Après avoir dévoilé un document confidentiel-défense contredisant la ministre des Armées, trois journalistes sont convoqués par la Sécurité intérieure et risquent une peine d’emprisonnement.
Lundi 15 avril, le site d’investigation « Disclose » dévoilait, en partenariat avec plusieurs médias dont Rue89 Strasbourg, un rapport classé « confidentiel défense » documentant l’usage des armes vendues par la France à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis dans la guerre au Yémen, menée depuis 2015 au prix de la « pire crise humanitaire au monde » selon les Nations unies. Ce document, dont la publication n’a aucunement remis en cause la sécurité des agents français sur le terrain, a été révélé en raison de son intérêt manifeste pour le public. Il invalide le discours officiel du gouvernement français, qui prétend que cet arsenal ne sert qu’à des fins défensives.
Or mercredi, deux journalistes de « Disclose », Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, ainsi qu’un journaliste de la cellule investigation de Radio France partenaire de ces révélations, Benoît Collombat, ont appris leur convocation à la mi-mai par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « compromission du secret de la défense nationale » ouverte par le parquet de Paris après le dépôt d’une plainte par le ministère des Armées.
Nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs, exprimons notre pleine et entière solidarité avec nos confrères qui n’ont fait que leur travail : porter à la connaissance des citoyens des informations d’intérêt public sur les conséquences des ventes d’armes françaises. Depuis ces révélations, le gouvernement est resté muet sur les faits. Aujourd’hui, pour avoir exposé ces informations, trois journalistes se retrouvent sous la menace d’une procédure, pour un délit puni d’une peine d’emprisonnement, dont l’objectif manifeste est de connaître les sources à l’origine de leur travail.
En ces temps décidément préoccupants pour la liberté d’informer, ces convocations rappellent, s’il en était besoin, à quel point il est indispensable de renforcer en France la protection des sources, consacrée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) comme « l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse. » Le secret-défense ne saurait être opposé au droit à l’information, indispensable à un débat public digne de ce nom, ni servir d’épée de Damoclès pour dissuader les journalistes d’enquêter, et de publier.
Signataires : les sociétés des journalistes, sociétés des rédacteurs et sociétés des personnels de l’AFP, Arte, BFM TV, Challenges, CNews, Courrier international, les Echos, Europe 1, l’Express, le Figaro, France 2, France 24, France 3 National, France Info, Franceinfo.fr, France Info TV, France Inter, France-Soir, l’Humanité, le JDD, Libération, M6, Mediapart, le Monde, l’Obs, Paris Match, le Parisien-Aujourd’hui en France, le Point, Premières Lignes, RFI, RMC, RTL, Sud Ouest, Télérama, TF1, la Tribune, TV5Monde, et les rédactions d’Alternatives économiques, de la Croix, des Jours et de Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon et Rue89 Strasbourg.
L’acte 24 se jouera à Strasbourg. Samedi 27 avril, des Gilets jaunes de toute la France et de plusieurs pays frontaliers manifesteront dans les rues strasbourgeoises. Craignant des « actions violentes » par des « individus radicaux en nombre important », la préfecture du Bas-Rhin a interdit la manifestation dans plusieurs zones de la ville.
Plusieurs milliers de manifestants sont attendus dans les rues strasbourgeoises, samedi 27 avril. Des Gilets jaunes de toute la France joueront l’acte 24 à Strasbourg. L’objectif est double. Le mouvement veut d’abord répondre aux annonces présidentielles, censées clore le « Grand débat ». Certains Gilets jaunes espèrent aussi peser dans la campagne des élections européennes. D’où l’invitation de soutiens internationaux : « Nous souhaitons que les Gilets jaunes italiens, allemands et belges s’expriment à 13h place de la République, avant le début de la manifestation », affirme Isabelle, coordinatrice du groupe Strasbourg République.
Environ 2 000 manifestants avaient défilé à Strasbourg pour l’acte 9 des Gilets jaunes. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Un important dispositif policier
Aucune manifestation n’a été déclarée auprès de la préfecture du Bas-Rhin pour ce samedi 27 avril. La coordination bas-rhinoise des Gilets jaunes préfère garder secret le chemin emprunté par le cortège : « Nous avons prévu un trajet collectivement, on a prévu de tenir ce trajet mais après… c’est une manifestation de Gilets jaunes, c’est libre. » Une difficulté supplémentaire pour la préfecture, qui se prépare aussi à une manifestation d’ampleur. Le dispositif sécuritaire devait être dévoilé mercredi après-midi, il n’a été communiqué qu’en fin de soirée jeudi…
La préfecture ne cache pas ses inquiétudes. D’après ses renseignement, des « individus radicaux sont susceptibles d’être présents en nombre important ». Le dispositif limite donc le périmètre autorisé aux manifestants : « Toute manifestation est interdite le samedi 27 avril sur une partie de l’ellipse insulaire, le parvis de la gare, ainsi qu’aux abords des institutions européennes. » Les forces de l’ordre s’attendent à un départ du cortège vers 13h place de l’Étoile pour gagner les institutions européennes en déambulant d’abord dans le centre-ville.
Zones interdites de manifestation pour ce samedi 27 avril à Strasbourg (document remis)
Une participation incertaine
Difficile d’estimer la taille du cortège à venir à Strasbourg. Sur l’événement Facebook de l’acte 24, près de 4 000 personnes se disent « intéressées » ou annoncent leur participation à la manifestation. D’après l’arrêté préfectoral ci-dessus, « l’ampleur de cette manifestation devrait être largement supérieure à celle des dernières semaines. »
La coordination bas-rhinoise des Gilets jaunes attend du soutien du Sud-Ouest de la France, en particulier Toulouse et Bordeaux. Ces deux villes sont connues pour leurs manifestations régulièrement émaillées de violences policières et de dégradations de mobilier urbain. Les manifestants de Paris et Rennes seront plus rares, puisque des rendez-vous sont maintenus dans la capitale et en Bretagne.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Quel est la place et le rôle des commerces de proximité ? Pour répondre à cette question, les cinémas Star et Rue89 Strasbourg organisent jeudi 2 mai une soirée avec la projection du documentaire « 68, mon père et les clous » suivie d’une rencontre avec Diane Meyer, de la Droguerie du Cygne et Laurent Maennel, le nouveau « manager du centre-ville » de Strasbourg.
Les cinémas Star et Rue89 Strasbourg proposent jeudi 2 mai à partir de 20h15 une soirée « ciné-club » autour de la question des commerces de proximité. La soirée débute avec la projection du documentaire autobiographique de Samuel Bigiaoui, « 68, mon père et les clous » et se poursuit par une rencontre-débat avec Diane Meyer, de la Droguerie du Cygne et Laurent Maennel, le nouveau « manager du centre-ville » de Strasbourg.
Que se passe-t-il vraiment dans un magasin de proximité ? (Photo Sophie Dulac Distribution)
Le pitch
Ouverte il y a 30 ans, en plein Quartier latin, la quincaillerie de mon père est un haut lieu de sociabilité. C’est aussi l’ancien terrain de jeu de mon enfance. Bricomonge va fermer. À l’heure de l’inventaire et des comptes, j’accompagne mon père dans les derniers moments du magasin. Et je cherche à comprendre ce qui a amené le militant maoïste qu’il était dans les années 1960-1970, intellectuel diplômé, à vendre des clous.
La bande annonce
Les invités
Diane Meyer, de la Droguerie du Cygne,
Laurent Maennel, « manager du centre-ville » de la Ville de Strasbourg.
échanges animés par Pierre France, de Rue89 Strasbourg
Ce vendredi 26 avril, les bus et trams ne circuleront qu’entre 6h et 20h, avec des horaires modifiés, en raison d’un préavis de grève déposé par les organisations syndicales FO et CFDT. Elles dénoncent une insécurité croissante subie par les agents CTS sur le terrain. Certaines lignes ne circuleront tout simplement pas, d’autres seront ralenties.
Après un recensement des personnels grévistes, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) prévoit que le trafic des bus et trams sera perturbé ce vendredi 25 avril 2019. La grève, déclenchée par les syndicats CFDT et FO, vise à dénoncer les agressions des agents CTS et plus globalement des fonctionnaires de la Communauté Urbaine de Strasbourg (CUS).
Incivilités et agressions en hausse
Les DNA ont récemment évoqué l’agression d’un contrôleur par deux adolescents, dans la journée du 15 avril. Un premier garçon a fait tomber l’agent CTS au sol avant que le second ne le roue de coups. Les agresseurs ont été interpellés puis placés en garde à vue. Ils seront convoqués par la justice. « Les incidents sérieux, comme les agressions, qui donnent lieu à des plaintes, comme les incivilités du quotidien avec les agressions verbales, sont en constante augmentation », regrette Mohamed Safidine, contrôleur et secrétaire général adjoint du syndicat Force Ouvrière pour la branche transport dans le Bas-Rhin.
D’après André Etter, délégué syndical FO, les incivilités (agressions verbales, menaces…) à l’encontre des employés de la CTS ont plus que doublé en six ans : « 5160 incivilités relevées en 2018 contre 2036 en 2012. » Il rapporte également des cas d’agression graves : récemment un conducteur de bus a été frappé au visage par un usager, et un employé a été agressé dans un tramway. Le choix du vendredi 26 pour la grève coïncide avec la tenue du Conseil d’Administration de la CTS. André Etter espère attirer l’attention des élus sur les besoins des employés de la CTS
Les lignes A, D et E ralenties, la F immobilisée
Les lignes de tram A, D et E circuleront toutes les 20 minutes environ.
Tous les trams de la ligne D circuleront jusqu’au terminus Kehl Rathaus.
Compte tenu de la forte fréquentation de la ligne de tram A, des trams supplémentaires circuleront en
complément le matin vers Illkirch Graffenstaden et le soir vers Parc des Sports.
Les lignes de tram B et C circuleront toutes les 10 à 15 minutes environ.
La ligne F ne circulera pas. Seul le terminus Place d’Islande ne sera pas desservi, les autres
stations de la ligne F sont desservies par les lignes de tram B, C et/ou E.
Le trafic des bus et trams sera ralenti et s’arrêtera à 20h.
Le trafic des bus perturbés :
Les lignes 10, 15a et 29 ne circuleront pas toute la journée.
Ligne G : un bus toutes les 10 à 15 minutes environ.
Ligne L1 : un bus toutes les 30 minutes environ. Des bus supplémentaires circuleront en complément le matin vers Robertsau Boecklin et le soir vers Lingolsheim Alouettes.
Ligne L3 : un bus toutes les 15 à 30 minutes.
Ligne L6 : un bus toutes les 15 à 20 minutes environ entre Pont Phario et Fort Desaix. Desserte de
Vendenheim Gare et Hœnheim Gare toutes les 30 à 40 minutes.
Ligne 2 : un bus toutes les 15 minutes environ.
Ligne 4 : un bus toutes les 15 à 30 minutes entre Capucins et Les Halles.
Desserte de Wolfisheim Stade et Poteries toutes les 30 à 60 minutes.
Ligne 13 : un bus toutes les 25 minutes environ.
Lignes 14 et 24 : un bus toutes les 25 minutes environ entre Ancienne Douane et Kibitzenau.
Desserte de La Rochelle et Neuhof Stéphanie toutes les 50 minutes environ.
Ligne 17 : un bus toutes les 25 minutes environ.
Ligne 19 : un bus toutes les 25 minutes environ.
Ligne 30 : un bus toutes les 50 minutes environ.
Ligne 40 : un bus toutes les 40 à 45 minutes environ.
Ligne 50 : un bus toutes les 30 minutes environ.
Lignes 57 et 67 : un bus toutes les 30 minutes environ entre Kibitzenau et Illkirch Mairie.
Desserte de Geispolsheim Ouest, Blaesheim Ouest et Plobsheim Est toutes les heures.
Ligne 70 : un bus toutes les 40 minutes environ entre Poteries et Robertsau Renaissance.
Desserte d’Eckbolsheim Parc d’Activités non assurée.
Les lignes de bus 12, 22, 27, 31, 41, 42, 43, 44, 60, 62, 63, 71, 72, 73, 74, 75 et 76, les services Flex’hop 72 et 77, les navettes Robertsau et Lingolsheim-Illkirch ainsi que les services Taxibus et les lignes de nuit Hibus circuleront normalement.
Les lignes de cars de la CTBR (Compagnie des Transports du Bas-Rhin) circulent normalement.
La maire de Schiltigheim, Danielle Dambach, apporte son soutien aux demandes de pistes cyclables, mais la configuration politique à l’Eurométropole, décisionnaire, est différente.
Ressuscité en 2018, le collectif Vélorution avait redémarré en trombe, en obtenant des bandes cyclables en quelques semaines sur l’avenue des Vosges. Un peu moins d’un an plus tard, il s’attaque à une autre commune, Schiltigheim (et Bischheim) dont la longue route de Bischwiller mène à Strasbourg. Ses membres . . .
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Les Ateliers Ouverts fêtent leurs 20 ans les deux derniers week-end de mai. Mais ce sera sans Zone d’Art, l’un des plus gros regroupement d’ateliers d’artistes de Strasbourg, qui organise son propre événement les 27 et 28 avril. Victimes des divergences entre les deux structures, trois artistes résidents de Zone d’Art se sont vu refuser leur inscription au catalogue des Ateliers Ouverts.
En mai 1988, quelques artistes strasbourgeois regroupés au sein de l’association du Faisant invitent le maire et le conseil municipal à visiter l’atelier d’Hafid Mourbat. Ils souhaitent alerter les hommes et les femmes politiques sur la précarité de leurs lieux de travail. Face à l’état d’insalubrité du local, Marcel Rudloff, ancien maire de Strasbourg, proposera à Hafid Mourbat un nouvel atelier.
Membres de l’association Faisant en 1984 (Document remis / DR)
Les années suivantes, les artistes ouvrent leurs portes au grand public pour faire découvrir leurs œuvres dans une ambiance conviviale. En 1992, cent artistes participent déjà à cette nouvelle manifestation : les Ateliers Ouverts. À cette occasion, l’association du Faisant édite un carnet de 100 timbres représentant le travail de chaque artiste à coller dans un petit passeport en souvenir de ses visites.
Planche des timbres édités en 1992 (Document remis / DR)
En 1999, cinq artistes de l’association du Faisant achètent une friche industrielle dans la zone du port du Rhin à Strasbourg et la nomme Zone d’Art. Ils transmettent l’organisation des Ateliers Ouverts à deux jeunes étudiantes en Art, dont Sophie Kauffenstein qui fonde l’association Accélérateur de particules en 2007. La manifestation se professionnalise et continue de se développer. Dès 2009, pas loin de 300 artistes ouvrent les portes de 150 ateliers en Alsace.
« Trois sur quarante, c’est mensonger »
Jusqu’en 2017, la majorité des artistes ayant un atelier au sein de Zone d’Art participent aux Ateliers Ouverts. Mais l’année dernière, seuls quatre artistes s’inscrivent à la manifestation. Sophie Kauffenstein, coordinatrice et salariée de l’association Accélérateur de particules, qui organise les Ateliers Ouverts, n’a pas souhaité que cette situation se reproduise :
« Quand il n’y en a que trois artistes qui ouvrent dans un lieu qui en accueille 40, c’est de la publicité mensongère. Pour l’édition 2019, nous avons été plus stricts, Zone d’Art participe ou ne participe pas. Nous n’avons pas retenu les quelques uns qui se sont inscrits. Nous avons dit “Non”, que quelques uns ne participent pas, c’est une chose, mais qu’il y ait moins de la moitié de participation, ce n’est pas viable. »
De son côté, Didier Guth, un des associés et fondateurs de Zone d’Art rappelle que Zone d’Art n’est pas un collectif et regrette que les artistes en pâtissent :
« Nous sommes une société privée. Chaque artiste peut prendre des décisions individuelles. L’adresse de leur atelier se trouve ici et je trouve dommage qu’ils ne puissent pas apparaître sous leur nom propre dans le catalogue des Ateliers Ouverts. »
Sophie Kauffenstein estime que c’est à eux de se mettre d’accord pour être cohérents vis-à-vis du public :
« À Zone d’Art, il y a plein de portes, et il n’y en aurait qu’une ouverte… Inviter les gens alors que c’est loin, qu’il n’y a pas de desserte en transport en commun et que la majorité des portes soient fermées, c’est compliqué. Parallèlement Zone d’Art ouvre en décalé, s’ils veulent se désolidariser, il faut qu’ils le fassent jusqu’au bout. »
Zone d’Art (Document remis/DR)
Lassitude et divergence d’opinion
Didier Guth explique que pour les résidents de Zone d’Art, les Ateliers Ouverts auxquels ils ont participé durant des années demandent trop d’implication. Il faut qu’ils se libèrent deux week-ends de suite lors d’une période printanière où ils doivent déjà jongler entre les expositions. Après des années, une majorité d’artistes locataires souhaitent tout simplement pouvoir à leur tour profiter de l’événement :
« Nous ne pouvions pas aller voir les copains qui ouvraient également leurs portes à cette occasion. L’an dernier, nous sommes allés dans les Vosges. C’était très sympathique. Nous avons donc décidé de maintenir l’idée d’ouvrir nos portes à d’autres dates pour être disponibles lors des week-ends des Ateliers Ouverts. »
Frais d’inscription et extension géographique
Les frais d’inscription sont aussi un frein important pour Zone d’Art qui voit le coût global de la manifestation comme une cagnotte qui pourrait être investie ailleurs. Sophie Kauffenstein rappelle qu’en tant que membres d’un atelier collectif, chaque artiste bénéficie de 50% de remise sur ses frais d’inscription.
« Le prix est fixe depuis plusieurs années et l’ensemble de la participation financière des artistes représente 10% du budget d’Accélérateur de particules. »
Pour Didier Guth, c’est aussi une manifestation qui perd son sens. Il voit dans l’augmentation du nombre de participants et l’étendue géographique toujours plus vaste de l’événement la disparition du lien entre les artistes et le tissu local. Au contraire, Sophie Kauffenstein voit dans la mutualisation des événements dans toute la région, avec les Ateliers Ouverts Grand Est, une occasion de gagner en visibilité en France.
Faire plus que de la communication pour les artistes
Avec 372 artistes exposants dans 132 ateliers, et plus de 25 000 visiteurs attendus, les Ateliers Ouverts sont devenus une institution, mais l’ambition d’Accélérateur de particules va plus loin. L’association ne se contente plus uniquement de faire bénéficier les artistes d’une communication en direction du grand public, mais elle souhaite les épauler au mieux en proposant des rencontres avec des professionnels.
« Les artistes peuvent échanger avec des commissaires d’exposition, des galeristes ou des chargés d’ateliers lors de rendez-vous de 25 minutes organisés au Bastion. Cette année, pour la première fois, ils pourront aussi bénéficier de conseils techniques grâce à la présence de juristes, comptables, ou d’experts d’Art en Réel ou d’Info Culture Conseil. »
La Semencerie à Strasbourg (Photo : Alex Flores / Ateliers Ouverts / DR)
Le week-end Zone d’Art
Toutes les portes de Zone d’Art et de son voisin Hubert Haberbusch, restaurateur de voitures de collection, seront grandes ouvertes dès 12h30 samedi 27 avril . Les œuvres de 40 artistes résidents et invités seront exposées dans les ateliers et dans les couloirs, des peintures monumentales seront installées sur la façade. En soirée, piano et performance électro acoustique vont résonner dans des ateliers choisis. Samedi, le groupe underground d’électro pop Alesia Cosmos revient après des années d’absence pour un concert original au milieu des carrosseries de voitures anciennes, ambiance garage assurée.
Week-end Zone d’Art, samedi 27 et dimanche 28 avril à partir de 14h, à Zone d’Art.
Palette de Marion Sautter (Document remis / Zone d’Art / DR)
Les 20 ans des Ateliers Ouverts
De son côté, Accélérateur de particules organise un vernissage hors du commun au Bastion 14. Une soirée attendue qui va pouvoir se prolonger exceptionnellement jusqu’à 3h du matin. En plus des foodtrucks, des concerts et des DJs, un espace lounge meublé éthiquement grâce à Emmaüs va être installé en extérieur. Exit les habituelles tentes blanches et bienvenue dans un monde cosy avec en prime une projection vidéo géante sur la façade et des sculptures commandées spécialement pour la soirée qui devraient être installées en extérieur – sous réserve d’autorisation.
« Cette fête sera encore plus dense que d’habitude avec une programmation musicale ambitieuse. Deux groupes et au moins trois DJs sont attendus. Quatre performances réalisées dans le cadre du festival INACT vont également avoir lieu tout au long de la soirée. »
L’organisation a souhaité cette année développer son engagement écologique en signant la charte d’engagement d’Éco Manifestation Alsace et a mis en œuvre plein de petites astuces pour décrocher le niveau deux. Le public sera mis a contribution.
Vernissage des Ateliers Ouverts, vendredi 17 mai à partir de 18h, au Bastion 14.
Vernissage des Ateliers Ouverts 2016 au Bastion (Photo : Alex Flores/Ateliers Ouverts/DR)
Les insomniaques pourront rejoindre le collectif de La Drèche pour une nuit blanche animée jusqu’à 8h du matin. Entre deux bâtiments, au pied des ateliers de menuiserie et de sérigraphie, concerts, bières et stammtisch seront au rendez-vous.
Nuit blanche, samedi 18 mai à partir de 20h, à la Drèche.
C’est la dernière année pour visiter La SemenceRIE, un immense hangar dans le quartier gare partagé par une trentaine d’artistes permanents. Les artistes de La SemenceRIE vont déménager avec dix autres structures au Garage Coop, au Port du Rhin en juillet 2019.
Fête avant déménagement, samedi 25 mai à partir de 20h, à La SemenceRIE.
Performance de Jérôme Rich à La Drèche en 2018 (Photo: Alex Flores / Ateliers Ouverts /DR)
Naissance d’un Off des Ateliers Ouverts
Les artistes refusés aux Ateliers Ouverts, Hervé Petit, Eban et Pinto Muñoz n’ont aucun ressentiment. Ils n’ont pas compris pourquoi ils n’étaient pas sélectionnés mais ils ne s’en offusquent pas. Ils ont toujours été enthousiasmés par les Ateliers Ouverts et ils seront d’ailleurs ouverts en marge de la manifestation :
« Nous sommes des gens libres. Heureusement ! Si les artistes ne le sont pas… c’est grave ! »
Le Off des Ateliers Ouverts aura bien lieu au sein du bâtiment de Zone d’Art dans leurs ateliers respectifs avec des artistes invités : Christine Mosser, Eve Guerrier, Pascal Koenig et François Nowakowski (Corps Étranger), des interventions théâtrales de Jérome Léger et des activités conviviales.
Un atelier ouvert comme les autres, à la seule différence qu’il ne figure pas dans la catalogue officiel des Ateliers Ouverts.
Off des Ateliers Ouverts, les 17-18 et 25-26 mai, à Zone d’Art.
Hervé Petit dans son atelier à Zone d’Art (Document remis / DR)
Vendredi 26 avril, une marche contre les violences conjugales et les féminicides aura lieu à Strasbourg. À l’appel du collectif Osez le féminisme 67, la manifestation partira de l’hôtel de police à 17h30 pour se diriger vers la place Kléber. Au coeur des revendications : la mise en place de mesures de protection efficaces pour les femmes victimes de violences.
Les associations et collectifs féministes de Strasbourg seront rassemblés, vendredi 26 avril, pour une marche contre les violences conjugales et les féminicides. La manifestation, organisée par le collectif Osez le féminisme 67, partira à 17h30 de l’hôtel de Police vers la place Kléber. Elle fait suite au meurtre de Sandra Baumann le 17 avril. Son compagnon a été mis en examen le lendemain pour « meurtre par conjoint », puis mis en détention provisoire. « Cette marche est à la fois un hommage à toutes les victimes et leur famille, mais aussi l’occasion de faire entendre nos revendications », explique Ursula Le Menn, militante et organisatrice de l’événement.
Une meilleure protection des victimes
Plusieurs collectifs se sont associés à cette mobilisation : Nous toutes 67, Les effronté-e-s Strasbourg, Le mouvement du nid et Les Héritier·e·s d’Athéna. Les principales revendications sont liées à la protection des victimes, comme l’explique Ursula Le Menn :
« Il n’y a pas assez de places dans les maisons d’accueil des victimes de violences. C’est un poids financier qui les empêche de partir de chez elles. Il faudrait aussi que les travailleurs sociaux soient formés à détecter les personnes qui subissent des violences. Surtout, il faut plus protéger les victimes : souvent, elles ont déjà porté plainte et il n’y a pas eu de réaction efficace… »
Le collectif Osez le féminisme 67 organise la marche. D’autres collectifs s’y sont associés : Nous toutes 67, Les effronté-e-s de Strasbourg et Les héritier·e·s d’Athéna.
Le collectif Osez le féminisme attend également des pouvoirs publics une campagne nationale. « Il faut montrer que ça fait partie d’un système machiste, et que les femmes ne sont pas la propriété des hommes », précise l’organisatrice de la marche. Pour cela, les associations demandent plus d’éducation et de sensibilisation dans le programme scolaire.
« Ça peut arriver près de chez nous »
Le 45e féminicide depuis le 1er janvier 2019 a eu lieu à Strasbourg, dans la nuit du mercredi 17 avril, selon le Collectif de recensement des féminicides conjugaux en France. Sandra Baumann, 25 ans, aurait été tuée par son compagnon. Un « déclic » pour le collectif Osez le féminisme, d’après Ursula Le Menn :
« C’est une grande tristesse de voir une femme tuée tous les deux jours. Et c’est un grand désarroi de voir que ça peut arriver près de chez nous. On pourrait être sa voisine. Cette marche est là pour montrer que ce sont pas juste des faits divers mais des personnes. »
Y aller
Marche contre les violences conjugales et les féminicides, à l’appel du collectif Osez le féminisme. Rendez-vous vendredi 26 avril à 17h30 devant l’hôtel de police, situé au 34 route de l’Hôpital à Strasbourg.
Dans la matinée du 24 avril, le Conseil des ministres a prononcé la dissolution du Bastion social pour « provocation à des manifestations armées dans la rue » et « provocation ou propagation d’idées incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence ».
Le président de la République avait annoncé la dissolution du Bastion social le 20 février 2019. Deux mois plus tard, le Conseil des ministres a prononcé la dissolution du groupuscule d’ultradroite et de toutes ses antennes locales (Les Petits Reblochons, Association Lugdunum, Cercle Frédéric Mistral, Cercle Honoré d’Estienne d’Orves, Association Arvernis et Solidarité Argentoratum, association strasbourgeoise). Cette décision se fonde sur deux articles du code de sécurité intérieure condamnant la « provocation à des manifestations armées dans la rue » (L.212-1 1°) et la « propagation d’idées incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance (…) à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »
L’éphémère « bastion social » de Lyon (capture d’écran)
Il y a près d’un mois, le Bastion social a reçu le dossier de dissolution du ministère de l’Intérieur. Le groupuscule « nationaliste-révolutionnaire » annonçait dans la foulée, par la voix de son association Cicéro, qu’il ne contesterait pas la procédure annoncée par le Président de la République. L’annonce présidentielle avait été présentée devant le Comité représentatif des institutions juives de France (Crif), laissant penser que la mesure visait à lutter contre l’antisémitisme. Selon une enquête de Mediapart, la volonté gouvernementale de dissoudre le Bastion social a précédé la série d’actes antisémites en France. Elle était surtout motivée par les actions du groupuscule d’ultradroite en marge des rassemblements des Gilets jaunes.
Selon un membre du Bastion social, « il n’y a aucun trace d’une accusation d’antisémitisme dans le dossier de dissolution ». Une source de la majorité gouvernementale, proche du dossier, a confié à Rue89 Strasbourg que les « actes antisémites avaient été un coup de pouce (pour dissoudre le groupuscule, ndlr) ». Mais ce soutien de La République en Marche ne connaissait « aucune piste particulière liée à l’antisémitisme (qui aurait été versée au dossier de dissolution, ndlr) »
Communiqué de presse du ministère de l’Intérieur suite à la dissolution du Bastion social prononcée en conseil des ministres dans la matinée du 24 avril.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
À l’appel de la CGT, une trentaine de salariés de l’usine Sew-Usocome de Brumath étaient en grève dans la matinée du mercredi 24 avril. Les propositions faites par l’entreprise à l’occasion des négociations annuelles obligatoires n’ont pas satisfait les salariés. Le mouvement reprendra lundi 29 avril, pour la deuxième réunion de négociations.
Devant l’usine Sew-Usocome de Brumath, une trentaine de salariés étaient en grève mercredi 24 avril. Pendant deux heures, à l’appel de la CGT, ils ont quitté leurs postes afin de faire entendre leurs revendications. À l’origine de ce mouvement, les propositions faites par l’entreprise à l’occasion des négociations annuelles obligatoires. « Ce n’est pas suffisant ! Les salariés ne sont pas contents », explique Sylvain Werner, délégué syndical CGT-Usocome. En 2012, l’entreprise avait lancé la construction d’une nouvelle usine à Brumath.
Mercredi 24 avril, devant l’usine Sew-Usocome de Brumath, au début de la mobilisation qui a duré deux heures.
« Reconnaître les efforts des salariés »
Lors des négociations, l’entreprise a proposé aux salariés une augmentation annuelle de 1,5% de leur salaire. La CGT réclame une hausse de 4%. « En dessous des 3%, on ne signera pas ! », précise Sylvain Werner. Une augmentation individuelle de 0,5% a aussi été mise sur la table, mais « on ne sait même pas qui est censé la recevoir ». Pour le délégué syndical, il faut « reconnaître les efforts des salariés » :
« Les salariés font deux heures supplémentaires, travaillent le samedi, font des équipes de nuit… Il faut que la direction entende leurs revendications »
Autre point important, la CGT réclame plus d’embauches. L’usine de Brumath compte 450 salariés et 173 intérimaires. « On les fait tourner tous les 18 mois, puis ils reviennent ensuite en intérim, en boucle. Ils travaillent plus pour être embauchés mais il n’y a qu’une cinquantaine d’embauches par an. » La CGT revendique également une augmentation du remboursement des frais kilométriques, une prise en charge des heures de nuit de 25% (contre 15% actuellement), 60 000€ pour les biens sociaux (chèques vacances, etc) et 900€ de prime vacances (contre 360€ actuellement).
Appel à mobilisation
La deuxième réunion de négociations aura lieu le lundi 29 avril, sur le site Sew-Usocome d’Haguenau. À cette occasion, la CGT appelle les salariés de l’ensemble du groupe à se mobiliser devant l’usine. D’après Sylvain Werner, délégué syndical CGT-Usocome :
« Il faut se mobiliser. On travaille toujours plus mais en étant payé pareil. On ressent de la pression, le management ne va pas du tout. Le groupe doit partager les richesses créées par les salariés. »
Le Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg a voté les modalités pour contourner la hausse de 1 500% des frais de scolarité pour les non-européens. Comme les étudiants actuels ne sont pas concernés, cela suffira pour 2019/2020, mais pas au-delà. Pour la suite, elle cherche d’autres pistes.
L’Université de Strasbourg (Unistra) était bien renseignée. En dépit de l’opposition annoncée de son président, les décrets sur la multiplication par 16 des frais de scolarité pour les étudiants non-européens (de 170€ à 2 770€ pour les licences et 243€ à 3 770€ pour le master) sont parus le dimanche 21 avril. Elle a pu, comme programmé, délibérer lors d’un conseil d’administration extraordinaire dès la reprise après le week-end de Pâques ce mardi 23 avril.
Comme l’indiquait Rue89 Strasbourg, la délibération prévoit que les étudiants dits extra-communautaires voient leur frais abaissés au même prix que leurs homologues. Une différence financée par les fonds de l’Unistra. Le gouvernement a d’ailleurs rappelé cette disposition, dans la limite de 10% des effectifs, dans une « fiche pratique » aux universités, « en raison du temps nécessaire pour construire et mettre en place une stratégie d’attractivité de l’établissement ».
L’Université de Strasbourg cherche à maintenir son fort contingent d’étudiants étrangers malgré l’explosion de leurs frais de scolarité. (Photo Pascal Bastien / Divergence)
Joint à l’issue du conseil, le président de l’université de Strasbourg, Michel Deneken, affirme que compte tenu des exceptions listées dans les décrets, il est désormais possible d’exonérer l’ensemble des demandeurs (argument opposé en mars, car le seuil aurait été franchi) :
« Tout le monde sera exonéré en 2019/2020, la marge est même un peu plus importante que prévue. »
Complications après 2020
Mais cela va se compliquer à l’avenir, car les étudiants actuels qui ont entamé leurs études en France ne sont pas concernés par cette hausse. Avec les années, ces derniers termineront leur cursus et seront remplacés par d’autres qui ne seront plus exemptés.
Michel Deneken assure que la bataille politique ayant échoué, les directions, qui ont pour la plupart affirmé une opposition à cette hausse subite jamais évoquée lors de la campagne présidentielle, cherchent désormais d’autres pistes pour contourner la législation :
« On a vu au Sénat et à l’Assemblée nationale, il y avait certes des amendements, mais la mesure a quand même abouti. On explore les pistes au niveau de la Conférence des présidents d’Université (CPU), comme des conventions avec des établissements extra-communautaires, qui précisent que les frais de scolarité sont « réciproques ». En clair, il faudra qu’un étudiant s’inscrive dans un établissement non-européen et vienne étudier chez nous pour ne pas être comptabilisé comme extra-communautaire. Les décrets proposent aussi des exonérations qui vont dans le sens des stratégies des établissements, or nous avons un axe fort avec l’Afrique noire et francophone. Nous utiliserons au maximum ce que la réglementation nous propose. En annexe, nous avons aussi rappelé la motion d’opposition que nous avons votée à l’unanimité en janvier, qui remonte au Rectorat, représenté au conseil d’administration. »
Représentant de l’association majoritaire d’étudiants l’Afges, opposée à la mesure, Alexandre Meny se satisfait de la décision temporaire, mais rappelle qu’il faudra reprendre des décisions à l’avenir :
« C’est une délibération pansement. Le décret a permis d’enlever les boursiers d’État du décompte des 10%, qui représentent 2,4% des effectifs. Si bien que le pourcentage d’extra-communautaires d’exonérés serait de 9,2% en 2019/2020, s’il y a le même nombre de demandes qu’en 2018/2019 (les premiers retours indiquent une baisse drastique des candidatures partout en France, ndlr). Le CA a aussi demandé à ce qu’une telle exonération soit pérenne et rappelé son opposition même s’il est vrai qu’elle ne fonctionne pas. La piste de la convention avec les établissements étrangers est intéressante. »
Reste que cette exonération générale va représenter un manque à gagner pour l’Unistra et que l’État pourra répondre aux établissements d’activer ces nouvelles recettes potentielles en cas de difficultés budgétaires. « On l’assume. On verra dans le temps si c’est tenable », répond Michel Deneken.
Des mesures d’acceptation pour l’opposition
Pour s’opposer plus frontalement, le syndicat d’enseignants SNESUP-FSU avait proposé de mettre en jeu une démission collective du président et des administrateurs. « Cela n’a pas été rappelé en conseil d’administration. Cela n’aurait aucune incidence sur les décrets, si ce n’est d’affaiblir l’Université. C’est le gouvernement qui augmente les droits et l’Université de Strasbourg qui les baisse, pas l’inverse. Si on ne votait rien, la hausse s’appliquait », balaie Michel Deneken.
Pour l’opposition, ces différents aménagements permettent en fait de faciliter l’entrée progressive de cette mesure, d’éviter les articles critiques reflétant le destin d’étudiants brillants obligés de rentrer dans leur pays, mais pas de s’opposer frontalement.
Pour Julien Gossa, élu de la liste Alternative, « l’exonération globale n’est en aucun cas une mesure d’opposition, mais une mesure de bonne mise en œuvre » :
« Michel Deneken a refusé que le CA demande l’abrogation de la mesure, que l’on refuse de faire payer des droits différenciés, quitte à baisser le nombre d’étudiants, ainsi que de banaliser un journée en signe de protestation. Il n’y a aucune vision au-delà d’un an, ce qui n’a aucun sens. Interrogé sur sa vision des frais d’inscription sur les 5/10 prochaines années, il a répondu qu’il n’en savait rien, mais qu’il ne fallait plus compter sur le financement publics, chroniquement insuffisants pour assurer nos missions. »
Une partie des membres de la liste opposante a quitté la salle sans participer au vote. La délibération a été adoptée à l’unanimité moins une abstention. Mais le sujet devrait revenir dans les futurs conseils d’administration.
Candidat à la candidature pour la droite à Strasbourg en 2020, le conseiller municipal d’opposition livre ses premières propositions pour la ville.
Jean-Philippe Vetter reçoit au Parlement européen, où il travaille comme assistant pour Geoffroy Didier, quelques heures avant le début d’une session plénière.
Rue89 Strasbourg : Comment se passe votre pré-campagne ?
Jean-Philippe Vetter : La première réunion publique du 11 février a réuni plus de 200 personnes, dont beaucoup qui ne sont pas des habitués de ce type de soirées. Le tout, à plus d’un an de l’élection, sans avoir le fichier d’adhérents du parti, ni de grand élu national invité. J’ai pu y présenter les trois grandes thématiques que je veux porter : le rayonnement, le quotidien et enfin un nouveau contrat de gouvernance avec les Strasbourgeois. Cette soirée m’a conforté dans l’idée que beaucoup de Strasbourgeois veulent du renouvellement, un regard neuf, comme dans toutes sphères de la vie publique.
Je termine en ce moment le volet sur le rayonnement, suite à beaucoup de rencontres. Les propositions concrètes sur le quotidien et la gouvernance seront dévoilées vers la mi-juin. Mon idée, c’est que quand on est aux manettes depuis 10-12 ans même quand on veut bien faire, on crée des inimitiés, des rapports conflictuels, et des habitudes, souvent mauvaises. Donc on a tout à gagner à avoir un regard neuf.
En face, que ce soit Alain Fontanel qui est plus ou moins déjà maire dans son esprit, et Robert Herrmann élu depuis plus de 30 ans, on a deux personnes qui sont confrontées à cette usure du pouvoir. L’exemple de la mendicité agressive est parlant. Robert Herrmann a été adjoint à la sécurité depuis des années, interpellé plusieurs fois, et propose juste avant une élection un arrêté anti-mendicité, après avoir eu tous les leviers. Leur situation les rend moins crédible pour apporter des solutions nouvelles.
Vous ne voyez pas de différences entre Robert Herrmann et Alain Fontanel ?
Je veux bien qu’il y ait du bla bla, des différences de parole, mais dans les actes, ils ont tout voté ensemble : les 9 millions d’euros d’aide pour la zone commerciale à Vendenheim, le soutien au projet MK2 à Schiltigheim qui va tuer le cinéma en centre-ville, la suppression de places de stationnement, l’impuissance face à la mendicité agressive. J’aimerais maintenant une équipe qui s’entende et puisse travailler ensemble.
Jean-Philippe Vetter est l’un des deux candidats déclaré pour la droite à Strasbourg. Avant d’autres ? (photo Pascal Bastien / Divergence)
Quelles sont vos premières propositions ?
Dans le centre-ville, je veux compenser les 400 places de stationnement disparues en surface, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, par des places souterraines et à proximité du centre-ville. Cela fait 10 ans que Roland Ries promet un parking et ne l’a pas fait. L’emplacement actuel envisagé, place de l’Université ne me convient pas. Il le faut plus près du centre, soit avenue de la Liberté, soit place de la Bourse ou place de l’Étoile. Il y a même une idée de relier en souterrain les places du Corbeau et Gutenberg, sous l’Ill. Ainsi on n’aurait plus ces longues files d’attentes dans les rues.
La Place du Château, est l’une des plus belles place de France et rien ne s’y passe. Je suis pour un vrai beau kiosque, où l’on puisse servir un verre, de manière classe. C’était bien de supprimer le parking, mais il faut faire vivre cette belle place maintenant. Les candidats issus de la majorité vont peut-être le proposer, mais cela fait 6 ans que la place existe et rien n’a été fait.
J’aimerais faire revivre les quartiers en se fondant sur leurs histoires : les maraîchers à la Robertsau, les romains à Kœnigshoffen, Cronenbourg autour de la bière. On y instaurerait des événements et des pépinières d’entreprises du quartier, parfois à vocation sociale, comme à Vienne.
Je suis cycliste, mais avec les livraisons de nourriture, on voit des situations dangereuses, où l’accident n’est qu’une question de temps. Je suis pour qu’on reste une ville cycliste, mais qu’on organise les choses. De la même manière qu’on contrôle plus Airbnb, j’aimerais qu’on force ces plateformes à abandonner la paie par course. Quand j’étais livreur de pizza, il y avait un numéro « Est-ce que je conduis bien », où tout le monde pouvait appeler.
Enfin, la défense du siège du Parlement européen doit être la priorité. C’est la clé du rayonnement. J’entends des candidats dire que ce n’est pas un sujet central (référence à Philippe Bies, autre candidat du PS, ndlr) mais si ! Ça ne l’est peut-être pas tant qu’il est là, mais il le deviendra s’il s’en va. C’est ce qui fait que dans toutes les capitales d’Europe, on sait où est Strasbourg. Travailler au Parlement est un atout, qui me permet de comprendre ce qu’il souhaite. On a des atouts extraordinaires pour qu’il reste, mais aussi qu’il accueille de plus en plus de fonctionnaires.
On sent une forme de lassitude au Parlement. Il demande la fermeture des berges, il s’agrandit sans payer ses terrains, les eurodéputés ont des demandes pour l’accessibilité aérienne, et pourtant il ne veut pas s’implanter ici.
Ces demandes ne sont rien comparées aux retombées, en milliers d’emploi, en tourisme, pour les restaurateurs, les hôteliers. On serait fou de ne pas défendre ce Parlement. Le maire de Strasbourg doit être l’ambassadeur du Parlement et présent à chaque session. Les petites histoire font les grandes. Il suffit que dans chaque délégation, il y ait une ou l’autre personne convaincue qui défende Strasbourg, et elle peut entraîner les autres. On explique que Strasbourg est trop cher, alors qu’à Bruxelles on envisage de refaire le bâtiment pour 500 millions d’euros. Après avoir entendu que Strasbourg coûte trop cher, il faut retourner l’argument. C’est une gabegie annoncée et on dit « chut, n’en parlons pas ». La municipalité a actionné des leviers, tout n’est pas mauvais, mais on commence à peine.
Pour le députés ça ne change pas grand chose d’aller de chez lui à Strasbourg ou Bruxelles. Strasbourg est l’antidote aux critiques sur l’Europe, la Commission, les États.
Si j’ai envie d’une ville qui rayonne, accessible, c’est pour que des entrepreneurs s’installent. Pas parce que j’aime les entrepreneurs, mais j’aime les emplois qu’ils créent. Il y a quasiment 20% de chômage à Strasbourg, ce qui veut dire que si on a 4 ou 5% dans certains quartiers, on va jusqu’à 50% dans d’autres. Et encore une partie des gens n’est même pas inscrite. Il faut aussi qu’on puisse conserver un tissu industriel pour offrir un travail à tout le monde. Sinon que fait-on de ceux qui n’ont pas eu les moyens ou l’opportunité de réussir dans leurs études. Le quartier d’affaires ne leur offrira pas ces emplois.
Mais des industries en ville, ce sont aussi des nuisances, du bruit…
La vraie nuisance quotidienne, c’est de voir ses deux parents qui ne se lèvent pas, car ils sont au chômage ou au RSA.
Quel a été le déclic dans votre candidature ?
Je veux que les Strasbourgeois qui iront se lever le dimanche matin pour voter aient une candidature qui puisse représenter un changement. Comme le Front national et la France insoumise n’incarnent pas une alternative crédible, je veux la représenter.
On ne peut pas dire, comme cela a été dit en 2008 après la défaite de la droite, qu’une page sombre se tourne et qu’on va passer des ténèbres à la lumière. Je ne suis pas dans l’anti-Ries, mais dans l’après-Ries.
Qu’est-ce qu’il y a eu de positif pendant ce mandat ?
Le piétonisation des quais va permettre de grandir le centre-ville, avec un lieu agréable, le tram vers Kehl est un beau symbole, même s’il n’est pas sans poser des difficultés pour les commerçants ou que Kœnigshoffen attend toujours son tram. Le quartier d’affaires au Wacken, sur le principe, est une bonne idée. Quand on sort du Parlement et qu’on voit la ville du XXIè siècle se construire, c’est intéressant. Mais il n’a pas été pensé comme accessible en voiture. L’équipe en place s’est imaginée empêcher les cadres et chefs d’entreprises de prendre leur voiture et la réalité les a rattrapé. Elle s’est résolue à mettre un grand parking en silo, une verrue, sur le plus bel emplacement de Strasbourg, face au Parlement. Dans toutes les villes du monde on essaie de cacher ces parkings. C’est un erreur stratégique.
Et de négatif ?
À force de non-choix, Strasbourg devient la spécialiste des projets en papier glacé. On attend un stade de la Meinau depuis des années, on en est encore à discuter d’images de synthèse, alors qu’on aurait dû accueillir l’Euro 2016. Ce n’est même pas moi qui le disait, mais Jacques Bigot et Roland Ries en 2008. Si le Racing en est là aujourd’hui, ce n’est pas grâce à la mairie. Au contraire, le stade est toujours plein et il manque quelques places pour que le club gagne en ressources.
Pour le Parc des expositions, on a dépensé 7 millions d’euros pour des études parties en fumée, puis on achète une structure temporaire, avant la version définitive. Alors que dès 2008, Roland Ries voulait le changer. Les atermoiements sur le Grand Contournement Ouest (GCO), d’abord contre puis pour, ont aussi fait perdre beaucoup de temps. On a aussi eu un maire de Strasbourg capable de voter blanc lors du référendum pour la Région Alsace, ce qui entres autres faisait le jeu du non. Aujourd’hui, on se retrouve à discuter de la fusion des départements.
On sent une demande pour plus d’écologie, comment allez-vous y répondre ?
C’est dans les gènes de Strasbourg d’être exemplaire et agréable, qu’elle soit à droite et à gauche. C’est la ville du tram et ça ne doit jamais changer. Si l’on confie la requalification de l’A35 aux mêmes élus qu’aujourd’hui, cela va donner le même résultat que sur la route du Rhin, où chaque mètre-carré est devenu le terrain de jeu des promoteurs. C’est ma grande crainte. Tous ont voté un PLU avec 50 000 personnes à Strasbourg dans les 10 prochaines années et ça en est la conséquence. Je suis contre ce bétonnage et on ne peut pas dire que les Verts l’ait empêché. La Neustadt est un exemple de densité qui vieillit bien, que l’on ne détruit pas avec les années.
J’aimerais aussi créer plus d’espaces verts. Je suis fermement opposé à ce dogme de la minéralité de toutes les places, même les quais dont le concept est réussi, sont extrêmement minéraux.
Mais avec 150 000 véhicules par jour même après le GCO, difficile d’imaginer un boulevard à la place de l’autoroute.
Toute la question va être l’utilité du GCO, que les personnes aillent sur l’autoroute dès qu’ils sont en transit et que ceux qui se rendent à Strasbourg y arrivent par un boulevard plus lent.
Revenons à la politique, quelles sont vos différences avec Jean-Philippe Maurer, l’autre candidat pour la droite ?
Je trouve ça bien qu’il y ait plusieurs candidatures, cela créé une émulation. On est collègues et l’ambition est de porter un projet commun. Jean-Philippe est conseiller départemental, élu depuis 1998, ancien député, basé à la Meinau depuis des années. Moi depuis 2008, j’ai vécu dans différents quartiers et je viens avec un regard neuf, en dehors de la routine. Ces regards générationnels ne doivent s’entrechoquer mais se compléter, avec d’autres.
Qu’est-ce qui vous a marqué lors de ce mandat dans l’opposition, votre premier ?
Roland Ries a été élu avec 1% des voix de plus que Fabienne Keller. C’est un maire minoritaire, mais c’est comme s’il avait eu 100% des voix. Le nombre de fois où on l’a alerté sur des mauvaises décisions et qu’il a juste répondu « bon, on n’est pas d’accord », puis on passe au vote, afin de garder une cohésion de façade… C’est sa qualité et son défaut. La démocratie locale doit être repensée, en prenant en compte l’avis de l’opposition. J’aimerais impliquer les Strasbourgeois dans l’élaboration du budget, sans augmenter les impôts. Avec les Gilets jaunes, il y a eu des demandes pour plus de prestations sociales, mais moins de taxation. Cela implique des choix clairs.
Je pense aussi que maire de Strasbourg doit être un job à plein temps et ne peut se cumuler avec celui de président de l’Eurométropole. Le maire ne peut pas passer son temps dans les 32 communes, dont 80% font moins de 10 000 habitants et dont la réalité est toute autre.
Le président de l’Eurométropole doit-il venir de Strasbourg ?
Je n’ai pas de religion là-dessus. Il faut quelqu’un qui puisse fédérer Strasbourg et toutes les communes.
Depuis 2011, le Palais des Fêtes de Strasbourg est en rénovation. La deuxième phase de travaux, qui a débuté en juillet 2018, s’attelle à restaurer la grande salle, qui accueillera des concerts. Le premier aura lieu le 31 janvier 2020. À cette date, l’orchestre philharmonique de Strasbourg inaugurera la salle, alors qu’il ne s’est pas produit au Palais depuis plus de 40 ans.
La grande salle du Palais des Fêtes ouvrira ses portes le 31 janvier 2020. Pour l’occasion, l’Orchestre philharmonique de Strasbourg s’y produira. Un concert symbolique, puisque l’Orchestre n’y a pas joué depuis 1975, après avoir été délocalisé au Palais des Congrès. « C’est un hommage à l’histoire de cette salle, qui a été un grand lieu de musique de 1903 à 1975 », précise Alain Fontanel, premier adjoint (LREM) au maire de Strasbourg, en charge de la Culture.
En 2015, après trois ans de travaux, une partie avait du Palais des Fêtes avait rouverte. Le reste sera accessible en janvier 2020. Photo : CL / Rue89 Strasbourg
La grande salle pourra accueillir jusqu’à 1 100 spectateurs. L’endroit avait l’habitude d’accueillir des concerts classiques, et restera dans cette lignée. La chorale strasbourgeoise retrouvera ainsi sa place dans les murs, comme l’explique Florence Mathonat, chef de projet depuis 2008 :
« C’est le chœur d’hommes de Strasbourg qui a financé le Palais des Fêtes, à l’époque. Ils ont initié sa création. La chorale strasbourgeoise a conservé ses bureaux ici, et pourra reprendre possession des lieux dès la réouverture. »
Encore 10 mois de travaux
La deuxième phase des travaux, qui a commencé en juillet 2018, devrait être terminée pour décembre 2019. Les équipes s’attaquent à la rénovation de la grande salle et du hall, mais aussi aux travaux de mise en sécurité incendie et d’accessibilité aux personnes handicapées. Le tout pour un coût de 6,6 millions d’euros, financés par la Ville de Strasbourg et l’État. Nathalie Haas, architecte sur le chantier depuis 2011, fait un point sur l’avancée des travaux :
« La toiture et la voûte seront terminés pour juillet. Ensuite, on s’attaquera au chauffage, à la ventilation et la sécurité incendie. On terminera par la restauration de la grande cour et le ravalement de façade. Tout sera livré en décembre ! »
La voute du Palais des Fêtes fera 14 mètres de haut et plus de 1000 mètres carré.
En août 2018, les équipes de restauration de la grande salle de spectacle du Palais des Fêtes avaient découvert une fresque datant de la construction du bâtiment, en 1903. Après discussions, il a finalement été décidé de refermer la fresque afin de la conserver. Mais les architectes se sont inspirés de la fresque pour choisir la teinte du plafond, qui sera repeint en beige avec des reflets dorés. « Nous la refermons pour la protéger, mais si un jour la ville veut la restaurer, ce sera possible », précise Nathalie Haas.
La fresque découverte au Palais des Fêtes date de 1903. Elle sera fermée pour être protégée, en attendant une éventuelle restauration. Photo : CL / Rue89 Strasbourg
Un lieu symbolique
Pour les équipes qui travaillent sur le chantier, l’aventure prendra fin en décembre. « Ça va hyper vite ! On fait des photos pour garder une mémoire de tout ça », confie Florence Mathonat, chef de projet.
La grande salle du Palais des Fêtes, qui est pour l’instant encore en travaux, accueillera des concerts de musique classique. Photo : CL / Rue89 Strasbourg
Après l’arrestation d’un journaliste, son placement en garde à vue et son interdiction d’exercer prononcée par la justice, les rédactions de Rue89 Bordeaux, Lyon et Strasbourg s’associent pour protester contre cette dérive des forces de l’ordre et de la justice.
Gaspard Glanz est un journaliste indépendant et ancien collaborateur de Rue89 Strasbourg. Interpellé samedi lors de l’acte XXIII des Gilets jaunes, il a été placé 48 heures en garde à vue. La raison ? Il a fait un doigt d’honneur à un policier, après avoir été violemment repoussé par celui-ci, alors qu’il voulait s’adresser à un commissaire pour se plaindre d’une grenade de désencerclement reçue entre ses jambes durant l’exercice de sa profession.
Si ce geste est condamnable, personne n’a jamais été autant sanctionné pour un outrage aux forces de l’ordre, très fréquents lors des tensions qui émaillent les manifestations.
Mais outre cette mesure déjà disproportionnée, le tribunal de Paris lui a interdit de faire son travail lors des prochaines manifestations des Gilets jaunes jusqu’à la tenue de son audience en octobre ! En 2019, en France, un journaliste est interdit d’exercer son métier et c’est absolument inacceptable.
La carte de presse est un document administratif, elle ne constitue pas une autorisation officielle pour exercer la profession de journaliste, qui n’est pas réglementée. Elle ne permet en aucun cas de considérer la qualité ou la pertinence du travail de son porteur.
La presse et sa diversité sont des indicateurs importants pour mesurer le fonctionnement d’une véritable démocratie. Menacer les journalistes, c’est menacer cette démocratie.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Dans une réponse à son vice-président Mathieu Cahn, le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, annonce une augmentation de 1,8% des barèmes sociaux de la CTS. Une première depuis leur instauration en 2010.
Alors que le débat sur la gratuité des transports en commun s’est doucement ouvert à Strasbourg, d’autres ont tenté d’adresser un autre aspect du prix : la tarification sociale mise en place en 2010. Mathieu Cahn, devenu président . . .
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En septembre 2018, le service archéologie de la préfecture a prescrit une ultime fouille sur le chantier du GCO, entre Vendenheim et Eckwersheim. Quelques mois plus tard, un gigantesque remblai de terre recouvre la zone. L’opération est annulée. Cet exemple témoigne de relations parfois tendues entre la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et le constructeur-exploitant Arcos. La filiale de Vinci a déjà reçu un rappel à l’ordre pour six entraves aux travaux d’archéologie.
Vinci n’aime pas l’archéologie. Plus de deux ans après le début des fouilles, sa filiale Arcos veut construire le Grand Contournement Ouest (GCO) au plus vite… quitte à oublier ses obligations. Entre Vendenheim et Eckwersheim, des archéologues devaient réaliser début mars les dernières fouilles en marge du chantier. Ils ne se sont jamais rendus sur place. Le 26 mars 2019, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) publiait un arrêté pour annuler l’opération. L’unique explication lisible sur l’arrêté : « la première tranche des fouilles a permis de récolter les renseignements nécessaires à la compréhension du site. » L’enquête de Rue89 Strasbourg révèle une autre raison derrière cette décision.
La construction de ce pont provisoire a déplacé des tonnes de terre sur une zone destinée à la fouille archéologique. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Deux arrêtés contradictoires, un remblais
Le 6 septembre 2018, un arrêté préfectoral autorisait une deuxième tranche de fouille entre Vendenheim et Eckwersheim. La Drac justifiait l’opération en « considérant la nécessité d’une seconde phase d’intervention afin de procéder à la fouille de la zone anciennement protégée. » Les mois passent et Arcos ne met pas la fouille en œuvre. Début 2019, la filiale de Vinci recouvre même la zone prescrite d’un gigantesque remblais. Autour du canal de la Marne au Rhin, le chantier d’un pont provisoire a déplacé des tonnes de terre sur la zone à fouiller. Les scientifiques d’Alsace Archéologie ne se rendront donc pas sur place.
Les premiers diagnostics sur ce site ont permis de découvrir la trace d’un habitat du néolithique ancien, d’une occupation de l’âge de Bronze et de mobilier céramique du néolithique à la protohistoire. L’ultime opération archéologique était prévue pour trouver « d’éventuels aménagements de berge. » Un premier arrêté a affirmé la nécessité de cette fouille. Sept mois plus tard, un second indique le contraire.
« Au vu du remblaiement du terrain… »
Pour répondre à nos questions, Nicolas Payraud, conservateur régional de l’archéologie adjoint, se perd dans les innombrables documents liés aux 33 fouilles prescrites dans le cadre du GCO. Sur ce sujet sensible, l’archéologue de formation assure d’abord de la régularité de la procédure et souligne les nombreuses découvertes réalisées au cours des trois dernières années. Confronté aux deux arrêtés contradictoires, le responsable livre sa compréhension :
« En mars 2019, ma décision, c’est d’abroger la deuxième tranche de fouille, au vu du remblaiement du terrain, qui fait que les travaux prévus ne portent plus atteinte aux éventuels vestiges et que la fouille de la première tranche a donné suffisamment d’informations. Je ne sais pas quelle était la nature des travaux prévus en septembre 2018 (étant en poste depuis janvier 2019, ndlr). »
Carte de la fouille prescrite par l’arrêté préfectoral SRA 2017/A155 entre Vendenheim et Eckwersheim. La deuxième phase de l’opération archéologique est représentée par les deux tranchées grisées partant du rectangle gris.
Que s’est-il passé entre septembre 2018 et mars 2019 entre Vendenheim et Eckwersheim, mystère. Arcos n’a pas souhaité répondre à nos questions. Ce qui est sûr, c’est qu’aucune « opération n’a eu lieu entre septembre et décembre 2018 », indique Nicolas Payraud. Puis début 2019, la filiale de Vinci a lancé la construction d’un pont provisoire qui a déplacé des tonnes de terre sur la zone à fouiller. L’entreprise a ainsi rendu quasi-impossible le travail des archéologues. Il aurait fallu déplacer le remblai pour fouiller, et espérer que les éventuels vestiges n’ont pas été abîmés par le poids de la terre déplacée… L’opération aurait été probablement inutile. Selon les conclusions du diagnostic préliminaire, livrées dans l’arrêté préfectoral SRA Numéro 2017/A155 du 16 mai 2017, un quart des tests pratiqués indiquent « une faible profondeur conservée ».
Selon les conclusions d’un diagnostic préliminaire réalisé sur le site 6-1, les vestiges découverts se trouvent souvent à une faible profondeur. Pas sûr qu’ils aient survécu à la pose d’un remblais de plusieurs tonnes.
Un rappel à l’ordre général pour Arcos
Tout au long des fouilles, les archéologues ont subi cette urgence du chantier. Les causes sont multiples : un chantier hors-normes, avec 33 fouilles à réaliser sur un tracé de 24 kilomètres. Les contraintes écologiques ou environnementales exigent parfois de reporter les opérations. Le projet autoroutier évolue aussi, obligeant les scientifiques à modifier leurs plans. Les calendriers s’entrechoquent.
Selon nos informations, Alsace Archéologie a plusieurs fois subi des reports de fouille décidés par Arcos. Des archéologues embauchés en CDD ont dû poser des congés, leurs contrats ont été allongés… Ce sont les équipes archéologiques qui s’adaptent au maximum au calendrier d’Arcos, qui est soumise à des pénalités financières en cas de retard. Nicolas Payraud déplore l’attitude du concessionnaire autoroutier :
« Globalement les choses se sont bien passées mais il y a eu divers types de travaux qui ont pu constituer une gêne. Par exemple, deux fois des poses de canalisation ont été faites avant ou pendant les fouilles… Le constructeur met une pression sur les archéologues parce qu’il doit respecter ses délais. Les équipes sont lessivées par trois ans de recherches et de résultats. Elles ont fait un travail remarquable. D’où nos regrets quand on voit qu’on doit envoyer un rappel à l’ordre sur six chantiers (sur 33, ndlr) alors qu’on a toujours été très réactifs. »
Ces tensions ne datent pas de la fin des fouilles archéologiques. Suite aux diagnostics préventifs, début 2017, Vinci se plaint d’avoir à attendre la fouille de 33 sites (suite aux 47 « points d’intérêt » identifiés lors du diagnostic) et se tourne vers la préfecture. Un agent se souvient de la bataille en coulisses pour maintenir toutes les opérations prescrites : « Au départ, les constructeurs avaient sous-estimé l’archéologie de manière extraordinaire… »
Garder le cap malgré les critiques
Ce rappel à l’ordre peut donner lieu à des sanctions. Mais Arcos a pour l’instant ignoré la Drac : « Notre rappel n’a été suivi d’aucune réponse », regrette Nicolas Payraud.
En 2017, plusieurs maires ont déploré des efforts insuffisants pour les fouilles préliminaires. Jean-Charles Lambert, maire de Stutzheim-Offenheim, estimait alors que les diagnostics archéologiques devaient être réalisés sur 10% de la surface concernée par les travaux. Avec l’accord de la Drac, ces fouilles préliminaires n’ont porté que sur 5% de la zone à aménager, justifié par les fouilles précédentes dans le secteur, notamment pour la LGV Est.
Les archéologues ne se plaignent pas. Vinci leur a donné du travail pour plusieurs années. Il pourrait en donner encore sur d’autres projets. Tout comme Arcos, Alsace Archéologie n’a pas souhaité donner suite à nos demandes d’interview.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Alors qu’il couvrait l’acte XXIII des Gilets jaunes à Paris, le journaliste indépendant Gaspard Glanz a été arrêté par les forces de l’ordre, puis présenté à un procureur lundi. En attendant son jugement, il lui a été interdit d’être à Paris les samedis et le 1er mai. Gaspard Glanz a été collaborateur de Rue89 Strasbourg pendant quelques mois.
Journaliste indépendant et fondateur de Taranis News, Gaspard Glanz a une nouvelle fois été arrêté par la police samedi 20 avril, alors qu’il couvrait la manifestation des Gilets jaunes à Paris.
S’estimant visé par un tir de grenade, comme d’autres journalistes particulièrement visés par les forces de l’ordre ce jour-là, Gaspard Glanz est allé à la rencontre des policiers pour demander des explications. Mais il a été interpellé et placé en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » et « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique, » en raison d’un doigt d’honneur qu’il a brandi face à des policiers. Lundi après-midi, il a été présenté à un procureur de la République qui lui a signifié qu’en attendant son jugement, le 18 octobre, il faisait l’objet d’une mesure de restriction lui interdisant d’être à Paris les samedis et le 1er mai.
Vidéo de l’interpellation de Gaspard Glanz (vidéo Hors-Zone Press / YouTube)
Un autre journaliste, Alexis Kraland, a également été arrêté samedi puis relâché dans la soirée. Dans un communiqué, le SNJ-CGT a estimé que le pouvoir cherchait « à intimider les journalistes en les empêchant d’informer les citoyens de ce pays. » Le SNJ s’alarme de son côté que 62 atteintes des forces de l’ordre contre des journalistes ont été relevées depuis le début du mouvement des Gilets jaunes.
Gaspard Glanz, sur le front social depuis 2005
Né à Strasbourg le 22 avril 1987, Gaspard Glanz s’est fait connaître à l’occasion des manifestations contre le CPE. Alors lycéen, il mène la contestation entre 2005 et 2006 contre cette réforme du gouvernement avec un certain succès, notamment au lycée des Pontonniers où il est scolarisé. Le 4 avril 2006, une manifestation devant ce lycée est particulièrement tendue et des insultes fusent, Gaspard Glanz est poursuivi pour insultes et menaces de mort, il sera condamné à une amende de 500€.
Après ses études à Rennes, Gaspard Glanz fonde Taranis News et débute sa carrière de journaliste indépendant. Il filme et diffuse des vidéos sur Youtube avec un talent certain pour être au bon endroit lors des manifestations les plus tendues. Il sera en première ligne lors de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et dans la jungle de Calais, ce qui lui vaudra l’ire des policiers qui sont parvenus à l’écarter de la zone avec une mesure d’interdiction du département.
Déjà gardé à vue alors qu’il filmait
Gaspard Glanz a collaboré avec Rue89 Strasbourg, Rue89 national et Reporterre ainsi que pour de nombreuses chaînes de télévision. En 2015, alors qu’il filmait une action de militants contre l’évasion fiscale à Strasbourg, Gaspard Glanz s’est déjà fait arrêter par la police, et placé en garde à vue pendant 24 heures, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui… Une méprise initiale qui a été transformée en punition parce que déjà, Gaspard Glanz avait le don d’énerver les policiers.
En 2016, Gaspard Glanz a découvert qu’il faisait l’objet d’une « fiche S » comme il l’explique à Streetpress, un dispositif normalement réservé aux personnes soupçonnées de radicalisation islamiste, de terrorisme ou membres de la « mouvance anarcho-autonome » comme disent les policiers. C’est sous cette dernière qualification qu’est signalé Gaspard Glanz…
Une manifestation a eu lieu à Paris lundi devant le commissariat où Gaspard Glanz a été détenu (Photo Helena Berkaoui)
Son père, Éric Glanz, a mis en ligne une pétition sur Change.org pour exiger que son fils soit libéré et que soit retirée sa fiche S. À l’heure de publier cet article, la pétition compte 17 000 signatures.