, pas d’indemnités maladie ni d’aide d’urgence possible. »
Sur le dos de certaines, une pancarte ou quelques lettres au feutre noir indiquent : « Soignant suspendu ».
« Je refuse de céder à ce chantage à l’emploi »
Le groupe quitte la place Kléber en file indienne. Sur des roulettes, l’enceinte continue de produire une mélodie pesante. Au niveau des Galeries Lafayette, Les notes de Gnossiennes, d’Erik Satie. La nuit tombe sur la ville. Il est 17 heures passé. La lumière bleue des gyrophares policiers éclaire par intermittence les masques blancs des manifestants. L’une d’eux porte une feuille plastifiée où l’on peut lire « Secrétaire médicale suspendue ». Salariée du Nouvel Hôpital Civil (NHC), Christine (le prénom a été modifié) attend de pouvoir réintégrer l’hôpital :
« C’est irresponsable de suspendre des gens qui veulent travailler quand l’hôpital manque de personnel. L’an dernier, on nous applaudissait et maintenant, on nous suspend. Je refuse de céder à ce chantage à l’emploi, d’autant que je ne suis même pas en contact avec la patientèle. »
« Je refuse de céder à ce chantage à l’emploi, d’autant que je ne suis même pas en contact avec la patientèle. »
« Je vis au jour le jour »
Pour tenir financièrement, Christine compte sur ses économies et le « maigre salaire » de son mari. Mais à quelques pas, la situation de Manon (le prénom a été modifié) est bien plus compliquée. Célibataire et mère de trois enfants, la soignante des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) n’a pas été suspendue le 15 septembre, mais le 27, à son retour d’un arrêt maladie. Il a suffit d’un salaire en moins, en octobre, pour plonger le foyer dans la précarité. « Sans rentrée d’argent, c’est la galère, explique-t-elle, je vis au jour le jour, parfois je vais aux Restos du cœur. Avec le collectif Soignants 67, on essaye de monter une banque alimentaire. Une personne suspendue nous a prêté un local dans son garage. On va bientôt commencer les collectes auprès de ceux qui nous soutiennent. »
« Je ne suis toujours pas fixée »
Le 28 octobre, Manon a fait une demande de Revenu de solidarité active (RSA). Le gouvernement a promis l’accès à cette aide pour les soignants suspendus. Mais la promesse tarde à se concrétiser. Premier obstacle : le portail de la Caisse d’allocations familiales (CAF) n’a pas encore été adapté pour les infirmières, aides-soignantes et autres secrétaires médicales qui refusent le vaccin :
« Sur le site internet de la CAF, j’ai dû inscrire mon salaire de juillet, août et septembre. Donc logiquement, je n’aurai pas le droit à cette aide (qui implique d’être sans activité depuis plusieurs mois, NDLR). Mais ma conseillère m’a conseillé d’écrire un mail, il semblerait qu’une procédure spéciale soit bientôt créée. En tout cas, je ne suis toujours pas fixée alors qu’une réponse sous 48 heures est promise… »
Pour Manon, il est clair qu’elle ne sera pas licenciée, « au moins j’aurais pu avoir droit au chômage, mais la direction ne le fera pas, parce qu’ils savent qu’à l’hôpital public, c’est à l’employeur de me financer l’indemnité. » À quelques pas, le manège de la place Gutenberg tourne et deux personnes comptent l’argent d’un petit seau blanc. La caisse de soutien aux soignants suspendus contient une cinquantaine d’euros.
« Quelque soit le l’interlocuteur, l’Agence régionale de santé (ARS), Pôle Emploi, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ou la CAF… Comme notre situation est inédite, personne n’a de réponse. »
« Notre situation est inédite, personne n’a de réponse »
Coordinatrice du collectif Soignants 67, Sandra (le prénom a été modifié) se désole de la situation des soignants suspendus : « Quelque soit le l’interlocuteur, l’Agence Régionale de Santé (ARS), Pôle Emploi, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou la CAF… Comme notre situation est inédite, personne n’a de réponse. »
Contacté par téléphone, le secrétaire général du syndicat CGT des HUS relevait 100 soignants de l’établissement public strasbourgeois suspendus au 4 novembre. Pierre Wach affirme que les demandes de démission ne devraient pas être refusées par la direction de l’hôpital : « Il en a d’ailleurs déjà acceptées cette semaine », assure le syndicaliste.
Collectivité européenne d’Alsace : « Nous allons apprécier ces situations au cas par cas. »
Le ministère des Solidarités et de la Santé a déjà assuré qu’un salarié suspendu doit pouvoir bénéficier de minima sociaux, dont le RSA. Sauf que cette aide relève de la compétence des Départements. Or, le 30 octobre, 15 présidents de conseils départementaux à majorité socialiste ont écrit au gouvernement pour refuser de financer le RSA pour les soignants suspendus : « Que le gouvernement assume jusqu’au bout et qu’il ne demande pas au département de financer les pertes de ressources des personnes qui ne sont pas vaccinées », justifie par exemple Xavier Fortinon, le président des Landes auprès de France Bleu.
Interrogée sur ce sujet, la Collectivité européenne d’Alsace nous a fait une réponse sans engagement clair :
« Le RSA n’est pas une allocation versée sans contrepartie. Il s’agit d’une allocation différentielle, faisant l’objet d’un accompagnement du bénéficiaire, formalisé par la signature d’un contrat d’engagement réciproque avec la collectivité. Les Départements étant totalement souverains pour apprécier les situations individuelles, nous allons apprécier ces situations au cas par cas. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l'extrême-droite à l'hôpital public en passant par la maison d'arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l'expertise-psychiatrique.
80 tirages issus de 40 ans de carrière de la photographe Dolorès Marat sont présentés à La Chambre à Strasbourg jusqu’au 14 novembre. Son univers visuel intimiste, intriguant et quasi mystique entraîne dans un rêve éveillé.
Dolores Marat, Barcelone, Les cactus, Saint-Barthelemy, 2008
Dolorès Marat évolue avec précaution au milieu de la foule qui se presse lors de son vernissage. Ses yeux animés d’une curiosité sans borne observent tout ce qui se passe alentour. Du haut de ses 77 ans, la photographe retrace plus de 40 ans de carrière dans l’exposition à La Chambre, intitulée Au Fil d’une vie, monographie d’un univers visuel aussi rafraîchissant qu’intriguant.
Plongée très jeune dans le monde de la photographie après sa rencontre avec le patron d’un laboratoire dont elle devient apprentie, Dolorès Marat ne quitte plus son appareil. Les années qui suivent donnent le ton à sa vie jusqu’à sa récente retraite – qui n’est due, comme elle le précise, qu’à son déménagement en province. Elle travaille pour de grandes marques de mode, magazines et journaux : L’Oréal, Hermès, Libération, Leica, Le Monde… Dolorès Marat tire, développe et donne forme aux œuvres de certains des plus grands artistes des 40 dernières années : Guy Bourdin, Helmut Newton, Jeanloup Sieff ou encore Sarah Moon.
En 1982, elle expose pour le première fois ses recherches personnelles aux Rencontres d’Arles. La froideur d’accueil que lui réserve alors « l’élite » de la photographie française la marque durablement : ses clichés ne correspondent absolument pas aux canons du moment… Exclue d’une certaine vision de la photographie par ses défenseurs, l’artiste repart immédiatement voyager autour du monde, renforcée plus que découragée.
Un regard sensible et poétique sur le monde
D’autant qu’on la reçoit avec honneur à l’étranger, à Londres en particulier, où elle exposera très fréquemment durant 10 ans. Discrète, l’artiste construit, dans l’intimité d’une vie de rencontres, un regard éminemment sensible et plein de poésie sur notre monde. Combattant, sans le savoir ou sans le revendiquer, un certain désenchantement propre à notre modernité, la photographe emporte son public de New York au Caire en passant par Paris ou Saint-Barthélemy avec un constant émerveillement.
Le chameau, Palmyre, Syrie – 2005
Elle trace sa propre route, affirmant une pratique liée à sa vie intérieure : « Mes photos viennent du ventre. ». Préservée jusque tardivement de l’Histoire de l’art, son inspiration se développe autour de ce noyau intime. La prise sur le vif et l’élan vital priment sur la pause et le cadre : « Je ne veux pas m’arrêter ! »
Le fil rouge de ce corpus foisonnant semble tenir à une atmosphère sombre, moite, intime, sensuelle, intimidante voire effrayante, mais toujours intrigante de beauté. Ni la grandeur des sujets, ni leur exotisme, ni leur historicité ou encore leur actualité n’acquièrent aux yeux de la photographe une importance plus grande que son ressenti immédiat. « Je dis oui à tout », confie-t-elle.
« Il faut que je fasse la photo au moment où j’ai l’émotion. »
Dolorès Marat
Au Fil d’une vie immerge dans l’univers de l’artiste. Inspirée par l’espace, Dolorès Marat confie donner forme à ses expositions « en arrivant sur les lieux ». La phase de montage met en cohérence ce qui lie les images, leur accrochage au discours de l’artiste.
Dolorès Marat, La Lune, Jordanie
Des tirages prévus pour apprécier la profondeur des couleurs
Le choix du support constitue un autre aspect crucial du travail de Dolorès Marat. Son procédé fétiche : le tirage Fresson. Cette technique française d’impression quadrichrome datée de 1899, se caractérise par des nuances feutrées, un grain velouté et des teintes profondes. Le tirage Fresson est un enchantement pour les sens. Inspiré de la méthode « charbon-satin » monochrome, le procédé conserve dans la couleur toute la justesse de son appellation.
Poussée par des contraintes techniques, Dolorès Marat trouve un nouveau souffle dans l’impression sur « papier japon », « WASHI », offrant texture et profondeur. En effet, le procédé Fresson pâtit de la concentration sur le numérique des chaînes de production et filières de recherches des Kodak, Ilford, Rollei, Revelog… La qualité du procédé Fresson est de plus en plus complexe à maintenir.
Ces deux procédés invitent le public à prêter aux tirages une attention particulière : il ne faut pas avoir peur de s’approcher des photographies, d’observer le grain du papier, de plonger dans la profondeur des couleurs… Aboutissement du propos de l’artiste, ils convoquent chez les visiteurs le regard inventif et sensible de Dolorès Marat. Dans les flous et les couleurs suaves se cache une poésie que résume humblement l’artiste : « Sans émotion, il n’y a pas de photographie. »
Le Point d’Eau à Ostwald se convertit en saloon ou plutôt en barrel house lors de quelques soirées du mardi 9 au samedi 13 novembre et accueille des pointures du ragtime, du blues et du boogie-woogie. L’occasion de se connecter avec ces musiques noires, nées à la fin du XIXe siècle et très populaires au début du XXe.
Une dizaine de doigts qui dansent sur un clavier de piano comme s’ils étaient pris de frénésie, c’est l’image qu’on peut avoir du boogie-woogie. Ces doigts dansent surtout parce qu’ils sont libres, car ce style est apparu aux États-Unis, à partir de la fin de la Guerre de Sécession et la libération des esclaves noirs. Avec le ragtime, autre forme d’expression musicale enlevée, ces deux genres ont connu leur heure de gloire au tout début du XXe siècle avant d’être supplantés par le jazz.
Teaser des dix ans de Rag’n Boogie (vidéo YouTube)
Spécialiste de ces deux genres de musiques noires, le pianiste alsacien Sébastien Troendlé́ s’efforce depuis dix ans d’assurer une préservation de ce patrimoine musical, à travers sa propre pratique d’abord et son projet Rag’n Boogie, qui comprend des spectacles, des concerts, des méthodes, des partitions, etc. depuis 10 ans. À l’occasion de cet anniversaire, le pianiste alsacien se produit mardi 9 et jeudi 12 novembre au Point d’Eau et a invité ses idoles lors d’une soirée événement samedi 13 novembre.
Christian Willisohn est un pianiste issu du blues mais aux répertoires élargis Photo : document remis
Sébastien Troendlé est investi dans la préservation du ragtime et du boogie woogie depuis dix ans Photo : Paola Guigou / doc remis
Succession inédite de talents samedi
Lors de cette soirée prévue pour durer 4h30 (!), Sébastien Troendlé se produira lui-même et fait venir :
Christian Willisohn, ce pianiste allemand de 59 ans est un cador du blues mais son répertoire s’est élargi au fil du temps, avec des morceaux pointant vers le jazz ou les musiques latines. Richard Dowling, le pianiste américain est un monstre sacré du ragtime. Bien que très classique, sa virtuosité et son élégance méritent à elles seules le déplacement. Martin Spitznagel, autre pianiste de grand talent des États-Unis, ses morceaux plongent immédiatement le public dans les saloon et les barrel houses de la fin du XIXe siècle. Guillaume Nouaux, ce batteur français propose un jazz enlevé, directement inspiré du ragtime. Awek, ce trio de blues a beau être de Toulouse, son blues chaud, rond et précis rappelle immédiatement le Kentucky ou l’Alabama. Guy Roël, guitariste, celui qui se surnomme lui-même « authentique bluesman alsacien », est pourtant rare sur les scènes régionales. Il est porteur d’un blues traditionnel, voire puriste, nourri au contact des plus grands musiciens.
Authentique bluesman alsacien, Guy Roël n’est pas si fréquent sur les scènes régionales. Photo : Paul Willis / document remis
D’autres rendez-vous, conférences, exposition et masterclasses à Strasbourg complètent ce mini festival.
Par manque de personnel, le chef du service neurochirurgie a informé ses supérieurs de la fermeture de l’unité d’éveil, destinée à l’accueil des patients opérés. La direction de l’hôpital tente d’éviter une telle issue.
« La situation humaine médicale est critique en neurochirurgie. » Le chef du service neurochirurgie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) s’adresse à ses supérieurs et collègues en ces termes dans un mail daté du mercredi 3 novembre, dont Rue89 Strasbourg a obtenu une copie (voir ci-dessous).
Capture d’écran d’un mail envoyé par le chef du service de neurochirurgie à sa hiérarchie Photo : document Rue89 Strasbourg
Rien de surprenant, le problème vient d’un manque récurrent de personnel. François Proust détaille les manques dans son courriel : pour des problèmes de visa, trois internes étrangers d’études spécialisées sont absents, un assistant neurochirurgien faisait aussi défaut, « car son contrat de travail n’est pas établi ». « Cette fragilisation des ressources humaines m’impose à regret de fermer l’unité d’éveil et partiellement l’unité de soins continus afin de recentrer notre effort sur les unités conventionnelles et ne pas prendre de risque pour les juniors », conclut le professeur.
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l'extrême-droite à l'hôpital public en passant par la maison d'arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l'expertise-psychiatrique.
Alors que les chefs d’États négocient pour limiter la hausse de la température mondiale lors de la COP26 à Glasgow, la température moyenne mesurée à Strasbourg a augmenté de 1,5 degré depuis 1990. Les premiers impacts notables concernent l’agriculture, en plus des pics de canicule. Compte-tenu des records de chaleurs enregistrés depuis 2015, ces moyennes vont encore augmenter dans les prochaines années.
Limiter le réchauffement mondial à 2 degrés celsius (°C) et si possible à 1,5°C. C’était l’engagement des accords de Paris en 2015. Les négociations de la COP26 à Glasgow en Écosse devraient également aboutir à un objectif comparable. Des bonnes intentions qui n’engagent à pas grand chose, puisque ces accords sont non-contraignants. Deux degrés, d’accord, mais depuis quand ? Les accords mondiaux se comparent avec les températures d’avant « l’ère industrielle » soit 1850-1900.
Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), ce réchauffement est déjà de 1,1°C. Mais il s’agit d’une moyenne mondiale. « La planète est recouverte à 75% par des océans, qui se réchauffent moins. Sur les continents ce réchauffement est de 1,6° et plus précisément de 1,8° en France », détaille Jean-Michel Soubeyroux directeur adjoint scientifique au siège de Météo France à Toulouse.
En Alsace, quatre stations permettent de mesurer les températures avec fiabilité et continuité depuis les années 1950, aux aéroports de Strasbourg, Colmar et Bâle-Mulhouse, ainsi qu’au jardin botanique de Strasbourg. D’autres ont été installées dans les Vosges il y a une vingtaine d’années. Pour les climatologues, elles n’ont pas encore assez de recul pour mesurer le changement climatique. Météo France utilise des moyennes sur 30 ans, pour ne pas être impacté par les aléas des années chaudes et froides. « On entend souvent parler de températures au-dessus ou en dessous des normales saisonnières sans vraiment savoir ce que c’est. Il s’agit d’une comparaison avec la moyenne des températures sur 30 ans à la même date », détaille Yves Hauss, responsable de la climatologie pour la région Nord Est à Météo France.
Mais les Vosges pourraient être un peu plus impactées que la plaine d’Alsace. À défaut de données scientifiques précises, Jean-Michel Soubeyroux compare avec d’autres massifs montagneux :
« On constate un réchauffement accru sur les sommets. La neige provoque un effet albédo, c’est-à-dire la réverbération des rayonnements du soleil. Ainsi les surfaces désormais sans neige se réchauffent plus vite, c’est notamment visible lors des intersaisons. »
Les effets continus du réchauffement depuis 30 ans ont déjà eu beaucoup d’impact en Alsace Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Par période de 10 ou 30 ans, le même réchauffement
Sur la station strasbourgeoise à Entzheim, c’est à partir des années 1990 (c’est-à-dire en fait à la fin de la période 1960-1990) que les débuts du réchauffement général sont perceptibles.
D’autres moyennes sont établies sur dix ans. Pour observer le début des années 2000, elles ont l’avantage de ne pas être nivelées par le bas par les années 1970 ou 1980, décennies où le climat changeait encore peu. Mais elles sont plus exposée aux variations de quelques années froides ou chaudes, là où la moyenne sur 30 ans est plus lisse.
Une limite importante détaille Yves Hauss :
« Les climatosceptiques font parfois référence aux années cinquante qui étaient assez chaudes, surtout par rapport à la décennie 1960-1970. Mais ce ne sont pas des périodes assez longues pour être des références en matière de climat ».
À partir des années 1990, aléas ou non, on retrouve une nette augmentation, d’environ 1,5° en moyenne à Strasbourg, que ce soient avec des moyennes sur 10 ou 30 ans. La température strasbourgeoise est désormais équivalente à celle de Lyon dans les années 1950. Ces moyennes vont forcément augmenter car beaucoup de records de chaleur ont été enregistrés entre 2015 et 2020.
La moyenne sur 30 ans est plus lisse que celles, mais les deux courbes attestent du même réchauffement depuis les années 1990. (Source Météo France)
Ce réchauffement s’explique par différents facteurs, parfois contradictoires. Jean-Michel Soubeyroux détaille le tournant des années 1970, à la fin des Trente Glorieuses :
« C’est une période où l’on commence à dépolluer l’industrie. À l’époque, c’était surtout pour éviter les pluies acides, qui détruisaient les forêts via le souffre émis par les usines. Mais on s’est aussi rendu compte que ces aérosols, des poussières, avaient un effet refroidissant qui filtrait le rayonnement du soleil. Son impact sur le réchauffement est estimé à -0,4° (pour +1,5° d’augmentation via les gaz à effet de serre), ce qui peut paraître paradoxal. Au milieu des années 1980, le réchauffement commence à être plus rapide, car dans le même temps, les émissions de gaz à effet de serre (le CO2) ont continué à augmenter. L’année 2021 devrait à nouveau battre le nouveau record de 2019, après la parenthèse de 2020 due au Covid. »
Et puis il y a les délocalisations, qui font aussi partir cette pollution vers d’autres continents. Avec la fermeture de mines ou la fin de la sidérurgie, l’Alsace et de manière générale cette partie de l’Europe, de l’Allemagne à la Lorraine est particulièrement concernée.
Davantage de jours très chauds
Le Climat n’est pas qu’une affaire de moyenne. L’un des phénomène les plus palpables, et pénible, est l’augmentation du nombre de jours de canicule (plus de 34° le jour et 19° la nuit suivante). À Strasbourg, on en compte 35 entre 2015 et 2019. C’est plus du double par rapport aux précédents dans les années 2000. Avant le XXIe siècle, ce total n’avait jamais atteint les 10 jours.
Pour cet aspect spécifique, il est pertinent de comparer la station de Entzheim et du jardin botanique. La station près de l’aéroport en mesure systématiquement moins.
Photo : graphique Météo France
Ces hausses vers des températures très chaudes forment l’un des effets marquant de la hausse des moyennes, selon Jean-Michel Soubeyroux :
« Avec le réchauffement, les extrêmes chauds vont comparativement encore plus haut que par le passé. C’est aussi ce que l’on retient le plus et ce qui a le plus d’impact sur notre environnement, comme avec les feux de forêts. En revanche, on ne retrouve pas ce phénomène d’amplification pour les extrêmes froids. »
Pas de mois le plus froid depuis 1990
Depuis le début des années 2000, Strasbourg a connu des mois records où ses moyennes étaient comparables aux « normales saisonnières » de Marseille (août 2003 et juillet 2006), d’Alger (avril 2007), voire de Tunis (juin 2003). Par ailleurs, 5 des 12 mois les plus chauds depuis un siècle ont été mesurés entre 2015 et 2020. Les 7 autres depuis 1990. En revanche, les mois les plus froids semblent désormais appartenir aux livres d’histoire. Aucun record n’a été battu depuis juillet 1980. Les trois-quarts l’ont été entre les années 1920 et 1940.
Photo : graphique Météo France
Moins de gel
Conséquence inverse, les jours de froids diminuent drastiquement. En moyenne, on ne compte désormais que 10 jours par an sans dégel, « c’est-à-dire où le thermomètre ne repasse pas au-dessus de 0° pendant 24 heures », précise Yves Hauss, contre 22 moyenne dans les années 1950. On n’en compte même aucun en 2015 ou 2018.
Photo : graphique Météo France
Une saison froide amputée d’un mois et demi
La saison froide raccourcit. Au début des années 1920, la station de Strasbourg pouvait connaître des températures négatives dès le 13 octobre et jusqu’au 1er mai. Contrairement aux températures, on ne détecte pas de changement subit, mais une tendance au resserrement de ces dates.
Désormais, cette moyenne est restreinte du 2 novembre au 6 avril, soit un mois et demi de moins. Ce qui n’empêche pas que les gelées vers les 8 et 9 avril en 2021 aient pu paraître surprenantes… Les « records » de dégel précoce ou tardif dans l’année remontent d’ailleurs à 1984 et 1990.
Photo : graphique Météo France
L’agriculture premier secteur exposé
Ces variations impactent d’abord la nature, qu’elle soit à l’état sauvage ou exploitée par l’homme. « Les vignerons et les producteurs de fruits sont les plus touchés. L’agriculture intensive et extensive est moins exposée car elle peut changer de culture d’une année sur l’autre », détaille Yves Hauss.
En 2020, les vendanges ont débuté le 3 septembre en Alsace, un record de précocité. La date la plus tardive pour récolter du Riesling était le 19 octobre en 1987 et 1988. Au-delà de l’organisation pratique et économique, cela aussi un impact sur le produit. Le taux moyen d’alcoolémie des Riesling est passé de 9 à 11 degrés d’alcool entre les années 1970 et le début des années 2000. L’année 2021, plus froide et avec du gel tardif, a également provoqué une baisse de 80% de la production de miel en Alsace.
Sur la végétation, l’impact est également perceptible. Yves Hauss a repéré, entres autres arbres, que le Mélèze voit ses aiguilles pousser 33 jours plus tôt qu’en 1958 en se basant sur des observations faites en Suisse.
Des prédictions
Basé sur ces relevés et cette expérience, les climatologue de Météo France se disent désormais plus à l’aise pour produire des prédictions, y compris pour les zones où il n’y a pas de stations depuis des décennies. Une récente projection permet d’écrire un scénario pessimiste, intermédiaire et optimiste pour chaque commune. À Strasbourg, le réchauffement serait compris entre 1,8° et 3° à la fin du siècle, par rapport à la période 1976-2005, c’est à dire le début du réchauffement tel qu’on le connait. Les effets sont déjà connus, mais leur ampleur dépendra des efforts faits pour limiter les émissions de gaz à effets de serre.
Agenda militant, Strasbourg furieuse organise un petit festival dimanche à la Semencerie, afin de permettre aux personnes engagées dans divers causes de se rencontrer.
Mis en ligne depuis 2013, l’agenda Strasbourg Furieuse bénéficie depuis 2019 d’une équipe de bénévoles motivées pour publier chaque jour les rendez-vous militants à Strasbourg et autour. Afin de retrouver un peu de convivialité après une période pandémique particulièrement sèche en mobilisations, l’équipe organise la « Rentrée furieuse », une série de rencontres dans l’après-midi et la soirée du dimanche 7 novembre, à la Semencerie dans le quartier Laiterie.
L’affiche de la rentrée furieuse (document Flo Vicente / Strasbourg furieuse)
Ateliers l’après-midi, projection le soir
De 15h à 17h, parmi les ateliers programmés, Alsace Réseau Neutre prévoit de partager les manières de se libérer du pistage. À l’heure des smartphones quasi-obligatoires, ce rendez-vous donnera des pistes pour éviter d’alimenter les bases de données de Google, Facebook, etc. Venir avec sa tablette, son ordinateur, son téléphone… La Chorale informelle, qui égaye de ses chants de nombreux cortèges strasbourgeois propose un travail sur la voix tandis que d’autres collectifs ayant oeuvré pendant les confinements partageront leurs expériences, comme les organisateurs des Débats mouvants du TNS.
À 17 heures, un Forum collectif autour des luttes du coin débutera, avec des témoignages de la part de collectifs et de personnes sur leurs luttes passées et actuelles.
À partir de 19h, il sera temps de partager des plats et des boissons avant de s’installer devant une projection du collectif Les Scotcheuses est prévue, sur une occupation militante (Notre-Dame-des-Landes, Bure…), en présence de quatre de leurs membres.
Le programme n’est pas définitif, il est susceptible d’être étoffé par d’autres contributions déposées d’ici là par de nouveaux collectifs.
Dans le débat sur l’aménagement des rues en ville, quatre associations de piétons, cyclistes et usagers des transports plaident pour faire circuler les bus et vélos dans des couloirs communs, afin de ne pas faire ralentir les bus, mélangés à la circulation. Une organisation retenue lors du mandat passé mais qui ne l’est plus dans les premiers choix de la municipalité.
Depuis 1994, la Communauté urbaine, puis l’Eurométropole, ont développé un réseau de transports urbains centré sur le développement du tram, mais qui n’a pas oublié les lignes de bus. À côté de ce réseau de transport public a été construit un réseau de pistes cyclables, certes encore perfectible.
Une circulation sécurisée et différenciée
Le constat a été fait que certains axes n’étaient pas suffisamment larges pour permettre une circulation sécurisée des cyclistes et un passage en site propre des bus sur deux espaces différenciés. C’est ainsi que peu à peu les couloirs réservés aux bus ont été ouverts aux cyclistes. De nouveaux couloirs de bus ont été créés sur la ligne L6, au nord de l’agglomération, et sur les boulevards permettant d’accéder à la gare (lignes de bus H, 2 et 10), ouverts, dès leur création, aux cyclistes, en site dit « mixte ».
Malheureusement en même temps, et souvent depuis peu, le choix a été fait, avenue des Vosges et allée de la Robertsau, de créer seulement des bandes cyclables, obligeant les bus à circuler dans la même voie que les automobiles.
Des associations demandent à développer à nouveau les couloirs de bus + vélos afin de ne pas dégrader le temps de parcours des bus. Photo : Martin Lelièvre / Rue89 Strasbourg
Conséquence : un temps de trajet rallongé pour les bus, une vitesse commerciale obérée, qui à terme ont en germe une désaffection de ces lignes de bus. Pire encore : les bus ont été « chassés », fin août dernier, du quai Schoepflin au profit des seuls vélos dans le cadre du contournement cycliste de la Grande-Île. La ligne de bus L6 a été dévoyée par la place Broglie, générant un temps de trajet rallongé de plusieurs minutes. La configuration des voies de circulation montre que les bus auraient pu facilement être maintenus sur le quai.
Plus de pertes de temps dans les embouteillages que derrière un vélo
On nous dit que la mixité avec les cyclistes ralentirait les bus. Pourtant, force est de constater que la perte de temps pour les bus est souvent bien plus grande à rester mêlés au trafic automobile ou à utiliser des itinéraires déviés. Dans les couloirs mixtes bus-vélos, le temps passé par le bus aux arrêts permet de réguler de façon équilibrée leur circulation et celle des vélos.
C’est pourquoi au nom de l’intérêt des usagers des transports en commun, des cyclistes, des piétons et personnes en situation de handicap, nous demandons :
Un réaménagement des avenues des Vosges, de l’allée de la Robertsau et du quai Schoepflin avec mise en place de couloirs mixtes bus – vélos ;Un abandon de tout projet d’aménagement qui nuirait à la progression rapide des bus dans l’intérêt des usagers et du report modal.
L'ASsociation des usagers des transports urbains de Strasbourg (Astus), le Comité d'action deux roues (Cadr) 67, l'association Piétons 67 et le Groupement insertion personnes handicapées physiques (GIHP) sont signataires de cette tribune.
Le Colecosol et CCFD Terre Solidaire organisent samedi un « Safari de l’éco-blanchiment » au centre-ville de Strasbourg. Les participants seront invités à détecter les enseignes qui prétendent avoir des comportements vertueux de leurs impacts environnementaux.
Il y a eu les mobilisations contre les déforestations liées à la culture intensive de l’huile de palme en Indonésie ou du café en Afrique et en Amérique latine. Puis, face aux comportements devenus sélectifs des consommateurs les plus engagés, les industries textiles et agro-alimentaires se sont adaptées, ont produit des labels plus ou moins sous leur contrôle… Cette pratique de noyautage des enjeux environnementaux, pour en dissocier leur prise en compte réelle de la communication qui en est faite, s’appelle l’écoblanchiment (ou greenwashing en anglais).
Face à ce fléau, qui empêche les citoyens de choisir au moment de leurs achats des entreprises respectueuses de leurs impacts environnementaux, le Collectif pour la promotion du commerce équitable et de la consommation responsable (Colecosol) et le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD Terre Solidaire) organisent un « safari du greenwashing » dans l’après-midi du samedi 6 novembre au centre-ville de Strasbourg.
La chasse sera-t-elle bonne ? Photo : CCFD-Terre solidaire Marseille
L’idée leur a été soufflée dans le cadre d’une participation au Festival des solidarités, une série d’événements en France du 12 au 28 novembre. Claire Jehl, déléguée générale du Colecosol Grand Est, détaille :
« Nous avons prévu un itinéraire dans la ville, où des pratiques d’écoblanchiment sont à l’oeuvre. On s’arrêtera devant chaque magasin, on regardera leur communication qu’on expliquera, notamment au regard des conséquences écologiques à l’autre bout de la planète. Puis il y aura un petit moment ludique pour conclure ce safari. »
La liste des magasins ciblés et l’itinéraire sont gardés secrets jusqu’au moment du safari. Les chasseurs d’éthique dans l’étiquette sont priés de se présenter au départ, place Gutenberg à 15 heures.
Lits fermés, soignants absents, suspendus ou réaffectés en urgence dans les unités de soins les plus critiques… Le pôle pédiatrie du CHU de Strasbourg est débordé, à tel point que les chefs de service doivent se prononcer sur les offres de soin à abandonner.
À force de manquer de moyens, il faut bien réduire l’offre de soins pour enfants. C’est la triste logique à l’œuvre au sein du pôle pédiatrie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS). Suite à un appel à témoignages sur les services pédiatriques des hôpitaux strasbourgeois, Rue89 Strasbourg a été destinataire d’un texte confirmant une alerte reçue quelques jours plus tôt. Par crainte de représailles pour celles et ceux qui oseraient s’exprimer auprès d’un journaliste, il est signé d’un « collectif médical pédiatrique strasbourgeois ». Ce dernier révèle une situation de pénurie intenable :
« Nous sommes obligés de réfléchir et d’acter la nécessité d’abandonner certaines filières spécialisées de soins pédiatriques par manque de moyens humains, matériels et financiers. »
L’unité de soin pédiatrique des hôpitaux va réorganiser son offre face au manque de personnels. Photo : Martin Lelièvre / Rue89 Strasbourg
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l'extrême-droite à l'hôpital public en passant par la maison d'arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l'expertise-psychiatrique.
La préfecture du Bas-Rhin a précisé le dispositif de sécurité prévu pour l’édition 2021 du Marché de Noël. Les points de contrôle aux entrées seront maintenus mais seules les personnes avec des sacs seront systématiquement fouillées. Des contrôles aléatoires sont prévus pour tout le monde, aux entrées et à l’intérieur de la Grande Île.
« Le nouveau dispositif de sécurité du marché de Noël doit respecter la sérénité des Strasbourgeois. D’autant que les contraintes du précédent dispositif n’étaient pas synonymes d’efficacité. » La préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, jure avoir entendu les plaintes des habitants face à des contrôles systématiques devenus emblématiques d’un marché de Noël sécuritaire. Lors d’une conférence de presse mercredi 3 novembre, Josiane Chevalier a décrit les nouveaux axes de la sécurité pour cet événement qui doit attirer entre 1 et 2 millions de visiteurs au centre de Strasbourg.
Le dispositif hérité des attentats contre Charlie Hebdo et de Paris étaient détestés par de nombreux Strasbourgeois. Photo : Pascal Bastien / Divergence
Fin des contrôles systématiques, début du flou
Cette année doit marquer la fin des vestes à ouvrir et des palpations subies par chaque personne se présentant à chaque entrée de la Grande Île au mois de décembre. D’abord, tous les accès à l’hypercentre resteront ouverts pour les piétons et les cyclistes. Des agents de sécurité et des policiers municipaux y contrôleront aléatoirement les personnes.
Mais la quantité de contrôles, donc la contrainte pesant sur les habitants, reste encore floue : « Les objets volumineux (valises, sac à dos, vélos-cargos) feront l’objet de fouilles systématiques pour tous les accédants à la Grande Île », indique la préfecture. Le directeur de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Bas-Rhin n’a pas donné de précision sur les dimensions de ces objets volumineux. Laurent Tarasco s’est contenté d’assurer que « les files d’attente vont à l’encontre de l’esprit du nouveau dispositif. »
Mettre fin au désamour des Strasbourgeois
Adjoint en charge de l’événementiel à la Ville de Strasbourg, Guillaume Libsig détaille :
« On est sur une année zéro. On veut mettre fin au désamour des Strasbourgeois vis-à-vis du Marché de Noël, en raison des conflits d’usage qu’il génère. Pour le volet sécurité, le contrôle aléatoire sera basé sur le discernement plus que sur l’objet volumineux. »
Hormis la station Broglie, qui sera fermée, la Grande Île restera accessible aux trams pendant le Marché de Noël. L’ensemble des lignes de bus traversant l’ellipse insulaire seront cependant déroutées. Les automobilistes pourront accéder à l’hypercentre par 4 entrées : les ponts du Corbeau, de l’Abattoir, de Paris – Sébastopol et de la Fonderie. Ils pourront en sortir par les ponts Saint-Nicolas et du Théâtre, vers la place de la République.
Des contrôles aléatoires et dynamiques dans l’hypercentre
Pour la préfète du Bas-Rhin, le nouveau dispositif de sécurité repose avant tout sur « un quadrillage fin de l’hypercentre, avec des contrôles aléatoires et dynamiques, plus efficaces que des contrôles statiques. » Josiane Chevalier promet une « capacité de réaction immédiate des forces de l’ordre en cas d’incident » avec des « effectifs considérables, 700 personnes affectées à la sécurité du Marché de Noël, des militaires de l’opération Sentinelle, des pompiers, des maîtres chiens, des démineurs et des agents de sécurité privés. »
Pour le directeur de la DDSP, le contrôle dynamique doit aussi « créer une insécurité pour les personnes malveillantes dans le Grande Île avec des patrouilles fréquentes, dont les effectifs seront renforcés du début de l’après-midi jusqu’à 20 heures. »
Un futur arrêté sur les mesures sanitaires pendant le Marché
Cette nouvelle doctrine pour la sécurité du Marché de Noël répond aussi à la pandémie de coronavirus. « Si les gens devaient s’agglutiner aux entrées de l’hypercentre, ce serait contraire aux règles sanitaires », a rappelé la préfète du Bas-Rhin. La préfecture a envisagé deux protocoles sanitaires pour le Marché de Noël, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Dans tous les cas, le port du masque sera obligatoire à l’intérieur du périmètre du Marché. Si le taux d’incidence dépasse les 200 nouveaux cas pour 100 000 habitants, alors un passe sanitaire sera nécessaire pour accéder aux lieux dédiés à la consommation de boisson et de nourriture. Un arrêté préfectoral doit être publié prochainement pour préciser les obligations du port du masque au Marché de Noël.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l'extrême-droite à l'hôpital public en passant par la maison d'arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l'expertise-psychiatrique.
Hackstub et Résistance à l’agression publicitaire proposent une projection-débat vendredi soir, sur le thème du capitalisme de surveillance.
La vidéosurveillance continue de se déployer dans les villes françaises. Désormais assistées d’algorithmes, capables de détecter les « comportement anormaux », voire d’identifier les visages, ces technologies sont installées sans débat, sans transparence et bien souvent sans conscience des effets néfastes sur les libertés individuelles.
L’association Hackstub et Résistance à l’agression publicitaire (RAP) organisent vendredi soir au Neudorf une soirée d’information et de débat autour de la vidéosurveillance, dans le cadre de la campagne Technopolice, visant à informer les citoyens sur les enjeux sociétaux posés par l’emploi des technologies dans les aménagements et la gestion de l’espace urbain.
Souriez vous êtes filmés, analysés, testés, collectés… Souriez on vous dit ! Photo : Insas
La soirée doit débuter par la projection de Les Yeux Carrés. Un documentaire de Louison Assié et Laure Massiet du Biest réalisé en 2020 sur l’expansion de la vidéosurveillance à Marseille, où plus de 1 000 caméras ont été installées pour filmer l’espace public durant les mandatures de Jean-Claude Gaudin (LR). Elle se poursuivra par un débat sur l’état de la vidéosurveillance à Strasbourg et dans les environs, et évoquera les moyens de mobilisation qui restent accessibles aux citoyens.