Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Une décennie de sexisme impuni à la fac de droit

Une décennie de sexisme impuni à la fac de droit

Depuis plus de dix ans, des étudiantes en faculté de droit se plaignent de leur professeur d’informatique. Les cours de Paul E. sont ponctués de propos à connotation sexuelle ou sexiste et d’humiliations publiques. Enquête sur une décennie de sexisme impuni.

« Julia, c’est une vraie dactylo. Elle a le sourire d’une secrétaire. Donc si elle a le sourire d’une secrétaire, ça reste une secrétaire. Vous avez compris dans mon esprit : une secrétaire c’est con. »

Suite à la réception d’un enregistrement audio contenant ces propos, Rue89 Strasbourg a enquêté sur Paul E., professeur d’informatique à la faculté de droit. Nous avons récolté les témoignages d’une dizaine d’élèves de différentes promotions et inscrits dans la filière Administration Economique et Sociale (AES). Les sept étudiantes interrogées décrivent des propos choquants, souvent sexistes, parfois à connotation sexuelle, toujours gênants.

Résignées par le sentiment que l’administration de l’Université de Strasbourg ne fera rien, elles ont subi les outrages sexistes qui ponctuaient ce TD obligatoire d’une heure trente par semaine. Retour sur un cours où des filles se sont rendues « avec la boule au ventre » pendant des années.

« Je n’embaucherais pas de femme »

Cette année scolaire 2018/2019, Marie (tous les prénoms d’étudiants ont été modifiés) aurait tout fait pour éviter le cours d’informatique de gestion : « J’en avais marre de m’en prendre plein la gueule », explique-t-elle. Elle ne supporte pas les réflexions du professeur, qui dénigre la capacité des femmes à s’insérer dans le monde du travail : « Il disait souvent que s’il était patron, il ne nous embaucherait pas, parce qu’on est trop lentes, et qu’on prend des congés maternités quand on a un enfant… »

Manifestation contre le sexisme à l’Université de Glasgow en Ecosse Photo : Marian Craig / Flickr / cc

Dans le cours de Paul E., les femmes sont régulièrement rappelées à leur condition physique : « Un tableau Excel, c’est comme une jolie fille, si elle est belle, on a envie de le regarder. » L’homme de 62 ans appelle certaines étudiantes « Miss République Démocratique du Congo », « Pretty Woman » ou « Miss Andalousie. » Et si une femme a le malheur de lui sourire, l’enseignant lui demande d’arrêter : « Ne me souris pas, je reste un homme… » Une diplômée en AES résume son sentiment en classe d’informatique de gestion : 

« On avait intériorisé le fait qu’on devait aller à son cours, fermer nos gueules, rester passives et laisser couler sur nous parce que cette situation n’allait jamais changer. L’administration reste passive face à ce sexisme systémique. » 

« Avec moi, tu ne ferais pas que le ménage »

Plusieurs témoignages confirment une scène où l’allusion sexuelle est plus claire encore. Paul E. présente un exercice à partir d’une femme de ménage dont le revenu serait particulièrement élevé. Le professeur prend une étudiante en exemple tout en ajoutant : « Avec moi, à ce prix-là, tu ne ferais pas que le ménage… »

Lors d’un autre cours, il évoque « un tête à tête » avec une étudiante dans la salle, « ou un tête à queue… » Julie se souvient de « sa voix mielleuse avec les filles, une sorte de drague à peine cachée ». L’étudiante conclut : « Jamais je n’aurais pris le risque de me retrouver seule avec lui à la fin d’un cours… » 

Pour Lou, Paul E. « cible les élèves les plus faibles, ceux qui comprennent moins bien le français et les filles. » L’étudiante craint de retrouver ce professeur en L3 l’année prochaine : « Le pire, ce sont les humiliations publiques. J’ai déjà été virée d’un cours parce que je ne comprenais pas un exercice et que je me sentais mal. Je suis sortie de la salle en larmes… » 

Etudiants asiatiques et « bol de riz » 

Dans un signalement écrit adressé à la présidence de la faculté, une étudiante sud-coréenne rapporte une scène similaire. Paul E. vérifie les devoirs et observe une question sans réponse : « C’est en français non ? Tu ne comprends pas le français ? » Puis le professeur s’est emporté : « Il a pris la feuille de l’énoncé et l’a jeté devant moi et le papier est presque tombé sur moi. » Face aux étudiants d’origine asiatiques, l’enseignant râle souvent : « Les chinois ne comprennent rien. » Ils sont parfois désignés par le terme « bol de riz ». 

« Je secoue ceux qui sont à la traîne »

Joint par téléphone, Paul E. admet son côté « plutôt rentre-dedans ». Il justifie sa méthode en critiquant l’Université de Strasbourg. L’institution aurait baissé les bras face à des étudiants de moins en moins assidus :

« Avant les élèves qui cumulaient trois absences étaient punis d’un zéro en participation. Cette sanction n’existe plus. Mais moi je continue de secouer ceux qui sont à la traîne. Pour moi, les laisser ne pas faire leur travail, c’est la négation de l’enseignement. »

Interrogé sur l’angoisse décrite par plusieurs étudiantes, Paul E. ne réagit pas. Il préfère décrire les bons retours d’autres élèves : « Une femme diplômée en AES m’a récemment appelé parce qu’elle avait un problème informatique en entreprise. »

Pour le futur retraité de l’Université, il n’y a pas de sexisme dans son comportement : « J’ai aussi pu dire à un garçon qu’il allait finir manutentionnaire, parce que ce sont plutôt les garçons qui ont les muscles. » Au sujet des élèves asiatiques, il remarque : « Quand je leur fais des remarques acerbes, ils sourient… l’autre problème avec eux, c’est qu’ils ne comprennent pas bien le français… » Suite à notre entretien, il admet « ne pas être parfait » et trouve « dommage qu’il faille restreindre [s]a parole » en classe. 

« Comme le sergent dans Full Metal Jacket »

Une autre étudiant compare le professeur au « sergent dans Full Metal Jacket (incarnation légendaire du militaire sans aucun respect pour ses subalternes, ndlr) ». La base de l’autorité de l’enseignant : les notes. Car l’expert en Excel donne difficilement des points : « La moyenne doit être entre 5 et 6 cette année », estime-t-il. Ces notes très basses mettent la pression sur des élèves : « Surtout en L3, tu veux avoir des notes correctes pour avoir un bon master », explique Lisa. 

Crainte de représailles

Il y a aussi cette rumeur qui dissuade les étudiants de dénoncer Paul E. Plusieurs sont convaincus que le professeur a sanctionné les étudiants signataires d’une pétition contre lui, il y a quatre ans, en faisant baisser leur note.

Au cours de notre enquête, aucun élément ne nous a permis de confirmer cette rumeur. L’enseignant assure ne jamais avoir eu de pétition sous les yeux. Mais si les faits invoqués sont flous, ses effets restent réels : les étudiantes ont peur de s’exprimer. Au sein de la filière AES, cette situation « n’est un secret pour personne », affirme une élève. Mais « l’omerta continue de régner », regrette une autre. 

« Un bon prof, mais un beauf »

Les victimes de propos sexistes ont aussi du mal à dénoncer leur professeur car elles n’ont pas forcément le soutien de leurs camarades. Jean, diplômé en AES, se souvient d’un professeur « très calé, au top niveau Excel. » Avec son ami Lucas, ils s’accordent sur l’utilité de l’enseignement : « Aujourd’hui, je donne des cours d’Excel à des gens dans mon entreprise », dit-il fièrement. L’ancien étudiant continue de défendre l’enseignant :

« Il ne cherche pas à rabaisser. Avec le recul, c’est un bon prof’, c’est juste un beauf. Il est quand même drôle quand tu rentres dans son jeu. Et puis, le sexisme, on est confronté à ça tous les jours en entreprise… »

Une sorte de jeu est évoqué lors de l’entretien : « Lorsque tu cliquais et que c’était la bonne réponse, une fille en soutien-gorge apparaissait. » Au fil des « blagues » évoquées, des personnes visées, Jean remarque que « c’était souvent les mêmes qui prenaient ». Il finit par s’étonner que le professeur « soit toujours là. »

Des plaintes depuis douze ans

Depuis plus d’une décennie, Paul E. suscite le mécontentement de nombreux élèves. L’enseignant admet être passé en conseil de discipline en 2007 « pour des propos jugés grossiers ». Il n’avait finalement pas été sanctionné. 

Quelques années plus tard, une pétition sur le même professeur parvient à l’ancien doyen de la faculté de droit, Christian Mestre. Ce dernier n’a pas accepté notre demande d’interview. Par e-mail, il s’est défendu de toute passivité en dénonçant l’attitude des étudiants et des syndicats : 

« Les étudiants et les étudiantes sont très forts à ce petit jeu (des pétitions, ndlr), mais quant à témoigner pour permettre aux responsables d’engager des actions pénales, et permettre une instruction, et vous savez que c’est la seule possibilité, pas une ou pas un n’en a le courage en dépit des assurances données. (…) Croyez bien qu’il n’est pas de mon intérêt de cacher quoi que ce soit, surtout que je me suis battu pour que justice soit faite, ce qui m’a valu des relations à tout le moins difficiles avec des syndicats qui ont défendu le « petit » enseignant d’informatique sérieux et travailleur. »

« Jamais le doyen n’a mentionné le sexisme »

Selon le syndicat d’enseignants Snesup-FSU, l’ancien doyen amalgame la situation du professeur titulaire et d’un de ses collègues. Pascal Maillard, responsable syndical pour l’Université de Strasbourg, se souvient avoir traité la question des heures d’un chargé de TD : 

« Cet enseignant (Paul E.) n’est pas syndiqué chez nous et nous avons soutenu son collègue, chargé de TD, pour assurer la continuité des cours. C’était pour nous la défense d’un contractuel car Paul E. était en risque de voir un des cours annulé, du fait des limitations du nombre d’heures du collègue. Jamais le doyen n’a mentionné des problèmes de sexisme. Nous sommes très attentifs à ce que les dossiers des enseignants soient irréprochables. » 

Une enquête interne en cours

La doyenne actuelle de la faculté de droit a aussi refusé de répondre à nos questions. Jeanne-Marie Tuffery-Andrieu a seulement indiqué que « des étudiants se sont plaints et la faculté de droit a saisi les instances compétentes de l’université il y a plusieurs mois. Une enquête interne est en cours. » 

Isabelle Kraus, déléguée Egalité-Parité à l’Université de Strasbourg, a aussi refusé de donner des éléments supplémentaires sur la procédure en cours. « Nous avons un dispositif par rapport aux violences sexistes et sexuelles depuis septembre 2018. Cette cellule n’a pas été activée », a-t-elle répondu pour seule précision.

Interrogée sur le sentiment d’impuissance des étudiantes, la vice-présidente a tenu à rappeler les efforts de son établissement en matière de lutte contre les discriminations : 

« Il y a une adresse e-mail générique (violences-sexistes@unistra.fr) à laquelle les étudiants et personnels de l’Université peuvent écrire. On communique dessus à travers des affichages dans les bâtiments, à travers des publications. Il y a aussi une cellule d’accompagnement avec des personnes spécialisées dans l’écoute et la confidentialité. Les victimes décident ensuite si elles veulent faire connaitre la situation auprès de l’établissement. Elles sont alors aidées par les membres de la cellule. »

L’outrage sexiste puni depuis 2018

Depuis août 2018, une loi pénalise les « outrages sexistes ». L’infraction est caractérisée lorsque une personne subit « un propos ou un comportement à connotation sexuelle ou sexiste, qui porte atteinte à sa dignité ou l’expose à une situation pénible. » L’auteur est passible de 750 euros d’amende. Mais Paul E. le promet, il va changer : « Quitte à être plus austère, je ferai attention à ce que je dis… » 

Un collectif se forme pour la gratuité des transports en commun

Un collectif se forme pour la gratuité des transports en commun

Un nouveau collectif demande la gratuité des transports en commun à Strasbourg. Cela passe par une étude de faisabilité dans l’optique des élections municipales. 

Les élections approchent et les collectifs de revendications locales s’additionnent. Avec ses 25 premiers signataires, un nouveau collectif pour la gratuité des transports à Strasbourg affiche son ambition de peser sur les programmes. Car l’un de ses piliers, le seul élu à l’Eurométropole à réclamer cette mini-révolution, le schilikois Antoine Splet (PC) « se heurte à un mur au neuvième étage » sur ce débat, qui existait peu à Strasbourg jusque-là.

Principale demande : « une étude de faisabilité par un cabinet indépendant » que refusent le président de l’Eurométropole et ses vice-présidents. « C’était 50 000€ à Clermont, ce n’est rien par rapport à un budget de 1,3 milliard d’euros », se désole Antoine Splet.

Un débat qui émerge

En réponse, le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), a proposé un « groupe de travail » avec des élus de toutes sensibilités, techniciens et différents invités. Il s’est réuni une petite dizaine de fois et doit rendre ses conclusions à l’été.

« La CTS donne quelques indicateurs au fur et à mesure, mais il faut qu’on ait tous les vrais chiffres sur la table pour débattre sereinement. Les élus acceptent désormais le débat, c’est déjà une nouveauté », remarque Mustapha El Hamdani, militant de la gauche de la gauche (le parti Ensemble) et élu sur la liste du maire Roland Ries (PS) en 2008-2014. « Il y a la partie financière qu’il ne faut pas occulter, mais c’est aussi une question de schémas de pensée à dépasser », appuie pour sa part Antoine Splet.

 À l’Eurométropole, une trajectoire inverse

Les dirigeants de l’Eurométropole, la Ville et la CTS s’opposent historiquement et frontalement à la gratuité. Les augmentations régulières visent au contraire à faire payer près de la moitié du prix réel aux usagers et obtenir une manne financière (55,99 millions d’euros en 2018 sur 127,7 millions) pour « développer le réseau » avec les extensions. La gratuité pour tous serait même un « effet d’aubaine » pour ceux qui ont les moyens de payer, de l’avis du premier adjoint et président de la CTS, Alain Fontanel (LREM). Il rappelle au passage que la taxe d’habitation (qui doit être supprimée) est injuste, car les montants varient d’un quartier à l’autre.

Une vision que contestent les membres du collectif :

« Si on a ce raisonnement, alors on peut l’appliquer à l’École ou à la Santé. Chacun contribue déjà à hauteur de ses moyens via l’impôt. L’Eurométropole finance aussi des projets d’excellence qui ne bénéficient pas à la majorité des Strasbourgeois. »

Antoine Splet

« On dépense 100 millions d’euros d’argent public dans un nouveau stade, alors que je n’y mets pas les pieds. Mais je ne demande pas aux usagers de payer », embraye Mustapha El-Hamdani.

Pour Sébastien Heitz, délégué parent d’élève et autre membre du collectif, l’action doit aussi mieux mettre en valeur les avantages futurs :

« On ne voit que les inconvénients : cela risque de saturer le réseau et c’est plus cher pour les finances publiques. Mais on ne voit pas les avantages : quel report de déplacement, quel espace en plus avec moins de voitures, quelle pollution en moins… C’est aussi à cela que l’étude doit répondre. »

« 1000€ par an pour une famille modeste »

Les dirigeants strasbourgeois répondent qu’ils ont instauré une tarification sociale, avec 4 gamme de prix, l’abonnement le plus bas étant à 3,40€ pour les moins de 25 ans et les plus de 65 ans. Pour la première fois depuis leur instauration en 2009, ces barèmes basés sur la quotient familial ont été revalorisés de 1,8%. Cela rattrape un an d’inflation et non les 9 années passées. À l’avenir ces barèmes doivent être ajustés tous les deux ans.

Mais là aussi, le barème n’est pas suffisant pour les familles modestes selon le collectif :

« Pour une famille un peu au-dessus du SMIC avec deux parents et deux enfants, les abonnements représentent 1000 euros par an. Presque un treizième mois. »

Antoine Splet

Le collectif a été rejoint par celui des « Parents des enfants de Strasbourg » (initialement fondés pour la semaine de 4 jours, mais qui milite aussi pour plus d’Atsem par classe). Sa réflexion : l’abonnement des jeunes est lié au fait d’aller à l’école, au collège ou au lycée en transports ou non. Pour ceux qui y vont à pied ou autrement, ne pas avoir d’abonnement est au contraire une limitation de leur autonomie de déplacements.

Pour Sophie Djokaj, parent d’élève, le système de facturation pénalise les familles les plus pauvres et leurs enfants scolarisés :

« On a des parents qui nous ont dit ne pas envoyer leurs enfants à l’école en début de mois. Pourquoi ? Car la CTS prélève le 5 mais les prestations sociales sont parfois versées le 6 ou le 7, quand il y a un délai avec la banque. Donc ces personnes n’optent pas pour le prélèvement automatique, car elles seraient refusées et cela entraîne d’autres frais par la suite. Ces famillent doivent donc acheter des billets le 1er. Donc ils essayent de payer l’un ou l’autre ticket à l’unité, parfois avec la solidarité des proches, mais pas tous. La seule réponse de la CTS à cette situation c’est « gérez votre budget ».

Avancer par étape

Le collectif conçoit que sa demande implique un grand changement et qu’il faut procéder par étapes. Ainsi la gratuité les week-ends ou pour les plus jeunes, comme à Paris où elle sera effective pour les moins de 11 ans dès la rentrée 2019, est d’abord proposée.

Dans le cadre du groupe de travail, l’association des usagers l’Astus, plutôt opposée à la gratuité généralisée, a aussi formulé des propositions d’expérimentation comme la gratuité le dimanche ou pour les enfants. Mais pour les puristes, la gratuité prend tout son sens que si elle est totale : elle permet la suppression de frais d’administration, d’émissions de billets, de machines, de redéployer les contrôleurs à d’autres tâches, etc.

Le collectif propose une première réunion publique le mercredi 19 juin avec Xavier Dairaine, responsable du nouveau réseau de bus gratuit de l’agglomération de Dunkerque .

#collectif pour les transports gratuits

Samedi, concerts et animations au parc Schulmeister

Samedi, concerts et animations au parc Schulmeister

La fête du Parc Schulmeister à la Meinau est de retour pour la 9ème année de suite. Organisée par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, elle aura lieu samedi 15 juin à partir de 12h.

Le mois de juin est celle des fêtes de quartier. En même temps que celle de la Gare ou de Hautepierre, se déroule celle de la Meinau le samedi 15 juin dans l’après-midi. Réaménagé en 2011 dans le cadre des projets de rénovation urbaine, le parc Schulmeister accueille désormais chaque année cet événement.

Au programme de cette 9ème édition : des animations sportives et ludiques telles que le speed-ball (jeu de raquettes), le baby-foot ou encore le Mölkky (jeu de quilles en bois)… et des ateliers de peinture, bricolage ou maquillage sont également organisés. Toutes les animations sont gratuites.

Chaque année, la fête du Parc Schulmeister attire environ 3 000 personnes (Photo Philippe Stirnweiss / Ville de Strasbourg)
Chaque année, la fête du Parc Schulmeister attire environ 3 000 personnes Photo : Philippe Stirnweiss / Ville de Strasbourg

Un espace dédié aux projets citoyens sera mis en place. Ainsi, ceux qui le souhaitent pourront participer à des ateliers et apprendre, par exemple, à fabriquer des produits cosmétiques naturels ou à maîtriser les gestes de premier secours.

Une buvette et des stands de petite restauration seront accessibles à partir de midi.

Des talents 100% locaux

La Fête du parc Schulmeister est aussi l’occasion de découvrir le talent de nombreux artistes professionnels et amateurs locaux tels que Djokla (musique du monde), Le Migou (danse fitness) ou encore Les sons d’la rue (rap/hip-hop). Des concerts et des représentations artistiques sont prévus jusqu’à 20h. L’animation DJ de MC Baya, à 19h30, marquera la fin de la journée.

Deuxième pétition au conseil municipal, une Atsem par classe

Deuxième pétition au conseil municipal, une Atsem par classe

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Jardins d’enfants en grève : « Les élus vont signer notre arrêt de mort »

Jardins d’enfants en grève : « Les élus vont signer notre arrêt de mort »

Jeudi 13 juin, tous les jardins d’enfants alsaciens seront mobilisés pour leur survie. Le vote de la loi Pour une école de la confiance pourrait bien mettre fin à ces établissements atypiques accueillant les petits de 2 à 6 ans.

L’heure est grave pour les jardins d’enfants. Jeudi 13 juin, le personnel de ces établissements sera mobilisé pour leur survie. En commission mixte paritaire, sept sénateurs et sept députés votent la loi Pour une école de la confiance. Le texte comporte l’obligation de scolarisation des enfants à partir de trois ans. Il menace donc l’existence même de ces structures atypiques très présentes en Alsace et qui accueillent les petits de 2 à 6 ans.

Lecture matinale chez les Tous p’tits d’Alsace à Strasbourg. Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg / cc

« Les jardins d’enfants Les tout petits d’Alsace, PlayGroup, les établissements Steiner à Strasbourg et à Colmar et le jardin d’enfants de Bischheim seront complètement fermés. Les autres enverront la moitié de leur équipe et resteront ouverts », affirme Aurélie Ira, co-présidente de la fédération nationale des jardins d’enfants.

Manifestation place de l’Etoile

Les sénateurs ont voté un amendement pour pérenniser tous les jardins d’enfants créés avant 2018. Mais la proposition n’a pas les faveurs des députés et du gouvernement, regrette Aurélie Ira, aussi directrice du jardin d’enfant Les tout petits d’Alsace : « Ils veulent nous donner deux ans pour nous transformer en école privée mais notre personnel n’a pas les qualifications pour travailler en écoles sous contrat… »

Mixité sociale, bilinguisme, même équipe pour les activités scolaires et périscolaires… Tels sont les arguments des soutiens des jardins d’enfants (comme nous le décrivions plus en détail ici) Ils ont manifesté place de l’Etoile à Strasbourg le 13 juin à 9h30 et devant l’Assemblée Nationale à 8h à Paris. « Il faut manifester, assure Aurélie Ira, l’arrêt de mort des jardins d’enfant sera peut être signé… » Pas sûr qu’ils parviennent à se faire entendre : ces structures alternatives à l’école maternelle reçoivent près de 800 enfants à Strasbourg et près de 10 000 bambins en France… pour 800 000 enfants par classe d’âge.

Frédéric Bierry : « J’appelle à une mobilisation nationale en faveur du travail social »

Frédéric Bierry : « J’appelle à une mobilisation nationale en faveur du travail social »

Interpellé par une ancienne travailleuse sociale du Service de Protection de l’Enfance du Bas-Rhin, le président du Département Frédéric Bierry répond à la lettre ouverte de Françoise Boucard. Il décrit les efforts engagés par le conseil départemental et appelle à « une grande mobilisation nationale (…) en faveur des missions et des métiers du travail social. »

« La cause des enfants devrait nous rassembler »

La cause des enfants est la plus forte et nous oblige tous. Elle devrait nous rassembler, car elle touche au plus intime de chacun d’entre nous. Je comprends les agents du service de protection de l’enfance, qui exercent un magnifique métier, mais souvent éprouvant, et dont les difficultés sont réelles face à la complexité croissante des situations individuelles des enfants.

Je les comprends d’autant mieux que je suis responsable légal des enfants confiés à la collectivité. Je ne laisserai personne contester la force et la sincérité de mon engagement, d’homme et d’élu, en faveur de ces enfants fragilisés par la vie et des agents qui les accompagnent. Je suis donc particulièrement indigné que la cause des enfants puisse être instrumentalisée.

J’agis au niveau local

Depuis des semaines, un travail de proximité est engagé avec les agents. Des solutions concrètes ont vu le jour, pour renforcer les équipes, accroître et diversifier les places d’accueil, clarifier les responsabilités de chacun, simplifier au maximum les procédures ou faire évoluer les moyens matériels. C’est près de cinq millions d’euros de budget supplémentaire que nous avons débloqués cette année pour les missions de protection de l’enfance, pour améliorer l’accompagnement des enfants et des équipes (près de 350 places et 30 postes créés). 20 millions d’euros sont par ailleurs engagés pour rénover le Foyer de l’enfance. Ces avancées se construisent dans le dialogue avec les équipes, avec les organisations syndicales inscrites dans la démarche, que je remercie pour leur implication exigeante.

Je construis au niveau national

Cette démarche, je la porte avec force pour améliorer le quotidien des enfants et des professionnels, au niveau local et au niveau national : c’est un appel à une grande mobilisation nationale que j’exprime, en faveur des missions et des métiers du travail social. Je mobilise l’ensemble des Départements sur ces questions : le sujet n’a jamais été aussi investi par les Départements. J’ai porté ces sujets au plus haut niveau de l’Etat auprès du Président de la République, du Premier Ministre et des Ministres concernés.

Ne laissons pas les contraintes financières croissantes qui pèsent sur nos collectivités entraver l’exercice de nos missions de solidarité. Nous avons des devoirs envers les plus fragiles. À l’heure où le service public et ses agents font l’objet d’attaques répétées, il est de notre responsabilité de valoriser ces missions et ces métiers. Il est de notre responsabilité de valoriser les parcours réussis d’anciens enfants confiés, grâce à l’engagement des élus et des professionnels. Il est enfin de notre responsabilité d’apporter des réponses concrètes et durables aux besoins des enfants et des professionnels, au travers de propositions et non de postures.

Je suis et je serai toujours à l’écoute de l’ensemble des agents de la collectivité, de manière directe avec mes collègues élus ou par l’intermédiaire de mon équipe d’encadrement.

Nos usagers et nos équipes attendent des réponses concrètes : nous les construisons au niveau local et nous les consoliderons au niveau national, avec celles et ceux qui souhaitent avancer.

Frédéric Bierry, Président du Département du Bas-Rhin


Protection de l’enfance : « M. Bierry, il est urgent de réagir »

Protection de l’enfance : « M. Bierry, il est urgent de réagir »

L’ancienne travailleuse sociale Françoise Boucard est partie en retraite anticipée « pour ne pas sombrer dans un état d’épuisement et de désespoir préjudiciable à sa santé. » Dans cette lettre ouverte au président du conseil départemental, l’ex-syndiquée CGT décrit le manque moyens, le stress et la charge mentale qui pèsent sur les salariés du service de protection de l’enfance.

Lettre au Président du Conseil départemental, qui n’a pas voulu me recevoir,

Épuisement et désespoir

Mon nom ne vous dira rien, malgré trois courriers que je vous ai adressés et auxquels vous n’avez pas répondu vous-même. J’ai été agent du Conseil départemental depuis 1994 et plus particulièrement au Service de Protection de l’Enfance durant 8 ans en tant que travailleuse sociale. J’ai pris la décision d’arrêter de travailler pour ne pas sombrer dans un état d’épuisement et de désespoir préjudiciable à ma santé.

On ne vient pas travailler au Service de Protection de l’Enfance par hasard. C’est un choix motivé par l’envie de porter assistance et d’accompagner des enfants et des familles en difficultés. Durant la première année de mon exercice professionnel, je pleurais souvent en rentrant le soir. J’étais épuisée par ma journée, remuée par ce que j’avais vu et entendu et parfois découragée parce qu’il n’y avait pas de solutions appropriées pour les enfants.

Arrêt maladie, démission, burn-out

Tout le monde ne supporte pas cette charge émotionnelle et cette quantité de travail. Une responsable est restée 3 mois avant de démissionner suite à un arrêt maladie. Dans une autre équipe, une femme a tenu trois semaines seulement… Je peux témoigner de la détresse de nombre de mes collègues, de la fatigue, de l’épuisement. Par chance, l’entraide et la solidarité règnent dans certaines équipes. Cela permet de ne pas craquer.

Une trentaine d’agents du service de protection de l’enfance manifestaient devant le Conseil départemental dans la matinée du 14 mai. Photo : GK / Rue89 Strasbourg / cc

Pourtant, cet esprit d’équipe n’empêche pas les burn-out (difficilement reconnus par la collectivité malgré des alertes de la médecine du travail), les maladies plus graves et les dépressions. En juin 2015, j’ai effectué 30 heures supplémentaires sans pour autant parvenir à boucler mon travail. Je savais que je ne pourrai jamais récupérer ces heures. Les responsables n’offrent aucun moyen de mettre fin à ce cercle vicieux.

Un service de plus en plus dégradé

Mon cas personnel n’a pas d’intérêt en soi mais il reflète la situation de mes anciens collègues. Ils sont contraints au silence par le devoir de réserve et ne peuvent pas raconter comment les conditions de travail se sont dégradées au fil des années.

Le Service de Protection de l’Enfance (SPE) a subi plusieurs réorganisations sensées en améliorer le fonctionnement. Celle de 2012 a été menée sur la base de chiffres erronés. Des enfants avaient été « oubliés » au comptage !
On nous avait alors affirmé que chaque travailleur social n’aurait pas plus de 38 dossiers en charge. En ce qui me concerne, j’ai pu avoir 56 enfants à suivre… sans compter qu’il fallait souvent remplacer des collègues malades ou pallier des postes restés vacants. Cette situation était quasi-permanente.

Des postes vacants

Pourquoi ces vacances de postes ? Les cadres nous ont répondu que ces postes ne sont pas attractifs et n’ont trouvé aucun candidat. Certes, vous n’êtes pas responsable de la grille des salaires, imposée par la réglementation. Mais ce sont plus les conditions dans lesquelles les travailleurs sociaux sont accueillis qui sont en cause.

Les jeunes professionnels, tout juste arrivés au Conseil départemental du Bas-Rhin, sont jetés dans la fosse aux lions ! Les travailleurs sociaux sur le départ ne rencontrent pas les nouveaux agents, ne font pas le lien avec les familles des enfants en difficulté… Il faudrait donner une semaine où l’ancien et le nouvel agent travaillent ensemble. Et encore, il se passe tellement de temps entre le départ d’un professionnel et l’arrivée de son remplaçant que les situations se dégradent par manque de suivi…

Les enfants manquent d’attention

Cette absence de suivi a des conséquences humaines. Des enfants ne peuvent pas rencontrer leurs parents, quand d’autres ne sont pas accueillis… Certains enfants en grande difficulté ne sont pas réorientés alors qu’ils posent problème sur leur lieu d’accueil. Ils ne bénéficient pas de l’attention qui leur est due par rapport à leur avenir familial, personnel, scolaire et professionnel. La question du lien entre un jeune, sa famille et le travailleur social est complètement bafouée, niée.

Prenons un exemple : Clara (le prénom a été modifié) a 15 ans. Elle est accueillie au sein d’une famille d’accueil depuis quelques mois. Son placement a été tardif et elle est en grande souffrance car marquée par ce qu’elle a subit durant son enfance. Elle a des difficultés à accepter les règles dans la famille d’accueil et elle « bouscule » constamment les règles fixées.

Des situations extrêmes

Nous pensons qu’avec du soutien et un assouplissement de la part de la famille d’accueil, Clara peut trouver sa place et poursuivre sa scolarité. Nous proposons un entretien au service avec le responsable de l’équipe. Lors de cette rencontre, l’assistante familiale « craque » et décide de ne plus accueillir Clara. Cette dernière prend conscience d’un énième rejet dont elle est coutumière.

Clara se lève, quitte la pièce et s’enfuit en courant du service. Nous parvenons, non sans mal à la rattraper et alors que nous tentons de l’apaiser, elle tente de frapper le responsable. Nous reprenons l’entretien avec comme objectif de trouver un lieu d’accueil. Il est déjà 18h et la plupart de nos interlocuteurs ne sont plus joignables. Le seul foyer disponible n’est pas adapté pour Clara car elle va y être confrontée à de nombreuses jeunes filles très remuantes. Nous prenons le temps de dialoguer avec elle, de lui expliquer que dans l’urgence, il n’y a aucune autre possibilité mais que nous nous verrons dès le lendemain pour réfléchir à une autre piste. Nous déposons Clara à 20h au foyer.

Référent plus distant, procédure plus longue

Personne n’est irremplaçable mais les travailleurs sociaux ne sont pas interchangeables. Pour nous faire croire qu’ils le sont, on a changé de langage : de « référent » (celui qui accompagne, écoute, réfléchit avec l’enfant…), on est devenu « pilote » des situations. Mais qui peut nous faire croire qu’un enfant va faire confiance à un adulte dont il ne connait que le nom sur un papier ?

Autre problème : les changements de procédure. Certes les besoins évoluent, la législation change et des adaptations sont nécessaires. Mais les modifications des procédures ne sont pas sans conséquence. Sur des équipes déjà « au taquet », il n’y a pas beaucoup de marge pour intégrer des nouvelles méthodes et les mettre en oeuvre. Je me souviens de formulaires qu’on mettait 45 minutes à remplir… aujourd’hui, il faut au moins deux heures pour le même document. Et le résultat n’est pas au rendez-vous puisqu’il manque souvent des places libres en foyer ou en famille d’accueil.

Les équipes, constamment débordées

Mon sentiment est partagé par nombre d’anciens collègues : nous n’avons plus le temps de réfléchir au projet adapté à chaque jeune. Or, penser à l’avenir d’un enfant en équipe, en discuter avec lui et sa famille pour les aider… Voilà des étapes essentielles pour mener à bien notre mission. Mais les fondamentaux de notre métier sont devenus des vœux pieux. Les équipes de travailleurs sociaux sont constamment débordées.

Vous rétorquerez que des postes ont été créés. Je vous réponds que ces créations permettent tout juste au Bas-Rhin de s’aligner sur les autres départements. En tant que président de la commission des affaires sociales des conseils départementaux de France, vous ne devez pas ignorer que les travailleurs sociaux français ont en général 30 dossiers à suivre au maximum. Vous savez aussi que les agents bas-rhinois ont souvent eu plus de 40 enfants en charge.

Des mesures concrètes

Au-delà des postes supplémentaires à créer, voilà des mesures concrètes qui peuvent être mises en place :

    Stabiliser les équipes au lieu de les mettre en concurrence. Lorsqu’un groupe manque de personnel, il ne sert à rien de piocher un agent dans une autre équipe. Non seulement, le sous-effectif sera seulement déplacé mais en plus cette gestion génère des tensions entre les groupes. Anticiper les départs en permettant des recrutements plus rapides et organiser une coopération entre l’agent qui quitte le service et son remplaçant. Les jeunes professionnels doivent être accueillis avec un tutorat réfléchi et organisé.Délester les cadres du service qui sont constamment mobilisés sur des questions de Ressources Humaines au détriment du fonctionnement du service.

Ces mesures, certes minimes par rapport aux besoins seraient déjà un marqueur fort pour les équipes. Elles ont besoin de reconnaissance face à un travail hors-norme. La charge mentale y est exceptionnelle. Le stress est le lot quotidien de bien des agents, sans compter l’angoisse et les insomnies.

Il est urgent de réagir

Pour finir, je tiens à rappeler malgré tout la grandeur de ce travail, des rencontres que l’on y fait, tant du côté des agents que des familles, des jeunes, des enfants, des partenaires. N’abîmons pas tout cela par une mauvaise appréciation des besoins et une négation de la gravité de cet état des lieux. Il est urgent de réagir et c’est de cela dont j’avais besoin de débattre avec vous, sans enjeux puisque dorénavant, je n’appartient plus à cette collectivité.

Je me devais de faire cette démarche pour les enfants, les jeunes, leurs familles et surtout pour mes ex-collègues qui sont des gens exceptionnels, dévoués et courageux.

Samedi, la fête du quartier Hautepierre fait la part belle aux associations

Samedi, la fête du quartier Hautepierre fait la part belle aux associations

Samedi 15 juin, les talents de Hautepierre seront mis en avant à l’occasion de la fête du quartier. Les associations présenteront leurs activités aux habitants de 14h à 21h au parvis du Galet.

Une vingtaine d’associations et structures de Hautepierre investiront le parvis du Centre socio culturel du Galet samedi 15 juin pour la fête du quartier, de 14h à 21h. Pour la première fois, Rue89 Strasbourg tiendra aussi un stand pour présenter à de nouveaux habitants sa démarche « Quartiers connectés’, qui a reçu deux distinctions en 2019 (ici et ).

Pas de thème spécifique cette année, mais un objectif : mettre en avant les « talents de Hautepierre ». Myriam Schmitt, coordinatrice du CSC se réjouit de la diversité des animations proposées :

« Il y aura une démonstration de lutte, de la danse tchétchène, un défilé de mode réalisé par des femmes qui font de la couture… Chaque structure et association participante aura un stand : l’association de la mosquée de Hautepierre, les ateliers vagabonds, la ludothèque et la médiathèque du quartier, et de nombreux autres… »

Lors de sa précédente édition, près de 800 personnes au total se sont rendues à la fête du quartier Hautepierre sur toute la journée.
Lors de sa précédente édition, près de 800 personnes au total se sont rendues à la fête du quartier Hautepierre sur toute la journée. Photo : doc remis

Pour les enfants aussi, des activités adaptées sont prévues : ateliers de maquillage, activités sportives, balade dans la nature…

Et pour se restaurer, les associations présentes proposeront de la nourriture et des boissons payantes. Les bénéfices serviront à financer les projets associatifs :

« Il y aura des crêpes, des pâtisseries orientales, un peu de tout. L’idée, c’est de faire découvrir plein de choses aux habitants sans contraintes. On veut juste faire la fête tous ensemble avant l’été ! »

Une manifestation éco-responsable en 2020

L’année dernière, la fête du quartier avait accueilli 800 personnes au total sur toute la journée. La question des déchets causés par l’événement s’se pose donc désormais aux organisateurs. Pour l’édition suivante, en 2020, ils espèrent pouvoir réduire leur impact écologique, comme l’explique Myriam Schmitt :

« Avec autant de personnes sur toute la journée, on jette des tonnes de gobelets, de plastique… C’est pour ça qu’on aimerait travailler sur un nouveau cahier des charges. C’est long à mettre en place mais on aimerait vraiment une manifestation éco-responsable pour 2020. »

Alfonso Nsangu : « Les Gospel Kids, ça a commencé il y a 15 ans à Hautepierre »

Alfonso Nsangu : « Les Gospel Kids, ça a commencé il y a 15 ans à Hautepierre »

Les Gospel Kids fêtent cette année leurs 15 ans. Depuis ses débuts, le chœur gospel a donné de la voix à plus de 8000 enfants et adolescents alsaciens. Retour sur cette aventure collective hors du commun et la trajectoire singulière de son fondateur Alfonso Nsangu, à Hautepierre.

Alfonso Nsangu Photos : CG / Rue89 Strasbourg / cc

Alfonso Nsangu nous accueille à l’improviste un vendredi soir d’octobre dans le centre communautaire protestant Martin Bucer, à Hautepierre. Son ancienne élève Sélia Sétodzo, fait répéter les jeunes dans l’église. Alfonso lui fait entièrement confiance pour encadrer ses protégés. Lui a tout le temps qu’il faut pour nous raconter l’aventure des Gospel Kids, débutée il y a quinze ans déjà : « Tout a commencé ici, à Hautepierre », prévient celui qui a encadré des milliers d’enfants volontaires dans les écoles publiques de Strasbourg, Haguenau et Illkirch.

Chanteur gospel et apprenti en mécanique

Après avoir vécu à la Meinau et au Port du Rhin, Alfonso emménage à Hautepierre à l’âge de 13 ans. Pas facile pour cet enfant d’immigrés ougandais de se faire une place au soleil. Dès l’adolescence, le gospel le porte et c’est bien le chant qui va l’extraire de son chemin tout tracé d’apprenti en mécanique poids lourds. Un avenir qui ne l’emballe pas vraiment. Pour Alfonso, tout a dû commencer avec la découverte du film Sister Act II :

« À ce moment-là, j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de me mettre dans un groupe de gospel. »

À moins que l’histoire ne remonte à sa rencontre avec le pasteur Frédéric Sétodzo, « un mois plus tard »…

« Il était professeur de religion dans mon collège. Je ne fréquentais pas ses cours. Mais dans les couloirs, il prenait tous les enfants comme ses enfants. Il avait un vrai rôle de papa qui prenait soin de chacun. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme ça. Je l’ai percuté dans un couloir. Ça a été un choc brutal qui a changé ma vie. Il m’a regardé, s’est présenté puis m’a demandé de me présenter à mon tour et il m’a invité à sa chorale. Je suis venu quelques années après, quand j’ai été prêt. Je me suis accroché à cet homme. »

Impatience de l’avenir

Frédéric Sétodzo initie Alfonso au Gospel dans la chorale de son quartier : les High Rock Gospel singers.

« J’ai vécu l’aventure la plus extraordinaire de ma vie avec cette chorale de Hautepierre. Aujourd’hui tous mes amis font partie de cette chorale. Mon plaisir de vivre a commencé là, à 17 ans. Depuis petit, je faisais plaisir à mes parents et là, c’est à moi que je faisais plaisir pour la première fois. »

Vingt plus tard, la nostalgie laisse vite place à l’impatience de l’avenir pour le trentenaire :

« On était des pré-ados et aujourd’hui on est tous des parents. Et d’ici quelques années, j’aurai chez les Gospels Kids les enfants de mes premiers choristes. »

1200 enfants chaque semaine

Aujourd’hui, plus de 300 enfants sont inscrits à l’association Gospel Kids fondé par Alfonso et son épouse Flora, rencontrée dans la chorale High Rock. S’ajoutent tous les autres, qui chantent à l’occasion des interventions scolaires d’Alfonso dans les écoles publiques de Strasbourg, Haguenau et Illkirch.

« Je vois 1200 enfants par semaine. Ma manière de les faire venir, c’est d’intervenir directement dans les écoles. Les enfants ont besoin de coups de cœur plus que de flyers. »

Les Gospel Kids font aujourd’hui plus de 35 représentations publiques par an, depuis les maisons de retraite et les magasins jusqu’au Palais de la musique et des congrès, l’Illiade, et même le Stade de France… Mais Alfonso insiste :

« Le cœur de nos représentations, ce sont les petits concerts humanitaires. Les gros concerts sont seulement des moments de plaisir mais pas une fin en soi. On ne fait pas ça pour des prestations extraordinaires. »

La subvention municipale strasbourgeoise aux Gospel Kids permet à l’association de ne demander que 50 euros de cotisation annuelle à ses membres.

« Ça permet aux parents de ne pas trop réfléchir. »

 Et les enfants viennent de partout pour répéter à Hautepierre.

« Le gospel permet une mixité. Les enfants de tous les quartiers de Strasbourg se rencontrent grâce à ça. »

Pas de prosélytisme, mais un témoignage

Puisque le gospel vient de la foi, Alfonso ne s’interdit pas de faire participer ses choristes à des concerts à connotation religieuse. En octobre dernier, une centaine d’entre eux ont ainsi accompagné au Zénith de Strasbourg la New Gospel Family :

« Le plus grand groupe de gospel en France, d’un gospel urbain tendant au hip-hop et très engagé par rapport à Dieu. »

Dieu. Le mot n’est pas tabou pour Alfonso, qui assure pour autant ne jamais tomber dans le prosélytisme.

« Si j’avais voulu mettre en avant le côté religieux du gospel, je ne serais pas allé dans les écoles. Mon but est de leur faire découvrir le chant gospel, pas de faire de l’évangélisation. Moi, la foi me guide et c’est un témoignage que je fais. Je leur dis que ça me fait du bien, c’est tout. »

« On marque la vie des jeunes »

Au-delà de la religion, les chants gospels sont porteurs de valeurs, insiste Alfonso. La chorale enregistre tous les ans un album qui « donne un sens à l’année des enfants ».

« Cette année on a retenu l’amitié, un thème très simple et porteur. On ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis. Justement, ces enfants se voient souvent en dehors de la chorale. Il y a un beau lien. Pour ce 15e anniversaire, on a voulu un thème très simple et porteur, pour mettre en avant les amitiés qui sont nées grâce aux Gospel Kids. On voulait en témoigner pour le spectacle de fin d’année. »

En 15 ans, Alfonso a assisté à de belles trajectoires débutées chez les Gospel Kids :

« Je pense à Sélia Sétodzo qui a eu un parcours de grande sœur. Aujourd’hui elle est soliste et coache les enfants avec moi. Elle a sorti son album et en a fait sa vie. Je pense aussi à Kamisa Negra, finaliste de la Nouvelle Star il y a un an et demi. Mais aussi à Laura K., qui a fait le trajet pendant douze ans depuis Mulhouse avec ses parents. Aujourd’hui elle est maman et m’a invité à son mariage. On marque la vie des jeunes. C’est important pour eux. Moi-même à 17 ans, ça a changé ma vie. »

Réactions de parents et d’enfants

« On est un tout petit peu fiers de notre fille. C’est une petite fille introvertie dans la vie. À l’école, elle a l’angoisse de la performance en permanence. Venir chanter dans les Gospel Kids lui permet de s’exprimer dans sa passion. Elle est dans le partage, c’est super. Je l’emmènerai où il faut pour ses concerts, elle s’éclate. On l’a rarement vue aussi épanouie. »


Carlos, papa de Lynn, 9 ans, de l’Orangerie.

« Avec Laura, on a essayé la natation, le badminton. Elle a commencé le gospel à l’école en CE2 et après on a cherché l’association. Ça fait trois ans qu’elle chante avec les Gospel Kids. Tant que ça lui plaît, on la suit. »


Olivier, père de Laura, 12 ans, de la Robertsau.

« Au début, j’osais pas chanter toute seule. Mais on est tous amis. Mes amis m’ont aidée et maintenant j’ai confiance. »


Laura, 12 ans, de la Robertsau.

« J’ai moi-même chanté avec les High Rock. Mes filles participent aux Gospel Kids depuis cette année. Nous sommes une famille de chrétiens pratiquants. C’est une continuité. »


Elda, maman de Mira, 14 ans, et Ozy, 11 ans, de la Montagne verte.

« Quand j’étais petite, il y a cinq ans, j’ai suivi ma meilleure amie. Je me suis fait pleins d’amis ici, comme Cécilia qui est avec moi aujourd’hui. J’aime Alfonso, j’aime les chansons et j’aime chanter. »


Lucie, 15 ans, de l’Esplanade

« Les Gospel Kids c’est comme une famille. Ça nous rend heureux de chanter et de faire sourire les personnes. »


Cécilia, 15 ans, d’Illkirch.

« Je suis dans les Gospel Kids depuis dix ans maintenant. J’ai suivi mon frère et ma sœur et je suis resté pour l’ambiance familiale. On s’entend tous bien. On est plutôt soudés. »


Olivier, 15 ans, le l’Orangerie.

Samedi, un festival de théâtre se greffe sur la fête du quartier Gare

Samedi, un festival de théâtre se greffe sur la fête du quartier Gare

Samedi 15 juin, la fête du quartier Gare accueillera le festival Fenêtre sur cour, organisé en partenariat avec l’Espace K et le Taps. L’occasion d’inciter les habitants du quartier à se rendre dans les structures culturelles.

La fête du quartier Gare revient s’installer rue du Hohwald samedi 15 juin de 15h à 23h. En 2018, l’événement, qui avait habituellement lieu Place de la Porte-Blanche, s’était déplacé aux alentours de l’ancienne Laiterie en raison de travaux. Malgré la fin des travaux, l’équipe du Centre socio-culturel (CSC) du Fossé des Treize, qui organise la fête, a finalement choisi de rester en 2019 dans ce secteur bientôt rénové.

Depuis 2018, la fête du quartier Gare s'associe aux institutions culturelles avec son déménagement rue du Hohwald. (doc remis)
Depuis 2018, la fête du quartier Gare s’associe aux institutions culturelles avec son déménagement rue du Hohwald. Photo : doc remis

L’atout de cet emplacement : la proximité des structures culturelles du quartier. L’année dernière, la Laiterie et l’Espace K s’étaient déjà associés à l’événement. Cette année, rebelote, mais avec une grande nouveauté : le festival de théâtre « Fenêtre sur cour » a été organisé spécialement à la date de la fête du quartier, en partenariat avec les salles du Taps et de l’Espace K.
Au programme : des spectacles de théâtre, d’humour et de danse, des spectacles d’atelier, une scène ouverte aux associations, ou encore une visite décalée de la Fabrique de théâtre avec une clown tragédienne. Le festival continue le lendemain de 14h à 20h.

Pour Sophie Kabèche, qui pilote l’organisation des festivités au CSC, c’est la suite logique après l’année passée, mais surtout l’occasion de démocratiser la culture :

« Ce partenariat, c’est le résultat du rapprochement qu’on avait déjà entamé l’année dernière avec les structures culturelles. On a construit ce festival ensemble, parce qu’on a constaté que les habitants du quartier ne fréquentaient pas ces endroits là. On veut les aider à s’approprier les lieux culturels, en les faisant entrer dedans. »

Faire venir les familles

Le festival Fenêtre sur cour proposera donc des spectacles gratuits pour faire découvrir le théâtre aux habitants du quartier, avec une partie des pièces présentée dans leurs locaux et le reste en extérieur. La Laiterie participera elle aussi à la fête du quartier, avec deux concerts de rock-folk gratuits (Pearl and the Crabmen et La Maison Tellier) dans ses locaux de 20h à 23h.

Des activités pour tous les âges sont proposées, afin d’inciter les parents à venir avec leurs enfants. Photo : doc remis

Dans la journée, une vingtaine d’associations du quartier tiendra des stands ludiques destinées à tous les âges. Objectif, un fête qui se veut plus familiale, comme l’explique Sophie Kabèche :

« On veut toucher tous les publics et toutes les tranches d’âge. Il y a beaucoup de familles dans le quartier, et on veut inciter les parents à venir avec leurs enfants. Il y aura des jeux géants pour les enfants, un espace d’accueil pour les petits, des ateliers de dessin, d’écriture… »

Plus politique au cœur des festivités, un « forum citoyen » sur les actions menées par la municipalité est prévu par sa « Direction de Territoire », afin d’y récolter des avis, de 16h30 à 18h.

Billet sans contact : moins d’un ticket sur deux est rechargé

Billet sans contact : moins d’un ticket sur deux est rechargé

Après un an, la CTS a tiré un premier bilan de son changement de technologie pour ses tickets. Il est en-deçà des objectifs écologiques initialement annoncés.

Arrivés en mars, généralisés en juillet 2018, les billets sans contact, plus chers lors du premier achat (1,80€ puis 1,70€ par rechargement), ne sont pas vraiment rentrés dans les habitudes des voyageurs strasbourgeois occasionnels.

Lors d’un premier bilan à l’occasion de la présentation de ses comptes, la Compagnie des Transports de Strasbourg (CTS) a pour la première fois indiqué la part d’achat neuf et de réutilisation : « 40% des achats de tickets individuels font l’objet d’un rechargement », dixit son directeur Jean-Philippe Lally. Soit, moins d’un sur deux.

Et les arbres à sauver ?

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Conserver le dialecte alsacien, « des fois, j’ai l’impression que tout le monde s’en fout »

Conserver le dialecte alsacien, « des fois, j’ai l’impression que tout le monde s’en fout »

D’après une étude de l’Olca datant de 2012, l’Alsace compte 600 000 locuteurs du dialecte alsacien, majoritairement âgés de plus de 60 ans. Pour lutter contre la perte de transmission, plusieurs organismes proposent des cours à Strasbourg, mais sans grand succès ni soutien.

En Alsace, 600 000 personnes sont capables de s’exprimer en alsacien d’après une étude de l’OLCA (Office pour la langue et la culture d’Alsace) datant de 2012. Des chiffres « rassurants » selon Clément Dorffer, étudiant en dialectologie alsacienne à l’Université de Strasbourg et professeur d’alsacien à l’OLCA :

« Le dialecte est encore bien présent dans la région. On parle beaucoup plus l’alsacien ici que le breton en Bretagne. On ne s’en rend pas forcément compte dans une grande ville comme Strasbourg, mais énormément de personnes utilisent la langue régionale tous les jours ! »

En fait, ce qui inquiète vraiment les défenseurs du dialecte, c’est l’âge de ceux qui le parlent encore : d’après la même étude, 74% des 60 ans et plus sont dialectophones, contre seulement 12% des 18-29 ans. D’après Sabine Lapp, qui donne des cours d’alsacien, transmettre le dialecte aux jeunes générations est urgent :

« Si on l’apprend aux plus jeunes maintenant, c’est eux qui le transmettront ensuite, ça commence par là ! Je crois que les Alsaciens ne se rendent pas compte que la langue se perd. Des fois, j’ai l’impression que tout le monde s’en fout, alors que ça fait partie de notre identité. »

Peu d’élèves dans les cours d’alsacien

À Strasbourg, plusieurs associations ont mis en place des cours pour conserver l’alsacien. Comme tous les lundis, Clément Dorffer anime le cours niveau débutant à l’OLCA. Debout devant une grande table, il demande aux participants comment s’est passé leur week-end et note quelques mots clés au tableau. Mais, face à lui, il n’a que deux élèves. La semaine précédente, il n’y en avait qu’un… Clément Dorffer déplore ce manque d’intérêt pour le dialecte :

« Au départ, on était une dizaine. Maintenant, il n’y a plus que quatre élèves réguliers. Souvent, les gens disent que l’alsacien doit être conservé mais ils ne prennent pas d’initiatives. Il y a beaucoup d’hypocrisie. Je rencontre plein de gens qui me disent qu’ils aimeraient l’apprendre mais ils ne s’inscrivent jamais aux cours. »

Au Troquet des Kneckes, les « élèves » de Sabine Lapp apprennent le langage du quotidien en alsacien : nourriture, boissons, formules de politesse… Photo : CL / Rue89 Strasbourg / cc

Le mardi soir, c’est au tour du bar Le Troquet des Kneckes d’accueillir des leçons d’alsacien. Autour de la table, sept élèves, bière à la main, trinquent en rigolant : « s’gilt ! » Ici, tous les mardis, Sabine Lapp anime un atelier ludique pour enseigner les bases de l’alsacien. Depuis 2015, elle le fait bénévolement :

« J’ai proposé au Troquet de faire des cours gratuits parce que je me suis rendue compte que l’alsacien est une langue qui se perd. Il y a un manque de moyens, on n’a pas de soutien de l’État et la priorité est donnée à l’allemand dans l’enseignement à l’école. »

« Toute ma famille parle alsacien, mais personne ne me l’a jamais appris »

En plus des ateliers au Troquet des Kneckes, Sabine Lapp anime des cours au Centre culturel alsacien. En attendant ses six élèves du jeudi soir, elle fait le tour de la salle et pointe du doigt une affiche pour la préservation de la langue régionale datant de 1975. « Vous voyez à quel point ce combat date ! », s’exclame-t-elle avant de poursuivre :

« Je ne comprends pas tous ces gens qui défendent la culture et la langue régionale et qui, en réalité, ne parlent pas un mot d’alsacien. Moi, j’ai tout de suite appris l’alsacien à mes filles, on le parle en famille. Il n’y a que comme ça qu’on peut sauver le dialecte, en le transmettant. »

Affiche « Apprenez l’alsacien à vos enfants ! » Le grand-père répond au petit garçon : « Tu sais, mon garçon, quand les cigognes volent au-dessus de l’Alsace, elles entendent parler français partout. Alors elles pensent qu’elles ne sont pas arrivées et continuent leur trajet. » Photo : CL / Rue89 Strasbourg / cc

Émilien, 18 ans, est élève à l’Olca. Il va au lycée à Bischwiller, mais vient tous les lundis soirs à Strasbourg pour les cours d’alsacien pour débutants. L’idée lui est venue toute seule, à force d’entendre le dialecte autour de lui :

« Toute ma famille parle alsacien mais personne ne me l’a jamais appris. Au lycée, aucun de mes amis ne le parle. C’est ma région, j’ai vraiment envie d’apprendre notre langue et de continuer à la transmettre. »

Émilien n’est pas le seul dans cette situation. Les parents ne sont plus que 56% à transmettre l’alsacien à leurs enfants, d’après l’étude de l’Olca. Pour Pascale Erhart, directrice du département de dialectologie alsacienne et mosellane à l’Université de Strasbourg, cela s’explique par l’histoire de la région :

« Avant la Seconde guerre mondiale, l’alsacien était le lien intergénérationnel et la langue du quotidien. Après la guerre, il y a eu un slogan qui disait “C’est chic de parler français” et avec la stigmatisation, le français a progressivement remplacé l’alsacien. Maintenant, c’est difficile de changer les représentations des locuteurs et de leur dire de transmettre la langue quand on leur disait l’inverse il y a quelques années. »

« La langue des ploucs »

Sabine Lapp, dont les parents et grands-parents parlaient alsacien, se souvient de ce sentiment de honte vis-à-vis de la pratique du dialecte :

« Chez moi, tout le monde parlait alsacien. Ils ont continué à le parler après la guerre, mais il y avait un sentiment de honte : on identifiait l’alsacien à l’allemand et à l’ennemi. Et puis, on va se le dire, même aujourd’hui quand je parle alsacien dans la rue, on me regarde bizarrement. C’est la langue des ploucs ! »

Depuis la rentrée 2017, des écoles de l’association ABCM Zweisprachligkeit tentent de lutter contre la disparition du dialecte en proposant un enseignement en immersion complète dans trois classes de maternelle. Les élèves sont d’abord accueillis en alsacien avant de passer à l’allemand standard. Mais ils se sont également heurtés aux idées reçues sur le dialecte, comme l’expliquait Pascale Lux, vice-présidente des écoles ABCM, dans un article de Rue89 Strasbourg en décembre 2017 :

« Nous avons dû convaincre les parents. Dans les autres régions je pense que c’était plus facile. En Alsace, il y a une sorte de blocage avec l’alsacien, voire une honte, de l’accent par exemple. Pour beaucoup, l’alsacien c’était une langue pour les paysans. À l’époque, quand les enfants parlaient alsacien à l’école, ils étaient punis. Nous avons dû mener un combat contre ces idées reçues. »

L’allemand remplace l’alsacien

Depuis les années 1980, l’enseignement de la langue régionale dans ses formes standard (l’allemand) et dialectales (l’alsacien) est prévu par les textes de l’Éducation nationale. Mais l’alsacien n’a jamais réussi à trouver sa place aux côtés de l’allemand à l’école, d’après Pascale Erhart :

« Il est bien plus simple d’enseigner une langue standard qu’un ensemble de variétés dialectales. Les enseignants sont formés à l’enseignement-apprentissage de l’allemand et non de l’alsacien. C’est une langue transmise depuis 1 000 ans mais elle n’a jamais été une langue de scolarisation. À cela s’ajoutent tous les a priori des parents et des enseignants sur le fait qu’un dialecte ne serait pas une langue, que l’alsacien ne sert à rien… »

À l’Olca, les élèves réguliers sont seulement entre deux et quatre dans le cours débutant du lundi soir, selon les semaines.

Bénédicte Keck, chargée de mission à l’Olca, fait le même constat :

« Le trilinguisme français-allemand-alsacien est un atout de la région, et on est en train de le perdre car l’allemand remplace l’alsacien. Pourtant, moi je parle alsacien et je n’ai pas besoin de l’allemand du tout. En Suisse, en Allemagne, tout le monde me comprend ! »

Ni budget, ni volonté politique

Pour changer cette vision des choses, l’Olca multiplie les initiatives : portail d’informations en ligne sur l’alsacien, cours dans leurs locaux, livrets sur la langue glissés dans tous les carnets de naissance en Alsace chaque année…

Une application avait même été créée en 2011, iYo, destinée aux jeunes afin de leur apprendre des expressions modernes en alsacien. À l’époque, la Région avait accordé un budget de 20 000€ à l’Olca pour réaliser l’application. Problème : 20 000€ supplémentaires étaient nécessaires pour poursuivre la mise en circulation de iYo. Faute de moyens, le projet a pris fin. Pour Bénédicte Keck, plus de budget et un engagement politique sont nécessaires pour sauver le dialecte :

« La région et le département sont notre principale source de revenus, certes, mais cela représente à peine 0,1 % du budget régional… C’est bien la preuve qu’il n’y a pas de politique linguistique d’envergure en faveur de la langue régionale. Ce budget ne sert qu’à saupoudrer des actions, maintenir à peu près sur pieds ce qui existe… Mais pas à regagner des locuteurs ni un vrai statut pour la langue ! Ce sont des soins palliatifs ! »

Al-Qasar et Allawi Brothers à l’Espace Django : une soirée rock et electro à la sauce orientale

Al-Qasar et Allawi Brothers à l’Espace Django : une soirée rock et electro à la sauce orientale

Mercredi soir, le Levant va faire danser l’Espace Django, avec d’un côté le rock psychédélique d’Al-Qasar, de l’autre l’electro délirant des Allawi Brothers.

Mélanger la saturation du garage rock aux sonorités bien identifiées des instrument traditionnels arabes, il fallait oser. Avec Al-Qasar, Thomas Bellier dépoussière la musique rock et fait bouger les lignes. « À force d’écouter à longueur de journée des pépites en provenance d’Iran, de Turquie ou de Syrie, on finit par s’en inspirer, plaisante le fondateur et guitariste du groupe. Ce nouveau projet, c’est une volonté de faire revivre la pop psychédélique du Moyen-Orient, avec d’un côté la batterie et la guitare, de l’autre le oud et la derbouka. »

« La réponse des gens a été incroyable »

Ce syncrétisme original, ce rock oriental singulier, Thomas Bellier et sa « forteresse » [al-qasar en français] ont pu le tester en juin 2018 à l’occasion de deux concerts en plein coeur du Caire islamique. « Nos textes sont engagés, ils parlent d’oppression, de pouvoir politique et de liberté, on ne savait pas comment le public allait réagir. Finalement, la réponse des gens a été incroyable, près de 6000 personnes sont venues, parmi lesquels pleins de jeunes. À ce moment-là, on comprend ce qu’on fait artistiquement », se réjouit-il.

Programmateur de l’Espace Django, Benoît Van Kote n’était pas des deux dates cairotes, mais de leur performance remarquée aux Transmusicales de Rennes en décembre 2018. « C’était un gros kiff, j’ai pris une claque », se rappelle-t-il, ce qui l’a décidé à les faire jouer dans la salle de musiques actuelles du Neuhof :

« Al-Qasar colle parfaitement au projet Django. C’est un groupe qui prône le métissage des cultures. Il est toujours important de rappeler que le rock n’est pas réservé aux Anglais, jeunes et blancs. Et l’inverse fonctionne aussi : pas besoin d’être vieux pour jouer la musique du Maghreb. »

Mercredi soir, c’est donc un concert aux inspirations uniques qui attend les spectateurs de l’Espace Django, d’autant qu’Al-Qasar jouera à Strasbourg l’une de ses deux seules dates françaises de l’été.

Al-Qasar – Khalil Al Alb

Le premier boys band syrien d’Alsace

Unique, c’est aussi le mot pour qualifier les Allawi Brothers qui joueront la première partie des rockers. Autoproclamé premier boys band syrien d’Alsace, le groupe assume son côté délirant jusque dans les peignoirs que ses musiciens arborent sur scène.

Né autour de Cyprien, bidouilleur strasbourgeois disco funk. Allawi est en effet le fruit d’une soirée jam dans l’appartement dudit musicien : « L’un des colocs de Cyprien était Syrien et un soir ils ont commencé à faire de la musique, puis ce fameux coloc a invité des potes à lui et le groupe est né comme ça », raconte Benoît Van Kote.

Une fois sur scène, le second degré l’emporte. Impossible de savoir si la musique proposée par ces quatre garçons dans le vent est une blague, pathétique, comme lorsqu’ils entonnent leur célèbre tube : « Je pleure sans oignons ». Finalement, ce n’est pas ça qui importe. La musique des frères Allawi fait guincher et emporte avec elle le pessimisme ambiant. Et d’ailleurs, « allawi » en arabe, ça veut dire « super », « génial ». Alors super, génial, on y va !


Urgences LR : Le Docteur Roos s’en va

Urgences LR : Le Docteur Roos s’en va

Répercussion locale d’un drame national : Thierry Roos quitte le parti Les Républicains. Avec avec sa curieuse passion pour les parkings à Strasbourg, l’élu d’opposition est devenu une sorte de mascotte pour Piet. Les places seraient-elles plus spacieuses ailleurs ?

Pollution de l’air, déchets, réchauffement climatique : Strasbourg est-elle si verte ?

Pollution de l’air, déchets, réchauffement climatique : Strasbourg est-elle si verte ?

Strasbourg espère être sacrée « capitale verte européenne 2021 » par la Commission européenne. Elle est en concurrence avec une autre ville française, Lille, et Lahti en Finlande. Discutons-en autour d’une tarte flambée !

Une apparition publique de Roland Ries ou de Robert Herrmann sur l’écologie vaut une interpellation publique sur le GCO, l’autoroute de contournement en cours de construction. Certaines lois de la nature sont immuables. Le 24 mai, le maire de Strasbourg et le président de l’Eurométropole présentaient la candidature de Strasbourg au titre de « capitale verte européenne. » L’association Alsace Nature a fait entrer l’éléphant dans la serre de la Robertsau, agrémentée d’un décor champêtre pour l’occasion.

Sur la vidéo de l’association écologiste, plusieurs participants à la conférence ne mâchent par leurs mots. La séquence s’achève avec une interview-poursuite de Roland Ries, qui s’en tient à sa réponse habituelle sur son revirement au sujet de l’autoroute de contournement : « il n’y a pas d’alternative ».

Présenté comme une solution au problème de la pollution de l’air à Strasbourg, le Grand Contournement Ouest (GCO) fait tache dans le bilan écologique de l’Eurométropole. À Oslo le 20 juin, Strasbourg mettra plutôt en avant son réseau de transports en commun, la réduction de la place de la voiture en ville, et soulignera ses efforts pour reverdir le centre. Mais la pollution de l’air n’est pas la seule difficulté à laquelle est confrontée Strasbourg.

Pour Alsace Nature, la « green attitude » prônée par l’Eurométropole, c’est aussi du purin d’ortie déversé devant les élus. Attention à l’odeur. Photo : capture vidéo : Alsace Nature

Changement climatique : l’heure de l’adaptation

C’est un véritable changement de paradigme pour les pays du nord : la lutte contre le réchauffement climatique ne suffit plus, il faut désormais vivre avec. Strasbourg et la région Grand Est ne font pas exception. Selon Météo France, la température moyenne pourrait augmenter de 0,4 degré par décennie.

Sociologue et professeure en urbanisme à l’INSA de Strasbourg, Florence Rudolf coordonne Clim’Ability. Un projet franco-allemand, qui aide les PME à se préparer au changement climatique. Elle énumère toutes les conséquences que lui rapportent ses collègues climatologues : multiplication des aléas climatiques qui peuvent endommager les infrastructures, stress hydrique, hausse globale des températures qui peuvent avoir un impact sur le bien-être… Même la forêt des Vosges et ses conifères vont souffrir :

« Les pays du Nord ont longtemps pensé qu’ils étaient dans une zone de confort. Dans les entretiens que j’ai mené en Alsace, j’ai souvent entendu qu’après tout, on est dans une région tempérée, qu’on a une réserve d’eau sous les pieds… Sauf que nous avons un climat continental, avec des étés très chauds. On peut s’attendre à des vagues de chaleurs, et à des événements météorologiques plus intenses. Tout le monde va être impacté. »

Pour Florence Rudolf, le changement climatique implique un changement d’attitude, mais aussi des solutions collectives Photo : Clim’Ability

Une notion de risque à redéfinir

Le 3 juin au soir, la rue du Noyer à Achenheim s’est retrouvée… noyée pour la troisième fois en 4 ans. La crue a frappé d’autant plus fort qu’elle a surpris des habitants qui avaient baissé la garde. Jusqu’à présent, les inondations arrivaient environ deux heures après le déluge. Cette fois-ci, la crue est survenue au bout de 7 heures. Une enquête de la DDT a été ouverte pour déterminer les origines de l’inondation. Arcos, la filiale de Vinci, conteste tout lien entre l’inondation et le chantier du GCO qui passe tout près.

Mais pour le maire de la commune Raymond Leipp, le changement climatique ne peut être étranger à ces crues répétées.

La rue du Noyer à Achenheim dans la nuit du 3 au 4 juin Photo : document remis

« Avant ces 3 inondations en 4 ans, nous avions eu des crues en 1983 et en 2003. Les intervalles se réduisent, je ne veux pas que ça soit récurrent ! »

Une étude a été lancée par l’Eurométropole, pour déterminer les travaux à effectuer. Pour Florence Rudolf, cette récurrence des catastrophes naturelles obligera les entreprises comme les collectivités à réévaluer et à anticiper les risques :

« Les plans de prévention des risques d’inondations par exemple sont basés sur des données obsolètes. Les crues qui était jusque-là centennales pourraient se répéter plus fréquemment. Cela peut avoir des conséquences très concrètes, rien que sur les contrats d’assurance. »

Recyclage et réduction des déchets : peut mieux faire

En ce début du mois de juin, l’Eurométropole s’apprête à relancer son incinérateur. Celui-ci était à l’arrêt pour des travaux de désamiantage. Strasbourg va ainsi cesser de stocker ou de sous-traiter ses déchets non recyclés au prix de 4 millions de kilomètres par an. La ville va également retrouver une source d’énergie qui fournissait l’équivalent de la consommation de 30 000 foyers. La ville de Lille fera de même avec son incinérateur à partir de 2020.

Avec la diminution d’activité, puis l’arrêt de l’incinérateur, le stockage des déchets a dépassé l’incinération. Photo : Graphique : ADEUS

Pour autant, l’association Zéro Déchet Strasbourg regrette un manque d’ambition. Son cofondateur Simon Baumert redoute que cette manne énergétique ne soit contre-productive dans la politique de réduction des déchets. Il estime que cette réfection aurait été l’occasion de revoir les capacités de l’incinérateur à la baisse :

« C’est une bonne chose de récupérer l’énergie à partir de l’incinération. Mais dans ce qu’on incinère, une bonne partie pourrait être réparée, réutilisée, recyclée ou compostée. »

Parmi les grandes métropoles françaises, Strasbourg affiche le 4e tonnage de déchets ménagers le plus faible, avec 250 kilos d’ordures non recyclables par habitant et par an. Mieux que Paris, Aix-en Provence ou Montpellier, mais moins bien que Lille (233 kg) ou que Nantes (214 kg). « Peut mieux faire, » estime Simon Baumert, qui préfère suivre des exemples européens. La capitale slovène, Ljubjana, arrive à 115 kilos de déchets résiduels par habitant.

« Certaines villes comme Milan ont réussi à mettre en place la tarification incitative et la collecte des déchets verts, alors pourquoi pas Strasbourg ? C’est en cours d’étude, mais le dossier a traîné. Pour le tri incitatif, cela aurait pu être mis en place avant la fin du mandat. »

Parmi les 10 plus grandes villes de France, Strasbourg est la 4e à produire le moins d’ordures résiduelles (non recyclables) par habitant. Photo : Graphique : Zéro Waste France

Cours de tri et initiation au « zéro déchet »

Entre 2010 et 2015, les poubelles Strasbourgeoises se sont légèrement allégées selon l’ADEUS, passant de 459 à 440 kilos. Pour 2030, l’Eurométropole veut arriver à une baisse de 50% du volume de la poubelle bleue, et à 50% de recyclage, compostage ou valorisation des déchets ménagers. L’Eurométropole affiche actuellement un taux de 30%, si on additionne le recyclage et le compostage. Sa concurrente finlandaise, Lahti a déjà pris de l’avance et revendique un taux de recyclage de 41%. Si on ajoute ses déchets ménagers qui lui servent de combustible énergétique, on arrive à un taux de valorisation de 97%.

Avec Objectif Z, l’Eurométropole a entrepris une tournée des municipalités pour apprendre les bons gestes de tri et de réduction des déchets. Un vrai sacerdoce qu’il faut répéter, « car les bons gestes sont rapidement oubliés », déplore Françoise Bey, en charge de la gestion des déchets sur l’Eurométropole.

Une vingtaine de personnes étaient présentes à Lingolsheim, pour assister à une conférence d’Objectif Z : zéro déchet, zéro gaspillage. Fionnuala O’Brien et Marie Hoffsess décortiquent devant l’assistance une poubelle : Le papier ? Facile, poubelle jaune. Les capsules de café également, depuis peu. Mais Marie Hoffsess, qui a cofondé Rue89 Strasbourg et y a chroniqué sa conversion au zéro déchet, rappelle que le meilleur détritus, c’est celui qui n’existe pas :

« Le mieux, ça reste la cafetière à piston : pas de dosette, pas de filtre. »

Les vieux jouets ? Ils seront bien mieux à Emmaüs que dans l’incinérateur. Photo : Pierre Pauma

Face au pot de crème fraîche qui leur est présenté, les participants sont dubitatifs. C’est du plastique et certaines villes le recyclent déjà. Mais à Strasbourg, c’est poubelle noire. « Ce sera bientôt dans la poubelle jaune » promet Françoise Bey. Il le faudra bien, c’est une obligation de la loi transition énergétique : d’ici 2022 : tous les emballages plastiques devront être acceptés au tri. Un sujet sur lequel la Ville n’est pas spécialement en avance.

#capitale verte européenne

Pourquoi les camps de sans-abris seront un thème des municipales

Pourquoi les camps de sans-abris seront un thème des municipales

Comment s’occuper des personnes qui dorment dehors, qu’elles viennent de Strasbourg ou de loin ? La question, moins présente en 2014, sera incontournable dans le débat public local jusqu’aux élections municipales de 2020.

Habib, réfugié afghan de 21 ans, s’est suicidé dans la nuit du 24 au 25 mai. Il vivait sous une tente près de la gare. Cette tragédie est intervenue quelques semaines après la publication d’un arrêté anti-mendicité controversé. Certes les deux sujets sont différents. Mais ils se sont télescopés et répondent à une même logique : repousser la pauvreté à des endroits moins visibles de la ville.

Une manifestation pour les migrants et contre l’arrêté doivent converger samedi 8 juin à 14h, place Kléber. À l’approche des élections municipales, la question de l’accueil des migrants s’installe ainsi dans le débat public local. Gabriel Cardoen, du collectif « D’ailleurs nous sommes d’ici », explique la mobilisation montante sur cette thématique : « Pour améliorer la situation, il faut d’abord la rendre visible. »

Un consensus fragile autour de l’accueil

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous