Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

À Erstein, trois candidats et une obsession : éviter la mort du centre-ville

À Erstein, trois candidats et une obsession : éviter la mort du centre-ville

À Erstein, trois listes s’affrontent aux élections municipales. Face à la fermeture de certains petits commerces, les trois candidats cherchent à se poser en sauveurs du centre-ville.

« Le coup de grâce, ça a été la fermeture du Carrefour Express en octobre 2019. » Samedi 22 février, vers 9 heures, Irène Liévrement explique son engagement sur la liste municipale « Un avenir pour Erstein » tout en distribuant des tracts sur la place des fêtes. Cette ancienne cadre dans la formation santé est partie à la retraite il y a peu. Elle a alors « découvert que sa commune était pleine de commerces fermés ».

L’Ersteinoise a donc décidé de soutenir le candidat Michel Andreu Sanchez. Cet étudiant en droit de 23 ans et adhérent du parti « Les Républicains » dirige la liste « Un avenir pour Erstein », étiquetée « divers centre » par la préfecture. « L’équipe en place est en bout de course, on a besoin d’un jeune dynamique », affirme la colistière en souriant.

La papeterie Gittinger-Schneider a fermé ses portes en janvier 2020. Elle sera remplacée par une agence immobilière. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« La réfection du cœur de ville est en cours »

De l’autre côté de la place des Fêtes, l’équipe de Patrick Kiefer, premier adjoint de la commune, alpague chaque badaud d’Erstein. La tête de la liste « Avec vous pour Erstein » assume le bilan du maire sortant Jean-Marc Willer (sans étiquette, tendance centre gauche).

A gauche, le maire sortant Jean-Marc Willer. A droite, son premier adjoint et tête de liste « Avec vous pour Erstein » Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Après 12 ans passés à la tête de la municipalité, l’édile défend son action pour le centre-ville :

« La réfection du cœur de ville est en cours. Nous avons investi dans un aménagement plus chaleureux du centre. Les voiries ont été refaites en galets et nous avons augmenté le nombre d’arbres sur la place de la mairie. À cela s’ajoute les animations, comme le marché « Parfums de Noël » en décembre ou le renforcement de la Fête de la musique. C’est ainsi que la commune a joué son rôle pour l’attractivité commerciale. »

Pour le maire sortant Jean-Marc Willer, le centre-ville est dans une « phase de transition. »

Zone commerciale contre centre-ville

Jean-Marc Willer sait l’inquiétude des Ersteinois quant au manque de commerces au cœur de la commune. Car le contraste entre centre et périphérie de la ville est saisissant. D’un côté, sur la place de la mairie, l’ancienne maroquinerie Fritsch reste vide, quelques dizaines de mètres plus loin, une papeterie a cessé son activité en janvier 2020.

De l’autre côté, plus d’une dizaine de grandes enseignes comme Leclerc Sport, Eram ou DressCode se sont implantées dans une zone commerciale. Située à l’est de la ville, aurait-elle tué les petits commerces du centre ?

Soutien du projet à la tête de la communauté de communes, le maire sortant se veut rassurant : « On est en pleine phase de transition, assure-t-il, Erstein dispose maintenant d’une offre commerciale complète. » Son dauphin Patrick Kiefer défend lui aussi une « offre complémentaire » constituée par les grandes surfaces. Ces dernières permettraient d’éviter que les consommateurs locaux n’aient à se rendre à Strasbourg ou à Sélestat.

Une subvention… pas assez de commerçants

Dans le bureau des adjoints, le candidat Patrick Kiefer défend d’autres mesures du mandat passé. Au niveau de la communauté des communes, un « animateur de centre-ville » a été recruté pour aider les commerçants à trouver un lieu d’implantation et des subventions.

Une enveloppe d’un million d’euros a aussi permis à 17 commerçants et artisans de bénéficier d’une aide à hauteur de 20% de leurs investissements. « Nous n’avons utilisé que 80% des fonds disponibles », regrette Patrick Kiefer, face à un public d’une trentaine de personnes lors d’une réunion publique dans la soirée du 25 février. Interrogé par une Ersteinoise sur le Carrefour Express fermé depuis 2018, l’actuel premier adjoint assure qu’un « projet d’épicerie de plus de 180 m² pourrait voir le jour dans le bâtiment voisin de l’ancienne maroquinerie. »

Patrick Kiefer lors d’une réunion publique dans la salle de l’Etappenstall le 25 février. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Le RN veut une « coopérative agricole » à Erstein

Pour la première fois, le Rassemblement national présente une liste dans la ville. La tête de liste d’extrême-droite défend plusieurs mesures pour le développement économique local. En ce qui concerne les infrastructures, Kevin Diebold, électricien de 24 ans, soutient la « création d’une nouvelle coopérative agricole » et la location d’espaces de vente à une association de producteurs locaux.

Kevin Diebold, 25 ans, tête de la liste « Rassembler Erstein » Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Le jeune Ersteinois promet aussi la « mise en place d’un fonds de concours pour la rénovation des vitrines » et un dispositif de chèques-cadeaux « J’achète à Erstein ». Ces deux mesures sont inspirées de celles mises en place par le RN dans des communes conquises en 2014 comme Hénin-Beaumont. La tête de liste de « Rassembler Erstein » propose encore « une suppression de la taxe électricité et une exonération de taxe foncière pendant deux ans pour les entreprises qui souhaitent s’installer à Erstein. »

Pour l’animation du centre-ville, Kévin Diebold souhaite réinstaurer le carnaval d’Erstein et construire un marché couvert sur la place des Fêtes.

Michel Andreu : Erstein, sortir de la « ville dortoir »

Dans son local de campagne en face de l’église catholique d’Erstein, Michel Andreu finalise son programme. Le jeune étudiant en droit, assistant parlementaire de la sénatrice LR Esther Sittler, n’hésite pas à parler de la commune comme une « ville dortoir ».

La jeune tête de liste « Un avenir pour Erstein » n’hésite pas à parler de « ville dortoir » pour décrire sa commune.

Il égrène ainsi ses propositions : construction d’une salle des fêtes, implantation d’un hall couvert sur l’actuelle place du Marché et lancement d’un centre socioculturel en plein centre de la ville. Le candidat fustige l’équipe municipale sortante pour le manque d’animation et de manifestations pour dynamiser le centre-ville.

« Des efforts sont faits mais les gens ne viennent pas »

Toutes les listes sont présentes pour tracter au marché d’Erstein ce samedi 22 février. Mais c’est autour du maire et de son premier adjoint qu’un petit groupe de personnes âgées s’est constitué.

Christine et sa sœur s’apprêtent à quitter les lieux. Interrogées sur leur vote le 15 mars, les deux quadragénaires n’ont pas encore fait leur choix. Mais pour elles, une chose est sûre : les plus de 70 ans voteront pour le premier adjoint. « Les vieux aiment le maire d’Erstein, ils votent à gauche. » Dans cette commune de près de 11 000 habitants, 40% de la population a plus de 70 ans.

Le vendeur de bretzels Arnaud Schnee loue volontiers les efforts de la municipalité pour dynamiser le centre-ville.

Au cœur du marché, le vendeur de bretzels Arnaud Schnee donne un autre avis sur l’action de l’équipe municipale. Cet habitant d’Erbsheim salue les efforts de la commune : « Ils ont innové pour aider les commerces, notamment en installant une patinoire pour le marché de Noël », se souvient-il.

Pour le commerçant, « la population n’estime pas les mesures de la municipalité à leur juste valeur. Il y a des efforts qui sont faits, mais les gens ne viennent pas », regrette-t-il. Du côté des deux jeunes candidats et de leurs colisitiers, on estime au contraire que la fréquentation stagne à cause des décisions passées.

Alerte à la bombe : l’aéroport d’Entzheim évacué

Alerte à la bombe : l’aéroport d’Entzheim évacué

En fin de matinée, la direction de l’aéroport d’Entzheim a reçu un mail malveillant signalant la présence d’une bombe dans l’édifice.

Vers 11h40 ce mercredi 4 mars, l’aéroport de Strasbourg-Entzheim a été évacué. En effet, la direction de l’aéroport a reçu un mail indiquant la présence d’une bombe. Immédiatement, les bâtiments ont été évacués et la police s’est rendue sur place. En début d’après-midi, une centaine de personnes attendaient sur le parking à l’extérieur du hall. Tous les vols en partance et en direction d’Entzheim ont été annulés jusqu’à nouvel ordre.

Passagers évacuent en direction du parking
Les passagers évacués se dirigent vers le parking de l’aéroport d’Entzheim Photo : transmise

Dans un aéroport vidé, la police et les militaires présents sur place effectuent une « levée de doute » avec des chiens renifleurs. Pour l’instant, aucune bombe n’a été trouvée et les recherches risquent de se poursuivre jusqu’en fin d’après-midi. L’ambiance parmi les passagers évacués est sereine. « Les passagers attendent dans le froid avec leur bagages », témoigne une personne sur place. En milieu d’après-midi, des bouteilles d’eau ont été distribuées aux voyageurs.

Ce matin, le lycée Le Corbusier à Illkirch-Graffenstaden a lui aussi été évacué après une alerte à la bombe. Aux alentours de midi, le lycée a pu reprendre une activité normale.

Gagnez vos places pour « Invisibles », la tragédie des Chibanis, au Point d’Eau

Gagnez vos places pour « Invisibles », la tragédie des Chibanis, au Point d’Eau

Le Point d’Eau et Rue89 Strasbourg vous proposent l’excellent spectacle de Nasser Djimaï, qui raconte l’histoire des Chibanis, ces immigrés venus du Maghreb pour reconstruire la France et qui n’ont jamais pu repartir.

Invisibles Photo : Philippe Delacroix

Parfois on en croise un dans la rue et subitement on le voit. Concentré, immobile, silencieux, il regarde pendant des heures, le travail des grutiers, des manœuvres qui s’agitent, casques sur la tête. Puis il s’éloigne à petits pas, il est vieux, il a mal à la jambe, on se demande où il va…

Parfois on en voit un autre dans un café. Il est seul. Il a une consommation devant lui mais il ne boit pas. Son corps, son allure, sa façon de se tenir très
droit, d’être endimanché, raconte une histoire qu’on aimerait bien entendre.

Mais il ne parle pas. Visiblement il n’attend personne. Qui sont-ils ? Des travailleurs immigrés, écartelés entre les deux rives de la Méditerranée,qui ont vieilli ici, en France. Ils sont restés seuls, pour des raisons diverses. Ils ne sont pas rentrés au pays. La France est devenue leur pays, ils y ont apporté leurs rêves, mais ils sont devenus des fantômes.

« Quand le théâtre dit le monde mieux qu’un documentaire, c’est qu’il rime avec art »

Les Échos

Le concours

Le Point d’Eau est accessible en Tram B (arrêt Hôtel de Ville Ostwald), 18 min depuis Homme de Fer.

Les restrictions budgétaires à la CTS s’invitent aux débats des municipales

Les restrictions budgétaires à la CTS s’invitent aux débats des municipales

L’Eurométropole demande à la CTS de réduire ses coûts, alors que la taille du réseau bus et tram augmente. L’Unsa a dénoncé des conditions de travail épuisantes pour les salariés. Certains candidats aux municipales à Strasbourg proposent de changer la politique budgétaire, pour relâcher la pression sur les personnels.

Mi-2017, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a signé avec l’Eurometropole de Strasbourg (EMS) un « contrat de performance », dans lequel la société de transports en commun s’engage à réaliser une économie de 5 millions d’euros tous les ans, prise dans son organisation interne.

Mais d’après l’Unsa, syndicat majoritaire à la CTS, ces économies ont eu de fortes conséquences sur les conditions de travail des salariés. En janvier, un article de Rue89 Strasbourg évoquait l’épuisement des conducteurs de bus et de tram.

Président de la CTS depuis 2014, Alain Fontanel, candidat LREM aux élections municipales à Strasbourg, assume ce nouveau rapport de force entre l’EMS et la CTS :

« C’est grâce à ce contrat que nous avons pu éviter de remettre en concurrence la concession. La CTS est désormais une entreprise 100% publique et nous éviterons ainsi l’arrivée d’opérateurs privés. »

Avant juin 2019, la CTS était une société d’économie mixte, avec l’EMS comme actionnaire majoritaire mais aussi des actionnaires privés tels que Transdev. Maintenant, les deux seuls actionnaires de la CTS sont l’EMS à 80% et la Région Grand-Est à 20%. Conseiller municipal de Schiltigheim et conseiller à l’Eurométropole, Antoine Splet (PCF) s’interroge :

« Pourquoi ces économies sont-elles nécessaires ? Je ne vois pas de raison valable, c’est juste une affaire de priorité budgétaire. »

Les restrictions budgétaires demandées à la CTS pèsent sur les conditions de travail des salariés d’après l’Unsa. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Autant d’argent, plus de réseau à couvrir

Le budget de fonctionnement de la compagnie de transports s’établit à environ 125 millions d’euros par an, dont 85 millions pour les frais de personnel. L’entretien, l’affrètement et l’énergie entrent aussi dans ces coûts. En 2018, la CTS s’est financée grâce aux abonnements, aux tickets et aux amendes à hauteur de 56 millions d’euros. L’EMS a couvert le reste des frais d’exploitation à travers une subvention d’équilibre d’un montant de 69 millions d’euros environ.

C’est cette dépense que l’EMS a décidé de diminuer de 5 millions d’euros avec le contrat de performance. L’économie à réaliser est calculée en se basant sur une offre constante. Mais comme celle-ci a augmenté (avec notamment l’ouverture de la ligne D vers Kehl), la subvention d’équilibre est finalement restée quasi-constante. Elle varie de toute façon très peu depuis 2009… alors que la taille du réseau a progressé de 6,7%, d’après les résultats financiers publiés par la CTS. Le 13 juin 2018, la CTS a annoncé à l’Eurométropole que, d’après estimation, 5,24 millions d’euros ont été économisés sur la contribution annuelle versée par la collectivité en 2019.

Page 8 of Résultats CTS 2018
Les résultats de la CTS en 2018 (page 8) (document CTS)

De 2017 à 2018, le nombre de déplacements réalisés a augmenté de 4,2%, alors que les frais en personnel n’ont augmenté que de 1,1%. « Pour arriver à ce résultat, la gestion du personnel est optimisée pour tirer le maximum de ce qui est possible de chaque salarié, » déplore l’Unsa, qui s’est « toujours prononcé contre » le contrat de performance :

« Les mauvaises conditions de travail à la CTS ne datent pas de cet accord, mais celui-ci ne fait qu’aggraver la situation. Il serait plutôt nécessaire que plus d’argent soit alloué aux charges de personnel, pour alléger la pression sur les conducteurs. »

« Pour le rayonnement, pas de souci, ils trouvent des millions »

L’Eurométropole a un budget de fonctionnement d’environ 1 milliard d’euros. L’agglomération ne doit pas augmenter ses dépenses de plus de 1,2%, sous peine de pénalités financières de l’État.

Antoine Splet (PCF) évoque plusieurs solutions budgétaires :

« Il est possible de dégager de l’argent pour la CTS. La remise en service de l’incinérateur met déjà 20 millions d’euros par an sur la table. Un autre exemple : dans le budget primitif de 2019, 10 millions d’euros de trop ont été prévus pour la section transports. Finalement, 6,6 millions d’euros ont été redispatchés dans plusieurs pôles d’après le budget supplémentaire. Cette somme pourrait très bien être allouée au fonctionnement de la CTS. »

Le tramway à Strasbourg Photo : Jdel / FlickR / cc

L’élu communiste interroge la logique de la politique budgétaire de l’Eurométropole :

« Pour le stade de la Meinau, la SIG, l’innovation des entreprises, tout ce qui touche au rayonnement, il n’y a pas de souci pour trouver des millions. Il est tout à fait possible de permettre de meilleures conditions de travail à la CTS, c’est juste un choix politique à faire. Cette société emploie 1 500 personnes à Strasbourg. Cela justifie l’investissement de quelques millions en plus tous les ans. Là, on serait sur une politique qui valorise vraiment l’écologie et le social, avec une compagnie des transports exemplaire. Et il faut aussi souligner que des conducteurs épuisés, c’est une question de sécurité publique. »

Une augmentation de la sous-traitance

L’Unsa constate que « rien n’est prévu dans les budgets prévisionnels du contrat de concession qui se termine en 2030 pour améliorer les conditions de travail des salariés. » Le syndicat dénonce que la sous-traitance du réseau soit passée de 21 à 26% depuis le contrat de performance, une mesure d’économie qui concerne désormais la moitié des lignes de bus :

« Cela entraîne une dégradation du service pour la clientèle sur les lignes concernées. Le personnel est moins bien payé, moins bien formé, l’exigence commerciale est moins élevée, et les véhicules sont plus petits et plus polluants car ils fonctionnent au gazole. »

Jean-Philippe Vetter (LR), Catherine Trautmann (PS) et Hombeline du Parc (RN) n’ont pas répondu aux questions posées par Rue89 Strasbourg sur la CTS. Jeanne Barseghian (Strasbourg écologiste et citoyenne), Chantal Cutajar (Citoyens engagés) et Kevin Loquais (Strasbourg en commun) évoquent une réorientation de la politique budgétaire, qui prendrait en compte les conditions de travail des salariés de la CTS.

Cutajar, Loquais et Barseghian prêts à desserrer l’étau

Chantal Cutajar, dont le programme promet une gratuité des transports en commun, insiste sur la volonté de « faire primer la vie sur les considérations économiques et financières » :

« Mettre un terme à cette souffrance sera une priorité de nos politiques publiques lors du prochain mandat. Cela impliquera de réinterroger les politiques de management au sein de la CTS et de la collectivité en général. Sur la méthode, nous proposons de réaliser un état des lieux partagé avec les syndicats et de prioriser les actions à entreprendre sur la base d’un consensus. »

Jeanne Barseghian considère que la CTS est « un levier incontournable de la transition écologique, » et que « ses agents doivent être considérés comme des actrices et acteurs de cette transition » :

« Nous ré-interrogerons le contrat de performance de 2017, et, dans la mesure du possible, réorienterons des ressources de fonctionnement. L’idée sera aussi de financer la gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans et les moins de 25 ans sans ressource tout en relâchant la pression sur les personnels. Nous souhaitons mener un audit global sur les conditions de travail des agents de l’Eurométropole en interne et de toutes les sociétés « satellites, » comme la CTS. »

Kevin Loquais, candidat (LFI) de la liste « Strasbourg en commun » insiste sur le fait qu’il est important de développer le réseau de transports, mais que cela ne doit en aucun cas se faire « au détriment des salariés » :

« On ne peut pas demander au personnel de couvrir plus de réseau, avec moins de moyens. Nous proposons d’accorder plus d’argent à la CTS, afin que celle-ci ait plus de moyens humains pour améliorer les conditions de travail du personnel. Il serait aussi nécessaire de réaliser un audit sur le fonctionnement budgétaire de la compagnie. »

#Kévin Loquais

Inventaire à la pré-maire : Chantal Cutajar

Inventaire à la pré-maire : Chantal Cutajar

Rue89 Strasbourg publie « L’inventaire à la pré-maire », une série de vidéos courtes avec des candidats aux élections municipales. Sixième épisode avec Chantal Cutajar (« Citoyens engagés »).

Qui sont les candidats à la fonction de maire de Strasbourg ? Rue89 Strasbourg analyse les programmes, les listes, le bilan et les parcours… Mais rares sont les moments de spontanéité dans une campagne.

Avec des vidéos de 3 à 4 minutes sur le modèle du portrait chinois, les candidats sont amenés à parler d’eux-même. Quelle personnalité locale les inspire ? Quel est leur quartier fétiche ? Quel bâtiment les fait vibrer ? Des petites questions simples avant d’aborder la suite, plus politique et en lien avec leurs programmes.

Le portrait au laser de Chantal Cutajar

Si Chantal Cutajar était un quartier, « ce serait celui de République », indique la tête de liste « Citoyens engagés » . L’adjointe au maire de Strasbourg rappelle ainsi que « la fraternité est au cœur de son programme. » Interrogée sur la fête strasbourgeoise qu’elle aimerait être, elle évoque son envie d’une nouvelle festivité, « une fête de la fraternité ».

Comme Alain Fontanel, la candidate soutient la nécessité pour Strasbourg d’être tournée vers l’Allemagne. Comme le premier adjoint au maire, elle ne se souvient pas avoir renoncé à quoique ce soit dans sa vie. Portrait au laser d’une fervente soutien de la « co-construction ».

Municipales à Ostwald : « Il y a trop de logements qui ont été faits en même temps et trop rapidement »

Municipales à Ostwald : « Il y a trop de logements qui ont été faits en même temps et trop rapidement »

Au sud de Strasbourg, la ville d’Ostwald multiplie les constructions depuis l’arrivée du tram B en 2008. Trois listes se dressent face à Jean-Marie Beutel qui brigue un cinquième mandat. Toutes lui reprochent le manque d’accompagnement de l’urbanisation de la ville.

Au bord l’étang du Bohrie, les grues et engins de chantier sont à l’oeuvre. Cet éco-quartier compte 587 logements terminés. Début 2020, 516 logements sont en construction, tandis que 454 sont à construire d’ici 2026 selon l’Eurométropole.

Ce nouvel ensemble est au cœur de la campagne électorale dans cette commune de 13 000 habitants. « Les Rives du Bohrie » ont déjà apporté environ 1 000 habitants Ce n’est pas le seul projet ambitieux en cours de réalisation. Sur des terrains privés se construisent également des complexes de grands logements. L’île des pêcheurs par exemple regroupe 156 appartements. À côté, 36 logements sociaux sont en construction. Ils devraient être livrés d’ici 2021.

Jean-Marie Beutel en lice pour une cinquième élection en six tentatives

Élu depuis 1991, avec une seule interruption entre 2001 et 2008, le maire Jean-Marie Beutel termine son quatrième mandat. Un record de longévité à Ostwald pour celui qui s’est toujours présenté sous les couleurs du Parti socialiste (PS). Dans l’air du temps, il arbore une liste « sans étiquette » en 2020, comme ses concurrents. Serein, celui qui est aussi vice-président à l’Eurométropole estime avoir réussi à gérer avec succès le flux « progressif » de nouveaux arrivants.

Face au maire, deux listes sont issues de l’opposition de droite et une troisième est menée par d’anciens adjoints, insatisfaits de la prise en compte de l’augmentation de la population dans la conduite des affaires. L’Eurométropole prévoit la construction de 133 logements par an sur le territoire d’Ostwald jusqu’en 2022.

Îlot G en construction dans le quartier des Rives du Bohrie Photo : BB/ Rue89 Strasbourg

Pour maîtriser l’urbanisation de sa ville, Jean-Marie Beutel, 73 ans, assure qu’il a limité la construction de nouveaux logements sur les terrains privés :

« Durant les deux dernières années, avec ma municipalité nous avons réussi à réduire de 300 le nombre de logements qui devaient initialement être construits sur le territoire de la ville, en négociant avec les promoteurs. »

Jean-Marie Beutel, maire d’Ostwald, candidat pour un cinquième mandat. Photo : BB/ Rue89 Strasbourg

Pas assez d’écoles pour les nouveaux habitants

Fabienne Baas, après avoir été adjointe en charge de l’environnement pendant douze ans, a décidé de se présenter aux élections municipales contre le maire. À l’aide de ses colistiers d’« Ostwald avec vous » et ses couleurs vertes, l’ancienne professeure de lycée de 64 ans estime « qu’il y a trop de logements qui ont été fait en même temps et trop rapidement. »

« Les écoles sont complètes donc les élèves sont obligés d’aller dans une autre école que celle de leur secteur. À l’école primaire Jean Racine, les classes sont surchargées avec 30 élèves par classe. »

Pour Fabienne Baas, il s’agit d’un problème majeur que pose l’arrivée de nouveaux habitants. Selon elle, « le maire a manqué de réflexion sur la démographie de sa ville. »

Fabienne Baas, tête de liste « Ostwald avec vous » Photo : Facebook Ostwald avec vous

Critiqué, le maire trouve une autre explication aux problèmes de scolarisation :

« Les nouveaux habitants des Rives du Bohrie sont souvent des familles qui déménagent à l’intérieur de la ville, donc ils décident de laisser leurs enfants dans leur ancienne école de secteur. »

La nouvelle école du Bohrie ouvre en septembre 2020. Elle accueillera deux classes de maternelle et deux classes de primaire. Concernant les remarques sur l’insuffisance des quatre classes, le maire affirme que « le remplissage des classes n’est pas de la compétence du maire. »

École primaire, maternelle et gymnase Smapy des Rives du Bohrie dont l’ouverture est prévu pour septembre 2020 Photo : BB/ Rue89 Strasbourg

En juillet 2018, la ville vote un avenant qui réduit de 17% la surface de constructibilité des Rives du Bohrie. Cela implique la suppression du projet de bibliothèque et diminue la taille du gymnase prévu à l’origine. Le gymnase est remplacé par une salle sportive de 400 m², soit une perte de 80% de la surface initiale. La particularité de cette nouvelle salle sportive est d’avoir un plafond bas, ce qui empêche la pratique des sports de balle tels que le handball ou le basket-ball.

Les opposants du maire dénoncent un manque d’équipements publics. « Les gens viennent vivre dans de beaux appartements mais quand ils sortent, il n’y a rien. Ce sont des résidents, pas des habitants de la ville », affirme Fabienne Baas. La délibération du conseil municipal justifiait ainsi la suppression de la bibliothèque : « Il est proposé de surseoir à cet équipement, cette fonction bénéficiant, dans l’environnement proche de la Ville d’Ostwald, de médiathèques métropolitaines qui répondent mieux à ce besoin ». Les médiathèques de Lingolsheim et d’Illkirch-Graffenstaden se situent respectivement à 2,5 et 3,4 kilomètres.

Quant au cas du gymnase, Jean-Marie Beutel assure que celui du collège Martin Schongauer sera repris par la municipalité pour être utilisé par les clubs.

Bien accueillir les nouveaux arrivants

Sur sa droite, le maire retrouve son opposant Vincent Florange, assureur de 58 ans. Sa colistière Cassandra Briere, 26 ans, se souvient quant à elle de son arrivée récente à Ostwald. Après avoir vécu dans le quartier des Poteries à Strasbourg, Cassandra et son compagnon décident de devenir propriétaire et trouvent un logement à Ostwald en 2019 :

« En arrivant à Ostwald, nous n’avons pas été accueillis comme propriétaires. À Strasbourg, même en tant que locataires nous avons été accueillis, la mairie nous a envoyé une lettre pour nous inviter à venir à la rencontre de l’adjoint au maire. À Ostwald, nous ne sommes même pas informés des activités de la ville. Nous sommes un couple dynamique et actif, nous voulions en savoir plus sur la ville. »

Vincent Florange décide d’intégrer la problématique de Cassandra à son programme et explique comment il compte y remédier :

« Pour accueillir les nouveaux arrivants, nous envisageons d’envoyer un e-mail de bienvenue pour accueillir personnellement les nouveaux arrivants en leur consacrant quelques minutes de notre temps. Nous voulons leur faire visiter les services de la mairie, et leur proposer un référent au niveau de la mairie pour les aider dans leurs futures démarches. »

Pour assurer la cohésion entre les habitants, le candidat pour « Ostwald 2020 » compte « créer un centre-ville aux environs de l’arrêt de tram hôtel de ville » où il implanterait la police municipale et même une « police de l’Environnement ».

Vincent Florange, tête de liste « Ostwald 2020 » Photo : Ostwald 2020 avec Vincent Florange / Facebook

L’enfer du stationnement

Le principe d’un éco-quartier est, entres autres, de limiter le nombre de voitures par foyer. Claude Steinle (divers droite), ancien adjoint aux sports entre 2001 et 2008, quand Jean-Marie Beutel était retourné dans l’opposition, affirme « qu’il y a en moyenne 2-3 voitures par famille ». Pour ce quatrième candidat, « cela pose des problèmes de stationnement aux Rives du Bohrie. » En dépit d’un grand parking à trois étages :

« Les habitants se garent dans les rues. Cela bloque l’accès à la crèche ainsi qu’à la rue principale. »

Claude Steinle, candidat sans étiquette aux élections municipales à Ostwald Photo : BB / Rue89 Strasbourg

Parking, nouvelle route… Le candidat estime que les solutions pour Ostwald passent par les déplacements en voiture :

« Il faut construire un second parking dans le quartier pour éviter ce genre de problèmes. Si nous sommes élus, avec mon équipe nous voulons également créer un parking de covoiturage non loin de la Vigie, le lieu n’est pas encore défini. Cela permettra aux Ostwaldois d’aller au travail sans créer des bouchons sur l’autoroute. »

Ainsi, il imagine de repenser les voies d’accès :

« Fabienne Baas, elle aime faire du vélo mais il y a des gens qui ont besoin de la voiture. Il faut discuter du plan d’urbanisme avec l’Eurométropole. Il faut construire une liaison inter-quartiers pour arriver à Ostwald via l’A35 sans avoir à passer par la Vigie pour régler le problème des bouchons. »

Vu du parking des Rives du Bohrie de l’extérieur Photo : BB/Rue89 Strasbourg

Dans ce scénario à quatre, aucune fusion ne semble pouvoir se dessiner. Dès que les concurrents sont évoqués, les visages se crispent. Les deux listes de droite n’ont pas réussi à s’entendre. Quant à Jean-Marie Beutel, il n’est pas tendre avec son ancienne adjointe : « Je ne voulais plus travailler avec elle ». Pour Fabienne Baas, ne plus avoir les informations à temps lors des dernières années « a été une trahison, presque comme dans un couple. »

#Jean-Marie Beutel

Inventaire à la pré-maire : Jeanne Barseghian

Inventaire à la pré-maire : Jeanne Barseghian

Rue89 Strasbourg publie « L’inventaire à la pré-maire », une série de vidéos courtes avec des candidats aux élections municipales. Cinquième épisode avec Jeanne Barseghian (EELV / « Strasbourg écologiste et citoyenne »).

Qui sont les candidats à la fonction de maire de Strasbourg ? Rue89 Strasbourg analyse les programmes, les listes, le bilan et les parcours… Mais rares sont les moments de spontanéité dans une campagne.

Avec des vidéos de 3 à 4 minutes sur le modèle du portrait chinois, les candidats sont amenés à parler d’eux-même. Quelle personnalité locale les inspire ? Quel est leur quartier fétiche ? Quel bâtiment les fait vibrer ? Des petites questions simples avant d’aborder la suite, plus politique et en lien avec leurs programmes.

Le portrait au laser de Jeanne Barseghian

La candidate écologiste parle à deux reprises du quartier du Neudorf. Sur l’expression alsacienne favorite, l’événement important ou – plus politique – le renoncement, elle rejoint deux candidats déjà interrogés : Alain Fontanel et Kévin Loquais. Elle a aussi salué une adversaire lors d’une de ses réponses.

Municipales : Pour le dernier soir de la campagne, l’Hôtel de la Rue donne rendez-vous aux candidats

Municipales : Pour le dernier soir de la campagne, l’Hôtel de la Rue donne rendez-vous aux candidats

Vendredi 13 mars, l’association La Roue Tourne Strasbourg organise un débat public à l’Hôtel de la rue avec les candidats aux élections municipales à Strasbourg. Il y sera question de l’avenir du squat, mais aussi des solutions d’aides pour les sans-abri.

Les bénévoles de l’association « La roue tourne » souhaitent placer la question des sans-abri dans le débat des élections municipales de Strasbourg. Les bénévoles derrière l’Hôtel de la rue organisent une réunion publique avec les candidats le vendredi 13 mars à 18h dans son squat de la route des Romains à Koenigshoffen.

Quelles engagements pour les gens à la rue

« Que comptez vous faire pour les sans-abri ? » C’est la question que les membres de ce squat qui héberge environ 150 personnes veulent poser aux candidats et candidates. L’événement sera ouvert au public. De plus, l’association souhaite profiter de ce moment d’écoute pour expliquer le projet de l’Hôtel de la rue aux candidats et discuter de son avenir. Un futur incertain, puisque l’association fait l’objet d’une plainte pour occupation illicite de bâtiment par la municipalité actuelle.

Les 11 têtes de listes sont invitées à débattre. Pour l’instant Kévin Loquais (Strasbourg en commun), Jeanne Barseghian (Strasbourg écologiste & citoyenne) et Patrick Arbogast (Égalité Active) ont confirmé leur présence.

Squat autogéré ou centre d'hébergement sous convention avec la Ville de Strasbourg ? Les bénévoles et habitants de l'hôtel de la rue Gruber décident lundi soir. (Photo Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc)
Squat autogéré ou centre d’hébergement sous convention avec la Ville de Strasbourg ? Les bénévoles et habitants de l’hôtel de la rue Gruber décident lundi soir. Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc

Trouver rapidement un moyen de conciliation

La plainte pour occupation illicite sera jugée le 24 mars, soit deux jours après le second tour des élections. Un jugement qui inquiète les membres de La Roue Tourne et les familles qui logent dans le squat. L’appel à la discussion est lancé.

Inventaire à la pré-maire : Kévin Loquais

Inventaire à la pré-maire : Kévin Loquais

Rue89 Strasbourg publie « L’inventaire à la pré-maire », une série de vidéos courtes avec des candidats aux élections municipales. Quatrième épisode avec Kévin Loquais (LFI / Strasbourg en commun).

Qui sont les candidats à la fonction de maire de Strasbourg ? Rue89 Strasbourg analyse les programmes, les listes, le bilan et les parcours… Mais rares sont les moments de spontanéité dans une campagne.

Avec des vidéos de 3 à 4 minutes sur le modèle du portrait chinois, les candidats sont amenés à parler d’eux-même. Quelle personnalité locale les inspire ? Quel est leur quartier fétiche ? Quel bâtiment les fait vibrer ? Des petites questions simples avant d’aborder la suite, plus politique et en lien avec leurs programmes.

Le portrait au laser de Kévin Loquais

Vidéo par Fanny Laemmel tournée au Club de la Presse.

Avec ce questionnaire, on apprend que le plus jeune candidat aux élections municipales a fait de l’athlétisme dans sa jeunesse et cela l’inspire pour son programme. Une mesure qui lui a plu ces dernières années ? Contrairement à d’autres opposants, il se prête au jeu et donne la même réponse… qu’Alain Fontanel (LREM). Une de ses propositions concerne justement les transports en commun. On retrouve d’autres points commun avec une candidate à venir cette semaine.

#Kévin Loquais

En Alsace centrale, Europa-Park espère construire un complexe hôtelier sur plus de 150 hectares de terres agricoles

En Alsace centrale, Europa-Park espère construire un complexe hôtelier sur plus de 150 hectares de terres agricoles

Europa-Park ambitionne de construire un complexe hôtelier de plus de 150 hectares entre les communes de Sundhouse et de Diebolsheim. La région Grand Est, le département et les communes avoisinantes sont aux anges. Peu informés, les agriculteurs du coin sont inquiets quant à l’impact de ce projet sur leurs exploitations.

« On est toujours les derniers informés », souffle Jacques Gerber, agriculteur de Sundhouse, une commune du Ried située entre Benfeld et Marckolsheim. Le responsable communal de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) ne sait toujours pas si le développement d’Europa-Park en Alsace centrale concerne ses terres. Mais le paysan a de quoi s’inquiéter : la famille Mack ambitionne de construire un complexe hôtelier de plus de 150 hectares entre Sundhouse et Diebolsheim. Le projet porte le doux nom d’ »Europa Vallée ».

Le projet d’Europa Park empièterait principalement sur le ban communal de Diebolsheim. L’entreprise allemande admet que les terrains communaux font partie du « périmètre de réflexion » pour Europa Vallée. Photos : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« Nous soutenons pleinement Europa Park »

En plein coeur de la plaine céréalière, le groupe Mack espère construire un village de loisirs, des unités hôtelières et de logement, un « parc nature » et une liaison de transports. Ces intentions ont été dévoilées dans une lettre signée par l’ancien préfet de la région Grand Est ainsi que par les responsables du Département et de la Région. Daté du 29 novembre 2019, le courrier est adressé au directeur général d’Europa-Park, Michael Mack. Jean-Luc Marx, Frédéric Bierry et Jean Rottner y expriment leur plein enthousiasme face aux ambitions de l’entreprise allemande en France :

« Nous sommes convaincus que votre initiative donnera un élan décisif pour la construction d’un partenariat transfrontalier concret. (…) Ce projet sera à la hauteur des différents défis économiques, sociétaux et écologiques qui sont particulièrement riches et sensibles dans le Taubergiessen et au bord du Rhin. (…) Ce projet devrait être un exemple de la transition énergétique et écologique, à laquelle travaillent l’Allemagne et la France ensemble avec les partenaires européens. Nous soutenons pleinement Europa-Park dans la construction d’un nouveau centre de développement franco-allemand. »

L’emprise foncière, entre Sundhouse et Diebolsheim

Depuis plus d’un an, l’emprise foncière d’ »Europa Vallée » est vaguement évoquée lors des conseils municipaux des communes avoisinantes. En novembre 2018, le maire de Sundhouse estimait que « 20 à 25% du projet de 200 hectares empiéterait sur le ban communal. » Le mois suivant, le conseiller municipal de Sundhouse Christophe Hauert demandait des informations plus précises au nom des agriculteurs. Aujourd’hui, il reste dans l’expectative. Le maire de Sunhouse, Jean-Louis Sigrist, n’a pas donné suite à notre demande d’interview.

Selon nos informations, le complexe « Europa Vallée » pourrait être construit à l’Ouest de la route départementale D20, à partir de la sortie de Diebolsheim, direction Schoenau. Pour les porteurs du projet, cette zone aurait l’avantage d’échapper aux contraintes environnementales qui s’appliquent notamment à la réserve naturelle de l’île de Rhinau.

Sur la carte ci-dessus, les zones humides d’importance internationale sont en bleu. Les zones naturelles d’intérêt faunistique et écologique sont en vert. Le maire de Rhinau Jean-Paul Roth précise que sa commune n’est pas concernée par le projet, qui « empiète à 80% sur le ban communal de Diebolsheim. »

Le téléphérique gelé, pas « Europa Vallée »

Fervent soutien du projet, le maire de Rhinau Jean-Paul Roth espère que son successeur verra d’un aussi bon œil les ambitions d’Europa-Park dans le Ried. Car sa commune est concernée par un autre projet de la famille Mack : un téléphérique reliant l’Alsace centrale au parc d’attractions de Rust. Suite à un tweet aussi enthousiaste que précipité du président de la République Emmanuel Macron en novembre 2018, le PDG d’Europa-Park Michael Mack a décidé de geler ce plan de transports pour cinq ans.

Depuis ce moratoire sur le téléphérique, les présentations d’Europa-Park en France portent plutôt sur le projet « Europa Vallée ». Ainsi, le 6 novembre 2019, l’entreprise allemande faisait part de ses ambitions en Alsace centrale aux maires du canton d’Erstein. Jean-Marc Willer président de l’agglomération, y voit « une chance extraordinaire » et affirme « un soutien à 100% du projet par la communauté des communes. »

« Triple peine » pour les agriculteurs

En février 2020, Julien Koegler a participé à une réunion dédiée au projet « Europa Vallée » à la préfecture du Bas-Rhin. Le président du syndicat des Jeunes Agriculteurs bas-rhinois voit déjà une « triple peine » pour les exploitants agricoles de Sundhouse et Diebolsheim :

« En plus des 150 hectares de terres agricoles consommées, il y aura les compensations environnementales, un réseau routier et cyclable et tout un tas d’autres infrastructures autour d’Europa Vallée. L’impact sur les exploitations agricoles sera énorme. C’est comme un deuxième GCO pour nous (près de 300 hectares d’emprise, ndlr). Pour l’instant, aucune garantie ne nous a été donnée pour garantir la pérennité de nos exploitations en cas de perte de foncier. »

A Sundhouse et à Diebolsheim, les agriculteurs s’inquiètent de voir le projet « Europa Vallée » empiéter sur leurs terres. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

L’argument massue de la création d’emplois…

Pour l’agriculteur gerstheimois, peu de chance que le projet rencontre une forte résistance : « Dans le coin, beaucoup de nos amis travaillent à Europa-Park », note-t-il. Julien Koegler sait aussi l’enthousiasme des maires du coin. Ils espèrent qu’Europa Vallée sera le vecteur d’un fort développement économique et de nombreuses créations d’emploi, comme le maire de Rhinau Jean-Paul Roth :

« Si une entreprise comme Mack s’implante chez nous, ça va forcément générer d’autres implantations, que ce soit dans les services, les métiers de bouche, l’hébergement, la maintenance et le commerce. J’en veux pour preuve, un endroit que j’ai connu à la fin des années 90 quand j’habitais à quelques kilomètres à peine d’Eurodisney. J’y suis repassé presque 20 ans plus tard. Là où il y avait des champs de céréales, aujourd’hui c’est une ville développée, avec un grand centre commercial, un hôpital, une avenue commerçante, un truc énorme. C’est pas le modèle que je souhaiterais pour « Europa Vallée », mais indéniablement, ce sera quelque chose d’extraordinaire. »

Pour le président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, la population locale sera majoritairement favorable au projet.

« L’écosystème va être complètement bousculé »

En manque d’informations, les associations environnementales locales ne se sont pas encore exprimées sur « Europa Vallée ». Mais des associations comme France Nature Environnement ou Alsace Nature avaient déjà rappelé les particularités du Ried lorsque le téléphérique transfrontalier d’Europa-Park était d’actualité. Si le complexe hôtelier concerne plutôt des terres agricoles, ces dernières restent essentielles pour la tranquillité de la biodiversité.

Même si le projet était construit sur des parcelles agricoles, il aurait des conséquences néfastes sur la biodiversité dans les zones protégées. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Sylvain (le prénom a été modifié) connaît bien l’écosystème local, aussi connu sous le nom de « Ried blond ». Selon ce naturaliste, même si le projet Europa Vallée reste en dehors des zones humides et autres espaces protégés, la biodiversité locale sera affectée :

« Rien qu’avec la fréquentation du lieu qui augmentera, l’écosystème va être complètement bousculé. Or c’est un écosystème riche, avec des espèces comme l’alouette des champs, le vanneau huppé ou le busard Saint-Martin, qui ont besoin de vastes zones de prairie pour y nicher. Comme d’autres espèces, il a aussi besoin de calme. »

Europa-Park : « Un projet au stade d’idée »

Europa-Park n’a pas donné suite à notre demande d’interview. Par écrit, l’entreprise allemande a confirmé « ses réflexions et discussions sur l’opportunité d’un projet à long terme, touristique, économique et culturel en Alsace centrale, nommé Europa Vallée. » Le parc d’attractions a concédé qu’ »un périmètre de réflexion se situe entre Diebolsheim et Sundhouse » avant d’ajouter que « le projet, au stade d’idée, n’est ni qualifié, ni défini. »

A l’approche des élections municipales, Europa-Park attend surtout l’arrivée des nouveaux maires. L’entreprise de la famille Mack se veut rassurante. Les richesses patrimoniales et environnementales « guideront les réflexions », qui seront menées « avec les nouveaux élus du territoire dans le cadre d’une co-construction globale avec tous les acteurs concernés. »

Pourtant, à Sundhouse comme à Diebolsheim, peu d’habitants semblent informés des ambitions d’Europa-Park à côté de chez eux. Ils sont nombreux à confondre « Europa Vallée » avec le projet de téléphérique, suspendu. A deux semaines des scrutins municipaux, les positions des édiles et autres candidats d’Alsace centrale sur le projet de la famille Mack méritent bien une clarification.

À Cronenbourg, un nouveau squat pour femmes vient d’être ouvert

À Cronenbourg, un nouveau squat pour femmes vient d’être ouvert

En fin d’après-midi du dimanche 1er mars, la police a constaté l’existence d’un nouveau squat dans le quartier de Cronenbourg. Un collectif de militantes veut en faire une structure d’accueil dédiée aux femmes sans-abris.

La police nationale a constaté l’existence d’un nouveau squat dans le quartier de Cronenbourg dans la soirée du dimanche 1er mars. Un collectif informel affirme que la maison située rue des Pigeons est occupée depuis près d’une semaine. Selon les militantes sur place, l’édifice comprend trois logements, une soixantaine de femmes sans-abris pourraient y être accueillies avec leurs enfants.

Dimanche 1er mars, en fin d’après-midi, la police est venue constater l’existence d’un nouveau squat dans le quartier de Cronenbourg. Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc

Grâce au constat établi par les policiers, ce nouveau collectif compte entamer des négociations avec le propriétaire de cet édifice. Les militantes affirment qu’il serait inoccupé depuis cinq ans. « Nous construisons un projet citoyen qui vise à aider les femmes à la rue, toutes ces femmes avec enfants qui meurent de froid, qui n’ont rien à manger », décrit Mylène, une des membres du collectif. Les militantes ont appelé ce squat « La Pigeonne. »

Une vingtaine de personnes se sont mobilisées pour soutenir les occupantes à l’arrivée des policiers Photo : PF / Rue89 Strasbourg

Vers 19h30, la police a quitté les lieux, ainsi que les personnes qui s’étaient mobilisées en soutien. Le propriétaire doit désormais décider s’il requiert l’expulsion des occupantes ou s’il entre dans une négociation avec elles.

En près d’un an, au moins trois squats ont été ouverts pour accueillir des personnes sans-abris à Strasbourg. En juillet 2019, des militants ont ouvert l’« Hôtel de la rue » dans le quartier de Koenigshoffen. Quelques mois plus tard, c’est le squat Bugatti qui a ouvert à Eckbolsheim. Plus récemment, des militants et personnes sans domicile fixe ont annoncé l’occupation d’un nouveau squat.

Japon planant, Inde chantée ou technologie débridée ? Six idées de sorties à Strasbourg en mars

Japon planant, Inde chantée ou technologie débridée ? Six idées de sorties à Strasbourg en mars

Entre journées venteuses et giboulées neigeuses, mars sera un mois parfait pour courir se réfugier dans les salles d’art et de loisirs à Strasbourg. Pour oublier le froid, pourquoi ne pas voyager un peu ? Plongez dans l’animation japonaise, la musique arabe et les saveurs indiennes.

Les films de Myazaki ─ au cinéma Vox

Les films de Hayao Miyazaki ont contribué à populariser l’animation japonaise auprès du grand public occidental. Le cinéma Vox propose d’en redécouvrir quatre durant le mois de mars : Princesse Mononoké, Le Château ambulant, Ponyo sur la falaise et Le vent se lève. Ces long-métrages peignent des univers uniques et riches en détails. Ce sont des films qui se regardent en famille et dont les multiples niveaux de lecture permettent une profusion d’interprétations, et incitent à la rêverie. Les films sont présentés en version originale sous-titrée en français.

Le Château ambulant, sorti en 2005, sera projeté au Cinéma Vox le 13 mars 2020.

Arsmondo Inde ─ à l’Opéra National du Rhin

Pour la troisième édition de son festival ouvert aux pays du monde, l’Opéra National du Rhin (ONR) accueille l’Inde. L’occasion de découvrir une copieuse sélection d’événements : films, expositions, concerts, débats, et bien sûr opéra. À l’occasion de ce festival, l’ONR présente une création mondiale : Until the lions – échos du Mahabharata. Cet opéra est une commande de l’ONR au compositeur français Thierry Pécou. Le Mahabharata est le grand livre de la mythologie hindoue, et il a inspiré un livre au poète Karthika Naïr qui est ici adapté sur scène.

Le festival Arsmondo sera aussi l’occasion de découvrir l’Inde à travers les écrits d’André Malraux, d’apprendre une danse de ce pays, et de découvrir de nombreux films indiens, entre autres festivités.

Les aventures du Prince Ahmed ─ au Maillon

Du cinéma au théâtre, ce n’est plus si surprenant. Au Maillon, il sera possible de découvrir ce dessin animé de 1962, tout en silhouettes de papier et histoires fantastiques. Le Prince Ahmed entreprend un dangereux voyage dans un monde inconnu suite à sa rencontre avec un sorcier. Le film est accompagné en direct par deux musiciens qui composent une bande sonore inédite. Plein de poésie et accessible aux enfants, le spectacle (sous-titré en français et en allemand) se tiendra six fois et à des horaires très variés.

Le film, réalisé en 1926, n’a rien perdu de sa magie. Photo : de Peter Brune

OUM ─ à Pôle Sud

Avec ce spectacle, le chorégraphe Fouad Boussouf puise dans le mélange entre ses deux cultures : marocaine et française. Les deux influences se nourrissent et s’enrichissent l’une l’autre. La musique et les corps sont à la recherche du plaisir, du mouvement, de la surprise. C’est à Pôle Sud que les 6 danseurs présenteront le spectacle, véritable cri d’amour pour une culture de paix.

Oum à Pôle Sud

Les Giboulées ─ au Théâtre Jeune Public

Comme tous les deux ans le Théâtre Jeune Public (TJP) présente de très nombreux spectacles et expérimentations autour de sa thématique phare : corps-objet-image. Au festival des Giboulées, les spectacles prennent de nombreuses formes. Il y aura de la marionnette, de la danse, des expérimentations plastiques… Les plateaux deviendront des laboratoires de rêves et des domaines de légende. La Radio Pratique émettra en public et en direct pour commenter le festival.

La bande annonce déroutante du spectacle Ersatz qui se tiendra le 21 mars, et qui promet de plonger dans un futur où la technologie a perdu les pédales.

Les spectacles se joueront dans plusieurs salles de l’Eurométropole, en plus des deux salles du TJP.

Strasbourg art photography ─ dans toute la ville

Un festival de photographie qui invite à la promenade. Les lieux d’exposition du Strasbourg art photography sont nombreux : plus d’une cinquantaine ! Le festival mélange des artistes professionnels et des profils plus amateurs, tous sélectionnés pour la qualité de leur travail.

Le festival s’accompagne de plusieurs événements marquants, comme un concours de la jeune photographie, le dernier reportage photo sur Tomi Ungerer et bien entendu de nombreux vernissages.

Ryo Tomo pour le Strasbourg Art Photography Photo : doc remis

Municipales : les gauches strasbourgeoises ronronnent

Municipales : les gauches strasbourgeoises ronronnent

Créditée d’intentions de votes plutôt favorables, l’ensemble des gauches strasbourgeoises réalisent une campagne sans grands « coups ». Signe de sérénité ou d’un manque d’idées ?

Sur quelles grandes thématiques les gauches strasbourgeoises bousculent les lignes en 2020 ? À deux semaines des élections municipales, il faut reconnaître que les idées locales fortes peinent à se dégager.

Axes ou thématiques similaires

Les écologistes ont été les premiers à dégainer un programme complet le 1er février. Trop tôt ? Peut-être… À cela, s’est ajouté un premier sondage public en janvier qui leur a collé une étiquette de « favoris », à laquelle ils ne sont pas habitués. De l’extérieur, la montée en puissance de l’équipe peine à se voir. Elle mise sur ses nombreuses rencontres bilatérales pour convaincre. « Des journées de 8h à 23h », souffle-t-on dans l’équipe.

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Coronavirus : Carnaval, Bouc Bleu et match de la SIG annulés

Coronavirus : Carnaval, Bouc Bleu et match de la SIG annulés

Pour limiter la propagation du coronavirus, le gouvernement a choisi d’annuler tous les événements en France où plus de 5 000 personnes sont regroupées dans un lieu confiné. En milieu d’après-midi, le club de basket de la SIG a ainsi reporté à une date ultérieure son match au Rhénus contre Le Portel, prévu ce samedi 29 février à 20h. Plus de 5000 supporters étaient attendus.

Carnaval annulé

La municipalité de Strasbourg a de son côté annulé par elle-même le défilé de Carnaval prévu dimanche 1er mars dans l’après-midi. À la situation sanitaire, s’ajoutent des incertitudes météorologiques en raison des vents forts depuis plusieurs jours.

La municipalité prévoit 500 kilos de bonbons (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le défilé du Carnaval devait se tenir dimanche 1er mars à Strasbourg Photo : JFG / Rue89 Strasbourg

La Ville de Bâle a également annulé son Carnaval du Morgenstreich qui devait débuter lundi 2 mars à l’aube pour plusieurs jours en raison du Covid-19.

Bouc Bleu annulé

De son côté, les municipalités de Hoenheim, Bischheim et de Schiltigheim, ont également décidé d’annuler la cavalcade du Bouc Bleu, qui devait partir le dimanche 8 mars.

Précaution après les vacances scolaires

Avant la rentrée des classes lundi, le Rectorat de Strasbourg indique que « les élèves et les personnels qui reviendraient de ces destinations ne doivent pas se rendre à l’école, au collège ou au lycée pendant les 14 jours qui suivent leur retour ». Les voyages scolaires dans les zones à risques doivent être déplacés.

Au patrimoine comique local, la revue de la Choucrouterie toujours aussi corrosive

Au patrimoine comique local, la revue de la Choucrouterie toujours aussi corrosive

Dans la petite salle de la Choucrouterie, la revue satirique fait office de tradition. La 26e édition se penche avec humour sur l’actualité nationale, mais aussi très locale en cette année d’élections.

Du théâtre alsacien dans une ancienne choucrouterie au cœur de Strasbourg, quoi de plus local ? La revue satirique de la Choucrouterie est devenue, avec les années, un morceau incontournable du patrimoine comique local. Dans une pure tradition du cabaret alsacien, les numéros s’enchaînent en alternant les saynètes, moments solo et chansons truculentes.

Au menu : l’humour typique du cru

L’humour classique se modernise et s’adapte à son époque. Par exemple, le trio de vaudeville de la femme, le mari et l’amant, est adapté avec un supporter du Racing qui découvre l’intrus grâce / à cause d’un assistant vocal connecté.

Une belle assemblée de figures marquantes : l’idéal pour cuisiner les saveurs traditionnelles du théâtre. Photo : de Jean-Marc Loos

Comme la revue en a coutume, elle ne se prive pas de brocarder le maire historique et un brin mégalo de Colmar, Gilbert Meyer (LR), mais il n’est pas la seule cible. À l’approche des élections municipales, les élus strasbourgeois en prennent pour leur grade, grimés en apprentis sorciers. Le titre du spectacle, « En Marche Attacks / Ihr kenne uns En Marche », se retrouve dans un sketch où des extraterrestres proposent aux maires alsaciens de rejoindre leur mouvement.

Le spectacle accorde un moment conséquent à moquer Gilbert Meyer, dépeint en despote autocrate et ridicule. Photo : de Jean-Marc Loos

Derrière une écriture potache et souvent graveleuse, le spectacle n’est pas toujours des plus tendre. Les sketchs ne se refusent apparemment aucun sujet, quitte a venir titiller des zones sensibles. Une chanson d’humour noir sur le manque de moyens de l’hôpital et ses conséquences dramatiques, fait rire autant qu’elle dérange.

Mais le tout reste cordial. Dans l’intimité de la petite salle d’une petite centaine de sièges, une vraie complicité se noue avec les spectateurs néophytes comme habitués. Malgré ses quelques 300 représentations annuelles de la revue, c’est un privilège de vivre cette proximité.

L’infirmière désespérée s’effondre sur le piano, trempée de sang, pendant qu’un malade agonise à ses côtés. Photo : de Jean-Marc Loos

Cela est aussi dû à l’aspect pas toujours lisse du spectacle sur la scène exiguë. Les changements de décors se déroulent sous les yeux du spectateur, quitte à ce que les transitions patinent parfois. On nous montre les coulisses, et donc le savoir faire artisanal des choucrouteux.

Jongler entre les salles et entre les langues

Vers le dernier tiers du spectacle, un comédien interpelle l’un de ses collègues et les deux s’arrêtent pour chuchoter. Cela ne fait pas vraiment partie du spectacle : c’est l’annonce d’un retard. En profitant de cette pause, le comédien explique à son public le fonctionnement de la Choucrouterie. Il y a deux salles, où se joue, presque en simultané, deux fois le spectacle : la version française et la version alsacienne.

Les comédiens alternent entre les salles avec quinze minutes d’écart durant plus de deux heures. Ce soir-là, il nous explique que la présence de dames alsaciennes commentant à haute voix tous les numéros a quelque peu ralenti le rythme de l’autre salle, d’où le retard se répercutant ici. Une tirade habituelle.

Les extra-terrestres aux dégaines médiévales de En Marche illustrent bien ce contraste entre promesses de futur et retour en arrière. Photo : de Jean-Marc Loos

Prendre conscience de cette mécanique rend le spectacle doublement impressionnant. D’abord parce que faire vivre la langue alsacienne dans les arts de la scène est un engagement pour le patrimoine local. Ensuite parce que la densité du spectacle rend ce jeu d’allers et retours épuisant pour les comédiens, qui récolent cependant double ration d’applaudissements, bien mérités.

Malgré le dépouillement de la scène, le spectacle déploie des moyens conséquents. Les lumière sont pensées pour chaque numéro, et les costumes très nombreux. Le spectacle mise tout sur ses acteurs et actrices aux trognes marquantes et sur son écriture succulente. Et pour satisfaire la gourmandise du public, la revue se joue encore jusqu’en avril, avant de partir en tournée vers d’autres salles alsaciennes.

Municipales : La gratuité des transports en commun en débat mardi

Municipales : La gratuité des transports en commun en débat mardi

En partenariat avec Rue89 Strasbourg, le collectif pour la gratuité des transports en commun organise un débat avec des candidats de plusieurs communes de l’Eurométropole.

Le collectif pour la gratuité des transports organise un débat sur son thème de prédilection mardi 3 mars à 19h30 à la Maison des associations. Pour en discuter, il invite 3 candidats aux élections municipales à Strasbourg ainsi que trois candidats des communes d’Illkirch-Graffenstaden, Schiltigheim et Holtzheim.

Luxembourg rime avec Strasbourg

Alors que le Luxembourg vient de mettre en place la gratuité totale de ses transports publics le 1er mars, un tel modèle est-il applicable et souhaitable à Strasbourg ? La décision reviendra aux futurs membres de l’exécutif de l’Eurométropole, c’est-à-dire les élus Strasbourgeois (50) mais aussi aux représentants des 32 communes voisines (50 élus également).

À Strasbourg, plusieurs listes proposent des gratuités partielles :

    Pour les moins de 18 ans (Jeanne Barseghian/EELV ; Catherine Trautmann/PS ; Kévin Loquais/LFI) Pour les moins de 25 ans « sans ressources » (Jeanne Barseghian) Pour les plus de 65 ans (Catherine Trautmann) Le dimanche (Jean-Philippe Vetter/LR)

Alain Fontanel (LREM) ne fait pas campagne sur ce qu’il appelle des « fausses gratuités » et promet d’augmenter la cadence de certaines lignes de bus (1 toutes les 15 minutes partout), le nombre d’arrêts (un à 500 mètres de chaque habitant) et faire fonctionner les véhicules de la CTS 24h sur 24h. Il propose néanmoins la gratuité pour les sorties scolaires.

D’autres listes, moins connues, proposent la gratuité totale (NPA, Citoyens Engagés, Égalité Active).

Les 6 invités :

    Jean-Baptiste Gernet, candidat à Strasbourg sur la liste d’Alain Fontanel (LREM / « 100% Strasbourg ») Alain Jund, candidat à Strasbourg sur la liste de Jeanne Barseghian (EELV / « Strasbourg écologiste et citoyenne ») Pernelle Richardot, candidate sur la liste de Catherine Trautmann (PS / « Faire ensemble Strasbourg »)Pia Imbs (divers centre), candidate à sa réélection à HoltzheimThibaud Philipps (LR) candidat à Illkirch-Graffenstaden Antoine Splet (PCF), candidat sur la liste de Danielle Dambach (EELV) à Schiltigheim
L’affiche du collectif pour la soirée.

Débuts de consensus sur la tarification solidaire et les pics de pollution

Parmi la plupart des listes, un consensus se dégage pour que la gratuité soit déclenchée plus tôt lors des pics de pollution, voire en amont pour les « anticiper ». Pour l’instant, elle n’est instaurée qu’après le 3è, voire le 4è jour, lorsque la vignette Crit’air est requise pour les véhicules.

En 2009, la tarification solidaire a été instaurée, c’est-à-dire que le prix des abonnements dépend du quotient familial. Elle a été ajustée pour la première fois en 2019, mais n’a rattrapé qu’une seule année d’inflation. Aucune liste ne remet en cause ce barème de tarifs. En revanche, plusieurs listes proposent des « révisions » (Alain Fontanel), « extensions » (Jeanne Barseghian) ou « revalorisations » régulières (Catherine Trautmann) des seuils. La liste « Strasbourg en commun » (LFI et alliés) aimerait notamment y ajouter un seuil de gratuité totale pour les plus pauvres.

#collectif pour les transports gratuits