Les cinémas Star et Rue89 Strasbourg organisent une soirée exceptionnelle mardi 6 novembre, avec la projection du film « Nous, Tikopia » sur le choc d’une civilisation millénaire face au monde moderne. Après la projection, le roi de l’île de Tikopia sera présent pour répondre aux questions du public, avec le réalisateur du film, Corto Fajal.
Le pitch
Sur l’île de Tikopia, le jeune roi Ti Namo a la lourde tâche de maintenir les conditions de vie de son peuple et les transmettre aux générations à venir. Issus d’une civilisation vieille de 3 000 ans, lui et son peuple sont désormais confrontés à des enjeux qui perturbent la relation millénaire qu’ils entretiennent avec leur île. Pour relever ce défi, Ti Namo s’appuie sur l’héritage de ses ancêtres qui ont bâti un système dans lequel depuis toujours l’île est leur principal partenaire. Dans une ambiance sonore et musicale organique, le film renvoie comme un miroir, le reflet de notre monde et illustre les choix qui déterminent la survie ou non d’une civilisation. C’est finalement un peu de la grande histoire de l’humanité qui se raconte sur cette Terre miniature.
La soirée
Après la projection du film, les cinémas Star et Rue89 Strasbourg vous proposent de rencontrer et de débattre avec une délégation de l’île de Tikopia et le réalisateur, Corto Fajal. Les Tikopiens qui ont fait le déplacement depuis les îles Salomon du Pacifique sont :
Ti Namo, Ariki Kafika, Roi de l’île de Tikopia et chef de la tribu des Kafika. Il est le descendant direct du chef des premiers polynésiens installés sur cette île il y a 3 000 ans, d’où son titre de roi et son statut de chef de la tribu des Kafika. Il est a la fois le plus haut représentant de la civilisation tikopienne et symboliquement son représentant et protecteur spirituel.
Mickael Pu Onomarie Vakasauvave, frère de Ti Namo et responsable du protocole autour du roi et également un notable de la tribu des Kafika. Depuis deux ans, il fait des études de droit pour devenir avocat et pouvoir défendre leur légitimité sur l’île voisine de Vanikoro, exploitée et détruite par des compagnies forestières et également connue pour avoir accueilli les rescapés de l’expédition Lapérouse,
Walter Roto, assistant de Ti Namo, également issu de la tribu des Kafika,
Danstan Ariki, Frère de Ariki Tafua, le deuxième chef le plus important chez les Tikopiens. Il représente la tribu des Tafua.
Peter Sone Foro, De la tribu des Taumako et représentant officiel de cette tribu. Taumako est la dernière tribu arrivée à Tikopia, originaire des îles Tonga. C’est une tribu de tradition guerrière qui est donc dans la civilisation tikopienne considérée comme la tribu chargée de protéger l’île des éventuelles menaces extérieures.
Moses Kavangi Fasialofa, De la tribu des Fungarere, laa tribu la plus proche de celle des Kafika par des liens de mariages royaux il y a plusieurs siècles, et des liens solides de confiance et de partage de lieux de vie sur l’île.
Après une rencontre avec une délégation d’opposants, le ministre de l’Écologie, François de Rugy, et son homologue aux Transports, Élisabeth Borne, se sont dits prêts à regarder les alternatives au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, sans pour autant accepter un moratoire le temps de la réflexion.
Quelques jours après l’intronisation de François de Rugy comme ministre de l’Écologie, l’évacuation de la Zad de Kolbsheim sonnait le début des travaux Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Deux matins plus tard, le successeur de Nicolas Hulot, expliquait sur le plateau de BFM TV / RMC que le projet était « lancé, validé » et qu’il ne comptait pas revenir dessus. Seul demi-engagement, il s’était dit vigilant sur la future interdiction des camions en transit sur l’A35, en se félicitant de l’instauration d’un péage.
Il avait alors convié la députée du secteur et opposante Martine Wonner (LREM) ainsi qu’une délégation d’opposants. Mais un peu fâchée par le coup de gaz qu’elle avait subi et les propos peu encourageants de François de Rugy, elle avait alors décliné.
Un fois les esprits calmés, un nouveau rendez-vous a été pris avec le ministère, les sollicitations ayant été multiples. La députée bas-rhinoise était ainsi accompagnée lundi soir de Luc Huber, maire délégué de Pfettisheim (rattaché à Truchtersheim) et militant historique du collectif GCO Non Merci, l’eurodéputée Karima Delli et des représentants de France Nature Environnement (FNE).
Pas de moratoire, mais un regard sur les alternatives
Et demi-surprise, François de Rugy, ainsi que la ministre des Transports, Élisabeth Borne, qui a aussi participé à l’entrevue, ont consenti à porter un nouveau regard sur les alternatives, sans pour autant suspendre le projet.
À la sortie du rendez-vous qui a duré près de deux heures, Martine Wonner se dit plutôt satisfaite de cette nouveauté :
« Nous avons eu le temps de nous exprimer et de présenter les incohérences du GCO, qui ne résout pas l’engorgement de l’A35 ni ne réduit la pollution. Les ministres ont refusé le moratoire que nous demandions mais ont consenti à étudier les alternatives qu’ils ont dit n’avoir jamais vues, à savoir la redevance poids-lourds, la séparation des flux sur l’A35, le TSPO, les transports en commun, etc. Nous nous sommes engagés à les transmettre sous 48 heures et je les donnerai de la main à la main. Il n’y a pas d’engagement sur un délai de réponse, mais sachant qu’une grève de la faim a débuté, elle ne pourra être longue. J’ai senti Elisabeth Borne un peu troublée quand on lui a parlé des reports de trafic. Elle pensait que 50% des véhicules de l’A35 pourraient aller sur le GCO, ce qui ne correspond pas au cas strasbourgeois. »
Regarder les alternatives, un signe de doute sur l’efficacité ou simple gain de temps ? Martine Wonner avait déjà eu l’occasion de s’entretenir brièvement avec le Premier ministre Édouard Philippe fin septembre, qui ne s’était pas montré aussi réceptif. Dans ce contexte, la position de ses ministres détonne un peu. À ce sujet, Élisabeth Borne a récemment annulé le projet d’autoroute A45 entre Saint-Étienne et Lyon, estimant que « si ce projet était simple et consensuel, [il] serait réalisé depuis longtemps. » Les opposants espèrent désormais que le parallèle avec l’A355 alsacienne soit établi, même si les travaux avancent de jours en jours.
L’entrevue de Martine Wonner avec Luc Huber, maire de Pfettisheim et membre du collectif GCO Non Merci avec le ministre de l’Écologie François de Rugy n’a pas permis de stopper les travaux. (photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)
Grève de la faim et mobilisation
Dans la matinée de lundi, une dizaine d’opposants ont entamé une grève de la faim. Ils demandent un moratoire le temps de réétudier le projet par un médiateur, au regard des avis négatifs de différentes instances, notamment les enquêtes publiques de 2018. Ils estiment que la baisse escomptée de 9% du trafic ne répond pas aux enjeux de saturation de l’A35, tout en détruisant des espaces agricoles et naturels.
Au nord du tracé à Vendenheim, un face-à-face d’opposants avec la Sanef, la société qui construit l’échangeur nord avec l’A4 et l’A35, a quelque peu retardé des nouveaux abattages d’arbres. Ils réclamaient le droit de constater si les travaux préparatoires avaient été effectués, comme l’identification d’arbres où se nichent des chauves-souris. Deux écologues sont arrivés dans l’après-midi et les déboisements ont repris relate France 3 Alsace.
À quoi sert l’autoroute du Grand contournement ouest (GCO) ? Quel sera le prix du péage ? Quelles sont les alternatives proposées ? Où en sont les recours ? Voici quelques questions de base pour bien comprendre le dossier qui agite l’actualité alsacienne depuis la rentrée.
Le lancement des travaux du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg et la contestation sur le terrain ont parfois fait découvrir le dossier à certains Strasbourgeois. Et le traitement de l’actualité chaude et les rebondissements juridiques, militants ou politiques contribuent à perdre de vue à quoi correspond ce projet d’autoroute payante de 24 kilomètres (dont 2 gratuits) construite par la société Arcos, filiale du groupe Vinci. Rue89 Strasbourg refait le point sur les bases de ce projet d’aménagement et son actualité à venir.
1 – Quel est le but du GCO ?
Pour répondre, il suffit de se référer aux documents officiels, notamment en annexe du contrat de concession, qui liste quatre objectifs. Le but principal est « d’assurer la continuité de l’axe autoroutier Nord-Sud alsacien ». Aujourd’hui, circuler sur l’A35 entre Haguenau et Sélestat est difficile à certaines heures, car l’A35 est parfois saturée aux alentours de Strasbourg, notamment aux heures de pointe du trafic pendulaire (matin et soir).
La conclusion du rapport de 2013 qui a acté la relance du GCO signale que « 40 à 45% de ces flux de transit nord-sud est composé de flux locaux ou régionaux (objectif 2, ndlr), très peu enclins à utiliser une infrastructure à péage ». Le GCO cible donc en priorité les 60 à 65% du trafic de transit européen, dont les camions de marchandises qui circulent des ports d’Anvers/Amsterdam vers le sud de l’Europe (Milan, Marseille, Barcelone) et pourraient éviter le cœur de Strasbourg.
Le GCO se divise en trois tronçons (document Arcos)
Par ricochet, cette rocade a deux autres conséquence secondaires, à savoir « réorganiser les accès de l’aéroport, la zone d’activités de la Bruche, voire le port de Strasbourg » et enfin « soulager » l’A35 d’une partie de son trafic actuel. Ce sont ces objectifs qui ont été déclarés d’ »intérêt général » et qui permettent par exemple au tracé de traverser des zones abritant des espèces naturelles protégées.
Délester l’A35 et donc ses embouteillages n’est qu’une conséquence secondaire, un problème que le GCO ne suffira pas à régler par lui-même. Les porteurs du projet l’ont d’ailleurs expliqué ces dernières années. Le préfet Jean-Luc Marx a rappelé que le GCO « ne règle pas la question du trafic pendulaire » lors de la publication des arrêtés pour les travaux. Lors de notre soirée débat à l’Odyssée en 2016, le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), avait aussi affirmé que « personne de sérieux ne dit qu’il n’y aura plus de bouchons sur l’A35 après le GCO. »
Ces objectifs et ces prises de position font dire aux opposants que le GCO « est construit sur un mensonge » depuis sa première évocation en 1973, à savoir, la fin des embouteillages sur l’A35.
2 – Quelles sont les alternatives proposées par les opposants ?
Écotaxe
L’une des alternatives demandée est l’écotaxe, qui devait d’abord être expérimentée en Alsace. Finalement, le dispositif a été généralisé à la France entière, mais n’a jamais été appliqué suite au recul de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement d’alors, devant les bonnets rouges. Selon les opposants au GCO, il faudrait aligner des tarifs alsaciens sur la taxe poids-lourds allemande (LKW Maut) pour permettre la répartition la plus équilibrée possible entre les deux côtés du Rhin.
Selon les calculs des opposants, le GCO est 30 à 78% moins cher que la LKW Maut selon le type de poids-lourds et l’horaire (voire question 5) pour le trajet Wörth-am-Rhein – Ottmarsheim de 178 kilomètres.
Séparation des flux
Une autre mesure, préconisée par le contre-rapport TTK (un cabinet allemand à Karlsruhe souvent sollicité pour les tramways strasbourgeois) est de séparer les flux sur l’A35. Cela veut dire une ou deux voies réservées aux véhicules qui traversent Strasbourg sans s’y arrêter et les autres voies pour ceux qui ont la capitale alsacienne comme origine ou destination. Cela éviterait que les véhicules se croisent au niveau des sorties (on parle alors de « cisaillement »), ce qui ralentit le trafic, voire génère des accidents.
TSPO
Pour diminuer le nombre d’automobilistes venant de l’ouest du Bas-Rhin (Kochersberg, Wasselonne) vers Strasbourg le matin et qui en repartent le soir, les opposants sont aussi favorables au prolongement du Transport en site propre ouest (TSPO), c’est-à-dire un bus avec une voie réservée jusqu’au centre de Strasbourg. Après la partie achevée par le Département du Bas-Rhin en 2016, celle sur la RN4 et l’A351 que doit réaliser l’État accumule les retards. Les travaux qui devaient s’achever en 2018 ne sont pas lancés. Cet axe va pourtant subir une hausse de trafic avec la mise en place du GCO.
(document de l’enquête publique)
VLIO
Autre projet prévu de longue date, la Voie de Liaison intercommunale Ouest (VLIO) ne fait pas l’objet de contestation, même de la part des élus écologistes. Pour les élus locaux, il s’agit d’un projet 11,7 kilomètres dont l’utilité est démontrée. Les maires des communes au nord sont néanmoins attentifs à ce que le tronçon supérieur soit bien réalisé en même temps que la partie sud, pour que leurs villages ne soient pas traversés par ce nouveau trafic, à destination de la section construite.
À long terme
À plus long terme, les opposants plaident pour des investissements en faveur d’un meilleur développement des transports en commun pour les particuliers, avec un réseau type RER (que le Grenelle des Mobilités semble reprendre à son compte) et des infrastructures pour le transport de marchandises sur rail, le ferroutage. L’abandon du tram de Vendenheim à Wolfisheim en 2015 a ainsi été regretté par les opposants au GCO.
3 – Quelles sont les projections sur le trafic ?
En 2016, la portion la plus chargée de l’A35, entre Cronenbourg et Schiltigheim accueillait 164 900 véhicules par jour en moyenne, dont 14 000 poids-lourds (8,4% du trafic). La part du trafic de transit sur l’A35 « varie de 20 à 50% selon les portions de l’itinéraire concernées » selon les services de la préfecture du Bas-Rhin.
Après la mise en oeuvre, en 2021, les projections tablent sur 150 000 vehicules par jour soit une baisse de 9% du trafic.
Le trafic en 2016 sur l’A35 (document Préfecture du Bas-Rhin)
Sur le GCO, une fréquentation de 24 000 véhicules est attendu sur la moitié nord, 20 000 sur la moitié sud et de 32 000 sur les deux premiers kilomètres gratuits tout au sud. La proportion de poids-lourds oscillerait entre 23 et 31% selon les tronçons.
4 – Quel sera le prix du péage ?
Il varie selon le type de véhicule et les horaires. Il y aura une aire de péage unique à mi-parcours où les utilisateurs pourront sortir ou entrer, afin de régler une demi-portion côté nord, côté sud ou un trajet complet.
Ce prix doit être actualisé selon une formule complexe qui tient compte de l’inflation. Un badge local permettra aux abonnés de bénéficier d’une réduction de 30% et la remise accordée aux poids lourds ne peut excéder 13% en France. Vinci prévoit une réduction au « minimum de 8% ».
Le constructeur a également signalé au préfet que le coût total de l’infrastructure devrait « très vraisemblablement » augmenter compte tenu des mesures de compensations environnementales supérieures aux seuils légaux. L’ensemble du projet est financé par Vinci qui s’endette auprès de banques, avant de se rembourser via les recettes du péage. En cas de déficit, augmenter le prix du péage peut devenir une solution, tout comme un allongement de la durée de concession (fixée à 54 ans) ou une participation financière de l’État.
Il y aura une gare de péage unique à mi-parcours, avec possibilité de sortie et d’entrée (document Vinci)
5- Le GCO va-t-il réduire la pollution ?
La pollution mesurée devrait considérablement baisser à Strasbourg avec ou sans GCO d’ici 2020, notamment grâce à l’amélioration des moteurs. Dans l’étude de l’impact du GCO sur la pollution par Atmo Grand Est (voir notre article), l’autoroute nouvelle ne permettrait de passer sous aucun seuil fixé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’impact en termes de catégorie de pollution se quantifie pour… 10 habitants, un peu moins exposés aux pics journaliers de particules PM10.
Néanmoins, avec le GCO, on note une baisse de quelques microgrammes supplémentaires, notamment de dioxyde d’azote (NO2), sur une surface importante le long de l’A35 à Strasbourg, où les concentrations sont aujourd’hui critiques. La pollution augmente un peu à l’ouest de Strasbourg, mais dans de moindres proportions et surtout avec un niveau de départ plus bas. L’étude permet mal d’appréhender un éventuel « effet GCO », car elle prend en compte d’autres projets routiers et de transports en commun, qui ne sont pas comptabilisés dans le scénario appelé « au fil de l’eau ».
6 – Que va devenir l’A35 gratuite ?
L’A35 doit être transformée, dans ce qu’on appelle souvent un « boulevard urbain ». Derrière ce terme, des imaginaires très différents cohabitent. Un simple abaissement de la vitesse à 70 km/h pour certains (ex : Medef Alsace en 2017 « Nous pensions que le projet consistait juste à réduire la vitesse à 70 km or nous apprenons qu’il devrait s’accompagner de travaux qui pourraient coûter jusqu’à 200 millions d’euros »). D’autres veulent des voies réservées aux transports en commun et/ou au covoiturage, voire des « trames vertes » au cœur de la ville. Pour l’instant, rien de concret n’est tranché. À ce jour, 20 millions d’euros ont été consignés dans le Contrat de Plan État Région (CPER) 2015-2020.
Montants provisionnés pour la requalification de l’A35 (Extrait CPER Alsace 2015-2020)
Les arbitrages sérieux devraient revenir à l’Eurométropole et aux élus des 33 communes qui y seront élus indirectement en mars 2020. Des visuels de la place de Haguenau, où le viaduc de l’A35 serait déconstruit et avec une grande place pour les espaces verts devraient être prochainement diffusés. L’agence d’urbanisme de Strasbourg (Adeus) travaille sur la déconstruction de l’autoroute depuis la fin 2016.
Par ailleurs, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) a évoqué que les voitures les plus anciennes, souvent les plus polluantes, soient exclues de l’A35 via la mise en place d’une zone à faible émission (ZFE) à Strasbourg, régulée par le système des vignettes Crit’Air. Les voitures trop vieilles pour demander une vignette et de classe 5, comme évoqué dans un premier temps, concerneraient 2% des voitures individuelles, 1% des utilitaires et 6% des poids lourds en 2020 selon l’État.
7- Où en sont les recours ?
Huit recours ont été déposés contre des documents autorisant la construction du GCO. Tous ne sont pas allés au bout de la procédure. Le plus ancien, contre la déclaration d’utilité publique (DUP) de 2008 a été rejeté par le Conseil d’État en 2011. Les recours suivants ont été déposés en 2016, après la relance du projet et la signature du contrat de concession. Ils ont pour la plupart été rejetés.
Deux recours en urgence (on dit « en référé ») ont été favorables aux opposants : l’un d’eux concerne l’abattage de 30 arbres et l’autre le permis d’aménager le viaduc à Kolbsheim. Mais leur principal espoir, le référé sur l’autorisation des travaux n’a pas été suspensif malgré « des doutes sérieux », mais un impératif d’intérêt général rend le projet urgent selon les juges administratifs. L’association Alsace Nature s’est pourvue en Cassation pour une relecture du jugement. De son côté, Arcos s’est également pourvue en Cassation concernant le permis d’aménager le viaduc, où l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France, en raison de la proximité du château de Kolbsheim, fait défaut. Quel que soit la teneur des deux décisions, des jugements sur le fond de ces deux affaires sont par ailleurs attendus dans les mois suivants.
Les travaux préparatoires n’ont pas été suspendus en référé au printemps 2017. Ces derniers risquent d’être terminés lors de l’examen sur le fond en novembre 2018. Alsace Nature a annoncé déposer au nom du collectif GCO Non Merci d’autres recours dans les semaines à venir, sans en préciser la teneur. Le Conseil d’État doit encore examiner le contrat de concession après un rejet en première instance et en appel.
Plus les travaux avancent, moins le projet sera réversible par la justice. Le concessionnaire a démarré plusieurs points du chantier et les terrassements.
D’autres questions ? Laissez un commentaire et nous essayerons d’y répondre, ou de refaire un article sur des questions plus avancées.
Voilà 500 ans que des Strasbourgeois pris de folie se sont mis à danser jour et nuit. Mais en 2018, ça donnerait quoi ? Piet propose quelques pistes de réflexion.
Pelléas et Mélisande devant la fontaine (Photo Klara Beck / ONR).
Jusqu’au 27 octobre à Strasbourg et les 9 et 11 novembre à la Filature de Mulhouse, l’Opéra National du Rhin invite à découvrir Pelléas et Mélisande, de Claude Debussy. Une plongée dans un univers à la fois féerique et mystérieux, un opéra empreint de l’ambiance élégante des films en noir et blanc des années 40.
« Il y a un tragique quotidien qui est bien plus réel, bien plus profond et bien plus conforme à notre être véritable que le tragique des grandes aventures. »
Ainsi parle Maurice Maeterlinck, auteur du livret dont est issu l’opéra, dans Le trésors des humbles, et c’est sans doute ce tragique quotidien qui rend l’histoire de Pelléas et Mélisande à la fois intemporelle et moderne.
L’histoire, aux accents de contes de Grimm, entraîne le spectateur dans une forêt méconnue où Golaud s’est perdu. Il y rencontre Mélisande qu’il épouse et conduit dans son pays, au château d’Allemonde. Là vit Pelléas, demi-frère de Golaud, que Mélisande apprend à connaître. La beauté et l’étrangeté de Mélisande captivent, fascinent. Quelque chose naît entre eux deux, que Golaud est incapable de maîtriser, qui va précipiter la tragédie.
« J’ai joué comme un enfant autour d’une chose que je ne soupçonnais pas… J’ai joué en rêve autour des pièges de la destinée… Qui est-ce qui m’a réveillé tout à coup ? » Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande (1893)
Sur un sujet vieux comme l’Occident, l’écrivain symboliste Maurice Maeterlinck tisse une pièce d’ombre et de lumière dont Claude Debussy a fait un opéra tressé de mystère, cousu de silence. « Un opéra après Wagner, et non pas d’après Wagner » comme l’affirme Debussy dans une note écrite pour l’Opéra-Comique en 1902, cinq actes de mystères et de passion discrète, dans une atmosphère musicale voulue sensuelle et onirique.
Golaud rencontre Mélisande (Photo Klara Beck / ONR).
Au moyen d’une déambulation entre chant et orchestre, l’œuvre de Debussy se fait entendre dans un étonnant camaïeux musical. « Mesdames et Messieurs, voici mon Pelléas et Mélisande. Je vous prie d’oublier que vous êtes chanteurs », déclara Debussy aux chanteurs à la première répétition de la création de l’œuvre.
Pour le metteur en scène Barrie Kosky, qui fait ses débuts à l’OnR, c’est encore plus clair :
« Avec Pelléas, c’est hop ou top ! […] En vérité, les chanteurs ne doivent jamais sombrer dans la musique. Au contraire ! Ils doivent surfer au-dessus, même quand la musique est d’une grande beauté. Ils ne doivent en aucun cas se baigner dans la musique comme dans une soupe tiède de poireaux-pommes de terre. Je veux une bouillabaisse épicée au-dessus de laquelle les chanteurs font des claquettes. »
Car c’est la partition qui crée toute l’ambiance. Debussy fabrique l’atmosphère du drame, un peu comme les décors sur scène. La musique évolue en permanence entre allégresse et inquiétude, ce dont s’empare la mise en scène. Sobre et minimale, ce décors de cubes emboîtés accentue la mise en abîme de cette histoire entendue comme un mythe, à la fois pour délimiter et hiérarchiser les espaces sur la scène, mais également afin de fixer l’attention du public sur la musique, comme s’il fallait se détacher du cadre réel pour mieux ressentir l’ambiance de l’histoire.
Pelléas au balcon de Mélisande (Photo Klara Beck / ONR).
Barrie Kosky, metteur en scène, détaille :
« Dans cet espace, la question “Qu’il a t-il de l’autre côté ?” ne se pose pas. L’espace fonctionne comme un rituel selon son propre mécanisme. »
Mécanisme transposé littéralement dans le décor, les personnages glissant sur scène comme dans une chorégraphie, soulignant les échanges et sorties de scène. Les discrets éléments mécaniques rappellent les théâtres de marionnettes, résonance accentuée par ce décors de rideau peint sous le rideau de scène, évoquant par ailleurs les décors des premiers films muets.
Cette allusion au cinéma noir et blanc, présente à d’autres moments du spectacle (scène au filtre tacheté comme une ancienne pellicule de films) ne paraît alors pas anodine, peut-être pour souligner une certaine universalité de l’histoire ? Ou tout simplement pour en recueillir le raffinement, comme l’explique Barrie Kosky :
« Nous sommes partis d’une réflexion sur le caractère intimiste de l’œuvre et sa structure musicale différenciée, raffinée et fragile. »
Un écho du manoir Manderley
Raffinement de la mise en scène qui n’est pas sans rappeler l’élégance des films de Hitchcock, dont le clin d’œil (voulu ?) se retrouve jusque dans les costumes d’inspiration années 40, avec un écho tout particulier (et personnel) pour le film Rebecca, dont l’ambiance du manoir Manderley entouré de bois « secret et silencieux », évoquerait les mots de Mélisande à son arrivée au château :
« Il fait sombre dans les jardins, et quelles forêts, quelles forêts tout autour des palais ! » (Premier acte, scène III).
Pelléas et Mélisande est une très belle production. L’orchestre et les voix évoluent tout au long de la représentation dans une symbiose parfaitement maîtrisée, entre tensions et respirations joyeuses, sur une mise en scène toute en fluidité et modestie. Mention spéciale pour les costumes, dont les lignes et les couleurs à la fois sombres et profondes rajoutent à l’élégance de la mise en scène.
Yniold soulevant sa pierre (Photo Klara Beck / ONR).
La production de Barrie Kosky, du Komische Oper de Berlin en octobre 2017 (en coproduction avec le Nationaltheater Mannheim), a été créée à l’occasion du centenaire de la disparition du compositeur.
Le festival October Tone Parties fête ses cinq ans et pour l’occasion, toutes les stars du label se retrouvent pour célébrer cet anniversaire halluciné. Toujours au Molodoï dans une configuration maxi-craquage, voici une revue de la programmation du jeudi 25 au samedi 27 octobre.
Il y a d’abord eu le label October Tone. Depuis 2012, issu d’un collectif d’amis passionnés, le label s’est formé en Alsace sur des goûts communs pour l’alternatif et la noise jouée très fort. Dès le début et jusqu’à aujourd’hui, les groupes du label se sont montrés fidèles à cette image, sans jamais changer de ligne directrice, en commençant par Hermetic Delight dont A. Diamond, aka Atef Aouadhi, le guitariste, est aussi le représentant n°1 du label. Étape par étapes, après avoir conquis l’Alsace et s’être engagés dans des tournées internationales dans tous les milieux underground européens, October Tone s’est fait un nom en France. Plus encore : une très solide réputation.
Avec des groupes comme T/O, remarqué par Les Inrocks dans la liste des 10 groupes français à suivre (et par Rue89 Strasbourg avant ça) ou Partout Partout, duo batterie guitare aux sets mythiques qu’on ne présente plus, le label a déjà de quoi offrir une bonne base au line-up du festival. Mais cela n’est qu’une base, puisque le festival sera l’occasion de découvrir la nouvelle signature du label : VICTIME, originaires de Québec et eux aussi adeptes de musique bruitiste. Sans compter 15 autres groupes venus de France et d’ailleurs.
Pass 3 jours fortement recommandé
Qui sélectionner dans la longue liste d’artistes présents ? Citons Camera le jeudi, trio allemand de « guérilla krautrock », à la batterie hypnotique et aux guitares distordues. Vendredi, on retiendra la venue de Marietta, signature du fameux label Born Bad et prince d’un indie rock nonchalant en français. Et samedi, la venue de Hey Colossus, groupe londonien dont les passages français restent bien trop rares et qui, comme trop peu d’autres, a su faire muter sa musique originellement brutale et hurlante vers plus de sophistication sans jamais se perdre. Bref, c’est bien un pass trois jours qu’il est conseillé de prendre pour ne rien manquer du bal de l’underground.
Et comme tout festival qui se respecte, ces October Tone Parties investiront un lieu idéal, le toujours parfaitement underground Molodoï, qui sera pour l’occasion agrémenté d’un espace extérieur avec bar et foodtruck vegan. Des warms-up seront aussi organisés pour préparer l’ambiance et ceux qui auront prévu le coup pourront repartir très certainement avec de nombreux nouveaux disques du stand merch. Préparez-vous, le week-end sera bruyant.
Quatre expositions célèbrent l’univers du disco durant le mois d’octobre, à Strasbourg et jusqu’à Saint-Louis. Appelées Timelight, elles mettent en scène des oeuvres de jeunes artistes.
Vue de l’exposition Timelight à la galerie Faubourg 12 (Photo association Le Tube)
Que reste-t-il de la fièvre du disco ? Le Tube, un regroupement de sept jeunes critiques d’art, propose Timelight, quatre expositions itinérantes, du 5 octobre au 4 novembre, au CEAAC, Faubourg 12, à la galerie AEDAEN ainsi qu’à la Fondation Fernet-Branca à Saint-Louis (Haut-Rhin).
À la fois workshop, exposition et édition limitée, Timelight est un projet qui se saisit de la fièvre disco des années 1970. Les commissaires Margot Rieder et Violette Doire ont envisagé six week-ends de réflexion avec le collectif de jeunes artistes Shàllplàttadànzbooda pour aboutir à un mois de diffusion itinérante dans les quatre lieux alsaciens.
Vue de l’exposition Timelight à la galerie Faubourg 12, Tournée collective, œuvre d’Océan Delbes (photo association Le Tube)
Au centre-ville de Strasbourg, au fond d’un passage entre des immeubles, c’est une constellation d’œuvres qui attend le public à la galerie Faubourg 12. Les œuvres présentées captivent la curiosité par leur dimension ludique et leur diversité. Les six artistes exposés, originaires de différentes régions de France, Océan Delbes, Claire Guetta, Coralie Lhote, Jonathan Naas, Marie Primard et Anna Tjé forment le collectif Shàllplàttadànzbooda.
Leur collaboration pour Timelight nourrit plusieurs travaux artistiques : la vidéo Pure 1.0 (PUR) (Cover de Sudbodh Gupta) et la série photographique You make me feel, signées par Claire Guetta et dans lesquelles tous les membres du collectif figurent, et témoignent de ce travail communautaire.
Vue de l’exposition Timelight à la galerie Faubourg 12, More, Coralie Lhote (photo association Le Tube)
Les notions de « races » et de genre questionnées
Entre soul et funk, le disco puise ses sources dans les courants culturels afro-américains. Installations, performances ou pièces audiovisuelles, les seize explorations artistiques présentées s’intéressent aux problématiques ethniques et de genre mobilisées par la danse et la musique. Si l’outrance et l’extravagance caractérisent le courant disco, Timelight n’y échappe pas : ces traits esthétiques sont omniprésents dans l’exposition. C’est sans aucune mélancolie que l’exposition travaille la mémoire de cette époque révolue. Joie, humour, couleurs, goût du jeu et de la parodie, le plaisir des artistes est visible et communicatif.
Vue de l’exposition Timelight à la galerie Faubourg 12, Nyum Elucubris, Anna Tjé (Photo association Le Tube)
Les détournements des codes vestimentaires et des objets fétiches – comme la disco ball chez Jonathan Naas, le rétroprojecteur et les vinyles chez Marie Primard – constituent le fil rouge de l’exposition. Le parcours célèbre la liberté des formes et la multiculturalité en particulier dans Nyum Elucubris, une installation d’Anna Tjé qui entrelace religion, afro-futurisme et féminisme.
Tournant le dos à la culture d’élite, la Drag Queen Noximä Marley interprète la performance You make me feel de Claire Guetta, qui ouvre l’exposition et lui donne son caractère subversif et affranchi des normes de l’art contemporain. Entre références populaires et exploration des matières, Océan Delbes a approfondi sa recherche sur les moteurs dans l’installation Tournée collective, à travers des pièces rotatives en plastique reprenant certaines pièces vestimentaires du disco.
L’affirmation des minorités sociales dans ce moment culturel a inspiré une nouvelle approche plastique à Coralie Lhote : elle propose une sphère en plâtre se propageant aléatoirement sur le sol dans l’installation More. Si ces installations transmettent peut-être un ambiance « fin de fête », Timelight stimule l’imaginaire et revivifie l’esprit délirant et festif du disco grâce à la place centrale donnée aux performances d’Anna Tjé et Claire Guetta.
Vue de l’exposition Timelight à la galerie Faubourg 12, You make me feel, Claire Guetta (photo association Le Tube)
L’art contemporain se conjugue encore au disco à la galerie Aeden du 18 au 21 octobre et à la Fondation Fernet-Branca du 24 octobre au 4 novembre, où les spectateurs pourront notamment découvrir les performances de Claire Guetta et Anna Tjé le 27 octobre. Deux événements complètent ces propositions : une projection-rencontre autour du film de culte Saturday Night Live au Musée d’Art Moderne le 30 octobre et une soirée Drag Show Disco Never Dies au club La Clandestine le 31 octobre mettront un point final de ces manifestations entre nostalgie et pur plaisir.
Dans un communiqué, le Comité scientifique Pro Anima, les collectifs Fight For Monkeys et International Campaigns et l’association Animal Testing annoncent l’organisation d’une marche pour demander la fermeture du Centre de primatologie de Niederhausbergen, au nord-ouest de Strasbourg, dimanche 21 octobre à partir de 14h.
Le Centre de primatologie est géré par l’Université de Strasbourg, qui utilise une partie des équipements pour des programmes de recherche. Mais l’autre activité du centre consiste à assurer une quarantaine pour les singes d’importation, destinés à être utilisés dans d’autres laboratoires en Europe pour la recherche médicale. C’est cette activité qui est dénoncée par les associations de défense des droits des animaux.
Programme de la manifestation
14h : Rassemblement, rue du Terminus à Niederhausbergen
14h35 : Prises de parole des organisateurs et du Dr André Ménache, vétérinaire, sur les limites du modèle primate pour la recherche,
De 14h45 à 15h50 : Le cortège défilera dans les rues de Niederhausbergen,
De 15h50 à 16h10 : Sitting devant le Centre de Primatologie
Les participants tiendront devant eux le portrait d’un singe détenu dans ce centre avec l’affiche « Je suis en vente à Niederhausbergen » et « Justice pour les singes à Niederhausbergen. »
Un singe marmouset, comme ceux dont s’occupe le centre de primatologie de Strasbourg (photo Visual Hunt / cc)
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Non-représentés au conseil municipal, que pensent vraiment les insoumis strasbourgeois de la politique locale de Roland Ries ? De l’urbanisation ? De la « piétionnisation » du centre ? Du stationnement ? De l’utilisation des voies d’eau ? Des grands projets type Parc expo ou Wacken-Archipel ? Des technologies utilisées pour la transition énergétique (géothermie,
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Créer un émetteur radio, faire sa propre choucroute, fabriquer un objet avec des palettes… On peut apprendre beaucoup au « Selbst Gemacht ». Le festival de DIY (Do It Yourself ) aura lieu samedi 20 et dimanche 21 octobre, pour la dernière fois à la Semencerie dans le quartier Gare.
Le festival Do It Yourself (DIY, littéralement faire soi-même) « Selbst Gemacht » aura lieu samedi 20 et dimanche 21 octobre à la Semencerie, près de la Laiterie. Cette fois-ci, c’est sûr : l’édition de cette année sera la dernière dans cet ancien hangar de semences puisqu’il sera détruit l’été prochain. Ce week-end sera donc une des dernières occasions de connaître l’atmosphère des ateliers d’artistes de la Semencerie.
Retour aux valeurs du DIY
Le Selbst Gemacht met en avant un mode de vie et une philosophie : réparer les choses plutôt que de les jeter, fabriquer plutôt qu’acheter. Dans cet esprit, l’événement est dénué de tout aspect commercial. Tout est à prix libre (sauf l’alcool) et l’argent récolté ne servira qu’à rembourser les déplacements des participants, le matériel et les consommables. Le but ultime : transmettre des savoirs-faire et passer de bons moments. « Les visiteurs ne sont pas juste visiteurs, ils sont actifs, » estiment des organisateurs qui insistent pour ne pas être cités et s’exprimer au nom du collectif.
Une variété d’ateliers est prévue : du bricolage (soudage, fabrication d’objets), à la cuisine (choucroute, kimchi, champignons), en passant par des choses pratiques (réparation de vélo, techniques de noeuds), de l’informatique (installer des logiciels libres), et bien d’autres domaines…
En marge des animations, « la friperie des regrets » permettra à chacun de ramener des habits qu’il ne veut plus et/ou d’en prendre de nouveaux. Un info-kiosque du Molodoï proposera de quoi lire. Et surtout, de grandes assiettes vegans fièrement vantées par l’organisation seront servies le midi et le soir.
Composé en partie de membres de la Semencerie, le collectif du Selbst Gemacht devrait trouver un nouveau lieu aussi bien adapté pour exporter le festival s’il voulait se réitérer d’autres années.
La Semencerie, un hangar bien rempli
Trente personnes occupent actuellement les 1 200 mètres-carrés de la Semencerie ; ce gros hangar quartier Laiterie, qui a été vide des années avant d’intéresser des artistes sortis des Arts Décoratifs. Les membres ont beaucoup tourné depuis ses 10 ans d’existence et ont des profils très différents : artistes, artisans, bricoleurs… Certains en ont fait leur lieu de travail, d’autres viennent pour le plaisir.
Alors que la Semencerie vient de fêter sa décennie en mai, elle aborde avec enthousiasme sa dernière année d’existence au quartier gare, comme le détaille une des artistes :
« C’est déjà énorme que ça ait tenu 10 ans ! Tous ces lieux, les squats et les friches, ne sont pas faits pour être pérennes. C’est pour ça qu’il y a toujours de l’énergie à mettre dedans et que ça se créé de façon champignonnière, toujours à l’arrache. »
Les occupants s’attendaient à devoir partir depuis 2012 déjà. « Le propriétaire a toujours été clair et notre accord n’a jamais été remis en question : il nous louerait la Semencerie à prix bas jusqu’à ce qu’il la vende, » rappelle un organisateur. Plusieurs opportunités se sont présentées mais ce n’est finalement qu’en 2018 qu’une transaction a été signée.
La fermeture est prévue en juin ou juillet 2019, lorsqu’ils pourront déplacer leurs ateliers à la Coop, où la Ville les a invités à s’installer. Seuls onze d’entre eux ont choisi de poursuivre l’aventure dans ces nouveaux locaux, dont la capacité permet d’accueillir 25 personnes avec un espace de 20 m² chacune. Le loyer bien plus cher et l’emplacement ne correspondent pas aux envies de tous.
Plus de cinquante sportifs de haut niveau et professionnels du sport signent une tribune sur Rue89 Strasbourg pour demander à l’Eurométropole d’arrêter de supprimer des espaces verts et des lieux dédiés à la pratique du sport, au bénéfice des logements et des routes.
Nous, sportifs de haut niveau, entraîneurs, animateurs, éducateurs, professionnels et dirigeants du sport ; en tant que principaux protagonistes des activités physiques et sportives, nous cherchons quotidiennement à répondre aux enjeux de société dans leur dimension de loisirs, d’éducation physique et sportive, et de santé publique. Nous déplorons que les espaces de jeu et d’activités sportives, urbains ou de villages, déjà massivement soumis aux émanations carbonées produits par la pollution ambiante, se réduisent comme peau de chagrin à Strasbourg et dans les communes de l’Eurométropole.
Bitume, béton, immeubles, véhicules à moteur, parkings, ronds points, échangeurs ou carrefours… envahissent tous les jours davantage l’agglomération. Ils font disparaître les espaces arborés, les parcs et aires de jeu et les terrains de sports qui font respirer et vivre nos quartiers. Quant aux étendues verdoyantes et boisées, aux lisières des zones habitées, elles s’éloignent de plus en plus de la cité par l’artificialisation ininterrompue des sols. Elles sont de plus en plus difficiles à atteindre pour se délecter d’une course, d’une marche, d’une sortie à vélo parmi les papillons, abeilles et autres passereaux… en voie de raréfaction aussi.
« Nous souffrons de la pollution atmosphérique »
L’activité physique qui entretient notre vitalité physique et mentale est mise à mal. Nous en faisons l’expérience quotidiennement dans nos pratiques sportives ou dans le cadre des activités que nous proposons à nos publics. L’effort musculaire, si bénéfique à notre bien être, souffre des polluants inhalés dans notre organisme. L’impact de cette pollution est exacerbé par l’hyperventilation respiratoire de l’effort physique. Le bénéfice attendu de l’activité physique est concurrencé par les effets délétères de la pollution dont nous sommes victimes. Ainsi, partout dans notre environnement s’élaborent sournoisement « les infarctus, accidents vasculaires cérébraux, pathologies respiratoires, neurologiques, fœtales, et cancers » que la lucidité et la raison de nos amis médecins appellent à combattre.
Sur la dégradation continue de la qualité de l’air : l’agglomération strasbourgeoise s’inscrit dans les 14 zones urbaines les plus polluées de France. Notre pays méprise les injonctions et pénalités du Conseil d’Etat (juin 2017) pour non respect des normes de pollution de l’air. Et à présent la France, donc l’Eurométropole indirectement, est sous le coup d’une amende de la Commission Européenne pour ces mêmes raisons. En cela nous sommes solidaires de l’appel des médecins et des méfaits qu’ils dénoncent.
« Les terrains en friche ne sont jamais réaffectés en espaces naturels »
Concernant les espaces naturels ou aménagés que nous réclamons pour la pratique sportive : jamais en cette Eurométropole nous n’observons un terrain en friche, un vieil îlot de bâtiments rasés, ou une opportunité foncière, réaffectés en espace naturel ou de jeu, ou en parc pour nos activités physiques. Des lieux où nos enfants et nos poumons en manque d’oxygène pourraient espérer reprendre un peu haleine !
Ainsi, route des Romains, à l’entrée de Koenigshoffen, nous nous réjouissions tous de l’extension de la ligne du tram F. Mais était-il nécessaire de sacrifier autant les espaces de sports voisins du gymnase de l’ASPTTS ? L’équivalent, au moins, de 3 ou 4 terrains de football. Terrains amenés à devenir (encore) un nouvel espace réservé aux voitures. Sans compter les bretelles autoroutières redessinées à cet endroit qui grignoteront un bout supplémentaire de ce qu’il reste de la « ceinture verte » de Strasbourg. En quels lieux, ces espaces verts de jeux détruits seront-ils remplacés ou compensés ? Ils ne sont à présent plus qu’un souvenir inscrit dans une page de l’histoire de ce quartier.
Sur ce que l’on surnomme le « Boulevard du Rhin », de l’avenue des Vosges vers le Port-du-Rhin, et plus au sud sur le trajet qui mène de l’avenue Jean-Jaurès vers l’Allemagne. Dans ces quartiers se vivent au quotidien la nuisance des voitures et des camions. Les gaz d’échappement nous prennent à la gorge. Les piétons et cyclistes souffrent, manifestent, pétitionnent… Mais rien n’est fait.
« Marcher, courir, pédaler est un combat »
Là, marcher, courir, pédaler, est un combat qui s’apparente à la dernière aventure physique des temps modernes. Les horizons bétonnés s’imposent définitivement à nous, omniprésents et oppressants. Irrespirables. La densification urbaine ne devrait pas se traduire par la perte d’espaces naturels, observable jusqu’à la moindre « dent creuse » de ces quartiers. Nul espace vert n’est apparu parmi les constructions incessantes de ces zones géographiques. Les décideurs politiques de l’Eurométropole laissent proliférer et cautionnent cette dérive continue de béton et de bitume sans qu’émerge la moindre parcelle verte.
Chaque espace de l’agglomération est dévolu au logement ou aux transports selon les signataires de cette tribune (Photo Anders Lejczak / FlickR / cc)
En grande périphérie ouest de la banlieue strasbourgeoise, au milieu des espaces agricoles et boisés de nos magnifiques villages alsaciens, un Grand Contournement autoroutier Ouest (GCO) est en train d’apparaître. Ce projet ne permettra pas de désengorger Strasbourg de son trafic routier. Il ne permettra pas davantage de diminuer la pollution urbaine dans l’agglomération. Le trafic des poids lourds à la lisière de l’agglomération, avec son nuage de pollution porté par les vents dominants d’ouest vers Strasbourg, augmentera considérablement. À choisir entre les autoroutes allemandes lourdement taxées et un transit alsacien quasi gratuit, le choix sera forcément celui d’une traversée Nord-Sud de l’Alsace.
Ces 24 km d’autoroutes vont effacer de nombreux espaces naturels et agricoles du Kochersberg et du Ried de la Bruche. Entre l’emprise de cette autoroute et l’ouest actuel de l’agglomération strasbourgeoise de nouveaux projets urbains détruiront des terres, des champs, des bois encore accessibles aujourd’hui, où il possible d’entretenir sa condition physique et sa santé.
Il est question aussi de requalifier l’A35 en boulevard urbain, une nouvelle grande artère urbaine en somme. Elle sera une porte ouverte au développement de nombreuses sorties de jonction entre l’A35 et les quartiers strasbourgeois que l’on voudra desservir. Là, qui peut en douter, de nouvelles zones d’habitation et d’activités économiques apparaîtront. Et le cycle infernal de la pollution et des espaces verts détruits s’étendra. Autour de l’étang de Gerig disparaîtra sans doute à terme un des derniers poumons strasbourgeois tant apprécié des sportifs, et bien visible encore en roulant sur la A35, entre l’Elsau jusqu’aux abords d’Ostwald.
« Seuls des lopins de verdures chétifs demeurent »
Nous avons observé ce qu’il est advenu en quelques années des espaces verts qui s’étendaient à l’ouest de Lingolsheim et de Wolfisheim, en direction d’Entzheim… Seuls des lopins de verdures chétifs demeurent.
Pourquoi n’avoir pas été plus ambitieux lors du réaménagement du quartier des Poteries et de Hautepierre, en y faisant émerger des réels espaces verts plutôt qu’une continuité de bâtiments et de rues agrémentés de quelques arbres en cache misère ?
Qu’adviendra t’il de la forêt primaire et multiséculaire du Grittwald à Vendenheim ? Elle est promise à devenir en grande partie un gigantesque échangeur autoroutier au carrefour de l’A4, de l’A35 et du futur grand contournement ouest de Strasbourg s’il se construit. Huit hectares de forêt abattue récemment viennent d’ores et déjà amputer le parcours de santé de Vendenheim.
Là où naît une route disparaît un coin de verdure, un espace de jeu, une possibilité de faire du sport. Est-ce inéluctable ?
« Bientôt une mort administrée par ordonnance ? »
Face à la morbidité et la fuite en avant du système économique actuel, nous réclamons haut et fort la primauté de la place de l’humain dans la cité et le respect de la nature et du vivant. Des mesures fortes – afin que les espaces naturels ou aménagés soient protégés et développés – doivent s’ériger en priorité quand aménagements et développements urbains sont envisagés. À l’heure de la prescription médicale du sport faut-il se résoudre à une mort administrée par ordonnance ? N’est-il pas raisonnable de dénoncer ceux qui définissent les politiques d’aménagements urbains et qui pourraient avoir un jour à rendre des comptes devant la justice pour leurs négligences dans le domaine de la santé ?
Pour toutes ces raisons :
Nous nous déclarons solidaires de l’ « Appel de 69 médecins pour demander des solutions efficaces contre la pollution de l’air » au sein de l’Eurométropole,
Mais nous interpellons aussi les pouvoirs publics pour leur demander de mettre un terme à la régression programmée et continue des espaces verts urbains propices à l’activité sportive,
Nous demandons aux élus eurométropolitains que chaque mètre-carré d’espace vert supprimé à un endroit soit restitué dans sa totalité dans un autre espace urbain de l’agglomération,
Nous appelons ces mêmes élus à une prise de responsabilité et de conscience. On ne peut pas affirmer faire de la politique « autrement », et se renier systématiquement quand l’heure des choix vous engage. Il n’est plus temps de tergiverser. Il n’est plus tolérable de repousser à plus tard les bons choix.
Les signataires de cette tribune
Sportifs de haut niveau :
Mélanie Skotnik, Internationale en saut en hauteur – Participation aux JO de Londres 2012 – recordwoman de France
Blandine Bitzner, Internationale au 1500m – 1/2 Finaliste aux JO d’Atlanta en 1996 – Championne du Monde de Cross par équipe
Michel Bury, International de Tir à la carabine – Vice Champion Olympique JO Los Angeles 1984
Jérémy Nicollin, International au Javelot – Champion de France 2018
Brigitte Rougeron, Internationale en saut en hauteur – Participation aux JO de Los Angeles 1984
Céline Distel, Internationale sur 100m et 4x100m. Participante au JO de Rio en 2016
Marie Paule Panza, Internationale de Judo – Vice Championne du monde de Judo – Haut gradée FFJDA
Professionnels du sport, cadres d’état ou du mouvement sportif, intervenants dans le sport de haut niveau, la formation aux métiers du sport, l’animation ou la santé
Nathalie Habert, Marc Fischer, Olivier Drentel, Jean-Marie Deck, Jacques Danail, Eric Deschamps, Emmanuel Haessler, Monique Fare, Pascal Lacombe, Fréderique Vogel, Guillaume Zekri, Vincent Szulc, Sébastien Mari, Slimane Belmadi, Henrique Guerra, Laurent Hans, Sébastien Girardey, Yacine Douma, Véronique Maechling, Philippe Schlatter, Stéphane Heyd.
Professeurs d’EPS du secteur universitaire et de la faculté des sports
Philippe Grandemange, Laurent Fleury, Stéphane Dufour, Olivier Braun, Brigitte Trouillet.
Professeurs d’EPS du secteur scolaire
Marc Durrenbach, Jérémie Haeusser, Marilyn Hug, Dominique Genatio, Achille Roland, Samuel Lichtlé, Romain Ferry, Catherine Heyd, Delphine Bertrand, Michel Vigneron, Manuel Vasseur, Gaêlle Boivin, Marie-Christine Deschamps, Marthe Kammerer, Lionel Peyreton, Christiane Schmitt, Daniel Pfrimmer, Mario Torregrossa, Véronique Kauffmann.
Professionnels du secteur privé et associatif, intervenants dans le champs de la préparation physique ou de l’entrainement et bénévoles
Nicolas Delpech, Romain Katchavenda, Jean-Marc Ducret, Marie Drentel, Rémi Stangret, Claude Affolter, Jacky Loos, Smail Mouhoub.
Aller plus loin
Sportifs de haut niveau, entraîneurs, animateurs, éducateurs, professionnels et dirigeants du sport qui souhaitez apporter votre soutien à cette tribune suite à cette publication, signalez vous à cette adresse : appeldesacteursdusport@gmail.com
Le 15 juillet 1518 à Strasbourg, une femme est prise d’une étrange manie : elle se met à danser nuit et jour, incapable de s’arrêter. À son contact, d’autres personnes sont atteintes, ce qui inquiète les autorités de la ville. Le phénomène, toujours inexpliqué, a produit de nombreuses légendes. Cinq cent ans après, Strasbourg célèbre l’événement avec un spectacle et une exposition et démêle le vrai du faux.
Les archives du XVIe siècle ne laissent pas de doute : l’épidémie de danse de 1518 à Strasbourg a bien eu lieu. Une journée d’été, une femme s’est mise à danser frénétiquement jour et nuit dans les rues, ralliant d’autres danseurs au fil des semaines par un effet de contagion.
Charles Spindler, « La Danse de Saint-Guy », 1893, lithographie, dans Images alsaciennes, n°2, 1893, Bibliothèque des Musées de la Ville de Strasbourg. (Photo : Musées de Strasbourg, Mathieu Bertola)
Une femme atteinte du « mal de Saint-Guy »…
Pour préparer une exposition sur cet événement, l’historienne Elisabeth Clementz, maître de conférences à l’Institut d’Histoire d’Alsace, a collecté les sources de l’époque, et les a retranscrites et traduites du vieil allemand. Le 15 juillet 1518, le Magistrat de Strasbourg et le greffier de Strasbourg Sébastian Brant rapportent qu’une femme atteinte du « mal de Saint-Guy » ne peut s’arrêter de danser frénétiquement dans les rues et contamine plusieurs personnes. Les malades dansent jour et nuit.
Quinze nouvelles personnes seraient contaminées chaque jour, d’après une chronique contemporaine aux événements mais extérieure à Strasbourg. D’après une autre chronique, écrite 30 ans après les événements, « [la femme] dansa quatre jours d’affilée , quelques jours plus tard, ils étaient déjà trente-quatre à danser, et dans la quatrième semaine, leur nombre s’éleva à plus de deux cent. » Ces récits sont cohérents avec les faits rapportés par les archives, mais les nombres ne sont pas vérifiables.
Elles sont en tout cas une cinquantaine à danser en même temps, jour et nuit, lorsque Sébastian Brant entreprend de stopper la propagation. Dans ses annales, il écrit :
« Cette année, vers la fête de Sainte-Marguerite, une effroyable maladie, la danse de Saint-Guy, s’est propagée, si bien qu’une cinquantaine de personnes dansaient jour et nuit, ce qui faisait peine voir. »
Une maladie qui vient de la chaleur et de la conjoncture astrale…
Une commission spéciale est créée ; elle correspond à la fois avec les autorités religieuses et les médecins. Les médecins affirment qu’il s’agit d’une maladie naturelle qui vient de la chaleur de l’été et de la conjoncture astrale. Ils recommandent de donner aux malades une décoction d’orge et du pain, ainsi que de leur faire de la musique, mais avec des « cithares, violons, luths ou orgues positifs », pas avec des timbales ni de fifres.
Par mesure de prévention, les timbales et les fifres sont proscrits tout l’été, ainsi que les danses publiques. Les instruments à cordes sont encore autorisés « en toute discrétion », dans le cadre des mariages et des premières messes.
En ce qui concerne le Vicaire, il est d’accord avec les médecins et juge inutile de lire des messes mais, pour qu’on ne lui reproche pas de ne rien faire, il ordonne que tous les prédicateurs appellent à prier et implorer Dieu.
Contrairement à ce qui a été beaucoup rapporté, les malades ne sont pas placés sur une estrade. À l’inverse, ils sont cachés dans des pièces fermées pour éviter les contaminations. La ville les répartit dans deux poêles (salles) de corporations, avant d’embaucher des personnes pour danser avec elles afin de les encourager. Aucune source ne mentionne l’efficacité de cette initiative.
Pour la population strasbourgeoise, il s’agit du Mal de Saint-Guy. Dans la croyance populaire de l’époque, Saint-Guy est le Saint qui punit par les chorées (maladies de mouvements incontrôlés) et qui guérit par la danse. Alors, dès le 23 juillet, le Conseil de la ville envoie les premiers malades par convois au sanctuaire de Saint-Guy du Holenstein, près de Saverne. C’est la partie la plus renseignée des événements, car les factures à charge de la ville sont conservées. Les malades sont répartis dans des voitures attelées et doivent rejoindre des prêtres qui leur chantent trois grand’messes. Ils doivent ensuite faire le tour d’un autel et donner l’argent de l’aumône à la quête.
Trois grand’messes et c’est terminé
Deux jours seulement après le premier pèlerinage, une lettre du Magistrat de Strasbourg à l’évêque qui lui avait demandé d’agir affirme que l’épidémie « touche à sa fin ». « La plupart [des malades] ont guéri » au retour de Saint-Guy, lit-on également dans les chroniques de Sébastian Brant.
Pourtant, on trouve dans les archives une interdiction des danses publiques datée du 2 août 1518, pour cause de manie dansante. Le 11 août, une ordonnance du Magistrat de Strasbourg rappelle que « la maladie est à nouveau apparue ». De nouvelles mesures consistent à demander à chaque bourgeois de prendre en charge ses enfants et ses valets touchés par la maladie, et aux confréries de métiers de prendre en charge leurs membres malades. Les danseurs qui ne se calment pas doivent être emmenés à Saint-Guy. Ils ne doivent surtout pas sortir dans les rues, ni « mettre des bijoux ou de beaux habits. »
Les chroniques de Brant mentionnent également un arrêté du Magistrat le 31 août au sujet d’un cierge à faire pour Saint-Guy et de messes à dire pour les malades. Il est difficile de savoir quand s’est arrêtée l’épidémie, même si l’on peut estimer qu’elle a duré tout l’été. Aucun mort n’est mentionné par les archives de l’époque, aucun bilan de malades n’est fait non plus. Seuls cinq cas sont documentés car leur famille a dû témoigner pour obtenir une aide financière : le fils d’un instituteur, le fils d’un valet, la femme d’un journalier, la fille d’un mendiant et le fils d’un « pauvre compagnon. »
L’instituteur rapporte que son fils devait le seconder pour faire cours lorsqu’il a aperçu des personnes danser et s’est mis à les imiter. Il aurait insisté pour que son père l’emmène danser, au point qu’il a dû délaisser son école pour s’occuper de lui. Le journalier a cru sa femme folle lorsqu’il l’a trouvée en train de sauter sur place dans leur maison puis pensa au Mal de Saint-Guy en la voyant suivre des musiciens en rythme.
Certains ouvrages parus sur l’épidémie de danse de Strasbourg ont eu beaucoup d’échos, en particulier le livre de John Waller, « Les danseurs fous de Strasbourg, » paru en 2008. Le problème est qu’ils se basent sur les chroniques écrites au fil des siècles sur ces événements. Des sources avec lesquelles « il faut être très prudent » selon Elisabeth Clementz. Si les arrêtés municipaux et les lettres du Magistrat peuvent être considérés comme des sources sûres, les chroniques publiées après les événements par des auteurs qui n’en ont pas été témoins peuvent être trompeuses.
Par exemple, une chronique écrite vers 1580, 62 ans après l’épidémie, parle d’une centaine de malades dansant en même temps sur des pistes de danse dressées pour elles et d’un rituel avec des chaussures rouges aspergées d’eau bénite pour les guérir, sans citer de source. Cent ans plus tard, un autre auteur reprend ces faits et ajoute que certains en sont morts.
Le livre de John Waller s’inspire largement de toutes ces chroniques, mais également des écrits de Paracelse, prodigieux médecin surnommé « Luther de la médecine », qui a écrit sur les événements a posteriori, n’étant venu pour la première fois à Strasbourg qu’en 1526. Celui-ci a inventé une identité et une histoire à la toute première personne atteinte par la manie dansante : « Frau Troffea » aurait simulé la maladie pour irriter son mari contre qui elle était fâchée. D’autres femmes l’auraient imitée pour la même raison et comme des croyances religieuses s’en sont mêlées, des personnes s’auto-persuadèrent qu’elles étaient atteintes par la maladie et en eurent les symptômes. En réalité, Troffea est un nom imaginé par Paracelse. Il signifie « qui fait tourner » en grec.
L’historien John Waller, dans son travail, reprend le nom de Frau Troffea et en fait la première victime strasbourgeoise. Il ne garde pas l’histoire de Paracelse mais décrit le personnage comme une femme touchée par la famine. Plus problématique, la fiction « Entrez dans la danse » (2018) de Jean Teulé a été présentée à plusieurs reprises comme réalité historique. Frau Troffea y devient une mère en état de choc après avoir jeté son enfant dans la rivière au moment où elle se met à danser. Dans ce même livre, le nombre de danseurs passe à 2 000.
L’origine du mal toujours inconnue
La plus grande part de mystère réside dans les explications du phénomène. Au fil des siècles, plusieurs scénarios ont été avancés.
L’ergotisme est souvent cité : un empoisonnement par du seigle contaminé par une mycotoxine. Cependant, Elisabeth Clementz rappelle qu’un hôpital spécialisé existait alors à Strasbourg et aurait été en mesure de le traiter. Quant aux symptômes, des contractions musculaires, ils ne prennent pas vraiment la forme d’une danse.
L’autre principale explication possible est l’hystérie collective. Puisque Saint-Guy était présent dans la culture populaire, une superstition conjuguée à un besoin de défoulement collectif aurait pu s’exprimer de cette étrange façon.
D’autres cas de manies dansantes on été rapportés dans la période, avec très peu de détails. On sait par exemple que des « malades dansants » sont venus à Obernai depuis Saint-Jean-de-Bassel en 1463. Il est aussi question d’une femme qui aurait dansé un mois entier, nuit et jour, à Bâle, avec des hommes embauchés pour l’accompagner jusqu’à ce qu’elle retrouve son état normal. La plupart des cas rapportés se situent dans les régions autour du Rhin.
L’épidémie de Strasbourg reste aujourd’hui la mieux documentée, étant survenue après l’invention de l’imprimerie.
Extrait du registre des Mandats et Règlements de la Ville de Strasbourg. Interdiction des danses publiques par le magistrat de Strasbourg, signée Sébastien Brandt (Strasbourg, 2 août 1518). (Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, AVES, 1 MR3, f. 72 r.)
Y aller
Plusieurs événements sont prévus pour commémorer la danse de 1518 jusqu’en février 2019.
Chorégraphie avec une cinquantaine de danseurs, par le chorégraphe Mark Tompkins et la compagnie Dégadézo, vendredi 19 octobre de 18h30 à 20h30 place du Château à Strasbourg.
Exposition « 1518 – La fièvre de la danse, » à partir du samedi 20 octobre et jusqu’au 24 février, musée de l’Œuvre Notre-Dame, 3 place du Château à Strasbourg,
Projection débat « La Taranta » , jeudi 25 octobre à 18h au Patio, amphi 5, sur le campus principal de l’Université de Strasbourg,
Événements au musée de l’Œuvre Notre-Dame :
« Genèse d’une exposition » avec Cécile Dupeux, commissaire de l’exposition et conservatrice du musée, samedi 15 décembre à 14h30,
« Respirez au musée ! » avec une art thérapeute, « pour explorer le lien corps/esprit par le souffle, revenir au ressenti, profiter de l’aura des œuvres d’art pour entrer différemment dans le flux de la journée, ou en sortir, » les 10 et 17 janvier à 9h, ainsi que les 24 et 31 janvier à 18h,« Un regard neuropsychologique » avec Iris Chabrier de l’Université de Strasbourg, samedi 26 janvier à 14h30,
« Archives et sources de l’épidémie de danse », samedi 9 février à 14h30,
« Atelier philo ! Faire l’histoire avec des drôles d’histoires » pour les 6-11 ans au musée, les samedis 16 et 23 février à 14h30, Visites commentées en français les dimanches 21 octobre, 28 octobre, 4 novembre, 18 novembre et 25 novembre à 11h , Visites commentées en allemand, les samedis 3 novembre, 1er décembre, 5 janvier et 2 février à 15h,Visite interprétée en Langue des signes, le samedi 2 février à 14h30.
En désaccord sur l’engagement insistant de Robert Herrmann en faveur le Grand contournement ouest, mais aussi sur d’autres dossiers, les 9 élus écologistes de Strasbourg et Schiltigheim prennent quelques distances avec la gouvernance de la coalition droite-gauche à l’Eurométropole. Ils rendent leurs fonctions décisionnaires, mais ne rejoignent pas l’opposition.
C’est une rupture à l’alsacienne. Sans claquement de porte, sans haussement de ton, sans regret… Mais les 9 élus écologistes (sur les 100 élus du conseil d’agglomération) prennent leurs distances avec la gouvernance de l’Eurométropole. Concrètement, le vice-président en charge de la transition énergétique Alain Jund et les trois conseillères déléguées (Jeanne Barseghian à l’économie sociale et solidaire et à la réduction des déchets, Marie-Dominique Dreyssé à l’hébergement d’urgence et Françoise Schaetzel à la qualité de l’air) redeviennent des élus et élues simples dans l’hémicycle.
« On ne peut plus faire le grand écart »
Jeanne Barseghian détaille les raisons de la rupture entre les écologistes et l’exécutif de l’Eurométropole (vidéo JFG / Rue89 Strasbourg)
Deux nouvelles délégations, à l’habitat innovant et au numérique solidaire devaient être créées pour les nouvelles élues écologistes schilikoises, la maire Danielle Dambach et son adjointe Andrée Buchmann. La maire de Schiltigheim a néanmoins rappelé que sa commune avait « des attentes fortes » envers l’Eurométropole, notamment pour rattraper les aménagements. Jusqu’ici les premières discussions avaient été positives.
Plus que le GCO, ce sont les mots employés par le président Robert Herrmann qui sont reprochés par les écologistes, qui prennent soin de rester à l’exécutif de la Ville de Strasbourg où ils estiment que le discours du maire, Roland Ries, est plus en retrait. Ainsi, il n’y a pas de changement au conseil municipal de Strasbourg.
Mais les Verts ne rejoignent pas l’opposition pour autant. Ce qui distingue la majorité de l’opposition est le vote de budget de la collectivité, ce qui met tous les groupes dedans, y compris l’ex-Coopérative ou les maires de seconde couronne, pourtant plus critiques. Seule une partie des élus de droite et quelques non-inscrits se démarquaient jusque là. « Attendons de voir ce budget 2019 », dit à ce sujet Jeanne Barseghian.
La réaction de Robert Herrmann
Président de l’Eurométropole, Robert Herrmann répond aux écologistes (vidéo JFG / Rue89 Strasbourg)
De son côté Robert Herrmann a minimisé l’impact de ces départs en rappelant que ce désaccord n’est pas nouveau. Il assume d’avoir « durcit le ton » en septembre suite aux slogans, voire aux insultes et menaces à son encontre dans les manifestations ou sur les réseaux sociaux.
Il maintient sa confiance avec les élus écologistes dans les représentations de la collectivité aux conseils d’administration de sociétés satellites de l’Eurométropole ou de réseaux nationaux d’élus (comme le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire par exemple) et souhaite toujours travailler avec eux.
À plus long terme, d’autres désaccords à venir concernent le dimensionnement de la future usine d’incinération (3 fours maintenus malgré les réductions de déchet) et un accès routier pour poids lourds par le nord, afin desservir le port autonome sans emprunter le GCO. Cet accès longerait la forêt de la Robertsau, qui devrait être classée réserve naturelle. Mais cela concernera sûrement une autre majorité.
Membre de la liste et des groupes écologistes, l’adjoint au maire à Strasbourg Éric Schultz estime que ce schisme était prévisible compte tenu de la composition de la coalition droite-gauche nouvelle en 2014, où il était possible de composer sans les écologistes.
Les conseillers délégués ne bénéficient pas d’indemnités supplémentaires (contrairement à ce qui se fait au conseil municipal). Les écologistes avaient surtout ciblé ces compétences au niveau de l’agglomération, plus en phase avec leurs programmes. Seul Alain Jund perdra donc sa rémunération supplémentaire.
C’est fini ! Le Mudd Club va fermer ses portes en novembre, la faute à une fréquentation insuffisante et à un certain ras-le-bol de ses fondateurs, Wess et Phil en tête. Le caveau le plus célèbre de la rue de l’Arc-en-Ciel a permis à nombre de groupes et DJs strasbourgeois aujourd’hui au sommet de l’affiche de se faire les dents, comme les Fat Badgers, Dirty Deep ou Thomas Schoeffler Jr.
Qui n’a pas laissé quelques gouttes de sueur dans le caveau du Mudd Club ? Ouvert en janvier 2011 par Sébastien Wessler (Wess), Philippe Pollaert (Phil / Mister Pilou) et Matthieu Buisson, ce club planqué dans un recoin de la vieille ville, rue de l’Arc-en-Ciel derrière la Cathédrale, a dès son lancement affiché l’une des programmations les plus ambitieuses de Strasbourg. Concerts de rock, hip hop et DJs s’y sont succédés et des groupes aussi installés aujourd’hui comme les Fat Badgers, Dirty Deep, Thomas Schoeffler Jr ou Funkindustry y ont fait leurs débuts.
Les platines du Mudd (doc remis)
Les flyers du Mudd à 30 dates par mois semblaient éternels et pourtant, le trio de fondateurs s’apprête à fermer le club. Pour se protéger et assurer une cession d’activité, l’entreprise est en redressement judiciaire depuis septembre. L’audience devant la chambre commerciale du tribunal est prévue lundi 5 novembre et doit décider de la suite, liquidation ou reprise, ainsi que de la date de fermeture effective.
Deux repreneurs ont déjà indiqué aux trois associés leur intérêt pour racheter le Mudd Club. Mais dans les deux cas, ce sera pour y installer quelque chose d’autre, un établissement nocturne qui n’aura rien à voir avec les principes fondateurs du Mudd Club.
Un club-maison pour les musiciens
Car le Mudd, c’était avant tout une aventure tournée vers la musique en public, comme l’explique Wess :
« On a créé le Mudd pour y héberger des concerts, c’était notre envie et on s’est tout de suite mis d’accord pour payer correctement les groupes et leur assurer un accueil de qualité. C’est pour ça que beaucoup de groupes en ont fait leur “maison,” des DJs aussi, et tous maintenant qu’ils tournent partout sur la planète, ont gardé un souvenir ému de leurs premières soirées au fond du caveau et devant le pilier du Mudd ! On est super fiers de ça. Rien que pour toute cette génération de musiciens, porter à bouts de bras ce club aura été une super histoire. »
Mais si le bilan culturel est assurément important, le bilan économique a été plus compliqué à tenir. C’est Wess qui résume l’aventure :
« Le Mudd est parti très fort car à l’époque de notre lancement, il n’y avait pas beaucoup de lieux comme le nôtre. Mais en 2016, les licences IV nocturnes (autorisations administratives de vendre de l’alcool et d’ouverture tardive, ndlr) ont été multipliées, et encore en 2017. Si bien que l’offre est devenue très importante à Strasbourg alors que le public n’est pas extensible… Et puis les gens sont toujours à la recherche de la nouveauté, il ne faut pas se leurrer… L’équilibre économique de nos concerts, devant des petites jauges, a toujours été délicat à maintenir. Si bien qu’on pouvait tout juste tous se payer quand ça marchait bien, la situation est devenue intenable quand les jauges ont commencé à baisser… »
Thank you Jazzin’ Translation / Wolves Music / ITJ / SoulParlor en janvier 2018 (vidéo Mudd Club / Facebook)
Sébastien Wessler, aka Wess (doc remis)
Embarqués dans des prêts bancaires, les trois associés n’ont pas pu réaliser les travaux nécessaires à la modernisation du Mudd. Les toilettes ont bénéficié d’une rénovation minimale mais de nouvelles contraintes de sécurité et de normes d’électricité menaçaient de rendre l’équilibre économique plus précaire encore. Pour Wess, tous ces signaux additionnés envoient le même message, il est temps d’arrêter :
« Ça devenait trop difficile, on a jonglé avec les normes, les jauges, les commissions de sécurité autant qu’on a pu et tout ça, à la limite, on pouvait gérer. Mais ce qui m’inquiétait le plus, c’était qu’on n’avait plus assez d’argent pour accueillir les groupes dignement. Donc on programmait moins de concerts, et on prenait de moins en moins de risques pour faire venir des DJs… Et ça, c’était à l’opposé des raisons pour lesquelles nous avions lancé ce club. Donc il valait mieux arrêter maintenant, avec une prog’ dont on aura pu être fiers jusqu’au bout. »
Le cap de la quarantaine
Et puis entre 2011 et aujourd’hui, Wes et Phil sont devenus papas. Les deux quarantenaires avouent que le rythme qui les fait se coucher aux premières lueurs est de plus en plus difficile à tenir. Phil détaille :
« Les journées de travail au Mudd sont vraiment compliquées à tenir… Par la force des choses, j’étais moins impliqué dans la gestion quotidienne du Mudd depuis plusieurs mois, j’étais fatigué avec les enfants et le reste de mes activités. On est devenus des vieux, quoi ! Et puis encore, on fermait à 4h du matin mais ce n’était pas assez tard -ou tôt- pour une partie de notre clientèle, qui s’oriente maintenant plus sûrement vers des lieux qui ferment à 7h du matin et qui sont devenus plus nombreux. Bon, j’avais pas envie de me lancer là-dedans… »
Philippe Pollaert, aka Phil, aka Mister Pilou (doc remis)
Les deux porteurs du Mudd ne sont pas amers. S’ils se désolent de constater que les jeunes ne sont plus enclins à dépenser 3€ pour écouter un groupe qu’ils ne connaissent pas, ils en prennent acte et préfèrent passer à autre chose. Phil continue d’organiser des concerts et assurer des prestations événementielles et de booking pour des groupes tandis que Wess, qui a développé un savoir-faire dans la gestion d’entreprise va s’orienter dans cette branche.
Alors qu’il évoquait la fin du Mudd avec une amie, Phil s’est entendu dire que DJ Amir, une pointure de l’électro à New York, lui a indiqué qu’il connaissait Strasbourg parce que c’était la ville où il y avait le Mudd Club… À partir du 5 novembre, ça ne sera plus le cas.
« Les prises de position du président de l’Eurométropole en faveur du GCO (Grand contournement ouest de Strasbourg) se durcissent et remettent aujourd’hui en cause la place des élus écologistes au sein de son exécutif ». C’est avec ces mots que les représentants d’Europe Écologie Les Verts (EELV) annoncent une prise de position à venir sur leur place dans la coalition de l’assemblée des 33 communes.
Le président Robert Herrmann (PS) prévoit une entrevue avec Alain Jund, seul . . .
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Bonne nouvelle pour les justiciables (c’est à dire tout le monde) ! La Justice, sentant peut-être qu’elle est devenue inaccessible au citoyen, soit parce qu’elle est trop technique, trop chère ou trop loin, propose une journée pour mieux la connaître. Pour la première fois mercredi 17 octobre, de 9h à 17h dans l’enceinte du palais de justice de Strasbourg, plus de 25 associations, professionnels du droit et services de l’administration, sont réunis afin de répondre directement aux questions des citoyens, qu’elles soient personnelles ou générales.
Ce genre de rendez-vous devrait exister depuis des années et être régulier mais… il faut bien commencer quelque part. Rappelons que le tribunal de grande instance de Strasbourg n’a toujours pas de site Internet, encore moins de page sur les réseaux sociaux et que pour le contacter, il vaut mieux être très patient en appelant son standard téléphonique… C’est dire si ce « Forum de la justice et de l’accès au droit » part de loin…
Le parvis du Palais de la justice est nettement plus agréable mais la Justice est-elle plus accessible ? (Photo Abdeslam Mirdass)
Parmi les 25 organismes présents, il sera possible de rencontrer et de questionner :
Les Délégués du Procureur : ils représentent le Procureur de la République, mettent en œuvre les procédures alternatives aux poursuites comme les rappels à la loi (pour les majeurs et les mineurs), les injonctions thérapeutiques, les ordonnances pénales, les réparations pénales et les compositions pénales,
La Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) : service du ministère de la justice, qui prend en charge les mineurs, que ce soit en cas de délinquance ou pour l’assistance éducative.
Themis : association destinée aux mineurs, représentant ad hoc à la demande du procureur, ils mettent à disposition des familles des avocats spécialisés en droit des enfants,
SOS aide aux habitants : une association habilitée par le ministère de la justice, mettent en oeuvre des médiations pénales, accompagnent les victimes dans l’ensemble du Bas-Rhin,
Viaduq67 : association habilitée par le ministère de la justice, également chargée de la mise en œuvre des médiations pénales et de l’aide aux victimes sur l’ensemble du département,
Cresus : association composée de juristes et d’avocats qui interviennent sur les domaines des faillites civiles et des surendettements, afin de leur donner conseil et information juridique,
Arsea : Association habilitée par le ministère de la justice, qui intervient pour donner une information juridique aussi bien aux mineurs qu’aux majeurs. Ils procèdent à des enquêtes sociales à la demande du Procureur de la République et des magistrats du siège,
Cimade : Association spécialisée en droit des étrangers, composée de juristes et d’avocats, elle œuvre notamment à l’information des étrangers sur la connaissance de leurs droits, mais aussi à constituer des dossiers de demandes d’asile, de titres de séjour,
CIDFF : Association qui vient en soutien aux femmes et aux familles en matière d’accès au droit, de lutte contre les discriminations sexistes et pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Ce forum est organisé par le Conseil Départemental de l’Accès au Droit du Bas-Rhin (CDAD 67), dont l’objectif est de réduire les inégalités d’accès au droit en organisant des permanences. Le CDAD est présent à Lauterbourg, Soultz-Sous-Forêts, Haguenau, Bischwiller, Wissembourg, Saverne, Sarre-Union (janvier 2019) ainsi qu’à la Maison de Justice et du Droit à Strasbourg. Dans ces lieux, les citoyens peuvent obtenir une information ou un conseil juridique gratuitement, donné par des professionnels du droit, ou des juristes associatifs.