Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Pour le 1er mai, les droits des travailleurs et un peu plus d’écologie dans le défilé des syndicats

Pour le 1er mai, les droits des travailleurs et un peu plus d’écologie dans le défilé des syndicats

À l’occasion du mercredi 1er mai, la plupart des syndicats de salariés à l’exception de la CFDT appellent l’ensemble les citoyens à se rassembler. La manifestation partira à 10h, place du Maréchal de Lattre de Tassigny. À rebours des « contre-réformes » du gouvernement, les syndicats défendent l’amélioration des droits des travailleurs, le progrès social, la paix et la solidarité internationale, sans oublier la transition environementale.

Mercredi 1er mai, les syndicats seront mobilisés comme à leur habitude à Strasbourg. Les organisations CGT, FSU, Solidaires, Unef, UNL, FO et CNT appellent ensemble à une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire. À Strasbourg, cette manifestation partira de la place du Maréchal de Lattre de Tassigny, dite « place de la Bourse » à 10h. Des salariés des hôpitaux universitaires de Strasbourg, qui étaient en grève lundi, d’EHPAD et de la sucrerie d’Erstein, menacée par un plan social, ont annoncé leur présence.

Comme il est d’usage, d’autres structures s’agrègent à ce défilé hétéroclite. Ainsi, un « cortège féministe » avec plusieurs associations et collectifs tels Osez le féminisme 67, Les Effronté-e-s Strasbourg, Les Héritier·e·s d’Athéna (dont on vous parle ici), La Nouvelle Lune et Nous Toutes 67 compte défiler pour la cause des femmes.

Un sujet local s’invite dans les revendications

Suite à la publication par le maire d’un arrêté anti-mendicité dans trois lieux du centre de Strasbourg, plusieurs collectifs d’aide aux précaires comptent aussi profiter du défilé pour se rapprocher et voir quelles réponses apporter (un recours au tribunal administratif est envisagé).

Exprimer les revendications des travailleurs

Comme le rappelle Force Ouvrière dans son tract, le 1er mai est une « journée de solidarité internationale au cours de laquelle les travailleurs expriment leurs revendications ». À l’occasion de cette mobilisation, les différents syndicats réclament des avancées et souhaitent faire « cesser les régressions sociales et environnementales ». Parmi les revendications : la revalorisation des salaires du privé et du public, des minimas sociaux et des pensions, une meilleure protection sociale, le développement des services publics et la création d’emplois. Crises des Gilets jaunes et Marches pour le Climat obligent, des mesures pour permettre une « transition environnementale » sont également demandées avec plus d’insistance que par le passé.

« Le 1er mai 2019 se situe dans un climat social tendu, marqué par des attentes sociales fortes, mais aussi la poursuite de contre-réformes majeures sur les retraites ou la fonction publique », appuie FO. Le tout, aussi, à quelques semaines des élections européennes, pour lesquelles les syndicats ne donnent habituellement pas de consigne de vote.

La manifestation de 2019 revêt un caractère d’autant plus symbolique qu’elle célèbre le centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT). Née au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’OIT a pour objectif d’améliorer les conditions de travail au travers de son organisation, composée des représentants des gouvernements, mais aussi des employeurs et des travailleurs de chaque pays membre.

Mardi soir, la Libye pays invité du 11ème anniversaire du Cercle de silence

Mardi soir, la Libye pays invité du 11ème anniversaire du Cercle de silence

Mardi 30 avril, le Cercle de silence de Strasbourg fête son 11ème anniversaire. Les manifestants seront rassemblés de 18h à 19h place Kléber, comme d’habitude chaque fin de mois. Cette protestation silencieuse contre la politique de répression de l’immigration espère alerter cette fois sur la situation des migrants en Libye.

Comme tous les 30 de chaque mois, le Cercle de silence de Strasbourg proteste silencieusement place Kléber, de 18h à 19h. Mais mardi 30 avril, ce sera aussi le 11ème anniversaire du rassemblement. À cette occasion, les manifestants tiennent à alerter sur la situation en Libye, pays en pleine guerre civile après la chute du dictateur Kadhafi, et « sur l’hécatombe en Méditerranée, en complicité avec les États de l’Union Européenne. Cela dépasse en horreur tout ce que nous avons vu ces dernières décennies au sujet des étrangers », explique un communiqué.

Pour le 11ème anniversaire du cercle de silence de Strasbourg, les manifestants seront rassemblés place Kléber pour dénoncer la situation des migrants en Libye.
Pour le 11ème anniversaire du cercle de silence de Strasbourg, les manifestants seront rassemblés place Kléber pour dénoncer la situation des migrants en Libye. (doc remis)

La Libye, un « enfer pour les étrangers »

En 2017, l’Italie, avec l’appui de l’Union européenne, avait conclu un accord avec la Libye. Depuis, ce pays d’Afrique du nord doit récupérer les migrants sauvés en mer et rapatriés sur les côtes européennes. Un rapport de l’ONU publié en décembre 2018 décrivait déjà les « horreurs inimaginables » vécues par les migrants en Libye : trafic d’êtres humains, surpeuplement des centres de détention…

Ils sont « à la merci d’innombrables prédateurs qui les considèrent comme des marchandises à exploiter et à extorquer ». Encore d’après ce rapport, « l’écrasante majorité des femmes et des adolescentes » déclare avoir été « violées par des passeurs ou des trafiquants ». Les migrants sont entassés dans des prisons, mal nourris et sans soins. Une situation que le Ccercle de silence qualifie d’ »enfer pour les étrangers ».

Depuis avril 2008, le Cercle de silence se mobilise à Strasbourg pour dénoncer les centres de rétention et le traitement des migrants par la France. Le mouvement dénonce également le mauvais accueil des demandeurs d’asile en France et le maintien dans l’irrégularité ou dans des titres de séjours courts et arbitraires de milliers d’étrangers présents depuis des années. Que ce soit pour quelques minutes ou l’heure entière, le rassemblement est ouvert à tous.

« Vous devriez arrêter de manifester monsieur, ça ne vous réussit pas »

« Vous devriez arrêter de manifester monsieur, ça ne vous réussit pas »

Lundi 29 avril, cinq personnes ont été jugées après avoir été interpellées en marge de l’acte 24 des Gilets jaunes. Récit d’audiences absurdes, marquées par les premières applications de la loi anti-casseurs et des accusations souvent floues.

La loi anti-casseurs a frappé… à côté. Lundi 29 avril, cinq personnes sont passées en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Strasbourg. Elles ont passé 48 heures en garde à vue avant d’être jugées. Une mère de famille célibataire, un boulanger, un éboueur, un jeune sans emploi et une figure locale du mouvement des Gilets jaunes se sont succédé à la barre. Les profils et les faits décrits pendant les audiences peignent des portraits très éloignés des « blacks blocks ».

« Avez-vous joué avec un caillou ? »

Kevin (tous les prénoms ont été modifiés) assistait à sa première manifestation le 27 avril. Ce jeune de 19 ans, habitant du quartier du port-du-Rhin, est accusé de « participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser ». Les caméras l’ont aussi filmé en train de passer un objet indéterminé d’une main à l’autre.

« Avez-vous joué avec un caillou ? », demande le juge. « Non, c’était mes clés, je les avais perdues, je jouais avec », répond le jeune en se grattant le cou. Un problème technique empêche de diffuser les images de vidéosurveillance pendant l’audience. Peu importe. Kevin n’a pas été vu ou filmé en train de jeter ce « caillou », ou ses clés…

Mais cette absence de preuve semble suffire au procureur : « L’attroupement armé paraît tout à fait établi », affirme-t-il. Il requiert deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt : « le sursis simple n’est pas possible (au vu des trois condamnations du jeune pour dégradations de biens d’autrui il y a plus de quatre ans, ndlr) » L’avocat de Kevin, Me Lefebvre, s’insurge : « Avec la loi anti-casseurs, on a basculé du droit commun à un droit politique. » Il obtient finalement la relaxe du jeune.

« Les manif’, j’arrête »

Le 27 avril, Francis était passablement ivre. Place de Bordeaux, il lance un « objet en plastique » sur les forces de l’ordre. Un officier de police reçoit le projectile à l’arrière de son casque. Il ne voit pas le lanceur mais un collègue désigne l’éboueur.

Son avocat, Mohamed Aachour, démonte l’accusation :

« Vous n’avez aucun élément pour prouver que mon client a bien lancé le projectile qui a atteint l’officier. Dans sa première déposition, le seul témoin dit « Il me semble que » puis il passe à l’affirmative. Pourquoi n’a-t-il fait aucune description vestimentaire ? Pourquoi n’a-t-on aucune vidéo ? »

Pendant l’audience, Francis tente de faire bonne figure : « Il n’y a plus de Gilets jaunes pour moi. Les manifs, j’arrête. J’ai eu mon compte avec les 48 heures (de garde à vue, ndlr) ». Le procureur demande 8 mois d’emprisonnement sans mandat de dépôt, en rappelant que Francis « a déjà été condamné pour des faits des violences ». « C’était il y a un quatorze ans ! », réplique l’avocat, avant de dénoncer la réponse sécuritaire du gouvernement :

« Le but du Parquet, c’est de fatiguer le mouvement. Je vois ici un défilé d’individus lambdas qui deviennent délinquants parce qu’ils ont manifesté. »

Francis sera condamné à six mois d’emprisonnement ferme, une peine aménageable. Il devra également verser 600 euros à la partie civile pour préjudice moral et pour les frais d’avocats.

Une mère célibataire à la barre

À la barre, Clara a la gorge nouée. Cette mère célibataire, avec deux enfants à charge, ne parvient pas à s’exprimer pour se défendre. Elle est accusée de « participation à un attroupement après sommations », « violence avec lancée de projectile contre un agent dépositaire de l’autorité publique sans Interruption temporaire du travail (ITT) » et « outrage à agent dépositaire de l’autorité publique ».

Cette bénévole dans une association d’aide aux SDF s’effondre lorsqu’elle entend le président du tribunal énoncer son délibéré : 2 mois d’emprisonnement sans mandat de dépôt. « Vous serez convoquée par un juge d’application des peines pour procéder à un aménagement (Travail d’intérêt général ou bracelet électronique, ndlr). », rassure le président du tribunal.

Opinel et feu de détresse

Le plus penaud des accusés, c’est le boulanger. Rémi n’a même pas manifesté. Il a été arrêté avant même de rejoindre le cortège. Le trentenaire célibataire a eu le malheur de laisser son Opinel dans son sac. Il a donc été placé en garde à vue pendant 48 heures pour « participation à une manifestation en étant porteur d’une arme ». La possession d’un feu de détresse l’accable selon la procureure, qui demande trois mois d’emprisonnement.

Dans ses écrits, Me Mohamed Aachour dénonçait une « fouille non légale ». « La loi (anti-casseurs, ndlr) autorise la fouille dans un périmètre délimité et ses abords immédiats. Moi je ne sais pas ce que sont les abords immédiats. Vous pourriez faire jurisprudence en définissant cette notion floue. » Le président du tribunal écarte ces propos et suit la demande du substitut du procureur : Rémi est condamné à trois mois d’emprisonnement ferme.

« Ils font ça pour dissuader de manifester »

Sandra, 51, attend depuis des heures dans le palais de justice. « Moi je viens pour Yannick », explique-t-elle, inquiète. Cette figure locale des Gilets jaunes a déjà été condamnée à onze reprises au cours des dernières années. Interpellé le 20 novembre, il a écopé de quatre mois de prison pour avoir bloqué une autoroute. Le substitut du procureur décrit « un meneur ou un organisateur avec un risque de renouvellement (des délits, ndlr) fort ». Il demande un mandat de dépôt pour une détention provisoire dans l’attente de son procès, repoussé au 29 mai.

Autre absurdité issue de la loi anti-casseur : il est reproché à Yannick Krommenacker d’avoir dissimulé son visage pendant la manifestation. « Je suis asthmatique, je me suis protégé, mon dossier médical le prouvera », assure-t-il. Cet adepte des Live Facebook ne souhaite pas se cacher. Lors de l’acte 24, Rue89 Strasbourg l’a croisé à de nombreuses reprises en train de filmer et de diffuser sur les réseaux sociaux. Il porte même son nom et prénom sur son pull.

« Vous devriez arrêter »

Yannick Krommenacker sort finalement libre de la salle d’audience 101 du TGI. Mais il est placé sous contrôle judiciaire, interdit de territoire sur toute l’Eurométropole et obligé de pointer deux fois par semaine au commissariat de Haguenau. « Vous devriez arrêter de manifester, monsieur. Ça ne vous réussit pas. », conclut le président du tribunal. Le militant exprime son incompréhension :

« On dit que je suis un des leaders, alors que moi j’ai pas ce statut là. Je suis juste un relayeur d’informations. Je ne fais pas appel à la haine ou à la violence. Moi ce qui me fait chier, c’est pas d’avoir été plaqué au sol et d’avoir eu des coups encore samedi soir. Pour moi le problème, c’est le fait qu’il y a 500 000 personnes qui ont vu ces images-là (Yannick Krommenacker était en direct sur Facebook au moment de son interpellation, ndlr) et qu’il y en a qui attisent la haine maintenant. »

J.S. Ondara raconte son rêve folk américain à l’Espace Django vendredi

J.S. Ondara raconte son rêve folk américain à l’Espace Django vendredi

La notion de rêve américain prend tout son sens quand on découvre J.S. Ondara. Jeune songwriter kenyan maintenant installé à Minneapolis, il affole la presse musicale, qui y voit la relève de Bob Dylan ou de Neil Young. À vérifier vendredi soir sur la scène de l’Espace Django.

Il naît à Nairobi, écoute la radio, y tombe amoureux de la musique. C’est ainsi qu’on pourrait raconter le début du conte de J.S. Ondara. Pour un enfant issu comme lui d’une famille plus que modeste, impossible pourtant d’assouvir sa passion via un instrument. Alors il commencera à chanter, beaucoup, et à écrire des chansons, très vite. Dès 8 ans, en fait. Le conte de J.S. Ondara rime avec précocité.

Bob Dylan comme exemple

Et puis le voilà plus grand, prêt à découvrir la richesse du folk américain : Neil Young, Ray LaMontagne et bien sûr Bob Dylan, qu’il découvre par « Freewhelin’ ». De là germe l’envie un peu folle de partir s’installer dans la ville où tout a commencé pour le maître incontesté de la musique américaine. J.S. Ondara finit par y poser ses valises : la suite s’écrira donc à Minneapolis. Cours de guitare, premières reprises postées sur Youtube, un EP auto-produit, une radio locale qui le lance… Tout d’un parcours qui l’emmène aujourd’hui sur les routes du monde entier avec son premier album, Tales Of America. Oui, le conte de J.S. Ondara ressemble bien à l’ « American Dream ».

Rencontre d’un folk américain et strasbourgeois

Ce rêve américain, titre de son premier single, titre d’ouverture de son album, est pourtant très loin d’être à la mesure du talent de J.S. Ondara. Oui bien sûr, il dévoile cette voix incroyable déjà comparée à Michael Kiwanuka et Tracy Chapman. Mais les ficelles musicales sont presque trop grosses, le rythme presque trop facile, les cordes presque trop évidentes. Il faut aller plus loin dans son album, creuser plus profond, pour enfin comprendre pourquoi ce jeune Kenyan fait tant parler de lui.

Il faut en fait déshabiller couche après couche sa musique pour en atteindre l’expression la plus pure dans « Turkish Bandana ». À nu, à vif, on découvre la vérité de ce fameux rêve américain. Une vérité faite de prise de conscience, d’amour, de folie, de désillusion. Et d’espoir.

En ouverture de ce concert qui s’annonce grand à l’Espace Django, on pourra (re)découvrir Flo Chmod. Lui aussi songwriter à guitare, c’est à coup de « folk songs » qu’il nous fera découvrir, non pas l’Amérique, mais Strasbourg, sa ville. Parce qu’il n’est toujours obligatoire de partir bien loin pour découvrir la musique, il est tout de même vivement conseillé d’arriver à l’heure vendredi soir.

Strasbourg prend un arrêté anti-mendicité, une première depuis 11 ans

Strasbourg prend un arrêté anti-mendicité, une première depuis 11 ans

La Ville de Strasbourg a pris un arrêté contre la mendicité au centre-ville de Strasbourg durant l’été et le Marché de Noël. Il s’agit d’une première pour la municipalité de centre-gauche, qui avait jusqu’ici refusé de recourir à de telles méthodes contre les marginaux.

Roland Ries est-il en train de perdre son sang froid ? Le maire de Strasbourg a publié jeudi 25 avril un arrêté contre la mendicité, rejoignant ainsi le club . . .

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Au conseil municipal, boucler des dossiers laborieux du mandat

Au conseil municipal, boucler des dossiers laborieux du mandat

Le conseil municipal de ce lundi 29 avril va tenter de clore quelques dossiers difficiles du mandat, comme la place des Halles, le foyer Saint-Louis ou le Lieu d’Europe. De bonnes opportunités pour l’opposition. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 15h.

À moins d’un an des prochaines élections, le conseil municipal de ce lundi 29 avril va traiter de quelques gros dossiers qui ont peu évolué lors du mandat, et donc propices aux critiques de l’opposition (ou de quelques divergences au sein de la majorité). Le plus gros chantier est sûrement celui de la place des Halles. L’objectif est de déménager sa gare routière et « l’éclater » en trois points : boulevrard de Metz à côté de la gare, Rotonde à Cronenbourg et place de l’Étoile (où les compagnies privées telles Euroline, Flixbus, OuiBus à destination des autres régions et pays sont déjà implantés). En septembre 2018, Fabienne Keller (Agir) critiquait cet éloignement annoncé qui rend selon elle les autocars interurbains de la Région moins pertinents, en éloignant leur point d’arrivée du cœur de la ville. À la place du parking, le petit square de la place serait agrandi en grand parc, dont l’ensoleillement risque d’être un peu bouché par les tours du centre commercial au sud et l’immeuble à l’ouest. Une petite partie de l’espace, collé au centre commercial, fait l’objet d’un appel à projet, ouvert aux équipements de loisirs. Le cinéma Vox devrait être candidat, mais tout type d’activités (trampoline, escalade, jeux vidéos, etc.) peuvent candidater, il n’est pas possible de limiter l’appel aux cinémas. Boulevard Sébastopol, le tunnel bloqué serait aussi recouvert.
Vu l'emplacement, le parc serait peu ensoleillé. A gauche, le tunnel condamné qui serait combler pour retrouver une voie de circulation. (photo PF / Rue89 Strasbourg)
Vu l’emplacement, le parc serait peu ensoleillé. A gauche, le tunnel condamné qui serait comblé pour retrouver une voie de circulation. (photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Le retour du Foyer Saint-Louis

Les 65 élus vont aussi aborder l’épineux dossier du Foyer Saint-Louis à la Robertsau, une source d’ennuis pour le maire depuis une demi-douzaine d’années (lire cet article dès 2013). Rappelons qu’il s’agit d’un projet de vente du Conseil de fabrique, l’assemblée qui gère les biens de l’Église catholique. Un collectif souhaitait que la Ville profite du dossier pour donner un peu de vie au cœur de ce quartier. Avec le temps, les fins de non-recevoir successives ont envenimé la situation, jusqu’au sein de la majorité. Un premier projet immobilier avait été adopté par une faible majorité d’une trentaine de voix, beaucoup d’élus s’étant abstenus ou ayant quitté la salle. Sous la pression citoyenne, le projet avait été retiré par le promoteur à l’été 2017, officiellement en raison des recours. Plusieurs adjoints avaient salué cette remise à plat. La municipalité pense avoir trouvé un point d’équilibre. Elle donne un avis favorable à plusieurs ventes et achète l’un des espaces pour y regrouper la mairie de quartier, la direction de proximité et une salle communale de réunion. Le nouveau projet prévoit quelques logements en moins (20 contre 38 auparavant) et la non-destruction du foyer, qui sera finalement rénové grâce à l’argent des ventes et toujours géré par la paroisse. Avec ces trois transactions, le Conseil de fabrique va recevoir 1,5 million d’euros et non 2,5 avec le projet d’Icade. Reste à savoir comment le conseil municipal se positionnera cette fois-ci, alors que le collectif salue quelques avancées sans se satisfaire de cette sortie, sur fond de fin de dialogue avec la municipalité actuelle.

Le Lieu d’Europe en embuscade

Autre serpent de mer, lié à la Robertsau, le Lieu d’Europe. Il s’agit de voter le projet d’extension, en réhabilitant un deuxième bâtiment dans le parc. Le principe d’un endroit de promotion des institutions (le Parlement à 28 pays, mais aussi le Conseil de l’Europe à 47 et sa Cour des droits de l’Homme) fait consensus, mais l’installer dans la villa du Kaysersguet a souvent été critiqué car trop petit et éloigné des institutions. Le Parlement a d’ailleurs ouvert son propre Parlementarium, comme à Bruxelles mais plus modeste. Parmi ses propositions de campagne, le candidat Jean-Philippe Maurer (LR) a d’ailleurs proposé… un lieu dédié à l’Europe, comme si celui-ci n’existait pas. Néanmoins, le Département et la Région où la droite gouverne ayant participé au financement (3,8 millions d’euros) via le contrat triennal, la critique ne sera pas si facile pour les élus qui siègent dans ces assemblées. Pour l’adjointe aux relations internationales et candidate en 29ème place sur la liste « En Marche » aux élections européennes, Nawel Rafik-Elmrini (LREM), le lieu n’a pas pu accueillir d’événements car « victime de son succès ». Le lieu de convivialité « qui n’a jamais fonctionné » va devenir un lieu de réunion de 50 places. Le bâtiment actuel est surtout fréquenté par des groupes scolaires (40%). Ajouter des espaces suffira-t-il à enclencher une dynamique populaire ?

Manufacture et interpellations

Moins polémique, un autre grand projet du mandat est à l’ordre du jour, la reconversion de la Manufacture des Tabacs (voir nos articles). Il s’agit simplement de racheter (pour 900 000 euros) quelques mètres-carrés à la société d’aménagement de la municipalité (la Sers), propriétaire, pour décider de quelques aménagements de la cour intérieure, qui redeviendrait un espace public et accessible à tous. En fin de conseil, les interpellations de Jean-Philippe Vetter et Thierry Roos concernent respectivement la mendicité dite agressive (elle n’avait pu être lue à la séance précédente) et le stationnement « pour tous ».

Du Kalt au Pelpass Festival en passant par les 25 ans du Molodoï, voici les meilleures sorties de mai

Du Kalt au Pelpass Festival en passant par les 25 ans du Molodoï, voici les meilleures sorties de mai

Pour cette deuxième édition, 89 dB, l’émission culturelle de Rue89 Strasbourg était au Molodoï, un lieu qui reste unique à Strasbourg, 25 ans après sa création. Jusqu’à dimanche, il accueille le festival de marionnettes Giboul’OFF, l’occasion de parler de cet art trop méconnu. Retrouvez aussi notre sélection de sorties pour le mois de mai !

Le Molodoï fête ses 25 ans début mai. Dans 89 dB, on se penche sur cette salle dont le concept est, encore aujourd’hui, unique à Strasbourg. À l’origine, l’idée était de transformer un ancien hangar industriel pour accueillir des évènements dont personne ne voulait. C’est que raconte Lionel au micro de 89 dB. Il a longtemps fait partie du conseil d’administration du Molodoï :

« A la fin des années 80, début des années 90, c’était impossible d’organiser un concert de musique punk-rock à Strasbourg. Culturellement, c’était considéré comme de la sous-merde. Les gens avaient toujours peur que ça finisse en bagarre. Donc ceux qui voulaient organiser ce type de concerts ont dû trouver leur propre salle et tout faire eux-mêmes. »

Aujourd’hui encore, le Molodoï n’est pas un prestataire de spectacles. Il est simplement un lieu dans lequel n’importe qui peut proposer un projet. Cela peut-être un concert, une pièce de théâtre, une brocante, un cours de boxe, etc. Il n’y a pas de limite si ce n’est que l’idée doit être soumise à l’assemblée générale qui se réunit le premier et le troisième mercredi du mois. Ensuite, la personne à l’origine d’un projet doit, au maximum, le construire elle-même.

En résumé, il n’y a pas de hiérarchie au Molodoï. Il y a simplement des citoyens, qui font partie d’associations locales, ou pas, et qui tentent de développer des projets autour de ce lieu.

Au Molodoï, pas de spectacle au-dessus de huit euros

Un des objectifs du Molodoï est de rendre l’endroit accessible à tous. Ainsi chaque évènement qui y est organisé ne coute jamais plus de huit euros par personne. Un modèle de plus en plus difficile à faire perdurer, comme l’explique Lionel au micro de 89 dB :

« Les personnes qui veulent organiser des évènements ici ont de plus en plus d’exigences, que ce soit d’un point de vue technique ou en termes de rémunérations. Donc on est parfois obligé de refuser car ça ferait exploser le budget et donc le prix d’accès aux concerts, aux spectacles, etc. »

En tous cas, de son côté, le festival de marionnettes Giboul’OFF s’inscrit parfaitement dans l’esprit du Molodoï.

La marionnette au-delà des clichés avec le festival Giboul’OFF jusqu’à dimanche

Les spectacles de marionnettes ont toujours leur place en 2019 et le festival Giboul’OFF en est un très bon exemple. Célia Constantinesco est une des organisatrices et sa bonne humeur a littéralement fait exploser le plateau de 89 dB. Son énergie est sans égal même quand elle exprime ses regrets quant aux préjugés qui collent à son art :

« Quand je dis que je suis marionnettiste, les gens pensent souvent que c’est uniquement pour les enfants et ensuite ils me demandent ce que je fais « vraiment » dans la vie. »

Pourtant, sans faire beaucoup de bruit, la marionnette a toujours autant de succès assure Célia Constantinesco :

« Il y a de plus en plus de festivals, il y a des styles très différents. Bien sûr, il y a toujours la marionnette pour le jeune public, mais il y aussi de la marionnette érotique, de la marionnette qui traitent de sujets très sombres, de la marionnette avec des objets, etc. »

Une variété de genres qu’on retrouve parfaitement dans le programme du festival Giboul’OFF jusqu’à dimanche au Molodoï. Pour Célia Constantinesco, ce succès de la marionnette s’explique surtout par un aspect :

« On peut encore faire faire et faire dire n’importe quoi à des marionnettes. Il y a une tolérance presque absolue. »

Voilà qui termine le mois d’avril en beauté avant le festival des 25 ans du Molodoï.

Le programme du festival des 25 ans du Molodoï du 1er au 5 mai

    1er mai : apéritif après la manifestation et loto molo bingo avec l’inimaginable à gagner2 mai : théâtre avec sept scènettes de la compagnie Hors-Sujet et la pièce « Assassins » de la Dinoponera3 mai : concert avec les groupes strasbourgeois New Balkan Express, BangBangCockCock, Thomas Schoeffler et Rachid Bowie.

À retrouver dans 89 dB.

    4 mai : après-midi concert avec AKAB, Rouliette Ruse et Orion.
    5 mai : brocante du Molodoï

Le mois de mai sera donc riche au Molodoï, mais pas uniquement. Dans 89 dB, on présente aussi deux autres festivals qui vont faire vibrer Strasbourg dans les prochaines semaines.

Le Festival O.Q.P., comme Opération Quartiers Populaires

Ce festival est parti d’un constat simple : les œuvres créées dans les quartiers populaires n’ont pas la place de s’exprimer dans les lieux de culture traditionnels. C’est avec beaucoup d’émotion que Yann Gilg en parle dans 89 dB. Il est directeur artistique de l’association les Sons d’la rue et de la compagnie Mémoires vives, qui organisent ensemble l’évènement.

Le festival se déroule du 1er au 10 mai entre la salle du Point d’Eau d’Ostwald et le centre socio-culturel de l’Elsau. Retrouvez tout le programme dans 89 dB :

    Un concert avec les rappeurs locaux Bad Dogg, ODV, 67 Meuj, Fagie et Macson NeyzLe meilleur des danseurs hip-hop de France, d’Allemagne et de SuisseUn film de kung-fu tourné à Marseille qui fait écho aux immeubles effondrés du 5 novembre 2018Un pièce de théâtre qui tutoie les grands noms de la scène françaiseUn autre pièce de théâtre qui a failli ne pas exister à cause du mairie d’extrême-droiteUn débat sur la rénovation urbaine à l’Elsau

Les pépites strasbourgeoises vont enflammer le Pelpass Festival

Le Pelpass Festival revient au Jardin des Deux Rives du 16 au 18 mai avec une quarantaine d’artistes internationaux et locaux. Dans 89dB, on évoque les talents made in Strasbourg à applaudir au Pelpass Fesitval, dont la folk romantique de Flo Chmod, le rock qui transpire des Bredelers, le featuring d’électro instrumentale entre Schnack et Cheap House, mais aussi la rencontre entre le jazz-électro de Notilus et l’afro-beat d’Albinoid Sound System.

Le groupe strasbourgeois Family Affair sort son troisième album au Local le 25 mai

Family Affair existe depuis les années 2000. Comme son nom l’indique, Family Affair c’est une histoire de famille. Quatre membres du quintet sont de la famille Wurtz. Le 25 mai, ils dévoilent leur troisième album au Local à la Krutenau.

L’humoriste schilikoise Antonia de Rendinger est de passage chez elle le 3 mai

Antonia de Rendinger sera chez nous le 3 mai à la Scène de Strasbourg, la nouvelle salle de spectacles strasbourgeoise, rue Lafayette, à la Plaine des Bouchers. Elle incarne au moins 20 personnages différents pendant tout son spectacle. 

Retrouvez 89 dB, tous les derniers vendredis du mois, en direct depuis un lieu qui accueille et soutient les artistes strasbourgeois.

#Kalt

Gaspard Glanz et l’effet Streisand

Gaspard Glanz et l’effet Streisand

Un journaliste strasbourgeois a fait l’actualité cette semaine. Gaspard Glanz était interdit de paraître à Paris après son arrestation lors de l’acte 23 des gilets jaunes. Il a donc couvert l’acte 24 à Strasbourg. Au passage, son site Taranis News a dépassé les 11 000 euros mensuels sur Tipeee.

 

Les adaptations de Didier Braun, producteur de lait alsacien, à la fin des quotas laitiers en Europe

Les adaptations de Didier Braun, producteur de lait alsacien, à la fin des quotas laitiers en Europe

L’UE a changé ma vie (1/4) – À un mois des élections européennes, premier épisode d’une mini-série sur l’impact de décisions de l’Union européenne sur la vie des gens. Didier Braun, producteur de lait en Alsace mesure très concrètement les répercussions des décisions prises à Bruxelles. Le jeune agriculteur revient sur la fin des quotas.

Le rituel est toujours le même. Tous les deux jours, le camion-citerne d’Alsace Lait se gare dans la cour de la ferme de Didier Braun, à Hoffen, dans le Nord de l’Alsace. Quelques minutes plus tard, le mastodonte repart avec à son bord pas moins de 5 000 litres supplémentaires. Le fruit du travail d’une centaine de vaches, dont cet agriculteur de 35 ans s’occupe, aux côtés de ses parents et d’un autre salarié. Au total, chaque année, le quatuor produit environ un million de litres de lait. À côté, 100 hectares de champs sont cultivés, dont une vaste partie est dédiée au maïs. La moitié de cette production sert à nourrir les vaches.

Didier Braun a bien conscience d’évoluer au sein d’une filière sensible. Avant même de se lancer, celui qui a étudié au lycée agricole d’Obernai le savait : ce ne serait pas de tout repos et il lui faudrait faire preuve d’une capacité d’adaptation hors pair et d’une grande flexibilité pour se maintenir à flot. Il résume : « Dans ce boulot, rien n’est jamais facile. » Car depuis 50 ans, le secteur du lait n’a de cesse de connaître des évolutions. Et les politiques de l’Union européenne (UE), décidées par ses 28 États membres, n’y sont pas étrangères, au contraire.

Didier Braun à Hoffen
Les vaches de Didier Braun produisent environ un million de litres de lait par an. (Photo CS/Rue89 Strasbourg/cc)

En 1984, un système de quotas laitiers à l’échelle européenne est mis en place. À cette époque, la production de lait (dont le prix est alors garanti) dépasse largement la demande en Europe. Concrètement, afin d’en finir avec la surproduction responsable des « lacs de lait » et des « montagnes de beurre », les pays membre de l’UE ne doivent plus dépasser un certain niveau de production. Quand Didier Braun a commencé à travailler dans l’exploitation de ses parents, ces quotas européens étaient toujours en place. Il se souvient :

« Il fallait vraiment faire attention à ne pas dépasser les quotas qui nous étaient attribués. Il ne fallait pas rigoler avec cela. Et c’est vrai qu’à des moments, on s’est senti vraiment limité. C‘est surtout difficile si on investit dans sa ferme, et qu’ensuite, on ne peut pas en tirer le plein potentiel. Mais, au fond, malgré ces contraintes-là, on savait qu’une telle répartition avait un intérêt collectif réel… »

Soulager le marché

Les quotas (initialement prévus pour cinq ans) n’ont finalement été supprimés qu’en 2015. On expliquait alors qu’il s’agissait cette fois de donner plus de flexibilité aux producteurs de lait pour leur permettre de répondre à une demande mondiale croissante, venue d’Asie et d’Afrique notamment. Mais en Alsace comme ailleurs, on a surtout craint que la fin des quotas ne rime avec une volatilité des prix.

Oh la vache
Les quotas de lait en Europe ont été introduits en 1984 et ont perduré jusqu’en 2015. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

La filière, obligée de s’adapter aux fluctuations du marché mondial, est secouée, et évidemment, le prix du lait a baissé. Pour compenser, la Commission européenne achète du lait écrémé en poudre (le seul produit qui se conserve…) pour tenter de soulager le marché et soutenir les revenus des agriculteurs. Au total, entre 2015 et 2017, ce sont pas moins de 380 000 tonnes qui ont été stockées. Aujourd’hui, ce stock est quasiment entièrement écoulé. Surtout, de nouveaux outils pour prévenir les crises ont été imaginés à l’échelle européenne, au premier rang desquels un programme de réduction et de stabilisation de la production de lait. Il rémunère les producteurs du Vieux continent qui acceptent de réduire leurs volumes…

Il n’en reste pas moins que cette crise du lait post-quotas a fortement ébranlé les professionnels du secteur, qui craignent, aujourd’hui encore, de nouvelles secousses. Didier Braun explique :

« Moi, je ne fais pas de lait en poudre. Mais ça ne veut pas dire que si son prix se casse la gueule, je ne suis pas concerné. Car sur ce marché, tous les produits sont liés. À l’heure actuelle, ce qui m’inquiète particulièrement, c’est le Brexit. Le Royaume-Uni achète beaucoup de produits laitiers à la France. Si demain, ce marché se ferme, on va subir de plein fouet cette perte de débouchés. C’est le genre de choses qui, par ricochet, affectent toutes les régions – Alsace incluse. »

Lait ferme
La citerne qui stocke le lait est vidée tous les deux jours. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

L’agriculteur fustige la logique de l’UE qui consiste à intervenir de moins en moins sur les marchés (les quotas sucriers ont aussi été supprimés). Selon lui, bien que des filets de sécurité existent, notamment quand les autorités européennes rachètent des stocks, « Bruxelles intervient plus tard » qu’auparavant, laissant les agriculteurs « livrés à eux-mêmes jusqu’à ce que la situation soit franchement intenable ». Et l’agriculteur de plaider :

« On ne pourra pas retourner au temps de nos parents où tout était archi-subventionné. Mais il ne faut pas non plus sacrifier l’agriculture européenne ! »

Au Parlement européen, à Bruxelles et à Strasbourg, Michel Dantin, membre du groupe conservateur du Parti populaire européen (PPE), est spécialiste des questions agricoles. Il réagit :

« Cet état d’esprit est tout à fait démonstratif de l’attitude française, qui est très différente dans les autres pays d’Europe. On attend beaucoup – voire tout – de la puissance publique, au niveau national comme au niveau européen. On attend d’elle qu’elle assure des protections. Mais cette nostalgie à l’égard des quotas n’a pas de raison d’être : cette forme de protection était plus théorique que réelle. La preuve, elle n’a pas empêché la crise du lait de 2009 ! »

50 milliards d’euros pour l’agriculture européenne

Didier Braun, aussi vice-président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), à la tête de la section « lait. » Il a surtout à cœur de voir l’Europe porter un peu plus d’attention à son secteur :

« Si j’en crois mes quelques notions d’Histoire, l’Europe a été construite pour l’agriculture ! Le rôle historique de la politique agricole commune, c’est d’essayer de rémunérer les agriculteurs correctement, et de lisser le prix des denrées alimentaires. Or aujourd’hui, Bruxelles fait le choix de s’occuper d’autres choses. On sait que l’Europe veut lancer des politiques nouvelles, on parle par exemple beaucoup de la défense… Mais on sait aussi que les pays ne veulent pas mettre plus d’argent dans le budget européen, donc forcément, l’agriculture va en pâtir. Il est important que l’Europe ne perde pas de vue ses objectifs initiaux. »

Là encore, Michel Dantin trouve à y redire :

« Sur ces questions, il y a de grandes interrogations certes, mais aussi une très mauvaise information. Le budget de la politique agricole commune (PAC) est de l’ordre de 50 milliards d’euros par an. Le budget de la sécurité, lui, quand on parle d’une défense européenne, réclamera deux ou trois milliards par an, notamment pour financer des programmes informatiques de recherche. C’est sans commune mesure… »

Dans le prochain budget de l’UE (pour la période 2021-2027), qui est négocié actuellement, la part réservée à la PAC devrait néanmoins bel et bien est revue être à la baisse. La Commission européenne a ainsi proposé une baisse de 5% de cette ligne budgétaire, pour une enveloppe totale de 365 milliards d’euros.

Ferme
Deux robots, que Didier Braun a acquis pour 350 000 euros, traient les vaches. Sur l’écran, l’agriculteur peut suivre le bon déroulé des opérations. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

Tout en exposant ses griefs, Didier Braun jette un œil vers un coin de son étable où deux robots traient en continu les vaches, sans intervention humaine. À tour de rôle, les bêtes sont attirées par de la nourriture dans un sas où la machine vient aspirer leurs mamelles. Un ordinateur permet, si besoin, de surveiller le bon déroulement des opérations. Heure et avancée de la traite, composition du lait (le taux de matières grasses, notamment, peut varier), tout y est. Les robots ont coûté 350 000 euros. Sur ce montant, 100 000 euros devraient provenir d’aides à l’investissement – l’un des volets de la PAC. Mais là encore, l’Europe déçoit un tantinet Didier Braun :

« Cet argent-là, je n’en ai pas encore vu la couleur. Le retard pris dans les aides de la PAC est inadmissible. Je sais que ce n’est pas directement la faute de l’Europe, qu’en l’occurrence, les problèmes viennent plutôt de la France, mais quoi qu’il en soit, le résultat est là : on a l’impression qu’on est oubliés de tous, de Bruxelles aussi. »

Ferme construction
Grâce aux aides de la PAC promises, Didier Braun fait construire un nouveau hangar pour les veaux. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

En attendant, Didier Braun a contracté des prêts, notamment pour construire un nouveau hangar qui, derrière l’étable, servira à accueillir les veaux. « On fait tous ça », témoigne-t-il, citant pêle-mêle le cas de plusieurs de ses confrères, à la tête d’autres exploitations aux alentours. Didier Braun remboursera ces emprunts quand il touchera les subventions qu’on lui a promises (qui sont co-financées au niveau européen et régional).

Bien loin de ces préoccupations, dans la cour de la ferme, l’un des deux chiens de Didier Braun jappe joyeusement. Il s’appelle Oslo, comme la capitale de la Norvège, l’un des rares pays d’Europe occidentale qui ne fait pas partie de l’UE. « Simple coïncidence », sourit son maître, avant de l’assurer :

« Les agriculteurs restent très pro-européens. Par les temps qui courent, il faut bien ! »

#alsace lait

En images, un acte 24 humide, dispersé au gaz et sans trop de casse

En images, un acte 24 humide, dispersé au gaz et sans trop de casse

Retour en vidéo sur le rendez-vous à Strasbourg des Gilets jaunes pour l’acte 24 ou « ultimatum 2 » du samedi 27 avril.

2 à 3 000 Gilets jaunes se sont retrouvés à Strasbourg ce samedi 27 avril pour leur « acte 24 ». Pour ce rendez-vous à connotation européenne, les manifestants n’ont pas pu approcher les institutions comme ils l’espéraient. Alors que de nombreux individus violents et « radicalisés » étaient craints par les autorités, la casse s’avère très limitée.

Grâce à des nombreux tirs préventifs et à longue distance de grenades lacrymogènes, les forces de l’ordre ont empêché les confrontations directes avec la minorité de personnes qui voulaient en découdre. Elles ont ensuite séparé la manifestation non-déclarée en plusieurs groupes, puis petit à petit dispersé la foule avec de nouveaux tirs.

Retour en vidéo sur ce cortège parti de la place de l’Étoile, jusqu’au bout de la dispersion place Kléber près de 6 heures plus tard.

Et quelques photos de plus, par Guillaume Krempp

 

Un acte 24 timide, noyé sous la pluie et les gaz lacrymogènes

Un acte 24 timide, noyé sous la pluie et les gaz lacrymogènes

Annoncé comme tendu, l’acte 24 des Gilets jaunes à Strasbourg a été contenu à distance des institutions européennes par les forces de l’ordre. Il n’y a pas eu de grande confrontation comme redouté, mais tout de même plus de quarante interpellations.

Les Gilets jaunes voulaient donner un retentissement européen à l’acte 24, ou « ultimatum 2 », en s’approchant des institutions de Strasbourg (vides un samedi). À un mois des élections européennes, ils sont restés cantonnés à quelques centaines de mètres. Ce périmètre, ainsi que le centre-ville et la gare centrale, étaient interdits à la manifestation.

Excès de zèle de la Préfecture qui attendait des « individus radicaux en nombre important » ou seul moyen efficace de limiter la casse ? L’acte 24 a finalement été moins violent que redouté. Le trajet de la manifestation n’avait pas été déclaré, comme depuis le début du mouvement.

Un seul bref contact direct avec les forces de l’ordre a eu lieu en début de manifestation, passerelle de l’Abreuvoir, le long des quais des Bateliers. Quelques individus se sont approchés et ont été repoussés par le barrage de gendarmes mobiles, avec boucliers et matraques, suivi des premières grenades lacrymogènes pour disperser la foule.

Confusion et gros tirs place de Bordeaux

En dehors de cet accrochage, les forces de l’ordre ont toujours maintenu à distance la centaine de personnes qui voulaient en découdre. Les avenues clés étaient bloquées à l’avance et sur toute la largeur. De longs et nombreux tirs préventifs de grenades lacrymogènes ont évité de voir les mêmes scènes de violences qu’à certains rassemblements parisiens, bordelais ou toulousains… Toute la journée, les lanceurs de balles de défense (LBD) étaient bien en évidence, mais n’ont été utilisés qu’à des rares occasions notre connaissance. Des individus visiblement présents pour se mesurer avec les forces de l’ordre, parfois avec le visage recouvert, ont lancé des pétards et des projectiles.

Peu de tir de LBD, mais des armes bien en évidence…

Des individus, peu nombreux, ont lancé quelques projectiles sur les forces de l’ordre et brûlé quelques poubelles. (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)

Le moment le plus confus et tendu s’est déroulé place de Bordeaux. Les forces de l’ordre bloquaient l’avenue Herrenschmidt, vers le Hilton et Schiltigheim. De nombreuses grenades lacrymogènes et de désencerclement ont été tirées de manière préventive. La grande majorité des manifestants était restée en retrait sur la place. Elle ne participait pas au face-à-face mais s’est tout de même retrouvée dans le champ de tir.

Surtout, toutes les issues (Wacken, Tivoli, rue Jacques Kablé et avenue de la Paix) étaient progressivement bloquées. Seul le boulevard de la Dordogne, par lequel étaient arrivés les 2 500 personnes environ à ce moment-là, permettait de battre en retraite. Jusqu’à ce rapprochement annoncé, les forces de l’ordre étaient restées très distantes du cortège, à l’exception des ponts pour préserver le centre-ville. Quelques minutes plus tôt, une pluie battante s’était abattue sur les manifestants.

Le moment le plus confus et tendu s’est déroulé place de Bordeaux. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Au bout d’une demi-heure, les forces de l’ordre ont évacué la place de Bordeaux.

Une évacuation facilité par un arrosage au gaz lacrymogène opéré sans distinction.

À quelques centaines de mètres du Conseil de l’Europe

L’autre moment chaud a eu lieu ensuite, au bout de l’allée de la Robertsau, près de l’Orangerie et du Conseil de l’Europe. Cette fois, les personnes qui souhaitaient rester en retrait pouvaient le faire plus facilement.

Le jeu du chat et de la souris a duré pendant plusieurs heures.

D’autres carrefours, boulevard d’Anvers, rue de Rome le long du campus de l’Université à l’Esplanade et à la Krutenau ont nécessité que les forces de l’ordre dispersent la foule. À chaque fois, des médecins de rue, ou « street medics », français et allemandsn sont intervenus auprès des blessés ou des personnes atteintes par le gaz.

Des streets medics allemands sont parmi les manifestants (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
Des streets medics allemands étaient parmi les manifestants (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)

Au fil des faces-à-faces, le cortège perdait des membres, parfois lassés. Un certain flottement a traversé les rangs, quand il a fallu repartir, sans direction ni consignes précises, vers les quartiers de l’Orangerie et du Conseil des XV. Les forces de l’ordre ont facilement réussi à séparer la foule au rythme des rues bloquées petit à petit. Et comme beaucoup ne venaient pas de Strasbourg, se retrouver devenait compliqué… Les forces de l’ordre ont semble-t-il surtout eu toujours un temps d’avance, notamment grâce à un hélicoptère qui permettait de localiser les manifestants.

Une visite de tout Strasbourg hors-centre, en somme.

Locaux, français, étrangers et deux figures connues

La foule était hétéroclite, les Gilets jaunes strasbourgeois, du Grand Est, du sud-ouest de la France  des jeunes, des retraités, des actifs, quelques étrangers bien qu’assez rares et aussi beaucoup de curieux, venus voir la confrontation anticipée depuis plusieurs jours par les autorités. Interdit de travailler à Paris suite à un doigt d’honneur à un policier, le journaliste Gaspard Glanz a couvert la manifestation. Le trentenaire originaire de Strasbourg a été salué par beaucoup de connaissances ou même des inconnus.

Le dangereux terroriste - fiché S - anarcho-autonome Gaspard Glanz... en plein travail de journaliste (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le dangereux terroriste – fiché S – anarcho-autonome Gaspard Glanz… en plein travail de journaliste (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Parmi les autres « personnalités », notons la présence en déambulateur de Germaine, doyenne de Kolbsheim à 89 ans et figure du mouvement anti-GCO.

Égérie de la lutte contre le GCO, Germaine, 85 ans, est parmi les manifestants du jour... (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Égérie de la lutte contre le GCO, Germaine, 89 ans, est parmi les manifestants du jour… (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Le cortège s’était donné rendez-vous place de l’Étoile  à 13h, où environ 30 minutes de prises de paroles se sont enchaînées. C’est au même endroit, vers 17h que le contingent restant s’est dispersé. Quelques personnes ont prolongé la manifestation, jusqu’à 19h place Kléber, où les forces de l’ordre ont tiré une dernière fois des grenades lacrymogènes (à voir à la fin de notre vidéo).

Dégâts limités, 42 interpellations

Assez peu de dégâts matériels sont recensés : une voiture incendiée, une vitre d’abribus cassée, quelques poubelles brûlées, ainsi que du vol de matériel de chantier… Les nombreuses automobiles garées le long du parcours, les domiciles privés ou les devantures de commerces n’ont pas été touchées.

Selon un bilan communiqué par la préfecture à 19h40, 42 interpellations ont été effectuées par les forces de l’ordre et parmi eux, le garde du corps d’un photojournaliste indépendant.

Toujours selon ce bilan officiel, trois blessés légers sont à déplorer chez les forces de l’ordre comme les manifestants (dont deux en raison des gaz lacrymogènes), ainsi qu’une riveraine, soit 7 personnes en tout. Il ont été pris en charge par les secours.

Au niveau du centre-commercial Rivétoile, le cortège était déjà moins fourni.

1er mai et actes à venir

Sans surprise, les annonces du président Emmanuel Macron (retraite minimale à 1 000 euros, une réindexation des retraites inférieures à 2 000€, et un âge de départ inchangé à 62 ans, maison de services publics, suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA), fin des grands corps de la fonction publique, etc.) n’ont guère convaincu les participants. En particulier, ils lui reprochent de ne pas instaurer de référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Les rassemblements devraient continuer, même si Strasbourg accueille des manifestations d’ampleur limitée quand la ville n’est pas un point de ralliement régional, ou national comme ce 27 avril. Avant le prochain « acte », la manifestation habituelle des syndicats du 1er mai doit se tenir mercredi dans ce contexte particulier.

En direct : environ 2 000 Gilets jaunes à Strasbourg pour l’acte 24

En direct : environ 2 000 Gilets jaunes à Strasbourg pour l’acte 24

L’acte 24 des Gilets jaunes devait attirer à Strasbourg des manifestants de toute la France et de quelques régions frontalières. La préfecture redoutait des « individus radicaux en nombre important ». Voici le compte-rendu réalisé en direct par Rue89 Strasbourg tout au long de cette journée.

Le cortège semble majoritairement dispersé. Fin de ce compte-rendu en direct. Si des éléments importants surviennent, ils seront publiés sur cette même page. Rendez-vous demain sur Rue89 Strasbourg pour un article détaillé sur cette journée.
Le nombre de personnes présentes se réduit au fur et à mesure de l’avancement de la journée. Une partie des manifestants sont devant la fac de droit sur le campus, une autre se trouve entre la place de l’Étoile et le centre commercial Rivétoile.
Le cortège semble bloqué devant la fac de droit, sur le campus de l’Esplanade, sans savoir où aller.
Le gros des manifestants est toujours dans l’enceinte du campus universitaire de l’Esplanade.
La préfecture a publié un point de situation à 15h30 :
« Place de Bordeaux, des individus cagoulés ont tenté de pénétrer en force dans une zone interdite à la manifestation en se confrontant aux forces de l’ordre et ont dégradé le mobilier urbain. Des tirs de lacrymogène et une manœuvre de dispersion ont été nécessaires. Trois personnes ont été interpellées. »
Le cortège a atteint le campus de l’Esplanade.
La cortège descend le boulevard de la Marne (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
La cortège descend le boulevard de la Marne (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Le cortège a repris sa route, sur le boulevard de la Marne, en direction de l’avenue de la Forêt-Noire.
Le gros du cortège se trouve à présent rue Trubbner. Mais nombre de participants se demandent vers où aller…
Une partie du cortège a pris rue Herder. Les forces de l’ordre continuent de régulièrement faire pleuvoir des grenades lacrymogènes sur le cortège.
Une partie du cortège prend rue de la Schiffmatt.
Les manifestants ne semblent pas être en mesure de savoir quelle direction prendre… Il y a un certain flottement dans le cortège.
Le cortège est toujours allée de la Robertsau, repoussé par les forces de l’ordre vers le centre-ville.
Les forces de l’ordre repoussent à nouveau les manifestants à coups de grenades lacrymogènes.
Une charge de policiers a été ordonnée pour dégager des manifestants près du Conseil de l’Europe, juste au niveau du parc de l’Orangerie.
Un face à face s’installe entre policiers et manifestants parmi les plus radicaux avenue de la Robertsau. Un barrage est installé interdisant l’accès au Conseil de l’Europe.
Le cortège est désormais Boulevard Jacques Preiss.
Le cortège fait demi-tour par le boulevard de la Dordogne, dans le calme. Il y a un peu moins de participants, suite à la dispersion place de Bordeaux.
La place de Bordeaux a été évacuée (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
La place de Bordeaux a été évacuée (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
La place de Bordeaux est en train d’être évacuée par les policiers, à coups de gaz lacrymogène. Une fumée âcre et irritante a noyé la place…
Sous la pluie et sous les gaz, les manifestants sont bloqués place de Bordeaux (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Sous la pluie et sous les gaz, les manifestants sont bloqués place de Bordeaux (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Une vidéo prise pendant l’affrontement sur la passerelle vers 14h25 :
De nombreuses grenades lacrymogènes ont été tirées sur le cortège toujours place de Bordeaux, depuis des barrages policiers installés avenue Herrenshmidt et avenue Schutzenberger.
Il semble que la progression du cortège soit également bloquée du côté de l’avenue Schutzenberger, vers le Wacken.
Un tir de grenades lacrymogène a été effectué pour disperser le cortège place de Bordeaux (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Un tir de grenades lacrymogène a été effectué pour disperser le cortège place de Bordeaux (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le cortège a atteint la place de Bordeaux. Alors que le cortège était devant le lycée Kléber, une nouvelle grenade lacrymogène a été tirée depuis un barrage policier installé avenue Herrenshmidt.
Le préfet du Bas-Rhin a publié un « point de situation à 14h30 » :
« Une manifestation nationale du mouvement dit des « Gilets jaunes » a lieu à Strasbourg ce samedi 27 avril. Le cortège de près de 2 000 manifestants, réuni place de l’Étoile, s’est mis en route vers le centre-ville de Strasbourg vers 14h. Il provoque une gêne sérieuse à la circulation. Un tir de lacrymogène a dû être effectué en raison d’une tentative de passage en force dans une zone interdite à la manifestation (cf arrêt préfectoral interdisant toute manifestation dans certains quartiers de Strasbourg le samedi 27 avril). Le préfet du Bas-Rhin rappelle que cette manifestation n’a pas été déclarée contrairement aux exigences légales en vigueur. Le droit de manifester, droit fondamental protégé par la loi, doit être concilié avec les autres libertés et le respect de l’ordre public. »
Vidéo pour estimer le nombre de manifestants, au moment du boulevard de la Dordogne.
Une vidéo en direct depuis le cortège (mais en allemand) :
Le cortège a atteint le pont de la Dordogne, en direction vers la place de Bordeaux. Des éléments radicaux se sont greffés au cortège, dont la tension monte peu à peu. Une vitre d’abribus a été brisée.
Le cortège se dirige vers les institutions européennes par l’avenue de la Robertsau.
... et quelques secondes après la première grenade lacrymogène (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
… et quelques secondes après la première grenade lacrymogène (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Quelques secondes avant la première grenade lacrymogène... (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Quelques secondes avant la première grenade lacrymogène… (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Le centre-ville est interdit aux manifestants (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le centre-ville est interdit aux manifestants (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Les policiers ont tiré des grenades à gaz lacrymogènes au niveau de la passerelle piétonne reliant le quai des Bateliers au Palais Rohan.
Après un face à face un peu tendu, la manifestation reprend sa progression par le quai des Bateliers.
Premier face à face avec les policiers, pont du Corbeau. L’accès au centre-ville est interdit aux manifestants. Les slogans sont passés de « Ne vous suicidez pas rejoignez-nous » à « tout le monde déteste la police ».
Barrage de policiers pont du Corbeau (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Barrage de policiers pont du Corbeau (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
(Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
(Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
Égérie de la lutte contre le GCO, Germaine, 85 ans, est parmi les manifestants du jour... (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Égérie de la lutte contre le GCO, Germaine, 85 ans, est parmi les manifestants du jour… (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le dangereux terroriste - fiché S - anarcho-autonome Gaspard Glanz... en plein travail de journaliste (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le dangereux terroriste – fiché S – anarcho-autonome Gaspard Glanz… en plein travail de journaliste (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le cortège entre rue des Bouchers.
Le cortège prend la rue de la Première-Armée (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le cortège prend la rue de la Première-Armée (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Très bonne ambiance, assez festive, dans le cortège. Nombre de manifestants en profitent pour faire un selfie avec le journaliste indépendant Gaspard Glanz, venu couvrir la manifestation à Strasbourg après son interdiction de paraître à Paris les samedis.
Le cortège se dirige en fait vers le centre-ville et emprunte actuellement la rue de la Première-Armée.
Le cortège prend la direction de la place de la Bourse.
Le cortège se met en route vers le Parlement européen (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le cortège se met en route vers le Parlement européen (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Des streets medics allemands sont parmi les manifestants (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
Des streets medics allemands sont parmi les manifestants (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
Parmi les prises de parole, des Gilets jaunes italiens... (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
Parmi les prises de parole, des Gilets jaunes italiens… (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
Ambiance tranquille au début de la manifestation (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
Ambiance tranquille au début de la manifestation (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)
Parmi les témoignages, celui d’une mère de famille aide-soignante qui demande aux policiers où sont-ils alors qu’elle a signé la pétition pour l’amélioration de leurs conditions de travail…
Confirmé : quelques centaines de personnes sur la place de l’Etoile. Des prises de parole sont en cours, notamment de Gilets jaunes italiens.
Selon les premières estimations, les Gilets jaunes place de l’Etoile seraient environ 500.
Ambiance calme au début de la manifestation des Gilets jaunes (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Ambiance calme au début de la manifestation des Gilets jaunes (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Ambiance calme au début de la manifestation des Gilets jaunes (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
(Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Ambiance calme au début de la manifestation des Gilets jaunes (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Assez peu de monde encore place de l’Etoile des Gilets jaunes (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Ambiance calme au début de la manifestation des Gilets jaunes (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Ambiance calme au début de la manifestation des Gilets jaunes (Photos Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
11° C et légère pluie, pas le meilleur temps pour manifester… Plus d’infos météo sur cette page.
Le préfet du Bas-Rhin a de nouveau rappelé que certains secteurs étaient interdits aux manifestations.
A Strasbourg, de nombreux commerces craignent les violences et les débordements et ont protégé leurs vitrines.
Bonjour à tous et bienvenue sur cette édition spéciale en direct de la manifestation des Gilets jaunes à Strasbourg. Le rassemblement doit débuter de la place de l’Etoile à 13h mais aucun parcours n’a été déposé en préfecture. Le préfet du Bas-Rhin a interdit les abords de la cathédrale, ceux du Parlement européen et de la Gare centrale.

Deux jours après l’allocution télévisée du président de la République, l’acte 24 des Gilets jaunes sera un véritable test pour le mouvement qui s’est organisé en novembre 2018. Après s’être révoltés initialement contre la hausse des taxes, les Gilets jaunes se sont structurés et ont exigé au fil des semaines deux mesures phares : le retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’instauration du référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Jeudi soir et pour clore le Grand débat national, Emmanuel Macron n’a répondu à aucune de ces demandes. Néanmoins, il a précisé quelques mesures portant sur le pouvoir d’achat : une retraite minimale à 1 000 euros, une réindexation des retraites inférieures à 2 000€ et un âge de départ inchangé à 62 ans. Contre la désertification des zones rurales et périphériques, le président de la République a annoncé que 4 000 cantons français accueilleront chacun une maison « France Services », qui regroupera divers services publics (La Poste, caisse d’allocations familiales , Assurance-maladie, Pôle emploi…). Il a également promis un « nouvel acte de la décentralisation. » Il a confirmé la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et annoncé vouloir mettre fin aux grands corps de la fonction publique.

Si le RIC a été écarté, Emmanuel Macron a proposé que le seuil pour déclencher un référendum d’initiative partagée soit réduit à 1 million de citoyens (contre 4,7 millions actuellement), avec l’aval d’au moins un cinquième des parlementaires. Ces derniers devraient d’ailleurs être 30% moins nombreux lors des prochains scrutins, qui comporteront une forte dose de proportionnelle.

Strasbourg capitale jaune ?

Les Gilets jaunes ont maintenu leur appel à manifester samedi et fait de Strasbourg, l’une des seules villes où doit se dérouler l’acte 24. Ils espèrent être rejoints par des Gilets de toute la France et notamment du sud-ouest ainsi que des régions frontalières et se diriger vers le Parlement européen. Les services de la préfecture du Bas-Rhin estiment que le mouvement devrait parvenir à mobiliser fortement et craignent des débordements en provenance de groupes radicaux, voire violents.

Le préfet a en outre interdit aux Gilets jaunes de se rendre au Parlement européen, près de la Cathédrale ou place de la Gare. Au centre-ville, plusieurs commerces ont apposé des plaques pour protéger leurs vitrines.

Les Fouteurs de Joie à l’Espace K, remède chansonnier pour une existence heureuse

Les Fouteurs de Joie à l’Espace K, remède chansonnier pour une existence heureuse

Aller voir les Fouteurs de Joie, c’est un petit peu trinquer à la vie et à l’amitié véritable. Ces gentlemen rock’n’roll considèrent que la joie est le sentiment le plus essentiel à l’humanité. Chansons tout en tendresse et humour à l’Espace K du mardi 30 avril au samedi 4 mai.

Ils ont fait leurs armes ensemble sur les routes des campagnes françaises. Leur jeune troupe de théâtre itinérante se déplaçait avec roulottes et chevaux. Ils jouaient de la musique et gagnaient quelques sous au chapeau. Ils ont gardé de cette époque l’état d’esprit d’une bonne vieille bande de potes. Ils ont aussi gardé leur envie de liberté, de nouer des liens avec les passants, de rire et d’attendrir.

Les Fouteurs de Joie, c’est cinq mecs sympathiques qui racontent en chansons l’histoire extraordinaire de l’anecdote que tout le monde a vécu un jour. Ils piquent au vif avec le verbe juste. Ils portent un regard décalé et engagé sur notre société, notre industrie agroalimentaire et son poulet bien dodu qui n’a pourtant pas beaucoup couru, l’impunité de nos hommes politiques, le chômage, et nos petites failles d’hommes et de femmes.

« Étoiles c’est notre condition terrestre.
Nous sommes sous l’infini, nous sommes tout petit par rapport à l’infini. C’est aussi que l’on a beaucoup joué dehors en regardant les étoiles. Pour renforcer ces idées là, ils ont pensé à idiots.
C’est aussi une condition terrestre mais plus humaine.
Qu’est-ce qu’un être humain ?
Un idiot aussi.
Car ce monde que l’on vit, un peu rugueux, peut nous rendre bête. »

Ils ont la subtilité de dire l’évidence. Chaque personnage nous parle un peu de lui-même, un peu de nous-même. Avec eux, le public devient tour à tour taulard, raton laveur ou chômeur. Chacun revit cette fameuse soirée karaoké dans un restaurant chinois une Tsingtao à la main. Ils jouent avec les maux et embarquent l’audience dans une ambiance foutraque et burlesque, dans une ambiance romantique aussi. Car, comme ils le rappellent, ils sont tous égaux sauf peut-être en expression corporelle, et en amour aussi… Notamment en géographie amoureuse.

« Alors que certains d’entre nous sont en train de vivre une formidable histoire d’amour sur la côte d’Azur ou dans le Périgord noir, au même moment, l’un d’entre nous est en train de vivre une toute petite histoire de fesses à Dunkerque, à côté d’une baraque à frites ! »

Les Fouteurs de Joie (doc remis)
Les Fouteurs de Joie (doc remis)

À mi-chemin entre le théâtre et le concert, ces danseurs multi-instrumentistes ont opté pour une mise en scène sobre qui leur laisse une entière liberté de mouvements. Ils jouent en semi-acoustique sur une scène dépouillée de tous câbles de sonorisations. Tous vêtus d’une jolie chemise bien mise, seuls leurs instruments suspendus à des fils habillent la scène. Les gestes sont aussi subtils que spontanés, et leurs artifices sont d’une simplicité enchanteresse.

Des urbanistes proposent de garder l’A35 surélevée

Des urbanistes proposent de garder l’A35 surélevée

L’autoroute A35, un futur boulevard au cœur de Strasbourg ? Une trentaine d’urbanistes ont planché sur le sujet, avec des idées pour infuser le débat local. L’une des principales conclusion sur l’importance des ponts routiers va à l’encontre des premiers discours strasbourgeois.

« On ne va pas casser l’A35, on va jouer avec sa structure ». L’A35 qui coupe Strasbourg en deux sera-t-elle vraiment transformée et si oui, comment ? L’agence d’urbanisme de Strasbourg, l’Adeus, qui pilote les premières réflexions sur ce projet de long terme, a présenté vendredi quelques idées issues d’un séjour de travail.

Toujours 150 000 véhicules par jour…

Une trentaine d’urbanistes, la plupart n’habitant pas à Strasbourg, se sont regroupés les 20, 21 et 22 mars dans la capitale alsacienne. Attention, il ne s’agit pas de projets validés par la municipalité, mais plutôt de réflexion à reprendre, à adapter… ou pas. La restitution de ces travaux collectifs a été assurée par Yves Gendron, directeur général adjoint de l’Adeus et par Frédéric Roustan, urbaniste et chargé de mission culture urbaine à l’Agence d’urbanisme de l’agglomération de Marseille (Agam).

Rappelons qu’après la mise en service du Grand contournement ouest (GCO – voir nos articles) mi-2021, les prévisions de l’État tablent sur 150 000 véhicules par jour sur l’A35, contre 164 900 en 2016 sur la portion la plus utilisée, entre Cronenbourg et Schiltigheim.

Le trafic journalier moyen sur l'A35 en 2016 (source Dir Est)
Le trafic journalier moyen sur l’A35 en 2016. Entre parenthèse le nombre total de poids-lourds. (source Dir Est)

Ne pas casser les viaducs

Et la première idée qui détonne est de ne pas déconstruire les viaducs et les talus qui surélèvent l’autoroute. C’était pourtant l’un des thèmes dominants des premiers discours tenus par les élus locaux. Les urbanistes ont bien remarqué que l’autoroute était une fracture visuelle, géographique et sonore dans la ville « que l’on essaie de masquer », mais… la vie humaine, végétale, animale, jardinière sportive, cycliste, aquatique sous l’autoroute (voir par exemple cet article) a tout autant impressionné les spécialistes. Cet aspect revêt une différence notable avec les autres villes qui déconstruisent leurs autoroutes urbaines.

Or abaisser l’A35 reviendrait à écraser ces « sous-faces » et les remplacer par des voies de circulation en plein pied, à « vitrifier l’espace public » en somme. Seuls deux espaces (vers la place de Haguenau à l’entrée de Schiltigheim et à la porte de Schirmeck) sont bétonnés et sans vie particulière. Ces ponts feraient même partie de « l’identité » de la voie et de la ville.

Casser un viaduc, ce fût le choix de la majorité de droite en 2006, en explosant l’ancien pont Churchill surélevé, pour urbaniser ses abords (tours Black Swans, Elithis, Inet, quartier Danube, etc.).

Au contraire, les urbanistes imaginent que l’A351 (qui arrive par l’Ouest) remonte sur ses derniers mètres pour croiser l’A35 actuelle, à quelques mètres de hauteur du sol sur le talus actuel, et non plus diriger les véhicules vers les vastes bretelles. À cette hauteur, un peu plus à l’est, les urbanistes imaginent « une gare ouverte à 360 degrés », un vieux thème de la politique strasbourgeoise. Les décideurs actuels imaginent que la gare routière y soit relocalisée d’ici 5/10 ans, mais il y aura quelques élections d’ici là… Les urbanistes proposent d’abaisser la vitesse à 30 km/h sur cette portion.

Les abords de la gare redessinés (dessin d'urbanistes)
Les abords de la gare redessinés (dessin d’urbanistes)

Plusieurs échangeurs et giratoires sont imaginés, même si les localisations seraient à affiner. Mais pourront-ils absorber tout le trafic, bien supérieur à celui d’un boulevard strasbourgeois actuel (environ 38 000 véhicules avenue du Rhin, 22 000 avenue des Vosges…) ? Pas sûr que le vieux projet de Voie de liaison ouest (VLIO), en passe d’être relancé, absorbe tout le trafic strasbourgeois, amené à s’en aller de l’A35.

Idée plus consensuelle et déjà entendue, ajouter des transports en commun tel un tramway. Mais tout en préservant des voies de circulation. « Il y aura toujours des voitures sur l’A35, sauf qu’elles accueilleront 4 personnes dedans et pas 1 seule », projette Yves Gendron. Tout un programme, « par étapes »…

L A35 fait rêver par son potentiel despace verts, mais où iraient les 150 000 véhicules
L’A35 fait rêver par son potentiel d’espaces verts, mais où iraient les 150 000 véhicules ? (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Ces réticences que l’on entend déjà venir

L’Adeus n’avait « pas donné de consigne », dixit Frédéric Roustan. Quatre ambitions générales ont été formulées par les urbanistes pour l’A35 du futur : « Une vitrine de Strasbourg » ; « Un cœur de métropole » ; un parc ou « une urbanité généralisée ». Le tout en… « respectant la fonctionnalité actuelle de l’A35 » (à savoir une voie rapide sans croisement qui permet d’aller du nord au sud de l’agglomération en quelques minutes quand il n’y a pas d’embouteillage). Même à l’heure de « l’en même temps », il y a comme une contradiction entre ces deux demandes.

D’ailleurs, lors des questions-réponses, un représentant de la Chambre de commerce et d’industrie a soulevé « l’accessibilité au port, coupé en deux par les Deux-Rives », « le risque d’accidents » si l’on mélange vélos, voitures, transports en commun et autres trottinettes et le manque de réflexion générale sur « l’économie ». Ces transformations devraient toutes se heurter aux réticences des lobbys routiers, automobilistes et donc sûrement économiques…

Proposition de diminutions des vitesses (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Espace nourricier, zones commerciales

Tout au nord, transformer une partie des terres agricoles restantes en « espace nourricier » est aussi proposé. « Il y a 700 hectares de disponibles, c’est suffisant pour assurer la production en bio à tous les enfants des cantines (1 hectare = 650 personnes pour 150 jours) », indique Frédéric Roustan qui verrait dans ce projet une incarnation concrète au développement durable. Cette zone serait en grande partie située entre donc l’A35 d’un côté, et le GCO son trafic de camions qui transitent du nord au sud de l’Europe (24 000 véhicules dont 31% de poids lourds attendus sur cette portion).

Réserver des terres à lagriculture bio au nord ?
Réserver des terres à l’agriculture bio au nord ? (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Les urbanistes ont aussi été frappés par « la prévalence » des zones commerciales le long de l’autoroute. La Vigie (renommée « la vigie lente » pour signifier l’abaissement de la vitesse à partir de ce point) serait à « densifier » et à « paysager ». Une délibération au conseil de l’Eurométropole du 2 mai prévoit de revoir ces accès et « l’insertion paysagère ». Quant à la zone au nord à Vendenheim, les travaux pour l’agrandir sont entamés.

Bientôt un concert sur l’A35 ?

Après la Vigie, l’espace autour du Lac Achard à Ostwald et sa vue imprenable sur l’autoroute, pourrait être transformé en « parc de l’Ill », voire comme une sorte de parking relais via les voies d’eau. « Vous avez de l’eau, mais à part pour faire visiter Strasbourg aux touristes, vous ne vous en servez pas comme moyen de transport », remarque Frédéric Roustan.

Le parc de l'Ill, une touche verte dans la requalification ?
Le parc de l’Ill, une touche verte dans la requalification ?

Enfin, l’idée la plus foutraque revient à imaginer l’A35 comme… « une grande scène musicale ». Après la mise en service du GCO, une soirée avec « un concert de rock avec 1 000 guitares » est imaginé sur les bretelles d’autoroute, une référence au bruit que génère l’autoroute le reste du temps. L’idée est aussi de « faire envie d’A35 », avant de la transformer. « On a un peu déliré », concède Frédéric Roustan tout en rappelant que « on bloque bien l’autoroute quand Emmanuel Macron vient »… Cela avait en effet était le cas pour les obsèques d’Helmut Kohl en 2017.

Une fête de lA35 avec un concert ?

Des élus de tous bords (Robert Herrmann PS ; Christel Kohler LREM et Jean-Philippe Vetter LR) ont déjà exprimé leur envie de profiter de la requalification pour ajouter des espaces verts à Strasbourg. Mais entre les déclarations de principes, les demandes de citoyens et gdes roupes d’intérêts, puis les décisions concrètes, les grands dessins évoluent souvent vers une forme de dénominateur commun…

Ça Dada, le chaos artistique s’installe au théâtre de Hautepierre

Ça Dada, le chaos artistique s’installe au théâtre de Hautepierre

Remise en cause de l’ordre, jeu avec les convenances, chaos créatif, exubérance artistique : le spectacle Ça Dada se pose comme l’enfant terrible de la saison théâtrale strasbourgeoise. Mobilisant de nombreuses techniques et sans fil narratif, le spectacle va jusqu’à faire s’effondrer tout le décor, pourvu qu’il soit irrévérencieux.

Le mouvement dada est né juste avant la première Guerre Mondiale, dans un contexte de tensions et d’instabilités politiques. Un siècle plus tard, c’est le même esprit que les artistes de la compagnie s’appelle reviens ont mobilisé pour créer Ça dada. Le spectacle est présenté au théâtre de Hautepierre. Le Maillon, qui propose le spectacle avec le TJP – Centre Dramatique National Strasbourg-Grand Est, revient dans son lieu d’origine le temps de quelques représentations. L’ancien hall du Wacken est en démolition et le nouveau théâtre est en construction.

Chaos en scène

Les acteurs sont déjà présents lorsque le public s’installe. La scène, peu profonde, présente un haut mur gris. Affairée sur un bureau, une femme en tailleur noir se lève et projette quelques balles dans les gradins à l’aide d’un lance-pierre. Deux musiciens tapent sur des grosses caisses. Une autre femme arpente le plateau, un arc en bandoulière. Un homme arrive, donne un coup de sifflet et lance le spectacle. Très rapidement, tout se disloque. Pris de folie, les acteurs et actrices arrachent leurs costumes sobres et défoncent le mur gris à coups de poings et de meubles. Ils se peinturlurent le visage, les cheveux, et font tomber le décor en morceau. Des sacs de gravats chutent du plafond, et même les lampes se décrochent et s’éteignent. Dans les décombres, un nouveau décor émerge, fait de bâches en plastique.

2018-02 Cie Sappel Reviens Théâtre de Montreuil ÇA DADA spectacle de Alice Laloy
Au début du spectacle, le premier obstacle à abattre est ce mur institutionnel et austère. (Photo d’Elisabeth Carecchio)

Clins d’oeil au « dada »

Le spectacle s’affranchit de toute règle. Les décor se succèdent, détruits les uns après les autres. Malgré le chaos, certains univers se retrouvent, notamment celui du clown. Les personnages sérieux laissent place à des êtres maquillées grossièrement de couleurs vives. Ils adoptent les comportements quasi muets et outranciers des clowns de cirque. À plusieurs reprises, des figures chevalines traversent la scène : costume de cheval, queues de cheval, acteurs se chevauchant… tous ces éléments font des clins d’œil au « dada ». Dans un moment parodiant la tribune politique, les trois acteurs mélangent leurs voix pour prononcer un manifeste dadaïste : l’une parle dans un langage incompréhensible, l’autre traduit, et le troisième commente, notamment à l’aide de nombreuses onomatopées. Des mannequins affublés de haut-parleurs énoncent des leçons dada. L’un d’entre eux donne la méthode pour écrire un poème dada : découper en confettis les mots d’un article de journal et les assembler dans le désordre. Les acteurs projettent à l’aide d’une soufflerie une pluie de fragments de journaux qui se collent sur le mur du fond.

2018-02 Cie Sappel Reviens Théâtre de Montreuil ÇA DADA spectacle de Alice Laloy
Les acteurs collent sur le mur une pluie de coupures de journaux. (Photo d’Elisabeth Carecchio)

Ça Dada le secoue

Bien que le public soit très classiquement assis dans la salle face au spectacle, il n’est pas laissé passif. Ça Dada le secoue et le sollicite. Un spectateur notamment est tiré au hasard, au sens propre. C’est un projectile tiré au lance-pierre qui le désigne. Il est alors invité à appuyer quand il le désirera sur le « bouton du hasard », gros bouton rouge sur un boité jaune en avant-scène. À plusieurs reprises, un acteur encourage le public à frapper dans ses mains, et entraîne une cacophonie de la salle qui rejoint celle de la scène. Le spectacle invite les spectateurs à une désinhibition assez peu courante au théâtre, et se pose comme un objet atypique dans le paysage contemporain.

Armes françaises au Yémen : solidarité avec nos confrères de « Disclose » et de Radio France

Armes françaises au Yémen : solidarité avec nos confrères de « Disclose » et de Radio France

Après avoir dévoilé un document confidentiel-défense contredisant la ministre des Armées, trois journalistes sont convoqués par la Sécurité intérieure et risquent une peine d’emprisonnement.

Lundi 15 avril, le site d’investigation « Disclose » dévoilait, en partenariat avec plusieurs médias dont Rue89 Strasbourg, un rapport classé « confidentiel défense » documentant l’usage des armes vendues par la France à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis dans la guerre au Yémen, menée depuis 2015 au prix de la « pire crise humanitaire au monde » selon les Nations unies. Ce document, dont la publication n’a aucunement remis en cause la sécurité des agents français sur le terrain, a été révélé en raison de son intérêt manifeste pour le public. Il invalide le discours officiel du gouvernement français, qui prétend que cet arsenal ne sert qu’à des fins défensives.

Or mercredi, deux journalistes de « Disclose », Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, ainsi qu’un journaliste de la cellule investigation de Radio France partenaire de ces révélations, Benoît Collombat, ont appris leur convocation à la mi-mai par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « compromission du secret de la défense nationale » ouverte par le parquet de Paris après le dépôt d’une plainte par le ministère des Armées.

Nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs, exprimons notre pleine et entière solidarité avec nos confrères qui n’ont fait que leur travail : porter à la connaissance des citoyens des informations d’intérêt public sur les conséquences des ventes d’armes françaises. Depuis ces révélations, le gouvernement est resté muet sur les faits. Aujourd’hui, pour avoir exposé ces informations, trois journalistes se retrouvent sous la menace d’une procédure, pour un délit puni d’une peine d’emprisonnement, dont l’objectif manifeste est de connaître les sources à l’origine de leur travail.

En ces temps décidément préoccupants pour la liberté d’informer, ces convocations rappellent, s’il en était besoin, à quel point il est indispensable de renforcer en France la protection des sources, consacrée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) comme « l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse. » Le secret-défense ne saurait être opposé au droit à l’information, indispensable à un débat public digne de ce nom, ni servir d’épée de Damoclès pour dissuader les journalistes d’enquêter, et de publier.

Signataires : les sociétés des journalistes, sociétés des rédacteurs et sociétés des personnels de l’AFP, Arte, BFM TV, Challenges, CNews, Courrier international, les Echos, Europe 1, l’Express, le Figaro, France 2, France 24, France 3 National, France Info, Franceinfo.fr, France Info TV, France Inter, France-Soir, l’Humanité, le JDD, Libération, M6, Mediapart, le Monde, l’Obs, Paris Match, le Parisien-Aujourd’hui en France, le Point, Premières Lignes, RFI, RMC, RTL, Sud Ouest, Télérama, TF1, la Tribune, TV5Monde, et les rédactions d’Alternatives économiques, de la Croix, des Jours et de Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon et Rue89 Strasbourg.