Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Blues rock à l’anglaise avec le phénomène John Fairhurst au Mudd vendredi

Blues rock à l’anglaise avec le phénomène John Fairhurst au Mudd vendredi

Vendredi soir, Strasbourg accueille l’un des meilleurs guitaristes blues actuels. Il vient d’Angleterre, s’appelle John Fairhurst et traîne partout avec lui sa voix inoubliable. Arrêt prévu au Mudd Club.

Seul ou en groupe, John Fairhurst incarne un blues brut et sans concession depuis maintenant plus de 10 ans. Avec 3 albums solo à son actif, et un album spécial réunissant des musiciens internationaux, le baroudeur a beaucoup tourné partout dans le monde. Originaire de Bristol, son dernier album en date, « Saltwater », sorti en 2014, a mis tout le monde d’accord outre-Manche, où on l’a comparé à Jimi Hendrix ou Captain Beefheart.

Une voix caverneuse incroyable

Pourtant, aucune des comparaisons ne prépare vraiment à ce qui se joue sur scène quand il y monte. Car c’est sa voix qui marque les esprits. Caverneuse, profonde et rugueuse, on voyage loin, et ce n’est pas dans son Angleterre natale qu’il nous emmène, mais plutôt du côté de champs de coton, à la croisée du blues et du gospel. Un lieu et une époque où le chant se faisait incantatoire, fédérateur et libérateur. C’est tout cela qui transpire de titres comme « No Shelter » notamment.

Côté musique, le blues est brut et lourd, mais très rythmique, avec des solos à se damner et une efficacité presque violente. Ses pendants strasbourgeois seraient sûrement Thomas Schoeffler Jr. et Dirty Deep. Même énergie, même humour, et même façon de faire bouger les foules tout au long d’un set. Avec un nouvel album dont la sortie est imminente, il y a donc fort à parier que John Fairhurst redonne au Mudd cette ambiance qu’on adore tant vendredi soir : chaude, moite et vibrante.

Deux Strasbourgeoises invitées à l’Assemblée pour parler de la fin des barquettes plastiques

Deux Strasbourgeoises invitées à l’Assemblée pour parler de la fin des barquettes plastiques

Strasbourg pionnière parmi les grandes villes de France à vouloir supprimer les barquettes plastiques des cantines scolaires attire la curiosité. La capitale alsacienne s’est engagée à supprimer les contenants plastiques de ses écoles en 4 ans. Ils présentent une source de déchets évitables et un risque sanitaire pour les enfants, via d’éventuels perturbateurs endocriniens.
Un amendement
Dans la majorité, la députée des Hauts-de-Seine Lauriane Rossi (LREM) prend le sujet au sérieux. Elle a présenté un 

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Pourquoi tant de maïs dans la plaine d’Alsace

Pourquoi tant de maïs dans la plaine d’Alsace

Le maïs occupe 40% de la surface agricole disponible en Alsace. Son rendement est le meilleur de France. Ancrée dans l’économie alsacienne, cette monoculture intensive sert exclusivement à l’industrie et à nourrir du bétail, malgré des impacts très négatifs sur la biodiversité et sur la qualité des sols.

La France est le premier exportateur de maïs en Europe. Cultivé sur 9% de la surface agricole dans l’Hexagone, il occupe… 40% des zones agricoles utilisables en Alsace. Omniprésent dans le paysage, ses cultures s’étendent à perte de vue. Il est de loin l’espèce végétale la plus cultivée dans la région. Cette plante originaire du Mexique est adaptée à un climat sub-tropical. Au fil des générations, des variétés de maïs capables de se développer en climat continental ont été obtenues. La variété utilisée en Alsace résiste particulièrement bien aux printemps froids et les chaleurs estivales sont favorables à son développement. En outre, le maïs a besoin de beaucoup d’eau. Ça tombe bien, l’Alsace est assise sur la plus importante nappe phréatique d’Europe. La culture du maïs concentre à elle seule 90% de l’irrigation agricole alsacienne.

Une culture rentable pour les agriculteurs

Les agriculteurs alsaciens obtiennent en moyenne un rendement de 10,5 tonnes par hectare, le meilleur de France (8 tonnes par hectare en moyenne). Face à ce constat, nombre d’entre eux ont abandonné les cultures maraîchères pour cultiver uniquement (ou presque) du maïs depuis les années 60. Selon le syndicat des Jeunes Agriculteurs, l’avantage de cette espèce végétale est que les risques de fortes variations de rendement sont faibles, contrairement à d’autres cultures. Avec le blé, un agriculteur peut constater une production inférieure de moitié d’une année sur l’autre, alors qu’avec le maïs, il n’a à craindre qu’une variation de 10%. De plus, les coûts de production du maïs sont seulement d’environ 1 350 euros à l’hectare. En comparaison, le coût de production du blé est à peu près de 1 640 euros à l’hectare, et celui des carottes dépasse les 2 000 euros à l’hectare. Les traitements du maïs ne sont pas chers. Conseiller grandes cultures à la Chambre d’agriculture d’Alsace, Jonathan Dahmani explique :
« Le cours du maïs est en baisse et celui-ci se vend moins cher que beaucoup d’autres produits. Cependant, il reste très rentable pour les agriculteurs si les traitements sont bien maîtrisés. »

75% du maïs pour l’industrie, 25% pour des vaches laitières

Si le maïs est ancré dans le paysage alsacien, c’est aussi parce qu’il joue un rôle important dans l’économie de la région. Environ 75% du maïs cultivé en Alsace est utilisé par l’industrie, selon la Chambre d’agriculture. Après sa récolte, il est acheté par des leaders mondiaux de l’agroalimentaire tels que Tereos ou Roquette Frères, dont les usines se trouvent respectivement à Marckolsheim et à Beinheim. L’amidon, qui compose les grains de maïs à 70%, est extrait et cassé chimiquement pour produire des sirops de glucose. Ceux-ci servent ensuite essentiellement à la fabrication de produits transformés, comme des plats préparés, des biscuits ou des confiseries. Toujours dans l’industrie, un autre débouché pour le maïs est la semoulerie, ou maïserie. Une partie du grain est utilisée pour faire de la semoule qui sera ensuite utilisée pour faire de la bière ou des biscuits apéritifs par exemple. L’entreprise Costimex située à Strasbourg représente 40% de l’activité nationale de maïserie en France. L’Alsace fait figure d’exception par rapport aux autres régions car ailleurs en France, les élevages, récupèrent l’essentiel du maïs produit. Ici, seul 25% du maïs est destiné à l’alimentation animale, principalement les vaches laitières. Le maïs non transformé à consommer directement est appelé « maïs doux ». Cette variété n’est quasiment pas cultivée en Alsace. D’après la Chambre d’Agriculture, dans la région, un seul producteur cultive du maïs destiné à être mangé par des humains.

Un responsable de l’érosion de la biodiversité

Selon Anne Vonesch, responsable agriculture chez Alsace Nature, le retournement des prairies pour planter du maïs a causé la disparition de nombreux écosystèmes naturels :
« C’est la surface occupée par la culture du maïs qui pose problème. Les champs de maïs forment un habitat pour peu d’espèces, c’est un désert biologique. Or ces champs occupent de grands territoires et déconnectent les écosystèmes naturels entre eux. Il faudrait laisser plus de surface à des bandes enherbées, des haies, des arbres et des zones humides, pour créer des environnements où une faune diversifiée puisse exister. »
Zone de culture intensive de maïs en Alsace. (Photo jbdodane / cc)
Les sols alsaciens sont très altérés également. Le maïs étant récolté tard dans l’année, il n’est pas encore dans les habitudes de mettre en place une vraie couverture des sols pour qu’ils ne restent pas nus durant l’hiver. En théorie, ils ont pourtant besoin de matière en décomposition tirée de toute la biodiversité d’un écosystème naturel pour remplir leur rôle de réserve en nutriments. Dans la majorité des cas, du maïs est cultivé, année après année, sur le même champ, ce qui rend les sols extrêmement pauvres. Pour Anne Vonesch, d’autres techniques agricoles pourraient permettre de préserver la terre :
« Il faudrait mettre en place des techniques d’agroécologie, organiser une succession de cultures différentes, afin de régénérer des sols riches en matières organiques et de se libérer des pesticides. »
Dans le Haut-Rhin, des agriculteurs remplacent tout de même le maïs par de la betterave ou du tabac, mais ces initiatives sont trop isolées. Jonathan Dahmani, quant à lui, relativise l’effet des pesticides du maïs sur les écosystèmes :
« Les pesticides ne sont pas plus nocifs pour l’environnement que ceux utilisés dans d’autres cultures, comme la vigne notamment. »
Cependant, étant donné qu’ils sont répandus sur d’immenses surfaces, ils restent responsables de dégâts sur les écosystèmes lorsqu’ils se diffusent dans les sols. Le S-métolachlore est un herbicide utilisé presque systématiquement sur le maïs. Une étude de l’APRONA montre que cette molécule et ses produits dérivés sont nettement dans la nappe phréatique d’Alsace, notre réserve d’eau potable, de plus en plus contaminée. Il est difficile de dire à ce stade, quel est l’impact de ce phénomène sur la santé publique. À noter également que l’effet toxique de ce pesticide n’est pas ciblé sur une espèce en particulier. De nombreuses espèces végétales sont donc menacées par cette molécule. Selon les comptages de chercheurs de plusieurs universités américaines, le nombre d’espèces qui disparaissent est plus de cents fois supérieur à la normale. Ces scientifiques parlent d’une extinction de masse similaire à la disparition des dinosaures, dont l’une des causes les plus importantes est l’agriculture intensive qui remplace les écosystèmes naturels. En Alsace, la disparition du Grand Hamster, dont la population a chuté de presque 1 million d’individus à environ 500 en 40 ans, est à attribuer à ce phénomène.
#Anne Vonesch

À l’assemblée générale du Patio : poursuite du blocus et barbecue solidaire

À l’assemblée générale du Patio : poursuite du blocus et barbecue solidaire

À la suite du blocage du patio orchestré lundi matin par des « étudiants et des étudiantes en lutte », une assemblée générale a regroupé plus de 350 personnes, la question de la sélection des étudiants a été discutée. À une écrasante majorité, les présents ont voté pour la poursuite du blocage, au minimum jusqu’au mardi 10 avril. Lors d’un barbecue qui a suivi, des cheminots sont arrivés pour apporter leur soutien à la lutte étudiante.

Après avoir bloqué lundi matin les accès aux bâtiments du Patio et du Nouveau Patio sur le campus principal de l’université de Strasbourg, pour protester contre la loi Orientation et Réussite Etudiante (ORE), plus de 350 étudiants se sont réunis lors d’une assemblée générale afin de discuter des suites à donner à la mobilisation. Des lycéens et une vingtaine de professeurs étaient aussi présents.

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La réunion a commencé par une heure de prises de parole, une dizaine de personnes se sont saisi du mégaphone pour partager leur avis au sujet de la réforme de l’université ou de la mobilisation étudiante. Ensuite, des votes ont été organisés. À une majorité écrasante, les participants ont décidé la poursuite du blocage mardi 10 avril.

L’assemblée générale étudiante a réuni plus de 350 personnes. (photo TV / Rue89 Strasbourg / cc)

L’objectif du blocage était de « ramener du monde dans la lutte » d’après Gabriel, du syndicat Solidaires-Etudiants, et selon lui, c’est une opération réussie car « de très nombreuses personnes ont participé pour la première fois à une assemblée générale. » Nyzar, qui était venu pour un examen, comprend cette situation :

« Tout ça c’est pour les futurs étudiants… Si cette loi passe, ça sera très dur pour eux, il faut se battre pour les lycéens. »

Fanny et Joanne, étudiantes en droit étaient en train de réviser à la bibliothèque. Elles sont sorties pour voir ce qu’il se passait :

« On ne connait pas bien la réforme. Mais les études à l’université, gratuites pour tous, c’est très important et il faut que ça continue. C’est essentiel pour l’égalité des chances. »

Des professeurs de différentes filières présents

Michel Koebel, professeur en sociologie à la Faculté des sciences du sport, a salué l’organisation du mouvement et critiquait la réforme :

« Je suis impressionné par le pacifisme et l’esprit de solidarité de cet événement. Il y a même des étudiants d’écoles préparatoires, ce qui montre que ce mouvement est motivé par des raisons autres que l’intérêt personnel. Ce sont surtout les lycéens qui projettent d’aller à l’université qui sont concernés par cette réforme ; les étudiants actuels seront moins touchés et pourtant ils s’investissent pour défendre une autre idée de l’université. La réforme Parcoursup pose problème car elle placera des étudiants – notamment ceux issus des classes populaires – dans des filières qu’ils n’auront pas choisies. Des milliers d’étudiants verront leurs voeux rejetés et le choix sera fait au final – et très tardivement – par le Rectorat. L’engagement du gouvernement est de caser tout le monde, mais en tenant moins compte des avis des intéressés. Dans notre filière STAPS, nous aurons plus d’étudiants que les années précédentes, mais pas les moyens nécessaires. »

Les prises de parole se sont succédées au mégaphone (Photo TV / Rue89 Strasbourg / cc)
Les prises de parole se sont succédées au mégaphone (Photo TV / Rue89 Strasbourg / cc)

Léon Otten, professeur à la faculté des sciences du vivant, a un avis divergent sur la question :

« Dans les classements, l’université de Strasbourg est déjà modeste par rapport à Harvard ou Stanford. Une sélection des étudiants est nécessaire pour atteindre un niveau d’excellence international, car en n’intégrant que les meilleurs élèves dès la première année, il est possible de les emmener plus loin au fur et à mesure de leur cursus. »

La sélection, au coeur des préoccupations

Mais pour René, étudiant en sociologie, cette sélection constituerait une atteinte à la constitution, qui consacre le droit d’étudier dans la filière que l’on souhaite. Pour lui, il faut rappeler le principe de l’université libre :

« L’université n’est pas juste là pour former des futurs professionnels mais aussi simplement pour transmettre le savoir. »

Pour Félix, également en première année de sociologie,

« Une université accessible à tous, c’est une chance pour des étudiants qui seraient inadaptés au système scolaire d’avoir un accès au savoir et à des formations post-bac, contrairement à des formations plus encadrées comme les BTS ou les DUT. »

Selon Philippe Gillig, professeur en sciences sociales, la sélection ne serait pas le meilleur prétexte pour se mobiliser :

« Le principal problème, c’est la répartition des moyens selon les formations post-bac. Par exemple, les élèves d’écoles préparatoires coûtent quatorze fois plus cher à l’état que les étudiants à l’université. De plus, il y a de moins en moins de professeurs et de plus en plus d’étudiants. Cette année, en France nous avons 8 000 étudiants supplémentaires et 200 enseignants chercheurs en moins. La politique en ce moment est d’embaucher des contractuels, qui sont très précaires. L’université nécessite plus de moyens. »

Des étudiants, mais aussi des professeurs étaient présents. (Photo TV / Rue89 Strasbourg / cc)

Petit accrochage avec des étudiants de l’Uni

Après l’assemblée générale, un dizaine de membres se réclamant de l’Uni, un syndicat étudiant classé à droite, ont été empêchés alors qu’ils tentaient de briser une barricade. Rencontrés peu après, ces étudiants ont évoqué « des intimidations violentes » et ont qualifié les étudiants opposés à la réforme de « milices d’extrême-gauche. »

Alors que le barbecue se finissait, une trentaine de cheminots avec des bannières de la CGT sont arrivés sur le campus pour apporter leur soutien au mouvement étudiant. S’en est suivi un quart d’heure de chants prônant la convergence des luttes et une mobilisation citoyenne massive contre la politique du président de la République, Emmanuel Macron, dans son ensemble.

Les cheminots et les étudiants ensemble sur le campus universitaire. (Photo Thibault Vetter)

Tout le monde s’est ensuite donné rendez-vous au lendemain, pour une nouvelle journée de mobilisation. Dans la soirée, certains ont rejoint la manifestation de protestation contre l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes par la gendarmerie.

 

Schiltigheim : en quatre ans, qui a piqué des électeurs à qui ?

Schiltigheim : en quatre ans, qui a piqué des électeurs à qui ?

Les élections municipales anticipées de Schiltigheim de 2018 présentaient cinq têtes de listes similaires sur six par rapport à 2014. Seule Nathalie Jampoc-Bertrand était nouvelle à conduire une équipe (« Nouveau cap pour Schilick » qui rassemble des socialistes, communistes et citoyens non-encartés).

Une seule tête de liste change

Cette professeure d’Histoire géographie de 44 ans n’est cependant pas une inconnue de la politique schilikoise. Elle fut adjointe à la Culture de Raphaël Nisand entre 2008 et 2014 puis élue d’opposition en tant que colistière de ce dernier en 2014.

Nathalie Jampoc-Bertrand incarne une ligne plus à gauche du Parti socialiste, que Raphaël Nisand a d’ailleurs quitté en septembre 2017 pour rejoindre « En Marche ». Trop frêle et dispersé, le mouvement présidentiel n’a pas présenté de liste pour ces élections anticipées (les explications ici).

Le carton de Christian Ball

À droite, Christian Ball (LR) semble avoir puisé des voix (+592) chez Jean-Marie Kutner par rapport à 2014. S’être distancié de l’accord de 2014 et de la politique menée par le maire semble avoir payé chez une partie de l’électorat de droite. C’est une progression spectaculaire puisqu’on compte environ 2 200 votants en moins. L’ex-premier adjoint a aussi bien pris soin de se démarquer de l’étiquette de « Les Républicains », qui n’est pas au mieux, et a aussi débauché des anciens colistiers de Jean-Marie Kutner.

Peut-être a-t-il aussi récupéré quelques soutiens d’Elric Ferandel (4,67% – 388 voix en 2014). Candidat sans étiquette en 2014, il a depuis adhéré à « En Marche » dont il anime un des deux comités locaux de Schiltigheim, mais figurait avec des proches sur la liste de Christian Ball, en position éligible.

L’abstention mine Kutner et la gauche

La hausse de abstention, prévisible dans le cas d’une élection anticipée, semble avoir miné le maire sortant Jean-Marie Kutner (-819 voix) et surtout la gauche (-1 188 voix, la plus forte perte). Il faut dire qu’en 4 ans, le Parti socialiste a connu une grave crise, qui a peut-être plombé la liste. À l’instar de Christian Ball, « Un nouveau cap pour Schilick » a d’ailleurs tout fait pour se distancer des étiquettes partisanes. Comparé à la chute de 2017, les candidats trouvaient d’ailleurs ce résultat encourageant au soir du premier tour.

On peut aussi supposer que l’électeur de centre-gauche n’a pas forcément trouvé son compte dans la répartition des forces pour cette élection.

Dambach, gagne à « qui perd gagne »

A contrario, l’écologiste Danielle Dambach perd à peine plus de 100 de voix (-105), ce qui mécaniquement la fait remonter de la quatrième à la deuxième place. Suite à l’union avec la liste PS-PC, elle se trouve même en position de conduire une liste créditable d’un total cumulé presque au niveau de Christian Ball (2 268 voix contre 2 249 sur sa gauche), tout en espérant des réserves de voix en provenance des Insoumis (479).

Les Insoumis grignotent, mais trop peu

Avec la même tête de liste à quatre ans d’écart, la France insoumise ne grignote que 29 voix par rapport au feu-Front de gauche. Une des trois formations du Front de Gauche, le Parti communiste, a cette fois fait liste commune avec Nathalie Jampoc-Bertrand. « Schilick l’insoumise » est la seule liste à gagner des électeurs avec celle de Christian Ball, dans ce contexte de participation en berne. Mais comme en 2014, cela est beaucoup trop peu pour accéder au second tour et par rapport à la dynamique que ce jeune mouvement pensé avoir insufflée à Schiltigheim.

Avec 86 voix, Lutte ouvrière divise son score par deux, là où la participation n’a baissé « que » de 29% (soit 14 points) en quatre ans.

Au second tour en 2014, la participation avait connu un léger rebond (de 49,43% à 52,20%).

Schiltigheim : Danielle Dambach et Nathalie Jampoc-Bertrand unies au second tour

Schiltigheim : Danielle Dambach et Nathalie Jampoc-Bertrand unies au second tour

Dans la nuit de dimanche à lundi, les deux têtes de listes candidates aux élections municipales anticipées de Schiltigheim, l’écologiste Danielle Dambach et la socialiste Nathalie Jampoc-Bertrand, sont parvenues à un accord pour se présenter unies au second tour dimanche 15 avril.

C’est vers 6h du matin que Danielle Dambach, tête de liste écologiste aux élections anticipées de Schiltigheim, et Nathalie Jampoc-Bertrand (PS), sont parvenues à un accord d’union pour le second tour à la Cabane des Créateurs. Les listes « Vivre Schilick » et « Un nouveau cap pour Schilick » ont respectivement obtenu 20,41% et 15,09% des suffrages, tandis que celle menée par Christian Ball (LR) a obtenu 35,80% des voix et celle menée par Jean-Marie Kutner, maire sortant (SE), 19,78%.

Le contrat d'alliance signé à 6h du matin (doc remis)
Le contrat d’alliance signé à 6h du matin (doc remis)

Dans un communiqué, les deux têtes de liste indiquent que le résultat de dimanche indique que « les Schillikois attendent un changement, en dehors de la logique des partis. » Elles se sont donc unies dans « une volonté de rassemblement, autour de valeurs partagées. Le renouveau de Schiltigheim sera solidaire et écologiste. »

La liste « Un nouveau cap pour Schilick » aurait pu se maintenir seule pour le second tour, prévu dimanche 15 avril. Arrivée quatrième avec 7,56% des voix, la liste de la France Insoumise de Jean-Marc Baader ne peut se maintenir seule, mais sa tête de liste a exclu « toute alliance avec quiconque. »

Le Patio bloqué par les étudiants en lutte de l’université de Strasbourg

Le Patio bloqué par les étudiants en lutte de l’université de Strasbourg

Depuis 8 heures ce lundi matin, l’accès aux bâtiments du Patio et du Nouveau Patio, sur le campus principal de l’université de Strasbourg, est bloqué par plusieurs « étudiants en lutte » contre la loi ORE et la réforme de l’orientation post-bac. Une assemblée générale dans la matinée a voté la poursuite du blocage pour la journée de mardi.

L’accès aux amphithéâtres et aux locaux administratifs du Patio et du Nouveau Patio, deux bâtiments de l’Université de Strasbourg, sont bloqués par une soixantaine d’étudiants opposés à la réforme de l’université et de l’orientation post-bac depuis ce lundi matin 8 heures.

L'accès au Patio est bloqué. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)
L’accès au Patio est bloqué. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Le blocage des locaux constaté par l’Université

L’Université a suspendu les cours et les examens qui y étaient prévus « jusqu’à nouvel ordre » (voir ci-contre).

Les « étudiants en lutte » bloquent l’accès à ce bâtiment pour, disent-ils, « permettre à tous les étudiants de se mobiliser » contre « la loi ORE, le plan étudiant, la réforme de l’arrêté de licence et la réforme du bac. » Une assemblée générale tenue lundi à partir de 10h30 a décidé de poursuivre ce blocage au moins jusqu’à mardi.

Les étudiants sont mobilisés contre la loi ORE. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

La présidence demande que l’accès aux bâtiments soit rétabli

Dans un communiqué publié dans l’après-midi, le président de l’Université, Michel Deneken, a demandé que les étudiants en lutte contre la loi ORE n’aient pas recours aux blocages des bâtiments :

« Occupations et blocages ne constituent pas une entrée en dialogue. Ce n’est pas respecter les étudiants qui souhaitent aller en cours, préparer et présenter leurs examens (600 d’entre eux, environ, ont ce lundi matin été écartés de l’examen qu’ils avaient préparé). Ce n’est pas respecter les personnels, éloignés de leur lieu de travail, alors qu’ils se dévouent pour la réussite étudiante. Bloquer un bâtiment universitaire, sous prétexte de débat, c’est en réalité pénaliser étudiants et enseignants. (…) Ces occupations et blocages doivent cesser, pour permettre à tous, étudiants et personnels, de travailler correctement. »

#Le Patio

Schiltigheim : Christian Ball prend le large, écologistes et gauche à l’épreuve de l’union

Schiltigheim : Christian Ball prend le large, écologistes et gauche à l’épreuve de l’union

Avec plus de 35% des voix, Christian Ball remporte largement le premier tour de l’élection municipale anticipée à Schiltigheim. Mais deux listes sur sa gauche réalisent un total cumulé similaire au sien. Troisième, le maire sortant Jean-Marie Kutner espère un sursaut du côté des 12 000 abstentionnistes.

Christian Ball a réussi la première étape de son pari. En faisant imploser la majorité en décembre et en provoquant des élections anticipées grâce à des démissions en cascade, l’ex-premier adjoint membre de « Les Républicains » prenait le risque de paraître comme le fauteur de troubles à Schiltigheim.

Dimanche 8 avril, plus d’un électeur sur trois ont voté pour lui (35,80%), dans un contexte de participation limitée (35,34%). Reste maintenant à confirmer cette première place lors du second tour dimanche 15 avril.

Moins de votants, mais plus de bulletins Ball

Malgré cette mobilisation amoindrie, et somme toute prévisible, par rapport aux élections générales de 2014, Christian Ball réunit près 600 voix de plus qu’à l’époque, lorsqu’il conduisait une liste UMP (2 268 contre 1 676, avec 49,43% de participation).

Le maire sortant, Jean-Marie Kutner (un temps à l’UDI), connait une trajectoire inverse (1 253 voix contre 2 074 en 2014) et se trouve repoussé à la troisième place, à 19,78%.

Réaction de Christian Ball

 

Les cartes redistribuées à gauche

Avec un nombre de voix quasi-stable en quatre ans (1 293 contre 1 398), l’écologiste Danielle Dambach (« Vivre Schilick ») tire aussi parti de la baisse de participation et se hisse à la deuxième place, avec 20,41% des suffrages exprimés.

Enfin, la liste du gauche conduite par Nathalie Jampoc-Bertrand est la quatrième à pouvoir se qualifier au second tour avec 15,09%. C’est moins que les scores du PS de la grande époque, mais bien mieux que les abysses du printemps 2017 (5è et 7è, entre 9 et 5%…). « Un nouveau cap pour Schilick » réunit des socialistes, des communistes, ainsi que des citoyens non-encartés dès les 3è et 4è places.

Ainsi, Christian Ball peut se méfier d’une éventuelle fusion des deux listes sur sa gauche, car leur total est très proche du sien (2 268 contre 2 249 sur sa gauche). À moins que des électeurs découragés de Jean-Marie Kutner ne se tournent vers celui qui a provoqué sa possible chute, dans le but de bloquer une formation plus écologiste et à gauche…

En fin de soirée, la liste « Un nouveau cap vers Schilick » indiquait que « toutes les options sont possibles » pour le second tour et que la priorité est de « faire barrage au tandem Ball-Kutner ». Un clair appel du pied à une fusion à Danielle Dambach, voire au-delà.

Réaction de Nathalie Jampoc-Bertand

Danielle Dambach s’y est dite disposée à une union si ce n’était pas « un accord partisan », mais plutôt « un ralliement ». Au contraire, elle rejette la possibilité de s’allier à Christian Ball.

Réaction de Danielle Dambach

Alors que les trois listes (avec les Insoumis) se sont beaucoup fait reprocher au 1er tour de ne pas avoir su s’unir, elles ont désormais une forte responsabilité face à elle : veulent-elles tout faire pour diriger la ville ? Même si les marges de manœuvre seront limitées en deux ans, ne pas tenter sa chance jusqu’au bout en 2018 pourrait avoir un effet boomerang en 2020.

Retour à la case départ pour les Insoumis

Tout à gauche, la France insoumise s’écroule de manière spectaculaire par rapport à ses podiums au printemps (1er à la présidentielle avec 27%, deuxième aux législatives avec 14%). Alors que la formation de Jean-Luc Mélenchon rêvait de conquérir « la première ville insoumise de France », elle termine cinquième, avec 7,56% des voix.

Elle avait choisi Marc Baader comme figure de proue, déjà élu dans les années 1990 et tête de liste du Front de gauche en 2014. La liste empoche d’ailleurs environ le même nombre de bulletins (479 contre 450 en 2014). La non-venue des personnalités du mouvement lors de cette campagne peu couverte médiatiquement peut aussi interroger. Visiblement; le tandem Nathalie Jampoc-Bertrand / Antoine Splet a davantage su incarner le renouvellement local à gauche. Tous deux ont moins de 40 ans.

Tout de même position de fusionner avec plus de 5%, les représentants de la liste ont déclaré qu’un débat doit acter la position commune … mardi soir, jour du dépôt des listes. Néanmoins, les premières déclarations donnent le ton.

La liste reste cohérente par rapport à sa campagne où elle annonçait la fin des accords électoraux. À moins que… les deux autres listes se déclarent publiquement en opposition à la politique d’Emmanuel Macron et dans l’opposition à la coalition droite-gauche à l’Eurométropole. Beaucoup de conditions alors que comme l’a relevé Marc Baader, les désaccords ne sont pas tant locaux…

Réaction de Marc Baader

Ces 479 voix pourraient cependant constituer, du moins en partie, une réserve à gauche pour le second tour que n’a pas Christian Ball. Les reports de voix lors des dernières élections ont montré que les électeurs  suivaient peu les consignes des candidats éliminés.

Lutte ouvrière, dont les tracts et revendications portaient sur l’opposition aux politiques du président Emmanuel Macron, ferme la marche avec 1,36% (86 voix), soit un peu moins qu’en 2014 (2,08%, 173 voix).

Kutner isolé

Jean-Marie Kutner est venu quelques minutes dans le hall de la mairie où se tenait une soirée électorale pour quelques déclarations aux journalistes. Très entouré par ses colistiers, il s’est dit entres autres dit victime de « désinformation » de la part de ses adversaires, notamment au sujet de la « bétonisation ». Le maire revendique de ne reconstruire que sur les friches et même d’y ajouter des espaces verts.

Assez énigmatique, il ajoute qu’il va « réfléchir avec son équipe » aux suites à donner, sans écarter des alliances. Ses options semblent toutefois limitées. Toutes les autres listes ont indiqué qu’elles ne fusionneraient pas avec le maire sortant. Jean-Marie Kutner a dit qu’il comptait notamment sur le sursaut des abstentionnistes pour le second tour :

« Dans un tel premier tour, on mobilise plutôt les gens qui sont contre que ceux qui sont pour.

Réaction de Jean-Marie Kutner

 

138 votes blancs et nuls

Mathématiquement, il n’est qu’à 1 015 voix de Christian Ball. Ce dimanche, 11 983 Schilikois inscrits sur les listes ne se sont pas déplacés, ou ont voté blanc (65) et nul (73).

Difficile de tirer des conclusions nationales d’un tel scrutin. Il n’y avait ni de liste des parti nationalistes (Front national, Patriotes, Debout la France), ni de « La République en Marche », écartelée sur plusieurs lignes et dont le scrutin ne faisait pas les affaires de ses têtes pensantes strasbourgeoises.

Élections municipales à Schiltigheim : Christian Ball arrive en tête avec 35% des voix

Élections municipales à Schiltigheim : Christian Ball arrive en tête avec 35% des voix

À Schiltigheim, tous les bulletins de vote ont été dépouillés. Christian Ball arrive en tête avec plus de 35% des voix. L’écologiste Danielle Dambach suit avec 20% des votes exprimés. Troisième, le maire sortant Jean-Marie Kutner récolte 19% des suffrages. La liste de gauche de Nathalie Jampoc-Bertrand peut aussi se maintenir au second tour avec 15,09%.

Quatre listes sur six dépassent les 10% et peuvent se maintenir au second tour.

    Christian Ball (divers droite) 35,80% Danielle Dambach (écologiste) : 20,42% Jean-Marie Kutner (sans étiquette, maire sortant) : 19,78% Nathalie Jampoc-Bertrand (PS/PC) : 15,09% Marc Baader (La France insoumise) : 7,56% Annelyse Jacquel (Lutte ouvrière) : 1,42%

Notre direct sur le premier tour des élections municipales anticipées de Schiltigheim est terminé! Sur Rue89 Strasbourg, vous pourrez retrouver dès demain une analyse des résultats et des potentielles alliances pour le second tour.
L’écologiste Danielle Dambach est satisfaite de sa deuxième place au premier tour des élections municipales anticipées. Elle n’envisage aucune discussion ni avec le maire sortant Jean-Marie Kutner, ni avec Christian Ball, ex-premier adjoint du maire schilikois :  
« Nous allons bien sûr dialoguer avec les autres forces progressistes. Parmi les forces progressistes, il y a Nathalie Jampoc-Bertrand (PS-PC) et Marc Baader (LFI). Je n’envisage pas de discussion ni avec Christian Ball, ni avec Jean-Marie Kutner. Pour moi, ils partagent le même bilan, même si Christian Ball s’est désolidarisé récemment. »
Marc Baader, tête de liste de « Schilick l’insoumise », n’a pas encore de stratégie définie pour le second tour. Elle devrait être dévoilée dans la soirée de mardi. Face à notre journaliste, il rejette l’idée d’une alliance avec d’autres listes :  
« Aujourd’hui les alliances ne sont pas possibles parce que ce ne serait pas compris au vu de la campagne. Ce n’est pas au niveau du programme schilikois qu’il y a des grosses différences mais bien sur des points politiques. La condamnation de la politique de Macron, elle demande à être publique, et faite par tout le monde. »
18318 personnes étaient inscrites pour voter au premier tour des élections municipales anticipées de Schiltigheim. Le taux de participation définitif est de 35,34%, avec 6473 votants. 65 votes blancs ont été déposés. 73 bulletins ont été considérés comme nuls. Ci-dessous, le nombre de votes obtenus par chacun des candidats :
    Christian Ball – divers droite – “Schilick pour tous » : 2268 votes Danielle Dambach – Écologistes : “Vivre Schilick” : 1293 votes Jean-Marie Kutner – maire sortant , sans étiquette – “Pour Schilick continuons” : 1253 votes Nathalie Jampoc-Bertrand – (PC-PS) : “Nouveau cap pour Schilick” : 956 votes Marc Baader – France insoumise : “Schilick l’insoumise” : 479 votes Annelyse Jacquel – Lutte ouvrière : 86 votes
Nathalie Jampoc-Bertrand, candidate PC-PS, est satisfaite de son score au premier tour (15% des bulletins exprimés). Pour le second tour, elle envisage une alliance avec les listes « Schilick l’insoumise » et « Vivre schilick » (écologistes) :  
« Les scénarios sont ouverts. On va engager des discussions avec les forces de l’écologie et puis la France insoumise aussi. Il faut que toutes les forces, qui luttent vraiment pour le progrès social et l’environnement dans cette ville, puissent se retrouver sur un accord respectueux de chacun. »
Le maire sortant, Jean-Marie Kutner, est arrivé troisième au premier tour des élections municipales anticipées. Il réagit après la publication des résultats définitifs :
Les résultats définitifs des élections municipales anticipées de Schiltigheim sont désormais connus :
Réaction de Christian Ball (DVD) lorsqu’il prend connaissance des résultats le plaçant en tête du premier tour…
Les résultats partiels se consolident
Nouveaux résultats
Près de 20% des bulletins de vote ont été dépouillés. Les résultats provisoires donnent la première place à Christian Ball, tête de la liste « Schilick pour tous » :
Tout le bureau de vote de la mairie (numéro 1) a été dépouillé (342 votants) :
    Nathalie Jampoc-Bertrand : 88 Danielle Dambach 84 Jean-Marie Kutner 43 Annelyse Jacquel 3 Marc Baader 31 Christian Ball 89 Nuls 4
300 bulletins dépouillés sur 342 dans le bureau de vote de la mairie :
    Nathalie Jampoc-Bertrand : 75 Danielle Dambach 74 Jean-Marie Kutner 38 Annelyse Jacquel 3 Marc Baader 26 Christian Ball 81 Nuls 3
200 bulletins dépouillés sur 342 au bureau de vote numero 1, à la mairie :
    Jampoc-Bertrand : 46 Dambach : 50 Kutner : 25 Jacquel : 3 Baader :17 Christian Ball : 56 Nuls : 3
Pendant le décompte des bulletins, Marc Baader, candidat de la France Insoumise (LFI), s’est exprimé sur sa campagne électorale :
« Ces élections, pour nous, c’est une première. C’est la première fois que la France insoumise est présente dans une élection municipale dans une ville de plus de 10000 habitants. […] On est déjà très fier d’avoir pu participer à ce débat. »
 
Sur les 342 votes exprimés à la mairie de Schiltigheim, 100 premiers bulletins ont été comptés. Ils donnent ce premier résultat (qui évoluera encore au fil de la soirée) : Nathalie Jampoc-Bertrand – (PC-PS) : “Nouveau cap pour Schilick” : 23 votes Marc Baader – France insoumise : “Schilick l’insoumise” : 7 votes  Danielle Dambach – Écologistes : “Vivre Schilick” : 21 votes  Jean-Marie Kutner – maire sortant , sans étiquette – “Pour Schilick continuons” : 12 votes Christian Ball – divers droite – “Schilick pour tous » : 32 votes Annelyse Jacquel – Lutte ouvrière : 2 votes Bulletins nuls 3
Les 21 bureaux de vote sont fermés depuis 18h. L’heure est au décompte des bulletins de vote. Les premières estimations seront communiquées aux alentours de 19h.
Dans l’hôtel de ville de Schiltigheim, on procède au décompte des bulletins (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
 
Bonjour à tous, Vivez en direct la soirée électorale de Schiltigheim sur cette page à partir de 18h. À 11 h, le taux de participation était de 11,5 %. A 16 h, il est estimé à 29,5% Les 21 bureaux de vote ferment à 18h.

Le maire sortant, Jean-Marie Kutner, s’est présenté sans étiquette. Son ex-premier adjoint, Christian Ball, est le candidat d’une liste de rassemblement de droite.

À gauche, Nathalie Jampoc-Bertrand est à la tête d’une liste du Parti Socialiste (PS). Danielle Dambach dirige la candidature de l’association Schilick Écologie et Marc Baader représente le mouvement de La France insoumise (LFI). Annelyse Jacquel représente le parti Lutte Ouvrière (LO).

Le Front National (FN) et La République en Marche n’ont présenté aucune liste candidate.

Six listes se disputent la mairie de Schiltigheim pour les élections anticipées d’avril 2018 (photo Salem Slimani / Rue89 Strasbourg)

« Kalakuta Republik », quand la danse devient politique, en hommage à Fela Kuti

« Kalakuta Republik », quand la danse devient politique, en hommage à Fela Kuti

Dans le cadre de la 4e édition du festival Extradanse, Serge Aimé Coulibaly présentera sa dernière création Kalakuta Republik. Un spectacle hommage au musicien et activiste politique nigérian Fela Kuti, en théâtre et danse, le tout sur fond d’afrobeat. L’artiste et sa compagnie s’empareront de la scène de Pôle-Sud les mardi 17 et mercredi 18 avril, deux dates à ne pas manquer.

À Pôle-Sud, le festival Extradanse a ouvert sa quatrième édition ce jeudi 5 avril. Pendant deux semaines, il sera le théâtre de réflexions et de discussions sur le monde actuel, abordant des thématiques telles que l’exil, le vivre-ensemble ou encore le viol et son héritage. Une très belle programmation dans laquelle figure la dernière création de l’artiste burkinabé Serge Aimé Coulibaly et de sa compagnie la Faso Danse Théâtre.

 Sur scène, sept interprètes (Adonis Nebié, Daisy Philipps, Sayouba Sigué, Serge Aimé Coulibaly, Ahmed Soura, Ida Faho et Antonia Naouele) et un percussionniste DJ (Yvan Talbot) rendent hommage à l’une des figures majeures de l’Afrique occidentale du XXe siècle:  Fela Kuti. Connu pour avoir créé le style musical de l’afrobeat – mélange de funk, de jazz et de musiques traditionnelles yoruba – au début des années 1970, le polyinstrumentiste l’est également pour son engagement politique et son antimilitarisme. L’afrobeat deviendra d’ailleurs la bande-son de son combat contre la corruption et la dictature alors en place au Nigéria.

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La musique de Fela Kuti a été jusqu’alors présente dans tous les spectacles de Serge Aimé. Cette création s’inspire fortement de cette figure, comme le titre le laisse entendre. Il ne s’agit pas toutefois de faire un biopic, mais de reprendre ce qu’il symbolise encore aujourd’hui en tant qu’emblème contestataire pour rendre un hommage à son militantisme et à l’art engagé.

Des messages projetés sur des écrans rappellent ceux qui tapissent les murs du Shrine (Photo: Doune Photo).

La République de Kalakuta

À l’origine de ce spectacle, les événements politiques qui ont eu lieu en 2014 au Burkina Faso, lorsque le peuple s’est opposé au chef de l’Etat, Blaise Comparé, qui régnait depuis 27 ans sur le pays. Le chorégraphe a lié cet évènement à la musique contestataire de Fela Kuti en cherchant à comprendre ce qui l’a amené à devenir un artiste engagé, critique vis à vis du pouvoir en place et de l’armée. Il explique :

« C’était un homme courageux et jusqu’au-boutiste. Ce trait de caractère a inspiré cette création qui expérimente une danse directe, violente, qui ne s’arrête jamais. Ce que je cherche à voir ici, c’est un danseur qui capte mon attention, me donne l’impression de parler avec son corps, sans jamais s’arrêter, car c’est de ce mouvement sans fin que naissent le réciter l’engagement chorégraphique de la pièce. »

D’où le nom de la pièce. En effet, la République de Kalakuta c’est le nom que Fela Kuti avait donné à sa résidence située dans la banlieue de Lagos, en référence à Calcutta : la première cellule de prison où il avait été enfermé. Il y accueillait ses proches, des musiciens, et y avait un studio d’enregistrement. À son retour des Etats-Unis dans les années 1979, il l’avait déclarée République indépendante vis-à-vis du gouvernement nigérian et en avait fait une utopie très engagée.

« You always need a poet »

La pièce se construit en deux parties. La première repose sur des musiques originales de Fela Kuti. Peu de décors sur scène. En noir et blanc, les interprètes dansent sans s’arrêter. Le désir, l’urgence même de danser l’emportent, et les six danseurs suivent Serge Aimé Coulibaly qui fait figure de chef d’orchestre. Cette partie représente le monde d’aujourd’hui avec toute la violence et l’indifférence qu’il renferme.

La seconde partie passe du noir et blanc à la couleur, clin d’oeil à l’évolution cinématographique et télévisuelle. Changement de coloration musicale également, puisque la bande son est une création d’Yan Talbot à partir de la musique de Fela Kuti; une ambiance plus populaire mais aussi plus violente. Après une première partie dansée, celle-ci repose davantage sur le chant et le théâtre. La fête est finie et la peur s’installe : nous sommes transportés dans un lieu de décadence, où se révèlent la laideur et la brutalité du monde.

La première partie du spectacle, en noir et blanc (Photo: Julie Garcia).

La danse pour affronter le monde

La scénographie s’inspire surtout du Shrine; le temple où Fela priait avec ses spectateurs et faisait aussi office de boite de nuit où il donnait ses concerts. C’est un lieu où cohabitent espérance et laideur du monde, donc tout à fait propice à l’éveil des consciences politiques.

Ses murs étaient couverts d’images, d’articles, de slogans… Les textes projetés sur scène s’en inspirent, ils empruntent d’ailleurs leur typographie à ces messages. Serge Aimé Coulibaly précise :

« Les textes projetés sur scène sont une combinaison de phrases qui auraient pu être dites par Fela, ou par le philosophe slovène Slavoj Zizek. Ce ne sont pas des vérités, mais des idées qui dérangent. Ces idées n’apaisent pas, elles provoquent, invitent à la réflexion. »

Son ambition est de susciter une réflexion sur les préoccupations d’aujourd’hui, sur l’histoire de l’Afrique et son portrait actuel. Aussi le chorégraphe souhaite retrouver dans la danse un aspect social et politique en embarquant le spectateur dans une fête qui l’amènera à remettre en question sa vision du monde. Pour lui, chaque soir la politique se joue sur le plateau.

Son engagement dépasse ses chorégraphies. Il souhaite amener son continent d’origine à accroitre son implication dans ses productions et à se réapproprier la danse contemporaine. Il a par ailleurs créé un centre de recherche et de production des arts de la scène, « Ankara », à Bobo-Dioulasso, d’où il est originaire.

Les danseurs s’animent sur fond d’Afrobeat (Photo: Doune Photo).

Avec Kalakuta Republik, Serge Aimé Coulibaly signe une de ses créations les plus accomplies et, parmi elles, la plus saluée. Présentée au festival ON d’Avignon en juillet, elle avait alors connu un vif succès qui ne s’est pas démenti depuis.

#Serge Aimé Coulibaly

Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert s’occupent des vrais problèmes…

Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert s’occupent des vrais problèmes…

Le projet « l’Alsace en commun » vient d’être lancé par les Départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin afin d’inviter les habitants à s’exprimer sur un projet de fusion des départements, pour redonner une existence institutionnelle à l’Alsace.

 

Non, le Bastion Social n’a pas aidé Robert à trouver un logement

Non, le Bastion Social n’a pas aidé Robert à trouver un logement

Le Bastion Social Strasbourg affirme avoir contribué au relogement d’une personne sans-abri prénommée Robert. Mais les associations d’aides sociales dénoncent une « fake news » et une « instrumentalisation de la précarité ».

« En aucune façon, le Bastion social n’a aidé Robert à trouver un logement. » Germain Mignot est en colère depuis ce matin. Le responsable de la permanence Arc-en-Ciel de Caritas Alsace a lu la dernière publication Facebook du Bastion Social Strasbourg. Le groupuscule identitaire y crie victoire : « Robert, un français à la rue depuis plus de huit mois, a enfin été relogé, en partie grâce à nos actions. » Germain Mignot n’y voit qu’une « instrumentalisation supplémentaire de la précarité ».

Le 4 avril, le Bastion Social Strasbourg affirme avoir « en partie » contribué au relogement du sans-abri Robert. (Capture d’écran)

Une injustice pour l’assistante sociale

Monique Maitte, présidente du Collectif SDF Alsace, est aussi énervée. Elle a pris connaissance du communiqué du Bastion Social sur le site très droitier Alsace-Actu. Elle dénonce une intox et une véritable injustice pour l’assistante sociale qui a accompagné Robert depuis qu’il est à la rue :

« Cet article m’a rendu furieuse. Robert est accompagné par le Centre Communale d’Action Sociale (CCAS). Je connais ce sans-abri parce qu’il est suivi par une très bonne assistante sociale. La pauvre, cet article, c’est vraiment moche pour elle. »

À la ville de Strasbourg, une source proche du dossier dénonce aussi la publication du Bastion Social Strasbourg :

« Ça n’a strictement rien à voir avec le Bastion social. Ils n’ont interféré en rien dans son dossier. Le relogement de Robert fait partie du projet de la Ville de Strasbourg qui a ouvert 100 places supplémentaires pour les sans-abris. À aucun moment de la chaîne le Bastion social n’est intervenu. Dans votre milieu, on appelle ça des fake news. »

Robert, très rapidement signalé par l’assistante sociale

Deux associations de solidarité, dont Accueil sans frontières et Caritas Alsace, ont participé au projet. Monique Maitte connait bien la procédure d’hébergement des sans-abris. Elle explique :

« Pour enclencher une procédure d’hébergement, il faut signaler le sans-abri au Service intégré de l’accueil et de l’orientation (SIAO). C’est l’assistante sociale de Robert qui a fait ce signalement. Dans la foulée des 100 places annoncées, elle l’a fait très rapidement. »

Contacté par Rue89 Strasbourg, le vice-président du Bastion Social Strasbourg décrit l’aide apportée à Robert dans la procédure d’hébergement :

« Nous avons été reçus par les services de la mairie il y a quelques semaines [le 27 janvier, ndlr]. […] On a déposé le dossier de demande d’hébergement. Tout a été fait. Même les policiers municipaux étaient présents. Il faut croire que c’est suite à notre action que Robert a été logé puisque le dossier a avancé depuis notre action. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est seulement notre action qui a permis cela mais il semblerait que ça y aie contribué. »

Publication Facebook du Bastion Social suite à une action « LOGEMENT : PRIORITÉ AUX FRANÇAIS! » à la mairie de Strasbourg. (Capture d’écran)

Le Bastion social n’a pas pu signaler le cas de Robert

Au sein de Caritas Alsace, Germain Mignot s’occupe aussi des actions d’hébergement au niveau de l’Eurométropole de Strasbourg. Il a travaillé sur les 100 places ouvertes par la  mairie de Strasbourg. Le responsable associatif a entendu parler de l’action du Bastion Social le 27 janvier. Il insiste sur la vacuité de cette entreprise du groupe d’extrême-droite :

« Ce n’est pas le genre d’action qui fait bouger les lignes en termes de prise en charge. Et je n’ai pas entendu parler de dossier déposé. Dans cette procédure, les sans-abris sont sélectionnés sur la base de signalements qui ont été fait par des associations professionnelles, ou les équipes de rue de la ville. Le Bastion Social ne rentre pas dans le cercle des groupes qui peuvent faire un signalement. »

Élections à Schiltigheim : les réponses à vos questions

Élections à Schiltigheim : les réponses à vos questions

Comment se comportera le futur ou la future maire de Schiltigheim ? Voici un condensé des réponses de 5 candidats et candidates sur « Questionnez vos élus » aux internautes. Avant de voter dimanche, voici leurs positions.

Il a finalement peu été question de « bétonisation » dans les questions des (é)lecteurs aux candidats pour l’élection municipale anticipée à Schiltigheim, dont le premier tour est dimanche 8 avril. Une seule interrogation sur la vingtaine adressée à chaque liste porte sur le site de l’ancienne brasserie Fischer à l’entrée de la ville où sont prévus 700 logements, non loin de l’autoroute.

Fischer à la baisse

Sur ce point, 4 listes veulent revoir ce projet emblématique à la baisse, sans trop s’avancer compte tenu des permis de construire déjà délivrés. L’espace libéré permettrait alors de réaménager l’ensemble.

Danielle Dambach (écologistes) veut « abandonner l’idée d’une cour de récréation sur le toit de l’école. L’autoroute se trouvant à proximité du site, il ne faut pas que la pollution de l’air occasionne des problèmes de santé pour les enfants ». Idem pour Nathalie Jampoc-Bertrand (divers gauche). En revanche, tous sont favorables à l’implantation du cinéma MK2. Nathalie Jampoc-Bertrand veut y ajouter « la création d’un pôle image qui associe à la fois cinéma et bureau d’accueil des tournage sur le site ». Marc Baader (France insoumise) et Christian Ball (divers droite) sont plus prudents sur les marges de manœuvre.

Jean-Marie Kutner n’a pas répondu sur ce point et de manière générale à peu de questions (30% en bouclant ces lignes vendredi midi) ce qui est assez étonnant. Le maire sortant a l’habitude de répondre et de publier des documents très détaillés sur les dossiers en cours, sur son profil Facebook notamment.

Relancé vendredi, il s’interrogeait sur l’intérêt de répondre, car il y a avait « beaucoup de questions auxquelles [il a] déjà répondu par le passé ». Mais globalement, son équipe fait campagne sur la continuité des projets lancés depuis son élection en 2014.

Nombreuses questions sur les déplacements

La plupart des questions concernent les déplacements. Le tram, la voiture, les bus et beaucoup le vélo. Il faut dire que Schiltigheim est considérée comme l’une des pires villes pour les cyclistes selon un sondage de la Fédération française des usagers de vélo (Fub). Au-delà de cette étude, il suffit d’avoir un peu emprunté les routes de Bischwiller, rue Saint-Charles pour se rendre compte de ces difficultés.

Toutes les listes se disent favorables à davantage d’aménagements cyclistes. Dont acte. Soit sur la route de Bischwiller (Christian Ball ou Marc Baader), soit entre l’Est et l’Ouest de la ville. Danielle Dambach parle d’une voie « entièrement dédiée aux cycles, » là ou Nathalie Jampoc Bertrand aimerait y aménager une piste cyclable. Jean-Marie Kutner met en avant les travaux en cours rue de la Glacière.

Vous aviez pas mal de questions pour les prétendants à la maire de Schiltigheim (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Sur la place de la voiture, là encore on retrouve une convergence des listes, avec une relative diminution de sa place en ville et des abaissements de vitesse. Danielle Dambach propose un parking en silo près du gymnase des Malteries pour régler les problèmes de stationnement dans le centre.

Quant au tram, les trois listes de gauche et écologiste veulent la relance du tracé vers la partie ouest de la ville, voté en 2013 par l’Eurométropole (ex-CUS) route du Général De Gaulle, qui était sensé aller jusqu’à Vendenheim. Christian Ball veut que le tram arrive a minima « jusqu’à Fischer ». Jean-Marie Kutner met plutôt en avant le réaménagement des lignes de bus 4 et 6 sur le modèle de la L1 strasbourgeoise. Mais il se dit favorable aussi à une extension qui relierait le centre de Schiltigheim, Strasbourg et l’Espace européen de l’entreprise, là où il n’avait pas défendu l’ancien projet de tram.

Halles du Scilt

Une question porte aussi sur le marché couvert de la Halle du Scilt dans le vieux Schiltigheim. L’internaute Alice, demande comment « remettre ce beau projet sur les rails ». Jean-Marie Kutner « ne partage pas ce diagnostic », et parle d’un bon démarrage. Il estime qu’il faut deux ans pour que l’établissement tourne à plein régime.

Christian Ball prône plus de produits locaux. Marc Baader et Danielle Dambach parlent plutôt de produits bio. Néanmoins, difficile pour la puissance publique de décider de l’implantation de commerces, à moins de conventionner un lieu avec une association.

Culture

Enfin, il est question de Culture, « grand oublié de la majorité sortante » selon Nathalie Jampoc-Bertrand. Il est question de la médiathèque où la candidate d’un rassemblement de gauche veut un « 3e lieu » vivant.

Pour cet équipement, Marc Baader souhaite « les mêmes plages horaires que la Médiathèque Malraux » et aussi de l’ouvrir… le dimanche. Il insiste sur l’importance de « l’accès à la culture pour tous », avec des tarifs attractifs et des navettes gratuites pour se rendre aux événements.

L’idée de résidences ou d’écoles des Arts revient aussi chez les trois listes de gauche. « Mais il est essentiel d’offrir plus de créneaux pour les cours d’éducation artistique : musique, danse et théâtre », ajoute Danielle Dambach.

Désunion à gauche ?

La désunion de la gauche a aussi valu une question aux listes insoumises, écologistes et « Nouveau Cap pour Schilick ». Au regard des réponses des trois listes, les convergences sont pourtant claires sur plusieurs thèmes.

Sur ce point de tactique, les réponses des trois équipes témoignent de désaccords sur les places et du ressentiment vis-à-vis des formations partisanes, ainsi que sur les alliances locales passées qui ont resurgi lors des négociations. Les Insoumis ne voulaient pas discuter avec le PS et ses alliés par exemple. Pas sûr que les sympathisants de gauche, moins militants, y trouvent leur compte.

Ce sera peut-être pour le second tour où les listes arrivées avec plus de 10% des voix pourront se maintenir voire fusionner. La principale différence est que les Insoumis souhaitent siéger dans l’opposition à l’Eurométropole, tout en ayant des revendications comme la gratuité des transports et l’aménagement d’infrastructures cyclistes et de tramway.

Promesses timides

Rappelons que l’équipe élue le 15 avril au soir conduira les affaires de la Cité des Brasseurs pour moins de deux ans, ce qui incite à une certaine prudence dans les promesses de campagne. Sur les rythmes scolaires, tous les candidats disent qu’il est difficile de repasser à la semaine de 4 jours. Tous parlent aussi de plus d’écoute par un renforcement des instances de démocratie existantes ou en en créant des nouvelles (commission, audit citoyen).

Ainsi, difficile parfois de relever des annonces très précises. Notons tout de même que Christian Ball propose de doubler les effectifs de la police municipale pour en affecter une partie à la ligne de bus 4 et à la sécurité des parcs.

Rue89 Strasbourg en direct dimanche soir

Les candidats peuvent encore répondre à des questions jusqu’à vendredi minuit. Rue89 Strasbourg vous fera vivre cette soirée électorale dimanche 8 avril à partir de 18h, heure de fermeture des bureaux de vote.

Vote à l’unanimité en faveur du cinéma MK2 en Commission d’aménagement

Vote à l’unanimité en faveur du cinéma MK2 en Commission d’aménagement

La commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) du Bas-Rhin a voté à l’unanimité en faveur du projet de 9 salles et 1 404 places dans l’ancienne brasserie Fischer, à l’entrée de Schiltigheim. Cet avis permet de présenter le projet en Commission nationale de l’aménagement commercial (CNAC) dans un délai de 4 à 6 mois, avant de délivrer les permis de construire par la commune.
Dans cette instance siégeaient un représentant de l’Eurométropole (Yves Bur . . .

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Gagnez des invitations pour le ciné-club sur l’autisme, avec « Percujam »

Gagnez des invitations pour le ciné-club sur l’autisme, avec « Percujam »

Mardi 17 avril, les cinémas Star et Rue89 Strasbourg organisent un ciné-club sur l’autisme. La soirée débutera avec la projection de Percujam, qui raconte le travail d’éducateurs auprès de jeunes autistes en utilisant la musique. Puis des médecins et intervenants strasbourgeois sur l’autisme répondront aux questions du public.

Les cinémas Star et Rue89 Strasbourg organisent un ciné-club mardi 17 avril à partir de 20h au cinéma Star sur l’autisme, sa détection et son accompagnement. La soirée est composée d’une projection, le film « Percustra » qui montre comment des éducateurs accompagnent de jeunes autistes en s’aidant de la musique, et d’une rencontre avec des professionnels strasbourgeois de l’autisme.

Le pitch de Percujam

Film d’Alexandre Messina (1h04). Percujam est un groupe de musique unique, composé de jeunes adultes autistes et de leurs éducateurs. Dans la même veine que le documentaire des frères Zambeaux « Un jour ça ira », « Percujam » fonctionne sur l’énergie positive de ses protagonistes, celle de la parole et celle de la musique. Alexandre Messina propose de partager le quotidien de la tournée d’un groupe qu’on définirait comme hors norme par sa formation bien qu’il soit au contraire tout ce qu’il y a de plus « normal » ; un groupe porté par l’envie de la scène, le partage avec le public, le plaisir des rythmes et des mots. Ce joli projet de mettre ensemble des musiciens éducateurs et des musiciens autistes révèle des personnalités bien trempées qu’on a plaisir à rencontrer. Certains rêvent d’Amérique, d’autres de faire l’amour. Une chose est sûre ils ne manquent pas d’humour.

La bande annonce

Le débat

Après la séance, des professionnels strasbourgeois de l’autisme et de l’art thérapie seront présents pour répondre aux questions du public :
    Dr Catherine Chabaux, Pédopsychiatre, praticien hospitalier, HUS, Centre de ressources autisme Aurélie Connan, Centre de ressources autisme Dr Yves Alembik, pédiatre

Le concours

Les tarifs habituels des cinémas Star s’appliquent pour assister à la soirée. Les personnes se réclamant de Rue89 Strasbourg bénéficient d’un tarif spécial à 5€. Et vous pouvez tenter votre chance pour gagner des invitations pour deux en remplissant le formulaire ci-dessous.
#Dr Catherine Chabaux#Dr Yves Alembik

Huit psychiatres et psychologues alsaciens dénoncent un accueil des réfugiés indigne

Huit psychiatres et psychologues alsaciens dénoncent un accueil des réfugiés indigne

Dans une tribune parue dans le journal « Le Monde » le 4 avril, huit psychiatres et psychologues alsaciens s’indignent des dégâts psychiques causés par l’accueil des réfugiés par la France. Ils dénoncent la présomption de mensonge lors de la délibération pour donner ou non le droit d’asile aux migrants et réfugiés.

Mercredi 4 avril, une tribune signée par huit psychiatres et psychologues alsaciens a été publiée dans le journal « Le Monde ». Selon ces praticiens, le traitement des réfugiés lors de leur accueil en France provoque des dommages psychologiques importants. Les modalités de traitements des dossiers sont vivement critiquées :

« Cet accueil reste indigne en raison d’un paradigme qui domine, influence et conditionne toute la politique d’accueil : la présomption de mensonge, qui repose sur tout demandeur d’asile et le place d’emblée dans une position d’imposteur et non de victime potentielle. »

Suite aux épreuves qu’ils ont vécus, les demandeurs d’asile mériteraient une attitude d’écoute. Ils trouvent à la place, selon les auteurs de la tribune, « un accueil qui n’est pas respectueux de la dignité humaine. »

Avant d'obtenir le statut de réfugié, un long parcours attend les migrants. Pour les aider, associations et bénévoles sont à leurs côtés.
Avant d’obtenir le statut de réfugié, un long parcours attend les migrants. (Martin Leveneur / Flickr / cc)

Des troubles cognitifs occasionnés chez les demandeurs d’asile

Le « cheminement juridico-administratif » du demandeur d’asile aggraverait les troubles cognitifs occasionnés par l’épreuve de la migration. Par conséquent, le réfugié éprouve plus de difficultés à se défendre lors des auditions qui ponctuent la demande d’asile.

En annexe de la tribune, les professionnels de la santé ont joint des « extraits de rejets [de demandes d’asile qui ont été jugées en Alsace, ndlr] concernant une patiente victime d’un viol en réunion, dans des circonstances particulièrement difficiles à évoquer pour elle » :

« Les déclarations orales de l’intéressée, dans leur ensemble, sont apparues convenues et très peu spontanées, l’intéressée débitant un récit de manière mécanique, évoquant les différents événements à l’origine de son départ de manière détachée et impersonnelle […]. »

Selon les signataires, la subjectivité du juge prendrait le pas sur le droit. Ceux-ci auraient « un rôle exceptionnel dans ces décisions. » Les psychiatres et psychologues expliquent ces incohérences de discours par des mécanismes naturels liés aux épreuves vécues :

« Certains développent des mécanismes de défense pour « tenir le coup » : tension anxieuse continue avec pour conséquences des troubles cognitifs comme des troubles de l’attention, la concentration et la mémoire, un clivage avec distance affective, oublis des faits, confusion… Cette situation impacte fortement l’instruction de leur dossier. Elle contribue très souvent à l’échec de leur audition. »

Un projet de loi qui aggraverait la situation

Le projet de loi « Asile et immigration », présenté au conseil des ministres le 21 février, est vivement critiqué dans la tribune. Le texte serait « une catastrophe car [il] rendrait le parcours du combattant encore plus inhumain qu’il ne l’est déjà. »

Si la loi devait être adoptée, les délais pour faire une demande d’asile et pour déposer des recours seraient réduits. Le risque d’expulsion pour les personnes venant de pays dits sûrs serait plus grand. Enfin, l’acquisition ou non du droit à l’asile serait encore plus basée sur la présomption de mensonge… et sur la subjectivité du juge.