Certes, les illuminations et les animations sont maintenues. Mais un Marché de Noël sans chalets est-il encore un marché ? Les citadins qui tiennent à leur tranquillité auront au moins un motif de se réjouir…




Le numérique a-t-il aidé la société à surmonter cette épreuve de la Covid-19 ? Pour Yaël Benayoun, co-auteure de « Technologies partout, démocratie nulle part » (Ed. FYP), la séquence a plutôt mis en évidence la faillite de ces technologies qui promettaient de tout régler. Elle sera mercredi 28 octobre à partir de 18h30 au Shadok avec son co-auteur, Irénée Régnauld et Samuel Nowakowski, enseignant chercheur en informatique à Nancy et co-auteur de « Demain est-il ailleurs ? » (Ed. FYP) pour évoquer la question du contrôle sur les technologies qui nous entourent.
Rue89 Strasbourg : Taboue il y a quelques années, la techno-critique est aujourd’hui beaucoup mieux acceptée. Est-ce un signe que les mentalités évoluent ?
Yaël Benayoun : Il y a eu un discours public selon lequel les technologies étaient neutres, que seuls certains usages étaient condamnables… Aujourd’hui, ce discours n’est plus vraiment audible et dire que le numérique est politique est bien mieux accepté. Mais ce n’est que le début d’une critique des technologies, une fois qu’on a accepté ça, il faut mobiliser sur des enjeux essentiels, comme la représentativité, la sécurité, l’accès, la transparence, la vie privée, etc.
Samuel Nowakowski : Tous ceux qui ont commencé à critiquer les technologies et leurs effets ont été accusés de vouloir « vivre dans le passé. » C’est une sorte de point Godwin de la techno-critique. Puis on voit pour Amazon par exemple, que le groupe exploite des manutentionnaires sous-payés, produit des déchets et une pollution énormes et communique par ailleurs sur 600 milliards de profits… Il est devenu clair pour tout le monde que le numérique tel qu’il est utilisé aujourd’hui nous mène droit dans le mur.

Les enjeux liés aux usages numériques progressent peut-être dans l’opinion, mais ces technologies sont toujours très largement plébiscitées…
SN : J’enseigne en permanence aux étudiants que le plus important est de questionner les technologies. L’usage c’est une question qui se règle ensuite. Par exemple, mes étudiants utilisent parfois les plateformes de livraison de repas mais ils savent à quoi ils font appel, à une forme d’exploitation des livreurs assistée par des algorithmes…
YB : Si on prend le débat actuel sur la 5G par exemple, on sait très bien qu’on finira tous par l’utiliser, consciemment ou pas. Mais qu’il y ait aujourd’hui un débat public sur l’énergie que cette technologie va demander me paraît être un bon signe… Pour respecter les objectifs de la conférence sur le climat, la France doit réduire sa consommation d’énergie de 5% or en raison du numérique notamment, on augmente chaque année de 9%… Ce qu’il faudrait, c’est s’approprier et participer aux débats qui ont déjà commencé sur la 6G ! Car quand une technologie est mature, il ne reste plus grand chose à discuter…
Comment faire dès lors pour que la société s’empare des enjeux du numérique ?
YB : Il n’y a pas 36 manières, il faut créer un rapport de force avec les entreprises du numérique. Quand on remet du politique et de la décision concertée aux origines des applications ou des appareils, ça change en cascade énormément de choses au final… Le Réglement général sur la protection des données (RGPD) a mis six ans pour exister mais aujourd’hui, tout le monde est concerné par la production et la destination de ses données personnelles et les autres pays copient le texte européen…
SN : Il y a un travail à faire sur la considération de la relation à l’autre, remettre un sens politique dans nos interactions. Ces technologies prospèrent dans une société bien trop fragmentée, anonyme. Nous devons montrer que chaque individu, à son niveau, peut agir.
L’individu peut agir face à des entreprises mondiales ?
SN : Oui car c’est quand même l’individu l’usager final ou la cible ultime. La technologie doit servir l’humain, donc il faut partir de là. Ça semble utopique mais l’utopie, ce n’est pas l’irréalisable, c’est irréalisé comme dirait Théodore Monod.
YB : Ce n’est pas un hasard si ce sont dans les villes qu’on trouve les contestations les plus abouties aux services numériques, à Barcelone contre AirBnb par exemple. Les Barcelonais sont directement concernés par l’embourgeoisement de leur centre-ville et sa réduction à une fonction récréative… Ils ont exigé des limites et aujourd’hui, les plateformes de location de meublés sont parvenues à un compromis, il y a eu une discussion politique sur leur place dans la cité. Et des exemples similaires concernent les livreurs, les trottinettes et même Amazon, qui doit bien construire des entrepôts pour livrer tous ses produits. Au final, l’échelle locale est la pertinente pour débattre des enjeux du numérique.

En théorie, tous les véhicules sans vignette Crit’air ne devraient plus circuler dans l’Eurométropole le 1er janvier 2021. Puis, les vignettes 5 (véhicules les plus anciens) seraient exclues en 2022. C’est du moins ce calendrier qu’avaient voté à une large majorité (69 pour ; 4 contre ; 12 abstentions) les élus des 33 communes en septembre 2019, un an après un premier débat sur le sujet. Un vote qui n’engageait à rien puisque c’est aux maires de signer de tels arrêtés pour leur commune. Et entre-temps, il y a eu des élections qui ont changé quelques têtes, et surtout la couleur politique de la majorité de l’Eurométropole.
À Strasbourg, le maire Roland Ries (ex-PS) avait promis de signer symboliquement un arrêté pour 2021 avant son départ et que ce serait à son successeur de justifier un éventuel « retour en arrière ». Sa majorité LREM-PS-EELV avait même voté un calendrier jusqu’en 2025 (voir encadré en fin d’article). Mais finalement, Roland Ries a appuyé sur le frein avant de quitter son bureau. Il s’est heurté à une « obligation de concertation des communes limitrophes ». Et le sujet n’a pas fait consensus avec les voisins de Strasbourg, alors que seul le calendrier voté à l’Eurométropole était pourtant proposé selon les DNA.
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Jean-Luc Herzog aurait-il pris goût à gouverner Niederhausbergen sans opposition ? Six ans après sa réélection sans liste concurrente en 2014, il a du mal à digérer qu’une liste ait pu rassembler 333 voix en 2020 tandis que 484 se sont portées sur son nom.
À l’issue du scrutin du 15 mars, il a contesté la validité des bulletins de la liste « Mieux Vivre Nieder » menée par Sylvette Garrigou, tous déclarés comme « nuls » parce qu’ils affichaient les 19 noms des candidats et pas les 2 noms de leurs suppléants.

Saisi par Sylvette Garrigou, le tribunal administratif a considéré que cette erreur « aussi regrettable soit-elle, ne constitue pas une manœuvre et n’a pas fait obstacle à l’identification de liste par l’électeur. » Les juges ont rétabli les 333 voix et prononcé l’élection de 4 conseillers (sur 19) issus de la liste « Mieux vivre Nieder » le 17 septembre.
Mais c’est encore trop pour Jean-Luc Herzog qui, pour rappel, a exclu une de ses adjointes de sa majorité en 2016 dès qu’elle s’est mise à poser trop de questions… Les habitants de Niederhausbergen se souviennent aussi de la considération dont le maire fait preuve lorsqu’ils souhaitent assister, dans le public, au conseil municipal.
Le recours étant suspensif, les quatre conseillers municipaux de « Mieux vivre Nieder » ne peuvent pas participer au conseil municipal en attendant la décision du Conseil d’État. Quelle qu’elle soit, c’est déjà ça de gagné pour le maire.

J’arrive devant le Molodoï peu avant 20 heures. Les spots sont allumés et crachent une lumière blanche aveuglante. Les portes sont grandes ouvertes, mais le vigile me fait signe de la main de rester en retrait. Très bien j’attends, ça fait des mois que j’attends. Mon dernier concert, c’était Livingstone, le 28 février au bar Le Local. À côté de moi dans la file, deux mecs se grillent une clope en buvant une pinte dans un écocup.
Ça y est, l’un des bénévoles de l’association Pelpass nous invite à entrer dans la salle. Les stickers antifa sont toujours sur les murs, les flyers de soirées et les graffitis sont toujours là. Seuls des distributeurs de gel hydroalcoolique ont fait leur apparition. Ma compagne et moi nous dirigeons vers l’une des tables de deux installées devant la scène, parce que c’est ainsi désormais : tout le monde est sagement assis derrière sa petite table et les groupes sont priés de rester entre eux.
La fosse paraît vide, ça fait peine à voir… Je me prends alors à rêver de pogos sur un concert de punk ou de chorégraphies improbables bras dessus bras dessous devant une fanfare balkanique.
Ce soir, on me demande de rester assis et masqué. Et si je veux commander une bière, je n’ai même pas à me déplacer au bar. Non, je dois simplement agiter un petit drapeau et un bénévole de Pelpass vient prendre ma commande… Prendre ma commande. Au Molodoï.
« On dirait un peu un cabaret ou une boîte de jazz », s’amuse Julie, ma voisine. Elle et ses potes sont venus à quatre pour voir jouer Lombre, ce mardi 20 octobre. « Ça va être une expérience de voir un concert de rap assis, glisse Romain. Pour un humoriste, c’est pas mal mais pour un rappeur, j’attends de voir. » Je me surprends à pouvoir parler à des inconnus, même masqué, même à distance. Voilà qui fait plaisir. Très vite, nous sommes rejoints par Céline, pour qui venir ce soir est une démarche militante :
« J’étais avec des copains qui ne voulaient pas venir voir un concert du fait de la situation sanitaire. Pour moi, être là ce soir, c’est vraiment défendre les intermittents mais aussi une asso, Pelpass, qui fait vachement bouger Strasbourg. »
Le temps file et la première partie va bientôt commencer. Avant de retourner m’asseoir, je jette un oeil autour de moi. Voilà une salle qui se tient sage ! Assis à table, personne ne bronche.
Terminés les tapes sur l’épaule d’une connaissance au bar, impossible de croiser le regard complice d’un voisin d’urinoir qui a enchaîné (trop vite) les Meteor… « Imagine qu’il y en a qui sont en couvre-feu, me fait remarquer Marie, ma compagne. On ne se rend pas compte de la chance qu’on a. »

La lumière se tamise et Wesh Taum fait son entrée. Ses copains du premier rang donnent de la voix. « C’est vraiment chaud de faire des concerts en ce moment », rappelle le jeune artiste. Après quelques chansons d’électro pop, il est rejoint sur scène par sa complice Céaile. « On va faire une chanson qui va montrer notre seum au monde, parce qu’on a commencé à faire de la musique pendant le confinement », confie-t-il. Un titre sobrement intitulé Le Seum, que je trouve de circonstance face à la situation sanitaire actuelle.
Sans le savoir, j’assiste peut-être à mon dernier concert avant des semaines. À l’heure où j’écris ces lignes, le couvre-feu est depuis étendu au Bas-Rhin. Seum ! Les bars doivent rester fermés, y compris en journée. Re-Seum ! Et on nous annonce un marché de Noël sans chalets. Re-re-Seum !
Mais revenons au concert de Lombre, qui est sur le point de commencer. Je n’ai pas de regret de rester assis. Cette première partie, je l’ai vécue comme beaucoup d’autres : un peu en retrait, l’oreille attentive bien sûr, mais pas encore prêt à me lâcher. Un peu comme en festival, quand tu décides de rester assis dans l’herbe en attendant qu’un groupe que tu kiffes plus monte sur scène.
La suite de la soirée me fait rapidement changer d’avis. Les premiers accords de guitare traversent le Molodoï. Lombre débite ses textes, d’une précision chirurgicale. L’Aveyronnais danse, s’agite. Sa présence scénique est folle. J’ai envie de me lever, de balancer les bras, de danser, mais je me contente de taper du pied et de dodeliner la tête. Devant moi, j’aperçois une nana du premier rang, dont une jambe posée sur la table bouge au rythme des beats.
On ne va pas se mentir, il manque une touche de folie et de lâcher-prise, mais j’arrive quand même à passer une bonne soirée. Je pense que la chaleur des salles de concerts m’avait trop manquée. Pendant le confinement, j’ai essayé de regarder des lives. Le streaming c’est bien, mais c’est comme les apéros Skype, on s’en lasse vite. Je prends conscience de l’importance de profiter du moment présent et me mets à éprouver une nostalgie particulière, en repensant aux soirées (Karpatt, Thylacine, Fanfar’o’doï, la Rue Kétanou, Altın Gün) que j’ai enchaînées de mi-janvier à mi-février. On croit toujours que tout est acquis.

Le show arrive à sa fin. Andréas Touzé, alias Lombre entame le refrain de sa dernière chanson : « L’espoir est noir, mais l’espoir n’est pas mort ». Les lumières se rallument, je retrouve mes voisins de table. Leur ressenti est comme le mien : mitigé. « Il n’y a rien d’agréable à aller voir un concert assis, mais ça fait du bien », témoigne Céline. Romain, lui, n’a pas apprécié que l’artiste rappelle la situation sanitaire : « On nous emmerde déjà tous les jours dans les infos avec ça ». Julie tempère les propos de son ami :
« Tu te mets à apprécier des choses que tu n’apprécierais pas forcément comme la scénographie, mais franchement je suis frustrée, j’aurais aimé me lever et danser avec lui. Peut-être que c’était de la pudeur, peut-être que j’aurais dû le faire »
Ce premier concert assis n’a pas été l’un de mes meilleurs gigs, mais comme toutes les premières fois, ce moment restera un souvenir marquant. Alors, j’ai envie de me concentrer sur cette dernière phrase de la chanson de Lombre, entonnée en choeur par le public du Molo : « La lumière brille encore ».

La Cour d’appel de Colmar a confirmé jeudi 22 octobre la culpabilité des 13 manifestants anti-GCO qui avaient construit une cabane sur le tracé de l’autoroute de contournement en avril 2019. Comme en première instance, la juridiction a requalifié les faits de « vols en réunion avec dégradations » en « recel de vol ». L’enquête n’a pas pu déterminer qui avait subtilisé des panneaux de signalisation de chantier.
Seule différence avec le jugement en première instance en novembre 2019, les prévenus ont été condamnés à des jours-amende au lieu de deux mois d’emprisonnement avec sursis. Dans le détail, neuf personnes ont été condamnées à 60 jours-amende, soit 300 euros, avec sursis et trois à 60 jours-amende fermes.

Parmi les 13 prévenus, deux faisaient également face à des charges de « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique » en raison d’une altercation avec des gendarmes lors de l’évacuation de la cabane. Leurs peines ont aussi été confirmées. Quatre mois de prison avec sursis en sus des jours-amende avec sursis pour l’un et quatre mois de prison ferme pour le second.

Le conseil municipal d’octobre a été annulé à Strasbourg, mais celui de l’Eurométropole survit. La quasi-annulation du Marché de Noël à Strasbourg s’invitera dans les débats puisqu’une question d’actualité a été déposé par Jean-Philippe Vetter (LR).
Les oppositions LR et LREM fustigent « une décision unilatérale » et « l’absence [des] indispensables mesures d’accompagnement [qui] démontre le degré d’impréparation de la maire ». Le groupe socialiste est quant à lui plus mesuré et demande « un plan d’accompagnement économique » qui impliquerait jusqu’au ministre de l’Économie Bruno Le Maire, car « tout un pan de l’économie locale sera durement frappé ».
La séance prévoit 40 délibérations sur des sujets amorcés avant les élections municipales. Le deuxième point concerne la généralisation du « transport à la demande » à partir de février 2021, dans les communes de première et deuxième couronne. C’est un dossier cher au précédent président, Robert Herrmann (PS). Mais après une expérimentation dans 13 communes de l’ouest fin 2019, il a mis un point d’honneur à laisser la future majorité décider ou non de sa généralisation.
Concrètement, il s’agit d’une zone dans laquelle il est possible de rallier – dans un minibus électrique pour six personnes – différentes dessertes. La réservation est possible entre 15 jours et 30 minutes à l’avance. On accède à ce service, opéré par un sous-traitant de la CTS, via son abonnement ou un billet normal. En février, 1000 voyageurs ont utilisé le service avant le confinement. La nouvelle majorité va l’étendre à un maximum de communes.

Le nouveau vice-président aux mobilités Alain Jund (EELV) voit aussi les vertus de ce mode de déplacement :
« Il ne nécessite pas d’infrastructures nouvelles, mais crée un service nouveau. Il rend la voiture occasionnelle inutile. Enfin, cela permet de rabattre des voyageurs vers des lignes de tram ou des gares TER. »
En plus de l’achat de véhicules et de bornes de recharge (1,4 million d’euros), le budget de fonctionnement annuel est estimé à 3,4 millions d’euros par an, soit « trois fois moins cher qu’une ligne de bus », assure Alain Jund. La nouvelle majorité a aussi choisi d’avancer l’heure de début du service, dès 5 heures du matin, comme les tramways. Il se termine à minuit.
« Avant, les communes regrettaient de ne pas être bien desservies. Avec les connexions entre communes, le succès est là. Il n’est plus nécessaire de passer par Strasbourg. Les horaires à la demande permettent d’avoir une bonne correspondance avec les TER », abonde la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs (sans étiquette), elle-même maire de Holtzheim en seconde couronne.
D’ici la mise en service, les élus devront encore choisir de l’implantation des « arrêts », jusqu’à 500 mètres d’une « ligne régulière », en discutant avec chacun des maires. Le débat de ce 23 octobre sera l’occasion de tester la réaction des élus, sachant que 13 sur 33 sont dans l’opposition. La nouvelle majorité a toujours insisté sur sa volonté de travailler le plus possible avec les 33 communes.

Toujours au rayon des transports, l’Eurométropole doit – enfin – mettre en œuvre le déploiement de bornes pour voitures électriques. Après le gros couac de l’appel à initiatives privées de 2018, un nouvel appel à été lancé et deux entreprises sélectionnées en mai par l’équipe précédente. Objectif, 90 bornes, soit 150 prises, entre 2021 et 2022. Chaque commune en aura au moins une.
L’autre gros morceau, dès le premier point, concerne l’écologie. Comme la Ville de Strasbourg, l’Eurométropole déclare « l’état d’urgence climatique » à son tour. Mais Pia Imbs souhaitait coupler cette déclaration symbolique avec des mesures concrètes : celles sur le transport à la demande et les bornes électriques donc, mais aussi une Agence pour le Climat.
Là encore, l’idée avait émergé fin 2019 lors du mandat précédent et de la rédaction du Plan Climat 2020-2030. Sur ce dossier, l’ex vice-présidente Catherine Trautmann (PS) avait alors pris la suite d’Alain Jund, qui avait quitté ses fonctions.
« Nous sommes en pleine rédaction des statuts » indique l’écologiste Danielle Dambach, vice-présidente en charge du Plan Climat. Il devrait s’agir d’une association, comme l’Agence d’urbanisme, l’Adeus.
Sa « gouvernance » sera la plus large possible, avec des « représentants du monde économique » et des associations. La maire de Schiltigheim cite Atmo Grand Est, l’Ademe ou le Centre d’initiation à la nature Bussierre.
Pour Catherine Trautmann, les esquisses de cette agence sont dans la lignée des idées du mandat précédent :
« Le choix associatif était déjà une orientation prise, car elle est plus souple, permet d’être autonome et d’associer le plus grand nombre pour des conseils et de l’expertise. Maintenant, il faut savoir où nous en sommes par rapports aux objectifs du Plan Climat. Comment évalue-t-on ces objectifs, et surtout comment on accompagne les propriétaires et les professionnels dans cette transition, notamment sur le plan énergétique ? Quelle seront les répercussions dans le Plan local d’urbanisme, l’aménagement ou encore la Zone à faible émissions ? Enfin, je me demande quelle place sera réservée aux élus comme nous, qui ne sont ni maires, ni membres de l’exécutif. Ce qui est un peu frustrant quand on a travaillé sur le début du dossier. Il ne faut pas qu’il y ait des élus de première et de seconde zone. »
Des moyens financiers étaient déjà fléchés dans le budget 2020, mais l’agence devrait naître début 2021. Danielle Dambach indique que la structure aura sans doute un directeur, « 10 à 15 salariés » et « un comité de pilotage ». Le budget est « la prochaine étape ». Enfin un « conseil scientifique local », sur le modèle du GIEC, devrait être prochainement constitué pour avoir des avis sur la situation climatique locale.

« Pas besoin d’être en jupe pour se faire agresser », dénonce Marie Villien. La jeune strasbourgeoise a décidé au début du mois de ne plus se laisser faire. Avec sa collègue et amie Sophie Cambra, elles ont décidé d’organiser une marche samedi 24 octobre à 15h entre la place Kléber et la place de la République, en passant par le quai des Bateliers.
Cette mobilisation, soutenue par le collectif Ru’elles et l’association Pelpass, a pour objectif de revendiquer un « égal accès de toutes et tous à la ville ».

Selon Marie, cette marche n’est que « la partie émergée de l’iceberg » d’une mobilisation plus profonde. Le mouvement a lancé début octobre un appel à contributions sur la plateforme participative de la Ville de Strasbourg. Le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ces propositions seront remises aux pouvoirs publics locaux. Le mouvement plaide pour la mise en place de programmes éducatifs pour développer une culture de l’entraide. « Huit femmes sur dix ont été victimes de harcèlement de rue en France et seulement deux parmi elles ont reçu de l’aide », dénonce Marie.
Une marche qui n’est pas réservée qu’aux femmes. Pour Marie, « on peut tous, hommes et femmes, en jupe ou en jogging, être victime de harcèlement de rue. »

« L’édition 2020 de Strasbourg Capitale de Noël ne sera pas une édition comme les autres », même si tout le monde s’en doutait, le couperet est tombé ce jeudi 22 octobre.
La maire (EELV) de Strasbourg Jeanne Barseghian l’a annoncé lors d’une conférence de presse : « Strasbourg n’est pas dans une bulle. Nous avons deux semaines de retard par rapport à la situation sanitaire ailleurs en France, mais nous connaîtrons la même situation au final. »
La maire écologiste avait proposé deux scénarios à la préfecture du Bas-Rhin, dans un courrier envoyé le 16 octobre. Le premier avec les 300 chalets habituels et des contraintes de circulation liées à la situation sanitaire, le second sans chalet afin de maintenir ce qui peut l’être. Mais la préfète du Bas-Rhin réservait sa décision à la fin octobre, une attente ingérable pour les services de la Ville de Strasbourg et les partenaires impliqués dans l’opération selon Jeanne Barseghian :
« Nous n’avions déjà que très peu de temps pour organiser Strasbourg capitale de Noël compte tenu de l’épidémie. Nous sommes déterminés à maintenir les festivités mais au regard de la dégradation des conditions sanitaires ces dix derniers jours, j’ai décidé en responsabilité de retenir le second scénario, celui sans chalet. »

C’est un coup dur pour les commerçants qui comptaient sur ce mois de festivités pour rattraper un chiffre d’affaires déjà amoindri par la crise sanitaire.
« Je mesure l’impact de cette décision et ses conséquences. C’est pourquoi, nous travaillons d’ores et déjà, en lien avec les services de l’État pour mettre en place des dispositifs de soutien permettant de compenser cette suspension des chalets et les pertes occasionnées. »
Jeanne Barseghian
Les animations, les chorales, le sapin ou encore les illuminations seront maintenus ont affirmé les élus qui ont renvoyé à des annonces ultérieures pour les détails. Il faut remonter à la Seconde guerre mondiale pour la dernière annulation du Marché de Noël de Strasbourg.

Peu après ces annonces, plusieurs forains se sont déplacés jusqu’à l’Hôtel de ville pour protester directement auprès de la maire, comme Abigaël Bodein, qui tient un chalet alimentaire près de l’opéra, place Broglie :
« Avec un protocole, on pouvait maintenir les chalets. On a espacé les chalets, on a mis en place des zones de restauration… On a déjà réalisé tous nos investissements pour la saison. On ne comprend pas pourquoi seulement les chalets sont annulés et pas le reste… Si la situation sanitaire est si grave, alors il faut tout annuler. »
Abigaël Bodein, commerçant non-sédentaire du Marché de Noël
La maire a tenté de les rassurer en promettant des mesures d’accompagnement économiques pour les commerçants non-sédentaires mais sans convaincre. Ceux qui étaient présents ont annoncé qu’ils n’accepteraient pas cette décision.
À Colmar, le maire (LR) Éric Straumann a annoncé sur Facebook qu’il se donnait « jusqu’au 30 octobre » pour décider s’il maintenait le Marché dé Noël.

« C’est comme si j’entrais chez toi et que je prenais tout, sans même que tu puisses t’en rendre compte. » Arnaud (le prénom a été modifié) est un développeur de 28 ans. Il est devenu un lanceur d’alerte. Cheveux courts, chemise noire et demi de picon à la main, l’informaticien raconte son histoire à la table d’un restaurant strasbourgeois.
En avril 2018, il intègre la branche strasbourgeoise de Dedalus France. Sur son site, l’entreprise s’autoproclame « leader européen et acteur mondial clé dans le domaine des systèmes d’information de santé clinique et administratif ». Comme l’a révélé le média spécialisé NextInpact, le jeune féru de cybersécurité détecte en deux ans plus d’une centaine de failles de sécurité dans les logiciels vendus à des laboratoires et autres établissements de santé : « J’étais déçu de réaliser qu’un simple développeur, autodidacte comme moi, pouvait trouver autant d’énormes failles dans les systèmes informatiques de Dedalus… »

Ces défaillances de sécurité ont de quoi étonner pour une entreprise aussi importante que Dedalus. En 2017, l’une de ses filiales (Netika) équipait 2 800 établissements de santé publics et privés. Avec près de 70 employés et un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, la boîte se félicitait d’occuper 60% du marché de la biologie médicale. Rachetée la même année par Medasys, cette dernière peut se targuer d’être « principal éditeur et intégrateur français de logiciels médicaux pour établissements de santé, publics et privés ».
En mars 2019, Medasys et ses filiales changent de nom pour devenir le groupe Dedalus France. L’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 55 millions d’euros, contre 34 millions d’euros en 2018.
Mais cette position de « leader en informatique de santé » n’a pas empêché le groupe de concevoir des logiciels permettant à un hackeur moyen d’obtenir des comptes-rendus d’analyse médical du Covid-19 par exemple. « En accédant aux serveurs des laboratoires ou des groupements hospitaliers, un pirate informatique aurait pu paralyser leurs ordinateurs ou effectuer une attaque de type ransomware (logiciel de rançon) en exploitant les failles que j’ai détectées », ajoute le jeune homme.
L’informaticien strasbourgeois estime que le groupe Dedalus manque sérieusement d’une culture de la sécurité informatique : « On me disait que les réparations étaient trop compliquées à mettre en place, que les corrections allaient entraîner des bugs du logiciel ou qu’on n’avait pas le temps… », souffle le développeur. L’un de ses anciens collègues abonde :
« En arrivant ici, je m’attendais à découvrir une sécurité de ouf (sic) mais en fait la cybersécurité à Dedalus Biologie n’est pas prioritaire. La plupart des gens ici ont été formés dans une période comprise entre cinq et dix ans et n’ont reçu aucune formation sur la sécurité depuis ce moment. La sécurité est un domaine qu’on voit déjà que très peu en école habituellement. Il n’y a pas de sensibilisation auprès des salariés. »
Dans un premier temps, les alertes d’Arnaud sont bien reçues par ses supérieurs hiérachiques. Ces derniers reconnaissent son expertise lorsque le développeur découvre deux failles. La première contient 4 gigaoctets de données et l’autre donne accès à 1 400 adresses électroniques de clients, accessibles sur internet et sans mot de passe. En mars et en novembre 2019, Arnaud participe à deux forums dédiés à la cybersécurité aux frais de l’entreprise. Cette dernière lui demande des rapports écrits.
Fin 2019, Arnaud estimait avoir réalisé 142 « actions et signalements de cybersécurité ». Il cherche alors à valoriser son travail et son expertise en demandant une augmentation à la direction des ressources humaines (DRH). En décembre, le développeur essuie un refus de la DRH qui l’invite « à te concentrer sur les objectifs définis par ton manager, et te canaliser sur les sujets sur lesquels tu es attendu. » Par le biais d’un système de pointage « pour chaque tâche effectuée », le supérieur d’Arnaud tente de contraindre l’informaticien à se cantonner aux tâches de développement définies dans son contrat.
Face à la réaction de ses supérieurs, Arnaud se sent « complètement humilié ». Il a le sentiment que « (son) énergie et (son) enthousiasme à préserver la sécurité de notre système d’information » ne reçoit aucune considération. Ancien membre de la protection civile, le jeune informaticien s’est souvent engagé pour les autres. Donateur régulier de son sang, il s’est aussi vu reprocher une pause déjeuner trop longue par Dedalus. Un midi, il avait donné son plasma, ce qui prend une heure. « Cette boite me donne envie de vomir », souffle Arnaud avant de sortir prendre l’air.
Attaché à une protection solide des données de santé, Arnaud refuse de « fermer les yeux sur les failles » présentes dans les logiciels de Dedalus. En février 2020, il repère de nouveaux serveurs mal protégés. Ses nouvelles alertes ne sont cette fois suivies d’aucun effet…
Le développeur passe alors à l’échelon supérieur et alerte le P-DG ainsi que le directeur technique de Dedalus. À travers un document Excel, il rappelle avoir révélé 78 failles de sécurité, dont 20 étaient encore actives et 38 même pas considérées… Mais les réponses des cadres italiens sont sans appel. Le P-DG invoque le « bordel avec le coronavirus » pour repousser la discussion. Le directeur technique du groupe demande poliment au salarié strasbourgeois de rester à sa place :
« Je comprends bien la situation, mais c’est important de respecter la hiérarchie. Par exemple, les vulnérabilités CVS sont un gros problème, mais tu ne peux pas envoyer un mail direct au responsable des nouvelles technologies, et au directeur de la sécurité de l’information. (…) Travailler pour une organisation implique, pour le bien ou le mal, de respecter la structure de l’organisation. Probablement que ton approche proactive ne correspond pas bien à la méthodologie de Dedalus. »
Fin mars, Arnaud pousse son rôle de lanceur d’alerte au-delà de son entreprise. Un matin, il apprend par la presse qu’une cyberattaque a eu lieu contre l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Quelques jours plus tard, il découvre que l’établissement fait partie des clients de Dedalus. La faille exploitée a déjà fait l’objet d’une alerte auprès de ses supérieurs en janvier 2020…
Le 25 mars, le développeur strasbourgeois prend ainsi contact avec un haut fonctionnaire chargé de la cybersécurité au ministère de la Santé. Suite à ses vérifications, le lanceur d’alerte confirme : « On peut se connecter à l’hôpital de Tenon. (…) Je ne sais pas si c’est cette structure de l’AP-HP qui a été attaquée, mais il me semblait important que je vous le communique. »

Le même jour, le haut-fonctionnaire alerté investigue avec ses équipes la faille indiquée par Arnaud. Il constate ainsi qu’il peut aisément accéder aux serveurs de 150 établissements de santé clients de Dedalus. Le lendemain, le groupe Dedalus reçoit un courriel du haut fonctionnaire au ministère de la Santé. Le mail liste les failles et les structures concernées par l’alerte d’Arnaud.
Par la suite, Dedalus cherchera à se débarrasser d’Arnaud et de ses alertes. En plein confinement, l’entreprise le place en « mise à pied conservatoire ». Après s’être retracté d’une rupture conventionnelle et d’un protocole transactionnel impliquant de taire les faiblesses du système informatique de Dedalus, le développeur est licencié pour « faute grave » en avril 2020. L’informaticien a entamé une procédure pour contester ce licenciement devant le conseil des prud’hommes. Une audience est prévue lundi 28 novembre.
Le haut fonctionnaire de Défense et de Sécurité au ministère de la Santé a produit un document, en mai 2020, attestant du rôle d’informateur d’Arnaud que Rue89 Strasbourg a pu consulter :
« Il nous a simplement alerté sur le fait que des laboratoires étaient potentiellement exposés à une vulnérabilité permettant d’accéder à leurs systèmes d’information avec le plus haut privilège d’exploitation et ainsi de s’en rendre maître. (…) En pleine crise Covid-19, nous avons immédiatement investigué sur cette éventuelle vulnérabilité. Une simple recherche internet nous a permis de trouver un accès à un intranet ouvert, utilisé par la société Dedalus, permettant de récupérer la clé privée donnant accès aux serveurs mis en place dans différents laboratoires. Une autre recherche nous a ainsi permis d’identifier (à commencer par le CHU d’Angers) un peu plus de 150 structures vulnérables. »
Arnaud s’estime chanceux : il a rapidement retrouvé un poste de développeur à Strasbourg. Il bénéficie aussi du soutien juridique de la Maison des lanceurs d’alerte. Le combat du développeur ne s’arrête pas là. Mi-octobre, le développeur préparait une saisine du Défenseur des droits arguant d’avoir été « licencié après avoir signalé une faille de sécurité d’intérêt public. »

Environ 150 personnes, 145 dont 125 « isolées », selon le décompte de la Préfecture du Bas-Rhin ont quitté le squat rue Bugatti à Eckbolsheim ce mercredi 21 octobre. L’occupation de ces bureaux inutilisés par Lidl a débuté le dimanche 22 septembre 2019.
Dans ce reportage vidéo de cinq minutes – à visionner en tête de cet article – le réalisateur Marc Jonas capte cette ambiance de fin d’occupation programmée, la prise en charge de ces sans-abri par l’État dans le calme, le sentiments d’habitants et les impressions du gérant auto-désigné Lahcen Oualhaci.
Les personnes ont été redirigées au centre Lyautey au Neuhof où leur situation administrative sera examinée.

Environ 150 personnes présentes au squat Bugatti ont été relogées dans le calme ce mercredi 21 octobre. L’évacuation de ces anciens bureaux à Eckbolsheim était prévue par l’État, qui a mobilisé depuis plusieurs semaines ses services sociaux. Les gendarmes se sont en partie déployés la veille au soir. L’évacuation a débuté à partir de six heures du matin.


Environ 250 gendarmes dont deux escadrons de gendarmerie mobile ont été mobilisés, aux côtés de la Croix blanche, la Croix rouge et l’association de protection civile. Les services administratifs de l’État (préfecture du Bas-Rhin, Office français de l’immigration et de l’intégration, Agence régionale de Santé) ont supervisé les opérations et procédé aux inscriptions des personnes sans-abri.

Les habitants ont été enregistrés avec leurs bagages et acheminés en bus de la CTS dans deux lieux, un hôtel Ibis à Lingolsheim et le centre Lyautey au Neuhof, notamment pour les familles. Sur place leur situation administrative sera examinée plus en détail. L’hébergement des demandeurs d’asile pour les étrangers et des personnes sans-abri pour les Français est une responsabilité de l’État.





Le squat Bugatti avait été ouvert en septembre 2019. Selon Lahcen Oualhaci, le référent et gérant des lieux, plus d’un millier de personnes y ont trouvé un toit en attendant une solution plus pérenne. Les locaux n’étaient cependant pas adaptés pour accueillir autant de personnes, si bien que les problèmes liés à une grande promiscuité ont généré des tensions parfois violentes. Une personne a même été retrouvée décédée le 17 octobre (lire nos articles).

Parmi les occupants, en majorité des Africains ou Européens de l’Est, se trouvait Cédric, 22 ans, né à Strasbourg. Viré sans ménagement de chez sa mère par son beau-père, il a vécu depuis mars au squat Bugatti :
« On s’est battus avec mon beau-père, j’ai déjà fait de la prison, j’ai un historique violent. Il m’a dit que je devais partir ou il appelait les flics. Je suis parti. J’ai été hébergé par quelques amis mais au bout d’un moment, je me suis retrouvé sans solution. J’étais suivi par l’association L’Étage mais avec le covid, tout s’est arrêté et je me suis retrouvé à la rue. »
Installé dans une chambre avec sa propre clé, Cédric n’a pas trop souffert de la promiscuité :
« J’ai dû faire ma place bien sûr, mais personne ne m’a embêté. Je n’ai eu qu’un accrochage avec un résident mais c’est tout. Comme je parle français, j’ai aidé pas mal d’entre eux avec leurs papiers. »

Manutentionnaire, Cédric espère désormais disposer d’un environnement plus stable, pour s’inscrire auprès des agences d’intérim.
À 10h30 les derniers occupants ont été enregistrés auprès des services de l’État. L’ensemble des lieux a ensuite été sécurisé par les forces de l’ordre.

La conseillère municipale Sophie Dupressoir a été élue présidente de Parcus par son conseil d’administration le 28 septembre. Cette nouvelle élue à la « ville cyclable et marchable », est aussi chargée de l’expérimentation d’un revenu de base local et du quartier Tribunal-Contades. Au sein de la société Parcus, elle doit représenter les intérêts de l’Eurométropole qui l’a nommée.
Fondée en 1973, Parcus est une société d’économie mixte (SEM) détenue à 50% par l’Eurométropole de Strasbourg et 10% par la Ville, aux côtés d’autres actionnaires privés minoritaires. Elle gère 18 parkings dans l’agglomération.
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Environ une dizaine de gendarmes se sont positionnés aux abords du squat Bugatti à Eckbolsheim mardi en fin d’après-midi. L’évacuation de ces bâtiments de bureaux occupés depuis septembre 2019 est prévue mercredi 21 octobre au matin, les occupants avaient été prévenus et s’y étaient préparés.

« Gérant » du squat Bugatti, Lahcen Oualhaci s’est étonné de ce déploiement anticipé des forces de l’ordre, pensant avoir tout mis en oeuvre pour que l’évacuation de mercredi se déroule bien. Selon lui, la majorité des occupants n’entendent pas résister à l’évacuation et seraient plutôt satisfaits d’être enfin pris en charge par l’État.
Les conditions de vie dans ces bâtiments appartenant à Lidl sont très dégradées, avec des problèmes récurrents de salubrité et de promiscuité. Plusieurs événements ont émaillé cette occupation, dont une bagarre ayant fait plusieurs blessés, un blessé par balle et un décès constaté sur place.
Ces locaux prévus pour être des bureaux ont constamment été occupés par 200 à 300 personnes, majoritairement des étrangers en provenance d’Afrique ou d’Europe de l’Est. Plusieurs familles s’y sont établies, avec parfois de très jeunes enfants.
Plusieurs d’entre eux sont des demandeurs d’asile, dont l’hébergement est normalement garanti par l’État mais d’autres personnes sont étrangères sans titre de séjour ou au bout d’une procédure infructueuse… Pour ceux là, la question de leur relogement sera plus délicate à régler.



Plusieurs associations d’aide aux sans-abris ont été sollicitées pour accompagner les occupants vers leurs nouveaux quartiers et des chambres d’hôtels ont été réquisitionnées par la préfecture du Bas-Rhin.


À la fin du 2e trimestre 2020, le constat de l’Urssaf est implacable. L’organisme chargé de recouvrer les cotisations sociales constate la disparition de 18 520 postes en Alsace. L’effectif salarié se replie de 3,3% au 2e trimestre, une accélération par rapport au trimestre précédent (- 2,4 %). En un an, la masse salariale alsacienne a baissé de 19,4%.
Dans le Grand Est, 45 080 postes ont été détruits dans le même intervalle. Les effectifs intérimaires ont diminué de 32,1%, soit 21 510 intérimaires de moins qu’au 2e trimestre 2019.
L’hébergement-restauration, l’industrie, les autres activités de service et le commerce sont les principales catégories d’emplois en repli, à un rythme plus prononcé qu’au premier trimestre. Un seul secteur progresse : la construction, mais faiblement (0,7 % en un an, soit 770 salariés de plus).
Dans le Bas-Rhin, également, l’intérim a payé la plus large part au ralentissement de l’activité, avec la suppression de près d’un tiers des emplois, plus de 5 000 postes ont été supprimés. L’hébergement-restauration a perdu 8,9% de ses effectifs, soit 1 900 emplois.
Dans le Haut-Rhin, la destruction d’emplois a été plus franche : 4,9% du total, près de 10 000 postes de moins. L’intérim perd un poste sur deux (5 050) et les effectifs de l’hébergement-restauration baissent de 12,4% (-1 660 emplois).

Europe Écologie Les Verts (EELV) tient sa tête de liste pour les élections régionales de mars dans le Grand Est. Il s’agit d’Éliane Romani, une ancienne adjointe au maire de Thionville entre 2008 et 2014, après un mandat dans l’opposition. Agée de 63 ans, cette orthophoniste libérale s’est engagée dans le parti vert en 2001. Alors qu’en 2015 la liste écolo n’avait pas fusionné pour contrer le Front national au deuxième tour, EELV n’a pas d’élus et élues sortants à présenter à ce scrutin.
Europe Écologie Les Verts a débuté sa pré-campagne en réunissant les petites formations de la galaxie écologistes. D’autres micro-partis pourraient s’ajouter à l’équipe, comme les régionalistes d’Alternative Alsacienne. Mais sauf surprise, il ne devrait pas y avoir de grand accord d’appareils avec le Parti socialiste ou la France insoumise au premier tour. Sinon les écologistes n’auraient pas déjà annoncé leur tête de liste.
« Les écologistes alsaciens se félicitent par ailleurs de ce choix car la Moselle présente certains enjeux comparables à ceux de l’Alsace (transfrontalier, poids démographique, identité régionale, état de la forêt…) et des problématiques parfois accentuées (désindustrialisation) », ont fait savoir les porte-paroles du parti en Alsace, le mulhousien Loïc Minery et la strasbourgeoise Aurélie Kosman dans un communiqué. Le parti devra aussi désigner dix têtes de listes départementales. Le programme est prévu pour la fin de l’année.

Le scrutin est prévu pendant les 14 et 21 mars 2021, en même temps que les élections départementales, mais le décret n’est pas paru. En raison de la crise sanitaire, certains élus et partis se demandent s’il ne faudrait pas reporter et dissocier les deux scrutins. Ils estiment que c’est le moyen, pour pouvoir mener une campagne démocratique dans de meilleures conditions. C’est notamment la position du président du Bas-Rhin, Frédéric Bierry (LR), dont le département va devenir la Collectivité européenne d’Alsace
Europe Écologie Les Verts est le premier parti à annoncer officiellement sa tête de liste pour les régionales dans le Grand Est. Les écologistes ont néanmoins déjà désigné le président sortant Jean Rottner (LR) comme leur principal adversaire et son « projet de « start-up région » ».