En mars, Rue89 Strasbourg vous avait parlé de Coopalim, cette association qui voulait ouvrir un supermarché solidaire, dédié aux circuits courts et aux produits issus de l’agriculture biologique, et où la plupart des employés seraient des bénévoles. Eh bien vendredi 23 novembre, l’association inaugure son premier local, au 7 rue Kageneck dans le quartier gare de Strasbourg.
La devanture du local de Coopalim Strasbourg (doc remis)
Conformément au projet, ce supermarché n’est ouvert qu’aux adhérents qui s’engagent chacun à fournir trois heures de leur temps par mois pour faire fonctionner le magasin : réception des produits, déballages, rangements dans les rayons mais aussi comptabilité, communication, etc. Malgré plus de 300 bénévoles rassemblés, Coopalim Strasbourg n’a pas les moyens de salarier une seule personne à ce jour.
Choix réduit, horaires réduits mais…
Les horaires d’ouverture sont également assez réduits : les lundis de 17h30 à 20h, les mercredis de 10h à 13h et de 17h30 à 20h, les samedis de 9h à 13h. En outre, la vente au local ne concerne que les produits secs. Les produits frais ne sont distribués qu’une semaine sur deux et sur réservation…
Déco minimale, efficacité maximale (doc remis)
Malgré ces handicaps, Coopalim Strasbourg garde le cap. L’objectif est toujours d’ouvrir un vrai supermarché géré par des bénévoles mais faisant appel à une équipe salariée, comme La Cagette à Montpellier, qui emploie six personnes et fonctionne grâce à l’adhésion de plus de 2 000 personnes. Tous les produits vendus dans ce supermarché d’un nouveau genre sont soigneusement sélectionnés par les adhérents (voir la liste ici), pour leurs qualités nutritives mais aussi éthiques. Le magasin ne mettra à disposition que des « produits sains, saisonniers et locaux, vendus à un prix qui permet aux producteurs de vivre de leur travail. »
Ils se sont privés de toute nourriture pendant trente jours. Mardi 20 novembre, les grévistes de la faim restants ont mis un terme à leur action qui visait à interpeller au sujet du Grand contournement ouest (GCO) de la faim. Réunis dans l’église Saint-Michel de Bischheim, ils ont tenu à préciser : la lutte contre le projet autoroutier ne s’arrête pas là.
« On s’est régalés. On a redécouverts des goûts », Michel Dupont, 68 ans, sourit pour conclure une conférence de presse chargé d’émotion. Quelques minutes plus tôt, c’est Elisabeth Dupeux, 66 ans, qui a lu le discours mettant fin à ces 30 jours sans manger. À leurs côtés, Christine Ludes, 51 ans, Rachel Kuhn, 42 ans et Aurélie Kuhn, 35 ans, arrêtent aussi cette grève de la faim. Ils étaient 10 au départ et espéraient un signe du nouveau « Champion de la Terre », le président Emmanuel Macron. Les échanges avec les interlocuteurs locaux étaient dans l’impasse depuis le lancement des travaux. En vain.
Depuis un rendez-vous technique avec une conseillère « territoires », le 4 novembre lors de la venue du chef de l’État à Strasbourg, le collectif n’a aucun retour du sommet de l’État. Au même moment, Emmanuel Macron avait préféré rencontrer les fondateurs d’Europarak, les frères Mack. Ainsi, les 4 femmes et Michel Dupont regrettent le « silence assourdissant des autorités, la violence (…) de Vinci et de ses opérateurs, (…) l’écho insuffisant dans les médias, (…) l’inertie d’une majorité d’élus ».
Mardi 20 novembre, cinq opposants au GCO ont mis un terme à leur grève de la faim. Michel Dupont était affublé d’un gilet vert. (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Le risque élevé pour les organes vitaux
Les militants venaient d’entrer dans leur cinquième semaine de grève de la faim : « le moment où le risque d’atteinte aux organes nobles (cerveau, cœur, poumons, foie, pancréas et les deux reins) s’aggrave vraiment », poursuit Elisabeth Dupeux dans son allocution. Le 12 novembre, ils s’étaient déshabillés devant la préfecture pour montrer leurs côtes apparentes et leurs visages émaciés.
Le sixième gréviste de la faim était déjà à bout de forces. Pierre Rosensweig était reparti dans un camion de pompiers. Ils n’étaient plus que cinq, souvent réunis dans l’église protestante Saint-Michel à Bischheim comme depuis 22 octobre, la première paroisse à avoir accueilli ces opposants pas comme les autres.
« Certains pouvaient aller plus loin »
La semaine précédente, la médecin Anny Zorn s’inquiétait déjà de l’état de santé des grévistes de la faim : « Le plus grand risque, c’est l’arrêt cardiaque, surtout pour les personnes âgées de plus de 60 ans. » Elle rappelle que l’alimentation ne pourra reprendre que progressivement pendant « trois à quatre semaines », soit la durée du jeûne. « Le don de leur corps va au-delà », salue Maurice Wintz, vice-président d’Alsace Nature qui avait participé deux semaines avant de reprendre son alimentation pour poursuivre ses cours à l’Université.
Mais les militants anti-GCO n’ont pas arrêté leur grève de la faim pour des raisons médicales. L’absence de réaction des pouvoirs publics, ainsi que du Président de la République, ont principalement motivé les grévistes de la faim : « leur fin de non-recevoir ne valent pas qu’on mette encore plus notre vie en danger. ». « Certains pouvaient aller plus loin », a d’ailleurs souligné Anny Zorn. Mais pas tous, et mieux valait une décision collective au même moment que s’arrêter les uns après les autres, a-t-on appris auprès des ex-grévistes. Ils et elles ont perdu jusqu’à 14 kilogrammes. Ils disent avoir bien vécu cette exposition médiatique nouvelle, grâce aux messages de soutiens et le mouvement du collectif.
Décision importante le 28 novembre
Pour les opposants au projet autoroutier, la lutte ne s’arrête pas là. Le 28 novembre, le tribunal administratif doit se prononcer sur deux arrêtés autorisant les travaux préparatoires du GCO. Le rapporteur public a suggéré l’annulation de ces deux arrêtés de janvier 2017. Un référé sur les travaux définitifs au nord, du côté de Vendenheim, doit aussi être rendu dans la semaine.
De manière plus générale, le opposants annoncent des plantations d’arbres et de végétation sur le parcours de l’autoroute de 24 kilomètres, des oppositions physiques aux travaux « tant que les recours ne sont pas purgés » et la poursuite d’interpellations par la société civile et les élus. Des appels de 250 élus locaux, de 70 parlementaires, mais aussi d’avocats, médecins, syndicalistes (dont la GCT du groupe… Vinci), ou la Fédération des protestants de France ont demandé un moratoire sur le projet, le temps d’étudier les alternatives. Des scientifiques devraient rejoindre cette liste prochainement.
« L’audience a été élargie », positive Maurice Wintz. « Cette histoire a montré que la société est structurée de manière politicienne et non politique », regrette pour sa part le psychiatre engagé Georges Federmann, l’un des six médecins à avoir suivi les grévistes. Les opposants donnent aussi rendez-vous dans les urnes lors des élections européennes en 2019 puis municipales en 2020.
Enseignante-chercheuse à l’Université de Haute-Alsace et de Strasbourg, Karine Favro trouve « ridicule » le nombre de données publiques actuellement disponibles. Bien que les administrations soient contraintes par la loi de publier leurs informations, très peu s’y conforment, en raison des enjeux de pouvoirs que ces libérations de données supposent.
Les données produites par les collectivités locales, donc les données communes de tous les citoyens, doivent être rendues aux citoyens pour qu’ils puissent se les approprier. C’est la loi, en tout cas son esprit depuis octobre 2016 mais… on n’en est pas là. Selon une étude de Renaissance numérique, un think-tank spécialisé dans le déploiement de l’écosystème numérique dans les administrations, seules 12,5% des collectivités locales sont en conformité avec la loi quant à la libération de leurs informations.
Enseignante-chercheuse en droit public à l’Université de Haute-Alsace et de Strasbourg, spécialiste du numérique, Karine Favro revient sur les enjeux et les freins qui empêchent les administrations de publier leurs informations.
Rue89 Strasbourg : où en est-on de la libération des données publiques ?
Sur la plate-forme des données publiques de l’État (data.gouv.fr), il y a environ 32 000 jeux de données libérées. C’est ridicule quand on pense aux nombre de collectivités et administrations publiques qui doivent publier leurs informations depuis la loi pour une République numérique d’octobre 2016, c’est à dire toutes sauf celles de moins de 3 500 habitants, ou disposant de moins de 50 agents…
« 1 700 réutilisateurs en France, c’est ridicule »
De plus, ces données sont souvent de mauvaise qualité, peu ou mal mises à jour et encore plus rarement garanties de l’être… Résultat, il n’y a que 1 700 réutilisateurs de ces données, ce qui est encore plus ridicule.
Rue89 Strasbourg : comment expliquer cet échec ?
Le cadre légal est dérivé de la directive européenne « public sector information », révisée en 2013 et transcrite en droit français par la loi NOTRe. Mais le volet « open data » n’était pas contraignant, les collectivités locales n’ont donc guère fait d’efforts. En outre, le gouvernement a imposé une gratuité pour la réutilisation des données publiques, une démarche intéressante mais qui n’était pas demandée par l’Europe. C’est un peu différent depuis la loi pour une République numérique, qui impose aux collectivités la publication de leurs informations, par défaut et sauf exceptions liées notamment aux informations personnelles ou à la propriété intellectuelle.
Les données sont encore vues comme ayant une valeur patrimoniale… (Photo Visual Hunt / cc)
Le processus qui consiste à transformer les administrations en centres d’informations ouverts et connectés prendra… des années, des dizaines d’années. Avec la loi, le gouvernement a fixé un cadre mais beaucoup trop ambitieux, hors de la portée de nombre d’administrations. Parce qu’il faut d’abord comprendre ce qu’est une donnée… Ce concept ne fait pas partie de la culture commune de la plupart des agents administratifs, même si ça change grâce aux formations actuelles. Et ensuite, il faut appréhender la valeur des données et là, on entre dans d’autres problèmes. Beaucoup de services considèrent qu’il y a une valeur à posséder des informations alors que la valeur des données s’apprécie dans l’échange, leur circulation et leur réutilisation.
Mais évidemment, cette école de pensée est à l’opposée des habitudes des administrations, qui fonctionnent en silos. Il n’est pas rare qu’à l’occasion d’une libération de données, ce soient d’autres services au sein d’une même collectivité qui soient les premiers réutilisateurs…
Les administrations rétorquent que produire, collecter et mettre ces données à disposition a un coût…
Certes – certaines collectivités avaient parfois l’habitude de vendre une partie de leurs informations. Mais si ce ne sont pas les administrations qui ouvrent la voie quant aux bénéfices de la publication gratuite des données et de leurs réutilisations par des tiers, qui le fera ? Pour la collectivité locale, c’est un coût mais le bénéfice d’une réutilisation intelligente ira à tous les citoyens et l’administration peut donc en partie en récolter les fruits également…
« Les premiers à aspirer les données sont les géants du web »
Il est vrai aussi que les premiers à aspirer les données publiques sont les géants du web (Google, Amazon, Facebook…). Mais est-ce une raison pour retenir les données ? Il suffit de voir comment Google gère Google Maps comme un service public, avec des données agrégées de la SNCF et de la CTS à Strasbourg ! Vaut-il mieux que ces données soient partagées, et utilisée par Google et ses utilisateurs, ou qu’elles ne soient disponibles que pour les applications de la SNCF et de la CTS ? Dans les débats sur l’open data, il faut se poser la question de l’intérêt général. Et face aux géants du web, il faut créer les conditions pour qu’ils ne soient pas les uniques bénéficiaires des libérations de données.
Quels sont les débats actuels des données publiques au sein des administrations ?
Le principal débat actuel, c’est la qualité de la donnée publiée. Il y a une pléthore de plate-formes, encore plus de formats et les récurrences ne sont pas garanties… Il y a l’association Open Data France, qui tente de sensibiliser les collectivités locales à ces enjeux. Leur dernier observatoire montre qu’en octobre 2018, seules 343 collectivités avaient une démarche d’open data, c’est peu mais c’est quand même 33% de plus qu’en mars 2018. (Dans le Bas-Rhin, seuls l’Eurométropole, la CTS et Atmo Grand Est sont référencés comme fournisseurs de données locales, ndlr)
Les administrations découvrent petit à petit l’ampleur des enjeux posés par l’open data. D’une démarche de publication de qualité, découlent tout une série de processus auxquels doivent se conformer les agents et qui sont parfois très délicats à mettre en place. Il en va de la numérisation complète des processus administratifs, et d’une horizontalisation des décisions. C’est le sens de l’Histoire mais les résistances et les freins sont nombreux.
Maxence Creusat lors de son audition au Sénat Photo : capture d’écran public sénat
C’est l’excellent site d’informations Les Jours qui le révèle : le commissaire Maxence Creusat a été réintégré par la police nationale, quatre mois après sa mise en examen dans l’affaire Benalla et sa suspension. Il doit prendre ses fonctions à la sécurité publique du commissariat de Haguenau. Les Jours suit de près l’affaire d’Alexandre Benalla, cet ancien garde du corps du président de la République Emmanuel Macron, puisqu’il s’agit d’une des « obsessions » de ce site web, qui traite l’actualité en séries : « l’homme du président. »
Les Jours rappellent que Maxence Creusat, 30 ans, était affecté à la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris, lorsqu’il a transmis à Alexandre Benalla des images issues de la vidéosurveillance des altercations place de la Contrescarpe à Paris, dans lesquelles l’ancien garde du corps de l’Élysée est impliqué. Deux autres policiers ont été mis en examen pour « violation du secret professionnel » et « détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection. »
Selon Les Jours, les fonctionnaires suspendus continuent de travailler et à toucher leur rémunération. Pour des faits de cette nature, ils ne risquent pas la révocation et sont donc seulement éloignés de leur service en attendant les conclusions de l’enquête administrative.
La Ville de Strasbourg a mis en ligne sur son site participer.strasbourg.eu les trois premières « pétitions citoyennes ». Il s’agit d’une des deux nouveautés issues du « Pacte de démocratie locale » initié par l’adjointe au maire Chantal Cutajar et voté au printemps. Et les trois premiers thèmes ne sont pas des découvertes pour les suiveurs de l’actualité locale.
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Le conseil municipal va débattre des futures dépenses de la Ville de Strasbourg en 2019 et du contrôle des locations Airbnb. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 15h.
Elles reviennent dans tous les ans avec les froides journées d’hiver. Les discussions budgétaires sont de retour dans l’hémicycle de Strasbourg. En novembre, le débat d’orientation est la première étape de l’établissement du budget municipal, avant le vote final en décembre. Mais les grandes lignes pour la Ville de Strasbourg sont déjà fixées par le maire, à savoir pas d’augmentation des taux d’impôts locaux. On aborde au passage, le dernier budget d’une année complète pour Roland Ries. L’année 2020 verra un nouveau maire prendre les commandes en mars et vraisemblablement apporter ses retouches en cours d’année.
Premier budget sous « pacte financier »
La nouveauté, suite au pacte financier avec l’État, controversé mais adopté en juin, c’est que les dépenses de fonctionnement de la collectivité ne doivent pas augmenter de plus de 1,2% par an, sous peine de sanctions financières. Les dépenses de fonctionnement concernent les actions du quotidien de la Ville et surtout les dépenses de personnel pour les mettre en œuvre, ainsi que pour payer des prestataires (entreprises, associations, etc). Les investissements, c’est-à-dire les travaux, ne sont pas concernés par cette limite. Le total du budget en 2019 est un peu supérieur à 500 millions d’euros.
La municipalité ne donne plus deux ou trois « scénarios » à débattre aux conseillers, mais elle laisse un débat général se dérouler en début de séance. L’occasion pour chaque groupe de l’opposition comme de la majorité de donner ses bons points, et peut-être ses moins bons. Côté majorité, il s’agit du premier conseil depuis le départ de 4 des 8 membres de La Coopérative vers les non-inscrits.
Impôts stables et indicateurs positifs
Si les taux d’impôts sont stables, les contribuables qui ont vu leur taxe d’habitation baisser de 30%, un peu moins de 80% des habitants à Strasbourg, la verront diminuer de 65% par rapport à 2017 l’an prochain. Si cette centralisation de l’impôt, financé par le déficit français, a fait débat, les services des finances de Strasbourg indiquent que cette recette est compensée pour le moment. En revanche les bases peuvent être revalorisées par l’Assemblée nationale. Ce qui augmente la taxe pour les 20% et quelques non-concernés.
Du côté des comptes, la Ville table sur une hausse de l’investissement (115 millions d’euros, même si entre 70% et 90% des crédits sont réellement dépensés dans l’année) avec des projets comme la Coop, la rénovation de l’Hôtel de Ville, le Maillon, des écoles ou le Parc expo. La dette baisse pour la troisième année de suite. Des indicateurs difficiles à attaquer pour l’opposition. Les dernières années, ses membres ont demandé dans quelle mesure la Ville et l’Eurométropole reportent leurs dettes vers d’autres organismes, comme les sociétés publiques locales (Deux-Rives) ou les sociétés d’économie mixte (Sers, Réseau GDS, CTS, etc.) sans obtenir de réponses très détaillées.
Airbnb dans le viseur
Parmi les autres points à l’ordre du jour, l’une des délibérations fortes concerne les locations touristiques d’appartements, notamment via le site le plus connu, Airbnb. La Ville de Strasbourg a constaté qu’il y a bien plus d’offres en ligne (jusqu’à 3 000) que d’appartements officiellement déclarés en meublés tourisme (800). À partir du 1er mars 2019, elle demande à tous les hébergeurs de s’immatriculer via un formulaire sur le site strasbourg.eu.
Le but est de contrôler que les « résidences principales » ne soient pas louées plus de 120 jours par an, soit 4 mois dans l’année maximum, ce qui est la loi. Sinon, il faut déclarer son appartement en « meublé touristique », ce qui a d’autres conséquences réglementaires et fiscales.
Le succès des locations de courte durée diminuent les petites surfaces (studios et 2-pièces) du stock d’appartements habitables tout l’année, notamment dans le centre-ville. Mais cette immatriculation strasbourgeoise cible aussi les chambres chez l’habitant, même quand l’occupant est présent et souhaite arrondir ses fins de mois… Cette pratique est pourtant bien différente de celles des hôteliers, remontés contre ces locations.
Avenue du Rhin et loisirs flottants
Il sera aussi question de l’avenue du Rhin, où une « mission d’information et d’évaluation » sur son avenir va débuter. L’avenue est saturée par des milliers de poids-lourds « en transit », normalement interdits sur cet axe, que personne n’arrive à contrôler. Le trafic est passé de 38 400 véhicules par jour en 2012 à 44 600 en 2017. Une manifestation en ce sens s’est déroulée samedi. Sur la forme, ces travaux réuniront 21 élus de tous les groupes pendant six mois maximum et ressemblent à une mission parlementaire, mais… ses auditions ne sont pas publiques.
Plus léger, Strasbourg lance un concours d’idées à destination des étudiants strasbourgeois. Il vise à faire émerger des idées pour les cours d’eau. Huit esquisses seront récompensées à hauteur de 1 000€ chacun. L’objectif est de réaliser à terme une piscine flottante et un hôtel sur l’eau. Les projets pour la vie aquatique strasbourgeoise ont parfois fait des remous… au sein de la majorité municipale.
À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.
Du 10 octobre au 23 décembre 2018, La Chambre consacre une exposition monographique au photographe chinois Zhu Xianmin. Pendant la Révolution culturelle, l’artiste produit des images qui témoignent des mutations sociales et politiques de l’époque. Ses photographies sont dévoilées au grand public pour la première fois en Europe.
En plein cœur de Strasbourg, La Chambre se pare des couleurs et des symboles de la Chine maoïste. Dès l’entrée, le décor est planté : deux jeunes femmes, l’une tenant un fusil et chacune portant un brassard rouge, posent fièrement devant le drapeau de la République Populaire de Chine. Imaginée par les commissaires d’exposition François Cheval et Audrey Hoareau du collectif The Red Eye, l’exposition Zhu Xianmin invite à faire un bond dans le passé au cœur de la Grande révolution culturelle prolétarienne. Le photographe chinois observe un pays en mutation profonde conciliant son amour du peuple avec l’idéologie du moment.
François Cheval et Audrey Hoareau ont cofondé en 2016 la structure The Red Eye. Leur démarche consiste à organiser des expositions en France et à l’étranger dans le but de promouvoir, défendre et valoriser la photographie sous toutes ses formes et s’adressant à tout type de lieux. Également, The Red Eye a cofondé et codirige depuis décembre 2017, avec Duan Yuting et son équipe, le Lianzhou Museum of Photography, le premier musée public dédié à la photographie en République Populaire de Chine.
Entre réalité et propagande
L’exposition est organisée autour de plusieurs thématiques (le rôle du parti dirigeant, la défense de la patrie socialiste, la danse de la loyauté) qui donnent à découvrir l’ampleur du projet révolutionnaire planifié et orchestré par le « Grand Timonier », Mao Zedong lancé en 1962 jusqu’au début des années 1980. Une photographie donne à voir un groupe de jeunes femmes qui marchent en rythme, d’un pied ferme et impérial dans les champs.
L’idéologie politique marque l’ensemble de la vie sociale. Au champ, à l’usine ou à l’école, les photographies de la vie quotidienne semblent mises en scène, de la même manière que les images de propagande. Les visages heureux aux sourires figés et abondants révèlent une composition soignée et pensée. Mais, ce caractère artificiel interpelle et intrigue. L’exposition ne s’accorde pas à définir de manière explicite les productions de l’artiste qui sèment le doute. S’agit-il d’une pure imagerie de propagande ?
Photographe officiel de la République populaire de Chine, Zhu Xianmin (né en 1943 à Pucheng, dans la province de Shangdong) travaille à l’époque sur commande, avec la mission de magnifier le grand récit national. Prenant ses distances avec la photographie occidentale « bourgeoise », l’artiste chinois veut développer une esthétique populaire et révolutionnaire. Même mises en scène, ses images présentent la banalité du quotidien : les travaux agricoles, une scène de liesse entre des ouvrières du textile, un repas de famille.
En 1987, le photographe français Henri Cartier-Bresson confiait à Zhu Xianmin : « Tu es pourvu des yeux de l’intelligence du cœur, capables de discerner le vrai ; l’œil de la vérité est éternellement tourné vers la vie. » L’artiste valorise la simplicité des petites gens de l’arrière-pays chinois, dont lui-même est issu. Son grand talent est de saisir avec finesse une atmosphère, une émotion, un instant.
Le portrait d’une petite fille aux yeux malicieux, à hauteur de spectateur, renforce le sentiment de proximité et d’identification. La scénographie favorise l’immersion dans les photographies en variant les formats et les modalités d’accrochage. Si les images de l’artiste, à la charnière de l’idéologie et du réel, restent ambiguës, les filtres politiques s’atténuent souvent, laissant transparaître son regard singulier et chaleureux.
Vue de l’exposition Zhu Xianmin à La Chambre (photo Gwenaëlle Fenon)
Au-delà de la simple illustration historique, l’exposition donne à découvrir un moment décisif de la photographie chinoise, très peu connue en Occident. Sous contrôle politique, les marges de liberté du photographe sont minces. L’inventivité visuelle de Zhu Xianmin est d’autant plus remarquable. L’exposition s’arrête à l’orée des années 1980 et des réformes économiques. À l’ouverture du pays par Deng Xiaoping, l’artiste abandonne la narration nationaliste et s’engage alors dans la photographie documentaire en révélant une réalité sans fard, et miroir de sa propre sensibilité.
Aller plus loin
En partenariat avec le cinéma Star, la Chambre propose la projection du film Les âmes mortes de Wang Bing (2018) en plusieurs volets: la partie 2 (2h44) à partir du 21 novembre et la partie 3 (2h56) à partir du 28 novembre 2018.
Gwenaëlle Fenon est étudiante en Master 2 Critique-Essais, écritures de l’art contemporain à l’Université de Strasbourg. Elle a déjà publié pour Transversalles et The Art Momentum. Elle s’intéresse aux flux et mobilités culturelles induites par la mondialisation. Elle étudie les formes esthétiques questionnant la notion de métissage et d’identité dans une perspective postcoloniale.
« Mais du coup ils sont de droite ou pas ? » Même si le mouvement refuse toute affiliation politique, la gauche est pour l’instant mal à l’aise avec un mouvement qui s’est formé autour de la taxe sur le diesel. L’occasion de renouveler le répertoire musical des manifestations ?
Dans le Bas-Rhin, la mobilisation du 17 novembre a fédéré des mécontents de tous bords politiques et de toutes conditions. Ils sont jeunes ou retraités, précaires ou aisés, de gauche ou pro-RN. Rencontres.
Anaïs, d’un village près des Vosges, agent de fabrication en intérim, 29 ans
Anaïs, d’un village près des Vosges, agent de fabrication en intérim, 29 ans. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc
C’est le grand jour pour Anaïs. Pour la première fois, cette mère de deux enfants organise un mouvement de contestation. Au cours des deux dernières années, elle a manifesté contre la loi Travail et la réforme de la SNCF.
Samedi, cette habitante d’un village près des Vosges coordonne la mobilisation des gilets jaunes dans tout le Bas-Rhin. Au volant, elle enchaîne les appels téléphoniques : « C’est un bordel mais on essaye quand même d’organiser tout ça. »
Seule source de revenu de la famille, Anaïs galère à boucler les fins de mois. Elle travaille en tant qu’agent de fabrication intérimaire. Le mois dernier, son entreprise a fermé pendant trois semaines. Alors elle s’en sort en « mangeant des pâtes » et en « se privant de sorties avec les enfants. » « J’avais prévu d’acheter les cadeaux des enfants pour Noël, mais je ne peux pas me le permettre », souffle-t-elle.
Interrogée sur ses opinions politiques, Anaïs évite la question. Elle s’explique : « C’est justement parce qu’on ne parle pas de partis que le mouvement est un succès. » L’organisatrice admet tout juste : « Je ne suis clairement pas de droite. » Sur les suites à donner au mouvement, elle réplique par un classique des manifestations de gauche : « On lâche rien. »
Classe moyenne des alentours de Geispolsheim, 60 ans
Au volant de son 4×4 Suzuki, il se décrit comme un privilégié et ne veut pas communiquer son prénom. À 61 ans, il a eu plusieurs métiers, à la fois dans le public et le privé. Mais l’homme au gilet jaune tient à relativiser son aisance financière : « On n’est pas riche à partir de 4 000 euros par mois pour un couple. »
Il tire son mécontentement d’un « président de la France de très haut, qui protège la finance mondialisée. » Il fustige la « dictature du politiquement correct » avant de discourir sur « le problème de l’immigration économique. » Après avoir voté pour Christine Boutin, puis Nicolas Sarkozy, « par défaut », le manifestant ne croit plus en aucun parti politique. Cet adepte de la démocratie participative apprécie l’absence d’organisation syndicale dans le mouvement. Il ne se souvient plus de sa dernière manifestation : « C’était quand j’étais étudiant, dans les années 80 contre la loi Devaquet peut-être. »
Carine et Cyril, Benfeld, ouvrier dans le bâtiment et animatrice dans une crèche, 27 et 31 ans
Carine et Cyril, Benfeld, ouvrier dans le bâtiment et animatrice dans une crèche, 27 et 31 ans.
Chaque jour, Carine et Cyril font plus de 100 kilomètres. Le couple vit à Benfeld. Le matin, Cyril démarre son pick-up pour se rendre sur des chantiers dans toute l’Alsace : « Je suis obligé d’avoir un 4×4, je ne peux pas me rendre à certains endroits avec une voiture normale. » Il gagne près de 1 500 euros par mois en travaillant dans le bâtiment. Carine tire 1 200 euros de son emploi d’animatrice en crèche. Avec l’augmentation du prix de l’électricité, du gaz et du carburant, ils ont dû faire des sacrifices : « On a vendu du mobilier récemment. Mais ce qui me fait le plus mal, c’est d’avoir vendu ma tronçonneuse alors que je suis un passionné du travail du bois. » Pour s’approcher de leurs lieux de travail, ils déménagent bientôt : « On passe d’un quatre pièces à un deux pièces et on s’éloigne de nos familles », râle le conducteur.
Carine manifeste pour la première fois. Petite-fille d’une ancienne femme de ménage, elle se désole de la situation des retraités : « Ma grand mère a une retraite de 400 euros par mois. Heureusement, mon grand père gagnait un peu plus. Ça lui permet de percevoir une pension un peu plus élevée. » La femme de 27 ans explique son opposition à l’actuel président : « C’est le président des très riches, même Hollande le dit. » Cyril ne cache pas ses opinions politiques :
« Je suis Le Pen, et j’ai toujours été Le Pen. Elle, (Marine Le Pen, NDLR) elle a compris ce qu’il faut faire pour que les gens puissent vivre. »
Christian, Lipsheim, retraité, 61 ans
Christian, Lipsheim, retraité, 61 ans.
Ancien cadre dans une filiale de Siemens, Christian n’est pas là pour son pouvoir d’achat. Il préfère parler d’injustice : « Macron supprime l’impôt de solidarité sur la fortune et en même temps il prend de plus en plus aux classes moyennes. » Questionné sur ses principales préoccupations politiques, il se lâche volontiers sur l’immigration : « Les Roumains nous pillent tous. Quand ils volent du cuivre dans les câbles de la SNCF, c’est le contribuable qui paye. » Alors l’Alsacien vote pour le Rassemblement national : « C’est le seul parti qui ose dire ce qui ne va pas. »
L’écologie? Très peu pour Christian : « C’est une préoccupation secondaire quand les gens se demandent comment trouver du boulot ou comment bouffer à la fin du mois. » L’autre ennemi de cet habitant de Lipsheim, c’est le libéralisme. Le retraité en vient à désirer un régime autoritaire :
« Parfois, je me dis que je préférerais un Poutine. Il n’en a rien à foutre des autres. C’est un peu une dictature en Russie, mais si tu marches droit, tu n’as pas de problème. »
Stéphane, Eckbolsheim, informaticien, 36 ans
Stéphane (au premier plan), Eckbolsheim, informaticien, 36 ans.
« C’est toujours le plus bas de l’échelle qui trinque. » Chez Stéphane aussi, un sentiment d’injustice prédomine. L’informaticien a vu sa facture d’essence monter à 100 euros par mois. Cet habitant d’Eckbolsheim regrette de devoir se serrer la ceinture : « Depuis quelques mois, on fait moins de sorties au restaurant ou au cinéma. » Adhérent du syndicat CFDT, il n’en est pas à sa première manifestation : « L’année dernière, j’avais rejoint des amis infirmiers pour protester contre leurs conditions de travail. » Au second tour des élections présidentielles, Stéphane s’est abstenu : « J’étais plutôt dans l’optique de Mélenchon. Ses idées me plaisaient. »
Maïté et Thomas, Lampertsloch, informaticien et salariée d’une maison d’accueil spécialisée pour les handicapés, 24 ans
Maïté et Thomas, Lampertsloch, informaticien et salariée d’une maison d’accueil spécialisée pour les handicapés, 24 ans.
Les enceintes de la voiture diffusent un son mêlant électro et reggae. Thomas et Maïté enchaînent les clopes. « Fumer est devenu un luxe. On pourrait pas se le permettre si on allait pas chercher nos clopes au Luxembourg », assure l’informaticien au volant. La méthode est la même pour les courses et le carburant : « On achète presque tout en Allemagne », ajoute-t-il. Récemment, le coût du carburant est devenu une nouvelle contrainte pour le couple. Ensemble, ils gagnent près de 3 000 euros par mois.
« On a déménagé de Bischheim pour payer moins de loyer et de taxe d’habitation. On s’est éloigné de nos lieux de travail alors avec la hausse des tarifs, la facture pour le gasoil a explosé. Chaque mois, on dépense plus de 300 euros pour se déplacer… »
Au premier tour de l’élection présidentielle, Thomas a donné son vote aux Verts. Maïté s’est exprimé en faveur du parti animaliste. Elle aimerait vivre plus en accord avec ses convictions écologiques :
« J’aimerais consommer plus de produits bio et issus de circuits courts. Mais le problème derrière tout ça, c’est le pouvoir d’achat. Pour l’instant, tout ce qu’on peut faire, c’est trier et avoir un compost. »
Si le mouvement continue, Thomas sera parmi les gilets jaunes dans la journée de dimanche. Maïté assure qu’elle prendra le relais lundi. Leurs attentes ? La remise en place de l’ISF et un meilleur traitement des retraités. Mais pour elle, il y a encore un autre sens à cette mobilisation : « Que le gouvernement voit enfin à quel point les Français galèrent. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Mardi soir, à la Laiterie Club, le jeune belge Tamino viendra défendre son premier album Amir. L’occasion de découvrir, pour les Strasbourgeois, pourquoi tout le monde s’accorde à le présenter comme le digne héritier de Jeff Buckley.
Tamino est né il y a 22 ans, d’une mère belge, d’un père égyptien. Il y a un peu plus d’un an, il affolait tous les radars musicaux et faisait salle comble avec seulement deux titres disponibles sur les plateformes de streaming. Après un EP en mai, Habibi, il signe en octobre son premier album, Amir, salué par absolument toutes les critiques. En une poignée de mois, Tamino est donc devenu le chouchou des amoureux de musique, qui voient unanimement en lui le « nouveau Jeff Buckley ».
Smile – Tamino (Réal : Anton Coene / Cabin Sessions)
Bien que cette expression lui déplaise, il comprend la comparaison. Les points communs ne manquent effectivement pas. Physiquement d’abord, il a le profil des folkeux introvertis, de ceux qui cachent une part d’ombre. Musicalement ensuite, les rapprochements avec Jeff Buckley sont aussi nombreux. Une guitare électrique pure qui suffit souvent à l’accompagnement. Une voix qui navigue aisément des aigus aux graves avec une grâce et une sincérité qui confinent au sublime. Et ses fameuses touches orientales qui parsèment le grain de voix et l’ensemble des mélodies.
La grâce orientale
Cet amour de l’orient, il le tient de son père. Même si un divorce parental et la perte de sa langue d’origine l’empêchent de chanter totalement en arabe (seul le titre « Habibi » traduit finalement l’amour de cette langue), Tamino assume ses influences. Des influences sur lesquelles il s’est par ailleurs appuyé très tôt, via son grand-père, Muharram Fouad, déjà lui-même chanteur à succès en Égypte. Il débute le piano à 10 ans, monte un groupe de punk à son adolescence, et esquisse les prémices de son projet solo à 16 ans. L’amour de la musique est précoce pour celui qui pourtant souhaitait être comédien, mais qui finit aujourd’hui dans la liste des albums de l’année.
Habibi – Tamino (Réal : Ramy Moharam Fouad)
Mardi soir sera donc l’occasion de s’assurer que le bruit qui entoure Tamino est amplement mérité. Sur la scène de la Laiterie club, le contexte sera parfait pour découvrir en toute intimité cette voix unique. Les conditions seront idéales pour se laisser pleinement envoûter et porter par l’obscurité romantique que créera celui qui porte pour prénom celui d’un personnage de la Flûte Enchantée. Le signe est là que la soirée sera magique.
Le syndicat des avocats de France (Saf) se réunit en congrès annuel ce week-end à Toulouse. L’occasion pour ses centaines d’adhérents de faire le point. Et l’une des nouveautés ces 17 et 18 novembre est la création d’une dixième « commission », c’est-à-dire une thématique de travail. Il s’agit d’une commission Environnement, un thème auquel sont confronté de plus en plus souvent ses membres.
Et si cette instance est créée en cet automne 2018, c . . .
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Plus de 70 parlementaires français et européens, de gauche et écologistes principalement mais aussi membres de la majorité, appellent le président de la République, Emmanuel Macron, à ordonner un moratoire sur le projet de Grand contournement ouest (GCO). À la fin d’une 4e semaine de jeûne, l’état de santé des grévistes de la faim est jugé « très préoccupant. »
Le 22 octobre 2018, un groupe de femmes et d’hommes a entamé une grève de la faim pour demander un moratoire sur le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, un projet autoroutier datant de plus de 40 ans. Après 26 jours de jeûne continu, leur état de santé est très préoccupant et aucune réponse de la part des ministres concernés ne leur a été apportée.
Alors que les experts pour le climat (GIEC) ont, une fois de plus, tiré la sonnette d’alarme, alors qu’Emmanuel Macron déclarait le 16 octobre la nécessité de « faire des choix clairs et profonds pour changer nos manières de produire, de nous déplacer… »
Nous, parlementaires à l’Assemblée Nationale, au Sénat et au Parlement Européen appelons, avec 250 élus locaux, le président de la République à répondre aux grévistes de la faim engagés depuis de 26 jours, en décidant d’un moratoire sur le Grand contournement ouest de Strasbourg.
Les travaux de déboisements ont largement commencé au nord de Strasbourg, comme ici à Kolbsheim (Photo Bertrand K. / doc remis)
Archives vivantes – Comment en est-on arrivé à construire un Parlement européen à Strasbourg ? Symboles, projets farfelus et batailles politiques ont permis la construction de ce bâtiment en verre, dont on fête bientôt les 20 ans.
En 2018, difficile d’imaginer les centaines d’eurodéputés, leurs assistants, l’administration, groupes d’intérêt et les journalistes débouler au Palais universitaire de Strasbourg, pour une session parlementaire de trois jours. C’est pourtant là que se tient la session fondatrice du Conseil de l’Europe en 1949.
Certes le Conseil de l’Europe, qui veille aux droits de l’Homme et à la démocratie dans 47 pays désormais n’a pas de lien avec le projet économique de l’Union européenne (UE). Mais cet élément diplomatique et symbolique, donne un nouveau rôle à Strasbourg qui va lui servir par la suite. Les représentants des pays membres se retrouvent dans la Maison de l’Europe, bâtiment provisoire et vite exigu.
La Maison de l’Europe construite en 1950 face à l’Orangerie (auteur inconnu / source Archi wiki)
Les prémisses de l’Union débutent à six pays, avec la communauté européenne du charbon et de l’Acier (CECA) en 1952. Une assemblée consultative est aussi fixée « provisoirement » à Strasbourg par traité. Avec les années, la paix s’installe en Europe et l’aventure européenne se poursuit avec le traité de Rome en 1957. On imagine alors un site de travail plus vaste et adapté.
Plusieurs villes européennes sont en compétition : Strasbourg présente trois sites : Oberhausbergen, avec un projet inspiré de la ville Brasilia, le Wacken et… Scharrachbergheim. Strasbourg l’emporte avec un vaste ensemble de l’Orangerie à la Robertsau, bien plus étendu que le quartier européen actuel.
Le Parlement européen à Oberhausbergen, inspiré de Brasilia
Le plan imaginé pour accueillir le Parlement européen à Oberhausbergen s’inspire de la ville de Brasilia (Source Archi-wiki / Archives de la Ville de Strasbourg)
Le Parlement européen à Scharrachbergheim
En 1957, on imagine que le Parlement européen pourrait se situer à Scharrachbergheim, dans l’ouest de Strasbourg. (Source Archi-wiki / Archives de la Ville de Strasbourg)
Un immense projet à la Robertsau, jamais réalisé
L’immense esplanade imaginée à la Robertsau part de l’Orangerie, en bas de la maquette, jusqu’à l’entrée du quartier actuel. Sur ce projet les espaces utilisés par les institutions actuelles, à gauche de l’image, . (Source Archi-wiki / Archives de la Ville de Strasbourg)
Strasbourg est alors choisi pour son symbole franco-allemand d’une Europe réconciliée et… parce qu’elle accueille déjà une assemblée européenne, le Conseil de l’Europe. Dix ans plus tard, les représentants des six puis neufs pays de l’Union européenne trouvent refuge dans le Palais de l’Europe, inauguré en 1977 pour le Conseil de l’Europe et loué aux eurodéputés. Le bâtiment carré avenue de l’Europe, parfois surnommé le « Cuirassé Potemkine », mélange des architectures européennes explique un reportage aux côté de l’architecte belge Henri Bernard. Le courant classique méditerranéen axé sur la perfection, et le courant gothique axé sur « la dynamique de la vie » (2e vidéo). Le reportage évoque les incertitudes sur l’avenir du siège du Parlement européen et indique que Strasbourg est quelque peu « boudée ».
Sur ce côté de la rive de l’Ill, des terrains de tennis et une patinoire en hiver occupaient l’avancée arrondie de terre. Une piscine extérieure cohabite un an avec ce bâtiment. Sa démolition en 1978 coïncide avec la construction de l’actuelle piscine du Wacken en 1979, à quelques centaines de mètres de là. L’espace libéré permet de bâtir d’autres édifices pour bureaux (les IPE 1, 2 et 3).
Archives vivantes
Une rubrique proposée en partenariat avec l’INA Grand Est
Les débats sur l’installation à Strasbourg sont relancés au début à l’occasion de nouveaux traités européens dans les années 1990. Il s’agit de fixer un « siège » au Parlement européen et donc un lieu de travail permanent. Et comme l’Europe s’élargit, il faut donc un nouveau bâtiment de travail définitif, qui n’est plus partagé.
Avant la construction du nouvel hémicycle, le bâtiment Louise Weiss ou IPE IV, le site du Wacken abrite un square au bord de l’eau, le square Henri Spaak, entre le parc des expositions et la Cité Ungemach.
Le Wacken en 1965, avant que le Parlement européen ne soit construit (Archives France 3 Alsace via archi-wiki)
Les « nuits d’insomnies » de Catherine Trautmann
Maire de Strasbourg de 1989 à 1997, députée européenne pendant 18 ans, et toujours élue à la Ville et à l’Eurométropole de Strasbourg, Catherine Trautamnn (PS) retient « beaucoup de nuits d’insomnies » où se mélangent des considérations d’urbanisme et des coups politiques :
« Au début, on avait imaginé une tour, dont la hauteur serait identique à la plateforme de la Cathédrale, pour l’administration. Mais quand les députés l’ont vue, ils ont voulu être au cœur des débats, à deux pas de l’hémicycle et non en face. Il a fallu revoir les bureaux en cours de chantier. Cela a été un chantier hors normes, sur des pilotis en béton car c’est une zone inondable, avec des faillites d’entreprises en cours de route. Il a aussi fallu changer l’hémicycle, trop incliné. Par rapport à ce qui se fait ailleurs, il faut beaucoup plus de cabines de traduction (même l’Onu n’a que 5 langues, ndlr). Avec le temps, l’hémicycle a fait ses preuves et le choix de ce lieu pour l’hommage européen à Helmut Kohl n’est pas anodin. »
Mais le plus compliqué n’est pas tant le chantier, ce sont les tractations politiques. Catherine Trautmann a beau figurer en bonne place sur la liste socialiste aux élections européennes de 1989 à la demande de François Mitterrand, alors président de la République, elle trouve que le soutien français à Strasbourg n’est pas assez fort.
Le 7 mars 1990, elle organise une conférence de presse à Paris sans même avoir prévenu François Mitterrand. « Un coup de poker, avec des maquettes en bois. » Le gouvernement joue le jeu. Rebelote lorsque la lettre sur la garantie d’emprunt est mystérieusement égarée à l’occasion d’un changement de gouvernement en 1993.
« J’ai demandé à mes deux prédécesseurs ce qu’ils auraient fait. Marcel Rudloff me conseille de ne pas y aller, Pierre Pfimlin dit au contraire « il faut l’encourager ! » J’annonce la construction et ça passe, le Département et la Région suivent. »
Il s’agit alors de financer un bâtiment à 3 milliards de francs. Le Parlement s’engage à louer puis acheter les locaux dix ans plus tard.
Le MI-6 britannique a-t-il visité le bureau de Catherine Trautmann ?
En plein milieu des tractations, françaises comme européennes, Catherine Trautamnn retrouve son bureau cambriolé :
« J’ai raconté la scène au gouverneur militaire à Strasbourg. Lorsque je lui décris les détails, il me demande. “Mais qu’avez-vous-fait aux services secrets britanniques ?” Heureusement, il n’y avait rien dans mon bureau car je n’y laissais rien. Un dossier déposé au Parlement avait déjà mystérieusement disparu. Les britanniques ont peu supporté cette réconciliation franco-allemande… »
L’élue retient « beaucoup de bâtons dans les roues » et aussi un sprint sur le tarmac de l’aéroport de Francfort derrière le président du Parlement, Egon Klepsch, pour lui promettre une traduction d’un avenant de contrat dans la soirée. Mais aussi quelques alliés fiables dans les administrations européennes et françaises. La maire est convaincue que le chantier a permis à Strasbourg d’acquérir une ligne TGV avant d’autres agglomérations.
Dans le même temps s’engage une course de vitesse avec ce qui est à l’origine « un centre de congrès privé », vite proposé aux députés. Auprès de la Commission, Bruxelles devient aussi un lieu de travail avec des « sessions additionnelles », qui prennent de plus en plus d’ampleur. Les querelles sur le siège ne cessent jamais, même si le statu-quo demeure. « Il faudrait le même soutien aérien que ce qu’on a eu sur le ferroviaire », estime désormais Catherine Trautmann, qui préside une task-force pour défendre Strasbourg. C’est non sans une certaine satisfaction qu’elle constate moins de vingt ans plus tard, le bâtiment bruxellois « en béton et en métal pour aller plus vite » présenter des signes de faiblesse.
Chantier hors norme
René-Henri Arnaud, l’un des sept architectes d’Architecture Studio à avoir travaillé sur le chantier se rappelle de la spécificité « d’avancer alors que dans le même temps il y avait de l’incertitude sur le bâtiment ». Pour le dessin, le cabinet tente la nouveauté :
« En Europe, on a le modèle grec pour les Parlements mais qui a connu une reprise fasciste. Ce bâtiment devait incarner la modernité, sans avoir de références architecturales passées. Le verre incarne bien sûr la transparence. Réaliser un chantier d’une telle ampleur a été un tremplin pour travailler partout dans le monde désormais, notamment en Chine. »
La tour est volontairement incomplète pour laisser l’idée d’une Europe en construction… L’hémicycle fait l’objet d’un travail particulier :
« Dans l’hémicycle, on a câblé tous les sièges avec des écrans sur les pupitres (« les eurodéputés vont regarder du foot craignaient les réfractaires », se rappelle Catherine Trautmann). L’hémicycle justement est conçu comme un studio de télévision, sans lumière directe. Il s’agissait aussi concevoir dès l’origine un immense bâtiment adapté aux enjeux médiatiques et du numérique. »
Dans les sous-sols du quartier du Wacken, de massifs câbles de fibre internet sont tirés. Un atout aujourd’hui pour attirer des entreprises dans le futur quartier d’affaires Archipel. Le Crédit mutuel a notamment choisi d’ y implanter sa filiale informatique Euroinformation.
Un bâtiment qui se referme
Alors qu’aujourd’hui, le Parlement européen fait fermer les berges qui le longent et se retranche derrière ses murs, ce n’était pas l’idée initiale. Mais les architectes étaient conscients que le bâtiment pourrait changer avec les époques :
« On imaginait la place ronde au milieu de la tour comme une place publique, ouverte. C’était un temps complètement différent. Aujourd’hui, on ne pourrait plus imaginer un tel bâtiment avec les standards de sécurité actuels. »
Pourtant David Rolin, l’architecte d’Art and Build choisi pour dessiner Osmose, de nouveaux bureaux réservés dans un premier temps aux institutions européennes, imagine aussi une ouverture vers les citoyens. Une zone piétonne et cyclable remplacerait l’actuelle rue Lucien Fèbvre, qui descend vers la Cité Ungemach. Pas sûr que cette porosité résiste aux nouvelles habitudes…
Le courroux britannique
Avant le lancement, les équipements sont testés par des lycéens strasbourgeois (vidéo 4). À l’inauguration en 1999 par le président Jacques Chirac, on retrouve, déjà (!), des Britanniques mécontents du fonctionnement de l’Union européenne (vidéo 5). Moins de 20 ans plus tard, ses citoyens votaient pour une sortie de l’Union européenne, passée entre temps à 28 membres.
Le campement qui s’était constitué sur le trottoir de la rue des Canonniers au Neuhof a été évacué mercredi 14 novembre par les services de la Ville de Strasbourg. Dans un communiqué, la Ville a indique avoir dénombré 64 personnes originaires de Macédoine, de Serbie, du Kosovo et de Bosnie qui occupaient des tentes et des abris de fortune sur ce trottoir. Il s’agissait essentiellement de demandeurs d’asile dont les demandes sont en cours de traitement mais qui n’avaient pu trouver de places dans le dispositif d’accueil.
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Toujours selon la Ville de Strasbourg, « des solutions adaptées au statut de chaque personne » ont été mises en place : « La préfecture du Bas-Rhin et la direction territoriale de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) ont procédé à une évaluation de leur situation afin de les orienter vers des solutions d’hébergement dans l’attente de l’instruction de leurs démarches administratives. »
Autrement dit, des places ont finalement été trouvées pour ces personnes, au moins jusqu’à ce que leur demande d’asile soit refusée étudiée.
Pour éviter une quatrième installation rue des Canonniers, la Ville de Strasbourg a choisi d’installer des blocs de béton rue des Canonniers, transformant le trottoir en un terrain hostile pour les piétons et les poussettes, mais présentant de beaux défis aux amateurs de skate et de rollers (voir ci-dessous). La décision a été prise par le cabinet du maire Roland Ries.
D’imposants blocs de béton ont été posés sur le trottoir, pour prévenir toute réinstallation (Photo Gérard Baumgart / doc remis)
La pose de cette nouvelle mode de mobilier urbain a fait réagir les associations d’aide aux personnes sans-abri et migrants, dont Gérard Baumgart, du Collectif Canonniers :
« La pose de plots est un virage dangereux pris par Strasbourg dans sa politique envers les migrants, s’agit-il de rassurer le voisinage ? Cette pensée manque de vision, les migrants trouveront ici ou là d’autres endroits proches où s’installer, on ne peut solutionner la question de l’hébergement des demandeurs d’asile par la pose de grillages et de blocs de béton. Où est l’humanité de la Ville de Strasbourg, capitale des droits de l’Homme et bientôt capitale de Noël ? Où sont censées s’installer ces familles si on leur interdit tout endroit ? »
Un nouveau camp en préparation…
Conseiller municipal et vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg en charge de l’habitat, Syamak Agha Babaei a plus violemment réagi encore :
« Je n’ai pas de mot assez fort pour dire mon indignation face à la décision d’installer ces blocs de béton. Elle est en rupture avec le travail effectué pour faire de Strasbourg une ville accueillante. Cet urbanisme hostile et sécuritaire n’a pas sa place dans une ville qui souhaite incarner l’Europe de la démocratie et des droits de l’Homme. Alors que Strasbourg célèbre son forum mondial de la démocratie, cette décision est inacceptable. J’appelle à revenir sur cette décision et s’engager collectivement pour une ville accueillante et hospitalière. »
En octobre, les services de la préfecture cette fois, avait fait procéder à l’évacuation d’un camp similaire, quai de Malte à Strasbourg (derrière l’Hôtel du département). Une trentaine de ménages (17 familles, 12 personnes seules et 2 couples), originaires de pays du Caucase, s’y étaient installés, essentiellement des demandeurs d’asile. Mais mercredi, déjà deux nouvelles tentes ont été réinstallées.
Le dispositif d’accueil des personnes sollicitant l’asile est constamment saturé. Compétence de l’État, la Ville de Strasbourg a néanmoins choisi début 2018 de financer 100 places supplémentaires pour 500 000€. Mais sans grand effet sur la saturation…
Lors de l’audience concernant deux arrêtés fondant les travaux préparatoires du Grand contournement ouest (GCO), le rapporteur public, dont les avis sont souvent suivis par le tribunal, a suggéré l’annulation des deux textes.
Le rapporteur public suggère l’annulation des deux arrêtés de janvier 2017, qui autorisent les travaux préparatoires du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Il a été amené à s’exprimer lors de l’audience « au fond » sur ces opérations ce mercredi 14 novembre, plus d’un an et demi après l’audience en référé, c’est-à-dire en urgence. Ces opérations concernent principalement des sondages archéologiques et des sols. Elles incluent les déboisements à Kolbsheim et Vendenheim effectués en septembre 2018 après l’évacuation de la mini-Zad. Alsace Nature avait pourtant plusieurs fois alerté le tribunal administratif sur l’importance d’avoir un tel examen avant le 1er septembre, période où les déboisements sont autorisés dans les zones à espèces protégées.
Autorité indépendante, le rapporteur public est souvent suivi par les juges administratif. Mais cela n’est pas toujours le cas, notamment dans les dossiers sensibles et environnementaux. Emeline Theulier de Saint-Germain estime que les impacts sur la nature de ces travaux, pour la plupart réalisés, n’ont pas été compensé comme il se doit. Il s’agit de zones avec des espèces protégées, en particulier le crapaud vert et le grand hamster, en voie d’extinction. Le rapporteur estime que le principe « d’action préventive » posé par le code de l’Environnement n’est pas rempli. Des mesures auraient dû être prises avant les travaux. Ce « fractionnement » des impacts est questionné, tout comme des mesures imaginées loin des travaux, et non « au plus près ».
La forêt de Kolbsheim a été déboisée en septembre (photo Abdesslam Mirdass)
La zone pour hamsters déménagée
Pour le concessionnaire Arcos, filiale du groupe Vinci, l’avocat Me Rajess Ramdenie a, comme en référé, insisté sur le fait que les impacts étaient « résiduels », « provisoires », et que les champs étaient remis en état à l’issue de ces travaux conduit. Mais changement notable dans les projets de compensations des travaux définitifs. Pour les hamster, il n’y aura pas de zone sur l’ancienne bas militaire de l’aéroport d’Entzheim, mais à Elsenheim, entre Sélestat et Colmar. C’est beaucoup plus loin, une cinquantaine de kilomètres, mais c’est aussi une zone de protection stricte du grand hamster, au sud du département. Là-bas, les rongeurs seraient moins perturbés par le bruit qu’à Entzheim, à 2 kilomètres de la zone détruite et de la future autoroute, a fait valoir le constructeur.
Les représentants du préfet du Bas-Rhin n’ont pas souhaité s’exprimer lors de l’audience, pas plus qu’auprès de nous pour des précisions sur les travaux restants.
Alsace Nature et son avocat Me François Zind ont abondé dans le sens du rapporteur. L’avocat a ajouté que le juge pourrait par ailleurs étudier la prise en compte d’alternatives comme le prévoit la loi biodiversité entrée en vigueur à l’été 2016. Sur ce point, l’association écologiste n’a pas été suivie par le rapporteur compte tenu du fait qu’il ne s’agit pas des travaux de construction de l’infrastructure.
Des implications surtout politiques
En cas d’annulation par les juges, les implications seraient avant tout politique. Les ministres du gouvernement ont répondu que seules des décisions de justice seraient de nature à suspendre le projet. Même si juridiquement, les travaux définitifs sont encadrés par d’autres textes, toujours valides, la position serait alors plus difficilement tenable.
À cela s’ajoute d’un point de vue techniques les sondages restant qui doivent s’effectuer notamment à Kolbsheim, avant de procéder au gros œuvre. La décision ne sera connue que dans deux semaines, le 28 novembre, ce qui laisse un délai. Le matin-même des arbres d’alignement ont été coupés entre Pfulgriesheim et Pfettisheim, malgré l’opposition de militants sur le terrain.
La réunion publique sur la rénovation du quartier Laiterie de vendredi n’a pas débattu comme prévu des derniers aménagements, mais a inversé une des orientations majeures : les sens interdits.
« Ça fait 20 ans que j’habite dans le quartier, il n’y a pas besoin d’un sens unique rue de la Broque ! », s’exclame un habitant. Une partie de l’assemblée approuve. La réunion publique du vendredi 9 novembre devait traiter des aménagements « fins » du projet de rénovation du quartier Laiterie. Mais c’est finalement des futurs sens de circulation des rues dont il a été question pendant près de deux heures. Lors de ce grand exercice de démocratie locale, les débats ont été animés et ont conclu à l’inversion des trois sens interdits (voir la carte ci-dessus) décidés en avril.
Sentant que les arbitrages du printemps étaient loin de faire l’unanimité, l’adjoint de quartier Paul Meyer (La Coopérative) a d’ailleurs vite laissé une porte ouverte en début de séance :
« Je veux bien qu’on rouvre le débat sur le stationnement ou la circulation, je ne veux pas donner l’impression de pousser quelque chose. Je n’ai pas d’actions dans les sens uniques. »
« Comment est-ce que je rentre chez moi ? »
Et un contingent de la centaine de participants ne s’en est pas privé. Il faut dire que quand une habitante du nord de la rue de la Broque a demandé « comment est-ce que je rentre chez moi ? », aucune réponse claire n’a été apportée. Seul possibilité : contourner tout le quartier pour y revenir par le nord et Kœnigshoffen…
Alors que le but était de décourager les automobilistes qui utilisent la rue du Ban-de-la-Roche pour contourner d’autres axes plus fréquentés, les sens interdits imaginés en avril n’ont pas convaincu les habitués, comme l’explique un des riverains :
« Le sens unique va rabattre dans la rue de la Broque toutes les voitures qui ne veulent pas contourner la place de la Porte-Blanche . Même si on ajoute un feu au bout de la rue comme prévu, un feu, ce sera toujours plus court que trois… ».
La rue du Ban-de-la-Roche n’est pourtant pas si fréquentée : 40 voitures par heure en sens montant et 120 en sens descendant, soit une toutes les 30 secondes, aux heures de pointe selon les comptes de 2017 la Ville de Strasbourg.
Le maintien ou non de cette barre d’immeubles a peu été discuté, contrairement aux sens de circulation. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Automobile et vélos
Alors que les interventions se succédaient autour de la place de l’automobile dans la rue de la Broque, un autre participant a insisté a contrario sur le fait qu’ »il ne faut pas lâcher » sur la piste cyclable à double sens prévue à cet endroit dans la continuité de celle du parc Imbs et son passage pour vélos sous l’autoroute A35. Ce rappel a été applaudi.
D’autres propositions plus ambitieuses ont pourtant émergé : des « sens interdit sauf riverains » ou encore des feux qui passent au rouge lorsque l’on roule trop vite. Mais à écouter l’adjoint de quartier ou les services administratifs, ces technologies sont bien trop compliquées pour une ville comme Strasbourg ou trop difficiles à contrôler…
Micro à la main, Paul Meyer semble un peu déstabilisé : « Au printemps, les participants avaient insisté sur le besoin de lieux de vie ». Mais celui qui est aussi adjoint au commerce a pris l’habitude des réunions publiques un peu houleuses et sait gérer ces situations. En proposant d’inverser les trois sens uniques prévus, la grogne s’est calmée. La suppression de places de stationnement, le passage en payant du parking restant ou la « cour urbaine » qui couperait la rue du Hohwald en deux, ont par ricochet très peu été discutés.
Les concertations en question
Les échanges ont d’ailleurs posé la question de ces fameuses « concertations » en général. Les réunions publiques en sont les pierres angulaires, mais il n’y a pas de vote à leur issue. On considère que quelques dizaines de personnes qui restent jusqu’au bout ne sont pas représentatifs d’un quartier. Mais en fin de séance, il faut dégager un consensus qui mécontente le moins de personnes dans la salle. Les décisions actées font foi pour la suite… sauf retournement à la réunion suivante.
Quant aux aménagement « fins, » il a été convenu facilement qu’ils feront l’objet d’autres réunions d’ici la fin du mois de novembre. Si cette soirée peut donner l’impression d’un surplace, Gabriel Goubet, habitant du quartier voit du positif à la situation :
« J’avais écrit il y a 5 ans un article sur Rue89 Strasbourg qui disait « Quartier Gare, quartier maudit » (en fait, boulevard de Lyon, la zone maudite, ndlr) ce n’est plus le cas. Beaucoup de gens sont là que je n’avais jamais vu et participent. Nous avons l’occasion de demander des choses concrètes et il faut en profiter. »
Les petites annonces
La fin de réunion a permis de présenter le maître d’œuvre pour la rénovation. Il s’agit de l’agence Parenthèse, qui a réalisé la zone de rencontre rue des Juifs
Il a aussi été question du futur du hall de la Semencerie. Selon Paul Meyer, la promesse de vente a été rompue. Il s’agissait d’un projet immobilier de 120 logements, porté par Stradim selon nos informations. Des négociations pour une auberge de jeunesse seraient en cours. Le bâtiment contiendrait un jardin, un toit végétal, une salle de sport, une salle d’exposition, un bar à vin, voire une microbrasserie.
Autre piste de travail évoquée pour la suite : ouvrir un passage piétons et cyclistes entre la rue du Hohwald et de la Broque le long de l’ancienne usine de la Laiterie, qui accueille aujourd’hui la Fabrique de théâtre..