Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

« Pendant la canicule, il n’y a que l’éventail qui aille »

« Pendant la canicule, il n’y a que l’éventail qui aille »

Je survis difficilement à la chaleur estivale, surtout dans le four de Strasbourg. Heureusement, j’ai trouvé dans l’éventail un accessoire socialement salvateur mais aussi écologique, esthétique et même féministe.

Tout a commencé avec Pépita. J’ai vu mon premier éventail dans la main droite de ma grand-mère. Je me souviens de ces repas de famille estivaux où elle s’éventait d’un discret mouvement de poignet. Elle était la seule à utiliser cet objet, souvent noir ou brun et décoré de fleurs de toutes les couleurs. Lorsque tout le monde se plaignait de la chaleur, la dame de Malaga affirmait avec une certitude absolue : « Quand il fait chaud, l’éventail, il n’y a pas mieux. »

Un outil de survie sociale

Aujourd’hui, l’éventail assure ma survie pendant la canicule. Il me sauve en tout cas d’une mort sociale certaine. Car je ne supporte pas la chaleur, surtout celle si lourde qui pèse l’été à Strasbourg. Je suis le type qu’on voit transpirer dès 30 degrés et à qui on dit « Ouh là, t’as chaud toi ». Bien vu Inspecteur Carpentier. Les gouttes perlent sur mon front et tu en as déduit que j’ai chaud. J’aime beaucoup les gens perspicaces. Surtout ceux qui continuent en demandant « Tu viens de prendre une douche ? » (la journée) ou « T’as pris de l’ecsta ? » (en boîte de nuit) Ni l’un, ni l’autre, mais bon, le mal est fait : la conversation est morte-née.

Un outil de survie sociale, classe et écolo.

Il est possible d’utiliser l’abanico (éventail en espagnol) par respect pour la Pacha Mama. La mère terre vous sera reconnaissante de ne pas faire tourner la climatisation dans votre bureau. Tous ceux qui travaillent dehors en ville vous remercieront aussi de ne pas appuyer sur le bouton ON de la clim’. Quand vous refroidissez une pièce, vous réchauffez l’air extérieur. Votre confort est alors inversement proportionnel à la souffrance des gens dehors. Ainsi, vous pourrez proposer à votre ami réclamant la clim’ de s’hydrater et d’acheter un éventail. N’hésitez pas à afficher ce conseil sur les murs de votre bureau.

A afficher partout où la climatisation fait rage.

Karl Lagerfeld est mort, vive l’éventail !

Je suis toujours étonné de voir que la mode se saisit peu de ce bel objet. L’éventail offre pourtant un large choix de couleurs, de motifs et de matières (tissu, bois, nacre, corne de vache…). Il peut parfaitement s’adapter à des styles variés. Mais, à ma connaissance, aucune marque ne fait la publicité de l’accessoire. Dans le monde de la haute couture, Karl Lagerfeld était l’un des rares amateurs d’éventails. Dans les années 90, le couturier cachait souvent son visage derrière un demi-cercle noir avant de s’effacer en février.

L’éventail : écologique et esthétique. Le mariage est suffisamment rare pour être souligné. Mais j’ai trouvé encore un autre intérêt à l’utilisation de cet accessoire en tant qu’homme. Il pousse certaines personnes à reconsidérer leurs stéréotypes de genre. L’objet, fin et élégant, est souvent considéré comme un accessoire réservé aux femmes. Il symbolise donc un féminisme qui libère aussi la gent masculine : nous devons pouvoir nous éventer sans craindre de paraître « efféminé » ou ce genre de conneries.

Un soutien à l’artisanat local

Vous pouvez enfin soutenir l’artisanat local en préférant chiner un éventail plutôt qu’acheter une clim’. Aurélie Gonella en fabrique dans son atelier situé à Strasbourg. Mais depuis plusieurs années, elle se consacre de moins en moins à cet objet :

« Depuis cet hiver, je n’ai pas encore fait de nouveaux éventails. J’ai eu trop de travail avec d’autres projets. Et concernant l’éventail, je passais plus de temps à faire la promotion de l’objet sur Internet, derrière mon ordinateur, que dans mon atelier à les fabriquer. »

Exemple d’éventail fabriqué à Strasbourg par l’artiste Photo : Document remis

L’artiste strasbourgeoise a du mal à expliquer le peu de succès des éventails. « Les gens n’aiment pas avoir une main occupée, estime-t-elle, et puis les gens trouvent ça encombrant, ne savent pas où le mettre. » Il y a aussi la question du prix. En moyenne, Aurélie Gonella vend ces accessoires entre 50 et 100 euros. « C’est très long de fabriquer un éventail, ça prend minimum 5 à 6 heures. » Difficile de faire concurrence aux accessoires produits en masse en Chine…

Un dernier conseil, s’adressant cette fois aux convaincus de l’éventail : « Le petit must, c’est de s’humidifier le visage légèrement, s’éventer sur un visage humide est plus rafraîchissant ainsi », affirme l’artiste strasbourgeoise. Et n’oubliez pas : les arguments des vendeurs de clim’, c’est du vent.

« Pourquoi les filles ne pourraient pas faire du foot ? »

« Pourquoi les filles ne pourraient pas faire du foot ? »

Ces dernières années, le football féminin s’est développé en Alsace, pour atteindre près de 5 500 licenciées. Mais malgré ce progrès, des crispations demeurent. Immersion dans un entrainement des U15 de l’AS Kochersberg.

Les joueuses de l’équipe de l’AS Kochersberg commencent à affluer. Il est 13h55 ce mercredi 19 juin, leur entrainement commence dans 5 minutes. Le thermomètre affiche 30 degrés, la saison est déjà terminée et malgré tout, 12 membres de l’équipe U15 (14/15 ans) féminine ont répondu à l’appel. Même sans enjeu, Cali, 14 ans, tenait à venir :

« C’est vrai qu’il n’y aura plus de match cette année, mais j’ai encore envie de jouer ! Je suis passionnée. J’ai commencé avec mon voisin il y a plusieurs années, et depuis un an, j’ai franchi le cap : je me suis inscrite dans un club. »

Cali est passionnée de football, elle joue en club depuis un an et elle compte bien continuer. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Comme Cali, depuis quelques années, de nombreuses filles prennent une licence. Christophe Carbiener, directeur du district d’Alsace de football amateur (ex-LAFA), témoigne :

« La pratique féminine se développe bien en Alsace. Nous organisons plusieurs événements comme la Semaine du football féminin, ou le tournoi « L’Alsace avec les Bleues » pour encourager notre équipe nationale dans la Coupe du Monde. Celle-ci induira probablement un afflux de nouvelles licenciées à la rentrée. Il faudra que nos clubs se préparent à cela et se donnent les moyens de les accueillir : se mettre en capacité d’organiser plus de créneaux d’entrainement, un encadrement supplémentaire et plus de bénévoles. »

La coupe du monde 2019 pourrait pousser de nombreuses nouvelles joueuses à s’inscrire en club en septembre. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

L’AS Kochersberg a dû prendre des dispositions pour créer la section féminine. En tout, cinq nouvelles équipes nécessitent des encadrants pour les différentes catégories d’âge des U11 (10/11 ans) jusqu’aux U18 (17/18 ans). Le club regroupant plusieurs villages, le terrain de Stutzheim est entièrement dédié aux sections féminines pour les matchs du samedi après-midi.

5 423 licenciées pour 141 clubs avec section féminine

Les joueuses sont sur le point de partir à l’échauffement quand une nouvelle se présente, elle compte s’inscrire au club. Pas étonnant pour les autres filles de l’équipe, les arrivées sont régulières. La section de l’AS Kochersberg s’est créée il y a 7 ans. Depuis la première année, le nombre d’inscrites est passé de 9 à 70.

A ce jour, 5 423 licenciées foulent les terrains alsaciens de football toutes les semaines. En 1998, elles n’étaient même pas mille et en 2015, on n’en comptait que 3 500. Désormais, 141 clubs comptent une section féminine et 58 ont des écoles féminines de football labellisées.

L’AS Kochersberg a vu son nombre de licenciées passer de 9 à 70 en 7 ans. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

L’ambiance est bonne mais les jeunes filles sont concentrées. Elles s’exercent aux passes appuyées, aux corners, aux frappes. Les respirations sont de plus en plus fortes sous ce soleil de plomb. Patrice Zabera, entraîneur des U15 et responsable de la section féminine depuis son lancement, leur concocte une préparation physique intense :

« Là, on s’entraîne déjà pour la saison qui débutera en septembre. Je leur ai donné du travail pour les vacances d’été : gainage, pompes, footing et un lexique à connaître pour aborder des tactiques plus évoluées. Je suis sûr qu’elles vont y arriver, elles sont motivées. »

Patrice Zabera est responsable de la section féminine de l’AS Kochersberg depuis 7 ans. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

« Un sport de garçon ? Je ne suis pas d’accord ! »

Les filles qui pratiquent le football sont parfois victimes de discriminations sexistes, notamment à l’école. Tara, qui a commencé il y a quelques mois, n’est pas très inquiète :

« C’est vrai que j’ai eu un peu peur de ça au début. Finalement ça va ! Il y a parfois des moqueries mais comme il y a de plus en plus de filles qui jouent, ça devient normal. »

Même si l’on compte de plus en plus de joueuses, les clichés persistent. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Manon est assise sur le banc de touche. Elle regarde ses amies avec envie. Blessée à la cheville, elle est contrainte d’arrêter le foot pour un temps mais elle compte reprendre la saison prochaine :

« J’aime le foot. Je ne sais pas d’où ça vient parce que ce n’est pas du tout le cas de mes parents ni de ma sœur. Je suis toujours très énervée quand on me dit que c’est un sport de garçons. Je ne suis pas d’accord ! En fait on s’en fout complètement non ? Si tu es un garçon et que tu veux faire de la danse, ou que tu es une fille et que tu veux faire du foot, pourquoi se bloquer ? C’est trop dommage que les gens ne fassent pas ce qu’ils veulent à cause des clichés. »

Éviter l’expression « football féminin »

Malgré la progression du nombre de licenciées, l’hégémonie masculine persiste. En Alsace, environ 80 000 garçons sont inscrits dans un club de football amateur. Mélissa Plaza, une ex-joueuse professionnelle et maintenant diplômée d’un doctorat en psychologie du sport, détaillait dans une chronique du Monde parue le 15 juin :

« Il faudrait peut-être commencer par éviter l’expression « football féminin ». Comme s’il fallait nous faire entendre qu’on pratique une sorte de sous-discipline du football alpha, masculodogmatique. Une pratique « moins attractive », « moins spectaculaire » mais avec un certain charme tout de même. Les filles seraient « moins physiques », « plus techniques », « moins truqueuses », « plus modestes »… Un retour incessant aux théories essentialistes qui clivent, catégorisent, dichotomisent tant par sécurité cognitive que morale. »

Les joueuses étaient 12 dans une chaleur étouffante malgré le fait que la saison soit terminée. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Sandrine Kistner, encadrante de l’équipe U15 et mère d’une joueuse, pense que les résistances à la pratique du football par les femmes sont encore bien réelles :

« J’ai fait du foot quand j’étais jeune. C’était plus rare à l’époque, les clichés étaient plus marqués et il y avait moins de clubs qui se donnaient les moyens d’accueillir des filles. Mais aujourd’hui, j’ai l’impression que certains parents ne prennent pas si bien que ça le fait que leur fille fasse du foot. Dans leur discours, contrairement aux parents des garçons, on sent bien que les filles ne sont pas toujours encouragées à continuer et à se donner à fond. »

Entre 14 et 17 ans, la progression est souvent impressionnante au football. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Vers 16h, l’entrainement est terminé. Après l’étirement, un dernier petit effort pour ranger le matériel et les jeunes joueuses rentrent chez elles en se charriant.

Avant de partir, Sandrine lance :

« On n’a pas encore de gardienne pour l’année prochaine… Faites passer le message ! »

À bonne entendeuse.

« Gangsters d’Alsace » : une série d’été, neuf histoires de vol, de braquages et d’arnaque

« Gangsters d’Alsace » : une série d’été, neuf histoires de vol, de braquages et d’arnaque

Braquage de casino, arnaqueuse monumentale, cavale sans fin, vol d’œuvres d’art ou de livres anciens… Le gangstérisme alsacien compte nombre d’histoires incroyables. Cet été, Rue89 Strasbourg vous en racontera neuf, tous les vendredis à partir du 5 juillet. Mais, au fait, pourquoi les gangsters nous fascinent tant ?

Strasbourg a aussi connu son « casse du siècle ». Le 30 juin 1971, le Gang des Lyonnais braque l’Hôtel des Postes, situé avenue de la Marseillaise, et en sort avec un butin de plusieurs millions de francs. Vol de livres anciens ou de tableaux, cavale sans fin d’un « robin des bois » alsacien ou arnaque à plusieurs milliards par une Colmarienne nommée Marguerite… En Alsace, des années 60 à aujourd’hui, le gangstérisme a pu passionner un public avide d’histoires rocambolesques.

Audiences théâtrales et fantasmes

Les gangsters nous fascinent. Nicolas Clausmann, avocat, le voit bien lors des procès. Avec l’expérience, certains visages deviennent familiers : « Il y a des gens qui vont au tribunal comme on va au spectacle. Certaines audiences ont des airs de théâtre. » Habitué des comparutions immédiates et des cours d’Assise, ce pénaliste explique l’admiration pour les gangsters par le « fantasme de la vie facile, avec l’argent, les femmes, les films et les séries. »

« Notre film est un braquage, viens prendre ta part » Sous le trailer du film « Dernier Soleil », le réalisateur strasbourgeois Etienne Constantinesco invite l’internaute à soutenir la post-production du long-métrage. Il a été tourné à Strasbourg et Célia Constantinesco a travaillé sur la scénographie. Pour expliquer la fascination habituelle pour les gangsters, la marionnettiste évoque une « longue tradition de films comme les « Tontons flingueurs », « Touchez pas au grisbi » ou « Mesrine – L’ennemi public numéro 1″  » L’artiste décrit les braqueurs et autres voleurs comme des « héros violents mais poétiques, jetés dans les méandres d’un destin qui les dépasse », quelque chose de l’ordre du « mythe ».

Moins de place pour le récit

Interrogé sur le sujet, Christian Bach, journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace, souligne le rôle du conteur derrière le gangster. « Quand un voyou devient une personnalité publique, c’est parce qu’il est très présent dans l’actualité, explique-t-il, Simon Schneider par exemple (le « Robin des bois alsacien »), c’est un journaliste (François Bernard, ndlr) qui raconte sa vie et lui donne ce surnom. On retrouve ça avec tous les gangsters. » Au-delà de la personnalité du malfrat, parfois séduisante, il y aurait donc « la volonté de créer un récit. »

Lorsque l’actuel chef du numérique des DNA donne des exemples de ces malfrats légendaires, il évoque toujours des gangsters historiques. Car le travail journalistique autour de ce type de faits divers est différent aujourd’hui : « Le cadrage du travail de la presse a changé. Aujourd’hui, le suivi médiatique se fait principalement autour des faits révélés par la police, la mise en examen et l’audience. » Moins de temps pour rencontrer l’entourage du gangster, voire le braqueur lui-même. Moins de moyen pour décrire sa personnalité, son parcours. Pour sa série d’été, Rue89 Strasbourg vous propose donc de revisiter le gangstérisme alsacien, en huit épisodes, pleins d’arnaque, de vol et de braquages.

Conseil de l’Europe : La Russie de retour à Strasbourg, au prix fort

Conseil de l’Europe : La Russie de retour à Strasbourg, au prix fort

Fin de cinq ans de feuilleton au Conseil de l’Europe. La Russie réintègre l’Assemblée Parlementaire. Celle-ci a dû consentir à une réforme de son règlement. Outrée, la délégation ukrainienne a quitté l’hémicycle.

La diplomatie est un jeu très simple où chacun expose son point de vue. Et à la fin, la Russie gagne. L’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (ACPE) vient d’en faire les frais. Au terme d’un bras de fer de 5 ans avec la Fédération de Russie, l’APCE vient d’adopter une modification de son règlement. Une exigence du géant européen pour siéger de nouveau dans l’hémicycle situé à Strasbourg qui rassemble 47 pays.

Interdit d’interdire le droit de vote à la Russie

Reprenons une fois depuis le début : en 2014, la Russie annexe la Crimée, province d’un autre membre du Conseil de l’Europe, l’Ukraine. L’Assemblée d’élus nationaux proteste en suspendant les droits de vote et de représentation de la délégation russe. La Russie ne se donne plus la peine d’envoyer une nouvelle délégation en 2015, puis suspend son importante contribution budgétaire (33 millions d’euros sur 450) à partir de 2017, mettant ainsi le Conseil de l’Europe dans de sérieuses difficultés financières.

Pour les ministres des Affaires Étrangères des pays membres du Conseil de l’Europe, pas question de risquer un Ruxit au sein de « la seule institution paneuropéenne existante ». La Russie devait réintégrer l’APCE avant l’élection du nouveau Secrétaire Général, le Norvégien Thorbjørn Jagland terminant son mandat. Argument massue des partisans d’un retour de la Russie : c’est le seul moyen de faire bénéficier les 140 millions de citoyens russes de la protection de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), aussi basée à Strasbourg. L’affaire est entendue le 17 mai à Helsinki. La Russie doit siéger dans l’hémicycle de plein droit, et payer sa contribution.

Pour faire revenir la Russie, l’Assemblée Parlementaire a dû renoncer à d’importants pouvoirs. Photo : Conseil de l’Europe

Sauf que la Russie a fixé ses conditions : elle ne reviendrait et ne paierait qu’à la condition d’être assurée de ne pas être privée à nouveau de ses droits au sein de l’APCE. L’institution a dû revoir son règlement, et ajouter une nouvelle disposition qui restreint considérablement son pouvoir de nuisance :

« Les membres ne peuvent être privés du droit de vote, du droit de parole ni du droit d’être représenté à l’Assemblée et dans ses organes, et l’exercice de ces droits ne peut être suspendu, dans le contexte d’une contestation ou d’un réexamen des pouvoirs. »

Nouveau règlement du Conseil de l’Europe

La Russie revient, l’Ukraine s’en va

Malgré une contestation de ses pouvoirs par la délégation ukrainienne et ses alliés (Pologne, Géorgie, les trois pays Baltes et le Royaume-Uni), la délégation russe a définitivement réintégré l’APCE le 26 juin. Au cours de l’ultime résolution avalisant le retour des Russes, le rapporteur britannique Roger Gale s’est même retourné contre sa commission en dénonçant la résolution à adopter. Depuis la tentative d’assassinat d’un ancien espion russe sur le territoire anglais, la délégation britannique a considérablement durci le ton contre la Russie. Si le texte adopté « regrette le manque de coopération de la Russie », aucun des amendements déposés par la délégation ukrainienne n’a été adopté. Celle-ci a répliqué en quittant l’hémicycle.

L’APCE est renvoyée dans les cordes, après avoir tenté de peser de tout son poids (plume) dans la crise en Crimée. Désormais, toute sanction contre la délégation d’un État membre devra se décider de manière conjointe avec les 47 ministres des Affaires Étrangères. Le 24 mai, la nouvelle secrétaire d’État aux Affaires Européennes Amélie de Montchalin a estimé devant l’hémicycle, que l’APCE n’était pas là pour résoudre les différends territoriaux :

« Notre objectif premier doit être avant tout la protection concrète des droits fondamentaux des 800 millions d’Européens qui nous entourent et nous observent. Et je crois que les autres considérations ne doivent jamais nous faire perdre de vue cet objectif. »

Amélie de Montchalin, durant son allocution aux parlementaires du Conseil de l’Europe Photo : Conseil de l’Europe


Une position que ne partage pas le député ukrainien Oleksii Goncharenko, qui n’a pas de mots assez durs pour condamner cette décision.

« Nous avons eu la trahison de Munich en 1938, et bien nous aurons aujourd’hui la trahison de Strasbourg. L’histoire de souviendra de vous. »

Comme la plupart de ses collègues ukrainiens, géorgiens, polonais, baltes, mais aussi britanniques, il a voté contre la réforme du règlement. Ultime affront, la délégation russe envoyée à Strasbourg inclurait 4 personnes interdites d’entrée sur le territoire de l’Union Européenne, ainsi que des suppléants criméens.

Le ministre allemand des Affaires Étrangères, Heiko Maas, a lui aussi réaffirmé réaffirmé l’appartenance de la Russie au Conseil de l’Europe, essuyant une réponse pour le moins fleurie de l’opposant russe Garry Kasparov.

Maigre consolation pour l’APCE, le retour de la Russie devrait mettre fin aux difficultés budgétaires du Conseil de l’Europe. La Russie s’est engagée à verser sa contribution budgétaire et celle des années passées (75 millions d’euros en incluant les intérêts), selon « des modalités qui restent à définir », indique le porte-parole du Secrétaire Général Daniel Holtgen. Cela devrait définitivement enterrer le plan social qui prévoyait la suppression de 250 postes.

89dB, le rendez-vous radio de Rue89 Strasbourg en direct de galerie de street art Malagacha vendredi à 18h

89dB, le rendez-vous radio de Rue89 Strasbourg en direct de galerie de street art Malagacha vendredi à 18h

La team radio de Rue89 Strasbourg revient avec un programme très coloré pour l’été ! 89dB installe son studio à la galerie de street art Malagacha. Les graffeurs alsaciens sont à l’honneur, mais aussi les concerts en plein air au Neuhof et le TAPS, seul théâtre strasbourgeois ouvert pendant l’été.

Certes, les mois de juillet et d’août sont plutôt calmes à Strasbourg. Mais parce que la crème de la scène strasbourgeoise ne prend jamais vraiment de vacances, 89dB vous réserve encore plein de surprises.

Rendez-vous vendredi 28 juin à 18h pour vivre l’enregistrement en direct du podcast radio de Rue89 Strasbourg en direct de la galerie de street art Malagacha. L’événement est aussi à suivre sur notre page Facebook.

Le programme de l’émission

    La galerie Malagacha, une nouvelle vitrine pour les graffeurs alsaciens

Il nettoyait des jets privés à Bâle et un jour, il en a eu marre. Damien Seliciato a ouvert la galerie de street art Malagacha au mois de février. Invité sur le plateau de 89dB, il nous raconte son projet.

À partir du 27 juillet, la galerie Malagacha lance son Summer Group Show partie 2, une exposition d’artistes alsaciens et européens.

    Hommage au café de la Biennale qui a fermé début juin

On savait qu’il finirait par fermer mais ça fait quand même un petit pincement au cœur. En six mois, le café éphémère de la Biennale, dans le magnifique Hôtel des Postes avenue de la Marseillaise, qui sera transformé en appartements, s’est inscrite dans la vie culturelle locale avec une programmation de concerts riche et variée.

Dans 89dB, on revient sur la toute dernière soirée, en extérieur vue la chaleur, en espérant que des lieux similaires ouvreront bientôt !

    Le Neuhof s’ambiance avec les concerts aux fenêtres de l’Espace Django

Jusqu’à mi-juillet, l’Espace Django organise différents concerts dans les rues du Neuhof. Un évènement assez inhabituel pour les artistes et rassembleur pour les habitants. On en parle dans 89dB avec le directeur de l’Espace Django, Pierre Chaput.

Niveau programmation, c’est du 100% local avec Albinoid Sound System (afro beat), The cracked cookies (swing), Mossa et Zoya (chanson du monde), ainsi qu’A-rob, Mismo et Gold Bomb (rap).

    Le TAPS, seul théâtre ouvert l’été à Strasbourg

Pour les amateurs de théâtre, l’été n’est pas des plus animés à Strasbourg. Heureusement, le Théâtre Actuel et Public de Strasbourg (TAPS) propose une programmation estivale du 16 juillet au 8 août. Dans 89dB, on vous présente quelques spectacles qui s’adressent surtout aux enfants et aux familles.

    L’agenda de l’été

Qui a dit que Strasbourg était mort pendant l’été ? Bon d’accord, on a dû chercher un peu mais, comme toujours, on a trouvé pour vous les meilleures idées de sorties !

Le direct, à partir de 18h

Une réunion politique d’Alain Fontanel brièvement annoncée sur le site de la Ville agace ses opposants

Une réunion politique d’Alain Fontanel brièvement annoncée sur le site de la Ville agace ses opposants

Nouvelle péripétie dans la vie politique strasbourgeoise et la mise en cause de la neutralité des moyens de la collectivité en vue des élections municipales, mais mal gérée par les détracteurs du premier adjoint et potentiel candidat de « La République en Marche ». Explications

Les opposants strasbourgeois à « La République en Marche » (droite, PS ou écologistes) ont sabordé une belle occasion d’attaquer leur futur adversaire aux municipales. Élus et militants ont publié quasi-simultanément des captures d’écran de l’agenda « Culture » du site officiel de la Ville de Strasbourg, strasbourg.eu.

Ce mercredi 26 juin en fin de matinée, il affichait les deux dernières dates des « Jeudis de Strasbourg ». Cette démarche de quatre rencontres de réflexions politiques de long terme pour la ville est portée par le premier adjoint Alain Fontanel (LREM). Il n’est pas officiellement candidat aux élections municipales de mars 2020, mais y ressemble un peu plus chaque jour. Ce mini-cycle s’effectue « à titre personnel » avec l’aide de militants bénévoles et est financée par ses deniers personnels et non via une association ou « La République en Marche » (bien qu’annoncé sur le site du parti et porté par 2 des 14 « comités » de Strasbourg), ce que nous avons pu confirmer par ailleurs.

Quoiqu’il en soit la présence de cet événement sous l’intitulé « Conférence, débats » est un manquement à la neutralité de ce service de la collectivité. Un événement politique n’a en théorie pas sa place sur cette page.

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Relaxe pour les trois décrocheurs des portraits de Macron à Kolbsheim

Relaxe pour les trois décrocheurs des portraits de Macron à Kolbsheim

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé mercredi matin trois militants écologistes qui avaient décroché un portrait du président de la République, Emmanuel Macron, de la mairie de Kolbsheim, pour l’amener face au chantier.

Relaxe générale ! Mercredi 26 juin, le tribunal correctionnel de Strasbourg n’a pas suivi les réquisitions du procureur de Strasbourg qui demandait que trois militants écologistes soient condamnés à une amende avec sursis pour un « vol en réunion », pour avoir décroché le portrait d’Emmanuel Macron de la mairie de Kolbsheim.

Ce jour-là, le mardi 5 mars, une quarantaine d’opposant à l’autoroute payante du Grand contournement ouest (GCO, voir tous nos articles) de Strasbourg ont déplacé la photographie du président sur le chantier du spectaculaire viaduc de la Bruche. Cette opération médiatique visait à rappeler que le chef de l’État n’avait jamais donné suite aux nombreuses sollicitations sur le sujet. « Toutes les personnes rencontrés, le préfet, son secrétaire général, le cabinet d’Emmanuel Macron nous ont dit qu’ils ne peuvent pas influencer la décision », a rappelé en audience Michael Kugler lors de sa défense.

Les trois militants qui avaient décroché un portrait d’Emmanuel Macron ont été soutenus par d’autres lors de leur arrivée au palais de justice Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas

Le strasbourgeois Michael Kugler, co-secrétaire général d’Europe Ecologie – Les Verts Alsace, faisait partie des prévenus. Il réagit :

« Cette relaxe confirme que notre action est politique et qu’on est légitimes pour agir. Je suis en outre dispensé de peine (mais tout de même condamné ndlr) pour le refus de donner mon ADN lors de la procédure, ce que je trouve normal car on n’a pas à me ficher pour une action politique pour laquelle je ne me suis jamais caché. »

Le jugement a été rendu environ une heure après l’audience dans la matinée. Le tribunal a considéré que l’élément intentionnel du vol n’était pas caractérisé, puisque le maire de Kolbsheim, Dany Karcher, lui-même opposant au GCO, était informé du décrochage et ne s’y est pas opposé. Le portrait a été manipulé avec soin puis restitué intact le lendemain.

Réactions à l’annonce du jugement

C’était le deuxième procès concernant des décrocheurs de portraits présidentiels. À Bourg-en-Bresse, six militants ont été condamnés à 500€ (pour cinq d’entre eux qui avaient refusé le test ADN) et 250 euros (pour celui qui a accepté) d’amende avec sursis. Le parquet, qui demandait le double des peines a fait appel dans l’espoir de condamnations plus sévères.

Le parquet strasbourgeois a la possibilité de faire appel. Tout comme les avocats de Michael Kugler peuvent aussi faire appel pour qu’il soit relaxé, quand bien même il n’a aucune peine.

Réunis pour suivre leur interpellation au conseil municipal, des parents ressortent déterminés

Réunis pour suivre leur interpellation au conseil municipal, des parents ressortent déterminés

Quinze aides maternelles (Atsem) vont être embauchées à la rentrée. La décision a été prise lors du conseil municipal de Strasbourg, lundi 24 juin. Le Collectif Parents Strasbourg exigeait le recrutement de 60 Atsem pour 2019. Quelques parents étaient présents à l’Artichaut pour suivre une retransmission du conseil municipal.

Lundi 24 juin, en fin de conseil municipal vers 22h15, le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), a déclaré être « prêt à faire des efforts financiers » pour pallier le manque d’Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) à la suite d’une interpellation du Collectif Parents Strasbourg.

Si la promesse est tenue, 15 postes d’Atsem seraient alors créés à la rentrée 2019. Selon l’estimation de la municipalité, ces embauches coûteront 405 000 euros.

La décision du maire n’a cependant pas répondu aux attentes du Collectif Parents Strasbourg, dont une partie des membres ont suivi le conseil municipal en direct depuis le bar L’Artichaut, et tout particulièrement l’intervention de leurs deux envoyées.

Depuis quatre mois, le collectif demande la mise en place d’une Atsem par classe « sur tout le temps scolaire ». Il réclamait alors l’embauche de 60 agents supplémentaires en septembre, puis des embauches progressives tous les ans. Une « pétition citoyenne » lancée par le collectif en février a atteint plus de 3 100 signatures.

À chaud, Sébastien Heitz l’un des membre les plus investis du collectif, fait part de sa déception :

« 15 Atsem en plus, c’est ridicule par rapport aux besoins des écoles : ça couvrira seulement les remplacements ».

À ses côtés, Delphine Defert est stupéfaite. Atsem « volante », c’est-à-dire affectée à plusieurs écoles, elle redoute que Roland Ries ait joué sur les mots :

« Ils vont retirer 12 CDD en juillet pour en recréer 15 au mois de septembre. En gros, c’est comme s’ils ne faisaient rien ».

L’Atsem Delphine Defert (à g.) avec Sébastien Heitz et Louise Battisti réunis à l’Artichaut pour suivre le conseil municipal en direct Photo : Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg

Un moment de convivialité

À 17h30, quelques parents sont déjà installés à l’Artichaut. Ils sont réunis autour d’une grande table et sirotent des boissons rafraîchissantes. La projection du conseil municipal a débuté, mais l’interpellation ne sera évoquée qu’en fin de séance, a minima après 20h. Les participants regardent la montre et l’ordre du jour imprimé pour s’organiser.

Heureusement, Sébastien Heitz a prévu le coup : pour faire passer le temps, rien de tel de que des petits jeux ! Un « bingo politique » est organisé. Il consiste à écrire des mots sur une grille et les cocher quand ils sont prononcés. Le premier à cocher une ligne l’emporte.

La bonne humeur est au rendez-vous : après quatre mois de mobilisation, « c’est l’occasion de souffler et de boire un verre tous ensemble », savoure Sébastien Heitz. Du moins, jusqu’au dénouement du conseil. Certains parents ont même décidé de venir avec leurs enfants.

La plupart des parents présents ce soir n’ont pas pour habitude de regarder le conseil municipal le lundi après-midi. Cependant, ils en connaissent le fonctionnement, les enjeux et même certains élus. En revanche, d’autres sont très avertis. Eric Jansen est membre du Conseil des résidents étrangers et a participé au début de la démarche du « Pacte de démocratie locale ». Ce n’est pas non plus le premier conseil municipal auquel assiste Aurélie Quintard. En effet, elle a été très impliquée lors du débat sur les rythmes scolaires, un peu plus tôt cette année.

Plus ou moins confiants dans la démocratie locale

Suite à une manifestation organisée à 14h devant le centre administratif, Sébastien Heitz est confiant :

« Lors de notre rassemblement les élus nous ont annoncé que les services planchaient encore sur notre proposition. C’est bon signe, on y croit ! »

Dos à l’écran, mais avec une oreille attentive, Éric Jansen est un peu moins optimiste. En effet, ce qu’il espère surtout, ce soir, c’est que « les élus ne fassent pas preuve de mauvaise fois ». De toute manière, il n’a « plus peur d’être déçu ». Cet éducateur spécialisé a passé quelques années au Parti socialiste dans les années 2000.

Non-membre du collectif mais venue « en soutien » Hanima Meneceur, estime que cette interpellation et la diffusion sont déjà une avancée pour la politique strasbourgeoise :

« Le véritable enjeu de ce conseil, c’est de montrer aux gens qu’il peut y avoir des avancées, et leur donner envie de se mobiliser ».

Les élus reconnaissent l’urgence de la situation

Vers 19h30, une partie des parents abandonne… Pour le petit groupe qui reste à l’Artichaut, la pression monte. « C’est quatre mois de lutte qui vont se jouer ce soir », déclare Sébastien Heitz, pensif et désormais un peu stressé. Il encourage par SMS les deux représentantes du collectif qui attendent leur moment près de l’hémicycle. Éric Jansen s’exclame :

« J’espère que les élus ne vont pas accepter de céder 3 millions d’euros pour le projet de réalisation de la SIG et nous dire que les Atsem, ça coûte trop cher ».

Ce n’est qu’à 21h20 que Marie-Jane Auraghi et Angélique Ott, les deux représentantes du Collectif Parents Strasbourg, apparaissent sur l’écran géant. Malgré l’excitation, on les écoute silencieusement. « C’est bien, elles s’expriment clairement ». Louise Battisti, une maman mobilisée est rassurée.

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Marie-Jane Auraghi et Angélique Ott présentent la proposition du collectif aux élus du conseil municipal. Photo : capture d’écran

Dans l’hémicycle, la plupart des conseillers municipaux rejoignent le collectif : il faut plus d’Atsem dans les écoles maternelles de Strasbourg. Syamak Agha Babaei, élu de gauche de la majorité, souligne même « l’urgence éducative ». Les quelques parents applaudissent depuis l’Artichaut.

Philippe Bies, adjoint au maire (PS), remarque qu’à l’avenir il faudrait fixer une heure claire de début aux pétitionnaires. Le reste de l’assemblée approuve…

Une fin de soirée amère

Le maire annonce finalement la création de 15 postes vers 22h15. Le Collectif Parents Strasbourg pense déjà à la suite. Dorénavant, chaque problème qui survient dans une école maternelle sera rendu « visible ». « En 2020, on va faire de leurs campagnes municipales un chemin de croix », déclare Sébastien Heitz.

Selon l’Atsem Delphine Defert, il est difficile d’envisager un nouveau mouvement de grève, à l’instar de ce lundi 24 juin :

« Les Atsem sont résignées, elles ont du mal à se bouger. Et puis, c’est un peu le même problème que pour le personnel hospitalier : on ne peut pas laisser tomber les enfants, ni les enseignants ».

Roland Ries, quant à lui, souhaite que les procédures soient rapides. Il exposera sa proposition au conseil de l’Eurométropole, qui doit organiser les embauches, ce vendredi 28 juin. Le collectif a également rendez-vous avec l’adjointe à la démocratie locale Chantal Cutajar.

#Artichaut

Nicolas D’Ascenzio nommé pour préparer l’autonomie du Shadok

Nicolas D’Ascenzio nommé pour préparer l’autonomie du Shadok

La Ville de Strasbourg a nommé un nouveau directeur pour le Shadok, sa structure dédiée aux arts et aux enjeux numériques. Nicolas D’Ascenzio a dirigé une structure similaire à Metz, Bliiida laquelle a pris son autonomie. Il doit préparer le Shadok à sortir à son tour de la régie municipale.

Nicolas D’Ascenzio est heureux d’être à Strasbourg. Impliqué dans la fondation, puis la direction du tiers-lieux Bliiida à Metz, il est à 35 ans le nouveau directeur du Shadok, un lieu dont il a suivi la course depuis sa fondation en avril 2015.

Car la vie du Shadok a été mouvementée. Lancé par la Ville de Strasbourg pour servir de point d’ancrage aux industries culturelles et créatives, il a plutôt fonctionné comme un centre culturel, avec une activité foisonnante d’expositions, de rencontres, conférences et de résidences. Les liens avec le secteur économique se sont progressivement distandus… alors que le bâtiment devait être le « totem » de la French Tech Alsace.

À Bliiida en revanche, l’alchimie entre les starts-ups et les artistes a mieux fonctionné. Certes le lieu messin est beaucoup plus grand (30 000 m²) mais l’activisme de Nicolas D’Ascenzio y est certainement aussi pour quelque chose.

Mission globale avec la Coop et la Manufacture

Constatant cela, la Ville lui a confié une mission globale sur les industries créatives, incluant toute la démarche avec les start-ups qui s’installent à la Coop et plus tard à la Manufacture des tabacs. Nicolas D’Ascenzio doit apporter une « cohérence » et faire fonctionner les trois lieux ensemble. Bon courage !

Et pour cela, la feuille de mission de Nicolas D’Ascenzio prévoit l’autonomisation du Shadok. Enserré dans la direction de la Culture de la Ville, le Shadok souffre du poids de l’administration municipale et de sa hiérarchie interminable.

Alain Fontanel, premier adjoint au maire (LREM), en est bien conscient :

« Le Shadok est pour l’instant un outil transversal rattaché au premier adjoint. Mais ce n’est sans doute pas suffisant. Il faut peut-être évoluer vers une association ou une coopérative pour que le Shadok puisse inclure dans son pilotage la diversité de ses partenaires. »

Alain Fontanel précise qu’il ne s’agit pas pour la Ville de se débarrasser du Shadok. Son fonctionnement occupe 7 fonctionnaires à temps plein et il est doté d’un budget opérationnel de 280 000€. Si le Shadok devait s’affranchir de la Ville, cette dernière continuerait d’apporter ce financement.

Pour Nicolas D’Ascenzio, ces trois lieux dédiés aux industries créatives vont permettre à Strasbourg d’envoyer un signal fort sur l’innovation :

« C’est une sacrée chance d’avoir le Shadok, la Coop et la Manufacture des tabacs… Il sera par exemple possible de travailler avec des machines lourdes et encombrantes à la Coop et de tester ses prototypes en utilisant l’expertise du public du Shadok. Car le Shadok sera un lieu beaucoup plus ouvert au grand public, il y aura toujours quelque chose à faire au Shadok. »

Un restaurant ouvert le soir

Nicolas D’Ascenzio prévoit d’opérer une mue interne au Shadok. Au rez-de-chaussée, un restaurant ouvert en soirée doit prendre tout l’espace, en lien avec la programmation culturelle et événementielle. Cette augmentation du nombre de tables devrait permettre au futur restaurateur du Shadok d’éviter les déboires économiques de ses deux prédécesseurs. L’ouverture du lieu sur le parvis des Docks Malraux doit être repensée pour que chacun se sente invité à entrer.

Au premier étage, l’espace d’exposition ne change pas mais les horaires d’accès pourraient être étendus. Le Shadok devrait inviter moins d’artistes différents et préférer des expositions plus longues, plus ludiques et associant plus les acteurs locaux du numérique. Au second étage, le Shadok accueillera ses partenaires et la communauté des entrepreneurs du numérique, dans un espace de coworking dont la surface sera étendue.

#industries créatives

Extinction Rebellion se lance à Strasbourg avec une première action

Extinction Rebellion se lance à Strasbourg avec une première action

Le tout nouveau mouvement international Extinction Rebellion veut relancer la désobéissance civile. Quelques vétérans d’anciens mouvements à Strasbourg s’efforcent de former une jeune garde, parfois inexpérimentée.

« Nous ne sommes pas là pour vous faire culpabiliser, mais pour vous informer. Le changement climatique à l’oeuvre n’est pas de votre faute. »

Les militants vont et s’en vont à Strasbourg… Sauf Nicolas. Photo : Pierre Pauma

Samedi 22 juin, face aux voitures à l’arrêt sur l’avenue de Vienne, Nicolas s’époumone dans son mégaphone. Le grand gaillard dépasse le cortège d’une bonne tête et ne passe pas franchement inaperçu. Il est un vétéran des actions non violentes et de la désobéissance civile. En 2015, il faisait partie des faucheurs de chaises au Crédit Agricole avec ANV-COP21. Le voilà aujourd’hui coordinateur d’Extinction Rebellion Strasbourg.

Encore un nouveau mouvement, mais pour quoi faire ? Toujours membre actif de ANV-COP21, il entend cette question régulièrement. Ne pas y aller, cela aurait été passer à côté d’un vivier galvanisé par les marches pour le climat :

« On a fait une première réunion au début du mois. Sur les 30 personnes qui étaient présentes, il y en avait 25 que je ne connaissais pas. C’est du jamais vu ! »

Gilets jaunes, anti-nucléaire et anti GCO en soutien

Aujourd’hui, entre les défections et ceux qui étaient venus par curiosité, il estime pouvoir compter sur un noyau dur de 15 personnes. Auxquels se greffent d’autres sympathisants. Pour la première manifestation d’Extinction Rebellion, une centaine de personnes étaient présentes place de l’Étoile samedi. Parmi elles, des antispécistes, des Gilets jaunes qui revenaient d’une action sur la route de Kehl, des anti-nucléaire et des opposants au GCO.

Certains militants sont venus parler de leurs actions non violentes. Comme Michel Dupont (gilet vert) et Christine Ludes, qui ont fait une grève de la faim pour protester contre le GCO. (Photo Pierre Pauma).

Pas question de les « absorber » pour Extinction Rebellion, ni de faire de l’ombre aux mouvements locaux. Le mouvement international, né à Londres, veut se concentrer contre l’inaction face aux enjeux climatiques. Leur référence : les occupations d’une semaine qui ont agité la capitale britannique, amenant le Parlement à décréter une toute symbolique urgence climatique et à annoncer la création d’une assemblée citoyenne consultative. En revanche, la demande de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2025 est restée lettre morte.

À la tribune, les retours d’expérience se succèdent. Se retrouvent ainsi Michel Dupont et Christine Ludes, qui ont fait parti des grévistes de la faim contre le GCO. Christine Ludes leur raconte comment tenir… Mais aussi quand s’arrêter :

« Cela ne valait pas le coup de mettre sa vie en danger alors qu’il n’y avait absolument aucun geste de la part des responsables politiques. »

Michel Dupont lui, aurait pu tenir un peu plus longtemps. Il se dit même prêt à le refaire. Mais il prévient les amateurs, une grève de la faim ne se prépare pas à la légère :

« Quand on regarde les médias, on a l’impression qu’une grève de la faim c’est rester allongé à ne rien faire. Mais non, il y a des exercices de préparation, et il y a toute la mobilisation autour qui est éprouvante. C’est important de continuer à se promener, de recevoir du monde… Sans parler des apparitions publiques. »

Baptême du feu timide

Aucun doute, les marches sur le climat et les Gilets jaunes ont relancé la machine à manifester. Reste à trouver un terrain d’entente sur le mode d’action. Alors que Nicolas égraine les consignes avant la dispersion officielle de la manifestation, un Gilet jaune s’agite avec un bandana sur le visage. Pour Extinction Rebellion, le passage à l’acte doit se faire à visage découvert pour lever le doute sur toute intention hostile. Une organisatrice vient le voir. Le Gilet jaune enlève son masque en bougonnant :

« Si les flics me reconnaissent, vous êtes mal. Je suis fiché S ! »

Extinction Rebellion a traversé la rue pour réclamer la fin des politiques nuisibles à l’environnement. Photo : Pierre Pauma

Juste avant le passage à l’acte, Nicolas procède à une dernière précaution d’usage au mégaphone : annoncer la dissolution officielle de la manifestation. Les participants à l’action directe qui va suivre le font en engageant leur propre responsabilité juridique. Les Gilets jaunes se marrent :

« Ça fait longtemps qu’on ne déclare plus rien nous ! »

Pour ce premier coup de force. certains ont vu les choses en grand. Encadré par le centre administratif et la Caisse d’Épargne, les cibles ne manquent pas autour de la place de l’Étoile. Mais la peur du gendarme a incité les anciens à revoir leurs ambitions à la baisse. Pour cette première, une simple occupation de passage clouté durant les feux rouges suffira. Au bout de trois tours de pistes, la police met fin à l’action. De l’aveu de Nicolas, le vivier de militants a rajeuni. Il préfère commencer petit :

« On a souvent ce problème à Strasbourg : beaucoup de jeunes qui viennent pour les études, et qui partent pour un travail ou se marient… On est souvent un groupe beaucoup plus jeune qu’ailleurs, mais où beaucoup sont inexpérimentés. »

Pour ce baptême du feu, pas d’arrestation ni de matraque. La police prend une organisatrice à part, puis la laisse repartir. Un photographe de l’agence Hans Lucas est contrôlé. Le folklore quoi.

Dernière traversée avant que la police ne mette fin au « rassemblement spontané » (photo Pierre Pauma).

Fête de la musique : « Nous avons assisté à un énième contrôle violent et arbitraire d’adolescents noirs »

Fête de la musique : « Nous avons assisté à un énième contrôle violent et arbitraire d’adolescents noirs »

Joana rentrait de la Fête de la musique samedi vers 2h15. À l’arrêt Synagogue Les Halles, l’enseignante et une amie se sont retrouvées face à deux adolescentes en détresse. Les filles ont été gazées par les forces de l’ordre et deux de leurs amis, noirs, ont été menottés. Une interpellation disproportionnée selon plusieurs témoins de la scène. La police évoque « l’interpellation d’un suspect et une confrontation avec les victimes qui s’est avérée négative. »

« La Fête de la musique, une fête populaire ? Une fête qui rassemble tous et toutes ? Ou une défaite sociale ? À Strasbourg, la soirée a été entachée de violences policières à l’encontre d’adolescents et de témoins des faits. Durant la nuit de la fête de la musique, Marie (le prénom a été modifié) et moi-même avons assisté à un énième contrôle d’identité violent et arbitraire à l’égard d’adolescents noirs. Nous étions à vélo, sur le chemin de retour, vers 2h15,  quand, en plein centre-ville, sur le quai Kléber à l’arrêt de tram Ancienne Synagogue Les Halles, nous avons rencontré des adolescentes en pleurs et désespérées.

Deux adolescents noirs, menottés

Nous nous arrêtons pour leur demander ce qu’il se passe. Nous apprenons que, suite à une altercation entre deux jeunes filles, les forces de l’ordre ont gazé l’ensemble des jeunes à ce croisement très fréquenté du centre-ville. Les policiers ont ensuite procédé à l’arrestation de deux garçons d’une quinzaine d’années qui n’avaient rien à voir avec la dispute.

Nous apercevons alors deux adolescents noirs menottés et malmenés par cinq ou six policiers, qui les poussent brutalement avant de les maintenir penchés, le visage plaqué contre la rambarde du tram. Nous nous approchons pour demander des explications et demander aux jeunes si tout va bien.

Réponse très agressive des policiers

Immédiatement, les policiers répondent avec agressivité en exigeant que nous partions, puis menacent de nous embarquer, en arguant que nous étions sans doute sous l’effet de l’alcool. Nous avons choisi le calme et la fermeté, dans une posture non-violente, par crainte que cette arrestation ne dégénère. Mais nous avons aussi décidé de rester afin de constater les actions des forces de l’ordre et de soutenir les adolescents très choqués et effrayés.

Gênés par notre regard, les policiers commencent à nous invectiver, nous accusant d’être des Gilets Jaunes et de faire de la provocation. Face à notre détermination, l’un d’entre eux, grand et baraqué, agresse physiquement Marie, petite et frêle, en la poussant sur les rails du tram, elle et son vélo. Son vélo chute. Elle parvient à rester debout.

« Nous dénonçons l’agression et restons sur place »

Ne montrant pas notre frayeur, nous dénonçons verbalement l’agression et restons sur place. Le contrôle d’identité musclé des deux jeunes se poursuit alors de manière plus « apaisée » et, après une fouille de sac infructueuse, les deux garçons sont enfin libérés.

Nous discutons alors avec eux, pour apprendre que les forces de l’ordre les ont arrêtés parce qu’ils auraient été « confondus » avec les jeunes femmes en raison de la couleur de leurs vêtements. Un motif bien vague, inconsistant et arbitraire qui a pourtant donné lieu à des agissements humiliants et déshumanisants à l’égard d’adolescents.

Une réponse disproportionnée des policiers

Gazer des jeunes sur le simple argument d’une petite altercation entre deux jeunes filles (la police évoque une « rixe », ndlr), les menotter et les contrôler sans raison valable et de manière « musclée » : tout ceci représente une réponse disproportionnée de la part des forces de l’ordre, directement dirigée contre des adolescents noirs. Les policiers auraient-ils agit de même face à des adolescents blancs ? Nous en doutons fortement.

Contrôles au faciès, harcèlement policier des jeunes, usage systématisé de la violence et de l’humiliation : ces dernières années, les violences policières de nature raciste, notamment dans les quartiers populaires, sont devenus extrêmement courantes.

Des jeunes soulagés… et résignés

Hier soir, nous avons toutes les deux exprimé notre indignation aux jeunes en soulignant que ces agissements étaient injustes et illégitimes. Face à nous, ces derniers se sont montrés soulagés par notre soutien tout en se montrant résignés, déjà habitués à ce type d’abus policiers qui se normalisent. 

L’une comme l’autre, ce n’est pas la première fois que nous assistons à des violences policières à caractère raciste. Mais nous refusons que cela devienne banal et anodin de gazer, contrôler, arrêter, menotter, violenter des jeunes issus des quartiers populaires. Cette fois-ci personne n’a été blessé, étouffé ou assassiné (comme Adama Traoré, Hocine Bouras, Aboubacar Fofana et bien d’autres). Pour autant, n’attendons pas d’en arriver là. Il nous semble essentiel que toutes les personnes se portent témoin de tels agissements.

Nous lançons un appel à témoignages

Membres du collectif strasbourgeois « Reprendre la ville », nous appelons toute personne ayant assisté à ces violences à envoyer leurs témoignages et images à l’adresse créée suite à cet événement : temoignages-violences-policieres-67@laposte.net. Nous souhaitons aussi collecter des témoignages de violences policières racistes survenues dans ce contexte ou d’autres dans la région.

Regardons, filmons, témoignons ! Ne laissons rien passer et soyons solidaires avec des jeunes traumatisés, abîmés, meurtris par le mépris et la brutalité de forces de l’ordre censées les protéger. Faisons savoir à la police qu’elle ne peut pas discriminer en toute impunité. »

Au conseil municipal, le grignotage de la Ceinture Verte en accusation

Au conseil municipal, le grignotage de la Ceinture Verte en accusation

Le conseil municipal de ce lundi 24 juin se terminera de manière inhabituelle : deux interpellations de citoyens se succéderont, contre les constructions sur les espaces « non-constructibles » et pour plus de personnel en classe maternelle. Une séance-fleuve à suivre exceptionnellement dès 9h avec nos commentaires le matin.

Il s’agit probablement d’une première en France. Des représentants d’une association et d’un collectif viendront directement interpeller le maire et son équipe vers la fin de la réunion du conseil municipal. Fort d’une « pétition citoyenne », c’est-à-dire reconnue par la municipalité, de plus de 3 600 signatures, l’association Zona demandera des comptes sur la politique d’urbanisme dans la Ceinture verte. Cet espace, pour lequel il n’existe pas vraiment de carte facilement accessible, correspond aux anciennes fortifications de la ville.

Les constructions y sont en théorie très limitées afin de préserver un poumon vert pour la ville et ses habitants. Mais grâce à différentes exceptions, les projets s’y accumulent comme le Consulat de Turquie, la chaufferie du Wacken, le Parc expo et son accès par l’autoroute, un parking pour le quartier Archipel, etc. Le président de l’association, Denis Matter, qui a porté de nombreux recours contre la municipalité, demande a minima plus de transparence et espère même un moratoire sur les projets immobilier au sein de cette ceinture.

Après le propos initial, 10 minutes sont réservées à des questions-réponses. Puis, les élus échangeront sur la question. Le maire Roland Ries (PS) décidera de la suite à donner à cette demande. Étant donné qu’il s’agit d’une première à Strasbourg, les suites données seront dès lors très observées.

L’interpellation de parents pour les maternelles

Un autre collectif, qui regroupe des parents d’élèves, aura aussi droit à sa question publique. Il demande à la municipalité de recruter une aide aux enseignants (Atsem) pour qu’elles soient présentes dans chaque classe maternelle de la ville (voir ici le plan qu’il propose). Exceptionnellement, Rue89 Strasbourg participera à une projection en direct du conseil municipal au bar l’Artichaut, Grand Rue, organisée par le collectif. Comme à notre habitude, nous commenterons avec les personnes présentes ce moment de démocratie locale.

L’heure des comptes, et multitude d’autres points

À quelle heure ce moment d’échange de déroulera ? Difficile à dire car avant cela un programme dantesque attend les élus comme souvent avant l’été, ce qui a justifié d’avancer la séance dès 9h. Les citoyens pétitionnaires ne sont pas attendus avant 16h.

Le conseil débutera par le compte administratif, une étude détaillée des dépenses réelles effectuées en 2018. C’est le premier dans le cadre du pacte financier controversé, qui limite les hausses des dépenses de fonctionnement 1,2% sous peine de sanctions financières par l’État.

Le maire Roland Ries (à droite) a-t-il assez engagé Strasbourg dans la lutte contre le réchauffement climatique ? (photo Pascal Bastien)
Le maire Roland Ries (à droite) a-t-il assez engagé Strasbourg dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Photo : Pascal Bastien

Pour 2018, objectif rempli avec une hausse de 0,68%, soit 1,8 million d’euros de marge (sur 348,2). Mais pour 2019, les choses s’annoncent plus compliquées et la municipalité, comme toutes les associations d’élus locaux, aimerait que certaines dépenses « volontaires » soient enlevées du calcul, par exemple dans le domaine de la Santé ou de l’aide aux personnes à la rue qui revient à la charge de l’État. Elle met en avant que certaines de ses politiques sont encouragées via des financements nationaux ou européens qui ne relèvent pas de la gestion et la fiscalité locales. Pour l’instant, aucune réponse n’est parvenue.

Parmi les autres gros points de l’ordre du jour, le conseil doit débattre des suites à donner aux propositions pour l’avenue du Rhin (7 peuvent être prises « sous six mois », selon les élus qui ont travaillé dessus), une subvention à une réplique du marché de Noël strasbourgeois à New York, l’ouverture de 10 places d’hébergement dans la salle de consommation de drogue à l’hôpital civil…

À suivre en direct et avec nos commentaires.

Chutes à République !

Chutes à République !

Deux énormes secousses à Strasbourg cette semaine : Robert Herrmann jette l’éponge pour les municipales, et a annoncé son retrait de la vie politique à la fin de son mandat de Président de l’Eurométropole. Dans la nuit de mercredi à jeudi, deux arbres centenaires ont été couchés par la tempête sur la Place de la République.

Dessin de Piet.

Siège du Parlement : le lobby pro-Strasbourg s’auto-critique et cherche des soutiens

Siège du Parlement : le lobby pro-Strasbourg s’auto-critique et cherche des soutiens

Pour soutenir le siège du Parlement à Strasbourg, les élus alsaciens vont s’adresser aux eurodéputés de la nouvelle mandature. Plusieurs initiatives convergent et un rapport sévère sur Strasbourg oblige à l’action.

En 2014, les élections européennes sont intervenues en mai, quelques mois après les élections municipales strasbourgeoises. Elles ont vu Roland Ries (PS) être réélu de justesse. Entre le lancement plus que poussif d’une « task force » ou les initiatives personnelles de l’eurodéputée alsacienne Anne Sander (LR), le lobby pro-Strasbourg pour défendre le siège du Parlement européen a mis du temps à s’enclencher.

Un mandat, aucun changement pour Strasbourg

Après un mandat, rien n’a changé dans les textes. Les sessions démarrent toujours le lundi en fin de journée pour se terminer le jeudi après-midi, même si beaucoup d’eurodéputés partent en fait dès les derniers votes à midi. Mais pire, l’allié historique allemand commence à faire défection. Ce ressenti s’est exprimé plusieurs fois, y compris en juin, via la nouvelle présidente du parti majoritaire allemand, la CDU (droite), et successeur de la chancelière d’Angela Merkel, Annegreth Kramp-Karrenbauer. Les votes « anti-Strasbourg » des eurodéputés se sont empilés, même si ce n’est pas à eux de décider où ils se réunissent.

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Le guide des festivals de l’été à deux heures de Strasbourg

Le guide des festivals de l’été à deux heures de Strasbourg

L’Alsace et le Rhin, terre de festivals ! Pas besoin d’aller au sud de la Loire, voici le programme de l’été musical et festif, à portée de volant de Strasbourg.

La fin de Contre-temps (jusqu’au 23 juin) à Strasbourg

Le festival Contre-Temps s’achève avec les Pelouses sonores, cette année dédoublées samedi et dimanche au jardin des Deux-Rives.

Les Pelouses sonores au jardin des Deux-Rives lors de l’édition 2018 Photo : Djeb

Au programme du samedi : une ribambelle de DJ de Strasbourg et environs (DJ Martin Elble, Nikita Sisov, Aneka). Dimanche, c’est la fine fleur du son cool au rythme chaloupé (Vaudou Game, Funkindustry) qui viendra faire guincher les festivaliers jusqu’à la tombée de la nuit.

    Le plus : Deux après-midis de DJ sets et de concerts gratuits dans un écrin de verdure au bord du Rhin. Le moins : Susceptible d’être annulé en case d’incertitude météo.

Southside (du 21 au 23 juin) à Neuhausen Ob Eck

C’est au sud du Bade-Würtemberg, donc un poil plus loin que deux heures de route mais ça vaut le coup. Depuis 1999, le Southside rameute les poids-lourds de la scène rock sur la piste de l’ancien aéroport militaire de Neuhausen Ob Eck. Près de 60 000 personnes sont attendues.

Et cette année encore, la programmation est d’excellente qualité avec entre autres Foo Fighters, Mumford and Sons, The Cure, Tame Impala, Bloc Party, Wolfmother, Flogging Molly ou les Toten Hosen, peut-être le plus célèbre groupe de punk rock allemand (à chanter en allemand).

https://www.youtube.com/watch?v=hMHhz6JxJEE
L’after movie du Southside 2018
    Le plus : Des groupes très peu (voire pas du tout) programmés en France cet été.Le moins : Un site gigantesque et bétonné, on a fait plus agréable…

Wolfi Jazz (du 26 au 30 juin) à Wolfisheim

Wolfi Jazz propose une sélection de formations accessibles avec deux scènes installées dans le joli cadre du fort Kléber, à Wolfisheim pendant cinq jours. C’est à 30 mn de vélo depuis le centre de Strasbourg, en allant au bout de Koenigshoffen, et desservi par le bus (ligne 4).

Marcus Miller
Marcus Miller, sur la scène de Wolfi Jazz le dimanche 30 juin Photo : Doc. remis

Pour sa neuvième édition, le festival explore d’autres styles que le jazz avec des formations aux influences variées (fusion, blues, balkanique). Parmi les têtes d’affiche 2019, citons le duo China Moses-André Manoukian, l’orchestre new-yorkais Snarky Puppy, le trompettiste libanais Ibrahim Maalouf accompagné de la fanfare Haïdouti Orkestar ou encore au compositeur et bassiste Marcus Miller : au total, 18 artistes du monde entier.

Festival privé, le prix des places peut en freiner plus d’un mais la scène des Douves est gratuite et permet des découvertes à peu de frais.

    Le plus : Un condensé de têtes d’affiche à une demi-heure de vélo du centre de Strasbourg. Le moins : Le prix, plutôt élevé.

Les Eurockéennes (du 4 au 7 juillet) à Belfort

Quatre scènes, quatre jours de musique et 66 concerts dans le cadre verdoyant de la presqu’île de Malsaucy près de Belfort. Les Eurockéennes sont l’un des mastodontes français et ça se passe à deux heures au sud de Strasbourg.

Grosse programmation pop rock comme d’habitude avec cette année : Slash, Jain, Interpol, The Smashing Pumpkins, Jeanne Added, Christine (and the Queens). Même si le festival s’est depuis quelques années de plus en plus ouvert au rap (Suprême NTM, Roméo Elvis, Nekfeu) et à l’electro (Kompromat, Salut c’est cool, Arnaud Rebotini).

Assistez aux concerts les pieds dans le sable à La Plage (Photo : Eurockéennes de Belfort)
Assistez aux concerts les pieds dans le sable à La Plage Photo : Eurockéennes de Belfort

Pour leur 30 ans, les Eurocks ont décidé de conserver le chapiteau installé l’an passé et de proposer au public des spectacles de stand-up. Autre nouveauté lancée lors de la précédente édition, la grande roue fera son retour : une façon d’observer le superbe panorama qu’offre la presqu’île du Malsaucy.

    Le plus : Le choix, vaste et éclectique.Le moins : Le choix. Certains concerts ayant lieu en même temps, impossible par exemple de voir John Butler Trio et MNNQNS.

Décibulles (du 12 au 14 juillet) à Neuve-Eglise

Un festival de musique ou une fête de la bière ? Un groupe d’amis a décidé de ne pas choisir. Décibulles, c’est la rencontre entre du bon son et des bonnes bières, plus d’une trentaine de créations artisanales à la pression sont proposées.

Depuis 1992, le festival a bien grandi. Avec une vingtaine de concerts, Décibulles se place aujourd’hui comme le plus grand festival de musiques actuelles en plein-air d’Alsace.

Pour cette édition 2019, Décibulles a misé sur une programmation essentiellement francophone avec la pop de Therapie Taxi et Gaëtan Roussel, les guitares rock de Dionysos et No One Is Innocent, le hip hop tranchant de Caballero & Jeanjass et le flow d’Hocus Pocus ou encore les machines des artistes electro Vladimir Cauchemar et Bon Entendeur.

Et comme d’habitude, cette sélection s’apprécie au cœur du site verdoyant du Chena, qui offre une vue à 360° sur la forêt des Vosges.

    Le plus : C’est quand même pas dans tous les festivals qu’on peut boire une bonne bière artisanale en profitant d’un coucher de soleil.Le moins : Pas de point d’eau sur le site, gênant en cas de fortes chaleurs.

Sea You (du 13 au 14 juillet) à Fribourg-en-Brisgau

Bienvenue en « Beach Republic » ! Un petit territoire situé outre-Rhin, non-loin de Fribourg-en-Brisgau au bord du lac du Tunisee.

Résumé de la journée du samedi lors du Sea You 2018.

Pendant deux jours, le Sea You Festival (autrefois connu sous le nom de Sea of Love) accueille sur sept scènes une centaine de DJ, prêts à ambiancer les fêtards en maillot de bain. Car le but de ce jeune festival est simple : mélanger activités de plage et musique techno.

Et c’est vrai que le concept est séduisant. Alors que la plus grande crainte des visiteurs est en général de mourir de chaud, ici, on peut assister aux concerts directement les pieds dans l’eau. Pratique.

Autre possibilité, profiter du cadre splendide de la Forêt-Noire en s’adonnant à une session de wakeboard ou de ski nautique (incluse dans le prix du billet) ou louer un flamand rose gonflable géant pour chiller au son des plus grands DJ du moment : Amelie Lens, Ben Klock, Boris Brechja, N’to, Sven Väth, Klingande, Lost Frequencies et bien d’autres.

    Le plus : Faire du wakeboard au son des plus grands DJ. Le moins : Feux d’artifice, happenings et culte de la hype, faut aimer.

Summer Vibration (du 25 au 27 juillet) à Sélestat

C’est le petit nouveau qui a réussi à s’inscrire dans le paysage reggae français. Depuis 2014, le Summer Vibration place la culture reggae au coeur d’un festival à Sélestat avec toutes ses composantes : roots, jam, ragga, dub, ska, rocksteady…

Du reggae, de la musique ensoleillée, à Sélestat : c’est le Summer Vibration. Photo : Sebastian North Live graphy

Pendant trois jours, les quais de l’Ill accueillent près de 30 concerts, répartis entre la grande scène (UB40, Patrice, Sinsémilia, The Skatalites, Jahneration) et la dub zone (Channel One, Vibronics, Bisou).

En 2018, près de 21 000 festivaliers s’étaient rendus au Summer Vibration.

    Le plus : C’est le seul festival importantde reggae d’Alsace et même du Grand Est. Le moins : Le festival a lieu un jeudi, vendredi et samedi. Pas terrible pour ceux qui travaillent.

Foire aux Vins d’Alsace (du 26 juillet au 4 août) à Colmar

En marge de la plus célèbre foire d’Alsace (la troisième de France), les plus grands artistes mainstream se produisent chaque soir au Parc des expositions de Colmar. De quoi clôturer une après-midi de dégustation de pinots gris et de Gewurtztraminer en musique !

Plutôt qu’un festival au sens premier du terme, la Foire aux Vins d’Alsace propose plutôt une série de concerts, à raison d’un par soir pendant dix soirs.

Le résumé vidéo de la Foire aux Vins 2018

Pour ce millésime 2019, les Toulousains de Big Flo et Oli assureront le concert d’ouverture, avant de laisser la scène à -M- le jour suivant. En vrac, les Black Eyes Peas, Orelsan, Eddy de Pretto, Sting et Rodger Hodgson de Supertramp complètent l’affiche, sans oublier Patriiiiiiick (Bruel) qui aura la lourde tâche de refermer le festival.

    Le plus : Un festival accessible en famille. Le moins : Peut-on encore parler de festival ?

Au Grès du Jazz (du 10 au 18 août) à La Petite-Pierre

Nichée au coeur du parc naturel régional des Vosges du Nord, La Petite-Pierre est identifié des amateurs comme l’un des hauts lieux du jazz en France. Chaque année, au mois d’août depuis 15 ans, le village de 600 âmes célèbre cet univers musical à l’occasion du festival Au Grès du Jazz.

À travers son festival « in », « off » et son programme hors les murs, ce sont près de 40 musiciens, duos, quintets et orchestres qui peuvent s’exprimer sur scène, pendant une semaine.

la légende nigériane de l’afrobeat Femi Kuti sera sur la scène du festival le samedi 10 août Photo : Adolfo Contreras

Et pour permettre aux novices de s’y retrouver, les organisateurs proposent des soirées thématiques par genre musical : afrobeat, trompette, voix, swing, blues…

Ainsi, c’est Femi Kuti, pionnier de l’afrobeat qui ouvrira le festival le samedi 10 août, suivi du trompettiste de la Nouvelle-Orléans Christian Scott, du trio mené par le pianiste cubain Harold Lopez-Nussa. Le festival se clôt avec quelques airs de guitare classique du gitan Titi Robin.

    Le plus : Une soirée par type de jazz, facile pour s’y retrouver. Le moins : Une programmation parfois pointue.

Longevity (du 30 août au 1er septembre) à Strasbourg

Le Longevity Festival lors de quatrième édition en 2016. Photo : Henri Vogt

Le Longevity Festival, c’est un peu l’amourette de vacances qui dure plus longtemps que prévu, l’été indien qui s’installe tranquillement, un dernier festival qu’on n’attendait plus et qui fait du bien juste avant la rentrée.

Pendant trois jours, une quinzaine d’artistes (Person Sound, Brawther, Benny Rodrigues, Luca Lozano) secouent le jardin des Deux-Rives.

Ambiance cool, retrouvailles entre potes et foodtrucks. Musique électronique branchée, arts visuels et animations au bord du Rhin. Bref, le genre d’endroit parfait pour reprendre ses marques après avoir fait des infidélités à Strasbourg cet été.

    Le plus : Des concerts électro au bord de l’eau, what else ?Le moins : Il vaut mieux apprécier les boom boom pour profiter pleinement du son mixé sur scène.

Et pour ceux qui auraient loupé leur bac de géographie, on vous a concocté une carte interactive pour repérer les festivals d’été en un coup d’oeil.

Lahti supplante Strasbourg pour la « capitale verte européenne 2021 »

Lahti supplante Strasbourg pour la « capitale verte européenne 2021 »

La Commission européenne a désigné Lahti en Finlande « Capitale verte européenne ». Chaque année, ce concours récompense une municipalité impliquée dans « l’amélioration de l’environnement urbain » et « la transition vers des espaces de vie plus sains et plus durables ». Strasbourg faisait partie des trois villes retenues avec Lille.

Lahti élue « capitale verte européenne » pour 2021. Réunie à Oslo dans la soirée du mardi 20 juin, la Commission européenne a choisi de récompenser la cité finlandaise au détriment de Lille et Strasbourg. La capitale alsacienne, férue de prix et distinctions, avait déjà candidaté en 2016.

L’objectif de ce concours : inciter les vainqueurs à continuer leurs efforts et donner des exemples aux autres municipalités sur le plan environnemental. Voici les critères étudiés pour décerner ce prix :

    Atténuation du changement climatique,Adaptation du changement climatique,Mobilité urbaine durable,Espaces publics durables,Nature et biodiversité,Qualité de l’air,Qualité de l’environnement sonore,Déchets,Gestion de l’eau et de l’assainissement,Croissance verte et éco-innovation,Performances énergétiques,Gouvernance.
Strasbourg, capitale verte européenne dans les papiers de la commission européenne. Et en réalité ? Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas

La municipalité espérait des retombées

Venus à Oslo en… avion, les représentants de la candidature strasbourgeoise (le maire Roland Ries, son adjointe à la nature en ville Christel Kohler, la vice-présidente de la métropole Catherine Trautmann, mais aussi Toni Vetrano, maire de Kehl) ont plutôt mis en avant le réseau de transports en commun, la réduction de la place de la voiture en ville, ou leur efforts pour reverdir le centre en laissant de côté le Grand contournement ouest (GCO), en travaux.

Selon les organisateurs du concours, ce super prix aurait offert de nombreux bénéfices à Strasbourg : « croissance du tourisme; couverture médiatique internationale positive (…), de nouveaux emplois (…) » et même un « boost de la fierté locale et du sentiment d’appartenance », ainsi que 350 000 euros.

Quelle signification ? Rencontrons-nous en discutons-en !

Mais quelles réalités recouvrent vraiment une « capitale verte » ou qui aspire à le devenir ? C’est un questionnement que nous avons ouvert avec un deuxième cycle des « Apéros des possibles » : des rencontres avec les lecteurs qui infusent nos idées d’articles… dans le but d’ensuite infuser la réflexion des lecteurs. Après une première rencontre fin juin, nous nous retrouverons à la rentrée pour en discuter. Inscrivez-vous pour être tenus au courant de la prochaine rencontre.