La Vélorution est de retour ! Les Strasbourgeois sont invités à manifester sur leur vélo ce vendredi 1er juin pour militer en faveur de ce moyen de transport écologique et inciter la municipalité à réaliser des aménagements pour les cyclistes. Le collectif Vélorution qui renaît de ses cendres vise en particulier l’avenue des Vosges. La balade-manifestation des deux roues partira de la place de la République à 19 heures.
Malgré des distinctions et des statistiques favorables, certains grands axes de Strasbourg restent dépourvus d’aménagements cyclables. Ces lacunes mécontentent des cyclistes strasbourgeois, poussés à rouler sur le trottoir comme sur l’avenue Jean-Jaurès, la route du Polygone ou encore l’avenue des Vosges. C’est précisément sur cette dernière artère de Strasbourg que le collectif Vélorution veut inciter à la création d’une piste cyclable. Lundi 28 mai, ses militants ont même dessiné des vélos éphémères sur la chaussée, afin de matérialiser leur revendication.
Et vendredi 1er juin, le collectif Vélorution appelle à enfourcher la bicyclette pour manifester au départ de la place de la République à 19 heures. L’événement est soutenu par onze organisations, telles que CADR 67 Strasbourg, GCO non merci, Alternatiba Strasbourg ou encore Bretz’Selle. Les organisateurs espèrent rassembler au moins 200 personnes.
Le parcours de la manifestation a pour but de faire rouler les participants sur des axes difficiles pour les vélos, et rappeler que les voies de circulation doivent être partagées en ville. Après l’avenue des Vosges, direction les boulevards du quartier gare et les abords de la Petite-France (voir la carte ci-dessous).
Le collectif renaît de ses cendres
Le collectif strasbourgeois est autonome mais de nombreux mouvements Vélorution existent partout en France et dans le monde. Formé il y a plus ou moins cinq ans, il est longtemps resté inactif suite notamment aux départs de certains de ses membres les plus actifs. Mais depuis janvier, il s’est renouvelé et une toute nouvelle équipe d’une dizaine de personnes est en place.
Maxime Orhon en fait partie. S’il convient que la politique de la municipalité de Strasbourg est volontariste, il estime que l’on peut progresser davantage :
« On parle peu du fait que Strasbourg est classée dans les dix dernières villes concernant les conflits cyclistes/piétons. L’avenue des Vosges est symptomatique de cette situation. Bien souvent, on remarque que la politique vélo se fait au détriment des piétons plutôt que des voitures. À Strasbourg, il faut au moins que la moitié des voitures dégagent ! »
La fédération des usagers de la bicyclette (Fub) a réalisé une enquête nationale sur l’année 2017 et plus de 2 500 Strasbourgeois se sont exprimés. Le collectif a ensuite analysé près de 1 000 commentaires. Résultat : un tiers des répondants estiment que l’avenue des Vosges est l’endroit le plus problématique pour l’utilisation du vélo à Strasbourg. Une situation qui agace Maxime Orhon :
« L’existence d’une route à cinq voies sans place pour les mobilités actives au cœur de Strasbourg, à quelques mètres d’un quartier classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco est un pur scandale. »
Des actions concrètes
L’objectif est donc d’exiger qu’une place soit accordée aux cyclistes sur cette artère, qui s’étend sur 1,2 km et sur laquelle 2,5 mètres de part et d’autres sont consacrés aux piétons, contre et 25 mètres aux voitures (places de stationnement comprises).
Marquage du collectif Vélorution sur l’avenue des Vosges le 28 mai 2018. (Photo : Sophie Dupressoir / doc remis)
À l’avenir, le collectif souhaiterait diriger ses actions vers les quartiers en périphérie de Strasbourg comme le Neuhof, Hautepierre, Neudorf, Kœnigshoffen car il est selon eux souvent difficile de relier le centre-ville depuis ces quartiers.
Un collectif pour « Réinventer l’avenue des Vosges »
Un tout nouveau collectif partage les ambitions de Vélorution : « Réinventons l’avenue des Vosges » s’est formé il y a environ deux mois et réuni une quinzaine de personnes parmi lesquelles des habitants, des riverains, des familles et des personnes travaillant sur l’avenue. Ils ont décidé de se mobiliser pour rendre ce grand axe agréable à… vivre.
Des discussions ont déjà eu lieu et le collectif organise une réunion d’information publique jeudi 7 juin au restaurant l’Atelier, avenue des Vosges. Pour Sophie, l’une des membres fondatrices du collectif, l’avenue des Vosges est « un peu l’oubliée des aménagements de la ville ». Elle explique que certaines personnes au sein du collectif ont connu l’avenue de la Paix avant l’arrivée du tram et ses pistes cyclables. Ils en mesurent les avantages aujourd’hui. Elle souhaite un meilleur partage de l’espace :
« On est pas des acharnés contre la voiture, on l’utilise aussi au quotidien. »
La circulation intensive de l’avenue crée aussi des problématiques de pollution sonore. Avec le passage de nombreux poids lourds, certains habitants ressentent des vibrations en permanence. En outre, des médecins membres du collectif alertent sur les risques sur la santé, car l’avenue des Vosges est le deuxième axe le plus pollué de Strasbourg après l’A35.
Cette revendication intervient à moins de deux ans des élections municipales de 2020, à une époque où tous les projets du mandat sont engagés. La question pourrait s’inviter dans la campagne électorale, qui semble avoir déjà débuté.
En pleine polémique autour de l’inefficacité de la plateforme d’accès aux études supérieures, Benoît Tock, vice-président chargé de la formation à l’Université de Strasbourg, a voulu répondre aux nombreuses critiques visant Parcoursup.
11 046 places disponibles en première année à l’Université de Strasbourg (Unistra) pour… 68 562 demandes : c’est ce casse-tête que la plateforme Parcoursup a tenté de résoudre pour sa première année de fonctionnement. Mais le site internet qui prend la suite d’Admission post-bac (APB) ne fait pas l’unanimité.
Principale critique faite à Parcoursup, celle de procéder à une sélection déguisée, en hiérarchisant les profils via un système complexe et opaque mêlant notes, appréciations de professeurs, dossier scolaire et lycée d’origine. En outre chaque étudiant peut candidater auprès de dix filières, sans qu’il lui soit possible de hiérarchiser ces voeux. Le vice-président de l’Unistra en charge de la Formation, Benoît Tock, réfute ces accusations :
« La sélection, c’est le droit de dire non. Cela existe déjà dans l’enseignement supérieur, mais uniquement dans des filières comme les classes préparatoires aux grandes écoles. Le cas de l’Université est différent : les licences n’ont toujours pas le droit de dire « non » aux lycéens qui les choisissent. Cependant, il est possible que certains étudiants n’aient pas l’affectation qu’ils souhaitent au terme du processus. »
Au 29 mai à 8h, 3 975 étudiants ont été casés définitivement à Strasbourg. Les admissions se débloquent au fur et à mesure des désistements, et les places sont réattribuées tous les jours aux candidats, qui doivent donc surveiller chaque jour la plateforme et confirmer leurs choix de plus en plus rapidement.
« Le bac reste le seul critère d’entrée à l’université »
Pour les étudiants sans affectation, des recours sont prévus. Ils peuvent saisir la commission académique d’accès à l’enseignement supérieur, une instance chapeautée par le Rectorat de Strasbourg, créée pour l’occasion et qui étudiera les candidatures au cas par cas.
Reste que pour Benoît Tock, Parcoursup a permis de simplifier l’accès aux filières dites « en tension ». Elles se caractérisent par un nombre trop important de demandes par rapport aux places disponibles, limitées par les infrastructures (informatique, gymnases…). Pour appuyer son propos, il évoque la licence Staps (Science et technique des activités physiques et sportives), pour laquelle des cours ont dû être improvisés à l’extérieur lors de la dernière rentrée :
« Nous avons 540 places ouvertes pour l’année prochaine, 260 étudiants ont déjà validé leur venue. Il en reste 913 en attente, mais nous savons que tous ne choisiront finalement pas d’aller en Staps, et sont seulement en attente de places dans d’autres filières. »
L’accès à l’Université de Strasbourg revient à décrocher la Lune pour certains bacheliers… (Photo François Schnell / FlickR / cc)
L’objectif de l’Unistra est d’arriver à un résultat similaire mais pour Benoît Tock, il est encore trop tôt pour esquisser un bilan de Parcoursup à Strasbourg :
« La qualité de Parcoursup doit s’observer sur le long terme, à l’aune des résultats que le système produit en termes de réussite des étudiants. Dans quelques années, on pourra peut-être en tirer des conclusions. »
En attendant, des centaines de milliers étudiants continuent d’attendre des signes positifs de Parcoursup…
Le cercle de silence de Strasbourg, une initiative citoyenne visant à dénoncer les traitements réservés aux migrants, entre dans sa dixième année mercredi. Ses organisateurs cherchent à relancer un mouvement qui s’étiole lentement.
Aux yeux des profanes, la manifestation peut sembler curieuse. Chaque 30e jour du mois, de 18h à 19h, quelques dizaines de personnes se rassemblent en rond, debout et sans bruit, au milieu de la place Kléber à Strasbourg. Mercredi 30 mai, les Cercles de silence auront 10 ans. Par leur mutismes, les participants entendent manifester leur opposition à la politique migratoire de la France. Pour Charles Boubel, l’un des coordinateurs du mouvement, le Cercle de silence cherche à replacer l’Homme au centre des choix politiques :
« On veut mettre en lumière des histoires personnelles. On considère que les conditions de vie des migrants ne font pas l’objet d’une couverture médiatique satisfaisante. »
Les militants revendiquent un traitement en accord avec le droit international des réfugiés, ainsi qu’une fermeture des centres de rétention administrative. Dans ces prisons qui ne disent par leur nom, les sans-papiers sont maintenus en attendant leur éventuelle expulsion. Leur existence a notamment valu à la France de nombreuses condamnations par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. L’idée du Cercle de silence est née fin 2007 dans l’esprit d’Alain Richard, moine franciscain de Toulouse. On compte à ce jour une centaine d’initiatives similaires en France, dont 9 à travers l’Alsace.
Cercle de silence en mars 2010 (Photo Vincent Hanrion / doc remis)
« Les présidents passent, la politique reste »
Bien que l’événement continue d’avoir lieu sans faute à chaque date fixe, les organisateurs déplorent une baisse de la fréquentation. Le mouvement profitait à ses débuts du soutien d’une partie du tissus associatif strasbourgeois, qui l’a délaissé petit à petit. De moins en moins de personnes se rendent aux réunions mensuelles, selon Barbara Calligaro, l’une des coordinatrices présente au Cercle depuis sa création en 2008 :
« On est passé d’une centaine de personnes il y a quelques années à moins de 40. Et il y a beaucoup plus de gens âgés. Les jeunes sont présents de temps en temps, mais ils ne restent pas avec nous longtemps. »
La faute, selon Sylvie Zorn, faisant partie du noyau dur du mouvement, à une certaine lassitude :
« On est très déçu, on a l’impression que notre action ne donne rien, qu’elle ne produit aucun résultat. Les présidents passent mais les politiques de répression ne changent pas… Au contraire, elles se durcissent même ! »
Sa motivation, Sylvie Zorn la trouve dans la réaction des gens :
« Les réactions virulentes sont rares. Le plus souvent, des gens nous questionnent et passent quelques minutes avec nous, puis ils peuvent finir par nous rejoindre. Nous sommes des veilleurs, notre mission, c’est de rappeler que ces détentions, ces renvois, cette chasse permanente se fait sans le consentement d’une partie de la France. »
Malgré cette usure, malgré les défaites politiques et la poursuite des expulsions, les militants du Cercle de silence restent mobilisés. Mercredi, ils se jureront de rester encore dix ans s’il le faut.
Des habitants du quartier des écrivains de Schiltigheim manifestent leur ras-le-bol en rédigeant une pétition à l’encontre du bailleur social, Opus 67. Entre les problèmes de chauffage, le manque d’isolation et un taux d’humidité important dans certains logements, les habitants attendent depuis longtemps une rénovation de leurs appartements. Mais elles sont reportées en attendant une grande opération nationale… remise à plus tard.
Marguerite Schwartz habite depuis 42 ans dans la cité des Écrivains, un quartier populaire de Schiltigheim. Elle et Christine Douvier, autre habitante du quartier, sont à l’initiative de 226 courriers de protestation adressés au bailleur social Opus 67 (Office public d’urbanisation sociale du Bas-Rhin), propriétaire de la majorité des logements de cette cité. Au cœur de leurs revendications, le froid et l’humidité des appartements du quartier :
« Tout le monde a froid dans l’immeuble. Opus nous dit de mettre le chauffage sur 5, mais quand on le met il siffle dans tout l’immeuble. Du coup, on est obligé de le baisser à 3. Et à ce moment là, il est froid. On n’a jamais 20 degrés dans l’appartement en journée. C’est pour cela, que tout le monde s’est équipé d’un chauffage électrique d’appoint. Je paie 75€ tous les mois d’électricité avec 150€ de régularisation de charges en fin d’année à cause du chauffage. »
Mais Opus 67 dit attendre la réponse de l’État, dans le cadre d’une rénovation du quartier pilotée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Du coup, le 6 mars, Marguerite Schwartz et Christine Douvier ont écrit… au président de la République, Emmanuel Macron. Ce courrier a reçu comme réponse la visite en mars du préfet du Bas-Rhin, Jean-Luc Marx. Lequel a renvoyé le dossier… au bailleur social.
Opus 67 : « Rien ne sera fait avant la rénovation »
Pour les habitants, le quartier des Écrivains est comme un « village » où existe une solidarité entre les habitants, comme l’explique Christine Douvier :
« Ce que nous voulons c’est garder les logements, car les habitants y mettent beaucoup d’argent. Ici c’est un quartier familial, c’est très rare d’avoir cette ambiance à Schiltigheim. Entre voisins, on s’entraide, on a tous nos repères. Pour vous dire, on peut même laisser les portes ouvertes, personne ne vole. »
Une habitante du même immeuble détaille la chambre de ses enfants, dans le logement qu’elle occupe depuis 2010 :
« C’est la chambre de mes deux filles. Le mur est complètement imbibé d’eau. Il y a énormément d’humidité. En hiver, le papier peint fait des bulles. J’ai fait venir un expert par mon assurance. J’ai remis l’expertise à Opus, qui a ensuite envoyé l’un de ses agents. Il m’a dit qu’Opus ne pouvait rien faire avant la rénovation… Mais le problème c’est que l’on n’a pas de date pour cette rénovation. »
Dans la salle de bain, des problèmes de moisissures qui subsistent depuis 8 ans :
« On vit toujours avec un pot de peinture, c’est devenu une habitude. Je ne fais que repeindre le mur pour enlever ces moisissures. Et pourtant, j’ai une fenêtre et une ventilation. Quand il pleut, l’eau s’infiltre ici. On a déjà changé le revêtement de sol trois fois. J’ai demandé à Opus de régler ce problème. Ils m’ont répondu que rien ne sera fait avant la rénovation… »
Pour Christine Douvier, trop c’est trop. Le sentiment de ne pas être entendu devient insupportable :
« Les habitants sont comme une famille. On a le droit de vivre correctement ici. On a l’impression de n’être qu’une poubelle, on nous prend les loyers et on nous prend pour des imbéciles. On ne peut plus attendre. Stop, ça suffit ! »
Rénovation amiante et isolation du bâtiment rue de Verlaine à Bischheim (Photo SS / Rue89 Strasbourg / cc)
Mais un peu plus loin, de l’autre côté de la rue de Verlaine, c’est Bischheim. Et là, la réhabilitation d’un bâtiment a démarré par une vaste opération de désamiantage et d’isolation. Une décision prise par le maire de Bischheim, qui se trouve être également être… le président d’Opus 67, Jean-Louis Hoerlé (LR) :
« C’est une opération que j’ai exigé comme maire de Bischheim, j’ai convaincu le président d’Opus 67 de le faire, ce n’était pas trop difficile, puisque c’est moi ! Et je n’ai pas pris un centime de l’Anru. C’est le style de rénovation que l’on va faire sur l’ensemble des bâtiments du quartier. Le coût des rénovations est de 65 000€ par appartement, sachant que le prix de ces logements se situe autour de 150 000€. Ce projet concerne 336 logements situés à Schiltigheim et Bischheim. Ce sont donc des rénovations lourdes. Opus est dans les « starting-blocks » pour réaliser une rénovation lourde. »
Selon le président d’Opus 67, c’est précisément ce dispositif qui empêche tout projet de rénovation sur le quartier des Écrivains :
« On est obligé de s’inscrire dans le dispositif Anru, sinon on n’a pas de sous. Il y a 336 logements qui seront détruits sur l’ensemble de la durée du programme, soit environ 8 à 10 ans après le début des travaux. Il y a des bâtiments où il y a des infiltrations d’eau, de l’humidité, mais aujourd’hui je n’ai pas juridiquement pas le droit de faire quoi que ce soit dans ces appartements, sauf réparer une fenêtre cassée. C’est pour cela que l’Eurométropole doit déposer très rapidement le dossier Anru (il doit être examiné en décembre 2018, ndlr). Opus 67 mettra les 65 000€ par appartement, mais pour faire encore mieux, pour donner une image encore plus dynamique, c’est l’Anru qui apportera l’argent nécessaire. Les réserves financières d’Opus 67 sont bloquées par la stratégie Anru. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. »
Le quartier des Écrivains est réparti entre Bischeim (au nord) et Schiltigheim (capture d’écran Google Maps)
Une question de chauffage en trompe l’oeil
Le 9 mai 2018, Christine Douvier et Marguerite Schwartz ont rencontré la nouvelle maire de Schiltigheim, Danielle Dambach (écologiste) pour lui exprimer leur exaspération et espérer des retours concrets. Elle donne rendez-vous à l’hiver :
« Aujourd’hui je suis consciente que ce sont des immeubles qui ne fonctionnent pas de manière optimale, qui datent des années 60. Je me suis mis en contact avec le président d’Opus 67. Le bailleur va regarder le problème de chauffage en espérant qu’il fonctionne avant cet hiver. Il faut régler ce problème, entre maires on se dit les choses. Il n’est pas normal qu’un habitant ait froid en hiver. Si ce n’était pas fait je réitérerai ma demande, je compte sur les habitants dès fin octobre pour me signaler les dysfonctionnements. »
Mais pour André Untersinger, directeur du projet de renouvellement urbain à l’Eurométropole, également en charge du projet Anru, le problème du chauffage n’est pas le vrai problème :
« Le problème ce n’est pas le chauffage. En 2013/2014, Opus a fait une étude avec l’Eurométropole qui a révélé que la chaufferie était hors normes européennes. Conscient de cela, Opus a fait les travaux nécessaires en 2015, et maintenant on a une chaufferie vertueuse. Elle fonctionne pour 55% en nappe phréatique et 45% en gaz. Sur le plan économique, elle livre une chaleur peu chère pour les habitants en bénéficiant d’une TVA réduite. Par contre, au bout des tuyaux, on a des immeubles dans un état lamentable. Pas de double vitrage aux fenêtres, une isolation qui a 20 ou 30 ans, et des toitures à refaire… »
Toujours selon André Untersinger, « il n’y a pas d’intérêt à se lancer dans des travaux de réhabilitation de ces bâtiments car le programme Anru prévoit une « requalification » complète du quartier, c’est à dire la démolition de 336 logements, 2 barres d’immeubles et 8 « avions » sur 16, le petit nom des bâtiments en forme de T. Après la rénovation de la barre de la rue Verlaine (en cours, achèvement début 2019), ce sera le tour de deux autres ensembles à Bischheim, l’un au 17 rue Mistral et l’autre au 11 rue Lamartine.
André Untersinger poursuit :
« Ce qui a valeur de date de démarrage, c’est la date de tenue du comité d’engagement, qui se tiendra fin 2018 ou début 2019. Comme Opus a les fonds nécessaires, les travaux démarreront de suite. Avant chaque démolition, Opus procédera à une enquête sociale avec chacune des 336 familles concernées, pour connaître leurs besoins ainsi que leurs capacités financières. »
Au-delà de toutes ces requalifications, les habitants de la cité des écrivains n’attendent pour le moment qu’une seule chose : enfin avoir chaud pour l’hiver prochain. Et ce n’est pas gagné.
Réunies le 18 mai, Illkirch-Graffenstaden et Strasbourg ont tenté de trouver une solution contre les dégâts aux cultures provoqués par les sangliers vivant dans la réserve naturelle de la forêt du Neuhof.
Qui doit payer pour les dégâts occasionnés par les sangliers de la forêt du Neuhof ? Le Fonds d’indemnisation des dégâts des sangliers (FIDS) réclame 17 000 euros au chasseur en charge du lot de chasse environnant la forêt. Le chasseur en question, Michel Wack, par ailleurs agriculteur, menace de rendre . . .
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Le conseil municipal de ce lundi 28 avril va adopter le contrat triennal 2018-2020, qui prévoit 185 millions d’euros pour les projets européens à Strasbourg. Avant cela, il sera question de déontologie. À suivre en direct vidéo et avec nos commentaires à partir de 15h.
La tectonique des plaques a encore frappé au conseil municipal de Strasbourg ! Pour une fois, la secousse ne vient pas de la gauche, mais de l’opposition de droite. Six élus sur douze ont choisi de « prendre leur liberté » par rapport Fabienne Keller. L’ancienne maire de Strasbourg et actuelle sénatrice du Bas-Rhin a quitté le parti « Les Républicains » pour devenir cadre du nouveau parti de centre-droit Agir, plus connu sous l’appellation des « constructifs ».
L’opposition, le réveil ?
Le groupe de douze élus de droite et assimilés devient donc deux groupes de six, ce qui rééquilibrera le temps de parole de l’opposition (4 groupes en tout avec le FN et l’UDI) par rapport à la majorité quadripartite lors des séances budgétaires. Cela divisera en revanche les moyens financiers de l’ex-groupe LR et assimilés par deux. En trame de fond, se joue aussi, les élections municipales de 2020, comme à gauche.
Il sera intéressant de voir comment se distinguent et se rejoignent en séance ces deux nouvelles formations pour cette première séance séparée. Peut-être que ce divorce permettra une émulation. Peu mobilisée sur les dossiers du quotidien, en dehors du stationnement, l’opposition avait sombré dans une léthargie quelque peu inquiétante pour le débat démocratique.
Le rapport du détontologue
En ce qui concerne la séance de ce lundi 28 mai, elle débutera par la présentation du troisième rapport annuel du déontologue. Le professeur Patrick Wachsmann remarque un risque « d’instrumentalisation politique » de sa fonction bénévole. En effet, 5 des 7 sept signalements ont été effectués par des élus du conseil municipal entre eux, souvent en le faisant savoir par voie de presse.
Les deux autres, concernant le bruit et le comportement d’un agent, n’ont pas été jugées recevables car il ne s’agissait pas de membres du conseil municipal et de délibération. Le déontologue va proposer de rendre public, de manière anonymisée, les conclusions des saisines dont il fait l’objet, ainsi que d’en informer les personnes mises en cause.
Les millions du contrat triennal
Passé cette présentation liminaire, la principale délibération arrivera juste ensuite. Elle concerne l’adoption du contrat triennal signé le 17 avril, qui concerne les dépenses pour les projets européens à Strasbourg. Son montant total s’élève à 186,5 millions d’euros pour 2018-2020, dont 49 pour la Ville comme l’Eurométropole. Il était de 146 millions euros pour 2015-2017, une baisse notable par rapport aux éditions précédentes.
Ce contrat subventionne l’accessibilité à Strasbourg, des projets universitaires, culturels, et de « mise en valeur » des institutions (à consulter ici). Ce vote et le débat qui le précède intervient dix jours après que le maire et le président de l’Eurométropole aient plaidé un statut frontalier pour l’aéroport strasbourgeois, afin de baisser sa fiscalité.
La vocation européenne de Strasbourg ne fait pas l’objet de remise en question dans les différentes formations (même au Front national). Néanmoins, les manières de faire occasionnent parfois des débats.
L’opposition s’est d’ailleurs engouffrée dans les possibles conflits d’intérêts des membres de la majorité par le passé. Avec le contrat triennal, elle a du grain à moudre si elle retrouve un peu d’inspiration. Parmi les nouveautés, des travaux pour un laboratoire de l’insectarium de Strasbourg (1,15 million d’euros) où travaille l’un des vice-présidents de l’Eurométropole, Nicolas Matt (LREM), qui représente également la collectivité au conseil d’administration de l’Université.
Dans la version 2015-2017, un autre institut où travaille un membre de l’exécutif de la Ville et l’Eurométropole, le collège européen des investigations financières et de l’analyse financière criminelle (Ceifac), dirigé par Chantal Cutajar, adjointe à la déontologie avait été intégré. Il est soutenu à nouveau (1,84 millions d’euros).
Une raison peut-être pour le déontologue de rester après de son intervention. Les deux élus peuvent bien sûr se déporter du vote et du débat, ce qui n’empêchera à aucun moment le vote par la majorité.
33 points à l’ordre du jour
Parmi les autres délibérations, il sera question de la dépollution des sols et des eaux souterraines d’un ancien site industriel près du bois du Kupferhammer dans Parc naturel urbain de Kœnigshoffen pour 680 000 euros pendant 18 mois, co-financé par l’Ademe (l’agence pour la maîtrise de l’énergie).
À noter aussi, la la mise à disposition gratuite (hors factures et entretiens) de locaux petite rue de la Petite-Course dans le quartier gare pour l’association le Club de jeunes l’Etage. Depuis novembre 2017, ce nouveau lieu sur 520 mètres-carré adapté a accueilli 114 familles sans abri en journée et en semaine pour les accompagner dans un lieu plus adapté.
En fin de conseil et ses 33 points à l’ordre du jour, quatre interpellations sont prévues sur la propreté, la future réserve naturelle de la Robertsau, le quartier et les moyens pour les personnes âgées.
À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.
Il a ouvert la Manufakture, gigantesque bar éphémère à la Krutenau après avoir lancé ou relancé de multiples entreprises de restauration à Strasbourg. Il veut faire bouger la ville mais que veut encore Franck Meunier ? Venez lui poser la question, puisqu’il inaugure le nouveau rendez-vous de Rue89 Strasbourg, « l’invité de l’apéro », jeudi 31 mai à 18h au Graffalgar.
Il est le patron des Aviateurs derrière la Cathédrale de Strasbourg, du Troquet des Kneckes Grand’Rue, du Comptoir d’Eugène à la Krutenau, du Barco Latino à la presqu’île Malraux et de bien d’autres enseignes… Franck Meunier est le plus connu des patrons multi-restaurateurs de Strasbourg. Et il vient d’ouvrir La Manufakture, un gigantesque bar-boite dans l’enceinte de la Manufacture des Tabacs, avec sable, DJs et transats jusqu’en septembre. Pourquoi ? Parce qu’il veut « faire bouger Strasbourg » mais que veut-il encore ? Quels sont ses objectifs avec La Manufakture et au-delà ?
Ce sont les premières questions que nous allons poser à Franck Meunier, à l’occasion de la première édition d’un nouveau rendez-vous mensuel de Rue89 Strasbourg, « L’invité de l’apéro, » jeudi 31 mai à partir de 18h au Graffalgar, 17 rue Déserte, près de la Gare de Strasbourg.
Jusqu’où veut aller Franck Meunier ? Et si on lui demandait ? (document remis)
Le principe ? Y’a pas d’principe, on discute. L’invité prend une bière, de La Mercière de préférence mais on n’est pas sectaire, et un journaliste de Rue89 Strasbourg pose les premières questions avant de passer la parole au public. Comme lors de chaque rendez-vous que nous organisons (et ils sont tous ici), l’idée est qu’un échange ait lieu entre les invités et les participants, une discussion qui permette la rencontre. On s’y voit ?
Y aller
L’invité de l’apéro : Franck Meunier, jeudi 31 mai à partir de 18h, au Graffalgar, 17 rue Déserte à Strasbourg – Gare. Voir sur Facebook.
Le député du Haut Rhin Jean-Luc Reitzer (LR) a fait part de son « ras-le-bol » quant aux contrôles de ses dépenses professionnelles et estime que sa rémunération est trop faible. Vous pouvez lui adresser vos dons directement à l’Assemblée Nationale.
Entre le reconnu The Legendary Tigerman et les jeunes pousses de Howlin’Jaws, la soirée de mardi à La Laiterie Club sera l’occasion de confronter deux visions du rock’n’roll. Sueur et énergie en perspective.
Voilà des années maintenant que Paulo Furtado est l’un des derniers musiciens actuellement à nous rappeler que le rock’n’roll, c’est avant tout une histoire de sueur et de sexe. Sous le nom de « The Legendary Tigerman », le Portugais n’a eu de cesse, en 5 albums et des tas de concerts en one-man band, de défendre une musique brute, sauvage, pleine d’énergie, de défi, d’arrogance et d’impétuosité. Sorti de son rôle de meneur au sein des WrayGunn, il a pu développer sa propre vision du rock en mettant ses talents de musicien et ses talents de vidéaste en action. Le résultat : un blues rock inoubliable, qui n’a jamais faibli.
Un concept-album sur fond de désert californien
Également vidéaste, Paulo Furtado a décidé, pour son 6e disque, de creuser la voie visuelle. Avec « Misfit », soit littéralement « Marginal » ou « Inadapté », il monte un « concept album. » D’un côté, un trip de 12 jours dans le désert californien, avec la photographe Rita Lino et le réalisateur Pedro Maia pour le filmer en Super 8. De l’autre, la composition pendant la même période, de l’album racontant le voyage d’un personnage voué à se perdre dans le désert sans rencontrer personne. Le résultat : un album enregistré à Joshua Tree dans le studio fétiche de Queens Of The Stone Age. Du lourd, donc.
Fix Of Rock’n’roll – The Legendary Tigerman (Réal : Paulo Furtado)
Sur scène, il faudra sûrement s’attendre à voir The Legendary Tigerman en formule groupe, avec une diffusion des vidéos du court-métrage « How To Become Nothing » en arrière-plan. L’occasion de découvrir autrement un artiste qui en cesse de se renouveler.
Gomina et contrebasse
En première partie, un autre groupe de rock mais moins sauvage et plus rétro, Howlin’Jaws. Après un album et une participation aux Inouïs du Printemps de Bourges, le trio parisien sort un EP 6 titres, « Burning House », s’éloignant un peu du rockabilly de leurs débuts pour avancer dans les sixties. En live, toute l’imagerie y passe, des jeans slims aux cheveux gominés, en passant par la contrebasse qui conduit l’ensemble. Le groupe sera donc un parfait moyen de s’échauffer avant le rugissement du tigre.
Les outils numériques permettent de se connecter les uns aux autres, de s’organiser, de se compter… Annoncent-ils un nouvel âge des mobilisations, de la militance, de l’engagement ? Pour Valentin Chaput, cofondateur d’Open Source Politics, les outils numériques, utiles à condition bien paramétrés, ne remplacent pas la sincérité des démarches et le temps investi. Il est l’invité de Rue89 Strasbourg et du Shadok, mercredi 30 mai à 19h, avec Esther Valencic de Voxe.org, pour une soirée d’échanges sur les engagements citoyens à l’heure du numérique.
Au moment des révolutions du Printemps arabe, l’usage actif des réseaux sociaux avait été relevé dans les organisations et les mouvements révolutionnaires. Aujourd’hui, plus une pétition n’est imaginable sans une certaine viralité numérique… Des sites comme mesopinions.com ou change.org sont parvenus à transformer chaque action militante en véritables campagnes activistes, et parfois avec un certain succès. On parle de « clicktivism » pour désigner cette nouvelle forme de militance assise.
Le Shadok et Rue89 Strasbourg organisent mercredi 30 mai une soirée sur les mobilisations à l’heure des outils numériques, dans le cadre du cycle « Tous connectés et après ? ». Les invités sont Esther Valencic, chargée de projets citoyens pour Voxe.org, un espace de réflexion sur l’engagement et la démocratie et Valentin Chaput, cofondateur d’Open Source Politics, une entreprise qui accompagne collectivités et institutions dans leurs démarches participatives.
Rue89 Strasbourg : depuis trois ans que vous êtes dans les technologies civiques (civic tech), qu’est-ce qui fonctionne et qu’est-ce qui ne marche pas ?
Valentin Chaput : Le principal constat, c’est que c’est la démarche qui décidera de la qualité d’une consultation, pas les outils utilisés. Autrement dit, on pourra avoir des cartes participatives et des outils de mesures extrêmement performants, mais si les enjeux ne sont pas clairement posés, si les décideurs ne sont pas prêts à partager un peu de pouvoir, ça ne fonctionnera pas ou alors ce sera de l’affichage. Il n’y a plus de problème avec les outils ou avec la technologie de nos jours. Dans l’univers de l’open source (dont le code est accessible, ndlr), nous disposons de toutes les applications et ressources dont nous avons besoin.
Le véritable noeud est de parvenir à mobiliser dans toutes les strates de la société. Il ne s’agit pas de passer de 5% de participation à 10%… Il s’agit de lisser les possibilités d’expressions citoyennes et de permettre à la démocratie, au sens large, de s’exercer en dehors des élections ou des manifestations.
Le numérique n’est d’aucun secours pour dépasser les réunions publiques ?
Si bien sûr, les outils numériques comme les pétitions en ligne ou le financement participatif, permettent de rapidement mettre en place des outils de collecte et de mesure, ils permettent de s’affranchir dans une certaine mesure des contraintes d’espace et de temps. Mais dans une démarche de concertation publique par exemple, ce serait une erreur de considérer les outils numériques comme suffisants. Ils permettent d’accueillir une parole en dehors d’horaires contraignants, mais ils rebutent nombre de personnes qui, à tort ou à raison, n’ont aucune confiance dans le numérique ou d’autres qui ne sont pas équipés ou ne se sentent pas assez légitimes pour s’exprimer.
Donc encore aujourd’hui, toute démarche de concertation, participative ou de co-construction doit allier des outils numériques à une présence physique, s’il s’agit de cibler l’ensemble des gens et pas seulement une fraction. Il n’y a pas de baguette magique : il faut aller sur les marchés, à la sortie des écoles, etc.
Mais le numérique permet de mesurer les impacts d’une mobilisation…
C’est exact que les traces laissées par les outils numériques permettent assez facilement de reprendre l’historique d’une partie de l’engagement, pour une cause ou dans le cadre d’une démarche participative. Mais là encore, ça demande que les outils soient bien paramétrés et c’est pour ça que nous ne fonctionnons qu’avec des applications libres, dont le code source est téléchargeable et éditable. « Code is law » a écrit fort justement Lawrence Lessig et particulièrement dans les outils civiques. Il est donc extrêmement important que le code soit vérifiable et auditable pour s’assurer que l’historique d’une mobilisation ou d’une participation ne soit pas corrompu, ni évidemment les résultats tronqués ou modifiés.
Est-ce que les élus sont prêts pour accepter des outils qui les privent d’une partie de leur pouvoir et en outre, mesurent l’impact ?
Avant toute démarche, il faut cerner les contours et vérifier qu’elle est sincère. Lorsqu’il s’agit de déléguer une décision à un groupe de personnes par exemple, il faut que ce soit une vraie décision et qu’on doit prêt à accepter le résultat… C’est ce qu’on appelle l’échelle de la participation, tout en bas il y a la manipulation et tout en haut la démarche construite en coopération avec les citoyens. Et ça, c’est très rare et long. Donc on aura toujours besoin de décideurs, il faut aussi sortir du mythe de la démocratie directe permanente.
Pour l’instant, les élus et décideurs délèguent à petites doses. Les budgets participatifs exemple ne concernent qu’un ou 2% du budget d’investissement d’une ville. Mais déjà sur ces montants, ils permettent de répondre à des besoins directement exprimés par les citoyens. Et ce changement est tellement efficace qu’on ne pourra que progresser, les élus aussi progressent mais de toutes façons, lorsque les citoyens se mobilisent eux-mêmes, les élus ne peuvent y rester insensibles…
Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), et le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), ont plaidé de concert pour un statut « frontalier » de l’aéroport de Strasbourg lors de la venue du Premier ministre Édouard Philippe à Strasbourg mi-mai. Le tandem strasbourgeois s’inquiète d’une certaine fragilité de l’établissement malgré des aides publiques.
L’objectif serait d’aligner la fiscalité avec celle de ses concurrents allemands et suisses à proximité, en s’inspirant du statut « binational » et unique au monde de Bâle-Mulhouse, « bien que l’aéroport soit entièrement sur . . .
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Salariés, étudiants, lycéens, syndicalistes, militants de gauche, cheminots et citoyens sont appelés à manifester dans toute la France, dont Strasbourg, ce samedi 26 mai, à l’occasion d’une « marée populaire ». En quelque sorte une « fête à Macron 2 » pour protester contre la politique du gouvernement d’Edouard Philippe et les projets de réformes engagés depuis le début du quinquennat.
Le rendez-vous est donné à 14 heures ce samedi 26 mai sur la place Kléber à Strasbourg pour « l’égalité, la justice sociale et l’égalité » comme dans plus de 80 villes françaises. L’événement est à l’initiative de plusieurs partis de gauche (France insoumise, Génération.s, PCF, EELV ou encore le NPA) mais pas moins de 65 organisations sont signataires ; parmi lesquelles la Convergence nationale de défense des services publics, la Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Femmes Egalité, ATTAC, les Syndicats des Avocats de France et de la magistrature et le Collectif « La Fête à Macron ».
Une sorte de « Fête à Macron » 2 donc, dont l’objectif est une fois encore, la « convergence des luttes » et ainsi rassembler les acteurs des diverses mobilisations qui ont lieu dans toute la France, contre les projets de réformes du service public notamment ou le plan étudiant.
Pour rappel, de nombreuses villes françaises avaient organisé leurs « Fête à Macron » locale le 5 mai dernier, en particulier à Paris autour du député François Ruffin (La France insoumise). À Strasbourg, l’événement avait réuni entre 200 et 300 personnes.
Le rassemblement débutera place Kléber puis le cortège se dirigera vers le quartier de la gare avant de suivre les quais jusqu’à la place Broglie.
Le trajet de la manifestation « Marée Populaire »
Les opposants au « Bastion social » organisent des événements en parallèle
À Strasbourg et à Lyon, deux rassemblements sont organisés pour demander la fermeture du Pavillon Noir lyonnais et de son équivalent strasbourgeois l’Arcadia, deux bars associatifs de l’organisation identitaire « Bastion Social ». En « convergence avec la marée populaire », la manifestation partira à 13 heures30 place de Zurich pour rejoindre le cortège de la place Kléber.
Quelle mobilisation samedi pour la « marée populaire » strasbourgeoise ? (photo CA / Rue89 Strasbourg)
La dernière action du collectif contre l’Arcadia remonte au début de semaine, le lundi 21 mai. Une soixantaine de participants s’étaient réunis place Gutenberg afin de protester contre une commémoration organisée par le « Bastion social » devant la cathédrale en mémoire de Dominique Venner, un essayiste d’extrême droite. De nombreux policiers avaient été déployés, pour empêcher les manifestants de rejoindre la place de la cathédrale.
Ce samedi, Strasbourg accueille une multitude d’activités : le second week-end des ateliers ouverts, le premier festival zéro déchet, le Pelpass festival ou le Mini Maker Faire. Tous ces événements vont devoir redoubler d’imagination pour mobiliser des publics parfois communs.
Photo : capture Facebook , Association Zéro déchets Strasbourg
Le Festival zéro déchet se déroule samedi 26 et dimanche 27 mai, derrière la Cathédrale de Strasbourg, avec des conférences, rencontres, projections et des ateliers consacrés à cette démarche qui vise à faire très attention à sa consommation.
Ce samedi 26 et dimanche 27 mai, Strasbourg accueille un Festival zéro déchet, au Foyer des Etudiants Catholiques (FEC), place Saint-Etienne, place Mathias-Mériant et au Mudd Club, un peu plus loin. Cette première édition est organisée par l’association strasbourgeoise Zéro Déchet, membre du réseau Zéro Waste France. Créée en avril 2016, l’association Zéro déchet est à l’origine de plusieurs actions à Strasbourg comme le ramassage des mégots, la création d’un sticker pour les commerçants qui acceptent que les clients apportent leurs propres contenants, des luttes contre les gobelets plastiques, etc.
Pour Florie Lallemant, membre de l’association, si l’on souhaite réellement réduire son impact sur l’environnement, recycler n’est pas suffisant :
« Le zéro déchet, c’est le fait de se poser des questions sur la provenance de ses rejets. Un déchet a un impact sur l’environnement même une fois jeté dans une poubelle de tri sélectif. Il s’agit d’un mode de vie, une façon de consommer pour réussir à réduire ses déchets. »
Stands de présentation et d’information des membres de l’association Zéro déchet Strasbourg. (Photo Association Zéro déchet Strasbourg / Facebook)
Au cours de la première journée du festival, ce ne sont pas moins de quinze conférences qui sont prévues, de 11 heures à 19 heures dans la salle XXe et le café du FEC sur les thèmes du compostage, du parcours des déchets plastiques ou encore du projet de ville zéro déchet. Le Mudd Club, situé 7 rue de l’Arc-En-Ciel, servira de salle de projection permanente pour la projection de films, dont un épisode de la série scientifique Xénius sur la nocivité des particules fines et de l’oxyde d’azote.
Dimanche 27, les conférences au FEC sont prévues de 13 heures à 18 heures, avec notamment des représentants de Carola et de Météor pour discuter des enjeux de la consigne.
Place Mathias-Mérian, un village associatif sera installé avec des ateliers d’initiation à différentes techniques de « do it yourself » (DIY) ou de création à partir de matériaux de récupération. Une collecte de livres sera aussi proposée par l’association RecycLivre.
Gratiféria et Discosoupe
Tous les visiteurs auront accès à une « Gratiféria, » sorte de marché de troc où chacun est invité à déposer un objet et/ou à en choisir un. Les objets restant en fin de journée seront confiés à la nouvelle recyclerie Anitel de la Krutenau.
Une Discosoupe sera proposée par l’association éponyme, de 11h à 14h, cuisinée en musique à partir de fruits et légumes invendus en provenance de plusieurs supermarchés. Au même moment, un pique-nique zéro déchet est prévu sur la place Saint-Étienne pour lequel il faudra apporter son propre casse-croûte.
Y aller
Festival Zéro Déchet, samedi 26 de 10h à 19h et dimanche 27 mai de 13h à 18h, au Mudd Club, FEC, place Saint-Etienne et place Mathias-Mérian à Strasbourg. Voir sur Facebook.
Ce jeudi 24 mai, un forum public réunissant une cinquantaine de personnes s’est tenu devant l’entrée du parc de la Citadelle à Strasbourg. Une initiative de plusieurs professeurs du lycée Marie-Curie, pour informer les élèves sur les réformes du service public engagées par le gouvernement et répondre à leurs questions sur le plan étudiant, la loi ORE ou encore la plateforme ParcourSup.
Une dizaine de professeurs du lycée Marie-Curie de Strasbourg ont décidé de participer à un forum public jeudi 24 mai, pendant la pause de midi, afin d’échanger avec les élèves qui le souhaitent sur la loi ORE (Orientation et Réussite des étudiants) et le fonctionnement de la nouvelle plateforme ParcourSup qui fait suite à APB (Admission Post Bac) pour l’accès aux études supérieures.
Les enseignants organisateurs estiment qu’il est important d’informer les élèves concernant les différents projets de réformes du service public qui sont proposées par le gouvernement d’Edouard Philippe et qui suscitent la mobilisation de nombreux syndicats de la fonction publique. Pour expliquer les conséquences de ces réformes et répondre aux questions des lycéens présents, des professeurs de lycées, des maîtres de conférence de l’université et des représentants de différentes organisations syndicales se sont succédés lors de ce forum public, devant l’entrée du parc de la Citadelle, à proximité du lycée Marie-Curie.
Des lycéens peu informés
Les enseignants présents s’accordent à dire qu’il y a un besoin d’information important de la part des lycéens, qui les sollicitent souvent directement. Un professeur du lycée Marie-Curie explique qu’il y a déjà plusieurs mois, il avait été interpellé par un élève qui lui avait confié « On nous parle de rien ici de toutes façons ! » Pour cet enseignant, l’administration du lycée n’a pas accompagné les réformes par des explications et aurait même découragé les élèves à s’y intéresser.
L’idée de ce forum était donc de prévoir un temps de parole et de rencontre pour discuter de ces thématiques, avec la participation d’intervenants comme Mathieu Relin, délégué Sud-rail, Esther Bauer, psychologue en orientation qui a évoqué la disparition prochaine des centre d’information et d’orientation ou encore Jean-Philippe Mazzucotelli, professeur de médecine à la tête d’un collectif de 120 médecins des hôpitaux de Strasbourg.
ParcourSup, un algorithme trop flou
Les lycéens ont évidemment été particulièrement intéressés par les échanges sur ParcourSup, la plateforme qui leur permet d’envoyer des voeux d’études supérieures. Un des membres des « étudiants en lutte » de Strasbourg, Nathan Zussy, mobilisé contre le plan étudiant, a expliqué que ParcourSup avait été lancé pour éviter le tirage au sort de l’ancienne plateforme APB mais qu’en l’état, les lycéens n’ont aucune garantie que des tirages au sort soient tout de même effectués par les filières qui reçoivent les demandes.
Une cinquantaine de personnes étaient présentent sur le parking devant l’entrée du parc de la Citadelle. (Photo : C.A / Rue89 Strasbourg)
Michael Gutnic, maître de conférence en informatique à la faculté de Maths-Info de Strasbourg, explique comment ParcourSup a fonctionné dans sa filière :
« À Maths-Info, on a dû procéder à quatre corrections pour obtenir un algorithme de sélection qui corresponde à ce qu’on souhaitait, c’est à dire par exemple favoriser les personnes en filière S et ES. Donc c’est très difficile de comprendre comment il fonctionne. On a publié l’algorithme car on souhaite être transparents mais rien ne nous y oblige et ça, c’est un problème. Au pire, les algorithmes sont injustes, au mieux ils sont inégaux. Au moins avec APB, la sélection était égale pour tout le monde. Il faut absolument demander à chaque fac ou université de publier son algorithme ».
Mais pour Noa, lycéen en terminale à Marie-Curie, le tri effectué par ParcourSup n’est pas forcément préférable à celui d’APB :
« ParcourSup répond à une logique de sélection, ce n’est pas une solution face à APB, ce n’est qu’un autre algorithme… Beaucoup de profs sont sensibilisés à la cause mais la majorité est imperméable et ne fait que répéter le discours du gouvernement. Je crois que les profs eux mêmes sont un peu perdus. »
Il est déconcerté de la situation dans laquelle se trouve certains de ses camarades. Un de ses amis proches a postulé en faculté de musicologie à Strasbourg et est actuellement sur liste d’attente alors que celui-ci poursuit un cursus de terminale avec une spécialité musique et est inscrit au conservatoire depuis des années…
Parmi les élèves de terminale présents ce midi, la plupart sont encore sur liste d’attente pour de nombreux vœux.
Apollonia, qui propose depuis presque deux ans dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg des expositions artistiques se lance dans l’urbanisme. L’association présente ce vendredi un projet d’aménagement « citoyen, naturel et artistique » sur un terrain à l’entrée du quartier, avec jardins, logements et hôtellerie.
Plusieurs grand projets immobiliers ont suscité des remous à la Robertsau, au nord de Strasbourg, en particulier les tours sur la friche Lana ou le cas du Foyer Saint-Louis, actuellement dans l’impasse. Voici que l’association Apollonia, implantée depuis deux ans à l’entrée du quartier, présente un aménagement un peu différent et de plus petite envergure. Il fera l’objet d’une réunion de présentation ce vendredi 25 mai, au café culturel de l’Escale à partir de 18h.
Une première vue de ce que pourrait-être Vivacité (esquisse Cabinet Georges Heintz et Associés.)
Loisirs, culture et hôtellerie
Fort de son expertise dans son jardin participatif, Apollonia souhaite aménager l’entrée de la Robertsau avec :
Un restaurant,
Une douzaine de logements sociaux,
Un « hôtel hybride », c’est-à-dire où l’on participe plus ou moins à la vie de l’association, de 80 chambres,
Un nouveau hall d’exposition,
Une salle de danse,
Un piano-bar,
Un jardin participatif,
Un parcours piéton.
Le détail des aménagements pensés par Apollonia (doc remis)
Pour Dimitri Konstantinidis, le directeur de l’association Apollonia, le projet est né de la volonté d’aménager une cité avec des artistes :
« En commençant à travailler sur le jardin artistique, nous avons créé un nouvel outil innovant. Alors pourquoi se priver de rêver à cette cité qui se concevrait avec de la poésie, des créations artistiques et où chaque citoyen trouverait sa place et le plaisir d’y vivre ? Il s’agit d’une expérimentation, grâce à laquelle la ville, ses citoyens, ses entreprises seraient fiers et au sein de laquelle le sens de la vie citoyenne reprendra ses droits. Son potentiel d’insertion est réaliste, presque à portée de main. C’est la promesse de Vivacité, une autre façon d’envisager l’urbanisme. »
Le projet de parcours « vert », où se côtoient artistes et street workout, piétons flânant et cyclistes sportifs (Document Apollonia / cabinet Georges Heintz et Associés)
L’art et la méthode
Le projet est principalement artistique, mais il vise aussi à associer les institutions de la Robertsau, comme le Lieu d’Europe, le centre socioculturel de l’Escale et des habitants. Un travail entamé depuis son arrivée à l’entrée de la Robertsau, qui se concrétise par exemple en ce moment avec l’exposition du même nom, « Vivacité », répartie en plusieurs lieux.
Pour lier le tout, Apollonia prévoit un parcours « vert » pour piétons et cyclistes dont l’énergie nécessaire à l’éclairage serait apportée par la force du mouvement des usagers.
Le jardin participatif d’Apollonia, une boufée d’air à l’entrée de la Robertsau restera public (Photo EJ / Blog Robertsau)
25 millions apportés par des investisseurs
Coté financement, Apollonia prévoit un budget de 25 millions d’euros. Le projet serait porté par KS Groupe, à qui l’on doit l’aménagement des Haras, la pagode vietnamienne de la Robertsau ou encore l’Institut hospitalo-universitaire de Strasbourg. Le groupe est chargé de proposer des lots à différents investisseurs privés.
Dimitri Konstantinidis précise :
« C’est un nouveau modèle économique. Le monde associatif subit le retrait des subventions publiques. Notre objectif est de devenir totalement autonome. En tout cas, ce projet ne coûte pas un centime à la collectivité strasbourgeoise. »
Une vue depuis la salle d’exposition (Document Apollonia – Cabinet Georges Heintz et Associés)
Quel projet pour l’entrée de la Robertsau ?
Le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) est venu à la Robertsau en juillet 2017, accompagné par quatre de ses adjoints, Nicole Dreyer pour le quartier, Syamak Agha Babaei pour les logements, Alain Jund pour l’urbanisme et Alain Fontanel. L’association lui a présenté son projet qu’il a, semble-t-il, apprécié. Il a cependant mis trois conditions à la réalisation du projet : qu’il soit innovant, respectueux de l’environnement et équilibré économiquement.
Ce vendredi 25 mai, un important texte européen entre en application : le règlement général sur la protection des données (RGPD). Il vise à davantage protéger les informations personnelles en possession des entreprises et des administrations. Mais pour ces dernières, se conformer aux règles imposées par cette nouvelle loi s’apparente souvent à un casse-tête effrayant.
En ce moment, c’est incessant : les e-mails qui réclament l’approbation de nouvelles conditions d’utilisation pleuvent. Boutiques en ligne, administrations, services publics, musées, agences de voyage, banques, applications… Les expéditeurs sont divers mais tous sont animés par le même dessein : se mettre en conformité avec les nouvelles dispositions européennes imposées par le règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entre en application ce vendredi 25 mai.
Or l’exercice n’est pas aisé, tant le texte vient changer la donne en matière de protection des données. Au théâtre TJP de Strasbourg par exemple, Christian Nicolas, responsable de la communication et des relations presse de l’établissement, l’admet :
« On découvre un peu ce truc… C’est clair qu’on dépassera la date d’entrée en application, c’est impossible pour des petites structures comme la nôtre de la respecter ! Nous avons une formation prévue au sujet du RGPD. Du côté de la billetterie notamment, on le sait déjà : c’est un gros, gros travail qui nous attend. »
L’ARSEA, l’association régionale spécialisée d’action sociale d’éducation et d’animation, n’en mène pas beaucoup plus large. Un membre de sa direction explique que si la mise en conformité est bel et bien lancée, le processus est encore loin d’être achevé, malgré les appels répétés de l’exécutif européen à accélérer le mouvement :
« L’association s’est saisie de la question en lien avec les fournisseurs des logiciels métiers, les prestataires informatiques… La mise en conformité est prise en compte dans le cadre de la modernisation de notre système d’information, actuellement en chantier. »
Nombreuses sont les structures en Alsace dans la même situation, à en croire le nombre d’interviews (plus d’une douzaine) refusées au sujet du RGPD – au motif que « c’est trop tôt » ou « trop sensible. » En réalité, beaucoup d’entreprises, d’associations ou d’institutions ne sont tout simplement pas prêts, parce qu’ils découvrent un peu tard l’ampleur des données personnelles en leur possession.
« Tous nus dans un aquarium »
Si le RGPD fait si peur, c’est d’une part car il impose bon nombre de nouvelles obligations, parfois coûteuses et complexes, à mettre en place pour les différents acteurs, et d’autre part, car les amendes qui risquent de tomber en cas de non-respect de ces règles sont importantes. Elles peuvent atteindre 20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaires annuel mondial (le montant le plus élevé est retenu).
L’Union européenne invoque la défense de l’intérêt général et la commissaire en charge du dossier, Vera Jourova, responsable de la Justice et de la Protection des consommateurs, d’assurer :
« Les données personnelles sont l’or du XXIe siècle. À chacun de nos pas, nous laissons des données personnelles derrière nous. Au bout du chemin, les gens se retrouvent nus dans un aquarium. Alors, aucun doute : nous allons dans la bonne direction. Avec le RGPD, nous faisons ce qui est bon pour l’Europe. Ce texte redonne le contrôle de leurs données aux Européens. »
La commissaire européenne Vera Jourova, ici à Strasbourg, est l’une des plus grandes défenseurs du RGPD. (Photo Michel Christen / EP / cc)
Concrètement, cette nouvelle réglementation européenne s’applique à toutes les entreprises et organisations présentes dans l’UE, mais aussi à toutes celles qui traitent des données de résidents de l’Union. C’est-à-dire toute information qui se rapporte à une personne physique identifiable, comme le nom, l’adresse e-mail, le téléphone, le numéro de sécurité sociale, l’appartenance religieuse, etc. L’Union européenne étant le marché de consommateurs le plus riche du globe, ce règlement s’étend de fait à toute la planète.
Le RGPD vient remplacer une directive de 1995, dont les dispositions sont transposées en France dans la loi dite « informatique et libertés », déjà modifiée à plusieurs reprises. Le RGPD donne plus de droits aux citoyens européens, comme celui à la portabilité des données (le droit de transmettre ses données d’une plateforme vers une autre) ou à l’oubli (le droit de faire effacer une information d’un site ou d’un moteur de recherche).
Les amendes qui risquent de sanctionner le non-respect du RGPD effrayent particulièrement les professionnels. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Côté entreprises, l’important est maintenant de pouvoir démontrer à tout moment la conformité des traitements de données effectués. En d’autres termes, elles doivent être en mesure de prouver à chaque instant que chaque donnée détenue a été cédée de manière consentie par celui qu’elle concerne et pour un usage préalablement défini. C’est la notion de « consentement éclairé, » centrale dans le texte, comme l’explique Ralph Roggenbuck, juriste au sein de la branche française du Centre européen des consommateurs :
« Il faut dans tous les cas recueillir le consentement des utilisateurs / consommateurs, quitte à le redemander. Il doit être libre, spécifique et informé. Si le consentement n’est pas conforme au RGPD ou s’il ne peut être prouvé, les données doivent être effacées. Il n’y a pas d’autre option. »
« Le RGPD réveille les esprits »
Face à ces nouvelles obligations, beaucoup d’organismes font appel à des entreprises qui se sont spécialisées dans la mise en conformité avec le RGPD. À Schweighouse-sur-Moder, à côté d’Haguenau, ActeCil se revendique « l’expert conformité au RGPD ». L’entreprise, qui travaille avec des clients aux profils variés (aussi bien des multinationales que des bailleurs sociaux, des mairies que des artisans) dessine dans un premier temps une « cartographie des données » de ses clients, qui fait office d’état des lieux, avant d’aider à la mise en place d’un registre de traitements des données, qui devient obligatoire dans une grande majorité de cas.
Elle se charge aussi de sensibiliser les équipes sur place à la problématique de la protection des données personnelles ainsi que d’adapter la protection des systèmes utilisés. Maxime Salaun, juriste consultant chez ActeCil, explique :
« Cette mise en conformité avec le RGPD peut être vue comme un boulet procédural, mais on peut aussi louer sa vocation structurante au sein des entreprises. Rares sont celles qui, à l’heure actuelle, sont capables de dire exactement ce qu’il advient des données qu’elles traitent. Le RGPD réveille les esprits. Et quand on voit le dévoiement des données opéré par exemple par Facebook, cette tentative de retrouver une traçabilité est bienvenue. C’est aussi important que de savoir d’où vient la viande ou les légumes que l’on mange ! »
Consultant et juriste chez ActeCil, Maxime Salaun aimerait voir les données personnelles plus facilement tracées. (document remis)
« C’est 10 000€ la conformité »
Pour un état des lieux et une mise en conformité globale au sein d’une petite ou d’une moyenne entreprise (PME), ActeCil demande environ 10 000 euros, pas moins. Une somme non négligeable. D’autant que comme en témoigne le juriste Ralph Roggenbuck, les enjeux liés à la protection des données ne sont souvent pas en haut de l’agenda – ni des budgets – des structures concernées par le RGPD :
« Beaucoup d’entre elles ont tellement d’autres problématiques à gérer que jusqu’ici, la mise en conformité avec le RGPD ne leur est pas apparue comme une priorité. Certains ont repoussé l’échéance jusqu’au dernier moment. Soudain, on se rend compte de ce qu’est une donnée personnelle, beaucoup découvrent totalement ce genre de notion… »
Se plier aux nouvelles règles imposées par le RGPD devient la nouvelle priorité de beaucoup d’entreprises. (Photo Eve Van Soens / EP / cc)
Qui plus est, la mise en conformité avec le texte peut engendrer des dérapages, comme l’évoquait la commissaire européenne Vera Jourova dans une interview accordée au magazine Le Point :
« S’agissant des entreprises, des peurs circulent sur le fait que des PME pourraient faire face à des amendes substantielles si elles ne sont pas prêtes le 25 mai. Ces peurs ne sont pas fondées et sont majoritairement alimentées par des consultants ou avocats spécialisés qui souhaitent vendre leurs services. Les entreprises honnêtes, et dont le cœur de métier n’est pas d’analyser à grande échelle des données personnelles, n’ont aucune raison de s’inquiéter. »
À Strasbourg, l’avocate Caroline Zorn s’emploie elle aussi à faciliter la mise en conformité de ses interlocuteurs avec le règlement. L’auteure d’une thèse intitulée « Données de santé et secrets partagés » a évoqué l’épineux sujet du RGPD avec la totalité de ses clients professionnels. Les premières discussions remontent à plus d’un an. Elle se défend de jouer les oiseaux de mauvais augure auprès de ceux qui ne se sont pas encore conformés au nouveau texte :
« Moi, je leur dis que ce n’est pas grave, le principal, c’est de lancer la machine. Il faut convoquer une assemblée générale avec un point RGPD à l’ordre de jour, établir une feuille de route pour aller vers la mise en conformité. Bien sûr, c’est une surcharge de travail, mais cela permet d’avoir une trace. Si on peut prouver sa bonne foi à la CNIL, elle n’ira pas plus loin, du moins dans un premier temps. »
Une « démarche d’accompagnement »… avant les amendes
La CNIL, l’autorité de protection des données en France, comme la Commission européenne, expliquent être, pour l’heure, dans une démarche « d’accompagnement ». Comprendre : des avertissements précéderont les amendes administratives. Mais quelles que soient les méthodes utilisées pour parvenir à la mise en conformité, cette dernière donne du fil à retordre aux professionnels. À la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) par exemple, on ne cache pas que le chemin vers la légalité a été semé d’embûches :
« Cela a été compliqué au sens où le sujet a demandé un très gros travail dont l’ampleur n’a été connue qu’à mesure que les textes se sont précisés. Le temps imparti a donc été une contrainte forte eu égard au travail à fournir. Le RGPD a supposé de passer au crible tous les fichiers, petits et grands, quel que soit le type d’outils dans lesquels les données personnelles figurent, et cela représente mécaniquement beaucoup de travail… »
Même son de cloche chez Hager, groupe spécialisé dans les pièces électriques qui emploie pas moins de 2 600 personnes en Alsace, sur ses sites d’Obernai, de Saverne et de Bischwiller, où Cécile Mora, responsable de la communication, explique :
« Pour un grand groupe comme le nôtre, le processus de mise en conformité est très lourd. Chez nous, on a commencé à y travailler dès janvier 2017. Nous avons pris conscience très tôt de l’importance de se mettre en ordre de bataille. On a pris la chose au sérieux. »
Un sérieux de mise alors que même l’Union européenne n’en a pas fini de légiférer en matière de meilleure protection des données personnelles. Au prochain épisode : un règlement dit « e-privacy », visant à renforcer le respect de la vie privée dans les communications électroniques comme WhatsApp, Facebook Messenger, Skype ou iMessage…