Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

« On n’est plus que des clients pour l’IHU », un patient dont l’IRM a été déprogrammée témoigne

« On n’est plus que des clients pour l’IHU », un patient dont l’IRM a été déprogrammée témoigne
Laurent souhaite rester anonyme, son frère pose en premier plan;

Un patient atteint d’un cancer en phase 4 a vu son rendez-vous pour une IRM à l’Institut hospitalo-universitaire de Strasbourg annulé. À la même période, l’IHU a utilisé le personnel restant pour réaliser un examen sur des cochons et un cadavre dans le cadre d’un partenariat privé.

Laurent est l’un des patients dont l’examen via imagerie à résonance magnétique (IRM) à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg a été annulée, faute de personnel disponible en radiologie. L’homme de 58 ans, originaire de Colmar vit dans le Haut-Rhin depuis sa naissance. « Je déteste les hôpitaux. Petit, j’étais souvent malade et j’ai été opéré des amygdales. J’en garde un très mauvais souvenir. » Son expérience à l’IHU ne redorera pas l’image qu’il en a.

En décembre 2024, Laurent apprend être atteint d’un cancer du côlon, après avoir été admis à l’hôpital Louis Pasteur de Colmar à la suite d’un malaise :

« Je suis allé chercher des guirlandes de Noël dans le cabanon en bois pour décorer ma maison. J’ai eu soudainement très froid, je suis rentré chez moi et je me suis effondré. »

Un examen attendu et important

« On a découvert trois nodules au niveau de l’estomac, un nodule de 9 millimètres au niveau du foie et un nodule au poumon. Mon cancer était en phase 4 (généralisé dans l’organisme, NDLR)« , explique Laurent :

« J’ai demandé ensuite à être interné à l’Institut de cancérologie de Strasbourg (Icans). Le 7 février, je rencontre mon médecin, qui a pris rendez-vous pour une IRM à l’IHU le 26 mars. Et en fonction des résultats de cet examen, le chirurgien devait déterminer le mode opératoire. Un rendez-vous était pris le 4 avril pour une opération courant du mois de mai. »

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À l’IHU, un plan pour en finir avec la radiologie des malades du cancer au profit des cochons

À l’IHU, un plan pour en finir avec la radiologie des malades du cancer au profit des cochons
L’Institut Hospitalo-Universitaire de Strasbourg a reçu plus de 100 millions d’euros d’aide publique.

Secrétaires, radiologues et autres manipulateurs en radiologie ont signé un courrier alertant sur des « dysfonctionnements particulièrement graves » au sein de l’IHU de Strasbourg. Selon eux, la direction projette de prioriser la radiologie sur des animaux, plus rentable.

C’est un courrier de quatre pages qui offre une plongée hallucinante dans les coulisses de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg. Mercredi 14 mai, onze salariés de l’établissement ont écrit au directeur de l’IHU, le professeur Christian Debry, et sa directrice des ressources humaines. Les radiologues, manipulateurs en électro-radiologie médicale (MERM) et les secrétaires signataires y décrivent « des dysfonctionnements éthiques et cliniques » doublés de pressions sur le personnel. Résultat : comme l’a révélé le journal Le Point, des personnes atteintes de cancer sont déprogrammées de leur scanner à l’IHU tandis que des manipulateurs en radiologie continuent d’intervenir sur des cochons. Mais le courrier révélé par Rue89 Strasbourg va plus loin : il dénonce une direction de l’IHU qui projetterait la fin de la prise en charge de patients dans son centre d’imagerie médicale.

La fin annoncée du centre d’imagerie médicale

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À l’Epsan, un patient se suicide par arme à feu

À l’Epsan, un patient se suicide par arme à feu
Le drame s’est déroulé dans un accueil de jour de l’Epsan

Lundi 2 juin, un patient de l’Epsan s’est suicidé avec une arme à feu devant des patients et le personnel du centre de santé mentale de Strasbourg.

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S’opposer au nazisme au cœur du Reich, histoire de la Résistance des Alsaciens

S’opposer au nazisme au cœur du Reich, histoire de la Résistance des Alsaciens
Quatre Alsaciens incorporés de force dans la Wehrmacht à Dirschau (Pologne).

Si l’Alsace est longtemps restée en dehors des récits sur la Résistance, les Alsaciens ne sont pas restés silencieux face à l’annexion. Depuis les années 2000, les historiens redécouvrent ces trajectoires d’hommes et de femmes qui se sont opposés au nazisme.

Le 14 avril 1942, Marcel Weinum, un étudiant strasbourgeois de 18 ans, est décapité à Stuttgart. Condamné à mort par les nazis pour avoir tenté d’assassiner le gauleiter Robert Wagner à Strasbourg l’année précédente, il est une des rares figures de résistant connue en Alsace. Le fondateur du groupe de La Main noire n’est, toutefois, pas le seul Alsacien à s’être opposé au régime nazi.

Dès l’automne 1940, quelques semaines seulement après la défaite de l’armée française, des groupes clandestins s’organisent. Cheftaine des guides de France, Lucienne Welschinger fonde avec plusieurs amies, toutes engagées dans le scoutisme, l’équipe Pur-Sang. Dans un premier temps, elles fournissent une aide matérielle aux prisonniers de guerre français détenus en Alsace. Mais rapidement, elles mettent à profit leurs connaissances des itinéraires de randonnée dans les Vosges pour organiser des évasions vers la France.

Une colonne de prisonniers français en 1940.Photo : Archives de Strasbourg

Pour l’historien Jean-Claude Richez, qui publie l’ouvrage collectif « Résistantes et résistants strasbourgeois », « le scoutisme joue un rôle important dans les parcours de résistants en Alsace et ailleurs. Les valeurs, l’autonomie et la sociabilité scoute favorisant l’engagement des personnes. »

L’équipe Pur-Sang développe un important réseau et fait évader 250 prisonniers jusqu’en 1942. Paul Widmann, un architecte strasbourgeois, fournit les faux papiers nécessaires aux fugitifs. Lui s’est engagé dès l’annexion dans le réseau Hector, créé par des militaires français pour espionner l’armée allemande en zone occupée. Aidé par son épouse et un solide réseau de contacts, il fournit des renseignements au régime de Vichy, puis aux alliés.

L’équipe Pur-Sang. De gauche à droite, Lucienne Welschinger, Emmy Weisheimer, Alice Daul, Marie-Louise Daul et Paulette Falbisaner lors de la remise de la médaille de la Résistance française par le général Langlade le 15 décembre 1946 dans la cour du collège Saint-Etienne à Strasbourg.Photo : Document remis par l’AERIA

La résistance se développe malgré tout

La nazification à marche forcée de l’Alsace complique la tâche de ces premiers résistants. « Le parti nazi et les structures de masse sont implantées, tout l’appareil de contrôle et de répression est en place très tôt », explique Jean-Claude Richez. Malgré cela, des organisations clandestines se structurent. La Septième colonne d’Alsace et le vétérinaire Charles Bareiss développent d’importants réseaux de renseignements et d’évasions. À Strasbourg, La Main noire multiplie les actions de propagande antinazie. En 1941, ils sont rejoints par le Front de la jeunesse alsacienne constitué par des étudiants strasbourgeois. Ces derniers diffusent en 1942 des milliers de tracts invitant les jeunes alsaciens à refuser l’incorporation de Force.

En 1941, le Parti communiste fait son retour en Alsace annexée. Georges Wodli, un ancien révolutionnaire de novembre 1918 et cadre du parti, est envoyé clandestinement à Strasbourg pour organiser la Résistance. « Wodli met en place son réseau en contactant des anciens camarades du Parti et des syndicalistes, explique Jean-Claude Richez. Ce réseau s’appuie sur les cheminots et s’étend rapidement dans toute l’Alsace, jusqu’en Moselle. » Ces résistants communistes mènent des actions de sabotage et font du renseignement. Georges Wodli fera même paraître une édition bilingue et clandestine de L’Humanité.

Georges Wodli, militant du Parti Communiste.Photo : Journal L’Humanité – Gallica

« Les nazis cherchent à briser tout mouvement de contestation. »

Jean-Claude Richez, historien

En mai 1941, le groupe de La Main noire tente d’assassiner Robert Wagner en jetant des grenades sur sa voiture. La répression s’abat alors sur les jeunes résistants. Marcel Weinum est arrêté et condamné à mort et Ceslav Sieradski est exécuté d’une balle dans la nuque au camp de Schirmeck. En mars 1942, c’est l’équipe Pur-sang qui tombe à son tour. « Les Allemands se rendent alors compte de l’importance de ces réseaux, explique Jean-Claude Richez. Avec la mise en place de l’incorporation de force, les nazis cherchent à briser tout mouvement de contestation. » Les condamnations se veulent exemplaires. Ainsi, en janvier 1943, Lucienne Welschinger et Paul Widmann sont condamnés à mort. Ils n’évitent la peine capitale que suite à des pressions diplomatiques du Maréchal Pétain et du Vatican.

Le gauleiter Robert Wagner dans sa voiture à Strasbourg.Photo : Archives de Strasbourg

Georges Wodli n’a pas cette chance, il décède sous la torture le 2 avril 1943 au siège de la Gestapo à Strasbourg. Au printemps, c’est le réseau de Charles Bareiss qui tombe puis à l’été le Front de la jeunesse alsacienne. Le 15 juillet 1943, six jeunes sont fusillés, poursuit l’historien :

« Jusqu’à mi-1943, il y a un mouvement de refus du nazisme en Alsace qui est palpable, mais il va être cassé par la répression. Des centaines de personnes sont arrêtées. »

Ceux qui échappent aux arrestations plongent plus profondément dans la clandestinité et se concentrent sur le renseignement, une activité beaucoup plus discrète que l’aide aux évasions, les sabotages et la propagande. Au moment où la Résistance dans le reste de la France se structure et se renforce, les mouvements alsaciens, eux, sont brisés.

Le camp de sûreté de Schirmeck-Vorbruck, où 15 000 personnes ont été internées.Photo : Collection Mémorial Alsace-Moselle, fonds WEINLING

« Déserter une armée criminelle, c’est résister. »

Jean-Claude Richez, historien

À partir d’août 1942, les jeunes alsaciens sont incorporés de force dans l’armée allemande. Le refus du nazisme va alors prendre un tournant plus individuel, nombre de jeunes alsaciens tentent de fuir et le payent de leur vie. En février 1943, 18 incorporés de Ballersdorf essayent de passer en Suisse. Interceptés par des garde-frontières, trois sont tués sur place et 14 exécutés dans les jours suivants.

La répression s’entend aux familles des réfractaires et beaucoup d’Alsaciens n’ont d’autre choix que d’accepter leur sort. Cependant, certains manifesteront leur refus jusque dans les rangs de l’armée, comme l’explique Jean-Claude Richez :

« Il y a eu des actes d’insubordinations, de sabotages et surtout des désertions. Pour moi, déserter une armée criminelle, c’est aussi résister. »

Jacques Knecht déserte l’armée allemande en 1944 et combat avec un maquis en Ardèche. Il sera repris et fusillé en 1945.Photo : Document remis par l’AERIA

Parmi ces déserteurs, certains rejoignent des maquis en Europe de l’Est ou en France. D’autre trouvent refuge en Alsace, cachés par leur famille ou dans les Vosges. « Ils profitent d’une permission pour ne pas rentrer dans leur unité et se cachent, détaille Jean-Claude Richez. On voit ainsi émerger de petits maquis. » Le plus important d’entre eux, à Volksberg, est démantelé en octobre 1944 :

« Quand les armées alliées arrivent, certains déserteurs sortent de leurs caches et rejoignent les forces françaises de l’intérieur pour combattre à leur côté. Il ne faut pas croire que ce sont des résistants de la dernière heure, ils ont pris des risques pour échapper à l’armée allemande et dès qu’ils ont pu rejoindre les alliés, beaucoup l’ont fait. »

Il en va de même pour les Alsaciens réfugiés en Suisse et dans le reste de la France qui se joignent aux armées de la libération à partir de l’été 1944.

Une mémoire empêchée par sa complexité

De nombreux Alsaciens se sont aussi engagés contre le nazisme depuis la France où ils se sont repliés en 1939. L’Université de Strasbourg, installée à Clermont-Ferrand, reçoit la médaille de la Résistance pour le combat de ses étudiants et personnels. Les juifs alsaciens expulsés en 1940 vont occuper une place importante dans les réseaux de la Résistance juive. Plus généralement, on retrouve des Alsaciens les armes à la main dans les maquis de France. La brigade Alsace-Lorraine dirigée par André Malraux, en rassemble 1 500 à partir de septembre 1944 et participe aux combats dans les Vosges et en Alsace.

Des résistants au maquis du Marquay en Dordogne le 14 juillet 1944, dans leurs rang, de nombreux Alsaciens et Mosellans.Photo : Comité pour la mémoire de la Brigade Alsace-Lorraine

Toutes ces dimensions complexifient le récit autour de la Résistance des Alsaciens. Pour Jean-Claude Richez, il est difficile d’en saisir l’ampleur tant ces engagements prennent des trajectoires différentes :

« C’est une résistance totalement éclatée. Résister en Alsace sous domination nazie, résister dans une armée nazifiée ou résister depuis la France occupée, ce ne sont pas les mêmes expériences. C’est difficile de construire une mémoire à partir d’engagements aussi différents. »

L’historien ajoute que les formes qu’a pris la Résistance en Alsace cadrent peu avec un récit national centré sur les maquis et l’action armée, invisibilisant pendant longtemps la contribution des Alsaciens à l’histoire de la Résistance. 

Utiles, nouveau parti centriste, à l’assaut des mairies du Bas-Rhin

Utiles, nouveau parti centriste, à l’assaut des mairies du Bas-Rhin
Bertrand Pancher, à la tête du parti Utiles et Mohamed Sylla, en charge de la section bas-rhinoise.

À un an des élections municipales, le mouvement centriste Utiles prépare ses premières candidatures dans le Bas-Rhin. Président du comité départemental, Mohamed Sylla veut élaborer un programme axé sur les services publics et le pouvoir d’achat.

Mardi 3 juin, Schiltigheim. Un nouveau parti politique centriste appelé « Utiles » lance sa campagne pour les élections municipales de mars 2026 en présence d’une vingtaine de personnes. Pour les accueillir, Bertrand Pancher, président d’Utiles et ancien député, et Mohamed Sylla, tout nouvellement intronisé président du comité du Bas-Rhin.

Mohamed Sylla est juriste et syndicaliste, il a été candidat aux élections législatives de 2024 dans la 3e circonscription du Bas-Rhin. Avec Bertrand Pancher, ils rappellent l’origine de leur parti né en 2023, dont l’acronyme signifie « Ultra-marins, territoires, indépendants, liberté, écologie et solidarités ».

Ce nouveau parti politique est lié à la formation parlementaire Liot, popularisée pour son opposition au gouvernement lors des échanges législatifs sur la réforme des retraites en 2023. « Le groupe Liot n’était ni un parti, ni un groupe parlementaire, nous avons donc créé Utiles », résume Bertrand Pancher. Utiles revendique 3 000 adhérents et 11 parlementaires.

Secrétaire général de l’Unsa 67 et de l’Unsa Lidl, conseiller prud’hommal et membre du conseil d’administration de l’Université de Strasbourg en tant que personnalité extérieure depuis 2025, Mohamed Sylla doit implanter le mouvement dans un maximum de communes du Bas-Rhin, soit en nouant des alliances, soit en présentant des listes autonomes :

« À Strasbourg par exemple, je serais ouvert à une stratégie commune avec Jeanne Barseghian, si celle-ci tient compte de nos préoccupations sociales. »

Consultation numérique, démarches physiques

Sur l’échiquier politique, Utiles revendique un positionnement à « l’ultra-centre, ni à droite, ni à gauche » mais ouvert à la collaboration avec celles et ceux « qui partagent nos projets ». Pour s’ancrer localement, les deux représentants disent vouloir travailler en Alsace avec le Mouvement régions et peuples solidaires (RPS) et Unser Land.

« Nous militons pour un choc par la décentralisation, afin de donner davantage de marge de manœuvre aux communes », ajoute Bertrand Pancher.

Tout au long de leur présentation, Mohamed Sylla et Bertrand Plancher insistent sur les concertations et leur envie de faire émerger des « propositions du peuple » pour « un gouvernement par le peuple ». Ils prévoient de multiplier les rendez-vous en Alsace durant tout l’été pour tenter de se faire connaître.

Avant d’élaborer un programme, Utiles prévoit de récolter des avis et envies des Strasbourgeois et Strasbourgeoises dans un « cahier de doléances » numérique en matière d’éducation, de santé, de sécurité, d’aménagement urbain ou de vie associative. Accessible en ligne à partir du 15 juin, ce vaste sondage sera ouvert jusqu’en décembre et donnera lieu à des « ateliers de co-construction » début 2026.

Mardi soir, Mohamed Sylla cite une liste de mesures que son parti souhaiterait porter dans les municipalités bas-rhinoises : une revalorisation des services publics de proximité, la fin de la dématérialisation des démarches, des contrats de sécurité locaux, d’autres pour l’éducation et la santé et tout ça avec la promesse de ne pas augmenter les impôts…

#Mohamed Sylla

Ancien président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken proposé comme curé à la Robertsau

Ancien président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken proposé comme curé à la Robertsau
Michel Deneken, ancien Président de l’Université de Strasbourg, est le nouveau curé de la Robertsau.

Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg entre décembre 2016 et mars 2025, a été nommé curé de la paroisse catholique Saint-Louis, dans le quartier de la Robertsau, par l’Archevêché.

Retour dans les ordres pour Michel Deneken. L’ancien président de l’Université de Strasbourg (Unistra), qui a terminé son second mandat en mars, a été nommé par l’archevêque de Strasbourg au poste de curé de la paroisse catholique Saint-Louis, situé dans le quartier la Robertsau.

Évoquée sur le blog de la Robertsau, l’information a été confirmée par la chancellerie de l’Archevêché de Strasbourg auprès de Rue89 Strasbourg. Considéré comme un potentiel candidat pour les élections municipales de 2026, l’homme d’Église de 67 ans doit prendre ses nouvelles fonctions ecclésiastiques à partir du 1er septembre.

Une nomination en attente d’agrément préfectoral

Originaire de Lingolsheim, Michel Deneken est docteur en théologie catholique. Ordonné prêtre au diocèse de Strasbourg en 1985, il a été le premier homme d’Église à prendre la tête d’une université française lors de son élection à la présidence de l’Unistra en décembre 2016.

Avant sa nomination officielle à la tête de la paroisse Saint-Louis, une dernière étape administrative est en cours à la préfecture, en raison de l’application des règles concordataires. « Nous attendons l’agrément préfectoral pour officialiser cette nomination, mais cela ne devrait pas poser de problème. On espère que cela arrivera avant début juillet », indique la chancellerie de l’Archevêché de Strasbourg auprès de Rue89 Strasbourg.

Contacté, Michel Deneken n’a pas répondu à nos sollicitations avant la publication de cet article.

Manifestation pour un cessez-le-feu en Palestine samedi 7 juin

Manifestation pour un cessez-le-feu en Palestine samedi 7 juin
Manifestation organisée par le Collectif Palestine 67 ce 7 juin à 14 h.

Une manifestation est organisée samedi 7 juin par le collectif Palestine 67 dénoncer les violences en Cisjordanie et la guerre dans la bande de Gaza. Les organisateurs réclament un cessez-le-feu immédiat, la fin du blocus et la reconnaissance d’un État palestinien par la France.

Le collectif Palestine 67, regroupant une vingtaine d’organisations, organise une manifestation pour dénoncer un « génocide » dans la bande de Gaza et demander la reconnaissance d’un État palestinien par la France et l’Union européenne. Le départ est prévu samedi 7 juin à 14h, place de la Gare à Strasbourg.

Depuis l’attentat du 7 octobre 2023, l’armée israélienne y mène une répression qui a fait plus de 50 000 morts. Récemment, des points de distribution d’aide alimentaire, confiés par Israël à une société privée, ont été visés par des tirs de l’armée israélienne, ce qui a provoqué de nouvelles victimes parmi les familles qui venaient chercher un peu de nourriture après des semaines de privations. Le dévoilement des plans du cabinet de sécurité début mai, visant à conquérir l’ensemble de la bande de Gaza, ne laissent guère de doutes sur les intentions du gouvernement d’extrême droite israélien.

Mobilisé depuis novembre 2023

Les organisateurs de la manifestation strasbourgeoise réclament, depuis novembre 2023, un cessez-le-feu immédiat et le retrait de l’armée israélienne de la bande de Gaza. Le collectif dénonce l’usage de « l’arme de la famine » et demande la levée des restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire. Le collectif appelle en outre à des sanctions contre Israël, la poursuite de la procédure engagée par la Cour pénale internationale contre le Premier ministre israélien et la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

Le rassemblement est fixé à 14 h sur la place de la Gare, le cortège s’élancera ensuite vers la rue du Maire-Kuss, avant de longer la rue du 22-Novembre et la rue des Aveugles, empruntant la Grand’Rue pour rejoindre la rue Gutenberg. Il continuera ensuite par la rue des Hallebardes pour aboutir place de la Cathédrale.

Trois jours à vélo pour débattre des ressources en eau en Alsace

Trois jours à vélo pour débattre des ressources en eau en Alsace
Le Convoi de l’eau avait réuni une cinquantaine de militants l’an dernier.

Des dizaines de cyclistes vont parcourir l’Alsace du samedi 7 au lundi 9 juin pour sensibiliser aux enjeux des ressources hydriques. Ponctué de rendez-vous, le parcours doit s’achever devant le Parlement européen de Strasbourg.

Des tables-rondes, des démonstrations et des rencontres pour sensibiliser les Alsaciens à la préservation de l’eau. C’est le concept du Convoi de l’eau, formé par une quelques dizaines de cyclistes, et qui doit partir de Mulhouse samedi 7 juin pour arriver à Strasbourg lundi 9 juin.

Le Convoi de l’Eau est une manifestation initiée en 2023 par le collectif écologiste Les Soulèvements de la Terre pour dénoncer les méga bassines et leur pression sur les ressources hydriques des territoires. Les Résistances de la Terre 68, une association écologiste du Haut-Rhin, s’est inspirée de ce modèle de manifestation revendicative pour sensibiliser à la question de l’eau en Alsace. « En Alsace, on n’a pas de méga bassines mais on a Stocamine » scande pour une seconde fois Cécile Germain, co-organisatrice de l’événement et membre du parti Les Écologistes.

En mai 2024, une cinquantaine de personnes avait participé à la première édition de ce convoi. « On a déjà quarante inscriptions, on espère être une soixantaine à pédaler », développe la militante. « Les inscrits viennent de différentes associations : Alternatiba, Extinction rébellion, Les Soulèvements de la Terre… » ajoute-t-elle.

Un trajet symbolique

« Notre convoi de l’eau met en lumière des thématiques spécifiques au territoire alsacien » précise Cécile Germain. Le parcours est ponctué d’arrêts qui s’attardent chacun sur un enjeu lié à la gestion des ressources en eau. « En Alsace, on ne peut pas parler d’eau sans parler de Stocamine, ce sera donc notre premier arrêt, » détaille la militante. Stocamine est une ancienne mine de potasse à Wittelsheim, où des déchets ultimes ont été stockés (voir notre couverture complète). La mine risquant de s’effondrer, tous ces déchets menacent de polluer la nappe phréatique alsacienne. Le tribunal administratif doit rendre sa décision le 17 juin sur la validité du confinement définitif de ces déchets.

Chaque soir, une table ronde est prévue. La première, prévue le samedi 7 juin à 17h, a donc pour thématique « Eau et Industrie » et se tiendra Ô Bon Jardinier à Ingersheim. « On va notamment parler du lithium et des PFAS (polluants éternels, NDLR) et plus généralement de la consommation de l’eau dans l’industrie », complète Cécile Germain.

Étapes dans les Vosges

Le lendemain, le convoi longera le piémont vosgien, une occasion d’évoquer l’eau dans le paysage montagnard. Les cyclistes s’arrêteront à Dambach-la-Ville autour de 12h30 pour échanger avec Florian Beck-Hartweg, un vigneron, au sujet de l’agriculture en montage. Le cortège rejoindra ensuite la ferme de Tuttenhausen pour une table ronde sur « Les retenues collinaires, l’enneigement artificiel et l’accaparement de la ressource en eau », complète Cécile Germain.

Le dernier jour, une pause est prévue sur le site historique de la maison éclusière, près de l’ancienne « zone à défendre » du Moulin. « C’est un lieu symbolique où des milliers de personnes ont manifesté contre le Grand contournement ouest. Nous espérons que les Strasbourgeois nous y rejoignent avant de se rendre devant le Parlement européen à midi », développe l’organisatrice.

Pour achever ce parcours, une dernière table ronde se déroulera sur la place du Marché de Neudorf à 14h, pour questionner la place de l’Homme dans l’écosystème de l’eau.

Cécile Germain regrette un manque d’engagement des communes traversées : « Pour trouver un lieu où planter nos tentes, on a sollicité des mairies. Mais on n’a essuyé que des refus. » Les militants dormiront donc sur des terrains de particuliers.

Pas de contrôle, diminution des primes… « L’État n’a pas donné ses chances à la ZFE » juge Pia Imbs

Pas de contrôle, diminution des primes… « L’État n’a pas donné ses chances à la ZFE » juge Pia Imbs
La présidente de l’Eurométropole, Pia Imbs.

Mise en place depuis janvier 2022, la Zone à faibles émissions fût l’une des mesures marquantes du mandat de Pia Imbs. Pour la présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, sa suppression ne bouleverse pas son action, tant l’État montrait peu de volonté à l’appliquer.

Cinq années d’efforts politiques, de réunions techniques et de débats houleux, rendus inutiles en une journée par l’Assemblée nationale. Mercredi 28 mai, les députés ont voté un article de la « Loi de Simplification de la vie économique » supprimant les Zones à faibles émissions (ZFE), qui interdisaient de circuler aux véhicules les plus polluants.

« C’est une décision qui met les collectivités locales en porte-à-faux », regrette d’emblée Pia Imbs, la présidente de l’Eurométropole de Strasbourg :

« Je fais six réunions ZFE par an depuis le début du mandat avec les élus des communes limitrophes ou avec les acteurs du monde économique. À chaque fois, on effectuait des ajustements, on adoptait les dérogations nécessaires… Je pense que l’Eurométropole a fait le maximum sur ce dossier. »

Coercition inexistante

Présentée par ses détracteurs comme un modèle « d’écologie punitive », la ZFE resta pourtant plutôt laxiste à Strasbourg. Les sanctions pour les conducteurs des véhicules qui ne respectent pas les critères sont restées théoriques, en l’absence d’outils de contrôle, comme des lecteurs automatiques des plaques d’immatriculation. La livraison de ces équipements a été repoussée à 2027.

« Non seulement l’État communiquait peu, mais le matériel promis depuis 2022 n’a jamais vu le jour », reprend Pia Imbs. La situation est similaire dans d’autres villes de France qui n’ont pu que repousser les contrôles comme Montpellier ou Bordeaux.

En parallèle, l’élue alsacienne regrette le désengagement financier de l’État en matière d’incitation à changer de véhicules. Dans un décret publié le 29 novembre 2024 au Journal officiel, l’État a supprimé la prime à la conversion des véhicules anciens, dont l’immatriculation datait d’avant le 1er janvier 2011 pour ceux roulant au gazole, et avant le 1er janvier 2006, pour les autres carburants. Le bonus écologique, une aide financière pour l’acquisition de véhicules peu polluants, est aussi passé de 4 000 à 3 000 euros dans la foulée.

Prime à la pédagogie

« De toute façon, j’estime que la politique ZFE ne devait pas être répressive ni punitive », évacue en bonne centriste Pia Imbs après avoir très vite constaté les retards matériels. Pour y pallier, l’élue assure avoir misé davantage sur la « pédagogie » en menant une « politique d’encouragement » :

« Initialement, les habitants ont pu craindre des sanctions et agir en conséquence. Mais tout le monde s’est rendu compte que les contrôles n’existent pas. Je l’ai moi-même évoqué en toute transparence. Je crois en revanche qu’il faut rappeler que des alternatives à l’autosolisme existent : proposer par exemple des trains cadencés plus nombreux, comme nous le faisons avec le Réseau express métropolitain européen (REME). »

Cette « pédagogie » s’est traduite par sept campagnes de communication successives portées par l’EMS depuis 2021 et une procédure de diagnostic par l’Agence du climat, pour aider les particuliers à connaître le montant des aides à la conversion de leur véhicule.

Pas encore enterrée

Dans un rapport paru en octobre 2024, l’Agence d’urbanisme de Strasbourg Rhin supérieur (Adeus) a publié un bilan intermédiaire de la ZFE : 3 547 véhicules interdits ont été renouvelés grâce aux aides de l’Eurométropole entre août 2021 et août 2024, pour un coût total de 10 millions d’euros. Un nombre à mettre en rapport avec les 280 000 véhicules immatriculés dans l’Eurométropole au 1er janvier 2023.

« Surtout, nous avons fait baisser les concentrations moyennes de dioxyde d’azote de près de 40% », insiste la présidente de l’Eurométropole. L’Adeus est plus prudente et préfère noter que si « la qualité de l’air de l’Eurométropole s’améliore tendanciellement, il est difficile d’attribuer cette évolution à la seule ZFE, même si l’on peut observer une accélération du renouvellement du parc automobile roulant dans l’Eurométropole. »

Si Pia Imbs assure vouloir poursuivre les efforts en matière d’accompagnement des particuliers, elle rappelle que la suppression de la ZFE n’est pas encore définitive. Si un retrait de l’article est peu probable lors de son examen par la Commission mixte paritaire, réunissant députés et sénateurs, le gouvernement pourrait miser sur une censure de la disposition par le Conseil constitutionnel, en estimant que l’article supprimant la ZFE n’a pas de lien avec l’objet initial de la loi, la « simplification de la vie économique ». L’institution peut être saisie par le président de la République, le Premier ministre, les présidents des deux chambres, ou par un groupe de 60 députés ou de 60 sénateurs. Comme d’autres élus et automobilistes, la présidente de l’Eurométropole attend avec attention le résultat de cette procédure pour savoir si elle doit revoir l’ensemble de sa politique des mobilités…

Les salariés d’Ici Alsace s’inquiètent de la « verticalité » de leur direction

Les salariés d’Ici Alsace s’inquiètent de la « verticalité » de leur direction
Plusieurs antennes de la radio France Bleu publient des lettres ouvertes adressées à leur direction.

Dans une alerte à leur direction, 24 salariés d’Ici Alsace (ex-France Bleu Alsace) dénoncent la « verticalité » des décisions prises par Radio France. Le mouvement de contestation est suivi par 35 des 44 antennes locales du réseau Ici.

Vingt-quatre salariés de l’antenne alsacienne de la radio Ici (ex-France Bleu Alsace) ont signé un message adressé à leur direction, témoignant d’une défiance à l’égard des prises de décisions. Dans ce court texte, une partie de l’équipe s’alarme de la « verticalité des décisions », d’une « baisse de l’offre de proximité », d’un « message flou » de la direction ou encore de la programmation musicale unifiée décidée depuis Paris.

Cette démarche s’inscrit dans une mobilisation plus large : la première lettre, initiée début mai par l’antenne d’Ici Roussillon, a rapidement été suivie par d’autres stations régionales. À ce jour, 35 stations sur les 44 du réseau régional de Radio France participent à ce mouvement.

Un manque de considération des employés

La centralisation des décisions se manifeste par une multiplication des réunions entre la direction nationale et les antennes régionales. Un journaliste de l’antenne strasbourgeoise estime que « la direction d’Ici Alsace communique une fois par jour en moyenne avec la direction nationale. » Or, ces réunions débouchent sur des changements que les salariés estiment « imposés sans concertation préalable ». « On a appris comme ça que nos reportages locaux passeraient de 2 minutes 30 à 2 minutes », témoigne le journaliste, qui préfère rester anonyme. Il tient cependant à préciser que la direction régionale n’est pas directement responsable : « Ce sont eux aussi des exécutants ; ils ont peu de marge de manœuvre face aux injonctions nationales. »

Selon ce journaliste, la direction nationale serait en outre « condescendante, voire méprisante » de l’audience locale. En témoignent la mise au second plan des émissions culturelles : « On nous a dit que ça n’intéressait pas les auditeurs », explique-t-il. Dorénavant, l’accent serait mis sur des sujets considérés comme plus en vogue : gastronomie, animaux ou bulletins d’information positifs, jugés plus attractifs par les baromètres de fréquentation de la direction nationale.

Une direction nationale et web

Une logique de nationalisation des programmes se ressent et se traduit par une réduction de la production régionale : « Depuis septembre, dans l’émission matinale, le journal local est passé de toutes les demi-heures à toutes les heures », rapporte le journaliste. Des auditeurs réguliers lui confient qu’ils zappent désormais vers d’autres stations, sachant qu’il faudra patienter une heure avant le prochain bulletin alsacien. Parfois, la rédaction alsacienne produit des émissions sur des sujets exclusivement locaux qui ne trouvent jamais de créneau pour être diffusés.

Parallèlement, la production numérique et vidéo est valorisée par la direction nationale au détriment de la radio : « À chaque reportage, il faut aussi préparer un article pour le site web », déplore le journaliste. Un baromètre des articles les plus performants est régulièrement communiqué à la rédaction, ce qui est perçu comme une pression pour produire des articles à fort potentiel d’audience. Si le journaliste reconnaît que la consommation d’information évolue vers Internet, il insiste sur le fait que ces orientations nationales ne garantissent pas la pérennité d’un média centré sur la radio locale.

Lithium de France suspend son projet de forage à Soufflenheim

Lithium de France suspend son projet de forage à Soufflenheim
Frédéric Perrin était un membre actif de la lutte anti-lithium à Soufflenheim.

Quatre mois après avoir dévoilé son intention de forer à Soufflenheim, Lithium de France suspend son projet. Si certains opposants se réjouissent, d’autres appellent toujours au retrait définitif du dossier et déplorent un manque de communication de la part de l’industriel.

Une décision « pragmatique et responsable », se réjouit le maire de Soufflenheim, Camille Scheydecker, dans un communiqué publié le lundi 2 juin sur la page Facebook de la mairie. Le matin même, l’élu vient de recevoir un courrier de Lithium de France, annonçant la suspension de son projet de forage controversé à Soufflenheim.

En février dernier, l’industriel avait annoncé son intention de forer un puits de près de trois kilomètres de profondeur à environ 150 mètres des habitations les plus proches, afin de confirmer la présence de saumures géothermales riches en lithium dans les sous-sols de Soufflenheim. Jugée inacceptable par de nombreux riverains et élus locaux, la proximité avec les habitations avait poussé le conseil municipal, la communauté de communes et la mission régionale d’autorité environnementale, à exiger un retrait immédiat du projet.

« C’est un projet qui pourrait reprendre »

Alors que la consultation publique en cours depuis le mois de mars touche à sa fin, ce n’est pas un retrait définitif, mais une suspension qui est prononcée par Lithium de France, la veille de la deuxième et dernière réunion publique qui aurait dû avoir lieu mardi 3 juin. Dans son courrier, l’industriel informe de sa décision de « suspendre le projet de forage exploratoire à Soufflenheim et d’annuler la réunion publique prévue mardi 3 juin car les conditions de sérénité et de sécurité indispensable au bon déroulement du dialogue avec les habitants de Soufflenheim ne sont pas réunies. » Contacté, Lithium de France n’a pas souhaité commenter sa décision.

Joint par téléphone le jour même, le maire de Soufflenheim redit son enthousiasme : « Je suis ravi que Lithium de France ait pris en compte l’opposition claire, nette et franche de la population, ainsi que le refus exprimé par le conseil municipal », se réjouit-il. Interrogé sur le caractère non définitif de cette suspension, l’élu réaffirme son refus catégorique de soutenir un projet aux contours similaires :

« Oui, c’est un projet qui pourrait reprendre, mais peut-être pas à Soufflenheim… et certainement pas sur le lieu précis où il était prévu. La municipalité continuera à dialoguer avec Lithium de France, mais on s’opposerait bien entendu à la reprise de ce projet au même endroit. Nous l’avons dit, nous ne voulons pas d’un forage aussi proche des habitations. »

Une communication « maladroite »

Au sein du collectif anti-lithium de Soufflenheim, la nouvelle divise. Si certains voient dans cette annonce une victoire, beaucoup la reçoivent avec précaution, voire scepticisme, comme en témoigne Frédéric Perrin, un habitant du village très impliqué dans la lutte anti-lithium :

« La réelle bonne nouvelle serait l’arrêt définitif de ce projet ou un avis défavorable de la part du préfet. La suspension n’est pas une victoire, elle amène surtout plus de questions. La réunion de demain est annulée… et l’enquête publique ? Est-ce qu’elle est suspendue, comme le projet, ou est-ce qu’elle se clôture sans la réunion ? »

Frédéric déplore également une annonce tardive et l’absence d’échange direct entre l’industriel et la population :

« On ne peut pas dire qu’il y ait un véritable dialogue avec Lithium de France. À la première réunion publique, on a posé des questions auxquelles on n’a jamais eu de réponses. La deuxième réunion qu’on nous avait promise n’a jamais eu lieu. Et aujourd’hui, on apprend 24h avant que la réunion de clôture est annulée… Toute leur communication est faite en dernière minute. C’est maladroit et ça fait monter la pression chez les habitants. »

Le maire, Camille Scheydecker, assure que la consultation publique suivra son cours jusqu’au 11 juin, comme prévu initialement. « Il y a beaucoup de choses qui ont été dites, de nombreuses personnes se sont manifestées, c’est bien normal que tout cela soit pris en compte », commente-t-il. Les conclusions du commissaire enquêteur devraient être rendues comme prévu au début du mois de juillet. Par ailleurs, la préfecture a accordé une autorisation de forage à Lithium de France le 16 mai 2025, dans la commune de Betschdorf, à 11 kilomètres de Soufflenheim.

Attaqué par la préfecture, le congé menstruel risque d’être supprimé à Strasbourg

Attaqué par la préfecture, le congé menstruel risque d’être supprimé à Strasbourg
Attaquée sur son congé menstruel par la préfecture du Bas-Rhin, la Ville de Strasbourg était devant le tribunal administratif ce jeudi 3 juin 2025.

La préfecture du Bas-Rhin avait saisi le tribunal administratif pour s’opposer à la mise en place d’un congé menstruel à Strasbourg, votée par le conseil municipal en mai 2024. L’audience a eu lieu ce mardi 3 juin 2025, et la jurisprudence évoquée lors des débats présage d’une fin pour l’expérimentation.

Le 22 mai 2024, le conseil municipal de Strasbourg votait à titre expérimental la mise en place d’un congé menstruel pour ses fonctionnaires souffrant de dysménorrhées (douleurs dues aux menstruations). Cette mesure leur permet de bénéficier de 13 jours d’absence par an, sans journée de carence, à raison de trois jours de congé successifs maximum. Cet aménagement est accordé aux personnes concernées sur présentation d’un certificat médical établi par un gynécologue ou un maïeuticien et un avis favorable de la médecine du travail. L’autorisation est valable pour deux ans, le temps de l’expérimentation de cette nouvelle mesure.

Le 30 septembre 2024, juste avant de partir à la retraite, l’ancienne préfète du Bas-Rhin et du Grand-Est, Josiane Chevalier, avait décidé d’attaquer la mesure prise par la municipalité devant le tribunal administratif. Son successeur, Jacques Witowski, n’était pas revenu sur la décision. Après près de dix mois d’attente, l’audience opposant la Ville, représentée par maître Anne-Margaux Halpern, et la préfecture s’est tenue mardi 3 juin.

Absence de cadre légal

Les conclusions du rapporteur public, un magistrat chargé de proposer une solution au tribunal, ont duré une petite vingtaine de minutes. Si les griefs de la mesure adoptée par la Ville de Strasbourg « portent sur l’amélioration du travail et la santé gynécologique des fonctionnaires et sont par conséquent louables » affirme le rapporteur, il estime que l’absence de cadre légal lui fait défaut.

Le congé gynécologique est accordé sous forme « d’autorisations spéciales d’absence » (ASA). Or, « la préfecture soutient que la création d’un nouveau régime d’ASA ne relève pas des compétences de la collectivité », explique le magistrat. Il confirme rapidement les fondements de l’opposition de la préfecture : 

« Les ASA existantes sont délivrées pour des raisons liées à la parentalité et à l’occasion de certains événements familiaux et ne peuvent pas être accordées pour des raisons de santé. (…) La Ville de Strasbourg et les collectivités plus généralement ne disposent d’aucune base légale pour instaurer un congé gynécologique. »

Malheureusement pour la municipalité, une jurisprudence existe déjà. Le 20 novembre 2024, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu le congé menstruel de la communauté de communes du Grand Ouest Toulousain. La municipalité de Grenoble qui a pris des mesures similaires, a également vu en février 2025 sa délibération suspendue par une décision du tribunal administratif.

À l’assaut de la jurisprudence

L’avocate de la Ville de Strasbourg, Me Anne-Margaux Halpern invoque a contrario l’article L611-2 du Code général de la fonction publique, qui dispose que : « Les règles relatives à la définition, à la durée et à l’aménagement du temps de travail des agents territoriaux sont fixées par la collectivité ».

Elle défend aussi que le congé gynécologique s’inscrit dans une « politique d’égalité des sexes et permettrait aux agentes d’exercer dans les mêmes conditions que les hommes. » Selon l’avocate, 118 agentes ont bénéficié entre le 1er septembre 2024 et le 31 mai 2025 d’un avis médical favorable à la mise en place d’un congé gynécologique. 67 d’entre elles ont bénéficié d’un congé. « L’objectif n’est pas de placer les femmes en congé mais de sensibiliser et d’informer pour leur permettre d’exercer leur activité professionnelle et de permettre aux collectivités d’aménager leurs conditions de travail. »

La décision sera rendue le 24 juin 2025.

Exclu de l’Université pour antisémitisme, l’ex-président de l’UNI Strasbourg recruté au SNU

Exclu de l’Université pour antisémitisme, l’ex-président de l’UNI Strasbourg recruté au SNU
Les montages échangés par des membres de l’UNI Strasbourg offrent un condensé d’antisémitisme et de sexisme.

Suite à l’affaire du « jeu de cartes » antisémite, l’Université de Strasbourg a exclu un an Samy Amokrane. Le président du syndicat UNI Strasbourg devait assurer un Service National Universel en juin. Informée par Rue89 Strasbourg, la préfecture annonce sa mise à l’écart.

Y aurait-il eu un jeu de cartes antisémite au programme du prochain Service national universel (SNU) du Bas-Rhin ? Selon les informations de Rue89 Strasbourg, Samy Amokrane devait encadrer en juin ce séjour censé enseigner les valeurs civiques et républicaines à des jeunes de 15 à 17 ans. Or, selon une décision affichée à la faculté de droit de Strasbourg lundi 2 juin, l’Université de Strasbourg (Unistra) a exclu Samy Amokrane pour une durée d’un an pour avoir produit et partagé au sein de l’UNI Strasbourg des photomontages sexistes et antisémites.

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Le PS du Bas-Rhin reste à distance d’Olivier Faure

Le PS du Bas-Rhin reste à distance d’Olivier Faure
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, avec Thierry Sother, député de la 3e circonscription du Bas-Rhin le 9 mai.

Les Socialistes du Bas-Rhin ont voté en majorité pour le concurrent d’Olivier Faure à la direction du parti, Nicolas Mayer-Rossignol. Les Socialistes du Haut-Rhin sont en revanche restés fidèles à leur premier secrétaire national.

Pas de changement dans les équilibres internes des fédérations alsaciennes du Parti socialiste (PS). Lors du scrutin sur les textes d’orientations, dans le cadre de la préparation du congrès du PS, les adhérents bas-rhinois ont voté mardi 27 mai à 60,4% en faveur de Nicolas Mayer-Rossignol. Maire de Rouen, il souhaite ravir la direction du PS à l’actuel premier secrétaire, Olivier Faure. Ce dernier a obtenu 86% des suffrages exprimés dans le Haut-Rhin.

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Face aux charges, une aide de 116 000 euros ne suffira pas aux locataires d’Alsace Habitat

Face aux charges, une aide de 116 000 euros ne suffira pas aux locataires d’Alsace Habitat
Le bailleur social Alsace Habitat a débloqué une aide de 116 000 euros pour aider les locataires.

Le bailleur social Alsace Habitat a débloqué 116 000 euros pour limiter à 2 000 euros les régularisations des charges locatives pour l’année 2023. Mais cette aide financière est jugée insuffisante par les collectifs de locataires.

Un budget de 116 000 euros a été débloqué par Alsace Habitat pour aider des locataires du bailleur social à faire face à une forte hausse de leurs charges locatives. Mais cet effort est jugé « insuffisant », par Miloud Bellahcene, schilikois et président du collectif des locataires d’Alsace Habitat : « Cette aide ne concerne que les foyers faisant l’objet d’un rappel de plus de 2 000 euros. »

Miloud Bellahcene et son collectif sont mobilisés depuis deux ans pour dénoncer de très importants rappels de charges par le bailleur social. Il a sollicité la maire de Schiltigheim, Danielle Dambach (Les Écologistes), qui a envoyé une lettre à Alsace Habitat le 3 avril évoquant « les carences d’un bailleur public » dont « l’absence de réponse n’a d’égale que l’épuisement de ses locataires ».

Cet appel a été pris en compte par le bailleur social qui dépend de la Collectivité européenne d’Alsace. Lors du conseil municipal du mardi 20 mai, Danielle Dambach, citée par les DNA, a annoncé que les foyers dont le rappel dépasse les 2 000 euros verraient leur facture plafonnée à ce montant. Le reste étant pris en charge par Alsace Habitat. La Ville de Schiltigheim a également mobilisé la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS), afin d’accompagner les locataires schillikois dans leurs démarches auprès du bailleur social.

Trop peu de foyers concernés

« J’ai fait des démarches auprès de la CCAS mais ma demande a été refusée car mon rappel de charges n’est pas assez important », explique Miloud Bellahcene qui évoque tout de même une somme de 1 300 euros. « J’ai fait un recours, j’aimerais obtenir un paiement échelonné sur plus de dix mois » continue-t-il. En 2023, le locataire avait déjà dû reverser 800 euros de régularisation de charges à Alsace Habitat, qu’il avait réglé avec un échelonnement de 8 mois.

La Ville de Schiltigheim estime que 55 foyers sont concernés par des rappels de charges importants sur son ban communal. Alsace Habitat estime que 141 foyers devraient être concernés, sur les 17 000 que compte le parc social d’Alsace Habitat (voir ci-dessous).

Pour obtenir pleinement satisfaction, Miloud Bellahcène souhaiterait « la suppression nette pour l’ensemble des locataires dont le rappel de charges dépasse 300 euros. »

Une aide indirectement payée par les locataires

« C’est sur l’énergie que pèse l’essentiel des rappels de charges », explique Colin Riegger, secrétaire général de la Confédération syndicale des familles du Bas-Rhin :

« Les appels de charges n’ont pas anticipé l’augmentation massive du coût de l’énergie. Le prix du mètre cube d’eau chaude a été multiplié par quatre. Les rappels ont donc été particulièrement violents. En outre, Alsace Habitat envoie un relevé de charges illisible, où les locataires ont beaucoup de mal a isoler les charges par type de consommation. »

Pour Colin Riegger, « ce fonds d’aide ne résout rien » :

« Les 116 000 euros sont prélevés sur le budget du bailleur, mais son unique ressource, ce sont les loyers. Le problème se représentera l’an prochain. Il est nécessaire d’engager une réhabilitation thermique des logements et de développer une meilleure communication avec les locataires. J’espère voir du progrès avec le changement de direction. »

Francis Bentz a succédé à Nabil Bennacer, révoqué de ces fonctions de directeur général en 2023. L’ancien directeur avait été mis en examen pour homicide involontaire et harcèlement moral.

La famille géorgienne abritée dans une école à l’Elsau emménage enfin dans un appartement

La famille géorgienne abritée dans une école à l’Elsau emménage enfin dans un appartement
La famille passant devant l’établissement où elle a logé pendant un mois.

Après avoir passé plus d’un mois à dormir dans une salle de classe de l’école Léonard de Vinci à l’Elsau, une famille géorgienne a pu emménager lundi 2 juin dans un logement. Une issue rendue possible grâce à la mobilisation de riverains et d’une partie du personnel de l’école.

Après plus d’un mois à se lever à l’aube dans une salle de classe de l’école Léonard de Vinci à l’Elsau, une famille géorgienne a été hébergée dans un appartement lundi 2 juin.

Cet appartement, propriété de la Ville de Strasbourg pour loger le concierge de l’école, était inoccupé depuis des mois. Une situation qui a provoqué la colère des membres du collectif Elsau solidaire, qui se sont mobilisés pour aider et abriter cette famille.

Ce sont Les Petites Roues qui assument le statut de bailleur de l’appartement, dans le cadre d’une « convention d’occupation temporaire » selon Sabine Carriou, responsable de l’association. « C’est assez proche d’un bail classique, mais les délais de procédure pour les deux parties ont été raccourcis », précise-t-elle. En tant que bailleur, l’association prend en charge le loyer et l’assurance du logement. Le bail, d’une durée d’un an, concerne un appartement assez vaste pour qu’une autre famille puisse éventuellement y emménager par la suite, témoigne la strasbourgeoise.

Le quotidien de la famille d’origine géorgienne était rythmé par un lever à 5h pour ranger la salle de classe puis par les cours et, en soirée, par l’entraînement de lutte d’une partie de la fratrie. Ce logement offre enfin un peu de stabilité à la famille, mais leur situation reste fragile. Sans titre de séjour, ils risquent d’être expulsés vers la Géorgie par les autorités.