Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Mardi, suivez l’intervention d’Emmanuel Macron au Parlement européen

Mardi, suivez l’intervention d’Emmanuel Macron au Parlement européen

Suivez la retransmission en direct de la matinée d’Emmanuel Macron face aux eurodéputés au Parlement européen de Strasbourg. Mardi à partir de 10h.

Emmanuel Macron est en déplacement à Strasbourg ce mardi 17 avril. Le président de la République s’exprimera pour la première fois devant les eurodéputés, à un an des élections européennes.

Sa prise de parole est programmée à 10h et sera suivie d’un débat avec les eurodéputés jusqu’à 12h30, comme il est d’usage. Chaque tendance politique pourra s’exprimer. Emmanuel Macron parlera de l’avenir de l’Union européenne. La vidéo sera ajoutée en tête de cet article à 10h.

Son allocution s’inscrit dans une série d’échanges, auxquels ont déjà participé le Premier Ministre irlandais Leo Varadkar en janvier, le Premier Ministre croate Andrej Plenkovic en février et le Premier Ministre portugais António Costa en mars.

Le prochain chef d’État à s’adresser aux élus européens sera le Premier ministre belge Charles Michel, en mai.

Emmanuel Macron, ici au conseil européen à Bruxelles en discussion avec son président, le Polonais Donald Tusk. (Photo European Council / Flickr)

Les alliances électorales en ligne de mire

Côté tactique, « La République en Marche » cherche des alliés de la droite à la gauche, en passant par les écologistes ou les libéraux pour pouvoir peser dans l’hémicycle après 2019. En décembre, l’évocation d’une liste de premiers soutien d’eurodéputés s’était révélée être un gros coup de bluff.

Les dirigeants strasbourgeois attendent aussi une prise de parole forte sur la question du siège du Parlement européen à Strasbourg, souvent remis en cause.

Contre les blocages, l’Université appelle tous les étudiants à voter en ligne

Contre les blocages, l’Université appelle tous les étudiants à voter en ligne

Comme nous vous l’annoncions jeudi, le président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken, a choisi de lancer une consultation de l’ensemble des étudiants quant aux blocages des bâtiments, dans le cadre du mouvement de protestation contre la loi Orientation et Réussite Etudiante (ORE), qui instaure une sélection à l’entrée des études supérieures. Dans un e-mail envoyé à tous les étudiants ce lundi soir, l’Université indique que les blocages pénalisent tous les étudiants et invite les destinataires à s’exprimer via un lien fourni, unique à chaque étudiant qui ne peut donc voter qu’une fois.

Une fois cliqué, le lien dirige vers cette question : « approuvez-vous les blocages ? » Les étudiants peuvent répondre par oui, non, ou ne pas se prononcer.

Les étudiants ont jusqu’à mercredi 8h pour voter. L’Université assure que ce sondage est anonyme. Le résultat sera connu mercredi dans la matinée, soit avant la prochaine AG des étudiants, qui n’est prévue que mercredi à midi. Une consultation similaire s’est déroulée au sein de l’université de Lorraine à Nancy, elle s’était conclue par une opposition aux blocages des bâtiments à plus de 70%. Ce résultat n’a pas été reconnu par les étudiants grévistes lorrains.

Capture d’écran du vote en ligne (doc remis)

Dans un communiqué publié mardi, l’AG des étudiants en lutte de l’Université de Strasbourg a appelé au boycott de ce vote en ligne. Les étudiants grévistes reprochent à la démarche, entre autres, un manque de garantie quant à l’anonymat des votants et l’absence de contrôle sur le dépouillement des votes.

L’AG n’a pas évoqué l’invitation du président

Michel Deneken a pris acte de la décision de l’assemblée générale des étudiants lundi matin, qui a voté le blocage reconductible de l’ensemble des bâtiments de l’université à compter de mardi 17 avril. Vendredi, le président de l’université avait envoyé un message aux étudiants, leur proposant de rencontrer une délégation de l’AG, avec les élus étudiants du conseil d’administration et du conseil de la vie universitaire.

Michel Deneken constate que les étudiants n’ont pas pris contact avec lui pour répondre à cette invitation. En fait, selon une constatation de Rue89 Strasbourg, cette invitation n’a même pas été discutée lors de l’assemblée générale de lundi.

Le président de l’Université a cependant fait un geste à destination des étudiants grévistes, il a accepté que l’absence aux cours et aux examens prévus jeudi 19 avril ne soit pas sanctionnée, jour de mobilisation globale et de « convergence des luttes. » Il s’agissait d’une motion votée par les étudiants lors de l’AG de jeudi 12 avril.

Alors que certains de ses professeurs organisent des cours supplémentaires sur les conséquences de la réforme du gouvernement pour l’accès aux études supérieures, la direction de l’Université organise mardi 17 avril une conférence-débat sur les contenus de cette loi, et son application à l’Université de Strasbourg. Ce débat sera animé entre autres par Benoit Tock, vice-président formation et François Gauer, vice-président transformation numérique et innovation pédagogique.

En AG étudiante lundi, le blocage de tous les bâtiments voté

En AG étudiante lundi, le blocage de tous les bâtiments voté

Lundi matin à partir de 10h30, une nouvelle assemblée générale a eu lieu sur le campus de l’Université de Strasbourg. Plus de 600 étudiants se sont réunis pour voter le blocage reconductible de tous les bâtiments.

Ce lundi 16 avril à 10h30 a eu lieu une nouvelle assemblée générale étudiante, qui a réuni plus de 600 étudiants devant le bâtiment du Patio sur le campus de l’Université de Strasbourg. Les opposants aux blocages étaient moins représentés qu’aux dernières réunions si bien qu’au final, l’assemblée générale (AG) a voté la poursuite des blocages et leur extension à tous les bâtiments.

L’AG a débuté par une première intervention pour condamner des propos et des attitudes misogynes ou racistes lors des dernières réunions. Une autre étudiante, Camille, a ensuite expliqué que l’exclusion des membres de l’Uni (syndicat étudiant classé à droite dont l’interdiction de présence a été votée à la dernière assemblée générale) de ces rassemblements est liée à cela :

« S’ils ont été exclus de l’AG, ça n’est pas parce qu’il étaient contre les blocages, c’est à cause de leur rôle de perturbateurs de l’assemblée. Ils faisaient partie d’un groupe qui n’arrêtait pas de huer les personnes qui prenaient la parole. Ils scandaient des slogans tels que « on veut le vote ». Et ils huaient particulièrement les femmes, et encore plus, une femme voilée qui a tenté de prendre la parole. »

D’autres représentants des étudiants ont indiqué auparavant que l’exclusion de l’Uni avait été prononcée suite à la participation active de leurs membres lors d’une opération de déblocage la nuit précédente, d’autres encore les accusent de s’être attachés l’aide de membres du Bastion social, un groupuscule d’extrême-droite, ce que l’Uni dément.

C’était la volonté des organisateurs et des organisatrices de l’assemblée générale, de nombreuses femmes ont pris la parole. (photo TV / Rue89 Strasbourg/ cc)

Alexandre, membre de l’Uni présent lors de l’assemblée générale, précise :

« Aujourd’hui, tous les membres de l’Uni sont resté très silencieux. Rien n’a été orchestré de notre part aux dernières assemblées générales. Il est vrai qu’au moment où le ton est monté, certains d’entre nous ont pu scander des slogans car les discussions étaient longues et que nous attendions le vote. Celui-ci devrait être électronique d’ailleurs. »

Lundi encore, Marc-Félix, étudiant en cinéma, explique avoir été victime d’une insulte raciste alors qu’il prenait la parole :

« Ça m’a beaucoup perturbé, j’ai entendu « Kim Jong-un a déjà parlé deux fois » pendant mon discours. Cela venait des opposants au blocus. J’estime avoir le droit de m’exprimer et d’être respecté par tous. »

Des professeurs dans la lutte

Ensuite, les premières discussions ont porté, comme jeudi, sur la loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants) et le plan étudiant Vidal, qui instaure une sélection des bacheliers lors de leur entrée à l’Université. Etudiants et enseignants ont pris la parole, pour défendre leurs points de vue sur la loi. Lauriane, étudiante en sociologie, explique que sa professeure a « volontairement banalisé le cours qui avait lieu au moment de l’assemblée générale, afin que les étudiants puissent s’y rendre. »

Un maître de conférence en philosophie a expliqué qu’une assemblée générale avait été tenue entre professeurs de sa faculté :

« Nous avons voté pour l’interdiction pour les CRS d’aller sur les campus universitaires pour respecter la franchise étudiante. Nous condamnons également la surcharge de travail qui sera insoutenable pour les personnels de l’éducation, à cause de la sélection à venir. »

Pascal Maillard, enseignant de littérature française et membre du syndicat SNESUP-FSU, a aussi pris la parole :

« Les frais d’inscriptions vont très probablement augmenter à cause du plan étudiant, car les facultés pourront décider de le faire et celles-ci manquent d’argent. »

Jeudi, les « étudiants en lutte » avaient demandé à ce que les cours et examens du jeudi 19 avril soient banalisés, afin que les étudiants qui le souhaitent puissent participer à la journée de convergence des luttes. Une revendication visiblement entendue par l’Université :

Des étudiants ont demandé en AG à ce qu’un nouveau vote soit effectué, pour demander la présence du président de l’Université, Michel Deneken, lors des débats.

Une dizaine d’étudiants ont pris la parole sur la loi ORE. (Photo ES / Rue89 Strasbourg / cc)

Un vote pour le blocage reconductible de tous les bâtiments de l’université

Vers 13h30, l’assemblée générale s’est saisie des propositions de blocage, les débats ont duré une demi-heure, une dizaine de personnes, opposés ou favorables, ont pris la parole.

Plusieurs pro-blocages rétorquent que beaucoup d’entre eux ont été mis au courant du projet de loi grâce aux blocages des bâtiments. D’après un doctorant de l’Université de Strasbourg qui a pris la parole, la mobilisation doit grandir :

« C’est la seule manière d’obtenir le retrait de la loi, il faut faire des actions d’ampleur nationale, et pour le moment, le mouvement s’amplifie dans de nombreuses universités en France. »

Il y avait moins d’étudiants opposés aux blocages que lors des AG précédentes réunis aujourd’hui. (Photo ES / Rue89 Strasbourg / cc)

Au moment du vote, un blocage reconductible de tous les bâtiments de l’Université a été décidé, avec 360 voix pour et 259 contre. Il devrait prendre effet dès demain.

Parmi les autres motions adoptées lundi par les étudiants : le rejet de la loi ORE, le « soutien inconditionnel aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes », « l’abolition des grandes écoles », le retrait de la loi asile et immigration, la demande de fermeture du local de l’Arcadia et le refus de la présence policière sur les campus.

Prochaine AG des étudiants, mercredi 18 avril à 12h, devant le Patio.

Manifestation pour la « convergence des luttes » jeudi

Manifestation pour la « convergence des luttes » jeudi

La CGT, FSU, Solidaires et des syndicats étudiants appellent à une manifestation globale contre les projets du gouvernement vis à vis des retraités, des maisons de retraite, des fonctionnaires, des enseignants, des cheminots, des zadistes, etc. Ces deux syndicats veulent construire la « convergence des luttes, » en appelant les salariés du privé et du public à une journée d’action interprofessionnelle ce jeudi 19 avril à 14h place de la Gare à Strasbourg.

La manifestation part de la place de la Gare, qui sera désertée des voyageurs en raison d’un nouvel épisode de la grève perlée des cheminots, qui débute mercredi et se termine jeudi soir. Les cheminots débuteront d’ailleurs le rendez-vous par une prise de parole.

 

Inattendue, l’écologiste Danielle Dambach devient maire de Schiltigheim

Inattendue, l’écologiste Danielle Dambach devient maire de Schiltigheim

Danielle Dambach est la nouvelle maire de Schiltigheim. L’écologiste comptait près de 1 000 voix de retard sur Christian Ball (LR) au soir du premier tour, mais elle a su renverser la tendance grâce à une dynamique venant de gauche et du centre. Elle dirigera la Cité des Brasseurs pour un peu moins de deux ans.

Christian Ball a raté la dernière étape de son pari. En ne votant pas le budget en décembre 2017, puis en provoquant des élections anticipées à la faveur de démissions collectives, l’ex-premier adjoint (LR) avait pris toutes les formations politiques de court (en particulier « En Marche »). Tout s’était passé comme il l’avait prédit jusque-là, voire mieux puisqu’il était arrivé en tête du premier tour, dimanche 8 avril avec plus de 35% des suffrages exprimés. Mais il a trébuché sur la dernière marche, le second tour.

Première femme à Schiltigheim, et d’une grande ville d’Alsace

A contrario, l’écologiste Danielle Dambach sort victorieuse de ce traquenard. Samedi lorsqu’elle sera élue maire par les nouveaux conseillers municipaux, elle deviendra la première femme à la tête de Schiltigheim. Et même la première femme à remporter une élection municipale dans une ville importante d’Alsace (Michèle Lutz dirige certes Mulhouse depuis novembre 2017 mais n’était pas tête de liste aux élections en 2014), depuis Catherine Trautmann en 1989 et Fabienne Keller en 2001 à Strasbourg.

Sa colistière Nathalie Jampoc-Bertrand pourrait d’ailleurs devenir sa première adjointe, ce qui ferait un tandem féminin inédit pour conduire les affaires de la Cité des Brasseurs.

Un score quasi-triplé

Entre les deux tours, Danielle Dambach a presque triplé son score. Elle passe ainsi de 1 293 voix à 3 510. C’est plus que le total de ses voix du 1er tour, cumulées à celles de Nathalie Jampoc-Bertrand (divers gauche) – avec qui elle s’était alliée -, de Marc Baader (La France insoumise), voire des 86 électeurs d’Annelyse Jacquel pour Lutte ouvrière.

En plus d’un très bon report des voix de gauche, elle a donc vraisemblablement récupéré une partie de l’électorat de Jean-Marie Kutner (1 253 voix au premier tour). Le maire sortant, troisième et isolé après le 1er tour avec 19,78% des suffrages, s’était retiré avec fracas mardi en appelant à voter pour Danielle Dambach, son opposante.

Christian Ball gagne peu de voix

Depuis, l’ex vice-président de l’UDI du Bas-Rhin a fait campagne activement sur les réseaux sociaux contre son ex-premier adjoint, avec parfois des mots très durs (« entre la peste et le choléra, je choisis le choléra », avait-il notamment déclaré).

Christian Ball a, au contraire, peu progressé entre les deux tours. Largement en tête dimanche 7 avril avec 2 268 voix, il plafonne à 2 930 une semaine plus tard.

Très légère hausse de participation

Le nombre de votants était à peu près similaire entre les deux tours, passant de 6 473 à 6 651, soit 36,30% de participation. Un gain d’électeurs limité par la hausse prévisible des votes blancs (106 contre 65 au premier tour) et nuls (105 contre 73). Au final, seuls 105 suffrages supplémentaires ont été exprimés.

Christian Ball ne remporte que six bureaux de vote sur 21 malgré un carton à l’école Victor Hugo, dans le quartier des Écrivains.

Du référendum sur Kutner à un affrontement droite/gauche

Le premier tour avait pris l’allure d’un référendum « pour ou contre Kutner », avec parfois des convergences des quatre listes face à lui. Dans ce contexte, Christian Ball a pu paraître le mieux à même d’y parvenir, là où la gauche était éparpillée sur trois listes.

Mais le second tour a pris une autre tournure. La liste écologiste et de gauche constituée dans l’entre-deux tours s’est efforcée de « droitiser » au maximum son adversaire, lui rappelant ses dossiers portés avec Jean-Marie Kutner (notamment l’opposition au tram). Son soutien jusqu’au-boutiste à François Fillon ou des déclarations de colistiers ont aussi été ressorties des archives.

Christian Ball, qui avait pourtant réuni des ex-soutiens UDI de Jean-Marie Kutner, des Modem, des Marcheurs et des régionalistes d’Unser Land n’a de son côté pas dévié de sa campagne initiale d’un iota. Il n’a pas eu de geste marquant envers les abstentionnistes ni surtout à destination de l’électorat de Jean-Marie Kutner, pourtant censé être plus proche politiquement. Et il n’avait pas de réserve sur sa droite.

C’est dans ces circonstances que Danielle Dambach remporte finalement assez largement le scrutin, alors qu’elle n’était pas favorite. Un exploit, tant les partis écologistes ont accumulé les scores décevants depuis… les élections européennes de 2009. Le programme était aussi très proche avec celui de Nathalie Jampoc-Bertrand, l’alliance est parue naturelle et a enclenché une dynamique.

Un tandem de femmes à la tête de Schiltigheim (Photo Hippolyte Cordier)

Des premiers dossiers brûlants

Danielle Dambach a donné rendez-vous dès 7h30 ce lundi matin devant la maison alsacienne du Dinghof. Danielle Dambach veut une restauration sur place et y adosser un verger communal, et non la déplacer de quelques mètres pour permettre à un projet immobilier de se construire.

La question de la requalification de la friche de l’imprimerie Istra (Jean-Marie Kutner y imaginait des tours de prestige et un parc) et de la rénovation urbaine du quartier des Écrivains doivent aussi être traités sous quelques jours.

Réactions de Danielle Dambach et Nathalie Jampoc-Bertrand

Christian Ball a reconnu assez tôt sa défaite. Il a promis de veiller à l’application ou non des promesses électorales de la campagne lors de ce court mandat, de moins de deux ans. Il estime qu’il était trop tôt pour se projeter pour 2020.

Christian Ball : « nous serons vigilants sur les promesses »

Toujours souriant, mais en rogne contre son ancien allié, Jean-Marie Kutner a estimé de son côté que Christian Ball ferait mieux de se mettre en retrait de la vie politique schilikoise. Il a aussi conseillé à Danielle Dambach de ne pas défaire tout ce qu’il a entrepris et dit qu’il se tiendrait à sa disposition si elle le souhaite.

Jean-Marie Kutner invite Christian Ball à se retirer

Peu de changement à l’Eurométropole

À l’Eurométropole, les équilibres devraient peu évoluer. Les écologistes devraient pouvoir reformer un groupe avec l’arrivée de 4 élus, quand bien même les écologistes schilikois se sont montrés critiques sur le Plan local d’urbanisme porté par la coalition droite-gauche.

Nathalie Jampoc-Bertrand devraient rejoindre les Socialistes au sein de la majorité. Reste une incertitude pour savoir si le score permet à la nouvelle majorité d’envoyer 5 ou 6 élus sur 7 à l’assemblée des 33 communes de l’agglomération. Le sixième homme, Antoine Splet (Parti communiste), devrait figurer parmi les non-inscrits. Sinon, l’opposition de droite aurait deux représentants.

La séance d’installation des nouveaux élus est prévue samedi 21 avril. Les anciens élus pourront donc encore siéger au conseil de l’Eurométropole du vendredi 20 avril s’ils le souhaitent.

Reste que cette séquence peut sonner comme un avertissement pour les maires « bâtisseurs, » quand de tels projets sont peu acceptés et compris par les administrés. D’une manière générale, le « dégagisme » n’a pas dit son dernier mot. Il sera intéressant de voir si l’alliance entre Danielle Dambach et Nathalie Jampoc-Bertrand tient jusqu’en 2020 et si elles feront alors liste commune ou repartiront en front divisé.

Au conseil municipal, des pétitions citoyennes bientôt reconnues

Au conseil municipal, des pétitions citoyennes bientôt reconnues

Le conseil municipal de Strasbourg vote lundi son « Pacte pour la démocratie locale » élaboré en un an. Pour quoi faire ? Réponse à suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 15h.

C’est l’heure de vérité pour le « Pacte de démocratie locale », initié il y a un an. L’expression de « démocratie en panne », qui avait irrité nombre d’élus strasbourgeois n’est plus utilisée. Elle est remplacée dans la communication par un simple « souhait d’évolution des pratiques » de la part des Strasbourgeois engagés.

Pétitions citoyennes

La délibération a le mérite de mettre en place deux nouveaux mécanismes concrets. Celui de « pétitions citoyennes » qui seraient reconnues officiellement. Elles seront hébergées sur un site dédié de la Ville de Strasbourg à partir de juin.

Dès 500 signatures, c’est le droit à l’information. Le ou les porteurs de la pétition bénéficient d’un entretien avec l’élu ou les agents responsables du dossier, voire le maire.

À 2 800 signatures, soit 1% de la population strasbourgeoise, c’est le droit à une interpellation dans l’hémicycle du conseil municipal. Les porteurs de la pétition ont trois mois pour recueillir leurs soutiens.

Les concepteurs du Pacte (la municipalité revendique jusqu’à 700 élus, agents et citoyens, malgré un enthousiasme limité à certains ateliers) ont adopté une définition large du citoyen strasbourgeois : « tout personne qui vit ou a une activité à Strasbourg », même ceux qui n’ont pas le droit de vote comme les étrangers ou les enfants.

Les détails techniques pour éviter de gonfler les statistiques avec plusieurs comptes seront détaillés plus tard. De manière assez logique, il faudra que les pétitions portent sur une compétence de la Ville de Strasbourg.

Débats sur le nombre de signatures

Selon des citoyens participants, le seuil de signatures a occasionné des négociations directement avec le maire lors d’une séance de travail en mars. Roland Ries (PS) trouvait la jauge un peu basse. Elle était même de 2 000 initialement. Il est vrai que nombre de pétitions locales sur différents sites ont dépassé ce cap.

Ce mécanisme n’engage que la municipalité à y apporter une réponse. Étant donné que l’opposition relaie déjà certains sujets de mécontentement, reste à savoir si cela va réellement changer les pratiques des élus dans le processus qui aboutit à une décision municipale.

Il ne sera par ailleurs pas possible de revenir sur une décision passée. C’est ballot (ou pratique si on fait partie de la majorité), les délibérations impopulaires sont souvent dévoilées au dernier moment et votées très vite. Et les commentaires négatifs ainsi que les protestations apparaissent souvent une fois que leurs effets concrets sont vécus, comme sur le stationnement.

Et budget participatif

Deuxième nouveauté, un budget participatif à hauteur de 1% du budget d’investissement, soit environ 1 million d’euros pour 2019. Le principe, ce sont des projets soumis par des citoyens et un vote pour déterminer lesquels la municipalité finance. Les détracteurs de ces dispositifs estiment qu’ils profitent aux associations et citoyens déjà très organisés politiquement et financièrement, au détriment de citoyens plus modestes et éloignés de la politique locale. À Paris, le montant est de 5% du budget investissement depuis son instauration en 2014.

Pour l’adjointe au maire en charge de la démocratie locale Chantal Cutajar, le Pacte est bel et bien une rupture dans les pratiques strasbourgeoises :

« Ce n’est pas une charte de plus ou une déclaration. Il y a une originalité dans la méthode. Aucune démocratie ne peut marcher sans confiance. »

Ce n’est pas l’avis de l’ancienne maire Fabienne Keller (Agir) et de Thierry Roos, qui a par le passé mené des pétitions très efficaces de manière rapide. Dans un communiqué, les deux élus d’opposition se demandent si ce ne Pacte n’est pas un « faux semblant » :

« L’idée est séduisante. Et elle aurait de quoi ravir les habitants si, une fois mise en œuvre, les sujets relevés faisaient véritablement l’objet d’une concertation et de discussions.

Mais malheureusement, la liste des exemples de dénis de démocratie locale est bien trop longue : des conseils de quartiers lassés de n’exister que pour valider la politique municipale au mépris du mécontentement des strasbourgeois sur la politique du stationnement en passant par la non prise en compte de l’exaspération des habitants face à la bétonisation excessive de la Ville.

Nous craignons d’assister une fois de plus à l’instauration d’un dispositif « vitrine » que la municipalité pourra agiter à sa guise pour prétendre qu’elle prend en compte l’avis des strasbourgeois. »

Le Pacte évoluera par la suite avec diverses délibérations en juin et en octobre. Les 10 élus « En Marche » n’ont d’ailleurs même pas attendu son vote pour appeler à aller plus loin dans une tribune aux DNA. Mais les propositions les plus concrètes sont de doubler le conseil municipal en langue des signes et d’avoir davantage recours aux consultations numériques (comme sur la rénovation des quais ?). Ambiance…

Un bâtiment construit « à blanc » pour les institutions européennes

Autre grosse délibération, le lancement d’un bâtiment de bureaux face au Parlement européen, dans le nouveau quartier d’affaires Archipel. Ce bâtiment est construit « en blanc », c’est-à-dire sans acheteur ou locataire déterminé, financé par l’argent public des collectivités locales.

Il est à destination en particulier du Parlement qui pourrait y installer une partie de son administration ou d’autres institutions européennes (Commission, agences). Du côté de l’administration, un manque de place pour les bureaux des assistants a notamment été soulevé et les élus strasbourgeois aimeraient bien que cet immeuble soit la réponse. Les élus y voient une opportunité pour renforcer Strasbourg au sein de l’institution du Parlement européen, qui continue de préférer Bruxelles malgré des travaux importants et imminents au siège belge.

Tout neuf, pas cher

Après les terrains bradés à un euro pour des mesures sécuritaires, il est cette fois question d’une « diminution de la charge foncière » payée par les collectivités si le Parlement daigne utiliser ces locaux neufs. L’Union européenne n’a pas de prix, mais l’opposition est rarement virulente sur ces dossiers.

Roland Ries conçoit qu’il y a « un risque politique » à ce que le bâtiment ne suscite guère d’enthousiasme chez les institutions. En revanche, si ces dernières devaient adresser une fin de non-recevoir, le maire se dit guère inquiet sur le fait que ces locaux trouvent preneur auprès d’entreprises privées. Il laisse « entre deux et quatre ans » aux eurocrates pour se montrer intéressés.

À ce sujet, le président de la République Emmanuel Macron sera à Strasbourg mardi 17 avril. Il doit signer notamment le nouveau contrat triennal (voir nos articles), qui acte pour environ 150 millions d’euros sur 3 ans de co-financements de projets européens à Strasbourg. Au-delà de l’argent, une prise de parole forte sur la question du siège du Parlement, régulièrement remis en cause, est attendue.

La route du Rhin et les athlètes, en interpellation

Les 46 points à l’ordre du jour seront suivis de deux interpellations. L’une porte sur la route de Rhin, dont Fabienne Keller a plusieurs fois critiqué l’urbanisme « sans cohérence » le long de cet axe très pollué. Elle demande quels espaces verts « de respiration » sont prévus.

L’autre interpellation, de Jean-Philippe Maurer (à nouveau LR) demande des comptes sur une piste d’athlétisme co-financée à Offenbourg en Allemagne en 2010, à destination de sportifs strasbourgeois.

À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.

Les commentaires sur Twitter


Danielle Dambach est la nouvelle maire de Schiltigheim

Danielle Dambach est la nouvelle maire de Schiltigheim

Les Schilikois étaient à nouveau appelés aux urnes ce dimanche pour élire leur maire pour un peu moins de deux ans dans le cadre d’élections municipales partielles. À 19h45, les résultats ont placé l’écologiste Danielle Dambach largement en tête avec 54,5% des suffrages exprimés.

La liste menée par Danielle Dambach (écologiste) et Nathalie-Jampoc-Bertrand (PS) est arrivée en tête des élections municipales anticipées à Schiltigheim. Elle a récolté 54,5% des suffrages exprimés, soit 3 510 voix. Retrouvez ci-dessous le compte-rendu de la soirée électorale.

Demain, rendez-vous aussi à 15 heures pour le commentaire en direct du conseil municipal de Strasbourg.
C’est la fin de ce compte-rendu en direct. Merci à tous de l’avoir suivi et rendez-vous sur Rue89 Strasbourg pour l’article des résultats et d’analyse dès demain.
La future nouvelle maire de Schiltigheim, Danielle Dambach a annoncé que le conseil d’installation aurait lieu samedi.
Participation : 36,30%
Danielle Dambach et Christian Ball se félicitent mutuellement pour leurs campagnes (Photo Salem Slimani)
Christian Ball (LR) a reconnu sa défaite un peu avant 20h. (Photo Thibaut Vetter)
Christian Ball (LR) a reconnu sa défaite un peu avant 20h. (Photo Thibaut Vetter)
Christian Ball (LR) a reconnu sa défaite un peu avant 20h. (Photo Thibaut Vetter)
Nathalie Jampoc-Bertrand et Danielle Dambach savourent leur victoire (photo Salem Slimani)
Nathalie Jampoc-Bertrand et Danielle Dambach savourent leur victoire (photo Salem Slimani)
Christian Ball (LR) reconnaît sa défaite.
Dès lundi, les deux nouvelles élues de Schiltigheim donnent rendez-vous au Dinghof pour faire cesser les travaux de déplacement de cette ancienne bâtisse alsacienne.
BV 1 (mairie, centre-ville), définitifs : Danielle Dambach 250, Christian Ball : 103, Nuls : 7 360 bulletins
Sur la troisième centaine du Bureau 1 (qui compte 633 inscrits), Danielle Dambach obtient 208 voix, Christian Ball 85, 7 Nuls
Le bureau 10 est nettement majoritaire pour Danielle Dambach, avec 268 voix et seulement 92 pour Christian Ball. 6 Nuls.
Le bureau 2 place Danielle Dambach en tête avec 192 voix, Christian Ball avec 145 voix et 6 Nuls.
Bureau 17 : Dambach reçoit 73 voix, Ball 347, 8 Nuls
Premier résultats (Photo Salem Slimani)
Selon nos journalistes présents dans chacun des QG, une certaine fébrilité règne chez Christian Ball (LR), tandis que chez Danielle Dambach (écologiste), l’ambiance est plutôt à la confiance…
Bureau 3 : 251 voix pour Dambach, 187 pour Ball et 7 Nuls (définitif)
2e centaine de voix dépouillés au bureau 1 (qui en compte env 400) : 143 pour Dambach, 51 pour Ball et 6 Nuls.
Au QG de Danielle Dambach, les résultats sont pour l'instant encore trop serrés... (Photo Salem Slimani)
Au QG de Danielle Dambach, les résultats sont pour l’instant encore trop serrés… (Photo Salem Slimani)
Bureau 9 : Dambach a 139 voix, Ball 100.
Bureau 4 Excen : 159 pour Dambach, 161 pour Ball, 7 Nuls.
Bureau 13 : 140 voix pour Ball, 48 pour Dambach, 10 Nuls.
Au bureau 16 (Marais), 148 Dambach, 144 Ball sur 292 exprimés.
Sur la première centaine de bulletins dépouillés au bureau 1, 68 Dambach, 26 Ball et 6 Nuls.
Bureau 19, sur des résultats très partiels, avantage Dambach avec 60% des voix.
Au QG de Danielle Dambach et Nathalie Jampoc-Bertrand, on attend les premiers résultats...
Au QG de Danielle Dambach et Nathalie Jampoc-Bertrand, on attend les premiers résultats…
Le dépouillement a commencé dans le bureau 1 de Schiltigheim…
Bonjour à tous en bienvenue pour ce direct, à partir de 18h. La participation estimée à 16h est de 29,83%, soit un chouïa plus que le dimanche précédent pour le premier tour à la même heure (29,67%). À 11h, elle s’élevait à 11,93%, contre 11,5% une semaine plus tôt. La participation finale devrait donc être proche de celle du 1er tour (35,34%), ce qui semble indiquer que les électeurs du maire sortant Jean-Marie Kutner (retiré) et de la France insoumise (non-qualifiée avec 7,56% des voix) n’ont pas spécialement boudé les urnes pour autant.

Une nécropole de l’âge du fer découverte sur le tracé du GCO

Une nécropole de l’âge du fer découverte sur le tracé du GCO

Les fouilles archéologiques ont révélé la présence de vestiges sur le site de Griesheim-sur-Souffel sur le tracé du Grand contournement ouest (GCO). Une nécropole y a même été découverte. Rue89 Strasbourg a suivi une équipe de spécialistes qui travaillent sur place depuis janvier.

Les nostalgiques d’Indiana Jones seront déçus. Sur le chantier archéologique de Griesheim-sur-Souffel, sur le tracé du futur Grand contournement ouest (GCO), les chercheurs n’ont ni fouet ni mythique chapeau Fedora, mais des pelles et des casques de chantier. C’est Arcos, la filiale de Vinci concessionnaire du GCO qui est en charge des travaux où l’on croise des pelleteuses, des brouettes… et des pelles.

Travaux sur le site archéologique de Griesheim-sur-Souffel (Photo Salem Slimani – Rue89 Strasbourg – cc)

L’équipe est constituée d’experts multidisciplinaires, archéozoologues, anthropologues et céramologues. Pour Sébastien Goepfert, archéologue protohistorien et responsable des fouilles, « le site de Griesheim-sur-Souffel est exceptionnel ».

« Il y a eu des diagnostics archéologiques en amont au printemps. Ça consiste en des tranchées régulières pour connaître son potentiel archéologique. À partir de ces tranchées, la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) a demandé des fouilles expansives. Ce n’est pas une procédure systématique, mais la DRAC procède ainsi dans des zones dites sensibles. »

La première étape, c’est le décapage

Les archéologues ont démarré les fouilles en janvier 2018. La première étape est le décapage, explique Sébastien Goepfert :

« Au départ on creuse de 50 à 70 cm sous la surface pour atteindre le loess, le niveau jaune, dans lequel apparaissent les structures. »

Une structure est une construction artificielle due à l’homme. Le site de Griesheim-sur-Souffel est particulièrement riche en découvertes puisque les archéologues ont mis au jour un « enclos gaulois quasiment entier. On peut vraiment raisonner sur une échelle large. L’idéal est d’avoir des zones comme celle-ci, très expansives » se réjouit l’archéologue. Le site est exceptionnellement grand, mesurant précisément 3,4 hectares.

Les archéologues ont bien l’intention de retourner le site gaulois sur 3,4 hectares (Photo Salem Slimani)

Pour se donner une idée de ce à quoi devait ressembler cet enclos gaulois, « il faut plutôt imaginer des exploitations agricoles isolées, un peu comme les villas romaines, mais faites de torchis et de bois. »

Stéphanie, archéologue, procède a des relevés de coupes :

« On enregistre tout ce qu’on voit et on dessine la forme des structures des profondeurs. On travaille avec un GPS pour reprendre les points topographiques et les replacer sur un plan avec exactitude. »

La mode au service de l’archéologie

Le travail est long, minutieux, et les conditions météo ne sont pas spécialement favorables avec un vent qui bat cette plaine. C’est aussi ça le travail archéologique. Sébastien sillone la plaine avec un détecteur de métaux. Son utilisation est soumise à l’autorisation de la DRAC. Les fouilles sauvages au détecteur posent bon nombre de problèmes pour les archéologues. « Le problème est que les « détectoristes » détruisent des sites archéo en extrayant des objets. Ces objets aussi beau soien-isl n’ont alors plus de valeur scientifique. On a besoin de savoir d’où vient l’objet pour savoir pourquoi il est là. Un objet en métal nous donne une indication historique très précise. C’est par exemple le cas des fibules (épingles à nourrices bien décoré). A l’époque gauloise déjà « la mode évoluait très vite, ce qui nous permet de dater avec une grande précision l’époque. Ces informations nous sont précieuses ». « L’objet peut être vendu sur ebay pour une vingtaine d’euros mais il perd toute sa valeur scientifique, quel dommage ».

Six corps exhumés intacts

À 200 mètres des premières fouilles, les archéologues ont découvert une nécropole. Six corps ont été exhumés, parfaitement intacts et datant probablement du Hallstatt, le premier âge du fer. Le site daterait donc de -2000 ans à 0 avant Jésus Christ. La position des corps est particulièrement soignée. Les jambes et les bras sont parfois fléchis, comme en position fœtale.

Faut-il y voir une interprétation de cycle de la vie ? Les scientifiques se gardent bien de toute supposition à ce stade. Au cours de notre reportage, deux anthropologues découvrent un nouveau corps. On aperçoit le sommet d’un crâne, fragmenté. Sébastien rappelle que régulièrement d’autres ossements sont découverts, comme le corps d’un adulte avec son enfant, ou encore ce corps retrouvé avec une flèche plantée à l’arrière du crâne, dans une vertèbre. Des céramiques sont également découvertes, permettant de constituer davantage de témoignages issus du passé.

« L’âge du bronze et du fer est une période très intéressante car les textes sont absents, donc tout reste à découvrir, on a une vision plus objective que la vision historique, qui elle, est liée aux textes. Retracer l’histoire uniquement à partir d’objets demande à exploiter tous les indices », rappelle Sébastien en qualité de archéologue protohistorien.

L’archéologie, c’est 50% de terrain et 50% d’analyse

Mais le travail sur le terrain n’est qu’une partie de l’iceberg archéologique. Quoique spectaculaire, Sébastien relativise cette première étape :

« La fouille c’est très intéressant, mais ça représente environ 50% du travail. La seconde partie, c’est l’interprétation, on essaie d’élaborer des hypothèses, c’est l’exploitation des données qui est très intéressante… Ensuite on rend un rapport des fouilles. Notre premier travail en archéologie préventive est de donner toutes les infos, il y avait ça là, le profil était comme ça… Ça permet par exemple à un étudiant qui ferait une thèse d’exploiter ces données pour aller plus loin dans ses réflexions. »

Les fouilles doivent se terminer fin avril 2018. D’autres parcelles paraissent pourtant tout aussi intéressantes puisque dans le prolongement de ce premier site. En effet, à quelques mètres du site, on aperçoit un tracé conduisant jusqu’à la plaine opposé. Pour Sébastien, pas de doute, ce nouveau site s’inscrit dans la continuité, avec certainement d’autres reliques et d’autres sépultures.

Les opposants au GCO ont choisi de ne pas s’interposer physiquement sur ce type d’opération. Ils estiment que ces travaux ont un intérêt culturel et scientifique. Comme ils se déroulent dans les champs, ils n’ont pas d’effets irréversibles sur la nature. En revanche des diagnostics archéologiques sont aussi prévus en forêt, ce qui entraîne des coupes d’arbres à partir de septembre.

#griesheim-sur-souffel

Sélection à l’université : la voie royale

Sélection à l’université : la voie royale

Étudiants en lutte, anti-blocus… Rue89 Strasbourg a largement été occupé cette semaine avec l’opposition à la loi « Orientation et réussite des étudiants ». Un nouveau blocage a été voté en Assemblée générale pour lundi.

Premier album réussi de Les Mauvais Jours, des punks optimistes

Premier album réussi de Les Mauvais Jours, des punks optimistes

Rencontre avec Les Mauvais Jours, un quatuor d’indie punk rock de Strasbourg, énergique et optimiste. Ils reviennent d’une tournée en Europe et viennent de sortir leur tout premier album. Dix titres de bonheur sonore, un espoir mis en musique avec dynamisme, générosité et talent.

Lulu : Salut, pouvez-vous vous présenter ?

Sébastien, Matth, Tak et Simon : Salut, on s’appelle Les Mauvais Jours ! Sébastien est à la batterie, Matth à la basse, il s’occupe aussi des chœurs et des visuels du groupe, Tak à la gratte-chant et booking, et Simon à l’autre guitare-chant et aux (trop nombreux) effets.

Quand et comment le groupe est-il né ?

Le groupe est né en été 2015 quand More Dangerous than a Thousand Rioters, dans lequel Tak et moi, Simon, jouions à spliter. On avait tous les deux envie de monter un groupe indie emo punk, enfin un truc plus mélodique que MDTaTR. On a commencé à composer à deux et quand on a eu quelques chansons, on a demandé à deux très bons potes (Matth et Séb de Another Five Minutes) si ça leur disait de nous rejoindre, on a alors commencé les répétitions à quatre. Séb et moi jouons aussi dans The Boring. En bref, on se connait tous depuis pas mal de temps.

Les Mauvais Jours
Cinq bons amis qui partagent une même passion : la couleur verte pour les habits (doc remis)

Comment décrivez-vous vos musiques ? Quelles sont vos influences ?

J’imagine qu’on joue une sorte d’emo indie punk. Paraît que ça ressemble à You Blew It !, ou Sport avec une pincée d’American Football. Ce sont des vraies influences qu’on ne va pas renier, pour le coup.

Qu’est-ce qui est le plus important dans votre musique ? Qu’est-ce que vous cherchez à transmettre au public ?

D’un point de vue instru, le plus important est que ça nous plaise, déjà. C’est plutôt optimiste d’une manière générale, et même si certains textes sont baignés de mélancolie, ça reste joyeux. Allez, si on garde un mot, c’est Optimisme. Jusqu’au nom du groupe : « Les Mauvais Jours [finiront] », qui est extrait de La Semaine Sanglante, une chanson révolutionnaire.

Ça se passe comment un concert des Mauvais Jours ? C’est quoi l’ambiance ?

Jusqu’à présent, ça se passe bien ! On s’amuse, on essaie de pas faire trop de pains, même si c’est souvent cool que l’énergie prenne le dessus sur la justesse ! On fait gaffe aussi à ce qu’il n’y ait pas d’imbécile qui empêche le reste de l’assistance de passer un bon moment (violent dancing par exemple…) mais ce n’est pas encore arrivé.

En parlant concert, vous en avez déjà fait plein, avec de sacrées tournées ! Vous pouvez me les citer ? Quelles sont les dates les plus marquantes ?

On a fait une tournée cet automne avec les copains de Heavy Heart dans le Grand Est, Belgique, Nord de la France et on revient tout juste d’une tournée avec les potes de Traverse en Espagne/Portugal/Suisse (6 800 km au compteur en dix jours, j’entends encore le moteur en dormant). Toutes les dates de cette tournée étaient cool, on a été super bien accueillis, les orgas étaient au top, et c’était la première fois qu’on mettait les pieds dans ces coins de l’Europe en tant que groupe, et certains la première fois tout court !

Quant à la date la plus marquante, pour moi c’est sans doute la première, au Punkroutine Fest en 2016, à la maison. C’est à ce moment où on est devenu un groupe, à partager notre musique avec d’autres personnes, à présenter ce qu’on préparait depuis un an. La date à Lyon en janvier était également un super moment.

Les Mauvais Jours
De l’émo punk indie, ou de l’indie emo punk. Enfin, c’est punk quoi. (doc remis)

Pouvez-vous maintenant nous présenter votre premier album ? Ça fait longtemps que vous l’attendiez ?

Notre album a été enregistré au Domino’s Bar à Lemberg (57), un café associatif géré par des copains et copines, un lieu qui se bouge bien et qui organise des concerts, des petites conférences et des ateliers ; une sorte de petit poumon culturel de la région. On s’est sentis en confiance, presque à la maison, pendant les six jours de prises, ce qui est toujours top quand tu veux te focaliser sur les prises et arrangements.

C’est Ted Moody, un très bon ami et un mec adorable qui a fait les prises et le mix. Il a rapidement capté où on voulait en venir avec les chansons, puisqu’on baigne dans les mêmes courants musicaux depuis des années. Ces six jours ont été sportifs et il a vraiment tout donné pour que tout rentre à temps, et en gardant le sourire jusqu’au bout ! Le mastering a été confié à Jack Shirley de l’Atomic Garden Recording Studio. On avait déjà bossé avec lui pour MDTaTR et The Boring.

Il y a des parties bien pêchues (Dig, Panda) et d’autres plus douces (Spring City) et le fait qu’on ait enregistré tout en live permet d’avoir un rendu proche de ce que peut donner le groupe en concert.

On est très contents du rendu ! L’album n’a pas de titre, c’est sobrement un Self Title. Ça représente ce qu’est le groupe aujourd’hui, avec des chansons punk rock et d’autres plus mélo-emo-indie. On a hâte de les partager un max sur scène !

Pourquoi ce choix de pochette ?

Matthieu est graphiste et le design qu’il avait proposé pour les t-shirts collait bien avec le côté été / joyeux / innocence / maladresse qui représente assez bien l’esprit de la scène indie punk pour nous. La glace tombée au sol, ça correspond à la douce amertume de notre musique, le côté fun et le côté mélancolique. Le fait de commencer un groupe d’indie punk avec ses potes, c’est frais, c’est nouveau, c’est excitant, comme découvrir un nouveau parfum de sorbet vegan ! La pochette reprend tout simplement le thème, en lien direct avec le groupe (Self Title, hehe).

Qui écrit les paroles ? Est-ce que vous vous inspirez de votre vécu ?

Tak et moi écrivons les paroles. Plutôt chacun sur ses compos, mais il y a des paroles en commun aussi. Beaucoup de textes se basent sur du vécu, voire racontent carrément des expériences telles quelles. Il n’y a pas réellement de textes déprimants, toujours une note d’espoir, d’humour ou… d’optimisme.

On n’a pas créé de personnage, juste raconté ce qu’on connaît. Peut-être que le prochain album sera un récit historique révolutionnaire sur fond d’heroic fantasy, on verra.

Ce qui est plus probable, c’est que ça parle de phénomènes sociaux, comme Steps sur cet album, de politique vu qu’on reste attentifs à ce qui se passe, et de plus en plus ces dernières années. Comment faire autrement ?

#Punkroutine Fest

Au marché de la Krutenau, Pierre Le Crieur déclame les petits mots des passants

Au marché de la Krutenau, Pierre Le Crieur déclame les petits mots des passants

Un mercredi matin sur deux, les habitués du marché de la Krutenau à Strasbourg ont le droit au spectacle de Pierre Le Crieur. Ce comédien déclame à haute voix les petits mots que les habitants laissent à son intention.

Il est là depuis le 31 janvier, un mercredi sur deux. En costume, Pierre déclame à la foule sur le marché quelques bons (ou moins bons) mots à midi. D’où sort-il ces blagues, coups de gueule, annonces, et déclarations d’amour ?

Je reçois « 30 à 50 messages par quinzaine », explique le comédien quelques minutes avant de débuter. Comment ? Dans des boîtes déposées dans les bars du quartier de la Krutenau à Strasbourg : le Local, Mémé dans les orties, le Café bretelle, le Marché bar et bien sûr le jour-même, place de Zurich, où il tient une petite place entre un stand d’olives et un boucher :

« Je ne fais pas de censure, sauf les insultes personnelles. On peut parler d’un événement, d’une association, tant que ça n’a pas un caractère trop commercial. Le but, c’est de se dire en vrai les choses qu’on ne se dit plus que sur Facebook. »

Entre deux stands, Pierre crie une déclaration d’amour laissée par un passant. Pas sûr que l’intéressée ait reçu le message et retrouvé le signataire. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Peu de messages engagés

Après quatre séances, quels sont les petits mots qui ont le plus surpris Pierre ? « Emma Fritsch, je t’aime ! », une déclaration non signée, ou encore « Jacques Chirac président ! »

À demi-mot, le comédien semble un peu regretter la teneur des messages dans ce quartier à la réputation « engagée » :

« J’ai peu de message politiques et beaucoup de messages poétiques. »

Sur une mini-estrade, Pierre enchaîne avec aisance. Il met le ton, improvise, salue les passants. Le monde attire le monde et jusqu’à une vingtaine de personnes regardent le spectacle d’un quart d’heure. Quelques uns sont déjà des habitués.

C’est au moment de remercier le public à l’issue du show (à découvrir dans la vidéo en tête de cet article) que Pierre a la voix un peu cassée. Le spectacle se conclut par un petit tour de chapeau, pour ceux qui voudraient laisser une pièce.

Fessenheim : les contours de la fermeture se précisent

Fessenheim : les contours de la fermeture se précisent

L’avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim après sa fermeture se précise à petit pas. Le secrétaire d’État à la transition énergétique est notamment venu annoncer un appel à projet sur le photovoltaïque dans le département du Haut-Rhin.

Le secrétaire d’Etat à la transition énergétique Sébastien Lecornu est revenu en Alsace pour un séjour de travail autour de fermeture de la central nucléaire de Fessenheim. Changement notable depuis son premier passage fin janvier, l’Allemagne, qui a longtemps fait pression pour sa fermeture, a de nouveau un gouvernement ce qui décante un peu les discussions.

Les annonces ont été cependant limitées. La principale concerne un appel à projet pour des panneaux photovoltaïques à l’échelle du département du Haut-Rhin et non à l’échelle nationale comme il est d’usage.

Cet appel qui doit être publié fin 2018 porte sur 200 MW pour des centrales au sol, notamment sur les bassins potassiques et des terrains dans le sud du département. L’enjeu est de ne pas « rogner des terres agricoles ». S’ajoute à cela 100 MW sur les toitures de bâtiments (fermes, bâtiments publics, base militaire). Au total, c’est un tiers de la puissance électrique d’un des deux réacteurs (900 MW chacun) de la centrale. Les citoyens pourraient y souscrire via un financement participatif.

Sébastien Lecornu a promis que « l’État va effort sur le prix de rachat d’électricité ». Sébastien Lecornu voulait même dévoiler ce tarif en conférence de presse avant qu’un représentant d’EDF lui demande de ne pas le faire.

Fermeture « actée »

Sébastien Lecornu a répété que la fermeture est « actée » quand bien même la nouvelle centrale à Flamanville en Normandie pourrait prendre – encore – du retard. Plusieurs élus haut-rhinois avaient demandé un report de la fermeture à 2021 après le premier déplacement du sous-ministre. Même si cette demande n’a pas l’air d’être à l’ordre du jour, les élus locaux parlent donnent l’impression d’être satisfaits des échanges.

Il repart d’ailleurs sans qu’une grève soit annoncée, malgré les fortes oppositions des salariés sur place :

« J’ai trouvé de la maturité et du sérieux des organisations syndicales qu’elles qu’elles soient. Aucune ne m’a dit qu’un report de l’ouverture de Flamanville entraînerait un report de la fermeture de Fessenheim. »

Que va devenir la centrale nucléaire de Fessenheim et ses employés ? (Photo Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc)

Pour rappel, le comité de pilotage travaille sur la manière d’accompagner les salariés et sous-traitants, ainsi que leurs famille, trouver des compensations fiscales à la commune et au département (ce qui sera négocié dans la loi de finance à l’automne) et faire une zone économique franco-allemande entre Colmar, Fribourg et Mulhouse à fiscalité « attractive ».

Une Sem et un pont

Concernant l’aménagement à venir de ce triangle, il serait géré par une société d’économie mixte (Sem) avec les collectivités locales, les chambres consulaires, les autorités allemandes, la Caisse des dépôts et l’État. Autre volonté franco-allemande réaffirmée dans le cadre de cette zone, celle d’un pont routier et ferroviaire entre Fribourg et Colmar.

Sébastien Lecornu ne reviendra qu’en septembre pour un nouveau « comité de pilotage », qui rassemble toutes les parties prenantes (plus de 90 membres). Il passe en partie la main à un délégué interministériel, David Coste. Ce dernier sera basé à Paris mais doit venir régulièrement en Alsace.

Voir l’intégralité de la conférence de presse

Des festivités pour changer l’image de l’Elsau, son principal problème selon Roland Ries

Des festivités pour changer l’image de l’Elsau, son principal problème selon Roland Ries

La Ville de Strasbourg vient de lancer Els’Oh, une série de festivités pour les « 50 ans d’urbanisme et de cultures urbaines à l’Elsau ». Devant le centre social et culturel du quartier, le maire Roland Ries a insisté sur la nécessité de changer l’image de l’Elsau. Mais rien sur le projet de rénovation…

« Wesh qu’est ce qui se passe dehors? C’est quoi ces gens bizarres ? Ça fait peur.Y’a que des gens de bureaux. » À l’intérieur du centre social et culturel (CSC) de l’Elsau, un jeune homme s’étonne face à la cinquantaine de personnes en costume dehors. En effet sur le parvis du CSC, le maire de Strasbourg Roland Ries, en costume donc, vient d’inaugurer « Els’Oh! », une série d’événements pour fêter les « 50 ans d’urbanisme et de cultures urbaines à l’Elsau ». Entre avril et octobre, des conférences, expositions et des fêtes auront lieu dans le quartier à l’occasion de ses cinquante ans.

Roland Ries : « L’Elsau est avant tout mal connu »

Une exposition sur l’histoire du quartier a été installée en face du CSC. Une quinzaine de pancartes informent sur « l’Elsau valorisé par l’arrivée du tramway » (dommage, la fréquence va diminuer avec le détournement de la ligne F vers Kœnigshoffen) ou « les activités d’hier à aujourd’hui ». Sur ce dernier panneau, le public appréciera une photo des « commerces de proximité de la rue Watteau ». Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), commence le discours par une pointe d’humour :

« Vous remarquerez qu’il y a une faute dans le nom du programme : Els’Oh! Pourquoi « Oh » ? Parce que l’Elsau a quelque chose à nous dire. […] Beaucoup disent qu’il ne ferait pas bon vivre dans le quartier. J’ai la conviction que l’Elsau est avant tout mal connu. »

Le maire de Strasbourg souhaite « changer l’image du quartier ». (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Une déambulation de 20 minutes

L’allocution était précédée d’une « déambulation pour découvrir l’histoire de ce quartier ». La promenade a duré une vingtaine de minutes. Entre l’école Léonard de Vinci et le CSC, le trajet faisait 450 mètres. Le groupe d’une cinquantaine de personnes s’est arrêté sur la place Nicolas Poussin pour écouter une historienne. « Elle en sait des choses », approuve le maire en se dirigeant vers le lieu de son discours.

Le maire, Roland Ries, Luc Gillmann, adjoint au maire en charge du quartier de l’Elsau et Mathieu Cahn, adjoint au maire en charge de la politique de la Ville, ont participé à l’inauguration du programme « Els’Oh! »

L’ancien adjoint au quartier, toujours conseiller départemental, Eric Elkouby (PS), est aussi présent pour « fêter les 50 ans du quartier ». Un peu en retrait, il se montre critique à l’égard de la situation de l’Elsau et de l’inauguration des festivités :

« Je regrette que les habitants de l’Elsau aient été aussi peu associés à ces événements. Tout au plus, y a-t-il quelques acteurs associatifs et des habitants de la zone pavillonnaire. »

Le maire a la conviction que le quartier est avant tout mal connu (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

« Pour l’instant, il n’y a rien de fait »

À la fin de la cérémonie, une habitante du quartier ne peut s’empêcher de souffler : « Pour l’instant, il n’y a rien de fait. » Elle espérait avoir quelques informations supplémentaires sur les travaux de rénovation du quartier, maintes fois annoncés, maintes fois retardés. Mais le programme de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) pour l’Elsau n’a pas encore été fixé, selon le vice-président de l’Eurométropole en charge de la politique de la Ville, Mathieu Cahn (PS). Aujourd’hui encore, il reste prudent sur la mise en oeuvre du projet :

« En décembre 2018, le comité d’engagement de l’ANRU devrait avoir lieu [pour permettre de déterminer les contributions financières de chaque acteur du projet, ndlr] Mais plusieurs décisions étatiques retardent la rénovation du quartier. La loi PACTE [qui sera présentée le 18 avril en conseil des ministres, ndlr] pourrait réduire la participation des petites entreprises à l’effort de construction… »

« Le grand point d’interrogation »

Claude et Monique habitent l’Elsau depuis 1983. Résidents d’un immeuble de la rue Rembrandt, ils attendaient des élus de la Ville quelques informations sur le futur du quartier :

« On voulait en savoir un peu plus sur la rénovation de l’Elsau. Pour l’instant, pour les commerces, c’est le grand point d’interrogation. Il n’y a rien de fait. »

Sur les commerces, le maire de Strasbourg et l’adjoint en charge du quartier se défendent de toute responsabilité. Lors d’une conférence de presse, en début d’après-midi, Luc Gillmann rappelle :

« Le bâtiment de l’ancien Leclerc est une propriété privée. Le propriétaire est en lien avec les enseignes. Nous ne pouvons rien faire si ces acteurs ne parviennent pas à un accord. »

La conférence de presse s’est tenue dans l’école élémentaire Léonard de Vinci.

Dans le public, une personne conclut à voix haute : « En gros, on en est au point mort dans les négociations ». Roland Ries nuance : « Le projet est en gestation. » Le maire sera de retour à l’Elsau le 16 juin, pour la fête de quartier.

Pour les cinquante ans de l’Elsau, une banderole décore une partie de l’immeuble du 2 rue Mathias Grünewald.

Mouvement étudiant : Michel Deneken cherche à éviter de nouveaux blocages

Mouvement étudiant : Michel Deneken cherche à éviter de nouveaux blocages

Le président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken, a de nouveau écrit aux étudiants vendredi matin. Dans un message communiqué à la presse, il prend acte de la volonté exprimée en assemblée générale du mouvement étudiant jeudi de reprendre le blocage des bâtiments du Patio et du Nouveau Patio, situés sur le campus principal de l’Esplanade. Les « étudiants en lutte » manifestent depuis plusieurs semaines contre la loi Orientation et réussite étudiante (ORE) qui instaure une orientation des bacheliers que les étudiants assimilent à une sélection.

Michel Deneken a déjà fait intervenir la police plusieurs fois, au Palais universitaire et sur le campus de l’Esplanade, pour évacuer des locaux occupés par les étudiants ou faire cesser des blocages. De leur côté, les étudiants ont invité Michel Deneken à venir s’exprimer en assemblée générale. Jusqu’à présent, ce dernier a toujours refusé mais certains de ses vice-présidents sont allés défendre la loi ORE auprès des étudiants mobilisés (voir nos articles précédents).

Michel Deneken (Photos Claude Truong-Ngoc / Wikimedia commons / cc)

Étudier les motions votées

Dans son dernier message, Michel Deneken propose donc à « trois ou quatre étudiants représentants de ce mouvement » de prendre contact avec lui afin de présenter les motions votées en AG et d’en discuter. Pour mémoire, outre le blocage et le retrait de la loi ORE, les étudiants ont appelé l’Université à demander la dissolution du Bastion Social et à « banaliser » les cours et examens de la journée du 19 avril, pour en faire une journée de débat autour de l’accès aux études supérieures.

Stéphane Roth, nouveau directeur du festival Musica

Stéphane Roth, nouveau directeur du festival Musica

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Commerces des centres-villes : une étude pour « éviter les bavardages »

Commerces des centres-villes : une étude pour « éviter les bavardages »

Comment se porte réellement le commerce au centre-ville de Strasbourg, mais aussi dans ses quartiers et dans les 32 communes voisines de l’Eurométropole ? Une étude vise à y voir plus clair.

La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), l’Eurométropole de Strasbourg et le groupement commercial du Bas-Rhin ont présenté mardi 10 avril une étude fine sur la situation des commerces dans les 33 communes de l’agglomération. Sa publication intervient quelques semaines après l’annonce d’un plan de 5 milliards d’euros sur 5 ans du Gouvernement, où Strasbourg ne figure pas contrairement à d’autres villes alsaciennes (Haguenau, Saverne, Colmar, Mulhouse et Guebwiller) comme 222 en France.

Données croisées

L’étude consiste à croiser des données de l’Eurométropole (nombre de logements, évolution, etc.), de la CCI (ouverture et fermeture de commerces, type d’entreprises enregistrées) ou encore de l’Insee (part de CSP+ ; évolution de la population…). Au vu des résultats, les différents commanditaires les interprètent comme un satisfecit de leur actions depuis plusieurs années (le contraire aurait été étonnant). Même si « tout n’est pas parfait », la situation est « plutôt bonne, » assurent-ils. La surface commerciale a augmenté de 1,2% en cinq ans alors que la population a augmenté de 1,9% dans l’Eurométropole. Les acteurs parlent ainsi de « densité maîtrisée ».

Les mètres carrés refusés

Les élus se félicitent d’avoir refusé 200 000 m² de nouvelles surfaces commerciales dans le Plan local d’urbanisme intercommunal (sur 15 ans) voté fin 2016 pour les limiter à 65 000 m², dont 45 000m² à Vendenheim et une part conséquence pour la Vigie. Selon les commanditaires, un des enjeux futurs est de prévoir quelques espaces commerciaux au pied des nombreux projets immobiliers prévus. L’étude réalisée par le cabinet Ledoux & associés consiste notamment à distinguer 4 critères déterminants : habitat, services, identité et économie. Et pour chaque centre, ou quartier, distinguer les forces et faiblesses.
Il ne faut pas s’inquiéter pour les commerces à Strasbourg jurent les responsables (photo Valentin R. / Zéphyrios /cc)

Fin des « bavardages » ?

Pour le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS), les données issues de ces travaux permettront entres autres « d’éviter les bavardages qui ont lieu dans nos assemblées ». L’élu strasbourgeois vise ici les critiques de commerçants, relayés par plusieurs groupes politiques (la droite et La Coopérative notamment) au sein de l’hémicycle eurométropolitain. Nombre de voix se sont élevées contre l’extension de la zone commerciale de Vendenheim qui ferait de la concurrence au centre-ville strasbourgeois. L’étude conclut à un taux de vacances de seulement 4% dans le centre-ville de Strasbourg, soit le seuil pour un roulement normal. Il est vrai que le débat strasbourgeois sur le commerce de centre-ville s’est jusqu’alors déroulé autour de ressenti, même s’il est avéré au niveau national que les zones commerciales minent les commerces des centres historiques (d’où le plan du gouvernement). Les conclusions doivent guider l’action des élus mais aussi des commerçants. « Par exemple, 40% des habitants n’habitaient pas Strasbourg il y a 5 ans », pointe Catherine Salomon, vice-présidente de la CCI en charge du commerce. Cette donnée vise à revoir certains enjeux pour la fidélisation de clients.

Les quartiers qui vont bien et ceux qui souffrent

L’étude sépare 11 quartiers de Strasbourg, et les centres-ville des bourgs de la première couronne et de la deuxième couronne. À ce petit jeu, le centre-ville de Strasbourg s’en sort avec une note de 13,8 sur 20. La moyenne strasbourgeoise est de 12,6. Le centre-ville est dépassé par la Robertsau et Cronenbourg (15 chacun). Neudorf est aussi « dans le vert » (voir la page 17 de l’étude ci-dessous). À Strasbourg les quartiers de la Meinau, l’Elsau (avec les conséquences dont Rue89 Strasbourg traitait ici) et le Port-du-Rhin sont les moins attrayants pour les commerces.

Centres de la deuxième couronne en souffrance

Peu éloignés de la zone commerciale de Vendenheim, les centres de Mundolsheim et Reichstett tirent la langue. En deuxième couronne, plus de communes (8) présentent une attractivité « dans le rouge », notamment les plus petites : Niederhausbergen, Blaesheim, Lampertheim, Hangenbieten, malgré leurs nouveaux habitants. Eckwersheim, Kolbsheim Osthoffen cumulent aussi des difficultés similaires avec moins de potentiel d’habitants. Wolfisheim présente la situation la plus critique avec une démographie peu dynamique. Pour le vice-président à l’artisanat et maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog (divers droite), l’étude est avant tout « un outil dont les maires peuvent se saisir, ou non. Soit pour développer des commerces ou estimer qu’il y a ce qu’il faut dans les communes voisines pour ses habitants. » L’étude pourrait être répliquée dans d’autres villes pour disposer de données comparatives.

La synthèse de l’étude