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Pourquoi les grandes discothèques strasbourgeoises sont à Kehl

Pourquoi les grandes discothèques strasbourgeoises sont à Kehl

Kehl est-elle un paradis pour les gérants de boîtes de nuit ? Alors que les établissements comme le Gold Club ne désemplissent pas, Rue89 Strasbourg a cherché à comprendre pourquoi il est plus intéressant de faire vivre une boîte en Allemagne. Cela tient en trois mots : l’argent, les lois et la localisation.

« Situés en Allemagne, nous nous proclamons Strasbourgeois ». Sur sa page Facebook, le Gold Club annonce la couleur. Cette boîte de nuit a remplacé le K3 à Kehl en 2013. Depuis, ses affiches fleurissent à Strasbourg à destination des jeunes de 17 à 23 ans. Toute leur communication est en français, comme 80% de leur personnel, et le succès est au rendez-vous.

L’image et l’ambiance font la différence

Les commentaires enthousiastes sur Google ou Tripadvisor au sujet du Gold Club sont plutôt unanimes, comme celui-ci posté il y a un mois :

« Cette boîte de nuit est vraiment bien comparée aux autres de Strasbourg, elle est grande, les deux bars permettent d’être servi assez vite, les toilettes sont plus ou moins propres et le staff est sympa. Seul bémol, la musique est beaucoup trop forte, et ça tout le temps. »

D’autres commentaires louent le « personnel accueillant » et une ambiance chaleureuse et conviviale, ou parlent d’une « très bonne boîte qui fait pâlir la concurrence Strasbourgeoise », et d’une « musique sympathique et moins commerciale que ce qu’il se fait dans le milieu ».

Surtout, les étudiants français n’ont pas du tout l’impression de franchir une frontière ou d’être freiné par une barrière de la langue. Le Gold Club est une mini-France, comme le raconte Samir, DJ et directeur artistique de l’établissement  :

« On a une majorité de Français qui vient. Au micro, on demande “ça va Strasbourg ?” En moyenne, sur l’année, nous avons 1 700 personnes sur tout le week-end, dont 900 personnes le vendredi soir, et, donc, 80% de français ».

Le Live Club, un établissement du centre-ville de Strasbourg, qui cible aussi les jeunes de 17 à 22 ans, accueille 200 personnes par soir, sur une surface de 180 m².

Pour le hip-hop, direction l’établissement cousin, le K Club (les gérants de ces deux établissements sont frères). Un peu plus excentré, situé à Kehl-Sundheim, il se targue sur son site d’avoir « accueilli les plus grands » (50 Cent, The Game, Ja Rule, T-Pain, Damso, Booba…).

À Strasbourg même, rien de tel en termes d’envergure ni de fréquentation.

Pour les jeunes strasbourgeois, l’ambiance et les prix des établissements allemands font déjà la différence Photo : Raffi Asdourian / FlickR / cc

« Pour le même prix, le double de la dose »

Être installé à Kehl est un avantage financier, notamment pour pouvoir proposer des boissons plus abordables, comme l’explique Samir :

« L’alcool est moins taxé en Allemagne (il n’y a pas d’autres taxes que la TVA, ndlr), ce qui fait que pour le même prix, 7 à 10€ le verre, on propose le double de la dose. En plus, on n’est pas obligé d’utiliser un doseur comme en France. Et sachant que l’entrée est à 10€, que les gens peuvent venir chez nous en tram ou même en partageant un Uber, ils peuvent passer une bonne soirée pour 20€ ».

À condition bien sûr de ne prendre qu’une boisson et de venir en tram. Éric Legrand, patron du Live Club, confirme que « le verre d’alcool est à 30 ou 40% plus cher en France ».

Des conditions plus strictes en France

Au-delà du prix, c’est toute la réglementation allemande qui avantage ces établissements par rapport au secteur strasbourgeois, comme l’explique Samir :

« Il est plus facile d’obtenir une licence de vente d’alcool en Allemagne, on n’y paye pas des prix extravagants (à partir de cent euros et jusqu’à 5 000 euros maximum, ndlr), on l’obtient plus facilement. Au niveau sonore, on est limité à 110 décibels (dB), au lieu de 102 dB en France. Aussi, on a un fumoir avec chicha, ce qui n’est pas possible en France, et un espace extérieur. Il me semble qu’à Strasbourg, il n’y a pas de club agencé de cette manière (il y a bien la “terrasse” du Spyl au centre commercial de l’Esplanade, mais il s’agit vraiment d’un petit espace pour fumeurs, ndlr). »

Eric Legrand soulève également que les conditions sont plus strictes en France pour obtenir une licence : il faut un casier judiciaire vierge et un permis d’exploitation délivré après une formation de 6 à 20 heures.

Surtout, on ne peut obtenir une licence IV qu’en cas de transfert ou de rachat de fonds de commerce. Le nombre de licences est fixé par la préfecture, qui les garde limitées en ville. Il est rare d’acheter la licence seule, mais selon les régions, il faut compter au moins 20 000 euros.

Samir nuance en précisant que le Gold n’échappe pas à « la rigueur allemande » :

« Nous subissons tout de même deux contrôles par an au niveau des issues de secours et des alarmes incendie. »

Pour le patron du Live Club, de nombreuses règles françaises compliquent la vie des lieux de nuit strasbourgeois :

« Ces établissements situés à Kehl constituent une concurrence presque déloyale, contre laquelle on ne peut pas se battre. En France, par exemple, “l’open bar” est interdit, les charges sociales sont plus hautes, on peut moins facilement engager des extras (du personnel ponctuellement engagé pour des soirées, ndlr)… »

Un point de vue corroboré par Jacques Chomentowski, vice-président du Syndicat des hôteliers, restaurateurs et débitants de boisson de Strasbourg, et patron du Coco Lobo, un bar à tapas à la Petite-France :

« La concurrence déloyale se situe au niveau des frais financiers. Par exemple, en Allemagne, il n’y a pas de notion de fonds de commerce. Un établissement comme le Gold en France pourrait devoir payer 800 000€ de fonds de commerce, alors que là, il ne paye que son loyer ».

Éric Legrand constate qu’à cause de cette lourdeur, peu d’établissements ont ouvert ces dernières années à Strasbourg, voire pas du tout :

« Il me semble que ces 5 dernières années n’ont vu aucun nouvel établissement de nuit ouvrir à Strasbourg (il y a tout de même le Kalt, ndlr). Il faut savoir qu’en France, 3 000 discothèques disparaissent chaque année. Dans 10 ans, il n’y en aura plus beaucoup. Aujourd’hui, il est difficile d’ouvrir un établissement, les banques ne financent plus. »

D’après une étude de 2014, le nombre de discothèques en France a été divisé par deux en trente ans.

A Kehl, le Gold Club bénéficie d’un bon emplacement et des règles allemandes, plus souples Photo : Phot Niels displayed / FlickR / cc

À Kehl, on échappe au voisinage et au marché de Noël

Éric Legrand explique qu’être au centre-ville de Strasbourg signifie dépendre de la tolérance du voisinage notamment :

« C’est assez connu qu’on est strict au centre-ville de Strasbourg. On limite les plages horaires, on limite le bruit… Il suffit qu’un voisin râle et cela déclenche une étude acoustique, aux frais de l’établissement bien entendu. Il y a les associations de riverains qui se plaignent des nuisances sonores en permanence. Or, le Live existe depuis plus de 20 ans. Quand les gens achètent un appartement, ils ne peuvent ignorer notre présence. »

À l’inverse, c’est une aubaine pour le Gold Club et le K Club de profiter de Strasbourg sans subir les lois françaises, comme le soulève Éric Legrand :

« Ces boîtes peuvent faire de l’affichage sauvage dans tout Strasbourg, alors que nous, on serait tout de suite sous la coupe d’une convocation puis d’un PV. Basés en Allemagne, ces établissements y échappent et c’est complètement déloyal. »

Il rappelle aussi qu’au mois de décembre, le centre-ville de Strasbourg subit un blocage complet en raison du plan vigipirate anti-terroriste, ce qui pousserait de nombreux clients potentiels à aller en Allemagne, plus facile d’accès. Pour le Gold, l’accès n’a jamais été trop un problème. Quand il était encore le K3, il fournissait une navette gratuite qui partait de la place de l’Étoile plusieurs fois par nuit, retour compris.

Avec l’arrivée du tram, Kehl et ses boîtes de nuit sont devenus encore plus accessibles Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Une meilleure entente avec la Ville

En plus, Jacques Chomentowski suggère que les relations sont meilleures avec les forces de l’ordre en Allemagne :

« A Kehl, quand un portier a un problème, la police vient aider l’établissement. En France, on est vu comme “un endroit à problèmes”. »

La Ville de Kehl, par l’intermédiaire d’Annette Lipowsky, chef de cabinet du maire, confirme que les nuisances de ces “nightclubs” ne sont pas une problématique d’envergure :

« Puisque ces boîtes se situent dans une zone commerciale, elles ne dérangent pas les habitants. Ce qui peut être problématique, ce sont les personnes ivres qui se rendent aux arrêts de tram les samedis et dimanches matin et sont assez bruyants. Nous mettons donc en place un service de sécurité qui doit faire en sorte que la circulation du tram ne soit pas perturbée par ces nombreuses personnes alcoolisées. »

Mais même si le succès de ces établissements s’explique par leur caractère “français délocalisé”, Éric Legrand n’envisagerait pas pour autant de chercher à s’installer à Kehl :

« On a envie de rester dans une région ou une ville à laquelle on est attaché. On se dit qu’une autre clientèle peut toujours venir chez nous, une clientèle qui voudra mettre 3€ de plus. Et puis dès qu’on s’excentre, les clients doivent prendre la voiture pour venir, ça pose une contrainte supplémentaire. »

Municipales : Le candidat Jean-Philippe Vetter en boulanger pour lancer une journée de campagne

Municipales : Le candidat Jean-Philippe Vetter en boulanger pour lancer une journée de campagne

Candidat pour représenter la droite aux élections municipales à Strasbourg, Jean-Philippe Vetter a débuté aux fourneaux d’une boulangerie une journée de campagne avec 16 rencontres en 24 heures.

Qui a dit que seul le premier adjoint Alain Fontanel (LREM) aimait se déguiser ? Le candidat de droite Jean-Philippe Vetter s’est frotté aux fourneaux au « Pain de mon grand père » à la Krutenau dès 5 heures du matin ce vendredi 5 juillet pour une opération de communication autour de sa future campagne.

Certes, pas de tablier ou de toque pour le conseiller municipal, c’est en chemise blanche immaculée qu’il a enfourné quelques baguettes et viennoiseries. La première étape d’un « marathon de 24h ». Une manière aussi de rappeler que celui qui agrandi à Colmar est « fils de boulanger ». Manches retroussées à l’américaine, il descend ensuite travailler la pâte des viennoiseries au sous-sol.

viennoiseries
Un petit tour au sous-sol où sont préparées les viennoiseries Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Objectif de la journée, « mettre en lumière ceux qui agissent dans l’ombre pour Strasbourg ». Au programme (voir dans l’encadré en bas de l’article), des services publics, l’aéroport, la qualité de l’air, les milieux économiques, etc. :

« Si cette ville est agréable, c’est certes grâce à son architecture et à son patrimoine, mais aussi parce qu’il y a des gens derrière, des agents de la collectivité, des commerçants, des associations… »

Jean-Philippe Vetter, dans le sous-sol de la boulangerie vers 5h25
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Si la campagne ne devait pas déboucher sur un mandat de maire, un projet de reconversion ? Photo : JFG / Rue89 Strasbourg / cc

Une communication assumée

Non-engagé en politique, Bruno Dinel, le maître boulanger qui a fondé « Au Pain de mon Grand père » il y a 17 ans avec son père (12 magasins dont 7 à Strasbourg) se prête volontiers au jeu :

« Nous nous connaissons bien avec Jean-Philippe Vetter qui est un voisin. Nous sommes de la même tranche d’âge et il faut soutenir tous ceux qui veulent faire bouger les choses, mettre en avant des savoir-faire. Le pain est le produit gastronomique français le plus abordable. Et c’est l’occasion de montrer que le conseiller municipal, cela peut être un voisin comme une autre. »

Devant sa boulangerie vers 5h40, juste après le départ de Jean-Philippe Vetter

Un coup de com’ de 24 heures là où une campagne nécessite un engagement quotidien ? Assurément. L’élu d’opposition (lire ici ses premières propositions) assume et déroule :

« Quoi que je fasse, on pourra toujours dire qu’il y a un aspect communication. Je préfère prendre ce risque et être au contact, vivre une partie de la journée de ces gens. C’est une forme d’humilité. »

Une manière, aussi, de montrer qu’à 38 ans, le plus jeune candidat déclaré peut tenir des cadences infernales qu’exigent la fonction ? « Des infirmières, des commerçants ou des médecins le font plus souvent », balaye-t-il. La journée sera relayée sur les réseaux sociaux par son équipe de campagne. Cinq proches étaient présents pour le début.

5h35, Jean-Philippe Vetter sort du four quelques baguettes et doit vite filer, du côté de la Meinau où les agents de la déchetterie vont débuter leur tournée vers 6h. « Un service intégral, ce qui est rare », souligne-t-il.

Enfournage de baguettes Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

Davantage à Strasbourg

L’assistant de l’eurodéputé Geoffroy Didier (LR), réélu en mai, va désormais être affecté à Strasbourg en permanence, et non à Bruxelles où il travaillait trois semaines sur quatre. Ce retour dans la capitale alsacienne lui permettra d’être davantage présent pour sa campagne, qui doit monter en régime.

En dépit du faible score de la droite aux élections européennes, il brigue toujours l’investiture là où certains maires sortants préfèrent s’afficher « sans étiquette ». Il espère incarner une « droite urbaine » aux côté d’une « droite des champs » que représente davantage le favori à la présidence du parti Les Républicains, Christian Jacob. Et surtout « ouvrir la liste un maximum ». Les investitures devraient se décider au début de l’automne. Pour l’instant, seul l’élu à la Ville et au département Jean-Philippe Maurer s’est manifesté à droite.

Pierre le Crieur relégué à l’extrémité du marché de la Krutenau

Pierre le Crieur relégué à l’extrémité du marché de la Krutenau

Depuis plus d’un an, Pierre le Crieur est présent lors du marché de la Krutenau. Un mercredi sur deux, il installe sa petite scène au milieu de la place de Zurich et scande haut et forts des messages que lui laissent les passants. Mais cette semaine, suite aux plaintes de quelques commerçants, il n’a pas pu prendre place au milieu des étals.

Ce mercredi 3 juillet, Pierre le Crieur n’a pas pu installer sa petite scène au même endroit que d’habitude, au centre de la place de Zurich, en plein coeur du marché de la Krutenau. Certains commerçants se sont plaints auprès du placier de la Ville de Strasbourg : ils reprochent à Pierre de « rassembler trop de monde et d’empêcher la circulation des clients. »

Cette interdiction a été notifiée à Pierre la semaine précédente. Habitué des lieux, il a commencé ses criées en janvier 2018, il n’avait eu jusqu’ici aucun problème avec les commerçants. Pierre se pose et lit avec emphase vers midi des petits mots déposés par des anonymes au cours de la matinée.

C’est souvent très drôle et la mise en scène des textes par Pierre et son acolyte, Rémi, permettent aux clients et aux passants de rire de situations vécues ou subies par les habitants du quartier.

Pierre le crieur
Pendant la criée, Pierre est accompagné d’un autre comédien : Rémi Photo : HJ / Rue89 Strasbourg

Agacés par le succès du numéro du Crieur

Mais ça ne fait pas rire tout le monde. Ainsi cette vendeuse de légumes, qui ne souhaite donner que le seul nom de son mari, « Monsieur Pfaff », est agacée par cette animation :

« Quand il a commencé les criées, il s’était installé devant notre étal. On n’a pas aimé. Ça faisait beaucoup trop de bruit, c’était devenu impossible de travailler. Les gens étaient attroupés autour de lui, mais il n’y avait plus de clients à notre stand. »

Quelques étals plus loin, un autre vendeur, qui souhaite rester anonyme, partage cet avis. Installé derrière son stand de spécialités à base de champignons, il renchérit :

« Il y a un règlement. Nous, on le paye notre emplacement ! »

Pierre et Rémi les crieurs du mercredi, en pleine démo (vidéo HJ / Rue89 Strasbourg / cc)

Ces commerçants se sont plaints auprès du placier de la Ville de Strasbourg, lequel est allé directement voir Pierre pour lui signifier qu’il n’était plus le bienvenu.

Et tant pis si d’autres commerçants voient en Pierre et Rémi une animation de qualité, susceptible de plaire aux clients qui arpentent la place à cette heure-ci, tel Christine, fleuriste, qui confie en souriant et en montrant d’un signe de tête le commerçant voisin :

« Moi, j’aime bien les criées… mais chut ! Ça me rappelle quand j’étais petite, je venais au marché avec ma grand-mère et il y avait toujours des crieurs ». 

« Pierre, il est sympa ! Moi, les criées, ça ne me dérange pas. Au contraire, ça sort de l’ordinaire », ajoute Astrid depuis son stand de fruits et légumes.

marche krutenau
Une vingtaine de commerçants sont présents au marché de la Krutenau Photo : HJ/ Rue89 Strasbourg

Mais il en va ainsi apparemment… Quand quelqu’un se plaint, c’est lui qu’on écoute et tant pis si le comédien a du talent, tant pis si des festivals se l’arrachent alors qu’il vient quasi-bénévolement place de Zurich (il laisse un chapeau qui récole de 0 à 20€ par session), tant pis s’il plait et permet aux passants de sortir de leur quotidien quelques instants… Tout ça n’a pas compté apparemment face aux présomptions d’atteintes au chiffre d’affaires des plaignants.

Un moment de partage

Pierre le Crieur avait sérieusement envisagé de « faire grève » et de ne pas se rendre au marché cette semaine. Finalement, il a interpellé les passants, en leur demandant de lui écrire des « messages de solidarité, d’amour », mais aussi des petits mots à l’adresse « du peuple ou même du président ».

pierre le crieur
La criée commence à 12h pile, avec la petite cloche pour marquer le changement de blague Photo : HJ / Rue89 Strasbourg

Une criée en petit comité

À 12h tapantes, la performance commence. Adeline, une passante, arrive juste à temps. Aujourd’hui, Pierre le Crieur et son acolyte Rémi n’ont pas beaucoup de messages à lire : une dizaine seulement. Adeline se laisse convaincre, et, pour soutenir les deux comédiens, elle fini par rédiger son tout premier message.

Ironiquement, Pierre le Crieur demande aux quelques personnes du public de se rapprocher un peu plus de sa petite scène : « Je veille quand même à ce que les gens qui le souhaitent puissent passer ! »

Certains messages sont drôles, d’autres sont revendicatifs comme d’habitude mais malgré les efforts de Pierre et Rémi pour vocaliser avec entrain depuis le coin de la place de Zurich, seules cinq personnes les écoutent. En général, ce sont entre 20 et 40 personnes qui assistent à la criée du mercredi.

Quand le Tout-Colmar a cru à Marguerite Bauer et à ses milliards

Quand le Tout-Colmar a cru à Marguerite Bauer et à ses milliards

En faisant miroiter l’héritage d’un riche père américain, une parfaite inconnue est parvenue à se faire remettre des enveloppes par le Tout-Colmar. Pendant plus d’un an en 1967, elle a multiplié les promesses à grands renforts de faux documents.

En ce début du mois d’octobre 1967, la météo est particulièrement clémente en Alsace. À Colmar, les températures oscillent autour des 20°C. Pas un nuage à l’horizon… Du moins en apparence. Le bruit court qu’une tempête va s’abattre sur la ville. Les phénomènes attendus ? Une pluie de désillusions et un horizon bouché pour pléthore de porteurs de projets et cupides en tous genres.

Quand la foudre s’abat, c’est la douche froide : « Les six milliards de Marguerite n’existaient pas ! », comme l’annonce Paris Jour dans son édition du 12 octobre. Le lendemain, le périodique titre cette fois : « Les cinq sous de Marguerite lui ont rapporté des milliards ».

Avec un aplomb sans faille, ladite Marguerite – patronyme Bauer – a réussi pendant un peu plus d’un an à se tailler une place de choix dans les salons bourgeois de la cité haut-rhinoise. On l’invite. On l’écoute. On la charme, alors qu’elle n’était encore qu’une parfaite inconnue quelques mois plus tôt.

Raymondo de Cealdi, ce très cher papa américain…

Rares sont ceux qui connaissent son nom de jeune fille, en l’occurrence Rabot, ou encore qu’elle est d’origine parisienne et qu’elle a exercé le métier de femme de ménage. Aucun ne sait qu’elle a déjà abusé de la gentillesse des anciens.

Marguerite raconte partout qu’elle s’apprête à toucher des millions de francs, en héritage de son père naturel, un riche américain répondant au nom de Raymondo de Cealdi.

Pour accréditer son histoire, la jeune femme ne s’interdit rien et surtout pas les faux en écriture. Dans la pénombre de son petit appartement, à l’aide d’une simple machine à écrire, elle ajoute des « 0 » sur un bon de versement de la Banque de France afin de transformer son montant de 10 francs en 10 millions de francs. Elle le présente ensuite à qui veut le regarder et même aux autres. Tous n’y voient que du feu. Idem lorsqu’elle exhibe un faux avis de crédit de 25 millions de francs suisses. L’argent brûle les doigts autant que la rétine.

Pas de beauté fatale

« Ce n’est pas comme on aurait pu le croire une femme fatale, à la beauté tapageuse, aux formes suggestives et au regard troublant », écrit le journaliste Bernard Fischbach dans ses Histoires troublantes et criminelles d’Alsace (Ed. du Rhin, 1985) :

« Bien qu’on lui prête une vie amoureuse un tantinet agitée, Marguerite a le profil d’une dame patronnesse dont la taille s’est arrondie à cause d’un penchant immodéré pour la pâtisserie. Seules des lunettes de soleil qu’elle porte en permanence remettent quelque peu en cause son image de “bonne dame” paisible et gentille. »

Hélicoptères et foot pro

Avec de tels documents dans son sac et la promesse d’intérêts conséquents une fois son héritage touché, il n’est pas difficile pour Marguerite Bauer de se faire prêter ou confier de fortes sommes. Les enveloppes sont d’autant plus remplies et nombreuses qu’elle laisse miroiter d’importants retours sur investissements.

Elle persuade, par exemple, un industriel d’Île-de-France de créer une usine d’hélicoptères à Colmar. On la contacte de Suisse et d’Angleterre pour lui proposer de placer ses billes dans de juteuses affaires. Un notaire joue des coudes pour gérer les fonds qu’elle recueille…

Gangsters d’Alsace, notre série de l’été, chaque vendredi. Cliquez pour voir notre bande-annonce.

Marguerite Bauer ne recule devant rien. Pour preuve : elle laisse entendre qu’elle va être très généreuse avec le club de foot des Sports réunis de Colmar afin de lui permettre d’inscrire une équipe en championnat professionnel. Faute de subventions et de sponsors nécessaires, les joueurs n’ont pas évolué à ce niveau depuis 1949. Dans les tribunes et les vestiaires, l’opportunité est trop belle pour ne pas lui ouvrir les portes…

Trois ans de prison pour avoir fait rêver tout Colmar

Problème : au bout de quelques mois, ne voyant pas le moindre centime revenir, certains de ses soutiens commencent à s’interroger. Un industriel parisien saisit la justice, faute de ne pouvoir encaisser un chèque promis de plus de deux millions de francs. La supercherie vole en éclat.

Alors que de faux documents sont retrouvés au domicile de la jeune femme lors d’une perquisition, celle-ci avoue ses mensonges devant la police judiciaire. La fortune de Raymondo de Cealdi n’est qu’un miroir aux alouettes, tout comme son existence d’ailleurs.

Même l’époux de Marguerite, garçon de café, clame y avoir cru. Mythe ou réalité ? « Marguerite Bauer et son mari auront pu mener une vie de milliardaires sans s’être donné la peine de l’être », estime le journaliste Dominique Jamet dans son ouvrage « Chaque jour est un jour J » (Paris, 1969).

Poursuivie pour escroquerie et faux en écriture, Marguerite Bauer comparaît en juillet 1969 devant le tribunal correctionnel de Colmar. À la barre, elle peine à expliquer ses motivations, évoquant juste l’existence d’une fille adoptive qu’elle voulait gâter. L’ombre de la mythomanie plane sur les débats.

« Viser le plus gros : l’héritage »

L’ampleur exacte de ses détournements reste un mystère. Et pour cause ! De nombreuses victimes de son arnaque ont préféré rester dans l’ombre pour ne pas être, en outre, se retrouver honteuses. Marguerite Bauer écope de trois ans de réclusion, une condamnation confirmée en appel quatre mois plus tard. Elle n’a plus jamais fait parler d’elle ensuite.

« Les escrocs sont les romanciers de leur propre vie », écrit, neuf ans après les procès, l’académicien Jean Dutourd :

« Ce qui est étonnant, c’est qu’ils se copient souvent les uns les autres, et que personne ne s’en aperçoit. À croire que les braves bourgeois plumés sont comme les lecteurs de mauvaise littérature : on peut leur raconter à satiété le même conte de fées, ils ne s’en lassent pas, ils l’écoutent toujours avec une ingénuité d’enfant. Le cas de Marguerite Bauer, de Colmar, est caractéristique. Dans la conception de son escroquerie, elle n’a pas finassé, elle ne s’est pas mis la cervelle à la torture ; elle a été tout droit au plus gros, au plus connu : l’héritage. »

Essai « Les Matinées de Chaillot » (Editions SPL)

Le municipal-o-drome de juin : une nouvelle écurie et deux abandons

Le municipal-o-drome de juin : une nouvelle écurie et deux abandons

Qui sera le nouveau maire de Strasbourg en mars 2020 ? Avec le municipal-o-drome, Rue89 Strasbourg vous propose de retrouver chaque mois le positionnement de chacune des listes et des candidats potentiels. Le mois de juin caniculaire a provoqué deux abandons spectaculaires.

 

Le municipal-o-drome est un outil imaginé par Rue89 Strasbourg qui vise à sortir de l’instantanéité des déclarations des prétendants. L’autre objectif est d’avoir l’ensemble du panorama électoral en un coup d’œil pour remettre chaque mouvement dans ce contexte plus global. Passer la ligne d’arrivée revient à être le candidat investi par sa formation.

Depuis janvier 2019, le positionnement de chaque candidat est décidé par les journalistes de la rédaction selon leur appréciation de la situation. Il dépend aussi de critères objectifs comme une déclaration publique ou non de candidature qui permet d’apparaître sur la pelouse, la concurrence au sein de son « écurie » ou la capacité des différentes équipes à mener une liste. S’être déclaré en premier confère aussi un avantage (provisoire) au sein de sa famille politique. L’ordre de placement de haut en bas ne répond pas à une logique particulière, si ce n’est que les abandons sont en bas.

Abandons printaniers

Dans la foulée des élections européennes, les prétendants ont fait leur calculs. Et la nouvelle la plus surprenante est l’abandon du président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, (PS), jusque-là très impliqué et qui se retire de la vie politique. Pour la droite, le président du département du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, a aussi annoncé qu’il n’irait pas après avoir laissé plané un peu de doute.

À gauche, un timide rapprochement devrait s’opérer entre écologistes d’EELV et membres du Labo citoyen alors qu’une autre démarche de gauche et écologiste s’est lancée (éco-métropole). Cela fait encore beaucoup de monde pour agréger les « réserves de voix », sur le papier supérieures à celles d »En Marche ».

Cette redéfinition en cours de l’espace politique strasbourgeois s’est traduite par un conseil municipal-fleuve où il était parfois difficile de distinguer la majorité et l’opposition dans les prises de parole. Traduction mathématique : une délibération sur le marché de Noël à New York a même été adoptée grâce aux 10 voix de la droite sur 20 « pour » (10 votes « contre » et 15 abstentions dans la « majorité municipale »), une première lors de ce mandat.

Le municipal-o-drome reviendra à la rentrée

Pour zoomer, il suffit de continuer à faire défiler son écran vers le bas.

Des pistes d’améliorations ? N’hésitez pas à nous en faire part en commentaires. Nous tenterons d’en tenir compte pour les prochaines éditions.

Jean-François Gérard, Geoffrey Brossard et Nina Courtois
Un outil créé à trois, dans l’ordre : un journaliste, un développeur web et une graphiste

Sur Rue89 Strasbourg : nos précédents municipal-o-dromes
Sur Rue89 Strasbourg : 
tous nos articles sur les élections municipales

Un incendie sans blessés à la malterie du Port-du-Rhin

Un incendie sans blessés à la malterie du Port-du-Rhin

Un incendie accidentel a endommagé un bâtiment de production de la société des Malteries d’Alsace au Port-du-Rhin. Il n’y a pas de blessés.

Un incendie a débuté à la société des Malteries d’Alsace ce mercredi 3 juillet, aux alentours de 11h30. Cette usine du groupe Soufflet se trouve en face du futur site de la Coop, dans le quartier du Port-du-Rhin au sein des Deux-Rives. Il n’y a pas de blessés, mais le bâtiment est endommagé.

La fumée, peu épaisse, est sortie du haut du bâtiment surplombé de l’inscription “Malterie”, sans que des flammes soient visibles de l’extérieur. L’incendie fait suite à une explosion entre le 5e et le 6e étage de cette tour de transformation de malt. Elle ne vient pas des silos.

Selon un décompte de la préfecture, 39 véhicules et 84 sapeurs-pompiers ont éteint l’incendie vers 16h. Les forces de l’ordre ont évacué les personnes présentes dans un périmètre de 200 mètres pour permettre la vidange de la trémie d’alimentation où l’explosion s’est produite.

Les 35 salariés présents ont été évacués sur le trottoir d’en face selon un témoin. Deux équipes « feux spéciaux » et « risques chimiques » se sont également rendues sur place. La police gère la circulation.

Malterie
Le feu, dont l’origine est encore inconnue, semble provenir du haut du bâtiment. (Photo Edouard Schwab)

Les accidents industriels à l’été 2018 avaient relancé le débat sur la cohabitation avec les nouveaux habitants des Deux-Rives (voir notre article). La Coop, en raison de sa proximité avec la malterie, était listée parmi les lieux critiques.

Incendie malterie coop
L’intervention a débuté dans le calme Photo : Edouard Schwab
photo Edouard Schwab

Écolos et autonomes, Lars et Laura s’installent dans une « toute petite maison »

Écolos et autonomes, Lars et Laura s’installent dans une « toute petite maison »

Lars et Laura sont amoureux… et écolos. À peine sortis du nid, ils se sont posés à Soultzbach-les-Bains dans une « Tiny House », une maison minuscule qu’ils ont fabriquée eux-mêmes. Alors qu’ils découvrent la vie à deux, leur quotidien sera sobre et quasi autonome.

Laura Rederstorff et Lars Herbillon
Laura et Lars savent recevoir dans leur toute petite maison Photos : FG / Rue89 Strasbourg / cc

Laura Rederstorff vient d’avoir 20 ans, Lars Herbillon en aura bientôt 21. Ils sont en couple depuis six années déjà. Il faut dire que ces deux-là se sont rencontrés en primaire, à l’école Mathias Grünewald de Colmar. Ils se sont suivis avec leurs études au sein de cet établissement privé qui applique la pédagogie du philosophe Rudolf Steiner.

C’est là, il y a trois ans, que la Tiny House est entrée dans leur vie. Presque subrepticement. Tasse de thé à la main, Lars raconte :

« Comme tous les élèves de seconde, je devais faire un projet. Je ne sais plus où j’avais entendu parler des Tiny Houses, mais je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée d’en construire une. Pour de bon. Parce que je ne vois pas l’intérêt de faire des plans et une maquette si ça ne va pas plus loin. »

L’idée d’y emménager avec Laura est déjà présente. Celle qui était alors lycéenne se prend au jeu :

« Je n’ai réalisé le travail que ça demanderait que lorsqu’on a eu la modélisation numérique. Là j’ai compris que Lars irait jusqu’au bout. Mais ça n’est devenu concret que lorsqu’on a commencé à monter les murs sur le châssis. »

6,5 m de long, 2,55 m de large et 4 m de haut et tout le confort.

D’amour et d’eau de pluie

C’est le principe de la Tiny House : une micromaison déplaçable, puisque construite sur une remorque.

« D’après la réglementation, la Tiny doit pouvoir être séparée du châssis. Mais en pratique, ça serait très compliqué de l’enlever sans la démonter. La nôtre est au poids maximal autorisé : 3,5 tonnes. Pour 6,5 mètres de long, sur 2,55 m de large et 4 m de haut. »

Lars ramasse les tasses et se met à la vaisselle. Sans détergent. Ils sont proscrits dans la micromaison, comme tous les produits nocifs à l’environnement.

« Nous n’avons pas de bac-filtre à eaux grises, nos eaux usées partent donc directement dans la nature. Mais nous sommes équipées de toilettes-sèches. Pour le reste, nous utilisons l’eau de pluie, recueillie sur le toit et collectée dans une citerne verticale de 300 litres. Il faudrait une longue période de sécheresse pour qu’on en manque. »

Un coin douche petit, mais suffisamment grand pour le mètre quatre-vingt-douze de Lars

Sa compagne complète :

« On a appris à être vigilants et à se repérer au bruit de la pompe : elle se met en route tous les 24 litres. Pas besoin de plus pour une douche. »

Trois mois de tranquillité

Pizza, courgettes… What else ?

Laura lave rapidement les courgettes qu’elle mettra sur la pizza de midi. L’eau, avant d’arriver au robinet, est passée dans une série de filtres au charbon actif qui retiennent les particules de plus de 10 microns. De quoi arrêter les métaux-lourds, mais pas suffisant pour obtenir une eau potable.

« Il faudrait installer un filtre à rayons ultraviolets pour tuer les micro-organismes, mais pour l’instant, nous n’en avons pas besoin puisque nous allons nous ravitailler à la fontaine municipale. Ici l’eau a un goût très particulier. Elle est excellente. »

La pompe et ses filtres

De l’eau minérale gratuite : c’est l’avantage de s’être arrêté dans une station thermale. Autre avantage du village : ses toilettes publiques. « Nous poserons bientôt des toilettes sèches. »

Lars et Laura se sont installés à Soultzbach-les-Bains début juin. Auparavant, comme leur Tiny House était encore en construction, ils l’avaient déplacée au gré du chantier. Sans limite de temps. Mais maintenant qu’elle est terminée, elle est assujettie à la réglementation sur l’habitat léger :

« Mises à part les zones naturelles, on peut poser une Tiny sur n’importe quel terrain, qu’il soit constructible ou non. Au bout de trois mois, selon le Plan local d’urbanisme de sa commune, le maire peut exiger qu’elle quitte la parcelle. Bien sûr, pour s’installer on doit avoir l’accord du propriétaire. »

Depuis la mezzanine, vue imprenable sur Soultzbach-les-Bains

Un budget de 28 000 €

C’est un cabinet d’architectes qui est propriétaire du terrain de Soultzbach-les-Bains. Spécialisé dans les constructions passives, les Ateliers D-Form ont appuyé le projet pratiquement depuis le départ. Comme beaucoup d’autres partenaires que l’enthousiasme de Lars a séduits.

« J’avais chiffré la construction à 20 000 €. Une collecte Ulule m’en a procuré 5 500 €. J’ai aussi été lauréat de plusieurs “projet jeunes,” en particulier de la Région Grand Est qui m’a donné 2 000 €. Aujourd’hui, j’évalue le budget total à 28 000 €, dont la moitié m’a été fournie en nature. Plusieurs entreprises m’ont offert des matériaux, sans même demander de contrepartie. »

Et ce n’est pas rien, car les murs ne sont pas ceux d’un abri de jardin ou d’une caravane.

« Un bardage bois de 18 mm d’épaisseur sur une ossature sapin de 80 mm, avec entre les deux une lame d’air de 10 mm, un pare pluie, un frein vapeur et un isolant lin, chanvre, coton de 80 mm. Et du double vitrage standard. Dans la Tiny, on se sent en sécurité même sous l’orage. Et ce printemps, elle a tenu la chaleur malgré les nuits fraîches. »

Le gaz pour la cuisine et l’eau chaude.

Gaz et énergie solaire

Une inertie thermique d’autant plus appréciable que la micromaison n’a pas de chauffage, si on excepte le four dans lequel Lars vient de glisser la pizza.

« C’est un four à gaz, comme le chauffe-eau. Mais pour les autres équipements, on utilise l’électricité que produisent nos panneaux photovoltaïques. Il y en a quatre, de 250 Watts chacun, reliés à un onduleur, qui transforme le courant continu en alternatif, et à des batteries lithium-fer-phosphate de 24 Volts et 100 Ampères/heure qui le stockent. On a assez de puissance et d’autonomie pour installer une petite machine à laver… Avec le soleil qu’il y a en ce moment, les batteries sont rechargées dès 10h du matin. Je pense qu’on pourrait faire marcher une climatisation et même une voiture. »

« Avec le soleil qu’il y a (…) on pourrait faire marcher une clim, et même une voiture. »

Mais pour l’instant, Lars et Laura se contentent d’une trottinette électrique.
Et le courant, ils n’en utilisent que peu pour l’éclairage. Grâce aux nombreuses baies, fenêtres et fenêtre de toit ouvrante…

« Ce sont les parties vitrées qui donnent l’impression d’espace que l’on a à l’intérieur. Tous les visiteurs qui découvrent la Tiny n’arrivent pas à croire qu’elle ne fait que 20 m², 19,5 m² pour être précis : 15 m² au sol et 4,5 m² de mezzanine. »

Ergonomie et sobriété

Un espace largement suffisant pour les deux amoureux : jusqu’à début juin et l’emménagement dans leur micromaison, chacun habitait chez ses parents. Laura est ravie : « J’aime cuisiner, et dans la Tiny, j’ai toute la place qu’il me faut. »

Les deux nouveaux habitants de Soultzbach-les-Bains ont « toute la place qu’il leur faut ».

Pour le rangement, ils mettent à profit le soubassement du canapé-lit d’ami fabriqué par Lars. Un mètre cube, même pas entièrement occupé :

« Quand on vit dans un appartement ou dans une maison, on stocke, on achète des objets sans être sûr d’en avoir besoin, en se disant qu’on a la place pour les garder en attendant qu’ils servent. Nous, nous avons la chance d’arriver avec peu de choses. Mais j’ai rencontré des gens plus vieux que nous qui veulent vivre en Tiny pour revenir à l’essentiel. Ce qui correspond à une nécessité écologique aujourd’hui. »

Toutes les affaires du couple tiennent ici.

Indéniablement dans l’air du temps, le mouvement Tiny House a de plus en plus d’adeptes. Né aux États-Unis, il s’est largement répandu :

« Rien qu’en Alsace, il y en a une demi-douzaine installées, autant en construction, et de nombreuses personnes qui en sont au stade préparatoire. J’en ai rencontré beaucoup. Certaines sont même venues se former en donnant un coup de main sur notre chantier. »

Le tour du propriétaire… (vidéo FG / Rue89 Strasbourg / cc)

Projets d’avenir

Ces coups de main ont permis de compenser le retard pris l’année dernière, préparation du bac S de Lars oblige. Aujourd’hui, alors que Laura a passé le sien, série ES en candidate libre, le jeune homme prépare à distance une licence de chef de projet digital. Parallèlement, il a créé une auto-entreprise, Inemotion design, spécialisée dans la création graphique et l’accompagnement de stratégie digitale. Des compétences qu’il a développées en présentant sa Tiny House sur internet.

En trois années, cette passion a pris au couple beaucoup de temps : « Au début j’avais commencé un relevé du temps passé, mais j’ai vite arrêté » explique le trésorier du Collectif Tiny House. Pour autant, Lars et Laura ne souhaitent pas qu’elle tourne à l’obsession.

Une destination rêvée, mais pas en Tiny House !

« Small is beautiful » mais le monde est vaste. Alors ils commencent à réfléchir à leur nouveau projet : un grand voyage, sans doute en Amérique latine, qu’ils pourront préparer tranquillement cet hiver, bien au chaud dans leur toute petite maison, installée quelque part, ils ne savent pas encore pas encore où.

Et c’est parti pour la maison du bonheur !

D’ailleurs, si vous êtes prêts à les accueillir, n’hésitez pas à leur faire signe sur Facebook.

#Soultzbach-Les-Bains

Démonstration d’indépendantistes catalans devant le Parlement européen

Démonstration d’indépendantistes catalans devant le Parlement européen

Plusieurs milliers de manifestants catalans étaient devant le Parlement européen à Strasbourg ce mardi matin pour protester contre le fait que trois eurodéputés indépendantistes catalans sont empêchés de siéger par le gouvernement espagnol.

L’Europe est vue comme un recours par les indépendantistes catalans contre Madrid. Photos : Abdesslam Mirdass
Les manifestants indépendantistes catalans ont envahi les environs du Parlement européen.

La police a décompté environ 4 000 personnes, agitant le drapeau de la Catalogne devant le Parlement européen à Strasbourg, alors que débute la première session plénière de la nouvelle mandature.

La police a compté au moins 4 000 manifestants.

Ils ont protesté contre le blocage par Madrid de la prise de fonction de trois eurodéputés indépendantistes catalans. Carles Puigdemont, ex-chef du gouvernement régional catalan vit en Belgique pour échapper à un mandat d’arrêt espagnol, Toni Comin est dans la même situation, tandis qu’Oriol Junqueras est en détention provisoire en Espagne.

Il y a eu plusieurs arrestations et rebellions.
« Où est mon vote ? » clament les manifestants.
Les trois eurodéputés indépendantistes sont recherchés par Madrid.
#Catalogne

Mobilisation d’enseignants et grève des notes contre les réformes de l’Éducation nationale

Mobilisation d’enseignants et grève des notes contre les réformes de l’Éducation nationale

Une centaine de professeurs se sont rassemblés lundi matin devant le Rectorat de l’académie de Strasbourg. Dans l’après-midi, une partie des professeurs grévistes n’ont pas saisi les notes qu’ils avaient attribuées à certaines épreuves du baccalauréat.

Devant le Rectorat de l’Académie de Strasbourg, une centaine d’enseignants grévistes ont manifesté leur opposition avec chants, banderoles et slogans Photo : doc remis

Ces deux actions veulent dénoncer deux réformes de l’Éducation nationale menées par le gouvernement, et particulièrement par le ministre Jean-Michel Blanquer. La réforme du bac doit permettre aux lycéens de bénéficier de cours plus personnalisables. Mais les syndicats dénoncent en un futur bac « à la carte », dont l’équivalence nationale pourrait être remise en question. Quant à la « Réforme Blanquer », les syndicats y voient d’abord un « plan social » avec la suppression de 2 500 postes.

La plupart des syndicats d’enseignants ont participé à l’action de lundi matin Photo : doc remis

Les enseignants grévistes, manifestant ou en grève des notes, demandent au ministère de l’Éducation nationale qu’il ouvre des négociations concernant ces deux réformes. Les enseignants grévistes et mobilisés strasbourgeois ont signé une déclaration commune (voir ci-dessous).

Animations d’été : en 2019, Strasbourg « prend le temps »

Animations d’été : en 2019, Strasbourg « prend le temps »

Pendant deux mois, Strasbourgeois et visiteurs pourront profiter de nombreuses habituelles animations culturelles, sportives, et gratuites. Le fil conducteur, particulièrement visible avec le spectacle de lumières LuX et le cinéma en plein air, est la flânerie, le ralentissement du quotidien.

Pour 2019, la programmation estivale proposée par la Ville de Strasbourg tourne autour du concept de la « slow life » qui met l’accent sur une approche plus lente de la vie quotidienne.

À Strasbourg les pieds dans l’eau

On en rêverait quand il fait chaud. Malheureusement, Strasbourg n’est pas située au bord de la mer. Pour la dixième année consécutive, les Strasbourgeois pourront tremper les pieds dans l’eau, mais pas se baigner, ainsi que poser leurs serviettes de bain sur le sable sans traverser la France.

Les Docks d’Été réinvestissent la presqu’île Malraux à partir du dimanche 7 juillet. Ils débuteront à 10h avec la désormais classique course de baignoires flottantes. Jeux d’eau, kayaks, pédalos… la passerelle Camille Claudel se transformera en base nautique jusqu’au dimanche 1er septembre.

Les plus studieux pourront déjà s’installer sur les transats la veille, samedi 6 juillet, lors de la Dictée des Cités (à 14h). Travailler les pieds dans le sable, ça n’arrive pas souvent… Un dernier effort intellectuel avant les vacances.

La nouveauté de cette année : la base nautique avec quelques pédalos, des bateaux électriques et des kayaks Photo : Lola Ruscio / Rue89 Strasbourg

Lux, un spectacle « onirique »

Pendant deux mois, le grand spectacle LuX va métamorphoser le centre-ville de Strasbourg et son architecture.

En journée, les visiteurs pourront déambuler entre le quai des Bateliers, récemment piétonisé et la place du Château à côté de la Cathédrale. Ils pourront profiter des hamacs partagés et des « kiosques végétaux » tout du long du parcours et passer un moment agréable entre de nombreux petits jardins aromatiques.

Les visiteurs pourront s’installer dans des « kioques végétaux » (Photo Passe Muraille et AVExciters pour la Ville de Strasbourg).

À la nuit tombée, l’ambiance de la balade sera complètement différente. A partir de 22h30 en juillet et 22h15 en août et septembre, les promeneurs découvriront un spectacle de lumières sur les façades des bâtiments du quai des Bateliers. Sur la place du Château, les murs de la cathédrale s’animeront grâce à un mapping vidéo.

Plusieurs représentations de 15 minutes sont prévues tous les soirs.

Le mapping vidéo transforme la façade de la cathédrale (Photo Passe Muraille et AVExciters pour la Ville de Strasbourg).

Farse : trois jours de spectacle vivant

Du vendredi 9 au dimanche 11 août, le Festival des arts de la rue de Strasbourg (FARSe) s’installera sur les places du centre-ville. Cirque, théâtre parlé, mimes… Une trentaine de compagnies se chargeront de faire voyager et rêver le public strasbourgeois. En tout, 77 représentations doivent avoir lieu.

Le spectacle de clôture sera assuré par la troupe francilienne Oposito, avec ses tambours, ses cornemuses et ses trois grands éléphants mécaniques. Ils déambuleront dans les rues de Strasbourg dans la soirée du dimanche 11 août pour terminer place Kléber.

Des concerts les dimanches ou mi-juillet

Cet été, les Strasbourgeois pourront également profiter d’une programmation musicale variée.

Tous les dimanches jusqu’au 4 septembre, direction le kiosque à musique du parc du Contades ! Depuis le 23 juin, il accueille des concerts de jazz, reggae, musique classique… De 16h à 18h, le public pourra profiter, dans un cadre verdoyant et ombragé, de tous styles de musique.

Du mardi 16 au vendredi 19 juillet, plusieurs artistes locaux se produiront sur une scène place Kléber. Le 16 juillet à 21h, la troupe du théâtre de la Choucrouterie proposera notamment un spectacle musical « multilingue ». La chanteuse Flore M, quant à elle, mêlera compositions originales et classiques revisités le jeudi 18 juillet à 21h. En tout, quatre concerts sont programmés.

Une séance ciné par semaine

Initiées l’an dernier, les huit soirées de cinéma en plein air sont reconduites. La programmation déclinera aussi sur le thème de la « slow life », dans trois parcs de la ville. Les projections démarreront à la tombée de la nuit.

Nouveauté cette année, ce cinéma en plein air fait une incursion dans le quartier du Neuhof. Elle aura lieu mardi 9 juillet sur la place du Marschallhof.

Une buvette et des stands de petite restauration seront disponibles sur place. En revanche, plaids, transats et chaises pliantes sont à ramener avec soi.

Du sport, tout en douceur

Les vacances, c’est aussi l’occasion de se remettre en forme. Pour cela, la programmation de la Ville de Strasbourg fait une petite exception à la thématique de la « slow life ». En effet, des activités sportives assez intenses (raquettes, sports collectifs, structures gonflables pour les enfants) seront mises en place du mercredi au dimanche dans les différents parcs et jardins de la ville de 15h à 18h30. Des activités « toniques » (zumba, fitness…) auront lieu les samedis de 10h à 11h30.

Les dimanches de 10h à 12h (sauf le 14 juillet), le rythme ralentit à nouveau avec des pratiques plus douces : yoga, pilates, capoeira… et de la course à pieds pour tous niveaux.

Pas très envie d’enfiler ses baskets ? Un dimanche de lancement est prévu le 7 juillet de 14h à 18h au parc de la Citadelle avec des ateliers d’initiation et de démonstrations. Les activités sportives de l’été commenceront le 10 juillet.

L’ancienne clinique Sainte-Odile devient un espace d’hébergement d’urgence provisoire

L’ancienne clinique Sainte-Odile devient un espace d’hébergement d’urgence provisoire

Le temps des travaux de transformation de l’ancienne clinique Sainte-Odile au Neudorf, un centre d’hébergement d’urgence provisoire ouvre ses portes. Environ 80 personnes, en situation de précarité ou bénéficiant du statut de réfugié, y habitent pour une durée d’un à deux ans.

La résidence s’appelle l’Odylus. Cette portion de l’ancienne clinique Sainte-Odile à Strasbourg abrite depuis le 1er avril, 60 personnes ayant obtenu l’asile en France ou en situation de précarité. Quand le centre sera complet, ils seront 80, répartis dans 40 chambres, pour 18 à 24 mois.

Vardanyan, réfugiée arménienne, vit en colocation dans une des chambres de 25 m² environ avec une amie tchétchène. Elle, qui séjournait dans un centre d’hébergement du 115 (le numéro d’urgence sociale), est ravie de son nouveau chez-soi.

Vardanyan, dans sa chambre partagée. Photo : EB / Rue89 Strasbourg / cc

Ruslan et Satsita résident dans l’appartement voisin avec leurs deux plus jeunes fils, Tamirlan et Adlan. Leurs deux aînés vivent à l’étage en dessous. La famille a quitté la Russie il y a trois ans. Si l’espace est petit pour quatre personnes, les enfants s’y plaisent. « Il y a des jeux, des livres, un babyfoot dans les parties communes, on peut s’amuser. Là où on était avant, c’était pas comme ça », se réjouit Tamirlan, 8 ans.

Satsita, Tamirlan, Adlan et Ruslan dans leur appartement. Photo : EB / Rue89 Strasbourg / cc

Des logements « intercalaires »

L’initiative vient d’Eddy Vingataramin, promoteur immobilier Strasbourgeois. Le bâtiment, racheté par sa société 4V Holding, est destiné à une importante rénovation pour y créer 30 logements « très haut de gamme ». Mais le 16 décembre 2017, il entend l’appel du maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), qui enjoint les bailleurs sociaux à affecter « les logements vacants pour les personnes qui pourraient y prétendre mais qui aujourd’hui restent dans les Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). »

La galère, l’entrepreneur l’a connue pendant ses années étudiantes :

« Je me suis alors documenté sur le sujet et j’ai constaté l’ampleur de ce drame humain. J’ai réalisé que s’il est particulièrement compliqué d’être reconnu comme chef d’entreprise quand on vient des cités et qu’on s’appelle Vingataramin, il est encore plus difficile pour certains de trouver une place pour dormir la nuit dans notre société ».

Eddy Vingatamarin, à l’initiative du projet Odylus. Photo : EB / Rue89 Strasbourg / cc

En janvier 2018, le projet inédit d’hébergement « intercalaire » Odylus est lancé. 18 mois plus tard, le promoteur assure que ce projet a été le plus dur de sa vie :

« Il a fallu résilier les contrats avec les futurs propriétaires car l’opération immobilière était déjà bien lancée et quasiment tous les logements étaient réservés. Et après ça, il fallait affronter les compagnies d’assurance, trouver des entreprises pour réaliser des travaux dans l’urgence, convaincre l’ensemble des acteurs que le projet était réalisable… À de nombreuses reprises on était proche de laisser tomber. »

En tout, la société 4V Holding a déboursé plus 500 000 euros pour les assurances la rénovation en urgence du bâtiment. Les résidants pourront rester jusqu’en septembre 2020, avant que la transformation en logements d’habitation classique ne commence.

Une résidence artistique

La gestion quotidienne du lieu est désormais confiée au collectif Horizome et à l’Étage, des associations financées par la Ville de Strasbourg (50 000 euros), l’Eurométropole (150 000 euros) et l’État (200 000 euros).

Des espaces communs à l’ameublement, mais aussi l’accompagnement administratif, l’apprentissage du français, l’intégration dans la vie du quartier : les associations sont en charge du « vivre-ensemble ».

Le salon commun à tous les habitants. Photos : EB / Rue89 Strasbourg / cc
Des livres et des jeux sont à disposition.
Chaque étage dispose d’une cuisine partagée.

Pauline Desgrandchamp et Grégoire Zabé sont les co-référents du collectif Horizome. Ils travaillent à l’Odylus depuis mai 2018. Pauline Desgrandchamp raconte :

« La mission première de l’association, était de proposer une activation du lieu par les arts. On a proposé un système de résidence artistique, qui change tous les 3 mois. Des artistes invités vivront sur place et proposeront des projets. Les trois premiers mois, c’est nous qui intervenons en tant que collectif artistique. On rencontre les habitants, on apprend à se connaître, et à partir de là on construit ensemble. Le but est de trouver des envies collectives qui émanent de plein d’individualités différentes. » 

Une solution qui reste provisoire 

Une interrogation demeure : que deviendront les personnes logées à l’Odylus, une fois le délai écoulé ? Pour Eddy Vingataramin, « c’est le problème de l’hébergement d’urgence. Ce n’est que provisoire, même si on essaye de leur faire ressentir le moins possible. On ne peut pas avoir de vision à long terme, on avance masqué ». 

Les associations devront quitter les locaux le 30 septembre 2020 au plus tard. Pour les hébergés, leur sort dépend de la Ville de Strasbourg et de la préfecture.

Mais le promoteur espère que d’ici là, ce type d’initiative se reproduise :

« Notre modèle repose sur l’idée que beaucoup de bâtiments appartenant à l’Etat sont vides aujourd’hui, en attente de faire l’objet d’un appel à projets. Pour chacun de ces bâtiments, il s’écoulera au moins 3 ans entre aujourd’hui et le démarrage des travaux de rénovation. Nous pensons qu’il faut créer un choc de l’hébergement d’urgence en attribuant immédiatement les bâtiments s’y prêtant le mieux aux personnes qui en ont besoin. »

De son côté, le promoteur s’engage à reverser 1% du chiffre d’affaires de sa société à un fonds de dotation Droit de dormir, pour recenser les bâtiments vacants appartenant à la municipalité ou à l’État, susceptibles de devenir d’autres centres d’hébergements d’urgence provisoires.

Municipales : vers un rapprochement de deux démarches à gauche

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Fusées, astronautes, vie extraterrestre… Cet été, Strasbourg s’ouvre à l’espace

Fusées, astronautes, vie extraterrestre… Cet été, Strasbourg s’ouvre à l’espace

L’Université d’été de l’espace organisée par l’ISU du 24 juin au 23 propose des événements ouverts au grand public, dont des rencontres et des conférences autour de la conquête spatiale.

Assister à un lancement de fusées, communiquer en temps réel avec la Station spatiale internationale, discuter avec des astronautes… C’est possible à l’Université d’été de l’espace organisée par l’International Space University (ISU) et l’Eurométropole de Strasbourg jusqu’au 23 août.

De multiples activités et conférences sont organisées à Strasbourg tout au long de l’été. Ces événements sont gratuits et ouverts au public Photo : SSP19

Existe-il une vie extraterrestre ? Peut-on protéger la planète des tempêtes solaires ? L’Université d’été de l’espace donne au public l’occasion d’échanger avec de nombreux experts du domaine spatial.

L’Université internationale de l’espace, un organisme peu connu des Strasbourgeois

Strasbourg accueille la toute première édition de l’Université d’été de l’espace en 1989. Cinq ans plus tard, une compétition internationale est organisée afin de trouver la ville la plus appropriée pour accueillir le campus central de l’International space university. Le siège de l’ISU (initialement basée dans le Massachusetts, aux Etats-Unis), déménage et s’installe sur le Campus d’Illkirch.

Aujourd’hui, l’ISU forme les futurs experts du domaine spatial. En effet, 85% des 4 600 diplômés de l’école finissent par travailler dans un environnement avec la conquête spatiale. Parmi les élèves formés à Strasbourg, citons par exemple Jessica Meir, du groupe d’astronautes 21 de la NASA.

Un rendez-vous international

Tout l’été, 120 étudiants et professionnels du monde entier vont suivre un programme de cours intensifs qui couvre les principaux domaines liés à l’espace (technologies, sciences physique mais également politique et gestion). En plus des cours, des ateliers de médecine, de robotique ou encore d’astrophysique seront aussi proposés.

200 spécialistes de l’espace ainsi qu’une centaine d’organismes gouvernementaux et d’entreprises internationales sont présents pour célébrer les 30 ans d’histoire commune entre l’ISU et l’Eurométropole de Strasbourg.

En 2018, l’Université d’Eté de l’Espace comptait 135 élèves de 34 pays différents Photo : SSP19
#espace

Hugo Roth Raza, un comédien en balance entre parodies, rap et théâtre d’impro

Hugo Roth Raza, un comédien en balance entre parodies, rap et théâtre d’impro

Le premier sketch qu’il a écrit en CM1 racontait l’histoire improbable d’un taxi. Aujourd’hui, Hugo Roth Raza parodie les gros succès du rap français et s’est retrouvé en top tendance des vidéos YouTube avec la reprise d’un titre de PNL. Formé au théâtre d’impro et passé dans l’émission « La France a un incroyable talent », le comédien strasbourgeois cultive un univers artistique mêlé de plusieurs disciplines.

Ce soir de début juin, l’air est si étouffant que toutes les fenêtres des studios des Vieux Arts sont grandes ouvertes. L’endroit, niché juste au-dessus de la gare SNCF de Vendenheim, vit aux rythmes des enregistrements studios, des productions vidéos et du vacarme des trains qui passent presque tout les quarts d’heure. 

T-shirt blanc, pantalon à poches, baskets aux pieds, le comédien strasbourgeois Hugo Roth Raza et son équipe, le réalisateur Tim Rigaud et l’ingénieur du son Vincent « Vins » Olivera, ne se laissent pas perturber par le ronronnement des wagons. Les trois amis planchent sur la toute dernière vidéo qu’ils ont tourné dans la journée : une parodie du morceau Médicament, des rappeurs Niska et Booba, rebaptisé Compléments.

La vidéo de plus d’une minute, tournée au Fitness Park de la commune voisine de Lampertheim, met en scène la galère d’un bonhomme qui n’arrive pas à se forger le corps d’Apollon dont il rêve avant l’été.

« Au début, on voulait parodier Pookie de Aya Nakamura, mais je n’arrivais pas à écrire. Je n’ai aucune idée de ce qui me bloquait » (Réal. Tim Rigaud/ YouTube)

Depuis sa mise en ligne sur YouTube il y a dix jours, la parodie a dépassé les 350 000 vues et a été partagée par Niska lui-même, agrémentée de ce petit commentaire : « Des barres ». Autrement dit « très drôle ».

Mais il y a un mois, c’est avec sa parodie du titre Au DD, du groupe de rap PNL, qu’Hugo Roth Raza a créé le buzz sur internet. En une journée, la vidéo s’est hissée dans le top 5 des vidéos les plus regardées sur YouTube. À ce jour, le morceau, renommé T’es suspect, a dépassé les 1,7 million de vues :

« Cette parodie est la plus aboutie, la plus travaillée, alors c’est celle que je préfère ». (Réal. Tim Rigaud/ YouTube)

Princesse désenchantée et stupéfiants

Alors qu’un train passe à nouveau au pied du studio, il élève la voix pour expliquer que ce succès l’a surpris : « J’ai eu un sentiment de gratitude, c’était trop bien. Selon moi, la parodie de Au DD est la meilleure vidéo qu’on ait faite ». Comédie, humour, vidéo, musique : le Strasbourgeois assume volontiers un coté inclassable, expliquant que les parodies lui permettent d’allier toutes ses passions.

Inclassable aussi lorsqu’on lui demande son âge : « Je déteste qu’on me pose cette question ». Tout juste préciserons-nous qu’il a entre 20 et 30 ans. « Ce n’est pas une coquetterie, mais pour moi, définir qui tu es par rapport à ton âge n’a pas d’importance », corrige-t-il.

Tim Rigaud, réalisateur, et Hugo Roth Raza, lors du tournage de la parodie de "Au DD" de PNL. (Photo : Lisa Lehmann)
Tim Rigaud, réalisateur, et Hugo Roth Raza, lors du tournage de la parodie de « Au DD » de PNL. Photo : Lisa Lehmann

Dans son travail parodique, ce comédien sans âge crée des effets de décalage entre les textes qu’il écrit et les personnages qu’il incarne. Dans la parodie de Khapta, l’héroïne de dessins animés pour enfants Dora l’exploratrice devient une dealeuse de shit en bas des blocs, affublée d’un glock à la ceinture. Sur un air de Air Max, Blanche-Neige est une princesse désenchantée de l’amour qui carbure aux stupéfiants. Dans la récente parodie de Au DD de PNL, il joue un policier pas très net qui arrête une petite fille à vélo… pour excès de vitesse. En neuf mois, Hugo Roth Raza et son équipe ont réalisé pas moins de 16 vidéos. Sur sa chaîne YouTube, le compteur affiche désormais près de 230 000 abonnés.

Conscient de la lumière que ses parodies jettent sur lui, le bonhomme rappelle que l’humour est un genre qui se travaille. Ainsi, entre l’exercice de réécriture, l’enregistrement de la musique, le tournage et l’implication d’une troupe de danseurs, le clip de T’es suspect a nécessité un mois de travail, pour un rendu final de 2 minutes et 19 secondes.

Coup de foudre pour le théâtre d’impro à 18 ans

Aussi loin qu’il s’en souvienne, Hugo Roth Raza a toujours voulu être comédien. Passé par le lycée professionnel Gutenberg à Illkirch-Graffenstaden, il obtient son bac pour rassurer sa mère mais a déjà autre chose en tête. À 18 ans, il a le coup de foudre pour le théâtre d’improvisation : 

« Quelqu’un m’en avait parlé, mais je ne savais pas du tout ce que c’était. Quand j’ai vu à quoi ça ressemblait, je me suis dit que ça allait vraiment trop bien. »

Le Strasbourgeois qui a grandi près du quartier gare fait ses premières armes à la Lolita (Ligue Ouverte et Libre d’Improvisation Théâtrale Amateur). En 2012, avec des collègues acteurs, il monte la compagnie La Carpe Haute, basée Plaine des Bouchers, à la Meinau. Sans regret pour le théâtre classique :

« J’ai beaucoup plus d’adrénaline avec le théâtre d’improvisation. En impro, quand tu montes sur la scène, tu ne sais pas à quoi t’attendre et quand c’est le feu, t’en ressors, t’es excité… Dans le théâtre traditionnel, tu ne fais pas travailler ton cerveau de la même manière. »

Coach de l’équipe junior de sa compagnie, il a à coeur de transmettre son savoir artistique, ses valeurs et celles de La Carpe Haute, à savoir « simples, barrés, positifs ».

Les figurants des parodies sont pour la plupart issus de la compagnie La Carpe Haute. (Photo : Lisa Lehmann)
Les figurants des parodies sont pour la plupart issus de la compagnie La Carpe Haute. Photo : Lisa Lehmann

En octobre 2018, avec les membres de sa compagnie, il a remporté la Coupe de France d’impro qui était organisée à Strasbourg. « On a fait un battle de rap. Je l’ai en vidéo, il faut vraiment que la sorte ! », lâche-t-il soudainement.

Plus jeune, il a bercé ses oreilles aux groupes de rap strasbourgeois tels que La Mixture ou les N.A.P, dont est issu Abd Al Malik. Adolescent, il a monté un groupe de rap, Nunca Mas, avec son acolyte Tim, et a fait quelques scènes en Alsace. Une expérience qui facilite selon lui la réécriture et les imitations pour se réapproprier le « flow », le débit de paroles, des rappeurs qu’il pastiche.

Le masque et le spleen 

Une fois les déguisements et les perruques mis de côté, Hugo Roth Raza admet que l’humour est aussi un échappatoire :

« C’est un masque. Et ça ne m’intéresse pas d’être sans ce masque. Je ne me cache pas derrière l’humour non plus, c’est un truc qui fait partie de moi. Mais ce n’est pas parce qu’un mec fait rire tout le temps que tout va toujours bien dans sa vie… » 

Paradoxalement, ce sont dans ses moments de spleen que l’inspiration est la plus prolifique. « C’est bizarre, hein ? », interroge-t-il.

Son premier sketch remonte à la classe de CM1. Il racontait l’histoire improbable d’un client de taxi qui souhaitait aller jusqu’à Madagascar alors que le chauffeur voulait aller à Schiltigheim. « Un truc déjà bien barré », commente Hugo Roth Raza. Une fois, il a croisé l’institutrice qui l’avait fait jouer sur scène. « Elle m’a demandé si je faisais du théâtre. Je lui ai répondu que j’étais comédien. Elle m’a répondu “je le savais”, comme si elle s’en était toujours doutée », sourit le Strasbourgeois.

« Je peux quand même dire que j’ai fais danser Kamel Ouali ! »

En 2011, avec le personnage de Mémé Gangsta, il a participé à l’émission La France a un incroyable talent sur M6. Après son premier passage en direct, le chorégraphe Kamel Ouali et le magicien Éric Antoine sont debout, hilares. « Je peux quand même dire que j’ai fais danser Kamel Ouali », se vante l’Alsacien qui n’ira pas au bout de l’aventure. Aujourd’hui, il vit à la Meinau et se souvient avoir tenté l’aventure à Paris en 2016 : 

« Quand t’es personne et que t’as rien fait, personne ne s’intéresse à toi. Pour avoir un agent, il faut faire du cinéma. Mais pour faire du cinéma, il faut avoir un agent. C’est un milieu tellement fermé… Au bout d’un an, je suis rentré à Strasbourg et j’ai bien fait ! »

https://www.youtube.com/watch?v=Dg7YLa36Ua0&frags=pl%2Cwn
« Le monde de la télé est particulier. Dans cette émission j’ai vu des candidats qui jouaient leur vie. J’étais dans mon personnage, alors j’avais zéro pression » (Vidéo YouTube).

Depuis ses récents cartons sur internet, le comédien est davantage sollicité pour participer à des spectacles. De quoi le rassurer pour conserver son statut d’intermittent du spectacle qui lui impose d’obtenir au moins 43 cachets dans l’année. Sur YouTube, ses vidéos sont monétisées mais ne génèrent pas « une grande rentrée d’argent », concède-t-il, évasif. Il n’en dira pas plus.

Jeudi 20 juin, il a dévoilé sa dernière parodie : un surveillant d’une session du baccalauréat qui pète un câble sur un air de Balance ton quoi, de la chanteuse belge Angèle. En une nuit, le clip de l’inclassable comédien s’est classé numéro un des vidéos les plus tendances sur YouTube.

#Hugo Roth Raza

Canicule : le premier qui quitte le sauna a perdu !

Canicule : le premier qui quitte le sauna a perdu !

La chaleur vient à bout des esprits les plus patients. Y compris celui de Roland Ries, qui à la toute fin d’un interminable conseil municipal, croyant être hors micro, a lâché un magistral « Restez si vous voulez, moi j’en ai plein le cul. » Une bévue qui n’a pas échappé aux observateurs, y compris Piet.

Un studio radio posé rue du Parchemin, réécoutez 89dB à la galerie de street art Malagacha

Un studio radio posé rue du Parchemin, réécoutez 89dB à la galerie de street art Malagacha

Avant de partir en vacances, 89dB était en direct de la galerie de street art Malagacha. Son fondateur Damien Seliciato était notre invité. On s’est penché sur les concerts aux fenêtres au Neuhof et sur la programmation familiale du TAPS pour l’été. 89dB vous dévoile aussi les quelques lieux pour sortir qui restent ouverts ces deux prochains mois.

« Des personnes de plus de 60 ans m’achètent des toiles de street art. »

Damien Seliciato (à gauche) vous fait découvrir la crème des graffeurs alsaciens et européens dans sa galerie Malagacha Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Un grand gaillard à la moustache impeccable, des yeux pétillants et un sourire aussi large que son envergure de bras, Damien Seliciato est le genre de gars passionné qui fait rayonner sa joie de vivre autour de lui :

« C’est simple : depuis que j’ai ouvert la galerie en février, je revis. J’ai enfin arrêté de foutre ma vie en l’air. »

Le discours n’aurait pas forcément été le même il y a encore quelques mois. Les cinq dernières années, Damien les a passées à nettoyer des avions à Bâle. Mais dans un coin de sa tête, depuis plus de dix ans, il rêvait d’ouvrir son espace d’exposition :

« Avec des potes de Mulhouse, on graffe depuis des années. On s’était trouvé un atelier dans un hangar industriel où on improvisait des expos. Mais personne ne nous connaissait, on manquait de visibilité. Après avoir mis de l’argent de côté pendant dix ans, le rêve est devenu réalité. »

Et ça marche ! Damien vend une dizaine de toiles par mois et sa clientèle est très hétérogène :

« Je suis parfois très surpris ! Encore récemment, des gens de plus de 60 ans m’ont acheté une œuvre. Ça tranchait vraiment avec leur intérieur très classique mais la toile s’intégrait parfaitement. Il y a une vraie demande à Strasbourg. »

Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que Damien est venu s’installer dans la capitale alsacienne. Depuis la fermeture de la Popartiserie, il n’y avait plus de lieux d’exposition pour les graffeurs à Strasbourg.

Certains artistes alsaciens sont donc à découvrir à la galerie Malagacha, rue du Parchemin. De nouvelles toiles arrivent le 27 juillet. Retrouvez l’intégralité de l’interview de Damien Seliciato dans le podcast de 89dB.

Photo : Adbesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Souvenirs émus de la dernière soirée au café de la Biennale avant sa fermeture

L’événement en aura ému plus d’un : la fermeture du Café de la Biennale début juin. Certes on le savait, c’était un bar éphémère, installé depuis décembre dans l’ancien Hôtel des Postes, mais juste en attendant que les travaux de rénovation ne commencent. Dans le podcast de 89dB, Pierre et Guillaume nous racontent leur dernière soirée au Café de la Biennale.

Pour ceux qui ne sont jamais allés à la Biennale, et qui n’iront plus jamais d’ailleurs, il faut quand même s’imaginer un énorme espace, avec juste des tables et de la musique, sans voisins, au milieu d’un ensemble architectural magnifique qui rappelle Poudlard.

Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

L’autre luxe c’était la localisation. En pleine nuit, pas besoin de prendre le tram, de faire une demi-heure de vélo, ou pire, prendre un Uber pour aller danser.

Ce lieu a finalement été découvert tardivement par les Strasbourgeois qui ne se sont pas rendus compte tout de suite de la chance qu’ils avaient. Et quand c’était le cas, c’était déjà terminé.

Le café de la Biennale, c’était aussi la garantie d’une offre culturelle variée et accessible. Pendant plus de trois mois, un lieu central a pu proposer des concerts de musique contemporaine bien barrée, des concerts de rock plein d’énergie, des expositions ou des DJ sets, etc. Et à chaque fois c’était rempli !

Au Neuhof, les concerts aux fenêtres sont aussi surprenants pour les habitants que pour les artistes

Imaginez : vous êtes dans votre appart, vous descendez chercher du pain et là, vous vous rendez-compte qu’une scène de concert est en train de se monter juste en bas de chez vous, dans votre rue, d’où le nom de “concerts aux fenêtres”.

Si c’est plutôt inhabituel pour les habitants, ça l’est tout autant pour les organisateurs. Pierre Chaput est directeur de l’Espace Django, à l’origine de l’évènement :

« La plupart des gens ne sont pas au courant de ce qui va se passer donc on prend un risque. Ils pourraient ne pas aimer, être devant la télé sans vouloir être dérangés par la musique, ça pourrait réveiller des enfants, etc. Mais en général, ça se passe bien, les habitants apprécient la qualité des concerts et le fait de se reconnecter à la leurs voisins. »

Pour les artistes aussi l’exercice est inhabituel. Il faut qu’ils acceptent d’être dans une zone d’inconfort, d’aller chercher le public. D’après Pierre Chaput, c’est ce qu’a magnifiquement fait le trio de rappeurs strasbourgeois A-Rob, Mismo et Gold Bomb qui ont déjà donné un concert aux fenêtres il y a quelques jours :

« Ils s’adressaient directement aux gens qui étaient à leurs fenêtres. Ils se déplaçaient au-delà du périmètre qu’on leur avait défini. Donc ils ont eu un côté attachant pour les gens. Ils ont créé une certaine convivialité, une ambiance particulière. »

A-Rob, Mismo et Gold Bomb donneront un autre concert aux fenêtres de la rue du Commandant François le 5 juillet. Tous les concerts ont lieu à 18h. Il y en a partout dans le quartier : au Stockfeld, à la Ganzau, au Polygone et au Neuhof-cité. La programmation est très variée et 100% locale.

Le 4 juillet, vous pourrez aller applaudir Mossa et Zoya rue de la Clairvivre.

Le groupe Albinoid Sound System jouera le 11 juillet rue des Orpailleurs.

The cracked cookies clôturera les concerts aux fenêtres le 12 juillet place des Colombes.

Une programmation familiale pour le TAPS, seul théâtre ouvert cet été à Strasbourg

L’été ce n’est pas la saison des théâtres. Il faut dire qu’entre le nécessaire repos de fin de saison, les préparatifs pour la suivante et les festivals de théâtre avec en tête Avignon, les salles de spectacles sont généralement au repos durant la période estivale.

Cependant, un théâtre résiste encore et toujours à la chaleur, et c’est le TAPS, le Théâtre Actuel et Public de Strasbourg. Depuis 25 ans le TAPS offre des spectacles durant l’été, mais il y a trois ans le directeur Olivier Chapelet a recentré cette programmation estivale autour du jeune public :

« L’idée pendant l’été est d’attirer un autre public. Sinon vous retrouvez toujours les mêmes aficionados que vous voyez tout le reste de l’année dans les autres théâtres strasbourgeois, ça n’a pas trop d’intérêt. »

Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Le TAPS dispose de deux salles : le TAPS Scala au Neudorf et le TAPS Gare à la Laiterie. Chaque salle présente quatre spectacles entre mi-juillet et début août. Au TAPS Gare, ce seront les spectacles pour les petits, entre 2 et 7 ans. Chaque spectacle sera joué trois fois, les mardis à 17h et les mercredis à 10h30 et 15h. Le Scala accueillera les enfants un peu plus grands, à partir de 10 ans le jeudi à 19h.

Dans le podcast de 89dB, vous retrouvez notre coup cœur parmi cette programmation d’été. Notez que les spectacles sont peu chers, 5€ en plein tarif et 3€ pour les enfants de moins de 15 ans.

Cet été, l’Elastic Bar ne prend pas de vacances

C’est un des lieux qui continue de bouger pendant l’été à Strasbourg. L’Elastic Bar rue des Orphelins à la Krutenau propose pas mal de concerts de rock et de metal. Le 5 juillet vous pouvez aller par exemple écouter The Mercenaries. Tantôt ska, tantôt punk, tantôt les deux à la fois, ils sont super rafraichissants et on en avait bien besoin. 

Le Local aussi est increvable

C’est sûrement le lieu à Strasbourg qui programme le plus d’artistes locaux et il continue à le faire en juillet et en août. Le 16 juillet, vous risquez par exemple d’avoir envie de danser en allant écouter Aéroswing. Le groupe se définit comme un “vaisseau musical carburant à la dynamite”. Aéroswing revisite tout un tas de tubes de ces dernières années à la sauce swing, jazz manouche. Ils sont en tournée tout l’été en l’Alsace.

Au Shadok, l’art rencontre la technologie

Si vous voulez savoir à quoi ressemblera Strasbourg en 2099, rendez-vous le 7 juillet au Shadok à la Presqu’ile Malraux. Une application mobile est lancée ce jour-là. Elle vous fait suivre un parcours dans les rues et, en même temps, dans vos écouteurs, une petite voix vous raconte une histoire qui vous propulse 80 ans dans le futur. C’est un projet du collectif strasbourgeois Les Ensembles 2.2 qui allie justement technologie et création artistique.

Au frais dans les églises avec Stras’orgues

Comme l’été peut être très très chaud à Strasbourg et comme dans 89dB on parle des artistes dans toute leur diversité, on s’arrête un instant sur nos amis organistes. Du 18 au 25 août, le festival Stras’orgues revient avec des concerts dans plusieurs églises de la ville. Il y en a même tôt le matin avec petit déjeuner. Certains soirs, vous pouvez aussi déambuler à vélo d’un endroit à l’autre pour écouter plusieurs concerts.

L’électro ne s’arrête jamais au Studio Saglio

89dB vous conseille deux soirées au Studio Saglio à la Plaine des Bouchers. La première s’appelle Subtronic et vous allez découvrir la crème des DJ alsaciens. C’est le 6 juillet. Ensuite le 13 juillet vous allez vous faire un marathon d’électro avec l’Ultra Music Festival. Douze DJ se succèdent pendant 13 heures avec à chaque fois des styles différents.