Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Tram de Bamako : l’affaire relancée, Roland Ries mis en examen

Tram de Bamako : l’affaire relancée, Roland Ries mis en examen

Selon le média d’investigation Mediapart, le maire de Strasbourg a été mis en examen pour favoritisme dans les affaires du « Marché de Noël » et du « Tram à Bamako ».

Selon des informations du journal en ligne Mediapart, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) a été mis en examen pour « favoritisme » dans le cadre des affaires dites du « Marché de Noël » et du « Tram à Bamako ». Il s’agit d’études commandées sans mise en concurrence à Roland Boehler, un proche de Michel Rocard, qui lui-même entretenait de bonnes relations avec Roland Ries.

L’information judiciaire ouverte il y a sept ans a été délocalisée à Nancy pour ne pas interférer avec les affaires strasbourgeoises.

Les faits remontent à 2008 et 2009

Les faits remontent à 2008 et 2009 (voir notre chronologie), le début du premier mandat de Roland Ries. Au-delà de la non-mise en concurrence, c’est la faiblesse du contenu au regard des sommes déboursées qui interroge : 30 000 euros pour 4 pages assez banales sur le marché de Noël (tram décoré, croisières sur le Rhin, plus de convivialité) et 50 000 euros à trois entreprises (Serue, Transitec et Nogha Consulting) pour une étude de 49 pages très optimistes sur le tramway malien, pour lesquelles 8 000 euros avaient été délégués à la société de Roland Boehler, qui avait ajouté un graphique et géré la mise en page.

La Ville de Strasbourg avait péniblement récupéré 70% de la somme de l’étude sur le marché de Noël lorsque Robert Herrmann (PS), alors premier adjoint, avait découvert le contenu. D’après nos informations, une autre personne est toujours mis en examen concernant cette étude.

Le téléphone de Roland Ries risque de beaucoup sonner dans les prochains temps (Photo Pascal Bastien)

Les explications de Roland Ries

L’ancien directeur général des services Bernard Debry (décédé depuis) avait signalé les faits concernant le tramway au Procureur de la République de Strasbourg en 2010.

À plusieurs reprises, Roland Ries a été questionné par l’opposition avant la campagne des municipales de 2014. Il avait aussi été entendu par la police lors de la première enquête. À Mediapart, il répond notamment que « deux femmes » ont travaillé sur l’étude du marché de Noël et avaient déjà planché sur le sujet par le passé. Cette antériorité supposée justifie selon lui l’absence de mise en concurrence.

« serein » Roland Ries maintient sa défense via un communiqué

Quant au projet de tramway malien, qui n’a jamais vu le jour, il explique qu’il « valait mieux [commander une note à nos bureaux d’études] que donner 50 000 euros [au titre de la coopération internationale] qui risquaient de se perdre à Bamako. »

Dans un communiqué en milieu d’après-midi, Roland Ries a ajouté qu’il n’y a pas de « faits nouveaux » depuis la précédente instruction et se dit « serein » sur la suite. Il répète les arguments déjà développés par le passé (voir plus bas). Moins « serein », le groupe d’opposition de Fabienne Keller (Strasbourg à vos côtés, centre-droit) s’inquiète que « l’autorité du maire [soit] sérieusement entachée » pour gérer sa majorité fracturée ou les enjeux européens à venir de la ville.

Fin 2015, deux adjoints au maire initialement placés sous le statut de « témoin assisté » s’étaient vu notifiés la fin de l’information judiciaire, ce qui donnait le sentiment que l’affaire serait classée sans suite. Ce n’est pas l’intention de la juge d’instruction de Nancy, ni du procureur qui avait alors décidé d’un « supplétif » et demandée des investigations supplémentaires, à l’occasion d’un changement de juge du côté du chef lieu de Meurthe-et-Moselle.

Lire l’article complet sur Mediapart

Strasbourg réglemente l’espace public en cas d’arrivée de « vélos-papillons »

Strasbourg réglemente l’espace public en cas d’arrivée de « vélos-papillons »

C’est l’une des délibérations noyées dans les 90 points du dernier conseil municipal avant l’été. Il n’a pas été soulevé par l’opposition ni la majorité. Et à ce jour, les élus strasbourgeois ne se sont pas exprimés sur la possible arrivée de vélos en libre service (ou « freefloating ») dans les rues de Strasbourg.
Contrairement aux bornes fixes comme les Vélib’ à Paris ou Vélo’v à Lyon . . .

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À Schiltigheim, la moitié des commerçants a quitté les Halles du Scilt

À Schiltigheim, la moitié des commerçants a quitté les Halles du Scilt

Destinée à accueillir des commerces de proximité à Schiltigheim, les Halles du Scilt peinent à retenir les commerçants non-sédentaires. En cause, une fréquentation trop faible en semaine et des soubresauts politiques qui ont usé la détermination des premiers arrivants.

À Schiltigheim, la moitié des commerçants des Halles du Scilt a quitté le projet, moins d’un an après la création de ce lieu insufflé par l’ancien maire Jean-Marie Kutner et qui devait associer la distribution en circuits courts avec la culture. Le manque de rentabilité, l’absence de communication et des conflits politiques en pagaille ont eu raison des commerçants itinérants de ces halles gourmandes : le torréfacteur, micro-brasseur, magasin de vin, producteur de miel et de foie gras se sont retirés de cette aventure démarrée en novembre 2017. Pour les commerçants non sédentaires, il devenait difficile de continuer à travailler dans les Halles du Scilt. L’un des commerçants, souhaitant rester anonyme, explique :
« Nous étions 5 commerçants mobiles. On est rentré dans ce marché couvert dès le début mais on est tous partis à cause du manque de fréquentation. En mai, on s’est rendus compte que ce n’était pas viable, il y a trop peu de passage. Je pense qu’il y a un manque de communication par la Ville, mais nous aussi on devait communiquer en tant qu’association de commerçants et avoir des fonds nécessaires pour le faire. Mais ça n’a pas été fait avec les soucis qu’a connus la municipalité… Les charges sont assez élevées, ce n’est pas le prix d’un marché à l’air libre. On payait entre 300€ et 400€ par mois, pour la semaine et les week-ends. »
 
Les Halles du Scilt doivent réunir commerçants et exposition dans un même lieu (Photo SS / Rue89 Strasbourg / cc)
Les Halles du Scilt doivent réunir commerçants et exposition dans un même lieu (Photo SS / Rue89 Strasbourg / cc)
Les commerçants qui sont restés se sont constitués en association, les « Sciltikois », pour mieux structurer le projet commun. Valérie, commerçante de l’épicerie fine, en est la présidente. Elle fait un bilan des commerces fixes, au bout de 7 mois d’activité :
« Ce n’est pas possible pour un petit producteur d’être là 6 jours sur 7 quand on vend une seule catégorie de produits, comme du miel ou du café. Aujourd’hui, il y a moins de commerçants mais pas moins de produits. Chacun enrichit sa gamme avec les produits de ceux qui sont partis, on a gardé les bières du brasseur par exemple. Pour notre commerce, on est super content. On a une boutique Grand’Rue à Strasbourg et certains mardis ou mercredis, on a plus de monde dans les Halles du Scilt que dans la boutique Grand’rue. Il y a un vrai potentiel économique, une dynamique en périphérie de Strasbourg mais tout reste à faire. »

« On était pris en étau par les problèmes politiques »

Valérie reconnaît cependant que les valses politiques à Schiltigheim ont peut-être nui aux halles gourmandes :
« J’ai un client qui me disait que les halles c’était génial. Mais qu’il n’était jamais venu avant, car il était anti-Kutner. Je lui ai dit que derrière la politique, il y a des commerçants comme nous qui vivent de ça… On entend certains commerçants nous dire je viens à Noël faire de l’argent et le reste de l’année non. C’est trop facile, nous on se bat au quotidien. La colocation a parfois été très difficile. Certains ne se paient pas encore de salaire, mais on y croit et les problèmes politiques sont derrière nous maintenant. »
Parmi ceux qui croient encore au projet, il y a Laëtitia, qui se présente comme « la femme du maraîcher. » Elle tient le stand des fruits et des légumes cultivés par son époux, Nicolas, qui a abandonné l’ébénisterie pour ce commerce :
« On est ultra motivé, on travaille en famille et dès le début on s’est dit que ce serait un super projet. Il faut encore attendre un peu, ça ne peut qu’aller mieux. Le week-end ça bouge. »
Pas assez de passage pour les commerçants non sédentaires (Photo SS / Rue89 Strasbourg / cc)
Pas assez de passage pour les commerçants non sédentaires (Photo SS / Rue89 Strasbourg / cc)
Cette motivation sans faille se retrouve également chez Cédric, co-gérant du café Scilt, seule création de société pour cette halle :
« Depuis janvier, on n’avait plus d’interlocuteur direct à la mairie pour l’attractivité de ce lieu. Les commerçants ont dû redoubler d’efforts pour créer une dynamique ici, donc on attend la même chose de la municipalité. Depuis le début on survit plus qu’on ne vit. Mais on y croit parce qu’il y a une vraie symbiose entre restaurants et commerçants, je travaille pour l’essentiel en circuits courts avec des produits du marché. »
Stéphane le poissonnier est arrivé en avril. Si vous lui dites « pesce », Nicolas vous offrira une crevette. Ce passionné est venu pour ce lieu qui mélange art et produits de qualité :
« Vous choisissez votre poisson, je vous le grille et je vous le sers à table. C’est comme être au bord de mer, au Portugal ou en Espagne. Le début de l’histoire c’est de proposer un bar à huîtres au cœur des Halles du Scilt. Ici c’est génial. Si j’ai besoin de légumes je vais chez mon voisin, et si le client veut casser la croûte avec un morceau de fromage, il va chez Valérie. »

Un avenir gourmand et culturel

La Ville prévoit d’annoncer de nouveaux commerçants à la rentrée. Nouvelle adjointe au maire en charge de la culture, de la démocratie locale et de la politique de la ville, Nathalie Jampoc-Bertrand (PS), souhaite donner à ce lieu un esprit guinguette.
« Ce qui va changer, c’est d’avoir une pensée globale sur le lieu. Au niveau culturel, on va redonner une identité à l’espace exposition du premier étage, partir comme un centre d’art sur 3 ou 4 acquisitions d’œuvres par an et donner un espace aux amateurs d’art schilikois. En terme d’animation, des groupes joueront le vendredi soir. Le service culturel va déménager début septembre pour s’installer sur l’une des maisons devant, pour être sur place. Dans le précédent mandat sous Raphaël Nisand, c’est un travail que j’avais proposé à l’époque. On reprend un esprit un peu guinguette. Le lieu est beau, les commerçants sont chouettes, y’a plus qu’à. »
#Halles du Scilt

Un samedi après-midi pour découvrir Fortnite, le jeu vidéo aux 150 millions de joueurs

Un samedi après-midi pour découvrir Fortnite, le jeu vidéo aux 150 millions de joueurs

Samedi 30 juin, le Pixel Museum de Schiltigheim héberge un après-midi dédié au jeu vidéo Fortnite. Les néophytes et les fans du jeu le plus pratiqué du monde pourront s’affronter et voir leurs parties diffusées en direct sur internet.

Le Pixel Museum de Schiltigheim n’ouvre pas ses salles qu’aux vieux jeux vidéo. Le musée héberge samedi 30 juin de 10h à 18h un évènement dédié à Fortnite. De quoi ? Publié en juillet 2017, Fortnite revendique 150 millions de joueurs à travers le monde, ce qui en fait le jeu vidéo le plus pratiqué du monde. Il est disponible sur PC, PS4, Xbox One et téléphones mobiles et téléchargeable gratuitement. Il repose sur le principe du « Battle Royale » : 100 joueurs parachutés sur une île s’affrontent et le dernier d’entre eux à rester en vie gagne la partie. Le musée du jeu vidéo mettra toute l’après-midi à disposition des joueurs des machines connectées à internet pour qu’ils puissent s’affronter… dans le jeu.

Diffuser ses parties en direct sur internet.

Le succès de Fortnite est lié au phénomène du « streaming ». Il s’agit pour des joueurs de diffuser leur partie à des spectateurs qui peuvent ainsi interagir en direct. Depuis mars 2018, Fortnite est devenu le jeu le plus diffusé sur la plateforme Twitch, premier site de « streaming » de jeux vidéos au monde, avec 100 millions d’heures vues chaque mois. Le musée du jeu vidéo proposera aux participants de l’après-midi de rencontrer des « streamers » de la scène alsacienne comme « Mangalore », « Lemmings » ou « Lord Moltus », et de diffuser leurs parties.

Interdit de danser ! (capture d’écran)

Un jeu vidéo simple d’accès

« Epic Games », la société éditrice de Fortnite, a conçu le jeu pour qu’il soit très simple à prendre en main, même pour un joueur occasionnel. Ses graphismes qu’on penserait issu d’un dessin animé ainsi que l’absence d’effusion de sang lui garantissent une importante popularité chez les plus jeunes. Fortnite est si joué par les enfants et les adolescents que « Epic Games » à lui-même conseillé à ses jeunes fans de ne pas y jouer pendant les cours.

Conscient du fait que le jeu est taillé pour les jeunes, le Pixel Museum propose un tarif réduit jusqu’à 16 ans, qui peuvent accéder à l’évènement pour 7 euros. Les adultes devront s’acquitter de 9 euros.

#Twitch

À 18h, Dimitri Konstantinidis est l’invité de l’apéro

À 18h, Dimitri Konstantinidis est l’invité de l’apéro

Entre jardins, hôtel, logements, sport et arts le projet « Vivacité » vise à reconfigurer l’entrée de la Robertsau. Confier la conception de la ville à des artistes, une bonne idée ? Venez poser vos questions à Dimitri Konstantinidis, directeur de l’association Apollonia qui porte le projet. Il est le deuxième « invité de l’apéro » de Rue89 Strasbourg, jeudi 28 juin à 18h au Graffalgar.

Difficile de définir le métier de Dimitri Konstantinidis. « Découvrir et mettre en avant les démarches artistiques à la marge », s’essaye le directeur de l’association Apollonia.

Et le projet « Vivacité » (dont Rue89 Strasbourg vous avait parlé), vise clairement à sortir de la marge, puisque c’est un mini-quartier au sud de la Robertsau où elle est déjà implantée que propose l’association. Un projet estimé à 25 millions d’euros.

La décision est suspendue à un arbitrage de la municipalité dans les prochains jours, avant de pouvoir acheter les terrains à la Ville de Strasbourg et déposer les permis de de construire. Au programme, un hôtel, un espace d’exposition, de co-working, un jardin, un parcours, une douzaine de logements. L’originalité du projet réside dans la participation d’artistes dans sa conception.

Une première vue de ce que pourrait-être Vivacité (esquisse Cabinet Georges Heintz et Associés.)
Une première vue de ce que pourrait-être Vivacité (esquisse Cabinet Georges Heintz et Associés.)

La ville aux artistes, une bonne idée ?

Plus largement, pourquoi confier la conception de la ville de demain à des artistes ? D’autres « Vivacité » peuvent-elles voir le jour à Strasbourg ou ailleurs ? Venez poser vos questions à notre invité, pour qui quelque chose « ne tourne pas rond » dans la conception actuelle des villes.

La démarche ne s’arrête à Strasbourg. Avec le réseau Artecitya, des idées similaires sont en cours d’élaboration à Paris, Gdansk, Nicosie, Berlin, Ljubjana, Prague, et deux à Thessalonique. Le projet à Strasbourg est le plus important.

Dimitri Konstantinidis veut remodeler l'entrée de la Robertsau avec la vision d'artistes. Et pas seulement. (photo remise)
Dimitri Konstantinidis veut remodeler l’entrée de la Robertsau avec la vision d’artistes. Et pas seulement. (photo remise)

 

#Dimitri Konstantinidis

La grande et les petites histoires de la zone portuaire de Strasbourg

La grande et les petites histoires de la zone portuaire de Strasbourg

Chef de terminal suant à grosses gouttes, conteneurs aux marchandises inconnues, nouvelle pizzeria et femmes brunes à moitié nues… Le magazine Le Point consacre dans son numéro du 21 juin un dossier de onze pages à la zone portuaire de Strasbourg, ce lieu « complexe […] et mal connu ». L’article principal fourmille d’anecdotes croustillantes sur « les pêcheurs et les naturistes qui continuent […] d’emprunter en voiture le quai Jacoutot, pourtant interdit à la circulation » ou sur les mystérieux conteneurs où les services de la douane ont déjà découvert « des crânes humains, au milieu de morceaux de girafes et d’éléphants ! »

Le deuxième port fluvial de France

Les articles rendent hommage au deuxième port fluvial de France. Chaque année, les deux terminaux de l’entreprise Rhine Europe Terminals y traitent près de huit millions de tonnes de marchandises. Mais « l’ambition industrielle s’inscrit dans un cadre par endroits bucoliques ». L’association sportive du port autonome gère un important espace vert, au bord de l’eau. Le terrain accueille des hôtels à insectes et des ruches. Il pourrait même recevoir des moutons, selon le responsable de l’entretien des lieux.

Au sein du même dossier, des articles traitent du projet urbanistique des Deux-Rives, qui pose de réels soucis d’adaptation au port de Strasbourg et donne la parole aux entreprises présentes.

Le Point sur le port de Strasbourg est en vente en kiosque jusqu’au mercredi 27 juin. Les articles sont aussi disponibles sur internet avec ci-dessous, le lien vers le reportage sur le port autonome de Strasbourg.

L’observation des élections en Turquie tourne court pour Hülliya Turan…

L’observation des élections en Turquie tourne court pour Hülliya Turan…

Mauvaise surprise pour Hülliya Turan, secrétaire du Parti communiste du Bas-Rhin. Dimanche 24 juin, alors qu’elle s’était rendue dans l’est de la Turquie pour observer les élections, elle a été arrêtée dans la matinée puis retenue par l’armée turque toute la journée.

Strasbourg veut autoriser les plongeons dans l’Ill à l’été 2019

Strasbourg veut autoriser les plongeons dans l’Ill à l’été 2019

Dans le cadre d’un partenariat avec Voies Navigables de France, la municipalité de Strasbourg et l’Eurométropole ont détaillé lundi 25 juin leurs projets pour les cours d’eau de la ville. La baignade sur les berges de l’Ill a été évoquée. Dès 2019, la mairie pourrait autoriser les plongeons autour du lieu-dit de l’Herrenwasser.

Aujourd’hui, piquer une tête dans l’Ill à Strasbourg est prohibé par un arrêté municipal. La Ville souhaite mettre fin à la prohibition en ouvrant une portion d’environ 2 kilomètres à la baignade, d’ici à l’été 2019. Les contours de la zone concernée sont encore vagues. Elle pourrait s’étendre de la Grande mosquée jusqu’au quartier de la Montagne verte. Le tracé passera par l’Herrenwasser, un lieu de baignade très populaire jusqu’au milieu du siècle dernier.

Des doutes sur la qualité de l’eau

Mais les porteurs du projet font face à un obstacle de taille : la qualité de l’eau de l’Ill. L’année dernière, une compétition de nage en eau libre dans le canal du Rhône au Rhin (qui se jette dans l’Ill au niveau de l’Elsau) avait dû être annulée en raison d’une pollution trop importante. Pour l’instant, la Ville ne peut fournir aucune étude de grande ampleur attestant que la portion choisie est adaptée à la baignade. Jean-Baptiste Gernet, adjoint à la Ville de Strasbourg en charge des mobilités alternatives, reste optimiste :

« On se donne une année pour réaliser le « profil de baignade », qui définira si le lieu peut vraiment être ouvert au public. Les premières analyses que nous avons eues entre les mains sont encourageantes. »

L’Herrenwasser devra faire l’objet de travaux pour accueillir des baigneurs (Photo Simon Adolf / Rue89 Strasbourg)

La mairie assure que les travaux d’adaptation des berges de l’Ill respecteront l’environnement. Elle exclut tout bétonnage de la zone. Un simple fauchage de la végétation ainsi que la construction d’ouvrages amovibles sont prévus.

Une piscine flottante sur l’Ill ou le Rhin

D’ici à 2020, la mairie souhaite également développer une piscine flottante. Pour rappel, il s’agit d’une barge creuse dans laquelle est installé un bassin d’eau indépendant ouvert à la baignade. Deux lieux pourraient accueillir l’installation. Il pourrait être installé sur l’Ill, derrière les ponts couverts, à proximité du musée d’art moderne, ou bien sur le Rhin, en face du Jardin des deux-rives. La Ville n’a pas prévu d’assumer les coûts de construction et d’entretien de cette hypothétique piscine flottante, comme l’annonce Jean-Baptiste Gernet :

« Le projet fera l’objet d’un financement privé. Il s’agit d’une construction qui pourrait coûter cher. Cependant, on peut très bien imaginer que l’investissement engagé soit contrebalancé par une activité nocturne ou de restauration sur le lieu. »

Aucune date d’ouverture n’est évoquée. La Ville prévoit de lancer un concours d’esquisses d’ici au printemps 2019, suivi d’un appel à projets l’été suivant.

Après un âpre débat, le conseil municipal valide de justesse un pacte financier controversé

Après un âpre débat, le conseil municipal valide de justesse un pacte financier controversé

À 22 votes « pour » contre 16 votes « contre », le pacte financier proposé par le gouvernement a été validé en conseil municipal après un débat tendu, marqué par une forte abstention. Ce contrat oblige la Ville de Strasbourg à limiter la hausse de ses dépenses.

Rue89 Strasbourg vous promettait un vote tendu. La promesse est tenue ! Suite à une interruption de séance, fait rarissime qui plus est à la demande de la majorité, le conseil municipal vient de valider le pacte financier à 22 votes contre 16. De plus, 21 élus se sont abstenus et six autres n’ont pas pris part au vote.

C’est donc, de loin, la plus faible majorité pour un texte lors de ce mandat, après celui sur le foyer Saint-Louis (33 voix « pour »).

Détail des votes

Les 10 élus « En marche » et le maire ont logiquement voté « pour ». Ils ont été rejoint par huit voix venues du groupe des élus du Parti socialiste et apparentés (Caroline Barrière, Françoise Bey, Robert Herrmann, Catherine Trautmann, Chantal Cutajar, Annick Neff, Maria Fernanda Gabriel-Hanning, Nicole Dreyer), la non-inscrite Françoise Buffet et deux de l’opposition (Thomas Rémond – Modem et Martine Calderoli-Lotz – « Les Républicains »).

Les huit élus de La Coopérative se sont abstenus et les six écologistes d’EELV ont voté contre. Le groupe des élus du Parti socialiste (Energies positives) ont dispersé leurs votes sur plusieurs lignes (abstention, contre et pour). Leur président de groupe Philippe Bies, qui s’est abstenu, avait sollicité l’interruption de séance pour faire les comptes et s’assurer que la délibération soit tout de même adoptée.

Parmi les six voix manquantes, les deux élus du Front National et les deux représentants de l’Union des Démocrates Indépendants (UDI) n’étaient pas dans l’hémicycle de tout l’après-midi. Liliane Testi (PS) a participé au débat et avait indiqué ne pas vouloir participer au vote. Enfin, la voix de Patrick Roger (sans étiquette, apparenté PS) n’a visiblement pas été prise en compte. Il avait dit vouloir voter « pour », malgré des critiques sur le mode de fonctionnement.

Long débat

Le débat a duré environ deux heures. Au total, 28 élus se sont exprimés sur le sujet, soit près de la moitié des présents. Les mots employés par certains élus de la majorité ont été très forts : « diktat », « mise sous tutelle » ou encore « il nous faut risquer la répression de l’Etat. ». Les élus « En Marche » ont de leur côté tenté de rassurer et rappeler qu’au moins, la dotation ne devrait pas diminuer contrairement à ce qui se faisait ces dernières années.

Avec ce contrat, la Ville de Strasbourg s’assure de limiter les pénalités de l’Etat lorsque les dépenses de fonctionnement augmentent au-delà de 1,2%. Si le texte « proposé » par le gouvernement avait été rejeté, la municipalité aurait perdu 1 euro de financement pour chaque euro dépensé au-delà de ces fameux 1,2%. Grâce à cet accord voté par les élus strasbourgeois, la baisse de la dotation de l’Etat ne sera « que » de 75 centimes et peut laisser places à quelques négociations.

Une menace et un âpre débat

Dans la matinée du 25 juin, le maire de la Ville de Strasbourg a menacé de retirer leur délégations aux adjoints de la majorité qui voteraient contre le pacte financier. Mais il n’a pas été question de cela en séance, ce qui aurait pu brusquer sa majorité. Cette stratégie n’a pas été mise en œuvre par le président de l’Eurométropole.

Dans sa conclusion, le maire Roland Ries a convenu que le pacte « posera des problèmes », mais qu’il lui paraîtrait « normal que certaines dépenses ne soient pas comptabilisées », notamment lorsque la mairie se substitue à l’État (par exemple pour l’hébergement d’urgence) ou mène des actions croisées avec lui.

Ces réticences ont été inscrites dans la délibération et peuvent faire l’objet de négociations dans un an, mais il n’y a rien de garanti. Un vote contre empêchait toutes discussions, ce qui a motivé certains élus du groupe PS à soutenir le texte à contre-cœur.

Le conseil de l’Eurométropole doit voter un pacte similaire vendredi.

Avec Jean-François Gérard

Roland Ries prévient qu’il retirera les délégations aux adjoints qui voteraient contre le pacte financier

Roland Ries prévient qu’il retirera les délégations aux adjoints qui voteraient contre le pacte financier

Selon certaines sources, les discussions matinales préalables au conseil municipal ont été vives ce lundi 25 juin en raison du vote du « pacte financier » (voir notre article) prévu dans l’après-midi. Un retrait de délégation envers les adjoints qui voteraient « contre » a été mis dans la balance par le maire (comme pour attaques personnelles

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Pacte financier : pas de retrait de délégations à l’Eurométropole pour les récalcitrants

Pacte financier : pas de retrait de délégations à l’Eurométropole pour les récalcitrants

Le débat et le vote du pacte financier au conseil municipal s’annonce tendu cet après-midi, lundi 25 juin (voir notre article). À l’Eurométropole, l’assemblée de Strasbourg et des 32 communes voisines, la coalition gauche-droite va aussi se confronter à ce vote périlleux vendredi 29 juin.
Son président Robert Herrmann (PS) et sa vice-présidente en charge des Finances Caroline Barrière (PS) trouvent l’objectif « louable » mais . . .

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Élections turques : à Strasbourg, sept électeurs sur dix votent Erdogan

Élections turques : à Strasbourg, sept électeurs sur dix votent Erdogan

Recep Tayyip Erdoğan sort vainqueur des élections du 24 juin. Sa candidature a récolté plus de 52% des suffrages. À Strasbourg, près de 70% des électeurs se sont exprimés en faveur du président turc islamo-conservateur.

Recep Tayyip Erdoğan fait un meilleur score en France qu’en Turquie. Le bureau de vote alsacien ne déroge pas à cette règle. Pour l’élection présidentielle, 69% des votants à Strasbourg ont souhaité prolonger le mandat de Recep Tayyip Erdoğan. Comme le raconte notre reportage à Hautepierre, les électeurs venaient de tout l’Est de la France, voire d’Allemagne et d’Autriche. Le président turc a été réélu à la tête de la Turquie avec plus de 52% des voix. Les résultats des élections présidentielles et législatives turques ont été publiés sur le site du journal Hürriyet, réputé proche du pouvoir depuis son rachat par la holding Demirören. Selon le consul turc à Strasbourg, les pourcentages peuvent encore évoluer. Les résultats définitifs seront connus dans la journée de vendredi.
Résultats publiés sur le site internet du média pro-gouvernemental Hürriyet. (Capture d'écran)
Résultats publiés sur le site internet du média pro-gouvernemental Hürriyet. (Capture d’écran)
Muharrem Ince, principal opposant du président turc, a récolté 17,8% des scrutins dans le bureau de vote strasbourgeois. Selahattin Demirtas, président incarcéré du parti pro-kurde, le HDP, a reçu 10% des votes. Parmi les cinq bureaux français, le bureau de Strasbourg est en proportion l’avant-dernier bureau pour le HDP.

Résultats des élections législatives

Pour les élections des députés, près de six électeurs sur dix ont voté pour le parti de Recep Tayyip Erdoğan, l’AKP, au bureau de vote strasbourgeois. C’est la deuxième circonscription pro-AKP en France. À Lyon, 76% des citoyens ont versé en bulletin en faveur du parti présidentiel. Dans les urnes présentes dans le quartier de Hautepierre, 9% des votants ont soutenu les ultranationalistes du MHP. Le parti forme une coalition avec la formation présidentielle de l’AKP. L’opposition républicaine du CHP n’a récolté que 10,7%. Le parti pro-kurde du HDP a lui reçu un soutien plus fort qu’en Turquie, avec 16,3% des voix en sa faveur.
Résultats publiés sur le site internet du média pro-gouvernemental Hürriyet. (Capture d'écran)
Résultats publiés sur le site internet du média pro-gouvernemental Hürriyet. (Capture d’écran)

Manifestation de joie à Strasbourg

À Strasbourg, les soutiens d’Erdogan ont laissé éclater leur joie vers 21h. Drapeaux turcs au vent et klaxons à tue-tête, ils se sont déplacés en voiture du consulat de Turquie, rue Auguste Lamey, au Parlement européen.

Une observatrice strasbourgeoise arrêtée

Lors du vote en Turquie, la secrétaire départementale du Parti communiste du Bas-Rhin, Hülliya Turan, a été arrêtée par la police turque. Dimanche 24 juin, elle se trouvait dans l’Est du pays pour observer le bon déroulement des élections dans l’est de la Turquie, une région à majorité kurde. Relâchée en fin de journée, la femme politique s’est dite inquiète « quant à la sincérité du résultat qui sortira des urnes. » En revanche, Muhammet Cavus, vice-président de Cojep Europe, ne tarit pas d’éloges quant au scrutin :
« Ce 24 juin a été une très bonne épreuve démocratique. Le résultat donne une très bonne représentation de l’ensemble de l’électorat national et c’est une très bonne chose que le HDP soit représenté [au parlement, ndlr]. »

Au conseil municipal, le « pacte financier » imposé par le gouvernement Macron fera-t-il exploser la majorité ?

Au conseil municipal, le « pacte financier » imposé par le gouvernement Macron fera-t-il exploser la majorité ?

Un conseil municipal fleuve de 90 points clôture la première partie de l’année 2018, avant les deux mois de trêve estivale. Il sera longuement question d’argent, avec notamment une limitation des dépenses imposées par le gouvernement, ce qui n’est pas du goût de tous les élus strasbourgeois. Un débat explosif à suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 15 heures.

Les premières heures du conseil vont débattre d’un « pognon de dingue ». D’abord avec le compte administratif, qui permet de comparer les dépenses réellement effectuées en 2017 (469,5 millions d’euros, soit 371,2 de fonctionnement et 98,2 d’investissement), à celles votées.

Dans ce genre de cas, l’opposition est censée dire que l’argent est utilisée à tort et à travers, et la majorité répond qu’il n’est pas possible de mieux faire. Mais ce jeu de de postures pourrait un peu s’écourter par rapport à l’accoutumée, car il sera encore question de centaines de millions d’euros pour les budgets futurs lors de la délibération numéro 12, avec le « pacte financier ».

Après la méthode Hollande, la méthode Macron

Pour faire simple, la méthode Macron succède à la méthode Hollande. Sous François Hollande, les municipalités recevaient un peu moins chaque année (jusqu’à 7 millions et en moyenne 4,6 millions de moins par an à Strasbourg) et pouvaient se débrouiller comme elles voulaient pour équilibrer leurs comptes.

Strasbourg et l’Eurométropole ont à plusieurs reprises augmenté les impôts, avant de lever le pied à partir de 2017. Plusieurs tarifs (stationnement, piscine, patinoires, jardins familiaux) ont aussi augmenté en parallèle. Mais ces hausses d’impôts se sont aussi accompagnées d’un plan de non-remplacement de 10% des postes, qui arrive à mi-parcours. Et ce, en dépit de la hausse de population ou du développement de nouveaux services. Les dépenses de fonctionnement ne comprennent pas que le train de vie de la collectivité mais aussi et surtout, le personnel au contact de la population, par exemple dans les écoles ou les espaces verts. Les investissements ont aussi été revus à la baisse.

Avec le nouveau gouvernement, la somme donnée est la même d’une année sur l’autre… sauf si la Ville augmente ses dépenses de fonctionnement. À Strasbourg, comme pour la majorité des communes, le seuil d’augmentation à ne pas dépasser a été fixé à 1,2%. Or, en raison des revalorisation de salaire et de l’inflation, les dépenses augmentent « naturellement » de 2% chaque année, si aucune économie n’est décidée.

De l’intérêt à signer…

C’est là que le « pacte financier » intervient. Soit, on signe une allégeance et pour chaque euro dépensé au-delà des 1,2%, l’État ne retire « que » 75 centimes de l’argent qu’il verse. Soit on ne signe pas, mais pour chaque euro de trop, l’Etat retire un euro. Pas besoin d’être un génie en maths pour comprendre que – quoi que l’on pense du pacte – il y a intérêt à voter ce contrat « proposé » aux 322 plus grandes collectivités de France.

Une fois le pacte signé, le compte administratif de 2018 est comparé à celui de 2017, et ainsi de suite pendant trois ans. À ce moment-là d’éventuels dépassements sont traqués et donnent lieu à une éventuelle sanction, après quelques discussions avec la préfecture.

L’adjoint au maire en charge des Finances Olivier Bitz (LREM) explique qu’il n’y a « rien d’automatique », mais aussi « rien de garanti » dans cette « marge de négociation ». La délibération, plutôt positive mais finalement amendée sous insistance de certains groupes, demande à ce que certaines dépenses soient retirées du calcul, notamment quand elles sont imposées par l’Etat (sécurité, normes) ou qu’elles sont menées en commun. Mais cela n’a pas valeur contractuelle.

Avec la méthode Hollande, les dépenses de fonctionnement strasbourgeoises ont justement augmenté de… 1,2% sur le début du mandat fait valoir Olivier Bitz (LREM). Mais pour 2018, elles ont été estimées à hauteur de 392,5 millions d’euros dans le budget contre 371 millions dépensées en 2017 (soit +5,6%), même si des rectifications sont possibles. D’autres élus pensaient que les premières années à faire des efforts donneraient un peu plus de marges de manœuvre pour la fin du mandat.

Qui vote quoi ?

Pour les dix élus « En marche » et le maire Roland Ries (PS, mais non-membre du groupe), le vote « pour » ne devrait pas poser de problèmes. C’est pour les trois autres groupes de la majorité et les 4 d’opposition que la chose devrait se compliquer. Rappelons que la majorité est à 33 voix sur 65. Mais avec le jeu des abstentions, la majorité absolue pourrait baisser.

Les socialistes en pivot du vote

Pour le principal groupe, « Energies positives » qui regroupe les membres du Parti socialiste et leurs proches (23 élus), une réunion pour acter la position s’est tenue samedi matin, preuve du caractère tendu du sujet. Quelle que soit la position, elle devrait inclure la « liberté de vote » de certain, c’est-à-dire des abstentions voire des votes « contre ».

Comme un pacte similaire va aussi être voté à l’Eurométropole en fin de semaine, un souci de cohérence va se poser à plusieurs élus membres des deux exécutifs, notamment le président Robert Herrmann, la vice-présidente aux finances Caroline Barrière… Comme les conseils régionaux, les métropoles voient moins leurs recettes et dépenses augmenter de manière mécanique qu’une ville, car elles gèrent moins de personnels sur le terrain que les municipalités. Le ton de la délibération eurométropolitaine est cependant plus critique. Il y a peu de chances que tous les élus socialistes votent « contre » car l’opposition pourrait profiter de l’occasion pour semer la zizanie.

Leur anciens camarades passés chez « En Marche » devraient leur rappeler qu’ils avaient moins tortillé lorsque le gouvernement Valls-Hollande proposait des coupes sèches, ce qui n’est plus d’actualité avec ce contrat. « Le gouvernement précédant voulait une baisse sèche de 11 milliards, celui Macron 13 milliards, par différents moyens (APL, contrats aidés, pacte financier, etc.) c’est le même ordre de grandeur », note un élu. Les échanges s’annoncent vifs, alors que les plaies ne sont pas refermées.

Si des élus fortement intégrés à l’appareil du Parti socialiste (Pernelle Richardot, Philippe Bies, Mathieu Cahn, Jean-Baptiste Mathieu, Camille Gangloff…), se démarquent d’En Marche à chaque occasion, d’autres adjoints restés au PS sont plus difficilement identifiés à un camp. Leur vote pourraient éclairer le positionnement de certains.

Le pacte financier, un équilibre politique fragile à obtenir (photo Public domain on Visual Hunt)
Le pacte financier, un équilibre politique fragile à obtenir (photo Visual Hunt / cc)

Roland Ries insiste sur l’unité de vote

Dans ce genre de débat à prééminence nationale, La Coopérative/Generation.s (8 élus) a pour principe de renvoyer Emmanuel Macron et François Hollande dos-à-dos. Une position commune devait être débattue ce week-end, mais on imagine mal le groupe trop isoler « En marche », avec qui ils entretiennent de bonnes relations au niveau local.

Les 6 élus écologistes (EELV) ont déjà dit tout le mal qu’ils pensaient de ce qui s’apparente à une « mise sous tutelle » et devraient voter contre. Leur principal problème est que la Ville et la métropole arrivent à augmenter leurs dépenses, mais surtout leurs recettes avec des fonds nationaux et européens (comme sur les déchets ou la qualité de l’air). Ces derniers ne pourraient plus être dépensés si les règles de ce pacte sont appliquées de manière stricte.

Avant le conseil, le maire Roland Ries a estimé que ce pacte « est un élément qui pourrait fragiliser la majorité », mais a rappelé et que « tout ce qui tourne autour du budget constitue la base de la majorité ». « Des réserves ont été introduites », ajoute-t-il dans ce qui ressemble à un appel à un vote large et une mise en garde. Mais si des voix dissonantes se font entendre dans trois groupes sur quatre, il sera difficile pour le maire de procéder à un retrait massif de délégations, au risque de perdre sa majorité, qui plus est sur une question nationale et non locale. Le déroulement du débat et du vote qui en suit peut donc marquer un tournant à l’entame des deux dernières années du mandat.

L’opposition quant à elle risque surtout de se délecter du spectacle. On peut imaginer que la droite plutôt macro-compatible (Agir, autour de Fabienne Keller, 6 élus, et les 2 élus UDI) sera plus encline à voter le texte que le nouveau groupe « Les Républicains ».

Rappelons que pendant ce mandat, le « pire » vote pour la majorité fut l’avis pour la vente du foyer Saint Louis, avec 33 voix « pour » sur 65 élus (17 abstentions, 2 contre et 12 « absents »). Un projet retiré par le promoteur à l’été 2017.

Mais aussi : Meinau, Halles, explosion, Port-du-Rhin et siège du Parlement…

Passés ces heures de passes-d’armes budgétaires, d’autres gros points sont à l’ordre du jour. Le vote sur la rénovation et l’agrandissement du stade de la Meinau comme du Rhénus Sport, la vente des parkings publics aux Halles ou le règlement sur la publicité devraient susciter d’autres débats.

Comme si tout ceci ne suffisait pas, le conseil se terminera par deux interpellations et une motion. Les interpellations portent sur les suites de l’explosion du silo à grains au Port autonome, ainsi que sur la mort récente de personnes à la rue à Strasbourg.

La motion vise à réaffirmer le soutien au siège du Parlement européen, après quelques remises en cause à demi-mots par les chanceliers allemand et autrichien Angela Merkel et Sebastian Kurz, une première. Une initiative des élus du Parti socialiste, qui suspecte « En marche » de ne pas affirmer assez clair l’aspect intangible des Traités, pour peut-être les modifier et négocier d’autres avancées en échange. De quoi relancer des débats tendus entre ex-socialistes et socialistes strasbourgeois, à un an des élections européennes. Mais peut-être qu’une commission magique arrivera à arrondir les angles du texte en parallèle de la séance et obtenir une unanimité. La séance pourrait s’étirer au-delà de 22 heures.

À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.

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Secrétaire du PCF 67, Hülliya Turan arrêtée puis relâchée en Turquie dimanche

Secrétaire du PCF 67, Hülliya Turan arrêtée puis relâchée en Turquie dimanche

Les forces de sécurité turques ont arrêté et détenu Hülliya Turan, secrétaire départementale du Parti communiste du Bas-Rhin, avec deux autres Français alors qu’ils se livraient à des observations du scrutin présidentiel à Agri, à l’est de la Turquie. Tous les trois n’ont été relâchés qu’en fin de journée, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux.

La secrétaire départementale du Parti communiste du Bas-Rhin, Hülliya Turan, a été arrêtée ce dimanche matin par les forces de sécurité turques, à Agri dans l’est de la Turquie, une région à majorité kurde. La Strasbourgeoise a été retenue et interrogée toute la journée avant d’être relâchée vers 17h.

Hülliya Turan se trouvait en Turquie en tant qu’observatrice des élections législatives et présidentielle, elle est accompagnée de Christine Prunaud, sénatrice des Côtes d’Armor, et Pascal Torre, en charge des relations internationales du Parti communiste français. Ils répondaient à l’invitation du HDP, le Parti démocratique des peuples, principal parti pro-kurde.

Jointe en soirée, Hülliya Turan devrait rentrer en France lundi :

« Nous étions avec le HDP pour voir comment se déroulaient les élections dans cette partie de la Turquie. Nous avions visité trois bureaux lorsqu’à 10h30, nous sommes interpellés par l’armée, qui demande nos passeports. Nous refusons et leur proposons de prendre des photos des documents pour qu’ils puissent procéder aux vérifications qu’ils veulent. Mais ils nous emmènent à la gendarmerie. Là, nous avons été interrogés sur les raisons de notre présence dans les bureaux de vote, etc. Puis ils nous ont indiqué qu’ils allaient vérifier si nous nous étions livrés à des activités illégales. Vers 17h, nous avons finalement été libérés sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre nous, ils ne nous ont même pas laissé un double du document qu’on a signé… »

Hülliya Turan à Strasbourg en juin 2017 (Photo L'Humanité)
Hülliya Turan à Strasbourg en juin 2017 (Photo L’Humanité)

Fraudes massives à craindre

Dans son communiqué, le PCF indique :

« Le pouvoir turc veut étouffer toutes les voix qui dénoncent les fraudes massives à l’œuvre, notamment en véhiculant sur Twitter que les membres de la délégation seraient de faux observateurs qui tenteraient de manipuler les élections ».

Les trois communistes ont été présentés publiquement comme des « agents secrets » tentant d’intervenir en faveur du HDP, les photos de leurs passeports prises par les militaires circulent sur les réseaux sociaux. De son côté, Pascal Torre a twitté avant son interpellation en faisant état de « fraudes de grande ampleur. »

Hülliya Turan confirme :

« De nombreux bureaux de vote dans les villages ont été déplacés sans que la population n’ait été avertie, des assesseurs du HDP ont été empêchés de pouvoir réaliser leur travail de vérification correctement, il y a une forte présence militaire et de grosses pressions sur les maires des villages kurdes… Oui, nous sommes inquiets quant à la sincérité du résultat qui sortira des urnes. »

Hülliya Turan doit rentrer à Istanbul lundi, puis vers Paris lundi soir avant d’être de retour à Strasbourg mardi.

Une task force européenne contre le moustique tigre dans le bassin rhénan

Une task force européenne contre le moustique tigre dans le bassin rhénan

Scientifiques et services sanitaires allemands, suisses et français se sont rassemblés au sein du projet TIGER pour coordonner la lutte contre le moustique tigre, qui s’installe dans le Rhin supérieur. L’organisation, lancée mercredi 20 juin à Strasbourg, veut d’abord sensibiliser les administrations et le public sur cet insecte, afin d’éviter que la situation ne devienne hors de contrôle.

Pour lutter contre la prolifération du moustique tigre, dit « Aedes Albopictus » dans le bassin rhénan, le groupe TIGER (pour Tri-national Initiative Group of Entomology in Upper Rhine valley) s’est composé à partir de 19 institutions, dont les universités de Strasbourg et de Fribourg et les agences sanitaires suisses françaises et allemandes.

Car depuis 2014 et les premiers cas observés dans le Rhin supérieur, les zones de présence confirmée de cette bestiole sont de plus en plus nombreuses, or le moustique tigre est connu en capacité de propager la Dengue, le Chikungunya ou la Fièvre jaune.

En Alsace, des colonies de moustiques ont fait leur nid à Schiltigheim. En Suisse, on trouve des spécimens dans la région de Bâle. A ce jour, aucun cas de maladie vectorielle importée par un moustique n’a cependant été signalée dans le bassin rhénan.

Mettre en commun les informations

Chaque pays investi dans le projet TIGER disposent de ses propres outils de mesure et de contrôle de la prolifération du moustique. Cependant, jusqu’à la création de TIGER, aucun organisme ne s’occupait de récupérer et de compiler les données en Europe. Pour Francis Schaffner, représentant de la délégation suisse et entomologiste, il fallait aller plus loin :

« TIGER est un projet dit “Interreg”, une coopération entre plusieurs régions européennes pour traiter d’un problème qui ne s’arrête pas à l’échelon national. On va pouvoir mettre nos connaissances en commun pour mieux combattre le moustique. »

Le groupe s’est également donné pour mission d’organiser des enquêtes locales autour des zones de signalement de moustiques, ainsi que de participer à la pose de pièges.

Une lutte peu efficace

Une fois que le moustique tigre s’installe quelque part, il est très difficile de l’en déloger. Les traitements anti-larvaires sont relativement chers et peu efficaces sur le long terme, même les pulvérisations de grande ampleur ne permettent pas d’endiguer son développement. Francis Schaffner affirme que le meilleur remède contre l’insecte est encore la communication :

« Une fois que le moustique est la, même si on arrive à l’éliminer, il finira par revenir. Le plus simple reste encore d’expliquer aux gens et aux communes qu’il ne faut pas laisser des réservoirs d’eau stagnante à l’air libre. »

Le groupe TIGER prévoit de commencer ses actions de sensibilisation dans les prochains mois, notamment auprès des mairies et des écoles de la région. D’ici là, il se tient à disposition des administrations confrontées à l’installation du moustique.

The Jesus And Mary Chain à la Laiterie, passage d’un groupe rock incontournable mardi soir

The Jesus And Mary Chain à la Laiterie, passage d’un groupe rock incontournable mardi soir

Après Belle & Sebastian, la Laiterie continue d’inviter cette saison les groupes les plus emblématiques d’Écosse. Mardi soir, c’est au tour de The Jesus And Mary Chain. Après 19 ans de pause et un nouvel album, le concert promet de les retrouver fidèles à ce qu’ils ont toujours été : bruts et déjantés.

The Jesus And Mary Chain fait partie des groupes mythiques. De ceux qui se sont créés il y a plus de 30 ans (en 1983 exactement) et qui ont marqué l’histoire de la musique. Les frères Reid, à l’origine de tout, ont littéralement créé l’album référence d’un genre tout nouveau à l’époque : la noise-pop.

Psychocandy, sorti en 1985, s’est construit sur le punk et a lancé la tendance shoegaze. Il a été et restera une influence majeure pour une longue liste de groupes aujourd’hui reconnus comme My Bloody Valentine, Primal Scream, Pixies, Brian Jonestown Massacre…, amoureux de bruits autant que de mélodies.

Retour d’un groupe culte

Leur notoriété, ils la doivent à leurs prestations scéniques. Réputés pour leurs sets courts, bruyants, intenses, voire pour leur comportement parfois limite envers leur public, ce sont pourtant les 5 albums suivants qui les installent définitivement comme groupe culte jusqu’en 1998. Cette année-là, et en plein milieu d’un set, une dispute entre William Reid et Jim Reid signe la fin du groupe.

Le hiatus dure presque 10 ans, pendant lesquels chacun des frères poursuivra sa carrière solo, sans rencontrer le succès. La popularité de The Jesus and Mary Chain ne faiblit pourtant pas, leurs titres continuant d’apparaître dans des pubs ou au cinéma comme dans Lost In Translation de Sofia Coppola.

Et c’est en 2007 qu’ils réapparaissent enfin ensemble sur la scène du festival Coachella, avant d’enchaîner quelques dates internationales et de sortir un best-of et un coffret. Le groupe se reconstruit peu à peu et renaît de ses cendres.

Nouvel album et nouveau set

La suite logique, c’était un retour en studio, et la sortie de Damage and Joy l’an passé n’est évidemment pas passée inaperçue. Un nom parfait pour résumer à la fois tout l’enjeu de ce retour et le contenu même de l’album. La joie de reformer le groupe après l’évolution houleuse de la relation fraternelle des Écossais, les dégâts de la maturité après l’énergie folle de leurs débuts…

Reste à savoir ce que The Jesus And Mary Chain est devenu sur scène. Pour cela, c’est à la Laiterie que ça se passe, mardi soir. Les inconditionnels ont probablement déjà pris leur place. Pour les autres, il est encore temps de venir applaudir un groupe culte qui ne s’est jamais compromis, n’a jamais suivi les modes et continue de « n’en avoir rien à foutre de ce que les gens veulent écouter ».

La première partie sera assurée par les Belfortains de Snaabbacash. Difficile de penser à un groupe plus approprié dans les environs. En entendant leur vision du rock, on ne peut pas éviter de penser à un croisement entre Pixies, BRMC et My Bloody Valentine. Et on se dit que leur son très typé rock des 90s, qui doit probablement beaucoup à The Jesus and Mary Chain, tombera à pic pour ouvrir la soirée.