Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Roland Ries suspend en partie les délégations de ses deux adjoints écologistes

Roland Ries suspend en partie les délégations de ses deux adjoints écologistes

Roland Ries avait prévenu, il a en partie mis ses menaces à exécution. Le maire de Strasbourg a suspendu certaines délégations de ses deux adjoints écologistes, Marie-Dominique Dreyssé et Alain Jund (EELV). Ces derniers s’étaient opposés avec leur groupe au pacte financier exigé par l’État (voir nos articles) en votant « contre » lors du conseil municipal de juin.
Jusqu’au prochain conseil municipal, lundi 24 septembre . . .

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Chocolats, huiles, infusions… Dans la première boutique de cannabis légal de Strasbourg

Chocolats, huiles, infusions… Dans la première boutique de cannabis légal de Strasbourg

La première boutique de produits dérivés du CBD (cannabidiol, une molécule du cannabis) a ouvert fin juin à Strasbourg. Si les premiers clients à se présenter venaient chercher « l’éclate » ou « la défonce », ils ont vite déchanté. Les produits vendus ne doivent contenir aucune trace de THC, la molécule psychotrope et addictive, pour pouvoir être commercialisés en France.

Pour Ghinda Caldaras, 31 ans et tout nouveau gérant de Bestown Shop, la première boutique de dérivés du cannabidiol (CBD) à Strasbourg, pas de doute : la vente de ses produits est attendue. Cet ancien négociant a ouvert sa boutique en franchise le vendredi 22 juin au 9 rue du Faubourg-de-Pierre, il vend des tisanes au CBD, du chocolat au CBD, des huiles au CBD et du liquide à vaporter au CBD… Le CBD est un cannabinoïde souvent tiré de la fleur de cannabis, il aurait certaines propriétés contre l’anxiété ou les troubles du mouvement, sans effet psychotrope, qui dépend d’une autre molécule, le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol). Même si les débuts commerciaux de cette boutique restent timides, certains clients n’hésitent pas à venir de loin, comme le souligne Ghinda Caladaras :
« J’ai des gens qui sont venus d’Épinal et ma clientèle est large, elle va de 35 à 86 ans. »
Pour être commercialisés en France, les produits dérivés au CBD ne doivent contenir aucune trace de THC. Selon un rapport de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues (Mildeca), le CBD ne pourrait en outre qu’être extrait des fibres et même pas des fleurs. En outre, le rapport rappelle que les seuls médicaments au CBD autorisés sont ceux inscrits sur les listes des agences françaises ou européennes de sécurité des médicaments.

Discours ultra-balisé

Du coup, le discours de Ghinda Caldaras est ultra-balisé. Pour ne pas être accusé de vendre de la drogue ou des médicaments illégalement, il a suivi une formation à la maison mère de Bestown Shop à Besançon, développé par Élodie Marchon, la fondatrice de l’enseigne. Il explique :
« Il y a une formation, pour savoir ce qu’on peut dire et ce que l’on ne peut pas dire. Mon but n’est pas de vendre du rêve, ce sont simplement des compléments alimentaires. Toutes les variétés de chanvre autorisées sont réglementées et inscrites dans le Code de la santé publique, l’utilisation et la commercialisation de fleurs ou feuilles de chanvre ne sont pas autorisés et aucune vertu thérapeutique ne peut être revendiquée. »
Mais malgré ces limites, le cadre légal évolue au gré des discours et des implantations de nouvelles boutiques, ce qui n’est pas sans agacer le gérant :
« Tous les trois, quatre jours il y a de nouvelles normes. Il y a un mois on était sur un produit relaxant/apaisant, aujourd’hui on ne parle plus que de complément alimentaire. Je précise à tous mes clients qu’on ne vend que des tisanes, pas de la fumette. Je suis ni médecin ni pharmacien. C’est pour ça que sur nos paquets il est écrit “ne pas fumer”. »
Des clients au comptoir du Bestown Shop à Strasbourg ( photo Salem Slimani / cc Rue89 Strasbourg)
Pourtant, les étagères et vitrines de la boutique contiennent des produits destinés à fumer, tels que des bangs, des chichas ou d’autres instruments à vent. Pour le gérant, c’est une association d’image entre le cannabis classique et le CBD qu’il souhaite faire évoluer :
« Comme on fait partie de la franchise, tous les Bestown Shop doivent arborer les mêmes concepts. La semaine prochaine, on va discuter avec Élodie Marchon pour remplacer tout ça par des savons, des huiles, des produits dérivés de CBD. Des chichas, j’en ai vendu trois depuis l’ouverture du magasin. Très sincèrement, ça me gêne d’avoir ces produits, je préfère avoir plus de gammes dérivées du CBD. »
Des clients entrent dans la boutique et demandent quelques conseils pour faciliter leur sommeil. Le gérant répond sobrement :
« Ces produits ne sont que des compléments alimentaires. »
Combien de temps ce jeu de poker-menteur va-t-il durer ? Les boutiques de CBD fleurissent partout en France, et certains produits au CBD auraient des vertus contre l’anxiété, les troubles du sommeil, voire même contre la croissance de cellules cancèreuses. De nombreux personnes y croient en tout cas et vont se rendre rue du Faubourg-de-Pierre pour trouver directement les produits qu’ils achètent déjà en ligne. Il sera compliqué pour Ghinda Caldaras, qui a acheté 30 000€ la franchise de Bestown Shop, de maintenir son discours de compléments alimentaires…
Au comptoir du Bestown Shop de Strasbourg (photo SS / Rue89 Strasbourg / cc)

40 à 50€ les 2,5 grammes

Pour les consommateurs, le coût de ces « compléments alimentaires » varie de 40€ à 50€ les 2,5 grammes. Un prix est jugé élevé par Rachid, dont le prénom à été modifié. Pour ce fumeur occasionnel de cannabis au THC, le CBD devait être la solution pour sortir complètement de la « fumette » :
« Je fume de temps en temps pour me relaxer. J’attendais l’arrivée du CBD en France pour avoir les effets sans les inconvénients du cannabis. Mais à ce prix là, je n’achèterai pas, c’est trop cher. Moi j’ai l’habitude d’acheter les 10 grammes à 60€. Alors les 2,5 grammes à 40€, 50€, c’est trop. »
À ce prix, il faudra peut-être revoir le marketing…

Désormais protégée, la « Choucroute d’Alsace » pourra toujours venir de Pologne

Désormais protégée, la « Choucroute d’Alsace » pourra toujours venir de Pologne

Après vingt années de pourparlers, la choucroute d’Alsace reçoit ce mardi son « indication géographique protégée », ou IGP. Les tractations pour décrocher ce label ont été rudes pour le secteur et si certains choucroutiers alsaciens se réjouissent, d’autres (souvent les plus petits) sont beaucoup moins enthousiastes, voire dénoncent « une grande mascarade. » Car l’IGP ne garantit pas que le chou utilisé pour ladite « Choucroute d’Alsace » pousse dans la région. Enquête entre deux capitales : Krautergersheim, où l’on sait planter les choux, et Bruxelles, où se décide l’attribution des labels.

Pour un produit, bénéficier d’une indication géographique protégée (IGP), revient à recevoir le prix Goncourt pour un auteur. C’est une consécration, une marque de reconnaissance, un gage de perfection ou presque. À Bruxelles, là où se décident les labels européens, tout le monde est unanime : un produit estampillé « IGP » rime avec une qualité supérieure car il doit être le fruit d’un processus de production traditionnel. L’acheter ou le produire, c’est assurer de voir la diversité des terroirs européens protégée et respectée. Sur le papier, donc, l’IGP fait rêver.

Les choucroutiers alsaciens produisent 20% de la choucroute consommée en Europe. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Les choucroutiers alsaciens produisent 20% de la choucroute consommée en Europe. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

20 ans de lobbying

Pour l’obtenir, les choucroutiers alsaciens (qui produisent quelque 28 000 tonnes de choucroute par an, soit 70% de la choucroute dégustée en France et 20% de celle consommée en Europe) n’ont pas ménagé leurs efforts. La première demande dans ce sens déposée auprès de la Commission européenne (c’est elle qui gère l’attribution des IGP dans l’UE) remonte à… 1998. Ont suivi vingt années de ping-pong endiablé entre les autorités françaises (mais aussi l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, l’Avca) et l’exécutif européen, qui, à plusieurs reprises, a rejeté la demande, réclamant à la France de plus amples explications et autres modifications du cahier des charges de l’IGP, avant de finalement accéder à la demande hexagonale il y a quelques mois.

A Krautergersheim, plusieurs choucroutiers importent du chou qui a poussé ailleurs, en Pologne par exemple. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
À Krautergersheim, certains choucroutiers importent du chou qui a poussé ailleurs, en Pologne par exemple. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

Et c’est aujourd’hui, mardi 3 juillet, que l’IGP est, enfin, officiellement publiée. Naturellement, Anne Sander, eurodéputée alsacienne membre du groupe du Parti populaire européen (PPE) depuis 2014, se félicite de l’obtention de ce label :

« Pour moi, c’est le résultat de quatre ans de travail ; pour les professionnels, c’est un engagement de vingt ans ! C’est l’un des premiers dossiers sur lesquels j’ai travaillé en tant que députée européenne et j’ai passé beaucoup de temps dessus. J’ai sollicité mes collègues députés français de tous les groupes politiques, j’ai sensibilisé le commissaire européen responsable de l’Agriculture au “dossier Choucroute”, j’ai relancé à plusieurs reprises la France… C’est vrai, j’ai écrit beaucoup de courriers à Stéphane Le Foll ! Cette IGP est une très bonne nouvelle, elle reconnaît un savoir-faire d’exception. »

Le « lien causal » de la choucroute avec l’Alsace !

L’IGP ne protège que des produits dont les caractéristiques sont étroitement liées à une zone géographique précise, dans laquelle se déroule leur production, leur transformation ou leur élaboration. Tout l’enjeu a donc été de démontrer le « lien causal » de la choucroute avec le terroir alsacien. Dès lors, il a fallu convaincre la Commission européenne des spécificités de la choucroute, expliquer à quel point elle est ancrée dans la tradition culinaire alsacienne et ce, depuis le Moyen-âge, insister sur ses modes de production (coupe, fermentation, salage, etc.) mieux maîtrisés en Alsace qu’ailleurs. Finalement, la demande officielle d’enregistrement a été publiée par la Commission européenne en février au Journal officiel de l’UE. Elle stipule notamment que :

« La « Choucroute d’Alsace » est un légume transformé, obtenu par fermentation lactique anaérobie naturelle de feuilles de choux préalablement découpées en lanières, et mises en présence de sels dans des cuves de fermentation. (…) Le lien avec l’aire géographique de la « Choucroute d’Alsace » est basé sur sa qualité déterminée et sa réputation. Le développement du procédé de fabrication de la choucroute en Alsace résulte de deux facteurs naturels de cette région : les conditions pédoclimatiques (du sol, ndlr) favorables à la culture du chou, les hivers rudes du climat semi-continental. « 

Une arme contre la contrefaçon

À Bruxelles, Nicolas Wurm, directeur du bureau « Europe Grand Est » (qui défend les intérêts de l’Alsace auprès de l’UE) se réjouit lui aussi :

« Cette IGP résulte d’une demande légitime des producteurs alsaciens face à la concurrence des pays orientaux qui sont producteurs de choux, et auraient pu vendre la choucroute avec la mention « Alsace » alors qu’elle n’était ni produite, ni transformée en Alsace. Cette IGP est donc utile pour défendre les producteurs, mais aussi l’écosystème du terroir en général. »

Concrètement, une fois cette IGP définitivement entrée en vigueur, la mention « Choucroute d’Alsace » ne pourra être apposée que sur l’emballage d’une choucroute produite ou travaillée dans le Bas-Rhin ou dans le Haut-Rhin. Mais la matière première, à savoir le chou, ne doit pas nécessairement provenir d’Alsace (c’est d’ailleurs que qui différencie une IGP d’une « appellation d’origine protégée » – AOP – pour laquelle toutes les étapes de production doivent avoir lieu dans l’aire géographique en question).

L'IGP "Choucroute d'Alsace" a été réclamée par le secteur pendant vingt ans. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
L’IGP « Choucroute d’Alsace » a été réclamée par certains acteurs du secteur pendant vingt ans. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

Or à Krautergersheim, la capitale de la choucroute, à mi-chemin entre Strasbourg et Colmar, plusieurs choucroutiers importent du chou qui a poussé ailleurs, en Pologne par exemple. Cette IGP ne les obligera pas à changer leurs importations, tant que le chou est travaillé en Alsace pour être transformé en choucroute. En revanche, ils pourront tirer leurs prix vers le haut, comme l’explique Catherine Wibert, chargée de mission chez Alsace Qualité, un réseau qui regroupe plusieurs acteurs de la filière agroalimentaire alsacienne (dont une dizaine de choucroutiers) et qui a été vivement impliqué dans l’élaboration du cahier des charges de l’IGP « Choucroute d’Alsace » :

« Finalement, les choucroutiers pourront augmenter le prix de leur choucroute IGP car cette dénomination est signe de qualité. Ce qui ne les empêchera pas de continuer à vendre de la “Choucroute” [sans mention “d’Alsace”, ndlr.] à un prix moindre que leur choucroute IGP, s’ils le souhaitent. »

« Le chou polonais, c’est fait… à l’arrache ! »

Johan Angsthelm, 28 ans, à la tête de la choucrouterie éponyme, aurait aimé voir exister un label garantissant que 100% des choux utilisés dans ladite « Choucroute d’Alsace » proviennent de la région. Celui qui produit quelque 4 000 tonnes de choucroute par an (grâce à 8 000 tonnes de choux) se dit « mitigé » vis-à-vis de cette nouvelle appellation :

« Cette IGP me laisse un peu sur ma faim, si j’ose dire… D’une part, parce que les clients ne sont pas tous forcément à fond là-dedans. Pour beaucoup, payer ne serait-ce que cinq centimes de plus n’est pas envisageable, alors que voulez-vous… D’autre part, l’IGP ne devrait concerner que les choux alsaciens. Nous, nous plantons, soignons, récoltons et transformons tous nos choux en Alsace. On est à fond là-dedans. D’autres pas, leur chou n’est que conditionné en Alsace. Mais le souci, c’est que le chou polonais, c’est pas pareil ! C’est fait… comment dire… à l’arrache ! Il n’a pas la même qualité, on y retrouve souvent des corps étrangers, des médaillons [des morceaux de trognon, ndlr]. En Pologne, ils travaillent à des coûts moindres, et avec des conditions d’hygiène moindres… »

A Krautergersheim et dans les environs, les choucrouteries ne manquent pas. Mais toutes n'ont pas le même avis vis-à-vis de l'IGP. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
A Krautergersheim et dans les environs, les choucrouteries ne manquent pas. Mais toutes n’ont pas le même avis vis-à-vis de l’IGP. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

Johan Angsthelm a quand même décidé de vendre une partie de sa choucroute sous l’appellation IGP. Il en va de même pour la choucrouterie Rieffel, installée à quelques rues de la choucrouterie Angsthelm. Pour sa part, elle produit chaque année environ 2 000 tonnes de choucroute (avec 4 000 tonnes de choux). L’entreprise est dirigée par quatre hommes, dont Thibert Rieffel, 21 ans, qui est également vice-président de l’AVCA (l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace – déjà évoquée plus haut pour son rôle central dans l’élaboration du cahier des charges de l’IGP).

Le jeune choucroutier revient sur l’élaboration des critères, et notamment celui qui permet d’utiliser des choux de toutes provenances :

« On n’a pas voulu se fixer trop de limites, il y en a déjà assez comme ça. On tolère que les choux ne viennent pas d’Alsace parce qu’il faut bien pouvoir se sauver, si besoin, comme en cas d’aléas climatiques par exemple. Il faut qu’on puisse continuer de travailler même s’il y a une pénurie de choux chez nous… Donc on a autorisé ça, au cas où. Mais moi, dans mon entreprise, 95% des choux viennent d’Alsace. »

Sans faire certifier ses produits "IGP", Florent Ades, choucroutier à Krautergersheim, n'aura plus le droit d'inscrire "Choucroute d'Alsace" sur ses seaux. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Sans faire certifier ses produits « IGP », Florent Ades, choucroutier à Krautergersheim, n’aura plus le droit d’inscrire « Choucroute d’Alsace » sur ses seaux. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

À Krautergersheim, certains voient cette IGP d’un plus mauvais oeil encore. Florent Ades, lui, fera sans. Sur son exploitation de six hectares (où poussent environ 400 tonnes de choux, qui deviennent ensuite 200 tonnes de choucroute) qu’il gère avec son frère Xavier et son père Jean-Michel, le choucroutier de 27 ans vient tout juste de commencer la récolte de ses choux « primeurs », pour la choucroute nouvelle. Toutes les bisbilles autour de l’attribution de l’IGP, très peu pour lui. L’idée-même de ce label le révolte. Il explique :

« Je n’ai aucune envie de payer pour cette IGP. Ce label n’est vraiment pas un cadeau ! Le cahier des charges ne tient pas la route. Et le comble, c’est que si on fait pas partie de cette IGP, qu’on ne veut pas cotiser dans l’IGP, ils veulent nous interdire d’écrire « véritable » et « d’Alsace » sur nos emballages. C’est du délire. Moi, je viens de changer le design de mes seaux de choucroute, l’entrepôt en est rempli, je vais quand même pas les mettre à la poubelle, si ?! »

« Que du positif »

Car une fois l’IGP entrée en vigueur, la mention « Choucroute d’Alsace » ne pourra bel et bien plus qu’être utilisée par les choucroutiers qui cotisent auprès de l’Avca (l’adhésion comme les cotisations annuelles se calculent en fonction du chiffre d’affaires des entreprises), puisque c’est cette association qui fait office d’organisme de défense et de gestion (ODG), c’est-à-dire qui gère la dénomination « Choucroute d’Alsace », et à qui appartient l’IGP.

Précisons que le président de l’Avca n’est autre que Sébastien Muller, dirigeant de l’une des plus grandes choucrouteries d’Alsace, la société Le Pic, qui produit entre 4 000 et 5 000 tonnes de choucroute par an. À ses yeux, c’est simple : « Il n’y a que du positif dans cette IGP ! »

Pour vendre des produits sous l’appellation IGP, il faudra aussi se soumettre à des contrôles réguliers, entre deux et quatre par an (pour environ 1 500 euros chaque année, pour les contrôles les plus limités). Ceux qui continueront à utiliser l’appellation nouvellement protégée sans autorisation s’exposent à des sanctions de la part de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, qui opère des contrôles, entre autres, dans le domaine des appellations protégées.

À Hautepierre, une piscine rénovée mais inachevée réouvre enfin

À Hautepierre, une piscine rénovée mais inachevée réouvre enfin

Après trois ans de fermeture, la piscine de Hautepierre réouvre ses portes le 7 juillet. Le nouvel édifice a coûté près de 15 millions d’euros. Ses deux bassins, dont un extérieur, peuvent accueillir 1 300 personnes en été. Deux espaces pour enfants manquent encore.

« On peut se baigner ? » À travers la clôture de la nouvelle piscine de Hautepierre, une habitante du quartier s’adresse à deux agents d’entretien. Mais il faut encore attendre samedi 7 juillet pour piquer une tête. Après trois ans de travaux, et autant d’étés sans pouvoir plonger dans l’eau, les citadins de ce coin de Strasbourg sont impatients. Le complexe, situé en face du terminus du tram A, fait rêver avec ses deux bassins, dont un extérieur.

Deux fois plus d’espace pour nager

Le premier espace a été construit sur le site de l’ancienne piscine. Ici, les collégiens et lycéens du quartier pourront suivre des cours de natation. Des rampes ont aussi été installées pour ouvrir la natation aux personnes handicapées.

Sans sortir de l’eau, les nageurs peuvent gagner un espace extérieur. Cette deuxième piscine mesure 25 mètres de large sur 25 de long. Elle sera chauffée l’hiver. Le bassin dit « nordique » est équipée d’un système de détection automatique des accidents. Grâce à des caméras installées sous l’eau, les secours et les maîtres nageurs de la piscine sont alertés au moindre soupçon de noyade.

Les enfants peuvent aussi jouer au beach-volley sur un terrain sablé, s’amuser autour d’une aire de jeu rénovée et dévaler le toboggan semi-couvert.

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Le deuxième plus gros chantier du « Plan piscine »

En 2010, la municipalité avait annoncé 100 millions d’euros de dépenses pour rénover les neufs piscines de l’Eurométropole. En 2018, 72 millions d’euros ont déjà été investis dans six infrastructures. Seule la piscine du Kibitzenau, chiffrée à 21,5 millions d’euros, a coûté plus cher que celle de Hautepierre, estimée à 15,3 millions d’euros. Les Bains municipaux viennent de fermer trois ans pour une rénovation atypique, en dehors de ce plan.

Toujours pas de bassins pour les enfants

Mais la facture finale de la piscine de Hautepierre va encore grimper. Roland Ries, maire de Strasbourg, a annoncé que le bâtiment connaîtra une deuxième série de travaux. Deux bassins destinés aux enfants avaient été promis et ils n’ont pas encore été construits. Pour Robert Hermann, président de l’Eurométropole, il fallait ouvrir le complexe malgré les travaux inachevés :

« On a fait le choix de ne pas attendre la fin de la totalité des travaux pour ouvrir la piscine. Le quartier mérite un tel équipement et reporter l’inauguration, cela voudrait dire priver les habitants de cette piscine pour des mois. »

Aucune date n’a été annoncée pour la deuxième tranche des travaux. Le coût de ces constructions avoisine les six millions d’euros.

Ouverture tous les jours, de 9h à 20h

Comme dans toutes les piscines de l’Eurométropole, l’entrée coûte 4,80 euros, avec un abonnement illimité à 180 euros par an. Il existe également un tarif réduit à 2,80 euros, réservé aux étudiants, aux enfants de 4 à 17 ans, aux bénéficiaires du RSA et aux personnes handicapées.

Pour son week-end inaugural du 7 et 8 juillet, la piscine sera ouverte de 9h30 à 19h30. Des animations comme de l’aquajogging ou de l’aquabike sont prévues. Du 9 juillet au 2 septembre, elle sera ouverte sept jours sur sept, de 9h à 20h. Pour le reste de l’année, les horaires fluctuent en fonction des jours de la semaine et des saisons. Toutes les heures d’ouverture sont à consulter sur le site de la piscine.

Le Nutri-Score n’aidera pas les Alsaciens à maigrir

Le Nutri-Score n’aidera pas les Alsaciens à maigrir

L’association européenne de l’obésité (EASO) a alerté une nouvelle fois sur les problèmes de surpoids dans les pays européens. Pour contrer ce fléau, la campagne publicitaire du Nutri-Score est apparue sur les écrans de télévisions. Mais en Alsace, aucun industriel n’entend apposer ce logo sur les produits régionaux. Dans la région, la proportion de personnes obèses est passée de 9 à 18% en quinze ans.

Un adulte sur six dans l’Union européenne est considérée comme obèse. En France, à la demande de la Direction générale de la santé, des chercheurs de l’Université Paris 13 et des experts de l’Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses) et du Haut Conseil de santé publique ont participé à la création du système d’étiquetage nutritionnel appelé « Nutri-Score ».

Logo Nutri-Score (Santé Publique.fr)

Dans le cadre du projet de loi agriculture et alimentation, certains députés ont défendu un amendement visant à rendre obligatoire l’étiquetage Nutri-Score sur tous les supports publicitaires des produits alimentaires. Mais le 27 mai 2018, l’Assemblée nationale a rejeté l’amendement (45 voix contre 18) et le logo restera donc apposé sur la base du volontariat.

Selon le site du programme national nutrition santé « Manger Bouger », seuls 33 industriels et distributeurs se sont engagés à apposer ce logo sur l’emballage de leurs produits. Parmi eux, on retrouve de grands distributeurs comme Leclerc, Auchan, Intermarché ou Casino, et de célèbres marques comme Danone, Bonduelle, Mc Cain ou encore Fleury Michon.

Comment fonctionne Nutri-Score ?

Pour attribuer une lettre et une couleur à un aliment, le Nutri-Score dépend d’un calcul précis, qui prend en compte la quantité de calories, et la proportion d’acides gras saturés, de sucres, de protéines, de fibres, de sel, de fruits, légumes et noix. En résumé, le Nutri-Score sera orangé ou rouge s’il contient beaucoup de sucres ou d’acides gras saturés, tandis qu’un pourcentage élevé en fruit et légumes classera le produit dans les échelons verts car il sera considéré comme plus sain. La méthode de calcul diffère selon que le produit est une boisson, un plat cuisiné ou un fromage, afin qu’ils n’affichent pas tous une mauvaise note en raison de leur proportion de matières grasses.

Le Nutri-Score peut être utilisé sur tous les produits transformés à l’exception des herbes aromatiques, des thés, des cafés et des boissons alcoolisées. L’objectif est d’encourager la consommation de certains produits plutôt que d’autres. Mais aussi de choisir entre les produits similaires de marques différentes.

Seulement 33 fabricants et distributeurs ont accepté d'apposer le Nutri-Socre (Photo Hellebardius / FlickR / cc)
Seulement 33 fabricants et distributeurs ont accepté d’apposer le Nutri-Socre (Photo Hellebardius / FlickR / cc)

Le Nutri-Score un calcul incomplet ?

Le logo de Nutri-Score, créé par l’agence nationale de santé publique, a été choisi pour sa lisibilité, une notion fondamentale pour Isabelle Jecker, diététicienne et nutritionniste à Strasbourg :

« J’ajouterais d’autres paramètres qu’il est difficile de rendre abordables à travers un système comme celui du Nutri-Score. Il faut, bien sûr, prendre en compte la présence d’additifs qui ont un impact sur la santé et l’obésité. Mais aussi les conditions d’élevage et de production. Un même aliment peut avoir des compositions nutritionnelles différentes selon son mode de production. J’intégrerais donc des paramètres concernant la viande ou le lait issus de l’élevage intensif car on n’obtient pas la même qualité à la fin. Ces aliments sont par exemple trop riches en Oméga 6. Il faut donc privilégier les viandes labellisées ou les produits Bio qui contiennent deux fois plus d’Oméga 3. Et de manière générale, plus c’est transformé, plus on en perd de qualité en route. »

Les industriels rétifs à classer leurs produits

Certains industriels ont refusé d’apposer le logo Nutri-Score, comme les marques Nestlé et Coca-Cola, mais pour Didier Cornu, président de l’association UFC Que choisir Bas-Rhin, c’est déjà une réussite d’en être arrivé là :

« On est assez déçus de l’attitude de certains industriels, l’opacité sur les qualités nutritionnelles des produits en magasin est encore trop forte pour les consommateurs. Le Nutri-Score nous convient dans le sens où il est simple à comprendre alors que d’autres dispositifs qui étaient proposés étaient plus complexes. Il valait mieux cela plutôt que rien du tout. Notre but désormais est de faire évoluer le Nutri-Score vers un système plus abouti, qui comprendrait le mode de production par exemple. Notre force c’est les consommateurs, si les comportements évoluent, cela pourrait faire changer les pratiques des distributeurs. On mesurera évidemment l’impact dans les prochains temps. »

Les produits alsaciens tous mauvais

Puisque l’affichage du logo Nutri-Score n’est pas obligatoire, nous avons réalisé une notation sur six produits appréciés des Alsaciens, grâce au calculateur mis à disposition par l’association UFC Que choisir.

Test Nutri-Score sur six produits présents dans le supermarché Auchan aux Halles de Strasbourg. (Photo : C.A / Rue89 Strasbourg)

Résultats : La choucroute au Riesling en conserve de la marque William Saurin obtient un C, tout comme la flammekueche surgelée « Gourmet d’Alsace ». Quant au munster « Le grand sapin », les knacks au porc de la marque Auchan et la crème fraîche « coopérative Alsace Lait », ils récoltent un D. Chez les sodas, l’Elsass Cola reçoit un B. La bière et le vin ne rentrent pas dans les catégories de produits du Nutri-Score.

L’Alsace toujours mal placée sur le palmarès de l’obésité

Le Nutri-Score parviendra-t-il à modifier le régime alimentaire des Alsaciens ? Rien n’est moins sûr puisque selon l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), aucun fabricant membre de l’association régionale (Aria Alsace) n’a fait part de sa volonté d’apposer le Nutri-Score sur ses gammes de produit.

Pourtant, selon l’enquête nationale ObÉpi Roche sur l’obésité et le surpoids, l’Alsace est en cinquième position quant à la proportion de personnes en surpoids. Elle a connu l’une des plus fortes augmentation en quinze ans, avec de 9,1% de personnes obèses en 1997 à 18,6% en 2012. La moyenne française se situe quant à elle à 15% ce qui équivaut à près de 7 millions de Français en situation d’obésité.

Des chiffres qui s’expliquent en partie par les traditions gastronomiques alsaciennes, des régimes souvent gras avec beaucoup de sel et trop riches, surtout pour les enfants. La prévalence du surpoids des enfants de 11 à 12 ans atteignait les 23% en 2016 (ORS Alsace).

Quatrième manifestation lundi contre la fermeture des berges du Parlement autour d’un pique-nique

Quatrième manifestation lundi contre la fermeture des berges du Parlement autour d’un pique-nique

Pour la quatrième fois depuis octobre 2017, plusieurs associations et collectifs strasbourgeois (Adir, Velaüch, Piétons 67, Astus, Cadr67, Compostra) appellent à manifester contre la fermeture, a minima partielle, des berges de l’Ill le long du Parlement européen (voir nos articles). Il s’agit du seul itinéraire cyclable protégé pour relier la Robertsau et le centre-ville. Un axe également apprécié par les promeneurs et sportifs.

Le Parlement justifie cette fermeture lors des sessions parlementaires par de soudaines questions de sécurité. Les opposants craignent que l’exception ne devienne la règle et que la fermeture devienne permanente, comme de l’autre côté de la rive.

Nouveaux soutiens

Lors de la troisième manifestation, en avril, les membres du collectif ont reçu le soutien d’adjoints au maire du groupe du conseil municipal « La Coopérative » ou de l’eurodéputée Karima Delli (EELV) alors que les travaux ont débuté.

Les manifestants profitent du début de la session plénière au Parlement européen pour interpeller leurs eurodéputés avec un pique-nique de 19h à 21h ce lundi 2 juillet.

Un seul arrêt pour le tram de Bamako

Un seul arrêt pour le tram de Bamako

Roland Ries a finalement été mis en examen, 10 ans après les faits qui lui sont reprochés. Soupçonné de favoritisme pour avoir confié l’étude d’un projet de tramway à Bamako à l’un de ses amis, Roland Boehler. Problème, l’étude d’un montant supérieur à 25 000 euros, aurait dû faire l’objet d’une mise en concurrence aux yeux de la juge d’instruction de Nancy.

(Dessin Piet)

Lee Fields, le dernier grand soulman à La Laiterie mardi soir

Lee Fields, le dernier grand soulman à La Laiterie mardi soir

Dernier représentant de la soul music des années 1970, Lee Fields s’arrête à la Laiterie avec le groupe The Expressions. Mardi, la soirée promet un retour dans l’âge d’or du rythm & blues, à grands coups d’orgue, de cuivres et de paillettes.

Depuis l’an dernier et le décès de Charles Bradley, Elmer « Lee » Fields reste le seul grand nom du R&B ayant participé au temps béni de la soul music. Après ses débuts en 1969, il passe les années 70 en tournée ou en studio avec les plus grands, comme Kool & The Gang et B.B King, mais sans jamais s’imposer. Au point qu’il ne résistera pas à l’arrivée tonitruante des années disco, et qu’il préférera se reconvertir pour un temps en agent immobilier pour subvenir aux besoins de sa famille.

Soul revival le temps d’un concert

Sa chance, il la saisit dans les années 1990, quand la soul blues recommence à avoir le vent en poupe. Celui qu’on surnomme le « petit James Brown », pour sa ressemblance physique et vocale avec celui qui incarne tout le mythe de la soul, voit enfin sa renommée grandir. Dès 2002, il s’adjoint les services du groupe « The Expressions », avec lequel il ne cesse d’enregistrer et de tourner depuis.

Ces anciens musiciens Amy Winehouse et Sharon Jones enrichissent toute la charge musicale portée par Lee Fields depuis des décennies, et finissent d’asseoir sa réputation de star de la soul music. Une star à qui Wax Taylor ou encore Martin Solveig feront notamment appel pour des featurings mondialement connus.

Sur scène, Lee Fields & The Expressions se portent garants de l’esprit soul vintage qu’ils ressuscitent pendant 90 minutes. Section cuivre, orgue et parfois chemises à jabot et vestes à paillettes, leurs concerts sont de véritables machines à remonter le temps. À 67 ans, rien n’entame la folle énergie de Lee Fields, qu’il puise dans sa spiritualité. Biberonné au gospel dans les églises dans lesquelles il a appris à chanter, il en a gardé une ferveur à toute épreuve qu’il transmet durant des concerts qui sont toujours de grands moments de musique. Voire de danse. Car il arrive que le crooner fasse monter une partie du public pour improviser quelques soul train lines… Alors, qui sait ce qui pourra se passer à La Laiterie mardi soir ?

À Cronenbourg, quatre familles tchétchènes au bord de l’expulsion

À Cronenbourg, quatre familles tchétchènes au bord de l’expulsion

Depuis mercredi 27 juin, quatre familles tchétchènes vivent dans l’angoisse d’une expulsion imminente à Strasbourg. Ils se sont installés dans un appartement vide d’une tour du quartier de Cronenbourg. Le bailleur social CUS Habitat, qui compte détruire l’immeuble, a décidé d’expulser ces familles en attente de demande d’asile, auxquels sept compatriotes isolés se sont greffés.

Mercredi 27 juin, une patrouille de police s’est rendue au 8 rue Képler dans le quartier de Cronenbourg à Strasbourg. L’objectif, demander aux quatre familles ainsi qu’aux sept personnes isolées tchétchènes de quitter les lieux dans un délais maximum de 48 heures. Sans ressource ni lieu d’hébergement, ces familles ont occupé ces appartements vides depuis plusieurs mois. Ils n’ont pas d’autre endroit où aller et sont désormais dans l’angoisse de se retrouver à la rue avec leurs enfants.

Cette tour vétuste doit être détruite en 2018 par le bailleur social CUS Habitat. Seule une dizaine de boîtes aux lettres affichent encore un nom.

La famille de Yaragi, 43 ans, est arrivée en 2014 depuis l’attaque des rebelles tchétchènes sur la capitale Grozny. Depuis, ils ont essuyé deux refus de leur demande d’asile. La dernière est datée du 28 avril 2017. Ils sont alors expulsés de leur logement temporaire à Sarre-Union et contraints de repartir en Tchétchénie. Les enfants étaient scolarisés, certains pratiquaient le foot, d’autres le judo.

L’impossible retour

Mais pour Yaragi, il est impensable de retourner en Tchétchénie avec ses sept enfants, il craint pour sa sécurité :

« Entre 1996 et 1999, je travaillais pour la police, quand la Tchétchénie était indépendante de la Russie. J’ai quitté la police et donc depuis je passe aujourd’hui pour un séparatiste. Je ne veux pas que mes enfants grandissent en Tchétchénie et soient traités de criminels, de collaborateurs parce que j’avais travaillé avec la police avant. »

Ils sont tournés vers Strasbourg où ils savaient que des logements vides existaient. Les enfants de Yaragi sont âgés de 3 à 16 ans. Tous scolarisés à Strasbourg, Yaragi et son épouse ont tenu à ce que les enfants étudient :

« L’école est primordiale. Rien que pour les fournitures scolaires, j’ai dû emprunter un peu d’argent à droite et à gauche. Je n’ai connu aucune difficulté pour les inscrire. Même avec cet avis d’expulsion, je tenais à ce que le grand passe son brevet des collèges. »

La tour du 8 rue Képler, quartier de Cronenbourg à Strasbourg. Démolition prévue fin 2018 (Photo SS / Rue89 Strasbourg / cc)

Déjà expulsés et deux refus d’asile

Aujourd’hui, Yaragi ne peut pas travailler. L’aide apportée à ces familles vient des deux associations tchétchènes présentes à Strasbourg, la mosquée caucasienne située à Hautepierre et l’Utif (Union des Tchétchènes et Ingouches de France).

Pour le président de l’Utif, Mourat Taipov, venu ce vendredi 29 juin traduire les propos et témoigner de son soutien, la solidarité de la communauté ne suffit pas :

« Quand on vient en France c’est pour des problèmes politiques. Avant Nicolas Sarkozy, il était plus facile pour un Tchétchène d’avoir une demande d’asile, compte tenu du régime politique. On oublie vite que la Tchétchénie est une dictature. On se l’est rappelé quand il y a eu la répression de la communauté gay et lesbienne. Mais on l’oublie vite semble-t-il. »

Les quatre familles sont dans des situations plus ou moins similaires, réparties dans les différents appartements. Eux, comme les sept personnes isolées, font tous face à une expulsion imminente.

Pour Elena, mère d’une autre famille, installée dans le même appartement que la famille de Yaragi, la venue des policiers a mis tout le monde sous tension :

« Les enfants regardent tout le temps par la fenêtre pour voir si la police arrive. Depuis la venue des forces de l’ordre, il y a deux jours, les enfants ont peur. »

Un sursis jusqu’au 4 juillet

Contacté, le président du bailleur social CUS Habitat, Philippe Bies rappelle que l’occupation de ces logements est une « violation de propriété de CUS Habitat », mais que ces cas vont être étudiés :

« Les familles occupent de manière illicite ces logements. Nous, on est bailleur social, il n’est pas acceptable que les gens rentrent dans ces logements qui ont déjà été vidés, quelque soit leur statut. C’est un réseau, ils profitent qu’un logement se vide pour y venir. C’est à l’État de prendre ses responsabilités. Pour ces familles, il est prévu, sur demande de la directrice du cabinet de la préfecture, une réunion de travail le 4 juillet au matin pour évoquer leur situation. Il faut que ça se fasse dans le cadre de la loi. Dans le quartier de la Meinau, j’ai moi-même initié il y a quelques années une mise à disposition des logements vides soumis à démolition en période hivernale pour des sans-abris. »

D’ici la réunion du 4 juillet, l’expulsion devrait être suspendue selon le président de CUS Habitat.

60 millions d’argent public pour l’agrandissement du stade de la Meinau, 40 millions à trouver

60 millions d’argent public pour l’agrandissement du stade de la Meinau, 40 millions à trouver

Les quatre collectivités locales strasbourgeoises se sont mises d’accord pour financer une partie de l’agrandissement de la rénovation du stade de la Meinau, où joue le Racing club de Strasbourg. L’Eurométropole, propriétaire du stade, et la Région Grand Est sont les principaux contributeurs avec 20 millions d’euros chacun. La Ville de Strasbourg et le Département du Bas-Rhin apportent également 10 millions chacun. Soit 60 millions d’argent public au total. Le club doit trouver 40 millions d’euros d’autres puisque l’estimation totale est de 100 millions d’euros.

Quels changements ?

Cette rénovation, portée par le club, prévoit de passer de 27 000 places à « entre 30 000 et 35 000 places », dont 3 000 loges et salons, contre quelques centaines aujourd’hui. Les places supplémentaires sont prévues au-dessus du toit actuel, du côté des bancs de touche. Tous les sièges du stade seront changés.

Parmi les principales modifications avec le modernisation, la tribune Ouest, utilisée par le Kop, doit être transformée en « tribune active debout », ce qui est de fait déjà le cas lors des matches. Les tribunes populaires et leurs petits tarifs pour voir le match debout au bord de la pelouse seront aussi supprimées pour faire place à 6 500 places assises.

Autre nouveauté, un espace convivial appelé « fan zone » à l’entrée du stade.

Pour les travaux, pas de calendrier précis, mais l’objectif est de démarrer au plus tôt en 2019. Strasbourg s’est positionnée pour accueillir des matches de football lors des Jeux olympiques de Paris en 2024.

Le Racing veut agrandir un peu son stade de la Meinau (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le Racing veut agrandir un peu son stade de la Meinau (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Trouver des financements privés

Pour trouver les financements restant, le club peut bien sûr utiliser ses fonds propres, mais aussi recourir à un emprunt tout comme se tourner vers d’autres entreprises. La Caisse des dépôts et Consignation sera notamment sollicitée. Une société parapublique spécifique au stade sera créée où l’Eurométropole serait majoritaire (type Semop) et où le club verserait un loyer annuel.

À l’instar de la Sig et son futur « Crédit mutuel forum », le Racing peut notamment se tourner vers un sponsor. Mais le nom de la Meinau étant très populaire auprès des supporters, la question demeure sensible.

En aidant à disposer ses deux clubs professionnels à se doter d’outils modernes qui génèrent des revenus quotidiens, les collectivités disent vouloir réduire leurs subventions annuelles, un sujet de débat dans plusieurs formations des hémicycles. Yves Bur, maire de Lingolsheim et vice-président et « numéro 2 » officieux de la coalition se dit « satisfait » que la contribution de l’Eurométropole soit ramenée à 20 millions d’euros « alors qu’un moment, 70 millions d’euros avaient été évoqués ».

Au tour de l’Eurométropole de se confronter au pacte financier

Au tour de l’Eurométropole de se confronter au pacte financier

Mêmes causes et mêmes effets qu’à la Ville de Strasbourg, l’Eurométropole va soumettre le « pacte financier » au vote. S’il n’est pas dans l’intérêt des 33 communes de rejeter ce contrat, le débat aura peut-être une tonalité légèrement différente. Une grosse séance avant l’été avec de gros dossiers comme la Meinau, l’arena de la Sig ou la CTS. À suivre en direct à partir de 9h.

Après un âpre débat pour Strasbourg lundi, c’est au tour du conseil de l’Eurométropole de proposer le pacte financier au vote de ses 100 élus. Le principe est identique : tant que les dépenses de fonctionnement n’augmentent « que » de 1,2% par an, l’État continuera de verser sa dotation de fonctionnement. Cela représente environ 82 millions d’euros par an pour un budget total de plus d’un milliard.

Au-delà ce ratio, pour chaque euro dépensé par l’Eurométropole, l’État se réserve le droit de ponctionner 75 centimes sur ce qu’il donne. Si l’Eurométropole ne signe pas, la pénalité passerait à 1 euro, de manière automatique. (pour plus d’infos, voir nos explications de lundi)

Mieux vaut signer quand même

Si bien que les critiques du président Robert Herrmann (PS) et sa vice-président aux Finances Caroline Barrière (PS) ont beau être plus sévères que celles du maire de Strasbourg, Roland Ries (PS mais plus trop), et son adjoint aux Finances, Olivier Bitz (LREM), ils se résolvent à proposer de voter le pacte, comme expliqué dans la délibération :

« Compte tenu des inconvénients qu’il y aurait à ne pas contractualiser avec l’État, il est proposé de signer ce contrat financier avec l’État. Nous partageons l’objectif de maîtrise des finances publiques, mais nous dénonçons les modalités d’application qui conduisent à remettre en cause des politiques publiques financées, à ne pas tenir compte des charges nouvelles que l’État impose aux collectivités et limiter l’autonomie financière des 322 collectivités mûrement choisies. »

Exemple soulevé par les deux élus, si l’État oblige les médiathèques à ouvrir le dimanche, c’est l’Eurométropole qui se retrouverait à augmenter ses dépenses et éventuellement être sanctionnée.

Le président de l'Eurométropole Robert Herrmann est plus critique sur le pacte financier que que son premier vice-président, le maire de Strasbourg Roland Ries (Photo Pascal Bastien)
Le président de l’Eurométropole Robert Herrmann est plus critique sur le pacte financier que que son premier vice-président, le maire de Strasbourg Roland Ries (Photo Pascal Bastien)

« Si l’État est borgne nous espérons qu’il ne restera pas sourd »

Robert Herrmann n’apprécie pas la méthode :

« C’est une pièce de plus au fait que Macron ne supporte pas les corps intermédiaires. C’est une liquidation en règle. Si on devait se laisser juste aller au ressenti, on voterait contre. »

Surtout, signer ce pacte de trois ans permet de négocier chaque printemps lorsque les comptes des deux dernières années sont comparées. Et peut-être retirer certaines des dépenses plus ou moins contraintes, même si rien n’est garanti.

C’est Caroline Barrière qui a trouvé la petite formule à ce sujet :

« Si l’État est borgne nous espérons qu’il ne restera pas sourd »

L’élue strasbourgeoise dit avoir eu de bons contacts à la Préfecture, mais que la consigne du ministère des Finances était claire.

Comment se répartissent les voix ?

En tout début de séance, l’examen minutieux compte administratif, qui passe au crible les dépenses effectuées en 2017 formera un premier point de repère pour le débat et la soutenabilité du pacte. Les huit élus « En Marche » vont bien sûr le défendre et le voter. Le principal groupe des élus du Parti socialistes et apparentés (30 élus) devrait se partager entre votes « pour », abstentions et « contre ». C’est donc le groupe des maires et ses 25 membres, deuxième soutien de la coalition droite-gauche, qui fera la bascule. Sachant qu’ils n’ont pas eu à voter de tels pactes dans leurs communes, trop petites.

Robert Herrmann a dit s’attendre à des abstentions ou des votes contre même dans son exécutif (les 20 vice-présidents), et qu’il n’appliquera pas de sanctions aux récalcitrants. Pour autant, il espère et pense que le pacte sera voté. À Strasbourg, le maire Roland Ries l’avait laissé entendre en réunion d’adjoints, sans pour autant le répéter en séance publique.

Gros dossiers ensuite

Passés ces lourds sujets budgétaires, il sera aussi question de l’agrandissement du stade de la Meinau, de la transformation du Rhénus Sports en Crédit mutuel Forum pour les basketteurs de la Sig ou de la mutation à venir de la CTS en société publique locale (SPL) pour ne pas être remise en concurrence en 2020.

D’habitude cantonné à la matinée, la séance devrait s’étirer jusqu’à 17h ou 18h. À suivre en direct à partir de 9h dans la vidéo en tête de cet article.

« Traître », « parasites » : à la barre, la violence verbale des soutiens d’Erdogan

« Traître », « parasites » : à la barre, la violence verbale des soutiens d’Erdogan

À Strasbourg et Paris, deux procédures judiciaires opposants soutiens et détracteurs du président turc sont en cours. Leurs issues seront déterminantes pour le climat dans la diaspora.

À Strasbourg et Paris, deux procédures judiciaires opposant soutiens et détracteurs du président turc sont en cours. Une troisième est sur les rails. Hülliya Turan, secrétaire départementale du Parti Communiste Français (PCF) la déposera soit en personne soit au nom de sa formation politique. Depuis son arrestation en Turquie le jour des élections présidentielle et législatives, des menaces circulent à son encontre sur les réseaux sociaux. Une photo de sa carte d’identité a été publiée sur Twitter. D’autres plaintes ont déjà été déposées contre des Strasbourgeois pro-Erdogan pour injure et discours appelant à la haine .

« Seriez-vous ce traitre de Can Dündar? »

Le 30 janvier, le journaliste Can Dündar a porté plainte contre un jeune Franco-Turc strasbourgeois pour injure et atteinte à la vie privée.

Fin 2017, un homme avait filmé le réfugié politique turc dans un café à Strasbourg en l’interpellant :

« Seriez-vous ce traître de Can Dündar ? »

La vidéo avait ensuite été publiée sur Youtube, puis diffusée sur de nombreuses chaînes télévisées pro-Erdogan. Can Dündar déchaîne les passions en Turquie. Le journaliste vit exilé en Allemagne. Le 29 mai 2015, il dénonçait des échanges d’armes entre les services secrets turcs et des groupes islamistes syriens. Condamné en Turquie pour espionnage, il y risque 20 ans de prison.

Ali Gedikoglu en croisade contre les « parasites »

Début juin, les Dernières Nouvelles d’Alsace révélaient l’existence d’une enquête judiciaire contre Ali Gedikoglu. Le fondateur du Parti Egalité et Justice et président de COJEP est soupçonné d’ »infraction de provocation, non suivie d’effet, à l’atteinte volontaire à l’intégrité de personnes. »

Dans une vidéo publiée en novembre 2016 sur Youtube, Ali Gedikoglu citait plusieurs personnalités strasbourgeoises et les qualifiait en turc de « parasites » nuisibles aux relations franco-turques :

« Il faut se mettre en relation avec les associations et politiciens français dans toutes les villes. Si on arrive à le faire, on arrivera à supprimer les anciens parasites turcs vivant en France qui endommagent les relations entre les États français et turc. Ils endommagent les relations à travers leurs associations. Et il faut en finir avec cela. Parmi ces parasites, il y a à Paris Nedim Gürsel, à Strasbourg il y a l’académicien Samim Akgönül, Faruk Günaltay, Ahmet Insel, Muharrem Koc, directeur de l’Astu, ou encore Emre Demir. »

Une interprétation politique selon Cojep

Selon Muhammet Cavus, vice-président de Cojep Europe, cette interprétation des propos d’Ali Gedikoglu est erronée. « Nous condamnons tout type de violence, peu importe son auteur », affirme cet ancien candidat du Parti Egalité et Justice (PEJ). Le responsable met en avant sa propre traduction de la vidéo au cœur de l’affaire. Dans le texte fourni par Muhamet Cavus, l’accusé n’emploie pas le verbe « supprimer » :

« Ces parasites doivent être hors circuit. […] Si l’on demande qui sont ces parasites ? Il y a des personnes depuis longtemps à Paris tel que Nedim Gürsel, un professeur universitaire Samim Akgönül à Strasbourg et Faruk Günaltay, Ahmet Insel, Muharrem Koç le directeur de l’Astu, Emre Demir. »

« Je ne peux plus aller en Turquie »

Faruk Günaltay fait partie des plaignants dans cette procédure. Le directeur du cinéma L’Odyssée énumère les pressions qu’il subit depuis ses prises de position publiques contre Recep Tayyip Erdogan :

« Je ne peux plus aller en Turquie car je figure sur une liste noire de l’Etat turc. Des commentaires haineux ont été postés sur ma page Facebook, comme : « Les chiens peuvent rêver, on reparlera à la fin du mois de juin [après les élections turques, ndlr] » Le réseau pro-Erdogan utilise l’intimidation. Nous [les plaignants, ndlr] sommes décidés à ce qu’il n’y ait plus de permissivité. »

Caroline Zorn défend les victimes dans les procédures contre Ali Gedikoglu et le Franco-Turc strasbourgeois. Dans cette dernière affaire, l’avocate dénonce les difficultés rencontrées pour convaincre le procureur d’ouvrir une enquête. Selon elle, la politique générale du parquet serait défavorable à l’ouverture d’enquêtes publiques dans les cas d’injures.

Il a donc fallu fortement insister pour que le procureur ouvre une enquête. Le 20 juin, le Tribunal de grande instance de Strasbourg a renvoyé l’audience au 28 août. Il s’est réservé le droit d’exiger 2000 euros de Can Dündar si la plainte était considérée comme abusive.

Faruk Günaltay est conscient des limites de la justice française face à ces tensions intracommunautaires. Il explique :

« La communauté pro-Erdogan maîtrise l’art de l’euphémisme et du double-langage. Une condamnation serait un petit pas pour nous, mais un grand pour la société française. Ou le sans-gène va être entravé, ou il va être décuplé. Dans le dernier cas, les réseaux seront plus virulents pour gangréner le fonctionnement de l’Etat de droit français et mettre en péril le vivre-ensemble garanti par les lois de la République. « 

Ali, un sympathisant de Fetullah Gülen qui souhaite rester anonyme, partage cette crainte, alors que la virulence des pro-Erdogan à l’égard de son milieu s’est apaisée :

« Ces plaintes en cours des intellectuels de gauche peuvent bien sûr être contre-productives si elles n’aboutissent pas. »

« Ils ont réalisé qu’on était dans un État de droit »

Après le coup d’Etat manqué en Turquie, les sympathisants de Gülen ont opposé le droit français à la violence des partisans d’Erdogan, rappelle-t-il :

« Au moment du coup d’Etat, on a assisté à une libération de la parole qui s’est généralisée à l’ensemble de la population. Tout le monde écrivait comme s’il pensait à haute voix. Puis des plaintes ont été formulées et puis les premières conséquences juridiques sont arrivées. On constate beaucoup moins de virulence apparente de la part des tenants de l’AKP. […] Nous ne subissons plus de violence directe. Ils ont réalisé qu’on était dans un Etat de droit. »

Le 18 juillet 2016, le président d’une association mulhousienne appelait le préfet du Haut-Rhin à l’aide :

« Nous sommes profondément inquiets pour nos vies, celles de nos familles et de nos proches. »

Depuis la tentative de coup d’État en Turquie, dans la nuit du 15 au 16 juillet, l’homme et ses proches étaient injuriés et menacés de mort. Les soutiens présumés de l’imam Fethullha Gülen étaient aussi victimes de dégradations matérielles… En une nuit, le prédicateur et ses partisans étaient devenus des « terroristes » désignés par le président turc.

« Une chasse aux sorcières sur notre territoire »

Sur les réseaux sociaux, les soutiens du président Erdogan ont appelé à se rassembler à Mulhouse et à Strasbourg dans la nuit du 15 au 16 juillet. Dans le chef-lieu du Haut-Rhin, un groupe s’en est pris aux vitrines de l’association Etudes Plus et du centre socioculturel Horizon, proche du mouvement Gülen. Le président de l’association Cojep, Ali Gedikoglu avait justement relayé des appels à la délation et des propos haineux :

« Le jour où tous les petits FETÖ [appellation d’Ankara pour le mouvement « Hizmet » dirigé par Fethullah Gülen, ndlr]] seront fusillés est proche. »

Ces violences ont inquiété l’ancienne députée du Haut-Rhin Arlette Grosskost (LR). Le 2 août 2016, dans une lettre adressée à Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux de l’époque, l’élue exprimait son indignation :

« Le président Erdogan se permet de mener une chasse aux sorcières sur notre territoire, rappelant les heures les plus sombres de notre histoire. […] nous sommes incapables d’opposer publiquement nos valeurs à un chef d’Etat étranger qui mène une politique d’ingérence sur notre propre territoire. Les auteurs de ces attaques contre des citoyens français doivent être sévèrement réprimés, il en va de la crédibilité et de la souveraineté de la France. »

« Où sont les associations turques? »

Parmi les auteurs de détériorations contre les associations Horizon et Etude plus, un homme a été condamné. Sa peine : huit mois de prison, dont quatre avec sursis avec mise à l’épreuve pendant deux ans. Pour réparer la façade endommagée, il doit verser 23 000 euros de réparation.

Si plusieurs personnes ont vandalisé les locaux associatifs dans la nuit du 15 au 16 juillet à Mulhouse, une seule a été poursuivie et condamnée. Sur Facebook, un membre de sa famille dénonçait alors l’abandon de l’accusé par les associations turques locales. L’histoire a même fait l’objet d’une double-page dans le mensuel Alternatif Gazete. Son rédacteur en chef, Zekeriya Sahin, y demandait en titre : « Les FETÖ sont là-bas, où sont les associations turques? » Son reportage a été réalisé lors d’une visite de soutien d’Ali Gedikoglu et Feridun Ulusoy, ex-candidat du Parti Egalité Justice, auprès de la famille de l’accusé.

« Vous ne pourrez plus mettre un pied dehors »

Au cours de l’été 2016, un correspondant de l’ex-quotidien d’opposition Zaman, sympathisant de Gülen, a aussi reçu des menaces. Le lendemain du putsch raté, cet habitant de Mulhouse recevait ce type de sms :

« A partir de maintenant, surveillez vos pas ! Ne nous croisez pas dans la rue, sinon je jure au nom de Dieu que votre mort sera de nos mains. Vous allez rendre des comptes au peuple. Ne pensez surtout pas que parce que vous êtes en Europe, il ne vous arrivera rien. Nous allons étaler vos cadavres ! Avec la permission de Dieu, les personnes qui vous feront du mal seront récompensées par Dieu et par l’Etat. Comprenez bien cela. »

Le 28 mars de cette année, la cour d’appel de Colmar a condamné l’auteur de ces menaces à quatre mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende. Un avocat alsacien, proche de ces dossiers, salue les réponses pénales apportées par la justice française :

« Ces peines me semblent adaptées. Elles ont eu pour effet de calmer un peu les esprits. C’était très chaud. »

En 2017, à Mulhouse, un restaurateur et des bénévoles associatifs ont à nouveau été menacés de mort. Les victimes ont été auditionnées à la mi-juin. L’accusé dans cette affaire devrait être interrogé au cours des prochaines semaines.

#Fethullha Gülen

L’élection de Michel Deneken ne remontera pas au Conseil constitutionnel

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Citiz Alsace fusionne avec la Lorraine et devient Grand Est

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L’assemblée générale de la coopérative d’autopartage Citiz Alsace (ex-Auto’trement) a voté la fusion avec Citiz Lorraine. La nouvelle entité s’appellera Citiz Grand Est, car l’un des projets est de développer des stations dans l’ex-Région Champagne Ardenne. Parmi la centaine de sociétaires présents, une seule personne a souhaité s’abstenir « en raison du nom » peu original.
Une nouvelle demande
Les dirigeants indiquent qu’ils ont reçu des demandes de professionnels et de membres d’administrations depuis le nouveau périmètre du conseil r . . .
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Avis négatif pour l’ultime enquête publique sur le GCO

Avis négatif pour l’ultime enquête publique sur le GCO
C’était la dernière procédure légale avant le début théorique des travaux du Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg. La commission d’enquête concernant l’impact sur l’eau et les espèces menacées a rendu un avis défavorable au sujet du projet d’autoroute payante de 24 kilomètres. Chaque citoyen pouvait y participer au printemps.

La pression retourne sur l’État

Le ministre de la transition énergétique Nicolas Hulot a déjà dit en janvier qu’il n’avait que faire des conclusions de cette instance et comptait délivrer l’autorisation pour les travaux prévus en août à l’issue de cette enquête publique obligatoire. Légalement, il peut passer outre ce nouvel avis négatif (après l’autorité environnementale et le conseil de protection de la nature). Mais depuis janvier, Nicolas Hilot a perdu d’autres arbitrages et pourrait alors hausser le ton sur le sujet, alors qu’il a une nouvelle fois mis sa démission dans la balance pour cet été. Reste que cet avis remet la pression sur le ministre et le préfet qui a dit vouloir un projet exemplaire.

À Kœnigshoffen, deux stèles de légionnaires romains découvertes près du futur tram

À Kœnigshoffen, deux stèles de légionnaires romains découvertes près du futur tram

Les découvertes archéologiques se poursuivent sur les travaux du détournement de la ligne F. Mercredi 27 juin, des archéologues ont dévoilé deux stèles romaines datant du IIè siècle . Encore en cours d’analyse, ces monuments funéraires permettent d’attester de l’installation dans la région de soldats romains de la Légion VIII Auguste.

Le long des travaux du tram vers Kœnigshoffen, le sous-sol continue à révéler l’époque romaine d’Argentoratum. Mercredi 27 juin, les archéologues d’Antea Archéologie ont exhumé deux stèles funéraires. Elles témoignent de l’installation durable à Strasbourg de soldats romains de la VIIIème légion Auguste.

Ces pierres du IIè siècle après JC étaient disposées côté-à-côté. Elles se situaient dans une fosse, creusée suite au démantèlement de la nécropole de Kœnighsoffen un siècle plus tard. Situé au bord à l’entrée de la Route des romains et de l’autoroute A35, le cimetière avait été détruit pour libérer de la place suite à l’expansion de la colonie. Les archéologues présents sur place ont également découvert d’autres objets comme des tessons de poterie. Les fouilles antérieures avaient déjà permis d’exhumer des vestiges de l’implantation romaine dans la zone.

L’une des stèles exhumée était celle d’un architecte toulousain mort à l’age de 42 ans (Photo Simon Adolf/ Rue89 Strasbourg)

Les monuments funéraires de deux légionnaires

Les stèles comportent des indications sur la vie des deux légionnaires : Caius Caprinus Iulianus, originaire de Toulouse (Tolosa) était architecte et est mort à l’âge de 42 ans La deuxième stèle découverte dans un moins bon état et moins sophistiquée, n’a pas encore été déchiffrée. Après leur retraite, l’administration romaine offrait aux légionnaires une parcelle de terre pour habiter dans les territoires conquis.

Ces découvertes seront transférées au musée archéologique de Strasbourg.

Des travaux qui vont reprendre d’ici deux semaines

Entamés au mois de mars 2018, les fouilles archéologiques touchent à leur fin. Vers la mi-juillet, les travaux d’extension de la ligne F du tram doivent reprendre. Pour rappel, elle va relier l’entrée de Kœnighsoffen au centre-ville de Strasbourg, au moyen de trois nouvelles stations depuis l’arrêt Faubourg national. La fin des travaux est prévue pour 2020.

#Nécropole romaine