Maquis Alsace-Lorraine s’apprête à interpeller personnellement les joueurs de l’équipe de France pour les encourager à boycotter la Coupe du monde 2022. En cause : les milliers de morts sur les chantiers liés à l’organisation de la compétition. Le collectif alsacien appelle à la création de comités locaux partout dans le monde, pour qu’ils encouragent aussi les footballeurs de leurs équipes nationales, à ne pas se rendre au Qatar.
Au moins 6 500 ouvriers sont morts au Qatar depuis l’attribution de la Coupe du monde 2022 à ce pays, en 2010. Ariel (prénom modifié), fan de foot, ne pouvait pas rester indifférent. Avec le collectif Maquis Alsace-Lorraine, constitué pour l’instant de personnes non affiliées et de membres d’Extinction Rebellion Strasbourg, d’ANV Cop21 Strasbourg et du Chaudron des Alternatives, il se lance dans un projet fou : faire annuler la compétition. « Pour l’instant on est 11, comme une équipe de foot. Il nous manque les supporters », lance t-il, déterminé.
Interpeller des joueurs et des personnalités
La stratégie consistera en deux types d’actions complémentaires. Maquis Alsace-Lorraine organisera prochainement des manifestations symboliques, devant et dans des stades de football, pour médiatiser la campagne. Puis, ils interpelleront les joueurs de l’équipe de France, pour les pousser à boycotter l’événement. Ensuite, de fil en aiguille, ils espèrent susciter un mouvement massif de désistement de footballeurs à travers le monde. Ariel explique :
« Nous avons identifié tous les joueurs qui ont été sélectionnés pour l’équipe de France ces deux dernières années. Ils sont 35. Nous les contacterons tous personnellement, notamment sur Twitter. Nous encouragerons aussi des personnalités influentes à prendre position. Par exemple Arsène Wenger, un Alsacien qui a longtemps entrainé le club londonien d’Arsenal, ou Marc Keller (président du Racing Club de Strasbourg), et Albert Gemmerich (ancien joueur du Racing Club de Strasbourg), tout deux membres du comité exécutif de la Fédération Française de Football. »
Enfin, Maquis Alsace-Lorraine est en relation avec d’autres organisations en France et appelle à la création de comités locaux partout dans le monde. La fin du scénario imaginé pour faire annuler la compétition : les comités locaux du monde entier parviennent à convaincre des joueurs du monde entier à boycotter l’événement. « Pas de crainte », poursuit-il : « La Coupe du monde pourrait être réorganisée dans un pays où les infrastructures existent déjà. »
« Tout est absurde là-dedans »
Maquis Alsace-Lorraine dénonce un sport « de plus en plus instrumentalisé financièrement et politiquement ». Le collectif milite pour « un football populaire », où l’argent joue un rôle moins important. « Une Coupe du monde au Qatar, ça n’a aucun sens. C’est juste pour leur image et les retombées économiques. Il n’y a pas de supporters là-bas. Ils sont obligés de payer des gens pour que les tribunes ne soient pas trop vides« , s’insurge Ariel, avant de continuer à dérouler son argumentaire :
« Ils ont eu cette Coupe du monde en corrompant 15 membres du comité exécutif de la FIFA. Les chantiers et l’organisation de la compétition représentent une aberration écologique. De grands systèmes de climatisation ont été installés dans les stades, au cas où le fait de jouer un hiver ne suffit pas. Bref, tout est absurde là-dedans. Et pour nous, l’indifférence, ou le fait de ne pas prendre position, c’est cautionner. Est-ce qu’en tant que footeux, on accepte tout ça ? Nous non. »
« Si on reste fatalistes, on est sûrs que rien ne bougera jamais »
Ariel veut faire entendre aux footballeurs que « leur popularité est un instrument politique, et que leur présence à la compétition blanchirait l’image du Qatar ». Est-ce que cette stratégie peut fonctionner ? Lui a beaucoup d’espoir, vu le caractère consensuel du message :
« Qui peut cautionner tout ces morts sur les chantiers ? Les stades construits dans le désert ? La corruption ? Il faudra que le mouvement soit soutenu par les supporters. De toute façon, il faut essayer. Si on ne fait rien, et qu’on reste fatalistes, on est sûrs que rien ne bougera jamais. Pour nous, c’est inconcevable qu’aucune voix dissonante ne se fasse entendre face à ce scandale. »
Un homme a été retrouvé sans vie près de sa tente au stade Vauban dans la matinée du lundi 15 novembre. Âgé de 44 ans, il était connu de l’association Strasbourg Action Solidarité.
Dans la matinée du lundi 15 novembre, le corps de Éric W. a été retrouvé allongé près d’une tente, plantée à côté du stade Vauban à la Citadelle. Les pompiers et la police étaient déjà arrivés sur place lorsqu’un bénévole et bénéficiaire de l’association Strasbourg Action Solidarité (SAS) a alerté l’équipe mobile de rue de la Ville de Strasbourg. Contacté, le Centre communal d’action sociale (CCAS) affirme ne pas avoir suivi cette personne. Les circonstances de son décès n’étaient pas encore connues dans la soirée du mardi 16 novembre.
Aux alentours de midi, lundi 15 novembre, Valérie Suzan, présidente de l’association SAS, a déploré sur son compte Facebook la mort dans la rue de cette personne sans-abri :
Entre la rue et le logement particulier
Trois fois par semaine, et ce depuis un an et demi, Éric W. passait dans les locaux de l’association SAS, rue de Flandre, soit juste à côté du lieu de son décès. « Quand on a ouvert nos locaux, il est venu récupérer des colis alimentaires », explique Valérie Suzan. Entre galères et addictions, il faisait souvent la manche devant le supermarché Auchan du boulevard d’Anvers. Le directeur de l’établissement affirme ne pas connaître son identité.
L’homme de 44 ans n’était pas hébergé par la Ville de Strasbourg ni par le Samu social : « Il logeait chez les gens ou dans des tentes », affirme Valérie Suzan. Dernièrement, Éric W. dormait chez un homme de 60 ans, récemment hospitalisé pour des problèmes de santé graves, avec au moins un colocataire.
Parfois, « la cohabitation se passait mal », selon Guillaume Keller-Ruscher, qui travaille au SAS. À la fin de l’été, Éric W. a demandé une tente à l’association de solidarité pour pouvoir dormir dehors. Il n’était pas rentré dans son logement dimanche soir.
Fin juin, le président de l’Arsea, une association spécialisée dans le travail social, a présenté son projet de fusionner avec l’Abrapa, une association d’aide à la personne. Face aux inquiétudes des syndicats, la direction a temporisé.
Philippe Richert était pressé. Un peu trop peut être. Au début de l’été 2021, le président de l’Arsea a annoncé aux quelque 1 400 salariés de cette association du secteur social son projet de fusion avec l’Abrapa, autre association d’environ 3 400 salariés, spécialisée dans le service à la personne. Ancien président Les Républicains de la Région Grand Est, Philippe Richert a décrit l’ambition d’une « nouvelle association unique, puissante, durable et non lucrative qui répondrait aux besoins d’aide à l’autonomie, à l’inclusion et à l’épanouissement, quel que soit l’âge, la situation sociale ou l’état de santé de la personne ». Il espérait « que ce projet devait aboutir d’ici un an » et s’engageait « pour que cette fusion se passe au mieux ».
Entrée de la résidence Abrapa Les Halles à Strasbourg. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg cc
Une fusion qui inquiète les salariés
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Le mouvement apparu en novembre 2018 est sur le point de fêter son troisième anniversaire. Un rassemblement est organisé par l’Inter-QG du Bas-Rhin le vendredi 19 novembre au soir. Le lendemain, deux manifestations distinctes auront lieu à Strasbourg et à Haguenau.
Novembre 2018, l’annonce d’une nouvelle hausse des taxes sur les carburants provoque la colère de citoyens. S’organisant sur les réseaux sociaux, ils se rassemblent et décident d’occuper les ronds-points pour contester cette atteinte à un outil de travail essentiel. Le “mouvement des Gilets jaunes”, référence à la veste de sécurité fluo qu’ils portent aux prémices, prend de l’ampleur avec 282 000 personnes lors de leur première manifestation, le 17 novembre 2018 à Paris. Trois ans plus tard, le mouvement, certes réduit et divisé, existe encore.
Une manifestation samedi à Strasbourg
Deux groupes de Gilets jaunes coexistent encore dans le Bas-Rhin. À Strasbourg, le « Comité gilet jaune Strasbourg République » (du groupe Facebook « Alsace tous ensemble ») rassemble les Gilets jaunes historiques à l’origine des assemblées générales de la place de la République. Ils sont aujourd’hui 25 membres « très actifs » et se réunissent chaque semaine, selon Isabelle Wendlinger, membre du groupe.
La comité de Strasbourg République a choisi le samedi 20 novembre pour sa manifestation. Le cortège partira de la place Kléber à 14h.
Pas de rassemblement prévu le 17 novembre, jour de l’anniversaire, comme le précise Isabelle Wendlinger :
« Concrètement cela tombe un jour de semaine donc c’est plus compliqué, tout simplement. Nous avons voulu faire une manifestation à Strasbourg, sachant qu’un certain nombre de gilets jaunes partiront à Paris pour l’appel national. Cela se fera avec ou sans gilet, plus sur la revendication. »
La coordinatrice du Comité de Strasbourg République explique les deux manifestations séparées par une volonté de se « démarquer » de l’Inter-QG. Au cours des manifestations contre le pass sanitaire, le comité de Strasbourg République s’était déjà constitué en « pôle social » regroupant plusieurs syndicats, précise Isabelle Wendlinger : « L’objectif était de lier les revendication sociales à la question de la crise sanitaire, de ne pas se restreindre à la question du pass ». En septembre 2021, ils ont d’ailleurs signé un texte commun avec la CGT, la CNT, la FI, le NPA et le POI, publié sur leur page Facebook, qui résume des revendications pour « l’abrogation de la loi relative à la gestion de la crise sanitaire, et contre les lois antisociales du gouvernement ».
Deux jours de rassemblements pour l’Inter-QG à Brumath et Haguenau
Dans le département, l’ »Inter-QG du Bas-Rhin », du groupe Facebook du même nom, rassemble quand à lui les gilets jaunes des villes de Bernolsheim, Brumath, Schweighouse, Gundershoffen, Roppenheim et Wasselonne. Le collectif coordonne ses actions en collaboration avec le groupe “Anti-Pass 67”. D’une composition hétérogène, l’Inter-QG appelle de son côté à deux rassemblements d’anniversaire les 19 et 20 novembre.
Affiche des deux rassemblements des 19 et 20 novembre pour l’Inter-QG du Bas-Rhin. Photo : doc Inter-QG du Bas-Rhin/Facebook
La première soirée se déroule à partir de 18h au rond-point des Fourmis de Bernolsheim, près du Brumath, pour un “grand campement”. Celui-ci est « en cours d’élaboration » et n’est pas déclaré pour le moment. L’Inter-QG affirme par ailleurs que « beaucoup s’y retrouveront, déclaré ou pas ». La manifestation du lendemain est bien déclarée, toujours selon l’Inter-QG : elle partira de la gare de Haguenau à 14h mais le parcours reste à définir.
La cour administrative d’appel de Nancy a suspendu les effets du jugement du tribunal administratif de Strasbourg. Ce qui ouvre la voie à une ouverture en décembre du Grand contournement ouest de Strasbourg.
Le juge unique a considéré que l’interdiction provisoire de la mise en service du GCO prononcée par le tribunal strasbourgeois n’était pas assez motivée et aurait des « conséquences difficilement réparables », eu égard de la baisse de bruit, de pollution (ce qu’infirme l’étude d’Atmo Grand Est), du temps de transports ou de l’amélioration de la sécurité routière « qu’entrainerait » le GCO, ainsi que l’interdiction du trafic de transit des poids-lourds sur l’A35 qui en découle.
L’ouverture de l’autoroute payante de 24 kilomètres est donc envisagée au courant du mois du décembre.
Des insuffisances à rectifier
En première instance, le tribunal strasbourgeois avait constaté des « insuffisances » dans les arrêtés de la préfecture du Bas-Rhin publiés au mois d’août 2018 et qui ont autorisé le début des travaux. Elles concernaient les mesures prises pour la qualité de l’air, la qualité des sols et nécessitent entre autres d’actualiser les études de trafic. Par ailleurs, en ce qui concerne l’échangeur nord avec l’A4 et l’A35, réalisé par la société Sanef, le tribunal avait aussi relevé « l’omission de trois espèces d’oiseaux protégées dans la demande de dérogation » et « des mesures de compensation insuffisantes pour le déboisement ». La Sanef doit créer une autre zone humide.
L’audience en appel s’est tenue le mercredi 10 novembre. Il ne s’agissait pas d’un appel sur le fond du dossier, mais d’un « sursis à exécution » de la décision initiale, ce qui ressemble à une procédure d’urgence en référé. En clair, le ministère de la Transition écologique et la société Arcos (Vinci) considèrent que l’autoroute étant quasiment achevée, elle peut déjà être mise en service. Et que la mise en conformité des arrêtés et mesures complémentaires peuvent intervenir dans un second temps. C’était le sens des « Journées Portes ouvertes » du week-end du 14-15 novembre, contestées par les opposants.
Les travaux du GCO sont quasiment achevés. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
Une mise en service, puis de nouvelles décisions de justice
Le concessionnaire et l’État ont jusqu’au mois de mai pour prendre les mesures appropriées et régulariser les arrêtés d’août 2018. Une fois les nouveaux textes rédigés, le tribunal administratif de Strasbourg les réexaminera, pour autoriser ou non la mise en service… même si celle-ci devrait donc déjà avoir débuté depuis plusieurs mois.
Pour l’avocat de l’association Alsace Nature, Me François Zind, cette séquence questionne l’efficacité de la justice environnementale :
« Le tribunal administratif de Strasbourg va se prononcer quatre ans plus tard, à l’été 2022 sur la légalité des arrêtés de 2018, qui sont censés être vérifiés au démarrage des travaux. Quels que soient les magistrats, ils se retrouvent face au fait accompli. Le rapporteur public savait bien qu’on ne peut pas déconstruire l’autoroute quand bien même il y a des irrégularités. On remarque néanmoins que l’association n’a pas été condamnée aux frais de justice administrative, ce qui est une manière de reconnaître que ses demandes sont fondées. Alsace Nature restera mobilisée pour vérifier la mise en place des mesures compensatoires et voir si ce qui a été annoncé est réel. »
Un hypothétique appel, sur le fond, de la décision initiale doit en théorie également être audiencé à Nancy, à une date inconnue.
Cette décision du 16 novembre de la cour administrative d’appel de Nancy peut faire l’objet d’un ultime recours auprès du Conseil d’État sous deux semaines. La procédure n’est pas suspensive. Après cette décision défavorable, Alsace Nature devait se concerter pour voir si elle engage ou non une telle procédure, dont la décision risque d’intervenir après la mise en fonctionnement désormais autorisée.
Alors que la « croissance verte » et la transition écologique sont les priorités affichées par la Région Grand Est en 2021, plus de 600 000€ de subventions ont été votées en octobre pour des entreprises « engagées dans des projets pour la biodiversité ». Parmi elles, on compte la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, un important transporteur routier alsacien, un fabriquant de produits phytosanitaires… Ou comment le « greenwashing » d’entreprises polluantes, se retrouve financé par de l’argent public.
Le 15 octobre, la Commission Environnement de la Région Grand Est se réunit en séance plénière. Les 22 élus planchent sur un tout nouveau projet, intitulé : « Entreprises du Grand Est – Devenez acteurs pour la Biodiversité ». Un dispositif mis en place pour la première fois par la Région, « qui fait écho à la stratégie régionale biodiversité » peut-on lire sur le rapport que Rue89 Strasbourg a pu se procurer.
L’explication du projet est donnée en quelques lignes :
« Consciente des freins que peuvent rencontrer les entreprises dans l’émergence de projets en faveur de la biodiversité et des ressources naturelles, la Région Grand Est a souhaité apporter un soutien technique et financier en s’appuyant sur les dispositifs existants, ses partenaires et une enveloppe d’investissement spécifique. »
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Diplômée à Lille en 2012. Après Paris et Marseille, je me suis installée à Strasbourg en 2020. Je suis aujourd’hui indépendante en radio et web, pour Rue89 Strasbourg, Mediapart, Louie Media et France Culture. J’aime les reportages et les enquêtes au long cours, sur les sujets de société et sur notamment sur les violences sexistes et sexuelles.
Les écologistes rendent public leur plan de dépenses pour les investissements prévus au cours du mandat. Les écoles sont les principales bénéficiaires des « surinvestissements » décidés par la majorité. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 12h30.
Un total de 810 millions d’euros. C’est la somme que compte dépenser en travaux la municipalité jusqu’en 2026. C’est 160 de plus que le mandat précédent. La majorité n’hésite pas à parler de « surinvestissement ». « On assume d’aller investir plus d’argent dans des domaines qui nous paraissent prioritaires pour préparer l’avenir », développe la maire Jeanne Barseghian (EELV).
Un exercice de transparence nouveau
Les écologistes s’essayent à un exercice de transparence en rendant public pour la première fois le Plan pluriannuel d’investissements (PPI). Dans les majorités précédentes, ce document hyper-stratégique était détenu uniquement par quelques ténors. Le grand public, et même des élus de second rang, découvraient ainsi la naissance ou l’abandon de certains grands projets. C’était par exemple le cas du stade de la Meinau dès 2017, qui n’était pas planifié en début de mandat. Les Strasbourgeois ont aussi découvert la révision à la baisse des travaux du parc des expositions, voire carrément l’annulation de projets comme pour la prolongation Bus à haut niveau de service (BHNS) ou la mise en place du réseau cyclable Vélostras.
Consultable par chacun, ce PPI peut donner l’impression de figer les choses, au risque de ne pas pouvoir intégrer de nouveaux projet en cours de route. Le premier adjoint en charge des Finances Syamak Agha Babaei assure que la municipalité gardera une forme de souplesse :
« C’est une communication, pas une délibération avec vote. C’est une projection dont nous avons besoin, mais qui ne nous empêchera pas d’intégrer des projets, et réorienter des décisions. On est tout le temps dans cet exercice et on le voit avec ce PPI, avec à la fois des nouveaux projets et une continuité républicaine. C’est un document vivant. »
Plus d’argent pour les écoles
Le principal poste de dépenses (35%) concerne les écoles et établissements de petite enfance avec 222 millions d’euros. Il s’agit d’une augmentation de 100 millions par rapport à 2014-2019. Il comprend la création de quatre écoles, des rénovations ou des nouvelles cantines, sans plastique. Et encore, ce montant ne prend pas en compte le verdissement des cours de récréation (lire notre article), intégré dans le budget végétalisation (35 millions d’euros) de la ville.
Les investissements pour le patrimoine municipal (Centre administratif ; Hôtel de Ville ; Maisons des services de l’Elsau et de Koenigshoffen ; villa Kayserguet à la Robertsau ; achats de véhicules Crit’air 1, etc.) et les Sports (salle de boxe à l’Elsau ; rénovations de gymnases et terrains ; plaines des jeux à Hautepierre, Baggersee et l’Ile des sports) occupent les deuxième et troisième rangs, avec des budgets également en hausse.
Seule la Culture accuse une baisse, de 68 à 60 millions d’euros. La majorité l’explique par la fin du chantier du Maillon au Wacken, qui a concentré 40% des dépenses investissements culturels avec 27,8 millions d’euros.
Par rapport à 2014-2019, la plupart des dépenses prévisionnelles sont en hausse pour 2021-2026. Photo : document Ville de Strasbourg
Comme le laissait déjà présager la campagne de chacune des listes, le mandat ne devrait pas briller par ses grands projets emblématiques. Citons tout même l’agrandissement de la salle de la Laiterie (lire ici), des travaux aux cinémas Stars et St-Exupéry (6 millions d’euros), la fin des travaux de la Manufacture des Tabacs et de la Coop (12 millions d’euros) ou l’agrandissement du stade de la Meinau, confirmé par la nouvelle équipe (12,5 millions pour la Ville, le reste étant réglé par l’Eurométropole, la Région Grand Est et la Collectivité européenne d’Alsace).
Plus de dépenses pour les quartiers défavorisés
L’autre grand axe des écologistes est d’analyser les dépenses par quartier. L’exécutif a repris les investissements de 2004 à 2019 car « c’est à partir de cette date qu’on a une traçabilité », dixit Jeanne Barseghian. Une manière d’englober la gestion sous la droite, comme par la gauche ou de « lisser » les grosses dépenses liées à un projet d’un mandat à l’autre. La majorité écologiste compte ainsi procéder à un « effet de rattrapage ». Elle remarque que les quartiers où les revenus sont les plus élevés ont été mieux dotés, avec 60% des investissements passés.
Ainsi, Koenigshoffen, Cronebourg nord, le Port-du-Rhin, Hautepierre, Neudorf-Nord, l’Elsau ou la Meinau seront les mieux dotés avec plus de 2 000€ de dépenses par habitants pour les projets de « proximité ». Jeanne Barseghian prend l’exemple de Koenigshoffen :
« C’est un quartier qui voit sa population augmenter et où le revenu médian des habitants n’augmente pas. Nous comptons investir 42 millions d’euros jusqu’en 2026, contre 15 sur la période 2004-2019. »
L’élu de quartier Pierre Ozenne (EELV) cite l’école Marcel Clauss « un beau bâtiment, mais qui avec de grosses marches n’est pas adapté pour accueillir des personnes en situation de handicap ». De plus, l’établissement n’a toujours pas de cantine, qui se situera dans l’ancien foyer Saint-Joseph, préempté par la municipalité. Les écoles des quartiers populaires sont d’ailleurs davantage concernées par des travaux d’adaptation suite à la politique du gouvernement d’y dédoubler les classes en CP et CE1, « ce dont on peut partager l’objectif, mais pour lesquels on ne peut pousser les murs », poursuit Pierre Ozenne.
La municipalité distingue par ailleurs ses dépenses de « centralité » (147,2 millions d’euros) qui s’adressent à l’ensemble des habitants de Strasbourg, voire de l’Eurométropole, et celles de « proximité » (307 millions), c’est-à-dire les lieux davantage tournés vers la population à l’échelle d’un quartier. Là aussi, c’est un changement de cap, avec 68% de dépenses pour la proximité, contre un partage à 50/50 lors des 15 années précédentes.
Avant/Après évolution de la répartition des dépenses par quartiers
Glissez votre souris ou votre doigt pour comparer les périodes. (document Ville de Strasbourg)
À la Ville, des dépenses faciles à arbitrer
Avec une très large majorité (47 élus sur 65), les écologistes n’ont pas de difficulté à établir entre eux un plan d’investissements qui corresponde à leur programme et leur projet politique. Les négociations sont plus serrées à l’Eurométropole, où les budgets sont plus conséquents. Or c’est là que se décident les grandes dépenses pour les transports en commun, le logement, les parkings publics ou les grands équipements très chers (Palais des Congrès, médiathèques, piscines, etc).
Les écologistes de Strasbourg, Schiltigheim et Ostwald n’ont pas la majorité absolue et doivent donc s’entendre avec des maires de différentes sensibilités. La présidente Pia Imbs (sans étiquette) compte également rendre public son plan d’investissements, mais cela ne sera pas pour le conseil du 19 novembre, signe que les arbitrages prennent plus de temps à l’échelle des 33 communes.
La maire Jeanne Barseghian et son premier adjoint en charge des Finances Jeanne Barseghian sont les principaux artisans du plan d’investissements. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
Des angles d’attaques multiples pour l’opposition
Pour les oppositions, il sera difficile d’être ouvertement contre le fait d’investir dans les écoles ou les quartiers en difficulté. Mais les angles d’attaque ne devraient pas manquer. Ils pourront d’une part s’inquiéter de l’endettement, parfois qualifié « d’impôts de demain », que ces « surinvestissements » vont provoquer. Basé sur les projections actuelles, la dette de la Ville de Strasbourg devrait atteindre 404 millions fin 2025, contre 241 millions d’euros fin 2020. Sur un plan technique, la majorité devrait rétorquer que la plupart des grandes villes, mais aussi l’Union européenne et l’État français s’endettent « dans un contexte de relance ».
D’un point de vue plus politique, la réplique de Jeanne Barseghian est déjà prête :
« Si on ne fait pas ces investissements aujourd’hui, il faudra les faire demain. Y renoncer et augmenter notre dette écologique, reviendrait à dépenser plus, plus tard, pour davantage adapter la ville au réchauffement climatique. »
Un autre sujet de prédilection de l’opposition est la question du développement économique. Elle pourrait donc pointer le faible montant qui lui est réservé (30 millions d’euros), même si ces dépenses sont en hausse et relèvent surtout de l’Eurométropole. La somme se répartit entre 22 millions dans le quartier d’affaires Archipel 2, qui est réorienté pour être plus vert et avec davantage de logements, et la fin du paiement du nouveau parc des expositions, dont l’ouverture est prévue à l’été. Des projets du précédent mandat.
Par ailleurs, seuls 3,6 millions figurent pour l’Opéra (lire notre article). Ce qui veut dire qu’en dehors de quelques travaux d’urgence pour des raisons de sécurité (dont 1 million cet été, voté au point 4) peu de rénovations devraient être engagées d’ici 2026. Les socialistes ou la droite demandent de prendre une décision en ce début de mandat.
La catégorisation des dépenses sûrement débattue
Mais les critiques pourraient porter sur la forme des décisions. Les anciens membres de la majorité apprécieront peu la critique implicite concernant une sous-dotation passée des quartiers populaires. Il s’agit d’un électorat abstentionniste que toutes les oppositions convoitent. Les opposants devraient rappeler qu’il faudrait aussi comptabiliser les dépenses de la métropole ou des bailleurs sociaux, ou qu’il n’est pas bon de comparer, et donc « d’opposer » des secteurs de la ville. Même le découpage, qui correspond aux nouveaux élus de quartier, sera questionné par les socialistes. Leur cheffe de file Catherine Trautmann, minimise ce « PPI de reconduction et non de profond changement ».
Enfin, la distinction entre les projets de « centralité » et de « proximité » pourrait être nuancée. Un lieu comme l’espace Django au Neuhof propose à la fois des événements tournés vers les habitants du quartier, et d’autres, notamment des concerts, qui font venir des spectateurs de toute la ville. Une médiathèque (celle du quartier Gare doit être rénovée et une nouvelle est prévue aux Deux-Rives) s’adresse à tous, tout en attirant d’abord la population qui réside à proximité. Depuis quelques années, les grands projets essayent d’ailleurs tous d’intégrer une forme d’ »ouverture sur le quartier », parfois de l’ordre du symbole, pour parer à cette critique assez récente des dépenses de prestige, qui n’auraient pas de retombées sur leurs voisins. C’est d’ailleurs aussi la philosophie de projets comme la Manufacture des Tabacs ou la future Laiterie.
En dehors du plan d’investissements, les 63 autres points de l’ordre du jours sont plus consensuels, d’ordre technique ou relèvent des affaires courantes (exonération de loyer). Au point 30, l’aide à l’achat d’équipement de sécurité pourrait donner lieu à un nouveau débat sur la cohabitation cyclistes-piétons.
Une fin de séance à rallonge
En fin d’après-midi, voire dans la soirée, c’est le tour du conseil municipal alternatif. Cette fois-ci, c’est l’opposition qui décide des thèmes abordés. Les interpellations permettent d’empiler des coups de gueule, bons mots et interrogations sur la politique municipale. Plus qu’à susciter des débats, ces échanges ont de plus en plus vocation à récupérer les extraits filmés et ensuite les repartager intensément sur les réseaux sociaux, sans diffuser la réponse.
Pierre Jakubowicz (Agir) et Rebecca Breitmann (Modem) animeront la plupart des débats avec trois interpellations chacun. On y parlera de plusieurs quartiers de la ville, de démocratie ultra-locale ou du Forum Mondial de la Démocratie. Comme le nombre de conseils a été réduit de 10 à 8 par an, le groupe LREM considère que la séance de novembre est l’occasion d’en déposer le double qu’à l’accoutumée, après deux mois sans réunion. Et comme leur nombre n’est pas limité, pourquoi s’en priver ? Pierre Jakubowicz a également déposé une résolution, c’est-à-dire un vote qui engage le conseil municipal, pour que les séances soient traduites en langue des signes.
Les autres groupes sont plus sobres. Pour « Les Républicains », Jean-Philippe Vetter interpelle une nouvelle fois sur la sécurité et Jean-Philippe Maurer sur la lutte contre le logement insalubre (voir notre article). Quant à la socialiste Catherine Trautmann, elle alerte sur l’avenir des hôpitaux universitaires. Elle s’appuie sur trois articles successifs de Rue89 Strasbourg (à lire ici, là et là) qui concernent les difficultés spécifiques de plusieurs services, par manque de personnel. C’est la deuxième interpellation du groupe socialiste en quelques mois sur ce thème. Ces derniers aimeraient que la maire, qui préside le conseil de surveillance, s’exprime davantage sur cette crise larvée et engage « une audition et un débat public », avec le directeur et un représentant de l’Agence régionale de Santé (ARS).
Des anti-GCO se sont rassemblés samedi 13 novembre, aux abords de l’autoroute de contournement, qui était ouverte aux marcheurs et aux cyclistes. Ils ont dénoncé l’opération de communication de Vinci et interpellé des visiteurs. Ce regain de la mobilisation intervient alors que mardi 16 novembre, la Cour administrative d’appel de Nancy autorisera ou non la mise en service du GCO. Reportage.
Alignés sous des tonnelles, la Fédération des chasseurs du Bas-Rhin, l’Automobile Club ou encore l’Inrap (Institut de recherches archéologiques) s’exposent dans un « village d’animations », à la barrière de péage d’Ittenheim. Ils prennent part, samedi 13 novembre, à une opération de communication de Vinci : les portes ouvertes du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, dont le chantier est presque terminé. L’autoroute de contournement est accessible tout le week-end, à pied, à vélo et à trottinette.
Plus d’exposants que de visiteurs aux portes ouvertes du GCO à Ittenheim. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Trois cyclistes s’élancent sur le bitume. « Vous roulez sur un cimetière de nature », crient des anti-GCO, qui marchent dans les champs voisins. L’un des cyclistes répond par un doigt d’honneur. Pas sûr que le message soit passé. Une centaine d’écologistes affluent, les pieds dans la boue. Ils répondent à l’appel d’une vingtaine d’associations et collectifs, dont GCO non merci, Alsace Nature, Greenpeace et Alternatiba. Bruno Dalpra, l’un des organisateurs, dénonce l’écoblanchiment (ou greenwashing en anglais, le fait de se donner une image écologique trompeuse, NDLR) de la multinationale :
« Le GCO est un désastre écologique. Des dizaines d’hectares d’arbres centenaires ont été rasés. Des zones humides ont été détruites. Les mesures compensatoires annoncées sont une vaste arnaque. Et aujourd’hui, ils essayent de se donner une bonne image, en invitant les marcheurs et les cyclistes. Pour nous, une autoroute ne sera jamais écologique. Le GCO est prévu pour accueillir des poids lourds qui font du transit international. »
Germaine, une des figures de la lutte contre le GCO, a bravé le froid du haut de ses 93 ans. Les militants l’ont accueillie chaleureusement. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Une dizaine d’anti-GCO déploient une banderole sur l’autoroute
Jean-Luc Fournier, directeur de la communication du GCO, interpellé par un opposant dans le village animé, se défend : « Regardez, il n’y a pas de stand qui parle d’écologie. Où est-ce que vous voyez du greenwashing ? » Il indique ensuite tout de même que les visiteurs peuvent monter dans des bus qui les baladent sur l’autoroute et montrent les passages à faune construits par le géant du BTP. Ils s’agit de ponts ou de tunnels que les animaux sont censés emprunter.
Cet après-midi, le site est quasi-désert. La pluie n’aide pas. Cela attise les moqueries des anti-GCO, qui y sont allés par petits groupes toute la journée. Vers 14h30, environ 80 personnes sont postées le long de l’autoroute et accrochent leurs étendards aux barrières. Ils huent les quelques voitures et cyclistes qui se rendent aux portes ouvertes. Un autre groupe, d’une dizaine d’activistes, réussit à atteindre le GCO. Ils déploient une banderole avec laquelle ils marchent sur un kilomètre. La route est presque vide, elle aussi.
« On a déjà tout dit en 20 ans de lutte »
Sur la parcelle d’Anny Barth, opposante à l’autoroute expropriée comme elle avait des terres sur le tracé, quelques prises de paroles se succèdent. Dany Karcher, ancien maire de Kolbsheim, où des Zadistes ont occupé une forêt aujourd’hui éventrée par le béton, revient avec émotion sur la lutte menée jusqu’alors :
« Quand j’ai réfléchi aux slogans et aux discours que je voulais faire aujourd’hui, je n’ai rien trouvé de nouveau à dire. En 20 ans, on a déployé tellement d’arguments. Tout a été dit maintes fois. La justice nous a donné raison le 20 juillet, alors que la route est quasiment prête. »
20 ans après, Dany Karcher lutte toujours, avec l’autoroute derrière lui. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Le tribunal administratif de Strasbourg a demandé de nouvelles études d’impact. Il statuera à nouveau en mai 2022. En attendant, le GCO ne peut pas être mis en service. Mais l’État et Vinci ont fait appel. Ils espèrent obtenir l’autorisation d’ouvrir l’autoroute. La cour administrative d’appel de Nancy doit donner sa décision mardi 16 novembre. Bruno Dalpra annonce :
« Même si la Cour d’appel autorise la mise en service, Alsace Nature saisira le Conseil d’État. Nous lutterons jusqu’au bout. »
Les anti-GCO espèrent être entendus par les juges
François Giordani, président de la FNAUT Grand-Est, une association des usagers des transports, prend la parole :
« J’espère que les magistrats sauront nous entendre. Nous les appelons à ne pas céder au discours de Vinci. L’autoroute ne permettra pas de répondre au problème des bouchons, et encore moins à celui de la qualité de l’air, c’est documenté par de nombreuses études. Cette autoroute est une aberration démocratique et écologique. »
La majorité des personnes présentes viennent des villages alentours. Quelques écologistes strasbourgeois ont fait le déplacement. Ludivine Quintallet, conseillère à la Collectivité européenne d’Alsace pour EELV, prend le micro et apporte son soutien. Quelques militants de la France Insoumise et du NPA sont là aussi, plus discrets.
« On pourrait transformer l’infrastructure en voie ferroviaire »
L’air grave, les bras tendus, les militants montrent leurs pancartes. L’opération de communication de Vinci a t-elle fonctionné ? Pas sûr. Jean-Luc Fournier joue l’optimiste : « On a eu des visiteurs toute la journée ! On fait ça pour tous les chantiers, ce n’est pas spécifique au GCO. » Pour Me François Zind, avocat d’Alsace Nature, cela pourrait être mal perçu par les magistrats de la Cour administrative d’appel : « Ils ouvrent l’autoroute malgré toutes les polémiques et l’interdiction de mise en service… »
Le soleil commence déjà à se coucher vers 17h. Bruno Dalpra, toujours déterminé, conclut :
« Maintenant que l’infrastructure est construite, il y a encore des possibilités de limiter la pollution. On pourrait transformer la route en voie ferroviaire pour le fret par exemple. Alsace Nature a lancé des études en ce sens. »
Un peu du soleil de la Méditerranée en novembre, dans une vingtaine de lieux à Strasbourg et alentours avec des concerts, des DJ sets, des rencontres, des débats et des projections… Le festival Strasbourg – Méditerranée propose une évasion du cocon nationaliste en près de 60 rendez-vous.
Avec une soixantaine d’événements du 20 novembre au 4 décembre répartis sur une vingtaine de lieux à Strasbourg, la 12e édition du festival Strasbourg – Méditerranée parvient à maintenir l’ampleur des éditions précédentes, malgré les incertitudes liées à la situation sanitaire. C’est déjà une performance selon son directeur artistique, Salah Oudahar, qui doit déjà jongler avec les vexations administratives imposées aux artistes en provenance d’Afrique.
Taner Akyol en ouverture du festival Photo : Sebestian Dudey / doc remis
Pour sa soirée d’ouverture, samedi 20 novembre à Pôle Sud, Strasbourg – Méditerranée propose une création exceptionnelle, avec la reprise de l’Incredible Mektoub Orchestra, un groupe de musiciens issus des deux rives de la Méditerranée et porté par le festival depuis 2019. À noter dans cet ensemble, la présence de la subtile Mervé Salgar, une virtuose du tanbur, un instrument traditionnel turc, qui vit à Strasbourg. Les musiciens seront rejoints cette année par Taner Akyol, joueur turc de baglama, le luth à manche long, et par le violoncelliste turc Anil Eraslan.
Pizzica di Torchiarolo par l’Incredible Mektoub Orchestra (vidéo YouTube)
Des rencontres pour une contre-parole sur l’immigration
Cette création synthétise les ambitions du festival : bâtir des ponts culturels entre les peuples et les générations, et en montrer les joyaux qui émergent de ces rencontres. Au delà des concerts et des spectacles, Strasbourg – Méditerranée propose d’ailleurs de nombreux rendez-vous littéraires, débats, table-rondes à la librairie Kléber, à La Tache Noire ou au Munsterhof. Il y sera beaucoup question des migrations, des droits de l’Homme et d’identités chahutées. Ces rendez-vous, gratuits pour la plupart, font intervenir des philosophes, des chercheurs et des écrivains. Leurs paroles feront du bien à celles et ceux qui se déplaceront pour les écouter, dans un contexte où la parole médiatique est réservée aux polémistes d’extrême-droite et aux replis nationalistes… Ce généreux programme, disponible en ligne ou en PDF, est très dense.
Salah Oudahar est particulièrement fier d’accueillir des personnalités rares, comme Sophie Bessis, samedi 24 novembre à 17h à la librairie Kléber. Cette historienne et journaliste tunisienne vient de publier Je vous écris d’une autre rive. Lettre à Hannah Arendt (Ed. Elyzad) où elle questionne l’absence de l’Orient dans la philosophie allemande. Autres invités de marque lors de deux journées d’hommage, les ombres du poète palestinien Mahmoud Darwich vendredi 3 décembre et du compositeur grec Mikis Theodorakis, samedi 27 novembre. La Grèce, carrefour de l’Europe, sera l’un des temps forts du festival 2021.
Financé principalement par la Ville de Strasbourg (environ 135 000€ à plusieurs titres), le festival regrette de ne pouvoir inviter autant d’artistes de la rive sud de la Méditerranée qu’il le souhaiterait. Les subventions de l’État étant en baisse depuis 10 ans, celles du Département Alsace et de la Région Grand Est restant stables. Salah Oudahar cherche en outre à maintenir la plupart des rencontres et des débats gratuits. Pour ces raisons, le festival multiplie les partenariats et a quitté la salle de la Bourse qu’il occupait quasi-constamment et a trouvé asile à Pôle Sud cette année pour sa soirée d’ouverture.
L’ancien directeur de la Maison des associations de Strasbourg a été condamné par la Cour d’appel de Colmar à un an de prison avec sursis pour avoir harcelé sexuellement deux ex-employées ainsi qu’une stagiaire d’une association résidente. La Cour d’appel a confirmé pour l’essentiel le jugement du tribunal de Strasbourg.
La Cour d’appel de Colmar a confirmé vendredi 12 novembre la condamnation de l’ancien directeur de la Maison des associations de Strasbourg, Patrick Gerber, à douze mois de prison avec sursis pour avoir harcelé sexuellement deux ex-employées entre 2018 et 2019 et une stagiaire de l’UFC – Que choisir. D’une façon assez surprenante, la Cour a également ajouté une peine de cinq ans d’inégibilité à l’encontre de Patrick Gerber.
Le bâtiment abritant la Cour d’appel de Colmar Photo : Jorge Franganillo / FlickR / cc
Les montants des indemnités prononcées pour les préjudices moraux ont été légèrement revus à la hausse pour deux des trois victimes, une partie des dommages devront être réparés ultérieurement devant la chambre civile du tribunal de Strasbourg. Patrick Gerber a été condamné aux dépens pour deux des trois victimes, ainsi qu’au bénéfice de l’Association des victimes faites au travail (AVFT) qui s’était portée partie civile.
Les articles de Rue89 Strasbourg ont été plusieurs fois cités lors de l’audience du 1er septembre à Colmar, Patrick Gerber déplorant devant la Cour d’avoir été « condamné avant même d’avoir été placé en garde à vue, » selon le déroulement des débats retranscrit dans l’arrêt de la Cour. En mars 2019, Rue89 Strasbourg avait en effet révélé cette affaire de harcèlement sexuel, qui avait abouti à la mise à pied puis au licenciement du directeur.
La Cour est revenue sur les éléments du dossier, composés de remarques sexistes, de regards appuyés, de gestes déplacés, fréquents, constants… Bien que niés par Patrick Gerber, qui ne reconnaît qu’une bise à la rigueur ou que quelques remarques sur les tenues des victimes, la Cour a considéré que le harcèlement sexuel était « caractérisé » :
« Les déclarations des trois plaignantes manifestent leurs personnalités, expériences de vie ou âges différents, tout en dépeignant une même sidération, se traduisant à la fois par l’impossibilité de réagir et un sentiment de culpabilité lié à cette inertie et la mise en place de diverses stratégies d’évitement. »
Extrait de l’arrêt de la Cour d’appel
Avocate de deux des trois victimes, Me Amandine Rauch s’est félicitée que la justice envoie le signal de la « fin de la banalisation des agissements sexistes et sexuels au travail ».
Apéros queer, organisation de « balls » avec performances de voguing, ouverture prochaine d’un bar labellisé queer… En 2021 à Strasbourg, les cultures queer se sont ouvertes au grand public. Rencontre avec ceux qui cherchent à rendre visible la communauté alsacienne.
Le 30 octobre 2021, une fête d’un autre genre a eu lieu à l’hôtel Kaijoo, rue du Jeu-Des-Enfants. Toute la journée et une bonne partie de la nuit, les Strasbourgeois ont pu y découvrir des artistes de la scène « ballroom », du nom de cette culture née dans les rassemblements de communautés afro-américaines et latino-américaines LGBT+ (Lesbienne, Gay, Bi, Trans…) dès les années 1920 à New York. Les balls désignent donc ces festivités issues d’une culture « queer » – un terme utilisé pour désigner l’ensemble des minorités sexuelles et de genre. Cent ans après leur apparition outre-Atlantique, elles investissent enfin Strasbourg.
Balls, runways et voguing rue du Jeu-Des-Enfants
Le ball du 30 octobre était organisé par une équipe emmenée par Bo Johnson, artiste non-binaire strasbourgeois de renom. Les défilés, qui sont aussi des concours, sont organisés en plusieurs catégories. La catégorie « Vogue fem » appelle à pratiquer le voguing, une danse née dans les balls new-yorkais et popularisée par le tube Vogue, de Madonna. Certaines rubriques sont plus engagées, comme la catégorie « Realness ». Elle invite les participants LGBT+ à faire semblant d’être dans la norme hétérosexuelle.
La soirée du 30 octobre a réuni près de 250 personnes autour de huit danseurs et danseuses qui ont défilé sur le « runway » – la piste, en français. Sept heures de cours initiatiques ont également été prodiguées par ces différentes têtes d’affiches, dont l’artiste voguing Vinii Revlon, résident du centre culturel La Gaîté Lyrique à Paris, et invité à l’Elysée pour la Fête de la musique en 2018, aux côtés du célèbre DJ Kiddy Smile. Bo Johnson remarque :
« Il était difficile de comprendre pourquoi Strasbourg n’avait pas encore de scène ballroom. Celle de Paris, bien sûr, monte en puissance depuis dix ans. Mais même Metz a eu un ball avant nous, en septembre au Centre Pompidou ».
Des participants au ball de l’hôtel Kaijoo, le 30 octobre Photo : document remis
De futurs vogueurs internationaux formés avenue des Vosges
Parmi les artistes locaux ayant participé au ball, il y a Ksu Labeija, employée dans la cybersécurité le jour et prof de voguing chaque mercredi soir, avenue des Vosges, devant une dizaine de personnes. Venue d’Ukraine, où elle s’est formée à la culture ballroom, Ksu est arrivée à Strasbourg en 2015. Labeija est son « nom de famille » de scène. C’est aussi celui de Glampa Tommie, l’artiste américain qui l’a recrutée dans la maison Labeija, l’une des plus anciennes de l’histoire des ballrooms. Elle regroupe aujourd’hui près de 70 artistes du monde entier. À l’origine, les « maisons » étaient des refuges pour les jeunes LGBT+ mis au ban de leurs familles et de la société.
« Il n’y avait absolument aucune scène quand je suis arrivée à Strasbourg, se souvient Ksu. Alors j’allais dans les « battles » de breakdance et de hip-hop, comme celles qu’organisait le Fat, et j’y introduisais quelques mouvements de voguing. En 2018, le Studio 116, une école de danse urbaine, m’a proposé de donner un cours. En 2019, ça a été la Grenze. Et là, des participants m’ont demandé si j’envisageais de donner des cours chaque semaine. Grâce au bouche à oreille, j’ai eu de plus en plus d’élèves, de trois au départ jusqu’à une dizaine de réguliers aujourd’hui ».
Ksu Labeija Photo : document remis
« Strasbourg est en train de s’émanciper »
Ksu est désormais une artiste voguing reconnue, à tel point qu’elle est devenue « mère » de la maison Labeija. Avec ce nouveau statut, Ksu a pu « recruter » Lola, l’une de ses élèves strasbourgeoises. Au ball du 30 octobre, cette dernière a remporté la catégorie « Runway ». « J’ai lâché une petite larme, admet Ksu. Je l’ai connue toute timide, et maintenant, elle s’est véritablement approprié les codes du voguing ». Son but : former davantage d’élèves strasbourgeois pour les présenter dans les plus grandes ballrooms parisiennes et internationales. Bo Johnson poursuit le même objectif :
« Strasbourg est en train de s’émanciper. Nous, les queers, nous sommes plus acceptés qu’auparavant. J’aimerais en profiter pour que ma ville s’ouvre d’autant plus à l’autre. On a beaucoup de choses à apprendre des artistes venus d’ailleurs, tout en mettant en avant la scène locale qui existe déjà et en la formant ».
« Les curieux ont adoré notre univers »
Hasard du calendrier, le lendemain du ball de l’hôtel Kaijoo, c’était Halloween. La fête préférée de Tiffany, une Strasbourgeoise de 28 ans, qui en a profité pour la transformer en « Halloqueer ». Le résultat : une soirée de 300 personnes, organisée à la Plaine des bouchers. Derrière cet événement qui a fait salle comble se cache l’agence La Nouvelle, spécialisée dans la promotion des cultures queers. Tiffany l’a cofondée en mai 2021 avec son amie Marine, étudiante en communication. En juin 2021, elles avaient organisé la soirée de lancement de la maison de couture Du Fermoir-de-Monsac, créée par les artistes drag James et ViviAnn.
Avant de se constituer en agence, Tiffany avait déjà œuvré à Strasbourg pour des événements plus inclusifs. En février 2020, elle contacte la mairie pour lui proposer un défilé et une table-ronde avec une sociologue et des associations LGBT+ lors du festival Strasbourg mon amour. Objectif de ce « Kinky Corner » : jouer et réfléchir autour des stéréotypes de genre. Depuis, entre deux confinements, Tiffany a organisé à La Kulture des cours de voguing assurés par des célébrités parisiennes, comme Habibitch. Puis un « cabaret queer », en octobre 2020 à la Péniche Mécanique.
« À la base, ces événements étaient plutôt destinés à la communauté queer. Je n’avais pas fait tellement de communication. Mais finalement, via le bouche à oreille, beaucoup de personnes extérieures sont venues et on a eu des supers retours. Les personnes queer nous ont remerciées de les avoir faites se sentir à l’aise, et les curieux ont adoré notre univers ».
« J’ai envie de visibiliser ma communauté »
Un bilan qu’espère pouvoir faire Clément, la cinquantaine, dans quelques mois. Il est le Strasbourgeois derrière le futur et mystérieux « Canapé Queer ». Sur les réseaux sociaux, sa communication est bien ficelée : déjà 600 abonnés Instagram et 500 likes sur Facebook pour ce bar dont l’ouverture n’est prévue qu’à la fin de l’année. Cet ancien employé de l’industrie pharmaceutique a profité d’un licenciement économique pour se lancer dans l’aventure de gérant de bar :
« Aujourd’hui, j’ai envie de faire quelque chose pour ma communauté, pour la visibiliser davantage. »
Clément compte ouvrir son bar queer d’ici la fin de l’année 2021 Photo : Lola Collombat / Rue89 Strasbourg
Le bar de Clément exposera une large collection de vinyles d’artistes queer du monde entier, des années 80 à aujourd’hui : Jimmy Sommerville, Elton John, Nakhane Toure… Sa future bande-son est d’ailleurs peuplée uniquement de ces interprètes. Il y aura également une bibliothèque d’ouvrages sur les cultures et les luttes queer, et enfin, une scène ouverte, « pour que chacun puisse faire profiter aux autres de ses talents en danse, en chant ou en humour ».
« Les LGBT+ sont extrêmement créatifs. Cela vient peut-être du fait qu’on a eu besoin de se cacher pendant longtemps, tente-t-il d’analyser. Une fois qu’on s’est libérés, on a d’autant plus envie de s’exprimer.
Quarante personnes aux apéros queer de Marie
Moins grandioses que ces balls et ces bars, des « apéros queer » sont apparus à Strasbourg au début du mois de septembre. Marie, une Strasbourgeoise de 28 ans, en est à l’origine. Le premier de ces pique-niques organisés « pour rencontrer d’autres LGBT+, sortir en sachant qu’on pourra être vraiment soi-même, et échanger sur des sujets qui nous concernent », a réuni quarante personnes, en majorité queer, mais aussi certains hétéros, principalement des amis de participants. « Je ne m’attendais pas du tout à un tel succès, témoigne la jeune femme. Mais du coup, j’ai remis ça la semaine d’après et ça a duré cinq semaines, jusqu’à ce qu’il commence à faire trop froid, début octobre ».
« Les retrouvailles de ce type sont communes au sein des associations LGBT+ historiques de Strasbourg, comme La Station ou FestiGays. Mais là, j’avais envie de m’ouvrir à des personnes qui n’étaient pas forcément engagées ».
De la place pour la nouvelle génération
Investie pendant plus de deux ans chez FestiGays, et actuellement au sein de l’association féministe et lesbienne La Nouvelle Lune, Marie pense que la nouvelle génération a besoin d’initiatives queer réinventées à Strasbourg :
« Les personnes les plus jeunes, qui se réclament souvent de la non-binarité, peuvent ne pas se retrouver dans les associations historiques, qui sont gérées par des personnes plus âgées qu’elles. Je pense qu’il y a de la place pour tout le monde, et notamment pour une asso plus jeune. »
Le visuel des Apéros queer, créé par Marie Furlan Photo : document remis
Marie est donc en train de monter la sienne, Juin 69, qui veut proposer « des expos, des concerts, des marchés de créateurs… pour mettre en avant tous les talents queer à Strasbourg ou en Alsace ». Communicante de métier, Marie a customisé sa page Instagram avec des visuels tendances, qui parlent davantage à la génération réseaux sociaux.
D’autres initiatives queer se lancent, avec une ambition plus intimiste. C’est le cas d’une page Instagram ouverte en septembre, et qui invite chaque semaine ses followers à se réunir dans un nouveau bar. Compte privé, surveillance du réseau – les abonnés doivent accepter la demande d’abonnement du modérateur -, les initiateurs font en sorte que leur concept reste sous contrôle. Ils n’ont d’ailleurs pas souhaité répondre à notre demande d’interview. « Il ne faut pas oublier que plus on s’expose, plus ceux qui nous combattent deviennent agressifs », ont rappelé les interlocuteurs rencontrés pour cet article. « Encore aujourd’hui, nous sommes la cible de discriminations, voire d’attaques physiques ». Dès lors, l’avènement d’une culture queer visible à Strasbourg imposerait de redoubler de vigilance afin que ces évènements restent sécurisés pour le public cible premier : les personnes LGBT+. »
Alsace Nature, GCO non merci ou encore Greenpeace appellent à manifester ce samedi 13 novembre près d’Ittenheim pour s’opposer aux portes ouvertes de l’autoroute. Les militants écologistes dénoncent une action de greenwashing, qui vise à donner une bonne image à la multinationale malgré le désastre environnemental causé par l’autoroute.
Les 13 et le 14 novembre, Vinci organise des journées portes ouvertes du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. La multinationale propose de « déambuler dans un village avec de multiples animations (au niveau de la barrière de péage d’Ittenheim, NDLR) et également de découvrir l’A355 à pied, à vélo, en roller ou en bus ».
L’opération de communication a réveillé la lutte anti-GCO. Les écologistes ont créé un contre-événement, à 14h, le samedi 13 novembre, sur une parcelle privée près d’Ittenheim, au bord de l’autoroute. « On est une quinzaine de collectifs, d’associations et de partis dans l’organisation », affirme un organisateur. Les écologistes annoncent, dans la présentation Facebook de la manifestation :
« Notre objectif est de dénoncer le greenwashing de l’entreprise VINCI sur le contournement Ouest de Strasbourg qui ne sera jamais une autoroute écologiquement vertueuse. Il existera toujours une voix discordante sur ce dossier. »
Une décision de la Cour d’Appel le 16 novembre
Pour rappel, la lutte contre ce tronçon autoroutier dédié au trafic de transit a donné lieu à une ZAD, à une grève de la faim d’une dizaine de personnes, ou encore à de multiples blocages et actions de sensibilisation. Vinci a notamment détruit des zones humides et rasé 30 hectares d’arbres centenaires qui se trouvaient sur le tracé.
Ce week-end d’opposition intervient dans un contexte particulier. Le 20 juillet dernier, le Tribunal administratif de Strasbourg avait donné raison à Alsace Nature : les études d’impact environnementales préalables au chantier n’étaient pas suffisantes. L’autoroute ne peut donc pas être mise en service pour l’instant. Mais l’État et Vinci ont fait appel de cette décision pour obtenir l’ouverture du GCO. La Cour d’appel de Nancy donnera sa décision mardi 16 novembre. Si elle est négative, une démarche administrative de plusieurs mois serait nécessaire, avec la réalisation de nouvelles études, pour mettre l’autoroute en service.
Un agrandissement de la salle de concerts de La Laiterie fait partie des projets retenus par les écologistes dans les investissements du mandat.
Il est loin le temps où la Laiterie devait quitter son quartier et déménager à la Coop. Néanmoins, la salle de concerts peine à équilibrer financièrement ses soirées, en raison d’une jauge trop faible. Dans le plan pluriannuel d’investissement (PPI), rendu public mercredi 10 novembre par la municipalité, les écologistes annoncent que 11,3 millions d’euros lui sont réservés. Ces montants programmés entre 2021 et 2026 doivent permettre une augmentation de la jauge, qui passerait alors de 900 à 1 200 places.
De plus, environ 1 million d’euros seront affectés aux abords, alors que cette partie de la rue du Hohwald a été fermée à la circulation à l’occasion de la rénovation du quartier en 2019 et 2020.
Des synergies à trouver
La maire Jeanne Barseghian (EELV) souhaite que cette transformation implique aussi les structures voisines de ce quartier prioritaire de la ville (QPV) :
« Ce projet se fait en lien avec les autres acteurs culturels comme le TAPS Laiterie, la Fabrique de théâtre, le Fossé des XIII, Tôt ou t’art afin d’avoir une dynamique de quartier. On est encore dans une phase d’études. »
Le groupe Django Django à la Laiterie en 2018. Photos : Marcos Döllerer / Flickr / Public Domain
Pour la programmation, cette rénovation est aussi un enjeu, car la salle ouverte en 1994 n’est plus tout à fait à la hauteur de standards pour accueillir certains groupes internationaux. En termes de taille et de prestations, La Laiterie nouvelle version pourrait donc se rapprocher de salles du Grand Est ou allemandes. La hausse de la jauge doit aussi servir à améliorer les recettes de l’association Artefact, qui conserverait la gestion du lieu. Son directeur Thierry Danet n’était pas joignable le jour et le lendemain de cette annonce.
À l’intérieur, des changements devraient concerner le bar, l’entrée par le côté de la salle, qui fait que les spectateurs s’entassent parfois sur un bord, ou encore l’exigu espace fumeur à l’extérieur, coincé le long de la cour en pente voisine. À l’extérieur, la gestion de la file devrait aussi être revue. C’est aussi pour cette raison que les autres structures sont associées à ce réaménagement des abords. Certains espaces sont encore inutilisés. Face à la salle de musiques actuelles, dans le « Bar Laiterie », le projet de « café vélo » sélectionné au détriment d’autres dossiers n’a par exemple jamais vu le jour.
Depuis le 30 septembre, le gouvernement a durci les règles de l’élevage en extérieur pour limiter la propagation de la grippe aviaire. Les petits exploitants en circuit court n’auront plus de dérogation, et seront obligés de confiner leurs poules au moins 6 mois par an, comme dans les élevages plein air industriels. Pour la Confédération paysanne, cette mesure va conduire de nombreux éleveurs à arrêter leur activité. Le syndicat estime que la lutte contre la grippe aviaire devrait plutôt passer par une limitation des flux d’animaux et des effectifs dans les grandes exploitations, mis en cause dans la propagation des virus. Entretien avec un éleveur alsacien.
« Si ça continue, je vais arrêter l’élevage, ça n’a plus aucun sens aujourd’hui », annonce Pierre-Luc Laemmel, atterré. Le jeune éleveur de poules en plein air, syndiqué à la Confédération paysanne, considère que les décrets du ministère de l’Agriculture publiés le 30 septembre dernier pour lutter contre la grippe aviaire rendent impossible sa pratique.
Un point précis est particulièrement en cause : les petites exploitations ne pourront plus, comme elles le faisaient les années précédentes, demander une dérogation pour continuer à sortir leurs poules. Elles seront soumises au même régime que les élevages industriels : un confinement pendant la moitié de l’année. Le ministère fixe aussi des règles de mouvement des personnes, d’habillement, ou encore de dépistage virologique.
Avant le 5 novembre, les poules de Pierre-Luc Laemmel pouvaient encore évoluer dans leur parcours extérieur. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Avec sa compagne, Pierre-Luc Laemmel a fondé la Ferme du Marais Vert à Wilwisheim, à 30 km au nord-ouest de Strasbourg. C’est une petite exploitation de sept hectares. Ils élèvent 500 poules en plein air, avec le label bio. Une partie pour les œufs et les autres pour la viande. Elles représentent 60% du chiffre d’affaires de la ferme. Le reste provient de la vente de légumes.
La majorité des poules « plein air » dans des fermes industrielles
Ces trois derniers mois, 130 cas de grippe aviaire ont été détectés en Europe. Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, a placé la France en vigilance élevée le 5 novembre. Depuis ce jour, l’éleveur est obligé, lui aussi, de confiner ses volailles, pour une période qui devrait durer 6 mois.
Une enquête publiée en juillet 2020 par Rue89 Strasbourg mettait en évidence l’industrialisation du modèle plein air, et le fait que la majorité des poules sortent très rarement en réalité. Ces fermes-usines ont de trop grands effectifs, souvent entre 24 000 et 50 000 individus. Ils induisent un stress chronique chez les animaux. « Pour que les poules profitent vraiment d’un dispositif plein air, elles doivent être dans de petits groupes », explique Pierre-Luc Laemmel : « C’est ce que nous faisons ici. Nous voulons proposer une autre vision de l’agriculture, moins productiviste. »
Syndiqué à la Confédération paysanne, Pierre-Luc Laemmel prône une vision de l’agriculture basée sur la production alimentaire biologique et en circuits courts. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Dans un entretien pour Rue89 Strasbourg, le paysan livre sa vision de la politique du gouvernement pour enrayer l’épidémie de grippe aviaire, et la menace qui plane sur l’élevage en plein air.
Rue89 Strasbourg : Pouvez-vous expliquer le fonctionnement des mesures sanitaires contre la grippe aviaire ?
Pierre-Luc Laemmel : Pour résumer, il y a trois niveaux de risque de propagation de la grippe aviaire : négligeable, modéré et élevé. Lorsque le risque est considéré comme négligeable, les canards ou les poules élevées en plein air peuvent sortir normalement. Lorsque le risque est modéré, les exploitations placées en zone à risque doivent confiner leurs animaux. Les zones à risque sont les zones de passages d’oiseaux migrateurs. Par exemple, la bande du Rhin est un couloir de migration. Les fermes qui se situent à proximité du fleuve sont donc dans une zone à risque. Enfin, quand le risque est élevé, tous les agriculteurs et particuliers qui ont des oiseaux doivent les confiner.
Avant l’installation d’un filet de protection et la réduction de la taille de leur enclos, les poules attendent dans leur petit bâtiment. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Selon vous, que devrait faire le ministère de l’Agriculture pour repousser le virus ?
Dans le Sud-Ouest, le virus a prospéré en 2020-2021. Sur 475 foyers détectés dans la région, seuls deux étaient liés à une transmission par un oiseau sauvage, donc imputables à l’élevage plein air. Pour éliminer ce risque, il suffit d’utiliser des filets de protection. Les études épidémiologiques montrent que la propagation du virus de la grippe aviaire est liée au modèle industriel, avec la segmentation des étapes d’élevage, les nombreux flux de volailles, et surtout, les effectifs trop importants. Le gouvernement devrait fixer des règles, pour limiter ces pratiques et la surconcentration des animaux. Dans les nouveaux décrets, il n’y a rien là-dessus. Chez nous, les effectifs sont limités, les poules naissent et meurent sur notre ferme, et nous fonctionnons en circuit court. C’est le modèle parfait contre la grippe aviaire et les épidémies en général, et c’est nous qui sommes pénalisés.
Quelles sont les conséquences sur votre pratique de l’élevage, dans votre ferme à Wilwisheim ?
Notre exploitation n’est pas dans le couloir migratoire, donc nous ne sommes pas concernés par les mesures lorsque le risque est modéré, mais uniquement lorsqu’il est élevé. En général, cela dure six mois dans l’année, de novembre à avril ou mai. Nous sommes, depuis le 5 novembre, obligés de confiner les poules. Pour cela il y a deux possibilités. La première : laisser les poules dans leurs bâtiments. La deuxième : placer les poules dans un espace extérieur avec un filet qui les protège, et une surface de seulement 50 cm² par individu (normalement, elles ont 4 m² à l’extérieur avec les labels plein air et bio).
Évidemment, nous avons choisi la deuxième option. Je vais mettre les filets en place. Mais il y a de grosses contraintes. Pour les poules pondeuses, on doit demander l’autorisation à la Direction départementale de protection des populations (DDPP, un service vétérinaire, ndlr). Pour les poulets de chair, pas besoin de contrôle de la DDPP, mais ils ne peuvent sortir qu’au bout de dix semaines après leur naissance. Hors, en général, ils sont tués à 11 ou 12 semaines. Ils sortiront donc, au maximum, une ou deux semaines avant leur mort, et dans un tout petit espace. Ces surfaces réduites induiront une baisse des pontes, de la qualité des produits, et surtout une augmentation du parasitisme et de la mortalité. C’est un recul majeur du bien-être animal.
Les poules de Pierre-Luc Laemmel subiront lourdement les conséquences des derniers décrets, avec notamment une probable hausse de leur mortalité. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
D’après la Confédérations paysanne, quelles sont les implications de ces mesures à grande échelle ?
Nous estimons, après des sondages chez les syndiqués à la Confédération paysanne, que 30% des paysans qui fonctionnent en circuit court, avec des petits effectifs, pourraient cesser leur activité d’élevage. Si le gouvernement ne modifie rien à ses décrets, je pense que j’en ferai partie. Éthiquement, nous ne serons pas d’accord pour élever des poules dans de si mauvaises conditions. Aussi, notre clientèle réclame du bien-être animal et des produits de qualité. Le débouché économique ne sera donc plus assuré.
De l’autre côté, les producteurs industriels vont continuer leur activité comme ils le font depuis des années. Les cheptels resteront dans les bâtiments d’élevage la moitié de l’année, avec six à neuf poules par m². Dans les zones à risque, cela peut aller jusqu’à neuf mois par an, comme les poules restent à l’intérieur en période de risque modéré aussi. Mais les œufs et le poulet seront toujours vendus avec les labels plein air et bio. Finalement, ce sont les petits éleveurs qui trinquent à cause de l’industrie dangereuse d’un point de vue sanitaire pratiquée par les grands exploitants.
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
La communauté de communes a déposé fin octobre une demande de permis de construire pour un Trail Center : une grande infrastructure payante dédiée au VTT, dans une forêt et sur une prairie. Objectif ? Attirer des adeptes et séparer les cyclistes des randonneurs dans un contexte de tensions croissantes. Mais pour les détracteurs du projet, il ne mettra pas fin aux problèmes actuels, tout en artificialisant une zone naturelle. En creux, se joue la question du développement du tourisme de masse dans les Vosges.
Au-dessus du village de montagne de Wangenbourg, la communauté de communes de la Mossig et du Vignoble (CCMV) compte investir près de 2 millions d’euros pour construire un « Trail Center ». Il s’agit d’aménager la prairie dite du Langacker, sur huit hectares, avec des petites bosses goudronnées, des obstacles et un tapis roulant pour remonter les pentes à VTT. Un bâtiment regroupera l’accueil, la location et réparation de matériel, des salles pour séminaires et fêtes, des bornes de recharge électriques ou une offre de petite restauration.
À cet espace s’ajoutent 21 kilomètres de pistes de VTT dans la forêt pour les usagers un peu plus aguerris. Les travaux doivent débuter en 2022 pour une ouverture en 2023. Les prix ne sont pas encore fixés, indique Daniel Acker, maire de Wangenbourg. Dans une présentation du projet, la CCMV table sur des tarifs de location de 10 à 35 euros la demi-journée selon le modèle. L’entrée serait facturée autour de 10 euros les 2 heures. Le fonctionnement serait subventionné à hauteur de 94 720 euros par an.
Illustration d’un espace « pumptrack » Photo : Source CCMV
Pas d’étude environnementale
« Pour moi, il est totalement inenvisageable que le projet se fasse à cet endroit », déplore Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature :
« Bien-sûr, nous ne sommes pas contre la pratique du vélo. Mais on ne peut plus se permettre d’artificialiser les sols, de détruire des milieux naturels. La priorité, dans toute construction et aménagement, doit être de trouver des sites déjà urbanisés. Pourquoi ne pas mettre ce Trail Center dans une zone industrielle ? »
Interrogé, le maire esquive. La demande de permis de construire a été déposée le 19 octobre. Aucune étude environnementale n’a été réalisée. La communauté de communes avait demandé une dérogation, accordée par la préfecture le 6 avril 2020. Cette dernière a estimé que le site ne présentait pas de « sensibilité environnementale notable ». « Mais justement, comme il n’y a pas d’évaluation, on ne connait pas vraiment l’écosystème. Une étude complète, c’est le minimum que l’on puisse faire », s’insurge Rolande Einsetler, du groupe local d’Alsace Nature. Selon elle, le merle à plastron, des oiseaux migrateurs et des cervidés sont régulièrement observés dans cette prairie ou la forêt voisine.
Le plan d’aménagement de la prairie. Photo : Source CCMV
Un contexte de grande tension entre les différents usagers du massif des Vosges
Le Trail Center a été imaginé par Alp’evasion, un bureau d’étude basé près de Grenoble, spécialisé dans le tourisme de montagne. « C’est aussi ce que nous reprochons », explique Paul Lutz, du collectif de défense du Langacker de Wangenbourg, créé en mai 2021 : « Nous estimons qu’un projet touristique, avec autant d’investissement public, devrait émaner d’initiatives locales. » Depuis 2018, les élus du coin ficellent ce plan. « Nous voulions développer le tourisme sur le territoire. C’est ce programme que nous avons choisi », défend Daniel Acker, qui est aussi le président de la communauté de communes :
« Cela participera au dynamisme économique du secteur. Des séances d’initiation aux pratiques respectueuses de l’environnement seront proposées, et nous pourrons accueillir des sorties scolaires. »
En bleu, l’emprise du projet de Trail Center, sur la prairie du Langacker et dans la forêt. Photo : Document remis par Alsace Nature
Pour le maire de Wangenbourg, l’objectif est aussi de « pacifier les conflits entre les différents usagers du massif ». Il estime que la création de lieux encadrés et spécifiquement dédiés à certaines activités peut aider à apaiser les tensions entre randonneurs et vététistes. Cette pratique est en essor depuis les confinements et le développement des VTT à assistance électrique. Et les conflits qui vont avec.
La communauté VTT des Vosges a dénoncé mi-septembre, dans une lettre ouverte, la pétition de l’association SOS Massif des Vosges, qui souhaite limiter cette pratique. Elle évoquait aussi l’installation de nombreux pièges destinés aux vélos. C’était quelques jours après l’accident de Gaétan Brouda, 18 ans, grièvement blessé par une planche cloutée lors d’une sortie VTT dans la vallée de la Doller. Une enquête est en cours mais les criminels et leur appartenance à un groupe d’usagers de la montagne ne sont pas déterminés.
Des espaces dans la forêts seraient également aménagés. Photo : Source CCMV
Le Trail Center va promouvoir le VTT dans les Vosges
Stéphane Giraud estime de son côté que le Trail Center n’est pas une solution à ce type de problème. Au contraire, selon lui, il pourrait l’amplifier :
« L’infrastructure est prévue pour accueillir jusqu’à 1 000 personnes en même temps. Surtout, elle va promouvoir le VTT dans les Vosges. Ces pistes ne sont pas destinées aux VTTistes qui ont l’habitude de rouler sur des sentiers, mais à un nouveau public familial et débutant. Aujourd’hui, il faudrait penser à limiter la fréquentation du massif. »
La prairie du Langacker, qui sera aménagée. Photo : remise par Alsace Nature
Les cyclistes plaident pour un équilibre
C’est effectivement le public visé, d’après un document de présentation du projet consulté par Rue89 Strasbourg. Francis Buchwalter, président du comité départementale du cyclisme du Bas-Rhin, dit ne pas connaitre le cas de Wangenbourg et ne se prononce pas dessus. De manière générale, il considère aussi que « les VTTistes qui ont l’habitude de rouler dans la nature ne seront pas attirés par des pistes encadrées ».
Alors que son mandat vise entre autres à « développer la pratique » du VTT, il encourage de manière générale les infrastructures « qui vont dans ce sens ». Mais en même temps, il plaide aussi pour une prise en compte des enjeux environnementaux, pour limiter au maximum les impacts des sports de nature.
Philippe Lambert, son homologue Haut-Rhinois spécialiste des questions liées au VTT pense avoir trouvé une solution et plaide pour un dialogue approfondi avec les randonneurs :
« De manière systématique, tous les acteurs doivent se mettre autour d’une table et discuter de l’occupation de la montagne. Nous avons de plus en plus d’accords avec le club vosgien localement pour des circuits communs entre les marcheurs et les randonneurs, avec des déviations pour les uns et les autres. C’est par exemple le cas à Saint-Amarin. »
Mais c’est là que ça se complique, c’est justement la création d’une piste commune pour le vélo et la randonnée à Saint-Amarin qui avait poussé SOS Massif des Vosges à se mobiliser. Le problème est encore loin d’être réglé.
Pistes sauvage et impact sur la nature
Ce que les écologistes reprochent régulièrement aux cyclistes, c’est l’apparition de pistes sauvages tracées illégalement dans la nature. Elles perturbent les animaux et favorisent l’érosion du sol. Philippe Lambert, du comité du cyclisme ne nie pas le problème : « C’est une réalité, et nous la combattons au niveau de la Fédération. Nous appelons les VTTistes à rester sur les pistes qui leur sont dédiées. »
Pour Stéphane Giraud d’Alsace Nature, il faut de manière général s’interroger sur l’afflux massif de touristes dans les Vosges, qui impacte ses animaux :
« En hiver, cela peut conduire à leur mort, car ils sont obligés de mobiliser de l’énergie pour fuir alors qu’ils sont censés l’économiser. Au printemps et en été, leur reproduction peut-être perturbée. »
Sur cette zone, un bâtiment d’accueil du Trail Center est prévu. Photo : remise par Alsace Nature
La communauté de communes veut « débaliser » 102 km de pistes de VTT existantes
Dans une tentative d’équilibrer les pratiques entre randonneurs et cyclistes, la CCMV prévoit en contrepartie d’enlever les panneaux d’indication pour VTT sur 102 km de pistes qui leur sont dédiées, dès le jour où le Trail Center sera inauguré. Ce « débalisage » est une aberration pour Paul Lutz, du collectif de lutte contre le projet :
« Il faut que les circuits soient balisés. Sinon la pratique sera plus archaïque. On risque d’avoir plus de circuits illégaux. Là, on va se retrouver avec une infrastructure qui accueillera un nouveau public, qui sera potentiellement important, et en plus, les cyclistes qui étaient déjà là n’auront plus de pistes balisées. C’est tout sauf un progrès. »
Pour le collectif de défense du Langacker, l’association Alsace Nature a mis en ligne une pétition pour demander une « évaluation sérieuse de l’impact environnemental et économique » et « d’impliquer les acteurs du tourisme et les associations locales plutôt que de reproduire des concepts élaborés par des industriels du tourisme ». Début novembre, près de 1 000 personnes ont signé dans l’espoir d’un « moratoire » décidé par les élus locaux. « Cela doit être l’occasion de réfléchir les sports de nature, pour que ceux-ci ne la détruisent pas. » conclut Stéphane Giraud. L’association plaide pour que les nouvelles activités proposées en montagne soient douces et non invasives, comme la randonnée d’observation.