Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

La Scène de Strasbourg va importer le théâtre de boulevard Plaine des Bouchers

La Scène de Strasbourg va importer le théâtre de boulevard Plaine des Bouchers

Les frères Alil et Hazis Vardar, entrepreneurs du spectacle privé parisien, viennent d’ouvrir une antenne strasbourgeoise dans la Plaine des Bouchers. « La Scène de Strasbourg » vient compléter le champ théâtral local et présente essentiellement des comédies. L’établissement se veut accessible, financièrement et culturellement.

Samedi 30 mars, un nouveau théâtre a ouvert ses portes : la Scène de Strasbourg. Situé au 1 rue la Fayette, dans la plaine des Bouchers à la Meinau, l’établissement veut vendre du rire. Pour ses premières semaines, l’antenne du groupe Happy Comédie propose la comédie Le club des divorcées. Ce blockbuster d’Alil Vardar tourne depuis 2004 : « On lui doit tout », affirme Musah Recepovic, directeur du lieu et neveu des metteurs en scène Alil et Hazis Vardar. Depuis 2012, ces derniers se sont imposés dans le monde du théâtre privé parisien. Ils cherchent maintenant à s’implanter dans d’autres grandes villes françaises, dont la capitale alsacienne.

La scène accueille actuellement « Le Clan des divorcées », le blockbuster d’Alil Vardar (Photo Tristan Kopp / Rue89 Strasbourg / cc)

« C’est plus facile de vendre du rire »

L’établissement vient occuper un créneau libre à Strasbourg : celui du théâtre comique et privé. Sans subvention publique, le lieu doit fonctionner grâce à ses recettes uniquement. La densité de la population parisienne facilite ce modèle économique. Ouvrir un théâtre de près de 500 places à Strasbourg, notamment dans un quartier excentré, est un pari. Mais Musah Recepovic est confiant :

« L’art doit participer au changement des mentalités. La culture change les gens et va changer ce quartier. Je suis optimiste car c’est plus facile de vendre du rire aujourd’hui que de filtrer à l’entrée et laisser des gens à la porte. Nous essayons d’être dans la légèreté. Parfois, on nous le reproche car c’est populaire et aujourd’hui ce mot est devenu un peu péjoratif. Mais nous sommes populaires dans notre façon de faire, sans prétention. »

La salle compte 496 places. Une jauge large qui devrait permettre de vendre des places pour 3 euros aux personnes en difficulté sociale.

3€ la place la moins chère

Cette volonté de démocratiser le théâtre passe également par une politique de tarifications. Pour l’instant, les billets (répartis en trois catégories) se vendent à partir de 20 euros. Mais le directeur entend baisser progressivement le prix d’entrée à 14€. La jauge conséquente de la salle pourra permettre au théâtre de se maintenir économiquement tout en pratiquant des prix abordables. La Scène a déjà entamé des discussions avec l’association Tôt ou T’art, afin de permettre à des personnes en difficulté sociale de bénéficier de tarifs à 3€ (comme à l’Espace K).

L’endroit devait d’abord s’appeler « Comédie de Strasbourg » puis les acteurs du projet ont préféré le terme « scène », plus large. Car le lieu ne se limitera pas à son genre de prédilection. L’établissement proposera différentes formes de spectacle : théâtre contemporain varié, opéra, concert, danse, etc.

La façade de l’ancienne fabrique de pâtes a été récemment repeinte (photo de Tristan Kopp)

La salle de représentation, le hall d’accueil et les extérieurs ont été finalisés. Mais beaucoup de travaux sont encore nécessaires. Les loges et le foyer des artistes au sous-sol sont en chantier, tout comme le bar du théâtre, ainsi qu’une grande salle dédiée aux expositions. Pour l’heure, la Scène de Strasbourg se limite à des représentations durant les week-ends, afin de se roder. Elle commencera à tourner à plein régime en septembre avec le début de la saison 2019-2020.

#La Scène de Strasbourg

L’histoire de l’unique et éphémère grève à La Laiterie, quand elle produisait du lait

L’histoire de l’unique et éphémère grève à La Laiterie, quand elle produisait du lait

Archives vivantes – La Laiterie, c’est une salle de concert bien connue à Strasbourg et même au-delà. Tellement, qu’on en oublierait presque l’activité qui lui a donné son nom… Dans les années 1970, la direction a tenté de contourner d’éventuelles grèves, mais une mobilisation aussi massive que rapide permet d’obtenir satisfaction à toutes les revendications. Premier volet d’un article en deux parties sur ce lieu emblématique de la partie sud du quartier Gare.

Une dizaine d’heures, c’est la durée de la seule et unique grève en 64 ans d’histoire de l’usine de lait aux portes du centre-ville de Strasbourg. Et cette mobilisation éclair a permis d’obtenir l’essentiel des revendications salariales.

L’histoire

La fin de la période allemande de Strasbourg (1870-1918) coïncide avec les débuts de son usine de collecte de lait. Le maire Rodolphe Schwander crée le 26 février 1915 la société de « La Laiterie ». Le nom n’existe pas encore, mais c’est ce qu’on appelle aujourd’hui une société d’économie mixte, une société privée, contrôlée majoritairement par la commune (comme la CTS, Strasbourg-Événements, etc.). Le bâtiment remplace une brasserie construite au début du siècle. Le but de ce nouveau service public ? L’approvisionnement en produit laitier du « périmètre fortifié de Strasbourg », en ce début de Première Guerre mondiale, notamment à destination des écoliers défavorisés. Au même moment, la Ville acquiert également 1 300 vaches laitières en Hollande.

Une telle usine si près du centre n’a rien d’incongru à  cette époque. D’autres laiteries existent déjà aux Contades (1887-1942) ou à la Meinau (1909-1924). À partir de 1924, le lait collecté dans les environs est aussi pasteurisé sur place, avant d’être mis en bouteille et distribué aux habitants. Cette activité industrielle aux portes du centre-ville, dont quelques rares images d’archives de l’Ina attestent, dure jusqu’en 1979.

Le bâtiment industriel évolue sans cesse au gré des agrandissements, des restructurations et de la modernisation de la fabrication que ce soient pendant les périodes allemandes ou françaises. Le lieu est parfois visité par des classes d’écoles.

Une grève pressentie

Des échanges de courriers permettent de comprendre l’histoire de l’unique et éphémère grève. Dès septembre 1971, dans l’ère post-68 et le début des crises des années 1970 qui débutent par la fin de la convertibilité or-dollar, la direction redoute des mouvements sociaux à venir comme l’atteste une note interne du 14 septembre.

En 1970 et 1971, elle avait consenti à plusieurs augmentations (10% en 1970 et en 1971, ainsi qu’une majoration de 8% sur les salaires égaux ou supérieurs à, 1 500 francs, soit 220€/mois) et baissé le temps de travail de 46 à 45 heures, payées 48h. Mais elle estime qu’il lui faudra arrêter les « fantaisies » salariales. Et donc qu’elle risque de se confronter à une grève dans les prochains temps. Elle se demande comment contourner une paralysie de son site.

Problème, la direction s’aperçoit que la convention collective de l’usine datée de 1965 est en fait « inapplicable », car le président du tribunal de grande instance n’a pas été consulté. C’est donc la convention collective nationale qui s’applique et encadre le droit de grève. Le directeur prend contact avec la Fédération nationale de l’industrie laitière pour des conseils.

La direction craint la pression des actionnaires, c’est-à-dire la municipalité. Ce n’est pas tant que le maire et ses adjoints reprocheraient un éventuel manque à gagner financier, mais plutôt le non-approvisionnement des habitants, qui sont aussi les électeurs. À cette époque, l’usine située porte de Schirmeck livre encore 90% du lait frais consommé à Strasbourg.

Quand on réfléchit à contourner la grève

Côté direction, le plan pour contourner la grève est déjà prêt : demander un référé en cas d’occupation, ou si tel n’est pas le cas, demander au préfet la réquisition des chauffeurs. Et si le représentant de l’État refuse, le directeur compte demander un coup de main aux syndicats d’agriculteurs, la FDSEA et sa branche de jeunes agriculteurs pour assurer les livraisons. L’arme ultime ? Organiser une conférence de presse pour dévoiler les rémunérations des salariés. La direction pense qu’elle salarie les ouvriers les mieux payés du secteur industriel dans la région avec Kronenbourg. Une comparaison est d’ailleurs proposée aux salariés pour apaiser l’un des mouvements sociaux.

Dans les échanges, la fédération prévient la Laiterie que l’absence de convention « Maison » nécessitera de convoquer une réunion de conciliation aux instances de la fédération… à Paris. Les syndicats doivent notifier leur désaccord et en théorie un délai de 8 jours s’applique pour réaliser une conciliation, avant de déclencher le droit de grève.

Mobilisation unanime et réussie

Mais trois ans plus tard, il n’en sera rien. Le 11 avril 1974, tout le personnel « à l’exclusion des cadres et des salariés du bureau », selon le directeur, bloque les grilles à 1h30 du matin. Et le blocage se transforme en grève impromptue. Un article de L’Humanité pointe de son côté que quelques cadres ont participé (250 personnes selon le journal).

Le résultat est spectaculaire. Une dizaine d’heures plus tard, les syndicats obtiennent satisfaction sur « l’essentiel » de leurs revendications : une augmentation de 10% ; de 1% des primes d’ancienneté et encore 150 francs (22 euros) de prime de vacances, ainsi que le paiement double des dimanches.

Ces augmentations paraissent très élevées en 2019, mais elles sont à remettre en perspective avec l’inflation en cette première crise économique après les Trente Glorieuses. L’inflation augmente fortement (6,2% en 1972 ; 9,2% en 1973 et 13,7% en 1974) avec le premier choc pétrolier en 1973.

« Nous ne voyons pas très bien comment nous aurions pu refuser la négociation immédiate sans causer de préjudice grave à l’entreprise », explique le jour même le directeur dans une nouvelle lettre à sa fédération, pour l’informer du déroulé de cette matinée spéciale. L’institution nationale regrette de son côté que la direction strasbourgeoise ait négocié sur place, puisque cette grève subite violait la convention et le délai de 8 jours : « L’expérience montre – du moins quand il s’agit de mouvement bien encadrés par les appareils syndicaux – que les protagonistes acceptent volontiers de surseoir au conflit ouvert jusqu’à la tenue de la commission », fait savoir le chef du service juridique ». « Les syndicats acceptent le désordre, alors qu’à les entendre ils sont adversaires résolus de toute anarchie sociale », acquiesce néanmoins la Laiterie strasbourgeoise dans une réponse.

La direction estime avoir agi dans son intérêt immédiat. Mais s’inquiète de la réaction d’agriculteurs qui ne voudraient pas se laisser « enchaîner » à une usine. « Je suis très pessimiste quant aux vertus dans notre pays des clauses de prévenance, réglementant le droit de grève », prédit le directeur de la fédération dans un dernier courrier pour mettre fin à la correspondance.

À la même époque, la pression sur la Laiterie strasbourgeoise est forte de la part d’agriculteurs qui demandent des prix d’achat plus élevés, notamment entre 1972 et 1976.

Fermeture quelques années plus tard

Un projet de convention collective est soumis aux salariés le 16 mars 1978. Mais ils n’en profiteront guère puisqu’à la fin de l’année, la Laiterie ferme ses portes dans le cadre d’un regroupement à cinq pour former la coopérative Alsace Lait. Cette usine à Hœrdt, où est basée la société, fonctionne toujours.

L’entreprise strasbourgeoise affichait toujours des bénéfices en 1977. La vente et le déménagement fait surtout suite à une volonté d’agriculteurs locaux de se doter d’une grande usine moderne, qui pouvait rivaliser avec d’autres coopératives, notamment en Lorraine. Des marques d’intérêt avaient débuté dès 1971, mais n’avaient pas connu de suite, avant d’être réactivées en 1978.

Il faudra attendre plus d’une décennie pour que l’emplacement soit transformé en un lieu culturel et de concert emblématique, toujours en fonction en 2019 (la suite demain).

#alsace lait

Le Plan climat 2030 survivra-t-il après 2020 ?

Le Plan climat 2030 survivra-t-il après 2020 ?

L’Eurométropole se dote d’un nouveau plan climat pour 2030. Celui-ci prévoit notamment la « chasse au diesel » et des zones à faibles émissions. Reste à espérer que le plan ne restera pas au statut de voeu pieu. Le plan pour 2020 adopté en 2020 n’a été en effet que très partiellement atteint.

Dessin de Piet

 

Mise en orbite groovy et sensuelle avec Adam Naas à l’Espace Django vendredi

Mise en orbite groovy et sensuelle avec Adam Naas à l’Espace Django vendredi

Depuis 2016 et le choc de « Fading Away », Adam Naas hante les esprits des plus audiophiles. Sa voix, sa présence, son style, sa soul… Tout intrigue chez ce jeune artiste français. Rencontre à prévoir à l’Espace Django le vendredi 12 avril.

Il a ce petit quelque chose de Prince. Boucles brunes, allure androgyne, frêle silhouette et timidité qui s’efface sur scène, Adam Naas sort un court opus éponyme en 2016, puis un album complet en 2018 (The Love Album, Mercury). Il devient rapidement un nom marquant de cette nouvelle scène qui explose en France, cette jeunesse indépendante et tellement talentueuse que les majors se battent pour les attirer. Parce que la musique d’Adam Naas est effectivement digne des plus grands contrats.

Sa force première, c’est cette voix de velours, chaude mais puissante, aux graves profonds et aux aigus ensorcelants. Une voix parfaitement habillée par une bande son mi-soul, mi-pop, d’une richesse qui n’est pas sans rappeler les classiques des seventies, tout en gardant une simplicité très contemporaine. Synthés, guitare électrique et batterie jazzy persistent à installer une ambiance parfois vaporeuse, souvent lascive et toujours caressante. Qu’on se le dise, The Love Album porte parfaitement son nom.

Sensualité et groove au programme

Sur scène, le résultat est forcément grandiose. Lumières et fumée sont pensées pour plonger l’audience directement dans un autre univers. Hors du temps, hors de l’espace, il n’y a qu’à se laisser bercer, porter et onduler au rythme des variations du répertoire. De la lunaire « Shalalalove » à la gospel « Love Is Never To Blame » en passant par la très sexy « The Love », tout pousse à fermer les yeux et partir très haut.

Mais ce serait manquer le spectacle d’Adam Naas derrière son micro. Artiste à première vue timide, il se métamorphose dès que les lumières baissent et devient un personnage sensuel et charismatique dont il est difficile de décrocher le regard. Captivant.

L’Espace Django l’avait déjà accueilli en concert caché pour une poignée de chanceux au sein de la brasserie Trois Mâts du Neuhof, en novembre 2018. Il réitère l’invitation, cette fois-ci ouverte à tous dans leur salle. Une occasion à ne pas manquer, d’autant plus que la première partie sera assurée par le parfait duo français de trip-hop Dhamma.

Rythmes scolaires : plus de mercredi matin dès septembre

Rythmes scolaires : plus de mercredi matin dès septembre

C’en est fini de la concertation cauchemardesque des rythmes scolaires à Strasbourg. Le maire de Strasbourg a choisi d’enterrer le mercredi matin dès la rentrée de septembre 2019.

Dans un communiqué, la Ville de Strasbourg indique que Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, a adressé à la directrice académique des services de l’Education nationale une demande de réorganisation de la semaine scolaire, pour que ses services proposent désormais des cours en 4 journées de 6 heures, soit de 8h30-12h et 14h-16h30 les lundis, mardis, jeudis et vendredis pendant 36 semaines.

Les professeurs des écoles ne donneront donc plus de cours le mercredi matin dans les écoles de Strasbourg. Cette proposition du maire de Strasbourg doit encore être validée par la directrice académique mais il n’y a pas eu d’objection des services de l’Education nationale dans les autres communes revenues à la semaine de 4 jours.

Le communiqué précise que ce retour à la semaine de 4 jours dans les écoles de Strasbourg est une décision prise par le maire à la suite d’une concertation et d’un vote du conseil des écoles. L’histoire est un peu plus compliquée et les lecteurs de Rue89 Strasbourg s’en souviennent. La concertation de la Ville ne proposait pas les 4 jours, qui ne sont devenus une option qu’après le coup de force des syndicats d’enseignants, lesquels ont utilisé leur majorité statutaire au sein des conseils d’école pour la faire exister.

À l'école Saint-Jean, les petits vont devoir désormais rester en classe jusqu'à 16h30... (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
À l’école Saint-Jean, les petits vont devoir désormais rester en classe jusqu’à 16h30… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Devant ce repli du maire de Strasbourg, des collectifs de parents ont essayé de se mettre sur pieds pour tenter de garder un étalement des cours sur cinq jours, comme le collectif « Pour des rythmes scolaires respectueux de tous nos enfants« , soutenu par la FCPE.

Fermeture de trois routes sur le chantier du GCO

Fermeture de trois routes sur le chantier du GCO

Dans un communiqué, Vinci Autoroutes, titulaire de la concession du Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO, voir tous nos articles), indique que trois portions de routes vont être fermées à la circulation à partir du lundi 8 avril, afin de permettre la construction de cette autoroute de 24 km. Ainsi la RD31 sera inaccessible entre Pfettisheim et Pfulgriesheim, ainsi que la RD228 à l’est d’Hurtigheim et la RD118 entre Osthoffen et Breuschwickersheim.

Le croisement du GCO avec la D31 tel qu'il est prévu (doc remis / Arcos)
Le croisement du GCO avec la D31 tel qu’il est prévu (doc remis / Arcos)

Afin de mettre en place le chantier du pont devant enjamber le GCO, la route reliant Pfettisheim à Pfulgriesheim sera fermée à la circulation du lundi 8 avril au vendredi 19 avril. Une déviation de la circulation fléchée est mise en place par les communes de Truchtersheim, Wiwersheim et Stutzheim-Offenheim (voir ci-dessous). Seuls les riverains seront autorisés à emprunter la voie fermée.

Une déviation est mise en place entre Pfettisheim et Pfulgriesheim (doc remis Arcos)
Une déviation est mise en place entre Pfettisheim et Pfulgriesheim (doc remis Arcos)

Pour réaliser un deuxième pont sur le GCO, la route reliant Hurtigheim à la RN4 sera fermée sur la même période, avec une déviation proposée par Ittenheim (voir ci-dessous).

Une déviation par Ittenheim sera nécessaire pour rejoindre la N4 (doc remis / Arcos)
Une déviation par Ittenheim sera nécessaire pour rejoindre la N4 (doc remis / Arcos)

Troisième chantier, cette fois pour réaliser l’enjambement du GCO par la RD118 entre Osthoffen et Breuschwickersheim, avec une fermeture programmée du lundi 8 au mardi 30 avril. La déviation de la circulation passe par Ergersheim (voir ci-dessous).

Breuschwikersheim coupé sur son flanc ouest (doc remis / Arcos)
Breuschwikersheim coupé sur son flanc ouest (doc remis / Arcos)

L’Eurométropole se dote d’un plan climat pour 2030 après avoir ignoré celui pour 2020

L’Eurométropole se dote d’un plan climat pour 2030 après avoir ignoré celui pour 2020

Presqu’aucun objectif du plan climat 2020 de l’Eurométropole ne sera tenu. Mais ce n’est pas grave, le conseil de l’agglomération de Strasbourg se dote d’une série d’objectifs pour… 2030, ce vendredi 5 avril. À suivre en direct-vidéo à partir de 9h.

Depuis environ un an, les échanges ont tendance à être plus crispés au conseil des 33 communes l’Eurométropole, sur fond de rivalités strasbourgeoises en vue des élections municipales de 2020. L’ordre du jour de ce vendredi 5 avril ne présente que 4 points mais ne devrait pas faire exception. Surtout que le gros thème du matin est celui du Climat, un sujet récurrent et sur lequel chaque formation ou presque veut paraître à la pointe, ou ringardiser ses concurrents. Une référence à l’autoroute du GCO devrait intervenir rapidement.

Stratégie, Plan, Convention… Il y a de quoi s’y perdre dans les délibérations de principe que prennent la Ville de Strasbourg et l’Eurométropole en cette fin de mandat. Dans le même temps, des problèmes identifiés et concrets comme l’interdiction des poids-lourds en transit avenue du Rhin ne sont pas résolus depuis années. Et surtout, les objectifs fixés en 2009 n’ont pas été atteints (voir ci-dessous). Le débat pourrait déjà s’échauffer sur ce type de paradoxe.

Le quatrième et dernier point concernera l’adoption du « Plan Climat Air Énergie Territorial ». Il fixe plusieurs objectifs ambitieux pour 2030 et 2050. Cette délibération intervient dans un contexte où la question climatique a été très présente à Strasbourg pendant les dernières semaines, en plus des manifestations de lycéens ou les Marches pour le Climat. Après le vote d’une convention internationale par le conseil municipal de Strasbourg le 25 mars, six associations environnementales locales ont listé 10 propositions fortes dans une tribune.

L’ONG Greenpeace a de son côté publié une carte des écoles trop exposées à la pollution de l’air, soit un tiers des établissementS de Strasbourg et des environs. Enfin, dans le cadre du recours pour non-respect des limites de la qualité de l’air, le ministre de l’Écologie François de Rugy a écrit aux grandes agglomérations concernées par les dépassements, telle Strasbourg. Il leur demande de transmettre les actions mises en place afin de préparer la défense de la France dans son recours qui l’oppose à la Commission européenne.

Concernant, le Plan Climat, il refixe huit objectifs pour l’ensemble du territoire. Parmi les trois votés en 2009, seule la réduction des gaz à effet de serre (CO2) de 30% est réussie. Cette dernière est due « aux deux tiers à la fermeture de la raffinerie de Reichstett » en 2010, selon les services de l’Eurométropole. « La consommation d’énergie est notamment repartie à la hausse quand la croissance économique a redémarré. Ces deux phénomènes sont encore très liés », remarque à ce sujet la conseillère métropolitaine Jeanne Barseghian (EELV). Entre 2005 et 2014, elle avait pourtant diminué.

Les objectifs manqués fixés en 2009

Thème Objectifs fixés pour 2020 Situation début 2017 *
Emissions de gaz à effet de serre (par rapport 1990) -30% -30%
Consommation d’énergie

(par rapport à 1990)

-30% +7%
Part d’énergie renouvelable 20 à 30% 15%

Source Eurométropole.
*Les prévisions d’Atmo Grand Est ont deux ans de décalage, mais confortent cette tendance pour 2017 et 2018

Catherine Trautmann (PS) a repris le dossier en octobre, suite au départ des écologistes de l’exécutif droit-gauche. Jusque là, l’ex-vice-président en charge de la transition énergétique, Alain Jund l’avait élaboré.

L’ancienne maire de Strasbourg compte sur la géothermie profonde et les panneaux solaires sur l’eau à Illkirch-Graffenstaden pour passer un cap dans les énergies renouvelables, la navigation fluviale (quand le niveau du Rhin n’est pas trop bas) pour réduire les transports de marchandises en poids-lourds, et l’isolation des bâtiments pour réduire les consommations. Président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS) insiste sur la « renaturation des abords de l’A35 », qui doit être transformée en boulevard à long terme. Catherine Trautmann reconnait cependant que le financement pour la rénovation des logements n’est pas connu à ce jour.

Avis de l’autorité, contribution des habitants

Contrairement à d’autres délibérations symboliques, le Plan Climat présente l’intérêt de passer par l’avis critique de l’Autorité environnementale du Grand Est, basée à Metz. Le dossier strasbourgeois lui sera envoyé la semaine suivant du vote et l’institution d’État a trois mois pour l’analyser.

Le résultat sera ensuite disponible sur internet et dans les mairies pendant l’été. Les habitants pourront laisser des contributions en cette période la plus chaude de l’année. Les dispositions seront finalisées suite à ces retours.

Pour l’ancien vice-président Alain Jund (EELV), il sera difficile de tenir les engagements écrits avec le cap actuel :

« Je me reconnais dans ces objectifs ambitieux qui n’ont pas changé suite à mon départ. Mais la question qui se pose sera celle de la mise en œuvre. S’il l’on veut respecter nos engagements, ce qu’on n’a pas réussi pour ceux de 2009, il faudra des ruptures (terme utilisé pour la pré-campagne des écologistes, ndlr) radicales. L’Eurométropole continue à soutenir des projets routiers comme la rocade sud, le GCO, la VLIO, un accès routier au port par le nord. Nous étions contre, mais elle donne 9 millions d’euros aux extensions des zones commerciales de la Vigie et de Vendenheim, alors que c’est un modèle polluant à bout de souffle : Castorama a des difficultés et Ikea désembauche pour la première fois en France. »

Au rayon des « ruptures », Robert Herrmann annonce que la collectivité compte souscrire à un système d’autopartage avec le grand public (type Citiz, mais il peut s’agir d’un autre opérateur suite à l’appel d’offres) pour certains véhicules légers qu’elle n’utilise pas en permanence. Plus discret, il pointe que « la clause environnementale dans nos marchés publics n’a jamais été attaquée ».

Après être devenu le plus grand défenseur du GCO, le président de l'Eurométropole Robert Herrmann (PS) porte désormais un Plan Climat. (photo Pascal Bastien / Divergence)
Après être devenu le plus grand défenseur du GCO, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) porte désormais un Plan Climat. (photo Pascal Bastien / Divergence)

Pour Alain Jund, c’est le modèle d’élaboration des politiques qu’il faut revoir :

« Dans tous ces documents, on ne parle jamais de sobriété, terme que je préfère à la décroissance. Avec ce qui s’est passé autour du GCO, il est vrai que l’on peut se demander si l’Eurométropole est crédible dans ses objectifs. Il faudrait que toutes nos politiques publiques soient évaluées au crible de ce plan Climat, presque ligne par ligne. Des grands projets comme le Parc des expositions, le nouveau stade de la Meinau devraient aussi être analysés sous ce prisme. On saurait s’ils correspondent à nos ambitions ou non. Et pas besoin d’attendre les élections, cela peut débuter pour celui de 2020. »

Le plan définitif sera adopté fin 2019 pour une durée de six ans. L’épineuse question climatique reviendra donc dans les joutes locales avant les élections de mars 2020.

Au TAPS, ADN renouvelle le génome du théâtre strasbourgeois

Au TAPS, ADN renouvelle le génome du théâtre strasbourgeois

Une groupe de lycéens martyrise un camarade au point de le tuer. ADN (acide désoxyribonucléique) commence avec ce meurtre. Dans la mise en scène d’Olivier Chapelet, directeur du Théâtre Actuel et Public de Strasbourg (TAPS), un groupe d’étudiants acteurs, scénographes et compositeurs font leur premiers pas sur la scène professionnelle du spectacle vivant strasbourgeois.

C’est au Théâtre Actuel et Public de Strasbourg (TAPS) qu’une troupe de jeunes artistes présente le dernier spectacle d’Olivier Chapelet, directeur du lieu, jusqu’à vendredi. ADN (Acide Désoxyribonucléique) de l’auteur anglais Denis Kelly explore les angoisses de jeunes meurtriers. Ce spectacle, inscrit dans la programmation du TAPS, est gratuit et doit permettre aux étudiants acteurs, scénographes et compositeurs de faire leurs armes.

ADN (Acide Désoxyribo Nucléique) c’est l’histoire cynique d’un groupe d’adolescents qui tente de camoufler leur meurtre. C’est l’histoire d’une bande archétypale de lycéens, avec le gros dur, le garçon manqué, la fille délurée, les jumelles hyperactives… Des personnalités effacées au profit de rôles à jouer dans la micro-société du lycée. C’est l’histoire d’un groupe emporté par sa propre immunité, par le jeu, par sa déconnexion et qui finit par tuer son souffre-douleur à force de harcèlement. « C’était pour rire, on riait tous, » répètent-ils en racontant leur meurtre. C’est l’histoire d’une jeunesse en décalage avec le réel, et c’est ce qui intéresse Olivier Chapelet :

« Le texte fait se confronter le monde de la jeunesse, très lié à l’image et au virtuel, et la réalité de la société, avec ses difficultés. Peut-être que l’origine de l’acte qu’ils ont commis était inspirée par le virtuel, sauf que les conséquences sont réelles. Avec un mort dans la réalité, on ne peut pas revenir en arrière ou se dire que c’est pour de faux. »

Les jeunes meurtriers Camille Girard (Jeanne), Lucie Bores (Marie), Emma Lecordier (Romy), Claire Gaborit (Cam), Rudi Berschinski (Phil) et Gabriel Seidenbinder (John Tate) hésitent sur la marche à suivre. (photo de répétitions remise par le TAPS)

La fable cruelle de l’adolescence

L’espace est en bifrontal, avec le plateau pris entre les deux rangs des spectateurs. La mise en regard du public face à lui-même rappelle constamment le caractère artificiel du spectacle. C’est un garde-fou dans une histoire qui brouille les frontières du réel. La bifrontalité est très courante dans le théâtre contemporain, mais c’est la première fois qu’Olivier Chapelet s’y essaye :

« Avec les étudiants, j’essaye de travailler sur des univers que je ne connais pas. Je me mets aussi en danger. »

La scénographie présente des tubes luminescents pouvant descendre sur la scène. (photo de répétitions remise par le TAPS)

L’histoire prend place dans une forêt. Le sol du théâtre est couvert de terre et de bois. Les deux entrées de part et d’autre du plateau, avec la lumière tombant des cintres, font de la scène une clairière. Ce lieu, habité seulement par les enfants qui arrivent et repartent d’une ville lointaine, est celui de leur fable. C’est leur repaire, l’endroit où ils sont chez eux. Entre les scènes, la lumière s’éteint, et la création sonore de Jad El Khechen et Salvatore Iaia (étudiants à l’Académie supérieure de musique de la HEAR) emplit l’obscurité de tumulte.

Il y a des grésillements électriques et des bruits menaçants. Parfois la nuit est trouée par des tubes luminescents qui descendent sur le plateau et éclairent des ombres traversant la forêt. Pour suivre les exigences techniques du lieu, les élèves scénographes de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) Laura Cortes-Ardila, Elsa Markou et Laurine Firmin ont travaillé avec Denis Rondel et Sébastien Small, les régisseurs du TAPS.

Claire Gaborit (Cam), Camille Girard (Jeanne), Lucie Bores (Marie) et Mélisende Marchand (Cathy). (photo de répétitions remise par le TAPS)

Un vivier de futurs professionnels

Les acteurs sont les élèves du Cycle d’Orientation Professionnelle (COP) du Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg. Au moment de la programmation de la saison, Olivier Chapelet ne sait pas encore avec quels acteurs et actrices il travaillera. Les personnages d’ADN ont été modifiés afin de mieux correspondre aux jeunes acteurs. La distribution n’est pas sexuée, le genre des personnage interchangeable et certains éléments ont même été retouchés.

Le personnage de Phil, l’architecte méticuleux du mensonge qui structure la pièce, est un sociopathe. Campé par Rudi Berschinski, son mutisme quasi-permanent intrigue. Il ne parle que pour donner des ordres. Dans le texte original, Phil mange toute sortes de gâteaux et confiseries, créant un décalage avec sa cruauté. Dans leur version, les élèves du COP ont décidé de ne lui attribuer que des sucettes, renforçant encore plus le contraste entre l’imagerie enfantine du bonbon et le personnage.

C’est ainsi que l’a pensé Rudi Berschinski, qui, pour s’approprier le rôle, est passé par sa psychologie :

« Phil ne se pense pas méchant. Quand il élabore ses plans pour sauver son groupe d’amis, il pense qu’il est un super héros, c’est comme ça que j’ai pensé le personnage. »

Rudi Berschinski (Phil) et Claire Gaborit (Cam) avant le dénouement. (photo de répétitions remise par le TAPS)

Ce travail de remaniement de l’œuvre originale affirme d’abord la liberté de création d’un théâtre contemporain qui ne se met pas au service du texte mais le prend comme une matière première.

Ensuite, il permet de faire jouer des personnages par des acteurs qui se les approprient. Lucie Bores, Camille Girard, Mallaury Miliani, Rudi Berschinski, Joséphine Hazard, Gabril Seidenbinder, Emma Lecordier, Mélisende Marchand et Claire Gaborit jouent des rôles qui leur sont très proches. Bien que le travail de composition permette théoriquement à n’importe quel acteur de jouer n’importe quoi, l’incarnation de ces adolescents est plus pertinente avec de jeunes acteurs, de l’avis d’Olivier Chapelet :

« Je n’aime pas faire jouer aux comédiens des rôles trop éloignés d’eux. La proximité affective est propice à l’éclosion de l’émotion artistique »

La cohésion des personnages est soutenue par celle des comédiens. Les acteurs et actrices peuvent surtout trouver dans ce spectacle l’opportunité de se confronter à la scène et de faire valoir une expérience de travail correspondant aux standards des productions du théâtre public. C’est là le cœur de cette initiative bisannuelle, qui doit « faire le trait d’union entre des étudiants, futurs professionnels du spectacle vivant, et les professionnels plus anciens. » Olivier Chapelet désire faire de ces spectacles à la fois la vitrine et la promotion du renouveau de la scène strasbourgeoise.

#Olivier Chapelet

Conseil municipal : un mail bidon sème la zizanie après une saillie des Socialistes

Conseil municipal : un mail bidon sème la zizanie après une saillie des Socialistes

Le groupe PS au conseil municipal de Strasbourg demande le retrait de la fonction de coordinateur de la majorité au premier adjoint Alain Fontanel (LREM), en raison de son alliance avec Fabienne Keller (Agir) aux élections européennes. En réponse, un e-mail anonyme contre-attaque envers le président du groupe municipal majoritaire, Philippe Bies. Sauf que la diversité des prétendus signataires du mail s’avère fantoche.

Nouvelle étape dans l’implosion de la majorité municipale ce jeudi 4 avril. Le président du groupe PS et affiliés (Énergies positives), Philippe Bies, a . . .

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Panne à la Gare de l’Est, circulation des TGV très perturbée jeudi après-midi

Panne à la Gare de l’Est, circulation des TGV très perturbée jeudi après-midi

Depuis 13h jusqu’à 22h, une panne informatique et un problème de signalisation ont bloqué la circulation entre Paris Gare de l’Est et Strasbourg. Retrouvez ci-dessous le compte rendu de cet après-midi, réalisé en direct.

C’est la fin de ce direct. Merci de l’avoir suivi. Un train surchargé est en instance de départ pour Strasbourg. Il s’arrêtera dans plusieurs gares dont Nancy, Saverne, Lunéville… Un second devrait suivre. Il ne fera aucun arrêt jusqu’à la capitale alsacienne. De nombreux voyageurs sont sortis du premier TGV en espérant trouver une place dans le second, plus rapide. On espère que vous avez été nombreux à pouvoir rentrer chez vous. Bon courage et bonne soirée à ceux qui passent la nuit à Paris.
La gare de l’Est s’est un peu vidée. Selon Noémie Rousseau, sur place, les agents en gare annoncent deux trains pour Strasbourg :
« Ils n’ont pas d’information mais ils ont le sourire et restent zens. Strasbourg est presque une destination tabou ce soir. »
Initialement prévu à 19h13, l’heure du premier train en partance reste encore incertaine. Tout comme l’horaire du second train. Plusieurs centaines de voyageurs restent dans les starting-blocks en attendant l’annonce salvatrice du quai de départ. La SNCF a déjà annoncé que tous les voyageurs ne pourront pas embarquer. En plus d’être partis en retard, les trains, surchargés, seront limités à une vitesse de 220 km/h contre 320 habituellement. Les trains en provenance et à destination de l’Allemagne sont supprimés pour le reste de la journée.
Il est près de 20h. Les voyageurs à destination de Strasbourg sont dans les starting-blocks. (Photo Noémie Rousseau)
Anna relate son trajet :
« Devant prendre un train à 17h25 pour Strasbourg Gare de l’Est, nous sommes plusieurs à avoir été orientés un peu avant 17h par un agent de la SNCF vers la gare de Marne-la-Vallée. Après une heure de RER (en période de pointe), on a pu rentrer dans le TGV de 18h35 à Marne-la-Vallée et rejoindre Strasbourg à 20h45. On a globalement eu de la chance d’avoir le temps de rejoindre cette gare, c’était le dernier TGV à destination de Strasbourg qui en partait… »
En gare de Strasbourg, il est indiqué que les trains vers Paris arriveront Gare du Nord. En gare de Strasbourg, il est indiqué que les trains vers Paris arriveront Gare du Nord.
Le TGV de 18h55 pour Strasbourg doit partir de la Gare de Lyon au même horaire.
Selon une réceptionniste de l’hôtel Ibis Gare de l’Est, une petite centaine de voyageurs ont déboulé en fin d’après-midi. À l’heure actuelle, il n’y a plus de place dans l’hôtel.
Des membres du groupe Hermetic Delight ont été déroutés vers Roissy au lieu de la Gare de l'est... Sont-ils assez blasés ? (doc remis)
Des membres du groupe Hermetic Delight ont été déroutés vers Roissy au lieu de la Gare de l’est après 2h30 d’attente au départ de Strasbourg… Sont-ils assez blasés ? 🙂 (doc remis)
Adjointe au maire de Strasbourg, Pernelle Richardot devait prendre l’ICE à Paris à 15h20. Elle a finalement été invitée à prendre un TGV spécialement mis en place depuis la gare du Nord vers Metz, dont le départ est prévu vers 18h. Un autre doit partir à destination de Nancy. Des TER doivent ensuite acheminer ces voyageurs vers Strasbourg.
Le train spécial à destination de Metz est bondé (Photo Pernelle Richardot / doc remis)
Le train spécial à destination de Metz est bondé (Photo Pernelle Richardot / doc remis)
 
Notre consœur Noémie Rousseau vient d’abandonner la lutte en gare de l’Est. Face au manque d’information sur les éventuels trains pour Metz ou Nancy, elle envisage de passer la nuit dans la capitale. Des agents SNCF lui ont remis ce petit papier tamponné, qui lui permettra de prendre un train demain matin :
Le fameux papier qui permet de prendre un autre train demain matin… (Photo Noémie Rousseau)
La SNCF continue d’appeler les voyageurs à reporter leur voyage :
Les trains depuis Strasbourg sont redirigés vers la Gare de Lyon à Paris, mais ils arrivent avec un retard important. A titre d’exemple, les TGV au départ de Strasbourg à 14h45 et 15h45 ont été accrochés ensemble pour se diriger vers la Gare de Lyon mais accusent un retard de 2h10 pour le premier et d’1h10 pour le second. (envoyé depuis un témoignage à bord)
 
Avec les écrans en panne, les agents SNCF en gare travaillent à l’ancienne : stylo et feuille en papier pour informer les voyageurs. (Photo Noémie Rousseau)
Le TGV de 13h55 n'est jamais parti, les voyageurs ont dû redescendre (Photo Jean-Luc Fournier)
Le TGV de 13h55 n’est jamais parti, les voyageurs ont dû redescendre (Photo Jean-Luc Fournier)
Selon un communiqué de SNCF Réseau, « le trafic devrait rester fortement perturbé jusqu’en fin de soirée ce jeudi 4 avril. » Au départ et à l’arrivée de la gare de l’Est, seul un train par heure et par sens de circulation sont assurés. Pour les TGV, la SNCF conseille de se renseigner sur des itinéraires alternatifs de Paris-Nord et Paris-Lyon.
En Gare de l’Est, les agents de la SNCF qui acceptent de répondre aux questions conseillent aux voyageurs d’annoncer à leurs proches qu’ils ne seront pas à Strasbourg avant demain matin.
La gare de l’Est est figée. La SNCF conseille aux voyageurs de reporter leurs voyages à partir de la gare du Nord pour se rendre à Metz, Nancy ou Champagne-Ardennes TGV. Selon nos informations, le TGV de 18h55 pour Strasbourg est créé au départ de la gare de Lyon. Mais ce train est déjà complet…
Un panneau d’affichage en gare de l’Est indique « des TGV sont reportés sur Paris Nord et Paris Gare de Lyon. »
 
Suite à une panne informatique, la circulation des trains est totalement interrompue au départ et à l’arrivée de la gare de l’Est à Paris depuis 13h40. La SNCF ne pense pas être en mesure de rétablir le trafic avant 18h et même à cette heure là, d’importants retards sont à prévoir. Sur son site, le transporteur « invite » ses clients « à annuler ou à reporter » leur voyage.
Des TGV gare de l'Est à Paris en 2011 (Photo Bastiaan_65 / FlickR / cc)
Des TGV gare de l’Est à Paris en 2011 (Photo Bastiaan_65 / FlickR / cc)
#tgv est

Suppression de postes à l’inspection du travail : « On perd le sens de notre activité »

Suppression de postes à l’inspection du travail : « On perd le sens de notre activité »

Devant leurs locaux, une soixantaine d’agents de l’inspection du travail se sont rassemblés le 4 avril pour dénoncer la réduction de leurs effectifs. Les responsables syndicaux anticipent une dégradation du service public et une « perte de sens » pour les fonctionnaires, incités à « faire du chiffre ».

« Pas de bras, pas de droits. » Jeudi 4 avril, une pancarte résume le combat des agents de l’inspection du travail. Vers 11h, ils sont une soixantaine dans la cour de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Leur colère vient des suppressions de postes prévues pour 2019 : 42 agents aux services emplois, 28 à l’inspection du travail, 2 à la lutte contre le travail illégal… « Nous sommes des agents du service public, quand on nous demande de faire du chiffre, avec de moins en moins d’effectif, on perd le sens de notre activité », explique Laurent Bosal, membre du syndicat CNT (Confédération Nationale du Travail).

Jeudi 4 avril, une pancarte résume le combat des agents de l’inspection du travail : ils s’opposent à la réduction des effectifs dans plusieurs services… (Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)

Sous la pluie, plusieurs agents de l’inspection du travail regrettent l’époque où « on avait les moyens de lancer des investigations. » Pour Eric Mandra, secrétaire de la section bas-rhinoise de Force Ouvrière, les salariés viennent avec des demandes de plus en plus complexes et chronophages :

« Ça devient de plus en plus compliqué de répondre aux salariés qui viennent nous voir. Pour les questions simples, sur les congés payés ou le salaire minimum, ils ont internet. Donc on vient nous voir sur des problématiques lourdes. Moi, sur mon secteur j’ai une problématique de harcèlement. Je croise les doigts pour que la salariée ne porte pas atteinte à son intégrité physique… J’ai pas la conscience tranquille… »

« Les prêtres ne sont pas asexués ! »… dit un fils de prêtre

« Les prêtres ne sont pas asexués ! »… dit un fils de prêtre

Les scandales sexuels dans l’Église catholique plongent ce croyant dans l’abattement et la colère. Bien-sûr, il faut condamner, mais aussi, repenser la figure du prêtre, et l’autoriser à une vie affective. Il ne le sait que trop bien : il est fils de prêtre.

Emmanuel (son prénom a été modifié) est mal. Perturbé. « Psychologiquement, cela m’use ». Avec les affaires de pédophilie des prêtres et d’abus sur les religieuses n’en finissant pas d’alimenter l’actualité, difficile pour ce père de famille haut-rhinois de vivre avec légèreté. « Que vont devenir toutes ces victimes ? Adultes, quel amour véhiculer à leurs propres enfants ? » Et pour lui qui reste croyant, comment garder confiance en l’Église ?

Si la colère et l’abattement le tenaillent, ce n’est cependant pas par identification aux victimes. Emmanuel n’a pas eu à subir l’irréparable. Mais depuis toujours, et encore aujourd’hui, à 40 ans, sans se l’expliquer, il se sent vulnérable, et proche des vulnérables (il a choisi le métier d’auxiliaire de vie pour personnes handicapées).

Surtout, il sait que se contenter de condamner les auteurs est inefficient. « Comment peut-on faire abstraction de la sexualité des prêtres ? Comme s’ils étaient asexués ! » Il est bien placé pour le savoir. « Je suis fils de prêtre », lance-t-il, presque fier.

Emmanuel avec son père (archives)
Emmanuel avec son père en 1980 (archives / doc remis)

Un amour doublement interdit

Emmanuel va un peu vite en besogne. Quand son père a rencontré sa mère, de 20 années sa cadette, au début des années 1970, il était encore curé de paroisse. Mais face à l’évidence de leurs sentiments, il a obtenu d’être réduit à l’état laïc, avant de se marier puis de devenir papa. La formule a le don d’agacer Emmanuel. « Réduit ! Comme si les laïcs avaient une existence inférieure ! »

Ce père aujourd’hui âgé, il l’a toujours chéri, autant que celui-ci l’a chéri. « Mes frères et moi avons eu une chance inouïe. Nos parents ont vécu le véritable amour. Notre père était et il est toujours un bon père », raconte-t-il en se souvenant par exemple d’histoires à épisodes, qu’il inventait et racontait en quelques minutes, autour d’un personnage fictif, Ziska.

Pourtant, cette généalogie, qu’il a découverte à ses huit ans, lui a valu d’être mal vu, à une époque où l’amour de ses parents était doublement interdit (avoir détourné un prêtre de sa mission, et avec une différence d’âge). La famille de sa mère l’a très mal vécu. Son père, reconverti en professeur de religion devait taire son passé et a souffert de ne plus pouvoir être prêtre, ce qu’il aimait infiniment.

Permettre aux prêtres d’être heureux

Emmanuel a grandi avec un sentiment mêlé d’orgueil, de culpabilité, de tiraillement dans sa propre foi, face à ce qu’il ressentait comme des injonctions à la perfection, au point de plonger deux années en dépression, devenu jeune adulte.

Pourquoi ne laisse-t-on pas la liberté aux prêtres de se marier et de fonder une famille ? Pourquoi ne permet-on pas aux femmes de servir ce ministère ? Pourquoi, enfin, la hiérarchie de l’Église catholique ne s’empare-t-elle pas de ce sujet ? Tels sont les questionnements qui habitent Emmanuel.

Emmanuel aujourd'hui (Photo ED / Rue89 Strasbourg / cc)
Emmanuel aujourd’hui (Photo ED / Rue89 Strasbourg / cc)

Quand, en décembre, le diocèse de Strasbourg tremble avec l’affaire Bonan (un prêtre accusé de pédophilie), et que l’archevêque de Strasbourg, Luc Ravel, déjà très engagé pour la prise en compte des victimes, se montre très ferme, Emmanuel s’emporte :

« C’est trop tard. Condamner ceux qui ont fauté, libérer la parole ne servira à rien si on ne se donne pas les moyens pour que cela n’arrive plus. On nous prend encore pour des petits enfants ! »

Il profite alors du déplacement de l’archevêque aux offices dominicaux des paroisses du père Bonan pour l’interpeller à l’issue. Et il l’exhorte : il faut cesser de se voiler la face. Il faut permettre aux prêtres d’être heureux et accompagner ceux qui restent seuls.

Comme les premiers chrétiens

« Il m’a simplement répondu qu’il ne pouvait rien faire », regrette Emmanuel, mettant en avant les prises de position de l’archevêque de Poitiers, Pascal Wintzer, favorable au mariage des prêtres. Autre piste, plus inattendue, selon Emmanuel : supprimer la confession. « Cela crée un ascendant psychologique inutile et dangereux ».

Et finalement, revoir de fond en comble la posture de l’Église avec ses fidèles. « Quelles leçons peut-elle encore donner, alors que les pires actes sont commis en son sein ? », juge celui qui ne supporte plus les appréciations morales selon lui omniprésentes dans l’Église.

Mais tout cela ne le détournera pas du groupe biblique auquel il participe depuis 20 ans, accompagné par un diacre, et dont les membres sont devenus des compagnons de route. « L’Évangile peut encore nous aider à vivre mieux ». Avec un idéal : les communautés chrétiennes des débuts.

TER : Contre l’explosion des prix à bord des trains, des associations informent

TER : Contre l’explosion des prix à bord des trains, des associations informent

Des associations d’usagers des transports mobilisent contre la hausse des frais d’émission des tickets à bord des trains, décidée par la SNCF. Une manifestation est prévue jeudi soir.

Fermer des guichets et points de vente, mais augmenter le prix des billets achetés à bord des trains express régionaux (TER). Telle est la nouvelle logique de la SNCF, qui insiste sur les achats en ligne et sur smartphone. Depuis le 20 mars, un billet acheté à bord en se présentant chez le contrôleur, coûte un forfait minimal de 10€, là où le prix plancher sans réduction était avant de 2,70€ (un tarif qui avait déjà doublé récemment), puis 15€ au-delà de 26 kilomètres et ainsi de suite jusqu’à 90€… Sans se présenter auprès du contrôleur, le tarif des amendes est de 50€ minimum, et 120€ si l’on ne peut payer de suite.

Les différentes associations rassemblées au sein de la Fnaut (Fédération nationale des associations d’usagers des transports) se sont opposées frontalement à cette mesure. « C’est inadmissible pour quelqu’un qui n’a commis aucune faute, aucune fraude. De plus ces mesures violent le principe d’égalité entre usagers », vilipende l’association.

Lutte contre la fraude et écœurement

Ces organisations avaient alerté la Région Grand Est contre ce dispositif. La mesure est néanmoins passée. Avec cette disposition, la SNCF met en avant la « lutte contre la fraude » à l’heure où les contrôles à bord des trains ne sont pas systématiques. Pour la Fnaut, ces dispositions reviennent à « taxer des gens de bonne foi », en particulier sont qui n’ont pas de bornes dans les petite gares et « écœurer les nouveaux passagers ».

Les 35 associations comptent désormais informer les usagers sur cette nouveauté et aussi leur « faire connaître leurs droits ». En effet, en cas de « raison valable » il serait possible de se faire rembourser via le service Client. Selon le journal champenois l’Union, plusieurs modalités d’achat sont mises en place pour atténuer la situation : l’achat par téléphone (mai 2019), Facebook Messenger (déjà en place), auprès des commerçants (mi-2019) et le déploiement de e-billets remboursables jusqu’à la veille du départ (fin 2019).

Sur la plateforme de la Cathédrale, la maisonnette rénovée

Sur la plateforme de la Cathédrale, la maisonnette rénovée

La Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, administrée par la Ville de Strasbourg, rénove la plateforme de la Cathédrale. Les visiteurs peuvent y accéder, à condition de monter 330 marches et de s’acquitter de 5 euros. La fondation strasbourgeoise modernise plus particulièrement la maisonnette côté droit, à la place de la deuxième tour, actuellement vide.

Dans un reportage filmé par Louis Rieg, la web TV locale StrasTV nous en apprend plus sur l’histoire de cette petite bâtisse de 1782 qui servait à surveiller la ville, et sur son futur grâce au directeur technique de l’Œuvre et à l’architecte en chef des Monuments historiques.

La réouverture de l’accès à ce point haut de 66 mètres est prévu pour l’été 2019.

Plainte pour non-respect des stop pub : un rappel à la loi

Plainte pour non-respect des stop pub : un rappel à la loi

Fin août 2018, les associations Zéro déchet Strasbourg et Zero Waste France portaient plainte pour non-respect des autocollants Stop Pub sur les boîtes aux lettres. Leur action ciblait quatre restaurants franchisés de Pizza Hut (Roberstau, Kœnigshoffen, Neudorf et Contades) et l’Intermarché d’Oberhausbergen. Cette démarche était une première en France. Les deux associations cousines avaient notamment documenté leur dossier avec des retours du terrain, des clichés de publicités déposées et un constat d’huissier en ouvrant des boîtes aux lettres affublées de l’autocollant « Stop pub ».

Le 19 janvier, le procureur de la République de Strasbourg a classé la plainte sans suite, mais l’a assorti d’un rappel à la loi aux deux enseignes par un officier de police judiciaire (OPJ). Le premier avertissement est donc sans frais, mais les associations vont maintenir leur vigilance.

Une pile de prospectus (Photo Judith E. Bell / Flickr / cc)
Une pile de prospectus Photo : Judith E. Bell / Flickr / cc

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L’hôpital est-il malade de ses réformes ? On en discute mercredi 10 avril

L’hôpital est-il malade de ses réformes ? On en discute mercredi 10 avril

À l’heure de réformer une nouvelle fois les hôpitaux publics, comment expliquer leurs difficultés en France ? C’est en substance à cette vaste question qu’essayera de répondre, avec des arguments scientifiques, la nouvelle soirée de « l’Université en campagne contre les idées reçues », en partenariat avec Rue89 Strasbourg, mercredi 10 mars au CSC de Hautepierre.

Alors que la loi « Ma Santé 2022 » est étudiée au Parlement français, « l’Université en campagne contre les idées reçues », en partenariat avec Rue89 Strasbourg, vous invite à une nouvelle soirée, consacrée aux réformes des hôpitaux publics français. « L’hôpital public doit devenir une entreprise comme les autres » ; « Les cliniques privées coûtent moins cher à la Sécurité sociale que l’hôpital public »… Des arguments scientifiques peuvent-ils valider ou invalider ces affirmations récurrentes dans les débats ? Venez posez vos questions ou confrontez vos a priori à notre intervenant, Frédéric Pierru. Ce sociologue, auteur de plusieurs ouvrages sur la Santé en France, est chargé de recherches à l’Université de Lille et au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), dont il a obtenu la prime d’excellence scientifique.
Venez poser vos questions sur l'hôpital et ses réformes mercredi 10 avril (affiche Unistra)
Venez poser vos questions sur l’hôpital et ses réformes mercredi 10 avril (affiche Unistra)

Et à Strasbourg ?

À Strasbourg, les difficultés se traduisent localement par un temps d’attente médian aux urgences de 4h15, selon la Cour des comptes, une situation que dénonçaient des personnels lors d’une manifestation un an plus tôt. Plus dramatiques, les affaires Naomie Musenga ou plus anciennement sur la prise en charge de Maxime Walter ont mis en évidence les conséquences tragiques que peuvent avoir des dysfonctionnements. La question des aides d’État à la clinique privée Rhéna aux Deux-Rives a également interrogé nombre de médecins et élus.