Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Fribourg plus écolo que Strasbourg ? Une blogueuse raconte

Fribourg plus écolo que Strasbourg ? Une blogueuse raconte

Avec 100 000 vues par mois et autant de lecteurs en France, en Suisse, en Belgique ou au Canada, le blog Echos Verts défend depuis 2013 les couleurs d’une écologie pratique, sur laquelle se greffe une réflexion de fond sur le véganisme, le lien à la nature, la slow life ou l’écoute de soi. Installée désormais à Fribourg-en-Brisgau, elle raconte sa vie écolo outre-Rhin.

Prof d’anthropologie de 34 ans et grenobloise aux origines indiennes, Natasha a créé le blog Echos Verts alors qu’elle enseignait  dans une école internationale sur l’île de Vancouver, au Canada. Elle raconte :

« Dans mon établissement, les valeurs du développement durable étaient largement mises en avant. Mais je réalisais qu’au quotidien, existait un énorme décalage entre les informations sur le dérèglement climatique ou les grands enjeux écologiques dont on abreuvait les élèves, et leur profonde déresponsabilisation vis à vis de ces enjeux, dans leur quotidien. Après avoir vu No impact man, le documentaire de Colin Beavan, j’ai eu l’idée de créer des « éco-défis » sur mon nouveau blog. Très vite, une communauté a émergé autour de ces éco-défis : pendant plusieurs années, cette communauté a été très active sur le groupe Facebook d’Echos Verts, que j’ai fermé récemment. Sur le blog et les réseaux sociaux, des gens commentent toujours, qui suivent le blog parfois depuis le début et se sont regroupés autour de certaines thématiques. J’écris une douzaine de billets par mois et consacre un mi-temps à mon blog, avec l’idée, depuis un an, d’en tirer un revenu complémentaire. »

Natasha, 34 ans, blogue depuis juin 2013 (Photo MH / Rue89 Strasbourg)

« Notre arrivée à Fribourg a été un tremplin pour cette activité. Pendant un an, je n’ai pas travaillé à l’extérieur et m’y suis entièrement consacrée. La réflexion sur son contenu, l’écriture, les photos… m’ont boostée dans mon cheminement personnel. Je ne me suis plus sentie seule avec mes petites idées, mais entourée d’un ensemble de personnes qui partage mes questionnements et y répond. L’année suivante, j’ai obtenu un poste de prof à temps partiel, puis on m’a proposé de prendre un emploi à temps plein. Je savais que je ne pourrai pas continuer à bloguer de la même façon si j’acceptais cette offre. Après un an à 40%, je suis passée à 60% : j’ai mis en place une plate-forme Tipeee et des affiliations, et j’ai informé mes lecteurs de cette démarche de professionnalisation. Aujourd’hui, je me présente comme « prof et blogueuse ». Je prends mon blog tout autant au sérieux que mon travail de prof. »

« À Fribourg, le recyclage est une évidence »

Tu habites depuis 4 ans à Fribourg. Vivre l’écologie en ville relève du challenge pour beaucoup de Français, urbains et pressés, très peu autonomes dans tous leurs gestes quotidiens et accros aux produits industriels, dans l’alimentation, l’hygiène, les transports, l’habillement ou les loisirs… Selon toi, est-ce plus simple d’être écolos à Fribourg plutôt qu’à Strasbourg ?

« En France, je connais principalement Grenoble, ma ville natale, où je suis toujours étonnée du rapport des habitants au recyclage : dans mon entourage, un tas de gens n’y recycle rien. Alors qu’ici, à Fribourg, c’est une évidence : je n’ai jamais mis les pieds chez quelqu’un qui n’ait rien mis en place pour le recyclage. »

L’approvisionnement alimentaire d’abord. Où te fournis-tu ? Le bio est-il accessible ? Le vrac ?

« Depuis notre arrivée, nous achetons nos fruits et légumes soit au marché principal, qui se tient du lundi au samedi sur la Munsterplatz [place de la Cathédrale], soit au marché juste derrière la gare, plus proche de chez nous. On y trouve aussi le pain, les olives ou les tomates séchées en vrac. Pour le reste, les trois premières années, nous avons fréquenté le supermarché bio Alnatura, où il n’y a aucun produit sans emballage. Mais depuis un an, un magasin de vrac a ouvert tout près de chez nous : c’est là que nous allons, excepté pour les pâtes à l’épeautre, les jus, les compotes ou le coulis de tomates, que nous continuons à acheter chez Alnatura… »

« Le bio, accessible même avec un seul salaire »

« À Fribourg, le bio est facilement accessible, même au niveau des prix, par rapport à ce que je vois en France en magasin bio. On a toujours fait toutes nos courses en bio, même quand on ne vivait que sur un seul salaire… Et le bio, en vrac, est encore moins cher. En revanche, je privilégie les produits du commerce équitable par rapport au « zéro déchet », pour le chocolat par exemple, le café ou les épices… En Inde, j’ai visité des plantations de thé « équitable », où des personnes âgées travaillaient dans des conditions que j’aurais jugées difficiles pour moi-même. Alors je n’ose pas imaginer quand elles ne le sont pas… »

Tu n’habites pas dans le quartier Vauban, si souvent cité en exemple à Strasbourg. Comment ton mari et toi avez-vous trouvé votre appartement ?

« Trouver un logement à Fribourg est très compliqué ! Il y a très peu de logements disponibles. On a déménagé six fois les quatre premiers mois passés ici, entre Airbnb et colocations… Finalement, une amie berlinoise a vu une annonce dans un journal alternatif et a tout de suite pensé à nous : on a postulé et été reçu par les membres de cette coopérative. On a fait connaissance, visité l’appart et on a été sélectionné ! Comme pour un entretien d’embauche !

Natasha et son mari se sont installés dans une coopérative rassemblant plusieurs appartements (Photo MH / Rue89 Strasbourg)

Depuis, on est locataire dans la coopérative, auprès de laquelle on a acheté des parts, qui équivalent à une caution. Cette coopérative a été fondée en 2001. On y fait tout : on sort les poubelles, on gère les réparations à payer avec le montant des loyers, on se réunit tous les mois pour parler (en allemand, moi qui ne le comprend pas très bien…) d’un tas de choses, de problèmes de moisissures aux demandes de prêts. On bénéficie d’une terrasse commune, d’une cour, d’un grenier et d’une cave. »

La gestion des déchets est au cœur de la démarche écolo strasbourgeoise. À Fribourg, comment ça se passe ? Quels bacs de tri ? Quelles possibilités de compostage ?

« On a quatre poubelles : la première est réservée au papier et au carton, la seconde au recyclable du métal, des emballages plastiques – même ceux qui servent à emballer les aliments sous vide -, des sachets, des pots de yaourts, gobelets, barquettes de fruits et légumes, du papier aluminium, etc.

La troisième poubelle est réservée au compost : la Ville la collecte une fois par semaine. Sans compter les containers à l’extérieur, dans le quartier, pour trier le verre blanc, le verre vert et le verre marron. Il faut aussi savoir qu’un grand nombre de bouteilles sont consignées : toutes nos bouteilles de jus par exemple. Et les supermarchés classiques reprennent la plupart des bouteilles en plastique, comme les bouteilles de soda !

La quatrième poubelle, on y met tout le reste. On la descend environ une fois par mois. En ce moment, on y trouve une enveloppe en polystyrène, un vieux caleçon, un marqueur, une boîte en plastique cassée… »

Trois bacs sous l’évier : tri de papier-carton, tri des plastiques et poubelle classique – compost et verre sont triés à part (Photo MH / Rue89 Strasbourg)
Le tri des plastiques est beaucoup plus large à Fribourg qu’à Strasbourg (Photo MH / Rue89 Strasbourg)

Côté hygiène, quel accès à des produits naturels, simples, sans emballage ?

« Au magasin bio, nous trouvons facilement un tas de produits naturels, pour le ménage et pour l’hygiène personnelle, mais tout est sur-emballé : il n’y a pas beaucoup de produits bruts. Je ne trouve pas de vinaigre blanc tout simple par exemple… Au magasin de vrac, en revanche, très bien achalandé, je trouve des shampoings solides ou du gel douche sans emballage, de la poudre pour le lave-vaisselle, deux ou trois lessives différentes, etc. »

Fribourg ne compte qu’un seul magasin de produits bio en vrac, où Natasha achète notamment ses produits d’hygiène, mais également de l’huile (photo) ou des céréales et légumineuses (Photo MH / Rue89 Strasbourg)

« À Fribourg, des transports en commun pas compétitifs par rapport au vélo »

Niveau transports, quels avantages vois-tu aux pratiques fribourgeoises versus françaises ?

« En arrivant, on a très vite acheté des vélos. J’ai un permis de conduire, mais ça en reste là. Je me suis toujours déplacée en transports en commun, à pied ou à vélo… Je choisis mon logement et mon lieu de travail en conséquence, pour ne pas avoir besoin de la voiture. Et ici, contrairement au Canada où nous vivions avant, elle n’est absolument pas nécessaire. On est à 10-15 minutes du travail à vélo. En ce moment, je fais le trajet à pied, le long de la rivière… En plus, on a souscrit à un système d’auto-partage, avec des voitures dispatchées dans toute la ville et une station à deux pas de la maison… Quand on part en balade, on loue une voiture, et pour les longues distances, on prend le train – la gare est à 100 mètres de chez nous.

En revanche, je trouve le développement des transports en commun extraordinaire à Grenoble, tandis qu’ici, il y a très peu de bus et seulement quelques lignes de tram, absolument pas pratiques. A Fribourg, les transports en commun ne sont pas compétitifs par rapport aux autres modes, le vélo et la voiture. En contre-point, toujours par rapport à Grenoble, je suis frappée par le nombre de parents, de familles, qui ont une carriole, un siège bébé à l’avant, des vélos-cargos à Fribourg. Tous les matins, les parents déposent les enfants à l’école à vélo. Un phénomène que je n’ai jamais vu en France. »

À Fribourg, le vélo est le mode de transport privilégié des familles (Photo MH / Rue89 Strasbourg)

Les produits de consommation type habillement ou autres : existent-ils des alternatives écologiques accessibles à Fribourg ? Des foires bio ? Des boutiques alternatives ?

« Il n’y a pas énormément de choix : je fréquente une seule boutique de vêtements de marques équitables ou bio… En revanche, énormément de marchés aux puces sont organisés toute l’année. Il existe aussi plusieurs magasins de seconde main, dont un où nous avons trouvé des chaises et quelques petits meubles. J’ai aussi l’impression que les gens utilisent pas mal internet, eBay notamment. »

L’état d’esprit – dont découlent par exemple le type de loisirs privilégiés – est-il différent sur ces questions de protection de la nature en Allemagne, par rapport à la France ?

« Ce qu’on adore à Fribourg, c’est qu’il y a plein de possibilités de balades ! Tu pars d’ici à pied, tu arrives en bas de la colline en quelques minutes et, de là, partent 50 balades différentes. On est entouré de collines et de forêts, la rivière qui traverse la ville est aussi très utilisée par les habitants, avec un côté pour les piétons et un autre pour les cyclistes… Plus tu t’éloignes du centre, plus c’est agréable : les berges sont bordées de grands carrés de verdure où les gens se trempent les pieds, s’installent pour des pique-niques et des barbecues l’été… Et ce, sur des kilomètres, sans que les gens ne soient les uns sur les autres. »

« Les gens ne font pas attention à être écolo »

L’Allemand est-il plus écolo que le Français ? Le Fribourgeois que le Strasbourgeois ?

« À Fribourg, tellement de gestes sont intégrés aux structures sociales, que recycler, par exemple, n’est pas « écolo ». C’est juste normal. Aussi normal que de prendre un petit-déjeuner. Ce genre de démarche n’est pas vraiment conscientisée ou politisée. Ceci dit, les gens recyclent, mais il y a énormément de déchets quand même : en ville, il n’y a qu’une seule boutique de vrac et elle n’a ouvert qu’il y a un an. Les gens ne font pas attention à limiter leurs déchets. Quand je vais au marché avec mes contenants, j’ai des remarques (positives). Pour les commerçants, il s’agit encore d’une démarche incongrue et certains étals proposent toujours des sachets en plastique ! En revanche, je suis surprise par le nombre de stands du marché, de produits laitiers par exemple, qui vendent leur marchandise dans des contenants consignés… »

Bombarde, le nouveau clip qu’on adore de Claire Faravarjoo

Bombarde, le nouveau clip qu’on adore de Claire Faravarjoo

Claire Faravarjoo, on l’adore et on la suit de près. Elle dévoile toute sa sensualité dans Bombarde, un titre resplendissant d’émotions. Elle a accepté de m’en parler quelques jours avant sa première partie de Brigitte et sa participation aux Inouïs du Printemps de Bourges.

Claire Faravarjoo, je l’ai déjà évoquée dans des précédents articles. Je l’ai rencontrée pour la première fois lors d’un concert en appart’ et la beauté incroyable de sa voix, la poésie de ses mélodies, avaient transpercé mon cœur de milles et une paillettes. Accompagnée de son frère Romain, talentueux guitariste, et de Ben, délicieux mélomane, ils ont monté un projet de pop-électro lunaire.

Claire Faravarjoo
Crédits photo : Naïssa B.

Minuit, leur premier album, se présente comme une envolée dansante teintée de douceur mélancolique. La force de ce groupe est à mon sens la voix unique, sublime, de Claire mais aussi la beauté de leurs paroles en français et l’harmonie dynamique que ce trio arrive à produire. Leur musique donne envie de se déhancher dans une nuit d’amour.

Bombarde est leur toute nouvelle vidéo. Un grand clip pour une chanson euphorisante. Et autant le dire, une belle chanson pour faire l’amour, on a testé et approuvé !

Bref, je donne la parole à Claire qui a gentiment accepté de m’en parler :

« Bombarde, c’est mon nouveau bijou ! J’ai beaucoup créé cette année, depuis la sortie de l’EP, principalement constitué de titres que j’avais écrit plus jeune. Je me suis perfectionnée en musique assistée par ordinateur et je fais désormais toutes mes productions, je compose tout dans le moindre détail, le moindre petit son. Ça me permet de laisser passer toutes mes émotions. »

« Bombarde ça parle de l’amour universel. Quelque chose de très sensuel, de cette sorte de jalousie qu’on peut ressentir au moment où l’autre ne ressent plus forcément les mêmes choses que toi, ça vient d’histoire que je récupère des autres, qu’on me raconte ! Et ouais, quelque chose de sensuel, fusionnel, j’avais vraiment envie de faire danser ! Et c’est Tchangn qui nous régale ! Une artiste que j’ai découvert sur Instagram et qui a accepté de travailler avec moi. Je vous laisse découvrir ! »

Claire Faravarjoo n’en finit pas de nous séduire et se lance dans une odyssée prometteuse, à commencer par une première partie de Brigitte jeudi à La Laiterie et son prochain concert aux Inouïs de Bourges. Comment se sent-elle à l’approche de ces dates ? C’est facile à deviner !

« J’avoue que je me sens ultra surexcitée ! Toute l’équipe est à blinde, que ce soit au niveau musical, management ou booking. Ça nous a tous motivé. On bosse à fond, surtout moi, sur les nouvelles musiques qui arriveront très prochainement… En plus je suis très contente de pouvoir ouvrir pour les Brigitte. J’apprécie beaucoup leur conception de la musique, je les suis depuis leurs débuts, je les trouve impressionnantes ! »

En résidence aux Tanzmatten

Motivée, passionnée et généreuse, Claire veut se dépasser et offrir ce qu’il y a de plus beau à son public. Pour ce faire Ben, Romain et elle font une résidence aux Tanzmatten de Sélestat.

« Pour la résidence, on va bosser notre jeu de scène. L’idée est de trouver un fil conducteur entre les musiques. Et puis c’est aussi un exercice personnel car maintenant que j’ai quitté ma guitare, j’ai besoin de travailler mes danses, mes gestes, mes regards. Il faut que je travaille la sensibilité, mais aussi le côté très crescendo et électro du set. Plus on avance dans le set, plus la foule danse. Et mon devoir c’est d’amener ça, le plus chaleureusement possible ! »

Les Strasbourgeois auront le plaisir de les retrouver à la Laiterie en juin lors du festival Scènes d’Ici et d’ici-là, on peut se passer « Bombarde » en boucle !

Cinq « étudiants en lutte » envoyés à la coordination à Paris

Cinq « étudiants en lutte » envoyés à la coordination à Paris

Une assemblée générale s’est tenue sur une pelouse du campus de l’Université de Strasbourg vendredi 20 avril, au lendemain de l’occupation d’un bâtiment pendant deux heures avant que les CRS n’évacuent les lieux. Les étudiants et professeurs étaient une petite centaine pour évoquer les moyens de se coordonner avec le mouvement national.

En ce vendredi 20 avril, l’heure était à la remobilisation pour les étudiantes et étudiants en lutte contre la loi ORE (orientation et réussite étudiante) et la sélection qu’elle induit. Une assemblée générale a eu lieu sur la pelouse devant le Patio, sur le campus principal de l’Université de Strasbourg. Elle a réuni une centaine d’étudiants et de professeurs, soit bien moins de participants que les précédentes assemblées qui affichaient 500, voire 800 personnes. La veille au soir, vers 22h, les étudiants ont été délogés par la police du bâtiment de Math-Info qu’ils avaient décidé d’occuper trois heures plus tôt.

Les étudiants et étudiantes en lutte prépareront la suite de la mobilisation pendant les vacances scolaires. (Photo TV / Rue89 / cc)

Les débats ont principalement tourné autour de la CNE (Coordination nationale étudiante), car 5 étudiants strasbourgeois se rendront à Paris ce week-end pour une réunion avec cet organisme étudiant national. Les billets de train sont financés par les syndicats CGT et Snesup.

L’assemblée générale a notamment voté pour proposer à la CNE de se lier à une série de manifestations les 1er, 5 ou encore 14 mai, dans le cadre d’une opposition globale « à la politique du gouvernement. »

Organiser des actions attrayantes et soutenir Tolbiac

Les étudiants comptent aussi utiliser les vacances scolaires du 23 au 29 avril pour préparer une rentrée militante. Une étudiante a expliqué que des « actions ludiques et attrayantes pourraient aider à ramener plus de monde dans la lutte. » L’intégration de plus d’étudiants dans le mouvement d’opposition, est un argument souvent utilisé pour justifier le blocage des bâtiments.

Un autre étudiant s’est exprimé à propos de l’image à donner au mouvement :

« Après les vacances, il faudra proposer des actions pour recréer le lien entre les étudiants contre la loi et ceux contre les blocages. »

Enfin, pour soutenir les étudiants de l’université de Tolbiac qui se sont faits expulser du bâtiment qu’ils occupaient depuis le 26 mars, l’assemblée générale appelle à un rassemblement place de la République, ce vendredi soir à 18h.

Prochaine assemblée générale des « étudiants en lutte » : lundi 23 avril à midi.

L’amendement contre les barquettes plastiques rejeté en commission

L’amendement contre les barquettes plastiques rejeté en commission

Les forts engagements de Strasbourg contre les barquettes plastiques écument-ils au niveau national ? Râpé, les députés de la commission des affaires économiques ont rejeté l’amendement demandant leur suppression à partir de 2022, dans le cadre de la future loi sur l’alimentation Egalim. L’amendement a été retiré sur la demande du minist . . .

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Au conseil de l’Eurométropole, la hausse du ticket CTS et la fin de l’aller-retour

Au conseil de l’Eurométropole, la hausse du ticket CTS et la fin de l’aller-retour

Après avoir accueilli les 7 nouveaux élus venus de Schiltigheim, le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg va voter une nouvelle hausse des prix des transports en commun. À suivre en direct à partir de 9h.

Elle revient dans l’hémicycle chaque printemps avec le retour des beaux jours, c’est la hausse des prix des transports en commun. Après deux années successives consacrées aux abonnements – maintenus au même prix pour 2018 – c’est au tour des nouveaux billets à l’unité, comme il y a trois ans. À partir du 1er juillet, l’achat des nouveaux tickets cartonnés passe de 1,70€ à 1,80€. Les recharges, elles, coûteront à 1,70€, soit le prix des tickets magnétiques actuels, disparus à la même date ou 10 centimes de plus que les recharges sur téléphone NFC ou les cartes Badgeo Solo et Multi (1,60€ mais peu vendues à l’unité).

Un ticket qui coûte plus cher

La justification a de quoi surprendre. La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a expliqué en long et en large que le passage au sans contact permet des économies d’argent, d’encre, d’arbre, d’huile ou d’entretien. Voilà qu’il est avancé désormais que le ticket cartonné initial coûte 10 centimes, là où l’ancien équivalent magnétique coûtait moins d’un centime à produire. Vive le progrès ! Quant à la recharge numérique, il n’est toujours pas clair si elle a un coût marginal de production pour la CTS ou non, au-delà du fonctionnement des machines, déployées pour la somme de 10 millions d’euros jusqu’à fin juin. La délibération acte aussi la fin du ticket aller-retour, qui était économique. Si l’on veut faire un aller et revenir quelque part, il faudra désormais acheter un ticket cartonné (1,80€) et charger un deuxième ticket (1,70€ donc). Soit 3,50€ à la place de 3,30€ comme aujourd’hui. Ou 3,40€ si l’on réutilise un ancien billet cartonné. Le tickets achetés à bord des bus, pourtant eux aussi plus chers à produire de 10 centimes, gardent leur tarif de 2€. L’idée est qu’une somme ronde est plus simple pour rendre la monnaie pour le chauffeur, ce qui fait perdre moins de temps. Ces tickets secours peuvent ensuite être rechargés « jusqu’à 300 fois » s’ils restent en bon état, comme tout ticket.

Récapitulatif des prix au 1er juillet

1er achat Recharge Carnet de 10 Carnet de 30
Billet sans contact 1,80€ 1,70€ 14€ (14,10€ si 1er achat) non disponible
Ticket « secours » 2€ 1,70 14€ non disponible
Carte Badgeo Solo 5€ en agence, gratuite en ligne 1,70€ 13,20€ 38€
Carte Badgeo Multi 2€ 1,70€ 13,20€ 38€

Faire payer plus l’usager

Au-delà des contorsions et explications tarabiscotées pour expliquer qu’il s’agit d’une hausse mais pas vraiment (calcul d’une hausse « moyenne » à 0,98% en comptant les abonnements alors que la recharge augmente de 6,25%, comparaison avec l’inflation de 1,2%), les élus assument surtout qu’ils visent à se rapprocher un équilibre à 50-50 entre ce que paie la collectivité et l’usager, soit le taux le plus élevée de France (ou le plus faible si on se place du point de vue des pouvoirs publics). Le débat sur la gratuité comme en Allemagne, à Tallin en Estonie, à Paris et en Île-de-France ou d’autres villes plus petites en France où cela a été mis à l’essai n’a pas atteint les dirigeants strasbourgeois. La part de l’usager étant à « 46 ou 47% » selon Roland Ries, maire de Strasbourg et vice-président des transports à l’Eurométropole, il faut s’attendre à d’autres hausses durant la fin du mandat.

Les carnets restent stables sur Badgeo

La hausse du ticket « premier achat », devrait engendrer 235 000 euros de recettes supplémentaires. La CTS devrait aussi compter 149 000 euros de plus grâce au 20 centimes de hausses pour les allers-retours. Selon l’Eurométropole, les ventes de tickets représentent 19 millions d’euros de recettes contre 23 millions pour les abonnements. En revanche le pack de 10 tickets sur une carte Badgeo solo et Multi continue de permettre des économies avec des tarifs inchangés soit 13,20€. Les packs de 30 tickets, pour les usagers les plus prévoyants et économes, sont aussi maintenus au prix de 38 euros. C’est plutôt le visiteur exceptionnel qui absorbera le surcoût. Sauf s’il télécharge les applications déjà existantes ou futures qui permettront des « départs immédiats » à 1,70€ et non 1,80€. Pour l’opposition, c’est Jean-Emmanuel Robert (LR) qui devrait prendre la parole et pointer ces hausses à répétition, de 1,30€ à 1,80€ (+38%) depuis 2008, date d’arrivée du PS au pouvoir qui est supérieur à l’inflation constatée en 10 ans.

Les nouveaux élus de Schiltigheim installés

Avant cela, les 7 nouveaux élus de Schiltigheim (6 de la majorité et Christian Ball) seront biens installés en début de séance, contrairement à ce que nous écrivions lundi. Des vérifications juridiques ont été diligentées auprès du préfet. Le premier conseil municipal schilickois est prévu samedi. Jean-Emmanuel Robert sera sûrement rejoint par Antoine Splet, tout juste élu à Schiltigheim et membre du Parti communiste qui s’oppose à ces hausses régulières de tarifs. La vice-présidence en charge des voiries de l’ancien maire Jean-Marie Kutner va aussi être remise en jeu. Pierre Perrin devrait représenter le groupe des maires initial, sans bouger les équilibres de la coalition gauche-droite. Néanmoins, le nombre d’abstention permet toujours d’évaluer le niveau de convictions au sein de la coalition. Une autre candidature seraient en revanche une surprise et aurait numériquement peu de chance de passer, le PS et les maires ayant la majorité absolue. À suivre en direct à partir de 9h dans la vidéo en tête de cet article.

L’amphi de Maths-Info brièvement occupé, puis quitté dès l’arrivée de CRS

L’amphi de Maths-Info brièvement occupé, puis quitté dès l’arrivée de CRS

Une partie des étudiants qui ont participé à la manifestation de « convergence des luttes » jeudi ont investi un amphithéâtre de l’UFR de Mathématiques et Informatique de l’Université de Strasbourg, sur le campus de l’Esplanade à partir de 17h. Ils en sont ressortis vers 22h, alors que des CRS approchaient. La cinquantaine de policiers venait de l’Arcadia, le bar de l’association du Bastion social à l’Esplanade où se tenait une conférence avec l’eurodéputé FN Bruno Gollnisch plus tôt dans la soirée.

Contrairement aux deux autres occupations du Palais universitaire votées au début du mouvement, la petite centaine d’étudiants n’avait pas entrepris de blocage matériel des portes. Chacun pouvait rentrer et sortir comme bon lui semble. Les CRS n’ont pas eu à intervenir, les participants à l’intérieur avaient décidé au préalable de sortir par eux-mêmes pour éviter tout affrontement physique.

Dans le calme

La scène s’est déroulée sous le regard de plusieurs dizaines de personnes, des curieux en cette chaude soirée de printemps qui passaient la soirée sur le campus, et des membres du collectif contre les blocages. Ces derniers avaient débloqué tous les bâtiments dans la nuit précédente dans le calme et seul le Patio avait été rebloqué le lendemain, jour de manifestation.

Juste après la manifestation de jeudi, les étudiants ont tenu une assemblée générale dans ce bâtiment, à laquelle ont participé environ 400 personnes selon un comptage approximatif de Rue89 Strasbourg (800 selon eux), avec comme ordre du jour un bilan de cette journée de mobilisation nationale. Les étudiants se sont félicités de constater que des professeurs de l’Université rejoignaient le mouvement de protestation global contre la loi Orientation et Réussite Etudiante et le système ParcourSup, qui limitent les orientations et les accès aux études supérieures.

Des étudiants se sont invités dans un cours dans l'amphi de l'UFR de Maths-Informatique pour y tenir une AG (Photo Emilie Sizarols / Rue89 Strasbourg / cc)
Des étudiants se sont invités dans un cours dans l’amphi de l’UFR de Maths-Informatique pour y tenir une AG (Photo Emilie Sizarols / Rue89 Strasbourg / cc)

Jusqu’à présent, l’Université de Strasbourg a toujours réussi à éviter les occupations nocturnes. Celle-ci a juste duré un peu plus longtemps que les précédentes.

Les cours, examens et autres activités prévues ce vendredi à l’UFR de Maths-Info ont néanmoins été annulées dans le début de soirée. Le week-end marque le début d’une semaine de vacances universitaires où il ne devrait pas y avoir de cours et d’examens, sauf d’éventuels rattrapages.

Une nouvelle assemblée générale est prévue ce vendredi. De nouveaux blocages sont aussi à envisager puisque reconduits lors de l’AG de fin de journée.

Dans la soirée de jeudi, quelques étudiants ont choisi de rester dans les bâtiments (Photo Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)
Dans la soirée de jeudi, quelques étudiants ont choisi de rester dans les bâtiments (Photo Jean-François Gérard / Rue89 Strasbourg / cc)

Blocages à l’Université, des profs soutiennent, les directeurs dénoncent

Blocages à l’Université, des profs soutiennent, les directeurs dénoncent

Une partie de enseignants et des directeurs de composantes à l’Université de Strasbourg se sont répondus via des prises de positions collectives sur la question de la loi d’Orientation et sur les blocages ce jeudi 19 avril.

Alors que le mouvement étudiant contre la loi Orientation et réussite étudiante (ORE) tient régulièrement une assemblée générale réunissant entre 500 et 800 étudiants sur le campus, le personnel au sein du personnel de l’Université de Strasbourg commence à s’organiser.

Lors d’une assemblée générale tenue jeudi matin à initiative de 8 syndicats de salariés, entre 100 et 150 professeurs de différents grades et agents administratifs (sur près de 10 000 personnes) ont réitéré leur opposition à la loi ORE à cause de la sélection qu’elle induit en adressant à la direction de l’Université et au gouvernement une série de motions, à retrouver au bas de cet article.

Débloqué dans la nuit par une cinquantaine d’étudiants, le Nouveau Patio, où travaillent la direction et certains services administratifs, n’était pas bloqué ce jeudi 19 avril, jour de manifestation (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Chacun ses non-dits

Parmi ces motions, les employés demandent « le retrait de la loi ORE et du plan étudiant ». Ils s’inquiètent de « la suppression programmée des Centres d’Information et d’Orientation, à la réforme du lycée qui va accentuer le tri social des élèves et à la réforme du baccalauréat ».

Les personnels ne marquent pas noir sur blanc s’ils soutiennent ou non les blocages physiques des bâtiments. Néanmoins, l’Assemblée « apporte son soutien aux étudiants » de manière générale et « ne donne aucun crédit au sondage électronique » qui a dégagé une majorité en faveur des déblocages, ce qui fait office de réponse à demi-mot. Le vote en ligne est invérifiable d’un point de vue technique et la direction était juge et partie.

Le même jour, 29 directeurs sur les 35 composantes que compte l’Université de Strasbourg ont également acté une prise de position commune. De leur côté, c’est l’inverse. Ils « refusent » les blocages qui ne sont « pas légitimes ». En revanche, il n’y a pas de prise de position formelle pour ou contre la loi ORE (« nous avons des appréciations variées »).

Dialogue difficile

Dans leur texte, ces responsables indiquent aussi « tenir compte de la diversité des étudiants, […] afin d’offrir à chacun une formation adaptée » et avoir travaillé dans le cadre du nouveau site Parcoursup, qui remplace Admission Post-Bac (APB) à « l’offre de formation pour les prochaines années ».

Ce dialogue de sourd résume la complexité du débat actuel. Beaucoup d’opposants font le constat que le blocage est le meilleur (le seul ?) moyen de se faire entendre, même s’il n’y a pas eu de concession à ce jour. Pour d’autres étudiants et personnels, y compris chez certains opposants à la loi, limiter les blocages ainsi que les reports de cours et d’examens qu’ils entraînent prime sur l’avis de fond que l’on peut avoir pour ou contre la loi ORE.

Entre 3 000 et 4 000 personnes dans les rues à la manif’ de « convergence des luttes »

Entre 3 000 et 4 000 personnes dans les rues à la manif’ de « convergence des luttes »

La mobilisation reste stable mais se renouvelle à Strasbourg à l’occasion d’une nouvelle journée de manifestation interprofessionnelle, qui s’oppose à plusieurs réformes du gouvernement Macron-Philippe. Le défilé pour « la convergence des luttes » s’est déroulée sans heurts.

Le 22 mars, la première grosse manifestation interprofessionnelle s’effectuait en gants, bonnets et sous quelques flocons de neige (voir nos vidéos en direct). Quatre semaines plus tard, les manifestants ont troqué cet attirail avec des casquettes, t-shirt, shorts et autres lunettes de soleil.

Participation stable, renouvellement

Un mois plus tôt, le mot d’ordre était la « défense du service public ». Cette fois-ci, le mot d’ordre était plus plus général et vague, c’était « la convergence des luttes ». Si bien que certaines organisations syndicales n’avaient pas appelé à défiler dont la CDFT, Force ouvrière, l’Unsa ou la CFTC. Pour autant, l’affluence était à peu près similaire qu’en mars selon nos décomptes au départ, recoupés par plusieurs sources, soit environ 3 500 personnes.

Cheminots, retraités, opposants au GCO, fonctionnaires d’État et territoriaux, étudiants, cheminots, ou simples citoyens ont défilé en partant de la gare, vers le centre-ville. Quelques professions nouvelles ont fait leur apparition dans le cortège, notamment les avocats du barreau de Colmar (à partir de 2 minutes dans la vidéo au bas de cet article), inquiets par le remplacement de décisions de justice par des médiations privées, tout comme le sort du tribunal du Haut-Rhin.

C’est le printemps à Strasbourg (photo JJ Régibier / l’Humanité)

La mobilisation ne faiblit pas par rapport à la manifestation du 22 mars. Surtout, les organisateurs ont su mobiliser de nouvelles personnes, au-delà des corps professionnels et organisations syndicales qui ont déjà fait grève et défilé un mois plus tôt.

Le départ de la manif en vidéo

La rénovation de Hautepierre fait buguer les GPS et Google Street View

La rénovation de Hautepierre fait buguer les GPS et Google Street View

La rénovation urbaine a chamboulé le quartier de Hautepierre. Au-delà des façades retapées et rues refaites, les adresses de ce quartier à l’ouest de Strasbourg ont changé. Les habitants savent comment se déplacer à travers les mailles, mais pas… les systèmes de navigation. Le numérique est resté bloqué en 2014, ce qui n’est pas sans désagrément quand on attend un visiteur extérieur.

La rénovation urbaine de trois des cinq mailles de Hautepierre a considérablement modifié la géographie de ce quartier de Strasbourg bâti dans les années 1970. Au-delà des ravalements de façade et des trottoirs, plus rues. Lors de notre résidence à Hautepierre en 2016, les habitants soulignaient un « cadre de vie » amélioré, sans que « la vie », au sens large, ait changé pour autant.

À nos conférences de rédaction publiques lancées depuis janvier, d’autres ont aussi pointé de nouveaux désagréments (moins de place de stationnement, trottoirs étroits, poubelles dans les rues), issus de ces travaux, tout en reconnaissant des bons points.

Suite à ces grands travaux, il n’y a pas que des humains qui ont vu leur environnement modifié. Les robots et intelligences artificielles des systèmes de navigation sont chamboulés. Mais, eux, personne ne les a prévenus.

À Hautepierre, rues refaites mais GPS perdus (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Car parfois, là où les véhicules pouvaient passer avant la rénovation, la rue a disparu. Et d’autres ont été créées. Ainsi, dans le système sur Google Street View, il arrive parfois de se retomber dans l’ancien Hautepierre au gré des clics. Exemple en trois vidéos.

Les parkings devenus une rue Maille Jacqueline

Les mailles rénovées ont été « ouvertes », c’est-à-dire traversées par de nouvelles rues, au moins en partie. Avant, elles se limitaient à des grands parkings à ciel ouvert. Très bon exemple maille Jaqueline. En avançant vers la place Buchner, on y voit un petit parc et les espaces verts. Et tout d’un coup, cet endroit redevient un parking qui donne sur la cour de l’école, comme en 2008 ou en 2011.

Les versions du centre socio-culturel du Galet

Maille Catherine, il est aisé de tomber sur Le Galet ancienne version. Pas de médiathèque, ni de Maison de Hautepierre. Seule la pharmacie est encore là. Sur la route, des poubelles creusées en extérieur ont été installées. On voit de vagues pelouses peu entretenues au milieu de la chaussée ou sur les trottoirs. En face, du côté de la maille Karine, on remarque immeuble vide tagué qui a été détruit, près des maisons.

Remonter une avenue sans tram

Un peu plus loin, avenue Racine, là où le tram tourne vers le Parc des Sports près du Galet, même retour dans le temps. Retour subit, il n’y a pas si longtemps, en 2014 avant la rénovation. Plus de terre plein central végétalisé de part et d’autre des rails, mais une simple route, des trottoirs plus larges et des pelouses le long des immeubles. Et une fois dans cette faille spatio-temporelle, il est alors possible de remonter en version 2014 l’avenue en sens inverse.

Livreurs perdus avec les GPS

Tout ceci pourrait être amusant s’il ne s’agissait que de bugs d’image. Mais ces changements d’adresse compliquent aussi la vie des habitants, même plusieurs années après. Les anciens « boulevards intérieurs » (comme il en existe maille Éléonore qui n’a pas été encore rénovée) ont été supprimés.

Conséquence, des rues et avenues ont renommés et renumérotées. Des immeubles qui n’ont pas bougé ont changé de nom d’adresse.

Les galères des livreurs

C’est par exemple le cas d’Irène, qui habite maille Jacqueline :

« J’habitais dans le boulevard intérieur à Dostoïevski qui n’existe plus. J’ai demandé au bailleur d’indiquer sur un panneau que ces immeubles font bien partie de l’avenue Racine désormais mais seuls des numéros ont été ajoutés. Comme les immeubles ne sont pas tournés vers l’avenue, on ne comprend pas que ces numéros correspondent à nos immeubles. J’ai même reçu une lettre envoyée à mon ancienne adresse cette année. Quand un livreur ou un taxi veulent venir, ils ne trouvent pas. Ils arrivent loin de chez moi ou passent devant sans comprendre. Et encore moi j’habite près de l’avenue ce qui me permet de sortir facilement, mais ce n’est pas le cas de tous mes voisins. »

Petit test effectué avec l’adresse exacte, Google envoie face à l’hôpital de Hautepierre, à 800 mètres de chez Irène. Du côté du bailleur la Sibar, on indique que « tous les changements ont été réalisés à la demande de l’Eurométropole ».

Problème similaire pour Francine qui habite de l’autre côté de l’avenue à l’ancienne place Chateaubriand mais dont la nouvelle adresse allée Charles Perrault est inconnue des services de navigation. Google Maps oriente vers l’école Charles Perrault à… Ostwald. L’application « Plans » d’Apple est tout aussi perdue.

La place Chateaubriand avant la rénovation (Google Streetview)

La Place Chauteaubriand a disparu, réaménagée et « résidentialisée » après la rénovation.

La Poste a maintenu la double adresse

Pourtant à La Poste, pas de soucis pour l’acheminement du courrier. La « double adresse » a été maintenue pendant un an. La société explique comment la situation a été gérée « en anticipation » :

« La Ville de Strasbourg transmettait des arrêtés municipaux indiquant les changements d’adresse au fur et à mesure de l’avancement du projet, sur la base desquels La Poste effectuait la mise à jour de son référentiel d’adresse. »

Le changements d’adresses ont été transmis par la Ville de Strasbourg aux services compétents, comme l’électricité, mais pas tous. Irène a par exemple reçu un courrier d’un service de recouvrement pour le gaz, alors qu’elle ne recevait plus de facture pendant des mois. Pour les personnes avec une vieille plaque d’immatriculation (type 123 AB 01 ), il faut en changer. Pour les plaques les plus récentes, il faut néanmoins actualiser son adresse sous un mois. Un automatisme pas toujours facile à avoir lorsque l’on ne déménage pas.

Des adresses loin du but

D’autres bugs sont faciles à identifier. Les adresses du théâtre de Hautepierre ou des Percussions de Strasbourg (13 et 15 place André Maurois) sont localisés à plus de 500 mètres de leur réelle implantation. Google envoie l’internaute vers une station service de l’autre côté du centre commercial. De quoi être perdu quand dérouté on ne vient pas du quartier sachant que ces bâtiments sont peu signalés et qu’on ne peut les voir directement. Pourtant dans cette maille, il n’y a pas eu de changement d’adresses.

Une bonne petite trotte entre le résultat affiché pour la place André Maurois et la localisation réelle. capture décran mars 2018)

Google pas trop concerné

Lors d’échanges par email, Google explique « mettre à jour régulièrement les cartes, sur la bases de données que nous consolidons de nombreuses sources », sans donner plus de détails. Une réponse un peu à côté de la plaque qui semble indiquer qu’il n’y a guère pas de contact avec les autorités publiques lors des changements d’adresse massifs qu’entraînent ces opérations.

L’entreprise pointe d’ailleurs que « tout utilisateur » a la possibilité d’indiquer / signaler des modifications. Faut-il encore que les habitants, ou les aménageurs, pensent à ces outils. Peut-être pour les rénovations à venir ?

Eurométropole : le maire de Souffel’, Pierre Perrin, pressenti pour remplacer Jean-Marie Kutner

Eurométropole : le maire de Souffel’, Pierre Perrin, pressenti pour remplacer Jean-Marie Kutner

En perdant sa place de maire de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner (ex-UDI) perd aussi celle au conseil de l’Eurométropole qui regroupe Strasbourg et ses 32 communes voisines. Il y occupait l’une des 20 vice-présidences, en charge de la voirie (des routes, quoi). Malgré le qualificatif qui peut paraître peu sexy, c’est un titre stratégique car les bonnes ou mauvaises décisions ont un impact direct sur des milliers d’administrés et des r . . .

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Le vote en ligne « contre » les blocages à l’Université ne rétablit pas la confiance

Le vote en ligne « contre » les blocages à l’Université ne rétablit pas la confiance

La présidence de l’Université de Strasbourg a envoyé les résultats du vote pour ou contre les blocages sur son campus. Leur levée serait souhaitée par 11 696 étudiants contre 3 000. Les « étudiants et étudiantes en lutte » avaient appelé à boycotter massivement le vote. Des membres restent circonspects sur ce scrutin aux résultats invérifiables.

Lundi 16 avril, tous les étudiants de l’Université de Strasbourg ont reçu un e-mail qui correspondait à un vote en ligne à propos des blocages qui ont lieu sur de nombreux bâtiments du campus central, pour s’opposer à la réforme de l’orientation ORE, à cause de la sélection qu’elle induit. Ce courrier électronique contenait un lien à usage unique (ce que nous avons pu vérifier) pour toute adresse étudiante de l’Unistra, y compris ceux en stage ou internes de médecine qui ne sont plus sur les campus en cette période d’examen.

Trois possibilités

Ce vote proposait trois possibilités : « J’approuve les blocages », « Je n’approuve pas les blocages » et « Je ne me prononce pas ». Dans les résultats transmis par la direction mercredi 18 avril en début de de matinée, 16 272 étudiants ont participé : 11 696 ont voté « contre » les blocages, 3 000 « pour » et 1 576 ne se prononcent pas. Environ 35 000 étudiants sur les 51 000 au total n’ont pas voté, soit un taux d’abstention de 70%.

Pas de vérification possible

Le problème avec les votes électroniques, et ce n’est pas spécifique à ce vote de l’Université, c’est qu’ils n’assurent pas un décompte aussi transparent que les votes à main levée ou avec des urnes, où les différents camps peuvent assister au comptage. Lors de l’AG homérique qui avait voté d’une courte tête la levée des blocus, les pro-blocage avaient reconnu la sincérité du vote. Il n’existe pas de moyen matériel ou technique de vérifier ce résultat ce qui ne favorise pas la confiance dans ce contexte déjà tendu. Surtout quand dans ce cas, la direction est à la fois juge (organisatrice) et partie (favorable à la loi). L’outil de vote a été mis en place par le service informatique de l’Université .
Après le résultat du vote, des étudiants continuent de débattre sur la suite à donner au mouvement (Photo Emilie Sizarols)

Un sondage boycotté par « les étudiants et les étudiantes en lutte »

Les « étudiants et étudiantes en lutte » avaient appelé dans un communiqué envoyé mardi, à boycotter ce vote :
« La question « êtes-vous pour ou contre les blocages » n’engage aucun débat sur le fond et surtout, c’est un sondage qui profite d’un déséquilibre d’information et de communication qui avantage grandement la présidence (favorable à la loi ndlr). Les lycéens et lycéennes qui sont autant concernés que les étudiants ne peuvent y participer. »
Un de leurs membres, Camille (nom d’emprunt) est surpris par les résultats du sondage :
« C’est énorme, 3 000 étudiants se sont tout de même prononcés en faveur des blocages alors que l’Assemblée générale des étudiants de Strasbourg avait appelé au boycott. C’est quand même une décision lourde à prendre que de dire « oui » aux blocages dans un sondage organisé par l’université. »
Les étudiants « en lutte » n’étaient pas convaincus par la garantie de l’anonymat, à cause du lien lié à une adresse e-mail personnelle. Gabriel, autre étudiant, embraye :
« Un vote doit être fait après s’être assuré que les informations à son sujet ont bien été transmises. Sinon cela n’est pas démocratique. Ici, on a juste un sondage qui vient sans la moindre transmission d’informations préalable. »
Le président de l’Université, Michel Deneken, s’appuie au contraire sur ce résultat pour demander la levée du blocage :
« J’appelle aujourd’hui les étudiants attachés à la démocratie à reconnaître votre expression, à entendre ce résultat et à lever les blocages pour permettre à tous, étudiants et membres du personnel, de travailler dans des conditions de sérénité que tous méritent. La levée des blocages permettra aussi à ceux qui le souhaitent de reprendre ensemble, dans le respect mutuel, la réflexion sur la loi « Orientation et Réussite des Étudiants » et son application à l’Université de Strasbourg. »

Déblocage et reblocage dans la nuit de mardi à mercredi

Mardi 17 avril, vers 23h, soit avant le résultat, des étudiants de l’Uni, syndicat d’étudiants classé à droite se sont alliés à des étudiants d’Action Française, mouvement politique royaliste (qui représentaient un tiers de la quarantaine de personnes sur place d’après eux), et d’autres étudiants apolitiques, pour débloquer les bâtiments a constaté un de nos journalistes sur place. Des JAM, « jeunes avec macron » étaient également présents en « rôle d’observateur ». Ceux-ci participaient tout de même en prenant part aux conversations pour organiser le déblocage. Comme à l’accoutumée, des agents de sécurité missionnés par l’Université étaient également présents sans intervenir. Quelques heures plus tard, mercredi 18 avril, des « étudiants et étudiantes en lutte » ont à nouveau bloqué une demi-douzaine de bâtiments dont Le Patio et Nouveau Patio, le Palais universitaire ou le Portique. Une Assemblée générale des étudiants se tient depuis 10h30 sur le campus à suivre en direct sur Rue89 Strasbourg

À l’AG ce mercredi : convergence des luttes, démission de Deneken et poursuite des blocages

À l’AG ce mercredi : convergence des luttes, démission de Deneken et poursuite des blocages

Les étudiants opposés à la loi Orientation et Réussite (loi ORE) et la sélection qu’elle induit se sont réunis une nouvelle fois en assemblée générale (AG) ce mercredi 18 avril. Ils n’ont pas tenu compte de l’appel du président de l’Université Michel Deneken à la levée des blocages, suite au résultat du vote électronique lancé lundi.

L’assemblée générale des étudiantes et étudiants de Strasbourg opposés à la loi Orientation et Réussite (loi ORE) s’est de nouveau réunie aujourd’hui. Elle intervenait quelques heures après le résultat du vote électronique où, selon les chiffres de l’Université, 11 696 étudiants refusent les blocages (71,88% des votants). Les « étudiants en lutte » contestent l’anonymat d’un tel vote.

Plusieurs actions ont été votées, notamment le maintien du blocage d’une dizaine de bâtiments.

Retrouvez ci-dessous le compte-rendu des débats et des votes.

C’est la fin de ce compte-rendu en direct. Merci à tous de l’avoir suivi.
L’AG se termine. Un organisateur « remercie pour le calme », « demande de ramasser les mégots » , annonce une « réunion du comité de mobilisation à 18h devant le Patio », un « RDV à 14h30 aujourd’hui devant le Parlement européen » et incite « à ramener un maximum de monde pour la manifestation de demain. »
De nombreux étudiants quittent le vote, agacés par les propositions. Place au prochain vote : « Mettre des salles occupées à disposition des lycéens qui ne peuvent pas se réunir dans leur établissement. » Adopté à une majorité écrasante.
« Trouver un compromis entre bâtiments bloqués ou non pour que certaines personnes puissent passer leurs examens » Le contre l’emporte, à 5 voix près.
La proposition « Prendre part à la kermesse de convergence des luttes le 5 mai » est adoptée.
-« Soutien à la ZAD du Moulin de Kolbsheim, contre le GCO ». Adopté -« RDV demain à 13h devant le Patio avec les lycéens et AG post-manif ». Adopté  
L’assemblée générale se prononce pour « la démission du président de l’Université Michel Deneken ».
« Structurer le mouvement en envoyant une délégation à la CNE (coordination nationale étudiante) ». Le vote est reporté fautes de personnes ayant pris part au vote.  
Blocage des bâtiments où se rendent les chercheurs. La plupart des étudiants votent contre. Applaudissements.  
Diffusion de tracts avec barrage filtrant, afin d’informer les étudiants rentrant dans les bâtiments. Proposition refusée.  
Dans quelques instants, le passage aux votes !
Un étudiant revient sur le déblocage d’hier soir : « C’était illégitime. L’administration a soutenu un déblocage en amont du vote. Elle a trahi tous les étudiants. C’est eux qui ont les CRS. On les insulte, alors qu’ils sont juste au service du gouvernement. Je demande la démission du président de l’Université. » Hourras dans la foule.
Passage aux propositions. Une étudiante : « Je ne vais pas demander un déblocage complet, mais je demande un compromis pour que les étudiants puissent passer leurs examens. Que des bâtiments administratifs soient bloqués, je suis pour, car cette symbolique est nécessaire. »      
Un déblocage partiel du Palais U va avoir lieu, pour permettre à l’orchestre universitaire de récupérer son matériel. Un concert devait avoir lieu mardi soir.    
Passage au point sur la mobilisation des lycéens. Pour Louis, « nous sommes vraiment peu nombreux, car nous avons la menace d’être renvoyés. Le principal de mon lycée a refusé que je parle une quinzaine de minutes devant mes camarades pour les informer sur la loi. Nous recevons des mails de pression. » Une voix s’élève dans la foule : « si tu te fais renvoyer, on sera des milliers devant le lycée Marie Curie. »
« Hier soir nous avons eu un déblocage du Palais U par des membres de l’UNI, mais aussi de l’action française, qui ont des liens avec le Bastion social », dénonce un étudiant.
Un étudiant au Président de l’Université : « Pour moi, vous êtes handicapés dans vos valeurs. Les nôtres, ce sont celles de mobilisation égalitaire et fraternelle. Jean Cavaillès (nom d’un amphithéâtre du Patio), c’est la logique de résistance jusqu’à la fin. »
Passage aux discussions sur les mobilisations en cours et à venir. Un étudiant : « Pour éviter un déblocage complet, je propose de commencer à bloquer également les bâtiments où la recherche se fait. »

Caroline, avocate au barreau de Strasbourg continue sur la nécessité d’une lutte commune : « Nous avocats sommes en lutte contre la réforme de la justice. C’est le même nerf de la guerre. C’est une même vision de ce que devraient être les rapports humains qui est en cause. La convergence de lutte de demain doit être menée par toutes les personnes qui croient qu’il est possible de sauver une certaine idée du service public. » Applaudissements nourris parmi les étudiants.
Un responsable en licence de STAPS, « filière en tension » prend la parole : « Nous essayons de faire tout ce qu’il est possible pour accueillir de plus en plus d’étudiants. Cette sélection ne change rien au fait que certains étudiants ratent leur année. Depuis 10 ans, aucun étudiant en bac pro n’a réussi la première année. Pour autant, ils apprennent des choses. Je ne suis pas favorable à cette loi. C’est une loi qui donne au recteur un pouvoir qu’il n’a jamais eu. Je suis pour l’indépendance des universités. »      
Devant l’institut Le Bel, les discussions continuent autour de la loi ORE. Temps de parole limité à deux minutes par personne.Une quinzaine de membres de la sécurité sont présents lors de l’AG, qui se déroule dans le calme. Pour Arpad, étudiant en histoire et militant du NPA, « les élèves risquent de sortir surendettés de leurs études. » François Gauer, vice-président de l’Université de Strasbourg prend la parole, pour défendre la loi ORE :
« Nous sommes là pour accompagner les étudiants dans la diversité de leurs profils. Quand on dit qu’un établissement veut faire baisser ses taux d’échecs, ce n’est pas pour faire plaisir au ministère. Notre objectif, c’est que les étudiants réussissent. »
Une étudiante à la tribune : « la sélection va toucher majoritairement les femmes, qui sont déjà minoritaires dans les filières sélectives ». Applaudissements dans la foule.
Début de l’AG. Premier vote adopté, pour interdire les propos misogynes et racistes lors des débats. A l’ordre du jour : le bilan de la lutte au niveau national et local, les moyens de mobilisation mis en œuvre et à venir, puis le passage au vote. Un peu moins de 200 personnes présentes.
Bonjour à tous et bienvenue pour ce direct. Cette réunion ouverte doit se tenir à partir de 10h30, mais comme pour le conseil municipal l’assemblée met toujours plusieurs minutes à se mettre en place.

Pour Silvio, l’étudiant écologiste, expliquer le monde permettra de le changer

Pour Silvio, l’étudiant écologiste, expliquer le monde permettra de le changer

Avec les anti-GCO – Rencontre avec Silvio, étudiant en sciences politiques à Strasbourg et engagé contre le Grand contournement ouest (GCO). Pour lui, c’est l’explication sans relâche qui permettra de changer les mentalités.

Quelques militants opposés à la construction du Grand contournement ouest (GCO) se retrouvent tous les mercredis de 17h à 19h, devant la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg. Étudiant en sciences politiques et co-animateur du groupe local d’Europe Ecologie les Verts (EELV), Silvio est de ceux-là. Pour ce militant écologiste, le GCO à la fois « dangereux et inutile ». « Une réflexion plus générale sur les transports en commun en mode doux » apporterait davantage de solutions selon lui.

« Avoir une emprise sur le monde dans lequel on vit »

Silvio regrette de ne pas pouvoir venir tous les mercredis se joindre aux militants. En revanche, il essaie de participer régulièrement aux différentes manifestations pour affirmer son soutien et tenter d’expliquer aux passants que la future autoroute de 24 km consommera nombre de bonnes terres cultivables sans pour autant régler les problèmes de bouchons à Strasbourg.

« Être militant aujourd’hui » signifie pour Silvio « qu’il nous est possible d’avoir une certaine emprise sur le monde dans lequel on vit. » Un changement de paradigme est nécessaire selon lui, pour vivre de manière plus apaisée, plus saine et en adéquation avec la nature.

Mais la lutte contre le GCO n’est qu’une partie de revendications plus larges pour Silvio. Pour lui, repenser le rapport entre transports en commun urbain et péri-urbain n’est qu’une parcelle d’un ensemble de mesures qui doivent toutes contribuer à préserver l’environnement.

Statut des imams : le CRCM Alsace entend garder l’initiative

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Contre la fermeture des berges du bassin de l’Ill, la mobilisation s’accentue

Contre la fermeture des berges du bassin de l’Ill, la mobilisation s’accentue

La troisième manifestation des vélos contre la fermeture des berges du bassin de l’Ill a mobilisé près de 250 personnes, lundi près du Parlement européen à Strasbourg.

partenaire blog de la RobertsauÀ la veille de la venue du président de la République Emmanuel Macron au Parlement européen sur le thème de la citoyenneté, les Strasbourgeois l’ont justement pris au mot pour réclamer encore une fois l’accès libre aux Berges du bassin de l’Ill aux piétons et aux cyclistes.
Les cyclistes se sont faits voir et entendre (Photo EJ / Blog Robertsau)
Les cyclistes se sont faits voir et entendre (Photo EJ / Blog Robertsau)
Sous un soleil radieux et des températures clémentes, la manifestation qui a réuni près de 250 personnes a débuté par l’Ode à la joie interprétée par Étienne Bardon. Manière de dire qu’il ne s’agit pas de taper sur l’Europe, mais uniquement de lutter contre la fermeture des berges. Bernard Irrmann du collectif Véläuch (vélo de la Robertsau) rappelle que le président de la République évoque, à propos de Notre-Dame-des-Landes, le respect de la loi. Or selon lui, la fermeture des voies est illégale :
« Les travaux en cours font fi de la loi qui stipule pourtant que propriétés et berges attenantes aux cours d’eau naturels domaniaux sont grevées sur chaque rive de servitudes auxquelles les collectivités ne sauraient se soustraire. Au nom de quel impératif et avec quel passe-droit les institutions européennes ne sont-elles pas tenues de respecter cette loi ? »

Des adjoints au maire dans la manifestation

Petite surprise, la présence de trois adjoints au maire de Strasbourg, qui se sont éclipsés du conseil Municipal pour rejoindre le cortège : Jean-Baptiste Gernet, Paul Meyer et Alexandre Feltz (tous La Coopérative). Pour Jean-Baptiste Gernet, adjoint aux mobilités alternatives, « il doit y avoir d’autres mesures de sécurité que de fermer les berges ».

La vidéo de la manifestation

Se faire entendre du Parlement européen

La députée européenne Karima Delli (EELV) était présente, elle est aussi présidente de la commission des transports et du tourisme au Parlement européen, ce qui lui permet de mettre en rapport ce que prône le Parlement de ce qu’il fait :
« Des barrières il n’en faut pas. Le Parlement européen doit arrêter d’avoir un double discours. On ne pas prôner des politiques ambitieuses pour le vélo et mettre des barrières juste à côté. »
Il ne sera bientôt plus possible de passer par là à vélo…
La pétition sur le site de l’ADIR est sur le point de passer le cap des 1 500 signatures. L’objectif de l’association est d’atteindre le cap des 2 800 signatures pour… pouvoir interpeller directement le conseil municipal de Strasbourg, suite aux nouvelles dispositions proposées par le Pacte pour la démocratie locale.

À la finale du concours d’éloquence : « Élise, c’est sûr, elle va percer »

À la finale du concours d’éloquence : « Élise, c’est sûr, elle va percer »

Sur la scène de la salle Marcel Marceau, Élise a participé jeudi 12 avril à la finale du concours d’éloquence Ogma. La collégienne de Hautepierre n’a pas remporté la première place mais pour l’équipe du collège Erasme et les amies d’Élise, sa confiance en elle et son travail en font un exemple à suivre.

Nike blanches sous une robe d’avocat. Élise tient le micro d’une main et ses notes de l’autre. Jeudi 12 avril, vers 20h, le rideau rouge vient de s’ouvrir sur l’estrade de la salle Marcel Marceau, au Neudorf à Strasbourg. Pour la finale du concours d’éloquence Ogma, l’association D-Clic a le sens de la mise en scène. La collégienne de Hautepierre, Élise, est à gauche, proche des six membres du jury. Elle fait face à Chaima, une élève du collège Leclerc de Schiltigheim.

Les deux finalistes se sont affrontées sous le regard d’un jury principalement constitué d’avocates. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Famille, amis et équipe du collège sont là

Depuis quinze jours, le sujet de la finale est posé : « Le malheur des uns fait-il le bonheur des autres ? » Élise doit répondre par la négative. Au fond de la salle, toute sa famille est réunie : parents, frères et soeur, grand-père, cousins. Quelques amis aussi. De l’autre côté de la pièce, la principale adjointe du collège Érasme assiste au débat. La professeure d’anglais d’Élise est également présente. Une centaine de personnes écoutent les deux contradictrices.

Dans la salle au parquet de bois, l’ambiance est tendue. Aucun bruit ne perturbe le débat. Les deux participantes sont applaudies après chaque plaidoirie. Chacune réagit ensuite au discours de l’adversaire avant de répondre aux questions du jury. Les dernières interrogations poussent les candidates dans leurs retranchements, en utilisant des situations hypothétiques autour de la peine de mort. Plusieurs personnes poussent des cris d’indignation : « Ça va trop loin là ! »

Cris de joies et mines déconfites

20h30. Le jury a terminé de délibérer. Plusieurs dizaines de collégiens attendent sur l’estrade. Ce soir, des prix sont aussi remis pour un concours de création d’entreprise. Il y a des cris de joies et des mines déconfites. Élise et Chaima patientent, main dans la main. À l’annonce des résultats, la collégienne de Hautepierre ne peut s’empêcher de verser quelques larmes. Sa mère est à ses côtés. Le présentateur de la soirée lui fait dire un mot au micro. Elle en formule trois : « Je suis déçu… »

Sur la scène de la salle Marcel Marceau, Sandrine sèche les larmes de sa fille après l’annonce des résultats.

« Les jeunes des quartiers souffrent d’autocensure »

Les concours sont allés droit au coeur de nombreux collégiens. Lors du buffet de clôture, les jeunes discutent encore les décisions des jurys. À table, le président de l’association D-Clic n’a pas le temps de manger les boulettes de viande, les samosas et les salades dans son assiette. Une fille demande un autographe sur le prix qu’elle a reçu. Puis quelques collégiens réclament à Achour Jaouhari des explications sur leur troisième place. Le responsable prend le temps de répondre avant d’expliquer le fondement de ces événements :

« Les jeunes d’un quartier comme Hautepierre souffrent avant tout d’autocensure. Partout, ils ne voient que des limites. Mettre les collégiens en situation de présenter un projet, leur remettre un prix, c’est leur montrer qu’ils peuvent y arriver. »

« Élise est toujours là pour nous aider »

Élise vient de sécher quelques larmes. Le stress se dissipe. Trois amies réconfortent la finaliste déçue. Pour Djihane, Besime et Yousra, elle est un modèle de réussite. Sa copine Djihane entame une ode à Élise :

« Je connais Élise depuis toute petite. Elle a toujours été un exemple pour moi. Elle est intelligente déjà, pas comme moi et mon 3 de moyenne générale (rires). Et puis Élise est toujours là pour nous aider, pour nous expliquer un cours qu’on n’a pas compris. Élise, elle va percer, c’est sûr. »

Élise et ses trois amies Djihane, Besime et Yousra. L’une de ses camarades a accepté d’être photographiée mais elle garde une main sur son visage. Elle est sûre de ne pas être photogénique. (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

Les collégiennes manquent de confiance

Lanya Lahmar, professeure d’anglais au collège Erasme, décrit aussi une élève exemplaire :

« Élise n’a pas attendu le concours d’éloquence pour s’exprimer. Elle est déjà très forte et influence son entourage. Nous, les profs, on passe beaucoup de temps à réprimer la parole des élèves pour avoir leur attention. Un concours d’éloquence permet à ces collégiens d’exprimer leur personnalité, souvent forte. Aujourd’hui, Élise montre la voie, surtout à ses amies du collège. Ce sont souvent elles qui souffrent le plus d’un manque de confiance en elle et d’un environnement qui ne les incite pas toujours à s’épanouir. »

Un père rumine la décision du jury

Il est près de 22h. La soirée se termine doucement. À la sortie du bâtiment, un homme fume une cigarette. Sa fille ne fait pas partie des vainqueurs du concours de création d’entreprise. Cet autoentrepreneur dans le secteur du bâtiment rumine sur la décision du jury.

Une collégienne de Hautepierre sort en trombe de la salle. Elle tient deux desserts à la main. « C’est bon, je vais pas me faire frapper par mon père parce que je suis en retard. Je vais me faire pardonner avec les tiramisus ! » Un peu plus loin, Élise s’éloigne du bâtiment. Elle tient son petit frère d’une main, sa petite soeur de l’autre.